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250 à 300 manifestants à Morlaix, 130 à Carhaix, 1000 à Brest, 500 à Quimper, 250 à Quimperlé
La mobilisation dans le Finistère a été moins forte que le 6 janvier et surtout que les 2 grandes journées d'action du mois de décembre contre la réforme des retraites, le 5 et le 16 décembre. Une mobilisation un peu décevante, donc, sous la pluie, en période de vacances scolaires, c'est peut-être un élément d'explication, mais les deux mois et demi de mouvement sans que Macron et la LREM ne cèdent rien aux exigences du peuple, commencent peut-être aussi à peser, alors que le combat fait rage à l'Assemblée nationale et que les enjeux sont énormes, Macron et son gouvernement détruisant méthodiquement, un à un, les piliers du modèle social hérité du CNR, le système des retraites solidaire par répartition et la Sécu en général pour commencer, en bafouant au passage toute règle de démocratie.
Pour autant la lutte continue et les communistes étaient encore fois bien présents dans la manif, sous leurs couleurs ou celles de leurs syndicats.
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
51/ Jean Burel (1921-1944)
Né le 13 décembre 1921 à Plouhinec (Finistère), fusillé le 3 juillet 1944 à Servel en Lannion (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ; batelier aux Ponts et Chaussées ; FTPF ; militant du Parti communiste clandestin.
Son père Jean-Marie Burel, marin de commerce, avait épousé Marie, Yvonne, Noëlle Scudellec, ménagère. La famille de Jean Burel fut marquée par les premières années de la guerre. Un frère de Jean Burel périt en mer lors du torpillage de son unité au large de Casablanca. Un de ses oncles fut porté disparu à Dunkerque en juin 1940.
En 1942, Jean Burel travaillait avec son père qui était maître d’équipage, à Rouen, à bord d’un élévateur, bâtiment chargé d’aspirer la vase dans la Seine, aux Ponts-et-Chaussées de Rouen. À la fin de l’année 1942, refusant d’aller travailler en Allemagne en application de la Relève décidée par Pétain, il rejoignit la Bretagne, sa région natale. Membre actif de la Résistance FTP dans la région d’Audierne, il fut, selon Eugène Kerbaul, un militant actif des structures clandestines de la jeunesse communiste. Agent de liaison et de transmission de l’État-Major des FTP, il fut l’accompagnateur de Daniel Trellu dans ses déplacements. Ses missions l’amenèrent à Paris, Saint-Brieuc, Rennes, Carhaix et Guingamp. Au lendemain du débarquement, il rejoignit une unité de FTP, à Pont-Melvez, du secteur de Guingamp, et fut en contact avec Jean Tallec. Il participa dans cette région à plusieurs sabotages en particulier sur la ligne de chemin de fer Paris-Brest. Le 27 juin 1944, il fut arrêté sur dénonciation dans un hôtel-restaurant de Guingamp par la Wehmacht. Arrêté sous le nom de Jacques Le Goff, né le 19 septembre 1919 à Ergué-Armel (Finistère), les Allemands ne connurent jamais sa véritable identité.
Jugé et condamné à la peine de mort, selon un article paru dans L’Ouest-Éclair du 19 juillet 1944 « pour attentats contre les voies ferrées et d’attaques à main armée contre des soldats et des civils » par un tribunal militaire allemand, il a été fusillé le 3 juillet 1944 au camp d’aviation de Servel. Jean Burel avait vingt-trois ans. À Guingamp, sa logeuse, Mme Jaffrenou, récupéra après sa mort une veste lui appartenant. Dans une de ses poches on trouva un petit papier où il avait mentionné sa véritable identité ce qui permit de l’identifier. Son père vint prendre possession de la dépouille de Jean Burel qui fut inhumé à Plouhinec.
Le nom de Jean Burel figure sur Le monument du terrain d’aviation de Servel en Lannion. Un élévateur des Ponts et Chaussées de Rouen fut baptisé à son nom le 23 mars 1947. Une rue de Plouhinec porte son nom.
