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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 05:36

 

Bien sûr, il se doutait qu’il ne parviendrait pas à rallier ce jour-là une majorité à sa cause, il avait dû se dire que cela servirait plus tard ; et, armé de cette conviction, il avait écrit son discours. » Ainsi Éric Vuillard raconte-t-il une séance à l’Assemblée nationale.

Mon discours pourtant ne renonce à rien. Il s’adresse à chacune et chacun d’entre vous qui exercez cette responsabilité singulière, à votre liberté de conscience. Il entend résonner bien au-delà de cet hémicycle. Je suis là pour ébranler, si possible, les certitudes et les habitudes, pour rendre justice à celles et à ceux qui m’ont envoyé, qui nous ont envoyés sur ces bancs, pour changer de cap dès que possible. Je suis là, en fin de compte, parce que « vous avez un peu trop pris la confiance », comme on dit chez moi. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES.)
Le 16 mai dernier, madame la Première ministre, vous avez tweeté : « Merci à Emmanuel Macron de sa confiance et de l’honneur qu’il me fait en me nommant Première ministre. » Quelques jours plus tard, vous vous êtes présentée avec votre gouvernement devant la représentation nationale, de façon un peu cavalière, sans nous demander notre confiance, laissant penser qu’elle allait naturellement de soi.

Afin de faire respecter le Parlement, nous n’avions par conséquent pas d’autre choix, avec nos alliés de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale, que de déposer cette motion de censure. Vous en conviendrez, madame la Première ministre, nous ne pouvons pas commencer cette législature sur un malentendu. Il faut que se manifeste ici votre semblant, ou faux-semblant, de légitimité. Puisque vous ne l’avez pas fait, il nous revient d’engager votre responsabilité et la nôtre. Il s’agit donc d’un acte de clarification. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas été élus pour appliquer le programme d’Emmanuel Macron, mais au contraire pour combattre les choix libéraux qui abîment le pays. Or la stratégie du compromis que vous avez définie, si on écoute attentivement votre discours de politique générale, a pour unique matrice la feuille de route présidentielle. Je vous cite : « Nous nous inscrirons dans le cadre défini par le Président de la République et agirons selon les valeurs qu’il porte. » Vous demandez des compromis et vous affichez un plan sans concessions !

Vous mettez par exemple sur la table une attaque frontale contre le droit à la retraite dont une majorité ne veut pas. Vous ne tirez pas les leçons de la séquence électorale. Vous n’écoutez pas le pays. Nous vivons dans un pays qui va mal, un pays en colère où grandissent des pulsions dangereuses. Il y a une forte odeur de brûlé.

Dans son dernier album, Florent Marchet dit combien il se sent étranger à la montée des idées d’extrême droite qu’il compare à un incendie – son intensité a d’ailleurs, à la faveur de ce quinquennat, été multiplié par dix. Si on l’écoute bien, le choix est simple : l’éclaircie ou l’incendie. Il faut, madame la Première ministre, faire le choix de l’éclaircie et, pour cela, il faut changer de politique ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.) Or nous avons le sentiment que vous faites semblant, que vous bluffez – ce n’est pas nouveau, mais cela ne trompe personne. Vous confortez, avec vos choix, la domination des puissances d’argent. Ainsi se nourrit le drame qui nous guette.
Vous êtes en train de céder à une tentation dangereuse. Vous essayez, d’une certaine manière, un coup de poker qui consiste à faire de votre faiblesse un argument pour rejeter la responsabilité de vos échecs sur les autres. Vous inversez les rôles. En réalité, vous voulez continuer d’expliquer qu’il n’y a pas de droite et pas de gauche, mais simplement la macronie éclairée, avec sa politique de droite ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.) Votre vertige est le résultat de la contradiction que vous prétendez abolir entre la droite et la gauche, entre les forces possédantes et le monde du travail au profit des premières.

