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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 08:55
Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance, partie 1 - la chronique cinéma d'Andrea Lauro

Rejeton d'une riche famille aristocratique, il devint l'un des plus grands cinéastes de tous les temps et un compagnon de route du Parti communiste italien. Andréa Lauro retrace pour le Chiffon Rouge son itinéraire de vie et artistique.

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance

Partie 1

Par Andréa Lauro

décembre 2019

 

Le comte Luchino Visconti de Modrone est né à Milan le 2 novembre 1906. Son père, Giuseppe, est duc, sa mère, Carla Erba, est la fille et l'héritière du propriétaire de la plus grande maison pharmaceutique italienne de l’époque. Ascendances qui assurent à Luchino et à ses six frères une enfance dorée, aristocratique, très riche, passée dans un palais milanais fréquenté par des nobles et intellectuels de premier plan. C’est entre deux pôles, la mondanité et la culture, que Luchino construit sa personnalité.

Giuseppe et Carla ne sont pas des représentants frivoles d’une classe privilégiée, ou du moins pas seulement. Leur attention aux arts les plus disparates (Giuseppe a des passions théâtrales et picturales, Carla est une musicienne talentueuse) dépasse la simple prétention seigneuriale et se présente comme une interprétation sincère de la vie en termes culturels ; non pas une ostentation de possibilités et d’extrêmes, mais une constante tension intellectuelle qui contamine inévitablement aussi la progéniture, au point qu’au palais Visconti on fait construire un petit théâtre privé pour pouvoir organiser des spectacles "dans la famille".

Luchino, dès son plus jeune âge, pille la bibliothèque de son père et devient un lecteur avide, se mesurant à de grands textes théâtraux et littéraires. Parmi les sept frères, c’est celui qui souffre le plus de certaines contradictions internes au noyau familial et de l’isolement d’une première éducation dispensée avec rigueur entre les murs de la maison par la mère Carla elle-même. Dans ce milieu à la fois d’extrême discipline et d’extrême liberté créative, Visconti croît entouré de stimulations pas seulement intellectuelles : pendant des années à côté des leçons de la mère il y a une ferme éducation physique, réalisée par les soins d'un athlète anglais dont Luchino et les frères révéleront ensuite la folie complète.

Inclination artistique d’un côté, fanatisme physique de l’autre, discipline morale surtout, Visconti en sort adolescent agité et rebelle. Il s’enfuit souvent de chez lui, par amour ou par pur désir d’aventure, et s’évade immanquablement des collèges où ses parents l’enferment pour le punir. Même en jouissant du climat familial qui ne lui fait rien manquer (économiquement, spirituellement, culturellement) il est déjà fort en lui le besoin de s’en détacher pour donner forme à sa propre individualité.

En 1926, peut-être pour répondre aux attentes des autres ou pour lutter contre une vague crise existentielle, il fréquente l’École d’Application de Chevalerie à Pinerolo, devenant sergent-chef. Deux ans plus tard, il se donne, littéralement, à l’hippique, en ouvrant une écurie de chevaux de course, activité à laquelle il se livre avec abnégation pendant longtemps et qui, une fois abandonnée, il aura l’occasion de remercier pour lui avoir révélé que le domaine dans lequel il voulait vraiment exceller était l’art.

Visconti jeune

Visconti jeune

Même pendant les années consacrées à l’art équestre, Visconti ne néglige jamais les intérêts culturels; au contraire, il les intensifie, selon ceux qui lui sont proches à cette époque. Après de nombreuses épreuves littéraires qui montrent une écriture de bon niveau, mais liée à un maniérisme forcé, à la recherche épuisante de la belle phrase, du style "haut", en 1930 il écrit le "Le jeu de la vérité", avec l’ami d’enfance Livio Dell'Anna. Il s’agit d’un texte dramaturgique inspiré d’Henrik Ibsen, de Luigi Pirandello et de la tradition de la comédie bourgeoise, jamais publié ni représenté et pourtant concevable comme le premier travail accompli - et dans les intentions, destiné au public - réalisé par Visconti.

Dès 1932, il commence à fréquenter les salons mondains parisiens, introduit par des connaissances aristocratiques. Ici il interagit avec Jean Cocteau, Kurt Weill, Bertolt Brecht et noue une amitié solide avec Coco Chanel.

Sous l’aile de Jean Cocteau, il se passionne pour le cinéma, un médium qu’il a peu considéré jusqu’ici. Josef von Sternberg, Eric Von Stroheim et les réalisateurs soviétiques l’enlèvent au point de déclencher dans son horizon un processus qui le conduit rapidement à mettre le théâtre au second plan, élisant le cinéma comme un instrument idéal, car il est plus adapté à une reproduction de la réalité.

De retour en Italie, il achète en 1934 une caméra et s’engage à auto-produire un film, avec une équipe et de moyens professionnels. L’histoire voit un jeune de 16 ans quitter les campagnes milanaises pour aller en ville, se heurtant durement à la nouvelle dimension sociale, succombant enfin victime de trois femmes dont il tombe amoureux. Un opéra qui ne voit pas la fin, quand Visconti n’a plus d’argent à investir. Le tournage est réduit en cendres dans un incendie du palais Visconti pendant la guerre, mais avec les témoignages de ceux qui y participent l'on peut isoler au moins deux données intéressantes en vue de ce qui va suivre : le recours prépondérant aux « locations » extérieures et l’utilisation d’une véritable prostituée pour interpréter le rôle, recherchée autour de Milan pour répondre aux demandes d’adhérence esthétique à la réalité du réalisateur.

Le théâtre reste quand même très présent dans la vie de Visconti. De 1936 à 1938 le futur réalisateur s’occupe de la scénographie et des costumes de différents spectacles mis en scène à Milan, Côme et San Remo. C’est l’occasion d’émerger aux yeux de critique et de professionnels, grâce au respect maniaque pour les meubles, pour les objet décoratifs, pour les détails de l’habillement (particularité aussi de la production filmique). Éléments qui donnent crédit à une 'idée de représentation "vivante", composée de personnages marqués par un lien indissoluble à un cadre chargé de déterminer la personnalité de ceux qui l’habitent, de participer à l’action. Une attention aux détails expliquée par la passion de Visconti pour les antiquités, mais qui dans un discours plus organique montre combien la question des relations entre fiction et réalité - fondamentale surtout dans la première étape de la carrière cinématographique - était déjà présente dans sa façon de comprendre la mise en scène.

 

En conjonction avec l’activité théâtrale, Visconti ne se résigne pas et insiste sur le cinéma. Après le film inachevé il écrit des sujets et des scénarios et en 1936 un d’eux est signalée à Gabriel Pascal, producteur français de passage en Italie qui, impressionné par la compétence d’écriture, lui assigne la réalisation d’une transposition de "Novembre" de Flaubert à tourner à Londres. Arrivé en Angleterre, Visconti devine que Pascal prétend avoir plus de contacts et de fonds productifs qu’il n’en a réellement, et que le film ne se fera pas, ou en tout cas pas à ses conditions. Déçu, découragé, il se réfugie à Paris pour se défouler et demander conseil à ses amis sur ses ambitions cinématographiques. Coco Chanel saisit cette occasion pour le présenter et le recommander à Jean Renoir. L’entente entre les deux est immédiate et le français lui confie les costumes et l’assistance générale de "Une partie de Campagne".

Si, d’un point de vue professionnel, la rencontre avec Renoir est cruciale, elle l’est tout autant dans le cadre idéologique. C’est par l’intermédiaire du réalisateur français que se produit en effet la première approche de la politique pour Visconti, un domaine qui, complice un milieu familial depuis toujours désintéressé, ne l’avait jamais stimulé ni particulièrement touché. Mais, ces derniers temps, il commence lui aussi à percevoir l’asphyxie du milieu italien, à la fois du milieu culturel et aristocratique, qui s’enroule sur lui-même, et à la fois du milieu censeur et imprégné d’auto-exaltation du régime fasciste. Renoir, membre du Front populaire français, ne déclenche peut-être pas le ressort définitif vers l’activisme de gauche (il viendra plus tard, pendant et après l’occupation allemande) mais il déplace les positions de Visconti par rapport à la situation dictatoriale européenne, en l’invitant à prendre en considération des facettes de la réalité concrète et pas seulement artistiques.

A suivre.

Andréa Lauro,

pour le Chiffon Rouge, 29 décembre 2019 

A lire aussi:

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Renoir et Visconti

Renoir et Visconti

Luchino Visconti: celui qui ouvrit les portes du Néoréalisme entre beauté et Résistance, partie 1 - la chronique cinéma d'Andrea Lauro
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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 08:12
Hommage à Jean-Marc Nayet - Propos d'Ismaël Dupont et de Fabien Roussel pour le Parti communiste, lus aux obsèques de Jean-Marc le samedi 8 février

Il y avait foule hier à l'espace funéraire de Saint Thégonnec pour dire adieu à notre ami Jean-Marc, une foule d'amis et de parents de toute la France, et d'abord du Pas-de-Calais, et une foule d'amis, de copains, de connaissances, de camarades de la région de Morlaix et du Finistère, une fanfare magnifique avec Pierre Chanteau, une balade irlandaise bouleversante chantée par sa petite-fille, et bien sûr les mots poignants de ses petits-enfants et enfants. Ce fut une magnifique cérémonie d'hommage malgré la douleur. Voici les textes que j'y ai lus, quand Daniel Roussel rendait lui aussi un hommage très drôle et aérien à son ami Jean-Marc, comme Philippe Grincourt en reprenant les mots très profonds et sentis de Jean-Marc Nayet sur les racines de son goût pour l'art de la photographie. 

