Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 05:09
2 avril 2020 - Questions de Fabien Roussel au Premier Ministre Edouard Philippe à l'Assemblée Nationale

Questions de Fabien Roussel au Premier ministre

Monsieur le Premier ministre

2 questions liées à l’urgence sanitaire.

- Deux entreprises du secteur de la santé sont menacées de fermetures. Les laisser mourir, c’est abandonner encore un peu plus de notre souveraineté. Luxfer à Clermont Ferrand qui produit des bouteilles d’oxygène et Famar Lyon qui produit 12 médicaments d’intérêts thérapeutiques majeurs dont l’azithromycine, antibiotique utilisé contre les infections de la gorge et des poumons, prescrit en même temps que la chloroquine dans le traitement du COVID. La production est à l’arrêt faute de repreneur !! Allez-vous entrer même temporairement dans le capital de ces entreprises pour les sauvegarder et les mettre au travail !

-Encore une fois je me permets de vous interroger sur le manque de matériel, avec de nouvelles pénuries qui se font jour comme celles des médicaments, des anesthésiants et des blouses.

Concernant leur production, que ce soit les masques, les respirateurs, des pièces de rechanges, des lits médicalisés, les blouses ou même des médicaments comme je viens d’en parler, le manque se fait toujours sentir sur le terrain et cela devient de plus en plus grave: dans les Ephad, pour les para médicaux, kiné, osthéo, orthophonistes… Les forces de sécurité, les libéraux, infirmiers ou médecins, les ambulanciers, les salariés obligés de travailler, sont toujours en manque de matériel de protection !!

Des entreprises, dans nos régions proposent leurs services pour produire ces matériels. C’est du bricolage. Des ingénieurs, des industriels dans l’automobile, dans le textile, dans la filière papetière ne demandent qu’à mobiliser leurs compétences, leurs outils de production !

Réunissez-les, faites les travailler, de gré ou de force !

Vous avez la possibilité de mobiliser beaucoup plus de forces productives pour aller beaucoup plus vite dans la production de matériel.

A ce jour chaque région, chaque hôpital bricole dans son coin en passant des accords là avec une entreprise locale, là avec un constructeur automobile.

Nous avons besoin d’une coordination de cette production, d’une mobilisation générale de tous nos moyens de production !

Pourquoi ne mettez-vous pas en place un ministère sous votre responsabilité chargé de piloter à grande échelle la production et l’acheminement de ces matériels, mobilisant les forces économiques, associant le ministère de la santé, de l’industrie et de la recherche ?

Avec un objectif: allez plus vite, travailler jour et nuit pour répondre à la demande et être moins dépendant de spéculateurs qui profitent de la situation !

Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord,
Le 2 avril 2020

Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 18:00
Professeur André Grimaldi: Gérer l’hôpital comme une entreprise, voilà ce qui a affaibli notre système face à la pandémie (L'Humanité, 2 avril 2020)
Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité
« Gérer l’hôpital comme une entreprise, voilà ce qui a affaibli notre système face à la pandémie », analyse le Professeur Grimaldi

Entretien. Professeur de médecine à la Pitié-Salpêtrière et cofondateur du Collectif inter-hôpitaux, André Grimaldi décrit l’idéologie qui a mis à genoux l’hôpital public. Et énumère toutes les alertes qui ont été ignorées...

 

Mardi, Emmanuel Macron a plaidé pour un « principe de justice à l’égard de tous les choix passés ». Comme le président, diriez-vous que l’épidémie à laquelle nous faisons face était imprévisible et que ces choix ne peuvent pas être questionnés ?

André Grimaldi. On ne pouvait effectivement pas prévoir ce coronavirus. Mais la survenue d’une épidémie était, elle, envisageable et envisagée depuis longtemps par de nombreux infectiologues et médecins. Des plans ont même été bâtis ces dernières décennies. La preuve : la France s’était dotée de centaines de millions de masques pour faire face au virus H1N1, en 2009. Dire qu’il nous était impossible de prévoir un certain nombre de mesures est donc faux. Le véritable problème, c’est que l’on a affaibli notre système de santé jusqu’à nous démunir face à une éventuelle pandémie.

Qui sont les responsables de cet affaiblissement ?

André Grimaldi. Cette inflexion politique remonte à la fin du XX e siècle, quand, à l’échelle mondiale et au sein de l’Organisation mondiale du commerce, s’est instillée l’idée que, si la santé relevait bien des compétences des États, son mode de gestion devait rejoindre celui des entreprises. Cette idéologie a été ensuite partagée, à droite comme à gauche. L’hôpital public s’est retrouvé à suivre le modèle commercial des cliniques privées, qui ne relèvent pas du service public et cherchent les activités les plus rentables, en travaillant à flux tendu. C’est tellement vrai que, en 2009, la loi Bachelot, qui met en place la gouvernance d’entreprise dans les hôpitaux, adopte la terminologie du commerce. On parle désormais de conseil de surveillance, de directoire… Le directeur n’est plus un médecin mais peut venir de n’importe quel secteur privé. Pour cette idéologie, les lits, les stocks de matériel…, c’est de l’argent perdu. On est passé d’un « hôpital de stocks » à un « hôpital de flux ».

Des inflexions sont-elles intervenues depuis dix ans ?

