Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 05:46

 

Cette question était le titre d'un des ateliers organisés par le secteur international lors des universités d'été. Une nouvelle fois, les questions migratoires sont au cœur de l'actualité.

 

 

Aujourd'hui ce thème est abordé à partir de l'Afghanistan, hier c'étaient la Syrie et la Libye, auparavant à partir de la Tunisie avec un cynisme récurrent qui parle de flux migratoire et jamais d'humains.

Comme souvent, concernant ce sujet, il est nécessaire de rappeler quelques réalités. La première étant que l'immense majorité des réfugiés, des déplacés vont dans les pays limitrophes. Par exemple, l'essentiel des réfugiés afghans sont et seront accueillis par le Pakistan et l'Iran, tout cela dans de très mauvaises conditions d'accueil et de vie.

Nécessaire de rappeler aussi que la politique migratoire est une politique nationale et non européenne qu'aucun État ne veut transférer, en particulier la politique des visas et de condition de l'obtention du droit d'asile. Il est aussi utile de rappeler que les conditions d'obtention du droit d'asile en France se sont considérablement durcies suite à une frénésie de lois ces dernières décennies.

Ainsi la politique de la France est assez similaire à l'ensemble des pays de l'Union européenne : fermeture des frontières, valider les murs qui se construisent, rejet des bateaux de sauvetage en Méditerranée, durcir les conditions d'obtention du droit d'asile, multiplier les reconduites dans le pays d'origine, maintien des CRA (Centre de Rétention Administrative), respect des accords honteux de l'Union européenne avec des pays comme la Turquie pour « sous-traiter » les accueils de réfugiés ou même avec l'Afghanistan en 2019 qui à ce moment-là était défini par l'UE comme un pays sûr, ce qui permettait de faire des reconduites dans le pays d'origine. En 2019, la France a renvoyé plus de 400 personnes en Afghanistan.

La France a stoppé les retours d'Afghans seulement en juin 2021.

Le taux de protection de la France c'est-à-dire le taux d'acceptation du statut de réfugiés ou de protection subsidiaire est depuis plusieurs années aux alentours de 25 % après les études de dossier de l'Ofpra et de 35 à 40 % après les recours de la CNDA.

"Les maires communistes ont signé une tribune disant oui à l'accueil et se disant prêts à le faire dans leur ville."

Par exemple, en 2020, il y a eu 95 600 demandes (mineurs inclus) dont 86 620 premières demandes et 8 830 demandes de réexamens. Parmi ces demandes 10 100 venaient d'Afghanistan, 5 800 de Guinée, 5 050 du Bangladesh, 4 950 de Côte d'Ivoire, 3 970 du Nigéria.

Seulement 33 000 dossiers acceptés soit 23,7 % par l'Ofpra et 37,7 % après recours auprès de la CNDA.

En 2019, c'étaient 132 700 demandes dont 10 015 Afghans et 46 200 personnes qui ont obtenu le droit d'asile.

Aujourd'hui, il y a donc une certaine hypocrisie de la part du gouvernement Macron qui fait semblant d'ouvrir les portes de la France aux réfugiés Afghans alors qu'il les a fermées pendant toutes ces années. La palme de l'hypocrisie revient à la ministre Marlène Schiappa qui demande aux maires de joindre les actes à la parole au sujet de l'accueil de réfugiés alors que l'État se repose complètement sur les politiques volontaristes des maires.

En effet, les maires communistes ont signé une tribune disant oui à l'accueil et se disant prêts à le faire dans leur ville, c'est aussi le cas de la plupart des maires de grandes métropoles comme Marseille.

Mais pour l'instant, ces volontés politiques se font à budget constant et aucun accompagnement de l'État ne vient appuyer les budgets des villes. Et malgré cela, des projets naissent, des lieux d'accueil se construisent comme l'a expliqué Audrey Garino, adjointe à la mairie de Marseille, chargée des affaires sociales, de la lutte contre la pauvreté et de l'égalité des droits.

