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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 08:00

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C'est à la fête de l'Huma, par un beau dimanche matin en septembre 2010, que nous apprenions, devant le plateau de l'émission de Stéphane Paoli sur France Inter, 3 D, que Claude Chabrol, auteur prolifique d'une soixantaine de longs métrages, avait cassé sa pipe. Cinquante deux ans plus tôt, en 1958, Chabrol était présent à la Fête pour réaliser un reportage photographique sur la Fête de l'Humanité, qui était publié en dernière page du journal.

Claude Chabrol est un enfant de la moyenne bourgeoisie catholique, fils d'un pharmacien parisien qui fut résistant de la première heure pendant l'occupation et protégea son enfant en l'envoyant commencer ses années de collège dans un petit village de la Creuse. Après avoir été un élève brillant en classe de philosophie au lycée Montaigne de Paris, Claude Chabrol pensa surtout à s'amuser en fac de droit, où il fut un compagnon de facétie de Jean-Marie Le Pen pendant trois ans, avant de se mettre à la critique cinématographique et à la mise en scène à la fin des années 1950. Chabrol fut à deux doigts d'adhérer au Parti communiste aux premières heures de la Cinquième République. Dans Un jardin bien à moi, le très beau livre d'entretiens qu'il signait en 1999 avec François Guérif, Claude Chabrol disait à sa manière sceptique et désinvolte: « (en 1958), je trouvais que les communistes étaient ceux qui avaient l'analyse la plus juste. J'étais d'accord sur le diagnostic, beaucoup moins sur la prescription... J'avais envie de m'inscrire au Parti communiste, ne serait-ce que pour essayer de leur expliquer l'absurdité du remède, ce qui était d'une naïveté absolument magnifique. Je me sentais plus ou moins comme un compagnon de route, qui voulait se rapprocher ».

Pourtant, les rapports de la gauche intellectuelle avec l'œuvre cinématographique de Claude Chabrol ont été longtemps très réservés, basés sur des procès d'intention et des malentendus: le sens de la farce et de la distance ironique de Claude Chabrol n'y est peut-être pas pour rien. Dans son deuxième film, Les Cousins (1949), Chabrol filme un petit groupe de jeunes cons débauchés contents d'eux, membres d'une Corpo de droit à Paris. On reproche à son film de trop sympathiser avec la bêtise de ses personnages, jusqu'à taxer Chabrol de dérive fasciste (Michèle Firk écrivait dans Positif: « Chabrol décrit avec tendresse un monde qu'il a l'air de bien connaître; Jeune nation, nazisme... » ). Dans ses films, basés sur une observation aigüe neutralisant les affects, Chabrol montre avec la méchanceté et l'acuité critique d'un moraliste du XVIIème siècle le mal, la bêtise, la mesquinerie de l'homme et du monde social dans lequel il évolue. Ce qui fait qu'on peut avoir des doutes sur ses intentions et même croire qu'il témoigne d'une certaine complaisance vis à vis des saletés qu'il donne à voir, c'est qu'il souligne rarement la leçon morale de ses drames, se plaisant au contraire à rendre les victimes amorales ou antipathiques et les salauds presque sympathiques parce qu'ils sont tragiquement seuls contre tous ou parce ce qu'ils sont étonnamment bon vivants et moins ternes que leur entourage. On peut penser ici au médecin (Michel Duchaussoy) de Que la bête meure (1969) qui cherche à se venger de la mort de son fils tué dans un bourg de Cornouaille par un chauffard sans scrupule (Jean Yanne) et qui devient obsédé par une haine froide au point de rendre le salaud de beuf riche - patron garagiste-  qu'il traque plus humain et sympathique, dans sa connerie satisfaite d'elle-même et sa verve gouailleuse, que son ennemi qui instrumentalise la haine du fils du garangiste pour son père pour arriver à ses fins.

Contrairement à d'autres compagnons des Cahiers du Cinéma et de la Nouvelle Vague, tels que Godard, Rohmer, Truffaut, Chabrol refuse les charmes faciles du lyrisme et du romantisme qui déréalisent le monde social pour porter au pinacle l'individualité rebelle et l'amour-passion extrême. Il préfère explorer la complexité de l'âme humaine, faite de noirceur, de candeur, d'égoïsme sans borne et de soif d'absolu inassouvi, en allant au cœur de faits divers (réels ou d'emprunt littéraire) révélateurs des contradictions sociales dans lesquelles elle donne toute la mesure de ses possibles. Comme Balzac, Flaubert ou Simenon, il fabrique de la prose réaliste et tragi-comique avec le trivial des passions dévorantes et des bassesses de l'homme moyen, dans des milieux sociaux divers (bourgs ruraux, petite et grande bourgeoisie, monde des employés...). Il le caractérise à merveille sans jamais réduire les personnages à leurs statuts sociaux et leur enlever leur dimension d'universalité et d'opacité (qui fait que leurs actes semblent toujours l'effet d'un libre-arbitre se manifestant dans la gratuité d'un geste spontané et imprévisible, et ne sont pas produits simplement par des déterminismes psychologiques ou sociologiques évidents), ni les salir ou les grandir à l'excès. Ces personnages peuvent donc nous perturber et nous déranger parce que nous pouvons reconnaître en eux une partie (réelle ou potentielle) de nous-mêmes. « La rigueur de Chabrol, écrit Thierry Jousse dans Les Cahiers du cinéma en octobre 2010, c'est de regarder ses personnages avec une certaine distance sans pour autant s'extraire de leurs tourments existentiels, de leur contradictions profondes, le tout sans enseignement moral ou condamnation superflue ».

Sans être à proprement parler des films engagés ou sociaux, les films de Chabrol manifestent comment les individus peuvent venir à sombrer dans le crime ou le comportement le plus amoral en revendiquant une forme de reconquête de leur liberté, dans une société corsetée par des conventions bourgeoises souvent hypocrites et hostiles à l'épanouissement individuel, particulièrement celui des femmes. On pense ici à l'institutrice du Boucher, jouée par Stephane Audran, qui par amour va jusqu'au bout protéger le sensible, vulnérable et mystérieux ex-soldat de la guerre d'Indochine (Jean Yanne, magnifique dans ce film) arrivé peu avant au village, dont elle est tombée amoureuse, un peu sans doute par désir inconscient de protection maternelle, et qu'elle a découvert progressivement, après avoir tout fait pour se voiler la face, être l'assassin récidiviste de jeunes enfants qui terrorise ce village paisible mais inquiétant de Dordogne.

