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7 août 2018 2 07 /08 /août /2018 04:58
Carte de déléguée à une conférence nationale du PCF de Pierre Le Rose

Carte de déléguée à une conférence nationale du PCF de Pierre Le Rose

Introduction

Marie-Pierre Le Rose et sa sœur ont fait don à l'hiver 2015-2016 à la fédération du Parti Communiste du Finistère des archives de leur père, ancien résistant et ancien secrétaire départemental du Parti Communiste du Finistère, puis adjoint au maire à Concarneau.

C'est une joie et un honneur pour nous depuis deux ans de pouvoir explorer ce passé de militant, ses documents issus de la Résistance, du CNR, ses lectures communistes, ses rapports, et à travers cela, de restituer une époque passionnante et inspirante de notre histoire.

Pierre Le Rose est le fils de Théophile Le Rose, né à Concarneau le 11 février 1900, qui était lui-même un militant communiste. Engagé à 18 ans, Théophile Le Rose était au dépôt de Brest au moment des événements faisant suite aux révoltes de la Mer Noire. Il était ami avec Théo Le Coz qui sera plus tard directeur de La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime.

Voilier, Théophile succéda à son père à la tête de la voilerie artisanale et familiale employant cinq ouvriers. Pierre Le Rose est l'un de ses deux fils, qui naît le 10 février 1923 à Concarneau.

Théophile participe au mouvement populaire qui se développe après février 1934. Il adhère au Parti Communiste en 1935 et est présent dans les différentes activités du Front Populaire (campagne électorale de 1934 où Pierre Guéguin entre au Conseil Général, de 1935 avec l'élection aux municipales de la liste de front commun, de 1936 avec la victoire aux législatives). Il participe au soutien à l'Espagne Républicaine (accueil des réfugiés, organisation des Brigades Internationales). Il organise la manifestation départementale du Front Populaire le 7 juin 1936 à Concarneau, prépare la première fête de la Bretagne du Parti Communiste à Concarneau en août 1936 avec Marcel Cachin, réceptionne et achemine Jacques Duclos en novembre 1937. Théophile Le Rose développe aussi des relations étroites avec Alain Signor, élu au Comité Central au Congrès d'Arles en 1937. Il décède après la fête de l'Humanité de Garches, le 8 juillet 1938.

Son fils, Pierre Le Rose, commence à s'intéresser à la vie politique à partir des événements de 1934 et de 1936, de la construction du Front Populaire. Il participe aux manifestations comme enfant, lit "l'Huma" à laquelle son père est abonné. Il vend des Bonnets Phrygiens, insignes du Front Populaire, à la manifestation du 7 juin 1936: Pierre a alors 13 ans. Son père décède quand Pierre atteint sa quinzième année. En 1940, à dix-sept ans, il quitte l'école pour prendre la direction de la Voilerie qu'avait conservée sa mère au décès de Théophile. Il conserve un contact avec le Parti, désormais clandestin après les accords germano-soviétiques, et il a connaissance des premiers tracts du Parti Communiste, alors plus que jamais persécuté: l'appel du 10 juillet 1940 notamment.

Au printemps 1943, avec une équipe de jeunes amis, il constitue les premiers groupes de FTP de la région de Concarneau. Parallèlement, en liaison avec Alphonse Duot, secrétaire de la section clandestine du Parti à Concarneau (reconstituée à la suite des arrestations de 1942), il organise les groupes de la J.C, le Front National et plus tard les F.U.J.P et le Front Patriotique de la Jeunesse. Il rédige et confectionne des tracts, des journaux écrits à la main ("L'étincelle", organe du Parti et des J.C, "l'Insurrectionnel", bulletin du Front National). Il participe aux diverses actions des FTP, à la propagande du Parti et des Jeunesses Communistes, au recrutement. Au Printemps 1944, Pierre Le Rose participe à la création du Comité Local de Libération dont il devient le Secrétaire. Désigné par ses camarades de la Libération (le 15 août 1944 à Quimper, Concarneau n'est pas encore libérée), il devient membre du Comité Départemental de Libération pour représenter les "Forces Unies de la Jeunesse Patriotique". Il contribue dans ce cadre à la mise en place des délégations spéciales en remplacement des institutions de Vichy et à la réintégration des Conseils Municipaux dissous en 1939 par Daladier: Concarneau, Guilvinec, Léchiagat, etc.

Il devient membre actif du Front National (l'organe unitaire de la Résistance créé par les Communistes pour fédérer largement la résistance intérieure) pour lequel il fait ses premiers meetings (Douarnenez, avec Albert Trévidic), à Concarneau aux rassemblements des J.C dont il est membre du Bureau Régional. Pierre le Rose est coopté au Comité Régional du Parti Communiste mi-décembre 1944. Il prend la parole au Congrès du Front National présidé par Joliot-Curie en janvier 1945. Il est élu aux Etats généraux de la Renaissance Française le 14 juillet 1945. Pierre Le Rose était dans la délégation du Finistère au Congrès des JC constitutif de l'U.J.R.F début avril 1945.

En mai 1946, Pierre Le Rose est élu au secrétariat fédéral du Parti Communiste (dont Marie Lambert, première députée femme du Finistère à la Libération, devint première secrétaire).

Il restera à cette fonction sous la direction de Daniel Trellu (1949-1952) et sera élu secrétaire fédéral en février 1953.

En mars 1956, Pierre Le Rose devient permanent d'Ouest Matin à l'agence de Brest et il fait son retour à Concarneau la même année. Il est secrétaire de la section de Concarneau entre 1957 et 1968. Des raisons de santé ne lui permettront pas de militer pendant quelques années et il quittera le Comité fédéral en 1968, pour y revenir en 1970 lors de la division du PCF finistérien en deux fédérations. Il sera élu trésorier fédéral en 1979.