Ismaël Dupont  

 

Obsèques de Jean-Marc, 8 février

Hommage lu par Ismaël Dupont -

Les mots d'amitié et de soutien de Fabien Roussel

 

Jean-Marc, notre ami, malgré tout, malgré notre peine, je t'imagine très bien jeter un regard ironique et amusé sur ce moment.

Tu étais à l'affut du cocasse et de l'absurde, histoire d'en rire.

Tu préférais, je crois, la dérision à la sentimentalité.

Tu n'avais pas l'esprit de sérieux, tu aimais ce qui, dans la vie, était la marque du vivant, du créatif, contre le figé, l'abandon émotionnel ou la posture.

Tu étais du côté de la raison de sourire contre l'effusion facile. Du côté du bonheur malgré tout plutôt que de la plainte.

Tu étais un matérialiste généreux. Un homme lucide. La mort n'était sans doute pas un sujet d'étonnement et de scandale pour toi ... Comme si nous ne savions pas !!!

Mais tu avais la sagesse d'entreprendre toujours sans y penser trop, sans angoisse, mais en sachant qu'elle était là qui pouvait survenir un jour ou l'autre. « Carpe diem ».

Tu avais la pudeur des sentiments même si au fond tu étais aussi un grand sensible, un écorché vif m'ont dit certains, le survivant surtout, comme Lucienne, ta compagne, d'une entrée dans l'existence par une drôle de porte pourrie.

Résilience...

Orphelin, tu sais que tout est fragile, qu'on ne peut être vraiment protégé de rien, que la vie et les hommes sont durs, orphelin, tes joies et ta soif de vivre sont rendus plus intenses sans doute par la connaissance du précipice à côté de toi et en toi, par le souvenir de la douleur et de la mort.

Tu tisses des liens, tu te récrées des familles avec tes amis, tes compagnons de lutte, les causes au service desquels tu te mets.

Tu disais « je n'aime pas le discours des racines, je ne suis pas un arbre mais un homme, libre »

Car tu craignais les politiques de l'identité, l'assignation communautaire, le racisme et le nationalisme, et étais partisan d'un véritable universalisme faisant la part de nos identités multiples et individuelles, .

Enraciné dans le réel oui, accueillant à ses surprises, son infinie diversité, mais pas enfermé dans les illusions et les prisons de la Terre Patrie.

Ton pays natal, c'était le Pas-de-Calais, le pays ch'ti, minier et ouvrier, un pays à l'identité forte nourrie paradoxalement d'exil, de cosmopolitisme et de « déracinement ».

Tu as aimé être un peu partout chez toi et partout un peu étranger aussi sans doute, être dans l'intensité des rencontres et la découverte de l'autre plutôt que la répétition. A Chevilly-la-Rue, à Champigny-sur-Marne, deux villes communistes de région parisienne, à Locquénolé et dans la région de Morlaix, avec toujours le vaste monde en ligne de mire : le monde et ses fractures, le monde et ses combats pour la liberté, l'égalité, la justice, la Palestine, le Liban, l'Irlande.

Tu t'es beaucoup battu pour le peuple palestinien, son droit à la dignité et à la terre.

Jean-Marc, en onze ans, nous avons appris à nous connaître, à nous apprécier et à nous aimer.

Tu étais très présent, dans nos manifestations, initiatives d'éducation populaire, campagnes électorales, fêtes du 1er mai, la fameuse fête du Viaduc où tu représentais Morlaix-Wavel, et apportais ta touche culturelle, artistique et internationaliste, en exposant souvent tes photos.

Ton arrivée avec Lucienne dans la région de Morlaix nous a apporté beaucoup, comme l'a écrit Alain David le jour de ton décès.

Tu n'étais plus adhérent du PCF, tu l'as été pendant une dizaine d'années de 1968 et 1978 - adhérant au moment de la « Tchéco », encore un pied de nez (!!!) et quittant le PC aussi sans doute en raison d'histoires « professionnelles » et syndicales compliquées sur ton lieu de travail, à Air France

Mais le Parti communiste, Lucienne nous l'a dit, était assurément le seul parti qui comptait pour toi, ta famille politique et idéologique même si tu n'avais pas forcément la fibre militante.

Trop indépendant, rétif aux disciplines et à toute forme de sectarisme, tu préférais rester compagnon de route, tout proche, solidaire et critique. Tu étais partisan du rassemblement de la gauche pour pouvoir exister et peser et tu ne voulais pas que le PCF se dissolve des constructions politiques nouvelles où son originalité et son apport spécifique disparaitraient.

Je me souviens très bien d'un repas avec Pierre Outteryck, historien du Nord, après une conférence sur Martha Desrumaux l'an passé, où vous étiez intarissables tous les deux sur la galaxie coco, dans le Nord et le Pas-de-Calais. Quelle joie aussi ce voyage et ce week-end ensemble en Touraine en mars dernier, avec nos camarades communistes finistériens, et ceux de St Pierre-des-Corps, cette inauguration de la fédé PCF de Tours avec notre nouveau secrétaire national, ton ami, Fabien Roussel. Un moment solaire de franches rigolades!

Tu as été le photographe de nos campagnes électorales, un des piliers assurés de nos comités de soutien, un ami, une aide toujours précieuse et discrète.

Nous aimions ton esprit, ta culture, ton humour, ta créativité et ton sens des bons mots et … plus encore des belles images. J'ai collaboré aussi avec toi et Philippe Grincourt dans un cadre professionnel pour des expositions sur la Grande Guerre et ses traces dans les collèges. Car tu étais aussi un passeur de mémoire, comme Lucienne.

Tu vas nous manquer énormément, Jean-Marc. Au nom des communistes du Finistère, et des communistes de la section du pays de Morlaix, en mon nom personnel, je voudrais dire combien je m'associe à la peine de Lucienne, de vos enfants, de tes amis dont nous sommes.

Je voudrais dire à Lucienne combien sa force morale, son expérience et sa hauteur de vues sont des balises pour nous et un moyen aussi de toujours hisser notre niveau politique pour rester le parti qui tient la gauche debout et maintient le combat historique d'émancipation humaine vivant en France.

Pour rester, ou plutôt redevenir le Parti de l'éducation populaire, de la politisation des dominés et exploités, le parti qui tient tête aux hydres de l'extrême-droite, du racisme et du fascisme, nos ennemis naturels, dont Lucienne a tant souffert, parmi d'autres dans sa jeunesse, et qui ont encore tout récemment empoisonné son existence avec des discours d'incitation à la haine antisémite.

Nous sommes à tes côtés Lucienne, dans cette épreuve et nous serons toujours à tes côtés. Tu peux compter sur nous. Notre parti est bien une grande famille humaniste et solidaire comme tu me l'as écrit hier.

Maintenant, je vais lire à sa demande le très vibrant hommage que notre secrétaire national du PCF, député du Nord, Fabien Roussel, a écrit pour notre et son ami, Jean-Marc Nayet :

Fabien Roussel:

Si pour beaucoup Jean Marc Nayet était un militant du bonheur, il était bien plus pour moi, il était également un membre de ma famille.

Son père a été tué dans le même bombardement que mon arrière grand-père et leurs deux noms figurent sur le même monument aux morts en hommage aux victimes civiles de la seconde guerre mondiale.

Jean Marc, avec mon parrain, mon père et d’autres, tous de Bethune et des environs ont fait les 400 coups ensemble, bons vivants, pêcheurs à la ligne comme devant l’Éternel, militants communistes comme de la CGT. Ils ont manifesté ensemble, écumés ensemble les bals, les discothèques et les étangs du bassin minier du Pas de Calais où j’ai grandi, avec eux comme horizon.

Ils rêvaient ensemble d’un autre monde, plus juste, plus fraternel. Ils ont mené tellement de combats, de campagnes électorales, défendu des salariés, des entreprises.

Vous imaginez dans quel environnement nous, leurs enfants, Flo, Delphine, mon frère et moi et tous les autres, avons grandi !!

A tel point qu’entre nous est né ce même lien de parenté, forgé par des liens d’une amitié de longue durée, exceptionnelle. C’est pourquoi je voudrai aussi associer Olivier, Christelle, Zouzou, Djo et tant d’autres qui pensent à toi, Lucienne et à vous Flo, Delphine, Patrick et Natacha.

Jean Marc était un homme toujours souriant et fier de son indépendance, de sa libre pensée. Cette liberté, il la voulait autant pour lui que pour les autres. Et c’est certainement pour cela qu’il a été de tous les combats pour l’indépendance et le respect de la souveraineté des peuples, comme le peuple palestinien.

Cette liberté il la défendait en partageant sa vie avec Lucienne. Deux caractères bien trempés mais unis par la même aspiration au bonheur de tous. Avec Dorothée, mon épouse, nous étions encore ensemble pour parler de tous nos combats communs lors de ma venue en décembre dans la région pour la fête de l’Huma Bretagne.

Cette liberté, il la défendait aussi  à travers l’objectif de son appareil photo, toujours admiratif devant la beauté de ce monde, de chaque être humain, de chaque regards d’enfants.

Au revoir Jean Marc

Fabien et Dorothée

 

 

Décès de notre ami Jean-Marc Nayet le mardi 4 février 2020 - Salut l'artiste!