André Grimaldi. Après la crise de 2008, les déficits des banques sont devenus ceux des États. Il fallait donc assainir les dettes publiques. L’État ayant plus la main sur l’hôpital public que sur la médecine libérale de ville, les majorités successives, sous Sarkozy comme sous Hollande, ont contraint le budget du public, en diminuant les remboursements de la Sécurité sociale. Quelque 800 millions d’euros d’économies ont été demandés aux hôpitaux chaque année. Au début, cela s’est traduit par des réorganisations. À la fin, par la diminution du nombre de lits et de personnels. Le modèle, c’est celui de la médecine industrielle. Les activités programmées, standardisées et techniques sont payées à l’acte. Cela fonctionne très bien pour la prise en charge en ambulatoire de la cataracte, de la coloscopie, de la pose de pacemaker ou de prothèse de hanche. Autant d’actes normés, standardisés et chiffrés. Ce modèle convient parfaitement aux cliniques privées qui cherchent la rentabilité. Mais pas à l’hôpital public.

Y a-t-il eu des symptômes avant-coureurs de la crise actuelle ?

André Grimaldi. Bien sûr. Avant le coronavirus, l’hôpital public a dû faire face à plusieurs phénomènes de saturation. La première a trait à l’explosion du nombre de consultations sans rendez-vous aux urgences. Résultat : des patients qui se retrouvent pendant des heures dans des couloirs sur des brancards, parce qu’il n’y a plus de lits ni de personnels suffisants pour prendre les en charge. Ce phénomène a culminé à l’automne dernier avec l’épidémie de bronchiolite. Un phénomène pourtant attendu et programmé chaque année. Mais, pour la première fois, faute de lits et de personnels, une quarantaine d’enfants ont dû être transférés des hôpitaux parisiens vers des établissements à 200 kilomètres de là (lire notre édition du 13 décembre). La bronchiolite 2019 n’était pourtant pas plus grave que celle des années précédentes. Mais les services ont été débordés. Or nous sommes au cœur des missions de l’hôpital : la réanimation et la pédiatrie. Cette situation a conforté la colère et les revendications au sein des établissements. Comme ses prédécesseurs, la ministre de l’époque, Agnès Buzyn, a répondu par un sparadrap : l’octroi d’une prime pour les infirmières de l’AP-HP… Et, en même temps, elle faisait voter un budget de la Sécurité sociale prévoyant de nouvelles économies.

Y a-t-il eu d’autres alertes ?

André Grimaldi. Oui, avec une autre épidémie, qui démontre que notre système est totalement inadapté. Une épidémie qui tue lentement, sans bruit : les maladies chroniques. Vingt millions de Français sont touchés. Le modèle industriel de la médecine programmée et standardisée ne marche pas pour ces maladies car elles demandent une prise en charge globale, sur le temps long. Le plan santé 2022 présenté l’été dernier était censé mieux organiser la prise en charge de ces pathologies grâce à la médecine de ville et à l’hôpital-entreprise. Mais ni l’une ni l’autre ne peut faire face. Aujourd’hui, en guise de « rupture », on parle d’un service hospitalier qui comprendrait non plus seulement les établissements publics, mais aussi les hôpitaux privés lucratifs et non lucratifs. On mélangerait ainsi les personnels de ces établissements, qui relèvent du droit privé, avec ceux de la fonction publique… Les propos récents du premier ministre sur la fin du statut des agents des hôpitaux publics résonnent encore plus fort aujourd’hui. Il s’agit là que d’une évolution de l’idéologie à l’œuvre ces trente dernières années.

Entretien réalisé par Stéphane Guérard

Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 12:57
Déclaration du Parti de la Gauche Européenne, dont le PCF est partie prenante: Covid-19. Protégez les gens, pas le système!
Protégez les gens, pas le système ! Changer de politique immédiatement

La propagation du virus COVID-19 a précipité une profonde crise mondiale. C'est un choc pour toute l'humanité qui a également de lourdes conséquences sur l'économie. Des mesures drastiques ont été prises dans presque tous les pays afin de prévenir la contraction et de contenir la pandémie. En effet, tous les efforts sont nécessaires pour protéger les populations. Ces mesures doivent être coordonnées, mais il manque encore une réponse globale. C'est également le cas de l'UE, qui est totalement incapable de promouvoir la solidarité. L'Italie, le pays le plus touché, a été laissée seule. Aujourd'hui, les pays prennent les uns après les autres des mesures drastiques, mais il n'y a pas de coordination efficace de la part des institutions européennes. Finalement, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé l'activation de la clause de sauvegarde générale du pacte de stabilité et de croissance afin de permettre des mesures budgétaires pour combattre la crise. Cela n'est pas suffisant. Il devrait être suivi de l'annulation totale du pacte, qui a été utilisé pour imposer l'austérité dans les dépenses publiques, sapant ainsi les soins de santé et les autres services publics au détriment de la population, qui en souffre aujourd'hui dans la crise du coronavirus. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour contrer l'impact économique et social du coronavirus. Cela concerne également la Banque centrale européenne (BCE) qui doit assumer sa responsabilité en matière de développement économique et de plein emploi, et doit prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter la spéculation financière. Nous devons veiller à ce que les actions nationales soient coordonnées et à ce qu'un système de solidarité solide soit mis en place pour gérer la crise du coronavirus.

