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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 12:43

 

Retrouvez le programme national du stand du PCF sur la fête de l'Humanité. 

Cette année le stand sera situé : Carrefour des Jours heureux

 

 

VENDREDI 10 septembre

 

18h00-20h00

Débat : Quel bilan pour les députés communistes ? Quelles perspectives pour les élections législatives de 2022 ?

André Chassaigne, Président du groupe GDR à l'Assemblée Nationale

et Karine Trottein, Secrétaire départementale du PCF Nord

Animé par Ian Brossat, Porte-parole du PCF, Président de l'Association des Elus Communistes et Républicains

 

20h00-21h30

Débat : "Travailleurs européens, unissons-nous !"

Fabien Roussel, candidat à l'élection présidentielle de 2022

Raoul Hedebouw, député fédéral et porte-parole du Parti du Travail de Belgique

 

SAMEDI 11 septembre

 

12h00-13h00

Réception des personnalités avec Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

 

14h00-15h30

"Réchauffement climatique : l' urgence des choix en France et dans le monde"

Débat de la revue Progressistes

Sylvestre Huet, journaliste scientifique,

Virginie Neumayer, syndicaliste de l'énergie

Laurent Michel, directeur de la politique énergie et climat au ministère de l'écologie 

Animé par Amar Bellal, enseignant, rédacteur en chef de la revue Progressistes 

17h00-18h00

Meeting de Fabien Roussel sur la grande scène Angela Davis


18h30-20H00

"Prendre le pouvoir sur l'économie, depuis les entreprises et les régions."

Débat de la revue Economie & Politique.

Frédéric Boccara, membre du CEN et du CA des Economistes atterrés

Robert Boyer, directeur d'études à l'EHESS

Marie-Claire Cailletaud, syndicaliste et membre du CESE

Muriel Ternant, Présidente du groupe communiste à la Région BFC.

Animé par  Denis Durand, codirecteur de la revue Economie & politique

 

20h00-21h30

Temps international, "Solidarité et paix pour le peuple d'Afghanistan"

Abdullah Naïbi, président, et Amilia Nadjimi Spartak, responsable internationale du Nouveau parti du peuple afghan 

Pierre Laurent, Sénateur, Président du Conseil National du PCF

Lydia Samarbakhsh, coordinatrice du secteur international du PCF. 

 

DIMANCHE 12 septembre

10h00-11h00

Dédicace par Fabien Roussel de son livre : Ma France, heureuse, solidaire et digne.

11h00-12h30

Débat "Culture : quelle(s) politique(s) à gauche ?"

Table ronde avec les forces de gauche

12h30-13h30

Rencontre de Fabien Roussel avec les nouveaux adhérents du PCF

 

14h00-15h30

 "Science, raison, démocratie" 

Débat de la revue Cause Commune

Michel Limousin, médecin, rédacteur en chef des cahiers de santé publique et de protection sociale

Pierre Ouzoulias, sénateur PCF des Hauts-de-Seine

Stéphanie Roza, chargée de recherches en philosophie politique au CNRS

Françoise Salvadori, maîtresse de conférences en immunologie à l'université de Bourgogne

Animé par Saliha Boussedra du comité de rédaction de Cause commune.

 

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6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 12:40
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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 05:36

 

Après deux années scolaires marquées par le COVID, l’enjeu de cette rentrée est de taille. Il s’agit, malgré la situation sanitaire qui reste tendue, de permettre à chaque jeune de renouer avec une scolarité à 100% en présentiel. Il s’agit de permettre à chaque élève de rattraper le « temps perdu » depuis 18 mois. Il s’agit de considérer l’école, au même titre que la santé, comme un enjeu de société de premier ordre.

 

La responsabilité du ministère est de donner aux écoles, aux enseignant-e-s et aux personnels d'éducation les moyens de raccrocher les élèves dont les difficultés se sont aggravées, celles et ceux qui n’ont que l’école pour réussir.

 Il y a besoin de garantir la sécurité sanitaire des élèves, des personnels et de leurs familles.

 Tout doit être fait pour permettre la vaccination des personnels et des élèves et pour cela entre autre reconstruire une médecine scolaire de qualité en capacité d’intervenir dans tous les établissements et auprès de chaque élève.

Depuis plus d'un an, le PCF propose également de réduire les effectifs par classe, de les dédoubler quand cela est possible et pour cela de recruter 90 000 enseignants en puisant chez les admissibles aux concours de l’enseignement, en recrutant les listes complémentaires, en titularisant des contractuels donnant satisfaction et en poste depuis plus de 3 ans.

 Nous proposons en lien avec les communes, les départements un grand plan d’équipement des locaux scolaires en aérateurs, de permettre la création de classes avec des locaux supplémentaires, d’aménager les préaux et les cours de récréation, les salles dédiées à l’EPS, à l’éducation musicale notamment de manière à permettre de revenir à la normalisation des enseignements.

 Les élèves après des mois de confinement ont perdu du temps de classe. Or, pour apprendre, il faut être en classe, il faut donc donner aux élèves, aux enseignants du temps pour apprendre. 

 Il y a besoin d’aménager les programmes scolaires, de regagner 27 heures hebdomadaires en maternelle et primaire, et d’aller ensuite vers les 32 heures de la maternelle au lycée.

 Le PCF propose des mesures d’urgence pour répondre aux besoins que fait surgir la crise sanitaire, et au-delà il propose d’engager un véritable débat sur les nécessaires transformations de l’école pour garantir à chacune et chacun les moyens de réussir. 

 Pour cela il faut du temps pour apprendre, il faut plus de temps de classe, plus d’enseignants et mieux formés, il faut plus de temps pour d’autres pratiques, rééquilibrer les apprentissages, et garantir à chaque élève d’avoir du temps pour réussir sa scolarité.

 

Le PCF propose :

- vaccination de l’ensemble des personnels et des élèves de collège et lycée

- reconstruction d’une véritable médecine scolaire

- dédoublements des classes

- mise à disposition de locaux et équipement en aérateurs

 

Sur le plan des apprentissages, nous proposons de redonner du temps pour apprendre :

- 26h dans le premier degré et 32h dans le second

- plus de maîtres que de classes

- remplacement en nombre suffisant pour garantir la continuité des enseignements

- refonte des programmes, programme ambitieux mais réaliste, qui problématise les choses plutôt que d'être un catalogue interminable de notions techniques

- pas d'évaluations nationales qui obligent à faire la course au programme

 

Parti communiste français,

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 06:19
Atteinte aux libertés - Soutenez Edouard Descottes, prof rennais victime de répression pour activité syndicale par Blanquer et "son" ministère

Message du comité de soutien à Edouard Descottes. Vous aussi, envoyez lui votre soutien!

Nous avons mis en place un comité de soutien au lycée Jean Macé pour soutenir Edouard Descottes, l’adresse mail du collectif de soutien est : collectifsoutien.edjm1@gmail.com

Une grande partie des enseignants du lycée sera en grève vendredi 3 septembre pour la première journée de cours (jeudi, c’est l’accueil des classes par les profs principaux)

Nous manifesterons devant le lycée de 8h à 10h avant de réaliser d’autres actions tout au long de la journée

Nous appelons tous ceux qui le peuvent à nous rejoindre avec leurs banderoles (et/ou leurs casseroles !)

Merci de diffuser l’information dans le milieu de l’éducation nationale mais aussi dans d’autres.

 

UNE ATTAQUE DE PLUS DU MINISTÈRE BLANQUER
 

Professeur d’Histoire-géographie depuis 20 ans au lycée Jean Macé de Rennes, par ailleurs militant syndical SNES-FSU,
Edouard Descottes, 57 ans, s’est vu notifier le 21 /08/2021 une sanction décidée par le ministère de l’Education Nationale : mutation d’office. Il a donc perdu le poste qu’il occupait depuis toutes ces années.