Vous voulez continuer à expliquer qu’il n’existe que des décisions incontournables quand il s’agit de choix politiques. Je vous cite à nouveau : « Je crois fermement au dépassement entamé il y a cinq ans par le Président de la République. » Par la force des choses, vous entendez poursuivre votre action sous une forme différente, au coup par coup, au cas par cas. Ainsi, bien souvent, vous irez chercher à droite le consentement qui vous permettra de continuer votre chemin. Vous en avez d’ailleurs fait la promesse devant le Sénat, estimant que vous partagez avec sa majorité « bon nombre de priorités et même, sans aucun doute, de solutions ». Et, de temps en temps, vous nous présenterez une mesurette acceptable que vous nous demanderez de voter pour faire bonne mesure, bon poids, donner bonne conscience.

Votre proposition, ce n’est pas le compromis, c’est la continuation dans la confusion, c’est la mystification, l’enfumage.

Vous serez jugée sur vos actes. Comme nous l’avons toujours fait, nous soutiendrons ce qui nous semble aller dans la bonne direction mais nous ne vous aiderons pas à mettre en œuvre votre projet. Nous agirons dans l’intérêt général, nous ferons grandir des idées. Vous n’avez fait aucun geste hormis la promesse de déconjugaliser l’AAH, mesure inéluctable tant elle fait consensus au sein de la société. C’était d’ailleurs presque émouvant d’observer la majorité applaudir cette annonce, toute honte bue, après l’avoir tant de fois repoussée. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)
Vous devez revoir vos ambitions, madame la Première ministre : vous n’en avez pas les moyens. Vous devez adopter les mesures permettant de vivre bien et arrêter vos grandes réformes régressives de remastérisation libérale, qu’il s’agisse du droit à la retraite, de Pôle emploi, d’EDF ou encore de l’AAH. Vous devez tenir compte de votre affaiblissement. Il est de votre responsabilité de redéfinir un autre centre de gravité pour la politique de la nation, de renoncer à des projets qui ne passent pas. Saisissez la chance de revitaliser la place du Parlement et de la démocratie. N’essayez pas de faire malgré tout ce pour quoi vous n’avez pas de majorité.

L’extrême droite prétend représenter la seule opposition à Macron et voudrait manifestement être votre premier partenaire. Je vous le dis depuis le siège qui est le mien, celui de Gabriel Péri : pourvu que jamais ne soit servi à l’extrême droite ce qu’elle est venue chercher, les apparences de la respectabilité pour son funeste projet de société ! (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR-NUPES et sur plusieurs bancs des groupes LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES.)
Pour le groupe Gauche démocrate et républicaine, pour ses députés communistes et ses députés d’outre-mer, c’est une motion de gauche. C’est une motion qui appelle d’autres pistes, qui propose une alternative. C’est une motion pour l’urgence de progrès sociaux, écologiques et démocratiques. C’est une motion qui vous appelle à des inflexions claires, non pas dans le but d’obtenir nos suffrages, mais afin de prendre en compte les points de vue qui ont part à la volonté populaire que nous représentons ici.

Vous continuez à contourner le salaire, à remettre en cause le principe de la cotisation sociale, à affaiblir la sécurité sociale, à proposer des augmentations de pouvoir d’achat qui sont en réalité autofinancées par leurs bénéficiaires. Vous renoncez à des ressources nécessaires, à la justice fiscale, à des investissements indispensables, par exemple dans la rénovation thermique des logements ou dans le développement des chemins de fer, et vous annoncez le retour de l’austérité budgétaire. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes GDR-NUPES et LFI-NUPES. – M. Olivier Faure applaudit également.) Votre politique fiscale se fera au profit des actionnaires et des plus fortunés, au détriment du plus grand nombre et des services publics. Ainsi, l’audiovisuel public, désigné par le Président comme la honte de la République, est dans le viseur, et l’éducation nationale, maltraitée pendant cinq ans, traverse une crise qui ressemble furieusement à celle de l’hôpital public. Quant aux mesures que vous envisagez pour l’hôpital public, elles ne sont qu’un cautère sur une jambe de bois.

