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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 18:59
Le Parti Communiste pleure le chanteur Marc Ogeret, symbole de toutes les luttes - Huffington Post, Geoffroy Clavel
Mort de Marc Ogeret: le décès du chanteur de toutes les luttes a ému le PCF

Il sera inhumé avec "un œillet rouge", symbole du Paris révolutionnaire.

 

Il sera inhumé avec "un œillet rouge", symbole du Paris révolutionnaire. Plusieurs figures de la gauche de la gauche ont rendu un vibrant hommage après la disparition ce lundi 4 juin du chanteur engagé Marc Ogeret à l'âge de 86 ans. "Marc est mort lundi au centre hospitalier de Semur-en-Auxois où il était hospitalisé depuis quelques jours", a annoncé sa compagne, Anita.

 

Interprète d'Aragon mais aussi de Jean Genet, Pierre Seghers et Aristide Bruant, il avait à son répertoire la plupart des chants révolutionnaires qui ont fait l'Histoire de France, depuis "L'Internationale" jusqu'au "Temps des cerises". C'était notamment un grand admirateur de la Commune de Paris (1871).

Ce mercredi 6 juin, le secrétaire général du PCF, Pierre Laurent, a notamment salué en lui un chanteur de "la révolte des opprimés".

Chanteur dans l'ombre de Ferré (qu'il a également interprété) et Brassens, il avait fait la première partie du concert de Georges Brassens à Bobino en 1964. Marc Ogeret, habitué des programmations musicales de Radio Libertaire, avait une voix chaleureuse, le timbre clair et un diction impeccable qu'on peut retrouver sur des albums comme "Chansons contre".

 

Marc Ogeret s'était également illustré en reprenant des chansons réalistes évoquant la Première guerre mondiale comme "La chanson de Craonne" ou "La butte rouge".

Marc Ogeret avait commencé sa carrière au début des années 1960 dans plusieurs cabarets de la rive gauche à Paris. Chanteur engagé sur scène et dans la vie (il était membre actif du syndicat français des artistes-interprètes, SFA), il avait reçu en 1962 le prix de l'Académie Charles-Cros.

Il avait été nommé chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres en 1983.

 

MARC OGERET : MORT D'UN COMPAGNON, 
D'UN AMI DE LA REVOLUTION
Le chanteur Marc Ogeret est mort, le 4 juin, à l'âge de 86 ans, vient d'annoncer sa compagne à l'AFP. Chanteur engagé issu de la tradition rive gauche, il était bien connu des lecteurs de l'Humanité et des participants de la Fête de l'Huma pour ses interprétations des poèmes d'Aragon, des textes de Genet, de Ferré, et, surtout, de son interprétation incroyable (l'une des meilleures) de l'Internationale. Une chose est sûre, nous entendrons longtemps encore sa voix dans les manifs... 
Une pleine page a été publié aujourd'hui dans l'Humanité.

Jean-Emmanuel Ducoin, journaliste à l'Humanité

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 18:50
Le Fiasco de Parcours Sup (PCF - 6 juin 2018)

Deux semaines après les résultats de Parcoursup où 400 000 lycéens étaient «en attente» ou refusés» sur l’ensemble de leurs voeux (soit 50% des inscrits), il reste toujours des dizaines de milliers de lycéens sans aucune affectation à quelques jours du bac.

La sélection n’est pas la solution !

Parcoursup, c’est l’instauration officielle de la sélection à l’Université. La plateforme permet de classer les dossiers des lycéens en fonction de critères déterminés par chaque faculté. Une fois les capacités d’accueil atteintes, les candidats se voient refuser l’accès à ces formations. Des milliers de lycéens n’auront donc pas accès à la filière de leur choix. Pire, certains d’entre eux verront les portes de l’enseignement supérieur se fermer définitivement à la rentrée prochaine. C’est tout simplement inacceptable.

 Parcoursup ou la concurrence généralisée

Le baccalauréat ne garantit plus l’accès à l’Université. Parcoursup, c’est la concurrence généralisée entre universités, lycées et élèves. Par exemple, un élève avec un livret « satisfaisant » dans un lycée « reconnu » a plus de chances de voir ses vœux satisfaits qu’un élève avec le même livret d’un lycée moins « reconnu ».

Parcoursup ou le stress généralisé

Avec Parcoursup, si vous avez plusieurs réponses positives, vous devez décider de votre avenir très rapidement : au mieux, une semaine ; au pire 24 heures !

Si aucun des 10 vœux n’obtient de réponse positive, c’est le recteur qui proposera une formation là où il restera de la place, dans un périmètre géographique très large. Les réponses pourraient être rendues jusqu’à n août, laissant les candidats dans le ou total jusqu’à la dernière minute !

Pour une Université ouverte à tous !

Ce ne sont ni les étudiants et lycéens, ni les candidats le problème, mais les moyens qui manquent ! Entre 2009 et 2017 : + 280 000 étudiants et – 7 000 enseignants

Un autre modèle d’enseignement supérieur est possible : celui d’une Université publique ouverte à tous les bacheliers et dotée de moyens suffisants. Une Université qui permet la réussite de tous les étudiants et notamment des plus en difficulté. 

NOUS PROPOSONS DE: 

- mettre en œuvre un plan d’investissement dans l’enseignement supérieur pour des capacités d’accueil à hauteur des besoins

- créer un statut protecteur pour tous les jeunes de 18 à 25 ans garantissant un revenu minimal et l’accès à un emploi correctement rémunéré ou à une formation choisie et qualifiante

- d’instaurer la gratuité de tout ce qui est nécessaire à la scolarité : transports, santé, accès renforcé au logement social, élargissement de la gratuité des activités culturelles et sportives. 

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 18:41
MOBILISATION SNCF – ACTE 2 : A TRAVERS LA LOI, CIBLONS LES ORDONNANCES. Communiqué des Organisations Syndicales Régionales Cheminotes CGT-CFDT-UNSA Ferroviaire-SUD Rail

Communiqué des Organisations Syndicales Régionales Cheminotes CGT-CFDT-UNSA Ferroviaire-SUD Rail

MOBILISATION – ACTE 2 : A TRAVERS LA LOI, CIBLONS LES ORDONNANCES.

Le pacte ferroviaire ne sera pas écrit dans la loi mais concrètement dans les ordonnances du gouvernement qui vont suivre. Rien n’est donc gagné par le gouvernement avec le vote formel de cette loi qui vise à lui donner toute latitude pour déterminer l’avenir du service public ferroviaire, de la SNCF et des conditions sociales des cheminots dans les semaines à venir. Le rapport de force créé par les cheminots les a obligés à apporter quelques débuts de réponses bien que largement insuffisantes. Alors que la direction SNCF voulait limiter l’incessibilité à la seule holding, l’action des cheminots a contraint le gouvernement à inscrire dans les textes l’incessibilité des titres détenus par l’Etat des trois futures Sociétés Anonymes. Pour autant, à ce jour, incessible ne veut pas dire unifiée puisqu’une indépendance de ces sociétés leur autorise à négocier des accords de façon différenciée (en matière salariale, d’organisation du travail, …). Cette autonomie décisionnelle maintient le droit de création de filiales et le risque de filialisation confirmé par les annonces concernant Gares & Connexions et le Fret.