On pense aussi aux criminels amants des Noces rouges (Michel Piccoli et Stephane Audran), film inspiré du fait divers des « amants diaboliques de Bourganeuf » dans la Creuse, qui apparaissent curieusement anachroniques, vivants et sympathiques par rapport à la société petite-bourgeoise pompidolienne rassie et triste incarnée par leurs conjoints respectifs, la maladive et dépressive bigote que Michel Piccoli, son mari, finit par empoisonner, et le conseiller général véreux, ambitieux, sans orgueil et sens de l'honneur, qui consent à tolérer l'adultère de sa femme, Stephane Audran, et de son premier adjoint à condition que ce dernier l'autorise à effectuer une opération frauduleuse d'enrichissement personnel en vendant ses terrains pour la construction de nouveaux lotissements dans la commune. Cet éclairage sur la prévarication et l'affairisme en politique sera aussi renforcé plus tard par le film inspiré de l'affaire Elf avec des personnages construits à partir d'Eva Joly, Le Floch Prigent, et Roland Dumas. Dans Les noces rouges, la haine de Stephane Audran pour son mari qui la conduira à le tuer avec son amant naîtra de l'abjection de ce marché sacrifiant tout affect (l'amour, la jalousie, la volonté de vengeance) à l'argent. A la sortie du film, Chabrol avait déclaré, bravache: « je déteste les bourgeois, mais j'en suis un alors je me venge. Je veux rendre les bourgeois malades, leur donner mal au cœur ».

Dans La femme infidèle (1969), on est confronté à une dialectique semblable entre sentiments et intérêt, et ce qui en ressort est le triomphe de l'attachement à la sécurité bourgeoise avec son vernis rassurant qui cache les plus grandes folies: la délicieuse femme de Chabrol à la ville à l'époque, Stephane Audran, joue, là encore, le rôle de la femme infidèle de Michel Bouquet (dont la prestation dans ce film est d'une qualité incroyable), chef d'entreprise nerveux et surmené que l'on nous présente comme un intrus dans sa propre famille, troublant par son esprit de sérieux sinistre la relation de camaraderie joyeuse entre sa femme et son fils. A la fin du film, en retrouve une forme de pitié et de sympathie pour ce bourgeois qui a tué froidement l'amant de sa femme après s'être entretenu avec lui là où cette femme, parfaitement maîtresse d'elle-même et fort peu passionnée, choisit, pour ne pas compromettre les intérêts de sa tranquillité, de faire comme si elle ne savait pas que son mari était responsable de la mort de son amant.

Dans Merci pour le chocolat, la situation est symétrique: c'est le mari, le pianiste virtuose joué par Jacques Dutronc, qui choisit délibérément par faiblesse, désir de tranquillité, ou amour, de faire comme si sa nouvelle femme, Isabelle Huppert, n'avait pas, quinze ans plus tôt environ, prémédité la mort de son amie et rivale auprès du pianiste en la faisant avaler à la dérobée un somnifère qui a provoqué son endormissement au volant et son accident de voiture. Les héroïnes de Chabrol sont souvent criminelles ou bourreaux de leurs maris parce qu'elles sont « organiques en quelque sorte, au plus près de leurs pulsions vitales, comme débarrassées, pour le meilleur et pour le pire, d'une certaine culpabilité, et en même temps atteintes d'une forme de bovarysme qui les perdra » (Thierry Jousse). Par bovarysme, entendons, le mépris de la trivialité du quotidien et le rêve irréaliste d'une vie de roman et de faste qui rend incapable de supporter les contraintes de son état.

Même opposition entre l'individualisme radical, la volonté de mordre la vie et les valeurs gardiennes de d'ordre social bourgeois dans le plus beau des trois films de Chabrol sur la période de Vichy, Une affaire de femmes, avec une Isabelle Huppert magnifique dans le rôle de la femme du peuple ennemie de la routine, des contraintes du foyer, rêvant de grande vie, qui désespère de voir revenir son mari de captivité et d'avoir à supporter sa présence soupçonneuse et accusatrice. Pour échapper à sa pauvreté sordide si contraire à ses espérances, elle gagne de l'argent, toujours plus d'argent, en pratiquant des avortements clandestins et en sous-louant son appartement à des prostituées, en couchant avec un jeune flambeur collabo, avant d'être dénoncée par son mari humilié et condamnée à mort par un procureur de Vichy qui entend faire un exemple pour bien asseoir dans le sang l'Ordre Moral des cabotins de l'extrême-droite française. Dans « Une affaire de femmes », il n'y a comme le dit François Guérif, ni coupable, ni innocent (la jeune femme n'a aucune conscience morale mais elle agit selon des impulsions qui révèlent sa santé, son goût de la fête, du plaisir, son refus de la médiocrité et de la résignation à la frustration: se faisant, elle sacrifie à son bonheur à peine découvert ses enfants, son mari, l'honnêteté: mais en face, il y a des gens qui ne vivent pas et qui jugent, des gens que la haine et le ressentiment font agir), sinon le « régime immonde » de Vichy: « Le seul coupable est ce régime immonde, que des gens essaient encore de défendre. Que l'on puisse encore plaider pour Vichy, ce goût de la médiocrité et de la merde chez certaines gens, ça me fascine... Travail:je veux bien croire que Pétain ait travaillé dans sa jeunesse, mais il se reposait sur ses lauriers depuis un bout de temps. Famille: excusez-moi, Maréchal, mais vous n'en aviez pas; vous avez profité de l'époque pour épouser une divorcée et, à ma connaissance, vous n'avez jamais eu d'enfant. Patrie: elle était aux ordres d'un pays étranger. Tout cela était tellement immonde. Et tout ce qui est ordre moral, imposé d'en haut, me débecte » (Chabrol, Un jardin bien à moi).

Qu'elles soient victimes de bourgeois libidineux et pervers (La Fille coupée en deux, tourné il y a cinq ans où une jeune et jolie présentatrice de télé contractuelle- Ludivine Sagnier- se fait corrompre par un vieux beau libertin, écrivain à succès – François Berléand- qui abîme son innocence en la conduisant à des soirées échangistes avant de se faire assassiner par le jeune homme de bonne famille dégénéré que son amante éconduite consent à épouser par dépit, Benoît Magimel), assassins de bourgeois branchés, satisfaits d'eux-mêmes et condescendants dans leur bienveillance outrée (La cérémonie, le thriller tourné dans la région de Saint-Malo avec Isabelle Huppert, la postière psychopathe, et Sandrine Bonnaire, la femme de ménage à la limite de l'autisme...), en butte au machisme, à l'indélicatesse, et à la violence des hommes (Les Bonnes femmes: quatre jeunes et jolies employées d'une quincaillerie parisienne qui s'ennuient à mourir au travail et cherchent à trouver leur part de rêve dans des sorties collectives, la nuit, jusqu'à ce que l'une d'entre elles tombe par malchance amoureuse d'un romantique serial-killer...), les femmes du peuple chez Chabrol sont les personnages privilégiés pour évoquer, sinon la lutte des classes, comme Chabrol avait prétendu le faire dans La Cérémonie (qu'il avait qualifié de film « marxiste » dans sa tournée promotionnelle), du moins la violence des rapports de domination symbolique créés par les inégalités sociales et une société qui reste une société de castes.