Tout commence le 13/02/2020 lors de l’émission « Le Téléphone sonne » de France Inter. Alors que la mobilisation des
élèves et des professeurs s’était développée dans tout le pays contre la réforme Blanquer du bac, un parent d’élève est
intervenu. Il a accusé, sans preuve, « le professeur d’histoire-géo de 1ère STMG du lycée Jean Macé de Rennes d’avoir
incité ses élèves à faire grève ».

 

Résultat : le 5 juillet 2021, Edouard Descottes est convoqué à une commission disciplinaire de l’académie de Rennes. Pour le soutenir, 200 enseignants, élèves, parents d’élèves et syndicalistes étaient présents.


A l’issue de cette commission, dont l’avis n’est que consultatif, aucune sanction n’a été votée. Pourtant, le samedi 21 août 2021, à 10 jours de la rentrée, Edouard Descottes reçoit donc la sanction du ministère.


Pour justifier cette décision grave, l’administration invoque deux types de motifs : Premièrement, des aspects pédagogiques ; ainsi Edouard Descottes aurait :


-« manqué d’assiduité à remplir ses cahiers de texte numériques »
- Du mal à « terminer ses programmes d’histoire-géographie »
- trop jalonné ses cours de « digressions historiques » Enfin, lors du 1er confinement de mars 2020, on lui reproche de n’avoir pas pris contact avec ses élèves entre le 17 mars  et le 6 avril. Il faut oser !


Que tout le monde se souvienne des dysfonctionnements manifestes des services du ministère de l’Education Nationale
à ce moment-. Familles et enseignants étaient alors livrés à eux-mêmes.
Deuxièmement, des raisons liées à son engagement syndical : C’est en fait le fond de l’AFFAIRE ! Il est reproché à
Edouard Descottes :


-d’avoir animé dans son lycée la mobilisation contre la réforme Blanquer en janvier 2020. Or, au lycée Jean Macé
toutes les actions et la grève ont été menées collectivement et mocratiquement. SANS BLOCAGE NI INTERVENTION POLICIERE !

 

- de même, il lui est reproché d’avoir « instrumentalisé ses élèves « lors de cette mobilisation. Or, là encore,
témoignages à l’appui, les élèves se sont mobilisés EUX-MÊMES, sans jamais interdire l’accès aux épreuves du
bac à leurs camarades qui le souhaitaient.

 

PIRE ! Il est reproché à Edouard Descottes son engagement de militant syndical en faveur d’élèves sans-papiers
scolarisés au lycée. Effectivement, à Jean Macé, 4 élèves et leurs familles ont pu être régularisés grâce à la
mobilisation collective de centaines d’élèves, de parents d’élèves, d’enseignants et de militants engagés à leurs
côtés.

Conclusion : De nombreux enseignant(e)s ont affaire à l’entreprise de mise au pas voire à la répression du ministère
Blanquer.

Avec Edouard, c’est un militant syndical reconnu et apprécié qui est attaqué à son tour. En fait, plus largement, ce sont les droits de grève, de réunion, d’expression, de défense des sans-papiers et d’organisation syndicale qui sont attaqués par le gouvernement.

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 06:04

 

 

Une étude de France Stratégie montre que les ménages, surtout en bas de l’échelle, voient leur pouvoir d’achat plombé par l’explosion de leurs dépenses contraintes.

Que les plus pauvres le soient de plus en plus et que les écarts se creusent, c’est ce que martèlent depuis des années les associations de solidarité. Mais que cette vérité soit analysée et étayée par un think tank gouvernemental, c’est plus original.

Le 31 août, une note de France Stratégie, le bureau d’analyse rattaché au cabinet du premier ministre, explique pourquoi, alors que statistiquement le niveau de vie des Français augmente, l’argent dont disposent les ménages pour consommer tous les mois ne cesse de se réduire, surtout en bas de l’échelle sociale.

Le constat d’abord. « Les inégalités de revenu arbitrales, c’est-à-dire ce qu’il reste pour consommer une fois déduites les dépenses pré­engagées (loyer et charges, remboursements d’emprunts immobiliers, services de télécommunications, services de télévision, cantines scolaires, assurances et services financiers), sont près de deux fois supérieures à celles que l’on observe en niveau de vie », note l’étude. Ainsi, le niveau de vie moyen d’une personne seule appartenant à la catégorie des plus pauvres atteint 679 euros par mois. Mais une fois payées toutes ces charges incompressibles, il ne lui reste plus que 169 euros pour faire face aux autres dépenses (nourriture, habillement, transport)…

Pour les moins aisés des ménages modestes, on passe de 1 162 à 600 euros. Plus on s’élève dans la classe sociale, plus la différence entre ces deux indicateurs s’atténue. Ainsi, parmi les plus aisés, le niveau de vie s’élève à 3 428, et le revenu arbitral à 2 710 euros.

Le poids des loyers

Comment expliquer ce décalage croissant entre ce que gagnent les Français et ce qu’ils peuvent consommer ? D’abord, le poids de ces dépenses incontournables qui sont réglées par prélèvement – d’où l’appellation de préengagées – n’a cessé d’augmenter. En 2017, elles représentaient 32 % du total des dépenses, contre 27 % en 2001. Et cette augmentation moyenne de 5 points s’est faite de façon inégalitaire. Pour les plus pauvres, elle atteint 10 points.

Le prix du logement, qui n’a cessé d’augmenter depuis les années 1990, est au cœur de cette perte de pouvoir d’achat. À lui seul, le paiement des loyer, charges et remboursement d’emprunts, représente 23 % de l’ensemble des dépenses des ménages et 70 % des préengagées. « L’augmentation du poids du loyer et des charges est très importante pour les ménages pauvres et modestes et contribue ainsi à la hausse de leur consommation préengagée », souligne France Stratégie.

Une nécessaire régulation des prix

Sans surprise, le statut d’occupation est le facteur le plus déterminant. « Ce sont les locataires du parc privé qui font face aux dépenses de logement les plus élevées. » Les ménages pauvres, par exemple, consacrent 40 % du total de leurs dépenses au logement quand ils sont dans le privé, contre 36 % quand ils vivent en HLM, 30 % quand ils sont accédants à la propriété et seulement 13 % quand ils sont propriétaires et ont déjà fini de rembourser leurs prêts.

D’autres facteurs font varier ce poids du coût du logement pour les ménages. L’âge d’abord. Chez les plus de 60 ans, qui ont souvent fini de payer leur résidence principale, le logement ne compte que pour 18 % des dépenses, contre 24 % pour les autres tranches d’âge. Cela explique que les 30-39 ans sont ceux chez qui la part des dépenses contraintes pèse le plus lourd. Le lieu de résidence influe aussi. Les ménages pauvres qui habitent dans des villes de plus de 3 000 habitants au kilomètre carré consacrent 42 % de leur budget au logement, contre 38 % pour ceux résidant dans des communes où la densité est inférieure à 100 habitants par kilomètre carré.

Alors que démarre la campagne pour l’élection présidentielle, ce poids du logement dans les dépenses des ménages, surtout parmi les catégories pauvres et modestes, devrait interroger les responsables politiques et l’opinion publique. Sans régulation des prix, il semble illusoire d’espérer une revalorisation du niveau de vie et une relance de la mobilité géographique et sociale. Une question cruciale pourtant, enterrée derrière la surenchère sécuritaire.

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 05:57

 

Face à la pénurie de salariés dans plusieurs secteurs, patronat et gouvernement admettent qu’une augmentation des rémunérations est nécessaire. Les syndicats veulent s’en saisir pour faire du niveau du Smic le sujet chaud de la conférence sociale qui débute aujourd’hui.