Vous annoncez un nouveau durcissement de la politique d’hospitalité. Ainsi, vous avez beau vanter les mérites de la République, les actes ne suivent pas pour lui permettre d’être au rendez-vous de sa promesse dans nos villes, nos villages, nos quartiers, sur le continent et dans les territoires d’outre-mer où l’on a le ferme sentiment d’être dans un lieu de seconde zone. (Mme Karine Lebon applaudit.)
Plutôt que l’effilochage des droits, plutôt que le recours à la chance, mettez au cœur de l’action publique la lutte résolue contre les inégalités et pour le respect de l’humain ; placez la question du climat au centre – la sécheresse gagne. Vous ne le ferez pas sans vous attaquer aux puissances d’argent, à la loi de l’argent. Ayez enfin ce courage plutôt que de vous placer du côté des patrons, d’Uber, de McKinsey et consorts ! Au lieu de favoriser la santé des actionnaires, agissez en faveur de la jeunesse tant malmenée ces dernières années.

.Vous avez dit vouloir faire du travail « un levier d’émancipation », vous qui, avec le Président, avez défendu et conforté le modèle économique et social de travail low-cost d’Uber. Vous avez pourtant contribué à précariser, dans le public comme dans le privé, vous avez attaqué le code du travail, abîmé le droit à l’assurance-chômage. Le mal-emploi et le mal-travail sont en progression constante dans notre pays sous les coups d’injonctions à la compétitivité et à la réduction du prétendu coût du travail. Au lieu de vous payer de mots, arrêtez la casse, attaquez-vous à la précarité, occupez-vous des métiers, exercés majoritairement par des femmes, qui sont si mal reconnus.

Je reviens à Éric Vuillard : « Il releva la tête. Regarda l’hémicycle. À ce moment, son grand visage s’écarquilla. Et il sembla que l’expression " élu du peuple " voulait parfois dire quelque chose. » Chaque fois que je monte à cette tribune, telle est ma seule intention.
C’est donc au nom des espoirs de celles et de ceux qui nous ont envoyés en ces lieux, afin de les défendre d’emblée et parce que vous-même semblez les ignorer, que les députés communistes et des territoires outre-mer du groupe Gauche démocrate et républicaine voteront la censure. (Les députés des groupes GDR-NUPES, LFI-NUPES, SOC et Écolo-NUPES se lèvent et applaudissent.)

 

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 05:26

 

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 05:23

 

Mercredi 13 juillet, la Commission des Finances du Sénat recevait Pierre Moscovici, Premier Président de la Cour des Comptes en audition.

Eric Bocquet est intervenu pour plaider la levée d’impôts auprès des grands gagnants de la pandémie et de la crise, au lieu de toujours reprocher l’excès de dépenses des services de l’Etat.

Son intervention n’a pas fait l’objet d’une réponse de la part de M. Moscovici.

Merci Monsieur le Président,

Vous me permettrez de parler impôts, je sais que c’est un mot qui fait hurler beaucoup de nos collègues, bah oui !

Mais l’impôt… On parle déficit, on parle dette, on parle toujours excès de dépenses mais jamais de déficit de recettes, dont on pourrait s’inspirer.

J’ai lu un article récent de Monsieur Patrick Artus, qui n’est pas un révolutionnaire patenté, qui dit « la baisse de la fiscalité du capital est un échec ». Il cite la suppression de l’ISF, la mise en place de la flat tax, et il illustre son propos en disant que le taux d’épargne a augmenté grâce à ces mesures ces dernières années, passant de 12 à 17%, et qu’à l’inverse, le taux d’investissement dans les entreprises est passé de 5 à 3%. Et les investissements en général, très majoritairement, vont sur des actifs déjà existants. Donc très peu d’impact sur la création d’emplois et de l’activité. Ça pose quand même question, ça nourrit l’inflation des fortunes, je vous invite à acheter le magazine Challenges de la semaine dernière, les titres sont absolument magnifiques. + 315% d’augmentation entre 2010 et 2022 des fortunes industrielles de ce pays. Ça n’est pas rien, donc on voit à qui ça profite tout cela.

Alors, ce gouvernement rejette par principe toute hausse d’impôt, et pourtant, il y a des gens qui portent cette idée, des gens qui ne sont pas tous des économistes alternatifs, il y a des économistes même libéraux qui avancent l’idée qu’on pourrait augmenter l’impôt sur le revenu pour les hautes tranches. Les Britanniques l’ont fait là, ils vont taxer les profits des compagnies pétrolières, de manière exceptionnelle, mais pour un peu faire payer les gagnants de la pandémie et de la crise, qui sont une réalité quand même. Voilà, 25%, ce qui devrait dégager 5 milliards de livres dans leur budget. Voilà une idée.

