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8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 18:24
Enzo de Gregorio (photo Eugénie Cazaux)

Enzo de Gregorio (photo Eugénie Cazaux)

Enzo de Gregorio et Gladys Grelaud (photo Eugénie Cazaux)

Enzo de Gregorio et Gladys Grelaud (photo Eugénie Cazaux)

Manif de la jeunesse à Brest (photo Eugénie Cazaux)

Manif de la jeunesse à Brest (photo Eugénie Cazaux)

Macron, rends l'avenir !" : Nous étions ce midi mobilisé·es afin de réclamer des mesures fortes pour les étudiant·es, les lycéen·nes, l'emploi des jeunes ✊ Il y a urgence ! 🚨 #generationsacrifiee #8avril

"« Beaucoup ont perdu leur job d’étudiants, et peinent même à se nourrir », dénonce Enzo de Grégorio, secrétaire départemental des jeunes communistes. « On réclame au gouvernement une hausse des bourses et la mise en place du RSA (Revenu de solidarité active) pour les jeunes de moins de 25 ans, qu’ils puissent être autonomes et étudier dans de meilleures conditions. »"

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 19:05
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Rassemblement de soutien à Matthieu Guillemot cet après-midi, 7 avril, à Carhaix.
Pierre-Yves Thomas a pris la parole pour exprimer la position et le soutien du PCF.
 
Article du Télégramme,
 
Intervention de Pierre-Yves Thomas pour la section du PCF et quelques photos
 
À Carhaix, près d’une centaine de personnes ont manifesté leur soutien, ce mercredi 7 avril, à l’ancien conseiller municipal et militant NPA Matthieu Guillemot, suite à sa convocation par la gendarmerie.
Ils étaient près d’une centaine de manifestants devant la gendarmerie, à partir de 14 h 30, ce mercredi. L’ancien élu et militant NPA Matthieu Guillemot a été le premier à prendre la parole. (Le Télégramme/Jean-Noël Potin)
Ils étaient près d’une centaine à l’heure convenue, devant la gendarmerie, rue de Kerniguez, à Carhaix. Tous venus apporter un soutien « sans équivoque » à l’ancien conseiller municipal Matthieu Guillemot. Rappelons que ce dernier a reçu, samedi 3 avril, une convocation à se présenter ce mercredi à la brigade. Une convocation obtenue au lendemain de la manifestation à laquelle il avait participé devant la mairie, vendredi, dernier, à l’occasion de la visite du préfet. La suite lien ci-dessous
Intervention de Pierre Yves Thomas pour la Section de Carhaix Huelgoat du PCF au Rassemblement du 7 avril 2021 devant la gendarmerie de Carhaix.
La section PCF de Carhaix-Huelgoat a tenu à apporter son soutien à Matthieu sans équivoque.
C’est au lendemain de l’accueil que nous avions réservé à M. le Préfet que cette convocation a eu lieu. Pour nous cela n’est pas le fait du hasard.
L’objet de la convocation, par téléphone, bien que floue selon les interlocuteurs, n’est qu’un prétexte d’intimidation. Les communistes dénoncent un harcèlement politique et policier envers Matthieu.
La section PCF constate qu’il y a plus de clémence à propos de la décision de non-lieu concernant Richard FERRAND et l’affaire des Mutuelles de Bretagne et la résurgence d’une affaire que tout le monde pensait oubliée deux ans après.
Rappelons que l’enquête n’avait rien donnée, il est donc plus que bizarre que cette histoire soit prise pour motif.
Le représentant de l’État n’a sans doute pas apprécié l’accueil que nous lui avons réservé la semaine dernière. Bien qu’ému, presqu’aux larmes dans la salle du Conseil qu’il a connu il y a quelques décennies, il n’hésite pas à brandir le bâton contre Matthieu.
Cette attitude est dans la droite ligne d’un autoritarisme ambiant qui entend museler toutes formes d’expression qui irait à l’encontre du discours Macroniste.
La section PCF de Carhaix-Huelgoat ne peut rester indifférente et ne restera pas sans dénoncer une politique qui bâillonne et qui réprime.
De l’autoritarisme à la dictature il n’y a qu’un pas que nous ne laisserons pas franchir. La démocratie et la liberté d’expression sont des biens trop précieux pour les laisser attaquer sans rien dire.
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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 19:00
Interview d'Helene Derrien, du comité de défense de l'hôpital de Concarneau, dans le Ouest-France, 7 avril: l'hôpital n'est pas une entreprise! Journée européenne contre la marchandisation de la santé.

Interview d'Helene Derrien, du comité de défense de l'hôpital de Concarneau, dans le Ouest-France, 7 avril: l'hôpital n'est pas une entreprise! Journée européenne contre la marchandisation de la santé.

Interview d'Helene Derrien, du comité de défense de l'hôpital de Concarneau, dans le Ouest-France, 7 avril: l'hôpital n'est pas une entreprise! Journée européenne contre la marchandisation de la santé.