Morlaix. Décès du photographe Jean-Marc Nayet (Ouest-France, 6 février 2020)

Décès du photographe Jean-Marc Nayet (Le Télégramme 6 février 2020)

 

 

 

 

 

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 07:57
Rejoignez le comité de soutien de Morlaix Ensemble en appelant à voter pour la liste de gauche unie pour redynamiser Morlaix !

A ce jour, déjà 200 personnes ont souhaité appeler publiquement à voter pour la liste "Morlaix Ensemble. Pour une ville solidaire, écologique, active"

La liste de ces premiers soutiens sera bientôt rendue publique.

Vous aussi, si vous voulez qu'il y ait une alternance à Morlaix après deux mandats d'Agnès Le Brun et qu'une gauche soudée, sérieuse, respectueuse et réaliste puisse à nouveau gérer la ville pour la relancer après 12 ans d'affaiblissement, grâce à un projet cohérent et complet construit pendant deux ans, appelez à voter pour notre liste, rejoignez notre comité de soutien pour faire gagner la gauche:

morlaix-ensemble.bzh

https://www.facebook.com/morlaixensemblebzh/

Rejoignez notre comité de soutien pour faire gagner la gauche à Morlaix.

Il suffit d'envoyer un mail avec votre nom, prénom, adresse, à yvonlaurans@orange.fr  ou morlaixensemble@gmail.com

La liste complète

Jean-Paul Vermot, 46 ans, directeur Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) ;

 

 

 

Ahamada Zoubeiri, 54 ans, ouvrier agroalimentaire ; Catherine Tréanton, 53 ans, éducatrice spécialisée ; Laëtitia Tosser, 43 ans, chargée d’administration des ventes ; Camille Thomas, 41 ans, responsable communication ; Patricia Stéphan, 56 ans, responsable restauration collective ; Valérie Scattolin, 53 ans, coordinatrice HSE aérien ; Katell Salazar, 48 ans, écrivaine publique ; Françoise Queinnec, 65 ans, directrice de Segpa (Section d’enseignement général et professionnel adapté) à la retraite ; Élodie Postollec, 41 ans, infirmière ; Jérôme Plouzen, 48 ans, chef d’entreprise expertise du bâtiment ; André Paulus, 70 ans, directeur d’école retraité ; Marie-Françoise Madec-Jacob, 60 ans, agente hospitalière retraitée ; Calvin Louet, 21 ans, étudiant ; Ludivine Le Men, 29 ans, remplaçante éducative ; Laurent André, 58 ans, professeur spécialisé; Yvon Laurans, 66 ans, inspecteur jeunesse et sport retraité ; Frédéric L’Aminot, 47 ans, ouvrier dans les produits en béton ; Élise Kerebel, 49 ans, aide-soignante ; David Guyomar, 41 ans, animateur socioculturel ; Ghislain Guenguant, 32 ans, technicien de maintenance ; Hervé Gouédard, 73 ans, pédiatre hospitalier retraité ; Anne-Yvonne Gereec, 67 ans, retraitée ; Patrick Gambache, 61 ans, éditeur ; Henri Gaba Engaba, 44 ans, ouvrier agroalimentaire ; Édith Fer, 41 ans, enseignante ; Jolan Faucheur, 26 ans, entraîneur sportif ; Ismaël Dupont, 40 ans, professeur documentaliste ; Eugène Davillers-Caradec, 21 ans, service civique de l’EN ; Maëla Burlot, 32 ans, coordinatrice sociale ; Kristell Breton, 40 ans, mandataire judiciaire ; Annie Bergot-Le Calvez, 67 ans, retraitée des finances ; Nathalie Barnet, 43 ans, agente de planification aérienne ; Kristiane Bannier, 71 ans, formatrice retraitée ; Ali Azzala, 48 ans, technicien bâtiment ;

Plus d’informations au sujet des colistiers sur morlaix-ensemble.bzh.

https://www.facebook.com/morlaixensemblebzh/

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 07:28
Photo Marie-Hélène Le Guen 8 février 2020 - Morlaix Ensemble à Kérozar

Photo Marie-Hélène Le Guen 8 février 2020 - Morlaix Ensemble à Kérozar

Photo Marie-Hélène Le Guen 8 février 2020 - Morlaix Ensemble à Kérozar

Photo Marie-Hélène Le Guen 8 février 2020 - Morlaix Ensemble à Kérozar

Photo Marie-Hélène Le Guen 8 février 2020 - Morlaix Ensemble à Kérozar

Photo Marie-Hélène Le Guen 8 février 2020 - Morlaix Ensemble à Kérozar

Photo Ismaël Dupont 8 février 2020 Morlaix Ensemble à La Boissière

Photo Ismaël Dupont 8 février 2020 Morlaix Ensemble à La Boissière

Photo Ismaël Dupont 8 février 2020 Morlaix Ensemble à La Boissière

Photo Ismaël Dupont 8 février 2020 Morlaix Ensemble à La Boissière

Morlaix Ensemble hier rue Roc'h Glas dans le quartier de Kérozar sur la route de la MFR, puis à la Boissière devant le Foyer des Jeunes Travailleurs. De belles rencontres, de nombreux renseignements sur les améliorations à apporter à ces quartiers, les problèmes qu'ils rencontrent, et de nouveaux inscrits au comité de soutien de notre liste.

morlaix-ensemble.bzh

https://www.facebook.com/morlaixensemblebzh/

Rejoignez notre comité de soutien pour faire gagner la gauche à Morlaix.

Il suffit d'envoyer un mail avec votre nom, prénom, adresse, à yvonlaurans@orange.fr  ou morlaixensemble@gmail.com

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 07:00
Maéla Burlot, à droite: photo Jean-Luc Le Calvez

Maéla Burlot, à droite: photo Jean-Luc Le Calvez

Yvon Laurans et Jérôme Plouzen (photo JL Le Calvez)

Yvon Laurans et Jérôme Plouzen (photo JL Le Calvez)

Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Merlin Gaba Engaba et Ismaël Dupont (photo JL Le Calvez)

Merlin Gaba Engaba et Ismaël Dupont (photo JL Le Calvez)

Elodie Postollec et Nathalie Barnet (photo JL Le Calvez)

Elodie Postollec et Nathalie Barnet (photo JL Le Calvez)

Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
André Laurent et Elodie Postollec en grande conversation (photo Jean-Luc Le Calvez)

André Laurent et Elodie Postollec en grande conversation (photo Jean-Luc Le Calvez)

Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Laetitia Tosser et Merlin Gaba Engaba (photo Jean-Luc Le Calvez)

Laetitia Tosser et Merlin Gaba Engaba (photo Jean-Luc Le Calvez)

Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Photo Pierre-Yvon Boisnard

Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix
Morlaix Ensemble sur le marché de Morlaix ce samedi 8 février -Un désir de gauche et d'alternance anime Morlaix

Photos Jean-Luc Le Calvez, 8 février 2020

Une grande partie des 35 colistiers de la liste d'union de la gauche "Morlaix Ensemble. Pour une ville solidaire, écologique, active", liste conduite par Jean-Paul Vermot et soutenue par Génération.s, le PCF, le PS, les Radicaux de gauche avec plus de 50% de citoyens non encartés sur la liste, étaient à la rencontre des habitants de Morlaix hier matin sur le marché pour échanger sur nos propositions et notre projet, et annoncer notre: 

réunion publique sur la jeunesse à Morlaix jeudi prochain, 13 février, à 18h30 au Mille-Club de la Madeleine. 

 

morlaix-ensemble.bzh

https://www.facebook.com/morlaixensemblebzh/

Rejoignez notre comité de soutien pour faire gagner la gauche à Morlaix.

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 06:00
Portrait de Joséphine Pencalet, alors âgée d’une vingtaine d’années. Photo d’archives Le Télégramme

Portrait de Joséphine Pencalet, alors âgée d’une vingtaine d’années. Photo d’archives Le Télégramme

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

Née le 18 août 1886 à Douarnenez (Finistère), morte le 13 juillet 1972 à Douarnenez (Finistère) ; ouvrière sardinière ; conseillère municipale communiste de Douarnenez (1925), la première femme élue en Bretagne et une des toutes premières de France, à chaque ces candidates étant présentées par le Parti communiste alors que les femmes n'avaient pas encore le droit de vote, au nom de l'égalité des droits.

Notice du Maitron, par Fanny Bugnon:

Fille de René-Joseph Pencalet (marin, né en 1844) et de Marie-Jeanne Celton (née en 1844). Issue d’une famille nombreuse de marins douarnenistes avec laquelle elle s’est rapidement trouvé en conflit, Joséphine Pencalet quitta la Bretagne après avoir achevé sa scolarité dans un internat catholique de Quimperlé. Elle travailla alors comme lavandière en région parisienne, où elle épousa, le 18 janvier 1908 à la mairie d’Argenteuil, un employé des chemins de fer, Léon Frédéric Le Ray, originaire d’Ille-et-Vilaine et rencontré à Douarnenez alors qu’il effectuait son service militaire dans la Marine. De cette union désapprouvée par sa famille naissent deux enfants : Léon (né en 1910) et Anna (née en 1918). Son veuvage au sortir de la Première Guerre mondiale la conduisit à revenir avec ses enfants à Douarnenez où elle est embauchée comme ouvrière dans l’une des nombreuses conserveries de poisson de la ville.

Sa participation à la grève victorieuse des sardinières de novembre 1924-janvier 1925 qui paralysa les usines douarnenistes pendant 7 semaines et qui connut un écho national, lui valut d’être sollicitée par Daniel Le Flanchec*, maire sortant élu en 1924, pour figurer sur la liste du Bloc ouvrier et paysan aux élections municipales du mois de mai 1925.