SOURCES : Arch. Dép. Côtes-d’Armor, 68J4, 165J10. – DAVCC, Caen. – Joseph Darsel, La Bretagne au combat, Le Signor, 1980. – Eugène Kerbaul, 1 270 militants du Finistère (1918-1945), IRM Bretagne, 1985. – Alain Prigent, Serge Tilly, « Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944) », Les Cahiers de la Résistance populaire dans les Côtes-du-Nord, no 12, 2011. – Témoignage de la sœur de Jean Burel.
Alain Prigent, Serge Tilly - Maitron des Fusillés
Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"
Document collecté par Yvonne Bouër-Trividic: "An disonj ne rank ket beza ho eil sebeilh" - "L'oubli ne sera pas leur linceul"
Témoignages (lettre manuscrite adressée à Monsieur Branchoux par un résistant collectée par Yvonne Bouër-Trividic, "L'oubli ne sera pas leur second linceul"):
"Fin 1942, Jean Burel était alors à l'atelier Pont et Chaussée à Rouen où comme beaucoup il s'est trouvé désigné pour le STO en Allemagne. Il s'est réfugié aussitôt dans la région de Quimper où il a pris contact avec l'organisation de résistance des FTPF et a été un des plus actifs. La liaison avec Paris a toujours été très difficile et non sans risques (un convoyeur le faisait à peine deux mois sans être pris).
Vint le jour où il fut désigné pour faire ce travail. C'est à ce moment que j'ai pu voir le cran et le dévouement qui animait ce brave petit gars. Il avait pour papier d'identité à cette époque qu'une carte au nom de "Jacques Le Goff, inspecteur du travail".
Ce n'est que le deuxième mois d'activité dans ce service qu'il descendit à Guingamp pour sa distribution. Il coucha et mangea d'abord chez ma belle-sœur Mme Jaffrennoux. Mais moi je ne trouvai pas l'endroit sûr et je l'envoyai dans ma maison du petit Paris où à n'importe quel moment il pouvait entrer et sortir et surtout prendre un repos bien gagné. Son travail était celui-ci: de dimanche soir au lundi matin, partant pour Paris, rentrant le mercredi soir au moins, 31 kilos de papier. Le lendemain, nous faisions les paquets par départements (car il fournissait au Finistère, Morbihan, Côtes du Nord, Ille et Vilaine, et les derniers temps, Calvados et Manche) qu'il remettait un jour à Rennes, un jour à Pontivy, St Brieuc, Carhaix, Quimper, etc. ... à un autre convoyeur départemental.
Le 6 juin arriva avec le débarquement des Alliés qui devait annoncer la libération de notre pays. Jacques, nommions toujours ainsi, ne pouvait continuer son service faute de communication, mais après deux jours d'inaction et sans nouvelles de son chef direct, il partit avec Jean Callec qui voulait à tout prix l'emmener au maquis avec lui. Quelques jours plus tard, j'ai pu savoir qu'il attendait d'être accepté par vous et Monsieur Le Cun au Maquis de Plesidy et ce jour là je lui ai envoyé du linge et de l'argent.
Par l'Ouest-Eclair, j'ai appris que Jacques Le Goff avait été fusillé par les boches. Je l'ai revu ce brave petit gars le 7 août 1944 à Servel où il avait été enterré avec d'autres martyrs. Jean Burel a été pour moi le meilleur camarade et le plus dévoué pour la bonne cause avec toujours le sourire et la chanson aux lèvres.
Monsieur Branchoux je pourrai vous en dire davantage verbalement mais sur ce papier je crois vous donner l'essentiel".
Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":
Lire aussi:
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)
1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)
1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)
Communiqué de la section PCF du pays de Morlaix
Retrait du projet de réforme des retraites, et sinon un référendum !
Les communistes du pays de Morlaix appellent à se faire entendre une nouvelle fois en participant à la manifestation intersyndicale du jeudi 20 février à 11h place des Otages à Morlaix pour manifester l’exigence majoritaire de retrait de la contre-réforme gouvernementale des retraites.
Non Emmanuel Macron n'a pas reçu mandat des Français pour casser leur système de retraites, pas même des 18 % des inscrits qui ont voté pour lui au 1er tour de la présidentielle.