Les gens doivent être protégés - socialement et économiquement. Des milliers de travailleurs et d'employés risquent de perdre leur emploi et leur revenu. Les plus touchés sont ceux qui travaillent dans des conditions précaires, en particulier le personnel d’entretien, de nettoyage et les professionnels de santé. Le virus frappe plus durement les plus faibles. Si les gouvernements de toute l'Europe demandent aux employés de travailler à domicile, cela ne s'applique pas à tout le monde. Les travailleurs des services essentiels ou des chaînes de production essentielles qui doivent être présents sur le site ont besoin d'une protection garantie contre la propagation du virus. De nombreuses personnes craignent pour leur santé et leur vie professionnelle. Nous avons besoin d'un plan de sauvetage économique pour les travailleurs et leurs familles. En cas de perte de revenus, une compensation financière est nécessaire. Ceux qui ne peuvent pas, ne devraient pas payer de loyer ou d'hypothèque. Nous nous opposons à toute tentative de détérioration des conditions de travail, comme la suspension des conventions collectives, et de réduction des droits des travailleurs. Nous avons besoin d'une action d'urgence non seulement pour les entreprises, mais aussi et surtout pour les petites et moyennes entreprises, les travailleurs autonomes et la population. Cette tâche n'incombe pas seulement à l'Europe, mais au monde entier. Les pays du Sud ont besoin d'un soutien financier pour protéger leurs populations et améliorer leurs systèmes de santé.

La pandémie de coronavirus montre clairement l'échec du modèle économique et social néolibéral prédominant. En conséquence de la politique d'austérité néolibérale par la privatisation des services publics, les systèmes de santé ne correspondent pas aux exigences posées par la pandémie de coronavirus. Les capacités ne sont pas suffisantes, et de loin. Tout effort est nécessaire pour améliorer le fonctionnement des systèmes de soins de santé. Il faut mettre un terme à la politique d'austérité. La crise donne suffisamment de raisons pour remettre en question notre modèle socio-économique et pour changer radicalement de politique. Dans l'immédiat, nous devons investir davantage dans les services publics. En outre, la justice fiscale est vraiment nécessaire pour mettre en place des systèmes de protection sociale capables de faire face à une crise comme celle-ci. En outre, la BCE doit financer un plan d'investissement européen, capable de lancer l'emploi et de garantir la reconversion environnementale et sociale de la production et de l'économie. Dans le même temps, toute discussion sur le mécanisme européen de stabilité (MES), qui représente une manière inutile et néfaste d'intervenir sur les budgets publics des différents pays européens, doit être annulée.

À long terme, nous avons besoin d'un changement général de la politique. Nous avons besoin d'un modèle économique orienté vers le bien-être public. Il faut mettre un terme à l'immense accumulation de capital par un petit nombre seulement. Pour le plus grand nombre, pas pour quelques-uns!

Nous savons que des mesures très sévères sont nécessaires pour contenir la pandémie. Mais nous devons être vigilants et nous opposer à ce que cette situation particulière soit utilisée pour restreindre la démocratie et les droits civils.

« European Left » rejette fermement toute tentative d'utiliser la pandémie de coronavirus à des fins de démagogie nationaliste. Le monde doit être uni maintenant et la clé pour surmonter la crise est la solidarité internationale. Une solidarité accrue est particulièrement nécessaire envers les populations du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, qui risquent bien davantage d'être gravement touchées par la pandémie de coronavirus.

« European Left » est désireux d'associer toutes les organisations participant au Forum européen des forces de gauche, progressistes et écologiques pour travailler ensemble à une réponse progressive à la crise actuelle dans l'intérêt des peuples.

Parti de la Gauche européenne
lundi 30 mars 2020

VERSION ANGLAISE DE LA DÉCLARATION
Protect the people, not the system! Change politics immediately

Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 12:55
Covid-19: Violence, autoritarisme et mensonges au Moyen-Orient et au Maghreb

visuel_MAMO.jpg

Régions les plus inégalitaires du monde et soumises à des guerres récurrentes et meurtrières le Moyen-Orient mais aussi le Maghreb doivent faire face à une montée dangereuse de la pandémie de Covid-19. Les dénis des dirigeants, la censure, l'absence de transparence, le contrôle de l'information et les communiqués rassurants ne permettent pas de se faire idée claire de la situation même si tous les indicateurs traduisent inexorablement une progression rapide de la maladie. Dans ce contexte, la peur, la colère et la défiance déjà largement entamée montent dans les populations.

En Iran, l'un des premiers foyers mondiaux, la pandémie continue à faire des ravages mais ne fait l'objet que d'une couverture médiatique minimale et une falsification grossière sous-estime à outrance le nombre de victimes. Les sanctions adoptées par les États-Unis, en dépit d'un appel de l'ONU à les lever, accentuent la crise sanitaire et ce n'est pas l'initiative symbolique de la structure Instex (Instrument in Support of Trade Exchanges) des pays européens qui améliorera la situation. Le régime profite du contexte pour couvrir de louanges les gardiens de la Révolution ainsi que le clergé alors que les personnels soignants sont contraints au mutisme. Les informations qui circulent sur les réseaux sociaux font l'objet d'une surveillance accrue et le pouvoir a procédé à de nombreuses arrestations dans ces milieux.

En raison de son importance démographique et des fortes densités dans la région du Caire, l’Égypte constitue une véritable bombe virale. Le mensonge, pendant quinze jours, a été le premier réflexe de la dictature du maréchal al-Sissi. Les mesures de protection actuelles témoignent de l'ampleur des dissimulations du pouvoir face à la croissance des contaminations et des décès. Les autorités diffusent de fausses nouvelles, incarcèrent des blogueurs indépendants et réduisent au silence les médecins. Avec l'absence de mesures sociales en faveur des plus pauvres, il est vain d'envisager d'enrayer cette propagation.