Les conditions de sa désignation sont floues : s’il n’est pas certain qu’elle ait été membre du PCF ni même du comité de grève, son veuvage aurait facilité sa candidature. La présence d’une candidate correspond aux consignes du Secrétariat féminin de Moscou de présenter des candidatures féminines aux élections, indépendamment de leur illégalité, et de la stratégie du PCF. Placée en 4e position, comme « ouvrière d’usine », elle recueillit 1283, arrivant en 24e position des suffrages. Elle fut ainsi proclamée élue au premier tour, le 3 mai, devenant ainsi la première femme élue en Bretagne. Installée le 17 mai comme l’une des premières conseillères municipales françaises, elle siégea pendant six mois au sein des commissions scolaire et d’hygiène. Parallèlement, elle exerça la fonction de secrétaire adjointe du bureau du Syndicat des Métaux de Douarnenez, affilié à la CGTU.

En vertu de l’inéligibilité des femmes et malgré l’argumentaire développé par Joséphine Pencalet devant la justice administrative à propos des ambiguïtés de la loi électorale de 1884 qui n’interdit pas explicitement les candidatures féminines et alors que les députés votèrent en faveur du suffrage municipal féminin en avril 1925, l’élection de Joséphine Pencalet fut annulée par arrêté préfectoral le 16 juin 1925, décision confirmée cinq mois plus tard par le Conseil d’État au motif qu’aucune disposition légale ne considérait les femmes éligibles. Signalons que la décision du Conseil d’Etat du 27 novembre 1925 concerna également l’annulation de l’élection de Charles Tillon* pour non-résidence à Douarnenez. Joséphine Pencalet disparut alors de la vie politique douarneniste jusqu’à sa mort, avant d’être redécouverte au tournant du XXIe siècle comme une figure de la mémoire ouvrière locale.

 

***

La municipalité de Douarnenez était devenue communiste en 1921, avec Sébastien Velly, premier maire communiste de France (il avait été élu conseiller municipal sous l'étiquette de la SFIO en 1919 mais son maire, Le Gouic, resté fidèle à la SFIO, avait été mis en minorité par les autres conseillers), puis à partir de 1924 Daniel Le Flanchec, qui restera maire de Douarnenez, suite à la grande grève des Penn Sardin qu'il soutient en 1924 jusqu'à la victoire sur le patronat des conserveries en janvier 1925. Douarnenez comptait à l'époque presque 5000 marins-pêcheurs et des milliers d'ouvrières travaillant en coiffes et sabots dans 21 conserveries.

Un article d'Audrey Loussouarn dans L'Humanité en 2013 raconte bien cet épisode héroïque des luttes sociales en Bretagne sous le titre « Ces sardinières qui ont su tenir tête à leurs patrons ».

http://www.humanite.fr/social-eco/douarnenez-ces-sardinieres-qui-ont-su-tenir-tete-l-546179

« (…) Les «petites filles de douze ans» prennent aussi le chemin de l’usine. Aucune législation du travail.. Si la pêche était bonne, les femmes pouvaient travailler jusqu’à soixante-douze heures d’affilée! Pour se donner du courage, elles chantaient. «Saluez, riches heureux / Ces pauvres en haillons / Saluez, ce sont eux / Qui gagnent vos millions.» Certaines sont licenciées pour avoir fredonné ce chant révolutionnaire dans l’enceinte de leur usine. Conditions de travail déplorables, flambées des prix, salaires de misère, c’en est trop. Le 20 novembre 1924, les sardinières de la fabrique Carnaud vont décider de se mettre en grève. Elles demandent 1 franc de l’heure, alors que le tarif de rigueur est de 80 centimes. Les patrons refusent. Trois jours plus tard, un comité de grève est mis en place. Le lendemain, ce sont les 2000 sardinières qui arrêtent le travail et marchent dans les rues de Douarnenez. Une pancarte est dans toutes les mains: «Pemp real a vo» («Ce sera 1,25 franc»). Aux côtés des femmes, Daniel Le Flanchec. Ce «personnage éloquent, tonitruant», comme le décrit Michel Mazéas, et que les sardinières appellent leur «dieu», leur «roi», accompagne le mouvement. Un meeting se tient début décembre sous les Halles. Il réunit plus de 4000 travailleurs et des élus. Le 5 décembre 1924, l’Humanité titre: «Le sang ouvrier a coulé à Douarnenez». Le journaliste raconte comment une «charge sauvage commandée par le chef de brigade de Douarnenez piétina vieillards et enfants». Ordre venant du ministre de l’Intérieur. L’élu communiste, en voulant s’interposer devant l’attaque des gendarmes, sera suspendu de ses fonctions pour «entrave à la liberté du travail». La tension monte, les patrons ne veulent toujours pas négocier, des casseurs de grève s’immiscent dans le mouvement. Dans le même temps, des représentants syndicaux et politiques de la France entière se joignent aux grévistes. C’est dans la nuit du 31décembre au 1erjanvier que tout va basculer: des coups de feu retentissent. Des cris se font entendre: «Flanchec est mort!» Il est retrouvé blessé dans la rue. La colère explose. L’hôtel des casseurs de grève est saccagé. Un chèque y sera retrouvé, signé de la main d’un des patrons d’usine. Les conservateurs, qui ont tenté d’assassiner l’élu, avoueront plus tard qu’ils voulaient «seulement combattre le communisme». Finalement, le 8 janvier, après près de cinquante jours de bataille acharnée, les patrons céderont. Les sardinières obtiendront 1 franc horaire, avec heures supplémentaires et reconnaissance du droit syndical. Au cours de ce conflit qui a duré 48 jours à partir de la grève de la conserverie Carnaud, des dirigeants syndicaux sont accourus de toute part, et notamment parmi eux le dirigeant rennais de la CGTU, Charles Tillon, futur résistant et ministre communiste à la Libération.

Parmi les diverses répercussions attribuées au mouvement social, on peut retenir l'élection de Joséphine Pencalet (1886-1972) au conseil municipal auprès de Daniel Le Flanchec en 1925. La responsable syndicale fut l'une des dix premières femmes élues en France. Dépourvues de droit de vote, les femmes ne pouvaient pas encore être élues à cette époque, Joséphine Pencalet n'exerça donc jamais ses fonctions.

Charles Tillon disait à Michel Kerninon en 1978 pour la revue Bretagnes ce que lui avait appris ces mouvements sociaux de 1924-1925 à Douarnenez et dans le pays bigouden:

A Michel Kerninon, en 1978, il dit avec passion l'importance dans sa vie de ces combats avec les pêcheurs et les ouvrières du pays Bigouden et de Douarnenez:

" "J'ai donc appris à devenir ce que le "Comité des Forges" de l'époque appelait un "gréviculteur". La plus belle des grèves, la plus héroïque et la plus empreinte de sentiment populaire fut certainement pour moi la grève de Douarnenez. Alors j'en ai fait d'autres, au milieu de ceux qui parlaient la langue bretonne, je suis vraiment devenu non seulement un Breton de la région des fortifications qui défendaient la Bretagne autrefois, c'est à dire de l'Ille-et-Vilaine mais de cette Bretagne plus profonde, moins connue et si vivante, celle du Finistère, des Côtes-du-Nord, cette Bretagne "qui va au-devant de la mer" (...) En Bretagne, "il y avait une grande misère, le long des côtes surtout. Pour le reste, il n'y avait pratiquement pas d'industrie. Sur la côte, la pêche nourrissait l'industrie de la conserve; à la fois la pêche du 19e siècle et le début d'une industrialisation de la conserve. Les pêcheurs étaient des artisans. Ils allaient à la mer et ne connaissaient qu'elle. Mais, à terre, ils se défendaient mal. Les tempêtes ne leur faisaient pas peur, mais ils restaient désarmés devant les préfectures et leurs moyens de police. Soutenus par l'appareil d'Etat, les acheteurs s'entendaient pour contraindre les pêcheurs à vendre le moins cher possible. Mais voilà bientôt qu'en Bretagne, la grande grève des usines de Douarnenez rayonnait de la juste fierté d'avoir vaincu le patronat le plus rapace qu'on puisse trouver puisqu'il avait osé aller jusqu'à l'organisation du crime pour terroriser la population et faire tuer, s'il l'avait pu, le maire communiste Le Flanchec! Avant la grève, les pêcheurs n'étaient pas syndiqués, il fallait donc organiser dans le même syndicat le patron de la barque qui gagnait un peu plus, et ses matelots, ses compagnons de tempêtes et de souffrances. Ce n'était pas simple et c'est sans doute pourquoi il n'y avait pas eu, jusque là, de syndicat durable. Mais les femmes avaient le leur. Et la fierté qui les avaient animées gagnait en 1925 tous les ports de Bretagne. La colère déferlait parmi les ouvrières les plus exploitées, comme à Pont-l'Abbé ou à Concarneau, où une jeune fille d'usine sur quatre ou cinq était tuberculeuse... Le mouvement victorieux des femmes d'usine a entraîné les pêcheurs à mieux prendre conscience de leurs droits, et qu'en labourant la mer, ils étaient la source de tout. Mais le patronat de la côte aussi s'organisait. Et, au lieu de petits syndicats locaux, les patrons jusqu'à Saint-Jean-de-Luz, s'unissaient en un énorme Comptoir d'achat soutenu par le Comité des armateurs de la marine marchande et par l'Administration maritime. Alors commença leur grande offensive pour rationaliser l'industrie de la pêche, pour exporter des capitaux et des usines au Portugal, au Maroc, là où les salaires sont les plus misérables. Une "révolution" sur le dos des salariés et qui dure encore.. Nous avions été heureux pendant deux ans. Mais viendraient les défaites! Rationaliser l'industrie de la pêche pousserait à rationaliser l'industrie de la conserve. Aussi, commençait une autre histoire de la mer...""