Pierre Le Rose, infatigable militant, s'est aussi investi à la présidence des parents d'élèves du lycée dans le cadre de la FCPE, à l'ANACR, il a été secrétaire du Comité du souvenir de Châteaubriant, secrétaire du comité de jumelage de Concarneau dans lequel il s'est beaucoup investi pour développer, par-delà les souvenirs douloureux de la guerre, la fraternité franco-allemande. En 1977, il devient conseiller municipal de Concarneau et responsable du groupe communiste de 1977 à 1983.

Nous commençons à lire et transcrire cet été les compte rendus de réunions de sections, de cellules, de comité de rédaction "d'Ouest-Matin", de comités fédéraux de Pierre Le Rose, alors secrétaire départemental du Parti Communiste, en 1955-1956, dans un contexte de guerre d'Algérie, de réorientation par rapport à l'héritage de Staline suite au XXe congrès, d'effort constant pour renforcer l'audience du parti communiste dans les masses et pour réaliser les conditions d'un rassemblement populaire à gauche. 

On y découvre un PCF fort dans le Finistère (2533 adhérents, 2 sièges de députés, le 2e parti en nombre de voix aux élections législatives de début 1956), avec une implantation dans les quartiers, les entreprises. Un Parti qui est relativement serein, avec de forts consensus, sans beaucoup de débats idéologiques et politiques contradictoires, même si parfois on voit des doutes, des désaccords et des contradictions affleurer, mais avec un effort qui est dirigée surtout vers l'action, l'organisation, la "propagande" et l'explication auprès du grand public, et une très forte préoccupation pour les problèmes sociaux quotidiens de la population. Le Parti est organisé en cellules, plus ou moins active, il s'appuie sur une presse importante, y compris avec une dimension départementale et régionale (Ouest-Matin), et un travail collectif considérable, même si comme aujourd'hui, des problèmes d'organisation existent. Il est amusant de découvrir dans ces carnets le fonctionnement du Parti et son quotidien, il y a plus de 60 ans, avec des différences importantes de contexte mais aussi beaucoup de similitudes avec les préoccupations et discours actuels des adhérents du Parti Communiste.       

Pierre Le Rose, un homme multicarte... Voyage dans l'histoire

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère

 

Témoignage de Piero Rainero, ancien dirigeant départemental du PCF Finistère:

"Je viens de lire avec intérêt et avec émotion les carnets de Pierre le Rose. Intérêt car on y retrouve la précision et la rigueur de Pierre dans les relevés de notes des réunions auxquelles il participait comme dans sa responsabilité de trésorier fédéral qu'il a exercée auprès de moi pendant plus de 15 ans. Intérêt aussi car il s'agit là d'un témoignage de première main sur la vie collective des communistes dans leurs organisations, sur leurs actions, leur volonté constante d'être toujours au plus près du monde du travail, leur engagement au service de la paix, de la justice, de la défense des libertés. Emotion car j'y retrouve les noms de beaucoup de camarades que j'ai connus personnellement, avec lesquels j'ai milité, et qui sont aujourd'hui disparus mais leur mémoire revit au travers de la publication de toutes ces notes... Guy Ducoloné pendant plusieurs mois venait très souvent dans le département pour y apporter une "aide politique". Il faut dire qu'en ces temps-là la vie militante n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui. La fédé était à Brest, il n'y a pas toujours eu de voiture pour les "permanents" et les voitures personnelles étaient rares. Les déplacements se faisaient en train, en autocar, en mobylette et à vélo. Se rendre depuis Brest à Plogoff, à Penmarch, à Concarneau, à Roscoff, à Lanmeur, à Huelgoat, Carhaix, Chateauneuf du Faou par exemple, et en convoyant tracts et affiches,  était une petite expédition. Pierre me disait une fois que  pour une réunion de 2 heures à Plogoff, ou à Quimperlé où il y avait alors des sections importantes, il fallait un jour et demi de trajet et rester dormir chez un copain. Cela m'amène aussi à rappeler que les salaires de ces camarades "permanents" étaient versés quand on le pouvait et parfois......il n'y en avait pas. Ayant eu à m'occuper dans les années 70 des liquidations de retraites de plusieurs d'entre eux j'ai pu constater la gravité de certaines situations, et pas seulement en Bretagne. Car c'était une réalité nationale, avec Gaston Plissonnier du secrétariat national une commission fut mise en place pour régler au mieux ces situations délicates et je crois que dans la plupart des cas nous y sommes parvenus".

***

Notes de Pierre Le Rose, dirigeant du Parti Communiste dans le Finistère

Cahier "Visites 13.10.1955/ 09.10.1957"

Bureau de section de Brest le 13 octobre 1955.

Pierre le Rose note que le bureau de section a été convoqué « au hasard », des non-membres sont convoqués, des membres de le sont pas. Il regrette qu'il n'y ait pas à la section de membre du « bureau de section ».

Berthou dit :

« Notre presse touche 10 % de la population. Or le double nous fait confiance. Les communistes ont un réseau de correspondants dans l'entreprise, à l'arsenal. Mais il manque à cette presse une chronique sportive. Une enquête sur la situation du logement à Brest est prévue ».

On examine les ventes de l'Huma cellule brestoise par cellule brestoise, CDH par CDH : cellule Polygone, cellule Ropars, cellule Departout, cellule Dimitrov, cellule Moreau : les titres vendus sont « L'Huma » quotidienne, « L'Humanité Dimanche », « France Nouvelle », « Ouest-Matin », « Regards » : la presse communiste est pléthorique.

