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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 07:04

 

Emploi, salaires et retraites sont intimement liés. Le projet présenté par Édouard Philippe vise à permettre d’ajuster le montant de ces dernières au manque chronique de ressources. La réforme fait ainsi payer aux retraités l’addition de la crise et du chômage.

En touchant aux retraites, le gouvernement s’attaque au bien de tous les salariés. Payées aux trois quarts par les cotisations sociales, elles sont le fruit du travail de chacune et chacun. C’est pour cela qu’elles sont intimement liées à l’emploi et aux salaires, dont les cotisations sont une partie socialisée. Alors, quand le travail manque, que les cotisations rentrent moins facilement, du fait des exonérations décidées par les gouvernements, de la faiblesse des salaires et des inégalités femmes-hommes, c’est tout le système qui est fragilisé.

Dès lors, il y a deux voies possibles. Soit conforter le système en rehaussant le niveau des salaires et de l’emploi. C’est la voie que préconisent la CGT, FO et plusieurs forces de gauche (PCF, FI, NPA…), en agissant sur le levier de l’utilisation des richesses détournées par la finance. Soit l’adapter au manque chronique de recettes en baissant les pensions.

C’est la deuxième voie que le gouvernement a choisie, même s’il ne peut pas l’avouer franchement. La réforme annoncée par Édouard Philippe le 11 décembre ne comprend aucune surprise, hors le décalage de son application pour la faire commencer à la génération 1975, et tenter ainsi de désamorcer la mobilisation sociale. Pour le reste, elle est un copié-collé du rapport de Jean-Paul Delevoye remis en juillet : régime unique public-privé par points, « âge d’équilibre » budgétaire à 64 ans en deçà duquel sera instaurée une réduction de la pension (décote)… Tout était déjà su, contrairement à ceux qui prétendaient que les syndicats s’opposaient à la réforme sans la connaître.

On saura ce qu’on cotise, non ce qu’on reçoit

Dans ce projet, la valeur du point servira de variable pour baisser les pensions afin de respecter une « règle d’or » budgétaire qui interdira les déficits, et pour garantir que les dépenses de retraite ne pèseront jamais plus de 14 % du PIB. Le premier ministre promet pour rassurer qu’il sera inscrit dans la loi que « la valeur du point ne pourra pas baisser » : mais ce qui compte vraiment, ce sont les règles d’évolution du point par rapport aux salaires, à l’inflation, etc. Un conseil d’administration étroitement surveillé par l’État, où siégeront aussi syndicats et patronat, sera chargé des réglages permanents du système. Fini, les réformes qui mettent les gens dans la rue…

Avant même sa création, le premier ministre a déjà missionné cette instance pour mettre en place « l’âge d’équilibre » ou toute autre mesure qui permette d’économiser 8 à 17 milliards d’ici à 2025… Et ce n’est qu’un début. Dans son rapport, le haut-commissaire aux retraites dit notamment ceci : « Personne ne peut prévoir ce que sera la croissance économique, l’évolution du monde salarial, l’inflation, les nouvelles formes d’activité. (…). Or notre système de retraite actuel est très dépendant des hypothèses de croissance économique et d’emploi. » Pour rendre moins « dépendant » de l’économie et de l’emploi un système de retraite qui a un besoin vital de ressources, il n’y a pas 36 solutions : il faut ajuster en permanence le niveau des retraites aux ressources disponibles pour faire en sorte que le système s’auto-équilibre même en cas de fort chômage ou de crise gravissime. Le rêve de tout gouvernement libéral !

C’est ce que permet la flexibilité du système à points, un système à « cotisations définies », qui remplacerait celui en vigueur, dit à « prestations définies ». La différence ? Désormais, on saura à l’avance ce qu’on cotise, non plus ce que l’on reçoit. Un peu comme en Suède, où le régime à points entré en vigueur il y a vingt ans a fait plonger le niveau de vie des retraités.

Sébastien Crépel sebastien.crepel@humanite.fr

 

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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 07:00

 

En exil en Argentine et ciblé par un mandat d’arrêt émis par le nouveau pouvoir, Evo Morales a été nommé par le Mouvement pour le socialisme (MAS) directeur de la campagne pour la prochaine élection présidentielle. Avec Janette Habe Maître de conférences à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine, Sarah Pick Membre du comité directeur de France Amérique latine et  Maité Pinero journaliste et romancière

 

Le départ forcé d’Evo Morales de la présidence de la Bolivie est-il le résultat d’un coup d’État ou l’engagement d’un processus de « transition démocratique », comme le présentent les détenteurs du pouvoir civil et militaire actuel en Bolivie ainsi que certains médias ?

 

Janette Habe

Le fait qu’il y ait eu un coup d’État en Bolivie est indéniable et les affirmations des secteurs qui ont mis en cause sa réalité sèment la confusion. Il y a une polémique à ce propos en France mais également en Amérique latine, parmi les secteurs écologistes les plus mobilisés contre l’extractivisme. Ils mettent en cause le fait qu’il s’agisse d’un coup d’État parce que Evo Morales n’avait pas respecté le résultat du référendum de 2016, qu’il avait perdu, alors qu’il sollicitait un quatrième mandat présidentiel. Mais ni l’armée ni la police n’étaient alors intervenues. En Amérique latine, il y a plusieurs manières de nommer un coup d’État. L’une d’entre elles, c’est de parler de « pronunciamento » lorsque l’armée se « prononce » – intervient – contre le gouvernement en place. C’est exactement ce qui s’est passé. Evo Morales a démissionné le pistolet sur la tempe, lorsque l’armée le lui a « suggéré ». Les erreurs politiques d’Evo Morales ne doivent pas empêcher d’appeler un chat un chat, un coup d’État un coup d’État.

