Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
13 mai 2020 3 13 /05 /mai /2020 04:29

Jean Le Dû, professeur émérite de Breton et Celtique à l’Université de Bretagne Occidentale, à Brest, est décédé subitement le mercredi 6 mai à Saint-Quay-Portrieux (Côtes-D’Armor), à l’âge de 82 ans.

Linguiste de réputation internationale, il laisse une œuvre considérable. En particulier un Nouvel Atlas Linguistique de la Basse-Bretagne (2001) ; l’Atlas Linguistique des Petites Antilles (2011-2013) ; Lectures de l’Atlas Linguistique de la France (2005, avec Guylaine Brun-Trigaud et Yves Le Berre) et Métamorphoses : trente ans de sociolinguistique à Brest (1984-2004) (2019, avec Yves Le Berre) et nombre d’autres publications de moindre ampleur.

Il était devenu membre du PCF en 1973 et n’avait jamais depuis renié cet engagement profond. Il considérait le travail scientifique et la diffusion du savoir comme des combats militants contre toutes les entreprises d’aliénation des consciences.

La section du Pays de Brest et la la fédération du Finistère du PCF présentent à sa famille leurs sincères condoléances.

Jean-Paul Cam, secrétaire de section du PCF à Brest, secrétaire à l'organisation du PCF Finistère

 

"Depuis 1947, le groupe communiste à l'assemblée nationale a déposé plusieurs propositions de loi pour le développement des langues et des cultures régionales, dont la langue et la culture bretonne. La dernière date de 1988, elle prolongeait celles de 1974 et 1986. Ce travail fut développé en Bretagne à partir des années 70 sous l'impulsion de l'organisme régional du PCF, le CRAC (Comité Régional d'Action et de Concertation), Louis Le Roux en fut la cheville ouvrière, au cours de nombreuses réunions où se retrouvaient des militants bretons du PCF et des personnes de diverses sensibilités. Parmi tous ceux ayant contribué à l'élaboration de cette proposition de loi je me souviens particulièrement de Félix Leyzour député des Côtes d'Armor, Michel Mazéas maire de Douarnenez, Jean- Marie Plonéis spécialiste de la toponymie bretonne, Yves le Berre universitaire brestois, le cinéaste René Vautier et Jean le Du dont la contribution fut considérable. Et bien d'autres qui me pardonneront de ne pas les avoir cités car ce document fut, en Bretagne, particulièrement travaillé par de très nombreuses personnes et sur une longue période".

Piero Rainero, élu communiste à Quimper, ancien secrétaire départemental du PCF Finistère

 

Ci dessous les lien des articles parus dans la presse régionale.

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/disparition-de-jean-le-du-professeur-emerite-de-breton-a-l-ubo-07-05-2020-12548661.php?share_auth=3d75b0a717784658eaaf7c27b82a3630&fbclid=IwAR3nA0sNmI0YNZYxO6_MLvTALGLi_H-Yri2pgpkhUY8gVXBBvSYW9rKl-2I

https://www.ouest-france.fr/bretagne/disparition-du-linguiste-jean-le-du-6827091?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR3kUqmxmK1MOvJiP_3-5apxjVRSw9mBUBq1XtDX8Mw1AeYzxFG7rLAUIEs#Echobox=1588958900

Jean Le Dû (photo Ouest-France)

Jean Le Dû (photo Ouest-France)

Disparition du linguiste Jean Le Dû

Professeur de breton et celtique à Université de Bretagne occidentale à Brest, il était connu comme spécialiste de dialectologie mais aussi pour avoir écrit « Du café vous aurez ».

Christian Gouérou, Ouest-France, 6 mai 2020

Il était connu du public pour avoir écrit en 2002 un livre pionnier, sous le titre Du café vous aurez, un inventaire des mots et des tournures que l’on peut entendre dans notre région et qui constitue le premier dictionnaire du français de Basse-Bretagne indique Fañch Broudic, journaliste et chercheur.

Jean Le Dû, professeur émérite de breton et de celtique à Université de Bretagne occidentale à Brest et membre du Centre de recherche bretonne et celtique, est décédé ce mercredi à Saint-Quay-Portrieux, à l’âge de 82 ans. Originaire de Plougrescant dans les Côtes-d’Armor, après des études d’anglais à Rennes, il choisit de consacrer sa thèse d’État au breton du Trégor tel qu’il se parle à Plougrescant, dont il a extrait la matière d’un dictionnaire breton français et français breton en deux volumes de 500 pages, paru en 2012 rappelle Fañch Broudic.

Le journaliste précise : Jean Le Dû était un spécialiste de la géographie linguistique et de dialectologie. Il a dirigé les enquêtes de terrain en vue de la réalisation Nouvel atlas linguistique de la Basse-Bretagne. Sa compétence était reconnue à l’international, puisqu’il a été le directeur de la partie celtique de l’Atlas Linguarum Europae. Il a pris une part déterminante à la réalisation de l’Atlas linguistique des Petites Antilles concernant les parlers créoles, notamment ceux de Saint-Barthélémy, la Guadeloupe et Martinique.

Avec son collègue Yves Le Berre, Jean Le Dû a mené très tôt une réflexion sur les rapports entre langue et société en Bretagne. Ils en sont venus à forger le concept de badume (du breton ba' du-mañ, chez nous) pour qualifier les parlers familiers ou de proximité.

Comme il avait appris le gaélique à l’occasion d’un long séjour en Irlande, il avait traduit en français depuis cette langue l’histoire de la vie d’un personnage étonnant de l’Irlande du XXe siècle, Micil Chonrai, dans un ouvrage qui n’avait même pas encore été traduit en anglais"

Partager cet article
Repost0
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:50
Le PCF demande au Ministre Véran la gratuité des masques et leur prise en charge à 100%
Le PCF demande au Ministre Véran la gratuité des masques et leur prise en charge à 100%

Vous trouverez ci-dessous le courrier que Fabien Roussel, secrétaire national du PCF et député du Nord, a écrit au Ministre de la Santé et des Solidarités, Olivier Véran, demandant la gratuité des masques et leur prise en charge par la Sécurité sociale.

Monsieur le ministre,


Parmi les mesures de prévention efficaces pour lutter contre la propagation du virus, le port du masque, dans les situations de promiscuité, est désormais considéré comme un impératif par les autorités sanitaires et par le gouvernement.

Des millions de salarié·e·s vont reprendre les transports collectifs et de nombreux élèves celui du chemin vers l'école. Il devrait d'ailleurs être obligatoire pour tout le monde et pas seulement dans les transports ou pour les personnes infectées.

Dans son avis du 6 avril sur la sortie progressive du confinement, le Conseil scientifique déclare : « l'ensemble de la population doit porter un masque dans les espaces accueillant du public ». Encore faut-il que ces protections soient financièrement accessibles au plus grand nombre.