Les vacances sont finies pour le gouvernement et les organisations syndicales et patronales, qui commencent ce mercredi une série de réunions bilatérales. Tandis que les mois d’été ont été animés par une forte tension exercée sur certains secteurs d’activité, déplorant de lourdes difficultés de recrutement, l’ordre du jour des rencontres semble tout trouvé. Le secrétaire fédéral de Force ouvrière, Yves Veyrier, a déjà indiqué que la question serait le sujet prioritaire de la rentrée.

« Manque de reconnaissance »

Alors que les prévisions promettent une croissance côtoyant les 6 % pour cette année, de nombreux métiers de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, du service à la personne, des travaux agricoles ou encore de la logistique peinent à embaucher. Selon la Banque de France, 48 % des entreprises ont rencontré des difficultés de recrutement. Si la situation n’est pas nouvelle, la crise sanitaire a amplifié le phénomène.

« Dans l’hôtel où je travaille à Tours, le chef de cuisine a démissionné, le second a démissionné, tout comme la gouvernante, la cheffe de réception. Les salariés qualifiés ne veulent plus rester », témoigne Arnaud Chemain, secrétaire fédéral de la CGT commerce et services. La faute à des salaires et conditions de travail hasardeuses, que le Covid a rendu inacceptables aux yeux des travailleurs. « Avec le manque de reconnaissance, le travail du dimanche qui n’est pas mieux payé, sans treizième mois, beaucoup se sont rendu compte que la passion ne suffirait pas pour continuer », poursuit-il.

Beaucoup de reconversions

Sur les chantiers, souvent affectés par des pénuries de main-d’œuvre, le nombre de postes vacants est aussi au plus haut. Selon l’observatoire des métiers du BTP, sept entreprises sur dix anticipent des difficultés lors de leur recrutement. Le salaire et les conditions de travail sont invoqués dans 12 % des cas (derrière l’absence de personnel qualifié à proximité et le manque d’expérience des candidats).

Même scénario dans le secteur du service à la personne. « Il s’agit d’un secteur historiquement en forte tension, du fait des conditions de travail difficiles, des temps partiels souvent imposés, ainsi que de la faiblesse des rémunérations. Le monde d’après n’a fait que greffer l’obligation vaccinale à cette situation. Il y a eu beaucoup de reconversions, souvent dans la tristesse », rapporte Stéphane Fustec, de la fédération CGT commerce et services.

La balle est dans le camp du Medef

Pour les syndicats, la seule solution pour résoudre cette situation est d’augmenter les salaires. «  Pour que les salariés soient heureux et fidèles, il faut qu’ils soient mieux rémunérés », glisse Stéphane Fustec. Sur ce constat, les organisations disposent d’alliés aussi puissants qu’incongrus : le patronat et le gouvernement. Habituellement frileux quand il s’agit de passer à la caisse, les employeurs semblent forcés par la pénurie, qui menace leur entreprise, à prendre leurs responsabilités.

Nicolas Dumas, du Medef du Centre-Val de Loire, acquiesce : « L’entreprise n’échappe pas à l’évolution de la société. Elle ne fait plus rêver, notamment les jeunes, qui n’ont pas envie des contraintes liées à certaines professions dans le BTP, la mécanique, les transports ou la restauration. Il faut qu’on s’adapte. Voilà pourquoi on envisage une augmentation des salaires.  »

Certains employeurs ont même déjà mis la main à la poche pour retenir les salariés. Selon la fédération des particuliers employeurs de France, les salaires versés aux assistants de vie ont augmenté de 2,7 % en un an, ceux des salariés auprès de personnes dépendantes de 3,3 %. « La différence par rapport aux entreprises est que les particuliers ne cherchent pas à faire de profits, mais à répondre à un besoin », explique Stéphane Fustec.

Bruno Le Maire donne l’illusion d’avoir choisi la fermeté

Pourtant, si la hausse des salaires semble être une nécessité largement partagée, les avis sur ses modalités divergent. Le patronat, d’accord sur le diagnostic, gesticule quand il s’agit de sortir le chéquier. «  Si augmentation de salaire il y a, celle-ci doit reconnaître une montée en compétences du collaborateur  », estime Jean-François Faure, patron de AuCoffre.com (site de vente d’or et d’argent). « Derrière, ce sont les prix qui vont augmenter », grommelle Geoffroy Roux de Bézieux, patron du Medef.

Icon Quote L’une des organisations patronales de la branche hôtellerie-restauration s’apprête à lancer une grosse campagne visant à inciter les clients à verser plus de pourboires pour remédier à la faible rémunération des travailleurs !ARNAUD CHEMAIN CGT

De son côté, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, donne l’illusion d’avoir choisi la fermeté. «  C’est aux entreprises de faire leur part du chemin », a-t-il indiqué lundi dernier sur France Inter, se refusant à toute réduction de cotisations patronales sur les salaires. Mais les hausses peuvent aussi passer par «  les primes, l’intéressement, la participation, l’actionnariat salarié », tempère-t-il toutefois.

Au niveau des branches aussi, les syndicats ont pu observer les réticences des employeurs à revaloriser les salaires durablement. « L’une des organisations patronales de la branche hôtellerie-restauration s’apprête à lancer une grosse campagne visant à inciter les clients à verser plus de pourboires pour remédier à la faible rémunération des travailleurs ! » s’indigne le cégétiste Arnaud Chemain. Pour les syndicats, soulager les filières en tension ne peut passer que par des revalorisations pérennes des salaires, qui n’entravent pas le bon fonctionnement des systèmes de Sécurité sociale. « Le ministre de l’Économie doit commencer par augmenter le Smic ! » a martelé Yves Veyrier. Revendication que la CGT et les autres confédérations comptent elles aussi porter. Seront-elles entendues par le gouvernement ? Ce sujet pressant sera en tout cas au cœur des discussions.

Une faible revalorisation pour les fonctionnaires

Le point d’indice n’augmentera toujours pas à la rentrée pour les salariés de la fonction publique, mais le gouvernement entend apaiser la colère en revalorisant les rémunérations des agents les plus proches du Smic. Environ 1,2 million d’agents de catégorie C des trois fonctions publiques (hospitalière, territoriale et d’État) bénéficieront prochainement d’une hausse de salaire comprise entre 40 et 100 euros mensuels nets, a annoncé en juillet la ministre de la Fonction publique, Amélie de Montchalin. Les syndicats ont dénoncé l’absence de mesure générale. Selon eux, très peu d’agents de catégorie C profiteront des plus hautes augmentations.

 

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 05:29
Un pouvoir qui s'attaque toujours plus aux classes populaires et cible l'école publique!
Un pouvoir qui s'attaque toujours plus aux classes populaires et cible l'école publique!
Un pouvoir qui s'attaque toujours plus aux classes populaires et cible l'école publique!

Nouvel épisode du "Salauds de pauvres"... Le ministre sarkozyste de Macron, à l'éducation nationale, Blanquer accuse les parents "pauvres" de préférer acheter du matériel multimédia de confort avec l'allocation de rentrée scolaire.

Le gouvernement et son ministère de l'éducation nationale s'apprêtent à lancer une campagne d'affichage à l'école qui assimile l'origine des problèmes de laïcité à l'école à la seule immigration sans aucun lien direct avec le sens véritable de la laïcité, et le rapport à la neutralité de l'état et des services publics vis-à-vis des religions et croyances. 

Le même Blanquer qui avantage de manière éhontée l'école privée par exemple en obligeant les mairies à financer la garderie et la restauration à l'école maternelle.