 

 

Sarah Pick

Le départ du président Morales est, en effet, un coup d’État maquillé en démission dans un contexte de crise électorale. Profitant des mobilisations liées à la contestation des résultats du scrutin du 20 octobre, du mécontentement croissant d’une partie de la population, ainsi que de l’audit de l’OEA (Organisation des États américains) invalidant les élections, la droite, derrière Carlos Mesa, et l’extrême droite, sous la bannière fascisante de Fernando Camacho, ont organisé des actions de plus en plus violentes et racistes, dont le but était de prendre le pouvoir par la force, loin d’un prétendu souci de démocratie. Quelques heures après le rapport de l’OEA, Evo Morales, sous pression, avait proposé d’organiser de nouvelles élections sous le contrôle de personnalités indépendantes. Pourtant, la droite et l’extrême droite ont rejeté cette proposition de sortie de crise qui aurait pu pacifier le pays. En effet, elles ne souhaitaient pas être de nouveau confrontées à des élections générales contre Morales, élections qu’elles n’ont jamais réussi à gagner depuis 2005. N’ayant pas non plus accepté les politiques de nationalisation et de redistribution du MAS, nourrissant un sentiment de revanche à l’encontre des peuples indigènes et des classes populaires, ces secteurs étaient prêts à entraîner le pays dans une guerre civile et à le jeter dans les bras de l’extrême droite pour démettre Morales. C’est pourquoi, tandis que des commandos fascistes descendaient dans les rues, l’armée et la police ont appelé au départ du président en dépit de sa proposition d’organiser un nouveau scrutin. Evo Morales décida de démissionner afin d’éviter un bain de sang au peuple bolivien. Malgré son départ, le pays n’a pas retrouvé la paix. Depuis le coup d’État, la CIDH (Commission inter­américaine des droits de l’homme) dénonce de graves violations des droits humains.

 

 

Maïté Pinero

Quand les chefs de la police et de l’armée ordonnent au président de démissionner, que des milices brûlent les bureaux de vote, les domiciles des ministres et menacent leurs familles, que les militaires – dispensés de responsabilité pénale – répriment à grand renfort de blindés et d’hélicoptères, que cette répression cause 33 morts, des centaines de blessés, plus d’un millier d’arrestations, que des journalistes sont expulsés, attachés à un arbre et fouettés, il s’agit d’un coup d’État. La vraie question est plutôt : pourquoi cela fait-il encore débat ? Un rideau de fer médiatique a couvert la violence, l’agression de la maire Patricia Arce, tondue, aspergée de peinture rouge, réduite à un exemple isolé. Rien sur les autres témoignages comme celui de Viktor Borda, ex-président de l’Assemblée législative, qui a démissionné pour éviter que son frère, aspergé d’essence, soit brûlé vif.

 

 

Le MAS s’est entendu avec les forces politiques au pouvoir actuellement pour l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle. Quelle est la situation du rapport de forces localement et quelles sont ses lignes de tension ?

Sarah Pick Le premier objectif du gouvernement putschiste a été de s’assurer qu’Evo Morales ne soit pas en mesure de se représenter. À cette fin, un mandat d’arrêt a été émis contre lui juste avant sa démission, l’accusant de sédition et terrorisme. Le gouvernement de facto a également cherché à rendre illégal son parti. Cependant, suite aux importantes mobilisations populaires, une partie du MAS (très largement majoritaire au Parlement) a pu négocier avec le gouvernement et obtenir la garantie de pouvoir se présenter aux prochaines élections à condition qu’Evo Morales ne soit pas candidat. Privé de son leader, le MAS doit désormais se trouver très rapidement un nouveau candidat. Si l’issue des élections, repoussées à février 2020, reste incertaine, leur tenue et les conditions dans lesquelles elles vont se dérouler le sont aussi. Il est à craindre qu’aucune élection ne soit organisée si la droite n’est pas sûre de gagner, par tous les moyens (report du scrutin, arrestations, militarisation, fraude…).

Maïté Pinero L’extrême droite raciste et fondamentaliste a supplanté la droite traditionnelle et présente son candidat, Camacho, leader de l’oligarchie et des Comités de Santa Cruz. En attendant les élections du 20 mars, le gouvernement « de transition démocratique » détruit l’œuvre du précédent. L’oligarchie a déjà récupéré les directions de 68 entreprises publiques et, selon le ministre de l’Économie, la spoliation va s’accélérer. Même renversement en politique étrangère : relations diplomatiques rompues avec le Venezuela, rétablies avec les États-Unis et Israël, renvoi des médecins cubains, retrait du pays de l’Alba, le traité de coopération. Le Movimiento al socialismo est décapité, le président exilé, six ministres privés de laissez-passer, toujours réfugiés à l’ambassade du Mexique à La Paz. Résultat d’une alliance entre syndicats ouvriers et paysans, organisations communautaires, le MAS a perdu des maillons, puisque même un dirigeant de la COB, la centrale ouvrière, avait aussi demandé la démission d’Evo Morales. Tout un symbole, le MAS a regagné ses bases chez les paysans de Cochabamba et y a tenu un mini-congrès qui a élu Evo Morales chef de campagne. Menacé d’arrestation, pourra-t-il revenir pour la diriger ? Le mouvement doit renouer ses alliances dans un contexte de persécution : le gouvernement menace de supprimer le droit de vote à Cochabamba si les organisations paysannes n’acceptent pas sa militarisation.

 

Janette Habel La démission d’Evo Morales et son départ au Mexique tout d’abord, puis en Argentine, font que le MAS est désarmé. De plus, il est profondément divisé. Le fait qu’il participe aux élections alors que le gouvernement de facto est issu du coup d’État a créé beaucoup de confusion. Une partie du MAS voulait imposer le retour d’Evo Morales. D’autres, plus pragmatiques, ne souhaitaient pas son retour. Ce sont ces derniers qui ont négocié avec le gouvernement intérimaire. Finalement, cette décision a été adoptée parce qu’il n’y avait pas tellement de choix. Le fait qu’Evo Morales n’ait pas respecté le résultat du référendum de 2016 a été, à mon avis, une grave erreur qui a non seulement facilité l’offensive de la droite mais a exacerbé les tensions sociales très fortes au sein des organisations indigènes et paysannes, la base sociale d’Evo Morales. De fait, la droite conservatrice espère gagner les prochaines élections. Luis Fernando Camacho, surnommé le Bolsonaro bolivien, est candidat à la présidentielle, c’est un homme d’affaires, militant d’extrême droite, pentecôtiste dont on dit qu’il est lié à une église évangélique très réactionnaire. « Nous étions dans un moment de faiblesse », a reconnu le vice-président, Garcia Linera. Le MAS est dans une situation difficile. Il a désigné Evo Morales comme directeur de la campagne électorale du MAS, bien qu’il soit réfugié en Argentine. Ce pouvoir intérimaire qui émane de secteurs d’extrême droite, racistes, n’incite pas à beaucoup d’optimisme pour la suite. L’armée et la police ont le pouvoir.

