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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:57

 

Dans la présentation de la réforme, le premier ministre a volontairement omis de citer le parti et le syndicat, mentionnés dans son discours à propos du CNR…

La formule est connue des journalistes, en particulier de ceux qui décryptent les annonces du pouvoir exécutif. « Seul le prononcé fait foi. » Dans la version écrite du discours d’Édouard Philippe, mercredi au Cese, transmise par les services de Matignon peu après la fin de son intervention, cette phrase figure en bonne place, pour rappeler que les éventuelles libertés prises avec le texte initial par le premier ministre sont celles que l’histoire devra retenir. Alors justement, comparons. Qu’a donc effacé Édouard Philippe de ses 24 pages de discours, à part la demi-douzaine de fautes d’orthographe que contient ce document ? Oh, trois fois rien. Ou plutôt deux fois trois lettres : « PCF » et « CGT ». Un hasard sans doute. Le résultat d’une langue qui fourche ou de lunettes mal ajustées…Si le chef du gouvernement a bien prononcé les mots « Conseil national de la Résistance », une fois, au début de son allocution (page 2), pour assurer que sa réforme était « fidèle à l’esprit » du pacte « imaginé et mis en œuvre, après guerre, pour créer le système de retraite actuel », il a laissé tomber du camion la deuxième occurrence faisant référence au CNR, et au rôle joué dans celui-ci par le Parti communiste et la CGT. Relevant seulement que « les ordonnances Parodi », du nom du ministre du Travail du premier gouvernement de Gaulle, prévoyaient déjà, en 1945, « l’universalité pour assurer la solidarité ». Alexandre Parodi, haut fonctionnaire et compagnon de la Libération, plutôt que son successeur Ambroise Croizat, ex-secrétaire de la fédération des métallurgistes CGT… D’une certaine façon, le premier ministre a fait son choix, quand les historiens, eux, ont depuis longtemps reconnu le rôle décisif de l’un et de l’autre dans la mise en place d’un État providence à la française. « Nous ne voulons pas confier le soin de nos anciens à l’argent roi », a aussi osé Édouard Philippe. Il aurait peut-être été judicieux, alors, de ne pas déverser des milliards d’euros de cadeaux fiscaux sur les plus riches dans l’espoir d’un hypothétique ruissellement…

Alexandre Fache

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:56

 

FSU.  En plein débat sur les retraites, la FSU tient un congrès. Mise en cause du cœur de métier enseignant, fin du paritarisme dans la fonction publique : les chantiers ne manquent pas pour Benoît Teste, nouveau secrétaire général du syndicat.


 

Benoît Teste Secrétaire général de la FSU

Le congrès de la FSU (Fédération syndicale unitaire), premier syndicat de la fonction publique avec 160 000 adhérents, s’achève aujourd’hui à Clermont-Ferrand avec l’élection d’un nouveau secrétaire général.

Seul candidat annoncé, Benoît Teste, 41 ans, professeur d’histoire-géographie en Seine-Saint-Denis, devrait succéder à Bernadette Groison, qui occupait la fonction depuis 2010.

L’occasion de faire avec lui un tour d’horizon des enjeux à venir.

 

Faut-il s’attendre à une forte mobilisation mardi prochain contre la réforme des retraites ?

Benoît Teste Oui. Nous n’avons pas été entendus du tout. Il y a un problème de prise en compte de l’état réel de la profession. Nous avons besoin de signaux à court terme, sur nos rémunérations comme sur les retraites. De ce point de vue, les annonces de mercredi sont une catastrophe : on est encore plus dans le flou. Si cette réforme est bonne, pourquoi reculer l’âge de son entrée en vigueur, et au passage, en faire porter le poids sur les jeunes ? La seule certitude, c’est le recul de l’âge de départ en retraite et, très rapidement, une baisse des pensions.

Les syndicats semblent cette fois unanimes…

Benoît Teste C’est une très bonne nouvelle. Plus nous serons nombreux, mieux ce sera, même si tous les syndicats ne demandent pas le retrait de la réforme. Pour nous, l’âge pivot n’est pas une « ligne rouge » : il est consubstantiel à un système qui ne vous donnerait des droits qu’en fonction de ce que vous avez cotisé. Donc si, parce que vous vivez plus longtemps, vous êtes plus longtemps à la retraite, il faut réduire le niveau de pension. C’est le contraire d’un système solidaire, qui donne la garantie des droits acquis.

 

La loi sera au Parlement dès février mais pour les enseignants, Jean-Michel Blanquer annonce des discussions jusqu’à l’été 2020. Est-ce cohérent ?

Benoît Teste C’est cohérent avec l’intention du gouvernement, qui est de délayer ces questions sur le long terme. Il dit aux enseignants : acceptez la réforme, et on verra après pour vos salaires. Non, ça ne marche pas comme ça ! S’il doit y avoir des contreparties, cela doit être dit avant. Mais une réforme qui a besoin de contreparties pour être acceptable, déjà, ça ne va pas.

 

Le ministre a dit qu’une revalorisation passerait « surtout par des primes ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Benoît Teste C’est dans la continuité de la loi sur le statut de la fonction publique : il s’agirait de distinguer les « bons » et les « moins bons », pour mieux rémunérer les « bons ». Ce n’est pas du bon sens, c’est de la démagogie. C’est mettre les personnels en concurrence, ceux qui n’ont pas la prime jalousant ceux qui l’ont… ça ne peut pas fonctionner, ce n’est pas efficace. On détruit le cadre de la fonction publique qui concentre les salariés sur leur travail, leurs missions, et non sur le fait de s’agiter en tous sens pour plaire au manager qui distribue les primes. Cette logique met les personnels en difficulté. Notre collègue Christine Renon ne disait pas autre chose dans la lettre qu’elle a laissée avant de se suicider : les injonctions permanentes, la perte de sens d’un métier dans lequel on a mis toute sa vie… Son geste nous dit qu’il faut arrêter de mettre en danger les personnels sous prétexte qu’ils fassent leurs preuves – sous-entendu : sinon, ils ne font rien.