1978: Charles Tillon revient sur sa traversée du siècle et ses engagements avec Michel Kerninon dans la revue Bretagnes n°8 : Désenchaîner l'espérance

 

 

Photo BCD - Douarnenez, 1921: Première municipalité communiste de France

Photo BCD - Douarnenez, 1921: Première municipalité communiste de France

Le Télégramme du dimanche 23 10 2016 dresse un portrait de la syndicaliste
Joséphine Pencalet.

La première Bretonne élue. Syndicaliste ,CGTU, communiste, elle mena la grande grève des sardinières avant d’être la première femme élue

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Élue conseillère municipale en 1925 à Douarnenez, à une époque où les femmes sont dépourvues de droits politiques, le cas de Joséphine Pencalet reste inédit en Bretagne jusqu’à l’obtention du droit de vote par les femmes le 21- avril 1944. Retour sur l’histoire de cette ouvrière, pionnière de la cause féminine méconnue en Bretagne comme en France. « Douarnenez, toujours à la pointe du combat social, a élu triomphalement une femme ! C’est notre camarade Joséphine Pencalet… » C’est ainsi que la Une du journal L’Humanité du 6-mai 1925 saluait l’élection, au premier tour des municipales avec 1283 voix, de cette ouvrière bretonne. Pourtant, rien ne prédestinait cette Finistérienne âgée de 39 ans, à entrer dans l’histoire comme la première femme élue de Bretagne, et l’une des seules dans l’Hexagone à cette période. Née le 18-août-1886, dans une famille nombreuse de marins-pêcheurs, Joséphine Pencalet monte à Paris pour trouver un travail de domestique. Malgré la désapprobation de ses parents, elle épouse en 1908 Léon Leray, un Breton comme elle, employé des chemins de fer. Ils se sont rencontrés à Douarnenez au début du siècle, lorsque Léon effectuait son service militaire dans la Marine. Le couple a deux enfants lorsque Léon meurt de la typhoïde, au sortir de la Grande Guerre. Joséphine se retrouve veuve, et décide de rentrer à Douarnenez. Une Penn Sardin Elle est embauchée comme ouvrière chez Chancerelle, la plus ancienne conserverie de la ville. À cette époque, les Penn Sardin - les « têtes de sardines » en breton, c’est ainsi qu’on appelle les ouvrières des usines de conserves de poissons à Douarnenez, en raison de leur coiffe - connaissent des conditions de travail très difficiles. En novembre-1924, elles entament une grande grève qui dure plusieurs semaines. Joséphine Pencalet participe au mouvement et devient même secrétaire-adjointe du bureau des Métaux de Douarnenez, affilié à la CGT Unitaire. Les ouvrières obtiennent finalement gain de cause, cette victoire a un retentissement dans toute la France. Quelques mois plus tard, lors des élections municipales de mai-1925, le maire sortant de la ville portuaire bretonne, le communiste Daniel Le Flanchec, propose à Joséphine Pencalet de rejoindre sa liste, où elle figure en quatrième position. Une consigne venue de Moscou Pour ce scrutin, le Parti communiste français décide en effet de présenter une dizaine de femmes dans l’Hexagone, à la demande de Moscou. Douarnenez est alors l’une des deux seules municipalités communistes de France, et Daniel Le Flanchec compte bien se servir du succès des Penn Sardin pour aider à sa réélection. D’autant plus que la question du vote féminin est alors très présente. Les femmes ont pris une part importante dans la société pendant la dernière guerre, en remplaçant les hommes dans les usines, et certaines réclament une égalité toute légitime. Pas moins de trois propositions de loi sont déposées devant l’Assemblée nationale, plusieurs hommes politiques - tous bords confondus - sont en faveur de la réforme. Mais le Sénat fait obstruction, et rien ne change. Si les femmes n’ont toujours pas le droit de vote et ne peuvent pas être élues, cela n’empêche pas le PCF de présenter des candidates. « Les femmes sont exclues de la citoyenneté politique, mais dans le cadre des municipales, la loi électorale de 1884 prévoit qu’on vérifie a posteriori l’éligibilité des élus », explique Fanny Bugnon, historienne qui a travaillé sur le cas de la Bretonne. Faut-il encore trouver une volontaire, chose compliquée comme le raconte le syndicaliste et futur résistant rennais Charles Tillon, dans ses Mémoires : « À vrai dire, la difficulté n’était pas de la faire élire, mais de trouver une citoyenne qui consentît à jouer les suffragettes comme en Angleterre ! Pas un ménage n’accepta ce sacrifice. Seule une avenante veuve, Joséphine Pencalet, se dévoua. Elle avait souvent tenu le drapeau rouge par les rues. Elle sut se moquer des menaces du préfet, trinquer avec les pêcheurs et rembarrer les blagueurs… ». Une élection annulée par le préfet L’ouvrière est donc élue au premier tour et siège durant six mois au conseil municipal de Douarnenez. Mais comme attendu, quelques semaines après le scrutin, la préfecture du Finistère invalide l’élection de la candidate communiste, « considérant qu’en l’état actuel de la loi, les femmes ne sont, en France, ni éligibles ni même électrices aux élections municipales ». Joséphine Pencalet fait appel et saisit le Conseil d’État, qui confirme malheureusement la décision le 27 -novembre 1925. À Douarnenez, « l’annulation de l’élection de Joséphine Pencalet [...]n’occasionne aucun trouble à l’ordre public », précise l’historienne. Pourtant célébrée quelques mois plus tôt dans ses colonnes, la presse communiste nationale ne fait aucune mention de la décision du Conseil d’État. Du jour au lendemain, la première Bretonne élue retourne à l’anonymat de sa vie ouvrière. Si elle conserve ses convictions, elle garde, jusqu’à sa mort le 13 -juillet 1972, à l’âge de 85 ans, le sentiment d’avoir été utilisée et nourrit une profonde amertume envers la classe politique. En savoir plus « Joséphine Pencalet, une Penn Sardin à la mairie », de Fanny Bugnon, publié dans « Bretonnes, des identités au carrefour du genre, de la culture et du territoire », collectif, éd. PUR, 2016. « 1925, Joséphine Pencalet, une pionnière », film documentaire d’Anne Gouerou, collection Aux urnes universelles, prod. Beo, 2015. « On chantait rouge », Charles Tillon, éditions Robert Laffont, 1977. « Douarnenez, histoire d’une ville », Jean-Michel Le Boulanger, éditions Palantines, 2000. « Il y a un siècle, les femmes et la mer », Nelson Cazeils et Fanny-Cazeils-Fennec, éditions Ouest-France, 2003.

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Article publié le 23 octobre 2016.

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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8 février 2020 6 08 /02 /février /2020 06:00
Douarnenez en 1924: première commune de France gérée par un maire communiste - Grève des sardinières de Douarnenez (Finistère), 1924 : « le cortège des grévistes » - Source : CEDIAS-Musée social La « grève de la misère » des sardinières est soutenue par la municipalité communiste et son maire, Le Flanchec (à gauche sur la photo), nouvellement élu. Une manifestation, la « procession », a lieu chaque jour dans la ville.

Douarnenez en 1924: première commune de France gérée par un maire communiste - Grève des sardinières de Douarnenez (Finistère), 1924 : « le cortège des grévistes » - Source : CEDIAS-Musée social La « grève de la misère » des sardinières est soutenue par la municipalité communiste et son maire, Le Flanchec (à gauche sur la photo), nouvellement élu. Une manifestation, la « procession », a lieu chaque jour dans la ville.

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère:

39/ Sébastien Velly (1878-1924)

Né le 11 février 1878 à Quimper (Finistère), mort le 18 juillet 1924 à Douarnenez ; tapissier ; militant socialiste puis communiste ; maire de Douarnenez (juin 1921-juillet 1924).

Le 31 août 1917, Sébastien Velly avait été condamné par le conseil de guerre de Nantes, pour désertion, à deux ans de travaux forcés. En janvier 1921, il était trésorier de la section communiste de Douarnenez et fut élu par le congrès départemental au bureau de la fédération.

Son prédécesseur, le socialiste Fernand Le Goïc, hostile à l'adhésion à la IIIe Internationale et mis en minorité dans son conseil municipal, avait démissionné à la suite du congrès de Tours (décembre 1920). Des élections partielles eurent lieu le 27 mai 1921 et Le Goïc fut réélu. Il fallut alors trois tours de scrutin pour désigner le maire, Joseph Le Floch*, qui se récusa pour raison de santé. Le préfet intervint et, annulant les 2e et 3e tours, nomma Sébastien Velly, élu par 10 voix contre 9 à Fernand Le Goïc au premier tour de scrutin. Ce dernier donna lecture d’une lettre de protestation des élus socialistes qui, ensuite, s’abstinrent d’assister aux réunions.

Le 11 mai 1924, candidat du Bloc ouvrier et paysan aux élections législatives, Sébastien Velly obtint 4 567 voix sur 208 563 inscrits. Un grave incident opposa la municipalité au commissaire de police. Le conseil demanda son déplacement, mais le préfet refusa d’entériner la délibération.