 

 

Quelle a été l’implication de la communauté internationale et de la France dans la garantie de l’État de droit et de la démocratie en Bolivie ?

Sarah Pick La communauté internationale n’a pas été garante de l’État de droit et de la démocratie en Bolivie. Au contraire. Si elle avait été prompte à dénoncer le refus du président Morales de reconnaître les résultats du référendum de 2016, elle a refusé de reconnaître le coup d’État à son encontre : un deux poids, deux mesures qui joue la carte de la déstabilisation pour défendre ses intérêts économiques. Au lieu de qualifier les événements de coup d’État, la France et l’Europe se sont prononcées en faveur du gouvernement intérimaire. Quant à l’OEA, sous influence des États-Unis, depuis plusieurs mois, elle cachait mal son impatience de voir partir Evo Morales. Déjà en mai 2019, son secrétaire regrettait de ne pas posséder les outils institutionnels pour empêcher Evo Morales de se présenter aux élections. L’audit de l’OEA, rouage important dans le coup d’État, a été depuis remis en cause par différents organismes, comme le CEPR (Center for Economic and Policy Research), qui en réfutent les conclusions et les accusations de fraudes à l’encontre de l’ancien président indigène.

Janette Habel Le New York Times a caractérisé ce qui s’est passé en Bolivie comme un coup d’État. L’ancien président du gouvernement espagnol José Luis Zapatero a dénoncé « le scandaleux coup porté au président bolivien. Demander à un président élu constitutionnellement de quitter le pouvoir ne peut être un acte de démocratie ». Certains gouvernements latino-américains ont fait de même. Le gouvernement français n’a pas condamné le coup d’État. L’ambassadeur de l’Union européenne (UE) Leon de la Torre s’est réuni avec la présidente autoproclamée Jeanine Añez en proposant la médiation de l’UE afin que « la Bolivie puisse organiser le plus tôt possible des élections crédibles ». Quant à la stratégie américaine, elle vise à déstabiliser les gouvernements progressistes en Amérique latine. On l’a vue à l’œuvre au Brésil avec Lula et Dilma Rousseff. Elle est plus habile que celle utilisée par le passé. On se souvient des agissements de la CIA lors du coup d’État militaire au Chili. Il s’agit aujourd’hui pour Washington d’instrumentaliser des procédures qui peuvent être institutionnelles ou juridiques pour atteindre ses objectifs. C’est une stratégie qui est, pour ainsi dire, plus « intelligente » qu’auparavant.

Maïté Pinero L’Union européenne – et avec elle la France –, qui avait reconnu Juan Guaido, président autoproclamé du Venezuela en janvier 2019, a franchi un palier dans le reniement de la démocratie. Reconnaître un gouvernement « de facto » entérine un rapport de forces imposé par les armes et sanctifié par la Bible. Signe des temps, alors que nos ambassadeurs se posaient en médiateurs, pas un ministre pourchassé n’a cru trouver la sécurité dans une ambassade européenne, comme au Chili en 1973. Deux mensonges masquent le coup d’État. Le premier, c’est celui de « la fraude » électorale, prétexte de l’OEA, fraude démentie par trois instituts de recherche et une centaine d’experts. Silence de l’UE et de la France. Le second, c’est la dissimulation de la violence. La Commission des droits de l’homme de l’ONU, la CIDH, les juges et avocats argentins, horrifiés par les témoignages recueillis, réclament une enquête internationale. Silence de l’UE et de la France. La fraude à la démocratie a eu lieu, une autre se prépare. Pourquoi l’UE reviendrait-elle sur son attitude puisque le coup d’État a réussi ? La seule solution est de l’y contraindre, de lever le voile sur la nature du gouvernement « de facto » et les reniements de l’UE et de la France. Notre propre avenir est en jeu, car le scénario bolivien peut se reproduire partout. En plus du fait que la réputation de l’Europe des Lumières, jusqu’ici ancrée en Amérique latine, est en cendres. La reconnaissance du coup d’État est un coup d’État contre cette mémoire commune. 

Entretiens croisés réalisés par Jérôme Skalski

 

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 20:10
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
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Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
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Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre

Même par temps frisquet et humide, "Morlaix Ensemble" mène une campagne chaleureuse et passionnante, avec un collectif soudé et une envie d'aller à la rencontre des Morlaisiens et de construire sur le terrain la politique publique et les priorités de demain.

Pendant que Catherine Tréanton et Hervé Gouédard accueillaient les visiteurs dans notre local de campagne 6 place des Otages, avec Jean-Paul Vermot, Valérie Scattolin, André Laurent, Ismaël Dupont, Yvon Laurans, Fréderic L'aminot, Merlin Gaba Engaba, Jerôme Plouzen, David Guyomar, Ahamada Zoubeiri, Patrick Gambache, Jean-Luc Le Calvez, Annie Bergot Le Calvez, Manu Audigou, Maha Hassan, Abou Abdallah et d'autres colistiers et soutiens de la liste "Morlaix Ensemble", nous étions ce matin, samedi 21 décembre, à la rencontre des habitants des quartiers de Kerfraval et de Penlan.   

De la consultation des habitants mise en pratique en allant vers eux, dans leur lieu de vie. Et en observant attentivement les aménagements, la voirie, les espaces communs.

On nous a parlé état de la voirie, adaptation des trottoirs aux fauteuils d'handicapés et poussettes, horaires de bus et localisation des arrêts, lampadaires, jeux pour enfants et dégradations, pedibus, securité routière et pour les piétons, relations quartiers-écoles, incivilités, qualité de vie, relations sociales et de voisinage, et bien sûr aussi de la ville dans son ensemble: stationnement en centre-ville, économie et emploi, avec des attentes fortes qui émergent.