 

 

Le nouveau statut de la fonction publique met fin, dès le 1er janvier, aux instances paritaires. Avec quelles conséquences ?

Benoît Teste C’est une perte de droits et de garanties pour les salariés. L’action de la hiérarchie sur les carrières échappera au contrôle par les élus du personnel dans les commissions paritaires. Il sera beaucoup plus difficile de vérifier qu’il n’y ait pas de passe-droits, de clientélisme. Il nous faudra être plus forts sur le terrain, au plus près des collègues. D’ailleurs, contrairement aux espérances du gouvernement, ceux-ci sont plus nombreux à se tourner vers nous. Ils savent que nous avons l’expérience pour défendre leurs droits.

Entretien réalisé par Olivier Chartrain

 

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:48
[ASSEMBLÉE NATIONALE]

Résolution Maillard: Intervention de Jean-Paul LECOQ, député communiste

Jean-Paul LECOQ, député PCF de Seine-Maritime, est intervenu le 3 décembre dernier lors du vote sur la résolution Maillard: "Ce soir, la majorité a fait voter une résolution visant à créer l’amalgame entre l’antisionisme qui est une opinion politique, et l’antisémitisme, qui est un délit. J’ai fermement critiqué cette limitation de la liberté de pensée. Je suis contre toutes les formes de discriminations et de racisme, mais aussi contre la colonisation illégale de la Palestine, et pour boycotter les productions des entreprises implantées dans ces colonies."
Engagés pour l’amitié entre les peuples et la Paix, les députés communistes se sont donc logiquement opposés à cette résolution. [VIDEO]

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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:45

RETRAITES, CLIMAT : DEUX ENJEUX DE CIVILISATION

Le magnifique mouvement social et le très large soutien populaire qu’il recueille attire de nombreux regards européens sur la France . Qu’observe-t-on , en effet, depuis un quart de siècle, chez nos voisins européens comme chez nous-mêmes, en matière de « réformes » des systèmes de retraites ? Que, quelque soit la situation de départ dans un pays (taux de natalité, espérance de vie, part des pensions dans le PIB, état de la législation en la matière…) , les « réformes » entreprises conduisent à faire partir les salariés le plus tard possible et à leur faire toucher moins de pension. En Allemagne, où l’âge légal de départ à la retraite était déjà fixé à 65 ans, il a été porté à 67 ans d’ici 2030. Puis, une fois que cette régression fut considérée comme acceptée par la société, des voix s’étaient élevées -dont celle de Wolfgang Schäuble lorsqu’il sévissait encore au ministère des finances de Berlin.- pour préconiser un passage à…70 ans ! De fait, aujourd’hui, selon les projections de la Bundesbank, les personnes nées en 2001 ne prendront leur retraite qu’à 69 ans et quatre mois ! En Suède, où la retraite à points -chère à Emmanuel Macron- a été instaurée dès 2001 , le taux de pauvreté des seniors a explosé. Il est aujourd’hui en Suède deux fois plus élevé qu’en France , au point qu’ une personne sur quatre de plus de 69 ans y travaille toujours ! En Italie, où le système de retraite passait jusqu’aux années 90 pour particulièrement « généreux », les « réformes » successives ont démantelé tous les acquis sociaux. Le directeur de l’Institut National de Prévoyance Sociale annonçait il y a plusieurs années que la génération née dans les années 80 pourraient travailler jusqu’à…75 ans. C’est dire si l’issue du bras de fer entre les travailleurs en lutte et le pouvoir, en France, suscite de l’intérêt bien au-delà de nos frontières. Enrayer cette spirale régressive et engager, à contrario, une vraie réforme progressiste garantissant à l’ensemble des retraité.é.s une place digne dans la société constitue , à l’échelle de toute l’UE, un enjeu de civilisation. 

Ce combat exemplaire ne nous fait pas oublier un autre enjeu de civilisation qui, lui aussi , engage l’avenir de nos sociétés : celui de la défense du climat et de l’environnement en général. Ironie du sort : au moment-même où les Françaises et les Français se mobilisent en masse pour leur droit à une retraite décente, la Conférence mondiale sur le climat, la COP 25 , réunie à Madrid du 2 au 13 décembre, illustre une autre dimension des ravages dont le néolibéralisme se rend coupable à l’échelle de la planète. Y compris dans l’Union européenne , dont les gouvernements s’avèrent incapables, selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE) elle-même, de respecter les objectifs auxquels ils s’étaient engagés pour 2020. C’est notamment le cas en matière de protection de la biodiversité : la protection des espèces et des habitats naturels, des zones humides, des écosystèmes marins et des sols n’est pas à la hauteur . Mais cela vaut également pour la lutte contre le changement climatique et la surconsommation des ressources naturelles. Dans tous ces domaines, l’UE doit agir « urgemment » souligne l’AEE. La dernière période a révélé la sensibilité grandissante à cet autre défi,  qui se manifeste dans notre société comme chez nos voisins. De la jonction de ces deux mouvements naîtra la perspective que nous appelons de nos vœux.

 

Retraites, climat: deux enjeux de civilisation (Francis Wurtz, L'Humanité Dimanche, 12 décembre 2019)
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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:32
Soutien à Vincenzo Vecchi - Pierre Dharréville et Pierre Laurent s'engagent au côté du militant altermondialiste italien réfugié politique en Bretagne
SOUTIEN A VINCENZO VECCHI

Vendredi 15 novembre dernier, plus de trois mois après son arrestation, Vincenzo VECCHI a été libéré du centre pénitentiaire de Renne Vezin. Malgré la décision de la cour, le parquet, qui possède la mission générale de veiller à l’application de la loi au nom du respect des intérêts fondamentaux de la société se pourvoit en cassation.
Vincenzo VECCHI est un ressortissant italien qui vit en Bretagne depuis plus de 8 ans. Il avait été condamné en Italie à 12 ans d’emprisonnement avec comme chef d’accusation « dévastation et saccage ». Les griefs qui lui étaient reprochés étaient la participation à la manifestation contre le G8 à Gênes en 2001 et à une manifestation anti-fasciste, non autorisée, à Milan en mars 2006. [POUR EN SAVOIR PLUS]

Pierre LAURENT, sénateur de Paris, a envoyé une lettre à la ministre de la Justice pour une demande de renseignements sur les raisons de cette décision et pour s'assurer que les droits fondamentaux de Vincenzo VECCHI soient garantis. De son côté, Pierre DHARREVILLE, député des Bouches du Rhône, s'étonne auprès de la ministre de la décision du parquet de se pourvoir en cassation et précise que cette situation a une signification politique inquiétante

 

Victoire !