En juin 1924, des incidents éclatèrent à nouveau. Les élus socialistes firent parvenir une lettre au préfet afin de protester contre l’expulsion, par le commissaire de police, du maire hors des bâtiments de la municipalité où il tenait réunion. Ils demandèrent aux conseillers municipaux de démissionner "en bloc". La majorité du conseil ne suivit pas les socialistes et décida de ne pas continuer à siéger tant que le préfet n’aurait pas répondu favorablement. Mais Sébastien Velly décédait le 18 juillet suivan, quelques mois avant la grande grève des sardinières.

Lors de son enterrement l’instituteur Emmanuel Allot et Daniel Le Flanchec prononcèrent des paroles virulentes contre l’église et les curés.

Il était veuf et père de quatre enfants. Une rue de Douarnenez porte le nom de « Sergent-chef-Velly », en souvenir de son maire.

Maitron en ligne: https://maitron.fr/spip.php?article133961, notice VELLY Sébastien, Yves par Georges-Michel Thomas, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 1er novembre 2015.

 

Article de l'historien Patrick Gourlay (novembre 2016) pour BCD

http://bcd.bzh/becedia/fr/douarnenez-1921-premiere-municipalite-communiste-de-france

Auteur : Patrick Gourlay / novembre 2016
Douarnenez fut la première municipalité française à élire un maire communiste en 1921, soit quelques mois seulement après le célèbre congrès de Tours de 1920. La ville échappait ainsi, encore davantage, aux puissants industriels de la conserverie. Exception communiste en Bretagne, Douarnenez devint un phare du PCF au plan national. Et lorsque la grande grève des sardinières éclata, les ténors du Parti et de la CGT-U furent à la manœuvre sur place. Cette victoire ouvrière, érigée au rang de symbole, favorisa l’ancrage du PCF dans la cité des penn sardin.
Les conditions d’une radicalité

Douarnenez doit son nom à l’île Tristan : douar an enez, c’est la terre de l’île. Mais sur le plan politique, cette ville fut elle-même une île communiste, en Bretagne, dès les années 1920. La société douarneniste est marquée par la faible place occupée par la classe moyenne. Il y a donc deux mondes que tout oppose. D’un côté, les grandes dynasties industrielles, comme Chancerelle ou la famille Béziers, qui représentent une bourgeoisie vivant dans le luxe et l’ostentation. Appuyées par un clergé très réactionnaire, elles dominent un large prolétariat d’ouvriers et d’ouvrières des conserveries, et de marins pêcheurs. Entre ces deux groupes sociaux, l’élément qui aurait pu être « modérateur » (Maurice Lucas) est faible : il y a peu de fonctionnaires ou de professions libérales. Cette dualité sociale peut expliquer les positions très clivées qui sont la caractéristique de la vie politique dans la cité penn sardin. Particulières aussi, la forte influence d’un monde ouvrier féminin, et « l’interpénétration de la ferveur révolutionnaire et du ritualisme catholique » (Yves Le Gallo) qui amène les grévistes à « chanter rouge » sans oublier d’aller à la messe.

Les élections municipales de 1919 sont un tournant qui marque la défaite de « l’aristocratie de la sardine » (Maurice Lucas). Pour la première fois, une liste SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) remporte les élections, et Fernand Le Goïc, professeur à Nantes, devient maire. Immédiatement, il montre ses préférences politiques : le buste de Jean Jaurès est placé dans la salle du conseil municipal, une rue est baptisée de son nom, et des motions à caractère politique sont adoptées. Par exemple, en avril 1920 le conseil municipal se prononce « Contre les poursuites et représailles infligées aux cheminots grévistes ». Puis, il « Proteste énergiquement contre la reprise des relations avec le Vatican ! » Ces délibérations sont annulées par le préfet, inaugurant ainsi le début de relations tendues entre les élus douarnenistes et l’autorité préfectorale.

L’exception douarneniste en Bretagne

Le congrès de Tours en décembre 1920 vient bousculer fortement la gauche bretonne. Les débats sont très animés au sein de la SFIO. Si du côté des élus socialistes et des vieux adhérents on est en majorité contre l’adhésion à la IIIe Internationale, du côté de la base militante, c’est le oui à Moscou qui l’emporte. Au final, 2/3 des délégués bretons siégeant à Tours se prononcent en faveur de l’adhésion. Il n’en reste pas moins que le PCF apparaît, dans ces années 1920, comme un « corps étranger » en Bretagne, animé par quelques « pionniers du communisme » (Christian Bougeard).

La scission entre socialistes et communistes a des répercussions à Douarnenez. Au sein de la municipalité, le maire Fernand Le Goïc est resté fidèle à la « vieille maison » SFIO. Il ne peut désormais s’appuyer que sur une minorité d’élus car la majorité du conseil a opté pour le communisme (Section française de l’Internationale communiste). Suite à plusieurs invalidations de conseillers municipaux et du maire, pour non-résidence à Douarnenez, de nouvelles élections se tiennent en juillet 1921. Et c’est le parti communiste qui l’emporte : Sébastien Velly est élu maire. Douarnenez devient ainsi la première municipalité communiste de France. Mais cette victoire ne doit pas masquer une réalité : Douarnenez est une exception en Bretagne. Affaiblis après la scission de 1920, les socialistes bretons se sont réorganisés et regagnent des voix sur les communistes.

Sébastien Velly prend des mesures symboliques : en août 1922, il fait baptiser une rue « Louise Michel » : cela devient une véritable affaire qui oppose gauche et droite et qui débouche sur un refus du ministre de l‘Intérieur. Les conservateurs ironisent : « Quant à Pasteur, on verra plus tard, quand on aura épuisé le calendrier rouge. Il reste encore Lénine, Trotsky et quelques autres... ». Lors de la commémoration de l’Armistice, le 11 novembre 1923, les directeurs des écoles primaires font enlever des bouquets les rubans rouges placés par la mairie : ils sont accusés de préférer « marcher devant la Croix plutôt que devant le drapeau rouge ». Les relations tendues entre le maire communiste et les autorités amènent en 1923 le préfet à suspendre à titre temporaire Sébastien Velly.

Le 18 juillet 1924 Velly meurt d’une phtisie galopante. Et c’est Daniel Le Flanchec qui est élu maire de Douarnenez en octobre 1924. C’est un ancien employé municipal de Lambézellec de 43 ans. Brillant orateur, il n’a peur ni de la provocation ni de la bagarre. Ancien anarchiste, il est un des fondateurs du parti communiste en Bretagne et a participé au congrès de Tours. Il est depuis 1923 secrétaire fédéral du PCF. Avec l’élection de cette forte personnalité, « le centre de gravité du PCF » glisse de Brest vers Douarnenez (Christian Bougeard).

Lire aussi:

Communistes de Bretagne (1921-1945)

(http://www.humanite.fr/social-eco/douarnenez-ces-sardinieres-qui-ont-su-tenir-tete-l-546179

Comité de grève de 1924 – Coll. Alain Le Doaré. Premier rang de gauche à droite : Etienne Jequel, Anna Julien, Le Cossec, maire durant la destitution de Daniel, Daniel Le Flanchec, Alexia Poquet, Charré (des jeunesses communistes). Deuxième rang : Charles Tillon, Simonin, Lucie Colliard, Boville, Mme Le Flanchec, Faure-Brac. Troisième rang : Bordennec, Renoult (de L’Humanité), Garchery, Mme Morvan, Gauthier, Jean Join, Mme Julien. Les femmes sont à la pointe du conflit. Le comité de grève est composé de cinq hommes et de six femmes parmi lesquelles Joséphine Pencalet dont l’élection au conseil municipal de Douarnenez (1925) fut annulée par le Conseil d’Etat. A côté des acteurs locaux, on remarque la présence d’un journaliste de l’Humanité mais aussi de cadres du PCF, responsables syndicaux

Comité de grève de 1924 – Coll. Alain Le Doaré. Premier rang de gauche à droite : Etienne Jequel, Anna Julien, Le Cossec, maire durant la destitution de Daniel, Daniel Le Flanchec, Alexia Poquet, Charré (des jeunesses communistes). Deuxième rang : Charles Tillon, Simonin, Lucie Colliard, Boville, Mme Le Flanchec, Faure-Brac. Troisième rang : Bordennec, Renoult (de L’Humanité), Garchery, Mme Morvan, Gauthier, Jean Join, Mme Julien. Les femmes sont à la pointe du conflit. Le comité de grève est composé de cinq hommes et de six femmes parmi lesquelles Joséphine Pencalet dont l’élection au conseil municipal de Douarnenez (1925) fut annulée par le Conseil d’Etat. A côté des acteurs locaux, on remarque la présence d’un journaliste de l’Humanité mais aussi de cadres du PCF, responsables syndicaux

Le Flanchec a incarné, de 1924 à 1940, un communisme municipal original faisant honneur à la réputation douarneniste de « turbulence et d’audace téméraire » (Michel Mazéas). Ses débuts de maire furent marqués par la révolte des sardinières (novembre 1924-janvier 1925). Cette « grève de la misère » éclate pour obtenir un salaire horaire de 1 franc au lieu des 80 centimes payés, et s’étend aux vingt usines implantées dans la ville. Une lutte de 48 jours s’engage, rythmée par des manifestations et des meetings, où s’expriment de nombreux dirigeants nationaux du PCF et de la CGT-U venus sur place. La lutte douarneniste est spectaculaire et symbolique. Charles Tillon, permanent régional de la CGT-U est à la manœuvre. Le PCF missionne des cadres dirigeants, comme Lucie Colliard et Marie Le Bosc. L’implication politique de ces deux femmes marque d’autant plus les esprits qu’elles ne sont pas citoyennes c’est-à-dire qu’elles n’ont pas le droit de vote. Mais dans le port sardinier, ce sont bien les femmes qui sont en première ligne : au comité de grève elles sont 6 sur 15 membres. Parmi les responsables communistes, le Breton Marcel Cachin, député de la Seine, vient en décembre 1924 apporter « le salut de la classe ouvrière parisienne pour la grève si sympathique des sardinières ». Le maire communiste est aux côtés des grévistes : Le Flanchec défile en tête de cortège, ceinturé de son écharpe tricolore, et l’Internationale en bouche. Et il reprend, sans doute, ce refrain chanté par les ouvrières : « Saluez riches heureux, ces pauvres en haillons, saluez, ce sont eux qui gagnent vos millions ». Le maire met en place un fonds de chômage tandis que le PCF ouvre une soupe populaire.