Ces rencontres dont nous tenons registre à travers des questionnaires que nous remplissons pour nourrir l'action publique de la future municipalité de gauche que nous construisons sont riches humainement et politiquement, en terme d'expériences partagées et de connaissance fine de la ville et de ses habitants, qui ne demandent qu'à être entendus et écoutés.

Les rencontres "La Parole aux habitants" de quartiers auront lieu le samedi 4 janvier 2020: 

Dans le quartier autour de la rue Villeneuve, du port et de la voie d'accès au port le matin:

à 10h, voie d'accès au Port, à gauche du haut de la rue Villeneuve devant les bâtiments

à 11h, devant le bas de la rue Villeneuve et la place Cornic

Et dans le centre-ville de 14h à 19h où nous accueillerons les habitants du centre-ville, des venelles, dans notre local du 6 place des Otages, en nous déplaçant avec eux s'ils souhaitent nous montrer des choses dans leur environnement proche, auprès de leur lieu de résidence à proximité.   

Photos Jean-Luc Le Calvez, David Guyomar et Ismaël Dupont - 21 décembre 2019

 

Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
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Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
Morlaix Ensemble - Rencontres "La parole aux habitants" dans les quartiers de Kerfraval et Penlan le samedi 21 décembre
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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 19:44
Mardi 7 avril 2020, entretien de M.Descartes et de M.Pascal le jeune Théâtre et philosophie au Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix

Le mardi 7 avril 2020

au programme des Mardis de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix

Théâtre et philosophie

"L'entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune", une pièce de théâtre de Jean-Claude Brisville

jouée par la compagnie "Min'de rien" (Yann Flouriot, Hervé Guitet) basée à Rennes qui a déjà joué cette pièce une cinquantaine de fois dans toute la France, notamment devant des classes de philo en lycée, dans des salles municipales, en librairie, dans des soirées théâtre en maison

Pièce de théâtre d'une heure suivie d'un débat: à l'origine du rationalisme moderne, les débats entre la raison et la foi

Entrée libre, ouverte à tous, participation au chapeau

Local du PCF pays de Morlaix, 2 petite rue de Callac à Morlaix

 
Mardi 7 avril 2020, entretien de M.Descartes et de M.Pascal le jeune Théâtre et philosophie au Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix
Mardi 7 avril 2020, entretien de M.Descartes et de M.Pascal le jeune Théâtre et philosophie au Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix
Mardi 7 avril 2020, entretien de M.Descartes et de M.Pascal le jeune Théâtre et philosophie au Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix
Mardi 7 avril 2020, entretien de M.Descartes et de M.Pascal le jeune Théâtre et philosophie au Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix
Mardi 7 avril 2020, entretien de M.Descartes et de M.Pascal le jeune Théâtre et philosophie au Mardi de l'éducation populaire du PCF Pays de Morlaix
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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 19:25

Sortir de la nasse du repli national

 

Chaque pays européen vit sous le joug d’un marché aux voleurs qui demande à chaque peuple un sacrifice en fonction de données inégalitaires fondées sur le moins disant. Pour exemple, les Grecs sont les éternels punis et ceux qui, en Allemagne notamment, on la chance d’arriver jusqu’à la retraite se retrouvent souvent dépouillés.

 

Le mouvement social français a le mérite d’exister et c’est bien, mais il serait bon qu’il ne s’arrête pas aux frontières. Les « expert » de la Macronie cherchent dans les pays du nord de l’Europe les exemples qui pourraient rassurer Margot, mais cela ne convainc et c’est heureux. Il y a certes ici et là des mouvements sociaux mais c’est chacun à son rythmes, dans un contexte que ne connaissent pas les autres. Est-ce à dire qu’il faudrait que tout le monde suive le rythme français ? 

 

Certainement pas, mais il existe une Confédération européenne des syndicats dans laquelle la CGT essaie de bousculer les choses. Il serait bon qu’elle ne reste pas la grande muette pour l’ensemble des citoyens européens hormis les spécialistes de la convivialité intersyndicale européenne qui confrontent leurs analyses et leurs points de vue.

 

Il ne s’agit pas de critiquer une direction syndicale ou une autre, mais de considérer qu’une lutte nationale dans un pays d’Europe doit déjà être connue et appréciée à sa juste valeur par les autres peuples et servir non pas de modèle mais de point d’appui pour des luttes convergentes.

 

La question des retraites est un exemple d’école pour ce genre d’exercice parce que notre pays qui avait une certaine avance sur bien d’autres sur le sujet est mis en demeure de se plier au moins disant européen. Donc si nous perdons, c’est toute l’Europe qui se trouve mise en demeure de rester au bas niveau et de mettre les vieux dans les mouroirs, de Malaga à Helsinki.

 

Les Français qui vivent à l’étranger se rendent compte du décalage entre les rythmes des mouvements sociaux et le vivent souvent eux-mêmes. Cela met de l’eau au moulin d’une préoccupation essentielle pour que les choses bougent dans un monde ficelé par les besoins de la finance et qu’il faut libérer. Ce qui s’est passé notamment en Grèce, lorsque le monde du travail de ce pays a été abandonné par les autres, chaque pays peut le vivre à un moment donné de son histoire. Certes il y a parfois des syndicats qui, comme les dockers, ont des liens privilégiés avec d’autres syndicats et qui peuvent comprendre les enjeux, mais cela reste limité à une corporation dépendante du commerce international à un niveau direct, donc limité.

 

Lorsque Marine Le Pen essaie de se placer en défenseur de la veuve et de l’orphelin, voire du retraité par les temps qui courent, il va sans dire, comme l’a bien fait sentir Philippe Martinez, que le mouvement social ne doit pas s’embarrasser des champions du repli, même s’ils ont le vent en poupe. Pour les initiés de la vie politique et sociale, cela s’entend, mais pour le citoyen dit « ordinaire » qui se pose des questions en n’ayant à sa portée que l’information officielle des médias en boucle, c’est un piège redoutable. Il faut donc faire le lien entre le bien être des citoyens français et les autres sous peine de se retrouver en forteresse assiégée avec de minces chances de gagner les combats essentiels.