Les Français sont 61 % à soutenir le mouvement social qui réclame l’abandon de ce projet, de plus en plus critiqué, y compris par le Conseil d’État, et qui met en mouvement contre lui le monde ouvrier et salarié comme celui de la culture, les avocats comme les enseignants, les jeunes comme les retraités.
LREM ce n’est pas La République En Marche, c’est La Retraite En Moins, et la démocratie aussi.
La démocratie, c’est l’expression du peuple, son droit d’intervention dont personne ne peut le dessaisir.
Retrait du projet, et sinon un référendum !
A ce jour, déjà 200 personnes ont souhaité appeler publiquement à voter pour la liste "Morlaix Ensemble. Pour une ville solidaire, écologique, active"
La liste de ces premiers soutiens sera bientôt rendue publique.
Vous aussi, si vous voulez qu'il y ait une alternance à Morlaix après deux mandats d'Agnès Le Brun et qu'une gauche soudée, sérieuse, respectueuse, inventive et réaliste puisse à nouveau gérer la ville pour la relancer après 12 ans d'affaiblissement, grâce à un projet cohérent et complet construit pendant deux ans, appelez à voter pour notre liste, rejoignez notre comité de soutien pour faire gagner la gauche:
morlaix-ensemble.bzh
https://www.facebook.com/morlaixensemblebzh/
Rejoignez notre comité de soutien pour faire gagner la gauche à Morlaix.
Il suffit d'envoyer un mail avec votre nom, prénom, adresse, à yvonlaurans@orange.fr ou morlaixensemble@gmail.com
Jean-Paul Vermot, 46 ans, directeur Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) ;
Ahamada Zoubeiri, 54 ans, ouvrier agroalimentaire ; Catherine Tréanton, 53 ans, éducatrice spécialisée ; Laëtitia Tosser, 43 ans, chargée d’administration des ventes ; Camille Thomas, 41 ans, responsable communication ; Patricia Stéphan, 56 ans, responsable restauration collective ; Valérie Scattolin, 53 ans, coordinatrice HSE aérien ; Katell Salazar, 48 ans, écrivaine publique ; Françoise Queinnec, 65 ans, directrice de Segpa (Section d’enseignement général et professionnel adapté) à la retraite ; Élodie Postollec, 41 ans, infirmière ; Jérôme Plouzen, 48 ans, chef d’entreprise expertise du bâtiment ; André Paulus, 70 ans, directeur d’école retraité ; Marie-Françoise Madec-Jacob, 60 ans, agente hospitalière retraitée ; Calvin Louet, 21 ans, étudiant ; Ludivine Le Men, 29 ans, remplaçante éducative ; Laurent André, 58 ans, professeur spécialisé; Yvon Laurans, 66 ans, inspecteur jeunesse et sport retraité ; Frédéric L’Aminot, 47 ans, ouvrier dans les produits en béton ; Élise Kerebel, 49 ans, aide-soignante ; David Guyomar, 41 ans, animateur socioculturel ; Ghislain Guenguant, 32 ans, technicien de maintenance ; Hervé Gouédard, 73 ans, pédiatre hospitalier retraité ; Anne-Yvonne Gereec, 67 ans, retraitée ; Patrick Gambache, 61 ans, éditeur ; Henri Gaba Engaba, 44 ans, ouvrier agroalimentaire ; Édith Fer, 41 ans, enseignante ; Jolan Faucheur, 26 ans, entraîneur sportif ; Ismaël Dupont, 40 ans, professeur documentaliste ; Eugène Davillers-Caradec, 21 ans, service civique de l’EN ; Maëla Burlot, 32 ans, coordinatrice sociale ; Kristell Breton, 40 ans, mandataire judiciaire ; Annie Bergot-Le Calvez, 67 ans, retraitée des finances ; Nathalie Barnet, 43 ans, agente de planification aérienne ; Kristiane Bannier, 71 ans, formatrice retraitée ; Ali Azzala, 48 ans, technicien bâtiment ;
Plus d’informations au sujet des colistiers sur morlaix-ensemble.bzh.
https://www.facebook.com/morlaixensemblebzh/
Des représentants du PCF, du PS, de Génération.s, d'EELV, des Radicaux de gauche, de l'UDB étaient présents hier à Brest pour promouvoir les contours d'une autre réforme des retraites et appeler au retrait de la réforme de Macron et de son gouvernement (photo Jean-Yves Cabon)
Le PCF Finistère avait invité mercredi 12 février toutes les organisations de gauche qui combattent le projet de réforme des retraites de Macron à se réunir pour réfléchir à une prise de position et des initiatives communes dans le département en reprenant pour base l'appel national de la plateforme unitaire de la gauche et des écologistes "Retraites: d'autres choix sont possibles" adopté le 22 janvier.