Cécile Dumas

Responsable-adjointe du secteur international

Chargée des enjeux migratoires

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 05:39

 

Ecrit avec la collaboration de Laurent Watiez, ancien journaliste à La Voix du Nord, « Ma France. Heureuse, solidaire et digne » de Fabien Roussel vient de sortir aux éditions Le cherche midi.

Dans l’avant-propos l’auteur rappelle d’une formule un thème qui est en quelque sorte le cœur de son ouvrage : en France aujourd’hui, « la solution, c’est le monde du travail. Et le problème, c’est la finance ! » Il y précise également que ce livre « ne constitue pas pour autant mon programme. J’aurai d’autres occasions de le présenter dans sa globalité et sa cohérence. J’ai fait plutôt le choix de raconter ici des combats, des événements, des rencontres qui ont marqué mon engagement, pour rendre le récit vivant ».

 

 

« Ma France » se compose de sept parties.

Un : « Un Nordiste à la tête du PCF » : l’homme se présente, ses origines, son histoire, son adhésion ; il raconte la tenue du congrès communiste d’Ivry, en 2018, un congrès vu des « coulisses » selon son expression.

Deux : « La présidentielle, la droite et la gauche ». La question de l’utilisation de l’argent, qui appelle « un débat de fond » entre la gauche et la droite est ici fortement développée. « J’aimerais être le candidat qui ressemble le plus à la grande majorité de nos concitoyens. Le peuple est divers mais il y a quand même une bonne part des Français qui ne se sentent pas représentés aujourd’hui. Ce sont ceux qui composent le monde du travail ou qui aspirent à y entrer. Je voudrais qu’ils disent : Tiens, lui, il me ressemble, il parle comme moi, il parle de ce que je vis. » Une idée qu’il reprend plus tard : « Notre ambition, c’est de redevenir le parti du monde du travail, qui défend les classes populaires, à toutes les élections, dans tous les combats, pour lui donner de la force. Cela servira au monde syndical comme à toute la gauche ! »

Trois : « Cette France du travail que j’aime ». L’auteur revient notamment sur le tour de France des entreprises qu’il a entrepris depuis plusieurs années, sur les formes de surexploitation et de ravages du capitalisme ordinaire comme à Bridgestone où « on tue des gens, on abîme la société en créant du chômage de masse, on casse la dignité ouvrière » ; sur la manière dont l’Europe libérale met « les ouvriers de différentes nationalités en concurrence entre eux », crée de la haine et du racisme.

Quatre : « La France de l’évasion et des profiteurs ». Ce chapitre est consacré à la triche fiscale. Au passage, Fabien Roussel rend hommage aux frères Bocquet, Alain et Eric, dont les travaux sur l’évasion fiscale font autorité. On apprend que ces auteurs publient en cette rentrée une suite en quelque sorte à leur fameux opus « Sans domicile fisc »,qui s’intitule « Milliards en fuite. Manifeste pour une finance éthique ».Détaillant les manœuvres frauduleuses des possédants, Fabien Roussel interroge : « Pourquoi ne pas créer un hashtag : Balance ton fraudeur fiscal ? »

Cinq : « Un communisme durable ! » Pour l’auteur, « le grand défi auquel nous sommes confrontés, c’est répondre à l’urgence sociale et à l’urgence écologique avec la même exigence, la même énergie. » Dans ce chapitre, il est entre autres question de Big Pharma, de la malbouffe (« Je suis un communiste opposé au productivisme ! »), de la rénovation des logements, des enjeux énergétiques, des transports. Une question revient fortement : « …l’importance de produire en France ce que nous consommons en France ».