Par le délibéré du vendredi 15 novembre, Vincenzo est enfin libéré du centre pénitentiaire de Rennes Vezin.

Il est maintenant parmi nous à Rochefort-en-Terre, comme il l’est depuis 8 ans.

Ce fut une joie de fêter tous ensemble et avec lui cette victoire.

Pour rappel, Vincenzo a participé en 2001 au contre-sommet du G8 à Gênes où la répression policière fut très violente, et en 2006 à un rassemblement antifasciste à Milan.

Il a été condamné à 12 ans et 6 mois de prison, sous le chef d’inculpation de « Dévastation et pillage », délit issu du code Rocco introduit par le régime fasciste en 1930. C’est la première fois, 70 ans après, qu’il est utilisé à l’encontre de manifestant.e.s. Demeurant en France depuis 2011, Vincenzo a été arrêté le 8 août dernier, sous le coup de deux mandats d’arrêts européens.

Vendredi 15 novembre dernier, plus de trois mois après son arrestation, la cour a jugé que :

  • Le mandat d’arrêt européen concernant Milan est sans objet, validant clairement que ce mandat est mensonger. La déloyauté de L’Italie envers la France et par extension envers les autres pays européens est bien réelle : l’Italie a produit un faux puisque Vincenzo a déjà purgé sa peine !
  • Le mandat d’arrêt européen concernant Gênes est irrecevable. Principale cause :  une erreur de procédure de la part de l’autorité judiciaire française. Il s’agit de l’omission de la transmission de la demande de Vincenzo relative à l’assistance d’un avocat en Italie, pays émetteur par l’autorité judiciaire de la France, l’État d’exécution. C’est l’article 695-27 du code de procédure pénal qui, s’il n’est pas respecté, a pour conséquence la nullité de la procédure. En effet, cette omission porte nécessairement atteinte aux droits de la défense. C’est imparable, il y a plusieurs précédents.

Victoire fragile…

Nous nous réveillons au lendemain de cette fête avec un goût amer car encore pleins d’incertitudes par rapport au maintien en liberté de Vincenzo, à court, moyen et long terme.

Malgré la décision de la cour, le parquet, qui possède la mission générale de veiller à l’application de la loi au nom du respect des intérêts fondamentaux de la société se pourvoi en cassation.

Ce qui est rageant, c’est que le délibéré de la cour peut faire croire que seules les autorités judiciaires françaises sont mises en cause par leur erreur de procédure. Ce délibéré peut laisser penser que sans cette erreur le mandat d’arrêt européen concernant Gênes émis par l’Italie pourrait être recevable… Or il n’en est rien !

Dans le fond comme dans la forme, Vincenzo, ses avocats et tout le comité ont apporté énormément de contenu et de nombreux arguments démontrant tout le contraire :

  • Le délit de dévastation et pillage issu du code Rocco mis en œuvre à l’époque fasciste et l’énormité de la peine encourue que ce délit entraine : Vincenzo risque une peine de 13 ans de prison soit une peine équivalente à un crime de sang.
  • La notion de « concours moral » inclut dans ce délit de dévastation et pillage : il n’est pas besoin d’avoir des preuves du délit, la simple présence sur les lieux suffit à rendre la personne complice et donc coupable : dans le dossier du procès de Vincenzo, il n’y a aucune preuve tangible.
  • La disproportion des peines entre les manifestants et les carabiniers incriminés : l’équivalent de 100 ans de prison prononcés à l’encontre de 10 manifestants contre 0 jour de prison réalisé par les carabiniers qui ont tabassé, humilié et torturé des centaines de manifestants de façon systématique et coordonnée lors du contre-sommet du G8 de Gênes. Rappelons que la Cour Européenne des Droits de l’Homme a condamné (en 2017) l’Italie pour actes de torture.
  • La disproportion de la peine prononcée à l’encontre de Vincenzo en Italie par rapport au droit français.
  • La déloyauté des autorités italiennes envers la France, qui ont tenté de prime abord de charger le dossier de Vincenzo en éditant un faux mandat d’arrêt pour Milan. Pour les faits de Gênes, ils n’ont pas transmis le dernier jugement du procès de 2012 mais l’avant dernier qui était plus à charge encore avec une peine à purger plus lourde.
  • La crainte quant à ses conditions de détention s’il était renvoyé en Italie, pays qui ne respecte pas les exigences de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.
  • La date à laquelle les faits reprochés se sont produits soit en 2001 ne peuvent pas donner lieu aujourd’hui à un Mandat d’arrêt européen car à l’époque, cette procédure n’était pas actée en Italie. Elle aurait dû avoir recours à une procédure d’extradition qui aurait permis aux avocats de revenir sur le fond du dossier et d’aborder le côté éminemment politique du procès de Gênes.

Ce n’est pas rien et nous sommes toujours très confiants sur la valeur de tous ces arguments.

Ils n’ont pas été mentionné dans le délibéré de la cour qui s’est prononcée sur un élément formel, une erreur de procédure commise par la France, même si elle sous-entend quand-même que les droits à la défense de Vincenzo en Italie ne sont pas assurés.

Qu’en est-il pour Vincenzo aujourd’hui ?