L'idée d'une victime de l'arrogance et de la vulgarité bourgeoise qui se retourne contre les membres les mieux connus de la caste qui l'humilie se retrouvait déjà dans le premier grand film de Chabrol avec Isabelle Huppert, Violette Nozière, où Violette est la fille naturelle d'un homme politique important qu'elle fait chanter. Chabrol a le don pour construire des personnages de bourgeois salauds, froids et cyniques exploitant la simplicité des autres: on pense notamment au personnage inspiré par le présentateur de télévision Jacques Martin (tel qu'il aurait été s'il avait été un sordide escroc) joué par Philippe Noiret dans le très grinçant les Masques (1987), qui sous couvert de prévenance et de sentiments paternels cherche à escroquer sa nièce dont il a pris la garde à la mort de ses parents. La soif de l'or, l'intérêt sordide, sont souvent l'origine du mal qui peut passer par l'instrumentalisation des autres et l'imposture, l'escroquerie et le meurtre. « Le fric, disait Chabrol a François Guérif, a toujours eu une importance considérable dans notre univers. Je ne vomis pas le fric, il vaut mieux en avoir que ne pas en avoir. Ce que je vomis, c'est vivre pour le fric. C'est la sacralisation du fric, la monopolisation de la société. Et depuis qu'elle joue au Monopoly à longueur de temps, la société file le plus mauvais des cotons ».

Il y autre chose chez Chabrol qu'une simple autopsie ou critique satirique des mœurs de la bourgeoisie, de ses rituels, de ses interdits et de ses codes- un don pour le grotesque et l'humour noir, un formidable talent de mise en scène et de direction d'acteurs, des interrogations morales et métaphysiques sur le mal et la cruauté, la liberté, la place du hasard dans le destin, l'aspiration à l'absolu, la dépendance et l'allergie à l'autre – mais force est de constater que sa vision du social et du politique a été loin d'être inoffensive pour la domination bourgeoise dont le réalisateur a révélé les jeux pervers dans l'arrière-cuisine.

 

Ismaël Dupont.

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18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 06:10
J'ai participé en tant que candidat du Front de Gauche aux législatives dans le Finistère à un débat à la radio finistérienne RCF Rivages sur la thématique Energie (centrale, environnement, transports, logement) - un des 4 débats organisés par la radio - avec Jacques Le Guen, député UMP sortant de Landerneau-Landivisiau, et Martine Petit, candidate EELV à Quimper.
J'y ai défendu les propositions du programme "L'Humain d'abord" sur la planification écologique dans toutes ses dimensions.
Les animateurs du débat étaient Marion Watras, de RCF Rivages, et Edouard Daniel, du magazine Brest Mag.
 
Le débat a eu lieu en direct de 18h à 19h le mardi 15 mai.
 
Pour écouter le débat: sur internet www.rcf.fr/radio/rcf29
Morlaix: 96.7 FM, Brest: 89 FM, Quimper: 92.6 FM, Carhaix: 105.2 FM
Ismaël Dupont.
Vous pouvez réécouter le débat de ce mardi à cette adresse : http://www.rcf.fr/radio/rcf29/emission/381861/381862
L'émission sera également rediffusée sur l'antenne de RCF Rivages, samedi 19, à 11h.

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 16:39
On sait que sous les gouvernements précédents les réformes de l'Etat et des collectivités territoriales ont été, au nom de la rationalisation , des leviers importants de la réduction du volume et du rôle des services publics. C'est cette logique que les Français ont rejetée lors de l'élection présidentielle en même temps que la politique de rigueur et d'austérité aggravée qu'on voulait leur imposer. Il appartient à l'exécutif de respecter cette volonté populaire.
C'est pourquoi nous demandons d'ores et déjà à Mme Lebranchu de s'engager à réduire la précarité dans la fonction publique en allant vers une titularisation des 800 000 précaires de la fonction publique et des augmentations de salaire. L'autre urgence est d'abroger la réforme des collectivités territoriales mise en place par la droite et contre laquelle les socialistes ont voté au Parlement il y a un an et demi, reforme de recentralisation, d'approfondissement du fossé entre les élus et les citoyens et de la casse des services publics. Il s'agira ensuite d'engager un débat national pour penser les moyens de démocratiser les collectivités territoriales et de renforcer les services publics de proximité.
 
Ismaël Dupont et Marie Huon, candidats du Front de Gauche dans la IVème circonscription du Finistère
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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 09:33

 Réunion publique cantonale -  Débat

 

FRONT DE GAUCHE

L’HUMAIN D’ABORD

 

EGALITE FEMMES/HOMMES

 

 

 

 

Avec

 

Laurence COHEN

Sénatrice communiste

Responsable nationale « Droits des Femmes »

 

Ismaël DUPONT Marie HUON

Candidats aux législatives

 

 

 

 

Réunion publique

Mardi 22 mai à 20H

Salle de Saint-Eutrope

PLOUGONVEN

 

 

Imp. Spéc.PCF.

 

 

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Société égalitaire ou Société d’ordre sexué ? Laurence Cohen*

le 14 novembre 2011

Société égalitaire ou Société d’ordre sexué ? Laurence Cohen*

La bataille idéologique fait rage, dans une situation de crise systémique, les conquêtes des femmes sont remises en cause au nom du « libre choix ». 

En 2011, n’est-il pas paradoxal de devoir écrire un article justifiant l’importante et incontournable place des femmes dans la vie des institutions publiques et politiques ?
Faut-il rappeler l’héritage de la révolution française et notamment l’article 6 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 qui proclame « Tous les citoyens étant égaux aux yeux de la loi sont également admissibles à toutes les dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités et sans autre distinction que celles de leurs vertus et de leurs talents ». Ces droits universels sont en réalité des droits  essentiellement masculins. Et pourtant, certains philosophes « des Lumières », comme Condorcet, posent la question des femmes dans la sphère publique. Olympe de Gouges prête sa voix aux femmes dans une déclaration des droits de la femme. D’autres femmes sont dans la rue pour exiger du pain ! Mais la révolution les exclut de l’expression formalisée, institutionnalisée de la vie politique.

Le conservatisme de la société française a maintenu les femmes dans une situation d’infériorité juridique durant des décennies. Quelques rappels pour mémoire : les filles ne sont accueillies à l’école publique qu’en 1878, ce n’est qu’en 1944 que les femmes ont obtenu le droit de vote et d’éligibilité ; jusqu’en 1946, les réductions des salaires féminins étaient légalement autorisés ; jusqu’en 1965, les femmes n’avaient pas le droit de travailler sans demander l’autorisation de leur mari ; jusqu’en 1967, les moyens de contraception médicale, notamment la pilule, étaient interdits ; la dépénalisation (sous conditions) de l’IVG, n’a été adoptée définitivement qu’en 1979…Ainsi, outre les différentes formes de pressions culturelles ou religieuses, les institutions républicaines de notre pays joueront un rôle important dans l’existence et le maintien des dominations masculines sur les femmes.

 

Ce sont les luttes des femmes qui permettront qu’elles soient reconnues comme des citoyennes à part entière !
Mais la bataille idéologique fait rage et dans une situation de crise systémique, les conquêtes des femmes sont remises en cause au nom du « libre choix ». Parler de liberté de choix dans une société capitaliste est un leurre qui peut conduire à des positions fausses et dangereuses. Pour n’en rester qu’au sujet de la place des femmes dans les institutions, notre rôle de parti révolutionnaire n’est-il pas de créer les conditions favorisant la prise de pouvoir des femmes ?