Et j’ai lu également une déclaration de Madame Georgieva, qui est la cheffe du FMI, c’est son titre, et qui préconisait également d’augmenter l’impôt sur les hautes tranches, et en disant que ça ne pénaliserait nullement la croissance des économies des Etats concernés.
Donc il y a eu des gagnants dans cette pandémie, on peut vous en citer pas mal, regardez le classement de Challenges, ça vaut le coup d’y réfléchir.

Un mot sur les collectivités. Solliciter à nouveau les collectivités pour contribuer au redressement des comptes publics, ce n’est pas juste. Parce que la dette des collectivités, la part de leur dette sur la dette totale de ce pays, c’est invariablement depuis 30 ans 8-9% globalement.
Deuxième chose, les budgets des collectivités, vous le savez, doivent être équilibrés à l’euro près, c’est la loi. Ce que l’Etat ne s’autorise pas à faire depuis 47 ans, puisqu’on vote régulièrement un budget en déficit. Et puis les emprunts que les collectivités contractent, vous le savez, servent à financer l’investissement, et non pas le fonctionnement. Et les collectivités représentent encore dans ce pays, je crois, 70% de l’investissement public dans l’économie française. Donc source de croissance, de développement, d’emplois et d’amélioration des comptes publics.
Merci.

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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 08:04
Homme du jour de l'Humanité, 15 juillet - Vincenzo Vecchi, menacé d'extradition vers l'Italie
Publié le Vendredi 15 Juillet 2022 - L'Humanité

Une pièce de plus dans le juke-box de la machine à broyer des militants… Jeudi matin, après deux décisions de justice favorables à Vincenzo Vecchi, condamné en Italie à douze ans de prison pour avoir simplement été présent lors d’émeutes contre le G8 de Gênes en 2001, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a validé le principe de son extradition vers l’Italie. Elle considère que la France n’avait pas de possibilité de s’opposer au mandat d’arrêt européen pris à son encontre. Dans un communiqué de presse détaillant l’arrêt rendu, la CJUE estime qu’ « une correspondance parfaite n’est pas requise entre les éléments constitutifs de l’infraction concernée dans l’État membre d’émission et dans l’État membre d’exécution » du mandat. En l’occurrence, après la cour d’appel de Rennes en 2019, celle d’Angers avait refusé, en novembre 2020, d’exécuter le mandat d’arrêt européen émis par l’Italie à l’encontre de Vincenzo Vecchi. Le motif étant que sa peine principale de dix ans de prison, encourue pour « dévastation et pillage » – un délit directement hérité du fascisme dans l’ordre juridique italien –, n’avait pas d’équivalent en France. Les défenseurs de Vincenzo Vecchi sont ulcérés. « C’est plus qu’un revers, ça veut dire que la Cour de justice, qui interprète les textes européens, vient de dire que les règles de collaboration européennes sont considérées comme supérieures aux principes fondamentaux du droit », dénonce son avocate, Me Catherine Glon. Arrêté à l’été 2019 dans le Morbihan où il s’était installé, il y a une dizaine d’années, Vincenzo Vecchi risque plus que jamais de croupir pendant de très longues années dans une prison italienne. Son comité de soutien refuse une telle perspective : « Nous n’acceptons pas une telle décision. Nous restons plus que jamais mobilisés pour défendre notre ami Vincenzo et, d’une manière générale, le droit de manifester et les libertés fondamentales. »

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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 08:02
La vie des pauvres durablement perturbée par la crise sanitaire - L'Humanité, Gérard Le Puill, 4 juillet 2022
La vie des pauvres durablement perturbée par la crise sanitaire

Selon une enquête de l’INSEE réalisée en novembre décembre 2021 et publiée le 28 juin 2022, les ménages à faible revenu qui ont recours à l’aide alimentaire ont vu leur situation économique et sociale, mais aussi leur état psychologique, se dégrader durablement depuis le début de la pandémie Covid-19. Une situation préoccupante alors que les contaminations repartent à la hausse en ce début d’été.