Il est libre en France, mais pas ailleurs en Europe et surtout pas en Italie. Et si le mandat d’arrêt européen est accepté de fait par tous les pays d’Europe lors de son émission, sa nullité n’est acquise que par le pays qui le casse.

Restera-t-il libre au moins jusqu’à la décision de la cour de cassation ?

Impossible d’avoir une réponse claire dans les méandres des procédures.

Que se passera-t-il si le pourvoi en cassation renforce la décision de la cour et maintient l’irrecevabilité du mandat européen concernant Gênes ?

Nous pensions que l’Italie ne pourrait pas émettre un second mandat pour les mêmes faits si le premier a été cassé. En fait, personne ne peut nous le certifier.

Et si la cour de cassation remet en cause la décision du tribunal ?

On recommence tout avec une nouvelle composition de la cour !

Dans ce marasme, comment ne pas être d’abord hébété, sans voix ?

Où se situe la violence ?

Vincenzo est libéré mais n’est pas encore libre. 

L’Italie fait preuve de violence à son égard par son acharnement à le récupérer.

Quelle peur transmet-elle aux personnes manifestant leurs idées qu’elle ne partage pas ? 

L’Italie s’est acharnée sur les manifestants lors du contre-sommet du G8 à Gênes en 2001.

L’Italie s’acharne sur Vincenzo en France en s’exonérant de toute loi :

  • Elle veut le récupérer pour l’exemple 18 ans après pour des faits non prouvés.
  • Elle le fait passer pour un dangereux criminel aux yeux de la justice française en lui mentant
  • Elle émet des mandats d’arrêts européens non recevables pensant que cela passerait comme une lettre à la poste. Et on peut penser que Vincenzo serait déjà remis à l’Italie sans l’énorme mobilisation qui s’est créée juste après son arrestation.

L’Italie s’acharne contre Vincenzo en Italie en inquiétant Viviana, son ex-compagne, mère de sa fille : des policiers ont perquisitionné son domicile le lendemain de l’arrestation de Vincenzo, sans aucun mandat de perquisition, faisant fi de toute loi. Malgré l’irrégularité de la perquisition, elle n’a pas encore pu récupérer les nombreux objets confisqués. Une enquête pèse sur elle en vue d’un futur procès.

Et le gouvernement français, par l’intermédiaire du procureur général, va dans le même sens que l’Italie. La France prend maintenant la même direction avec le pourvoi en cassation du parquet qui remet en cause une erreur de procédure qu’il a lui-même produite ! C’est ahurissant !

L’Italie est très énervée de la décision de la justice française.

La France veut-elle préserver ses rapports avec l’Italie avec ce pourvoi en cassation, se fichant complètement de ce qu’un être humain puisse subir depuis 18 ans ? Et dans ce cas « les intérêts fondamentaux de la société » que le parquet protège sont-ils alors contraires aux droits fondamentaux de chaque être humain qui compose cette société ?

C’est une violence sournoise mais bien réelle qui s’installe progressivement en France et en Europe. L’histoire de Vincenzo en est un exemple parmi tant d’autres.

A l’heure où gouvernements, médias et par extension l’opinion publique condamnent facilement les violences des manifestants sur du matériel, nous condamnons avant tout la violence autoritaire, répressive et judiciaire des États européens qui saccagent les droits fondamentaux et pillent le principe de liberté dont chaque personne devrait jouir.

Nous, comité de soutien à Vincenzo, continuons à nous mobiliser pour que sa libération soit pérenne et assurée.

La Liberté pour Vincenzo, c’est le principe de liberté défendu pour tous !


Un comité de soutien pourquoi ?

Pour de multiples raisons :

Parce qu’avant tout Vincenzo est notre ami, notre voisin, notre camarade.

1/ La légitimité de la condamnation à 2 niveaux :

– Par rapport à la manifestation de Gênes, la répression policière a été condamnée par différentes instances internationales, dont l’une des dernières en 2015 par la Cour Européenne des droits de l’homme. L’Italie a été condamnée pour n’avoir jamais poursuivi en justice, ni même identifié, les auteurs de violences policières contre des militants altermondialistes, en marge du sommet du G8 à Gênes en 2001. Des mauvais traitements pourtant assimilables à des « actes de torture » selon la CEDH.  Ce qui bien évidemment peut questionner la légitimité du jugement.

– Le chef d’accusation sur lequel est basé le jugement « Dévastation et saccage », considéré comme un crime contre l’ordre public. Ce crime a été introduit par le code Rocco de 1930 (donc en période fascisante) et est encore en vigueur aujourd’hui pour réprimer les révoltes de rue. Ce code permet de condamner à des peines de prison de 8 à 15 ans, sans avoir à prouver la culpabilité des inculpés. Il est suffisant de se trouver à un endroit où a lieu le désordre… Le contexte de création de ce chef d’inculpation questionne là-encore la légitimité de cette condamnation.

2/ Le caractère éminemment politique de cette arrestation et extradition.

En effet, l’extrême droite participe de plus en plus fortement au gouvernement italien. Vincenzo ayant été fortement engagé dans la lutte antifasciste, et les accusations prononcées contre lui étant liées à des actions anti-fascistes,  il semble plus qu’évident qu’il servira d’exemple dans cette affaire.

Un comité de soutien pour quoi faire concrètement

Notre 1er objectif est de bloquer la procédure d’extradition, ou au moins la retarder au maximum, afin de donner le temps pour assurer une vraie défense.

Nous espérons qu’il reste en France et ne soit pas « livré » à la justice italienne.