Or, si le gouvernement a bien plafonné le prix de vente des masques chirurgicaux dans la grande distribution, ce prix, selon des enquêtes conduites par les associations de consommateurs, a déjà été multiplié par 6 ou 7 depuis le 15 mars dernier dans les autres circuits de vente. Pour des millions de foyers, il n'est pas envisageable de consacrer entre 30 et 50 euros mensuels par personne pour se procurer des masques en nombre suffisant.

Cette tension provoque un véritable marché noir du masque. Des communes se sont même fait voler leurs commandes, à l'image de la ville de Montreuil dont le chargement à été dérobé avant même d'arriver ! Les maires vont vite devenir les boucs émissaires si leurs administrés n'ont pas accès aux masques.

A ce propos, nous regrettons que l’État n’ait pas pris ses responsabilités pour assurer le doit au masque de chacun et chacune, comptant sur les collectivités locales et sur le marché.

Il est urgent de mettre fin à cette guerre des masques comme à la contrebande qui va se développer au fil des semaines ! La santé de nos concitoyen·nes doit primer et ne pas dépendre de son pouvoir d'achat.

C'est la raison pour laquelle nous souhaitons que l’État prenne la décision de rendre accessibles les masques à toute la population, au même titre qu'il le fait pour l'accès aux soins et aux médicaments.

Ce n'est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi un enjeu majeur de santé publique.

Il reviendrait ainsi à la Sécurité sociale d'assumer cette distribution, selon des modalités à définir rapidement, ainsi que la prise en charge des masques à 100%, pour chacune et chacun de ses assurés.

A titre d'exemple, chaque assuré pourrait avoir accès à un bon mensuel, numérique ou physique, lui permettant de retirer son ou ses masques, gratuitement, dans les mairies ou dans les officines, jusqu'à la fin de la pandémie.

C'est à cette condition, et en mesurant bien l'importance d'une telle décision, que nous relèverons au mieux l'immense défi du déconfinement.


Vous remerciant de l'attention portée à cette requête et dans l'attente de votre réponse, je vous prie de recevoir, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.

Partager cet article
Repost0
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:40
Lundi, 11 Mai, 2020 - L'Humanité
Penser un monde nouveau. Le temps du « bonheur commun » par Claude Mazauric

 

 

L’Humanité, avec sa plateforme numérique l’Humanite.fr, prend l’initiative d’ouvrir ses colonnes pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à chacune et chacun d’entre nous. Cette initiative aura des prolongements avec la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics permettant de prolonger ces écrits. Aujourd’hui, « Le bonheur commun... », par l’historien Claude Mazauric.

 

En 1990, s’effondrait à l’est de l’Europe, après un demi-siècle de guerres et d’affrontements, ce qui avait été le produit d’un demi-siècle de révolution : nombre d’essayistes croyaient y voir l’aube d’un nouveau monde prospère ! Il faut rappeler que l’Union soviétique – et ce qui gravitait autour d’elle –, malgré sa puissance militaro-stratégique, représentait moins de 3 % du commerce mondial et que son actualité révélait un handicap insurmontable : son retard structurel dans ce qui s’esquissait comme « la révolution du numérique » qui accroissait la dynamique du monde « occidental » !

La Chine, alors isolée, sortait d’une « révolution culturelle » subjectiviste et se montrait avide d’asseoir son indépendance politique sur les potentialités d’un « capitalisme » instrumentalisé, bien éloigné de ce qui le caractérisait depuis 1800 : le Parti communiste chinois fit du « capitalisme » un « mode de production » de « biens marchands » fondé sur la radicale mobilisation politique des « forces productives » humaines et matérielles. Ce dispositif, il l’établit sous forme d’« entreprise d’État », par le contrôle des flux démographiques, la constitution des rapports sociaux nécessaires à la réussite programmée… mais sans s’imposer le cadre d’une « formation sociale » ad hoc, bien loin des visions « libéralistes » caractéristiques des révolutions bourgeoises antérieures ! Avec sa population d’un milliard quatre cents millions d’humains, la Chine a gravité au rang de première puissance industrielle.

Malgré son isolement, Cuba avait introduit dans l’Amérique latine un fruit qui en pourrissait le statut d’arrière-cour de la puissance nord-américaine. Seuls des esprits visionnaires avaient imaginé que cela pouvait ébranler la puissance dominante qui contrôlait La Havane depuis Miami ! Aujourd’hui, c’est la crainte plus que l’hystérie qui motive la politique américaine : le duo d’histrions, Trump et Mike Pompeo, traduit en fait la trouille washingtonienne qui atteint tout l’establishment yankee !

Avant 1990, la puissance états-unienne imposait au monde « sa force dominante » : son économie, sa monnaie, son avance technologique, sa diplomatie (appuyée sur la dissémination de sa force stratégique), son attractivité dominaient la Terre. S’exerçait alors sur le monde « sa force dirigeante » : en finançant et orientant l’activité des institutions internationales (Banque mondiale, FMI, principales agences de l’ONU, etc.), en contrôlant les grands systèmes d’alliances : Otan, Moyen-Orient… Tout ce dispositif est aujourd’hui en souffrance, pesant, souvent inutile. C’est le poids des États-Unis qui est devenu insupportable, non son soutien avoué. Quel changement !

Augmentée de la venue d’États qui avaient profité de la chute du « communisme » pour fuir l’orbite russo-soviétique, l’Union européenne est passée aussi sec sous l’hégémonie de l’Allemagne unifiée. Celle-ci réalisait du même coup (et avec l’approbation de la France sociale-démocrate) un ensemble politico-financier piloté depuis Francfort sous l’apparence d’un pouvoir bruxellois et strasbourgeois. L’UE d’aujourd’hui réalise en pleine paix le vieux rêve pangermaniste d’une « Mitteleuropa », usinière, bourgeoise et dominatrice, capable d’imposer cet « ordo-impérialisme de la raison politique » conforme au désir de Bonn et de Berlin. Avec sa chancelière luthérienne d’allure bonasse, jeune fille formée à la sobre école du kantisme-léninien qui marquait la RDA, la « Germania élargie » exerce désormais sa dictature consensuelle comme l’effet d’une victoire de la Raison sur les passions absurdes des Latins et des allogènes : la Grèce en a payé le prix. Le reste de l’Europe, après la churchillienne fronde victorieuse du brexit, en paiera la facture : qui peut en douter ?

Le monde d’hier ne vit plus. À nous d’imaginer la suite…

Les États-Unis d’Amérique sont enfoncés dans une crise, identitaire et structurelle plus qu’économique, qui révèle leur instabilité intérieure, sociale et ethno-culturelle. L’Europe supposée unie est encombrée d’elle-même. Si, face à la pandémie, la Mitteleuropa s’en sort égoïstement plutôt mieux, c’est qu’elle a sucé antérieurement le sang productif de ses partenaires périphériques, épuisés : la France, l’Italie, le Royaume-Uni… dont l’apparente « prospérité » antérieure reposait sur la fable financiariste du profit à haut rendement, de la chasse aux capitaux errants et de la « rente » assurée : nous commençons à subir les effets de la dépendance industrielle et la fragilité d’être devenus une devanture pour touristes.