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 07:56

Retrouvez sur notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29 notre nouvelle vidéo d’éducation populaire

A l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parla de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu’elle a déjà publiés:

– La fille qui venait d’un pays disparu

– Pays perdu, pays choisi. Journal d’une jeune Allemande de l’est (chez Skol Vreizh)

Saskia est née en 1974 en RDA et a fait des études d’histoire à Leipzig, Berlin et Paris. Après un doctorat sur la médiation culturelle transfrontalière, elle a enseigné à la Sorbonne. Depuis 2012, elle est installée en Bretagne, dans la Baie de Morlaix. L’été, y travaille comme guide touristique et guide de randonnée, l’hiver, elle enseigne sa langue maternelle à l’UCO de Guingamp. En ce moment, elle prépare la création d’une pièce de théâtre sur la chute du Mur vue de l’Est.

N’hésitez pas à liker et à partager massivement nos vidéos et à vous abonner à notre chaîne YouTube Rouge Finistère PCF29

https://m.youtube.com/chann…/UC_JA1gtX_4_vDNQiU5SbkyQ/videos

#RougeFinisterePCF29
#EducationPopulaire

 

A l’occasion des 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA, conférence-débat avec Saskia HELLMUND, qui nous parla de la RDA « ex Allemagne de l’Est » où elle est née et a vécu sa jeunesse et étudié, sur la base des deux livres qu’elle a déjà publiés: – La fille qui venait d’un pays disparu – Pays perdu, pays choisi. Journal d’une jeune Allemande de l’est (chez Skol Vreizh) Saskia est née en 1974 en RDA et a fait des études d’histoire à Leipzig, Berlin et Paris. Après un doctorat sur la médiation culturelle transfrontalière, elle a enseigné à la Sorbonne. Depuis 2012, elle est installée en Bretagne, dans la Baie de Morlaix. L’été, y travaille comme guide touristique et guide de randonnée, l’hiver, elle enseigne sa langue maternelle à l’UCO de Guingamp. En ce moment, elle prépare la création d’une pièce de théâtre sur la chute du Mur vue de l’Est.

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 06:52

 

Brune Poirson, secrétaire d’État auprès de la ministre en charge de la transition écologique et solidaire, nous promet pour bientôt le vote d’une loi « antigaspillage pour une économie circulaire ». En attendant, nos boîtes aux lettres regorgent de dépliants vantant toutes sortes promotions à l’approche des fêtes de fin d’année. En milieu rural, tout près de Lannion, une retraitée de 76 ans nous indique avoir trouvé 316 pages pour un total de 13 dépliants publicitaires dans sa boîte aux lettres.

Gérard Le Puill

Le 9 décembre, devant les députés, la secrétaire d’État Brune Poirson a entamé son discours sur le « projet de loi antigaspillage pour une économie circulaire » en ces termes : « Aujourd’hui, mesdames et messieurs les députés, le projet de loi antigaspillage comprend 106 articles (…). Quelle est l’ambition de cette loi ? Réaliser la transition entre deux mondes. Aller de celui du tout-jetable, qui caractérise trop notre société, vers celui du tout-réutilisable (…). Concrètement, pour être à la hauteur du XXI e siècle, nous devons rompre avec le système capitaliste vorace et injuste qui est le nôtre (…). Dans ce contexte, les objectifs sont clairs : nous devons nous attaquer à toutes les formes de gaspillage, à tous les niveaux : dans les familles, dans les entreprises ou dans les administrations (…). Le gaspillage est le symbole des excès de notre système économique et des injustices qu’il produit (…). L’objectif de ce projet de loi, vous l’aurez compris, c’est d’entrer dans l’ère du “zéro déchet” le plus vite possible (…). Nous allons accélérer le passage d’une société du tout-jetable à une société du tout-réutilisable. »

Treize dépliants publicitaires le même dans la boîte !

Le jour où Brune Poirson prononçait ce discours écologique devant les députés, une retraitée de 76 ans habitant sur une colline côtière peuplée de plusieurs centaines de maisons entre Lannion et Trébeurden, dans le département des Côtes-d’Armor, nous informait sur le contenu de sa boîte aux lettres. Il faut ici savoir que Lannion compte près de 20 000 habitants. Dans la ville basse les immeubles et les commerces bordent le Léguer, un fleuve côtier qui se jette dans la Manche quelques kilomètres plus bas. Ces habitations et ces commerces voient déjà l’eau monter jusqu’à leur porte les jours de fort coefficient des marées. Lannion ayant absorbé quatre autres communes dont Servel. Notre retraitée habite sur le territoire de Servel. Elle se trouve bien en hauteur avec vue sur la mer et ne redoute pas les inondations dans les prochaines décennies. Mais elle s’étonnait d’avoir reçu pas moins de 13 dépliants publicitaires totalisant 316 pages dans sa boîte aux lettres le jour où Brune Poirson nous promettait la fin des gaspillages en tous genres.

Les plus gros volumes étaient édités par Leclerc avec deux journaux de 56 pages pour l’un, de 16 pages pour l’autre. Toutefois, la pagination totale de Leclerc était inférieure à celle de Géant Casino, avec son dépliant de 80 pages. Lidl était loin derrière, avec 44 pages, tandis que les surgelés de la marque Picard étalaient leur offre sur 24 pages. Tous ces journaux ont été financés par des enseignes qui n’en finissent pas de bétonner des terres agricoles pour augmenter leurs surfaces de vente. Sur le plateau qui domine la ville de Lannion, beaucoup d’emplois industriels ont été perdus tandis que des zones de chalandise prenaient la place des usines de la téléphonie délocalisées vers les pays à bas coûts de main-d’œuvre.

La concurrence étant rude entre les enseignes, le bilan carbone de cette publicité inutile s’ajoute au gaspillage de toutes sortes de produits, périssables ou pas. Dans le bilan carbone des dépliants publicitaires, il y a la fabrication de la pâte à papier, l’impression, puis la distribution de ces journaux. Ils sont utilisés par chaque enseigne pour tenter de gagner des parts de marché au détriment des autres en jouant sur la guerre des prix dont elles font payer la note par leurs fournisseurs de l’industrie agroalimentaire, lesquels réduisent leurs coûts en important de la viande et d’autres produits bon marché pour faire chuter les cours payés aux paysans français. Mais il n’y avait aucune remarque sur le sujet dans le discours de Brune Poirson.