Victoire ouvrière et ancrage communiste

Mais les conserveurs ne veulent rien lâcher. Deux d’entre eux financent l’intervention violente de briseurs de grève. Le 1er janvier 1925 ces hommes tirent sur le maire : une balle lui traverse la gorge. La presse militante s’écrie : « On a voulu tuer notre camarade Le Flanchec et l’on voulait aussi tuer la grève ». L’émotion est très forte au plan national. Le préfet exige des industriels une sortie du conflit : le 8 janvier les revendications salariales sont satisfaites. La grève des sardinières chantant « Pemp real a vo ! » est aussi le symbole de la fin d’une « résignation bretonne » qui n’est plus de mise (Jean-Jacques Monnier). Ces semaines de lutte, relayées au plan national, sont un succès pour le jeune PCF et la CGT-U. Douarnenez est désormais un phare du communisme en France. Son maire, devenu célèbre, est autant admiré des marins et des usinières qu’il est détesté des puissants. L’élection municipale de 1925 se transforme en plébiscite en faveur de Le Flanchec. Au final, ces luttes sociales et politiques auront ancré le communisme à Douarnenez et ouvert la voie, après-guerre, à ses maires PCF : Joseph Pencalet, Yves Caroff, Joseph Trocmé et surtout à Michel Mazéas qui dirigea la ville de 1971 à 1995.

 

Lire aussi nos autres publications pour l'année du centenaire du Parti communiste dans la série "100 ans d'engagements communistes en Finistère":

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 21:18

L'Humanité, 7 février 2020

Carnet 

Jean-Marc Nayet est décédé à l'âge de 75 ans.

Né dans le Pas-de-Calais, il rejoindra Air France et militera à la CGT. Résident à Champigny-sur-Marne depuis les années 1960, il est l'époux de l'ancienne élue communiste de Champigny et présidente du Réseau du musée de la Résistance nationale, Lucienne Nayet. Adhérent du PCF pendant une dizaine d'années à partir de 1968, il restera un compagnon de route, fidèle lecteur et abonné de L'Humanité. Il anime un atelier photo et mène une action de solidarité avec les camps de réfugiés palestiniens. Le couple s'est installé à Locquénolé, près de Morlaix, il y a quinze ans. Ses obsèques auront lieu à l'espace funéraire de Saint-Thégonnec (Finistère) ce samedi 8 février à 17 heures. L'Humanité présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.  

LOCQUÉNOLÉ.
Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de
M. Jean-Marc NAYET

survenu à l'âge de 75 ans.
De la part de
son épouse, Lucienne ;
ses enfants,
Florence et Nacer,
Delphine et Christian,
Natacha et Sylvain,
Patrick et Delphine ;
ses petits-enfants,
Annouk, Maël, Maï-Lan, Margaud, Aurélien, Léo, Nathan ;
toute la famille
et ses amis.
Un hommage lui sera rendu samedi 8 février, à 17 h, au crématorium de Saint-Thégonnec.
Ne recevant pas de condoléances, la famille remercie toutes les personnes qui prendront part à sa peine.
Ni fleurs ni couronnes. Des dons pour l'association Morlaix-Wavel pourront être remis le jour de la cérémonie.
Jean-Marc repose à l'espace funéraire de Taulé.
Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements.
PF Gouriou, Taulé

Le Télégramme

Photo Le Télégramme

Photo Le Télégramme

Décès de notre ami Jean-Marc Nayet le mardi 4 février 2020 - Salut l'artiste!

La cérémonie d'hommage de Jean-Marc Nayet aura lieu à l'espace funéraire de Saint Thégonnec samedi 8 février à 17h.

La famille demande ni fleurs ni couronnes mais des dons par chèque à "L'association pour un jumelage Morlaix-Wavel" - un camp palestinien du Liban - pour ceux qui le souhaitent. 

Né en 1944 dans la région de Béthune dans le Pas-de-Calais, Jean-Marc s'est retrouvé quasi immédiatement orphelin, son père ayant été tué avant sa naissance dans un bombardement et sa mère étant décédée deux mois après sa naissance. Il a été élevé par la sœur de sa mère avec ses deux filles. Puis il a intégré à l'adolescence l'école technique aéronautique d'Air France à Vilgenis. Il terminera sa carrière comme il aimait à le dire comme "cadre CGT d'Air France". Jean-Marc Nayet a vécu en région parisienne, à Champigny depuis les années 60, tout en étant fidèle à sa bande d'amis de jeunesse du Pas-de-Calais,  dont Daniel Roussel, le père de Fabien Roussel, journaliste à L'Humanité et correspondant au Vietnam, comme à sa promotion de Vilgenis. C'est à Champigny-sur-Marne qu'il rencontre Lucienne Nayet, qui y a été élue du PCF pendant 5 mandats, adjointe à la Culture, à la Jeunesse, à la Communication, à l'Initiative Publique, et que démarre leur vie commune en 1982, avec deux enfants chacun déjà qui ont formé ensemble une vraie famille. Lucienne est militante de la mémoire, présidente du Réseau du Musée de la Résistance Nationale depuis 10 ans, militante communiste. Jean-Marc a été adhérent du PCF pendant une dizaine d'années à partir de 1968 avant de rester sympathisant indépendant, fidèle lecteur et abonné de L'Humanité, répondant régulièrement aux demandes de souscription. A Champigny, les dernières années, Jean-Marc anime un atelier et des cours de photo dans un centre culturel. La photo, c'était pour lui "être un œil pour un lien social et culturel" selon les mots de Lucienne.  Jean-Marc et Lucienne se sont installés à Locquénolé dans le pays de Morlaix, il y a 15 ans. Jean-Marc Nayet participe à un voyage fondateur avec Pierre Santini et Marie-Paule Kerebel au Liban et dans le camp de réfugiés palestinien de Wavel avec l'espoir de développer au sortir de ce voyage un jumelage entre notre ville et sa région et Wavel. Depuis des années, il anime l'association de jumelage Morlaix-Wavel, vend de la vaisselle et de la céramique, des produits artisanaux au profit des Palestiniens. Il s'est déplacé plusieurs fois en Palestine et au Liban. Passionné d'Irlande, il y séjournait pour de la pêche au brochet et profiter de sa beauté et de sa quiétude quelques semaines tous les ans. C'était un formidable passeur, qui mettait ses talents artistiques au service de collaboration avec d'autres artistes, musiciens, plasticiens, peintres, de causes humaines et du peuple palestinien. 

Décès de notre ami Jean-Marc Nayet le mardi 4 février 2020 - Salut l'artiste!

Voici quelques-uns des très nombreux messages d'hommage et de peine lus sur internet pour Jean-Marc et Lucienne:

"Salut l'artiste!

C'est le cœur noué et sous le choc que nous avons appris le décès brutal mardi matin, 4 février, de notre copain Jean-Marc Nayet.

Compagnon de luttes et de rêve d'une autre société, animateur de l'association pour un jumelage Morlaix - Wavel (ce camp de réfugiés palestinien au nord du Liban où Jean-Marc avait été à plusieurs reprises, ainsi qu'en Palestine), un homme sensible, vif, drôle et cultivé que nous avons appris à connaître et à aimer aux côtés de notre amie et camarade Lucienne Nayet.

Chienne de vie qui fait disparaître nos plus grands témoins, un photographe de talent, un homme curieux, pince-sans-rire, adepte de l'humour noir, amoureux des mots et des images.

Ses expositions faisaient date: enfants palestiniens du Liban et de Palestine, poilus de Guy Denning à La Feuillée, bals populaires et fanfares, monuments aux morts, installations de Pierre Chanteau sur les côtes du Finistère (l’œil de Pythéas), commémorations et champs de bataille dans la grande guerre, collaborations fructueuses et multiples avec d'autres artistes (plasticiens, peintres, photographes, musiciens, poètes...).

Cet enfant de Béthune né en 1944, orphelin très jeune, ancien d'Air France, était un ami très cher de Fabien Roussel et de son père, un amoureux des artistes, de l'Irlande où il se rendait tous les ans pour pêcher. Récemment, nous avions passé un magnifique week-end ensemble avec Lucienne et les camarades du PCF Finistère en Touraine, à Saint-Pierre-des-Corps, Tours, Langeais, à l'invitation de nos camarades d'Indre-et-Loire. Nous avions eu plaisir à retrouver Fabien Roussel qui inaugurait la nouvelle fédé PCF de Tours et à participer à une cérémonie en souvenir de la tragédie du train de Langeais, un des derniers trains de déportés français parti de Rennes en août 1944, avec un discours de Lucienne Nayet, présidente du réseau du Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne.  