Si vous voulez vous joindre ou soutenir, différents moyens possibles :

  • Vous informer sur les actions en cours via le site www.comite-soutien-vincenzo.org / page Facebook @soutienvincenzo,
  • Nous contacter pour participer au comité de soutien : comite.soutien.vincenzo@gmail.com
  • Soutenir financièrement les frais inhérents pour assurer une défense digne de ce nom.
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14 décembre 2019 6 14 /12 /décembre /2019 06:22
PRÉSIDENTIELLE ALGÉRIENNE : LE PEUPLE INFLIGE UN CAMOUFLET AU POUVOIR (PCF)
PRÉSIDENTIELLE ALGÉRIENNE : "LE PEUPLE INFLIGE UN CAMOUFLET AU POUVOIR" (PCF)
 
Le peuple algérien et sa diaspora viennent d'administrer un nouveau camouflet au pouvoir  en s'abstenant massivement à l'occasion du scrutin présidentiel.  Il a infligé également une rebuffade au chef d'état-major
Ahmed Gaïd Salah puisque ce dernier avait déclaré que la participation serait "massive". Après cette mascarade électorale, la mobilisation apparaît comme la plus faible de toute l'histoire de l'Algérie.
Sans ambiguïté les Algériens ont rejeté les cinq candidats incarnant la tentative de régénération de l'ère Bouteflika. En boycottant, ils ont exprimé leur choix d'une transition démocratique dans le cadre d'un Etat
de droit incarné par des civils afin d'organiser par la suite des élections libres.
Cette détermination pacifique s'est encore exprimée hier et aujourd'hui par des manifestations gigantesques témoignant de la volonté d'inscrire le mouvement dans la durée.
Le nouveau président élu au 1er tour, Abdelmajid Tebboune, un ancien premier ministre d'A. Bouteflika, sorte de marionnette aux mains de la hiérarchie militaire, n'a aucune légitimité pour le peuple algérien. Il
porte déjà les stigmates des nouvelles arrestations qui se sont produites.
Rien n'arrêtera le courage, la résolution et l'énergie du peuple algérien qui proclame "Nous voulons la liberté".
Dans ce combat révolutionnaire, les Algériens pourront compter sur la solidarité totale du Parti communiste français.
 
Parti  communiste français,
 
le 13 décembre 2019
PRÉSIDENTIELLE ALGÉRIENNE : LE PEUPLE INFLIGE UN CAMOUFLET AU POUVOIR (PCF)
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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 08:08

 

Le décalage de la réforme aux générations à partir de 1975 et les quelques « garanties » accordées sur les droits familiaux, la valeur du point ou la pénibilité sont illusoires. Paradoxalement, Édouard Philippe et Emmanuel Macron apparaissent fragilisés après ces concessions, à la suite du lâchage de la CFDT et de l’Unsa.

Édouard Philippe a peaufiné la mise en scène et choisi soigneusement ses mots. Quand il a pris la parole, mercredi midi, devant le Conseil économique, social, et environnemental (Cese), peut-être a-t-il pensé à son ancien mentor, Alain Juppé, dont la morgue avait pesé lourdement dans sa défaite de 1995. Mais c’est à d’autres figures que le premier ministre a choisi de se référer en dévoilant les arbitrages pour sa réforme des retraites : Mendès France, Rocard, Pompidou, de Gaulle… Loin des mots de son prédécesseur, il a invoqué le Conseil national de la Résistance pour détailler une réforme en réalité fidèle au rapport de Jean-Paul Delevoye. Bien que fragilisé par les révélations de ses liens avec le monde de l’assurance, le haut-commissaire aux retraites a remporté les arbitrages essentiels : instauration d’un âge pivot, suppression de la référence à la durée de cotisation, refus de la « clause du grand-père »… Ceux qui prétendaient que les manifestants rejetaient une réforme sans connaître son contenu sont démentis par les faits. La généralisation du compte en points qui supprime les repères collectifs du salaire de référence et du taux de remplacement, le calcul de la retraite sur l’intégralité de la carrière à la place des 25 meilleures années, la suppression des régimes spéciaux, les mesures de « retour à l’équilibre » budgétaire… Tout cela fondait l’opposition, renouvelée mercredi, des syndicats CGT, FO, CFE-CGC, FSU. S’y ajoute désormais celle de la CFDT et de l’Unsa, favorables au principe d’un régime à points mais pour lesquels une « ligne rouge » a été franchie avec l’instauration de l’âge pivot et les modalités de l’équilibre comptable. Au final, Édouard Philippe et Emmanuel Macron apparaissent paradoxalement plus isolés après les concessions lâchées sur l’application progressive de la réforme – elle concernera les générations à partir de 1975 – et les quelques « garanties » nouvelles accordées – droits familiaux, valeur du point, pénibilité… –, dont beaucoup sont illusoires. Décryptage en dix points de ces prétendues « nouveautés ».

 

1. « On ne change rien pour ceux qui sont à moins de 17 ans de leur retraite »

Le coup de décaler l’entrée en vigueur de la réforme à des générations plus jeunes part de loin : le principe était déjà à la base de l’idée de la « clause du grand-père » évoquée un temps par Emmanuel Macron, et qui consistait à appliquer la réforme aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail. Finalement, c’est une formule intermédiaire qui a été choisie, mais qui a l’avantage d’atomiser un peu plus les salariés, désormais divisés en trois catégories de générations : ceux nés avant 1975 continueront à cotiser dans le système actuel, ceux nés entre 1975 et 2003 passeront au régime universel en 2025, et ceux nés à compter de 2004 (les « nouveaux entrants ») cotiseront au régime universel dès sa création en 2022. Le but est le même : il s’agit de « briser la solidarité entre générations », selon Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés, en faisant croire aux plus anciens qu’ils n’auraient pas de raison de s’inquiéter. Mais c’est un leurre. Car, en réalité, personne ne sera épargné. L’instauration d’un « âge d’équilibre » dès 2022 au-delà de l’âge légal de la retraite à 62 ans concerne tous les cotisants, dans ou hors du régime universel : à partir de cette date, les « partenaires sociaux » seront chargés de définir un « système de bonus-malus » sur les pensions, applicable autour d’un « âge d’équilibre » des comptes de retraite glissant progressivement vers l’objectif des 64 ans en 2027. C’était l’une des options du rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) du 21 novembre pour faire des économies. Concrètement, cela signifie que les assurés verront dès 2022 leur pension réduite s’ils partent à 62 ans, et que ce malus grossira avec le temps, à mesure que le nouvel « âge d’équilibre » s’éloignera des 62 ans.

