Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 07:41
Madeleine, la merveilleuse BD sur Madeleine Riffaud, résistante, militante communiste, prix Goscinny du meilleur scénariste à Angoulême
Je n'en reviens pas... Voilà que Jean-David et moi avons été primés par le Prix Goscinny, au festival d'Angoulême, qui récompense le meilleur scénariste de l'année.
Qui aurait cru que je vivrais ça maintenant... Même si j'en ai un peu marre qu'on dise mon âge à tout bout de champ
Et je suis contente car ça va emmerder encore un peu plus les fachos qui s'amusent à écrire des slogans pro nazis sur mon exposition (et tous leurs copains sans cerveaux) aux Butte-Chaumont !
D'autant que le prix jeune scénariste revient à DES VIVANTS de Raphaël Meltz, Louise Moaty et Simon Roussin... qui parle du réseau du Musée de l'Homme et de Germaine Tillion, pour qui j'ai évidement le plus grand respect !
Merci au Jury !
Et une pensée à Lucie et Raymond Aubrac, qui m'ont poussée à témoigner à une époque où je croyais que je n'en avais plus rien à foutre. Cette BD, c'est la continuité du travail qu'ils m'ont demandé d'accomplir et qui me tient en vie.
NOUS NE SOMMES PAS DES MARTYRS, NOUS SOMMES DES COMBATTANTS. NOUS NE SOMMES PAS DE VICTIMES, NOUS SOMMES DES RÉSISTANTS !
RAINER est toujours là.
 
Voir aussi:
Madeleine, la merveilleuse BD sur Madeleine Riffaud, résistante, militante communiste, prix Goscinny du meilleur scénariste à Angoulême

Dupuis, 23,50€ - à vendre dans toutes les bonnes librairies!

Il y a quelques semaines est sorti le premier tome d'une série de bande dessinée sur la vie extraordinaire de Madeleine Riffaud, résistante, communiste, journaliste, militante anticolonialiste, sur un scénario de Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud, et avec des dessins somptueux de Dominique Bertail. 

Ce premier volet de "Madeleine, Résistante", "La Rose dégoupillée", avec des dessins à dominante de couleur bleue, noire, et blanche, des cases de BD qui peuvent atteindre la planche et la page sur du très grand format qui donnent à rêver le paysage et le temps passé, est consacré à l'enfance et à l'adolescence de Madeleine.

Née en 1924, elle grandit avec un père instituteur dans un village de la Somme marqué par la première guerre mondiale, jouant surtout avec les garçons dont elle aime partager les aventures.

Sous le Front Populaire, elle découvre les joies des vacances dans le futur village martyr d'Oradour-sur-Glane. Pendant l'exode, son grand-père adoré la recueille, elle est envoyée chez une amie pacifiste de ses parents, trop complaisante avec les Allemands, à Amiens. A la mort de son grand-père, Madeleine contracte la tuberculose, et c'est dans son sanatorium de Saint-Hilaire-du-Touvet non loin de Chalon-sur-Saône, qu'elle découvre la proximité de la mort et de la souffrance, l'amour, et qu'elle rencontre des résistants. Elle s'éprend d'un ami de ses parents, d'origine normande, résistant, et gagne Paris avec lui où elle passe son examen de sage-femme pour se donner une couverture et ne va pas tarder elle-même, à l'automne 42, à rentrer dans un réseau de résistance, sous le nom d'homme de Rainer, référence au poète allemand Rainer Maria Rilke, dont la BD rappelle qu'il "est décédé d'une leucémie après s'être piqué avec une épine de rose", la fleur préférée de Madeleine.   

L'épilogue de cette BD pleine de souffle et de poésie raconte de manière drôle et émouvante la rencontre du scénariste Jean-David Morvan et de Madeleine Riffaud, et comment la résistante et militante communiste, journaliste et essayiste, presque centenaire, a subjugué l'auteur de BD par son humour, sa vivacité et son intelligence, alliés à la force de caractère.  

Début 1944, elle entre en même temps au Parti communiste et dans la lutte armée. Elle apprend le massacre d’Oradour-sur-Glane, village de sa jeunesse. « Je pensais à cela quand je pédalais dans Paris, aux brûlés vifs que je connaissais. Éluard parlait des “armes de la douleur”. C’était exactement cela.

Madeleine Riffaud sera responsable des étudiants résistants FTP du quartier latin en 1944. Le 23 juillet 1944, elle abat en plein jour de deux balles dans la tête un officier de l'armée d'occupation sur le pont de Solferino. Prenant la fuite à vélo, elle est rattrapée et renversée par la voiture du chef de la milice de Versailles, puis envoyée au siège de la Gestapo rue des Saussaies où elle est torturée par des allemands et des français collaborateurs, puis condamnée à mort. Elle saute du train qui l'envoie en déportation à partir de la prison de Fresnes et reprend le combat dans la compagnie Saint-Just, attaquant notamment un train rempli de troupes allemandes arrivant aux Buttes Chaumont (gare Ménilmontant). Madeleine a 20 ans lors de la Libération de Paris et reçoit le brevet de lieutenant FFI le 23 août 1944.

A la Libération, elle devient l'amie d'Eluard et de Picasso, qui fait un portrait d'elle pour illustrer son premier recueil de poésie. Elle devient grand reporter à L'Humanité et amie avec le révolutionnaire communiste vietnamien Ho Chi Minh.

