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10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 19:35
Résistance communiste: France Bloch - par Marie Cristiani (aux éditions Arcane)
Résistance communiste: France Bloch - par Marie Cristiani (aux éditions Arcane)

Voilà une histoire tragique de guerre et d’amour, celle entre France Bloch intellectuelle communiste, fille de l'écrivain Jean-Richard Bloch et de Fredo Sérazin syndicaliste de la métallurgie. Ils se rencontrent en 1938, ont un fils puis basculent dans la résistance.

Elle sera Claudia dans la clandestinité. Chimiste, elle fabriquera des bombes pour les FTP et réussira, sous une fausse identité, à se faire embaucher au laboratoire de police du 36, quai des Orfèvres.
Après la drôle de guerre, lui sera arrêté avec d'autres syndicalistes et communistes. Après une évasion de la forteresse de Sisteron où il retrouve France durant trois jours à Paris, il est repris et incarcéré à Châteaubriand puis à Voves.

En tentant de faire évader une nouvelle fois son mari, elle est arrêtée, transporté en Allemagne et le 12 Février 1943, quelques jours avant son trentième anniversaire, elle est guillotinée à Hambourg.
Après une nouvelle évasion du camp de Voves, Frédo lui rejoint les FTP comme lieutenant. Arrêté par la Gestapo à St Etienne le 15 juin 1944, il est assassiné le même jour.
Leur fils Roland sera sauvé de justesse lors de l'arrestation de sa mère. Il vit aujourd’hui à Marseille.

Marie Christiani journaliste à France 3 a découvert leur histoire en travaillant à un reportage sur Danielle Casanova. Depuis elle n’a eu de cesse de la faire connaître, au travers d’un film, et aujourd’hui d’un livre bouleversant « Mon Frédo » l’entame de la dernière lettre de France à Fredo juste avant d’être exécutée, une lettre qu’il ne recevra pas.

C’est un récit superbe, sobre et puissant. Il inaugure une nouvelle collection d’Arcane 17, parole de femmes. Lisez le!!!

Marie-Pierre Vieu

https://www.editions-arcane17.net/
12 euros.

Résistance communiste: France Bloch - par Marie Cristiani (aux éditions Arcane)
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10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 12:07
Michel Offerlé : « Jamais les entrepreneurs n’ont eu une telle confiance dans un chef de l’État »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LOLA RUSCIO
VENDREDI, 8 JUIN, 2018
L'HUMA
 

L’assemblée générale du Medef va désigner, le 3 juillet, le futur président de l’organisation qui succédera à Pierre Gattaz comme « patron des patrons ». Le sociologue, spécialiste du patronat, revient sur les enjeux de cette élection, loin de renouveler la représentation des employeurs.

Parmi les candidats en lice pour la présidence du Medef, deux font figure de favoris. Issu de l’industrie, Alexandre Saubot, mène une campagne axée sur un « Medef fort », quand son principal concurrent, Geoffroy Roux de Bézieux, cultive une image « moderne », se voulant proche des entrepreneurs du numérique. Ces deux styles sont-ils une nouveauté au sein du mouvement patronal ?

Michel Offerlé Les deux candidats qui se détachent sont proches l’un de l’autre, même s’ils ont pu être opposés il y a plus d’un an et stylisés comme social (Saubot) versus libéral (Bézieux). Roux de Bézieux a changé depuis qu’il faisait paraître en 2007 Salauds de patrons (Hachette), quand il écrivait : « S’il y a bien à redire aussi sur le manque de représentativité des syndicats, eux au moins pratiquent une forme de démocratie directe bien plus moderne que les cénacles du patronat. » Ils devront cohabiter après l’élection. Mais leurs trajectoires présentent des nuances et donc cela donnera des styles différents. L’un est passé par l’Essec, l’autre par Polytechnique ; l’un est un créateur d’entreprise, a une expérience de la « nouvelle économie » et a présidé le petit groupe d’intérêt des start-up (CroissancePlus), l’autre, héritier, est ancré dans l’industrie plus classique au travers notamment de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie – NDLR), organisation dont le poids reste très important – notamment financièrement – malgré l’affaire de distribution d’enveloppes révélée en 2007-2008. L’UIMM faiseuse de rois peut aussi attirer des animosités croisées. Ce sont sans doute les plus expérimentés de tous les candidats, habitués à traiter les questions nationales et sachant ce que politique veut dire. De Bézieux est plus « parisien », plus inséré dans des réseaux de pouvoir que Saubot. Il est d’ailleurs membre du Siècle, rendez-vous annuel des dominants économiques, politiques et médiatiques.

Dans l’ère de la « start-up nation » d’Emmanuel Macron, le Medef vit-il un moment historique pour porter ses idées ?

Michel Offerlé La situation actuelle du Medef est paradoxale. L’actuel exécutif a engagé depuis un an une politique centrée sur l’offre, la recherche de la compétitivité, un allégement du poids de la fiscalité des entreprises et des catégories les plus aisées, et une croyance en un ruissellement vertueux. Toutes choses qui apparaissent en harmonie avec les orientations des dirigeants du Medef. Jamais depuis plusieurs décennies les chefs des moyennes et grandes entreprises et ceux de la nouvelle économie n’avaient eu une telle attente et une telle confiance à l’égard d’un président, qui a déclaré quelques semaines après son élection : « Entrepreneur is the New France ». Pourtant, le Medef, comme les syndicats et les partis politiques, apparaît comme faisant partie du vieux monde, auquel on a recours de façon subsidiaire, même si le gouvernement aura toujours besoin d’un porte-parole patronal comme interlocuteur. Du point de vue interne, on voit ressurgir, y compris parmi les candidats à la succession de Pierre Gattaz, une vieille antienne des années 1980-1990. D’aucuns se demandaient alors : « À quoi sert le CNPF ? » après la première vague de libéralisation et la fin du contrôle des prix et des changes. La réponse – incomplète – avait été apportée par la refondation de l’organisation transformée de Conseil (national du patronat français) en Mouvement (des entreprises de France). Vingt ans plus tard, à quoi peut bien servir le Medef, si nombre des revendications qu’il a portées depuis plusieurs décennies sont prises en charge et amplifiées par le pouvoir politique ? Certains candidats parlent de remettre le mouvement Medef, en « mouvement », de « réinventer le Medef ». Et donc repenser, à l’instar de la réflexion sur ce qu’est la question de la représentation par les partis politiques et dans la société dite « civile », ce que pourrait être une organisation représentant de manière contemporaine les intérêts des entreprises et de leurs chefs.