Ainsi, la réforme du gouvernement que soutient le Président Pépy menace largement les cheminot-e-s. Cela confirme que toutes les annonces concernant le maintien du statut ne sont qu’une œuvre de communication.

Le projet de loi affirme les volontés de privatisation et de fin du statut par les travaux sans surprise d’un Sénat qui a adopté le pacte ferroviaire gouvernemental. La lutte des cheminots et leur mobilisation toujours aussi forte et visible commence à être entendu mais nous sommes encore très loin du compte. Pour exemple, le principe du volontariat est étendu à la région, les allocations sont intégrées dans la garantie de rémunération pour un 1er transfert, ou le/la cheminot-e transféré-e dispose d’un droit de retour à la SNCF dans les 3 à 8 ans qui suivent le transfert. Cela ne sera possible que s’il y a un poste vacant.

Entre le retour d’un cheminot à statut et un recrutement de droits privés inscrit dans la loi, nous pouvons facilement comprendre quel serait le choix de la SNCF, privilégiant les stratégies de dumping social liées à la concurrence. Dans les régions, la voix des cheminots se fait aussi entendre comme en Bourgogne-Franche Comté où le Conseil régional recule sur les deux expérimentations programmées. Pour autant, sur notre région, la direction de la SNCF se démarque de la volonté politique régionale réaffirmée par les nombreuses signatures de la tribune unitaire pour le Service Public. Ignorant la lutte des cheminot-e-s à la SNCF, les dossiers de réorganisations tombent à torrent sur les ordres du jour du CE avec 5 nouveaux dossiers de réorganisation, soit 18 depuis le 1er janvier pour une quarantaine de suppressions d’emplois pour Mobilité Bretagne.

Cela confirme que la direction n’a pas pris en compte la colère des cheminots qui refusent de mettre en place toutes les organisations de travail qui préparent le transfert des compétences de service public des cheminot-e-s vers le champ de la rentabilité financière. La vente, le contrôle à bord, la sécurité des circulations, l’extension des périmètres d’établissements sont l’image régional du dépeçage que veut organiser la Direction. Les cheminot-e-s de la Région Bretagne :

- Ont à 94% par le VOT’ACTION exprimé que le Pacte Ferroviaire veut casser notre Statut et l’entreprise publique SNCF,

- Démontrent chaque fois que nécessaire leur mobilisation pour défendre le service public, comme pour le remettre en route après les intempéries de ces derniers jours.

L’intersyndicale régionale a lancé une Tribune pour une autre réforme du ferroviaire signée par de nombreux élus locaux mais largement boycottée par les médias.

Il faut continuer de la diffuser pour que le gouvernement entende cette autre voix, comme il faut maintenir la pression d’un mouvement entamé le 2 avril qui commence à peser sur les annonces d’un gouvernement, responsable du conflit et de ces conséquences économiques et sociales. Comme le 14 mai, « une journée sans cheminot » le 12 juin prochain sera un nouveau temps fort pour réaffirmer que les cheminot-e-s « n’ont rien volé » et ne sont responsables ni de la dette, ni des dysfonctionnements du service public.

Les Organisations Syndicales Cheminotes CGT, CFDT, UNSA FERROVIAIRE et SUD RAIL appellent les cheminots et cheminotes à participer aux piquets de grève, aux Assemblées Générales et aux actions organisées au cours de la prochaine séquence de grève qui débutera le mercredi 6 juin à 20h et à se préparer aux mobilisations des 12 et 13 juin prochains, en déposant massivement des D2I dès aujourd’hui.

Rennes, le 06 juin 2018

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 12:48
Eliane Assassi

Eliane Assassi

"Le Président des riches livre le service public ferroviaire à la logique marchande"

mercredi 6 juin 2018

Le 5 juin 2018, les sénateurs ont adopté par scrutin public solennel le projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire par 240 voix contre 85.

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE ont voté contre ce projet de loi "rétrograde visant à détruire le service public du ferroviaire". Ils continueront de demander le retrait de ce texte.

Ce texte porte le risque de la création de nouveaux déserts ferroviaires en subordonnant le droit à la mobilité à la rentabilité financière pour les opérateurs.

Eliane Assassi, la présidente du groupe CRCE, a dénoncé l’accord entre le gouvernement, la majorité d’En Marche et la majorité du sénat pour transformer la SNCF en une myriade de sociétés anonymes, opérer la casse du statut de cheminot et procéder à l’ouverture à la concurrence.

Elle a regretté que ce gouvernement agisse par dogmatisme alors que toutes les expériences de libéralisation du rail, au sein de l’Union européenne, ont été un fiasco aboutissant à une dégradation du service et des conditions de travail, à une hausse de tarifs. Elle a dénoncé un projet technocratique, déconnecté du quotidien de nos concitoyens pour qui la galère des transports n’est pas liée à la structure du marché, mais bien plus aux désengagements de l’État et au sous-investissement dans les réseaux. Elle a rappelé que le gouvernement aurait pu faire autrement et se saisir du règlement OSP pour préserver le modèle français qui permet une péréquation au niveau national et entre les différentes activités au sein de l’opérateur public, ainsi qu’un haut niveau de sécurité notamment du fait de la compétence des agents.

Au final, les sénatrices et sénateurs du groupe CRCE ont estimé que cette réforme était avant tout idéologique. Le « Président des riches » et son gouvernement ont décidé de s’attaquer aux citoyens, et notamment les plus fragiles, et aux salariés !

Après les APL cet hiver, les « pseudo privilèges » des cheminots aujourd’hui, viendront demain les aides sociales et les retraites.

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 06:26
Grâce à une forte mobilisation de nombreux services, le centre-ville de Morlaix a retrouvé un visage présentable. Seulement 48 heures après une terrible inondation. (photo Le Télégramme)

Grâce à une forte mobilisation de nombreux services, le centre-ville de Morlaix a retrouvé un visage présentable. Seulement 48 heures après une terrible inondation. (photo Le Télégramme)

La situation revient progressivement à la normale à Morlaix, deux jours seulement après le terrible orage qui a noyé la ville. Depuis dimanche soir, les pompiers ont effectué 279 interventions.

Ce mardi soir, Gilles Quénéhervé, sous-préfet de Morlaix, Bernard Guilcher, premier adjoint à la ville, et le lieutenant-colonel Renaud Quemeneur, commandant du groupement territorial de Morlaix au Service départemental d’incendie et de secours du Finistère (Sdis 29), ont salué « l’élan de solidarité » qui a permis à Morlaix, en seulement 48 heures, de retrouver un semblant de sérénité. « Un exploit » quand on se remémore l’état dans lequel se trouvait le centre-ville dimanche soir.

 

279 interventions depuis dimanche après-midi

 

En première ligne, évidemment, les pompiers ont réalisé par moins de 279 interventions depuis l’inondation. « Aujourd’hui, nous avions encore une quarantaine d’hommes sur le terrain pour des opérations d’épuisement et de nettoyage, confie le lieutenant-colonel Quemeneur. Nous sommes intervenus à dix reprises rue de Paris et neuf fois rue de Brest. Le bilan définitif sera tiré demain soir. On sera sans doute autour de 300 interventions. »

En attendant, le poste de commandement avancé installé au centre de secours a été définitivement levé ce soir à 18 h. « Désormais, on revient à un fonctionnement normal. Toutes les interventions seront traitées individuellement. »

 

« C’est remarquable »

 

Au-delà des pompiers, Gilles Quénéhervé et Bernard Guilcher ont souligné le travail des services de la ville, de l’État et de la Croix-Rouge, qui était présente dès dimanche. Le travail de nettoyage a été intense.