Des promotions limitées à six jours, en attendant les suivantes

Limitée à six jours, dimanche compris, telle enseigne proposait la côte de porc à 3,65 euros le kilo, la côte de bœuf à griller à 10,95 euros le kilo, quand telle autre mettait le rôti de bœuf à 8,48 euros le kilo et le poulet de Loué à 4,87 euros le kilo. Tranquilles ou pétillants, la plupart des vins étaient affichés à moins de 5 euros la bouteille, en prévision des fêtes de fin d’année. Quand ces dernières seront sur le point de se terminer, on verra poindre de nouvelles promotions dans une nouvelle vague de magazines publicitaires pour écouler les stocks, y compris et surtout de viande, dont une partie de l’offre très diversifiée sera en promotion. Il y aura des « achats malins » qui mettront un peu de réserve dans les congélateurs et des clients seront contents d’avoir réalisé de bonnes affaires.

Il reste toutefois deux ou trois questions qu’il convient de poser à Brune Poirson. La première porte sur le bilan carbone de cette publicité écrite par une multitude d’enseignes dans l’offre alimentaire comme celle des produits d’équipement des ménages. La deuxième concerne le revenu des paysans, qui restent souvent la principale victime des promotions sur la viande chaque fois qu’une baisse de la demande succède aux achats opportunistes effectués durant les promos. La troisième conséquence tient au fait que cette omniprésence et cette pression permanente de la politique de l’offre ne sont guère compatibles avec le débat qu’il conviendrait d’avoir sur la nécessaire réduction de la part des protéines animales dans nos assiettes si nous voulons que la lutte contre le réchauffement climatique devienne aussi l’affaire de tout un chacun.

 

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 06:35

 

Tribune Le Monde, 16 décembre 2019


Dans l’Antiquité, certains philosophes ambitionnaient le rôle de conseiller du prince. Depuis quelques décennies, capitalisme oblige, ce rôle est dévolu aux économistes. Ainsi, quatre économistes mainstream parmi les plus reconnus, qui avaient participé à la rédaction du programme du candidat Macron, ont publié dans Le Monde du 11 décembre une une tribune dans laquelle ils se désolent de ne pas avoir été écoutés par le gouvernement. Ils se plaignent que la mise en place d’un régime unique par points ne se fasse pas dans sa pleine pureté « systémique ».


Ils pointent très justement la contradiction dans laquelle se noie le gouvernement : « Si la réforme est injuste ou anxiogène, les délais (pour l’appliquer) ne résoudront rien. Si comme nous le pensons, elle est socialement juste et économiquement efficace, pourquoi la retarder ? » C’est le bon sens même. Mais cette réforme est-elle socialement juste et économiquement efficace ? C’est toute la question…

Pour nos quatre économistes, « le principe qui la fonde – “à cotisations égales, retraite égale” – traduit l’équité des règles d’acquisition des droits contributifs ». Derrière ce vocabulaire se cache une conception de la retraite qui veut en faire une assurance individuelle, où chacun cotise pour sa propre pension. Il s’agit in fine, de rapprocher le plus possible celle-ci de la somme (actualisée) de ses cotisations.


Ainsi, dans un régime par points, le calcul de la pension, au-delà même des manipulations sur la valeur du point, est basé sur l’ensemble de la carrière et non plus sur les meilleures années, comme actuellement dans le cas du régime général de la Sécurité sociale, ou sur le salaire des six derniers mois (sans les primes) dans la Fonction publique. Cette conception trouve son plein aboutissement dans un régime dit à comptes notionnels, qui intègre en plus l’espérance de vie moyenne de manière à ce que la somme des pensions reçues par une personne pendant sa retraite corresponde le plus possible à la somme des cotisations versées au cours de sa vie active.


Dans cette logique, quelle que soit la carrière d’un salarié, les interruptions dues aux périodes de chômage ou de prise en charge des enfants, ses conditions de travail, etc., les règles sont les mêmes pour toutes et tous. L’équité selon cette définition consiste donc à traiter de la même façon des individus placés dans des situations professionnelles inégales. Elle a donc pour effet pratique d’amplifier les inégalités de retraite.



La contradiction interne à leur raisonnement


Pourtant, disent-ils, le régime par points « est pleinement compatible avec le renforcement de la solidarité du système et la prise en compte de la pénibilité ». « Dans un tel système, plus rien ne justifiera les régimes spéciaux. » Il faut d’abord noter la contradiction interne à leur raisonnement. Ainsi, ils reconnaissent la nécessité de prendre en compte la pénibilité, mais refusent les régimes spéciaux dont l’origine a justement été cette prise en compte. Comprenne qui pourra…

Au-delà, ce sur quoi ils sont particulièrement taiseux, ce sont les moyens de la solidarité. Alors que ceux-ci devraient nécessairement être accrus si l’on veut pouvoir compenser les inégalités actuelles et celles que générera le système par points, « le poids de la solidarité dans les dépenses de retraite restera stable », comme l’annonce le rapport Delevoye. Et encore cette stabilité, hors pensions de réversion, n’est-elle garantie que lors du basculement dans le nouveau système.

Les auteurs de la tribune affirment refuser « des considérations budgétaires qui détournent de l’essentiel », telles que des « réformes paramétriques » qui allongeraient la durée de cotisation et/ou prendraient des mesures d’âge car, expliquent-ils benoîtement, en tout état de cause « cela n’empêchera pas l’âge effectif de départ à la retraite d’augmenter […]. Le nouveau système y incitera ». On comprend leur agacement ! Pourquoi focaliser l’attention sur des mesures paramétriques, alors même que le régime par points peut y pourvoir tranquillement ?

Il aurait été si facile, si on les comprend bien, de tromper le chaland si le gouvernement avait suivi leurs conseils avisés. Surtout, nous disent-ils, pourquoi de telles mesures, puisqu’il est prévu que « les dépenses (en matière de retraites) sont stabilisées autour de 14 % du PIB » ? Alors que, c’est une certitude, la proportion de retraités dans la population augmentera dans le futur, c’est donc l’appauvrissement des retraités qui est ainsi tranquillement programmé. C’est sans doute ce qu’ils appellent « l’efficacité économique », au prorata des facilités accordées pour que les hauts salaires souscrivent à des plans de retraite par capitalisation.