On ne peut, en effet, en rester à ce constat accablant : les femmes occupent une portion congrue dans la sphère politique, même après le vote de la loi sur la parité le 6 juin 2000. Cette loi qui fait toujours débat au sein de la société française, jusque dans nos rangs : «  La parité serait une affaire de quotas, elle institutionnaliserait la différence des sexes, elle obligerait les femmes à assumer des responsabilités alors qu’elles ne sont pas prêtes ou pas capables… Une femme pour une femme, c’est un non sens. » Il est intéressant de noter qu’on ne s’interroge jamais sur les capacités réelles des hommes, elles sont « naturelles».

La bataille de la parité

 

Ces blocages, que l’on retrouve dans tous les partis politiques y compris au sein du PCF, ne sont-ils pas dus, pour une part, au fait que s’attaquer aux pouvoirs politiques, c’est aussi remettre en cause les comportements individuels, intimes qui touchent la sphère privée ?

Pourtant, au-delà des controverses concernant la parité, cette loi nous invite à construire de nouvelles avancées démocratiques. La parité n’est pas une fin en soi, il s’agit d’un levier, d’un outil permettant de remettre en cause l’exclusivité du pouvoir masculin et d’obtenir la reconnaissance de l’égalité des droits dans le domaine politique. Mais cette loi doit être modifiée, enrichie pour obtenir enfin le partage des pouvoirs. Les mesures financières ne sont pas suffisantes, elles sont même inefficaces. Les grands partis paient les pénalités, et rien ne change sur le fond. Mettons en place un bilan des candidatures et au-dessous des 50% de représentation des femmes, le parti concerné serait frappé par une interdiction administrative de concourir à telle ou telle élection. Ainsi, il serait pénalisé dans la représentation de tous ses candidats qu’ils soient hommes ou femmes. N’y aurait-il pas également besoin de mesures coercitives comme l’arrêt des modes de scrutins uninominaux au profit des scrutins de liste ? A titre d’exemple, les femmes ne sont que 107 femmes députées soit 18,7% à l’assemblée nationale, alors qu’elles sont 48,8% dans les conseils régionaux.

L’exemple de la réforme des collectivités territoriales illustre parfaitement combien le combat contre les discriminations de sexe reste un enjeu démocratique. Si cette loi n’est pas abrogée, de nombreux conseillers seront supprimés et remplacés par des conseillers territoriaux siégeant à la fois dans les conseils généraux et les conseils régionaux avec un titulaire et un suppléant. Il y a fort à parier que les titulaires seront des hommes, les suppléantes des femmes, ce que nous venons de vivre aux dernières cantonales ! Les choix des candidatures pour les élections législatives de 2012 étant en cours, il nous faut être particulièrement attentives à la représentation des candidates. Quand on se bat pour la pleine égalité entre les femmes et les hommes, on se bat pour faire évoluer la société tout entière. Ainsi, notre engagement va de pair avec celui en faveur de la proportionnelle, indispensable pour sortir du poids de la notoriété des sortants, permettant un vrai renouvellement, donc plus de femmes et de jeunes. Enfin pour donner un sens nouveau aux institutions il est indispensable de permettre aux hommes et aux femmes de toutes conditions sociales de participer aux affaires du pays, ce qui nécessite de mettre en place un statut de l’élu.

 

La situation des femmes, leurs conquêtes sont un baromètre de la civilisation, à nous de mener le combat ensemble pour faire en sorte que la société fasse un bond en avant en obtenant l’égalité politique.
 
*Laurence Cohen est responsable du secteur Droits des femmes/féminisme du PCF.

ÉGALITÉ FEMMES/HOMMES : DES DIFFéRENCES À L’INDIFFéRENCE ! Laurence Cohen, Elisabeth Ackermann, Francine Perrot*

le 08 mars 2012

ÉGALITÉ FEMMES/HOMMES : DES DIFFéRENCES À L’INDIFFéRENCE ! Laurence Cohen, Elisabeth Ackermann, Francine Perrot*

Le mouvement féministe a, en quelque sorte, obligé nos sociétés à s’interroger sur les questions de domination. L’histoire, la sociologie, l’anthropologie ainsi que les sciences politiques se sont alors penchées sur la question de genre.

Que recouvre cette terminologie de genre ? N’est-ce pas une traduction un peu hâtive de gender qui nous vient des pays anglo-saxons ? Apparu à la moitié du XXe siècle, ce concept a été employé par des médecins américains qui voulaient témoigner d’un « hiatus » entre corps et identité.

Gender renvoyant à la dimension culturelle de la sexuation du monde, ne faut-il pas plutôt parler « des genres » ce qui englobe à la fois la notion « de sexe biologique » et celle « de sexe culturel, social » ? D’après, l'historienne Joan W. Scott, l'une des pionnières de la théorie du genre : « le genre est un élément constitutif de rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon première de signifier des rapports de pouvoir ».
Le mouvement féministe a, en quelque sorte, obligé nos sociétés à s’interroger sur les questions de domination. L’histoire, la sociologie, l’anthropologie ainsi que les sciences politiques se sont alors penchées sur la question de genre.

La main d’œuvre féminine au cœur de l’exploitation
Pourtant, on a l’impression, quand on mène des batailles féministes et qu’on s’adresse aux progressistes, militant-e-s syndicaux/ales et politiques, d’être plongé-e-s dans une sorte de schizophrénie ! La tendance consiste, en effet, à diluer les luttes spécifiques des femmes dans les exigences globales du mouvement social avec une exacerbation en période de crise.

 

Le patronat, lui, a bien intégré la notion de genre, et il utilise le travail féminin comme une sorte de laboratoire d’expérimentation lui permettant de généraliser précarité et flexibilité à l’ensemble du monde du travail. La main-d’œuvre féminine est une des catégories de main-d’œuvre qui modèle depuis 20 ans l’évolution du marché du travail et son aliénation est au cœur du rapport salarial d’exploitation.
Prenons l’exemple des femmes immigrées, très représentées dans les entreprises de nettoyage, mais aussi de services à la personne, elles ont en quelque sorte, été les expérimentatrices involontaires de normes d’insertion voulues par les patrons : il s’agit d’une insertion « individuelle », avec mise en concurrence féroce des individus sur des critères de plus en plus subjectifs, entraînant une fragilisation sociale et psychique accrue.
Mais ne perdons pas de vue ce paradoxe : le travail, même difficile et dévalorisé, constitue une émancipation pour les femmes, le rejet d’un ordre social qui réduit l’activité féminine à l’espace domestique. Si les femmes sont en première ligne des attaques, elles le sont aussi dans les luttes : ouvrières de Lejaby contre la fermeture de leur entreprise, salariées de ED à Créteil ou de DIA (ex ED) en Isère contre le travail dominical…

 

Aux pratiques patronales discriminatoires, s’ajoutent les politiques publiques longtemps pro-familiales et pro-natalistes, qui ont renforcé les inégalités de sexe et conforté les mentalités en confinant les femmes dans un rôle exclusif de procréation.

