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13 août 2019 2 13 /08 /août /2019 07:00
Morbihan: un comité de soutien pour empêcher l'extradition de l'activiste italien arrêté Vincenzo Vecchi condamné pour participation aux manifestations contre le G8 de Gênes grâce à une loi mise en place par Mussolini et réactivée par Berlusconi (France 3 et L'Humanité, article Thomas Lemahieu)
Morbihan: un comité de soutien pour empêcher l'extradition de l'activiste italien arrêté
 
 
Par Maylen Villaverde
 
Depuis l'arrestation de Vincenzo Vecchi un groupe de quatre-vingts habitants du pays de Rochefort-en-terre se réunit pour discuter et échanger sur les actions possibles pour empêcher le renvoi du militant qui habitait dans ce coin de Bretagne depuis 8 ans.
 
 
Ils se retrouvent tous les jours en petits groupes ou en session plénière pour discuter et réfléchir aux actions à mener. "Ils" se sont des amis, des voisins ou de simples connaissances de Vincenzo qui le fréquentent pour certains depuis 8 ans, depuis qu'il avait posé ses valises dans ce coin du Morbihan. Ils ont donc décidé de créer un collectif de soutien pour empêcher le renvoi vers l'Italie de l'activiste.
 

Colère et détermination des soutiens de Vincenzo


"Après l'étonnement de découvrir le passé de Vincenzo nous sommes aujourd'hui dans la colère et la détermination" explique Jean-Pierre, un membre du collectif  "Soutien à Vincenzo". Pour ce dernier il n'est pas question que Vincenzo soit renvoyer en Italie. "Le chef d'inculpation nous parait injuste et disproportionné ! Il a pris 13 ans pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment, cela nous révolte" s'indigne Jean-Pierre. 

Condamné grâce à une loi mise en place par Mussolini et réactivée par Berlusconi


Selon le collectif, Vincenzo Vecchi a été condamné en Italie pour "dévastation et saccage" au G8 de Gênes. "Cette condamnation a été rendue possible sur la base d'une loi adoptée en 1930 sous Mussolini et réactivée par Silvio Berlusconi" à l'occasion du sommet économique de 2001. 

La justice italienne lui reproche aussi sa participation à une manifestation antifasciste, non autorisée, à Milan en mars 2006.

Pour le collectif morbihannais "il est impensable que la France renvoie cet homme vers l'Italie", pays qui a pour ministre de l'intérieur Salvini, un élu d'extrême droite. "Il va vouloir en faire un exemple" redoutent ses amis.

Ils rappellent aussi que "le G8 de Gênes a valu une lourde condamnation de l'Italie par la Cour européenne des droits de l'homme du fait des violences policières commises contre les manifestants, certaines ayant été assimilées à des "actes de torture", restait "une blessure ouverte en Italie".
 

Appel au soutien devant le tribunal de Rennes Mercredi


Mercredi Vincenzo Vecchi doit passer devant la Chambre d'Instruction de Rennes. Les membres du collectif ont prévu de venir manifester leur soutien pacifiquement et espèrent que d'autres personnes se joindront à eux. Ils ne souhaitent cependant pas qu'il y ait le moindre débordement car cela pourrait pénaliser leur ami.

Le collectif a fait appel à deux avocats afin d'avoir plus d'information sur le dossier et d'envisager une démarche en justice.

Morbihan: un comité de soutien pour empêcher l'extradition de l'activiste italien arrêté Vincenzo Vecchi condamné pour participation aux manifestations contre le G8 de Gênes grâce à une loi mise en place par Mussolini et réactivée par Berlusconi (France 3 et L'Humanité, article Thomas Lemahieu)

Répression. En Italie, la vengeance d’État se mange froide

Mardi, 13 Août, 2019

Menacé d’extradition, Vincenzo Vecchi, installé dans un bourg du Morbihan, a été condamné à près de douze ans de prison ferme en Italie pour sa participation au contre-G8 de Gênes en 2001.

 

Gênes persistante. Dix-huit ans après les manifestations contre le G8 dans le grand port de Ligurie (Italie), ensanglantées par la police de Silvio Berlusconi – un jeune homme, Carlo Giuliani, avait été abattu et des centaines d’altermondialistes tabassés, blessés, torturés ou détenus arbitrairement –, les hoquets de l’histoire n’en finissent jamais. Cette fois, c’est à Rochefort-en-Terre, dans le Morbihan, que les spectres de cette répression, caractérisée à l’époque par Amnesty International comme « la plus grande violation des droits humains et démocratiques dans un pays occidental depuis la Seconde Guerre mondiale », sont réapparus ces derniers jours. Vincenzo Vecchi a été arrêté jeudi, et il se retrouve menacé d’extradition vers l’Italie. Sur place, parmi ses amis et ses voisins, la stupeur est totale : installé en Bretagne depuis huit ans et parfaitement intégré, l’homme participait régulièrement aux activités culturelles et sociales d’un café associatif (la Pente). « Il était très sympathique et discret, il ne faisait pas de vagues, mais il était là », témoigne un membre du collectif de soutien qui se met en place localement.