Un article de l'Humanité en 2012, "Madeleine Riffaud, des toits de Paris aux rizières du Vietnam", raconte magnifiquement la suite des aventures de Madeleine:

"Car, à partir de 1964, Madeleine Riffaud devient Chi Tam, la 8e sœur. Elle est l’une des rares occidentales à être acceptée dans les maquis viêt-cong, et devient une combattante à part entière de la résistance vietnamienne. « Ce que j’ai vu au Sud-Vietnam » affiche la une de l’Humanité en novembre 1970, dont le reportage révèle au monde l’horreur de la répression. « Con Son, Tan Hiep, Thu Duc, Chi Hoa… Il nous faut retenir ces noms car, jadis, pour les résistants victimes des nazis, l’enfer a duré cinq ans. Or au Sud-Vietnam, le même enfer dure depuis quinze ans », écrit-elle en 1972, au cœur d’un papier qui dénonce les atrocités commises par l’administration américaine. « Voilà la démocratie de Nixon, conclut-elle. Voilà la paix que les vaincus, en s’en allant, voudraient accorder à des hommes, des femmes estropiés à vie par les tortures sans fin… » Et elle sait de quoi elle parle : « Le drame est d’être passée de la Résistance aux guerres coloniales. J’ai été correspondante de guerre pour dire mon horreur des conflits. » « On disait des Viêt-cong : ce sont des hommes sans visage. » Ces combattants de l’ombre retrouvent le sourire devant l’objectif de Madeleine Riffaud, qui s’attache à leur redonner une identité. Dans ces déluges de violences qu’elle décrit, la poésie n’est jamais loin, derrière une description des rizières vietnamiennes ou des images de typhons, autant de métaphores de la mort, omniprésente. La couverture de la guerre d’Algérie la ramène rue des Saussaies, où la police française torture les militants du FLN, là même où elle a connu l’enfer. Le 7 mars 1961, l’Humanité sort avec une page blanche, marquée en son centre de ce seul mot : « Censuré ». À l’origine de la saisie, un article de Madeleine Riffaud sur les tortures pratiquées à Paris, qui déclenche la fureur du préfet de police, Maurice Papon, qui porte plainte en diffamation et demande des dommages et intérêts. Elle réchappe de peu à un attentat de l’OAS et passe plusieurs mois à l’hôpital.

En 1973, Madeleine Riffaud emprunte une nouvelle identité et repousse toujours plus loin les limites de l’investigation. Elle devient Marthe, se fait embaucher dans un hôpital parisien comme aide-soignante. Elle récure les sols, prodigue les soins aux patients, veille la nuit des mourants anonymes. De cette expérience, elle en tire un récit lucide et tendre sur l’univers hospitalier, les Linges de la nuit, sur ce qui se joue sous les draps blancs, quand l’imminence de la mort rebat les cartes des rapports humains. Car comme le disait d’elle Jean Marcenac, « Madeleine Riffaud est un poète qui a pris résolument le parti de s’exprimer par le journal… Elle a toute seule créé ce qu’il faut bien nommer un genre et, finalement, elle a parfaitement réussi».

Ismaël Dupont, 5 octobre 2021

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 07:38
Photo Renaud Faroux à Colonel Fabien

Photo Renaud Faroux à Colonel Fabien

L.H.O.O.Q. Readymade corrigé de Marcel Duchamp, version 1930 pour Louis Aragon puis offerte par le poète au PCF ( ici dans les mains du commissaire Faroux) réintègre les cimaises de l’espace Niemeyer pour l’exposition Libres comme l’art du 1 décembre au 31 janvier 2022.

Renaud Faroux, commissaire de l'exposition Libres comme l'art à Colonel Fabien, et conférencier habituel du PCF 29 sur les expositions d'art contemporain et moderne de Landerneau et Pont-Aven. Renaud Faroux sera invité en début d'année 2022 pour présenter l'exposition "Libres comme l'art"

Voir aussi:

Landerneau: Avec l'historien et critique d'art Renaud Faroux et l'espace des Capucins, les militants communistes se familiarisent avec plaisir avec les artistes de la Figuration Libre, cette peinture underground contestatrice des années 80

Conférence de Renaud Faroux sur l'oeuvre de Picasso pour les adhérents du PCF - 1er novembre 2017, Landerneau

Les conférences d'éducation populaire du PCF 29 - l'historien et critique d'art Renaud Faroux présente Tal Coat le 6 avril à Moëlan sur Mer en accompagnement de la visite guidée de l'exposition Tal Coat à Pont-Aven

Vidéo de la conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction à Landerneau (Mitchell et Riopelle) 2/02/2019

PCF 29: Conférence de Renaud Faroux sur les origines de l'abstraction et visite guidée de l'expo Jean-Michel Riopelle et Joan Mitchell au FHEL des Capucins à Landerneau: du pur bonheur!