Le féminisme, vecteur de toute émancipation humaine

 

L’égalité pleine et entière est loin d’être gagnée, l’obscurantisme veille et pas seulement loin de chez nous. Rappelons-nous, récemment, la montée en première ligne de Christine Boutin, contre le nouveau programme des classes de Première L et ES en Sciences de la vie et de la terre. La présidente du Parti chrétien démocrate, relayant la position du Vatican, préconisait ni plus ni moins de censurer les travaux scientifiques sur « le genre », les accusant de parti pris idéologique. Démonstration supplémentaire que le féminisme reste une lutte sulfureuse et subversive, confortant notre analyse, à savoir qu’il n’est pas possible de transformer la société sans placer le féminisme comme vecteur de toute émancipation humaine.

L’exemple du travail ou des programmes scolaires résume bien la façon dont les institutions, au sens large, traitent des questions de genre et de sexualité, dans un schéma de référence unique : patriarcal et hétéronormé. Les média pourraient jouer un rôle dans la vulgarisation des recherches sur ces questions, au lieu de reproduire à l’envi des stéréotypes sexistes. Quant à la représentation des femmes en politique, il est inquiétant de constater que les progrès sont très lents et que la loi sur la parité ne peut être utilisée dans les scrutins uninominaux !

Soyons de celles et de ceux qui révolutionnent toutes ces pratiques d’un autre âge et qui imposent le respect de la dignité des femmes dans tous les domaines. Luttons contre les préjugés, déconstruisons les représentations qui enferment dans un modèle. à quelques semaines du premier tour de la présidentielle, notre discours ne doit pas
être globalisant mais « sexué». Il doit prendre réellement en compte les femmes/citoyennes dans leur quête d’égalité, 70 ans après leur conquête du  droit de vote. C’est la seule façon de changer la donne, de modifier le rapport de forces et de gagner. Comme Jean-Luc Mélenchon le fait dans les meetings ou encore face à Marine Le Pen pour dénoncer la réalité de son programme réactionnaire et xénophobe, les candidates et les candidats aux législatives du Front de Gauche auront à cœur de porter haut et fort les exigences des femmes.
Ce sont elles qui façonnent  le projet de société que nous voulons bâtir ensemble pour une société de progrès, de justice sociale, de respect mutuel, du mieux vivre ensemble, de l’égalité.

 
 Les exigences des femmes


• l’autonomie financière, pour laquelle no us proposons la publication des bilans d’égalité des entreprises précisant les résultats réels en matière d’égalité dans  l’embauche, les  salaires,  la formation, la reconnaissance des équivalences des métiers ; la formation d’un corps d’inspecteurs pour veiller à l’application réelle de l’égalité professionnelle ; l’attribution de fonds publics aux entreprises qui respectent l’égalité  salariale. Le temps de travail partiel imposé ne sera plus la norme. Le SMIC sera  porté à 1 700 euros et les droits à la retraite  rétablis à 60 ans à taux plein. Des politiques pour déconstruire les représentations sexuées des métiers seront menées. Un  pacte pour le développement des services publics sera signé ainsi que la création d’un service public de la petite enfance.

• la liberté de pouvoir disposer de son corps. Dans cet esprit, seront organisées des campagnes d’information  et de prévention concernant  la contraception et  l’avortement avec prise en charge à 100%. La loi HPST sera abrogée, les ARS supprimées. Les centres IVG seront maintenus et développés en milieu hospitalier.

 

La Revue du Projet, n° 15, mars 2012

 

• le partage des pouvoirs par l’exercice de toutes les responsabilités politiques et électives à égalité.
Et enfin pour veiller à l’application réelle de cette politique, nous remettrons en place un ministère « droits des femmes » dont le rôle sera transversal avec des pouvoirs et des moyens réels. 

*Laurence Cohen, Elisabeth Ackermann, Francine Perrot sont membres du secteur Droits des femmes/féminisme du PCF

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 07:57

 Que l'engagement naisse de la perpétuation d'un modèle familial ou social, d'une révolte individuelle, qu'il sorte des tripes ou de la maturation d'une réflexion, il est tout autre chose qu'un plan de carrière auquel donnerait droit une bonne naissance, une expertise technicienne ou une notabilité.

S'engager, c'est le plus souvent prendre le risque de l'action collective pour servir des causes qui dépassent le service de ses intérêts personnels sans certitude de succès. C'est accepter de ne plus rester spectateur, critique ou non. C'est s'atteler à transformer en efforts tangibles des bonnes intentions, en ayant le courage de se positionner face au monde social à travers des affirmations et des refus décidés, inconditionnels, actes de croyance et de foi tranchant sur le scepticisme, le pragmatisme individualiste ou fatalisme désabusé. L'engagement veut faire taire tous les « A quoi bon! », les « Rien de nouveau sous le soleil » ou les « on a tout essayé, on n'y peut rien! ». L'engagement ne se nourrit pas forcément d'optimisme béat: il regarde la volonté plus que le souhait ou le désir.

Celui qui s'engage peut être méfiant vis à vis des apparentements et jaloux de son indépendance et refuser d'intégrer une chapelle ou un camp. Il prétendra ainsi malgré tout faire la leçon au monde ou exercer un pouvoir d'influence dont la réalité dépendra de son aura et de sa surface d'exposition aux autres consciences. Il peut aussi refuser la lutte politique ou sociale pour s'attacher à bâtir du lien social, à construire de nouvelles solidarités et à faire vivre l'humanité au plus près du quotidien des gens, dans l'action sociale, associative, humanitaire. Ces deux types d'engagement – celui de l'internaute franc tireur ou de la jeune femme ou du jeune homme engagé dans une ONG – suscitent un peu plus de vocations chez les jeunes aujourd'hui que l'action politique pure et dure. C'est une affaire de méfiance vis à vis de l'engagement partisan, de désillusion vis à vis de la politique et de refus de toute forme de compromis avec son indépendance, mais les choses changent... L'aggravation des injustices et des inégalités, le libéralisme autoritaire et la montée de l'extrême-droite font de plus en plus percevoir aux jeunes la nécessité de passer au-dessus des réserves et des soupçons vis à vis de l'engagement politique: on l'a vu notamment à travers le mouvement des Indignés.

Celui qui s'engage peut, s'il perçoit dans la vie politique autre chose qu'une lutte pour le pouvoir et une affaire puérile ou tristement répétitive de domination et d'intérêts, chercher à s'intégrer à une dynamique qui le dépasse, à une organisation collective qui ne reflète pas en tout point ce qu'il est ou ce qu'il pense. Il agira alors dans le but d'œuvrer à un changement des mentalités, de dessiller les yeux des hommes endormis, de convaincre, de faire agir les autres pour qu'ils changent la société dans le but souhaité afin de mettre ses idées au pouvoir dans un avenir plus ou moins lointain.

Il agira avec d'autres, devra composer avec l'existant, sera pris dans des rivalités de personnes, des affrontements d'orgueils ou de dogmatismes, à l'intérieur même de son camp, sans parler de la sympathie de ceux qui ne pensent pas comme lui qu'il risque bien de s'aliéner.

Il pourra se demander assez souvent à quoi il sert vraiment, s'il a vraiment du poids pour servir ses idées, orienter son organisation dans le sens souhaité, mais des liens de fraternité noués avec le temps, la conviction que, seul, on ne peut pas faire bouger les choses, les prises de responsabilité, lui feront surmonter ses premières déceptions ou désillusions, accepter certains compromis avec l'idéal et avec les pesanteurs liées au collectif, à ses traditions et à sa diversité interne.