En Turquie, la croissance exponentielle du nombre de cas est également masquée par les autorités. Le patronat turc continue à inviter les travailleurs à se rendre sur leur lieu de travail, à consommer dans les supermarchés pour soutenir une économie déjà chancelante. Dans le même esprit, les prières du vendredi se poursuivent afin d'expliquer aux fidèles la nécessité d'une certaine distanciation. Le gouvernement se refuse à prendre des mesures de confinement en dépit des protestations du CHP et du HDP et R.T. Erdogan a fait interpeller plus de 500 internautes pour "provocations" et "fausses nouvelles".

Le nouveau pouvoir algérien, dans la continuité des précédents s'en prend aux "détracteurs", aux "défaitistes" alors qu'il prétend rassurer la population en affirmant que la situation est sous contrôle. Les contrevenants sont menacés de poursuites judiciaires mais l'esprit de liberté qui flotte sur l'Algérie depuis février a conduit les médecins et les citoyens à braver ces interdits.

L'incompétence des dirigeants, les manipulations et leur mépris de leur société frappent partout à l'identique.

Dans les régions en guerre, la crainte du désastre annoncé se fait chaque jour plus pressante. Il en va ainsi à Gaza, en Syrie dans les camps de prisonniers, les zones de combats comme Idlib frappant de plein fouet les réfugiés démunis. La pandémie pourrait prendre un caractère dramatique.

En Israël, B. Netanyahou a mis en place un système de surveillance de masse par la collecte des données personnelles permettant de contrôler les populations et restreignant les libertés.

Dans les pays du Golfe (Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Koweït, Qatar...) la pandémie accroît le mépris à l'égard des migrants du sud-est asiatique. Privés de droits, suspectés d'être des vecteurs de la maladie, assignés à des rôles dégradants, ils sont pourtant contraints de poursuivre leurs activités sur les chantiers de constructions.

L'importance et la gravité de la pandémie va mettre à rude épreuve des systèmes de santé affaiblis ou détruits par les politiques néolibérales et les guerres. A n'en pas douter, les plus puissants bénéficieront seuls de l'accès aux soins ou auront les moyens de fuir tandis que les populations subiront la mort ou la brutale répression.

Enfin, les tyrans régionaux voient dans la pandémie un moyen de calmer les contestations qui se déroulent en Irak, au Liban ou en Algérie. Ils estiment ainsi que cela retardera la déflagration sociale que pourrait provoquer l'effondrement des économies déjà vulnérables. Sur ces terreaux, les forces obscurantistes ne manqueront pas de prospérer.

Il est donc totalement illusoire de considérer qu'il y aurait des solutions exclusivement nationales à un problème global. La solidarité et la coopération constituent un impératif pour sortir de cette spirale mortifère.

Pascal TORRE
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 07:04
La municipalité élue en 1945. Assis, de gauche à droite : Jos Cotten, Yves Ollivier, Louis Guillerm, Pierre Salaün, maire, Louis Lancien, Christophe Poulichet (qui succédera à Pierre Salaün en 1969), Hervé Bleuzen. 2e rang : Jean Huiban, Armand Gloanec, Robert Théou, Jeanne Furic, Maurice Clairon, Mme Guernalec, René Le Moal, Christophe Navellou, Henri Vigouroux. 3e rang : Mathurien Le Beuz, X., Henri Huiban, Christophe Rouzic, Henri Pérez, Louis Monfort, Louis Le Berre. Photo d'archives Le Télégramme

La municipalité élue en 1945. Assis, de gauche à droite : Jos Cotten, Yves Ollivier, Louis Guillerm, Pierre Salaün, maire, Louis Lancien, Christophe Poulichet (qui succédera à Pierre Salaün en 1969), Hervé Bleuzen. 2e rang : Jean Huiban, Armand Gloanec, Robert Théou, Jeanne Furic, Maurice Clairon, Mme Guernalec, René Le Moal, Christophe Navellou, Henri Vigouroux. 3e rang : Mathurien Le Beuz, X., Henri Huiban, Christophe Rouzic, Henri Pérez, Louis Monfort, Louis Le Berre. Photo d'archives Le Télégramme

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun (1907-1983)
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun (1907-1983)
1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun (1907-1983)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère -

59/ Pierre Salaun (1907-1983): maire communiste de Scaër de 1945 à 1969

D'après la fiche du maitron établie par Alain Prigent et Gilles Rivière:

Né le 23 février 1907 à Scaër (Finistère), décédé en juillet 1983 ; ouvrier papetier ; résistant, interné politique ; élu CGT à la CAF du Sud Finistère (1950-1962) ; membre du comité de la fédération du PCF du Finistère (1946-1968) ; maire de Scaër (1945-1969).