Ce mardi 18 février, les représentants de 7 organisations de gauche souhaitant s'associer à cet appel se sont réunis à nouveau au local du PCF rue André Berger à Brest pour faire un appel commun à destination des journaux et de la population pour que Macron et le gouvernement abandonnent leur projet de loi retraites rejeté par la population et montrant qu'on peut construire une réforme des retraites juste sur de toutes autres bases.
Ce tract commun (en pièce jointe) commencera à être distribué lors des manifestations du jeudi 20 février à Brest, Quimper, Morlaix, Quimperlé, Carhaix.
Retraites, d’autres choix sont possibles !
Le 18 février, à Brest, les représentants de 7 organisations de gauche et écologistes (PCF, EELV, Génération.s, UDB, les Radicaux de gauche, République et socialisme, et PS) se sont retrouvées pour présenter le tract commun qui sera diffusé lors des manifestations contre le projet de réforme des retraites qui se dérouleront jeudi dans le Finistère.
Cet appel unitaire départemental reprend les grandes lignes de la plateforme commune des forces de gauche et écologistes adopté le 22 janvier au niveau national.
Emmanuel Macron doit écouter le peuple et renoncer à son projet qui ne satisfait personne.
D’autres choix sont possibles. Nous pouvons garder et améliorer le système par répartition en mobilisant le fonds de réserves des retraites (127 milliards), en revenant sur les exonérations de cotisations sociales (66 milliards), en élargissant l’assiette de financement aux revenus du capital (30 milliards), en développant une politique au service de l‘emploi et en appliquant une réelle égalité salariale entre les femmes et les hommes (6 milliards).
Une réforme des retraites juste ne peut pas faire l’impasse sur la question de la pénibilité, ni sur un niveau de pensions minimum au niveau du SMIC.
Ces 7 organisations appellent les Finistériennes et Finistériens à continuer à se mobiliser fortement, contre ce projet de réforme, notamment jeudi 20 février, journée de mobilisation nationale.
Brest le 18 février 2020
Le tract unitaire commun: Retraites, d'autres choix sont possibles!
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:
50/ Jacob Mendrès (1916-2012)
Notice du Maitron - Gilles Pichavant
Né le 20 novembre 1916 à Saint-Évarzec (Finistère), mort le 18 mai 2012 à Quimper (Finistère) ; maçon ; syndicaliste CGT, coopérateur ; communiste, résistant FTPF
Fils de Jacob, maréchal-ferrant, et de Jeanne, née Cloarec, Jacob Mendrès avait dix-huit mois lorsque son père mourut en 1918. Père de 5 filles, il avait été mobilisé en mobilisé en 1914, puis rendu à la vie civile pour maladie, en février 1916, et fut déclaré "Mort pour la France, d’une maladie aggravée au service". Déclaré pupille de la Nation en 1920, Jacob Mendrès perdit sa mère deux ans plus tard. Il avait 4 ans et demi, et il fut pris en charge par Catherine sa sœur ainée, elle et son autre sœur Marie ayant été instituées tutrices conjointes. En 1928, âgé de onze ans et demi, il quitta l’école pour travailler dans une ferme à Saint-Évarzec (Finistère). En 1930, à la suite du mariage de sa sœur aînée, il la rejoignit à Quimper (Finistère), et apprit le métier de maçon. En 1934, son diplôme en poche, il s’installa à Brest. Ouvrier maçon-cimentier, il militait en 1936 au syndicat CGT du Bâtiment. L’année suivante, il adhéra au Parti communiste, rencontra Germain Riou*, de Saint-Goazec (Finistère), et le rejoignit à la cellule Lambézellec.