Macron à Marseille continue à faire son Sarkozy, le sauveur aux mains pleines qui fait un max de démagogie, et en l'occurrence propose aux directeurs d'école d'embaucher eux-mêmes du personnel motivé. Comme si le problème de ces écoles, c'était la qualité des professeurs des écoles et leur motivation et non les moyens accordés, la pauvreté endémique de ces quartiers, le manque de mixité sociale.

Pendant ce temps-là, le gouvernement affecte suffisamment de moyens aux lycées pour garantir des secondes à 35 ou 40 élèves (excellentes conditions pour réduire l'impact des inégalités sociales sur l'égalité des chances), un enseignement commun au rabais, la suppression du bac, une perte de sens pour beaucoup.

Pendant ce temps, la réforme de l'assurance-chômage prive des dizaines de milliers de privés d'emploi d'allocations, les APL sont réduites pour les étudiants et les revenus les plus bas, le logement social est attaqué, on laisse déraper les prix du gaz, de l'électricité, de l'essence...

Le néo-libéralisme autoritaire de Macron se double d'un cynisme remarquable: vraiment, le président met les pieds dans les chaussons de Sarkozy!

Ça suffit, les Françaises et les Français ont le droit au respect!

La rentrée scolaire 2021, comme l'a rappelé Fabien Roussel dans son interview a L'Humanite, c'est 1800 postes d'enseignants en moins dans les collèges et les lycées. En quatre ans, 7500 postes ont été supprimés. Il faut inverser ces logiques!

Fabien Roussel, candidat communiste aux élections présidentielles:
"La crise sanitaire a révélé et accentué la crise de notre école. Le gouvernement n’a rien fait pour protéger les enfants et les personnels de ses conséquences. Pire, la rentrée va se faire avec 1 800 postes d’enseignants en moins dans nos collèges et lycées. En quatre ans, 7 500 postes ont été supprimés. Et le gouvernement profite de la crise pour casser le bac et avancer vers une éducation à plusieurs vitesses. Il faut inverser ces logiques pour donner à la France la jeunesse la mieux formée. Il faut mieux reconnaître le métier d’enseignant en revalorisant les salaires autrement que par une prime. Du CP à la terminale, les classes ne doivent pas compter plus de 20 à 25 élèves. Cela nécessite de construire des établissements et de prérecruter 90 000 enseignants. Je propose aussi d’allonger le temps passé à l’école à 32 heures par semaine. Plus de temps pour apprendre en classe, c’est plus de temps pour donner du sens aux apprentissages, varier les activités, résoudre les difficultés… et c’est aussi une manière de libérer le reste du temps, d’en finir avec les devoirs pour mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Alors je le dis clairement : il faut augmenter le budget de l’État. Celui de l’éducation nationale doit passer de 55 milliards à 80 milliards en l’espace de cinq ans. Le gouvernement Macron a fait un cadeau de 20 milliards par an au capital, je propose de les récupérer et d’en consacrer 5 à l’école".
"Nous voulons donner les moyens de l’autonomie à chaque jeune. Une allocation de 850 euros net par mois leur permettrait de poursuivre leurs études sans être obligé de travailler. Elle compterait plusieurs ­niveaux en fonction de l’attribution d’un logement ou non, des ressources des étudiants… À défaut, elle pourrait être plus importante. Son financement doit reposer sur deux sources : une nouvelle cotisation sociale et une part du budget de l’État. C’est aussi inciter les entreprises à embaucher ces jeunes, puisqu’elles auront contribué à financer leur formation".
L'Humanité, 2 septembre 2021
 
I.D
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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 05:11

Ouest-France

REPORTAGE. « C’est plus facile de discuter » : à Morlaix, les élus donnent la parole aux quartiers

Les élus de Morlaix (Finistère) étaient à la Vierge-Noire, ce mercredi 1er septembre 2021. Autour d’un café et d’une crêpe, ils ont rencontré les riverains, pour améliorer leur quotidien. Moins intimidant qu’en mairie.

Laëtitia Tosser, adjointe au maire à la vie citoyenne, lors de la rencontre avec les habitants du quartier de la Vierge-Noire, à Morlaix (Finistère).

 

Laëtitia Tosser, adjointe au maire à la vie citoyenne, lors de la rencontre avec les habitants du quartier de la Vierge-Noire, à Morlaix (Finistère). | OUEST-FRANCE

« Bonjour le quartier ! » salue Nelly en agitant la main à une tête familière. À peine arrivée devant le centre social Carré-d’As, on propose à cette riveraine une crêpe, un café. L’ambiance se veut chaleureuse pour faciliter la discussion sur le plateau haut de la Vierge-Noire, à Morlaix (Finistère).

Un quartier en pleine mutation, avec la réhabilitation des tours d’Armorique habitat. Une trentaine de logements – du T3 au T4 – seront livrés en fin d’année. À terme, « 80 appartements familiaux seront refaits », confirme Jean-Paul Vermot, maire.

« Il faut que ce soit informel »

Une fois les estomacs remplis et les soifs étanchées, les langues peuvent enfin se délier. À l’accueil de cette rencontre insolite imaginée pendant la crise sanitaire, des élus de la Ville. Exit les conseils, bonjour les paroles de quartier ! « Avec le Covid-19, on ne pouvait plus organiser de réunions en intérieur, expose Laëtitia Tosser, adjointe au maire à la vie citoyenne. Mais les habitants ont besoin de nous voir, et on peut améliorer leur vie quotidienne. Il faut que ce soit informel. La vertu de cette formule, c’est la communication », poursuit l’adjointe, des questionnaires en main.

Gisèle et Nelly, deux habitantes du quartier de la Vierge-Noire, venues pour exposer leurs problématiques quotidiennes. | OUEST-FRANCE

Elle en distribue aux plus timides. Ceux qui n’osent pas parler directement avec les élus. Ceux qui ne se sentent pas légitimes. Qui sont plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral. Et enfin, ceux pour qui le déplacement à la mairie peut impressionner. « C’est plus facile de discuter ici », reconnaît Gisèle, qui habite une maison située sur le coteau.

Si elle apprécie vivre non loin de la piscine de La Boissière, des commerces et des services, la retraitée a un souci qui entache son quotidien. « L’impasse où je vis n’est pas très large et, parfois, quand un voisin est stationné, je ne peux pas sortir ma voiture. J’en ai discuté avec les élus, et ils vont voir s’ils peuvent installer des plots. À suivre », sourit-elle.

Nelly, qui saluait ses connaissances un peu plus tôt, est venue pour autre chose : « J’aimerais qu’on élague les arbres de mon allée. Ils sont trop hauts et bouchent les gouttières et la lumière. »

Et pour les problèmes sans solution ?

Le système a cependant ses limites. Parfois, les élus se heurtent à des problèmes qui ne sont pas de leurs ressorts. À l’image d’un riverain, excédé par les incivilités autour des poubelles, qui génèrent des mouches chez lui. « Les déchets sont la compétence de Morlaix Communauté, reconnaît Laëtitia Tosser. Mais on peut transmettre les informations, être un relais. »

C’était une promesse électorale : inviter les citoyens dans la démocratie, le débat public. Encore faut-il attirer les gens. « Notre première réunion à Ploujean était un vrai succès, il y avait une cinquantaine de personnes », se félicite Jean-Paul Vermot. Ils étaient bien moins ce mercredi 1er septembre 2021, à la Vierge-Noire. Mais les échanges étaient là.