Publié le Lundi 4 Juillet 2022 - L'Humanité

En France, selon la note mensuelle diffusée à la fin du mois de juin par l’INSEE, « la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie s’est amélioré au cours des douze derniers mois diminue. Le solde correspondant perd sept points et reste nettement au-dessous de sa moyenne de longue période. La part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s’améliorer au cours des douze prochains mois baisse également. Le solde correspondant perd quatre points et reste lui aussi nettement inférieur à sa moyenne ».

Voilà qui peut nous aider à mieux comprendre une autre note, celle qui porte le numéro « 1097 INSEE-Première » sur la situation des plus pauvres. Elle indique que « la crise sanitaire a accentué la précarité des bénéficiaires de l’aide alimentaire ». Publiée le 28 juin, elle indique que « les bénéficiaires de l’aide fin 2021, forment un public très hétérogène, dont le profil varie beaucoup selon le type d’aide distribuée. Les personnes fréquentant les distributions de repas sont principalement des hommes, vivant seuls et sans logement personnel. À l’inverse, les bénéficiaires des colis ou des épiceries sociales sont le plus souvent des familles vivant dans leur propre logement, avec une surreprésentation de femmes (72 %) dont près de 40 % élèvent seules un ou plusieurs enfants ».

52 % des bénéficiaires ont entre 25 et 49 ans

Concernant l’âge, l’INSEE indique que les personnes ayant les recours à l’aide alimentaire « sont relativement jeunes : 52 % ont entre 25 et 49 ans et 10 % ont 65 ans ou plus, contre respectivement 37 % et 26 % de le l’ensemble de la population de France métropolitaine âgée de 16 ans et plus (…) La structure du revenu du ménage des recourants est un indicateur de leur précarité : ils sont deux fois plus souvent allocataires des aides au logement et quatre fois plus souvent du revenu de solidarité active (RSA) que la moyenne des ménages résidant en logement ordinaire », selon l’INSEE.

Un graphique montre que 5 % des personnes ayant recours à l’aide alimentaire sont propriétaires de leur logement, tandis que 46 % sont locataires dans le parc social et 25 % dans le locatif privé, dont les loyers sont généralement plus élevés. Il faut ici se souvenir que les investisseurs dans ce type de logement ont bénéficié depuis plusieurs décennies d’importantes exonérations fiscales. Cela permettait aux gouvernements successifs de réduire chaque année le budget du logement. Mais la principale conséquence de cette politique fut un recul de la construction de logements HLM. De plus en plus de ménages éligibles au logement social ont ainsi été contraints de se loger dans le privé et ont vu la part du loyer mensuel augmenter dans leurs dépenses jusqu’à des niveaux insoutenables. De même, le manque de logements avec un loyer accessible pour les étudiants contribue au fait qu’ils sont environ 115 000 désormais à recourir à l’aide alimentaire en permanence.

La souffrance psychologique en forte hausse

L’étude note aussi qu’à « l’automne 2021, plus de la moitié des recourants bénéficiait d’aide alimentaire depuis moins de deux ans. En particulier, 43 % y ont eu recours pour la première fois après le début du premier confinement en mars 2020. Cette proportion est beaucoup plus élevée (83 %) chez les étudiants qui forment un public spécifique de l’aide alimentaire ». Dans un encadré consacré aux étudiants, la note de l’INSEE ajoute à ce propos :

« Au total un cinquième des étudiants recourants ont basculé dans l’aide alimentaire du fait de la crise sanitaire, soit deux fois plus que dans l’ensemble de la population recourante. Cela rejoint d’autres études indiquant une montée de la précarité étudiante du fait d’un fort impact de la crise sur les revenus du travail (perte de jobs étudiants dans l’hôtellerie-restauration ou les cours particuliers) et de la baisse des aides informelles du fait des restrictions de déplacement (impossibilité de revenir chez les parents par exemple) ».

Au final, selon cette étude de l’INSEE, « 44 % des recourants disent avoir constaté une baisse de leurs revenus entre le début de la crise sanitaire en mars 2020 et l’enquête en novembre décembre 2021, tandis que 50 % ont constaté une hausse de leurs dépenses ». La crise sanitaire a « également détérioré l’état de santé psychique de la moitié des recourants, ainsi que leur santé physique (31 %), les relations avec la famille, les amis, l’entourage (30 %), l’accès à l’alimentation (30 %), l’accès aux soins (26 %) et l’accès aux services d’aide sociale (24 %) ».

