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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 12:00
Archive Goliarda Sapienza/Angelo Maria Pellegrino

Archive Goliarda Sapienza/Angelo Maria Pellegrino

Communist'art: Goliarda Sapienza ou l'Art de la Joie
Communist'art: Goliarda Sapienza ou l'Art de la Joie

Communist'art: Goliarda Sapienza ou l'Art de la Joie (1924-1996)

"Tu es entré dans la pièce et l'air s'est brusquement empli de tendresse autour de mon corps en attente. Tu es entré dans la pièce et (brusquement) l'air autour de mon corps a été plénitude"

" En Sicile, le catholicisme n'est qu'une couche de peinture sur des choses de lave: et aucune peinture ne tient sur la lave. Tôt ou tard elle est rejetée et la pierre noire, ossature de l'île, réapparaît". 

"Les camarades n'ont donné rien d'autre à la réaction que ce qu'elle attendait: désespoir, autodestruction, douleur... Le vrai révolutionnaire aujourd'hui doit contredire par la santé, la joie et la "sérénité différente" cette attente latente dans toutes les intelligences acquises à l'ordre établi".  

(Goliarda Sapienza, Carnets, extraits choisis par Angelo Pellegino, traduction de Nathalie Castagné, Le Tripode, 2019)

Qui n'a pas eu encore la chance de découvrir les écrits de Goliarda Sapienza a devant elle, devant lui, une de ces lectures "oasis" où il est si précieux de se ressourcer dans le désert de spiritualité, d'originalité et d'authenticité qui caractérise le bruit de fond de l'époque, une lecture qui fait grandir, peut rendre plus libre, plus passionné, plus exigeant vis-à-vis de la vie et de soi-même.

Leçon de lucidité et d'ardeur pour qui veut s'élever au-dessus des médiocrités, lâchetés et hypocrisies bien trop banales, à notre époque comme dans la sienne.   

C'est surtout à la lecture des Carnets de Goliarda Sapienza ou de L'Art de la Joie publiés en France par les éditions Le Tripode qui ont révélé cette très grande écrivaine après sa mort, la découverte d'une personnalité extraordinaire qui nous attend, d'une écrivaine ennemie de l'ordre établie porteuse d'un éclairage étonnant sur le monde du désir, de l'amour, de la féminité, de la souffrance, de l'amitié, sur fond de drames intimes, politiques et sociaux. Cette femme puissante et fragile, libre, anti-conformiste, amoureuse, radicale, cette écrivaine italienne profondément cultivée et originale fut une communiste, résistante, fervente et militante d'abord, puis plus désenchantée, sceptique, et critique à partir du milieu de la fin des années 1970 et de ses voyages en URSS et en Chine.

Indépendante, Goliarda vécut pauvrement, surtout à partir des années 70, et refusa toute forme de prostitution intellectuelle. 

En 1977, Goliarda écrit dans ses Carnets:  

"Que ce soit un bien ou un mal, c'en est complètement fini du temps de la classique "voix de stentor", la diction claire, lente et martelée du passé. La domination culturelle américaine sur le langage - voire disques et films - semble absolue, dans toute cette année 1977. La grande colonisation des maisons de disques. Et vu que Berlinguer va à la messe, mieux vaut ce balbutiement doux et enfantin que les choeurs de l'armée russe et les vieilles marches nazies. 

C'est à cela que tu devais arriver, chère Iuzza (* surnom affectueux de Goliarda pour ses proches)? Et oui, culturellement du moins. Il reste clair, chère Goliarda et cher Citto, que je suis marxiste et matérialiste et que je voterai pour Berlinguer jusqu'à ce ce que... qui sait. Tout peut arriver, y compris un mouvement nouveau, un mouvement qui nous donne certaines réponses ou non demande quelque chose à quoi répondre par l'action". 

Et en avril 78:

"Quel point avons-nous atteint du plan probablement tracé depuis la lointaine année 1945 par toutes les droites du monde? Ne t'alarme pas, Iuzza, vis et tiens-toi prête à l'action (qui malheureusement ne viendra pas) ou à la résistance. Au fond, tu n'as rien fait d'autre durant toutes ces dernières années".

Goliarda Sapienza naît à Catane en Sicile en 1924, l'année de la prise de pouvoir des fascistes mussoliniens, dans une famille nombreuse recomposée. C'est la seule enfant qu'ont eu ensemble ses deux parents, sur le tard.

Goliarda... Un nom inconnu dans la Sicile des années 30. C'est un peu comme si elle s'était appelée "Paillarde sagesse" (Sapienza). Les "goliards" étaient des clercs du Moyen-âge connus pour leur puissance poétique et subversive. Un nom, une prédestination pour cette femme libre et tourmentée, communiste rebelle aux dogmes, attirée par les femmes aussi bien que par les hommes, amoureuse, frondeuse, comédienne et écrivaine, l'auteur de ce chef d’œuvre tard connu et reconnu qu'est "L'Art de la joie".

Sa mère, Maria Giudice, née en 1880, issue d'une famille de paysans aisés de Lombardie, est une intellectuelle, institutrice, militante socialiste marxiste proche de Gramsci, un des fondateurs du Parti communiste italien. Elle a commencé son activité syndicale, politique et journalistique à 25 ans, au tournant du siècle, a été arrêté, s'est réfugié en Suisse un temps, a fait la rencontre de Lénine et Mussolini, quand il était encore socialiste. Elle a vécu à Milan, à Turin, a été institutrice et s'est fait licenciée pour "conduite immorale": elle a eu sept enfants avec son premier compagnon en "union libre" avec lequel elle vivait dans un grand dénuement, Carlo Civardi. Elle fut la directrice à partir de 1916 du " Il Grido del populo" (Le Cri du peuple), le journal de la section turinoise du Parti socialiste italien dont Antonio Gramsci est le rédacteur en chef. Un an plus tard, Maria Giudice va être la première femme à être nommée secrétaire de la Chambre du travail de Turin. 

La mère disait à sa fille Goliarda (Moi, Jean Gabin - édition Attila): "Tu ne dois te soumettre à personne, et moins que quiconque à ton père ou à moi. Si quelque chose ne te convainc pas, rebelle-toi toujours".

Le père de Goliarda, Giuseppe Sapienza, de quatre ans plus jeune que Maria Guidice, est un avocat socialiste défenseur des pauvres et des dominés. C'est le vice-secrétaire et le propagandiste du PSI pour la Sicile. En 1911, il est devenu le secrétaire de la chambre du Travail à Catane, la deuxième ville de Sicile, à l'est de l'île.

En 1918, Maria Giudice est condamnée à trois ans de prison pour avoir incité les ouvriers d'une manufacture d'armes à abandonner le travail. Libérée l'année suivante, elle rencontre Giuseppe Sapienza, qui a déjà trois fils, en Toscane lors d'une manifestation et s'établit avec lui à Catane à partir de 1920.  Maria est socialiste révolutionnaire et c'est le Parti qui l'envoie en 1920 en Sicile, sur un terrain très dangereux où plusieurs syndicalistes viennent d'être assassinés. 

Six enfants de Maria et trois enfants de Guiseppe vont vivre avec eux en Sicile. De nombreux demi-frères et demi-sœurs, mais des fantômes aussi: Goliardo, son frère aîné, assassiné avant sa naissance (il est retrouvé noyé, assassiné par les fascistes le 16 mai 1881), Goliarda, sa sœur aînée, morte à la naissance deux ans avant la naissance de la future écrivaine. De 1920 à 1924, Maria milite en Sicile pour une gestion communautaire des terres et la création d'un minimum salarial. Elle et Giuseppe dirigent la chambre du Travail de Catane et le journal Unione, dont les locaux sont incendiés à deux reprises par les fascistes. Les parents de Goliarda échappent aussi à une tentative d'assassinat fasciste. 

Avant les quatre ans de Goliarda, seule enfant de Maria et de Giuseppe, trois de ses demi-frères et sœurs vont encore mourir. Josina Civardi, d'une pleurite, après une nuit passée dans une rizière pour échapper aux milices, José Civardi, retrouvé pendu en prison, et Goliardo-Danilo, le dernier né de la famille. Giuseppe, le père de Goliarda, s'éprend tour à tour de deux des filles de sa femme, les demi-sœurs de Goliarda, Cosetta, puis Olga. En 1933, la famille Sapienza-Giudice déménage dans la Civita, le quartier populaire de Catane qui rassemble artisans et prostituées.   

Giuseppe et Maria sont athées. Ce qui n'empêchent pas les sœurs aînées de confectionner à la benjamine une rrobe de religieuse dans laquelle elle va prier dans un autel consacré à Jésus.

Sous le régime fasciste, les parents vivent dans une forme de retrait hostile vis-à-vis de la société dominante et retirent Goliarda de l'école pour lui donner une éducation originale, basée sur la liberté intellectuelle, l'athéisme et le socialisme. En 1938, la mère de Goliarda, Maria, montre les premiers signes d'un effondrement psychique qui va conduire à la folie. En 1940, une bourse d'étude permet à Goliarda Sapienza, âgée de 16 ans, d'entrer à l'Académie d'art dramatique à Rome. Maria Giudice s'établit avec elle, basculant progressivement dans une forme de folie. 

De 1942 à 1944, alors que son père est détenu pendant quelques mois à la prison de Catane, Goliarda monte sur scène, notamment dans des pièces de Pirandello, mais elle interrompt ses études avec l'occupation allemande de l'Italie. Son père, relâché en mai 42, s'établit à Rome et crée les brigades Vespri. Goliarda fait partie de ce groupe de résistance sous un faux nom. Recherchée par la police allemande, Goliarda se réfugie dans un couvent. Elle est atteinte de tuberculose à la fin de la guerre tandis que sa mère est internée en hôpital psychiatrique.  

Goliarda devient après la guerre une figure du théâtre italien, jusqu'à être comparée à Sarah Bernhard. En 1945, lle fonde avec Silverio Blasi et Mario Landi la compagnie de théâtre d'avant-garde T45, puis en 1946 la Compagnia del piccolo teatro d'arte.