Pierre Salaun était le fils de Michel Salaun et de Marie Louise Bourhis. Il se maria avec Marie Gaonac’h le 11 mai 1929 à Scaër.
Forgeron puis mécanicien, il commença à militer, selon Eugène Kerbaul, à la CGTU et au PC dans la région parisienne à la fin des années 20.
En 1936, il revint dans le Finistère. Embauché aux papeteries Bolloré de Cascadec en Scaër, il contribua à la mise en place des structures syndicales. Il fut élu secrétaire de la IIIe région du syndicat CGT du Papier-Carton, poste qu’il occupa jusqu’au 30 novembre 1938 quand il fut licencié après l’échec de la grève générale. Après quelques mois à Paris, il revint dans le Finistère. Il participa aux débuts de la mise en place de la résistance communiste dans le Sud Finistère. Le 26 avril 1942, il fut perquisitionné (la police trouva un tract des JC), arrêté puis interné à Vôves et Pithiviers. Sa sœur Marie Louise Salaun épouse Baron fut agent de liaison des FTP de Scaër.
À la Libération en 1944, il reprit son poste d’ajusteur aux papeteries de Scaër qui employaient plus de 1 000 personnes. Redevenu responsable du syndicat CGT des papeteries, il fut élu secrétaire permanent provisoire et délégué à la propagande de l’union départementale CGT du Finistère le 2 septembre 1944 à l’issue de la reconstitution des structures syndicales opérées lors de la rencontre de Landerneau. Il était dans sa tâche dans l’usine de Scaër par Robert Pencréac’h qui siégeait aussi au conseil municipal de la ville. Les papeteries étaient une des usines du Finistère où la syndicalisation à la CGT était forte. En 1976, 460 des 600 salariés de l’entreprise étaiennt syndiqués à la CGT.
Fort de son engagement dans la Résistance, Pierre Salaun devint vice-président du CDL (comité départemental de la Libération) du Finistère, au titre de la CGT, en août 1944, remplaçant alors Le Coz.

Le président du comité départemental de libération est Le Goaziou. Pierre Salaün est vice-président au titre de la CGT avec Le Floch de Quimper. Les secrétaires du CDL sont Louis Dupoux et Pierre Le Rose (PCF Concarneau, Front national de Libération), Mme David d'Huelgoat, J. Grandin de Quimper, l'Abbé Julien, Jean Perrot (d'Esquibien), Paul Simon, Tanguy-Prigent de St Jean-du-Doigt. Le Comité départemental de libération joua un rôle important auprès du préfet pour la remise en place des anciennes municipalités dans les 301 communes du Finistère de l'époque , la création de délégations spéciales en attente des élections, le châtiment des traîtres, collaborateurs et trafiquants, la reprise de l'activité économique. Alain Cariou et Gabriel Paul du PCF étaient aussi membres du CDL (La CGT dans le Finistère 1944-1968 - Fanch Tanguy)

Il fut élu membre du bureau de l’union départementale CGT du Finistère à Quimper le 11 mars 1945 à l’issue de la tenue du premier congrès de l’union départementale après la Libération. Candidat CGT à l’élection du 24 avril 1947 au conseil d’administration de la caisse d’allocations familiales du Sud Finistère, il siégea dans cette structure étant élu le 8 juin 1950 puis réélu le 17 novembre 1955 sur la liste CGT qui obtint 6 sièges. Il fut aussi candidat à l’élection du conseil d’administration de la caisse primaire de sécurité sociale du Sud Finistère le 13 décembre 1962.
Il fut élu maire de Scaër en mai 1945 conduisant une liste d’union avec la SFIO. Réélu régulièrement jusqu’en 1965, il fut maire jusqu'en 1969. Militant communiste convaincu, Pierre Salaun siégea dans les instances départementales du PCF jusqu’à la partition de la fédération en deux entités en 1969. Membre du comité départemental de l’amicale des élus communistes, il fut candidat du PCF aux élections sénatoriales dans le Finistère en 1962. Il fut aussi candidat suppléant du PCF aux élections législatives de juin 1968 dans la circonscription de Quimperlé avec Paul Le Gall, candidat titulaire.
Il démissionna au début de l’année 1969 de son poste de maire et de conseiller municipal pour des motifs personnels notamment des difficultés internes à la mairie. Il affirma qu’il n’y avait aucun désaccord entre ses pensées la politique du PCF. Christophe Poulichet, ouvrier boucher, lui succéda.
Il fut candidat aux élections cantonales dans le canton de Scaer à quatre reprises. Il échoua de peu en 1945 dans un duel obtenant 49,9% des suffrages exprimés. Il maintint le score du PCF à des niveaux très élevés en 1951 (35,4%), 1958 (47,4%) et 1964 (42,2%). C. Poulichet, nouveau maire de Scaër, fut élu dans un contexte politique d’union de la gauche en 1970.
Salarié aux papeteries, Pierre Salaun se désengagea progressivement de ses responsabilités au sein de l’entreprise Bolloré. Cependant, en tant que maire, il accueillit les grévistes le 26 janvier 1968 lors de la grève des papetiers. Le déclin de l’usine après le transfert des activités à Odet (Ergué-Gabéric) en 1972 marqua la fin de l’hégémonie communiste sur la ville de Scaër. Le PCF tout en gardant des positions solides perdit la mairie au profit du socialiste Louis Nicolas en 1983. Le communiste Corentin Kerneis reconquit cependant la mairie en 1995.
Le stade municipal porte le nom de Pierre Salaun.

Article:

https://maitron.fr/spip.php?article172980, notice SALAUN Pierre par Alain Prigent, Gilles Rivière, version mise en ligne le 15 mai 2015, dernière modification le 20 février 2020.

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 06:04
Article du Ouest-France pour annoncer la sortie il y a deux ans du livre de Jean-Paul Sénéchal

Article du Ouest-France pour annoncer la sortie il y a deux ans du livre de Jean-Paul Sénéchal

 Hommage à Jean-Paul Sénéchal, militant syndical et politique, historien, spécialiste du Front populaire, notamment dans le Finistère et en Bretagne
Mardi de l'éducation populaire avec Jean-Paul Sénéchal sur le Finistère du Front Populaire - 14 mai 2019 à Morlaix

Mardi de l'éducation populaire avec Jean-Paul Sénéchal sur le Finistère du Front Populaire - 14 mai 2019 à Morlaix

Nous avons eu la tristesse ce matin d'apprendre par un de ses amis et de ses camarades, André Garçon, le décès mercredi de Jean-Paul Sénéchal. 