La « production des richesses matérielles » que mesurait naguère le PNB mais que dévalue la seule référence au PIB (lequel ne mesure que les effets de marché) marque seule la puissance et la capacité de résistance d’une nation : qui l’a oublié ?

Le reste du monde est devenu une simple arrière-cour où l’on peine à comptabiliser les morts et les malades. Avec le peu de souffle qui reste, on se demande qui demain va l’emporter : la Chine, surpuissante et modeste, ou l’un ou l’autre des ci-devant gros débris qui sortira moins usé que les autres de la « domination » exercée hier par feu « le monde occidental » sur le reste du monde ?

Visionnaire, dans ses dernières années, Fernand Braudel synthétisa une théorie transcontinentale de l’histoire de l’emprise humaine sur la Terre. Le modèle proposé valorisait le rôle des périphéries maritimes, les grands espaces de concentration urbaine, les routes, les flux… Son modèle n’intégrait évidemment pas ce que l’on pense réunir aujourd’hui sous le concept d’« anthropocène ». Mais l’une des prophéties braudéliennes ne s’est pas démentie : le monde bascule et les « polarités de demain » ne seront pas celles d’hier !

Le vieil ennemi que je fus (et demeure) du vieil « impérialisme occidental » se réjouit évidemment de sa défaite programmée. Mais sa fin ne suffira à faire naître la joie ! Il faut toujours espérer et s’organiser pour qu’avec demain vienne le temps du « bonheur commun » rêvé par Gracchus Babeuf… Il y a plus de deux siècles ! Quelle force tiendra « ce » pari ?

Penser un monde nouveau. Le temps du bonheur commun par Claude Mazauric (Lundi, 11 Mai, 2020 - L'Humanité)
Partager cet article
Repost0
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:31
Première manifestation post-déconfinement : pour un  masque 100 % Sécu (Mardi, 12 Mai, 2020, Julia Hamlaoui, L'Humanité)
Mardi, 12 Mai, 2020 - L'Humanité
Première manifestation post-déconfinement : pour un « masque 100 % Sécu »

Parlementaires et militants communistes se sont rassemblés devant le ministère de la Santé pour exiger de l’État un accès gratuit à ces protections devenues obligatoires, notamment dans les transports.

 

Premier jour de déconfinement, première manifestation. Armés de pancartes « Protégez les soignants et les citoyens » ou encore « Des masques 100 % Sécu », des parlementaires du PCF, accompagnés de quelques militants – à bonne distance les uns des autres –, se sont rassemblés devant le ministère de la Santé, lundi 11 mai, pour exiger la gratuité des masques. « Une opération coup de poing », plaisante le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, bousculé par les rafales de vent des saints de glace. Le message n’en est pas moins sérieux : « Le port du masque est obligatoire dans de nombreux secteurs de travail, à l’école, dans les transports, les commerces… La gratuité n’est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi un enjeu majeur de santé publique », assure le député du Nord, muni de la missive qu’il est venu porter à Olivier Véran. « Nous regrettons que l’État n’ait pas pris ses responsabilités pour assurer le droit au masque de chacun et chacune, comptant sur les collectivités locales et sur le marché », y fustige Fabien Roussel, estimant « urgent de mettre fin à cette guerre des masques comme à la contrebande qui va se développer au fil des semaines ! La santé de nos concitoyens et concitoyennes doit primer et ne pas dépendre de leur pouvoir d’achat ».

Le prix des masques en tissu s’envole jusqu’à 15 euros

Pour beaucoup de foyers, le coût demeure, en effet, bien trop élevé. « Le gouvernement a plafonné le prix des masques chirurgicaux à usage unique à 0,95 euro l’unité. Un montant maximal sur lequel se sont alignées les pharmacies. À ce tarif-là, le budget mensuel s’envole à 85 euros par personne », a relevé, vendredi, l’association de consommateurs UFC-Que choisir qui note qu’avec les tarifs de la grande distribution – 0,50 à 0,60 euro – « le budget mensuel (est) de 45 à 54 euros par personne ». Pas encadré pour l’heure, le prix des masques en tissu s’envole, lui, jusqu’à 15 euros, selon une enquête de 60 Millions de consommateurs.

La Sécurité sociale doit faire face à la situation sanitaire

Sur le perron du ministère, c’est une réponse concrète que les communistes sont venus défendre : « un masque 100 % Sécu ». Le dispositif fonctionnerait via des « bons numériques ou physiques » échangeables « dans les mairies ou tous les points de vente » avec des « prix fixés par la Sécurité sociale pour éviter qu’ils ne flambent », détaille la sénatrice du Val-de-Marne, Laurence Cohen. « Cette gratuité est un nouveau moyen à mettre en œuvre pour lutter contre la pandémie, casser la circulation du virus », insiste Fabien Roussel, selon qui le budget de la Sécurité sociale doit être rapidement revu à la hausse pour faire face à la situation sanitaire.

Dans un mois, qui va distribuer gratuitement des masques ?

Côté gouvernement, après de nombreux changements de pied quant à l’utilité même des masques, le premier ministre a rappelé, jeudi dernier, la prise en charge par l’État de 50 % du coût d’achat par les collectivités territoriales et affirmé qu’ « une enveloppe de 5 millions de masques sera distribuée chaque semaine par l’État, par les préfets, pour les personnes les plus vulnérables ». Si la mesure va dans « le bon sens », selon Laurence Cohen, elle est loin d’être suffisante : « Le problème, c’est que la santé est une mission régalienne. Or, la mauvaise anticipation de l’État n’a pas permis que tous les territoires soient approvisionnés, il n’y a pas d’égalité et, au jour J, tout le monde ne peut pas être équipé. » « Les mairies ont distribué, les régions et les départements aussi… Dans un mois, qui va distribuer gratuitement des masques ? Les collectivités ne pourront plus mettre la main à la poche puisqu’elles ont déjà avancé beaucoup d’argent pour faire face à l’épidémie », objecte également Fabien Roussel. Les parlementaires communistes feront valoir, dès « les prochains jours », leur proposition à l’Assemblée nationale comme au Sénat.

"Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public", Patrick Le Hyaric. @ Bertrand Guay / AFP
Mercredi, 6 Mai, 2020
Pétition. Des masques pour tous, gratuits : l'appel lancé par l'Humanité

L’affaire des masques de protection devient le sparadrap rouge collant aux basques du pouvoir. Pour une famille, le budget peut atteindre plus de 200 euros par mois. Exigeons leur gratuité.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité

 

ll y eut d’abord ces mensonges en série sur leur inutilité pour camoufler une pénurie qui n’a rien de naturelle. Celle-ci découle d’une part de la destruction de nos industries textiles considérées comme dépassées par les grands penseurs du libéralisme et leurs serviteurs au pouvoir depuis des décennies, et d’autre part des choix de réduction des crédits publics poussant au « zéro stock », également présenté comme le nec plus ultra de la modernité. Cette pénurie a mis en danger soignants comme patients. Elle est sans doute responsable de nombreuses contaminations et décès.