Vendredi 3 septembre 2021, prochaines réunions à Troudousten, à l’entrée du parking de la salle municipale, de 17 h à 18 h 30 ; et à La Madeleine, parking Pors-ar-Bayec, de 18 h 30 à 20 h.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/reportage-c-est-plus-facile-de-discuter-a-morlaix-les-elus-donnent-la-parole-aux-quartiers-f733de4e-0b1d-11ec-9369-6ccd10e51314

Très belle expérience de "Paroles aux quartiers" ce 3 septembre à Troudousten puis à la Madeleine (Pors-ar-Bayec), après la Vierge Noire mercredi et Ploujean le 31 août. Plus d'une centaine de morlaisiennes et morlaisiens rencontrés en quelques jours: beaucoup d'attentes, de propositions concrètes et ciblées pour améliorer la vie collective au quotidien (circulation, propreté, sécurité, voirie, espaces verts, convivialité et vie sociale...), de problèmes remontés, un contact vivant et convivial avec les habitants. Un immense merci aussi au centre social Carré d'as, sa salariée et ses bénévoles qui nous accompagnent avec caravane, crêpes, et boissons, comme aux habitants qui sont venus rencontrer des dizaines d'élus morlaisiens mobilisés depuis la semaine dernière. Une équipe investie pour recueillir la parole des habitants et venir à leur rencontre.

Ismaël Dupont

 

Prochains "Paroles aux quartiers":

Mercredi 8 septembre, 17h-18h30: Cour de l'école du Poan Ben

Mercredi 8 septembre, 18h30-20h: Parvis de la Mairie

Vendredi 10 septembre, 17h-18h30: La Boissière, près du Skate Park

Vendredi 10 septembre; 18h30-20h: Kerfraval, devant l'école Jean Piaget

Mercredi 15 septembre, 17h30-19h: Kerneguès, cour de l'ancien lycée Tristan Corbière

Vendredi 17 septembre, 17h30-19h: Pôle Gare-Gambetta, Parvis de la gare

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4 septembre 2021 6 04 /09 /septembre /2021 04:44
Hommages au compositeur communiste et anti-fasciste grec Mikis Theodorakis, décédé le 2 septembre 2021
Disparition. Mikis Theodorakis, une vie comme une odyssée
Vendredi 3 Septembre 2021

L’immense compositeur grec est mort à 96 ans. Résistant face au nazisme puis face aux colonels, engagé politiquement, il fut un compositeur prolifique qui a écrit des centaines d’opéras, d’oratorios, de musiques de chambre ou de variété.

 

Sa vie est une odyssée peuplée de tempêtes, de fantômes, de pièges et de lumières. Devant l’immensité de son œuvre, protéiforme, impressionnante, devant son engagement politique, on ne peut que s’incliner devant un homme, un artiste qui, contre vents et marées, a redonné à son pays, la Grèce, la place qui lui revient dans le concert des nations.

Une vie orchestrée avec fougue

Mikis Theodorakis a été de tous les combats, orchestrant sa vie avec cette fougue, cette joie que l’on retrouve dans ses musiques. Jamais dans la demi-mesure, toujours dans l’éclat d’un opéra, d’un oratorio, d’une symphonie où les percussions rythment des mélodies d’une richesse musicale infinie. Il est Zorba, cet homme qui au bout du désespoir danse le sirtaki sur une plage en ruines parce que « l’homme doit avoir un grain de folie, ou alors il n’ose jamais couper les cordes et être libre ». C’est Zorba qui lance cette phrase à son jeune ami anglais dans le film de Michael Cacoyannis. Peu de monde se souvient de l’histoire mais la mémoire populaire a retenu cette scène finale où Zorba, Anthony Quinn, apprend à son compagnon d’infortune à danser le sirtaki, une danse qui n’existait pas et spécialement créée pour le film. Les deux hommes se tiennent par les épaules et entament une danse de tous les diables pour conjurer leur échec et défier la fatalité. Zorba est Mikis. Mikis est Zorba. Une espèce de folie, une soif d’écrire et de composer, de diriger les plus grandes formations symphoniques du monde, des chœurs majestueux, comme d’écrire, avec la même passion, des chansons populaires inspirées du folklore de son pays.

Écoutez la musique de Serpico, le film de Sidney Lumet réalisé en 1973. Écoutez Alone in the Apartment… Un vieil air de jazz new-yorkais joué par un orchestre de bal fatigué, un peu comme Serpico (Al Pacino). Écoutez, regardez, observez sa direction du Canto General, cet immense poème épique de quinze mille vers écrit par Pablo Neruda qui raconte l’histoire de l’Amérique latine joué à Santiago du Chili en 1993. Mikis, la chevelure grise en bataille, dirige avec un plaisir contagieux cet oratorio. Celui-là même qu’il avait dirigé sur la grande scène de la Fête de l’Humanité en 1974, soit un an après le coup d’État militaire de Pinochet au Chili. Peut-être existe-t-il des images de ce moment, qui sait… Ceux qui y étaient s’en souviennent.

On ne peut dissocier l’artiste de l’homme politique. Alors qu’il donne son premier concert à l’âge de 17 ans, il s’engage, dans un même mouvement, dans la résistance contre le nazisme. Nous sommes en 1941. Un an après, Theodorakis est arrêté une première fois, torturé mais parvient à s’échapper. À la Libération, il est de tous les combats contre les royalistes grecs. Sauvagement battu lors d’une manifestation populaire en 1946, il sera déporté deux fois à l’île d’Ikaria puis transféré dans un « centre de rééducation » sur l’île de Makronissos. Il survivra aux pires châtiments et parviendra à sortir vivant de cet enfer à ciel ouvert.

À Paris, il suit les cours de Messiaen au conservatoire

En 1950, il obtient ce que les occupations allemande et italienne l’avaient empêché d’obtenir, son diplôme en harmonie, contrepoint et fugue. Il a déjà composé une dizaine de musiques de chambre, fondé son premier orchestre et créé, à Rome, son ballet Carnaval grec en 1953. Un an après, il s’installe à Paris, suit les cours d’Eugène Bigot pour la direction et Messiaen pour la composition au conservatoire. Ses musiques de ballets, les Amants de Teruel, le Feu aux poudres et Antigone, sont auréolées de récompenses.

Au total, il signera les bandes originales de plus d’une trentaine de films et autant pour le théâtre, des centaines de mélodies sur des textes de poètes tels que Georges Séféris, Iakovos Kambanéllis, Yannis Ritsos, Federico Garcia Lorca et, plus tard, Pablo Neruda…

Des « chansons populaires savantes »

Il retourne en Grèce en 1960 avec le projet de composer des « chansons populaires savantes » pour s’adresser au plus grand nombre. Compositeur prolifique et flamboyant, reconnu, admiré par ses pairs, croulant sous les récompenses, Mikis fut longtemps communiste ou compagnon de cœur et de route, on ne sait plus, ardent patriote, au sens noble du terme, pour défendre la Grèce face aux royalistes puis aux colonels qui voulaient faire main basse sur le pays. Toujours debout face à une Europe méprisante à l’égard de son pays, de son histoire.

Ces dernières années, il s’était éloigné des communistes, puis de la gauche, s’était retrouvé ministre dans un gouvernement de coalition avec la droite. Il fut accusé d’antisémitisme pour ses prises de position en faveur du peuple palestinien, accusations instrumentalisées quelques années après en France par une droite revancharde. Le 27 juin 2012, l’Humanité publia un texte où il récusait avec fermeté ces accusations.

Ces derniers temps, malade, il vivait retiré de la vie publique, souvent hospitalisé. Il nous reste ses musiques, des milliers de partitions écrites par un homme révolté, un génie musical qui aura consacré toute sa vie à la musique, à la liberté.

Le 20ème siècle perd aujourd’hui l’une de ses plus belles figures. En près d’un siècle d’existence, Mikis Theodorakis en aura été l’une des balises, un combattant de tous les instants, un créateur inépuisable et largement estimé à travers le monde.