Six : « Redonner confiance à la jeunesse ». « Je veux passer un pacte avec la jeunesse et lui donner la priorité dans notre campagne. Avoir la jeunesse la mieux formée au monde, lui donner la liberté de travailler et de vivre heureuse, de s’émanciper au travail, d’élever des enfants. N’est-ce pas là le plus beau des projets que nous avons à bâtir ensemble, en y mettant tous les moyens ? Dans ce monde court-termiste, c’est révolutionnaire. Mais j’assume ! »

On notera ici qu’une sorte de fil rouge (il y en a d’autres) court tout le long du livre, une idée-force qui revient régulièrement : pour changer, changer vraiment et bousculer le système, il faut donner aux travailleurs, aux citoyens plus de pouvoirs d’intervention et singulièrement le droit des salariés de dire leur mot sur les choix de l’entreprise. Je rappelle que dans le dernier baromètre du Cevipof sur l’état de l’opinion, au printemps, la question la plus plebiscitée par les sondés est la suivante : « Trouvez-vous juste que le salarié donne son avis dans l’entreprise ? » 97% de oui.

Sept : « Construire la détente internationale » : l’auteur évoque l’aide au développement, les impératifs de la coopération internationale, les conflits en cours, le budget militaire. « N’ayons pas peur des autres. La mondialisation au service du capitalisme n’est source d’aucun progrès. Elle mène tout droit l’humanité dans le chaos et l’injustice. Ne cédons pas pour autant à la tentation du repli sur soi. L’heure est venue de s’ouvrir encore plus aux autres, de construire de nouvelles relations internationales, généreuses à l’égard des populations en souffrance, ambitieuses pour le développement économique, protectrices pour l’environnement et guidée par un seul grand dessein : la promotion de la paix dans le monde ».

G.S.

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 05:27

Fabien Roussel invité de la matinale de CNEWS

2022 l'année des communistes ? Fabien Roussel était l'invité de BFMTV

 

Fabien ROUSSEL à la Matinale d'Europe 1

Fabien ROUSSEL sur la matinale d'Europe 1

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:51

 

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:33

 

Les études et témoignages s’accumulent pour dénoncer la nocivité de ces produits financiers étiquetés « climat » ou « responsables », qui vont pour plus de la moitié d’entre eux à l’encontre des accords de Paris à la COP21.

La finance verte n’est pas encore mûre pour exploser. Mais elle donne des signes de faiblesse qui commencent à inquiéter ses promoteurs. De plus en plus nombreux à miser sur son développement pour conserver leurs taux de profitabilité, les fonds et banques craignent les dommages sur cette finance dite durable. Or, les craquèlements qui se font jour font mauvais genre à deux mois de la tenue de la COP26 à Glasgow.

Dernière alarme en date, l’étude publiée par Influence Map en fin de semaine dernière chiffre le peu d’effets tangibles de cette branche de l’industrie financière que le minis­tère français de l’Économie prend lui-même avec des pincettes sur son site en la désignant comme « une notion qui définit les actions et opérations financières favorisant la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique ». L’ONG s’est attelée à étudier combien parmi les « equity funds » ESG, ou fonds de gestion d’actifs et de pension dont les produits respectent des critères écologiques, sociaux et de bonne gouvernance, sont en accord avec les préconisations édictées par la COP21 de 2015. Résultat : 71 % des 593 fonds ESG, brassant la bagatelle de 265 milliards de dollars d’actifs, sont en contradiction avec les accords de Paris. Quant aux 130 fonds dits climat et leurs 67 milliards de dollars d’actifs, 55 % agissent à l’encontre du scénario du degré et demi de réchauf­fement maximal fixé par la conférence des parties de l’ONU il y a six ans. Les noms de multinationales des énergies fossiles, comme Total, Chevron, ExxonMobil ou Halliburton, apparaissent même parmi les sociétés soutenues par ces fonds climat.