Après la chute du fascisme et la fin de la guerre, Goliarda Sapienza devient pendant 17 ans la compagne du cinéaste Francesco (Citto) Maselli, le neveu de Luigi Pirandello, résistant et membre éminent du Parti communiste italien.

C'est l'assistant d'abord des cinéastes Luigi Chiarini, Michelangelo Antonioni, de Visconti. Et l'auteur en son nom propre du film "Les Egarés" (Gli sbandati, 1955), qui analyse la situation de l'Italie en 1943 et de "La femme du jour" (La donna del giorno) en 1956.  En 1964 il réalise Gli Indifferenti (Les Deux rivales) inspiré d'un roman de Alberto Moravia, avec Claudia Cardinale et Rod Steiger, un portrait psychologique d'une famille en décadence. Il en 1970 il renoue avec le film politique avec Lettera aperta a un giornale della sera (Lettre ouverte à un journal du soir) où il raconte le projet de constitution d'une brigade internationale de combattants pour le Vietnam d'un groupe d'intellectuels de gauche. En 1975, dans Le Suspect (Il Sospetto), avec Gian Maria Volonte et Annie Girardot, il relate le destin d'un militant communiste clandestin dans l'Italie fasciste.

Goliarda sera comédienne sous la direction de Luigi Comencini et de Luchino Visconti qui la fait triompher au théâtre chez Pirendello et l'engage comme assistante sur le tournage de son film "Nuits blanches" (1957).

En 1958, après une crise psychique et intérieure, Goliarda décide de se consacrer à l'écriture et de s'éloigner du cinéma et du théâtre.  Auparavant, son engagement révolutionnaire semblait vouer à une forme d'absurde ou de futilité bourgeoise le travail d'écriture.

Même si en 1960 elle revient au théâtre avec la pièce Liola de Luigi Pirandello dans une mise en scène de son ami Silverio Blasi. En 1962, Goliarda fait une première tentative de suicide. Elle est hospitalisée dans un asile psychiatrique où elle subit des électrochocs, puis entreprend une psychanalyse avec Ignazio Majore, qui va l'amener, au moment de sa relation avec Francesco Maselli bat de l'aile (elle s'éprend de son psychanalyste), même si elle restera toute sa vie proche de lui, à écrire des récits autobiographiques: Lettre ouverte (1967) et Le Fil de midi (1969), La certitude du doute. Elle y parle de sa jeunesse, de sa relation avec ses parents, de la vie de sa famille durant le régime fasciste et son séjour dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide suivant la mort de sa mère en 1953. La mère de Goliarda est une figure charismatique, fascinante et écrasante, sombrant dans la folie à la fin de sa vie, qui inspire la Modesta de L'Art de la Joie

En 1964, Goliarda fait une nouvelle tentative de suicide et reste plusieurs jours dans le coma. En 1965, elle rompt avec Cito Maselli.

C'est en 1969 que Goliarda Sapienza se lance à corps perdu dans L'arte della gioia.

Mais comme écrivaine, Goliarda Sapienza est peu connue de son vivant en Italie.  Le seul livre qui lui vaudra un peu de succès est son récit de ses mois de détention à la prison des femmes retiendra l'attention de la presse pour son caractère sulfureux - une "people" membre de l'intelligentsia en prison, pensez donc - plus que pour des raisons littéraires. Dans une période de crise existentielle, Goliarda Sapienza se fait arrêter, à 56 ans, en 1980, pour vol de bijoux (ceux d'une riche amie romaine). Dans "L'Université de Rebibbia" elle raconte son séjour carcéral, ses amitiés avec ses codétenues, prisonnières de droit commun, junkies, voleuses, mais aussi jeunes révolutionnaires gauchistes.  A sa sortie de prison, Goliarda continue d'écrire, avec un regard plus apaisé porté sur son enfance, sa vie. Dans Moi, Jean Gabin, elle raconte son enfance de la Sicile des années 30. A sa sortie de prison, Goliarda Sapienza vit une histoire d'amour à Rome avec une de ses codétenues sortie de prison elle aussi, Roberta, une révolutionnaire.

Son grand roman, L'Art de la Joie, qu'elle met 8 ans à écrire, ne sera publié, d'abord en France et en Allemagne, que 10 ans après sa mort.

A suivre.

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 11:26
Lundi 28 septembre sera la Journée Internationale pour le droit à l'avortement - la section de Brest du PCF et la commission féministe du PCF appellent à rejoindre le rassemblement à 18h à Brest, place de la liberté

Lundi 28 septembre sera la Journée Internationale pour le droit à l'avortement.
Chaque année, en France, entre 3000 et 5000 femmes sont contraintes de se rendre à l'étranger pour avorter.
Or, le droit à disposer de son corps est un droit fondamental, socle de l'égalité entre les femmes et les hommes.
Nous, femmes, sommes victimes du capitalisme qui ravage les services publics, et viole nos droits.
Pendant le confinement, pour répondre à la détresse de centaines de femmes, et en réponse à la demande des associations et des médecins, nos camarades au Sénat se sont battu.es pour l'allongement du délai d'accès à l'IVG de 12 à 14 semaines. Même temporaire et malgré la criante nécessité de le mettre en œuvre, les conservateurs ont rejeté cet amendement.
Au final, cette lutte acharnée n'aura permis que l'allongement du délai de 7 à 9 semaines pour les IVG médicamenteuses, mesure exceptionnelle pendant le confinement.
La lutte pour le droit à l'avortement n'est toujours pas gagnée.
Pour l'émancipation des femmes, des hommes et de tous les êtres humains, défendons ensemble ce droit fondamental !
A l'appel du planning familial de Brest, la section du PCF de Brest et la commission féministe PCF du Finistère vous invitent à rejoindre le rassemblement lundi 28 septembre à 18 h , place de la Liberté à Brest. Faisons du bruit !"

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 06:02
Levez le mandat d'arrêt européen contre Vincenzo Vecchi
Levez le mandat d'arrêt européen contre Vincenzo Vecchi

A l'heure où deux partis d'extrême-droite se partagent avec la droite en Italie 15 des 20 régions de la péninsule, on renverrait Vincenzo Vecchi, militant capitaliste réfugié en Bretagne, dans son pays natal pour qu'il y soit enfermé? 

Le militant antifasciste Vincenzo Vecchi fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt européen, criminalisé sans preuves réelles par la justice italienne.

Les Parlementaires communistes Laurence Cohen, Pierre Dharréville, Fabien Gay, Pierre Laurent, Jean-Paul Le Coq, Stephane Peu, Christine Prunaud, Pascal Savoldelli ont  alerté le Ministre de la Justice, aux côtés de collègues parlementaires écologistes, insoumis, Génération.s, et de Paul Molac.

 

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 05:47
Juliette Gréco, au revoir et merci... L'hommage du PCF et de L'Humanité
Juliette Gréco, au revoir et merci... L'hommage du PCF et de L'Humanité

Juliette Greco : « Nous saluons avec respect et émotion cette grande amie des communistes » (Fabien Roussel et Pierre Dharréville - PCF)

Nous apprenons avec une grande tristesse la disparition de Juliette Gréco, au terme d’une vie extraordinaire.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, jeune résistante déjà rompue au combat pour la liberté, nourrie d’un insatiable désir de vivre et riche de valeurs progressistes, Juliette Gréco emprunte le chemin d’une vie libre. L’intrépide jeune femme se jette dans le Paris des arts, y fait les plus belles rencontres et s’y construit les plus solides amitiés sans jamais se départir de son estime du monde ouvrier et de ses combats. Etoile scintillante au cinéma, égérie des poètes et des musiciens, elle affirme avec Jacques Prévert : « Je suis comme je suis », imposant une figure féminine nouvelle, grandie dans le sillage de Simone de Beauvoir. Elle ne s’en départira jamais.

Devenue l’interprète des poètes les plus illustres, servie au fil d’une carrière d’une exceptionnelle longévité par des mélodistes hors pair et d’une étonnante variété, elle nous laisse un extraordinaire bouquet de chansons qui n’appartiennent qu’à elle et sont notre bien commun. Elles ont nourri une grande part de notre imaginaire collectif. Nous saluons avec respect et émotion cette grande amie des communistes et des utopistes d’un monde meilleur, cette grande voix universellement reconnue de notre culture, cette femme sensible qui savait si bien donner la force d’aller de l’avant.

Hommage. Juliette Gréco, au revoir et merci…

Vendredi 25 Septembre 2020 - L'Humanité

Icône de Saint-Germain-des-Prés, elle a mis la poésie à portée de nos vies. Juliette Gréco est morte. Il nous reste ses chansons, à vivre et à aimer.

 

Elle a eu une vie « magique, complètement dingue », confiait-elle avec ce sourire coquin et mutin, regard noir pétillant ourlé de longs cils soyeux. Juliette Gréco est morte, dans sa maison de Ramatuelle, entourée des siens. Doucement.

Toute sa vie n’a été que « ferveur, refus, amour, combat ». Juliette Gréco était folle. Folle d’amour, folle de vivre, folle de danser jusqu’au bout de la nuit dans les caves de Saint-Germain. Follement éprise de liberté aussi, cette liberté qui vous donne la force, le courage, l’audace de braver les interdits, les tabous. Juliette Gréco était l’incandescence incarnée, longue silhouette noire, cheveux en cascade. Face public dans un simple halo de lumière, il émane d’elle une sensualité dont elle se démarque par un port altier qui contraste avec sa voix, grave, profonde, puissante. Un jeu de scène, sobre, austère. Corps immobile, seules les mains bougent, papillonnent, dessinant des arabesques qui attrapent au vol les mots. Regard droit, fixe, perdu au loin, rattrapé par un sourire espiègle, ironique.