Tous les postulants convergent vers une volonté d’accompagner les réformes économiques et sociales d’Emmanuel Macron. Comment analysez-vous ce nouveau positionnement politique ?

Michel Offerlé Il y a une croyance partagée dans l’économie de marché. Mais il y a des nuances entre les candidats, d’une part, et entre les candidats et Emmanuel Macron d’autre part. La loi Pacte sera intéressante à suivre car c’est la première fois depuis longtemps qu’il y a en France un débat sur la « raison d’être » des entreprises. Pour le moment, on n’entend à ce sujet que des voix patronales, parfois discordantes : entre ceux qui veulent inscrire dans la loi des préoccupations sociales et environnementales et ceux qui veulent rester maîtres chez eux et craignent un gouvernement des juges sur les entreprises – ils évoquent à ce sujet l’introduction dans le Code du travail de la « cause réelle et sérieuse » (de licenciement – NDLR). D’ailleurs, une centaine de députés macroniens ont interpellé les dirigeants du Medef : « Êtes-vous prêts à rompre avec des positions défensives héritées d’un passé où l’entreprise était l’adversaire de la politique, mais que rien, aujourd’hui, ne justifie plus ? » Le second test aura lieu en 2019, lors de la réforme des retraites. Certains des candidats à la présidence commencent à évoquer la possibilité d’ouvrir beaucoup plus largement les formules de capitalisation, en cantonnant le régime de répartition.

Les ordonnances Macron ont profondément bouleversé les relations sociales, chaque entreprise pouvant désormais négocier son propre accord. Pourquoi cette discrétion du Medef sur un changement aussi crucial ?

Michel Offerlé Il apparaît que les réformes El Khomri-Pénicaud sont actées du côté patronal. Les candidats souhaitent limiter les négociations sociales interprofessionnelles, sauf à les coupler avec des recherches de diagnostic partagé économique : sorte de réminiscence des tentatives de Laurence Parisot autour des « délibérations économiques » entre partenaires sociaux. Pour le reste, c’est bien l’entreprise voire l’établissement qui apparaît désormais central. Il pourra cependant y avoir un débat intrapatronal sur la place exacte de la branche, qui peut paraître plus légitime dans des fédérations comptant nombre de PME sans beaucoup d’expertise sociale et aussi un certain nombre de permanents qui devront alors trouver une reconversion professionnelle.

Comment expliquer que les candidats militent encore pour obtenir moins de « charges », de contraintes et de règles ?

Michel Offerlé Malgré quelques voix contradictoires, la question des « charges », des prélèvements, de la fiscalité est un classique du syndicalisme patronal. Sans doute parce que, de ce point de vue, on peut obtenir un consensus négatif. Sur d’autres terrains, les chefs d’entreprise sont en concurrence les uns avec les autres et ont des intérêts contradictoires ; le Medef peine alors à trouver des thèmes fédérateurs. Certains candidats proposent de mettre en œuvre un « Medef de proposition » et d’abandonner l’attitude du groupe de veto négatif, « grognon et râleur ». Mais est-ce possible ? L’ambition de faire du Medef un laboratoire d’idées patronal n’est guère portée dans la campagne. Là encore, nombre de dirigeants de fédérations veulent cantonner la surface nationale de l’organisation.

La majorité des candidats souhaitent retirer le Medef de certains organismes paritaires. Comment analysez-vous cette tentation d’une rupture avec le rôle historique du Medef dans les instances de la démocratie sociale ?

Michel Offerlé Il y a désormais un assez grand accord entre les candidats pour abandonner le « paritarisme croupion », où le pouvoir de décision des partenaires sociaux est entravé par le cadrage ou la fixation de contreparties financières par l’État. Le Medef s’était retiré ainsi dans les années 2000 de certains organismes paritaires. Les places ont été prises par d’autres, de l’ex-UPA (Union professionnelle artisanale, devenue U2P, Union des entreprises de proximité – NDLR) et de l’ex-CGPME (Confédération générale des PME, devenue CPME, Confédération des PME – NDLR). De plus, certains dirigeants et permanents patronaux sont intéressés – symboliquement et parfois matériellement – à l’exercice de ces mandats. Ce plaisir du paritarisme des mandataires est-il devenu obsolète ? D’aucuns voudraient reprendre la main et ne pas laisser l’agenda et le tempo social entre les mains du pouvoir politique. Mais il y a peu de choses dans les discours des prétendants sur leurs interlocuteurs syndicaux.

Le Medef peut-il réellement prétendre défendre les intérêts des PME et des TPE aussi bien que des grandes entreprises, qui sont parfois leurs donneurs d’ordre ?

Michel Offerlé Depuis un an, il y a un silence sur la représentativité du Medef. Certes, du point de vue économique et social – part de la valeur ajoutée et/ou nombre de salariés présents dans les entreprises adhérentes – le Medef est bien représentatif. Mais, du point de vue démographique et de la perception de chefs d’entreprise de base à son égard, on est loin du compte. Peu de commentateurs se sont intéressés à l’enquête de représentativité de 2017 dans laquelle le Medef est passé de 750 000-800 000 entreprises déclarées adhérentes à 123 000 entreprises constatées – beaucoup ignorent qu’ils sont membres du Medef par le canal de leur fédération. Alors qu’il y a environ 2 millions de chefs d’entreprise et plus de 3 millions d’entreprises. Y a-t-il aussi une « crise du syndicalisme patronal » ?

Geoffroy Roux de Bézieux et Alexandre Saubot, tous les deux vice-présidents du Medef sous l’autorité de Pierre Gattaz, ne se réclament pas de son bilan. Comment son action est-elle perçue par les adhérents de l’organisation patronale ?

Michel Offerlé Il y a un grand silence autour du bilan de Pierre Gattaz. D’une part, parce que les deux principaux candidats ont participé à la gestion de son mandat, notamment Alexandre Saubot, qui a pris en charge une large partie du social, domaine dans lequel Pierre Gattaz ne souhaitait pas investir. Le bilan d’un « patron des patrons » est toujours collectif, car le chef du Medef est tenu par le poids de l’organisation, qui est, faut-il le rappeler, une confédération. Ce qui dispense aussi de faire bilan, c’est le sentiment d’un passage à une autre phase. Macron n’est pas Hollande.