Une baguette par jour à partager en sept !

Alors que la hausse des prix réduit encore le pouvoir d’achat de ces ménages, le chèque alimentaire annuel de 100 € vaguement promis par le gouvernement d’ici l’automne pourrait être augmenté de 50 € par enfant à charge. Pour un couple avec un enfant, ce versement unique de 150 € correspondrait à une augmentation du revenu mensuel de 12,50 € en cette année d’inflation. Ça fait moins d’une baguette de pain tous les deux jours. Avec 350 € pour un couple ayant cinq enfants à charge, cela donnerait presque une baguette de pain par jour. Mais il faudrait la partager entre sept personnes !

À titre de comparaison, Emmanuel Macron avait empoché 1,4 million d’euros en 2011 à la banque Rothschild où son travail consistait à organiser des fusions-acquisitions entre firmes capitalistes. Dans le détail, cette année-là, il avait perçu 403 600 € de salaire fixe, 706 300 € de « bénéfices industriels » et 291 300 € provenant de « parts de dividendes dans les sociétés du groupe Rothschild ». Ajoutons qu’il était entré dans cette banque après avoir rédigé et rendu au président Sarkozy le rapport de la Commission Attali dont le gouvernement Fillon fera voter la Loi de Modernisation Économique en 2009. Elle sert depuis à faire baisser les prix agricoles afin de limiter les hausses des salaires dans le seul but de faire croître les profits. La vie difficile des ménages pauvres est aussi le résultat de cette politique menée sur la durée sous les présidences de Sarkozy, Hollande et Macron. Il reste à voir dans quelle mesure le nouveau gouvernement mis en place ce lundi va pouvoir continuer cette politique de plus en plus contestée dans le pays.

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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 05:25

 

L’agression décidée par le gouvernement russe le 24 février dernier est odieuse et viole le droit international. Un cessez-le-feu immédiat ainsi que le retrait des troupes russes sur leurs positions antérieures doit être obtenu.

L’état de guerre ne justifie pas de s’en prendre aux droits fondamentaux, tant du côté russe, que du côté ukrainien.

En Ukraine, force est de constater que depuis l’invasion russe la répression des services ukrainiens s’accroît sur les journalistes, les blogueurs et les militants de gauche et communistes. Fin juin, un total de 28 500 affaires criminelles avaient été ouvertes pour différents motifs politiques, parmi lesquelles presque 1 200 pour « trahison », pour lesquelles sont encourues entre quinze ans de prison et la perpétuité.

Il y aujourd’hui environ 25 000 détenus politiques en Ukraine.

La répression touche l’ensemble des partis de gauche. Onze partis ont été purement et simplement interdits par décret présidentiel puis par le tribunal administratif d’appel de Lviv. Le militant de gauche Alexandre Matyouchenko, de Dniepro, a été condamné à trois ans de prison, après avoir sous contrainte physique dû plaider « coupable ».

Les communistes sont particulièrement visés. Nos camarades du Parti communiste d’Ukraine étaient en prise avec une procédure d’interdiction depuis 2015. Le tribunal administratif d’appel de Kiev a définitivement interdit le parti le 16 mai dernier. Ses locaux ont été occupés par le SBU dès le 24 février. Nous avons à plusieurs reprises réaffirmé notre solidarité auprès de nos camarades avec lesquels nous restons en contact constant. Rappelons que leur position a toujours été ferme sur le respect de l’intégrité territoriale ukrainienne, y compris comprenant la Crimée, dans un cadre décentralisé tel qu’auraient dû le mettre en œuvre les accords de Minsk, jamais respectés par le pouvoir en place à Kiev sur cet aspect.