Sulfureuse malgré elle, Gréco sait pertinemment la charge érotique qu’elle dégage. Mais elle reste seule maître à bord de son corps. « Elle vit comme elle veut, elle aime qui elle veut », nous confie Bertrand Dicale (lire son entretien ci-après). Elle aime Miles Davis. Miles Davis l’aime. Passionnément. Ils ont à peine 20 ans. Ils sont prêts à se marier. Mais aux États-Unis le mariage entre un homme noir et une femme blanche est interdit. Miles repart. Elle reste à Paris. Ils s’aimeront de loin en loin, à mille lieues des préjugés racistes, des regards obliques de quelques passants mal intentionnés. Juliette les ignore. Avec superbe. « Je ne m’étais pas rendu compte qu’il était noir, se souvenait-elle. Ce n’est qu’aux États-Unis que je me suis rendu compte à quel point il était noir. »

Le tourbillon de la vie l’emporte. Elle se rêvait danseuse, elle sera chanteuse. Elle chante les poètes qui écrivent pour elle. Des chansons sur mesure, de la haute couture, mots dentelés, ciselés, métaphores brodées de perles sur des textes de mousseline qui déroulent des sens cachés qu’elle devine, intuitivement. Les mots l’habillent quand elle murmure Déshabillez-moi. Elle donne de la force aux femmes, le pouvoir d’être libres, libres de leurs désirs. Si tu t’imagines… complicité féminine, elle retourne les arguments très mâles, hey, fillette, n’attends pas, fonce, te goures. Les femmes comprennent. Elle est elle-même cette fillette que les rides du temps n’épargneront pas, mais elle se fiche du temps, les hommes n’ont qu’à bien se tenir.

Mais sa vie ne se résume pas à la chanson. Elle tourne dans quelques films, notamment avec John Huston et Richard Fleischer (lire ci-après), tous deux produits par Darryl F. Zanuck, avec qui elle entretiendra une relation amoureuse pas de tout repos. En 1965, elle est Belphégor, le fantôme du Louvre pour la télévision française. Quatre épisodes réalisés par Claude Barma et Jacques Armand qui convoquent la France entière devant le petit écran. Les enfants sont terrorisés, les téléspectateurs adorent frissonner. Gréco, tout de noir vêtue, erre dans les couloirs du musée, un masque spectral sur le visage. Tout est mystère, fantastique. Bien des années plus tard, on demandera encore aux gardiens du musée où se cache Belphégor…

Officiellement, Juliette Gréco naît le 7 février 1927 à Montpellier. Enfance chaotique, cabossée, entre un père absent et une mère fuyante qui ne l’aimait pas. Elle a 16 ans quand sa mère, résistante, est arrêtée en 1943. Juliette et sa sœur échapperont aux griffes de la Gestapo mais le répit sera de courte durée. Elles sont arrêtées cinq jours plus tard. Prisonnières à Fresnes, torturées. Juliette sera libérée en raison de son jeune âge. Sa mère et sa sœur seront déportées à Ravensbrück. Elle les reverra très vite à leur libération, en avril 1945.

Juliette Gréco a appris la vie au débotté, seule dans un Paris occupé avec pour seul bagage un ticket de métro. Elle se réfugie chez Hélène Duc, la seule personne qu’elle connaissait, à Saint-Germain-des-Prés. Elle renaît à la vie. Deuxième naissance. Juliette est sans le sou, s’habille avec ce qu’elle trouve, des vêtements masculins, des godillots à grosses semelles. Elle fête la Libération sous des allures de mauvais garçon, prend des cours de théâtre et, déjà, dans les sous-sols enfumés des caves de Saint-Germain-des-Prés, elle danse jusqu’au petit matin sur des airs de jazz avec Boris Vian, Miles Davis et tous les jazzmen américains qui passent par là. Le jour, aux terrasses du Café de Flore, elle devise avec Sartre et Beauvoir. On lui parle d’existentialisme. Elle ne sait pas très bien ce que cela veut dire mais, si cela veut dire vivre, elle acquiesce. Elle est jeune, jolie, étrange, fascinante, agaçante. Elle prend tout de la vie qui s’offre à elle, l’amour, la musique, la poésie, la philosophie, la politique. Elle écoute les intellectuels avec la même intensité que les poètes. Elle devient la muse de Saint-Germain-des-Prés.

En 1950, elle compte à son répertoire Rue des Blancs-Manteaux, spécialement composée pour elle par Sartre sur une musique de Joseph Kosma. Suivront une cascade de chansons comme autant de perles qui marqueront à jamais son répertoire : Si tu t’imagines (Queneau/Kosma) ; la Fourmi (Desnos/Kosma) ; Je suis comme je suis (Prévert/Kosma) ; les Feuilles mortes (Prévert/Kosma) ; Sous le ciel de Paris (Jean Dréjac/Hubert Giraud) ; Je hais les dimanches (Aznavour/Florence Véran). Elle se produit dans les cabarets de la rive gauche, chacune de ses chansons faisant l’objet d’un enregistrement 78 tours puis de 33 tours.

1961, elle enregistre Jolie môme. La liste des auteurs de cet album est impressionnante : Léo Ferré, Jacques Brel, Guy Béart, Georges Brassens, Bernard Dimey, Robert Nyel… Gainsbourg, fasciné par le mystère qui émanait de Gréco, vaincra sa timidité et osera lui proposer la Javanaise. Puis Accordéon. Le piano à bretelles du pauvre. Juliette a toujours été accompagnée d’un accordéoniste, d’un pianiste. Gérard Jouannest. Le pianiste de Brel. Ils se rencontrent à la fin des années 1960. Ils vont travailler côte à côte, se marieront en… 1988 et vivront trente ans ensemble, jusqu’à la disparition de Jouannest. Mais revenons à ces années-là, Juliette est alors mariée avec Michel Piccoli et ces deux-là s’aiment passionnément. Ils sont partout ensemble, conjuguant amour et vies professionnelles. Jusqu’à leur séparation en 1977. Ils incarnent ces artistes « engagés », comme on disait alors sans honte, bien au contraire. Il y avait eu Sartre et Beauvoir. Il y aura Gréco et Piccoli, mais aussi Signoret et Montand.

Gréco et Piccoli sont emblématiques du vent nouveau qui souffle dans le paysage politique. Le Programme commun réunit la gauche, le peuple de gauche, des ouvriers de Billancourt aux artistes, des intellectuels aux paysans. Après 68, l’espoir d’un autre possible est là, à portée de main. On les croise à des meetings, Juliette se produit dans les Fêtes de l’Huma à La Courneuve, bien sûr, mais aussi en province. Même si elle ne fait jamais de grandes déclarations, sa seule présence donne du baume au cœur. Combien de tours de Fêtes de l’Huma au compteur ? Un certain nombre. Jusqu’à sa dernière, en 2015.

Son répertoire a évolué. Elle chante désormais des chansons de Benjamin Biolay ou d’Abd Al Malik. Mais aussi tous ses classiques. Sur la Grande Scène de la Fête, celle qui sera désormais celle de ses adieux, elle est cette fillette mutine, coquine et grave. Dans sa loge, après son récital, elle se confie à notre confrère Victor Hache. « La Fête, c’est un moment formidable de ma vie. Il y a cette rencontre humaine, faite de tendresse, d’amour et d’humour. » Les yeux scintillant de larmes, elle évoque le Temps des cerises, qu’elle chante « par tous les temps, partout dans le monde. C’est une belle chanson, les gens en connaissent le sens. Mais elle signifie plus que ça. Elle dit nous sommes ensemble, nous sommes du même sang, de la même bataille, pour l’amour de l’autre ». La caméra survole le public de la Fête. Il n’a d’yeux que pour elle, un chœur de 100 000 voix fredonnant, tout bas, le refrain. L’émotion est là, palpable. Sa frêle silhouette défie la pluie et le vent. « La chanson, c’est mon amant, mon amour, ma passion. La possibilité miraculeuse de contact avec les autres. Je ne dirai jamais assez merci à tous ceux qui m’ont rendu la vie miraculeuse. » C’est nous toutes et tous, Madame Gréco, qui vous disons Merci…

Juliette Gréco, au revoir et merci... L'hommage du PCF et de L'Humanité

« Je préfère partir debout avant d’y être obligée »

Vendredi 25 Septembre 2020
À l’occasion de son dernier tour de chant, Merci, et de son passage à la Fête de l’Humanité 2015, Juliette Gréco avait accordé à l’Humanité dimanche un entretien dont nous publions ici de larges extraits.
 

Elle a chanté Brel et Gainsbourg. Son Déshabillez-moi ne l’empêche pas d’être pudique. Rencontre avec un mythe vivant de la chanson française.

Pourquoi avoir entamé votre tournée d’adieux intitulée Merci ?

Juliette Gréco Ce n’est pas « adieu », c’est « merci ». Merci pour tout ce que vous m’avez donné, pour avoir fait de ma vie un rêve éveillé, des années de magie. Je vous ai donné tout ce que j’ai pu, mais j’ai reçu beaucoup.

Quel rapport entretenez-vous avec la scène ?

Juliette Gréco C’est ma patrie. Dans le monde entier, la scène est mon pays.

Et pourtant, vous la quittez…

Juliette Gréco Il ne faut pas aller trop loin. Il vaut mieux partir avant d’avoir à partir. Il ne faut pas insister trop longtemps. Je fais ce métier depuis soixante-cinq ans. C’est déjà une longue vie. Ma tête, mon cœur, ma pensée, mon cerveau fonctionnent très bien. Mais j’ai un corps. Il ne faut pas qu’il faiblisse. Je préfère partir debout avant d’y être obligée.

Quels souvenirs conservez-vous de la Fête de l’Huma ?

Juliette Gréco J’ai rencontré beaucoup d’amis, comme Roland Leroy, Georges Marchais ou Aragon, mais aussi plein de gens anonymes et inconnus qui venaient vers moi avec affection, tendresse et amitié.

Adaptez-vous votre tour de chant au public de la Fête ?

Juliette Gréco Je chante dans le monde entier les mêmes choses pour des gens de culture, de religion et de couleur différente. Pourquoi je chanterais une chose au Châtelet et une autre à la Fête de l’Huma ? Ce serait irrespectueux.