Jeune combattant antifasciste dans les rangs des partisans communistes de la résistance grecque à l’occupant nazi et fasciste, il fut arrêté et torturé pendant la seconde guerre mondiale, puis une nouvelle fois atrocement mutilé pendant la guerre civile par les forces monarchistes armées par la Grande-Bretagne.  Parallèlement, et non sans courage et abnégation, il entame des études de musique qui le porteront plus tard au firmament des compositeurs européens.

La fin de la guerre civile lui offre l’occasion de parfaire son apprentissage de la musique, à Paris où il observe et apprend des avant-gardes artistiques. S’ouvre alors une riche période artistique faite de rencontres, des compositions originales, symphoniques, concertantes, de scène et chambristes, et d’inoubliables musiques de films. Theodorakis le Grec se replonge dans le folklore national et en tire une nouvelle manière de composer, offrant au monde tout un héritage musical et mettant en musique les vers de Yannis Ritsos et Odysséas Elýtis, poètes majeurs de la littérature mondiale.

Il fait une nouvelle fois l’expérience de la clandestinité lorsque les colonels grecs instaurent une dictature fascisante en 1967. Il deviendra une nouvelle fois le porte-parole de la résistance grecque à travers le monde, sillonnant scènes et pays pour partager ses créations artistiques inspirées par la tragédie que vivait son peuple et organiser la solidarité internationaliste. Nous avons eu, à cette époque, l’honneur de le compter à plusieurs reprises à la Fête de l’Humanité où il proposait à un public populaire des œuvres exigeantes. Il recevait en échange, et avec lui l’ensemble de ses camarades grecs, la solidarité indéfectible de tout un peuple militant.

Jusqu’à récemment, l’homme, entier et parfois provoquant, ne lésinait sur aucun engagement pour un monde plus juste et fraternel, luttant fermement contre l’asphyxie du peuple grec organisée par l’Union européenne et les institutions financières.

A l’image de nombre de ses contemporains, Mikis Theodorakis aura conjugué culture et engagement dans le sillon du mouvement communiste international. Il aura mis ses dons et sont talent au service des causes antifascistes, contre les dictatures d’extrême-droite couvées par les Etats-Unis dans le monde entier. C’est une conscience du siècle passé que nous pleurons aujourd’hui. Puissent son œuvre et son action lui survivre longtemps. 

Patrick Le Hyaric, directeur du journal L'Humanité, ancien député européen communiste

Piero Rainero, ancien adjoint PCF à Quimper et ancien secrétaire départemental du PCF Finistère, dans le Ouest-France du 3 septembre:

Piero Rainero livre un souvenir personnel d’un concert donné à Lavrio, cité grecque proche d’Athènes, à l’occasion de la construction du jumelage entre Quimper et Lavrio.

Une chorale finistérienne dirigée par Jean Golgevit interpréta Le Canto General, « magnifique ode à la liberté de Pablo Neruda mis en musique par Míkis Theodorákis. […] Au cours du concert, un vieux monsieur prit le micro et avec émotion nous relata son séjour avec Míkis Theodorákis dans le camp de concentration de l’île de Makronissos située juste en face du lieu où nous nous trouvions. C’était un des lieux où les colonels au pouvoir emprisonnaient leurs opposants, 80 000 communistes grecs y furent internés. […] Nous n’imaginions pas, nous dit en substance ce vieux monsieur, lorsque, enfermés dans ce sinistre camp, nous regardions les lumières du port de Lavrio, qu’un jour serait donné ici un tel concert, car la musique de Theodorakis était interdite en Grèce par la dictature des colonels. Un tonnerre d’applaudissements ponctua son propos. »

« Un lieu à Quimper au nom de Míkis Theodorákis »

« Ce vieux monsieur, ami de Míkis Theodorákis, nous fit l’honneur de dîner à notre table après le concert et remercia avec chaleur le chœur breton pour son interprétation du Canto General, et la municipalité de Quimper de l’époque, initiatrice de cette belle entreprise qui a perduré à travers le jumelage et la chorale.

Il serait légitime que Quimper garde la mémoire de ce grand artiste en donnant son nom à un lieu significatif de notre ville. »

Ouest-France, 3 septembre 2021

 

Mort du compositeur Míkis Theodorákis, l’adieu grec

 

 

Le musicien grec, figure de la gauche, infatigable défenseur de la démocratie et inventeur du sirtaki, est mort jeudi à 96 ans. Un deuil national de trois jours a été décrété par Athènes.

 

par Fabien Perrier - Libération

publié le 2 septembre 2021 à 17h46

 

S’il est un Grec dont la vie semble s’être confondue jusque dans sa chair avec l’histoire de son pays, c’est bien Míkis Theodorákis. Il n’est pas une manifestation de la gauche grecque qui se déroule sans que les haut- parleurs diffusent les compositions de ce musicien à la renommée internationale. Pas un meeting sans que soit reprise en chœur l’une de ses 1 000 mélodies. La moindre de ses sorties en public était guettée comme celle d’un dieu attendu de tous. Jeudi matin, le compositeur grec est mort à l’âge de 96 ans. Ses musiques, dont le sirtaki, ont conquis le monde entier. Par son parcours politique et ses faits de Résistance, cet homme de gauche, membre du Parti de la gauche européenne, s’est battu pour la démocratie en Grèce, tout en dénonçant sur la scène internationale les horreurs commises de façon répétée dans ce petit bout d’Europe. Son parcours mêlant intimement musique et engagement politique a été et reste une source d’admiration et d’inspiration pour une grande partie des Grecs. Míkis Theodorákis était, peut-être, le dernier héros grec.

 

 
   
 

 

 

L’homme semblait immortel : il avait survécu à la mise au ban et à la torture dans son pays. Né le 29 juillet 1925 dans une famille aisée, il apprend dès l’âge de 7 ans à chanter des hymnes byzantins de tradition ancienne puis, à 12 ans, il se met au violon et compose ses premières chansons. A 14 ans, il compose la Chanson du capitaine Zacharias en s’inspirant d’un texte du poète grec Nanos Valaoritis. La chanson devient l’hymne de la Résistance grecque quand le pays est envahi par les nazis. Míkis Theodorákis, qui suit en cachette des cours au conservatoire d’Athènes, est parmi les premiers à s’y engager.

Par deux fois, il est jeté en prison et torturé. Au contact de ses codétenus, le jeune homme découvre les théories marxistes et décide d’adhérer au Parti communiste. A la Libération, le pays sombre dans la guerre civile de 1946 à 1949. Sa lutte contre la prise de pouvoir par les contre-révolutionnaires lui vaut à nouveau d’être torturé et emprisonné. Lors d’une manifestation à Athènes au cours de laquelle la foule avait entonné la Chanson du capitaine Zacharias, il est tabassé, envoyé à la morgue et, alors que les journaux annoncent sa mort, ses camarades parviennent à le faire transférer à l’hôpital. Il survit, mais le passage à tabac lui laisse des séquelles comme la perte partielle de la vue. Malgré tout, il poursuit son engagement. Quand, en 1947, le Parti communiste grec est interdit, Míkis Theodorákis est déporté sur des îles prisons, notamment Ikaria, il découvre le rébétiko, la musique traditionnelle grecque. Et quand, en 1949, il refuse de signer une déclaration de repentir pour être libéré, il est transféré sur une autre île prison, Makronissos, où il est de nouveau torturé. Sur cette île, il entend chanter un autre détenu, Grigóris Bithikótsis, qui deviendra l’un de ses interprètes les plus fameux. Malgré les conditions de détention, il continue de travailler la musique. «A tous les moments difficiles de mon existence, la musique a frappé à ma porte, elle est entrée et a ravi la moitié de moi-même.