Dans une cellule comme la cellule Dimitrov, on compte 12 à 13 vendeurs, pour 90 Huma à vendre. Parfois, des sympathisants aident à la vente de l'Huma. Les communistes qui vendent sont souvent connus et reconnus dans leurs quartiers, on sait qu'ils défendent les gens : beaucoup de gens ont de la sympathie pour eux (propos de Prigent, qui fait quant à lui des ventes à la Criée). La situation de CDH isolés ou malades pose problème : on les recense. On recense aussi l'argent non-rentré pour des ventes de calendriers et d'almanachs.

R. Riou remarque qu'à peine 1 communiste sur 10 prend l'Huma quotidienne.

Pierre Le Rose fixe comme objectif une vente de 1900 HD.

« Ouest-Matin » traite aussi des affaires judiciaires et essaie de sortir des informations qui ne sont pas dans les autres journaux. Pour l'enquête sur le logement, on utilise des réunions de co-locataires, les connaissances de militants qui travaillent avec et pour les mal-logés avec qui le PCF organise des réunions. La section convoque aussi des réunions de femmes, des réunions de jeunes communistes.

Un militant (Pierre Cauzien, le personnage central d'"Un homme est mort", la BD de Kris et Davodeau, grièvement blessé le 17 avril 1950, le jour où les gendarmes ont tué Edouard Mazé) s'interroge sur le lien de concurrence ou de complémentarité à établir entre « Ouest-Matin » et « Le Télégramme » : « On plafonne. Les travailleurs n'ont pas besoin de savoir ce qui se passe sur leur chantier. Beaucoup de lecteurs d' « Ouest-Matin » prennent « Le Télégramme ». Ouest-Matin n'intéresse que par intermittence. Ne pas faire d'article pour l'arsenal le samedi. Le journal des militants est lus par 90 ouvriers (de l'arsenal), donc ils ont besoin de lui, mais ne l'achètent pas. Meyniel avance que c'est « parce qu'ils ont peur de dire qu'ils ont « Ouest-Matin ».

 

Le 18 octobre, réunion de section de Quimper, cellule Croizat.

8 des 12 adhérents de la cellule sont présents, dont 5 femmes.

Un rapport introductif de M. Mahieux évoque la situation internationale, la lutte pour la paix, le conflit colonial en Afrique du Nord pour la défense des intérêts capitalistes. Mais aussi des problèmes sociaux d'actualité et touchant le quotidien des gens : les salaires, le mode de remboursement par la Sécurité Sociale pour les maladies, la gestion de la Sécurité Sociale, du Comité d'Entreprise et de la Caisse paritaire, la cellule communiste est perçue comme un moyen d'asseoir un discours fort et entendu sur la gestion de la caisse de Sécurité Sociale. Dans la réunion de cellule, on parle salaires, primes, convention collective, productivité des salariés, intérêt des allocataires, organisation des conseils de l'U.N.C.A.F.

On sort de la réunion avec la décision de sortir un journal de cellule, une campagne sur les salaires, d'aider à la préparation de la conférence régionale CGT (en lien avec la future conférence nationale) et de faire signer une pétition pour la Conférence de Genève sur la Paix.

Le lendemain, 19 octobre 1955, Pierre Le Rose est à nouveau à Brest pour une assemblée des secrétaires de cellules, où l'on parle de « la nécessité de développer notre propagande dans les masses » : « exposer nos arguments face aux mouvements revendicatifs (mal logés), sur l'Afrique du Nord, sur la Paix (Conférence de Genève) ». Trois cellules brestoises ont leurs journaux, dont Stalingrad et Dimitrov.

Les cellules brestoises sont Dimitrov, Marcel Cachin, Jean Jaurès, Langevin, Stalingrad, celle des Cheminots, Departout, de Bortoli, Kérigonan, Péri-Rannou-Port de commerce, Bergot, Maurice Boucher. Kérusan, Jules Lesven, Henri Martin, Sécurité Sociale, Croizat, Bassin 4.

Leur représentation aux réunions de section d'octobre 55 :

Berthelot à la cellule Henri Moreau, résistant communiste fusillé au Mont Valérien.

Le Saux à la cellule Departout.

Prigent à la cellule Bergot.

Nédelec à la cellule Stalingrad

Le Mallet à la cellule Langevin

Paul Le Gall à la cellule Kerusan

A. Rouet à la cellule Jean Jaurès

Berthou à la cellule Kerigonan

Gabriel Paul à la cellule Ropars

Pierre Cauzien à la cellule Marcel Cachin

P. Menès à la cellule Peri-Rannou

Menès à la cellule Henri Martin

Merrien à la cellule Bassin 4

Renée Riou à la cellule Sécurité Sociale

Tanguy à la cellule Croizat

D'autres noms sont difficilement lisibles, ou non connus pour les Cheminots, E.G.F, Dimitrov, M. Boucher.

Aux réunions de secrétariat de section et de comité de section de Brest les 24 et 28 octobre, on prépare le meeting avec Marcel Servin, ancien directeur de cabinet de Thorez et député de Haute-Saône, pour la lutte pour la Paix au Sélect. Des comités Paix animés par le PCF doivent être remis en place à l'Arsenal, St Marc, à Kerinou, Rive Droite, mais Pierre Le Rose regrette que cela n'ait pas été assez préparé. Il est question d'un effort de persuasion et de rassemblement à faire auprès des travailleurs socialistes. Les Socialistes de la Rive Droite ont refusé la rencontre proposée par la cellule communiste. On affirme la volonté d'assurer la succès de la liste CGT aux élections à la Sécurité Sociale.

Berthou regrette que la cellule des Cheminots brestois soit « complètement morte, sans vie ».

Le 10 novembre 1955 Pierre Le Rose est à Quimper pour la réunion du Comité de Section, présidée par une femme apparemment, Renée Delord, alors qu'à Brest, c'était Renée Riou qui présidait la réunion du comité de section.