Comment envisagez-vous votre avenir ?

Juliette Gréco Je ne l’envisage pas du tout. Quand je m’y surprends, la nuit quand je ne dors pas, la douleur est grande. Y penser me torture et me fait mal. Y penser est insupportable. Donc, je ne veux pas le savoir. Je laisse la vie et le temps faire. Je verrai dans quel état je suis dans un an et demi (à la fin de Merci – NDLR). J’ai 88 ans. Je n’ai jamais fait de projets d’avenir. J’ai toujours compté sur la vie et sur les autres. Je n’ai jamais cru à demain. Le matin, je suis toujours surprise d’être là.

Cela permet-il de vivre plus sereinement ?

Juliette Gréco Plus fort, avec plus d’enthousiasme. Un jour de plus est une heureuse surprise, un bonheur qui m’est offert. La vie est une chose belle mais je n’ai pas de projets. Je ne me dis pas : « Ah, quand je serai grande… » ou « quand je serai vieille »… C’est pour manger tout de suite !

Ces 65 ans de carrière ne vous aident-ils pas à relativiser ?

Juliette Gréco Chaque chose, chaque instant de la vie est important. Chaque chanson est un combat. C’est comme un enfant. Il faut l’amener devant les gens. Il faut qu’ils l’acceptent, faire en sorte qu’ils l’aiment. J’ai eu beaucoup de chansons interdites comme Maréchal nous revoilà. Cela lui a donné un certain retentissement, a rendu les gens plus curieux. Apparemment, quand c’est interdit, c’est plus amusant. Je prends les choses avec beaucoup de calme. Les refus qu’on m’a infligés ont été constructifs. Le succès est une chose magnifique et l’échec aide parfois.

Il aide en quoi ?

Juliette Gréco À faire avancer les choses, à essayer de mieux faire, à comprendre les raisons de cet échec. Le succès est la récompense de tout, c’est le paradis. L’échec est une leçon.

Y a-t-il toujours une explication rationnelle ?

Juliette Gréco Non. Pas toujours. Des chanteuses et des chanteurs magnifiques n’ont pas de succès. Pourquoi ? C’est une chose qui fait que l’humilité m’est familière. Catherine Sauvage, une magnifique chanteuse, n’a pas du tout eu la place qu’elle méritait. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Je ne m’explique toujours pas pourquoi on m’a donné tout cela, pourquoi j’ai eu cette formidable vie, pourquoi je suis arrivée là où je suis. C’est-à-dire à une place étrange et bizarre. Cette question me revient souvent. Mais je suis très heureuse que cela me soit arrivé sans vraiment comprendre pourquoi à moi et pas à d’autres. Le choix du public est une chose étrange. Il aime, il adore et il jette. Ce métier est très cruel. Et magique.

Vous donnez l’impression d’être toujours accompagnée par ces artistes connus dans le passé…

Juliette Gréco Je pense à eux tout le temps. J’ai un coffre-fort avec tous ceux que j’aime. Brel et Gainsbourg ne sont pas morts pour moi. Il y a des gens qui ne meurent pas. Je ne vais pas aux enterrements parce que je ne veux pas avoir de certitudes. Je sais que c’est très chic d’y aller mais cela ne m’amuse pas du tout. Je préfère les garder vivants. Continuer à les chanter veut dire qu’ils sont toujours là. Il y a deux morts. La mort clinique et l’oubli. C’est quand on oublie les gens qu’ils sont morts.

HD. Pourquoi avez-vous écrit si peu de chansons ?

Juliette Gréco J’ai écrit quatre chansons que je ne chante pas à cause de ces magnifiques auteurs que j’ai. Ils me donnent des complexes d’infériorité. Et cela me gêne. J’y trouve quelque chose d’indécent.

Qu’entendez-vous par indécent ?

Juliette Gréco Je me mets un peu à nu en me chantant. Je suis bizarrement pudique. Le corps est une chose mystérieuse et doit le rester. Quand je vois dans la rue des filles qui ont des jupes au ras du bonheur, je trouve cela dommage. D’autant que ce ne sont pas toujours les plus belles. C’est un beau spectacle mais je préfère la découverte. Le texte et la musique sont importants, et ce n’est pas avec mon corps que je vais vendre ça.

Que vous inspire le monde actuel ?

Juliette Gréco  e suis assez contente d’avoir mon âge et de mourir bientôt. L’avenir me fait peur. Je me suis toujours dit : « On va se battre, l’intelligence va gagner. » J’ai en général un amour profond pour la race humaine. Là, j’ai peur. Nous sommes revenus à la barbarie ordinaire. On marche à reculons à toute pompe. Je suis bouleversée et inquiète. Autrefois, quand je voyais une femme enceinte, je souriais. Aujourd’hui, je m’inquiète. Chaque jour m’apporte quelque chose de beau, mais que va-t-il se passer ? Où va-t-on ? On va vers le refus des femmes, le racisme ordinaire. On avait fait des progrès, maintenant, c’est fini. On redevient totalement barbares. Ce qui se passe est grave. Il faut un peu se réveiller. Je vois mal cet avenir de peur des autres. Quand j’avais 30 ou 40 ans, il n’y avait pas de clé sur ma porte. C’était sans problème. Maintenant, on ferme et on a des alarmes.

Juliette Greco et Miles Davis

Juliette Greco et Miles Davis

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26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 05:37
Rétention. David Rohi: "L'enfermement des étrangers se banalise" (entretien avec Emilien Urbach, L'Humanité, mercredi 23 septembre 2020)

Rétention. David Rohi : « L’enfermement des étrangers se banalise »

Mercredi 23 Septembre 2020

Cinq associations qui interviennent auprès des personnes placées en rétention publiaient, mardi, leur dernier rapport. Elles dénoncent un système devenu « hyper-répressif ». Entretien avec David Rohi, responsable du pôle rétention à la Cimade.

En 2019, le nombre de personnes étrangères placées en centre de rétention administrative (CRA) a augmenté de 23 %. Le temps de leur enfermement a, lui, augmenté de 40 %. En outre, de plus en plus d’enfants sont amenés à vivre derrière les barreaux des CRA. David Rohi, responsable du pôle rétention à la Cimade, alerte sur cette dérive répressive et la banalisation de l’enfermement des étrangers.

Nombre de personnes enfermées, durée de rétention, atteinte aux droits : tous les éléments sont à la hausse. Quelles conclusions en tirez-vous ?

David Rohi Il faut noter aussi la hausse remarquable du nombre de places et la création de quatre nouveaux CRA. En 2019, le gouvernement a pratiqué une politique hyper-répressive du tout-enfermement. Ces privations de liberté s’inscrivent dans une logique punitive qui s’ajoute à de nombreuses violations des droits et pratiques illégales. Un tiers de ceux qui sont placés en rétention sont libérés par un juge. On a pu voir des enfants se faire expulser sans être accompagnés de leurs parents. Les audiences judiciaires par visioconférence se multiplient. L’État est ainsi en train de créer une justice d’exception spécialement réservée aux étrangers en voie d’expulsion.

On a aussi assisté cette année à plusieurs mouvements de grève de la faim dans les CRA. De quoi est-ce le symptôme ?

David Rohi  Les retenus supportent mal l’allongement de la durée d’enfermement, qui a doublé. On fait face à de gros problèmes psychologiques. Trois personnes se sont donné la mort en rétention en 2019. C’est inédit et ça doit nous alerter.

Votre rapport évoque le cas de 264 enfants placés en CRA en métropole, bien qu’ayant déclaré être mineurs. Comment est-ce possible ?

David Rohi Dès que l’administration a un doute sur l’âge d’un adolescent, le système ne le protège plus. En 2019, on a réussi à en faire sortir certains, en établissant leur minorité alors qu’ils étaient déjà en rétention. Rien n’est prévu pour prendre le temps d’une réelle évaluation de leur âge et ils se retrouvent régulièrement enfermés avec des adultes, certains sont même expulsés. C’est souvent le cas de ceux qui, à un moment de leur parcours d’exil, ont été obligés de mentir sur leur âge en se déclarant majeurs. Si ce sont des enfants, le système devrait les protéger quoi qu’il en soit.

Vous indiquez également que plus de 14 % des personnes placées en rétention sortent directement de prison. La rétention n’est pourtant normalement pas liée au système carcéral ?

David Rohi Dans les faits, si. La prison et la rétention fonctionnent ensemble, maintenant. Une personne étrangère sous le coup d’une procédure de reconduite à la frontière ne devrait pas avoir à passer en rétention. L’administration devrait savoir gérer sa situation lors de la levée d’écrou. Il faut, par ailleurs, noter que de plus en plus de gens sont enfermés après avoir refusé de monter dans l’avion prévu pour leur expulsion. Le fait nouveau avec la situation sanitaire, c’est qu’on voit des gens se faire emprisonner pour avoir refusé un test de Covid-19. Pour être admis par le pays vers lequel on les renvoie, les personnes doivent avoir fait le test. Ceux qui refusent sont condamnés pour obstruction à la mesure d’éloignement. Christophe Castaner, à l’époque ministre de l’Intérieur, avait déclaré qu’il ne pouvait pas laisser « ces gens dehors », à propos de personnes étrangères sorties de prison. Il considérait ainsi, arbitrairement, que bien qu’ayant purgé leur peine, elles restaient dangereuses et donc à enfermer, sans intervention de la justice.

Vous notez aussi que les « dublinés », censés être renvoyés dans le pays par lequel ils sont entrés en Europe, sont de plus en plus nombreux dans les CRA. Là aussi, la rétention administrative n’est-elle pas dévoyée de sa fonction légale ?