PCF 29, samedi 2 février: visite de l'exposition Mitchell et Riopelle à FHEL de Landerneau et conférence de Renaud Faroux

Colonel Fabien - le retour au PCF de L.H.O.O.Q. de Marcel Duchamp pour l'exposition Libre comme l'art, du 1er décembre au 31 janvier

En cent ans d'existence, le Parti communiste français a toujours entretenu des liens étroits avec les avant-gardes artistiques et culturelles. Mais si certains peintres sont bien connus comme « compagnons de route » du parti, tels Pablo Picasso ou Marcel Duchamp, d'autres, comme Giacometti, Fernand Léger, Henri Matisse, André Masson, etc., ont aussi cultivé des relations avec celui-ci, à divers degrés, qu'ils aient été militants, sympathisants ou observateurs critiques. En témoigne les formidables collections d’œuvres offertes au parti et déposées depuis dans divers musées.
À l'occasion du centenaire du Parti communiste français, et pour annoncer l'exposition qui se tiendra au printemps 2021, ce livre d'art raconte cette histoire à la fois politique, sociale et artistique à travers la reproduction de 150 œuvres et les éclairages de Yolande Rasle et Renaud Faroux, le conférencier historien d'art avec lequel travaille depuis plusieurs années le PCF Finistère dans le cadre de sa démarche d'éducation populaire autour de l'art, autour notamment des expositions d'art moderne et contemporain de Landerneau et de Pont-Aven.  
L'ensemble de l'ouvrage permet de redécouvrir des artistes majeurs que le marché minore ou dont l'histoire obère la part d'engagement sans laquelle leur œuvre perd une part de son sens.
Avec plus de 150 œuvres ainsi rassemblées, ce livre présente un parcours totalement inédit et incarne un message toujours actuel : « D'un siècle à l'autre, l'art nous change et change le monde. »

Libres comme l’art

Éditions de l’Atelier, 256 pages, 23X27 cm. Préface de Pierre Laurent.

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 07:22
Photo Ouest-France - La fédération du Finistère du parti communiste a organisé son assemblée générale des sections du département, à Kernével, accueillie par Jacques Rannou, le maire-délégué de Kernével. | OUEST-FRANCE

Photo Ouest-France - La fédération du Finistère du parti communiste a organisé son assemblée générale des sections du département, à Kernével, accueillie par Jacques Rannou, le maire-délégué de Kernével. | OUEST-FRANCE

Rosporden. Les 20 sections communistes du Finistère réunies

Ouest-France, 23 novembre 2021

Après deux ans sans pouvoir se rencontrer, 70 adhérents finistériens du Parti communiste français (PCF)* se sont réunis dans la salle polyvalente de Kernével, à Rosporden (Finistère).

* Sur 860 adhérents PCF en Finistère

Une rencontre pour évoquer la situation sociale et politique et pour organiser la campagne des élections législatives. C’était l’objectif de l’assemblée générale de la fédération du Finistère du Parti communiste, selon son secrétaire départemental, Ismaël Dupont.

Situation des femmes

Près de 70 personnes ont répondu à cette invitation. Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste de Bretagne, élue aux dernières élections, a évoqué des thèmes qui lui tenaient à cœur, en lien avec la situation des femmes.

Depuis le mouvement #Metoo, on constate une vraie mobilisation des femmes avec l’apparition d’un mot nouveau, les féminicides. On manque de moyens pour soutenir ces femmes en difficulté qui peinent bien souvent à trouver des hébergements d’urgence. Un exemple : une femme qui a besoin de fuir son foyer de Landerneau doit chercher un hébergement à Brest. »

Défense des migrants, éducation populaire

Au sein du parti communiste, la jeune femme veut que des protocoles concrets d’accompagnement de la personne soient établis. Même chose pour les dépôts de plainte. Il s’agit aussi de se préoccuper des enfants. Un sujet encore tabou, dans les familles. »

Ses camarades, Enzo de Gregorio, secrétaire départemental des jeunes communistes de France du Finistère, et Marion Francès, secrétaire de la fédération, estiment que le communisme parle aux jeunes.

Cela permet de revenir à des valeurs fortes de solidarité. On constate que nos militants sont investis dans des associations, au sujet de plusieurs questions, comme la défense des migrants ou l’éducation populaire. »

Maire délégué communiste de Kernével

Jacques Rannou, communiste et maire délégué de Kernével, a exprimé sa satisfaction d’accueillir cette rencontre. On ne s’est pas vus systématiquement. Comme tout le monde, le parti communiste a été impacté par le Covid avec des fêtes et rencontres annulées. Nos salles sont mises à disposition à toute personne qui le demande. »

Ismaël Dupont sait que les sections vont pouvoir à nouveau se rassembler, lors de la 30e édition de la Fête de l’humanité qui se déroulera samedi 27 et dimanche 28 novembre, au parc des expositions de Lanester, à Lorient. Il y aura des débats et des artistes, sur scène, comme Miossec ou La Caravane Passe

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:42

 

 

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:40
Du droit au logement et du droit au territoire - par Gladys Grelaud et Dominique Gontier

Du droit au logement et du au droit au territoire

Articles et dossiers de presses, colloques, congrès, déclarations pour certaines intempestives, la question du logement interpelle subitement.

Et l'on découvre les conséquences désastreuses pour la majorité des habitants de la spéculation foncière et immobilière, de la spécialisation des territoires, du poids des résidences secondaires dans certaines communes et de l'assignation à résidence dans bien des cas.

Alors certes ce phénomène n'est pas particulier à la Bretagne et ne se limite pas d'ailleurs aux secteurs touristiques mais à l'ensemble des zones à forte valeur spéculative. On y trouve évidemment une partie de la frange littorale mais également des villes comme Rennes,ou Brest et leurs abords résidentiels.