C'était un habitué de nos manifs dont il était un des photographes amateurs, de la fête du premier mai du PCF, la fête du viaduc, où ses photos ont été exposées a plusieurs reprises, et où il tenait le stand de Morlaix-Wavel comme à Traon Nevez à Plouézoc'h, ce fut aussi le photographe de plusieurs de nos campagnes électorales du PCF et du Front de Gauche ces dernières années, des mardis de l'éducation populaire et de plusieurs initiatives du PCF dont il était un ancien adhérent et un compagnon de route indépendant, un grand lecteur et ami de "L'Humanité".

Tu vas nous manquer terriblement Jean-Marc".  

Ismaël Dupont"

***

Jean-Marc nous a quittés

Rien ne laissait présager la disparition soudaine et brutale de notre ami Jean-Marc Nayet à la suite d'une crise cardiaque .
Car il était l'illustration même de la vie . D'une vie pleine dans tous les sens du terme .

Au-delà des différentes facettes de sa riche personnalité et de ses engagements dans le domaine culturel en particulier, je retiens son soutien indéfectible à la cause du peuple palestinien . Un soutien déterminé et lucide porteur de sa colère de voir l'inaction de notre pays et l'impunité d'Israel dans son action continue pour rendre de plus en plus difficile le développement d'un état palestinien économiquement viable . Toujours soucieux de ne pas en rester aux mots Jean- Marc était la cheville ouvrière du comité de jumelage Morlaix -Wavel .

L'autre dimension que je retiens c'est sa participation constante à toutes les luttes pour un monde meilleur débarrassé de toute exploitation et de toute aliénation .Ancien adhérent du PCF , il en était resté très proche , lucide et exigeant toujours fidèle à ses valeurs . Son arrivée avec Lucienne , avec leur riche expérience a été d'un grand apport dans le développement , l'enrichissement et l'évolution de notre réflexion .
Lucienne va , je n'en doute pas , continuer ses combats et nous serons à ses côtés comme face à cette épreuve qui la frappe si brutalement et si cruellement .

Alain DAVID

***

 

"Un sourire, une détermination.. Que dire de notre ami Jean Marc qui vient de nous quitter subitement. Au revoir l’ami et merci pour ta passion.

Glenn Le Saoût"

***

"C'était toujours un plaisir de croiser Jean Marc et son Leïca sur le marché ou dans des fêtes, qu'elles soient militantes ou non. Chacun de nous a des souvenirs à partager avec Jean Marc et sa femme Lucienne. Jean Marc était un homme engagé, mais engagé de la meilleure des façons qui soient : un engagement au service de l'humain. Un engagement qui force le respect. C'était un des ces communistes qui ont toujours su où était leur camps et qui ont su le défendre en gardant un esprit lucide face à un monde bien trouble, mais aussi plein des rêves et des espoirs de ceux qui se battent pour un avenir meilleur.
Salut Jean Marc. Et même si tu ne croyais pas trop en lui, quand tu te retrouveras devant l'autre Charlot, là haut, montre lui ton pin's de Lenine et n'hésite surtout pas à lui dire qu'on n'attend rien de lui pour construire une humanité meilleure et plus éclairée !" 

Rodolphe Thirard

***

"Quand un ami de cette qualité s’en va c’est comme si une part de nous-même avec nos engagements intellectuels et humanitaires respectifs s’en trouvait émiettée. 
Toutes mes amitiés sincères à Lucienne

Elyane Guiho, responsable d'Amnesty International dans le pays de Morlaix "

***

Lors du voyage des 108 élus en Palestine , j'ai partagé la même chambre pendant notre séjour.  J'ai découvert un breton d'adoption, resté fidèle à sa Nord.... un militant de la Paix, un artiste sachant prendre le bon cliché au bon moment. Je salue la mémoire de Jean Marc et adresse mes très sincères condoléances à son épouse, sa famille et ces camarades.

Claude Delevacq

***

Liberté, égalité, fraternité, 3 mots qui (pour moi) résument bien toute une vie d'engagement permanent. Toujours à l'écoute, c'était vraiment un vrai bonheur de converser avec toi, un grand vide et un exemple pour tous. Salut l'ami. 

Juan José Puil

***

"De tout cœur avec Lucienne . Jean-Marc aura marqué nos mémoires".

Jean-Paul Vermot

***

Nous perdons avec le départ de Jean-Marc un ami, non seulement du peuple palestinien mais de l’humanité toute entière, quelqu’un de précieux avec qui nous partagions tant de combats et de colères… Toute notre amitié et notre soutien à Lucienne.

François Rippe, président de l'AFPS pays de Morlaix

***

Je suis très chagriné par cette nouvelle ...Je ne connaissais pas Jean-Marc à Morlaix , mais à l'occasion de réunions ANACR à Châteaulin plusieurs fois dans l'année...Un homme chaleureux et très cultivé.

Jean-Claude Cariou (ANACR)

Décès de notre ami Jean-Marc Nayet le mardi 4 février 2020 - Salut l'artiste!
Décès de notre ami Jean-Marc Nayet le mardi 4 février 2020 - Salut l'artiste!
C'était au Liban. Jean-Marc toujours avec l'objectif devant lui. Nous avions participé à la commémoration de Sabra et Chatila puis j'avais accompagné Jean-Marc au camp de Wavel jumelé avec Morlaix. Jean-Marc s'inquiétait pour Lucienne qui venait de se faire opérer. Etaient là Pierre Barbancey, Patrick Le Hyaric, et Fernand Tuil lui aussi disparu. Quelle tristesse. - Yvonnne Rainero

C'était au Liban. Jean-Marc toujours avec l'objectif devant lui. Nous avions participé à la commémoration de Sabra et Chatila puis j'avais accompagné Jean-Marc au camp de Wavel jumelé avec Morlaix. Jean-Marc s'inquiétait pour Lucienne qui venait de se faire opérer. Etaient là Pierre Barbancey, Patrick Le Hyaric, et Fernand Tuil lui aussi disparu. Quelle tristesse. - Yvonnne Rainero

Encore au Liban en septembre 2010, près de la frontière avec Israël, les ruines de la prison de Khiam où des Libanais et des Palestiniens ont été emprisonnés sans jugement dans des minuscules cellules et torturés par l'armée israélienne qui occupait le Sud Liban et ses collabos phalangistes. Et Jean-Marc toujours avec son appareil photo pour témoigner ! - Yvonne et Piero Rainero

Encore au Liban en septembre 2010, près de la frontière avec Israël, les ruines de la prison de Khiam où des Libanais et des Palestiniens ont été emprisonnés sans jugement dans des minuscules cellules et torturés par l'armée israélienne qui occupait le Sud Liban et ses collabos phalangistes. Et Jean-Marc toujours avec son appareil photo pour témoigner ! - Yvonne et Piero Rainero

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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 21:14

Une rencontre aura lieu avec Thomas Portes le Samedi 8 Février à 10H30 autour d’un café au local de section du PCF. 5 Rue Henri Moreau, 29200 Brest.

Thomas Portes occupe actuellement le poste de chef de cabinet du maire (PCF) de Champigny (Val-de-Marne), il est responsable national du PCF en charge du collectif des cheminots, syndicaliste CGT et auteur de « Au coeur de la haine ».

C’est au printemps 2018 que Thomas Portes s’est vu assigné en justice par Génération Identitaire suite à un tweet où il réagissait et l’opération anti migrants du col de l’Echelle. Cette assignation n’était pas un hasard, mais le fruit d’une démarche réfléchie et assumée visant pour Génération Identitaire, à se mettre en scène sous les feux des médias, en envoyant au tribunal et tentant de criminaliser une nouvelle fois les migrants et ceux qui leur portent assistance. Dans le cas de Thomas c’est également le syndicaliste cheminot qui est dans le viseur. « Ce n’est pas moi mais eux qui devraient être poursuivie pour appel à la haine ! » écrit-il fort justement quand il évoque son futur procès.

Programme du Forum Social :

https://www.facebook.com/ForumSocialBrestois/

 Samedi 8 Février, venue de Thomas Portes dans le cadre du Forum Social Brestois.
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7 février 2020 5 07 /02 /février /2020 20:50
Mieux vivre en vivre - L'atelier participatif de Morlaix Ensemble le 6 février à l'auberge de jeunesse - Photos Jean-Luc Le Calvez
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Mieux vivre en vivre - L'atelier participatif de Morlaix Ensemble le 6 février à l'auberge de jeunesse - Photos Jean-Luc Le Calvez
Mieux vivre en vivre - L'atelier participatif de Morlaix Ensemble le 6 février à l'auberge de jeunesse - Photos Jean-Luc Le Calvez

Atelier participatif de "Morlaix Ensemble" - "Mieux vivre en ville" - hier, 6 février, à l'Auberge de Jeunesse, introduit par Yvon Laurans et David Guyomar. Des discussions sur nos propositions phares en termes de santé-solidarité, animation et culture, transports et stationnements, vie des quartiers et liens entre les quartiers et beaucoup d'enrichissement collectif à travers nos échanges pour chacun et pour le projet de la gauche à Morlaix.

Photos Jean-Luc Le Calvez, jeudi 6 février 2020

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