Selon vous, « les années Gattaz n’auront pas renouvelé le Medef » . Est-ce un mandat pour rien ?

Michel Offerlé Pierre Gattaz ne s’était pas engagé en 2013 sur une transformation du Medef. Sur le plan de l’organisation, les réformes sont minimes. Il n’avait pas mandat pour restructurer l’organisation. Ses successeurs, même s’ils veulent réinventer le Medef, n’ont pas de propositions claires en ce sens. Seul Jean-Charles Simon, qui s’est retiré de la course, voulait tout transformer : le statut et le mandat du président, et une organisation déconfédéralisée. Visiblement, sa tentative n’a guère trouvé d’écho.

Un fin connaisseur des arcanes du patronat

Après avoir réalisé des travaux sur les partis politiques, le sociologue, Michel Offerlé, professeur à l’École normale supérieure (ENS), s’est penché sur le fonctionnement duMedef. En 2013, il publie l’ouvrage de référence les Patrons des patrons. Histoire du Medef, aux éditions Odile Jacob. Le chercheur a également dirigé en 2017 un recueil de six entretiens avec des chefs d’entreprise, intitulé Patrons en France,paru à la Découverte, qui dresse une passionnante galaxie de portraits de dirigeants aux profils variés et complexes.

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10 juin 2018 7 10 /06 /juin /2018 05:56
Commémoration drame de LAMPRAT le dimanche 10 juin à 10h30.
 
Un petit rappel sur le drame de LAMPRAT à Plounévézel, nord-ouest de Carhaix:
 
Le 6 juin 1944, les allemands arrivent par surprise dans une ferme à Lamprat en Plounévézel. Ils arrêtent onze jeunes Résistants FFI de moins de 25 ans qui étaient venus se ravitailler. Un des jeunes Résistants tente de s'enfuir (Eugène LEON); il est assassiné sur place. Deux avaient tentés de soustraire aux allemands: Jean MANAC'H et Georges AUFFRET en se cachant dans la cheminée.
Un seul semble avoir été épargné: 'Bob JULET" qui fumait tranquillement auprès des soldats allemands et les renseignait sur l’identité des jeunes maquisards......
 
Les Allemands prennent en camions la route N°164 menant de Carhaix à Loudéac par Rostronen, dans les Côtes-du-Nord, emmenant avec eux 8 patriotes prisonniers.  A fur à mesure de leur déplacement sur cette route tragique, ils pendent en bordure de la chaussée après les avoir atrocement torturés,  les 8 Résistants.
 
- 3 seront pendus à Carhaix: Jean LE DAIN, Georges AUFFRET, Marcel GOADEC                                                                                              .
- 1 sera pendu à le Moustoir: Georges LE NAELOU.
- 1 sera pendu à Paule: Marcel LE GOFF.
- 2 seront pendus à Rostrenen: Marcel BERNARD et Louis Joseph  BRIAND, Place de la République.
- 1 à Saint-Caradec: François L'HOSTIS.
Il y a quelques années la revue "Historia" n° 693 de septembre 2004 avait publié un dossier sur ce drame pour dénigrer la Résistance intérieure. L'ANACR avait dénoncé cette falsification de l'Histoire. Cette revue n'était pas à sa première réécriture de l'Histoire de la Résistance Française.
 
Rendez-vous ce dimanche 10 juin à la Stèle de la Place de la Résistance à Carhaix - 10 h30.
 
Yves MAZO - ANACR

Ouest-France, 29 mai 2014: A Carhaix, le martyre de 9 jeunes résistants

8 juin 1944. Le message « Le chapeau de Napoléon est-il toujours à Perros-Guirec ? » message codé annonçant le soulèvement général, est arrivé en centre-Bretagne. Dans les campagnes et les maquis, c'est l'euphorie. Ce jour-là, sur les coups de midi, dix jeunes résistants FFI débarquent dans la ferme de Youenn Mével au village de Lamprat, en Plounévézel. Youenn Mével, qui exerce également les fonctions de maire de la commune, est absent à ce moment-là. Le petit groupe, qui se retrouve sans chef, celui-ci ayant été blessé la veille lors d'un bombardement anglais visant la ligne ferroviaire à Port-de-Carhaix, sait qu'il trouvera chez les Mével le couvert. Les jeunes gens s'installent à table et déjeunent. La conversation est animée et joyeuse.

Soudain, une patrouille allemande en voiture surgit. Elle vient réquisitionner des charrettes pour transporter du matériel jusqu'à Rennes. Chez les résistants, c'est la panique. Ils tentent de se cacher. En vain. Seul Jean Le Manac'h, 20 ans, réussit à s'agripper aux parois de la grande cheminée. Il sera le seul rescapé du drame qui est en train de se nouer. Ses neuf camarades se retrouvent sous la menace de mitraillettes. Ils sont faits prisonniers et fouillés. Sur Eugène Léon, 24 ans, les Allemands trouvent un chargeur de pistolet. Le jeune homme tente alors de s'enfuir mais il est abattu d'une rafale dans le dos.

Les soldats fouillent méthodiquement la maison. Avant d'y mettre le feu à l'aide de paille et de foin. Le bâtiment, duquel réussit à s'échapper, sans être vu, Jean Le Manac'h, est entièrement détruit sous les yeux de l'épouse et des filles du fermier. « Voyez comme c'est beau ! », leur dit cyniquement un officier, selon l'un des témoignages recueillis par les élèves et les professeurs d'une classe de quatrième du collège Beg-Avel de Carhaix dans un livre publié en 1994, qui traite de la Résistance en centre-Bretagne (Témoignages de résistants).

Périple barbare

Les Allemands, entre-temps, ont appelé du renfort. Les huit jeunes hommes, ainsi que plusieurs autres personnes parmi lesquelles les membres de la famille de Youenn Mével, sont conduits jusqu'au bois de Coat-Penhoat, sur la route de Poullaouen, pour y subir un interrogatoire. Les FFI sont battus. Torturés. Avant d'être entassés, ligotés, dans un camion bâché qui se rend à Rennes.