Et la mise en place d'un statut de résident, version localisée d'un statut de bonne conduite n'y changera absolument rien. Notons au passage que la seule et réelle vocation de cette proposition est de fait d’introduire à bas bruit des critères identitaires au droit au logement.

Les constats que tout un chacun peut faire - gentrification du centre des grandes villes, gentrification des zones côtières à vocation touristique, développement de locations touristiques de courte durée, éloignement des salariés des zones d'emplois ou des secteurs bien pourvus en équipements etc – ne sont que le résultat des effets pervers du marché du logement laissé hors de toute régulation publique.

Chacun peut aujourd'hui mesurer les dégâts d'une politique totalement tournée vers le « laisser faire », le « fil de l'eau » la réduction de l'action publique et la transformation du logement social conçu pratiquement à son origine comme un logement de service public en logement des plus démunis.

On peut ensuite venir nous parler de mixité sociale, de cohérence entre le lieu de travail et le domicile, de bonne gestion des mobilités, d'indispensables transitions énergétiques, sociales, environnementales, dans la réalité , on est très loin du compte.

Si nous voulons une société inclusive, qui respecte de droit de tous les citoyens en matière de logement et de lieux de résidence nous ne pouvons en rester là.

Il y a des leviers qui existent. Il faut les utiliser.

Il y a des batailles à gagner. Il faut les mener.

Il y a des objectifs à atteindre. Il faut les désigner.

Le Parti communiste s'est toujours battu pour le droit au logement et le droit au territoire.Il s'est toujours battu pour que les citoyens dans leur diversité vivent là où ils ont envie de vivre quel que soient leurs moyens et leurs origines. Le recours systématique et systémique à la promotion immobilière privée ne peut répondre à ces objectifs d’égalité des droits.

Il est grand temps de redonner toute sa place stratégique au logement de service public, au logement pour tous. Car ce qu'il est convenu d'appeler le logement social c'est d'abord le logement pour tous. On ne peut donc détourner sa mission en le limitant au logement des plus démunis. En fait le logement de service public attribué sous conditions de ressources qu'il s'agisse du logement locatif ou en accession à la propriété intéresse la grande majorité des habitants de la région et 70% d'entre y sont éligibles. C'est donc un élément majeur du droit au logement et au territoire.

Il faut encourager les communes les communauté des communes et d'agglomération, à utiliser tous les moyens qui sont d’ores et déjà à leur disposition pour maîtriser le foncier et les opportunités immobilières, notamment dans les secteurs où l’exclusion des couches populaires est la plus marquée ou en voie de gentrification. En gardant pour ligne de conduite l’intérêt collectif et le bien commun.

Les organismes du logement de service public locaux, départementaux sont des partenaires essentiels avec lesquels il convient de conclure des conventions pour des interventions ciblées destinées à promouvoir la mixité sociologique.

Il est temps aussi d'expérimenter des solutions nouvelles comme l'Office Foncier Solidaire qui a déjà fait ses preuves à Paris et à Rennes, l’acquisition par bail emphytéotique, l'acquisition du logement sans le terrain, offrant la possibilité aux classes moyennes et populaires de vivre dans des zones qui leur sont de fait interdites.

Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste ( Finistère)

Dominique Gontier,  PCF 29

Article pour le journal "Avenir" qui sortira à la fête de l'Humanité Bretagne, article des fédérations bretonnes du Parti communiste

 

Droit au logement, les propositions communistes:

Le logement est à la fois un droit reconnu par la Constitution et un bien marchand qui fait l’objet de spéculation. Dans les métropoles, la hausse des prix du mètre carré pénalise les familles, jusqu’à les exclure des grandes villes ou les livrer à la merci de propriétaires peu scrupuleux. Nous devons refuser que le logement soit une marchandise. Le manque de logements dignes et durables à un coût accessible à toutes et tous est un problème majeur de notre pays. Derrière la volonté affichée de favoriser l’accès à la propriété, se cache le désir profond de ce gouvernement de s’attaquer au secteur du logement social. Il représente pourtant un rempart pour permettre à des familles aux revenus modestes de se loger dignement. L’habitat privé insalubre, qu’il soit lié à l’habitat ancien, aux copropriétés dégradées ou à la paupérisation du tissu pavillonnaire est loin d’être un épiphénomène. Dans certains secteurs, le nombre de logements insalubres représente jusqu’à 40 % du parc de logement privé. Dans un contexte de crise du logement, les marchands de sommeil prospèrent sur le dos de la précarité et de la fragilité de familles entières. Au vu de la situation, les réponses ne peuvent pas reposer que sur les épaules des communes. Une intervention publique d’ampleur est nécessaire. Malgré des efforts conséquents autour de la rénovation urbaine, la violation de la loi SRU par certaines communes, la hausse des loyers et la baisse des APL ont aggravé les difficultés des habitant·e·s. Nous affirmons que le droit au logement doit primer et qu’il doit être garanti pour permettre à chaque citoyen·ne, à chaque famille de se loger et de sortir d’une insécurité insupportable. Il est temps qu’émerge un véritable droit au logement pour toutes et tous. Nous proposons :