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 08:49

 

S'appuyant sur de nombreux témoignages de soignants (médecins, infirmièr.e.s, aides-soignant.e.s...) et aussi sur des documents officiels (comptes des hôpitaux, rapports de la Cour des comptes, de l'Assemblée nationale ou du Sénat), l'ouvrage révèle la réalité d'un système de santé aujourd'hui très en difficulté, particulièrement après la pandémie du covid-19. S'il plaide en faveur de la réhabilitation du système de santé publique, il insiste surtout sur la nécessité de le réformer. Pour ce faire, il avance une série de propositions afin de recréer un cercle vertueux, en reliant le financement de la santé publique à l'activité des entreprises et à la création des emplois.

 

 

Voici le compte-rendu fait de ce livre "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé" par le site Internet "Hospitalia", Le magazine de l'innovation hospitalière.

https://www.hospitalia.fr

ACTU

Pierre Ivorra publie "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé"

Rédigé par Rédaction le Jeudi 18 Mars 2021 à 09:34 | Lu 273 fois

Pierre Ivorra publie "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé"

De la grève illimitée des services d’urgences à la crise sanitaire, en passant par le Ségur de la santé, notre hôpital à bout de souffle fait la une de l’actualité chaque jour ou presque, au titre de ses multiples dysfonctionnements, hautement médiatisés.

Crise de moyens et de finalité, exacerbation des inégalités d’accès aux soins, détresse de personnels accablés par le sous-effectif et le manque de reconnaissance, flot­tement des positions gouvernementales : les symptômes comme les causes du perpétuel burn out agitent le débat public et tendent le climat social, sans que les solutions mises en œuvre viennent à bout de ses difficultés chroniques.

Creuset de solidarités, pilier d’un système public de santé lui-même au cœur des préoccupations de nos compatriotes, l’hôpital congestionné contribue pourtant à sous-tendre la cohésion nationale dans un contexte démographique exigeant, entre popula­tion vieillissante et taux de natalité encore élevé.

S’appuyant sur de nombreux témoignages de soignants et fort de l’analyse de documents officiels, Pierre IVORRA dresse un état des lieux global, à certains égards accablant, au plus près des réalités.

Il revient au passage sur l’histoire de l’hôpital public, depuis sa création en 1941, s’attardant sur les politiques d’austérité qui se sont enchaînées depuis quatre décennies et les options qui ont progressivement dégradé ses capacités.

Réfutant l’idée selon laquelle l’hôpital serait une entreprise comme les autres, censée générer du profit, Pierre IVORRA propose des pistes de réformes centrées sur l’amélioration de la gestion des ressources. Il s’attache ainsi à formuler un programme concret de réhabilitation, à court et moyen terme, visant à recréer un cercle vertueux reposant sur le lien entre financement de la santé publique, activité des entreprises et création d’emplois.

Un essai édifiant autant que constructif, en même temps qu’un plaidoyer engagé pour une pérennisation de l’hôpital.

Philosophe de formation, Pierre IVORRA devient jour­naliste et se spécialise en économie. Il exerce ensuite du­rant dix ans le métier d’analyste financier. Il est actuelle­ment chroniqueur économique à L’Humanité.

> Pierre IVORA, "Soigner l'hôpital. Des remèdes pour sauver le système de santé", Éditions Eyrolles. 280 pages, 17,90 €

Sortie en librairie le 25 mars.

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 06:19
Enzo de Gregorio (MJCF) invité ce mercredi 7 avril à 18h en direct sur Radio U pour parler de la mobilisation jeune du 8 avril !
Retrouvez Enzo De Gregorio, demain à 18h en direct sur Radio U pour parler de la mobilisation jeune du 8 avril !
 

Depuis plus d’un an, le gouvernement n’a eu de cesse de nous mépriser. De mépriser la jeunesse française.

En 12 mois, bientôt 13, nous avons été accusés de tout. De propager le virus dans les bars et restaurants. De tuer nos grands-parents ou nos parents. Nous avons également été infantilisés, de nombreuses voire de très nombreuses fois. Un coup, pour des bonbons dans des amphis, un autre car nous ne serions pas capables de garder des masques.

Et pourtant, pourtant nous avons fait preuve de résilience, acceptant sans broncher les mesures, les unes après les autres. Voyant chaque semaine, nos espaces de liberté se réduire et notre précarité exploser. Depuis un an, nous avons arrêté pour beaucoup notre vie sociale et amicale, parfois au péril de notre santé mentale et psychique.

Nous nous sommes concentrés sur nos études et notre travail. Comme nous le demandais le gouvernement, nous sommes restés confinés. Durant l’été, nous nous sommes un peu relâchés, comme beaucoup de Français. Nous avons fait la fête, bu un peu et vu nos amis. Mais loin de la vie normale, loin de nos festivals habituels, tous annulés.

Et une nouvelle fois, nous avons été accusés de propager le virus, les bars, les restaurants ont été obligé de fermer. Nos vies sociale et amicale de nouveau restreinte. Avec cette fois ci un petit vent de colère. Tout cela n’aurait-il pas pu être évité si le gouvernement avait agi quand il le fallait ?

Alors en octobre, le gouvernement nous a reconfiné, il a fermé nos facs et laissé les lycées ouverts. Depuis cette date, beaucoup de choses ont changé.