A cette réunion quimpéroise sont présent Perchec, Renée Delord, J. Le Berre, Le Page, Plouhinec, Pédel, Guivarc'h, Guillemet, L. Tyruen. On regrette le nombre d'absents et d'excusés. Pédel fait le rapport et entrevoit la possibilité de l'union des forces de gauche et de l'unité PS-PCF pour changer de politique. On se propose aussi de s'adresser par lettre au Parti Socialiste à cette intention. Mais aussi de s'adresser aux radicaux et aux mouvements laïques. De participer à des comités de patronage, pour viser toujours plus loin le rassemblement. On propose de distribuer l'Avant-Garde, le journal du MJCF, aux jeunes chrétiens et de faire un travail spécifique en leur direction.

On propose le développement des porte-à-portes, des réunions de quartiers, dans les usines, chez les particuliers. On demande qu'il y ait une distribution plus méthodique et rationnelle du matériel de la fédération auprès des cellules.

A Quimper des cellules existent à Locmaria, Eau-blanche, à l'Ecole Normale, on peut de reconstituer celle route de Douarnenez, et route de Pont L'Abbé, de s'adresser aux couches agricoles du canton en abordant les problèmes paysans et en visant les cultivateurs aussi bien que les ouvriers agricoles. La section à un journal, « le Travailleur quimpérois », et une fête, la « Fête du Travailleur quimpérois ». On s'interroge sur les moyens de redynamiser les cellules qui ne fonctionnent pas, sur les jours les plus appropriés pour se réunir afin de toucher les actifs. On met en avant l'importance du porte-à-porte « car les réunions des dernières élections n'attiraient pas les foules » (Plouhinec).

Le 13 novembre 1955, une « assemblée d'études », de réflexion sur les problèmes sociaux auxquels est confrontée la population est organisée à Quimper.

Signor y évoque la question des salaires, des impôts, des allocations familiales, de la politique de guerre, rappelant que la lutte pour la Paix était le problème décisif, et met aussi en avant la nécessaire recherche de l'unité pour la défense des intérêts populaires.

Jacob met en avant le problème de la propriété de la terre, de la nécessité que la terre revienne à ceux qui la travaillent, et de l'école laïque.

Larnicol évoque le problème de la pêche et de la crise sardinière.

Gabriel Paul parle des prochaines élections et de la « bataille pour notre liste ».

Le 24 novembre, Pierre Le Rose participe à une réunion du Comité du Parti à l'Arsenal et en fait aussi un compte rendu très détaillé avec les interventions des uns et des autres : Beuzen, Prigent, Le Nédélec, Kermoal, Merrien, B. Manach, Berthelot, Ducoloné. Plusieurs cellules existent à l'arsenal (Henri Martin, Bassin 4, J. Lesven, Camphin, Artillerie, Pyro), mais leur animation n'est pas toujours simple (ouvriers dispersés, militants qui militent aussi dans leurs quartiers). Une seule cellule fonctionne bien, dut A. Merrien, la cellule Marcel Cachin. La diffusion de « Ouest-Matin » apparaît faible à l'Arsenal mais la CGT est en tête, ce qui traduit de la sympathie pour l'organisation qui est combattue par la presse (« Le Télégramme ») que les ouvriers lisent.

Le 26 novembre 1955, Pierre Le Rose est à Quimper pour un comité de rédaction de Ouest-Matin animé par Perchec avec comme autres présents A. Lequellec, Pédel, Larzul, JF Hamon, R. Delord, Guivarch. Perchec déclare qu' « un journal est un meeting », qu'on doit « y trouver les aspirations de toute la population », s'intéresser par exemple aux problèmes des travailleurs des faïenceries et des biscuiteries, avoir des chroniques régulières d'entreprises, être attentif aux revendications des gens dans les quartiers, « montrer la possibilité du changement de politique » et « dénoncer les élus réactionnaires ». Les faiblesses de « Ouest-Matin » apparaissent comme étant l'information générale et le sport. On part sur l'idée de se constituer un réseau d'informateurs, en réunissant la cellule communiste de la céramique, en travaillant avec les syndicats (Friant), notamment des conserves (Saupiquet), mais aussi du Bâtiment, des employés. Essayer de se documenter, de faire parler les gens. On prépare une réunion pour les correspondants et informateurs du journal le 3 décembre.

Le 13 décembre 1955, Pierre Le Rose assiste à la réunion de la section de Landerneau qui a elle aussi plusieurs cellules – Marcel Cachin (Plouédern), Sampaix (centre-ville), Paul Langevin, Barbuse (Garenne) et organise des réunions spécifiques pour les femmes adhérentes et sympathisantes et « les vieux », en plus des réunions de cellule et de section auxquels ceux-ci assistent. Lors de cette réunion, on observe l'attente des travailleurs dans le Léon d'un nouveau Front Populaire et on regrette que la SFIO n'ait pas répondu à la lettre d'invitation à la discussion du Parti. Louis Le Roux doit participer à une réunion électorale à la Roche-Maurice et l'on prévoit les collages avec moto et bidons de colle.

Le 13 janvier 1956, le comité de section du PCF à Brest analyse les résultats des élections législatives. Le PCF est dans deuxième position et garde ses 2 sièges de députés dans le Finistère mais perd un peu de terrain par rapport à la SFIO. A Brest, il perd 4,6 % par rapport aux élections précédentes. On observe que la confusion des relations PCF-SFIO n'aide pas : « le pays veut un front républicain, un gouvernement de front populaire » (J. Le Saux). Le PCF essaie de travailler les conditions de cette unité de la gauche à partir de la base, dans les quartiers, les entreprises, comme à l'Arsenal. On fait le décompte des adhérents qui ont repris leur carte : 379 à la section de Brest.