David Rohi Le nombre de dublinés enfermés a doublé par rapport à 2018. C’est, en outre, ceux qu’on éloigne le plus. Il s’agit de personnes qu’on expulse sans contrôle par un juge, sans garantie que leurs droits ont été respectés au moment de leur interpellation ou pendant leur rétention. Par ailleurs, on compte parmi les dublinés de nombreux enfants expulsés avec leur famille, au petit matin, afin d’éviter l’intervention des juges ou des soutiens associatifs. Et ce, sans considération pour les conséquences psychologiques. Les dublinés constituent la seule catégorie de personnes qu’on enferme en rétention sans être sous le coup d’aucune procédure d’expulsion. C’est une dérive grave du système, qui introduit l’idée qu’on pourrait enfermer n’importe qui pour étude de sa situation administrative. L’enfermement des étrangers est quelque chose qui se banalise.

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 05:21

 

Dans un contexte de changement climatique, et pour gérer durablement les milieux marins et les ressources halieutiques, faut-il parier sur une intensification grâce à la pêche industrielle ou sur une pêche artisanale de proximité ?

*Daniel Pauly est professeur à l’université de Colombie-Britannique, Vancouver, Canada.

La pêche est une activité très ancienne. Il existe une abondante documentation attestant cette activité depuis les débuts de l’homme moderne, par exemple il y a plus de 100 000 ans sur la côte érythréenne actuelle, et sur celle du Congo il y a 90000 ans. Nous avons de nombreux documents sur la pêche en mer depuis l’Antiquité et sur la pêche médiévale européenne. Le christianisme a de fait encouragé la pêche en interdisant la consommation de viandes pendant le carême et d’autres fêtes religieuses. 

 

UNE PÊCHE INDUSTRIELLE 

Alors que la pêche de type européen (par exemple basque) s’est développée jusqu’en Amérique peut-être même avant sa « découverte » en 1492, c’est l’apparition de la pêche industrielle utilisant massivement les carburants fossiles qui a progressivement fait de la pêche une activité planétaire en expansion constante, telle qu’on la connaît aujourd’hui. Les premiers chalutiers à vapeur, utilisant du charbon, sillonnèrent les côtes anglaises dès les années 1880, vite suivis par les chalutiers français et ceux des autres pays industrialisés. Bien que non performants selon nos critères actuels, ces navires « monstrueux » étaient de loin supérieurs aux embarcations à rames ou à voiles de cette époque, et ils ne firent qu’une bouchée des réserves de poissons côtiers. Des photos de l’époque attestent les quantités considérables et la taille des poissons alors capturés. En une décennie, pour maintenir l’importance de leurs prises, ces chalutiers furent obligés d’élargir leurs zones d’activité en Atlantique Nord, en Islande et au-delà. La Première Guerre mondiale fournit un répit à la ressource halieutique en Atlantique Nord, mais après la fin des hostilités, avec le retour des bateaux et d’hommes jeunes, la tendance antérieure reprit. La côte est d’Amérique du Nord (c’est à dire des États-Unis et du Canada) et les côtes d’un Japon nouvellement industrialisé ont connu un développement identique. Les efforts fournis dans l’entre-deux-guerres pour contrôler la croissance des flottes de ces gros navires de pêche échouèrent ; en revanche, la mobilisation des hommes et des navires durant la Seconde Guerre mondiale profita aux stocks de poissons. Au cours des deux décennies suivantes, la création des Nations unies et d’un système d’organisations spécialisées (dont la FAO) ont fourni un espace de discussions rationnelles pour l’organisation de la pêche, qui à l’époque était complètement internationalisée. Certains pays voulaient maintenir le vieux concept de « liberté des mers » ; d’autres, en particulier ceux d’Amérique latine, commencèrent à réclamer de grands espaces maritimes désignés comme mers nationales, véritables ancêtres du concept de zone économique exclusive (ZEE). Certains pays ont adopté des positions intermédiaires, en particulier les États-Unis, qui utilisaient le concept très pratique de prise maximale équilibrée pour revendiquer simultanément l’accès aux stocks de thons « sous-exploités » dans le Pacifique centre-oriental et refuser au Japon l’accès aux eaux riches en saumons de l’Alaska, « surexploitées » selon eux. 

 

ZONES DE PÊCHE ET GESTION DE LA RESSOURCE 

En Europe, une théorie de la pêche est apparue. Elle met en avant l’exploitation rationnelle des stocks, selon des prélèvements en quantité optimale ; ainsi, la taille des mailles des filets a été définie et on a tenu compte des fluctuations naturelles des stocks ; mais elle n’a pas réussi à limiter la pression croissante sur la ressource. En Afrique et en Asie, où bon nombre de pays étaient alors des colonies européennes, des efforts furent entrepris pour introduire le chalutage et d’autres formes industrialisées de pêche, mais hormis quelques rares pays, dont la Thaïlande, ils n’ont pas réussi à mettre en place un développement autonome. La période suivante, à partir du milieu des années 1960, a vu une augmentation phénoménale des prises, principalement liée à l’extension des zones géographiques de pêche; mais on a aussi observé des effondrements massifs des populations de poissons, souvent attribués à des conditions environnementales, mais dans lesquels une pêche excessive a joué dans la plupart des cas un rôle majeur.

Par exemple les anchois péruviens, dont le premier effondrement survint en 1972, le hareng norvégien et le hareng de l’Atlantique ; le pire des cas fut l’effondrement, en 1992, des stocks des zones canadiennes de pêche de la morue du Nord. Certains stocks qui s’étaient effondrés ne furent volontairement plus exploités afin de permettre leur reconstitution – ce fut le cas du hareng norvégien – tandis que d’autres espèces ont continué à être surexploitées, comme la morue du Nord. La principale réponse de la filière pêche en tant que système mondial a été de s’agrandir : les pays européens ont commencé à pêcher autour de l’Afrique et le long des côtes canadiennes, où ils ont dévasté les populations de morue de Terre-Neuve et du Labrador. Au milieu des années 1980, la Chine a rejoint ce groupe, et elle domine maintenant les pêcheries mondiales. Cette expansion sans reconstitution des stocks dans les eaux de presque tous les pays industrialisés (États- Unis et Norvège sont parmi les rares exceptions) a eu pour effet dans un premier temps d’augmenter le volume global des prises. Mais depuis le milieu des années 1990 les prises mondiales diminuent parce que les nouveaux stocks découverts sont exploités à un rythme qui excède le renouvellement global du fait de l’effondrement des stocks traditionnels. La convention de l’ONU sur l’exploitation de la mer, adoptée en 1982 et ratifiée en 1994, a cependant et paradoxalement permis l’extension des flottes de pêche des pays industrialisés, car ils ont pu acheter des droits de pêche dans les ZEE de 200 miles que cette convention avait réservés à tel ou tel pays. Cela a théoriquement donné à ces pays un droit de contrôle sur les lieux de pêche des flottes hauturières. Pourtant ces contrôles ont été limités en efficacité par le déséquilibre entre, d’une part, pays riches (dont la Chine et l’Espagne) ayant obtenu l’accès à ces zones de pêche et, d’autre part, pays côtiers du tiers monde africain ou petits États insulaires du Pacifique. Récemment, devant le déclin de la ressource, la pêche industrielle, en particulier hauturière, est devenue toujours plus dépendante des subventions gouvernementales : environ 35 milliards de dollars par an pour une valeur globale d’environ 140 milliards (prix départ bateau), soit 25 % de la valeur globale des prises. À cela il faut ajouter les revenus financiers des armateurs grâce à la pêche clandestine, illégale, et aux salaires dérisoires des milliers de personnels maltraités et travaillant dans des conditions inhumaines. 

LA PÊCHE ARTISANALE 

Étant donnée la situation morose de la grande pêche industrielle au niveau mondial, comment espérer que la pêche devienne durable ? En fait, la description ci-dessus a omis un secteur très important : la pêche artisanale, celle de subsistance et celle de loisir, qui diffèrent profondément de la grande pêche industrielle. La pêche artisanale n’intervient que localement, et ses prises sont majoritairement destinées à la consommation locale des populations, à la différence de la pêche industrielle qui ravitaille les marchés internationaux et dont 25 % des prises sont destinées à la consommation animale. La pêche artisanale est aussi plus sélective que la pêche industrielle, car elle se sert souvent de pièges et autres moyens fixes dont l’utilisation repose sur la connaissance approfondie des mœurs des espèces de poissons, ce qui aboutit littéralement à ce que les poissons s’attrapent d’eux-mêmes. De plus, la pêche artisanale peut à la fois fournir des protéines animales et des micronutriments aux marchés locaux dans les zones rurales où la population en a le plus besoin. Pour une grande partie, la pêche artisanale concurrence la pêche industrielle dans la mesure où elle exploite les mêmes stocks côtiers que les senneurs et chalutiers étrangers, par exemple en Afrique occidentale et en Asie. Pourtant, dans la plupart des pays, les gouvernements ne prêtent que peu d’attention à cette pêche, et la majorité des pays membres de la FAO n’évaluent pas leurs prises dans les statistiques et ne reconnaissent même pas leur existence. En fait, la prise en compte totale de la pêche artisanale, de celle de subsistance, de la pêche clandestine illégale et des rejets à la mer ajoute 50 % aux prises en mer déclarées par les États de la FAO. La pêche de subsistance, quant à elle, c’est-à-dire celle de poissons et d’invertébrés (souvent pratiquée par des femmes) pour la consommation familiale et conviviale, a des prises bien moindres que celles de la pêche artisanale, mais contribue à la sécurité alimentaire de bon nombre de pays en voie de développement, notamment dans le Pacifique Sud. À l’exception d’un petit nombre de pays en voie de développement, les données concernant les prises de la pêche de subsistance ne sont pas transmises à la FAO. Il en est de même pour les prises de la pêche de loisir, qui pourtant constituent une part significative des prises dans certains pays, comme les Bahamas. De fait, au large des côtes d’Afrique de l’Ouest, du Maroc à la Namibie, le secteur de la pêche de loisir en croissance rapide devient même une source importante de commerce et d’échanges : chaque poisson attrapé par des pêcheurs « amateurs » vaut 7 fois sa valeur dans une structure commerciale. Ces pêches côtières sont cependant limitées actuellement par la concurrence que leur impose la pêche industrielle des senneurs et chalutiers qui opèrent au plus près des côtes ainsi que par le faible niveau des aides reçues de gouvernements qui les ignorent le plus souvent. Cette négligence à l’égard de la petite pêche s’explique par le fait qu’elle sert de soupape, de « décharge sociale », pour paysans sans terres et autres groupes marginalisés. Or cette mise à l’écart peut conduire à de réels problèmes de développement et à des destructions des habitats et de la ressource. 