À Rome, la presse dominante le présente comme un « fugitif »

Qu’a bien pu faire cet Italien de 46 ans pour mériter ce sort de criminel en puissance ? Dans la presse dominante à Rome ou à Milan, reprenant les fanfaronnades du gouvernement et déroulant à l’envi la minutieuse traque policière ayant abouti à son interpellation, Vincenzo Vecchi est présenté comme un « fugitif », le dernier « black bloc » en cavale à l’étranger après sa condamnation par la justice italienne pour des exactions commises lors du G8 de Gênes. Dans cette logique, ce n’est plus vraiment un homme, c’est un symbole ou, mieux encore, pour l’extrême droite au pouvoir dans la capitale italienne, un trophée.

Selon une sentence de la Cour de cassation italienne, prononcée en juillet 2012 après deux jugements, en première instance puis en appel, Vincenzo Vecchi a, le 20 juillet 2001, à Gênes, « endommagé, détruit, incendié des biens mobiliers et immobiliers, parmi lesquels des banques, des voitures et un supermarché, en s’emparant des marchandises exposées à ­l’intérieur ». Toujours selon cette reconstruction judiciaire, Vecchi s’est « opposé avec violence aux forces de l’ordre, exhortant les autres manifestants à passer à l’attaque, lançant des bouteilles, des pierres et faisant exploser quelques cocktails Molotov…, non sans déplacer des caissons pour les poubelles et les renverser au milieu des rues ».

Des faits constitutifs d’une émeute, en somme, sans violences envers des personnes, qui vont valoir à dix manifestants du contre-G8 de Gênes des peines allant de 6 à 15 ans de prison ferme. De quoi susciter une pétition signée par des intellectuels comme l’écrivain Erri De Luca, le metteur en scène Ascanio Celestini, le prix Nobel de littérature Dario Fo, l’actrice Franca Rame et des centaines d’autres, pour demander l’absolution de ces quelques boucs émissaires commodes pour une vengeance d’État en Italie… Vincenzo Vecchi est, lui, condamné définitivement à 11 ans et 6 mois de prison.

Deux poids, deux mesures. D’un côté, les policiers, les gendarmes et les militaires qui, au plus haut niveau de leurs chaînes de commandement lors du G8 de Gênes, s’étaient rendus coupables de violences multiples contre des manifestants, puis avaient organisé leur défense en produisant des documents falsifiés, ont tous, ou presque, bénéficié de non-lieux ou échappé aux ennuis grâce à la prescription. Le gendarme qui a abattu Carlo Giuliani d’une balle dans la tête a rapidement pu compter sur la thèse de la légitime défense. De l’autre, pour les manifestants présentés comme les « animateurs » d’un black bloc, décrit, de manière fallacieuse, comme homogène, les peines, de toute évidence totalement disproportionnées, ont été rendues possibles par le choix de la justice italienne de poursuivre une poignée de militants anti-G8 – plusieurs centaines d’entre eux avaient été arrêtés en 2001 et quasiment tous relâchés sans chef d’inculpation – en recourant au délit de « dévastation et saccage ». Un élément du Code pénal italien, introduit par les fascistes en 1930, qui permet, dans les faits, au nom de la notion de simple « concours moral » aux événements, de sanctionner avec des peines de 8 à 15 ans de prison la simple présence et la participation à des manifestations considérées comme insurrectionnelles.

Il a largement payé par ce long exil subi, séparé des siens

Lors de l’une des multiples audiences de ses procès, Vincenzo Vecchi avait lancé ces mots : « Je m’honore d’avoir participé en homme libre à une journée de contestation contre l’économie capitaliste. » À Rochefort-en-Terre, parmi le comité de soutien qui découvre ces jours-ci la machine à broyer qui rattrape leur ami et voisin, on s’organise pour préserver cette « liberté » : un rassemblement sera organisé mercredi à 9 heures à Rennes devant la chambre d’instruction qui doit statuer sur son extradition. « Il n’avait parlé à personne de ce passé, souffle-t-on sur place. Ce qui est sûr, c’est que Vincenzo a déjà largement payé par ce long exil forcé, séparé de sa femme et de son enfant. Cela suffit, il ne doit en aucun cas être renvoyé en Italie… »

Thomas Lemahieu

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