 

« On a aussi reçu le soutien de la ville de Brest, des communes de Gouesnou, Plougasnou… Et bien sûr de Morlaix communauté, qui a mobilisé 38 personnes. Nous les en remercions », a réagi le premier adjoint. « Il y a eu un vrai travail collectif, une chaîne de solidarité qui a bien fonctionné. Les commerçants se sont entraidés. On a même vu des artisans bénévoles venir proposer leur aide et leur matériel. C’est remarquable », a poursuivi le sous-préfet.

 

15 jours pour chiffrer les dégâts

 

Hormis rues de Brest et de Paris, où la situation est encore compliquée, la circulation et le stationnement ont été rétablis dans l’après-midi au centre-ville. Et plusieurs commerces pourtant touchés dimanche, ont rouvert leurs portes. D’autres le feront avant la fin de semaine. La situation se décante donc progressivement.

Reste désormais à répertorier et chiffrer les dégâts. « Nous nous sommes donnés 15 jours pour ça », a annoncé Bernard Guilcher. Pour rappel, la facture consécutive à l’inondation de décembre 2013 s’était élevée à 12 M€.

 

Solidarité nationale et état de catastrophe naturelle réclamés

 

Morlaix a demandé l’état de catastrophe naturelle. Comme de très nombreuses autres villes du pays. Ça pourrait donc prendre un peu de temps. Mais la Cité du viaduc a aussi réclamé que lui soit accordée la solidarité nationale immédiate. Et là, le préfet du Finistère pourrait peut-être faire accélérer la procédure.

En ce qui concerne les commerçants et les particuliers, tout se réglera avec les assurances. Ce mardi, de nombreux experts étaient déjà à pied d’œuvre.

 

Au total une cinquantaine de commerçants ont été touchés par les inondations de dimanche, au centre-ville. Rue de Brest et place des Otages, la plupart veulent aller de l’avant et ont rouvert ou rouvriront cette semaine. Rue de Paris, les travaux seront plus longs. Reportage.

 

À 8 h 30, ce mardi, l’Intermarché de la rue de Brest a rouvert, « à l’heure habituelle ! ». Un symbole pour Laurent Stekke, installé depuis dix ans. « De toute façon, y’a pas le choix ! La vie reprend le dessus ! », lance-t-il en demandant à un client habitué s’il va bien. « C’est à vous qu’il faut le demander ! », répond ce dernier. Avec l’aide d’une quinzaine de personnes, Laurent Stekke a pu nettoyer les dégâts causés par les 40 cm d’eau. « Tous les produits qui se trouvaient dans les rayons les plus bas sont fichus… On a quasi rempli une benne », explique-t-il au milieu des produits entreposés en attente de nettoyage. « Le pire c’est cette boue, visqueuse et épaisse. Elle s’est même infiltrée dans les chambres froides. Mais j’ai moins morflé que d’autres ».

 

 

À LIRE SUR LE SUJET    Morlaix retrouve de la sérénité
 

Surtout, il a retenu les leçons de l’inondation de 2013 : l’informatique et les prises ont été surélevées. « Dès qu’on fait des travaux ici, on prend le facteur inondations en compte ».

 

Nettoyage… à la brosse à dents

 

Dans son immuable boutique de chaussures, Claude Rideller, 82 ans, tente de ranger. « On a tout mis en hauteur en vitesse. Maintenant, j’essaie de m’y retrouver », explique-t-il encore sonné par les événements. « C’est ma cinquième inondation. 1974, 1995, 2000, 2013 et 2018. Celle-ci, c’est la cerise sur le gâteau… C’est trop… » La boutique a néanmoins rouvert mais l’épisode fait réfléchir le commerçant qui, depuis quelques semaines, se renseignait pour la retraite. « Tout ça, ça risque de précipiter ma décision… Mais il y a le stock à vendre. J’irai sûrement jusqu’à la fin de l’année ! ».

Chez sa voisine, qui vend de la laine, on y va… à la brosse à dents ! « Il faut que ce soit minutieux. On espère rouvrir dès qu’on peut ! », confie Viviane Oréal, installée depuis 2004. En face, La Chaussonnerie de Laure Thomas-Cosquer va rouvrir dès ce mercredi.

 

« Intemporelle » relogée

 

Dans la rue de Paris, on n’en est pas là. Les commerçants, les uns après les autres, discutent avec experts et assurances pour évaluer les dégâts. Et les travaux. Florence Urien, de l’institut de beauté « Intemporelle », témoigne : « C’est la cata. Il faut refaire tout le bas du placo, mes meubles et mes appareils sont détruits… » Grâce à son assurance, elle devrait pouvoir rouvrir dans un local, à Saint-Martin. « Ça me fait mal au cœur mais au moins je peux reprendre… Mais je reviendrai dans le centre-ville, c’est ma place ! »

 

 

À LIRE SUR LE SUJET    Rue de Paris : la désolation

Rouvrir, Pascal Tisserand, du Carrefour express, n’y pense même pas. « Il faudra au moins trois ou quatre mois… ». Ce mardi, il en était encore à racler la boue… Au magasin de jouets, Cathy Tanguy, elle, fait l’inventaire et complète sa liste des dégâts. « Tout dépendra des travaux. Il va falloir que je pense à des aménagements dédiés. Mais les enfants pourront toujours venir acheter des jouets ici. J’y suis très bien et je ne pense pas à déménager ! »

 

« Pour nous soutenir, il faut revenir ! »

 

Place des Otages, la vie reprend son cours. La plupart des magasins avait fini le nettoyage et ont pu rouvrir. Au Café de la Terrasse, « on compte ouvrir ce mercredi, jeudi au plus tard », lance Caroline Lambel. Depuis deux jours et deux nuits, salariés et copains se relaient pour tout nettoyer. « On est fatigués mais volontaires ! Et le meilleur moyen de nous soutenir est de revenir ! ». Hier soir, l’association des commerçants s’est réunie pour réfléchir à une action commerciale commune. « Contrairement aux images de désastre qui tournent, il faut montrer que Morlaix a été nettoyée, les commerçants font ce qu’ils peuvent pour rouvrir. Il faut positiver », conclut Guillaume Pellerin, le président.


 

Internet et téléphonie. Les orages et les inondations ont provoqué de gros dégâts sur le réseau Orange. « Pour l’heure, on ne peut pas quantifier l’ampleur du phénomène ni dire où il y a des problèmes », indique-t-on au service communication de l’opérateur. Les techniciens sont sur le terrain afin de réparer au plus vite. Sachant que les pannes peuvent provenir de multiples causes : les box peuvent avoir été foudroyées, les répercuteurs mis en panne à cause de coupures d’électricité (ce qui coupe le téléphone), des câbles coupés ou tombés. « Il va falloir être patient. Il ne faut pas espérer un retour à la normale avant plusieurs semaines », souligne Orange. Les personnes en situation de fragilité doivent contacter leur mairie en priorité.