« On vend de la poudre de perlimpinpin »

Le think tank britannique n’appelle pour autant pas au démantèlement de ces produits financiers frelatés. Adossé à des organisations philanthropiques, il s’est donné pour tâche de rendre plus éthiques les marchés. D’autres commencent à s’en charger. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de promoteurs de la finance verte repentis. Tariq Fancy est le premier du genre. En mars dernier, l’ex-responsable de 2018 à 2019 des « fonds durables » gérés par BlackRock, premier gestionnaire financier au monde avec 7 000 milliards de dollars d’actifs, a confié son vague à l’âme dans son Journal secret d’un investisseur durable« Au début, explique celui qui a activement participé à la popularisation de ces produits étiquetés verts ou soutenables (1), je me suis dit que la finance durable consistait à vendre de la poudre de perlimpinpin à un cancéreux. Cela peut jouer le rôle d’un placebo susceptible d’améliorer un peu sa santé. Aujourd’hui, je pense que c’est bien pire que cela car non seulement on vend cette poudre de perlimpinpin aux marchés financiers comme un remède à leurs dérives, mais de plus son emballage marketing, noble et trompeur, empêche le patient de poursuivre sa thérapie et le cancer dont il souffre continue à faire ses ravages. »

Dernièrement, Desiree Fixler, responsable de septembre 2020 à début 2021 du développement durable de DWS, a accusé son ancien employeur d’avoir surestimé le poids de ses actifs estampillés ESG. Cette affaire de bidonnage, prise au sérieux par les gendarmes des Bourses de New York et Francfort, sème le trouble alors que DWS est le principal gestionnaire d’actifs « verts » en Allemagne, le deuxième en Europe derrière le français Amundi. Elle relance en tout cas les critiques sur le peu de fiabilité de ces produits financiers supposés plus vertueux que les classiques.

En compagnie d’Alain Grandjean, président de la Fondation Nicolas Hulot, Julien Lefournier avait déjà bien documenté les tares du système dans l’Illusion de la finance verte (l’Atelier), sorti en mai dernier. « C’est du marketing, une mise en scène des banques et fonds pour améliorer leur image après le krach de 2008 et dire “on fait quelque chose pour le climat”. La finance verte s’ajoute quelques critères sociaux ou écologiques à sa convenance pour se distinguer. Mais elle n’échappe pas à la responsabilité fiduciaire qui lui impose de faire fructifier l’argent que vous lui confiez, ni à la maximisa tion des rendements. » Pour cet ancien trader sur les marchés « classiques », ces produits pseudo-responsables « font croire que les marchés peuvent changer les choses. Mais le changement systémique ne viendra que de l’imposition par les États de règles et de normes que les industriels et financiers devront appliquer. Pour l’heure, c’est du greenwashing généralisé qui prolonge le statu quo sur le climat ».

(1) Traduction Novethic.

 

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:30

 

À deux mois de la COP 26, qui se tiendra à Glasgow, calculer rigoureusement le bilan carbone de la conversion de l’Europe à la voiture électrique impliquerait de prendre en compte celui de la construction des véhicules. Il a été totalement occulté par la Commission européenne dans sa proposition faite aux États membre de l’Union européenne d’interdire la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2035.

 

Gérard Le Puill. Photo Joël Lumien

Par Gérard Le Puill

Depuis Bruxelles le 14 juillet, Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne, demandait aux pays membres de l’UE d’interdire la vente des voitures neuves à moteur thermique dès 2035 au lieu de 2040. Cela afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Elle annonçait aussi une taxe carbone sur les carburants fossiles, histoire de ponctionner les ménages pour les pousser à acheter une voiture électrique. Voilà qui réduira encore le revenu disponible des salariés les plus modestes qui n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser leur voiture pour se rendre au travail.

Tel que présenté par la Commission, l’objectif de neutralité carbone en Europe est inatteignable du fait, notamment de la place prise par la route au détriment du rail que cette même Commission ne remet pas en cause. Dans le monde, la sidérurgie est responsable de 7,6 % des émissions de CO2. Or la pollution de cette industrie est précédée par celle de l’amont dans l’extraction des matières premières. Il faudra millions de tonnes de différents métaux pour produire les véhicules électriques équipés de grosses batteries. Une fois fabriquées, il faudra alimenter les véhicules en électricité dont une partie proviendra de la combustion du charbon et du gaz. Une autre partie proviendra de productions agricoles dédiées qui entreront en concurrence avec la production alimentaire, comme cela se pratique déjà.