  • Un arsenal législatif renforcé contre les marchands de sommeil et le déblocage de moyens pour reloger et soutenir dans leurs procédures les victimes de ces délinquants.
  • La construction de 200 000 logements sociaux par an et le renforcement de la loi Solidarité renouvellement urbain en imposant 30 % de logements sociaux en zones urbaines. Des mesures coercitives plus fortes contre les villes qui ne respectent pas la loi doivent être prises.
  • Une aide à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations pour permettre de construire massivement.
  • Un plan d’action national pour mettre un terme aux copropriétés dégradées et pour la rénovation thermique de l’habitat.
  • Un renforcement de l’encadrement des loyers, avec l’objectif que la proportion du loyer et des charges dans le budget des familles ne dépasse pas 20 % de leurs revenus ; revalorisation de l’APL et suppression de la caution dans le parc privé.
  • L’augmentation des taxes sur les logements vacants et les résidences secondaires dans les zones en déficit de logements.

Plus que jamais, la bataille à mener pour se loger dignement en France doit être une cause nationale.

 

Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.

https://www.lafranceencommun.fr/un_logement_digne_et_durable

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:22

 

 

1- Le PIB augmente de 3 % au troisième trimestre.

C’est à peu de choses près ce qui était prévu : l’INSEE prévoyait 2,7 % pour ce même trimestre dans sa note de conjoncture. L’écart est de l’épaisseur du trait. Sur l’ensemble de l’année 2021, cela pourrait faire entre 6,3 % et 6,5 % de croissance… après -8 % en 2020, il n’y a pas de quoi pavoiser.

 

2- Le contenu de cette croissance n’est pas bon :

C’est surtout de la consommation des ménages (+5 %) et du déstockage avec peu de production (-0,3 %).

C’est aussi la consommation de services marchands (+4,7 %, dont tourisme, cafés restaurant, laboratoires d’analyse, etc.) qui soutient cette consommation, consommation qui n’a pas vocation à continuer d’accélérer

La financiarisation de l’économie atteint des sommets (le CAC 40 dépasse ses records de fin 2019), rien ne s’observe encore sur l’investissement (-0,1 % après +2,5 %)

L’emploi reste miné en qualité et le nombre d’inscrits à pôle emploi enregistre lui aussi un record, le dégonflement du nombre de chômeurs de catégorie « A » étant du à 2 facteurs : transferts des chômeurs d’une catégorie à l’autre, augmentation du nombre de stage (mais pas des formations longues et qualifiantes !)

Nous sommes en train de « manger notre pain blanc » d’un retour quasi mécanique à un niveau « normal », mais dans une situation sous-jacente bien dégradée et sans préparer correctement l’avenir. Et ceci, alors que les marges des entreprises atteignent des sommets inégalés depuis 70 ans !

 

3- Rappelons que ce sont plus de 400 milliards de PIB qui n’auront pas été produits d’ici fin 2023, par rapport à la trajectoire sur laquelle nous étions avant la récession

 

4- Les nuages noirs sont en train de s’accumuler

  • L’Allemagne vient de réviser ses prévision à la baisse pour l’année 21 (2,6 %, soit 0,9 points de moins qu’au printemps) ;
  • L’UE n’accélère pas sa croissance : +2,2 % au 3ème trimestre après +2,1 % au 2ème ;
  • Le FMI a révisé à la baisse de 1 point les prévisions pour la Chine et les Etats-Unis. Or ces économies tirent l’économie française

5- Nuages noirs aussi :

  • Le creusement abyssal du déficit commercial, qui bat tous les records ;
  • L’accélération de l’inflation (+2,6 % en octobre, après 2,2 % en septembre) ;
  • Les pénuries de produits ;
  • La BCE qui envisage un resserrement de sa politique monétaire, sans oser l’engager, preuve qu’elle juge l’économie et sa reprise fort fragile ;
  • Le plan Biden de financement de l’économie américaine, qui va prélever des capitaux sur l’Europe.

6- Mais le gouvernement fait tout pour retarder les difficultés après l’élection présidentielle.

La survenue d’une « deuxième lame » risque de frapper fort, particulièrement l’emploi avec des plans de suppressions que les groupes mettront alors en œuvre probablement à l’été


7- Il faudrait tout au contraire, pour une transformation productive, engager des formations massives pour des emplois dans les services publics et dans les entreprises, appuyés par des investissements efficaces, sécuriser les revenus des ménages, impliquer les profits et le capital dans un immense effort de développement de l’emploi, de la formation et de la R&D.

Interpellons partout préfets et gouvernement sur l’utilisation des aides. Menons la bataille pour la convocation de conférences réunissant tous les acteurs économiques et sociaux, pour y exiger la prise d’engagements par les entreprises et les banques pour l’emploi, la formation, les salaires, la transformation productive et écologique.

 

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 06:14

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 07:03
Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h mobilisation devant l'hôpital pour la venue du représentant de Macron: la politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!

Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h soyons nombreux mobilisés  devant l'hôpital de Morlaix pour la venue du représentant de Macron: sa politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!

Ouest-France Morlaix 22 novembre 2021

Un appel à la mobilisation devant l’hôpital pour la venue du secrétaire d’État, mardi, à Morlaix

​À l’occasion de la venue de Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité au centre hospitalier des Pays de Morlaix (Finistère), le comité de défense de l’établissement lance un appel à mobilisation ce mardi 23 novembre 2021, entre 11 h et 13 h, pour « stopper l’hémorragie des hôpitaux publics ».