 

279 interventions des pompiers. Depuis dimanche, les pompiers ont réalisé 279 interventions. Il reste encore quelques opérations à mener rue de Brest. Un bilan définitif sera tiré mercredi soir.

 

« Une solidarité remarquable ». Le sous-préfet, Gilles Quénéhervé, et le premier adjoint au maire, Bernard Guilcher, ont souligné également le travail des services de la ville, de l’État et de la Croix-Rouge. « On a aussi reçu le soutien de la ville de Brest, des communes de Gouesnou, Plougasnou… Morlaix communauté a mobilisé 38 personnes. Il y a eu une chaîne de solidarité entre commerçants.

 

On a vu des artisans proposer leur aide et leur matériel. C’est remarquable », a noté le sous-préfet. Résultat, Morlaix a retrouvé un minimum de sérénité en seulement 48 h. Un exploit quand on se rappelle l’état du centre-ville dimanche soir.

 

15 jours pour chiffrer les dégâts. Hormis rues de Brest et de Paris, où la situation est encore compliquée, la circulation et le stationnement ont été rétablis dans l’après-midi d’hier au centre-ville. « Nous nous sommes donné 15 jours pour chiffrer les dégâts », a annoncé Bernard Guilcher. Pour rappel, en 2013, la facture s’était élevée à 12 M€.

 

La CPAM fermée pour la semaine. Située rue de Brest, la Caisse primaire d’assurance maladie n’a pas échappé aux inondations. Conséquence, l’accueil sera fermé jusqu’au vendredi 8 juin inclus.

 

Coup dur pour À Fer et à Flots. La ligne de chemin de fer touristique « À Fer et à Flots » subit les conséquences de la coulée de boue qui a coupé la voie ferrée entre Morlaix et Roscoff à Sainte-Sève. « C’est évident, la saison est fichue », se désole Joseph Seité, maire de Roscoff et président d’À fer et à flots, qui doit faire le point avec SNCF Réseaux. Il indique, en revanche, que les réservations seront assurées, par des bus. Le circuit, ouvert depuis Pâques, continuera à être proposé, « mais la partie en train se fera en car. Bien sûr, ça a beaucoup moins de charme… Ça va se ressentir sur la fréquentation, c’est très inquiétant ».

 

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 06:15
Le 4 juin, Morlaix se réveillait avec la gueule de bois de l'après-inondation, mais témoignait d'une grande solidarité avec les commerçants et habitants sinistrés (photos Glenn Le Saout)
Le 4 juin, Morlaix se réveillait avec la gueule de bois de l'après-inondation, mais témoignait d'une grande solidarité avec les commerçants et habitants sinistrés (photos Glenn Le Saout)
Le 4 juin, Morlaix se réveillait avec la gueule de bois de l'après-inondation, mais témoignait d'une grande solidarité avec les commerçants et habitants sinistrés (photos Glenn Le Saout)
Le 4 juin, Morlaix se réveillait avec la gueule de bois de l'après-inondation, mais témoignait d'une grande solidarité avec les commerçants et habitants sinistrés (photos Glenn Le Saout)
Le 4 juin, Morlaix se réveillait avec la gueule de bois de l'après-inondation, mais témoignait d'une grande solidarité avec les commerçants et habitants sinistrés (photos Glenn Le Saout)

Des scènes de chaos à Morlaix mais des commerçants et habitants solidaires ainsi que le club de rugby venu offrir le repas de lundi midi, la Croix Rouge, les employés municipaux de Morlaix et des services de Morlaix-Communauté, ainsi que plusieurs citoyens, qui ont fait un travail énorme pour nettoyer la ville et assister les personnes sinistrées, tout comme il faut saluer l'action des élus de Morlaix, très mobilisés sur ces journées d'urgence, des pompiers et des services de l'Etat.  

La solidarité comme réponse naturelle au désastre, cela prouve qu'il y a encore des choses qui marchent dans notre pays.  

Lire aussi: 

Le déluge et une nouvelle inondation à Morlaix: toute notre solidarité aux habitants et commerçants sinistrés!

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 06:01
L'appel de Jean Ziegler à l'insurrection des consciences - La Tribune, propos recueillis par Denis Lafay
Le sociologue suisse est le porte-parole des plus vulnérables depuis un demi-sècle. Extrait du livre « Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures » (L'Aube, en partenariat avec La Tribune) qui révèle les indestructibles ressorts d'un infatigable pasteur de l'humanité.

Ses responsabilités au sein de l'ONU ont fait de Jean Ziegler un observateur unique de l'état « humain » du monde. Le sociologue suisse tire de sa confrontation avec l'extrême pauvreté, avec le cynisme des mécanismes diplomatiques, avec les obscurantismes multiformes, avec le dépérissement des utopies, l'image une sombre réalité de l'âme humaine, aliénée par un capitalisme spéculatif belliciste. Lui qui « est » les yeux et la voix des plus vulnérables demeure pourtant confiant, car dans la société civile il voit, il entend poindre l'incarnation collective des aspirations individuelles, une « conscience adjugée » qui s'exprime par des luttes et des initiatives composant une fraternité de la nuit appelée à voir et à faire voir la lumière, à débarrasser la civilisation de « l'ordre cannibale » auquel elle est ligotée. Extrait du livre Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures (L'Aube, en partenariat avec La Tribune) qui révèle les indestructibles ressorts d'un infatigable pasteur de l'humanité.

LA TRIBUNE - Vous avez sillonné le monde, vous êtes confronté à l'indicible de la guerre, de la famine, des désastres humains, de ce que l'individu a, au fond de lui, de plus barbare et de plus généreux, vous avez mené d'âpres combats politiques, institutionnels, idéologiques, littéraires en faveur de la justice. Cette expérience des âmes humaines et des systèmes - politiques, économiques, religieux - qui les façonnent, que vous invite-t-elle à penser du monde contemporain ?

JEAN ZIEGLER - Nous vivons sous un ordre absurde, et même cannibale, du monde. Karl Marx est mort, épuisé, le 14 mars 1883, dans son modeste appartement de Londres. Jusqu'à son dernier souffle, il a cru que le « couple maudit » du maître et de l'esclave allait cornaquer l'humanité pendant de nombreux siècles encore. Or, là, il s'est trompé. Le formidable emballement des révolutions industrielles, technologiques, scientifiques qui se sont succédé à un rythme inédit a potentialisé comme jamais auparavant la productivité, et c'est ainsi que pour la première fois dans l'histoire de l'homme - et cet événement est survenu au début de ce xxie siècle -, le manque objectif a disparu. Et pourtant l'horreur persiste. En témoigne le scandale le plus insupportable et le plus inacceptable de notre contemporanéité : le massacre quotidien perpétré par la faim. Près d'un milliard d'êtres humains sont en permanence sous-alimentés, et ainsi interdits d'exercer une activité, un travail, une responsabilité familiale. Et ce désastre, cet assassinat au grand jour intervient alors que l'agriculture mondiale est à même de nourrir copieusement l'humanité entière. Le problème aujourd'hui n'est plus la production insuffisante de la nourriture, mais le manque d'accès pour tous. Quelques réformes structurelles suffiraient pour mettre fin au massacre : interdiction de la spéculation boursière sur les aliments de base ; fin du dumping agricole européen sur les marchés africains ; désendettement total des pays les plus pauvres afin qu'ils puissent investir dans leur agriculture, etc.