Et le charbon allemand alimente l’Alsace en électricité

En France, le gouvernement garde l’objectif de réduire la production électrique de nos centrales nucléaires à 50 % de notre mix énergétique en 2035, contre 70 % aujourd’hui. Cela se traduira par un recours accru aux énergies fossiles, ou d’origine agricole, chaque fois que les éoliennes et les panneaux photovoltaïques verront leur production chuter faute de vent et de soleil. Avant la fermeture des deux tranches de la centrale nucléaire de Fessenheim, cette dernière vendait de l’électricité en Allemagne quand les éoliennes et les panneaux solaires d’outre Rhin manquaient de vent et de soleil. Depuis leur fermeture, les entreprises et les ménages de l’est de la France consomment de l’électricité provenant des centrales à charbon allemandes quand la production de l’éolien et du solaire baisse de ce côté-ci du Rhin. Ce n’est donc pas en réduisant la place du nucléaire que l’on réduira le bilan carbone de notre production électrique alors que la consommation d’électricité devra augmenter pour alimenter les véhicules électriques en nombre croissant tandis que la consommation du numérique continuera de croître également.

Une voiture électrique doit parcourir 40.000 kilomètres avant de moins polluer qu’une voiture à moteur thermique durant son cycle de vie. La France compte aujourd’hui quelque 40 millions de véhicules dont 32 millions de voitures particulières. Les remplacer par autant d’autres équipées d’un moteur électrique se traduira par une forte croissance des émissions annuelles de CO2 bien après 2035. Si, comme actuellement, 4 millions de véhicules à moteur thermique retirés du marché en Europe continuent d’être vendus en Afrique chaque année, ce commerce alimentera aussi le réchauffement de la planète.

Quel sera le prix de la voiture électrique dans 20 ans ?

Selon les cimentiers français, « une tonne de ciment produite chez nous ne devrait plus générer que 503 kilos de CO2 en 2030 contre 660 kilos en 2015 ». Mais on coulera toujours plus de ciment pour bâtir les nouvelles usines. On augmentera aussi l’utilisation du béton, du cuivre et des métaux issus des « terres rares » pour construire puis sceller les éoliennes qui alimenteront en partie le parc de véhicules électriques avant comme après 2035. Il reste enfin à voir où, et à quel prix, on trouvera le fer, le cuivre, l‘étain et tous les autres matériaux pour électrifier un parc mondial d’environ 1,2 milliard de véhicules dans le but proclamé d’atteindre la neutralité carbone en 2050 ! Dans 20 ans, la voiture électrique sera peut-être hors de prix, suite au manque de matières premières résultant de cette conversion accélérée, laquelle sera aussi destructrice d’emplois en France via les délocalisations dans les pays à bas coûts de main-d’œuvre.

Mais alors comment se fait-il que ces questions liées à la croissance exponentielle de l’utilisation du fer, du cuivre et de quantité d’autres métaux provenant des « terres rares » ne soient pas évoquées par la Commission, comme par nos principaux médias, dans le cadre de cette conversion à la voiture électrique ? Ce silence est surprenant alors que de nombreuses « start-up » tentent de se positionner dans la production des voitures électriques et que les grandes firmes se lancent aussi sur ce marché.