Puis, au fil des semaines, le masque est devenu utile, indispensable même, alors que les soignants continuaient d’en manquer. Et le pouvoir souhaite désormais le rendre obligatoire dans les transports publics.

Depuis quelques jours, ce qui n’existait pas tombe par paquets de millions, mais sur les étals des supermarchés, comme produit d’appel pour attirer le chaland qui devra demain reprendre les transports en commun. Le scandale est encore plus gros quand on sait que cette opération a été annoncée tambour battant il y a huit jours dans un communiqué commun de la Fédération du commerce et de la distribution et du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, et présentée comme un haut fait d’armes. De qui se moque-t-on ? Une commission d’enquête parlementaire doit rapidement faire la clarté la plus nette sur une affaire qui a plus à voir avec le mercantilisme qu’avec la santé publique.

Les masques ne peuvent être des marchandises étalées aux caisses des supermarchés pour grossir le ticket de caisse, attirer et fidéliser les clients. Ils sont un moyen de protection civile et collective, et un outil de santé publique. À ce titre, ils devraient être assurés, en lien avec les collectivités, par les services de la Sécurité civile. Si les travailleurs contraints de reprendre leur activité venaient à contracter le virus faute d’avoir pu accéder à des masques de protection, l’État serait comptable d’une mise en danger délibérée de la vie d’autrui. Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen nous rappelle que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». Et, l’article 11 du préambule de la Constitution confirme bien ce « droit à la protection ». En conséquence, les masques doivent être gratuits.

Certains pays européens l’ont décidé. Des collectivités locales également. Pourquoi le gouvernement de la sixième puissance mondiale ne le pourrait-il pas ? Ce pays ou l’argent des dividendes continue de couler à flots, ce pays où l’on peut en une nuit débloquer des milliards pour consolider des entreprises dont la trésorerie est loin d’être à sec. Pourquoi une famille de quatre personnes qui a déjà du mal à joindre les deux bouts doit encore alourdir ses dépenses du mois de 80 à 150 euros pour assurer sa santé et celle des autres ? On nous dit que les prix des masques seront bloqués en deçà de 1 euro, soit peu ou prou leur prix de revient. Pourtant, plusieurs témoignages indiquent que non seulement ce prix est pour l’instant fictif, mais qu’en plus on trouvait en janvier des masques à seulement 8 centimes. Une prise en main par l’État imposant la gratuité couperait court à toute tentative de spéculation.

Réclamons partout et par tous les moyens la gratuité des masques. Il en va de l’intérêt public. Et, pour une fois, appuyons-nous sur cette déclaration de Mme Agnès Buzyn le 29 janvier dernier : « Si un jour nous devions proposer à telle ou telle population ou personne à risque de porter des masques, les autorités sanitaires distribueraient ces masques aux personnes qui en auront besoin. » C’était certes pour cacher la pénurie. Mais, aux actes maintenant ! Lançons un grand mouvement pluraliste pour la gratuité des masques !

Signez ici la pétition : https://www.change.org/p/gouvernement-l-appel-du-journal-l-humanité-pour-la-gratuité-des-masques
 

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité
Partager cet article
Repost0
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 09:08

 

 

En 2007, cinq grandes banques de marché incarnaient la puissance de Wall Street : Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Lehman Brothers. Aucune n’est sortie indemne de la crise financière de 2007-2008. Et pourtant, treize ans plus tard, Wall Street règne à nouveau, plus que jamais, sur le système financier occidental.

Lehman Brothers a disparu du jour au lendemain, le 15 septembre 2008. Merrill Lynch a été absorbée par une grande banque de dépôt, Bank of America. JP Morgan Chase résulte aujourd’hui d’une série de fusions et de prises de contrôle, dont celles, en 2008, de Bear Stearns et Washington Mutual, deux protagonistes de la crise des subprimes en faillite. Morgan Stanley n’a survécu qu’en recevant la plus grosse part des fonds publics avancés d’urgence, au plus fort de la crise, par l’État américain. Et pourtant, treize ans plus tard, Wall Street règne à nouveau, plus que jamais, sur le système financier occidental.

 

L’institution la plus emblématique de cette domination : BlackRock

Aujourd’hui, l’institution la plus emblématique de cette domination aux yeux du public n’est pas exactement une banque. C’est un organisme spécialisé dans les placements en Bourse, qui a son siège à Manhattan (et des implantations dans une dizaine de paradis fiscaux) : BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs du monde, à la tête de 6 000 milliards de dollars (trois fois le total des placements de toutes les compagnies d’assurances en France). La mobilisation pour les retraites a mis en évidence son influence sur le gouvernement Macron. On a pu noter qu’en France il possède des participations dans dix-huit sociétés du CAC40 ; par exemple, plus de 5 % dans ATOS dont le P.-D.G., Thierry Breton, vient d’être nommé commissaire européen. On ne sera pas étonné d’apprendre que le président du conseil de surveillance de BlackRock Allemagne, Friedrich Merz, est l’une des personnalités susceptibles de succéder à Angela Merkel comme chancelier fédéral…

BlackRock fait partie de ce qu’on appelle le shadow banking, cet ensemble d’institutions qui participent à la circulation de l’argent sans avoir le statut de banque et sans être soumises aux réglementations et à la surveillance qui encadrent l’action de la profession bancaire.

Ce poids des marchés financiers – concrètement, aujourd’hui, ces réseaux de salles de marchés où s’échangent des titres tels que les actions, les obligations, les titres du marché monétaire et tous les « produits dérivés » conçus pour faciliter toutes les formes de spéculation – est un trait caractéristique des économies nord-américaines. Aux États-Unis, les banques ne gèrent que 23 % des actifs circulant dans le système financier (58 % en France, 52 % en Allemagne, 48 % au Japon). En revanche, la part des fonds de pension et des autres intermédiaires financiers tels que les gestionnaires d’actifs comme BlackRock et les fonds de placement spéculatifs (hedge funds) atteint 53 % aux États-Unis contre 16 % en France, 22 % en Allemagne, 17 % au Japon. En d’autres termes, le financement de l’économie qui, en Europe, est pour l’essentiel une affaire négociée entre des banques et leurs clients, passe aux États-Unis par l’émission de titres qui s’échangent ensuite entre des organismes dont le métier est de spéculer sur la hausse ou la baisse de leurs cours. C’est cette titrisation, appliquée au financement par les ménages américains de leurs acquisitions de logements, qui a transformé en 2007 le krach dit « des subprimes » et la plus grave crise économique depuis la Deuxième Guerre mondiale.