POUR UN ACCÈS ÉQUITABLE AUX RESSOURCES HALIEUTIQUES MARINES 

À quoi ressemblerait une pêche maritime durable ? Ce qui vient fréquemment à l’esprit quand on pense pêche, c’est qu’il faut pêcher en haute mer pour exploiter le thon et autres grands poissons pélagiques, et qu’il est donc nécessaire de maintenir la pêche industrielle puisque la pêche artisanale ne peut se pratiquer au-delà de la limite des 200 miles de la ZEE. En fait, le thon et autres grands poissons de haute mer entreprennent de longues migrations qui les conduisent près des zones côtières de divers pays. Comme ils tendent à être globalement surexploités, la haute mer pourrait être utilisée comme zone de repeuplement et les ZEE comme zones de pêche, ce qui permettrait in fine des prises plus importantes. Ainsi, l’interdiction de toute pêche en haute mer permettrait la suppression de toutes les activités de pêche douteuses, mal contrôlées, et on aurait vraisemblablement une augmentation globale des prises.

De plus, limiter l’exploitation des thons et autres variétés de grands pélagiques aux ZEE conduirait à plus d’équité entre les pays côtiers du monde, car à présent seuls quelques pays spécialement équipés en flottes hauturières lourdement subventionnées (Japon, France, Espagne,…) raflent la mise sur les ressources halieutiques. En outre, la réduction drastique de la pêche industrielle, et donc aussi du chalutage destructeur des habitats, peut s’obtenir par la réduction des subventions dont elle jouit actuellement. En revanche, une mise en avant de la pêche artisanale pourrait s’appuyer sur un accès privilégié aux ressources côtières. En somme, dans bon nombre de pays, une pêche artisanale bien encadrée pourrait au moins partiellement remplacer la pêche industrielle, avec laquelle elle est actuellement en concurrence. Cela conduirait à ceci qu’une plus grande partie des prises globales soit consommée directement par les populations, au lieu d’être rejetée ou transformée en farines animales. Cela conduirait aussi à ce que ce stock côtier auquel ils auraient un accès privilégié soit exploité par des pêcheurs ayant intérêt à le préserver et à le gérer en harmonie avec d’autres secteurs, par exemple l’écotourisme. 

 

LES CONSÉQUENCES DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE 

Les océans se réchauffent. Faut-il en être content ? S’ils n’avaient pas absorbé plus de 90 % de la chaleur en excès due à l’intensification de l’effet de serre, lui-même dû à nos émissions de CO2, méthane et autres gaz à effet de serre, l’atmosphère terrestre aurait déjà cessé de permettre la vie. Toutefois, nous pouvons déjà constater les effets du réchauffement des océans sur les poissons et autres espèces animales ainsi que, donc, sur la pêche : ce constat est sombre. Ce réchauffement provoque la migration des poissons et autres invertébrés vers les zones polaires pour fuir l’élévation des températures de leurs habitats traditionnels. Leur taille se réduit aussi du fait de leurs besoins en oxygène que des océans plus chauds et désoxygénés ne fournissent qu’en moindre quantité tandis que l’acidité croissante des océans leur provoque du stress. Cela va entraîner la raréfaction de nombreuses espèces locales de poissons, jusqu’à extinction de certaines d’entre elles. Jusqu’à récemment, seuls les États- Unis avaient une législation sur la gestion et la conservation des ressources halieutiques : le Magnuson- Steven Act (1976), qui prévoyait la reconstitution en dix ans de tous les stocks halieutiques à un niveau permettant une exploitation durable et profitable ; cette loi a été mise en oeuvre avec succès. Le Parlement européen a voté il y a quelques années des règles similaires en vue de reconstituer les stocks épuisés ; cette législation a été complétée par la limitation de méthodes de pêche destructrices, telles que le chalutage. Si la législation européenne était sérieusement respectée, ce qui n’est pas actuellement le cas, nous pourrions mettre la pêche sur une trajectoire durable. Cependant, sans réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrons pas avoir de pêche durable en Europe ni ailleurs.  

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:42
Lier relance industrielle, justice sociale et transition écologique  : le plan des parlementaires PCF pour faire face à la crise du Covid (L'Humanité, 23 septembre)

« Lier relance industrielle, justice sociale et transition écologique » : le plan des parlementaires PCF pour faire face à la crise du Covid

Mercredi 23 Septembre 2020

Députés et sénateurs communistes ont présenté un contre-plan de relance bien différent de celui du gouvernement,  à la fois par son ampleur de 252 milliards d’euros et par son contenu, avec 117 mesures.

 

Les parlementaires PCF ont présenté, mardi, leur propre plan de relance pour faire face à la crise du Covid. « Celui du premier ministre Jean Castex n’est pas guidé par la justice sociale et l’exigence écologique. Il n’a qu’une boussole : le capital », prévient Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat.

 

« La crise appelle une réponse politique sans précédent. Celle du gouvernement est loin de l’essentiel. Nous, nous avons un plan à la hauteur de la situation », assure André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée. Ce plan, baptisé Pour une transformation économique, sociale et écologique, se décline en 117 propositions. « On nous annonce 250 milliards d’euros de pertes pour l’économie française, donc nous répondons avec un plan de 252 milliards d’euros, avec des objectifs concrets », indique le député PCF Pierre Dharréville. Soit bien loin des 100 milliards prévus par Castex. « Ils seront inefficaces économiquement, injustes socialement et inopérants écologiquement, car le gouvernement se base sur une théorie du ruissellement qui ne fonctionne pas. Les milliards du Cice versés sans condition n’ont amené que 100 000 emplois », dénonce Sébastien Jumel. L’élu PCF invite donc à mettre « l’accent sur l’investissement, en réconciliant les objectifs de justice sociale et de transition écologique avec la relance industrielle ».

Supprimer le Cice

Mais où dénicher 252 milliards ? Près de 150 seraient investis sur trois ans, 85 constitueraient une dépense courante et 17 seraient dédiés à des aides temporaires. En plus d’une annulation partielle de la dette et de son traitement par la BCE, les parlementaires PCF savent où trouver des sous. Plus de 102 milliards d’euros sont à récupérer chaque année du côté de la fiscalité. D’abord, en supprimant un Cice qui en coûte 22 milliards par an, et en créant un grand impôt progressif sur le patrimoine net qui fusionnerait taxe foncière et impôt sur la fortune immobilière, pour un gain de 10 milliards. Fin de la flat taxe, hausse de celle sur les transactions financières, impôt sur le revenu en 12 tranches et rétablissement du taux d’imposition de 2018 sur les sociétés (avec prélèvement à la source contre l’évitement fiscal) sont autant de mesures qui composent le plan. L’idée étant de construire une nouvelle société en changeant de logique et en aidant massivement les secteurs clés qui en ont besoin, sans laisser personne sur le carreau.

30 milliards d'euros pour la rénovation énergétique des bâtiments

Sur le front écologique, le plan vise à atteindre la neutralité carbone en 2050. La somme de 30 milliards serait dédiée à la rénovation énergétique des bâtiments (700 000 isolations par an jusqu’en 2040), en plus de construire 600 000 logements sociaux en trois ans. Les communistes veulent ici transformer la BPI en Banque de la transition écologique et sociale. Un livret d’épargne de l’ESS et un livret agricole viendraient abonder cet effort. Plus de 27 milliards d’euros seraient dirigés vers les transports, dont 15 milliards pour le ferroviaire et 2 millliards pour le vélo (avec la fin des exonérations fiscales pour l’aérien et le routier). Aides de 2 milliards à l’agroécologie, refonte de la PAC, prix minimal d’achat et d’entrée sur le marché, pêche raisonnée et mix électrique entre nucléaire, éolien et photovoltaïque sont au menu, des créations d’emplois à la clé.

Un dispositif antidélocalisations et antifaillites

Pour éviter dès demain des licenciements, le plan prévoit un dispositif antidélocalisations et antifaillites. Les aides publiques seraient conditionnées à des critères sociaux et environnementaux : interdiction des licenciements boursiers, écart de salaires de 1 à 12, non-distribution de dividendes en 2020 et 2021 et obligation du reporting pays par pays. La baisse temporaire de la TVA pour le tourisme, le sport et la culture, un fonds pour les TPE-PME et un pour les relocalisations sont aussi au programme, l’État devant assumer son rôle de stratège pour atteindre la souveraineté industrielle, sanitaire et alimentaire. Un pôle national du médicament serait ainsi créé, en lien avec un plan hôpital visant 100 000 personnels supplémentaires, sans oublier une conférence nationale sur les salaires, le Smic à 1 800 euros brut, un revenu étudiant et le RSA de 18 à 25 ans, l’assurance-chômage élargie, la semaine de 32 heures et un soutien massif à l’éducation nationale avec un dispositif pour les décrocheurs. « Nous défendrons ces 117 propositions à chaque occasion », promet Pierre Dharréville

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:42
Sénatoriales - En Finistère, la Gauche - Notre 4 pages avec nos orientations
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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:40
Photo Glenn Le Saoût - Les candidats titulaires de la liste En Finistère, la gauche: Sylvaine Vulpiani, Bernard Pino, Isabelle Mazelin, Philippe Broudeur

Photo Glenn Le Saoût - Les candidats titulaires de la liste En Finistère, la gauche: Sylvaine Vulpiani, Bernard Pino, Isabelle Mazelin, Philippe Broudeur

 
Les élections sénatoriales, dans le Finistère, c'est le 27 septembre.
 