 

2.  « La loi donnera des garanties incontestables sur la valeur du point »

C’est la grosse arnaque répétée sur toutes les ondes : mercredi, Édouard Philippe a promis le vote d’une « règle d’or » dans la loi « pour que la valeur des points acquis ne puisse pas baisser ». Sauf que cette promesse n’engage à rien sur le montant final des retraites, car celui-ci ne dépend pas de la « valeur des points acquis » durant la carrière, mais du taux de rendement du point, qui est une autre valeur. La différence est subtile, et c’est sur la confusion que joue le gouvernement. En effet, les points s’achètent avec des cotisations : par exemple, 10 euros pour un point. C’est la valeur d’achat. La « valeur des points acquis », ce n’est rien d’autre que la valeur des cotisations acquittées durant toute la carrière pour acheter des points. Le gouvernement promet qu’elle augmentera à terme au même rythme que les salaires, en même temps que la « valeur d’achat » du point.

Mais une fois à la retraite, ce n’est pas cette valeur qui permet de calculer la pension, mais une valeur différente, la « valeur de service » du point : par exemple, chaque point me permet de toucher 0,55 euro de pension annuelle. Si la « valeur d’achat » augmente plus vite que la « valeur de service » du point – comme c’est déjà le cas pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco –, cela veut dire que je ne pourrai pas acheter plus de points – car ils coûtent plus cher – mais que proportionnellement chacun me rapportera moins de retraite : autrement dit, le rendement du point baisse. Or « aucune garantie n’a été donnée sur le taux de rendement (les 5,5 % à 64 ans, évoqué par le rapport Delevoye). Toutes les manipulations seront donc possibles, d’autant que les premières pensions versées selon ces règles ne le seront qu’en 2027 », avertit l’économiste Henri Sterdyniak.

 

3. 1 000 euros, « une révolution sociale qui restera comme une conquête »

Annonce qui n’en est pas vraiment une, le premier ministre a promis que « toute personne partant à la retraite au taux plein pourra toucher cette pension minimale » garantie à 1 000 euros et « 85 % du Smic dans la durée ». Il ne s’agit pas ici du minimum vieillesse, versé à toute personne âgée sans ressources, et sans condition de périodes cotisées, qui sera autour de 900 euros en janvier prochain, mais du « minimum contributif », c’est-à-dire de la retraite plancher acquise au bout d’une vie de cotisation complète – 42 ans dans un premier temps – qui serait mis en place dès 2021 . « Toutes les personnes n’atteignant pas l’âge pivot ou ayant une carrière incomplète auront beaucoup moins », rappelle aussi Attac.

« Faut-il rappeler que cette retraite plancher est déjà de 967 euros, et qu’elle devrait normalement être à 1 023 euros selon la loi de 2003 qui devrait être appliquée depuis 2008 ? Que c’est la majorité actuelle qui a refusé qu’elle s’applique dès 2019 aux agriculteurs ? Que la garantie de 85 % du Smic ne s’applique qu’au moment du départ et non tout au long de la retraite ? » questionne Henri Sterdyniak. Cette « révolution sociale », si elle est enfin tenue, ne ferait qu’appliquer une loi votée il y a près de vingt ans.

De plus, à mesure que le montant des pensions sera écrasé – notamment avec le calcul sur toute la durée de la carrière et pour tenir dans la limite fixée à 14 % du PIB –, le nombre de personnes qui toucheront cette retraite minimum ne fera qu’augmenter.

 

4. « Les femmes sont les grandes gagnantes du système universel »

Selon Édouard Philippe, son projet de réforme des retraites construit un « système plus juste pour les femmes ». Mais pour la chercheuse Christiane Marty, dont les travaux sur les retraites font référence, la réalité est bien différente. Globalement, « la logique d’un régime par points vise à ce que la pension reflète au plus près la somme des cotisations de la vie active », rappelle-t-elle. La carrière de nombreuses femmes étant incomplète et heurtée, elle n’est donc pas une base favorable à ce type de calcul. La chercheuse rappelle, en outre, que la réforme de 1993, qui avait fait passer, dans le secteur privé, la base de calcul des pensions des dix aux vingt-cinq meilleures années, « a eu comme conséquence de faire baisser les pensions à la liquidation, et plus fortement encore celles des femmes ». En matière de droits familiaux, le premier ministre fait valoir qu’il est désormais prévu une majoration de la pension de 5 % dès le premier enfant. Un système vendu comme plus favorable, alors que l’actuel ne prévoit une majoration de 10 % des pensions qu’à partir du troisième enfant. Sauf que le nouveau dispositif en balaie un autre, « totalement occulté » dans les discours gouvernementaux, celui des majorations de durée d’assurance. Attribuées pour chaque enfant, elles représentent dans le régime général jusqu’à huit trimestres pour les mères – et seulement deux trimestres dans la fonction publique. La majoration de 5 % envisagée par le gouvernement est une mesure moins favorable que le cumul des deux, qu’elle est censée remplacer.

 

5.  « Les plus riches paieront une cotisation de solidarité plus élevée »

C’est ce qu’a assuré Édouard Philippe, en présentant cela comme un progrès social, « un effort des plus riches ». « Jusqu’à 120 000 euros de revenus annuels, tout le monde cotisera au même taux, pour s’ouvrir des droits dans la limite de ce montant. » Au-delà, les salariés les plus aisés paieront une cotisation « qui financera, non pas des droits supplémentaires pour eux, mais des mesures de solidarité pour tout le monde ». Non seulement cette mesure est en réalité une régression, mais en plus elle promet d’ouvrir bien large la porte aux fonds de pension.