S'engager, c'est donner des coups et en prendre alors que l'on veut paradoxalement se rendre utile aux autres et bien souvent être appréciés et reconnus par eux. C'est abandonner un peu de sa tranquillité, de la richesse de sa vie familiale, amicale, intime ou intérieure, pour se frotter toujours jusqu'à risquer se s'y perdre un peu soi-même à des partenaires d'engagement à qui l'on est relié par un intérêt commun mais pas toujours par des liens d'affinité plus profonds. C'est parfois vivre à cent à l'heure, avec toujours une tâche à entreprendre, un contact à établir, un déplacement à faire, ce qui nous distrait de nous-mêmes, peut nous griser et nous étourdir, nous rendre relativement insouciants par rapport à des petits ou gros problèmes qui préoccupent les autres. L'engagement peut être un temps un garde-fou contre l'ennui, l'angoisse et la mélancolie. Il peut être une drogue, une fuite en avant qui nous rend incapable de nous retrouver seuls avec nous-mêmes et les gens qui nous entourent, dans une relative oisiveté qui sera mal supportée tant on deviendra dépendant d'une activité trépidante ou de l'adrénaline des combats que nous nous avons pris coutume de mener.

L'engagement est aussi une école de la vie qui nous fait surmonter notre timidité et notre flemme, découvrir l'autre, prendre conscience du monde, nous enrichir intellectuellement dans les débats, à l'épreuve du réel ou au contact de l'expérience d'autrui.

Il fait que nous pouvons nous sentir vivre intensément et parfois, sur un mode plus ou moins illusoire, il nous donne le sentiment d'être importants pour les autres ou pour l'avenir de notre société. Il nous permet de ne pas nous replier sur nous-mêmes ou sur l'étroitesse du cercle familial et des préoccupations matérielles mesquines.

Il nous place toujours en regard de l'autre, de l'obligation de ne pas le décevoir et d'être reconnu par lui: il nous permet souvent de rester droits sauf quand il se pervertit dans la détestation des adversaires et l'emploi de tous les moyens pour les rabaisser, la vanité ou la course aux avantages et honneurs extérieurs. L'engagement peut aussi nous rendre excessif, injuste, irrespectueux, partial, simplificateur: il porte en lui la démesure et le sectarisme s'il n'est pas tempéré par la bonhommie, le sens du relatif, de la dignité et de la fragilité de l'humain.

L'engagement a ses degrés. On peut signer une pétition, chercher à convaincre ses amis, ses voisins, sa famille, manifester à l'occasion, franchir le pas d'une adhésion syndicale ou politique, donner la moitié de sa vie à une cause, ou se sacrifier même pour elle quand les circonstances l'exigent. Pourquoi s'en tient-on à un engagement restreint ou va t-on vers un engagement plus dévorateur d'énergie et de temps? C'est une question de hiérarchisation des priorités, de goût, d'exigence vis à vis de soi-même, de rencontres opportunes, de modèles auxquels notre histoire nous a confronté ou non. L'engagement peut prendre des formes variées dans l'histoire mais il n'est pas le privilège d'un temps déterminé. En revanche, il est des moments qui le réclament tout particulièrement, c'est ceux où l'on assiste à une montée des périls, à une fragilisation de l'édifice culturel et social qui rendait possible la coexistence pacifique des membres d'une société.

Ne nous y trompons pas toutefois, si l'engagement manifeste souvent une certaine forme de courage, il n'est pas toujours vertueux et généreux pour autant: on s'engage aussi à l'extrême-droite avec audace en méprisant souverainement les réactions d'incompréhension et de rejets de ses voisins. L'engagé poursuit souvent des chimères, habille la réalité de ses rêves, se construit un monde de sens complètement fantasmatique et hermétique au retour du réel et du bon sens. Le moteur de son énergie peut être la haine ou le ressentiment, et il y a toujours une part d'envie d'en découdre dans l'engagement. L'engagement est une manifestation limpide de notre liberté qui se traduit parfois aussi malheureusement par le choix de la déraison, de l'aveuglement, du suicide collectif.

Aujourd'hui, s'engager, c'est aussi plus modestement mais non moins difficilement, mettre ses actes quotidiens en conformité avec ses idées, conformer ses modes de vie et de consommation à une volonté de changer les choses globalement pour réduire l'impact des activités humaines sur l'environnement, se préoccuper du bien-être animal, promouvoir la vie saine et simple, le commerce équitable et un revenu décent pour les producteurs. Ce type d'engagement est exigeant et peut paraître excessif à certains car il nous fait nous attacher de manière sourcilleuse à ce que certains jugent un peu hâtivement des détails et vivre à contre-courant du monde, dans un idéal de sobriété et de simplicité volontaire qui rappelle parfois celui des moines ou des ascètes d'antan. Cet engagement est toutefois très intéressant car il politise ce qui autrefois relevait de la morale privée et rend politique la relation de soi à soi: je dois rendre ma vie exemplaire en regard du monde dans lequel je veux vivre, je dois faire comme si elle décidait du monde, quelques soient les torts et les inconsciences des autres en dehors de moi. Cet engagement doit pouvoir interpeller les autres sans les effrayer, maintenir la radicalité d'une exigence et d'un idéal sans s'enfermer dans une radicalité qui ferait que l'on nous prendrait pour un illuminé. De plus en plus, chez les jeunes, il se joue un mode communautaire et festif, voire nomade, qui en fait une utopie d'aujourd'hui pour un monde désenchanté et renoue avec la geste des hippies un peu recouverte des cendres du matérialisme dans les années 1980.

 

Ismaël Dupont.

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 06:49

Le choix de Jean-Marc Ayrault par François Hollande pour assurer la fonction de premier ministre était en cohérence avec les options idéologiques de longue date du nouveau président: un centre-gauche libéral hérité de la deuxième gauche, ennemi de la conflictualité entre les classes et vis à vis du monde capitaliste et financier, partisan de l'orthodoxie budgétaire et d'un "réalisme économique" qu'on invoque pour justifier le peu d'empressement à répondre aux attentes et aux revendications des salariés, des précaires, de tous ceux qui, dans ce pays, souffrent et aspirent à une juste rémunération de leur travail ou à une juste reconnaissance de leur qualité de citoyens.

Jean-Marc Ayrault a nommé un gouvernement qui, tout en préservant a minima  les équilibres politiques politiciens internes au PS (avec Montebourg, Fabius, les aubryistes) et avec les partis satellites (radicaux, EELV), est plutôt très marqué à droite, et fort peu annonciateur d'une volonté résolue de réorientation de l'Europe, de rupture avec la réforme néo-libérale de l'Etat et des services publics (éducation, collectivités territoriales...), ou de refus de l'austérité. Cette politique probable de rigueur et de compromission avec les exigences de la finance dont la composition du gouvernement est annonciatrice est incapable de nous sortir de la crise économique, sociale, écologique et démocratique que vit notre pays comme tant d'autres en Europe, soumis au joug du libéralisme autoritaire.  

Jugez plutôt.