Jean-Paul Sénéchal était un syndicaliste à Sud et militant révolutionnaire et anticapitaliste, il avait été des combats pour la défense de l'hôpital public, et actif au sein du comité de défense de l'hôpital de Concarneau.

Depuis quelques années, il s'était engagé pleinement dans sa passion de l'histoire, écrivant une thèse d'histoire contemporaine sur le Front Populaire dans notre région qu'il avait adaptée dans un ouvrage collectif d'abord à travers un article développé et très intéressant "Front contre blocs: luttes hégémoniques dans le Finistère au moment du front populaire " (C'était 1936. Le Front populaire vu de Bretagne, sous la direction d'Erwan Le Gall et François Prigent, éditions Goater, 2016), puis dans l'adaptation pour le grand public de sa thèse: Finistère du Front populaire. 1934-1938. Lutte pour l'hégémonie et logique de blocs, PUR, 2018.

Deux ouvrages qui ont permis de faire avancer la connaissance de l'histoire de la gauche, du mouvement ouvrier, et de la fin des années 1930 dans notre région.  

Jean-Paul Sénéchal était venu le 14 mai 2019 faire une conférence passionnante dans le cadre des Mardis de l'éducation populaire du PCF Morlaix. Nous lui avions été reconnaissants de son travail de passeur et de pédagogue talentueux sur l'histoire politique de notre région, un travail où, bien évidemment, ses valeurs militantes se retrouvaient aussi même si son point de vue était sérieux, distancié et objectif. 

Nous sommes peinés par sa disparition et voulons exprimer toute notre sympathie à sa famille et ses amis. 

Son action et sa personne laisseront une empreinte forte dans le département et le monde militant. 

Ismaël Dupont

Le Front Populaire dans le Finistère: C'était 1936, le Front Populaire vu de Bretagne

 

Finistère. Le militant syndicaliste Jean-Paul Sénéchal est décédé

Mardi de l'éducation populaire avec Jean-Paul Sénéchal sur le Finistère du Front Populaire - 14 mai 2019 à Morlaix

Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 06:00
Le tour de France des hôpitaux qui annonçait la catastrophe sanitaire - Diego Chauvet, Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité
Le tour de France des hôpitaux qui annonçait la catastrophe sanitaire - Diego Chauvet, Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité

Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité
Le tour de France des hôpitaux qui annonçait la catastrophe sanitaire
Diego Chauvet

Les parlementaires communistes ont pu dresser un constat alarmant, mis en exergue par la pandémie du coronavirus, et élaborer une proposition de loi pour y remédier.

Depuis février 2018, les parlementaires communistes, députés et sénateurs, effectuent un tour de France des hôpitaux. En deux ans, ils ont pu visiter et rencontrer les personnels de quelque 150 établissements publics dans le pays. Ce qu’ils y ont entendu, ce qu’ils ont pu constater, prend une résonance toute particulière, alors que vient d’éclater une crise sanitaire historique. « Avant de commencer ce tour de France, nous avions effectué des visites dans nos départements respectifs, explique la présidente de la commission des Affaires ­sociales du Sénat, Laurence Cohen. Ce que nous avons constaté ensuite n’a fait que confirmer au plan national les situations locales. » Selon la parlementaire communiste, les soignants, et tout particulièrement les urgentistes, « tiraient la sonnette d’alarme ». « Ils nous expliquaient clairement qu’en cas d’épidémie de grippe plus importante ou d’épisodes de ­canicule, ils n’avaient plus les moyens de faire face. Ils nous répétaient tous qu’ils n’étaient plus assez nombreux, et qu’il n’y avait plus assez de lits. »
« On a cassé l’outil pour des considérations comptables »

Ce tour de France des hôpitaux a confirmé également que cette situation alarmante est bien le produit des politiques menées. « La gestion actuelle par Emmanuel Macron est en cause, mais le problème remonte bien plus loin dans le temps, assure Laurence Cohen. C’est le résultat de choix politiques continus depuis trente ans. » Des décisions qui sont toutes allées dans la même direction : « Réduire le nombre de lits, le nombre de personnels. Au lieu de partir des besoins de la population, on a cassé l’outil pour des considérations comptables, dénonce la sénatrice. Par exemple, lorsque l’on constate un manque de médecins, on “fédère les moyens”. Ce qui signifie que l’on éloigne les hôpitaux des populations qui en ont besoin, et par la même occasion, on multiplie les déserts médicaux. » Lors de leur tour de France, les parlementaires n’ont pas seulement rencontré les personnels soignants. « Nous avons eu également des entretiens avec les directions d’hôpitaux. Et au bout d’un moment, 90 % de ceux que nous avons rencontrés ont fini par nous exposer les problèmes. » Impossible pour les dirigeants de structures hospitalières de maintenir leur réserve… Laurence Cohen dénonce à partir de ces constats, les politiques conduites lors des quinquennats précédents : celle de Marisol Touraine comme celle de Roselyne Bachelot. La « réhabilitation » dont cette dernière bénéficie, à propos des commandes de vaccins contre la grippe A en 2009, ne doit pas faire oublier la loi à son nom, qui a créé des groupements hospitaliers sur les territoires, au détriment des hôpitaux publics de proximité.