Aujourd’hui, jusqu’à 27 000 euros par mois, un salarié cotise à 28 % pour le régime de retraite, dont 2,8 % pour la solidarité. Avec la réforme, le salarié aisé ne cotisera plus au-dessus de 10 000 euros par mois, excepté ces 2,8 %. « Tous les salariés payent ces 2,8 % de solidarité, c’est un taux unique… Dire que c’est une contribution des plus hauts revenus est faux ! Surtout tant que cela ne s’applique pas aux revenus du capital », pointe Henri Sterdyniak.

Et pour compenser la perte de ce droit à la retraite, ceux qui gagnent plus de 10 000 euros mensuels n’auront d’autres solutions que de souscrire à des fonds de pension privés… « Pourtant, les cadres eux-mêmes avaient demandé le relèvement du plafond de l’Agirc-Arrco pour cotiser plus pour leur régime de retraite », déplore l’Économiste atterré.

 

6. « Nous engagerons les revalorisations nécessaires pour maintenir le niveau des pensions des enseignants »

Le premier ministre ne s’est pas étendu sur les détails de ces « revalorisations ». Mais son ministre de l’Éducation nationale est plus explicite. Jean-Michel Blanquer l’a dit dès le 6 décembre : pour compenser l’effondrement des pensions, « il y aura une part d’augmentation de salaire et une part d’augmentation des primes ». Si le gouvernement veut passer par des primes pour ce rattrapage, c’est qu’il pourrait en faire un levier au service d’une transformation profonde du métier.

Ces primes sont essentiellement de trois types aujourd’hui. D’abord, une indemnité de suivi et d’orientation des élèves (Isoe), versée à tous et s’élevant environ à 1 200 euros par an. Puis les primes REP et REP+, versées aux enseignants qui exercent en zone d’éducation prioritaire. Enfin, des indemnités de missions particulières (IMP), plus faibles (de 600 à 1 200 euros/an) et attribuées aux professeurs qui acceptent un surplus de travail : tuteurs, coordinateurs de groupe de travail, « référents » pour la lutte contre le décrochage scolaire, les projets culturels… Et c’est là que le bât blesse : « Il s’agit de primes différenciées, explique Frédérique Rolet, du Snes-FSU, accordées au bon vouloir de la hiérarchie, et qui ne manqueraient pas de devenir un outil de pression » sur les enseignants, si elles prenaient une part plus importante dans le traitement. Un levier formidable pour contraindre les enseignants à accepter réformes, nouveaux programmes, nouvelles fonctions, et surtout à devenir très dociles face au « nouveau management public ».

Ces indemnités sont en outre très inégalitaires : les femmes, nombreuses dans l’enseignement, y ont beaucoup moins accès – tout comme aux heures supplémentaires. Une inégalité qui se répercuterait d’autant plus sur les retraites si la part des primes augmente.

 

7. « Le temps du système universel est venu, celui des régimes spéciaux s’achève »

« C’est inadmissible, j’ai signé un contrat où je partais à la retraite à 52 ans, je vais devoir partir à taux plein à 64 ans. Je viens, en un trait de plume, de me prendre dix ans ! », fulmine un conducteur de train. C’est certainement le point sur lequel le premier ministre s’est montré, hier, le plus inflexible. La disparition de tous les régimes spéciaux. Mais alors qu’Édouard Philippe n’avait nullement mentionné de génération concernée par la bascule d’un système à l’autre, une « précision de Matignon » a confirmé, en milieu d’après midi, que, « pour les fonctionnaires et les agents des régimes spéciaux dont l’âge légal de départ est de 52 ans », le nouveau système ne s’appliquera que pour les salariés nés à partir de 1985.

Exception notable, les « forces de sécurité intérieures conserveront le bénéfice des dérogations d’âge », a précisé le premier ministre. Christophe Castaner leur avait donné des gages pour qu’ils n’entrent pas dans la contestation, Matignon a confirmé que « ceux qui sont exposés à des fonctions dangereuses dans le cadre de missions régaliennes, comme les pompiers, les policiers, les gendarmes, les gardiens de prison et bien sûr les militaires » seraient exemptés d’allongement de cotisation.

Dans les métiers du rail notamment, dont l’accès au départ anticipé était inscrit dans le statut des salariés de la SNCF ou de la RATP en compensation de la pénibilité de la tâche, c’est la colère qui l’emporte. D’autant que, souligne Pierre Khalfa, codirecteur de la Fondation Copernic, « les régimes spéciaux avaient justement pour fonction de prendre en compte la pénibilité ».

 

8.  « Nous allons améliorer la prise en compte de la pénibilité selon des critères qui seront les mêmes pour tous »

Comment croire aux promesses faites hier par Édouard Philippe de meilleure prise en compte de la pénibilité des métiers, dans cette réforme des retraites, quand lui-même et son gouvernement ont biffé en 2017 quatre des dix critères contenus dans le compte pénibilité, ouvrant justement droit à un départ anticipé ? Et pas des moindres. Les ordonnances Macron affaiblissant le Code du travail ont, en effet, enlevé de cette liste les « manutentions manuelles de charges », « les postures pénibles », « l’exposition à des agents chimiques dangereux » et « les vibrations mécaniques », sur ordre du patronat. Sur ce sujet de la pénibilité, la cote de confiance dont jouissait le premier ministre avant hier est proche de zéro. Ce ne sont pas les vagues assurances d’extension de ce régime rétréci de la pénibilité « aux trois fonctions publiques et notamment aux aides-soignantes et aux infirmières » qui diminueront cette courbe de défiance.