C'est à ce moment que commence leur insoutenable martyre. Ils seront tous pendus. Jean Le Dain (23 ans), au Moulin-Meur à un poteau téléphonique. Il est 21 h. Puis c'est au tour de Georges Auffret (23 ans), devant le café Harnais, route de Brest, à l'entrée de Carhaix. Marcel Goadec (22 ans) subit le même sort en centre-ville, rue de la Fontaine-Blanche, aujourd'hui rue des Martyrs. Le sinistre convoi poursuit sa route. Vers 23 h, au bourg du Moustoir (Côtes-du-Nord), les tortionnaires exécutent Georges Le Naëlou (22 ans). À La Pie, à mi-chemin entre Carhaix et Rostrenen, c'est au tour de Marcel Le Goff, (22 ans). Dans la nuit, à Rostrenen, les Allemands pendent Marcel Bernard (19 ans) et Louis Briand (18 ans). Il ne reste plus dans ce camion bâché que François L'Hostis (19 ans) qui aura vu mourir tous ses camarades au cours de ce périple barbare. Il subit son dernier supplice à Saint-Caradec, près de Loudéac, alors que le jour vient de se lever.

Chaque année à Lamprat et au Moulin-Meur, un hommage est rendu à ces jeunes hommes. À Carhaix, chacun d'entre eux a une rue à son nom.

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 19:11
Parcoursup : « Attitude irresponsable du gouvernement »
 

 

                              
                                         08/06/2018/ PCF
Des milliers de lycéennes et lycéens de Terminale (40% au moins), à la veille des épreuves du Baccalauréat, n’ont reçu à cette date aucune réponse, en dépit pour la plupart d’excellents résultats, ajoutant ainsi à leur stress. Cette situation ne résulte pas du hasard ou de problèmes informatiques mais d’un choix politique explicite assumé.
On apprend ainsi que le traitement des dossiers peut faire intervenir l’établissement d’origine des futurs étudiant.e.s : comme par hasard, ce sont les établissements des localités les plus frappées socialement par la crise qui trinquent en large majorité.
Que des Présidents d’université justifient avec cynisme cette « méthode » de tri sélectif est une honte pour l’Université de notre pays. Mais voir la ministre et le gouvernement déclarer benoîtement que les choses seront réglées en septembre passe toute limite de l'irresponsabilité.
Parcoursup ne répond en rien au scandale du tirage au sort organisé par le système antérieur. Il ne répond en rien aux défis de formation de notre temps et tourne le dos à la nécessité de permettre à chacun.e de nos jeunes de développer leurs capacités dans des parcours choisis de réussite.
Le PCF sera en première ligne pour contribuer à construire, avec toutes les forces disponibles, les conditions d’une alternative à un système dont le profit et l’inégalité sociale sont des moteurs essentiels. Ce système est à bout de souffle, il faut en sortir. Le PCF exige l'ouverture de 50 000 places supplémentaires à l'Université et le doublement sur la législature des moyens budgétaires des Universités.
Commission Enseignement supérieur du Parti Communiste Français.
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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 06:30
Le Théâtre du pays de Morlaix a besoin d'un soutien public accru pour faire face à ses besoins de financement et maintenir le niveau d'ambition de sa programmation, qui lui permet de battre tous les records de fréquentation

Sous la direction de Jean-Yves Gourvès, son directeur, des employés et des administrateurs, l'équipe du Théâtre du Pays de Morlaix réalise depuis des années un travail remarquable pour la programmation, la médiation culturelle avec les jeunes publics, l'accueil du public, la volonté de proposer des spectacles de grande qualité pour tous les publics et sans frontière de genres ni d'arts. Depuis 2010, la fréquentation a augmenté d'abord de 30-40% de taux de fréquentation à 80%, puis ces 3 dernières années elle a atteint des records: 94% de taux de fréquentation en 2017. 

Seulement, les subventions des collectivités de tutelle, Morlaix et Morlaix-Communauté, n'ont pas augmenté depuis, le nombre de personnels travaillant au théâtre est resté le même, avec une débauche de travail importante demandé à ces salariés passionnés.  

Proportionnellement à sa taille, le théâtre du pays de Morlaix est un de ceux qui travaille avec un des ratios personnels/spectacles proposés - public accueilli les moins élevé et une des institutions comparables de Bretagne qui est, comparativement à ses recettes de billetterie, la moins subventionnée. 

Cela ne l'empêche pas de faire du très bon travail jusqu'à présent, mais avec une fragilité constitutive du mode de financement (on ne peut plus faire grimper les recettes de billetterie, et par contre, la moindre baisse aurait une traduction immédiate sur le budget), au nombre de personnels réduit, et à l'augmentation des coûts des spectacles. 

Un spectacle qui coûtait en moyenne 7500€ en 2012 coûte aujourd'hui, en 2018, 12 000€, a expliqué Jean-Yves Gourvès en Conseil d'administration du Théâtre hier, conséquence des politiques d'austérité et de désengagement culturel de l'Etat et des collectivités, des réductions d'aides à la culture et à la création qui se répercutent sur les cachets des compagnies. 

De fait, malgré une fréquentation qui continue à être proche du plafond et à battre tous les records (taux de remplissage de 94%), ce qui traduit la grande satisfaction et la confiance du public, la pertinence des choix de programmation, et l'effort pour amener les jeunes au théâtre (43% du public, avec des tarifs réduits à 5€), le budget prévisionnel de la saison 2018 fait apparaître un déficit de 40 000€. 

Il y a un an et demi, la subvention de Morlaix-Communauté avait été réduite de 10 000€, ce qui avait amené Morlaix à rehausser sa subvention de 40 000€ pour équilibrer le budget du Théâtre. 

La question s'est posée, et nous l'avions posé en conseil communautaire et en conseil municipal, d'un transfert de la compétence Théâtre, à Morlaix-Communauté, dans la perspective de l'obtention d'un label de scène nationale pour le Jeune Public. 

Pour l"instant, la majorité à Morlaix campe sur la position de garder la compétence sur le théâtre, mais sans prévoir une augmentation durable de la subvention. 

Or, le président de l'association du Théâtre, Jean-François Léon, l'a annoncé hier: sans une augmentation de 110 000€ de la subvention publique au Théâtre, le CA sera dans l'obligation de revoir à la baisse la qualité des spectacles achetés pour 2019 et de faire baisser leur nombre (de 30 à 50%), notamment pour les jeunes publics, ce qui serait préjudiciable pour la mission de démocratisation culturelle.