Le comité de défense du centre hospitalier des pays de Morlaix appelle « toute la population du pays de Morlaix » à un rassemblement devant le bâtiment administratif de l’établissement de santé, ce mardi 23 novembre 2021, de 11 h à 13 h, à l’occasion de la venue de Joël Giraud, secrétaire d’État en charge de la ruralité.

« Urgence pour l’hôpital public »

« Urgence pour l’hôpital public », « accès aux soins pour toutes et tous ». Voilà les mots d’ordre de ce comité, qui estime que « le gouvernement doit stopper l’hémorragie des hôpitaux publics et permettre à tous les Français d’accéder aux soins et arrêter la maltraitance institutionnelle ».

Ce mardi 23 novembre de 11h à 13h mobilisation devant l'hôpital pour la venue du représentant de Macron: la politique de casse de l'hôpital public n'est plus supportable!!!
Partager cet article
Repost0
23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:09

 

Fabien Roussel se rendra en Guyane, Martinique et Guadeloupe du 22 au 28 novembre 2021

La tension continue de monter en Guadeloupe : incendies, barricades, barrages s’étendent sur tout le territoire, dans les villes et dans les campagnes. Résultat de plusieurs années de revendications populaires restées insatisfaites et des diktats du gouvernement toujours plus incompréhensibles pour la population.

La réponse du gouvernement : envoyer 200 gendarmes ! Il faut stopper cette escalade dans la violence et prendre la mesure de la colère dans ce territoire, où les inégalités comme la pauvreté explosent et où les meurtrissures laissées par l’épidémie de Covid constituent des ferments de l’aggravation de cet embrasement social.

Tout laisse à penser que la réponse ne peut être dans la répression mais dans l’écoute et le dialogue avec la population et les organisations syndicales.

J’appelle le gouvernement à prendre la mesure de cette révolte afin et d’apporter des solutions aux problèmes posés, à la vie chère, afin d’éviter le chaos, dans ce territoire et l’extension de ce conflit dans les autres départements, régions et collectivités d’outre-mer.

J’apporte mon soutien à la population toute entière qui, au-delà de la situation liée à la vaccination ne croit plus en la parole publique.

Je me rendrai aux Antilles et en Guyane la semaine prochaine, afin de prêter une écoute attentive aux grévistes, aux élus et m’imprégner des difficultés de nos concitoyens qui se sentent discriminés et abandonnés depuis des décennies.

Les réactions du Gouvernement ne sauraient être celles d’une époque révolue qui ne peuvent que réveiller les blessures du passé.

Il est plus que temps de répondre aux besoins des habitants, de faire vivre l’égalité des citoyens, où qu’ils vivent ! En République, il ne doit pas avoir de citoyens de seconde zone.

Fabien Roussel, député du Nord, candidat à la Présidence de la République,
Paris, le 19 novembre 2021.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 06:05

 

Le 21 novembre se tient à Paris le grand rassemblement de Fabien Roussel en faveur du pouvoir d’achat et de l’emploi. Le candidat du PCF à la présidentielle défend un « pacte pour le progrès social et l’écologie à 140 milliards d’euros » dédié à « un vrai projet de société ». GRAND

ENTRETIEN 

 

Le capital coûte cher, très cher. Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux », dénonce le député du Nord. À l’opposé de cette logique libérale, le candidat pour des « jours heureux » détaille ses propositions et leur financement : baisse des factures d’énergie, augmentation des salaires, réindustrialisation, développement des services publics, réduction des « vraies charges qui pèsent sur les entreprises », ou encore transports gratuits…

 

La lutte contre la vie chère et pour l’emploi est au cœur de votre campagne. La question du pouvoir d’achat arrive en tête des préoccupations, quelles mesures mettriez-vous immédiatement en place si vous étiez élu ?

FABIEN ROUSSEL 

Cet hiver, beaucoup de familles, d’enfants, de retraités risquent d’être contraints de choisir entre se nourrir ou se chauffer, de sombrer dans la misère. Nous ne pouvons pas attendre les élections. Notre rassemblement du 21 novembre à Paris est une grande journée de lutte et de mobilisation pour interpeller le gouvernement sur les mesures d’urgence pour dire stop à la vie chère et porter des propositions pour l’emploi, la formation et les salaires. Les hausses des factures de gaz, d’électricité, d’essence vont s’ajouter à celles des mutuelles, des loyers, des prix de l’alimentation… Cela représente dès maintenant des pertes de pouvoir d’achat de plus de 100 euros par mois. Le gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, par dizaines de milliards, aux plus riches. Le capital nous coûte cher, très cher, entre le Cice, l’ISF, la flat tax, l’exit tax… Tous les ans, ce sont plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux. Il faut mettre fin à cette gabegie de dépenses publiques, et utiliser cet argent pour baisser les taxes afin de réduire sans attendre de 30 % les factures de gaz et d’électricité, et le litre de carburant.