Grâce à leur tournée, les parlementaires communistes ont préparé un projet de loi, « plus que jamais valable ». Ils proposent 100 000 créations de postes dans les hôpitaux publics, et 300 000 sur trois ans dans les Ehpad. « Nous avons remis cette proposition de loi à Agnès Buzyn, en mains propres, dit Laurence Cohen. Nous y faisons des propositions sur tout ce qui est mis en exergue par la crise du Covid-19 , y compris sur la question de la pénurie des médicaments. » Les déclarations d’intention du président ne rassurent pas l’élue. La note de la Caisse des dépôts et consignations, datée du 26 mars, sur un plan pour l’hôpital public, révélée le 1er avril par Mediapart, n’incite pas à l’optimisme : son orientation semble clairement néolibérale.

Diego Chauvet

Le tour de France des hôpitaux qui annonçait la catastrophe sanitaire - Diego Chauvet, Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité
Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 06:00
 La Commission européenne a demandé 63 fois aux états de réduire les dépenses de santé  dénonce l’eurodéputé Martin Schirdewan (coprésident de la Gauche Unitaire Européenne)
Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité
« La Commission a demandé 63 fois aux états de réduire les dépenses de santé » dénonce l’eurodéputé Martin Schirdewan

Entretien avec Martin Schirdewan, coprésident de la Gauche unitaire européenne, sur le rôle des politiques d’austérité dans la dégradation du secteur public de la santé en Europe.

 

Vous dénoncez la responsabilité des politiques de l’Union européenne (UE) en matière de santé. Pourquoi ?

Martin Schirdewan À 63 reprises entre 2011 et 2018, la Commission européenne a recommandé aux États membres de l’UE de privatiser certains pans du secteur de la santé ou de réduire les dépenses publiques en matière de santé. Ces recommandations ont visé quasiment tous les États, qui ont en général obtempéré. Il y a évidemment un impact sur l’état des systèmes de santé nationaux, notamment dans les pays affectés par la crise financière (des années 2010 – NDLR). C’est d’autant plus grave aujourd’hui, avec la crise du coronavirus. La capacité de réaction des pays est affaiblie.

Ces recommandations expliquent-elles pourquoi les hôpitaux européens ne sont pas en mesure de faire face à la crise ?

Martin Schirdewan Elles témoignent du régime de gouvernance économique et révèlent que le modèle économique néolibéral de l’UE n’est pas capable de maintenir les services publics et de protéger les besoins fondamentaux des citoyens. Le problème, ce n’est pas les recommandations en soi, mais le fait que le modèle économique de l’UE repose sur l’austérité et pas sur la solidarité. Aujourd’hui, le manque de personnel, d’unités de soins et d’équipements médicaux dans les hôpitaux est un résultat direct des politiques d’austérité qui ont détourné l’argent du secteur public vers le secteur privé.

La santé publique relève du domaine de compétence des États membres. L’UE est-elle seule responsable ?

Martin Schirdewan Non, bien sûr, ce sont les États membres qui ont mené et appliqué les politiques d’austérité. Il faut demander des comptes aussi aux gouvernements nationaux. Cependant, les politiques nationales sont contraintes par le cadre européen. C’est ce à quoi nous devons réfléchir maintenant : nous devons nous débarrasser définitivement du pacte de stabilité et de croissance (qui a été suspendu le 20 mars – NDLR), qui limite les dépenses des États de manière totalement arbitraire. Il faut une nouvelle gouvernance économique, qui permette aux États membres de s’attaquer à la crise du secteur de la santé immédiatement et de faire face au dramatique impact socio-économique de la crise du coronavirus.

Justement, que serait une politique européenne progressiste en matière de santé ?

Martin Schirdewan Il faut d’abord redéfinir la notion de service public au niveau européen : les services publics doivent à nouveau servir les peuples. Plutôt que de réduire les dépenses publiques, les États membres doivent investir bien davantage dans le secteur de la santé. Il faudrait qu’ils puissent à tout moment dépenser autant d’argent qu’ils le souhaitent dans les services publics. Ensuite, je pense que la santé doit être administrée par l’État, notamment pour que tout le monde puisse y avoir accès. Nous devons renationaliser ce qui a été privatisé, c’est indispensable. La raison d’être des hôpitaux est de protéger la santé des gens, pas de faire du profit. Sortons les services publics, et la santé en particulier, de la logique capitaliste ! Ce n’est pas au marché de définir les politiques de santé.

L’échelon européen n’est-il pas le plus adapté pour répondre à la crise ?

Martin Schirdewan Je pense que les deux niveaux de réponse sont importants. Il faut une réponse européenne basée sur la solidarité. Et en même temps, il faut une réflexion nationale sur les structures de santé.

entretien réalisé par Samuel Ravier-Regnat
Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 05:38

La pandémie de coronavirus place notre pays et l’ensemble de l’humanité face à d’immenses défis. A commencer par celui de sauver les vies menacées, de protéger toute la population. Elle révèle aussi une crise de civilisation profonde et les méfaits désastreux de décennies de libéralisme qui ont fragilisé nos services publics et notre industrie, et par conséquence notre capacité d’action face à la crise sanitaire.

La lutte contre le COVID-19 appelle à une mobilisation exceptionnelle immédiate. Elle exige aussi de transformer notre mode de développement, l’utilisation de l’argent et de créer de nouveaux pouvoirs d’intervention pour les travailleurs, afin d’éviter que cette situation ne se répète et de répondre aux immenses défis à relever.