La balle est maintenant dans le camp de la mairie de Morlaix et de la majorité municipale.

Morlaix-Communauté pourrait revoir à la hausse la subvention liée aux Jeunes Publics. Mais il faudra aussi un engagement fort de Morlaix si on veut maintenir ce niveau d'ambition en terme de programmation. 

Actuellement, la subvention de la ville de Morlaix au Théâtre est de 365 000€, celle de Morlaix-Communauté de 130 000€.

Pour le CA du Théâtre, toucher aux tarifs serait une fausse bonne idée car cela rendrait le théâtre moins accessible à toutes les bourses et pourrait amener à réduire le nombre de spectateurs, tout comme une réduction de l'ambition en termes d'achat de spectacle, ce qui ne serait pas sans incidence sur la fréquentation, et donc également sur le budget. 

Le fond de roulement et les réserves du Théâtre s'amenuisent malgré la grande réussite des dernières saisons. Il n'est plus possible de continuer sur cette trajectoire, d'autant que les coûts des spectacles ne vont pas aller en diminuant. 

Un soutien public plus fort au Théâtre du pays de Morlaix se justifierait au regard de la qualité du travail réalisé, de sa reconnaissance par le public et les institutions culturelles, de son oeuvre de partage de la culture et de la création, de son effort pour initier les jeunes publics partout dans le territoire de Morlaix-Communauté et au-delà, de son rôle support par rapport à l'attractivité de la ville de Morlaix, au dynamisme économique (30 000 à 40 000€ réinjectés chaque année dans l'économie locale) et à l'expression d'autres associations qui bénéficient du Théâtre pour leurs représentations.   

Ismaël Dupont, représentant de la ville de Morlaix au Conseil d'administration du Théâtre, au titre de l'opposition.    

Le 6 juin 2018

Le travail du théâtre de Morlaix reconnu et célébré nationalement

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 06:08
Nous avons eu accès à une  synthèse du rapport de la mission des finances publiques de mai 2018 consacrée à la refonte de la fiscalité locale
 
Pour une lecture plus facile j’ai fait un résumé de cette synthèse.
 
Il ne s’agit pour l’instant que de propositions, mais on voit bien se dessiner les contours de cette refonte de la fiscalité locale.
 
Sans surprise, la mission mandatée par le Premier ministre situe ses propositions dans le cadre de la réduction des moyens de fonctionnement des collectivités (“modération durable des dépenses de fonctionnement” indiquent-ils).
 
Sans surprise  la main mise de l’état va s’accentuer et les finances locales de plus en plus dépendantes d’un pouvoir central, lui même de plus en plus confisqué par le chef de l’état et son gouvernement.
 
Sans surprise, la diminution de la taxe d’habitation au bénéfice de ceux qui en payaient se fera au prix de taxes de consommation supplémentaires (TVA, TCIPE) que paieront y compris les contribuables qui étaient jusque là exonérés de TH pour cause de faibles revenus.
 
Une réforme des valeurs locatives ( bases d’imposition) est également envisagée.
 
Et cerise sur la gâteau, une part de la CSG, qui jusqu’alors servait uniquement au financement de la protection sociale, serait utilisée pour des compléments de dotation. C’est très grave !
 
Roger Héré
 

Refonte de la fiscalité locale

Les propositions de la mission Finances publiques de mai 2018

Le cadre général

Situant son action dans le cadre de la loi de programmation des finances publiques pour 2018/2022 qui prévoit de « contractualiser » une « modération durable des dépenses de fonctionnement des collectivités territoriales », la mission mandatée par le Premier ministre, prévoit une réforme globale de la fiscalité locale (138 Milliards d'€ en 2018 soit 5,8 % du PIB).

Cette réforme résulte du projet de suppression intégrale de la taxe d’habitation (34 % des ressources du bloc communal en 2016, et une perte de recettes estimée à 26,3 Milliards d'€ en 2020).

 

Deux scénarios de remplacement de la taxe d’habitation (TH) envisagés

Scénario n° 1

Dans ce premier scénario il y a deux variantes :

1° Variante n° 1

- La part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties est transférée aux communes et aux EPCI, au prorata de leurs anciennes recettes de TH.

- un mécanisme de garantie individuelle des ressources est mis en place pour les niveaux communaux et inter-communaux par des compléments sous forme d’impôt national partagé.

 

2° Variante n° 2

- La part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties est transférée intégralement aux communes (dans ce cas pas de compléments pour les communes).

- Les EPCI seraient compensés de la perte de la Taxe d'habitation par un impôt national partagé (TVA).

 

Scénario n° 2

Remplacement direct de la taxe d’habitation du bloc communal par un impôt national partagé.

L’année n de la suppression de la TH, les collectivités percevraient le montant de la recette fiscale de la TH de l’année n-1.

 

Réforme des droits de mutation à titre onéreux (DMTO)

Il est proposé de reverser à l’état le produit de cette taxe sur les ventes immobilières actuellement perçue par les départements. En compensation ceux-ci recevraient une part d’impôt national.

 

Réforme de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) et impositions associées

Compte tenu de la suppression de la TH, la TFPB devient la principale ressource à assiette locale perçue par les collectivités territoriales . Avec ses « dérivées » (contribution foncière des entreprises et taxe d’enlèvement des ordures ménagères) le produit global est de 45 Milliards d'euros.

Dans ce cadre est envisagée une révision des valeurs locatives des habitations. Une révision dès 2018 produirait de nouvelles valeurs locatives utilisables en 2023/2024.

 

Effets de la disparition de la Taxe d'Habitation sur les impositions associées

1) Les effets de la suppression de la Taxe d'Habitation ne visant en fait que les résidences principales, la mission propose de ne pas l’étendre à la taxation des résidences secondaires et des logements vacants. Aussi la mission propose,

- de poursuivre ces prélèvements à tout local sous-occupé,

- d’instaurer une contribution assise sur la base imposable de la TFPB pour les résidences secondaires.

2) taxe spéciale d’équipement : la contribution pourrait être supprimée.

3) Taxe GEMAPI : des réflexions doivent être engagées.

 

Le choix des impositions partagées

Si ces propositions sont retenues, le transfert des impositions nationales vers les collectivités serait de l’ordre de 25 Milliards.