En 1939, était membre du comité de section de la ville de Brest. Pendant cette période, prenant conscience de l’insuffisance de sa formation, il suivit les cours du soir organisés par Marcel Hamon, futur colonel Courtois dans la Résistance.
Il fit son service militaire en 1937, au 2e Régiment d’infanterie coloniale, et y passa ses permis de conduire poids lourds. Mobilisé en 1939, il fut dirigé sur le camp de Bitche, près de Strasbourg, et assista à l’évacuation de la ville. En juin 1940, son régiment menacé d’être encerclé dans la région d’Amiens, il refusa avec d’autres d’être fait prisonnier, et rejoignit Montauban (Tarn-et-Garonne), avec 200 hommes et une vingtaine de camions. Démobilisé en septembre, il rejoignit Brest où il renoua les contacts avec les militants du PC clandestin.
Il forma avec Jean Goasguen et Germain Riou* le premier triangle de Résistance du bâtiment, en contact avec Charles De Bortoli, chargé par le triangle de direction de réorganiser le bâtiment, et Eugène Kerbaul, ancien responsable des Jeunesses Communistes. et entra dans la Résistance : diffusion de tracts et de journaux, dégradation de véhicules allemands, sabotage sur les chantiers.
Jacob Mendrès intégra les rangs des FTP à leur création. Il participa au sabotage des sous-stations électriques de l’arsenal de Brest et de la base sous-marine qui eurent lieu le 27 mars 1942. Albert Rannou, ancien lieutenant des Brigades Internationales transporta et utilisa la dynamite, sous la protection de Jacob. Après le départ de Pierre Corre, recherché et muté, Jacob Mendrès le remplaça et entra au triangle de direction des FTP de Brest, dont faisait partie, Gabriel Paul, de l’Arsenal, futur député communiste du Finistère.
Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1943, dans un groupe de quatre résistants — dont Germain Riou*, Georges Larvor* et le jeune Louis-François Berthou* qui fut abattu le 14 juillet 1944 à Saint-Méen (Finistère) — il pavoisa aux couleurs bleu-blanc-rouge, la rue principale et le bourg de Lambézellec (Finistère) (commune aujourd’hui intégré à la Ville de Brest).
Son absence de Brest pendant 3 ans de service militaire et guerre, son absence de foyer familial, sa prudence, firent qu’il ne fut pas repéré pendant longtemps, malgré une très haute taille assez remarquable. Mais en fin 1943 il échappa de peu à une arrestation, et quitta Brest pour s’installer à Tourc’h dans le Sud-Finistère, où il fut hébergé chez un camarade de chantier. Il changea d’identité, et intégra le maquis de Saint-Goazec-Spézet, créé en juillet 1943 par Jean-Louis Berthélémé*, Marcel Cariou*, Hippolyte Le Balch*, Yves Legall*, Daniel Trellu et Jean Guyomarc’h*. Créé au fond d’un bois des montagnes Noires, près de Kervigoudou, au bord d’un simple ruisseau qui séparait les communes de Saint-Goazec et Spézet, ce n’était pas un maquis de type militaire, avec une forte concentration d’hommes, de matériel, tels Saint-Marcel ou le Vercors, mais un maquis de guérilla. Comme le mercure ou vif-argent, métal liquide, le maquis devait être fluide, rapide, mobile, insaisissable, capable de se fractionner, puis de se regrouper avec la même vélocité qu’une goutte de mercure. Ce fut d’abord l’isolement, marqué par l’absence d’armes, les difficultés de ravitaillement, et les rafles. Les maquisards subirent des coups très durs. En cause, l’inexpérience, l’imprudence mais aussi les dénonciations.
Jacob Mendrès, avec tous les membres de ce maquis, intégra le 2e bataillon Stalingrad FFI-FTP, créé fin juillet 1944, et participa aux combats de la Libération du Finistère, notamment l’attaque du château de Trévarez (Finistère), lieu de repos des mains de la Kriegsmarine de la base sous-marine allemande de Brest. Le bataillon fut dissous deux mois plus tard alors qu’il culminait à 650 combattants. Jacob Mendrès, chef de la section Lénigrad, fut homologué lieutenant.