Votre combat a en partie pour théâtre l'ONU, et notamment le Conseil des droits de l'homme, dont vous êtes vice-président du comité consultatif depuis 2009. Ces dernières décennies, les droits de certains hommes ont progressé, ceux d'une grande partie des hommes ont stagné, voire reculé. Que reste-t-il des Lumières, du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau qui incarne le combat pour l'humanisation individuelle et collective de l'humanité ?

Jean Jaurès dit : « La route est bordée de cadavres, mais elle mène à la justice. » Incontestablement, l'humanisation de l'homme progresse. Voilà ce que mon expérience, mes observations indiquent. Mais elles enseignent aussi une autre réalité. En effet, comme l'étayaient les marxistes allemands composant l'École de Francfort dans les années cinquante, la justice fait l'objet d'une double histoire ; la première convoque une justice effectivement vécue, empiriquement vécue, la seconde recourt à l'eschatologie - l'étude de ce que la conscience revendique comme juste. Au premier niveau, celui de la justice effectivement vécue, la situation est terrible. Outre la famine, que faut-il penser de l'humanisation de l'homme lorsqu'un milliard d'êtres humains n'ont pas accès à une eau non toxique ? Lorsque la capacité des conglomérats pharmaceutiques de soigner voire d'éradiquer des maladies s'autolimite pour de basses raisons mercantiles, laissant alors les épidémies ravager les populations les plus vulnérables ? Pour les peuples du tiers-monde, la troisième guerre mondiale a bel et bien commencé. La consolidation du nombre de victimes identifiées par chacune des 23 institutions membres des Nations unies s'est élevée en 2016 à 54 millions de morts. Soit l'équivalent du nombre total des victimes militaires et civiles recensées pendant la Seconde Guerre mondiale. En d'autres termes, l'humanité du tiers-monde perd chaque année dans le silence ce que cette boucherie effroyable a infligé à l'humanité entière pendant six ans.

Pour autant, ce constat, imparable, de régression n'est pas synonyme de capitulation. L'espérance (doit) continue (r) de primer sur l'abdication...

Absolument. Mon espérance est réelle. Elle n'est nullement fondée sur un quelconque idéalisme ou de fallacieux arguments postulatoires, mais au contraire repose sur des éléments de sociologie démontrés. Parmi eux, retenons la formidable progression de ce que Theodor Adorno - philosophe et sociologue allemand [1903-1969] - nomme la « conscience adjugée » : ce que les individus considèrent individuellement « juste » se trouve un jour incarné dans une revendication collective, elle-même pierre angulaire d'un changement du monde. Voilà de quoi espérer. La problématique de la « faim dans le monde » illustre le paradigme. Dorénavant, plus personne, pas même les réactionnaires les plus obtus, n'oserait promouvoir la doctrine malthusienne de la naturalité, c'est-à-dire une gestion inhumaine de l'espérance de vie et des populations. Que la faim constitue une ignominie intolérable est définitivement admis, ancré dans les consciences citoyennes ; qu'elle persiste suscite l'indignation de la société civile, motive la colère d'une multitude de mouvements sociaux. N'est-ce pas là un progrès significatif ? La ligne de flottaison de la civilisation s'élève sans cesse. Reste l'obsession de l'incarnation. Dans quelles conditions une idée devient-elle une force matérielle ?

« Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures », soutenez-vous avec Ernesto Che Guevara. L'espérance prend forme dans l'existence de ces fissures, et surtout dans la perspective de nouvelles fissures. Ces dernières, en repérez-vous ?

Absolument partout apparaissent de nouvelles brèches, et effectivement chacune d'elles est une raison supplémentaire d'espérer. Un phénomène planétaire inédit a surgi: la société civile. Des fronts de résistance et d'initiatives alternatives aux systèmes homogènes, aux oligarchies qui orchestrent le capitalisme financier globalisé et meurtrier, s'organisent. Une myriade de mouvements sociaux sont en marche : Greenpeace, Attac, WWF, Colibris (de Pierre Rabhi), Amnesty International, le mouvement des femmes, ou encore le mouvement paysan international Via Campesina, etc. Qu'il s'agisse de son fonctionnement, de sa puissance, de son professionnalisme, cette société civile fait d'impressionnants progrès, et la révolution technologique lui fournit des armes d'une efficacité redoutable. C'est ainsi que cette fraternité de la nuit se constitue en sujet historique autonome.

La société civile voit son rayonnement grandir proportionnellement au déclin des États, qui ne sont plus des moteurs d'espérance. Sa raison d'être ? L'impératif catégorique de Kant : « L'inhumanité infligée à un autre détruit l'humanité en moi. » « Je suis l'autre, l'autre est moi » constitue son fil conducteur, et à ce titre honore la « conscience de l'identité » consubstantielle à l'homme, mais que fragilise l'obscurantisme néolibéral. Cette folle idéologie sacralise le marché, qu'elle substitue à l'homme comme sujet de l'histoire, l'homme n'étant plus qu'un rouage, une variable, un vassal du marché. Les despotes de ce marché possèdent un pouvoir qu'aucun roi, aucun empereur dans toute l'histoire n'a jamais détenu. L'une des plus grandes conquêtes de cette absolue omnipotence est la prétendue impuissance à riposter qu'elle instille dans les consciences des peuples. Et c'est à libérer ces âmes, à les aider à s'affranchir de cette suzeraineté, à leur restituer la « conscience de l'identité » d'où découlera une politique de solidarité, de réciprocité, de complémentarité, que nous devons nous employer. Et à l'accomplissement de ce projet, la société civile contribue de manière capitale.

L'impression que donnent l'auscultation du monde mais aussi les discordes sur la réalité des maux civilisationnels est que nous ne parvenons plus à contester, à combattre ce qui doit l'être - le pronom relatif concentrant l'ensemble des questionnements de justice, d'équité, d'éthique, d'universalité. Au-delà du déficit spirituel et de l'excès mercantiliste, quelles sont les causes de notre égarement ?

La folie néolibérale, les multiples agressions perpétrées par l'oligarchie financière, la théorie justificatrice d'un ordre du monde au nom duquel l'Homme n'est plus sujet de l'histoire mais vassalisé aux ravageuses lois de la marchandisation, font leur oeuvre. Malgré cela, la « conscience de l'identité » connaît des progrès. Et même foudroyants, comme en témoignent la vitalité et la variété de la nouvelle société civile planétaire, la multiplicité des mouvements sociaux et des fronts de résistance, y compris en Occident - du parti espagnol Podemos à la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. La manière dont l'Indien Evo Morales, triomphalement élu depuis 2005 à la présidence de la Bolivie, est parvenu à museler l'action impérialiste, socialement dévastatrice et irresponsable en matière environnementale, de 221 sociétés internationales exploitant gaz, mines et pétrole, est exemplaire ; il a réveillé chez ses concitoyens une identité collective grâce à laquelle l'intérêt général s'est imposé et a brisé l'aliénation.