Seules les impositions produisant les plus importantes recettes sont envisagées pour cette répartition : la TVA, la CSG et la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques)

La mission indique que la « distraction de la CSG de son objet initial (le financement de la sécurité sociale) devra être mesurée en raison des contraintes juridique et politique qui s’y rattachent »

Pour finir la mission recommande que le projet de loi prévoyant la suppression de la TH et la refonte de la fiscalité territoriale soit adopté au plus tard début 2019.

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 06:08
7 juin 2018 - Quimper: 27 ème jour de grève pour les cheminots de l'intersyndicale finistérienne: le cœur de la résistance à la centrifugeuse néo-libérale des privatisations (Yvonne Rainero, PCF Quimper)
7 juin 2018 - Quimper: 27 ème jour de grève pour les cheminots de l'intersyndicale finistérienne: le cœur de la résistance à la centrifugeuse néo-libérale des privatisations (Yvonne Rainero, PCF Quimper)
7 juin 2018 - Quimper: 27 ème jour de grève pour les cheminots de l'intersyndicale finistérienne: le cœur de la résistance à la centrifugeuse néo-libérale des privatisations (Yvonne Rainero, PCF Quimper)

14ème séquence de grève, 27ème jour ce jeudi 7 juin où les cheminots se retrouvaient ce matin devant la gare de Quimper pour une assemblée de grévistes tout en distribuant aux voyageurs qui franchissaient les portes un billet factice appelant les usagers à défendre avec les cheminots le service public ferroviaire unique. 
Bon accueil de ces usagers qui avaient souvent un mot d'encouragement. 
On ne lâchera rien!
ont dit tour à tour Gabriel André et Pascal Pouliquen de la CGT cheminots. 
Gabriel André, lisant le communiqué commun de toutes les fédérations de cheminots, souligna que le mouvement était toujours important, 24% de grévistes selon les chiffres de la direction pour la précédente séquence, et même en hausse par rapport à celle d'avant, alors que radios et télés ne cessent d'annoncer qu'il s'effondre et que l'unité syndicale a éclaté...Laurent Berger, le dirigeant de la CFDT qui prend lui aussi ses désirs pour des réalités eut droit à un sévère rappel à l'ordre : c'est aux cheminots dans leurs assemblées générales de décider démocratiquement de leurs actions! 
Et leur décision fut claire et nette : 32 voix pour la poursuite de la grève mardi et mercredi prochain, et une abstention, avec à nouveau appel à une journée sans cheminots comme le 14 mai dernier.
Malgré les campagnes médiatiques, malgré le vote du Sénat où seul le groupe communiste et républicain a fait bloc contre la contre-réforme de Macron, malgré les pressions financières de la direction qui vont jusqu'à soustraire de la paie des cheminots des jours qui n'étaient pas des jours de grève, ils ne baissent pas les bras!
Les communistes leur apportent tout leur soutien car les cheminots défendent le service public, des droits conquis qui sont non pas des privilèges mais un point d'appui pour élargir ceux de l'ensemble des salariés, et font rempart avec toutes celles et ceux en lutte actuellement dans les différents secteurs contre les nouveaux reculs sociaux mijotés à l’Élysée et dans les cabinets ministériels : retraites, Sécu, chômage...
Ils sont aussi mobilisés avec leurs élus, députés, sénateurs, élus locaux, contre cette casse du service public et pour une autre réforme ferroviaire.
Comme ils l'ont été il y a quelques décennies pour défendre le rail breton, les lignes (déjà les "petites lignes") et les gares, ce qui valut à un certain nombre d'élus et de responsables communistes de Bretagne citations à comparaître et condamnations, par la suite amnistiées, pour avoir défendu l'intérêt général. 

Yvonne Rainero (PCF Quimper)

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 05:20
Macron: un an de politique libérale et conservatrice (Lénaïg Bredoux, Médiapart - 7 juin 2018)
Un an de politique libérale et conservatrice
 PAR 

Des ordonnances à la loi Elan sur le logement, Emmanuel Macron n’a pas dévié de sa ligne, qui s’inscrit franchement à droite. Même sur les questions de société, le début de son quinquennat a déçu une partie de ses soutiens venus de la social-démocratie.

 

Emmanuel Macron veut à tout prix montrer qu’il n’est pas dans « l’immobilisme »supposé (et très relatif) de ses prédécesseurs. D'où le rythme effréné des réformes soumises à l'Assemblée ces dernières semaines. Cette mise en scène colle parfaitement à l’univers intellectuel et politique dans lequel se situe l’exécutif : celui du libéralisme.

Les principaux textes déjà votés par l’Assemblée depuis un an ne laissent aucune ambiguïté sur l’orientation politique du gouvernement. Sans surprise, elle est marquée à droite. Elle est également conservatrice alors qu’une partie des soutiens initiaux d’Emmanuel Macron, venus du Parti socialiste, rêvaient d’un mentor alliant libéralisme économique et libéralisme sociétal. Ils en sont pour leurs frais.

Commençons par le cœur du programme de « transformation » d’Emmanuel Macron : la « remise en marche » de l’économie française, avec le vote des ordonnances à l’automnequi ont contribué à dynamiter le code du travail (d’autres entailles, parfois non négligeables, les avaient précédées, comme la loi El Khomri).

Cette fois, le gouvernement Philippe ne prétend plus faire de compromis, en exigeant plus de flexibilité contre quelques gains pour les salariés. Il s’agit d’un « choc psychologique » à destination des patrons d’entreprise, avec l’espoir que cela permette davantage d’embauches, et surtout que cela entraîne une baisse du coût du travail, comme l’a récemment montré le constructeur automobile PSA

Résultat : le contrat de travail n’est plus une protection, avec la multiplication des CDDou la facilitation des licenciements ; la place des syndicats est réduite, avec les référendums d’entreprises ; la représentation des salariés est limitée avec la fusion des instances représentatives du personnel ; les indemnités aux prud’hommes sont plafonnées.

Logiquement, le premier budget du gouvernement est tout aussi explicite, malgré les exercices de communication auxquels il se plie régulièrement pour évacuer l’accusation de « président des riches » qui colle à la peau d’Emmanuel Macron.