Si les mesures sont sensiblement les mêmes, le ras-le-bol a gagné du terrain. Les mesures sont de moins en moins comprises et les jeunes deviennent de plus en plus hors la loi.

Qui aurait pu imaginer en 2019 écrire de tels mots pour parler de soirées ? de moments conviviaux entre amis ou camarades ? c’est pourtant le cas et notre vie chaque week-end.

Alors quand hier soir, le Président a de nouveau annoncé des mesures incompréhensibles, un vent de colère s’en abattu sur la jeunesse française. Un ras-le-bol criant.

Criant de désespoir, un désespoir de voir nos « meilleures années de nos vies » gâchées par un président orgueilleux. Le désespoir d’une génération, la génération covid comme nous sommes déjà appelés.

Nous voulons juste vivre. Vivre heureux, vivre ensemble, vivre joyeux.

Alors vite, vaccinons, libérons les brevets sur les vaccins. Pour qu’enfin, tout cela ne soit plus qu’un mauvais rêve.

Enzo de Gregorio, secrétaire départemental du MJCF 29

1er avril 2021

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 06:19
 Le 8 avril : Rassemblons-nous ! - Mouvement du 8 avril - Communiqué des organisations de jeunesse dont le MJCF 29
 
« Le 8 avril : Rassemblons-nous !
Le mardi 16 mars, plus de 200 jeunes ont défilé à Brest à l’appel de 8 organisations de jeunesse*. Un an après l’annonce du premier confinement, nous avons dénoncé avec force l’inaction du Gouvernement face à la situation catastrophique dans laquelle se trouve la jeunesse.
Depuis plus d’un an maintenant la situation des jeunes se dégrade. 22% des jeunes actifs sont actuellement au chômage, plus d’un étudiant sur six est en situation de décrochage, le retard scolaire ne cesse de s’accumuler, et des dizaines de milliers de jeunes sont obligés de se tourner vers des organismes de distributions alimentaires. La précarité de nos situations, couplée avec le manque de perspectives quant à notre avenir, plonge de plus en plus de jeunes dans une détresse psychologique.
Les mesures prises par le Gouvernement pour y répondre ne sont pas à la hauteur. Préférant créer des polémiques sur l’islamo-gauchisme ou bien l’UNEF. Et qui depuis le début de la pandémie n’a eu de cesse de nous infantiliser et vouloir créer une guerre intergénérationnelle.
Pour les étudiant·e·s si, les repas à un euro et l’aide ponctuelle de 150 euros pour les boursier·ère·s en décembre sont à saluer, ils ne permettent pas de sortir les étudiant·e·s de la précarité. De même, l’aide de janvier annoncée par Emmanuel Macron n’a jamais vu le jour et l’ouverture des discussions pour une réforme des bourses se fait toujours attendre.
Pour les lycéen·ne·s, la situation n’est pas plus enviable. Alors que nous faisons face à une crise éducative sans précédent, le Gouvernement continue la sélection à l’entrée de l’université. Avec la fin du caractère national du baccalauréat, car en contrôle continu, la sélection sera plus inégalitaire que jamais. Alors que les conditions d’études au lycée sont plus que jamais dégradées, le ministre de l’éducation fait le choix de supprimer 1800 postes de professeurs : en refusant d’investir dans le service public, c’est le quotidien au lycée et l’avenir de tous les élèves qui est bradé.
Pour lutter contre le chômage des jeunes, Jean Castex a lancé le plan “un jeune une solution” le 23 juillet dernier. Huit mois après, force est de constater que celui-ci ne fonctionne pas. Pire, en favorisant les CDD et les services civiques, il précarise encore davantage l’emploi des jeunes.
Malgré les mobilisations d’ampleur depuis plusieurs mois et le contexte inédit dans lequel se trouve la jeunesse, le Gouvernement refuse toujours d’écouter les revendications légitimes des organisations étudiantes, lycéennes et de jeunesse.
Face au mépris du Président de la République et du Gouvernement, nous sommes déterminé·e·s à nous faire entendre. C’est pour cela que nous appelons l’ensemble des jeunes à se rassembler le 8 avril prochain à 12h à la Faculté Segalen.
 
Nous demandons :
Pour les étudiant·e·s :
• Un plan d’urgence d’1,5 milliard d’euros contre la précarité étudiante débutant par une augmentation immédiate des bourses et des APL.
• La mise en place d’un filet de sécurité sociale pour l’ensemble des étudiant·e·s garantissant une protection sociale supérieure au seuil de pauvreté.
• L’embauche de personnels éducatifs, leur titularisation, la construction d’infrastructures pour rattraper le retard accumulé et faire face au décrochage.
• La mise en place d’un plan de retour à l’université pour la rentrée de septembre
2021.
Pour les lycéen·nes:
• La fin de Parcoursup et de toute plateforme sélective post-baccalauréat.
• La non pénalisation des stages non réalisés au lycée et dans le supérieur.
• Un plan de recrutement massif d’enseignant·e·s pour rattraper le retard.
Pour l’emploi des jeunes :
• L’ouverture immédiate du RSA pour les jeunes de moins de 25 ans en insertion.
• La suppression des contrats précaires pour tendre vers le CDI et la titularisation comme norme d’embauche.
• L’interdiction de toute rémunération en dessous du SMIC, même pour les services civiques, stages et apprentissages.
• Un plan de recrutement pour les jeunes dans la santé, l’éducation, les transports et l’énergie.
• La rémunération des stages minimum au SMIC dès la première heure travaillée.
 