Ce qu'« est » l'humanité du XXIe siècle met-il particulièrement en péril l'universalité de l'espèce humaine, du respect et de la considération sanctuarisés de l'homme ? Si même les droits de l'homme ne sont plus un bien commun, comment peut-on fonder l'espérance d'un vivre-ensemble et d'une solidarité revitalisés ?

Certaines situations sont, objectivement, intolérables, dans le sens où elles ébranlent toutes nos convictions, même celles que l'on pensait insubmersibles. Les parents, frères, soeurs, époux, conjointes, enfants, amis des victimes des assassins du Bataclan, peut-on s'étonner qu'ils puissent considérer comme des sous-hommes, des barbares, ceux qui ont perpétré l'innommable ? Peut-on contester qu'ils puissent souhaiter pour les tortionnaires survivants une riposte d'égale horreur ? Je le comprends. Je sais, au fond de moi-même, combien l'intangibilité des droits de l'homme fait l'objet de lézardes sous le coup de l'indicible. Pour demeurer solide, pour sortir victorieux des combats intérieurs auxquels cet indicible expose, on peut se remémorer le procès de Nuremberg. Dix-neuf hauts dignitaires du IIIe Reich furent condamnés à mort ou à perpétuité, à l'issue d'une longue, minutieuse et exemplaire procédure. Plus près de nous, en Afrique du Sud, ce que la commission Réconciliation et Vérité réussit à cautériser dans les corps et les âmes des victimes de l'apartheid fut, là encore, remarquable. Dans les deux cas, le droit a triomphé, conférant aux verdicts une légitimité universelle.

Les Occidentaux étant privés d'exercer la violence par les armes, ont-ils trouvé dans le capitalisme spéculatif et, au-delà, dans l'inflammation consumériste, compétitrice, marchande, un moyen d'exercer « autrement » leur pulsion belliqueuse ?

L'étude lexicale des discours des capitalistes est révélatrice de dérives pathologiques. « Combat », « guerre », « conquête » , « victoire », « domination », « suprématie »... voilà ce qui compose leur vocabulaire, et même la Silicon Valley si souvent plébiscitée pour son supposé progressisme culturel et managérial en est le théâtre. L'« iconique » Steve Jobs n'exhortait-il pas ses salariés à se transformer en « soldats du Bien » mobilisés dans une « guerre économique mondiale » inédite ? Ces éléments de langage et de communication bellicistes convoquent les pires instincts de la nature humaine, qu'ils détournent et manipulent pour combattre, asservir, détruire. Tout concurrent est un adversaire, tout compétiteur est un rival et un obstacle qu'il faut « neutraliser. » Et « l'efficacité » du système capitaliste résulte en grande partie de cette machination rhétorique et comportementale.

« Plus l'horreur, la négation et le mépris de l'autre dominent à travers le monde, plus l'espérance, mystérieusement, grandit. » Vous le percevez, le ressentez, l'affirmez : l'insurrection collective des consciences, germe d'une révolution civilisationnelle inéluctable, semble donc bel et bien proche...

« Le révolutionnaire doit être capable d'entendre pousser l'herbe » ; « la révolution avance sur les pas d'une colombe » : ces pensées, confiées respectivement par Marx et Nietzsche - deux des plus fins observateurs du processus révolutionnaire -, invitent leurs disciples d'aujourd'hui à faire preuve d'une extraordinaire attention à chaque bruissement, à chaque opportunité de composer un peu mieux, un peu plus cette insurrection collective. Oui, « je suis l'autre, et l'autre est moi » : la conscience de cette réciprocité, elle-même constitutive de la conscience de l'identité, concentre une naturelle et formidable condamnation de tout ce que le capitalisme et le néolibéralisme charrient de maux humains : la loi du plus fort, celle de la concurrence sauvage, celle de la hiérarchie des succès, celle du classement humain selon les biens acquis, celle de l'exploitation incontrôlée des ressources naturelles, celle du massacre des espèces animales et végétales... In fine, cette conscience de la réciprocité est ce qui doit paver la marche en avant vers ladite insurrection, car de cette dernière dépendent d'abord l'émancipation, l'autonomisation, la libération de chaque conscience, puis le déploiement d'une solidarité et d'une complémentarité universelles - et non d'une égalité des hommes : celle-ci n'a d'existence que sur le fronton des établissements de la République, et pour cause, elle n'est pas compatible avec la conception singulière, une et indivisible, de chacun des 85 milliards d'êtres humains qui ont peuplé la terre depuis 2,8 millions d'années -, enfin la conscientisation d'une oeuvre collective respectueuse de l'Homme et de son environnement. « De chacun selon ses capacités, pour chacun selon ses besoins » : cette exhortation de Marx illustre parfaitement le combat politique, social, environnemental qu'il faut mener. Georges Bernanos [1888-1948] a écrit : « Dieu n'a pas d'autres mains que les nôtres ». Ou bien c'est nous qui abattrons l'ordre cannibale du monde, ou c'est personne.

Propos recueillis par Denis Lafay

 
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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:42
photo Le Télégramme

photo Le Télégramme

Morlaix et les crues, c’est une longue histoire de désamour. Et celle de dimanche revêtait un caractère particulier : jamais une inondation de cette envergure n’a été constatée à la belle saison.

Pour comprendre ce qui s’est passé dimanche à Morlaix, commençons par quelques explications. La ville est située à la confluence de deux cours d’eau - le Jarlot, le Queffleuth - qui prennent leur source sur le versant nord des Monts d’Arrée à une vingtaine de kilomètres de là. Le bassin-versant morlaisien n’est pas très étendu. Il ne couvre que 200 km 2 mais présente la particularité d’être très encaissé au plus fort de l’agglomération. À cela s’ajoute un sol schisteux et argileux – donc imperméable — qui ne favorise pas l’infiltration de l’eau mais plutôt son glissement. C’est pourquoi la ville est particulièrement vulnérable aux fortes précipitations.

 

 

 

De plus les deux rivières s’engouffrent dans des galeries d’écoulement souterraines à l’approche de l’hôtel de ville. Galeries qui sont vite saturées en cas d’épisode pluvieux exceptionnel comme ça a été le cas dimanche.

 

Premier orage estival dévastateur

 

Jusqu’à dimanche, Morlaix avait toujours été touchée par ces catastrophes en hiver, de décembre à février principalement. Inondations provoquées généralement par de lourdes et longues dépressions océaniques. Et jamais à la belle saison, en juin, à la faveur d’un orage estival.

La ville a été touchée à de nombreuses reprises par des inondations. Les plus anciennes, pour lesquelles il reste des documents ont eu lieu en 1861, 1865, 1893, 1910, 1925. La plus dévastatrice reste sans nul doute celle du 13 février 1974. Ce jour-là, un dimanche également, l’eau a commencé à monter dans les rues. Malgré la basse mer et le niveau de l’estuaire qui est toujours resté plus bas, le niveau de l’eau n’a cessé de monter pour atteindre 2 m à certains endroits de la ville. Rien n’y a fait, pas même l’ouverture des vannes vers une heure du matin pour favoriser l’écoulement des flots. Ce jour-là de très nombreux commerces avaient été touchés et une centaine de véhicules endommagés.