La politique fiscale est ouvertement déséquilibrée en faveur du capital et des plus fortunés. Elle a, entre autres, permis la transformation de l’impôt sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Les mesures favorables aux plus riches ont coûté 6 milliards d’euros à l’État.

À l’inverse, l’exécutif a économisé 4 milliards d’euros en réalisant en deux temps la baisse des cotisations maladie et chômage pour les salariés, alors que la CSG a été augmentée immédiatement (au 1er janvier 2018). La hausse des revenus des salariés du secteur privé pour 2018, dont le gouvernement se vante régulièrement, s’en est trouvée amputée : elle s’établit à 0,74 %, contre 1,45 % promis au départ.

Il est de toute façon trop tôt pour assurer que cette augmentation des salaires nets se traduira par un réel progrès du pouvoir d’achat : le niveau d’inflation pour 2018 est encore inconnu, tout comme les hausses de salaires éventuellement accordées par les entreprises. Il est en revanche acquis que les aides au logement APL ont baissé de 5 euros.

Quant à la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers, ce sont principalement les classes moyennes aisées qui devraient profiter de la mesure, selonl’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui l’a évaluée. Elle risque aussi de ne pas suffire à apaiser la colère des retraités touchés par l’augmentation de la CSG.

Les revalorisations du minimum vieillesse, de l’allocation adulte handicapé et de la prime d’activité, également adoptées à l’automne dernier, sont systématiquement soulignées par LREM pour dénoncer la vision caricaturale qu’aurait l’opposition de sa politique. Mais les montants engagés sont sans commune mesure avec les mesures en faveur des plus aisés.

Même chose pour les mesures, traditionnellement saluées à gauche, de lutte contre la fraude fiscale, jugées insuffisantes et qui seront débattues en fin d’année.

La logique de réduction des déficits publics s'applique aussi à la santé – comme l'a montré le premier budget pour la Sécurité sociale, adopté l'an dernier. Face à la mobilisation des Ehpad, de leurs personnels mais aussi des directions, le gouvernement a tout de même fini par accepter une rallonge budgétaire de 143 millions d'euros.

Depuis un an, les fonctionnaires, eux, ont subi un nouveau gel du point d’indice, qui sert au calcul de leur traitement, pour 2017 et pour 2018. Quant à la hausse de la CSG qui les a également visés, elle a été compensée mais a minima… Les syndicats de la fonction publique, qui ont défilé le 22 mai, s’inquiètent déjà de la suite : une nouvelle série de mesures est attendue pour l’automne.

Le sort réservé aux personnels de la SNCF (voir notre dossier) ne va pas les rassurer : malgré le mouvement social, le gouvernement a maintenu son projet qui prévoit la remise en cause du statut des cheminots et la transformation de l’entreprise en société anonyme, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence. Il a simplement annoncé la reprise de 35 milliards d’euros (sur 54,5 milliards) de dettes de la SNCF.

Et si la « coagulation » des colères, ou la « convergence des luttes », n’est pas franchement au rendez-vous, en dépit de plusieurs défilés contre la politique du gouvernement, comme les 5 et 26 mai, Emmanuel Macron est parvenu à s’aliéner des professions ou des statuts très différents sans que cela le fasse dévier de sa ligne.

Récemment, des juges et des avocats ont manifesté en nombre contre le projet de loi de programmation pour la justice 2018-2022. Il sera examiné à l’automne.

L’exécutif, cohérent dans la mise en œuvre de sa politique, a appliqué les mêmes recettes à sa politique écologique, suscitant un malaise toujours plus grand de son ministre vedette Nicolas Hulot : quelques mesures, mais à la condition qu’elles ne heurtent pas (trop) les puissants lobbys économiques.

Les nouveaux permis d’exploration et d’exploitation de pétrole, gaz et charbon ont été interdits partout en France, à de très rares exceptions près. Mais le récent examen de la loi alimentation a suscité de nombreuses polémiques : il a même conduit la majorité à renoncer à des promesses du candidat Macron, notamment l'interdiction du glyphosate d'ici trois ans.

Pendant les débats, les amendements visant à rendre obligatoire le Nutri-Score, ce code couleurs sur tous les supports publicitaires pour des denrées alimentaires visant à une meilleure information nutritionnelle, ont fait long feu.

En revanche, le texte a élargi la définition des néonicotinoïdes ; les revendeurs de pesticides ne pourront plus faire de rabais sur leurs produits et le passage à 50 % de produits bio dans les cantines a été adopté, même s'il a été réduit à 20 %.

Libéral, et conservateur

Moins écolo qu’espéré par une partie de ses soutiens, le début du mandat d’Emmanuel Macron s’est aussi trouvé nettement plus conservateur et autoritaire que la tonalité de sa campagne présidentielle.

La loi asile-immigration (voir notre dossier) en est une parfaite illustration : elle a de nouveau durci les conditions d’accueil des étrangers en France et les contreparties censées améliorer le sort des réfugiés font pâle figure à côté. Les députés LREM ont même refusé d’interdire la rétention pour les mineurs. Et le FN est allé jusqu’à soutenirdans l’hémicycle certaines mesures du gouvernement.

Les déclarations du ministre de l’intérieur Gérard Collomb, parlant de « régions submergées » et de demandeurs d’asile faisant du « benchmarking » entre les pays européens, ou celles de sa collègue du quai d’Orsay Nathalie Loiseau sur le « shopping de l’asile » ont achevé d’écœurer les associations d’aide aux migrants. Même la majorité, jusque-là si soudée, a fini par craqueler.

L’élection d’Emmanuel Macron portait aussi la promesse, aux yeux d’une partie de ses partisans, d’une rupture, du moins d’une atténuation, de la ligne autoritaire incarnée par Manuel Valls à Matignon de 2014 à 2016. Le nouveau président a pourtant maintenu l’état d’urgence aussitôt élu, avant de décider d’une nouvelle loi antiterroriste qui a finalement intégré l’état d’urgence dans le droit commun

Les défenseurs des libertés publiques ont également dénoncé la loi sur le secret des affaires, dont la définition floue, large et aléatoire menace de réduire la société civile au silence, et la loi sur les « fake news », visant officiellement à lutter contre les opérations de désinformation durant les campagnes électorales mais qui interroge sur une définition « officielle » de la vérité, éminemment dangereuse.

Même sur la laïcité, l’installation du Conseil des sages, le dernier guide du ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer contredisent la ligne présidentielle, plus proche d’une laïcité ouverte.