Jacob Mendrès fut nommé à l’État-major à Quimper comme Commissaire à la Sécurité, mais il refusa le grade de capitaine qui y était associé. Il ne porta jamais ses galons de lieutenant, simplement son brassard. Il rejoignit à l’état-major, le lieutenant colonel Chevalier — Daniel Trellu, chef des FTP du Finistère — et le commandant André, responsable FTP pour le sud-Finistère, sous les ordres de Berthaud*, chef des FFI du Finistère. Assure les liaisons entre l’État-major et les bataillons Stalingrad et Normandie, ainsi que le transports d’armes.
Jacob Mendrès se maria en avril 1942 à Saint-Goazec (Finistère) avec Françoise Guéguen, cousine de Germain Riou*. Ils eurent trois enfants, dont Anne Friant-Mendrès, qui était présidente de l’association des Amis de l’Anacr du Finistère en 2016.
Après la guerre, il créa une coopérative ouvrière de production dans le bâtiment et les travaux publics, la Scor (Société Coopérative "Aux ouvriers réunis"), qui participa à la reconstruction de la ville de Brest dans l’après-guerre. Il dirigea la coopérative jusqu’à sa retraite. De 10 membres à sa création, en 1946, l’entreprise comptait 270 personnes à son départ, dont une centaine de coopérateurs. De nombreux résistants et républicains espagnols y travaillèrent. S’ajoutant à ceux de Brest, la Scor assura des travaux pour la ville de Quimper (Finistère) : Lycées, halles, l’abri anti-atomique de la préfecture, etc. Parallèlement, Jacob Mendrès avait constitué un groupement des coopératives BTP de l’Ouest.
Dans les années soixante, Jacob Mendrès ne reprit plus sa carte du parti communiste à la suite d’un conflit douloureux avec la direction Brestoise du PC, mais en resta un « compagnon de route » toute sa vie,
En 1954, Jacob Mendrès fut l’un des fondateur du comité ANACR du Finistère, avec Auguste Le Guillou*. Il en devint le président d’honneur du comité départemental, et président du comité de Fouesnant (Finistère). Il fut le président d’honneur du comité ANACR Sud-Cornouaille, et le parrain du Pôle Jean Moulin, pour la sauvegarde des archives de la Résistance.
Il mourut à Quimper (Finistère) le 18 mai 2012.
Notice de Gilles Pichavant dans le Maitron:
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49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)
Henri Tanguy est né un peu par hasard en gare de Morlaix. Sa mère, blanchisseuse, a accouché précipitamment alors qu'elle devait probablement regagner Brest en train, Brest où le père de Henri était officier marinier. La famille a aussi été installée temporairement dans d'autres ports, Toulon et Cherbourg pendant l'enfance de Henri Rol-Tanguy.
C'est à Brest à 13 ans que Henri arrête l'école. Il devient télégraphiste pour les PTT à Brest mais il n'est pas titularisé. Il est embauché dans une entreprise de taxis, puis comme téléphoniste, et enfin comme apprenti mécanicien.
Sa mère estime que son avenir et celui de son frère Joseph n'est pas assuré à Brest à l'hiver 1923-1924, elle rejoint Paris avec ses enfants. Ayant été tourneuse d'obus pendant la guerre de 14 à l'arsenal de Toulon, elle se fait embaucher chez Renault comme métallurgiste tandis qu'Henri est engagé chez Talbot.
Puis en 1925 Henri Tanguy est embauché comme métallier chez Renault à Boulogne Billancourt et la même année il adhère aux Jeunesses Communistes, à l'âge de 17 ans, et au syndicat CGTU. Sa participation à la grève générale chez Renault Billancourt entraîne son licenciement en mai 1926. Il travaillera ensuite comme métallo dans différentes usines, dont Breguet où il crée après les émeutes nationalistes et anti-parlementaires de 1934 menaçant la République une cellule communiste et un syndicat CGTU.
En 1935 il membre du bureau des Jeunesses communistes à Paris et participe à des affrontements avec l'extrême-droite.
C'est dans son entreprise de chaudronnerie à Montrouge que Rol Tanguy vit la grève de mai-juin 1936 et il est licencié à la fin du conflit. A l'automne hiver 1936, et début 37, il est un des animateurs de la solidarité avec l'Espagne républicaine face au coup d'état franquiste. En février 1937, il peut enfin rejoindre l'Espagne comme volontaire des Brigades Internationales après plusieurs demandes infructueuses, compte tenu de la dégradation de la situation militaire pour les Républicains.