 

Rien n’y a fait

 

Dans les mois qui avaient suivi, le maire Jean-Jacques Cléach avait engagé un grand plan de refonte des réseaux incluant l’élargissement des galeries d’écoulement du Jarlot et du Queffleuth.

 

 

Rien n’y a fait et les flots dévastateurs ont à nouveau touché la ville en janvier 1995 (1 mètre d’eau), en décembre 2000 (1,40 m), ainsi que les 23 et 24 décembre 2013 (1,30 m). Cette dernière crue, qui sera suivie de deux autres de moindre importance en février 2014, fera 130 sinistrés : 80 commerces et 50 particuliers. Ces débordements n’étaient pas le fait des orages, mais de l’accumulation de pluies incessantes qui tombaient depuis une dizaine de jours sur la Bretagne.

 

De longues études à mener

 

Dimanche Morlaix a donc été victime d’un « épisode orageux très violent » explique Clément Le Saux chargé de mission auprès du Syndicat mixte pour la gestion des cours d’eau du Trégor. C’est lui qui pilote le Papi ou programme de prévention des inondations. « Le réseau d’eau pluviale a vite été saturé » poursuit-il. Le résultat de l’effet cumulatif des ruissellements qui ont convergé vers l’hyper-centre, plus que de la montée des eaux des deux rivières. Selon ce spécialiste des ouvrages de retenue des eaux n’auraient pas été efficaces. Car les précipitations étaient extrêmement localisées autour de la ville. Contrairement à des pluies d’origine dépressionnaire qui, en descendant doucement les bassins-versants, viennent gonfler les rivières. « Pour lutter contre ces formes d’inondation, nous avons lancé un programme de réalisation de bassins écrêteurs en amont de Morlaix. Nous en sommes au stade des études, du fonctionnement du bassin-versant et de la modélisation hydraulique. Mais il nous faudra d’abord comprendre ce qui se passe dans les galeries du centre-ville. Et comment le Jarlot et le Queffleuth interagissent entre eux. Pour l’heure nous n’en avons aucune idée. Il faudra du temps. Mieux vaut le prendre pour, ensuite, bâtir des ouvrages efficaces ».

Une cinquantaine de commerces ont été touchés par le violent orage de dimanche (photo Le Télégramme)

Une cinquantaine de commerces ont été touchés par le violent orage de dimanche (photo Le Télégramme)

Après la pluie, la boue… Ce lundi, après le cauchemar des terribles inondations vécues la veille, Morlaix a pansé ses plaies. Une cinquantaine de commerces ont été touchés. En fin d’après-midi, la situation était « sous contrôle », assurait le maire, Agnès Le Brun, qui attend désormais que l’état de catastrophe naturelle soit reconnu.

Le réveil a été douloureux, lundi matin, pour les Morlaisiens et les commerçants de la Cité du viaduc. Si la pluie qui a inondé le centre-ville la veille au soir s’est évacuée dans la nuit, elle a laissé derrière elle une marée de boue. Et un spectacle de désolation. Les va-et-vient des raclettes ont rythmé ce jour d’après, avec beaucoup de solidarité, mais aussi de la tristesse et du désarroi. Et un véritable traumatisme parfois. « On est fatigué. Ces inondations, c’est la goutte d’eau pour le centre-ville et pour les commerçants de Morlaix 

 

», lâchait, dépité, Cyriac Le Berre, coiffeur rue de Paris. Rejoint par son voisin d’infortune, Pascal Tisserand : « La violence de l’eau a fait exploser la vitre de notre commerce. Une véritable vague a traversé le magasin… », racontait le gérant du Carrefour express, hagard au beau milieu des conserves jonchant le sol de son supermarché.

 

« Affreux, atroce… »

 

Comme lui, une cinquantaine d’autres commerçants de la ville ont été frappés par la soudaine et rapide montée des eaux. « Affreux, atroce, exceptionnel… » : les adjectifs pleuvaient pour décrire le chaos qu’il a fallu réduire tout au long de la journée avec l’aide des pompiers, des équipes de la Croix-Rouge, des élus et des agents de la ville, mais aussi de bénévoles. « Environ 300 personnes étaient mobilisées », indiquait le maire de Morlaix, Agnès Le Brun, sur les coups de 17 h, en précisant que la situation était sous contrôle, alors qu’il s’était remis à pleuvoir, plus ou moins faiblement, en début d’après-midi. « Les orages s’éloignent, le danger aussi », appréciait le premier magistrat, en promettant de « rendre une ville à peu près propre » pour ce mardi matin.

 

12 millions d’euros de préjudice en 2013

 

Si aucune victime n’est à déplorer, plusieurs personnes ont dû être relogées, à l’hôtel ou chez des particuliers. « Pour l’heure, il est bien trop tôt pour évaluer le préjudice », complétait le maire. Une certitude, néanmoins : la note sera forcément salée. En 2013, lorsqu’une crue de la même veine avait secoué durement Morlaix à Noël, le montant des dégâts s’était élevé à 12 millions d’euros. Alors, forcément, le maire compte sur l’état de catastrophe naturelle pour permettre un maximum d’indemnisations. « On a aussi demandé que nous soit accordée la solidarité nationale immédiate, ce qui permettrait de bénéficier d’aides financières pour la voirie et les commerces », soulignait Agnès Le Brun, qui apprécierait de voir le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, venir constater l’ampleur des dégâts sur place à Morlaix. Comme Manuel Valls l’avait fait le 26 décembre 2013.

 

Les écluses, un faux problème ?

 

En attendant, bon nombre de Morlaisiens dissertaient, hier, sur les raisons de cette inondation brutale due aux orages. Une première dans l’histoire de cette ville pourtant habituée aux débordements. Et du jamais vu non plus à cette période de l’année. « Les écluses auraient dû être ouvertes plus tôt et plus largement », commentaient certains.

« Elles l’ont été à 17 h. Mais c’est un faux problème. Qu’elles soient ouvertes ou pas ne change rien à l’affaire. L’impact du niveau d’eau du port sur les inondations au centre-ville est marginal. Quoi qu’on fasse, ça aurait débordé. Morlaix est une cuvette », répondaient en écho les autorités. Pendant que le maire, en comprenant « le désarroi et l’émoi », assurait que les alertes habituelles n’avaient pas pu être déployées en raison de la soudaineté de cet orage. Qui restera gravé dans les mémoires.


 

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:11
Les précipitations qui sont tombées dimanche à Morlaix (Finistère) ont été très denses, très violentes et très ciblées. Et imprévisibles. |Photo Ouest-France

Les précipitations qui sont tombées dimanche à Morlaix (Finistère) ont été très denses, très violentes et très ciblées. Et imprévisibles. |Photo Ouest-France

Guy Pennec, président du Syndicat mixte pour la gestion des cours d’eau du Trégor et du Pays de Morlaix (Finistère) l’assure : il était impossible de prévoir l’intensité des précipitations de dimanche, par ailleurs très ciblées. Mais pour éviter un nouvel épisode, un programme d’actions et de préventions des inondations (Papi) est en cours d’élaboration. Il répond à nos questions.