L’autre moitié restait parmi les hommes et leurs immondices. Il fallait

soutenir le regard de la violence, ne pas fléchir devant tant de laideur», livre- t-il dans le premier tome de son autobiographie, les Chemins de l’archange (1989). Il fait d’ailleurs de la musique un véritable acte de Résistance en enseignant le solfège à ses camarades, organisant une chorale et composant une symphonie qui est interprétée devant les autres détenus. Après sa libération, il réussit le concours final du conservatoire d’Athènes en 1950.

 

 
   

 

 

 

Musique et politique imbriquées

En 1954, le miraculé obtient une bourse d’études pour étudier au conservatoire de Paris, où il suit les cours d’Eugène Bigot et d’Olivier Messiaen. Il revisite alors la musique sérielle en adjoignant de nombreux éléments de la musique traditionnelle grecque, notamment en prenant «le meilleur du rébétiko, de notre musique populaire, pour le transmuer dans un genre nouveau digne à tout point de vue du peuple grec», explique-t-il. Sa musique devient également un moyen de rendre accessible, à travers ses chants, la littérature grecque des XIXe et XXe siècles ou d’autres poètes grecs tels qu’Odysséas Elytis, Georges Séféris, ou encore Yánnis Rítsos.

En s’inspirant de la musique classique et en y mêlant les airs folkloriques comme les instruments traditionnels grecs, notamment le bouzouki, Míkis Theodorákis renouvelle progressivement la musique populaire. Mais ce sont, sans doute, ses compositions de bandes originales qui lui donneront une aura internationale. Et encore, musique et politique sont étroitement imbriquées, comme en témoigne le film de Costa-Gavras, tiré de Z, le livre de Vassílis Vassilikós. Le récit porte sur l’assassinat du député de la Gauche démocratique grecque unifiée (EDA), Grigóris Lambrákis. Theodorákis fut l’un de ceux qui ont veillé à son chevet en 1963. Il fonde ensuite la Jeunesse démocratique Lambrakis, qui deviendra alors la plus forte organisation politique du pays. Enfin, il composera, en 1969, la musique du film Z. Il est aussi l’auteur de la musique des Amants de Teruel interprétée par Edith Piaf, en 1962. En France, Míkis Theodorákis est aussi rendu célèbre grâce aux traductions et interprétations de ses chansons par un autre Grec, originaire d’Egypte : Georges Moustaki.

Parallèlement, le compositeur génial et frénétique poursuit ses activités politiques. En 1964, il est élu député sur le siège auparavant occupé par Lambrákis. La même année, il crée le sirtaki, perçu aujourd’hui comme un air traditionnel grec. Il s’agit pourtant d’une musique inventée en 1964 pour le film Zorba le Grec, réalisé par Michael Cacoyannis. Cette danse est inspirée par deux rythmes folkloriques : le hassapiko et le sirtos chaniaotikos. Elle diffuse un idéal de liberté et une joie de vivre qui font d’elle, au final, l’incarnation de la danse grecque. Elle révèle définitivement Míkis Theodorákis au grand public.

Retour triomphal

Mais pour ce progressiste, une nouvelle fois, l’horreur arrive : en 1967, les colonels s’emparent du pouvoir et font régner la dictature pendant sept ans. Sa musique est interdite par le gouvernement grec sous peine de poursuite pénale. Quant à l’artiste, entré dans la clandestinité, il est déporté au camp de concentration d’Oropos. Il doit son exil à une campagne de solidarité impulsée par les compositeurs Dmitri Chostakovitch et Leonard Bernstein, le dramaturge Arthur Miller ainsi que de nombreuses personnalités politiques, comme Jean-Jacques Servan-Schreiber qui le ramène en France. Depuis Paris, il combat la junte en créant le Conseil national de la Résistance (EAS). A la même époque, il rencontre Pablo Neruda dont il met en musique le Canto general, en 1971. Ainsi, il donne un nouvel écho à l’hymne à la liberté des peuples d’Amérique du Sud tout en traçant un parallèle avec la nécessité, pour le peuple grec, de se libérer d’un pouvoir dictatorial. Le Canto general est en tournée pendant trois ans, et produit dans 18 pays. Un orchestre populaire, mêlant bouzoukis, guitares, pianos, percussions, accompagne les vers en espagnol, dans une fusion culturelle qui porte également un message politique : la nécessité d’unir les forces opposées à la dictature. Ce message, Theodorákis le répète dans des conférences et lors de ses rencontres avec les leaders politiques.

Le 17 novembre 1973, l’histoire s’accélère en Grèce : les étudiants de l’école polytechnique sont dans la rue. Dimitris Papachristos, voix de la radio de polytechnique à l’époque et figure emblématique de la gauche grecque, se souvient : «Les chars étaient près de l’école polytechnique. Il y avait des morts dans les affrontements. Quelqu’un a éteint les lumières, par erreur. J’ai cru que l’armée était entrée dans l’établissement. Alors j’ai chanté l’hymne national et j’ai terminé l’émission en disant : “La lutte continue, chacun avec ses armes.” Puis j’ai mis une chanson de Míkis Theodorákis.» Le 24 juillet 1974, la dictature tombe en Grèce ; Míkis Theodorákis est accueilli triomphalement dans son pays. De retour, l’ex-exilé peut mesurer sa notoriété : «Nous voulions aller dans sa maison près de Corinthe, mais sur la route, les gens le reconnaissaient, l’arrêtaient, lui parlaient. Et nous, nous aidions à descendre les panneaux des colonels», raconte Laokratia Lakka, militante de la gauche grecque et amie de la famille Theodorákis. En octobre de la même année, il donnera des concerts devant plus de 80 000 personnes. Incontestablement, il est devenu un héros grec.

Chantre de la «grécité»

Dès lors, la figure tutélaire des résistances reprend son engagement sur la scène politique nationale tout en conservant une stature de figure internationale. En 1977, il compose même, pour le Parti socialiste français, la musique de l’hymne du Congrès de Nantes. En 1981, il est élu député du KKE, le Parti communiste grec ; il le reste jusqu’en 1986.

 

Régulièrement, ses positions lui valent de violentes critiques et Paris apparaît pour lui comme un refuge. Malgré tout, Míkis Theodorákis multiplie les prises de parole en public et poursuit la composition, ce qui fait de lui un chantre de la «grécité» sur le plan musical et politique.

 

 D’ailleurs, quand la crise grecque éclate, en 2010, il lance un nouveau mouvement politique, Spitha («l’Etincelle»). Il multiplie les meetings en Grèce, très suivis. En 2012, il est blessé par des gaz lacrymogènes lors d’une violente manifestation devant le Parlement d’Athènes. En 2018, quand le gouvernement d’Aléxis Tsípras trouve un accord avec la République de

Macédoine voisine, Míkis Theodorákis le dénonce… Lui qui avait pourtant soutenu le Premier ministre de la gauche grecque en 2015. «Míkis a apporté de la lumière à nos âmes. Il a marqué avec son œuvre la vie de ceux qui ont choisi la route de la démocratie et de la justice sociale», a partagé sur les réseaux sociaux Aléxis Tsípras.

 

Un deuil national de trois jours a été déclaré en Grèce par le Premier ministre, Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie, droite). Mais il n’y aura pas de funérailles nationales. Ultime engagement de Míkis Theodorákis : c’est le KKE qui l’enterrera à La Canée, en Crête, ville de naissance de son père. Pour la chanteuse grecque Haris Alexiou, c’est un «adieu à un dieu, à un siècle de Grèce».

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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 05:50

 

Nouveau service public de l’emploi, revenu étudiant de 850 euros net, grand plan pour l’éducation… À l’occasion de la sortie de son livre, Ma France, le candidat du PCF à la présidentielle détaille le « pacte » qu’il propose à la jeunesse.