 Côté gestion économique de la France, qui avons-nous? Pierre Moscovici, ministre de l'économie, un technocrate social-libéral arrogant proche de Dominique Strauss-Kahn dont on se demande quand on l'écoute attentivement, surtout quand il a le temps de s'exprimer sur une radio pour gens bien nés telle que France Culture, comment des gens qui ont des intérêts et des valeurs de gauche pourraient lui faire confiance.

A côté de lui, ministre délégué au budget, Jerôme Cahuzac, qui jugeait presque fantaisiste à la taxation à 75% des revenus de plus de 1 millions d'euros par an que Hollande avait annoncé par surprise pour servir de contre-feu à l'ascension du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon, ce même Jerôme Cahuzac qui dans un rapport sur la protection sociale et la compétitivité co-redigé avec le parlementaire de droite Pierre Méheigneurie, préconisait de réduire de 1 an le bénéfice possible de l'indemnisation chômage pour "fluidifier" le marché du travail et restaurer l'équilibre des caisses.

Caution de gauche du gouvernement avec Montebourg, Benoît Hamon hérite d'un ministère passionnant mais sans véritable levier de pouvoir sur la politique économique, celui de l'économie sociale et solidaire.

Au ministère du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social (une formulation très chrétienne-démocrate ou CFDT d'Edmond Maire de Nicole Nota, ou de Chérèque...), on trouve Michel Sapin, un partisan de l'austérité, l'homme du "donner du sens à la rigueur" de la première partie de campagne présidentielle de François Hollande.

Vincent Peillon, l'homme qui ferait passer Jaurès pour un humaniste mystique partisan d'une République apaisée de petits propriétaires plutôt que pour un leader socialiste marxiste et partisan de la propriété publique des moyens de production et d'échanges, cet opportuniste qui a choisi pour occuper un créneau au sein du PS le Non au référendum sur le TCE de 2005, puis le soutien à Royal, l'abstention sur le Traité de Lisbonne, avant de se faire le partisan de la stratégie d'union avec le centre, hérite du ministère de l'éducation nationale. Je n'attends pas grand chose pour ma part en tant que praticien de l'enseignement de cet homme que je sens fondamentalement en accord avec l'agenda de la réforme néo-libérale de l'école et des Universités. A ses côtés, Geneviève Fioraso, nommée à l'enseignement supérieur, a travaillé pendant plusieurs années dans des entreprises spécialisées dans les hautes technologies et on la dit particulièrement à l'écoute des attentes du monde de l'entreprise.

A l'Intérieur, dans la peau du super-flic sans excès de sentimentalisme, Manuel Valls, le partisan de la TVA sociale qui se situait plus à droite que Strauss-Kahn encore: c'est l'idiot utile du sarkozysme qu'on récompense pour les satisfecits répétés qu'il a su donner aux politiques sécuritaires, liberticides, stigmatisantes, anti-immigration, du gouvernement Fillon. Le changement, c'est maintenant... Pitié, on aurait tant voulu y croire...

Jean-Yves Le Drian à la défense: les intérêts du budget de la Défense, du nucléaire militaire, des avionneurs, seront bien gardés. Dans le genre conservateur des équilibres anciens et pragmatique opportuniste, on ne fait guère mieux que ce proche de Hollande depuis la période des "trans-courants" inspirés par le centrisme de Delors.  

Stephane Le Foll, ministre de l'agriculture et de l'agroalimentaire: les intérêts de l'agriculture productiviste et de l'agro-business, là encore, seront sans doute jalousement préservés par cet interlocuteur qui a toute l'estime de la FNSEA, et l'emploi agricole pourrait continuer à chuter tandis que la transition écologique de l'agriculture se fera attendre.

Marisol Touraine à la santé. De cette strauss-kahnienne, on aimerait pouvoir attendre autre chose qu'un approfondissement de la réforme néo-libérale de l'hôpital et de la protection sociale ou qu'un statut quo par rapport au travail de démantèlement déjà accompli par la droite? D'ailleurs, dans le programme de François Hollande, il n'est pas question de recrutement de nouveaux fonctionnaires dans la santé, ni de la suppression du forfait hospitalier, des déremboursements de médicaments et franchises médicales. Sa ministre déléguée, Michèle Delaunay, est une "ministre chargée des personnes âgées et de la dépendance" et non de la perte d'autonomie: n'est-ce pas révélateur d'une certaine appréhension du problème?

Arnaud Montebourg,récompensé pour l'opportunisme de son ralliement en rase campagne au chantre de la rigueur Hollande, hérite d'un ministère du redressement productif, drôle d'expression technocratique qui met l'accent sur la productivité plutôt que sur la relocalisation ou le maintien du travail industriel alors que que les salariés français sont déjà parmi les plus productifs au monde, et que cette productivité, liée aussi à la non compensation des gains de productivité liés au progrès technique sous la forme d'un partage du temps de travail, à un prix énorme sur leur santé et leur bien-être au travail. Enfin, on a évité le ministère de la "compétitivité des entreprises"...

A la brillante et opportuniste Cécile Duflot, qui aura bien de la peine à repeindre en vert la façade du gouvernement, bien récompensée pour ses cirages de pompe de dernière minute à l'endroit de Hollande et les boulets rouges qu'elle a destinés pendant la campagne présidentielle au Front de Gauche et à Jean-Luc Mélenchon, échoie le ministère de l'égalité des territoires et du logement. L'intitulé du ministère est très intéressant, rompant avec une "politique de la ville" stigmatisante pour les quartiers populaires et posant la question centrale de l'égalité des droits. C'est un chantier énorme qui attend le gouvernement en matière de déghettoïsation de certaines cités et de politique du logement: réussir exige de rompre avec l'austérité et de remettre en cause la libre fixation des prix de l'immobilier, encourageant toutes les spéculations.  

Laurent Fabius aux Affaires Etrangères, n°2 du gouvernement. Ce n'est pas une surprise. Candidat peu convaincant, homme politique caméléon, tantôt thuriféraire de la société de marché et du libéralisme, tantôt partisan d'une réorientation de l'Europe, c'est tout de même un des hommes politiques les plus brillants du PS ayant une stature d'homme d'Etat.  

Christiane Taubira à la justice. Plutôt une bonne surprise. Cette femme politique est plutôt talentueuse et attachante et elle pourra difficilement faire plus mal en termes de stigmatisation des juges, de négation de l'indépendance de la justice et d'organisation de son inefficacité que ses prédecesseurs. En revanche, il n'est nullement prévu dans le programme de Hollande d'augmenter le budget de la justice, honteusement bas, ni d'employer plus de juges, de greffiers, d'avocats commis d'office, pour la rendre plus rapide et respectueuse des droits des victimes et des prévenus. Pas beaucoup de détails non plus, dans le programme de Hollande, sur les moyens de rendre les conditions carcérales moins négatrices de la dignité des individus et plus propres à la réinsertion, ni sur les alternatives à la prison.

Quant à Marylise Lebranchu, Ayrault et Hollande lui ont offert un poste qui correspond à ses spécialisations au PS afin de respecter un certain pluralisme du gouvernement faisant une place aux partisans de Martine Aubry. Ce ministère important mais soumis aux orientations du ministère du Budget et de l'économie est celui de la Réforme de l'Etat, de la Décentralisation et de la fonction publique.