Morlaix se situant en fond d’une cuvette, au confluent de deux rivières, le Jarlot et le Queffleuth, elle a souvent été victime d’inondations. Celles de dimanche 3 juin 2018 ont été particulièrement violentes.

Pourquoi Morlaix a été victime d’une inondation dimanche ?

Les précipitations qui sont tombées dimanche ont été très denses, très violentes et très ciblées. Le ruissellement était très important. Les rivières sont devenues des torrents, charriant les pierres et les branchages. Ceux-ci sont venus boucher les exutoires, comme les avaloires et les buses, ralentissant l’évacuation de l’eau.

Est-ce que la violence de ces précipitations aurait pu se prévoir ?

Non. Météo France avait donné l’alerte pour d’importants orages et dès 8 h, un arrêté préfectoral nous mettait en garde. Mais il était impossible de connaître leur intensité. Des pluviomètres ont enregistré 36 mm de précipitations en amont de Morlaix alors qu’en ville, il est tombé plus du double en 1 h 30. C’est une inondation pluviale plutôt que fluviale, c’était donc difficilement prévisible.

Vous mettez en place un Programme d’actions et de préventions des inondations (Papi). En quoi consiste-t-il ?

 
 

En un an et demi, nous avons réalisé 150 diagnostics auprès des habitants et commerçants par des experts. Nous allons acquérir des batardeaux individuels pour tous ceux qui le souhaitent. En hiver, nous réaliserons une topographie des bassins-versants pour chercher où créer des bassins de stockage en cas de crue. Nous allons scanner les galeries d’écoulement souterrain à l’automne, pour connaître leur débitance (le débit maximum) et l’améliorer le cas échéant.

Depuis le glissement de terrain, les rails sont suspendus dans le vide. | Yves marie Quemener

Depuis le glissement de terrain, les rails sont suspendus dans le vide. | Yves marie Quemener

Les pluies torrentielles de dimanche ont provoqué un glissement de terrain sur la voie de chemin de fer reliant Morlaix à Roscoff, au niveau de Sainte-Sève. Avant cet événement, la ligne semblait déjà menacée, en raison du coût élevé de sa rénovation.

Dimanche, alors que des pluies diluviennes tombaient sur la région de Morlaix, un torrent d’eau s’abattait sur le chemin de fer, à Sainte-Sève, lieu-dit Les quatre-vents, entraînant un glissement de terrain sous la voie de chemin de fer sur environ 50 m.

Suspendue jusqu’à nouvel ordre

Lundi, des équipes de SNCF réseaux se sont rendues sur place pour constater les dégâts et effectuer des diagnostics. À l’heure actuelle, on ne sait pas quand rouvrira la ligne Morlaix-Roscoff.

Joseph Séïté, maire de Roscoff, se demande même si elle rouvrira un jour. Cette ligne de TER nécessitait déjà une importante rénovation (40 millions d’euros selon une première estimation de la SNCF). Ce qui faisait craindre le pire à ses défenseurs, convaincus qu’elle fermera prochainement.

Un coup dur pour "A fer et à flots"

« Évidemment, on est inquiets », glisse le maire, conscient que cela « aggrave encore » la situation. « Cela intervient alors qu’on venait de lancer une étude socio-économique, dont les résultats sont attendus à la fin de l’année ». D’un coût de 50 000 € (financés pour moitié par la Région, le reste partagé entre Haut-Léon communauté et Morlaix communauté), elle doit permettre de juger de l’intérêt d’une rénovation.

 
 

Ces gros dégâts auront aussi des conséquences sur A fer et à flots, circuit touristique par la mer et le rail. « Pour toutes nos réservations, on remplacera le train par un car. Mais c’est sûr que ça n’a pas le même charme… », souligne le président de l'association. Chaque saison, ils sont 8 000 touristes à découvrir la baie de Morlaix de cette manière.

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6 juin 2018 3 06 /06 /juin /2018 05:00

Merci aux sénatrices et sénateurs du groupe CRCE (Communiste, Républicain, Citoyen, Ecologiste) pour leur combat . 
La bataille continue aux cotes des cheminots , des usagers dans le pays , dans nos regions pour porter nos exigences. 
Et le 12 juin dans le pays , nous serons avec les cheminot-es avant le passage de la loi à l'Assemblee Nationale .

Fabien Gay

Fabien Gay

Après trois jours et trois nuits de débats sur le « nouveau pacte ferroviaire » ou plutôt, « le dernier pacte ferroviaire mettant fin aux services publics du rail », nous avons procédé aux explications de vote de chaque groupe et au vote solennel cet après-midi.

Quelques-uns qui n’avaient pas dit un mot pendant trois jours, et qui n’avaient pas échangé un seul argument dans l’hémicycle, ont retrouvé de la voix cet après-midi.
On s'en réjouit, car franchement, pendant ces trois jours, les sénatrices et sénateurs communistes et écologistes se sont parfois sentis bien seuls pour débattre et échanger...

Heureusement que le rapporteur et la ministre étaient présents, même si nous n’avons pas obtenu toutes les réponses à nos questions.

Un sénateur s’en est même pris violemment, et de façon injurieuse, à notre groupe CRCE. Mais derrière cette attaque et au-delà des seuls sénatrices et sénateurs communistes, républicains, citoyens et écologistes, c’est au mouvement social des cheminots, qu’il s’est attaqué. Certains ont utilisé la tribune de notre Sénat pour déverser leur haine. Cela n’honore pas le débat parlementaire.

Il faut maintenant « arrêter la grève » et stopper cette « minorité qui bloque tout » ; on connaît bien la litanie libérale des tout-puissants.

On nous reproche aussi d’avoir porté la tenue des cheminots dans l’hémicycle. Pour ma part, j’en suis fier !

En vérité, ils ne digèrent pas ce mouvement social inédit par sa durée et son mode d’action, et qui ne faiblit pas. Car ils avaient un plan : celui de boucler l’examen de ce projet de loi en catimini, en une seule soirée.

Mais face à la détermination et aux arguments que nous avons déployés, le débat a eu lieu. Trois jours pour casser 80 ans de service public du rail, ce n’est pas cher payé, comme l’a rappelé notre présidente Eliane Assassi, lors de son allocution en conclusion des débats.

Nous avons été bien seuls, pour défendre le service public, les usagers, les cheminots, et donc, au final, l’intérêt général. Nous nous sommes opposés au triptyque : changement de statut, qui n’apportera rien sinon la possibilité de privatisation ; la casse du statut, qui n’est qu’idéologique, car en réalité, les cheminots sont mal payés ; et enfin, l’ouverture à la concurrence qui partout en Europe a entraîné la fermeture de lignes, l’explosion des prix, la dégradation du service rendu aux usagers et des conditions de travail des salariés.

Nous avons développé, pendant trois jours, une autre vision du service public et de l’aménagement du territoire, qui passe par de l’investissement dans le ferroviaire. C’est un des seuls moyens de sauvegarder notre planète et de garantir un droit à la mobilité pour toutes et tous.

Comme l’ensemble du groupe CRCE, j’ai voté contre ce texte qui a été adopté à une grande majorité, grâce à la droite sénatoriale.

Le combat continue! 

Fabien Gay, 

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