Après s’être félicités de sa stabilisation promise, les auteurs de la tribune se prononcent pour « un accord social aussi large que possible » sur la part des pensions dans le PIB. Mais la question du partage de la valeur ajoutée, de la richesse créée par la production, entre la masse salariale et les profits, n’est pas abordée. Si la part des profits ne peut bouger, rémunération des actionnaires oblige, alors évidemment la part salariale ne peut au mieux que stagner et donc aussi le financement de la Sécurité sociale, puisque la hausse des cotisations est par avance exclue. C’est là tout l’enjeu caché du débat actuel.



Jean-Marie Harribey, Pierre Khalfa, Christiane Marty et Jacques Rigaudiat sont économistes, membres d’Attac et de la Fondation Copernic 

 

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 06:09

Ensemble, Europe Écologie Les Verts, Gauche Démocratique et Sociale, Gauche Républicaine et socialiste, GénérationS, Les Radicaux De Gauche, Parti Communiste Français, Parti Socialiste, Pour une Écologie Populaire, Place Publique, République et socialisme, Union des démocrates et Écologistes

 

Le Premier Ministre s’est exprimé mais rien ne change.

Le Premier Ministre assure qu’il n’y a pas d’autres choix que de travailler plus longtemps pour améliorer notre système de retraite. Nous lui répondons le contraire : Il y a d’autres choix.

Notre pays vit une crise sociale majeure. La colère des français-es contre la réforme des retraites du gouvernement est à la mesure des deux ans et demi de régression sociale, de mauvais coups portés contre la grande majorité de nos concitoyen-nes, contre nos services publics et  devant l’absence de politiques permettant de répondre à l’urgence sociale et climatique.

Nous, forces politiques issues de la gauche et de l’écologie, condamnons la méthode et le fond de cette réforme des retraites confirmés par le Premier Ministre qui va aggraver la situation des retraité-es et futurs retraité-es de notre pays. Nous demandons que le gouvernement engage de véritables négociations, sans imposer une réforme dont il ne sait pas lui même simuler les conséquences. Nous demandons que s’ouvre un vrai débat qui mette en balance toutes les propositions pour améliorer le système de retraite actuel sans régression sociale.

Le dépôt du projet de loi constituerait un passage en force alors même qu’il n’est soutenu que par le MEDEF et le parti présidentiel. Il doit être retiré pour apaiser la situation, renouer les fil du dialogue et sortir de la situation de blocage du pays. 

Nous partageons ensemble le même diagnostic : le système de retraite actuel n’est pas déficitaire comme l’affirme le gouvernement et ne le deviendra que si les choix budgétaires injustes faits par ce gouvernement n’étaient pas corrigés. Aucune raison budgétaire ou démographique n’impose d’exiger des Français un sacrifice sur leur pension pour sauver notre système de retraite.

Quand les hôpitaux, l’éducation, les forces de l’ordre, la justice, demandent plus de moyens, quand la population réclame plus de services et de répondre l’urgence écologique et climatique, nous devons sans délai changer de cap. 

Nous dénonçons la méthode du gouvernement qui communique sur un supposé “dialogue” mais “en même temps” renvoie aux partenaires sociaux le devoir de trouver des mesures d’économie en un temps record, là où le débat demande du temps et alors qu’aucune urgence n’existe. Mais la méthode est rodée, c’est celle déjà imposée avec l’assurance chômage et qui conduit à la précarisation d’un million sept cent mille chômeurs. 

A l’écoute des besoins de la population, nous voulons offrir aux françaises et aux français des pensions permettant de vivre dignement, supprimer les insupportables inégalités existant entre les femmes et les hommes et une meilleure prise en compte de la pénibilité, des carrières longues ou hachées. Nous voulons garantir aux plus jeunes un haut niveau de protection sociale, dans une France solidaire entre les générations et sans dette écologique.

Toute personne a droit à une retraite en bonne santé et cet objectif doit être le fil rouge de la réforme à venir. Ce projet doit assurer à toutes et tous des conditions de vie digne et une insertion sociale tout au long de la vie.

Ensemble, nous proposons d’améliorer le système de retraite solidaire par répartition sans pour autant augmenter l’âge de départ en retraite ou allonger la durée de cotisations. Des solutions alternatives, progressistes, existent qui permettent d’élargir l’assiette de financement de notre système de retraite et de créer plus d’emplois pour plus de justice sociale.

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 08:09

 

Les réformes des retraites instaurées voilà plus de 15 ans ont grevé le système par répartition, faisant fondre le montant des pensions. Au point que l’indigence des retraités est devenue outre-Rhin l’un des sujets les plus sensibles du débat public.

« J e me fais un sang d’encre. Je ne dors plus la nuit. » La Berlinoise Inge Vogel, qui travaille encore pour quelques mois dans une société spécialisée dans le matériel paramédical, s’apprête à prendre sa retraite. « J’ai plein de projets et je sais que je ne manquerai pas d’activités diverses dans le domaine politique ou culturel », précise-t-elle pour bien indiquer que ce n’est pas du blues classique du nouveau retraité dont elle souffre. Non l’angoisse d’Inge Vogel tient au brutal décrochage annoncé de son niveau de vie dès lors qu’elle sera pensionnée. À l’aube de sa cessation d’activité, Inge (66 ans) touche un salaire correct, environ 2 500 euros net par mois. Ce revenu va être réduit de plus de la moitié, compte tenu de l’évolution outre-Rhin du taux de remplacement (la différence entre le dernier salaire net et le montant de la première pension). Ce qui va ramener ses revenus à environ 1 200 euros, soit tout juste au-dessus du niveau du salaire minimum. « Et je ne suis pas la plus à plaindre », lâche la bientôt ex-salariée. Quelqu’un payé aujourd’hui 1 500 euros net – « ce n’est malheureusement pas une rémunération exceptionnellement basse ici », précise Inge – ne va plus percevoir qu’un peu plus de 700 euros par mois pour ses vieux jours. « Une misère. » Et l’ex-assistante médicale ne mentionne même pas le cas de ses compatriotes innombrables qui ne toucheront pas le taux plein car ils n’auront pas accompli les exigibles 45 à 47 annuités.