Mais nous savons que cela ne suffira pas : l’enjeu est aussi de consommer moins. Nous voulons donc un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments et logements de 23 milliards d’euros par an et un plan de développement des transports en commun. Dans les 45 métropoles de notre pays, l’État doit prendre à sa charge leur gratuité, en priorité pour les moins de 25 ans et les salariés. Dans les autres territoires, je propose que les 50 % du ticket de TER des salariés non remboursés par l’employeur le soient par l’État. Le TER sera gratuit pour se rendre au travail. Exit les cars Macron, bienvenue aux trains Roussel.

Icon QuoteLe gouvernement distribue de petits chèques alors que, durant tout ce mandat, il en a signé de gros, aux plus riches. (...) Soit plus de 45 milliards d’euros de cadeaux fiscaux par an. »

 

Comment augmenter le Smic et les salaires, comme vous le proposez également, sans mettre en difficulté les entreprises, notamment les plus petites ?

FABIEN ROUSSEL 

D’abord, nous proposons une hausse du Smic à 1 800 euros brut, mais aussi que tous les salaires soient indexés à l’inflation. C’est ce que l’on appelait auparavant l’échelle mobile des salaires, qui n’existe plus depuis près de quarante ans. Et, de ce fait, le salaire moyen se tasse. Pire, dans certaines branches professionnelles, le salaire minimum est inférieur au niveau du Smic. Pour les fonctionnaires, dont le point d’indice est gelé depuis douze ans, il faut augmenter de 30 % les salaires. Bien sûr pour les catégories C, dont les revenus sont très bas, mais je pense aussi à ces sages-femmes, par exemple, qui, après cinq ans d’études, sont à 1 800 euros net. Pour les entreprises, augmenter les salaires sera possible car je propose de baisser les charges.

Vous pensez sans doute à d’autres « charges » que celles sans cesse évoquées par la droite pour s’attaquer au « coût du travail » ?

FABIEN ROUSSEL 

De Xavier Bertrand à Emmanuel Macron en passant par Éric Zemmour et Marine Le Pen, ils n’ont en effet que ces mots-là à la bouche. Eux parlent des cotisations qui permettent pourtant de financer notre système de solidarité, la Sécurité sociale. Moi, je parle des vraies charges qui pèsent sur les entreprises. Elles sont au nombre de trois. À commencer par les factures énergétiques, qui s’envolent du fait de la libéralisation et dont nos entreprises souffrent aussi. Elles ont besoin d’accéder à une électricité moins chère et décarbonée. C’est un enjeu tant économique que climatique qui nécessite de monter en puissance dans un mix énergétique avec une grande part d’électricité nucléaire.

Il faut également réduire les charges des assurances. C’est peu de le dire, ces dernières n’ont pas été au rendez-vous de la pandémie et continuent d’augmenter les cotisations alors qu’elles sont assises sur un tas d’or, avec près de 100 milliards d’euros de fonds de réserve. Je propose de nationaliser Axa et de créer une garantie d’assurance publique aux entreprises beaucoup moins chère.

Ces charges financières sont enfin celles imposées par les banques pour des crédits de surcroît difficiles à obtenir. Nous voulons une banque publique qui prêtera à taux zéro pour des investissements qui permettent de relocaliser l’activité, la transition écologique, de former et d’embaucher, notamment des jeunes.

Icon Quote Quand on additionne les besoins pour l’école, la santé, la police, les éducateurs, la justice... ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Vous défendez également un plan de « reconquête industrielle et de relance des services publics ». Comment éviter les délocalisations et réinvestir dans les services publics ?

FABIEN ROUSSEL 

La France a perdu 2 millions d’emplois industriels en vingt ans. C’est une catastrophe nationale, un crime organisé contre notre industrie. Mon plan, c’est d’abord un moratoire sur toutes les délocalisations en cours. Car, quand on perd des compétences dans l’automobile, dans l’aéronautique, dans le textile, il faut des années pour les reconquérir. L’État est complice de ce grand déménagement industriel, or il peut et doit non seulement mettre un garrot sur cette hémorragie mais aussi reconstruire des filières entières, comme celle du textile, du médicament…

Que l’on ne me dise pas que c’est un coût pour le climat. C’est faux. En l’espace de quinze ans, les émissions de COimportées ont augmenté de 75 %, alors qu’ici elles sont en train de baisser. Cette politique de relocalisation de l’activité doit être menée par tous les pays et aller de pair avec des circuits de coopération, hors loi du marché, sur les matières premières.

Pour nos services publics, un pacte sans précédent est nécessaire pour rattraper tous les retards. Quand on additionne les besoins pour l’école, pour l’accompagnement des personnes âgées, pour la santé, la police, les éducateurs, la justice, ce sont plusieurs centaines de milliers d’emplois à créer.

 

Où entendez-vous trouver les moyens de financer toutes ces ambitions ?

FABIEN ROUSSEL 

Je propose un pacte européen pour le progrès social et écologique. Un pacte pour l’emploi et le climat, pour sortir du dogme de l’austérité et de la concurrence libre et non faussée. Parce que le pacte budgétaire est mort ! Remis en cause par la pandémie, les 3 % de déficit et les 60 % d’endettement inscrits dans le marbre du traité de Maastricht et du pacte de stabilité n’existent plus. Tout le monde le dit. Il est donc nécessaire d’en écrire un nouveau qui permettrait de mobiliser 6 % du PIB européen, c’est-à-dire 900 milliards d’euros par an.