Beuzen pousse un coup de gueule : « On ne commence pas sur le plan de l'optimisme. Ce qu'on demande, c'est une politique de gauche. On ne va pas pleurnicher sur des voix ! Comment mener cette bataille pour un Front Populaire, voilà l'important. A l'Arsenal, on distribue des tracts tous les jours, mais on n'arrive pas à réunir tous les cadres du Parti ». D'autres camarades (Ducoloué) remarquent que les scores du Parti ne sont pas mauvais et que la gauche a les moyens d'avoir une majorité parlementaire, que les citoyens ont senti que des « forces de changement existaient ». On regrette néanmoins l'abstention de 28 % qui touche de nombreux travailleurs. On observe qu'il n'a manqué que 171 voix pour finir premiers à Brest. On observe des progrès là où les cellules travaillent bien (St Marc, 4 Moulins), de reculs là où elles ont peu d'activité (St Pierre, Lambézellec): « le parti n'est pas un Parti comme les autres » (Ducoloné). On parle de 16 nouvelles adhésions à Brest début janvier 1956, de 137 000 F collectés à la Souscription. L'année précédente (1955) c'était 94 adhésions qui avaient été enregistrées à Brest.

Lors d'une réunion du comité de section de Brest en mars 56, on parle dans la nécessité de réimplanter le Parti dans les entreprises : E.G.F, P.T.T, Monoprix. Pierre Le Rose insiste pour lui-même dans la marge sur la nécessité de faire des compte rendus de mandats pour nos élus.

Le 10 mars 56, Pierre Le Rose est à Locquirec, où l'on a placé 36 cartes, et où le vote pour le parti s'appuie sur 56 familles et 92 sympathisants. Les comptes sont précis. Un jeune, Pierre Prigent, anime le parti à Locquirec. 7 Huma-Dimanche y sont diffusés par Paris et on y compte 20 abonnés à « La Terre ».

Le 24 mars 56, c'est le comité de rédaction de « Ouest-Matin » à Douarnenez. La chronique locale est confiée à Cornec, la rubrique sportive à « Mazéas frère » (sic), sympathisant. On se pose la question de l'animation de la rubrique de Morlaix. On propose que l'animateur du comité de rédaction du journal, Perchec, vienne un jour par semaine à Douarnenez pour assurer la liaison. On suggère une enquête sur les rues de Douarnenez, de travailler avec la police et la gendarmerie pour les faits divers, de faire jouer tout un réseau d'informateurs du parti dans les activités professionnelles. On regrette que trois articles d'un camarade de Pouldavid (Jaffrin) ne soient jamais parus.

Le 28 mars 1956, c'est le bureau fédéral. La discussion est introduite par un rapport de Louis Le Roux posant un certains nombres de problèmes politiques du moment :

De fortes inquiétudes sur l'Algérie, le besoin d'explications et la difficulté d'en donner aussi au vu des hésitations du gouvernement. Le Parti a pris la parole à l'arsenal devant 60 ouvriers, dont 40 jeunes, sur le sujet. Le Parti va chercher à développer le comité « Paix en Algérie » en faisant des réunions dans les quartiers. On remarque que les socialistes sont très divisés sur la question algérienne, que certains sont pour quitter le gouvernement. Louis Le Roux parle d'apathie de la CGT sur la question de l'Algérie. Louis Le Roux évoque aussi, pour ce qui est de l'activité interne du PCF, « la nécessité de faire connaître les travaux du 20e congrès » : « il y a une bataille idéologique à mener. Des camarades des cellules ne comprennent pas. Les analyses erronées de Staline restent. Il faut étudier les ouvrages de manière approfondie ».

Le Parti Communiste Français en Finistère, en mars 1956, représente aux dires de Louis Le Roux lors de ce comité fédéral 2 533 adhérents, dont 696 nouveaux. 540 adhérents de 55 n'ont pas repris leurs cartes en 56.

On discute la position du Parti sur les pouvoirs spéciaux en Algérie et les contradictions du positionnement pour la Paix même si on ne met pas en discussion la nécessité de lutter pour la Paix. La question algérienne complique la volonté affirmée par le XXe Congrès et les participants de la réunion de chercher le rassemblement le plus large possible, et l'unité avec les socialistes. On parle de la préoccupation vive des jeunes, des travailleurs, des femmes par rapport à la violence en Algérie et à la mobilisation des appelés, de savoir si on peut parler de « nationalité algérienne », avancer le mot d'ordre d'un « cessez-le-feu ». On regrette que l'UD CGT n'agisse pas sur la question algérienne.

Quelques jours plus tard, Pierre Le Rose est en réunion avec 7 secrétaires de cellule de la section de Morlaix : Bideau (cellule Barbuse), Cueff (Pouliet), Guivarc'h (La Madeleine), ? (illisible) (hôpital), ? (illisible) (EGF), ? (illisible) (cheminots). ? (illisible) (Ville-Neuve), ? (illisible) (Tabacs). La discussion s'engage sur « Ouest-Matin » :

Voici les notes de Pierre Le Rose

« 1. le journal ne doit pas être strictement politique.

2. Pourquoi ne tient-on pas compte du travail du correspondant.

3. Comment augmenter les ventes sans rubrique locale ».

On propose que Jean Nédélec fasse un compte rendu du 20e congrès le samedi 14 avril 1956 à la maison du peuple.

A l'ordre du jour du Bureau Fédéral du 11 avril 56, Jean Nédélec développe sur la question du désarmement, le Conseil Mondial de la Paix, l'organisation du mouvement de la Paix.