C’est tout le sens des propositions que le Parti communiste français met en débat aujourd’hui.

Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Covid_19 : les propositions du PCF
Partager cet article
Repost0
3 avril 2020 5 03 /04 /avril /2020 05:30
Union européenne. La responsabilité de Bruxelles dans la sape de l’hôpital public (Thomas Lemahieu, L'Humanité, 2 avril 2020)
Jeudi, 2 Avril, 2020 - L'Humanité
Union européenne. La responsabilité de Bruxelles dans la sape de l’hôpital public

La santé n'est pas de notre ressort, se dédouannent les institutions européennes depuis le début de cette crise sanitaire. Sauf qu'à travers la règle d’or en matière budgétaire, leurs modèles de réformes et autres "bonnes pratiques", ces institutions refaçonnent effectivement le secteur de la santé des pays membres. Avec des conséquences budgétaires lourdes d'effets depuis... la crise économique et financière de 2008-2009.

Il y a un mois, devant les premiers signes de la pandémie déferlant sur le continent, Bruxelles a tenté de se mettre aux abonnés absents. Quand, au fil des jours, les inquiétudes commençaient à s’exprimer sur la capacité des systèmes de santé à encaisser le choc gigantesque dans chaque pays, le mot d’ordre dans les institutions européennes, comme pour leurs relais dans les médias dominants, c’était : « La santé n’entre pas dans le champ de compétences de l’Union européenne, voyez ça avec les États membres ! » Sur le papier, c’est rigoureusement exact… Mais ça ne l’est que sur le papier : en réalité, avec le pacte de stabilité, bien sûr, les règles draconiennes en matière de déficit public dans la zone euro et les mécanismes néolibéraux de surveillance comme le semestre européen – un cycle politique émaillé de « recommandations » aux États membres, émises par la Commission européenne et validées par le Conseil des chefs d’État et de gouvernement –, les moyens dédiés aux systèmes sanitaires dans les pays européens sont directement affectés par les diktats budgétaires de l’Union européenne. Et l’organisation de l’hôpital public, en particulier, est, elle, largement inspirée par les « bonnes pratiques » recensées par les institutions bruxelloises : partenariats public-privé ou privatisations, logiques de productivité dans l’utilisation des moyens, pressions à la baisse sur les effectifs de personnels soignants, etc.

En Grèce, en Irlande, un niveau de dépenses pour la santé publique en 2017 inférieur à celui de 2009

Les impacts budgétaires sont très frappants dans les États ciblés par les logiques les plus austéritaires, mais ils touchent, en vérité, tout le monde. Selon une étude publiée, en décembre 2019, par Rita Baeten, Slavina Spasova et Bart Vanhercke, trois chercheurs de l’Observatoire social européen, dans la Revue belge de Sécurité sociale, les dépenses de santé ont significativement baissé à la suite de la crise économique et financière de 2008-2009. Dans plusieurs pays, comme l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, Chypre et l’Irlande, les coupes budgétaires imposées dans le cadre des programmes d’ajustement avec les créanciers ont provoqué une réduction drastique dans les dépenses publiques de santé. À l’échelle de toute l’Union européenne, alors que le budget par habitant consacré à la santé avait augmenté de 3,1 % par an entre 2005 et 2009, cette croissance a été ramenée à 0,6 % par an entre 2009 et 2013, puis autour de 1,9 % ensuite… Autre élément frappant d’une décennie meurtrière dans ce domaine comme dans celui des droits sociaux, des salaires et des emplois : en Grèce et en Irlande, le niveau de dépenses pour la santé publique en 2017 était toujours inférieur à celui de 2009.

A l’automne 2019, 16 pays recevaient toujours des "recommandations spécifiques"

Cela n’est pas tout car, sous couvert de coordination des politiques macroéconomiques, la Commission et le Conseil dictent également les réformes du secteur public de santé dans toute l’Europe. À travers les « recommandations spécifiques par pays », les institutions suggèrent des contre-réformes dans de plus en plus d’États membres depuis la mise en place du mécanisme du semestre européen en 2011, là encore dans le contexte de crise de la zone euro… Si, au début, toutes les consignes, relativement limitées – la première année, seuls trois pays avaient reçu des « recommandations » en matière de santé publique – concernaient « l’amélioration de l’efficacité des dépenses », elles ont vite été réorientées et élargies : dès 2013, 17 États membres reçoivent un viatique qui va jusqu’à détailler les politiques à mettre en œuvre dans le domaine sanitaire ; ils étaient encore 16 à recevoir ces éléments à l’automne 2019 avec, par exemple, un appel pour le Portugal à en finir avec les « arriérés de paiement » dans les hôpitaux publics…

En France, une réforme saluée...

La France est, elle aussi, sous étroite surveillance. Comme la Commission le relève dans son rapport spécifique sur notre pays, paru fin février, « le ratio des dépenses publiques de la France à son PIB reste, à 56 % en 2018, le plus élevé de l’UE ». En 2019, dans leurs recommandations, les institutions européennes saluaient la réforme du système de santé, contestée vigoureusement par les personnels soignants, et encourageaient Emmanuel Macron, tout en dévoilant une fois de plus un pan de leur projet néolibéral : « Cette réforme ne pourra réussir que si un cadre juridique et organisationnel clair, créant les bonnes incitations et promouvant la collaboration entre les acteurs publics et privés, est mis en place. »​​​​​​​

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011