*Jeunes Communistes (MJCF), Jeunes Insoumis-es, Jeunes Socialistes, Collectif des Jeunes de Bretagne (CJB), Union National Lycéenne (UNL), Une Alternative pour l’UBO, Confédération Nationale du Travail (CNT), West’Up »
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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:31

 

« De la ferme à la table » est le titre du projet de réforme de la Politique agricole commune que propose la Commission européenne pour la période de 2023 à 2027. Mais, dans leur « Green deal », les commissaires suggèrent de mettre 10 % des terres agricoles européennes en jachère. Ce qui favorisera l’importation d’une part croissante des aliments que nous consommons. Tel est le fruit toxique d’une longue connivence entre la Commission européenne et les lobbyistes potentiellement corrupteurs qui la conseillent en coulisse !

Par Gérard Le Puill

 

Nous évoquions dans l’article publié hier les contradictions du « Green deal » que l’on nomme aussi « Pacte vert européen » et qui doit guider la future réforme de la Politique agricole commune (PAC). Ce projet de réforme est appelé « De la ferme à la table », alors que le monde paysan préfère la formule plus parlante « De la fourche à la fourchette ». Cette réforme, pour être cohérente, impliquerait que l’on réduise la distance parcourue par les produits agricoles entre leurs lieux de production, les sites de transformation et les lieux de grande consommation qui, en France et en Europe, sont surtout concentrés dans le périmètre des grandes agglomérations.

Mais on ne trouve nulle trace d’une telle orientation dans le projet de réforme de la PAC que propose la Commission européenne pour les années qui vont de 2023 à 2027. Elle propose de réduire des épandages de pesticides de 50 %, de diminuer l’usage des fertilisants de 20 %, de convertir 25 % des surfaces cultivées en agriculture biologique, de laisser 10 % des terres agricoles sans la moindre culture pour favoriser la biodiversité, de planter 3 milliards d’arbres dans les pays membres de l’Union européenne afin de capter plus de carbone.

Et la France sanctionna ses producteurs au profit de leurs concurrents

Pour peu que l’on observe tour à tour chacune de ces propositions, force est de constater qu’elles sont incohérentes et contradictoires. Chercher à réduire de 50 % l’usage des pesticides en Europe peut se comprendre. À condition, toutefois, que ces mesures soient appliquées dans tous les pays membres de l’Union et que l’Europe interdise, en même temps, les importations en provenance des pays tiers, dès lors que les conditions de production des pays exportateurs ne répondent pas à ces critères. Mais les choses ne se passent pas ainsi et les exemples abondent pour le démontrer.

En 2020, la France fut le seul pays européen à interdire l’usage des néonicotinoïdes sur les semis de betterave à sucre. Officiellement, la décision fut prise dans le but de ne pas perturber les abeilles venant butiner les betteraves en fleur. Sauf que la betterave à sucre ne fleurit jamais entre le semis du printemps et la récolte en octobre. Pour fleurir et produire de la graine, elle doit rester en terre une seconde année, ce qui n’est jamais le cas de la betterave destinée aux sucreries.

Cette interdiction obéissait à une décision la Commission européenne. Mais les neuf autres pays producteurs de betteraves à sucre au sein de l’Union européenne demandèrent, et obtinrent de cette même Commission, une dérogation pour utiliser les néonicotinoïdes en 2020. En France, le ministre de l’Agriculture qu’était alors l’ancien sénateur socialiste Didier Guillaume ne sollicita pas cette dérogation. Résultat : impactée par la jaunisse, elle-même provoquée par un puceron, la production française de betterave sucrière a chuté de 30 à 40 % en 2020 selon les régions et quatre sucreries ont été définitivement fermées dans la foulée.

Les produits bios, leurs coûts de production et leurs débouchés

Dans le projet « De la ferme à la table », la Commission propose de parvenir d’ici 2027 à 25 % des superficies agricoles converties en agriculture biologique. Elle propose, dans le même projet, de mettre 10 % des terres actuellement cultivées en jachère. En 2018, 8,5 % des terres agricoles françaises étaient en agriculture biologique et la moyenne européenne était encore plus basse. Pour parvenir à 25 % d’ici 2027, il faudrait trouver suffisamment de paysans motivés pour travailler à cette conversion avec un savoir-faire qui ne s’acquiert que par une expérience également jalonnée par des échecs.

Il faut aussi trouver des marchés pour ces produits bios. En sachant qu’ils doivent être vendus plus cher que ceux de l’agriculture conventionnelle ; car cette agriculture sans traitement chimique donne de moindres rendements tout en étant plus gourmande en main-d’œuvre. Or, dès que l’offre dépasse la demande solvable, les prix des produits bios chutent aussi sensiblement que ceux des produits conventionnels. Occulter ces réalités c’est faire preuve d’incompétence en prétendant réformer à bon escient.