Et nous proposons pour la France le même pacte à hauteur de 6 % de notre PIB, soit 140 milliards. Ce pacte budgétaire européen sera financé par la Banque centrale européenne, qui pourra faire tourner la planche à billets, non plus pour gaver les marchés financiers mais pour ces investissements utiles. Il sera aussi abondé par les ressources nouvelles que nous obtiendrons des multinationales en faisant participer le capital. C’est une bataille à mener à l’échelle de l’Union européenne, mais c’est autrement plus ambitieux que les 750 milliards d’euros actuellement prévus pour six ans.

Icon Quote Nous proposons, pour notre réforme des retraites, une cotisation de 11 % appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récolter près de 30 milliards d’euros par an. »

 

À rebours de ce qu’a exposé Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution, vous proposez de réduire le temps de travail. Comment y parvenir tout en préservant les salaires, les emplois et notre système de protection sociale ?

FABIEN ROUSSEL 

La première réforme que nous devons faire, la plus urgente, c’est celle des retraites, pour permettre de partir à 60 ans avec une bonne pension, et d’être remplacé par l’embauche d’un jeune. L’autre urgence est aussi de réduire le temps de travail hebdomadaire. Pas par dogme, mais parce que nous préférons travailler moins pour travailler tous et bien. Je ne le ferai pas en l’imposant brutalement à toutes les entreprises du jour au lendemain. Cette réduction doit se faire progressivement dans le dialogue et la concertation, en fonction des réalités des entreprises, mais surtout en tenant compte des conditions de travail et du besoin grandissant de formation.

Beaucoup de métiers ne sont plus attractifs tellement ils sont pénibles. On doit pouvoir s’épanouir au travail ! C’est pour cela que notre programme, à nous communistes, est un projet de société. L’attractivité du travail n’est pas qu’une question de salaires. Je porte l’ambition que nous redonnions collectivement du sens au travail pour retrouver le goût de participer à un projet de société, à la reconstruction de notre pays, à la transition écologique. La réduction du temps de travail doit s’inscrire dans ce projet-là. C’est ce qu’est en train de réaliser Yolanda Diaz en Espagne, la ministre communiste y engage ce travail par secteur et dans le dialogue. Elle fait la démonstration, par petites touches, que c’est possible et que c’est aussi dans l’intérêt des entreprises.

Le déficit de la protection sociale est imposé comme argument massue par les détracteurs de ces propositions…

FABIEN ROUSSEL 

Et notre système de protection sociale a toujours été basé sur un financement solidaire du travail. Or, aujourd’hui, le capital participe de moins en moins à son financement. C’est pour cela que nous proposons, dans notre réforme des retraites, une cotisation de 11 %, comme celle qui existe sur les salaires, appliquée aux revenus financiers. Elle permettrait de récupérer près de 30 milliards d’euros par an dans le financement de notre protection sociale.

Une autre de mes priorités : l’égalité salariale femmes-hommes, pour mieux valoriser tous ces métiers où 80 % de femmes sont en première ligne, sous-payées et maltraitées. Ce serait non seulement un progrès pour la moitié de l’humanité, les femmes, mais aussi un atout économique. L’égalité salariale rapporterait 5 milliards d’euros dans les caisses de l’État.

 

L’extrême droite et la droite extrême, très médiatisées dans cette campagne, rendent l’immigration responsable de tous les maux sociaux. Qu’y opposez-vous ?

FABIEN ROUSSEL 

C’est pire que ça. Ce n’est pas seulement l’immigration qui est pointée, ce sont aussi des Français qui, en fonction de leur religion ou de leur couleur de peau, sont stigmatisés. C’est une forme d’apartheid qui est mise en débat à travers des candidats qui osent tout. Tout est fait pour diviser la société. C’est honteux. Cela faisait très longtemps que les principes de la République n’avaient été à ce point mis en cause par l’encouragement au repli sur soi et à la haine de l’autre.

L’extrême droite ne remportera pas l’élection présidentielle. Mais ses idées sont un danger majeur pour le vivre-ensemble et nos libertés. Il faut donc combattre à chaque instant ses idées qui diffusent dans le pays et risquent de continuer à nous opposer en fonction de nos couleurs, nos religions, alors que nous avons besoin d’être unis, de lutter ensemble pour de nouvelles avancées sociales et démocratiques. Or, je sens monter l’individualisme, le repli sur soi, la haine de l’autre. Je veux lancer un grand appel à ceux qui se détournent de la politique, qui ne veulent plus voter et qui sont aujourd’hui exploités, maltraités, méprisés. Il faut qu’ils envahissent les urnes, mais en votant pour des jours heureux et pas pour des heures sombres.

 

Comment comptez-vous inverser la donne à l’heure où les sondages sont défavorables à la gauche ?

FABIEN ROUSSEL 

Si nous disions que l’issue est de reconstruire la gauche qui a déçu, qui a trahi, ce serait pire que mieux. Cette gauche-là, qui a été au pouvoir et qui a tourné le dos aux aspirations populaires, a aussi une responsabilité dans la crise démocratique que nous traversons, car elle a contribué à nourrir l’abstention et le rejet de la politique. Je ne veux plus revivre de tels désenchantements. Il existe une gauche qui a le courage de s’attaquer à la finance, de mettre en place des réformes au service du peuple, avec le peuple. C’est ce que je veux incarner dans cette campagne.

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011