1920-2017: le beau parcours de notre camarade Jean Nédelec, militant de l'enseignement laïque et du Parti Communiste

Le Télégramme, 4 avril 2017: disparition de Jean Nédelec, grande figure du militantisme

Le bureau Fédéral du 18 avril 56 examine comment aboutir au cessez-le-feu en Algérie. Louis Le Roux dans son rapport précise que la politique du Parti n'est pas toujours comprise: à Quimperlé, Fouesnant, Quimper. Le Parti organise des réunions importantes sur le thème de la paix en Algérie, sur les dangers de Poujade (sur les listes duquel Le Pen ne tarderait pas à se présenter). Des comités jeunes sont créés à Benodet, Penmarc'h. On parle de la demande d'aide d'une des cellules (!!!) de Berrien pour organiser une manifestation. On évoque des difficultés dans le Parti par rapport au vote pour Guy Mollet et l'unité avec les socialistes qui mènent une politique de guerre en Algérie, un besoin d'explication sur la question algérienne, le fait national algérien (qui peut se heurter à l'esprit colonialiste). Participent à la discussion de ce comité fédéral: au moins Louis Le Roux, P.Jaouen, Menès, Tanguy, Ducoloné, J. Nédelec. 

C'est Marie Le Manchec qui préside le Comité Fédéral du 27 janvier 1957. Souvent, les réunions sont présidées par des femmes. Paul Le Gall se charge du rapport, abordant la situation en Hongrie et en Pologne, parlant d'un "renforcement de l'unité du camp du socialisme", parlant de la lutte pour les salaires et les droits des locataires HLM, de la lutte pour la Paix en Algérie, des négociations avec le FLN, l'intervention de l'ONU. Il recense 19 sections dans le Parti Communiste en Finistère, et 60 cellules, 60 adhésions depuis début janvier, liées aussi à la position du Parti Communiste pour la paix en Algérie: 30 à Brest, 4 à Bénodet, 4 à Carhaix, 5 à Morlaix, 6 à Scrignac... 12 sections n'ont pas fait remonter leurs adhésions. 31 cellules ont fait remonter leurs effectifs. 

Larnicol (Finistère Sud) évoque à ce comité fédéral du 27 janvier Guy Mollet, "l'associé impitoyable du capitalisme". Interviennent aussi M. Le Goff, Jean Nédélec, Larnicol, Ducoloué, Louis Le Roux, Laot, Echardour, Marie Le Manchec, Gabriel Paul, Paul Le Gall, qui présente un rapport sur "le problème des femmes", avec une forte coloration sociale sur les travailleuses de la conserve, des magasins, l'impact de la guerre d'Algérie sur les femmes. Le Parti revendique pour les femmes à ce moment là le 13e mois d'allocation familiale et l'allocation dès le premier enfant. 200 femmes sont inscrites à Brest à l'Union des Femmes Françaises, émanant du PCF. Un rendez-vous pour les jeunes filles communistes est prévu à Quimper le 24 février 1957. 

Louise Tymen intervient pour considérer que "le comité fédéral s'intéresse peu au problème des femmes". Marie Le Manchec considère qu'il y a deux problèmes sérieux à prendre en compte dans la période: le racisme, et la situation des femmes. Ce sont là des tâches impérieuses du PCF: 740 femmes à Brest attendent du travail. Pour autant, les femmes sont souvent plus rétives aux idées communistes. Jean Nédélec considère même que "les femmes ne comprennent pas combien elles sont exploitées". Guy Ducoloné expose la position du PCF par rapport à la guerre d'Algérie - "il faut en finir!"- les faux-semblants des discours de Guy Mollet et conclut en disant: "on ne ménage pas les dirigeants socialistes". Un meeting pour la paix en Algérie est prévu dans la semaine à Brest. On parle d'un devoir de grève vis-à-vis des Algériens, d'efforts à faire et de lutte pour qu'ils ne soient pas victimes de répression. On juge que sur la question de la paix en Algérie, "le parti se conduit bien". 

Le 15 février 1957, Pierre Le Rose participe à la réunion du comité de section de Concarneau. On parle de l'organisation d'un meeting aux Halles 15 jours après. Les 8 cellules de Concarneau sont Jean Jaurès (20 adhérents), Lanriec (15 adhérents), Fabien (18 adhérents), Karl Marx (17 adhérents), A. Le Lay ( 5 adhérents), Beuzec (14 adhérents), Lin, La Boissière, soit un nombre d'adhérents à Concarneau au total de 99. La section de Concarneau entend organiser une semaine Paix en Algérie avec tracts, pétition, brochures nationales du PCF,  meeting aux Halles. 

Au comité fédéral du 24 février 56, on revient sur les résultats des candidats communistes aux élections municipales à Carhaix. Paul Le Gall introduisant en disant que "pour la population, les réalisations municipales sont essentielles. Même si le fonctionnement d'une municipalité et le rôle d'élu renferme en eux des "sources d'opportunisme". Pour le PCF, il convient de placer les élections municipales dans leur cadre propre, c'est une occasion de "faire pénétrer nos mots d'ordre", d'élargir, d'où l'importance du choix des candidats, de servir la cause des travailleurs. A Carhaix, en 57, le PCF progresse en nombre de voix (1410) par rapport aux élections de 53 (1338), tout particulièrement à Plouguer (120 voix gagnées). Entre les deux tours, on parle de développer la nécessité du Front unique à gauche. 

Au bureau fédéral, des responsables de propagandes thématiques sont nommés: Gabriel Paul à l'Arsenal, Pierre le Rose auprès des Marins, Pierre Jaouen de Berrien, décédé en 2016 à l'âge de 92 ans, auprès des paysans, secrétaire de la section de Huelgoat et de la cellule de Berrien.     