 

En permanence les banques font crédit aux spéculateurs

Cela ne veut pas dire que les banques joueraient un rôle secondaire dans le système financier américain. Au contraire, les marchés de titres ne fonctionnent que parce qu’en permanence les banques font crédit aux spéculateurs. La monnaie créée par le crédit est le fluide vital qui alimente le cancer financier, alors que le métier des banques devrait être d’alimenter la création de richesses par le travail des femmes et des hommes.

« BlackRock fait partie de ce qu’on appelle le shadow banking, cet ensemble d’institutions qui participent à la circulation de l’argent sans avoir le statut de banque et sans être soumises aux réglementations et à la surveillance qui encadrent l’action de la profession bancaire. »

Le système bancaire américain est assez fragmenté. Il comprend près de six mille banques dont la plupart n’exercent leur activité qu’au niveau local. Il a cependant connu un processus de concentration, d’abord avec la libéralisation financière des années 1980, qui a permis à des holdings bancaires de posséder des filiales dans plusieurs États, et qui a abouti à l’abolition, en 1999, du Glass-Steagall Act qui, depuis 1933, interdisait aux banques commerciales d’émettre, de placer ou de négocier des titres sur le marché financier. Ensuite, les restructurations qui ont suivi la crise de 2007-2008 ont renforcé la taille et la puissance des quelques grandes banques qui ont pignon sur rue à Wall Street, en particulier les plus grandes : JP Morgan Chase, Bank of America, Goldman Sachs, Wells Fargo dominent le marché monétaire du dollar, l’émission des titres de la dette publique américaine, les fusions, acquisitions, restructurations du capital des multinationales, la circulation des capitaux et l’optimisation fiscale, la fourniture de liquidités aux fonds de placement, hedge funds et autres acteurs du shadow banking

 

Le cœur financier du monde

Au total, Wall Street, à la pointe de Manhattan où se situent les sièges des grandes banques et celui de la Réserve fédérale de New York, est bien le cœur financier de l’Amérique ; c’est du même coup le cœur financier du monde.

Le dollar est la première monnaie mondiale de facturation du commerce international. Quiconque veut commercer en dollars doit donc avoir accès au système bancaire des États-Unis qui, seul, peut bénéficier d’un refinancement par la Réserve fédérale américaine, l’équivalent, outre-Atlantique, de la Banque centrale européenne. De fait, toute l’économie mondiale dé­pend des autorités américaines. Un épisode très significatif l’a montré. Au début de la crise de 2007-2008, la Réserve fédérale des États-Unis a passé des accords de swaps avec la BCE et d’autres banques centrales du monde, pour pouvoir leur fournir en urgence des dollars. Sans cette action, les banques européennes en manque de liquidités auraient risqué de connaître le sort de Lehman Brothers.

L’hégémonie du dollar va en effet bien au-delà de son seul rôle dans la facturation des transactions commerciales. La monnaie des États-Unis est la première monnaie de réserve internationale, et 50 % des crédits bancaires internationaux sont libellés en dollars.

« La monnaie créée par le crédit est le fluide vital qui alimente le cancer financier, alors que le métier des banques devrait être d’alimenter la création de richesses par le travail des femmes et des hommes. »

Ainsi, un seul État, celui des États-Unis, a le privilège d’émettre librement et à un coût nul cette véritable monnaie mondiale. Comme les entreprises et les États du monde entier souhaitent que leurs réserves internationales soient libellées en dollars, cette émission peut prendre d’énormes proportions sans mettre en péril la crédibilité de la monnaie américaine, ni affecter de façon incontrôlable son cours sur le marché des changes. Cela fait de la monnaie américaine le vecteur majeur d’une mondialisation financière structurée par les multinationales et polarisée autour de Wall Street.


Périls financiers et écologiques

« La fragmentation des chaînes de valeur mondiale des multinationales, l’ouverture générale à la globalisation financière, sa domination sur le crédit bancaire pour des surendettements et les opérations spéculatives, sans parler de la prolifération des services bancaires parallèles (shadow banking) appuyant la fraude, la corruption et le banditisme, ont fait exploser l’usage et le besoin du dollar.< « Drogué au dollar comme jamais, le monde devient fou à l’idée d’en manquer. » (Yves Dimicoli, rencontres internationales « Que faire face à la mondialisation capitaliste ? » organisées par le PCF et la revue Économie et politique, les 7 et 8 février derniers.)

Mais c’est aussi pourquoi l’hégémonie du dollar et de Wall Street n’a jamais été aussi fragile. Elle est mise en cause par la montée des périls qui accompagnent la crise actuelle de la mondialisation capitaliste. Périls financiers : l’inflation des prix des actifs financiers, en particulier ceux de la dette publique américaine prépare un krach plus retentissant encore que celui de 2007. Périls écologiques : l’ère du dollar s’identifie à celle du pétrole. Périls politiques avec la guerre économique de Trump contre la Chine, qui est en même temps l’un des principaux créanciers du Trésor américain, et qui a pris différentes initiatives, avec les autres pays émergents, pour mettre en place des institutions financières internationales émancipées de la tutelle des États-Unis, jusqu’à proposer le remplacement du dollar par un nouvel instrument de réserve international développé à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, une idée déjà exprimée par Paul Boccara en 1983.
L’avenir de la civilisation dépendra ainsi des possibilités de convergence entre les multiples contestations de l’hégémonie financière et monétaire du néo-impérialisme américain : celle des pays émergents, celle qui s’exprime aux États-Unis même avec la montée d’une gauche hostile à Wall Street, celle des luttes pour un modèle social européen émancipé de la dictature des marchés financiers. 

Denis Durand est économiste. Il est directeur de la revue Economie & Politique.

Cause commune n° 16 • mars/avril 2020

 

Partager cet article
Repost0
12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 05:18
Plaque d'hommage à Germaine Le Lièvre dans sa ville de Lardy, Seine-et-Oise, Essonne actuelle (musée de la résistance en ligne)

Plaque d'hommage à Germaine Le Lièvre dans sa ville de Lardy, Seine-et-Oise, Essonne actuelle (musée de la résistance en ligne)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

Née le 2 avril 1911 à Paris (XIVe arr.), morte des suites de déportation le 17 août 1945 à Lardy (Seine-et-Oise, Essonne) ; employée de bureau ; militante communiste ; résistante.

Fille d’un maçon et d’une journalière, Geneviève Delamain épousa en juin 1931 à Lardy Eugène Le Lièvre.
Elle entra dans la clandestinité dès le début de 1941. Elle organisa les premiers comités de femmes de la région parisienne sous le pseudonyme d’Yvette.
En octobre 1942, elle fut envoyée en province où elle assuma, jusqu’en août 1943, les liaisons avec les départements de l’Est. Elle créa des groupes dans les Vosges, la Haute-Saône, le Doubs, la Haute-Marne, la Meurthe-et-Moselle et la Meuse, elle était alors Nicole.