Une campagne de solidarité, à laquelle nous nous associons, s’est enclenchée en faveur des frères Alexandre et Mikhail Kononovitch, membres des jeunesses communistes, arrêtés par le SBU le 3 mars et dont le procès a commencé à Kiev, sans qu’ils soient présents, et sans qu’aucune explication ne soit donnée à leur absence. Le SBU mène une opération d’intoxication en envoyant de faux messages de leurs comptes sur les réseaux sociaux. Il se livre également à des pressions physiques sur eux afin de les contraindre à plaider coupable. Alexandre et Mikhail Kononovitch ont appelé à une intervention des députés européens.

Les pouvoirs discrétionnaires du SBU font que l’Ukraine n’est pas un état de droit. L’état de guerre ne justifie pas l’arbitraire, ni les tortures physiques, ni les humiliations publiques, dont ont par exemple été victimes les Roms qui, fuyant la guerre, ont été ligotés et recouverts de peinture dans les rues de Lviv. La répression qui s’abat sur la gauche et sur les minorités, que connaît le pays depuis Maidan et le massacre impuni de 43 militants à Odessa le 2 mai 2014, s’amplifie.

Nous condamnons fermement toute arrestation et toute décision arbitraires. Nous exprimons notre solidarité la plus fraternelle avec les militants et les organisations et les journalistes de gauche en Ukraine, avec les communistes et les militants de gauche en prise avec la répression au seul tort de leur engagement progressiste. Nous exigeons leur libération immédiate et la légalisation des organisations interdites, dont celle du Parti communiste d’Ukraine.

Nous appelons le gouvernement français à conditionner les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE à la libération immédiate des prisonniers politiques, au respect de l’état de droit et du pluralisme démocratique en Ukraine ; et le Parlement européen à envoyer une mission d’enquête en Ukraine chargée de rencontrer les militants emprisonnés.

Vincent Boulet

Responsable des Affaires européennes

Membre de la commission des relations internationales du PCF

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15 juillet 2022 5 15 /07 /juillet /2022 05:17

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 08:21

Lettre des élus communistes du Conseil Régional de Bretagne - Juillet 2022

Lettre des élus communistes du Conseil Régional de Bretagne - Avril 2022

Retour sur la session du Conseil régional de Bretagne des 30 juin et 1er juillet 2022
 

La lettre des élues communistes et progressistes
du Conseil régional de Bretagne

 

Juillet 2022 - Gladys GRELAUD
 

conseillère régionale membre de la CAO et de la Commission aménagements et mobilités
Durant cette session plénière du Conseil régional de Bretagne, Gladys GRELAUD prenait la parole au sujet de le stratégie régionale des transitions économiques et sociales :
 

« Cette stratégie que nous présentons nous donne des orientations claires dans la continuité de nos engagements de mandat. Elle nous donne un cap et une méthode pour promouvoir une économie sociale et écologique à l’échelle de la région Bretagne.
Nous n'avons eu de cesse de dénoncer les affres du libéralisme du projet présidentiel et son impact sur les hommes et la planète, il est bon que des contre-pouvoirs ressurgissent et que des projets de justice sociale et
de transition écologique voient le jour.
Face à ces grands défis de notre temps, nous saluons la méthode proposée qui s'appuie sur toutes les ressources de notre territoire.
Nous ne pourrons bâtir la Bretagne de demain sans être à l'écoute de l'ensemble des
Bretonnes et des Bretons et d’abord à l’écoute des travailleuses et des travailleurs parce que ce sont eux produisent les richesses de cette Bretagne, et rappelons-le dans cet hémicycle, c’est aussi en Bretagne que ce trouvent les plus bas salaires.

Et rappelons encore les 2/3 des smicards sont des smicardes. Il est essentiel dans cette stratégie de reconnaître et de comprendre les attentes des travailleurs, au même titre, voire plus, que celui des entrepreneurs.
Il est primordial de s'adresser à toutes et tous et pas seulement à celles et ceux qui décident, qui possèdent, mais aussi celles et ceux qui produisent les richesses de notre territoire.
Ne répétons pas les erreurs du projet présidentiel qui fait fi des aspirations populaires et ne répond à l'inflation galopante que par des opérations pièces jaunes. L’aumône, la becquée, en toute sérénité, ça n’est pas ce que nous défendons dans cette majorité.
Les travailleurs et les privés d’emploi qui vivent dans les quartiers populaires des métropoles, mais aussi des villes moyennes ou encore dans les lieu-dit à la campagne sont souvent loin des objectifs.