Mais une autre contradiction saute aux yeux quand la Commission prétend faire passer 25 % des terres agricoles en agriculture biologique et réduire de 10 % la superficie globale consacrée à l’agriculture en Europe. Ce collège de commissaires hors-sol occulte le fait que les rendements à l’hectare sont nettement plus faibles en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle. Du coup, augmenter les superficies en bio et laisser en friche 10 % des terres agricoles conduirait à importer des pays tiers beaucoup plus de denrées alimentaires qu’aujourd’hui lors des prochaines années.

Le bilan carbone désastreux des importations d’aliments

La Commission y verra peut-être une justification pour défendre les accords de libre-échange qu’elle a signé avec le Canada et avec les Pays du Mercosur en attendant d’en signer deux autres avec l‘Australie et la Nouvelle Zélande. Mais, au-delà du fait qu’elles font chuter les cours des produits comme les viandes et les fruits et légumes payés aux producteurs européens, ces importations accrues en provenance des pays tiers ont un bilan carbone désastreux quand on cumule celui de la déforestation en Amazonie et ailleurs avec celui des longs transports frigorifiques des viandes et autres produits entre différents continents. Car on met beaucoup de camions sur les routes pour ravitailler les ports d’embarquement. On remet ça en Europe entre les ports de débarquement et les grands bassins de consommation.

En donnant le chiffre de trois milliards d’arbres à planter en Europe, la Commission tente de verdir ses propositions. Mais un tel chiffre est trop vague en soi. Ce dont l’Europe à besoin, c’est de faire progresser l’agroforesterie qui demeure balbutiante jusqu’à présent dans les pays membres de l’Union. Cela consiste à planter des arbres dans les prairies comme dans les champs cultivés à raison d’une cinquantaine de troncs à l’hectare. Il peut s’agir d’arbres producteurs de fruits à huile, comme les oliviers, les noyers et les noisetiers. Il peut aussi s’agir d’essences qui donneront du bois d’œuvre à utiliser dans un siècle ou plus et qui, en attendant, capteront du carbone. Mais pour faire progresser un tel plan, il faut budgéter les aides européennes dans la durée, sachant que les frais de plantation d’un hectare d’arbustes s’élèvent à 700€ en moyenne. Vu la faiblesse du revenu paysan ces dernières années, l’agroforesterie ne progressera pas sans bénéficier d’un budget dédié au niveau européen.

Commission hors-sol et lobbyistes corrupteurs

Or la Commission prévoit de baisser sensiblement la part du budget annuel européen consacrée à l’agriculture dans les prochaines années. Se pose donc une question en fin de compte : quel est le degré de sincérité et d’honnêteté intellectuelle des membres de cette Commission que l’on sait liée « comme cul et chemise » avec des lobbyistes potentiellement corrupteurs ? Car, depuis de très longues années, ces mêmes lobbyistes lui mâchent en permanence le travail préparatoire de ses réformes dans l’intérêt des firmes privées qu’ils défendent à Bruxelles. C’est tellement vrai que certains commissaires - dont l’ancien président de la Commission José Manuel Barroso - deviennent eux-mêmes des lobbyistes quand ils quittent leur mandat à Bruxelles.

Il faut toujours avoir ces éléments en tête quand on lit les documents que publie cette Commission bureaucratique et incompétente.

 

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:31
Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Liberté pour Marwan Barghouti, collage de la JC à Brest - 6 avril 2021

Palestine. Marwan Barghouti, le souffle d’un vent nouveau
Mardi 6 Avril 2021 - L'Humanité

En prison depuis dix-neuf ans, le dirigeant du Fatah est donné vainqueur à la présidentielle en cas de candidature. Pour les législatives, cette figure palestinienne soutient une liste dissidente.

 

Face à l’effritement de son pouvoir, la colère dans les villes et les camps de réfugiés, tant en Cisjordanie qu’à Gaza, et l’illégitimité qui le gagne (la dernière élection présidentielle palestinienne s’est déroulée en mars 2005 et les législatives en janvier 2006), le président palestinien, Mahmoud Abbas, se devait de réagir.

36 listes et une surprise

Mi-janvier, il a annoncé que le scrutin parlementaire se tiendrait le 22 mai, la présidentielle le 31 juillet et le renouvellement du Conseil national palestinien, la plus haute instance décisionnelle de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le 31 août. Une décision attendue avec impatience : plus de 93 % des Palestiniens en âge de voter se sont inscrits pour pouvoir le faire.

La Commission électorale centrale palestinienne (PCEC) a fait savoir que 36 listes de candidats avaient été enregistrées pour ce scrutin à la proportionnelle intégrale où au moins deux femmes doivent être parmi les dix premiers et représenter 26 % de l’ensemble. La surprise est venue de Marwan Barghouti, la figure politique palestinienne la plus populaire.

Une détermination intacte

Condamné à cinq peines de prison à perpétuité et à quarante ans de prison au cours d’un procès totalement illégal puisqu’il était député et a été enlevé en territoire palestinien par l’armée d’occupation en avril 2002, Marwan Barghouti n’a pas cessé de lutter. Malgré ses 19 ans d’emprisonnement, il a gardé la détermination des premiers jours. Le journal israélien Haaretz va même jusqu’à le décrire comme « l’homme qui pourrait mener son peuple à l’indépendance ».