En septembre 1943, elle fut envoyée en Bretagne. Elle prit pour pseudonyme Danielle. Elle organisa des manifestations de femmes pour le 11 novembre 1943 à Pontivy, Dinard et Fougères.
En janvier 1944, elle devint agent de liaison de l’état major FTP du Finistère.

"Virginie Bénard assure des liaisons entre le PCF et les FTP au plan départemental avec Germaine Le Lièvre, son contact qu'elle ne connaît que sous le pseudonyme de "Geneviève" et à qui elle doit son nom d'emprunt "Jeanne". "Geneviève", résistante FTPF, engagée dès 1940 dans la lutte contre le fascisme, est arrêtée en mission en janvier 1944, puis déportée à Ravensbrück. Victime de la barbarie nazie, elle disparaît le 17 août 1945 à l'âge de 34 ans.  Quand Virginie "Jeanne" rejoignait "Geneviève" à la Poste pour échanger des renseignements, elle portait un foulard noir autour du cou". (article d'hommage à la résistante brestoise Virginie Bénard)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

A la suite d’une opération des FTP à Sablé (Sarthe) le 16 janvier 1944, la police trouva sur un des blessés une lettre portant un rendez vous. C’est en se rendant à ce rendez vous le 31 janvier qu’elle fut arrêtée au Mans par la police française.

Successivement emprisonnée au Mans, à Angers puis à Romainville, elle fut déportée le 13 mai 1944, au départ de la gare de l’est à Paris, vers Ravensbrück. Elle fut rapatriée le 27 mai 1945 et mourut peu après.

Elle fut homologuée sergent FFI à titre posthume.

Une rue de Lardy (Essonne) porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89600, notice LE LIÈVRE Germaine [née DELAMAIN Germaine, Louise] par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 6 octobre 2010, dernière modification le 8 septembre 2011.

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 92/ Evangéline Dollet dit "Yvette" née Yvinec

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 91/ Joseph Laot (1920-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 90/ Les fusillés de Lesconil, de la Torche et de Poulguen (Juin 1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 89/ Théo Le Coz (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour, née Le Goff (1909-1986)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 86/ Alphonse Duot (1874-1964)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Partager cet article
Repost0
11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 16:48
Mardi 12 mai, 17h30: Facebook Live en Direct sur la page du PCF avec Fabien Roussel, Benoît Teste (FSU), Philippe Martinenez (CGT)

Demain 12 mai à 17h30, un #DirectPcf à ne pas manquer

avec Phillipe Martinez secrétaire général de la CGT,

Benoit Teste secrétaire général de la FSU

et Fabien Roussel secrétaire national du PCF

 

Rendez-vous pour participer au débat  

sur la page Facebook du PCF

Partager cet article
Repost0
11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 09:01

Comme chaque année, le Parti communiste français s'associe à la journée commémorative de la mémoire de l'esclavage, de la traite et de ses abolitions.

 

 

Cette commémoration est indispensable au travail de mémoire d'abord à l'égard des victimes de cette barbarie comme à l'encontre d'un système de domination et d'exploitation dont la France fut, dans son histoire, un des piliers avec la traite négrière et la colonisation.

De ce point de vue, il y a encore beaucoup à gagner pour que notre pays, qui a largement participé à arracher de leur terre 12 à 13 millions de femmes et d'hommes, fonde ses relations avec le continent africain sur les principes du co-développement et de la coopération mutuellement avantageuse.
Car subsistent, avec la dette ou l'exploitation des ressources naturelles par des multinationales, des rapports de domination, contraires à la liberté des peuples et obstacles à la résolution des grands défis économiques, sociaux et écologiques posés à l'échelle du monde.

Il n'est pas fortuit que la première abolition fut portée par les révolutionnaires en 1794, en écho à l'insurrection des esclaves de Saint-Domingue et ait été remise en cause par les classes dominantes.

Dans une période où haines et racisme sont attisés par ceux qui veulent que rien ne change, dans un monde où l'exploitation humaine a toujours cours au nom du profit, le PCF confirme pour sa part la grande actualité de cette commémoration et de tous les combats pour la liberté, l'égalité, la libération humaine. 

Partager cet article
Repost0
11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 05:52

 

Article tiré du Think Tank "Le Club des Juristes".1

Guillaume Desgens-Pasanau, magistrat, professeur associé au CNAM, ancien directeur juridique de la CNIL.

"Alors que nous traversons la plus grave crise sanitaire de l’histoire moderne, il nous appartient collectivement de veiller à ne pas porter une atteinte irréversible à nos libertés fondamentales et individuelles.

Dans le but de cartographier la propagation du virus et identifier les personnes à risque, de nombreux projets de surveillance des personnes sont désormais à l’étude. Ils reposent principalement sur des techniques de traçage des téléphones portables par géolocalisation ou utilisation de la technologie bluetooth (« contact tracing »).

Sans méconnaitre l’intérêt possible (mais pas toujours certain) de l’utilisation de ces technologies pour endiguer l’épidémie durant la phase de déconfinement, ces initiatives doivent impérativement s’accompagner d’une réflexion attentive sur les enjeux induits en termes de protection de la vie privée.

« Nous sommes en guerre ». Plutôt que d’invoquer sans cesse l’existence d’une période inédite, nous serions collectivement bien inspirés de prendre le temps d’un regard rétrospectif sur l’évolution des législations de protection des données au cours des 20 dernières années.

La « guerre » contre la crise sanitaire succède en réalité à près de 20 années de « guerre » contre le terrorisme engagée depuis les attentats du 11 septembre 2001. Cette volonté de renforcer la sécurité publique s’est traduite en France par un nombre toujours croissant de législations spéciales, venant déroger aux principes fondamentaux du droit commun de la protection des données, lequel a été tout récemment renforcé au niveau européen à l’occasion de la mise en œuvre du règlement européen général sur la protection des données (RGPD).

Un exemple marquant est celui de la vidéosurveillance, désormais appelée « vidéoprotection », et plus récemment des techniques de reconnaissance faciale dont le développement s’est progressivement élargi dans l’espace public, au gré de lois évoquant tout d’abord la prévention d’actes de terrorisme, puis la protection des lieux particulièrement exposés à des risques d’agression, puis la prévention des risques naturels et désormais la simple constatation d’infractions aux règles de la circulation routière. L’évolution des textes encadrant la vidéosurveillance est symptomatique de ce processus irréversible appelé « effet de cliquet » : une fois qu’une technologie de surveillance est mise en œuvre, son développement devient inéluctable et s’inscrit dans des usages de plus en plus banalisés à mesure qu’ils sont socialement acceptés. Allons-nous irrémédiablement poursuivre sur cette même pente en raison de la crise que nous traversons ?