En raison des compétences acquises pendant son service militaire (notamment en Algérie, dans un bataillon disciplinaire, en 1929), il est nommé commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, du parc auto des Brigades internationales, enfin de l’usine n° 1 où l’on fabriquait les grenades et réparait les automobiles. Puis il fut désigné, avec grade de capitaine, responsable à la main-d’œuvre étrangère dans les usines qui se montaient en zone républicaine.
Les Brigades Internationales recrutées en France, c'était 15 000 volontaires, dont 8000 Français et 7000 étrangers, environ 250 Bretons.
Mais, en octobre 1937, il fut rappelé en France, pour accomplir une période de réserve. A son issue, il reprit ses fonctions syndicales, notamment les actions de solidarité avec la République espagnole. De retour à Albacete en février 1938, André Marty l’ayant réclamé, il fut nommé commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara. En avril 1938, pendant la marche à la mer des troupes franquistes, Henri Tanguy fut chargé de l’acheminement à Barcelone des volontaires internationaux présents à Albacete et dans sa région (environ 1 200), mission qu’il accomplit la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine, le 15 avril. Il assura ensuite le commissariat politique de la nouvelle base des Brigade internationales mise en place à Olot, mais quelques semaines plus tard, cette dernière ayant été dissoute, André Marty le désigna commissaire politique de la 14e Brigade, « La Marseillaise ».
Blessé le 18 juin 1938 d’une balle dans la poitrine, au retour d’une visite de bataillon, il reprit son poste après quelques jours passés à l’hôpital, refusant d’attendre l’extraction du projectile. Il participa à la grande offensive de l’Ebre, à Tortosa et dans la Sierra Caballs, de juillet à septembre 1938, date de relève des Brigades.
Revenu en France en novembre, à la dissolution des Brigades, Henri Tanguy reprit ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti communiste. En avril 1939, l’ancien brigadiste épousa sa marraine d’Espagne, Cécile Le Bihan, fille du militant syndicaliste et communiste, résistant FTP mort en déportation, François Le Bihan*. Le couple eut quatre enfants.
Après avoir accompli son devoir militaire, Rol-Tanguy rentre dans la clandestinité en 1940 après les premières arrestations de militants communistes suite au pacte germano-soviétique et aux décrets d'interdiction et de répression du mouvement communiste sous Daladier. Dès août 41, il organise la mise en place des groupes armés en région parisienne qui donnent naissance en février 42 aux FTP. Rol-Tanguy devient le responsable militaire dans la direction des FTP en région parisienne. Identifié après l'arrestation d'autres dirigeants en mai 42, il migre dans la région Anjou-Poitou où il commande les FTP. A cette époque, il est aussi chargé de mission en Bretagne et à Bordeaux.
Fin 43 Henri Tanguy passa en octobre à l’état-major des FFI de la région Parisienne qui regroupait onze départements autour de Paris, où il représentait les FTP. Successivement responsable de l’action immédiate, du troisième bureau (« opérations »), puis sous-chef de l’état-major, enfin chef régional en mai 1944, il était à la veille du débarquement allié du 6 juin 1944, colonel chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), qu’il baptisa « Ile-de-France ».
Il prit alors son dernier pseudonyme Rol, nom d’un militant d’Épinay-sur-Seine, combattant des Brigades internationales, tué pendant la bataille de l’Ebre peu de temps après avoir été nommé commandant du bataillon « Commune-de-Paris ».
Le 19 août 1944, en qualité de chef régional des FFI, Rol-Tanguy donna l’ordre de l’insurrection parisienne. Il reçut, avec le général Leclerc, la reddition du général Von Choltitz — commandant la garnison allemande du Grand-Paris — le 25 août.
Le 18 juin 1945, il est élevé au rang de compagnon de la Libération par le Général de Gaule qui le respectait beaucoup.