Bien que membre du Fatah, il a décidé de soutenir une liste baptisée « Liberté », qui sera dirigée par Nasser Al Kidwa, neveu de Yasser Arafat, ancien ministre des Affaires étrangères, et dont la figure numéro 2 ne sera autre que Fadwa Barghouti, son épouse. « Nous espérons que cette liste mènera à la démocratie, a déclaré cette dernière. Nous avons enregistré cette liste et nous espérons qu’elle réussira. »

La corruption gangrène le Fatah

Si Marwan Barghouti s’engage derrière une liste classée comme indépendante et ne soutient pas celle de son parti, dont il est membre du comité central (mais des rumeurs disent qu’il vient d’être exclu de la formation historique, comme c’est officiellement le cas pour Nasser Al Kidwa), c’est parce que les discussions avec Mahmoud Abbas sur la constitution d’une liste large, incluant des Fatawis (membres du Fatah) et des personnalités reconnues pour leur intégrité, n’ont pas abouti.

À l’heure où la corruption gangrène le Fatah et où cette formation est engluée dans une cogestion de l’occupation via l’Autorité palestinienne et les accords de coopération sécuritaire avec Israël, il fallait donner un signal aux Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza.

Les formations de gauche partent désunies

D’autant que le Hamas entend bien tirer les marrons du feu et que Mohammed Dahlan, ancienne figure du Fatah, parti aux Émirats arabes unis, devenu homme lige des monarchies du Golfe, entend bien redistribuer les cartes. Les formations de gauche partent désunies. Les communistes du Parti du peuple palestinien (PPP), avec Fadwa Khader en tête, dirigeront une liste formée avec le Fida. Mais le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) fera cavalier seul.

Selon le Palestinian Center for Policy and Survey Research, qui a effectué un sondage récemment, la participation électorale serait de 79 %. Le Hamas obtiendrait 27 % des suffrages, contre 24 % au Fatah, 20 % à « Liberté », soutenue par Barghouti, et 7 % à la liste « Avenir » de Dahlan. Dans cet affrontement de mastodontes, les partis de gauche sont crédités de peu de voix. Mais tous les regards se portent également vers la présidentielle.

L’argumentaire du Fatah contre la liste où figure Fadwa Barghouti est sans surprise : la multiplication des listes favoriserait le Hamas.

Marwan Barghouti candidat écraserait ses adversaires avec 22 % des voix, contre 14 % à Ismaël Haniyeh, du Hamas, 9 % à Mahmoud Abbas et 7 % à Dahlan. Depuis plusieurs semaines maintenant, Nasser Al Kidwa a fait savoir qu’il soutiendrait la candidature de Marwan Barghouti « sans réserve et avec force ».

L’argumentaire du Fatah contre la liste où figure Fadwa Barghouti est sans surprise : la multiplication des listes favoriserait le Hamas. Si l’on en croit les sondages et d’un point de vue purement arithmétique, c’est vrai.

Redonner un sens à la lutte

En termes politiques, il en va tout autrement. Nombreux sont les Palestiniens toujours attachés au Fatah en tant qu’organisation fondée par Yasser Arafat et au rôle historique évident mais peu enclins à voter pour lui au vu des figures le représentant : du vieillissant Mahmoud Abbas, 85 ans, aux jeunes (ou moins jeunes) loups qui veulent se partager une poule aux œufs d’or sans aucune initiative nouvelle capable de redonner un sens à la lutte du mouvement national contre l’occupation et la colonisation. Alors que Marwan Barghouti représente bien ce combat aux yeux des Palestiniens. La liste qu’il soutient pourrait aussi éviter une hémorragie de voix vers le Hamas.

Tout peut encore bouger

D’ici aux élections, tout peut encore bouger. Mahmoud Abbas et ses partisans vont sans doute tenter d’intégrer la liste « Liberté » dans la leur. À quelles conditions ? C’est la question. Mais déjà ils brandissent une possible annulation de la tenue du scrutin si Israël ne permet pas aux Palestiniens de Jérusalem-Est de participer aux élections.

Une condition réelle mais qui apparaît comme une ultime manœuvre de la part d’un clan au pouvoir prêt à s’entendre avec le Hamas plutôt qu’à écouter les revendications des Palestiniens. Ces derniers ont hâte de s’exprimer et attendent un signal de mobilisation et d’encouragement pour renforcer la résistance populaire.

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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 05:25
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge
Mardi 6 Avril 2021

Oded Goldreich, un scientifique israélien, communiste, pro-BDS, doit recevoir le prestigieux prix. Le ministre de l’Éducation de Benyamin Netanyahou s’y oppose.

 

Le ministre israélien de l’Éducation, Yoav Galant, un homme d’extrême droite, en a des sueurs froides. Le prix Israël – le plus prestigieux, attribué chaque année par l’État à des personnalités israéliennes ou à des organisations ayant marqué l’année d’un point de vue artistique, culturel ou scientifique – doit être décerné au professeur Oded Goldreich, du département de mathématiques et d’informatique de l’Institut Weizmann, pour ses recherches approfondies sur la théorie de la cryptographie et la complexité algorithmique. Inconcevable pour le ministre de Netanyahou.