Des mesures ressemblant à celles déployées par Emmanuel Macron

L’extension de la pauvreté chez les seniors et la perspective généralisée de retraites peau de chagrin provoquent un tel traumatisme dans la société allemande que ces thèmes figurent parmi les sujets les plus sensibles, régulièrement en première ligne du débat public. Les réformes lancées en 2002 et 2005 par l’ex-chancelier Gerhard Schröder furent présentées comme « le seul moyen de sauvegarder » le système et singulièrement la retraite de base par répartition dont l’écrasante majorité des Allemands demeure tributaire aujourd’hui. Encouragement fiscal aux plus riches à souscrire des assurances privées, amélioration de la compétitivité d’entreprises qui crouleraient sous les « charges sociales », instauration d’un indice dit de « durabilité » (Nachhaltigkeit) permettant de faire évoluer la valeur du point sur lequel est calculé le montant des retraites versées par les caisses légales (Gesetzliche Kassen) par répartition, allongement de la durée du travail et report à 67 ans de l’âge de départ à taux plein : la panoplie des mesures adoptées par le gouvernement SPD-Verts de l’époque ressemble à s’y méprendre à celle déployée aujourd’hui par Emmanuel Macron pour justifier sa réforme. Jusqu’aux éléments de langage sur « la nécessité absolue de moderniser le système ».

Pour se faire une idée des effets pratiques à moyen terme de la réforme des retraites d’Emmanuel Macron, il suffit ainsi de jeter un œil de l’autre côté de la frontière. Le bilan social des transformations allemandes, plus de quinze ans après leur entrée en vigueur, est dévastateur. La part des retraités allemands, précipités sous le seuil de pauvreté, a explosé. 16,8 % des seniors sont touchés aujourd’hui. Un retraité allemand sur deux – soit quelque 8,6 millions de personnes – doit survivre avec une pension inférieure à 800 euros par mois. Une enquête prospective publiée en septembre dernier par l’institut de recherche économique de Berlin (DIW) montre que plus d’un retraité sur 5 (21,6 %) sera misérable à l’horizon 2039. Et cette estimation est sans doute très optimiste puisque les auteurs de l’étude ont choisi de se baser sur la poursuite bon an mal an de la conjoncture économique favorable de ces dernières années (avec taux de chômage réduit).

L’introduction de la retraite Riester par capitalisation, présentée comme le troisième pilier du « modèle » germanique, a profondément ébranlé le système de base par répartition. Les placements réalisés par les citoyens généralement les plus aisés, attirés par d’alléchantes incitations fiscales, ont mécaniquement asséché les ressources des caisses légales qui organisent le financement solidaire des retraites par les cotisations des salariés actifs. Le manque à gagner sera d’autant plus conséquent qu’une partie des fonds est déjà drainée vers les retraites « maison » des entreprises, particularité ancienne du « modèle » et deuxième pilier du système reposant sur la capitalisation. Sachant qu’à ce titre seule une minorité de salariés appartenant le plus souvent aux plus grands groupes bénéficie aujourd’hui d’une rente complémentaire digne de ce nom.

La peur que le passage au troisième âge rime avec un rapide déclassement social, hante toute une société. Si bien que la question s’impose outre-Rhin depuis plusieurs années tout en haut du débat public. La grande coalition a dû bricoler des pare-feu en catastrophe pour éviter un emballement de la mécanique enclenchée par les réformes. On a suspendu d’ici à 2025 l’effet de l’indexation de la valeur du point de la retraite par répartition sur le montant des pensions en bloquant jusqu’à cette date à 48 % un taux de remplacement. Celui-ci avait dégringolé de plus de 10 % sur les dix dernières années.

Les travailleur pauvres grossissent le flot des retraités miséreux

CDU et SPD se sont mis aussi laborieusement d’accord sur l’introduction d’une retraite plancher (Grundrente), une revalorisation des pensions soutenue par l’État pour qu’elles atteignent le niveau des… minima sociaux (de 600 à 900 euros par mois). La mesure est censée éviter à nombre de retraités pauvres de prendre le chemin humiliant du bureau d’aide sociale pour toucher un complément de revenu pour accéder au minimum vital. Beaucoup préfèrent en effet effectuer n’importe quel petit boulot plutôt que d’avoir à mendier une aide. Là encore les chiffres des études les plus récentes sont aussi éloquents qu’effarants : plus d’un million de seniors, souvent âgés de plus de 70 ans, sont contraints aujourd’hui d’exercer des « mini-jobs » pour survivre. Soit une hausse d’environ 40 % sur dix ans. On les voit de plus en plus fréquemment dans les rues allemandes, ombres furtives qui distribuent des prospectus publicitaires, portent des journaux à domicile ou ramassent à la sauvette des canettes de verre ou de plastiques à la terrasse des cafés dans l’espoir de récupérer des consignes pratiquées sur ces produits outre-Rhin un maximum de centimes.

Cette pauvreté qui se répand si massivement chez les seniors allemands n’est pas sans lien avec l’extrême précarité imposée à de nombreux salariés par les lois Hartz de dérégulation du marché du travail. Lancées au même moment que les réformes des retraites, elles ont été présentées de la même façon qu’elles comme une étape majeure pour propulser « la compétitivité » (financière) des firmes allemandes. Les travailleurs pauvres, ou ceux dont la carrière a été entrecoupée de longues périodes de travaux sous-rémunérés et le plus souvent exonérés de cotisations sociales, contribuent évidemment à faire grossir le flot des retraités miséreux. Là encore, le parallèle avec la logique macronienne est frappant. L’aménagement au forceps du Code du travail décidé au début du quinquennat accroît la précarité, ce qui va accentuer l’appauvrissement programmé de la majorité des salariés par la réforme française des retraites.

Les effets contre-productifs des réformes antisociales engagées outre-Rhin au début de la décennie 2000 deviennent de plus en plus manifestes. L’apparition d’une société cloisonnée, devenue très inégalitaire, où « l’ascenseur social ne fonctionne plus », est dénoncée de plus en plus régulièrement dans les travaux de plusieurs économistes. Un handicap profond qui n’est pas sans lien avec l’entrée en stagnation, depuis quelques mois, de la première économie de la zone euro.

Bruno Odent

 

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