Avant le passage du Rhin, le 31 mars 1945, Rol-Tanguy rejoignit le 151e régiment d’infanterie issu de la Brigade de Paris formée par le colonel Fabien, participa à la campagne Rhin-Danube en tant que lieutenant-colonel.
A la fin de la guerre, Rol-Tanguy rentre dans l'armée même si, dans le climat de guerre froide, après 48, ses engagements communistes vont contribuer à ce qu'il soit partiellement placardisé et bloqué dans son avancement.
Invité occasionnel du Comité central du PCF à partir de 1947 — en tant que militaire il ne pouvait y intervenir — Henri Rol-Tanguy en devint membre de 1964 à 1987. Il avait été candidat du PCF aux élections législatives de 1962 à Paris (XXe arr.).
Élu en juillet 1946, lors du 23e congrès, président d’honneur de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), il assura également la coprésidence de l’ANACR (association nationale des anciens combattants de la résistance) et la présidence de l’AVER (association des volontaires de l'Espagne Républicaine).
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Le nouveau ministre de la Santé a été de tous les coups portés à la Sécurité sociale depuis 2017, défendant l’austérité et tentant de supprimer huit mentions sur neuf de la Sécu dans la Constitution.
En 2017, c’est Olivier Véran qui est choisi par la majorité macroniste pour devenir rapporteur des budgets de la Sécu. Dès le premier d’entre eux, il défend mordicus une coupe de 4,2 milliards d’euros, dont 1,2 milliard rien que pour un hôpital public déjà exsangue. « En trois ans, il a retiré 3,1 milliards d’euros à l’hôpital public. Il est comptable de la situation catastrophique dans laquelle se trouvèrent les soignants et les soignés », assène Alain Bruneel. Les syndicats des professionnels de santé ont d’ailleurs vertement accueilli, dimanche, le nouveau ministre.
« Pour nous, mettre comme ministre celui qui avait été à la manœuvre pour faire voter la loi de finances qui motive aujourd’hui le mouvement à l’hôpital, ça frise la provocation », a réagi Christophe Prudhomme. Le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France ajoute avoir « peu d’espoir que la politique change » avec cette nomination. Le secrétaire d’État Cédric O a d’ailleurs affirmé, hier, que « les Français ne verront pas les différences » entre Buzyn et Véran. C’est bien le problème.
Alors que les démissions, y compris de chefs de service, se multiplient dans l’hôpital public pour protester contre le sort qui leur est imposé par le gouvernement, Olivier Véran a annoncé, hier, vouloir lancer « une enquête nationale pour consulter les hospitaliers, pour tenter de saisir le sens de leur engagement et les raisons du mal-être ». « On n’a pas besoin d’une enquête de plus. La plus belle enquête qui existe, et qu’il faut écouter au plus vite, c’est ce qui est exprimé tous les jours par les soignants », insiste Alain Bruneel.
Pour amadouer son monde, Olivier Véran assure comprendre les hospitaliers. « J’ai été aide-soignant de nuit, j’ai été médecin », rappelle le neurologue, devenu député PS en 2012 quand Geneviève Fioraso, dont il était suppléant, a été nommée ministre par Hollande. Il a ensuite suivi Macron, dont il était le référent santé lors de la campagne de 2017. Il assure encore aujourd’hui avoir « le cœur à gauche », et a parfois soutenu des propositions courageuses sur le prix des médicaments, l’aide médicale d’État, le cannabis thérapeutique ou la question de la fin de vie. Il s’était un temps dressé contre le fait de faire supporter les mesures dédiées aux gilets jaunes au budget de la Sécu. « Mais il finit toujours par se soumettre à Macron et n’est surtout pas de gauche. Quand on s’attaque à des droits fondamentaux comme les services publics, la retraite ou la cotisation sociale, on n’est pas de gauche », tranche Alain Bruneel.
Car Olivier Véran a aussi porté le transfert massif des cotisations sociales (maladie et chômage) vers la CSG. Ce qui n’empêche pas le nouveau ministre de se réclamer d’Ambroise Croizat, y compris au sujet des retraites. Ce qui lui a valu cette remarque acerbe du communiste Pierre Dharréville : « Vous n’êtes pas les exécuteurs testamentaires de Croizat. Vous êtes les exécuteurs tout court ! »