Protéger nos données n’est pas qu’une coquetterie

L’absence de protection des données relatives à la santé des individus pourrait conduire à un grave risque de stigmatisation. C’est ainsi qu’à la fin des années 90, seule l’intervention de la CNIL a permis de mettre en œuvre un dispositif de surveillance épidémiologique des personnes séropositives tout en garantissant leur anonymat et l’absence d’exclusion sociale. Aujourd’hui encore, c’est le RGPD qui protège les salariés en interdisant aux employeurs de procéder par eux-mêmes à la collecte d’informations relatives à la recherche d’éventuels symptômes du virus, ceci étant réservé aux seules autorités sanitaires.

Plus largement, la constitution de fichiers ou de « listes noires » visant à profiler les individus peut conduire à de graves risques de discrimination sur le plan économique. A l’heure de la mise en œuvre d’outils de détection ou de surveillance d’individus atteints du COVID, quelles seraient les conséquences de la délivrance éventuelle de « certificats d’immunité » ? Que deviendra celui qui, ne disposant pas d’un tel certificat, se verrait demain interdire l’accès à des commerces ou services de première nécessité ?

N’oublions pas également que la technologie ne constitue jamais une solution miracle. Les données de localisation issues des téléphones reposent sur des infrastructures techniques dont la précision et la fiabilité sont très variables. Leur efficacité en termes de lutte contre la pandémie est de ce point de vue à relativiser et ne risque pas de remplacer nos « gestes barrières ». Comme pour toute technologie innovante, par exemple en matière de biométrie, il faut scrupuleusement évaluer le risque de « faux positif », c’est-à-dire le risque que la machine se trompe ! Le contrôle par la machine ne doit pas remplacer le contrôle par l’humain.

Ne pas céder à la tentation de législations d’exception

La réglementation européenne, qu’il s’agisse du RGPD ou de la directive « e-privacy », autorise la mise en œuvre d’outils technologiques de lutte contre la pandémie tout en préservant nos libertés fondamentales. La géolocalisation des individus est par exemple possible, à la condition de respecter certains principes fondamentaux, en particulier l’anonymisation des données. Il importe par conséquent, à court mais aussi à plus long terme, de ne pas déroger à ces règles, en exhortant nos législateurs à ne pas céder à la tentation d’adopter des législations dérogatoires qui viendraient ainsi détricoter les principes construits en France et en Europe depuis près de 45 ans, et qui, à coup sûr, perdureraient au-delà de la crise sanitaire.

De même, les contrepouvoirs institutionnels doivent pleinement jouer leur rôle dans l’analyse des dispositifs de surveillance massive de la population.

Alors que les pouvoirs publics insistent sur l’effort de transparence qu’ils entendent engager pour informer le public sur l’évolution du virus, la même transparence doit être attendue des autorités indépendantes de contrôle et en particulier de la CNIL. Son rôle ne doit pas se limiter à accompagner les acteurs institutionnels en leur rappelant poliment le cadre juridique applicable. Il lui incombe de se positionner plus clairement et communiquer publiquement sur les lignes rouges à définir concernant l’action à venir des pouvoirs publics et des opérateurs privés. S’agissant de l’utilisation de données de géolocalisation, l’anonymisation systématique et irréversible des données des individus devrait être consacrée comme l’unique solution acceptable sur le plan des libertés individuelles.

Au-delà, il appartiendra aux ordres juridictionnels de jouer pleinement leur rôle dans le contrôle de la légalité et de la proportionnalité des dispositifs envisagés.

Engager un véritable débat de société

Il ne suffit pas de rappeler que notre droit pose des règles de protection de nos données. Encore faut-il que la société veuille bien s’en emparer. Dans le contexte où les individus se sont de plus en plus accommodés à l’usage des technologies, au point de ne plus en percevoir parfois les risques (comme en matière d’exposition de soi sur les réseaux sociaux), la crise sanitaire est une occasion unique de relancer un grand débat de société sur l’équilibre à construire entre technologie, sécurité et liberté.

La dimension européenne ne devra pas être oubliée : à l’heure où Google et Apple annoncent s’associer pour rationaliser l’exploitation des données issues de nos téléphones portables, se pose crûment la question de notre souveraineté numérique. Notre modèle européen de protection des données est l’un des plus protecteur au monde. Il serait grand temps de le faire prévaloir, et de se réarmer sur le plan industriel en investissant massivement dans la conception d’outils numériques made in Europe et « privacy by design »."

Revue Progressistes | 2 Mai 2020 à 12:03 | Catégories : COVID-19 | URL : https://wp.me/p3uI8L-256

Partager cet article
Repost0
11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 05:31
Simone Bastien (à gauche) en compagnie d'amies dont Angèle Le Nédelec (à droite) Source: lecteur de l'Humanité (Livre Héroïques Femmes en Résistance tome 1, Antoine Porcu, Le Geai Bleu, 2006)

Simone Bastien (à gauche) en compagnie d'amies dont Angèle Le Nédelec (à droite) Source: lecteur de l'Humanité (Livre Héroïques Femmes en Résistance tome 1, Antoine Porcu, Le Geai Bleu, 2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

95/ Simone Bastien (1921-2006)

Simone Bastien n'est pas finistérienne mais rémoise mais elle va jouer un rôle important dans la résistance finistérienne.

Elle est née le 8 février 1921 à Reims (Marne), et décédée le 16 novembre 2006 à Quetigny (Côte-d’Or) ; ouvrière du textile puis dans l'armement ; elle fut responsable des jeunesses communistes dans le Finistère puis dans les Côtes-du-Nord ; arrêtée à Guingamp le 5 août 1943 puis déportée à Ravensbrück ; responsable nationale de l’ANACR.

Le père de Simone, Louis Bastien, apprêteur à Reims, revint gazé à l’ypérite de la première guerre mondiale. Malade de la tuberculose, il fit de très nombreux séjours en sanatorium. Sa mère Lucie née Larue, couturière, fut ouvrière chez Panhard pendant le conflit, tournant des obus. Les parents de Simone Bastien n’étaient pas politisés. En 1935, à la mort de son père, Simone, l’aînée d'une famille de sept enfants, travailla dans une biscuiterie comprenant une vingtaine de salariés.

Adhérant aux Jeunesses communistes et à l'Union des Jeunes filles de France à Reims en 1936, elle participa à la campagne des élections législatives. Très active pour venir en aide aux républicains espagnols, elle donna son adhésion au Parti communiste en 1938, militant à la cellule du troisième canton de Reims dont elle fut la trésorière.

À l’automne 1939, avec sa mère et ses frères et sœurs, elle rejoignit la région parisienne chez un oncle à Thiais dans la Seine. Elle travailla dans une manufacture d’armes de Courbevoie jusqu’en juin 1940 au moment de la débâcle. Devant l’avance des nazis, les ouvriers qui voulaient détruire l’outil de travail se heurtèrent à la direction de l’entreprise. En septembre 1940, elle regagna Reims tentant de renouer les fils avec les organisations communistes, en particulier avec Armande Gandon. Elle y rencontre François Lescure qui accomplit la même mission auprès des membres du parti dispersés. A plusieurs reprises, elle fait la navette entre Paris et Reims, transportant tracts et affichettes.