Hommage à Pierre Jaouen, militant du Parti Communiste de Berrien, décédé à 92 ans, dont les obsèques ont lieu ce 9 mars 2016 à Carhaix

A la réunion de section de Concarneau du 26 février 1956 à laquelle assiste Pierre Le Rose, puisque c'est d'abord sa ville et sa section (17 présents sur 99 adhérents), J. Dantec s'exprime pour dire que sur l'Algérie, "les communistes n'ont pas tous les arguments", qu'il faut aller "visiter les cellules". Il y a aussi des difficultés à faire connaître notre position en matière municipale: rappeler que les HLM sont dus à l'action des communistes, il faut les mettre à la portée des travailleurs. J. Dantec se plaint que les conseils sont préparés trop vite. A Concarneau, les communistes sont très majoritaires chez les dockers, les communaux, les marins. Mais on n'y vend que 33 Huma en vente militante.       

Au Comité fédéral du 24 mars 1957, organisé en deux séances, s'expriment après le rapport de Paul Le Gall: Jo Laot, Marie Le Manchec, Louis Le Roux, Gabriel Paul, Echardour, JD Larnicol, M. Le Goff, R. Riou, P. Le Rose, H. Ménès, Ch. Gourmelon. Paul Le Gaul évoque des critiques internes par rapport aux insuffisances de fonctionnement de la fédération: pas de lutte dans les masses, des cellules qui ne vivent pas, ne s'expriment pas, même si d'autres sont très actives, la nécessité de développer les journaux de cellule, de bien préparer les ventes de masse de l'Huma. Echardour considère que le Parti n'a pas assez proposé et travaillé pour la jeunesse depuis le Congrès, qu'il faut poser le problème de l'Unité du Parti. Jean-Désiré Larnicol, ancien résistant, secrétaire de la section du Guilvinec, ancien conseiller général (de 1945 à 1949), trésorier fédéral (https://www.gastonballiot.fr/le-pays-bigouden-dans-la-guerre-2/le-pays-bigouden-dans-la-guerre/jd-larnicol-j-lebrun/) parle des Marins-Pêcheurs, de la nécessité pour le Parti d'être présent au Comité d'Action Laïque. 

Louis Le Roux parle du flou des objectifs du Marché Commun, du rôle que l'Allemagne y joue, du problème de la défense des libertés, au regard duquel Poujade n'est pas l'aspect essentiel. Il évoque 2900 adhérents pour le PCF en Finistère en 1956 et 1878 reprises de cartes fin mars 1957. Un différentiel inquiétant qui invite "à s'interroger sur les causes": 

- élections de 56

- la Hongrie

- pas d'esprit de suite à la direction fédérale

La presse communiste est jugée par le rapport de Louis Le Roux insuffisamment lue. L'objectif qu'il fixe est de gagner 1000 lecteurs à l'Huma-Dimanche et de la publicité. On parle ensuite salaires et revenus dans l'agriculture, la métallurgie et le bâtiment, la conserve, chez les marins-pêcheurs.   

Le 5 juillet 1957, Pierre le Rose participe à sa réunion de cellule Karl Marx à Concarneau. On s'y plaint d'un relatif échec du meeting pour la Paix en Algérie: "on travaille mais ça n'avance pas. On distribue des tracts mais il y a personne aux meetings". Un intervenant déplore le racisme ordinaire contre "les bicots". Un intervenant avance que les gens ne sont sensibles à la guerre d'Algérie que quand un proche y participe. 

A la conférence de la section de Concarneau le 11 mai 1957, on remarque que malgré les événements de Hongrie, la section a gagné 5 adhérents. On parle néanmoins d'un "grand désordre" d'organisation dans le Parti, d'une difficulté à mobiliser les adhérents dans les réunions de cellule. On parle de développer les syndicats CGT dans les entreprises, face aux progrès de la CFTC, de travail plus soutenu à accomplir vis-à-vis du monde rural et agricole. Des soldats en Algérie ont écrit à la fédération du PCF, nous dit-on.   

Une conférence fédérale a lieu le 18 mai 1957, présidée par Auguste Le Guillou.

Paul Le Gall présente le rapport fédéral: la bataille contre l'armement atomique, pour la paix en Algérie, en posant la question, aiguë à ce moment dans le parti, du rapport avec les socialistes compte tenu de leur politique répressive et guerrière en Algérie (à la section  de Rosporden, on ne veut plus de politique unitaire, Paul Le Gall pense qu'il est possible dans ce département de faire changer les socialistes d'attitude), la lutte contre Speidel, le marché commun, la situation de la classe ouvrière dans le Finistère, le rapport au militantisme syndical des communistes, l'expression du Parti ("Si le Parti ne s'exprime pas, nous n'avançons pas"), le lien avec les ouvriers agricoles et les paysans, les marins, l'activité des cellules. On parle d'un effort particulier à déployer dans les cellules rurales du Finistère dans des zones où l'on sent l'influence de la CFTC  et des "dorgéristes" (populistes de droite). Paul Le Gall annonce 2 300 adhérents en mai 57 et trouve cela insuffisant. Le but est d'atteindre les 3 000 en déployant de gros efforts en direction de la jeunesse. Des Brestois ont contribué ainsi à créer une UJCF (Jeunes communistes) et une UJRF (Union de la Jeunesse républicaine de France), organismes émanant du PCF, au Guilvinec. L'Union des Femmes Françaises, également liée au PCF, compte elle plusieurs groupes actifs dans le département, travaillant aussi avec des femmes non adhérentes. A l'UJFF, il y a 70 adhérentes, avec des antennes à Brest, Quimper, au Guilvinec et à Concarneau, à comparer aux centaines de jocistes.  Le travail des instituteurs au SNI est mis en avant, comme la belle participation à la fête de la section de Quimper, sous le signe de la lutte contre le fascisme, et les bons contacts avec les socialistes dans les organisations laïques. 