Le Sénat, c'est la deuxième chambre du Parlement.
Au même titre que l'Assemblée nationale, il vote la loi. Son accord est même nécessaire pour les révisions constitutionnelles. Le Sénat est aussi un outil essentiel pour garantir un équilibre démocratique de notre République. Désigner une Sénatrice ou un Sénateur, le 27 septembre 2020, est donc un acte politique fort sur le plan local mais aussi national. Celles et ceux qui siègeront à compter du 1er octobre au Palais du Luxembourg auront à se prononcer dans les premières semaines sur la loi de Finances pour 2021 qui intègrera un plan de relance présenté le 3 septembre dernier. Elles et ils se prononceront sur la loi de programmation sur la recherche ainsi que, si Emmanuel Macron s'obstine, sur le projet de loi de destruction du système de retraite issu du programme du Conseil National de la Résistance.
 
En Finistère, la Gauche
Alors que nous subissons une crise multiple, sanitaire, économique, écologique, sociale et politique, une autre voix, votre voix, doit se faire entendre au Sénat. Nous serons des relais avec les élu.e.s de terrain et les luttes des citoyens. Il est urgent de porter au Sénat une parole différente qui affronte le désengagement de l’État et l'appauvrissement du fait communal, qui ouvre un nouvel horizon de progrès social et démocratique. Notre liste s'est constituée sur la base d'une volonté collective de réaliser l'union la plus large possible pour porter votre voix, la voix des territoires, pour redonner du sens à la gauche et qu'elle redevienne une alternative crédible.  
 
La liste est composée est conduite par:
 
Isabelle Mazelin, 56 ans, professeure d'histoire en collège, adjointe PCF à la culture au Relecq-Kerhuon
 
Isabelle Mazelin est une femme de caractère et de générosité, une battante engagée très tôt en politique et dans le syndicalisme étudiant. Elle est communiste, adjointe à la culture au Relecq-Kerhuon, ayant beaucoup fait pour le dynamisme associatif, culturel et artistique dans la commune.
Elle a 55 ans et exerce en même temps le beau métier de prof d'histoire-géo en collège à Landivisiau. Avec Isabelle, seule femme tête de liste aux Sénatoriales dans le Finistère jusqu'à présent, les élu.e.s du Finistère auront l'assurance de pouvoir compter sur une élue humble, simple, mais déterminée et pugnace pour défendre les intérêts du territoire, les communes et la démocratie de proximité, les droits des travailleurs contre le rouleau compresseur néo-libéral de la politique de Macron et ses soutiens dans la droite sénatoriale majoritaire. "En tant qu'élue, je mesure comme vous chaque jour les défaillances et l'abandon de l’État dans de nombreux domaines, et, au contraire, notre réussite d'élus de terrain lorsque nous en avons les moyens". Le 27 septembre, faites entrer une Finistérienne à la gauche du Sénat, dans le groupe de rassemblement CRCE (Communiste, Républicain, Citoyen, Écologiste) présidé par une autre femme (le seul groupe du Sénat à être présidée par une femme): Eliane Assassi. Les sénateurs du groupe CRCE sont les plus constants au Sénat pour défendre les droits des travailleuses et travailleurs, la lutte contre l'évasion fiscale et la défiscalisation des grosses entreprises du CAC 40 et des riches, pour les droits des chômeurs, la défense de l'hôpital public. Leur vote ne change pas avec les gouvernements, en passant de Hollande à Macron, ils ont un seul cap: la défense de l'intérêt général, de la justice sociale et des intérêts des classes populaires et des travailleurs.
Si elle était élue Sénatrice, Isabelle Mazelin suivrait les pas d'une autre sénatrice communiste bretonne, dans les Côtes d'Armor, dont le mandat qui s'achève a été très riche en combats pour les libertés, la solidarité internationale, les services publics, l'accueil des étrangers, l'égalité femmes-hommes: Christine Prunaud, dont nous ne pouvons que saluer son bel engagement dans son mandat de sénatrice.
 
Philippe Broudeur, 50 ans, élu à Quimper, chef de service à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, président des Radicaux de Gauche Finistère
 
Philippe Broudeur, président de la fédération finistérienne du parti des Radicaux de Gauche, est en 2e position sur la liste "En Finistère, la gauche" aux Sénatoriales du 27 septembre 2020, au côté d'Isabelle Mazelin, Sylvaine Vulpiani, Bernard Pino, Catherine Flageul et Laurent Le Treust. Il a 50 ans, et il est chef de service à la protection judiciaire de la jeunesse, ainsi qu'élu municipal et communautaire à Quimper.
Homme de terrain, ayant une très bonne connaissance du Finistère de par ses engagements associatifs et politiques, il sera un lien, un très d'union entre les citoyens, les élus, et le Sénat.
 
Sylvaine Vulpiani, 56 ans, juriste, Conseillère régionale, membre de Génération.s (Plouescat)
 
Elle est en 3e position sur la liste "En Finistère à gauche" pour les Sénatoriales du 27 septembre 2020, Sylvaine Vulpiani, 56 ans, de Plouescat, juriste, conseillère régionale de Bretagne, militante associative et membre de Génération.S.
" Du fait de mes délégations dans la santé au Conseil Régional, je mesure tout le problème des déserts médicaux. Et en tant que conseillère du salarié, je pèse les conséquences du détricotage du droit du travail et de la protection sociale".
Sylvaine est une conseillère régionale très présente sur le territoire du pays de Morlaix.
Sa générosité et ses engagements humains et sociaux bien connus en font une excellente candidate et en feraient aussi une non moins précieuse sénatrice
 
Bernard Pino, 64 ans, médecin aux Urgences (Pont L'Abbé), écologiste membre de Nouvelle Donne
 
En 4e position sur la liste En Finistère, la Gauche pour les Sénatoriales 2020, Bernard Pino, 64 ans, résidant à Pont L'Abbé, médecin aux Urgences de Landerneau, écologiste et adhérent à Nouvelle Donne.
"Actuellement en fonction aux Urgences, j'assiste tous les jours aux conséquences de la dégradation des services publics (santé, handicap, EHPAD, psychiatrie, etc) mise en lumière par le Covid-19: ça ne peut plus durer!"
 
Et avec pour candidats suppléants:
 
Catherine Flageul, militante du PCF, du Mouvement de la Paix et de la plateforme finistérienne pour le désarmement nucléaire, CIAN 29 (Rosnoën), 63 ans, professeure des écoles en retraite
 
Laurent Le Treust, co-référent de Générations.S 29 (Quimper), 51 ans, conseiller clientèle en communication
 
Cette liste s'est constituée sur une volonté de notre part d'unir la gauche dans le sillage des réussites enregistrées aux municipales de rassemblements sur des bases de respect de la diversité de la gauche.
 
Nous pensons que nous pouvons créer une belle surprise!
 
Pour cela, nous avons besoin de votre soutien.
 
Si vous voulez donner votre soutien public d'élu-e, d'ancien élu, de citoyen, à la liste En Finistère, la gauche, la liste de soutien sera mise à jour régulièrement d'ici deux semaines et publiée sur les réseaux sociaux?
 
Dans ce cas, envoyez les informations que vous jugez utile: Nom/ Prénom/ âge (facultatif)/ Profession/ Mandat, Engagements, etc: à l'adresse dupont.ismael@yahoo.fr
 
 
Nos candidats de la liste d'union de la gauche "En Finistère, la Gauche", pour les Sénatoriales du 27 septembre 2020, s'engagent, s'ils sont élus, au Parlement, à défendre les services publics, garants de l'égalité des droits.
Il faut un plan d'urgence pour les EHPAD et les hôpitaux, où il faut mettre fin à la tarification à l'activité et à la main-mise croissante du privé lucratif.
Nous voulons relancer les lignes ferroviaires de proximité et le fret ferroviaire, lutter contre la mise en concurrence et le saucissonnage et le démantèlement de la SNCF, outil d'aménagement du territoire, d'égalité devant les mobilités, et de transition écologique.
Nous nous battrons pour sauver les gares, les bureaux de poste, les trésoreries, les écoles et les classes à chaque fois que les orientations libérales et austéritaires de l’État les menacent.
Nous voulons mettre fin au sous-financement des services publics et des structures, qui prennent en charge les plus fragiles d'entre nous: les personnes âgées, les personnes ayant des handicaps.
Cette politique de solidarité et de défense des services publics ne peut être financée que dans le cadre de politique de justices fiscales et sociales: lutte contre l'évasion fiscale, rétablissement de l'ISF, rejet de la politique de baisse de la fiscalité et des cotisations sociales pour les grands groupes, réforme de la fiscalité des entreprises pour soutenir l'emploi.
 
L'écologie, au cœur de nos engagements.
Face aux enjeux climatiques et de la crise écologique, nous nous battrons pour une transition écologique volontariste au Parlement:
- Soutien à l'agriculture bio et aux circuits courts.
- Transformation du modèle agricole et lutte contre les pesticides.
- Soutien à la pêche artisanale respectueuse de la ressource.
- Relance du fret ferroviaire et des transports en commun pour donner des alternatives au tout-voiture et au tout-camion
- Financement des travaux de rénovation du bâti, d'isolation
- Aider à l'harmonisation vers des normes vertueuses du tri sélectif des déchets, y compris en zone rurale.

Parce que la démocratie pour nous est essentielle, nous défendrons ce contre-pouvoir démocratique qu'est le Sénat face à l'ultra-présidentialisme de la Ve République aggravé encore par le président E.Macron: développement des commissions d'enquête, des missions d'information, pouvoir d'initiative parlementaire. Nous défendrons l'autonomie fiscale des communes, leurs dotations, nous nous opposerons aux mesures de recentralisation et d'éloignement des citoyens par rapport aux centres de décision. Nous serons particulièrement attentifs à soutenir les communes du monde rural exposées aux conséquences de la métropolisation et de la perte des services (publics et autres). Notre département est riche de son réseau de bourgs, de communes petites et moyennes, qu'il faut préserver, comme garant de la cohésion sociale et des solidarités, en soutenant les élus locaux. Le 27 septembre, votez pour la liste "En Finistère, la Gauche".