Vers des faillites et des suppressions d’emplois

Dans un dossier de deux pages consacré à ce sujet le 17 août dernier, le quotidien « Les Échos » évoquait « la voie des SPAC (spécial purpose acquisition company) » empruntée par ces « start-up » « pour lever des fonds » afin de produire des voitures électriques. Ce journal précisait qu’en « fusionnant avec des coquilles vides déjà cotées en Bourse, elles ont réussi à trouver les milliards de dollars nécessaires pour se lancer. Aucune de ces sociétés n’a toutefois encore livré le moindre véhicule (…) il faudra encore plusieurs années pour distinguer les gagnant des perdants (…) d’autant que les constructeurs traditionnels se sont réveillés ces derniers mois, suscitant à nouveau l’intérêt des marchés avec leurs ambitions dans la voiture électrique », lisait-on dans ce journal.

En France, au nom de la conversion rapide à la voiture électrique, ces grands groupes réduisent déjà les commandes de pièces chez leurs sous-traitants dans plusieurs régions du pays et les poussent au dépôt de bilan. Ce mouvement risque de s’accélérer dans les prochaines années. Guidée par la seule course aux profits, cette conversion accélérée à la voiture électrique se traduira par un bilan social et environnemental désastreux au bout du compte. Surtout qu’il n’est jamais question de réduire la circulation sur route au profit du rail en France, en Europe et dans le monde.

Se pose enfin la question du niveau de compétence de la Commission européenne pour bâtir un projet économique cohérent, qu’il s’agisse de la voiture électrique ou d’un sujet comme la réforme de la Politique agricole commune. Elle est composée d’un commissaire nommé par pays membre soit un total de 27. Mais, depuis des décennies, ce sont des milliers de lobbyistes présents à Bruxelles, payés par des multinationales et, de ce fait, potentiellement corrupteurs, qui fournissent à la Commission des projets en phase avec les intérêts privés que ces mêmes lobbyistes sont chargés de défendre.

La connivence est telle que certains commissaires deviennent eux-mêmes des lobbyistes à l’issue de leur passage à la Commission. Ce fut notamment le cas de José Manuel Barroso, ancien Premier ministre du Portugal, puis président de la Commission européenne entre 2004 et 2014 !

 

Partager cet article
Repost0
1 septembre 2021 3 01 /09 /septembre /2021 05:15

 

Partager cet article
Repost0
31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 05:21

 

Le gouvernement multiplie les freins à l’accès aux soins pour toutes et tous partout ! L’hôpital public se désagrège avec un laisser-faire manifeste du gouvernement, satisfait de cette casse du service public au profit des établissements privés sous la coupe des fonds de pension.

Saluons les mobilisations, en plein été, des populations, à Sarlat, à Luçon : elles ont tout le soutien de la Coordination.

Avec la vaccination obligatoire pour les soignants et le pass sanitaire, le gouvernement a réussi le tour de passe-passe de déplacer les mobilisations sur un champ douteux : ce n’est pas la vaccination qu’il faut combattre, dont l’intérêt est scientifiquement prouvé (comme en témoigne tristement l’explosion de l’épidémie en Martinique et en Guadeloupe chez des jeunes non vaccinés) mais le contrôle social et les atteintes aux droits du travail que le gouvernement en profite pour installer !

Il cherche aussi à masquer les difficultés de la vaccination : Christophe Prudhomme rapporte sur sa page Facebook, que si un médecin de l’hôpital Avicenne convainc un patient de se faire vacciner, il ne peut passer à la pratique, faute de vaccin !

Et à faire oublier la mise en pl ace prochaine du Forfait Patient Urgence, qui devra être payé par tous les patients, se présentant dans un service d’urgence sans que cela ne soit suivi d’hospitalisation : une mesure discriminatoire pour toutes celles et ceux qui n’ont pas accès à un médecin généraliste en urgence, ou qui ont besoin de soins que ceux-ci ne pratiquent pas, sans parler des risques sanitaires majeurs en freinant des consultations devant des symptômes pouvant traduire une affection grave.

Devant le succès de la pétition contre ce Forfait Patient Urgence que certains de nos comités ont fait signer sur les marchés, devant les hôpitaux… elle est maintenant en ligne : signez là, partagez la !