Dans son rapport introductif, Paul Le Gall parle de 18 municipalités à direction communiste dans le Finistère. Le Finistère se place sinon en 12e position pour le placement de l'Humanité Dimanche, même si Ouest-Matin a disparu. Si les militants et CDH du Finistère parviennent à intégrer les 10 premiers fédérations, ils pourront envoyer un camarade en URSS! 

Jean Prigent de Brest intervient sur le problème du logement à Brest: 18 000 logements sinistrés, 12 000 en reconstruction, une fédération de locataires qui devient plus active. 

Caudan, de Morlaix revendique 80 adhérents à Morlaix, regroupés en 10 cellules, dont 3 d'entreprises et précise qu'"il existe des cellules qui marchent" mais que le travail se fait plus sur des initiatives personnelles que sur une organisation vraiment collective. 

Louis Le Roux, nouveau secrétaire fédéral, propose la liste des délégués pour la commission de candidatures (F. Echardour, F. Tanguy, A. Lozach, Y. Gourlay, J. Pédel, Droal) , pour la commission résolution (P. Le Rose, A. Damard, H. Ménès, C. Gourmelon), et pour la commission mandats (Gabriel Paul, L. Monfort, A. Nédélec, L. Le Gall)     

Nicole Le Goff de Brest intervient sur l'organisation des femmes dans le parti.   

Jean-Claude Corre de Brest regrette que la fédération vieillisse et n'ait pas tout mis en oeuvre pour tenter d'attirer des jeunes militants. Les membres du parti, selon lui, ne connaissent pas assez la jeunesse, manquent de confiance dans les jeunes, du moins certains camarades. 

JF Hamon de Quimper intervient sur l'action du Parti vis-à-vis des instituteurs, à partir notamment de la revue "L'Ecole et la Nation", dont la diffusion est passée de 60 à 90-95 (sur 3000 instituteurs, dont plus de 190 au Parti dans le département: Pierre Le Rose dément ces chiffres en marge). Au moins 20 des lecteurs de la revue ne sont pas au parti. A instituteur sur 10 environ vote pour les listes communistes dans le Finistère, selon JF Hamon. 13 normaliens et normaliennes sont abonnés à la revue communiste sur l'école.       

Pédel (Quimper) met en avant une moyenne d'âge de 43 ans à la conférence de section de Quimper. La jeunesse est présente. De nouvelles femmes ont intégré le comité de section. 

D'autres camarades interviennent: M. Le Manchec de Brest, Jean Nédelec, de Brest, Hervé Bernard, de Douarnenez, Le Duff de Brest, Pierre Cauzien de Brest (la lutte des techniciens de l'Arsenal), Carguilo de Brest, un camarade de St Pol de Léon (C de Moine?)

 

Le lendemain, la conférence fédérale reprend, et la discussion s'engage sur l'impôt, les cours du poisson et la situation des marins. L'après-midi, c'est le grand résistant Daniel Trellu qui préside la séance de la conférence du Parti Communiste du Finistère. 

Daniel Trellu (1919-1998): instituteur, responsable de la résistance communiste bretonne, militant, poète bretonnant

 On procède aux amendements sur les résolutions.

La commission des mandats fait son rapport.  

29 sections sur 31 sont présentes (Kerhuon et Motreff abstents), avec 191 délégués à cette conférence fédérale dont les délégués présentent une moyenne d'âge de 38 ans. 70 de ces délégués sont ouvriers, 5 marins-pêcheurs, 16 employés, 24 instituteurs, 7 artisans, 6 paysans, 7 ménagères, 1 cadre, 19 travailleurs de l'Etat, et 18 fonctionnaires. 

Les candidats sortants du comité fédéral qui se représentent sont: 

Joseph Brivoal, Pierre Cauzien , Jerôme Coutellec, François Echardour, Arsène Gourant(?), Charles Gourmelon, René Guillamet, Pierre Jaouen, Joseph Laot, Jean-Désiré Larnicol, Paul Le Gall, Michel Le Goff, René Le Moal, Pierre Le Rose, Louis Le Roux, Jean Nédélec, Gabriel Paul, Alphonse Penven, Henri Plochinec, Renée Riou, François Tanguy, Daniel Trellu, Henri Ménès, Albert Guirec, Cosquer, Camille Diougout(?), Anna Damard, Ferdinand Le Goff, Marie Le Manchec, Jean Le Saux, André Lozac'h, Albert Merrien, Louis Monfort, Jean Pédel, Louis Le Quilliec, Louise Tymen, Pierre Salaün. 

Ne sont pas représentés: Joseph Beuzen, Thomas Damard, Jean Hémon, François Tournevache, Le Moal, Bodéré Guillaume. 

Sont intégrés au comité fédéral: José Corre de Brest, Jean Droal de Quimperlé, Geneviève Jolivet de Quimper, Paul Guéguin, de Brest, Jeanne Le Goff, de Brest, Jean Prigent, de Brest, Henri Roudaut, de Landerneau, Julien Faou de Lesconil. 

Cette liste de 46 membres présentés pour le comité fédéral est élue à l'unanimité. 

Le discours de clôture de Michel Vaudel dénonce l'usage généralisé de la torture en Algérie, l'attitude du gouvernement socialiste de Mollet vis-à-vis de l'Algérie. Il plaide pour "la liquidation du système colonial". On constate que, malgré l'intensité des attaques dont il est l'objet, le parti communiste reste un acteur important, écouté, que sa stratégie d'union de la gauche ne le dessert pas, bien au contraire, car elle correspond à des attentes populaires. L'objection de l'unité d'action avec les socialistes est réaffirmé, comme celui d'avoir un parti d'action, et de renforcer la démocratie dans le parti en travaillant au lien avec la jeunesse.       

Carte d'adhérent de Pierre Le Rose en 53

Carte d'adhérent de Pierre Le Rose en 53

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