Dans son premier livre, intitulé Ma France et ­publié ce jeudi (le Cherche midi, 16,50 euros), Fabien Roussel invite la nouvelle génération à passer un « pacte » et formule une série de propositions pour en finir avec la précarité. Le prétendant du PCF à l’Élysée refuse de s’aligner sur les quelques mesurettes brandies face aux jeunes et remisées au placard sitôt le scrutin clos. Entretien.

Dans votre ouvrage, vous hissez la jeunesse au rang de priorité. Lors de précédentes présidentielles, nombre de candidats lui ont fait des promesses. En quoi votre démarche se veut différente ?

Fabien Roussel On a entendu les promesses, mais on voit surtout dans quel état nos jeunes étudient et la précarité qui les touche. Un sur cinq est au chômage. Et la crise a accentué leurs difficultés. Il ne s’agit pas juste d’aligner quelques mesures, mais d’élaborer un plan sur plusieurs années qui leur ­garantisse de pouvoir se former et leur donne la possibilité de participer pleinement à la reconstruction du pays face aux urgences écologiques et sociales. C’est pourquoi je propose de passer un pacte avec la jeunesse. Je souhaite qu’il y ait des milliers de rencontres dans les villes, les villages, sur les lieux de travail, non seulement avec les jeunes, mais aussi les actrices et les acteurs de l’éducation, les élus locaux, les syndicats, les associations… et au printemps nous en rendrons compte et nous formaliserons ce pacte écrit à des milliers de mains.

Face à la précarité et au chômage amplifiés par la pandémie, vous dénoncez les dispositifs existant comme la garantie jeunes, que mettez-vous sur la table ?

Fabien Roussel Les réponses du gouvernement se résument à des coups de pouce, du saupoudrage. La garantie jeunes qu’il veut développer, c’est 497,50 euros sous condition et « apprenez à survivre avec ça ». C’est ­indécent de la part d’un président qui a tout fait pour que les premiers de cordée et les grandes fortunes s’enrichissent. Les jeunes sont méprisés. Nous voulons tout l’inverse. Avec la création d’un nouveau service public de l’emploi, je veux un travail, ou une formation, garanti pour chacun de nos 800 000 jeunes qui sortent de l’école chaque année, assorti d’un salaire correspondant à leur diplôme. Ce ne sont pas les besoins qui manquent dans le public comme dans le privé. D’un côté, nous avons besoin de médecins, de chercheurs, d’ingénieurs, de métallurgistes, d’ouvriers… De l’autre côté, la jeunesse regorge de forces vives et ne demande qu’à être utile pour la société. Les jeunes ne doivent plus être une variable d’ajustement, mais un levier pour nous permettre de vivre mieux et de progresser. Nous devons planifier les besoins de personnel dans les services publics. C’est pourquoi nous voulons mettre en place des plans de prérecrutements.

Et dans le privé, comment contraindre les entreprises à des embauches en CDI et ­correctement rémunérées ?

Fabien Roussel Le gouvernement met sur la table annuellement – hors crise – 140 milliards d’euros d’aides publiques, dont les deux tiers vont aux plus grosses entreprises. Cet argent public, voire le crédit bancaire accordé aux grandes multinationales, doit être conditionné à la création d’emplois, à de la formation, à la relocalisation de l’activité. Est-il normal qu’un ingénieur diplômé se voit proposer des salaires à 1 800 euros net après cinq ans d’étude ? Et ils ne sont pas les plus mal lotis. Les patrons ont beau jeu de se plaindre que les Français ne ­répondent pas aux offres d’emploi, est-ce qu’ils les proposeraient à leurs propres ­enfants ? Le monde économique a une responsabilité importante et il doit s’engager. J’invite d’ailleurs Geoffroy Roux de Bézieux à en débattre avec moi.

Vous défendez l’idée d’un « revenu étudiant de 850 euros », pourquoi ce choix qui coûterait, selon vos estimations, de 20 à 23 milliards ?

Fabien Roussel C’est donner les moyens de l’autonomie à chaque jeune. Une allocation de 850 euros net par mois leur permettrait de poursuivre leurs études sans être obligé de travailler. Elle compterait plusieurs ­niveaux en fonction de l’attribution d’un logement ou non, des ressources des étudiants… À défaut, elle pourrait être plus importante. Son financement doit reposer sur deux sources : une nouvelle cotisation sociale et une part du budget de l’État. C’est aussi inciter les entreprises à embaucher ces jeunes, puisqu’elles auront contribué à financer leur formation.

Quid alors de l’extension du RSA aux moins de 25 ans défendue par les organisations de jeunesse et que le gouvernement refuse ?

Fabien Roussel Nous soutenons le RSA jeunes mais pour répondre à l’urgence immédiate, le temps de créer ces filières, de réindustrialiser, d’ouvrir ces prérecrutements… Mon ambition pour le pays, ce n’est pas de proposer le RSA comme horizon aux jeunes : 584 euros pour lesquels la droite voudrait en plus qu’ils bossent. Nous souhaitons redonner du sens au travail, répondre aux immenses besoins de la société, sortir d’un système d’accompagnement du chômage.

La rentrée scolaire démarre ce jeudi. Vous proposez d’investir 5 milliards de plus par an pour l’école publique, où irez-vous les chercher et à quoi seraient-ils consacrés ?

Fabien Roussel La crise sanitaire a révélé et accentué la crise de notre école. Le gouvernement n’a rien fait pour protéger les enfants et les personnels de ses conséquences. Pire, la rentrée va se faire avec 1 800 postes d’enseignants en moins dans nos collèges et lycées. En quatre ans, 7 500 postes ont été supprimés. Et le gouvernement profite de la crise pour casser le bac et avancer vers une éducation à plusieurs vitesses. Il faut inverser ces logiques pour donner à la France la jeunesse la mieux formée. Il faut mieux reconnaître le métier d’enseignant en revalorisant les salaires autrement que par une prime. Du CP à la terminale, les classes ne doivent pas compter plus de 20 à 25 élèves. Cela nécessite de construire des établissements et de prérecruter 90 000 enseignants. Je propose aussi d’allonger le temps passé à l’école à 32 heures par semaine. Plus de temps pour apprendre en classe, c’est plus de temps pour donner du sens aux apprentissages, varier les activités, résoudre les difficultés… et c’est aussi une manière de libérer le reste du temps, d’en finir avec les devoirs pour mettre tous les enfants sur un pied d’égalité. Alors je le dis clairement : il faut augmenter le budget de l’État. Celui de l’éducation nationale doit passer de 55 milliards à 80 milliards en l’espace de cinq ans. Le gouvernement Macron a fait un cadeau de 20 milliards par an au capital, je propose de les récupérer et d’en consacrer 5 à l’école.

Emmanuel Macron est depuis mercredi à Marseille, après les drames liés au trafic de drogue. C’est une réalité à laquelle une partie de la jeunesse est confrontée, que lui dites-vous ?

Fabien Roussel Si on veut offrir des jours heureux aux jeunes dans toute la France, les grandes villes, les banlieues comme la ­ruralité, nous devons leur offrir les mêmes droits. À Marseille, il faut plus de moyens pour la justice, mettre en place une vraie police de proximité. Mais, face à ce fléau, ça ne suffira pas. Dans notre pacte, nous proposons un statut social pour nos jeunes qui, à partir de leurs 18 ans, leur garantira les mêmes droits au logement, aux transports, au sport et à la culture, à la santé… Nous voulons pour cela créer partout des maisons pour la jeunesse avec de nouveaux moyens. C’est la mission de la République 

 

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