Quelques-uns des premiers soutiens publics à la liste : "En Finistère, la Gauche"

Comité de soutien à la liste « En Finistère, la gauche » (Génération.S, Les Radicaux de Gauche, Nouvelle Donne, Parti communiste français) pour les Sénatoriales du 27 septembre 2020
 

Pour rejoindre le comité de soutien de la liste « En Finistère, la gauche » : dupont.ismael@yahoo.fr

Christian BEAUMANOIR, syndicaliste, militant association action caritative et sociale, ancien élu PCF, Lanvéoc

Patrick BEGUIVIN chauffeur miroitier Conseiller municipal à Plouigneau, PCF

Djelloul BENHENNI conseiller municipal Rosporden-Kernevel

Annie BERGOT LE CALVEZ ancienne élue pendant plusieurs mandats à Morlaix

Thierry BIGER, conseiller départemental du Finistère sur le canton de Quimper-2, 44 ans, membre des Radicaux de gauche

Véronique BLANCHET ancienne adjointe et vice-présidente d'agglomération à Pont L'Abbé, candidate sur la liste du Front de Gauche aux Sénatoriales en 2014, PCF

Lydie BOURBIGOT membre de la commission consultative Rosporden-Kernevel

Anne BORGNIET-YOUÉNOU adhérente PCF Brest

Christophe BOUDROT, adjoint au sport et aux associations à Plouigneau, syndicaliste hôpital

Maéla BURLOT, élue à Morlaix, conseillère déléguée petite enfance-enfance, coordinatrice dans le secteur social

Bernard CALVEZ adhérent communiste Le Relecq Kerhuon
 
Denise CAM PCF Brest

Jean-Paul CAM secrétaire de section PCF du Pays de Brest

Eugène CARADEC DAVILLERS, conseiller municipal à Morlaix, à l'urbanisme membre du PCF et du MJCF

Christian CARDUNER conseiller municipal à Scaër

Martine CARN, conseillère municipale à Plougonven

Philippe Carquet ouvrier Gouesnou

Anne-Catherine CLEUZIOU, conseillère municipale de la ville de Brest.

Jean-Marie CLOAREC, adjoint à la culture à Rosporden-Kernevel

Jeannine DANIEL, élue à Scaër pendant plusieurs mandats, militante de la solidarité

Louis DEBARNOT  retraité arsenal Brest

Enzo De Gregorio, étudiant, membre des MJCF et du PCF, section de Morlaix

Corentin DERRIEN, conseiller municipal à Saint Thégonnec-Loc-Eguiner, étudiant, PCF et MJCF

Alain DAVID ancien maire adjoint , élu à Morlaix pendant 31 ans

Jean-Philippe DEUNF adhérent PCF Lanmeur

Ismaël DUPONT, premier adjoint à Morlaix, conseiller communautaire, PCF, tête de liste du Front de Gauche aux Sénatoriales de 2014

Laurence FLATTE membre de la commission consultative de Rosporden-Kernevel

Henri Merlin GABA ENGABA, conseiller municipal délégué aux travaux à Morlaix, membre de Génération.s

Patrick GAMBACHE, élu à Morlaix, conseiller délégué au Personnel

Eric GUELLEC, adjoint au maire de la ville de Brest, délégué à la dynamique associative, aux relations avec les équipements quartier, les acteurs de l’éducation populaire, les associations patriotiques et les anciens combattants. Conseiller Brest métropole.

Xavier HAMON Adjoint au maire à Brest, délégué à la salubrité, la sécurité dans les ERP, la gestion des risques et l’affichage municipal, membre de Génération.S

Roger HERE, premier adjoint Plouigneau, PCF

Yves HIRRIEN, adjoint à la communication et à la vie citoyenne à Plourin-les-Morlaix, Génération.s

Patrick GAMBACHE, militant communiste, conseiller municipal délégué de Morlaix

Mariane GAUTHIER-DESTABLE, élue à Plouigneau, conseillère déléguée à la communication

Gladys GRELAUD, candidate sur la liste de gauche à Landerneau, adhérente PCF

Jacqueline HERE, adjointe au maire de la ville de Brest en charge du quartier de Bellevue. Conseillère Brest métropole déléguée à l'urbanisme réglementaire

Karen LE MOAL, adjointe au maire (Sports) à Rosporden-Kernevel

Bernard JASSERAND, militant communiste, adjoint au maire de Quimper en charge de la mairie annexe de Kerfeunteun

Pascal KERBORIOU syndicaliste à l'hôpital public Ancien adjoint à Plougonven

Elise KEREBEL, conseillère municipale à Morlaix, déléguée à la culture

Corentin KERNEIS, ancien maire communiste et professeur des collèges en retraite

Michèle LACROIX BOURVEN retraitée Morlaix

Fréderic L'AMINOT, ouvrier en bâtiment, adjoint aux Affaires scolaires à Morlaix, PCF

Jérémy LAINE, adjoint au maire à Guimaëc, PCF

André LAURENT, adjoint à la culture à Morlaix, membre de Génération.s

Annie-Noëlle LE BERRE, professeur de lettres de l'éducation nationale en retraite, membre du PCF, Brest.

Yves LE BERRE Professeur émérite des universités Ancien adjoint au Maire de Brest

Jean-Luc LE CALVEZ, ancien élu PCF à la ville de Morlaix

Roger Le GUENIC PCF Brest

Jean-Michel LE LORC'H, vice-président de Brest métropole en charge de la proximité territoriale. Conseiller municipal de la ville de Brest

Sandra LE ROUX, conseillère municipale de la ville de Brest déléguée au développement du sport dans les quartiers

Martine LE NOZERH, adhérente PCF, Plozévet-Pays Bigouden

Michel LE ROUX PCF Brest

Glenn Le SAOUT,  candidat sur la liste de Ian Brossat aux élections Européennes dans le Finistère

Doriane LE TREUST, élue à QUIMPER, Génération.S

Pierre-Yves LIZIAR, 48 ans enseignant Conseiller municipal délégué En charge du handicap au Relecq-Kerhuon

Marie-Françoise MADEC JACOB Conseillère municipale déléguée aux Seniors à Morlaix, PCF

Marie-Christine MAHMUTOVIC, Adjointe à l'urbanisme au Relecq-Kerhuon, 2008-2014 et 2014-2020, Membre du PCF

Mathilde MAILLARD, adjointe au maire de la ville de Brest en charge de la politique du bien vieillir et de l’inclusion des personnes en situation de handicap. Conseillère Brest métropole.

Juliette MANNEVY, 42 ans, infirmière cadre à l’hôpital de Morlaix 

Taran MAREC, conseiller municipal de la ville de Brest délégué à la vitalité de la langue bretonne, à la charte « Ya d’Ar Brezhoneg », à l’enseignement et la signalétique bilingue.

Monique MEVELLEC SITHAMMA Professeur de lettres en retraite. Conseillère municipale déléguée en charge des associations au Relecq-Kerhuon Syndicaliste, militante dans des associations culturelles et caritatives.

Pierig MORVAN Membre de la consultation consultative de Rosporden-Kernevel

Lucienne NAYET militante de la mémoire présidente du réseau Musée National de la Résistance Locquénolé

Françoise NIOCHE,  enseignante retraitée, conseillère municipale Rosporden

Maxime PAUL, Plougastel-Daoulas, dirigeant mutualiste- Ancien Vice-Président de

Brest Métropole.

Jean-Claude PERROT, retraité de la Poste, Conseiller municipal de BRIEC, Trésorier du PCF de la section de QUIMPER

Catherine PIETRI adhérente PCF Finistère

Christine PRUNAUD, sénatrice communiste des Côtes d'Armor

Piero RAINERO Ancien élu communiste à la région Bretagne et maire-adjoint à la ville de Quimper, militant internationaliste

Yvonne RAINERO, Retraitée enseignante Conseillère municipale déléguée sur la Santé Conseillère communautaire Quimper

Jacques RANNOU Maire-Délégué de Kernével commune associée à Rosporden. Conseiller Communautaire de Concarneau Cornouaille Agglomération (Membre du Bureau deCCA) et Vice-président du SDEF (Syndicat Energie et Equipement du Finistère).

Quentin RANNOU conseiller municipal Rosporden-Kernevel

Daniel RAVASIO retraité éducation nationale et ancien responsable syndical - secrétaire section PCF Morlaix

Anita RICHARD Enseignante retraitée éducation nationale Adhérente Parti Communiste Français Conseillère municipale Rosporden Kernevel

Gisèle RICHEZ - Travailleur social Le Relecq Kerhuon

Erwan RIVOALAN Brest - syndicaliste CGT.

Katell SALAZAR, conseillère municipale à Morlaix, déléguée à la communication

Valérie SCATTOLIN Adjointe à Morlaix (Centre-ville, Commerce, Animations et tourisme), PCF

Pascal SEGALEN, le Relecq-Kerhuon. 

Jacques TANGUY, Brest, Lambezellec, conseiller d'orientation psychologue en retraire, adhérent PCF

Michel TANGUY adhérent PCF Finistère

Ronan TANGUY ancien adjoint PCF au Relecq-Kerhuon

Alain TASCON militant PCF FINISTERE

Pierre-Yves THOMAS, élu d'opposition à Carhaix, PCF

Catherine TREANTON, adjointe aux Affaires Sociales à Morlaix, Vice-présidente à Morlaix Communauté, co-référente Génération.S Finistère

Hugues TUPIN, conseiller municipal et conseiller communautaire à Douarnenez

Kofi YAMGNANE ancien député-maire, ancien ministre

Jocelyne VILMIN Conseillère déléguée au personnel au Relecq-Kerhuon de 2014 à 2020

 

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24 septembre 2020 4 24 /09 /septembre /2020 19:40
Le groupe communiste, républicain, citoyen, écologiste au Sénat s'engage pour la gratuité des masques

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