Rue de Grenelle, Blanquer, un des ministres les plus populaires du gouvernement, incarne lui aussi une vision conservatrice. Sur la lecture, le redoublement ou lapédagogie. Mais aussi et surtout sur le rôle que doit jouer l’école dans la société. Le projet de loi de Frédérique Vidal, qui a procédé à la création de Parcoursup à la sortie du lycée, en a été la meilleure illustration (lire notre dossier).

Les détracteurs de Blanquer sont en revanche nettement plus conquis par ledédoublement des CP dans les quartiers les plus pauvres – il n’a pas nécessité de loi spécifique.

Mais la mesure ne suffit pas à endiguer l’inquiétude sur les difficultés grandissantes de certaines zones sensibles, comme l’a montré un récent rapport parlementaire sur la Seine-Saint-Denis. Le gel des contrats aidés l’an dernier a fragilisé de nombreuses associations actives dans ces quartiers, déçus du détricotage du plan Borloo par Emmanuel Macron. L'exécutif, lui, mise sur la création des emplois francs.

Même la lutte contre les violences sexuelles et sexistes n’a pas permis de dégager un consensus parlementaire : le projet de loi de Marlène Schiappa, durcissant les sanctions de certains délits et crimes, a été jugé bien trop insuffisant par l’opposition.

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 04:53

Ouest-France, 6 juin 2018 

Un décret publié le 1er juin permet de restreindre l'effectif médical en cas de « faible activité » dans les services d'urgences. Un seul médecin pourra être amené à se charger des interventions du SMUR en même temps que du service d'accueil.

Un nouveau décret, modifiant l'effectif médical minimum des services d'urgences en cas de« faible activité », « met les patients en danger » et va provoquer une « régression du service public hospitalier », a dénoncé ce mercredi un syndicat d'anesthésistes.

Paru le 1er juin au Journal officiel, ce décret modifie « l'organisation des lignes de garde communes » entre un service d'accueil des urgences (SAU) et une structure mobile d'urgence et de réanimation (Smur) associée, appelée à intervenir en dehors de l'hôpital à la demande du Samu.

Un seul médecin pour deux structures

Il encadre la possibilité de laisser un seul médecin urgentiste gérer à la fois la permanence du service des urgences et celle du Smur en cas de « faible activité » des deux structures, permettant à l'hôpital de recourir à un autre médecin d'astreinte quand l'urgentiste part en intervention.

Ce médecin d'astreinte, dans ou hors les murs de l'hôpital, n'est pas tenu d'être un urgentiste mais son délai d'arrivée après déclenchement de l'intervention du Samu doit être « compatible avec l'impératif de sécurité », selon le texte.

Il prévoit également la présence obligatoire d'un infirmier travaillant habituellement aux urgences.

Une solution « très dégradée », selon le syndicat

« Ce décret est une véritable atteinte à l'accès aux soins, mettant les patients en danger », a réagi ce mercredi dans un communiqué le Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes réanimateurs élargi (SNPHARE).

Il « apporte une solution très dégradée à la pénurie de médecins urgentistes » et va provoquer « une régression du service public hospitalier », poursuit le syndicat, pour qui« une structure d'urgence, dans un hôpital public, doit être ouverte 24 heures sur 24 avec une présence médicale permanente et adaptée ».

« Avant ce décret, le fonctionnement d'une structure composée d'un SAU et d'un Smur était assuré par deux praticiens avec deux lignes de gardes distinctes », explique-t-il.

Selon le Code de la Santé publique et jusqu'à la publication de ce texte, lorsque l'équipe du Smur intervenait en dehors de l'hôpital, la permanence des urgences devait obligatoirement être assurée par « un médecin et un infirmier de l'établissement ».

 
 

Pour le SNPHARE, ce fonctionnement « allongera les délais de prise en charge, préjudiciables aux patients potentiellement en urgence vitale ».

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8 juin 2018 5 08 /06 /juin /2018 04:45
Réaction décomplexée: L'anticommunisme viscéral de Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants-République-et-Territoire, afin de justifier la casse du service public ferroviaire (Public Sénat, Simon Barbarit)
Le président du groupe Les Indépendants-République et Territoire, Claude Malhuret a eu des mots extrêmement durs à l’encontre du groupe communiste et son passage à la tribune a pris des airs de réquisitoire.

Pour Claude Malhuret, président du groupe Les Indépendants-République et Territoire, la réforme de la SNCF c’est d’abord « une défaite cuisante pour ceux qui ont organisé la pire des formes de grève. La grève à répétition destinée à pourrir au maximum et le plus longtemps possible la vie de nos concitoyens ». « Le mythe de l’intouchabilité du statut public » est pour Claude Malhuret « usé jusqu’à la corde » avant d’ajouter que « la stratégie des jusqu’au-boutistes de la grève est un échec » en raison « de l’absence de soutien populaire, et de la fissure du front syndical ». « 2018 ne sera pas 1995 » s’est félicité ce proche d’Alain Juppé.

« La marée populaire était une marée basse »

Le président du groupe Les Indépendants va alors ponctuer son intervention de métaphores tranchantes, du type « la marée populaire était une marée basse », entraînant fatalement des protestations sonores des sénateurs communistes. « Vous savez ce que disait Lénine ? Les siffleurs ont une tête d’oiseau » leur a-t-il répondu. Après cette citation bien énigmatique, Claude Malhuret a repris son ton provocateur émaillé de références soviétiques. « Comme disait Staline, ce qui compte ce n’est pas le vote, c’est la façon dont on compte les votes » a-t-il moqué le vot’action des cheminots. Les communistes qui se réclament de leur « idéologie archi-décédée, comme ces personnages de bande dessinée qui continuent de marcher sans s’apercevoir qu’ils sont au-dessus du ravin » a-t-il poursuivi.

« Maillot de bain et caniche en laisse »

Claude Malhuret n’a visiblement pas apprécié le jour où les communistes sont venus dans l’hémicycle en chasuble (voir notre article) « pas compatible avec la dignité de notre assemblée » d’après lui. « Si nous acceptons ce précédent sans réagir dans la société du spectacle où nous vivons alors il ne faudra pas s’étonner que demain d’autres viennent en maillot de bain ou avec leur caniche en laisse » a-t-il fustigé.

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