Galant voit rouge et « pète une durite »

En effet, non seulement Oded Goldreich est communiste, mais, histoire d’aggraver son cas, il assume totalement et publiquement ses idées. Yoav Galant aurait « pété une durite », comme on dit, en apprenant que, non seulement ce chercheur en informatique était un « rouge », mais qu’en plus, avec quelque 240 autres universitaires israéliens, il avait signé une pétition adressée au Parlement allemand, et non des moindres.

Ils avaient, en 2017, condamné une motion du Parlement allemand désignant le mouvement Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS) comme antisémite. Les pétitionnaires niaient tout caractère antisémite du BDS, demandaient au gouvernement allemand de ne pas suivre les recommandations du Bundestag, et s’inquiétaient de voir le droit à la liberté d’expression ainsi réduit.

Une requête devant la Cour suprême contre le ministre

Pour le ministre d’extrême droite, « le fait que ce professeur reçoive d’une main le plus prestigieux des prix de la part d’Israël et que, de l’autre main, il soutienne un mouvement qui nie le droit d’Israël à exister est absurde et inacceptable ». Sur sa lancée, il serait intervenu pour que Goldreich ne le reçoive pas.

Le conseil de l’ Académie nationale des sciences d’Israël a rappelé à Yoav Galant que le prix d’Israël est décerné uniquement sur des critères d’excellence en recherche et a déposé une requête devant la Cour suprême contre le ministre. Oded Goldreich a fait savoir que ce serait une grande « douleur » pour lui s’il devait serrer la main de Netanyahou. Ironie de l’histoire, Goldreich est spécialisé dans « les preuves à divulgation nulle de connaissance » (sic).

Pierre Barbancey

Le prestigieux Prix Israël à un communiste ? Le ministre de l'Education israélien voit tout rouge - L'Humanité, Pierre Barbancey, 6 avril 2021
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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 15:56
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
 850 personnes à la manif de soutien à Morgan Large ce midi, 6 avril, à Rostronen
Manifestation de soutien à la journaliste Morgan Large ce midi a Rostrenen. 850 personnes mobilisés pour la liberté de la presse et contre des pressions insupportables sur cette journaliste comme sur Inès Leraud.
 
Photos de notre camarade Daniel Laporte
 
Article Ouest France du 6 avril 2021
Rostrenen. Environ 850 personnes rassemblées en soutien à la journaliste Morgan Large
Ce mardi 6 avril 2021, à Rostrenen (Côtes-d’Armor), un rassemblement de soutien à Morgan Large, journaliste à RKB, ainsi qu’à une consœur allemande, agressée à Glomel, s’est tenu ce midi. Ces deux journalistes enquêtent sur les pratiques de la filière agroalimentaire bretonne.
Morgan Large, journaliste à la radio RKB, basée à Rostrenen et qui enquête sur la filière agroalimentaire en Bretagne, aurait été la cible « d’un acte de malveillance grave », comme le dénonçait Reporters sans frontières (RSF) dans un communiqué le 2 avril 2021.
Les journalistes de Radio Breizh font grève ce mardi 6 avril et appelaient à un rassemblement de soutien aux deux journalistes et pour la liberté d’informer, à Rostrenen, place du marché, à midi.
Le rassemblement a duré une heure et a réuni près de 850 personnes selon les gendarmes. Serge Le Quéau, pour le syndicat Solidaires, Sylvain Ernault, au nom du SNJ (Syndicat national des journalistes), notamment, ont pris la parole pour exprimer leur solidarité à l’égard de Morgan Large dont l’intervention a clos le rassemblement.
Acte de malveillance
D’après RSF, « elle était sur le point de prendre le volant », le 31 mars, « quand soudain, elle s’est rendu compte que les boulons fixant une des roues arrière de son véhicule avaient disparu. Cet acte de malveillance n’est pas le premier. Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises ».

Journalistes menacées en Bretagne : l’alarme de trop

Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité

Marie-Noëlle Bertrand

Morgan Large, reporter basée dans les Côtes d’Armor, dénonce l’acte de malveillance dont elle aurait été victime. Depuis la diffusion d’un reportage sur l’agroalimentaire en Bretagne régional, elle et la radio pour laquelle elle travaille ont essuyé plusieurs menaces. Un appel à la grève est lancé pour le mardi 6 avril.

Fait-il mauvais vouloir tout dire dans les Côtes d’Armor ? Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz-Breizh (RKB) dénonce un acte de malveillance dont elle aurait été victime ce mercredi 31 mars à Glomel, la commune où elle habite, a priori en lien avec l’exercice de son métier.