Nous tenons à souligner l'importance de leur prise en compte en priorités dans les politiques économiques de la région. Ce schéma dans sa construction s'adresse, d’abord, à celles et ceux qui ont si peu, qui survivent, et
où la vie chère frappe de plein fouet. Pour beaucoup, cet argent public que nous investissons améliore concrètement le quotidien et est parfois le seul rempart face à des politiques libérales qui fracturent et qui aggravent l'existant.

Là où le projet présidentiel se limite à la pose de rustine, construisons pierre par pierre un modèle breton, qui rassemble et qui protège.
Personne ne sait de quoi demain sera fait, à nous d'apporter un peu d'espoir dans une période qui en manque cruellement ».


Pour retrouver l’intégralité de son intervention:


Gladys GRELAUD session juillet 2022 -
YouTube

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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 07:38
Conseil départemental du Finistère, séance plénière du 29 juin: intervention de Jacqueline Héré sur la politique sportive
Voici l'intervention de Jacqueline Héré, conseillère départementale communiste de Brest-1, pour le groupe Finistère & Solidaires (22 élu.e.s) sur la politique sportive à la dernière séance plénière du Conseil Départemental du Finistère, le 29 juin 2022
 
 
***
 
Monsieur le Président, chers collègues.

Le Finistère est un département sportif grâce à la mobilisation de nombreux acteurs professionnels et bénévoles, dans les 1800 associations sportives que compte notre département.

Le sport participe non seulement à une meilleure condition physique, au bien-être, mais est également un fort levier de cohésion sociale, de solidarité, d’apprentissage du vivre ensemble- Il y a quelques jours, l’équipe du collège Mandela de Plabennec en a fait la démonstration, en remportant le championnat de France d’athlétisme UNSS en sport partagé.

Le Département, collectivité des solidarités sociales et territoriales, doit accompagner tout ce qui renforce le lien social à travers la pratique sportive, de loisirs et de compétition, aux côtés du mouvement sportif. C’est pourquoi il doit adapter ses aides au sport pour mieux prendre en compte cette exigence de solidarité, mobiliser le sport comme un levier d’insertion, faciliter l’accès au sport pour les publics qui en sont le plus éloigné, notamment les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, mais aussi promouvoir le sport au féminin et auprès des jeunes générations, favoriser la pratique dans les collèges.

Dans votre délibération sur le bilan sportif, vous parlez des 5 euros versés aux clubs comme un vrai succès : en effet qui ne souhaiterait pas avoir un peu plus de moyens financiers à disposition.

Ce bilan pose des questions :

-        ce versement sera -t -il reconduit pour les années à venir sur le même mode ?

-        ce dispositif ne doit-il pas évoluer , puisque les besoins des associations peuvent être différents ,ne serait-il pas souhaitable d’utiliser un autre modèle de calcul intégrant des critères sociaux ,comme le font déjà d’autres collectivités (associations accompagnant certains publics en difficulté et aux associations mettant en place une tarification sociale).

Dans cette délibération, la seule perspective, la création d’un pôle dédié au nautisme et d’un service au sein du département. Certes le Finistère, comme premier département nautique de France vu sa proximité avec la mer mérite une attention particulière, le fait de regrouper l’ensemble des structures est-il souhaitable ?, nous n’en sommes pas convaincus.

Nous regrettons de ne pas lire dans cette délibération de mention de politique sportive volontariste sur le sport au féminin, le sport adapté aux personnes en situation de handicap ou aux personnes âgées, sur le sport comme levier d’insertion. Rien non plus sur l’accessibilité financière, alors que nombre de nos citoyens sont amenés à recentrer leurs budgets sur leurs besoins primaires. Écrire un rapport de » perspective » en omettant ces dimensions du sport ,qui, avec le nautisme ,font la fierté du Département ,c’est prendre le risque d’un premier carton jaune.

Nous voterons contre cette délibération.

Conseil départemental du Finistère, séance plénière du 29 juin: intervention de Jacqueline Héré sur la politique sportive
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14 juillet 2022 4 14 /07 /juillet /2022 05:17

 

 

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