 

Partager cet article
Repost0
31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 05:13

L’éditorial de L’Humanité Dimanche du 19 au 25 août 2021 – par Patrick Le Hyaric.

Au cœur de l’été, l’amplification des événements météorologiques, accompagnés de leurs terribles souffrances et de leurs deuils, s’est invitée à notre table, en pleine pandémie, sans masque. S’ajoutant aux innombrables décès dus au Covid 19, en partageant les mêmes origines, mégafeux ou pluies diluviennes, canicules et sécheresses envahissent des pans de la planète, avec leurs lots de destructions et de morts. Le sixième rapport du Giec (1) sonne l’alerte rouge, à moins de trois mois de la nouvelle conférence sur le climat qui doit se tenir à Glasgow (COP26). De grandes parties de notre Terre commune vont devenir invivables si la communauté humaine ne réussit pas à réduire beaucoup plus rapidement sa production de gaz à effet de serre due essentiellement à la combustion de charbon et de pétrole. Sachant que l’ampleur avec laquelle notre planète se réchauffe n’a pas d’équivalent dans l’histoire, ne pas s’engager dans cette voie reviendrait à accepter d’irréparables désastres. La fonte des glaciers, la montée des eaux des océans, la modification des écosystèmes océaniques et terrestres mettraient en cause la sécurité alimentaire mondiale et provoqueraient, par conséquent, des déplacements de populations à grande échelle vers des zones moins touchées. Une course de vitesse est donc engagée tant chaque jour et chaque dixième de degré compte pour sauver l’humanité. Songeons qu’un enfant qui naît aujourd’hui peut connaître cette catastrophe. C’est dire nos responsabilités ! Et ce ne sont pas les rodomontades culpabilisantes envers les citoyens-consommateurs par un écologisme politicien qui peuvent nous sortir d’affaire.

Trois milliards d’êtres humains manquent de l’essentiel, alors que les 10 % les plus riches de la population émettent plus de la moitié du gaz carbonique. Le système capitaliste et sa soif jamais étanchée de profit sont bien en cause. Ce sont à la fois le modèle productif de l’agrobusiness, favorisé par exemple par la politique agricole commune, les banques et assurances, avec la liberté totale de circulation des capitaux spéculatifs, les privatisations des ressources énergétiques et des transports mais aussi la conception des villes et des logements comme les systèmes de distribution et de consommation qu’il s’agira radicalement de dépasser. Certes, à chaque grande réunion internationale, les chefs d’État et de gouvernement rivalisent d’engagements aussi dérisoires qu’hypocrites devant micros et caméras sur l’inversion des tendances actuelles. Rentrés en leurs palais, ils défendent les intérêts de classes et poursuivent la guerre intracapitaliste au service de leurs multinationales, dont celles qui ont paraît-il la « bonté » d’investir dans leur pays en bénéficiant de ponts d’or. C’est ce qu’il s’est passé il y a quelques semaines au grand « raout » du château de Versailles avec le président Macron à genoux devant les milieux d’affaires nord-américains. Sachant que la durée de rotation du capital investi est dix fois plus importante que celle d’un mandat présidentiel, on mesure l’urgence à porter des actions et un débat populaire sur les réorientations des productions afin de les mettre au service des besoins humains, démocratiquement décidés. La vie humaine et celle des écosystèmes sont antagonistes avec l’accumulation capitaliste et la « concurrence libre », prétendument non faussée, qui génèrent à la fois inégalités sociales et destructions environnementales. C’est au contraire un monde de coopération, de partage des avoirs, des savoirs, des pouvoirs qui est à l’ordre du jour. L’appropriation sociale, citoyenne et démocratique de larges secteurs de l’économie, le postcapitalisme deviennent l’intérêt supérieur de l’humanité. L’émancipation humaine et le respect des écosystèmes doivent prendre le pas sur toute autre considération.

*GIEC : Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat.

 

 

Partager cet article
Repost0
31 août 2021 2 31 /08 /août /2021 05:05

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011