 

9. « Ne comptez pas sur moi pour renvoyer la patate chaude aux partenaires sociaux »

En voilà un beau coup bas. Invoquant pêle-mêle Pompidou, Rocard, de Gaule et Mendès France, Édouard Philippe en a appelé, au risque d’être redondant, aux « gestionnaires responsables du paritarisme en France, qui ont démontré leur sens des responsabilités ». À eux de trouver un moyen d’inciter tous les Français à partir à la retraite à 64 ans d’ici à 2027. En fixant, par exemple, le montant des décotes entre 62 et 64 ans alors que tous les syndicats se sont expressément opposés aux mesures d’âge. Si ce n’est pas un beau renvoi de patate chaude, comme s’en défend le premier ministre… « Nous mettrons en place, dès l’année prochaine, une gouvernance qui confiera aux partenaires sociaux les principaux leviers. Il leur reviendra donc de fixer une trajectoire de retour à l’équilibre puis de maintenir celui-ci », insiste Édouard Philippe. La commande est rédigée. Reste aux syndicats de la signer ou bien… « Dès lors, ressurgissent les méthodes antidémocratiques avec la volonté de vouloir passer par ordonnances et décrets des arbitrages essentiels pour l’avenir de nos retraites », déplore la CGT. « Le gouvernement nous ressert exactement ce qu’il a fait pour l’assurance-chômage : il tiendra les rênes pour imposer ses vues et, en dernier recours, il passera en force », confirme Henri Sterdyniak.

 

10.  Le projet de loi « renverra à des ordonnances ou à des décrets les précisions sur les transitions »

Le choix du calendrier annoncé par Édouard Philippe risque de rappeler de bien mauvais souvenirs sur le plan démocratique. Le premier ministre a, en effet, annoncé un Conseil des ministres dès le 22 janvier, puis un démarrage de l’examen du projet de loi à la fin de février par les parlementaires. Il s’agit donc d’aller vite. Et le gouvernement ne lésinera pas sur les moyens de passer en force pour acter sa réforme : les « précisions sur les transitions » seront adoptées par ordonnances ou par décrets. Voilà qui rappelle les ordonnances Macron, qui s’attaquaient au Code du travail dès septembre 2017. Ou encore, un peu plus tôt, lors du précédent quinquennat, le 49.3 utilisé par Manuel Valls pour faire adopter sans débat la loi travail, en 2016… Face à la contestation sociale et au débat parlementaire, la méthode du gouvernement reste donc la même – le passage en force –, alors qu’une majorité de Français soutient toujours le mouvement social démarré le 5 décembre.

 

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 06:44

C'est le pire du pire, recul de l'âge de la retraite de 62 à 64 ans... Le Premier Ministre est resté droit dans ses bottes. Tout ce qu'on pouvait redouter est dedans. Réaction de Fabien Roussel aux annonces du Premier Ministre sur la réforme des retraites

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 06:43
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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 16:28
Marie-Claude Vaillant Couturier en 1945

Marie-Claude Vaillant Couturier en 1945

Marie-Claude Vaillant-Couturier, née Vogel
03/11/1912 - 11/12/1996


Résistante, communiste, arrêtée par la police de Vichy, livrée à la Gestapo et déportée à Auschwitz-Birkenau, dans le convoi du 24 janvier 1943 des 230 résistantes qui entrent dans le camp en chantant la Marseillaise, puis à Ravensbrück. Elle refuse de rentrer en France à la libération de Ravensbrück tant qu’il reste sur place des déportés français malades, femmes ou hommes, et elle ne revient que le 25 juin 1945, deux mois après sa libération.Elle témoigne au procès de Nuremberg en 1946 et au procès de Barbie en 1987.
Elle fut une des dirigeantes de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, membre de l’Amicale d’Auschwitz, première présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation, secrétaire de la Fédération démocratique internationale des femmes, vice-présidente de l’ Union des femmes françaises, élue députée PCF, vice-présidente de l’Assemblée nationale

 

 

Elle a planté ses yeux dans ceux des nazis

DANY STIVE

JEUDI, 7 MAI, 2015

L'HUMANITÉ

"Une vie de résistante, Marie-Claude Vaillant-Couturier", de Gérard Streiff.

Marie-Claude Vaillant-Couturier, rescapée d’Auschwitz, témoin à Nuremberg, militante communiste.

Quand elle entre dans la salle du procès des dirigeants nazis à Nuremberg le 28 janvier 1946, Marie-Claude Vaillant-Couturier aimante tous les regards. Cette belle et grande femme blonde aux yeux bleus, plutôt que s’avancer vers la barre où le président du tribunal vient de l’appeler, se dirige droit vers les bancs des accusés. Plantant ses yeux dans ceux des dignitaires nazis, cette femme sortie de l’enfer concentrationnaire sept mois auparavant défie les responsables de la solution finale. Avec elle, est entré dans cette salle le « terrible cortège de tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres » (1). À la barre, elle apostrophe les responsables nazis : « Regardez-moi car, à travers mes yeux, ce sont des centaines de milliers d’yeux qui vous regardent, par ma voix, ce sont des centaines de milliers de voix qui vous accusent. »

Par cette scène initiale, Gérard Streiff ouvre une biographie rapide et bien enlevée de cette communiste hors du commun à l’usage des jeunes lecteurs. Autant dire que, en suivant les pas de Marie-Claude Vaillant-Couturier, on arpente le monde du XXe siècle. Photographe, journaliste, militante infatigable, pacifiste et féministe, élue communiste, elle a voyagé de par le monde et traversé les classes sociales. Issue de la bourgeoisie éclairée, elle rejoint les rangs des révoltés refusant les inégalités. Difficile avec un tel personnage, dans un texte si court, de ne pas verser dans l’hagiographie. L’auteur y parvient en refusant de l’enfermer dans la légende, mais en décrivant une femme « unique, engagée, habitée par la passion politique, d’une incroyable vitalité, élégante et discrète, humble mais tenace, simple et altière à la fois. Une sorte d’aristocrate rouge qui semble sortie d’un roman de Jean Vautrin ». Marie-Claude Vaillant-Couturier n’entrera pas au Panthéon en ce mois de mai, François Hollande ayant choisi d’autres personnalités pour féminiser un peu ce temple républicain si masculin. À lire ce portrait, on comprend qu’il a fait une erreur. Raison de plus pour encourager sa lecture par les plus jeunes.

(1) Discours d’André Malraux pour l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin.

 

Paul Vaillant-Couturier: L'autre figure communiste du Front populaire (Patrick Appel-Muller)

Il y a 23 ans disparaissait Marie-Claude Vaillant-Couturier
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