Sur le point de prendre sa voiture, la reporter s’est rendu compte qu’il manquait des boulons à l’une de ses roues. Un acte grave, dénonce aujourd’hui Reporter sans frontière (RSF) et qui ne serait pas le premier, en outre, que subit Morgan Large. « Depuis qu’elle enquête sur les subventions accordées à l’agro-industrie en Bretagne, elle et son média ont déjà fait l’objet de pressions et d’actes d’intimidation à plusieurs reprises », avance RSF. À Glomel, toujours, et cette même semaine, une autre journaliste, « a été insultée, bousculée et suivie jusque chez elle par un agriculteur », explique dans un communiqué l’équipe de RKB. Tous les salariés de la radio appellent, en protestation, à une grève ce mardi 6 avril ainsi qu’à un rassemblement de soutien à Rostrenen. À midi, ce jour-là, il y aura un blanc sur les ondes du média, dont les trois émetteurs ne diffuseront, le reste du temps, rien d’autre que de la musique.

« Les appels anonymes ont commencé peu après… »

« Ce n’est tout simplement pas possible de se voir menacés, en tant que journalistes, simplement parce que nous faisons notre métier », explique à l’Humanité Virginie Bauterel, coordinatrice de la radio. « Les pressions existent depuis longtemps, mais cette fois, on franchit un cap qui n’est pas admissible. »

Elles se sont intensifiées, singulièrement, depuis novembre dernier et la diffusion d’un documentaire sur France 5. Réalisé par Aude Rouaux et Marie Garreau de Labarre, Bretagne, une terre sacrifiée décrypte le poids économique que représente le secteur agroalimentaire dans la région, mais aussi son impact environnemental et sanitaire et la pression politique qu’il y exerce.

Morgan Large, correspondante installée dans les Côtes d’Armor depuis plus de vingt ans et qui a longuement enquêté sur la filière volaille, y témoigne d’une politique agricole offrant matière à questions. « Les appels anonymes ont commencé peu après », raconte-t-elle aujourd’hui à l’Humanité. Des coups de fil la nuit, sans rien d’autre que le silence au bout, et qui se poursuivent encore actuellement.

« Cette fois, je compte porter plainte »

Sur les réseaux sociaux et le messenger (messagerie instantanée de Facebook) de la radio, les propos ont dans le même temps commencé à se faire plus virulents, menaçants pour certains. « Conasse, il ne faudra pas s’étonner si l’on vient chez toi !», cite la journaliste en exemple . En décembre, RKB constate pour sa part une tentative d’effraction dans deux de ses locaux. « Nous avons également reçu plusieurs commentaires pas très agréables », reprend Virginie Bauterel. Là encore, le ton est à la menace : «  Continuez avec votre agribashing, mais il ne faudra pas venir pleurer quand certains agriculteurs viendront s’en prendre à des gens comme vous », cite la coordinatrice de la radio .

En décembre toujours, Morgan Large retrouve ouverte la clôture du champ où paissent d’ordinaire ses deux chevaux, les animaux errant dehors. Plus tard dans l’hiver, sa chienne est victime une intoxication. « Je ne veux pas être paranoïaque, peut-être avait-elle mangé quelque chose qu’il ne fallait pas… Mais tout cela mis bout à bout, je ne peux pas m’empêcher d’envisager un empoisonnement. »

Morgan Large s’était jusqu’à présent contentée de déposer une main courante. Le déboulonnage du pneu est le geste de trop. « Je ne suis pas procédurière, mais cette fois, je compte porter plainte. » Le geste, cette fois, touche son intimité et sa famille, explique-t-elle, remontant le fil des évènements. « Mercredi, j’étais rentrée chez moi pour déjeuner avec mes enfants. C’est en repartant que j’ai vu un boulon dans l’allée. » Elle ne pense pas immédiatement qu’il vient de sa voiture, mais finit par y jeter un œil, et constate qu’il en manque deux à l’une des roues. « C’est un voisin à moi qui a trouvé le second, plus tard, en dehors de chez moi », reprend-elle. « Cela signifie que j’ai roulé avec des boulons desserrés. J’ai pris la départementale, j’ai eu ma fille avec moi… je ne comprends pas que l’on puisse mettre des personnes en danger à ce point. »

RSF  demande aux élus de dénoncer les pressions de l’agro-industrie

N’étant pas encore saisie par une plainte, ni la gendarmerie de Glomel et ni celle des Côtes d’Armor ne sont, pour l’heure, en mesure de commenter l’affaire.

RSF, pour sa part, dit étudier «  avec la journaliste les suites judiciaires qui pourront être apportées ». L’organisation prend les choses très au sérieux, et « demande d’ores et déjà aux élus locaux de dénoncer ce fait et de se mobiliser contre la tentation d’imposer une omerta médiatique sur les questions liées à l’agriculture intensive en Bretagne.» Le cas de Morgan Large n’est pas une première, rappelle RSF. « La journaliste indépendante Inès Léraud qui a enquêté sur les retombées négatives de l’agriculture intensive dans la région a également fait l’objet de pressions. » Elle et Morgan Lelarge ont d’ailleurs travaillé ensemble.

Le syndicat national de Journaliste (SNJ) a également réagi, et tâcle au passage l’inaction politique face aux menaces répétées que subissent les journalistes – toujours des femmes – en Bretagne. «  Malgré les discours lénifiants des autorités, enquêter sur l’agroalimentaire, en 2021, en Bretagne, c’est s’exposer à des représailles qui n’ont pas grand-chose à envier aux méthodes des organisations criminelles. »

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