Le 22 janvier 1941, son groupe de jeunesses communistes, à peine reconstitué, fut démantelé. Elle fut condamnée à huit mois de prison, avec cinq autres camarades, pour infraction au décret du 26 septembre 1939 sur la dissolution du PCF. Elle fut emprisonnée à La Petite Roquette, puis à Fresnes avant d’être transférée à la centrale de Rennes.

Libérée le 23 septembre 1941, elle regagna Reims mais n’y resta pas craignant une mesure d’internement administratif. Jo, responsable interrégionale des jeunes, lui demanda de « se planter » dans le vignoble champenois, pour faire les vendanges.

Début 1942, après avoir repris contact avec lui à Épernay, elle fut mise en contact avec Mariette, Madeleine Vincent, membre de la direction clandestine des jeunesses communistes à Paris, qui lui demanda de s’occuper de l’organisation des jeunesses communistes en Bretagne. Elle doit assurer la responsabilité régionale des JC. Des priorités lui sont fixées: recruter, répartir le matériel de propagande, assurer la distribution de tracts, coller des affichettes, couvrir les murs d'inscriptions.

Fin 1941, Simone Bastien, dite "Monique", la jeune militante communiste champenoise envoyée dans le Finistère pour réorganiser départementalement les Jeunesses Communistes, travaille à Brest depuis le domicile de Jeanne Goasguen-Cariou.  Les femmes communistes sous la direction de Marie Miry, sage-femme, de Angèle Le Nédellec, de Marie Salou, de Simone Bastien, d'Aline de Bortoli, d'Yvette Richard-Castel, organisent des soins, des manifestations pour la libération des prisonniers de guerre et contre la fin des restrictions alimentaires.

Elle rejoignit le Finistère, en avril 1942, où elle remplaça Jean Kérautret, appelé à d’autres tâches en particulier à l’OS (organisation spéciale). Les groupes armées de l'OS sont mis sur pied par le PCF, avec l'appui de la JC, à Brest, Quimper, Concarneau, Pont-l'Abbé, Douarnenez, Châteaulin, Landerneau, Morlaix... Elle sillonna le département du Finistère afin d’organiser ces petits groupes de jeunesses communistes à Quimper, Concarneau, Morlaix et principalement à Brest. Elle participa à des manifestations illégales comme celle du 14 juillet 1942 à Brest pour célébrer la Révolution de 1789 et manifester l'opposition à la Révolution Nationale anti-républicaine et anti-démocrate du régime de Pétain.

À l’automne 1942, devant la vague d'arrestations ayant lieu chez les communistes finistériens, sentant l'étau se resserrer autour de Simone Bastien, Jacqueline, interrégionale pour la jeunesse, Lucienne Michaut, lui demanda de rejoindre les Côtes-du-Nord où elle fut en contact avec les principaux responsables politiques communistes du département : Antoine ; André, Léon Renard ; Maurice, Louis Pichouron ; Yves, Marcel Brégeon, Kervarec, Louis Picar, et Edmond, André Cavelan.

Les conditions de survie dans la clandestinité sont assez difficiles. Les illégaux ne possèdent pas de cartes de ravitaillement, sans lesquelles les épiceries et autres magasins alimentaires ne délivrent aucune denrée. Au printemps, Simone, en compagnie de deux autres camarades "visite" nuitamment la mairie de Ploumiliau. Ils récupèrent les indispensables cartes d'alimentation. 

En juillet 43, au cours d'une réunion importante dans un bois de Guingamp, Simone, consciente que ses responsabilités qui la conduisent à sillonner plusieurs départements bretons depuis vingt mois, risquent à tout moment de se conclure par son arrestation, demande à être déchargée de cette responsabilité et à intégrer un maquis. Combattant FTP, un certain "Max", que Simone regarde avec méfiance, s'y oppose et argumente pour qu'elle reste à son poste.

Le pressentiment de Simone va se révéler juste quelques jours plus tard. Alors qu'elle se rend à un rendez-vous fixé dans un square, elle est arrêtée avec Marie Miry le 5 août 1943 à Guingamp, place du Champ au Roy, par la SPAC (section la police anticommuniste) dans le cadre d’une très vaste opération de démantèlement de l’organisation clandestine du PCF dans les Côtes-du-Nord.

Elle fut blessée par balle par un des inspecteurs lors de son arrestation.

50 militants dont 17 femmes furent ainsi arrêtés puis déportés.

Après les premiers soins chez un médecin du quartier à Guingamp, escortée par des policies, Simone est conduite à l'hôpital de Guingamp avant d'être transférée à celui de Saint-Briève. Enfermée dans un cabanon réservé aux fous, une surveillante implacable s'exerce jour et nuit. Malgré la complicité des religieuses qui s'efforcent de lui trouver de la fièvre, Simone Bastien fut transférée à la maison d’arrêt de Rennes où elle fut emprisonnée de longs mois, à la prison Jacques Cartier, jusqu'en mai 1944. A Rennes, elle partage sa cellule avec Madeleine Allard, la fille du général Allard, chef de l'armée secrète dans la zone M2, arrêtée avec sa belle-mère à Messac le 1er décembre 1943.

Transférée à Romainville, elle fit partie d’un convoi de 50 femmes qui quitta le pays le 6 juin 1944. Elle fut déportée à Ravensbrück, matricule 43048. Elle fit partie du kommando de Leitmeritz, dépendant du camp de concentration de Flossenburg. Elle fut libérée le 10 mai 1945 dans les Sudètes en Tchécoslovaquie où le groupe de déportées avait été évacué devant l’avance des troupes alliées.

Simone Bastien se maria à Reims le 27 février 1946 avec Guy Lecrux, cheminot, ancien déporté à Auschwitz, qu'elle avait connu à la prison de Rennes . Installée en Côte-d’Or à Dijon, à la mort de son mari en 1963 (les séquelles de sa déportation avaient gravement détérioré sa santé), elle eut des responsabilités nationales à l’ANACR. Jusqu’à son décès elle est restée fidèle au PCF.

Sa soeur Marcelle* participa à la Résistance fut déportée et eut une fille de Lucien Dupont*.

Sources:
 
https://maitron.fr/spip.php?article15875, notice BASTIEN Simone, Monique [épouse LE CRUX] par Alain Prigent, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 19 octobre 2010.
 
Antoine Porcu, Héroïques. Femmes en résistance. Tome 1, éditions le Geai Bleu, 
 
Article sur Simone Bastien dans memoiredeguerre.free.fr
 
Eugène Kerbaul - Chronique de la section PCF de Brest pendant l'occupation 
Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011