L'intitulé du ministère n'est en soi guère prometteur pour nous autres qui sommes attachés au service publics car la réforme de l'Etat et la réforme des collectivités territoriales ont été des leviers importants jusqu'ici, notamment depuis la loi LOLF promue par les socialistes sous le gouvernement Jospin, de la réduction de l'emploi public, de la surface et de la qualité des services publics. Ce ministère risque bien d'être un des piliers essentiels de la politique de rigueur voulue par Hollande. Ce que nous demanderions à Marylise Lebranchu, c'est pour commencer de s'engager à réduire la précarité dans la fonction publique en allant vers une titularisation des 800 000 précaires de la fonction publique. C'est aussi d'abroger la réforme des collectivités territoriales mise en place par la droite et contre laquelle les socialistes ont voté au Parlement il y a un an et demi, reforme de recentralisation, d'approfondissement du fossé entre les élus et les citoyens et de la casse des services publics. Il s'agira ensuite d'engager un débat national pour penser les moyens de démocratiser les collectivités territoriales (notamment par l'élection proportionnelle étendue et le recours plus fréquent à la consultation directe des citoyens) et de faire revivre des services publics de proximité cruellement affaiblis.

 

Le message que nous adressons maintenant aux électeurs de la IVème Circonscription du Finistère, c'est: donnez de la force à un groupe parlementaire Front de Gauche indépendant pour empêcher que ce gouvernement aux allures très centriste et social-libérale ne mènent une politique semblable à celle qui a été conduite en Espagne du temps de Zapatero, en Italie du temps de Romano Prodi et Massimo d'Allema, en Allemagne du temps de Schröder, ou en Grèce avec Papandréou.

 

Nous avons besoin d'un vrai changement de cap et d'élus déterminés à mettre fin à la dictature sans partage des marchés financiers pour répondre aux urgences sociales et engager des réformes de structure afin de rendre la société plus égalitaire, démocratique et respectueuse de l'éco-système.  

 

Ismaël Dupont.

        

       

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 06:43

Le Front de gauche accueillera lundi 21 mai Alexis Tsipras (Syriza) en France

Le Front de gauche accueillera lundi 21 mai Alexis Tsipras (Syriza) en France

 

Au lendemain de la rencontre entre François Hollande et Angela Merkel, à quelques jours du sommet européen du 23 mai, les jours qui viennent s'annoncent décisifs pour l'avenir de l'Europe.
Après les résultats électoraux en France, en Grèce et en Allemagne, des millions d'européens attendent une renégociation sérieuse du pacte Sarkozy/Merkel.
Pour répondre aux attentes, elle doit compter un abandon des politiques d'austérité qui plombent la croissance et la justice sociale, un rôle nouveau de la banque centrale européenne au service d'un développement solidaire, une émancipation de la tutelle des marchés financiers.

Lundi 21 mai, sous l'égide du Parti de la Gauche Européenne, le Front de gauche aura le plaisir d'accueillir en France Alexis Tsipras, Président du Groupe Syriza au Parlement grec.
Ensemble, nous rendrons publiques nos propositions pour une réorientation sociale, écologique et démocratique de l'Europe et lancerons un appel à l'unité de toutes les forces disponibles pour agir en ce sens en Europe dans ce moment crucial.

Une conférence de presse réunissant Alexis Tsipras, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon et les responsables du Front de gauche, aura lieu à 15 heures à l'Assemblée nationale. En présence de Roland Muzeau et des député-e-s Front de gauche à l'Assemblée nationale.
15h00 : 1er Bureau – Assemblée Nationale

A 18h 30, un rassemblement public se tiendra devant l'Assemblée nationale.
Place Edouard Hériot.

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF et Président du PGE

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 06:19

presentation-candidats-FDG-mai-OF.jpg

 

PS: Une petite erreur factuelle dans l'article : je n'ai pas été responsable du MJS de Vannes pendant 6 ans mais seulement pendant 1 an et demi alors que j'y ai milité pendant près de 6 ans, de 1995 à 2001. I.D

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 13:24

Samedi dernier, les salariées de l’ADMR de St-Pol et de Taulé étaient devant la mairie de Morlaix pour interpeler les responsables politiques sur leur situation.

 

Accompagné de militants du Front de Gauche, Ismaël DUPONT était le seul candidat aux législatives à avoir répondu à l’inquiétude et à la détresse de ces femmes (et aussi des personnes âgées).

 

Il les a assurées du soutien du Front de Gauche et a souligné la nécessité absolue que le Conseil Général assume toutes ses responsabilités. Il les a invitées à décrire la situation qui leur est imposée lors des réunions publiques de Taulé et de Saint-Pol.

 

Au-delà du cas particulier de l’ADMR, les militants ont donné les grandes lignes de la politique du Front de Gauche en matière d’aide à l’autonomie afin que chacun puisse vivre dignement jusqu’à la fin de ses jours :

  • prise en charge à 100 % des dépenses médicales par la sécurité sociale

  • vraie liberté de choix pour les personnes entre hébergement et maintien à domicile

  • dans tous les cas, exigence d’un même niveau de qualité de la prestation

  • nécessité d’un plan ambitieux de recrutement et de formation avec reconnaissance d’un statut pour les personnels

  • organisation autour d’un pôle public départemental

  • égalité territoriale dans l’ensemble du pays

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 18:08

Autres temps, autres mœurs !

 

Il fut un temps, pas si lointain, où les candidats aux élections étaient des militants choisis pour leur courage, la fermeté de leurs opinions, leur compétence, … ou des personnes dont le parcours professionnel, les engagements associatifs, les recherches pouvaient attester de leur sérieux et de leurs qualités humaines.

 

Las ! Aujourd’hui ces représentants d’une espèce en voie de disparition sont remplacés par des congénères bien différents. Repérés dès leur plus jeune âge, ils entrent dans la « carrière politique » dès la sortie de l’Université ou des grandes écoles pour ne la quitter qu’à l’entrée du cimetière (des éléphants ?)

Comment s’étonner après cela que se développe, entre ces « jeunes pousses », une course effrénée aux postes de pouvoir et aux mandats ? Que les convictions passent au second plan et que les changements d’opinions soient aussi fréquents que les transferts d’une « écurie présidentielle » à l’autre ?

 

Cette petite caste use et abuse d’un jargon, interchangeable, compréhensible d’elle seule et dont la caractéristique est d’être totalement déconnectée de la vie, des difficultés, des drames, des aspirations et des exigences de la population.

 

Comment s’étonner dès lors que nombre d’électeurs ne se retrouvent pas dans ces petits jeux de pouvoir et préfèrent s’abstenir quand ils ne choisissent pas des votes uniquement protestataires et anti-système avec l’inefficacité et/ou les risques et les dérives que cela comporte?

 

Le Front de Gauche quant à lui a décidé de présenter deux jeunes candidats salariés de l’Education Nationale et investis dans le monde associatif.


UN GRAND BOL D’AIR PUR QUOI !!

 

Alain DAVID

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