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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 11:23

Qassam Barghouti : « Mon père n’a jamais vu sa petite-fille »

Qassam Barghouti, qui a été lui-même prisonnier durant trois ans, est le fils de Marwan Barghouti, dirigeant du Fatah emprisonné depuis 15 ans, condamné à la perpétuité. Il témoigne de l’état de santé de Marwan Barghouti et de la lutte des prisonniers politiques palestiniens, par la grève de la faim.

L’Humanité, mardi 23 mai 2017

Nous entrons dans la sixième semaine de combat pour la dignité des prisonniers palestiniens. Au bout de ces 36 jours, notre père Marwan Barghouti n’a pu recevoir la visite de son avocat qu’à une seule reprise. Il est en isolement complet depuis le début du mouvement le 17 avril. Ils l’ont changé de prison sans nous avertir initialement. Il est actuellement dans une prison toujours près de Haïfa.

Il a déjà perdu une vingtaine de kilos. Et sa décision récente de ne plus boire nous inquiète. Malgré les énormes risques, il s’agit d’une étape supplémentaire dans la lutte. Nous avons pleinement confiance en son combat et pour arriver à amener les autorités israéliennes à négocier. Ce n’est ni la première grève de la faim des prisonniers ni de mon père, mais c’est certainement la plus importante. 1 600 détenus qui réclament ensemble le respect de leurs droits : visites, téléphones, accès aux soins. Ce sont juste des revendications humanitaires, qui font partie de toutes les conventions internationales concernant les prisonniers. Comment comprendre aujourd’hui qu’un enfant de 12 ans soit en prison et qu’on lui interdise de parler au téléphone avec ses parents ? Comment comprendre que l’on empêche un père de voir ses enfants ou ses petits-enfants ? Mon père n’a jamais vu sa petite-fille de 4 ans. Et je n’ai pas revu mon père depuis trois ans.

Ces restrictions et l’intransigeance du gouvernement israélien provoquent une forte colère dans la population. Et cela pourrait rapidement dégénérer si aucune négociation ne s’ouvre et si un prisonnier décède. Les actions à l’extérieur des prisons pourraient rapidement se durcir. Nous devons nous servir de la visite de Donald Trump et de ses déclarations de vouloir relancer le processus de paix pour déjà régler la situation des prisonniers palestiniens. Car il s’agit de droits élémentaires et humanitaires. Même l’ONU a publié deux communiqués pour condamner l’attitude du gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Qassam Barghouti: "Mon père n'a jamais vu sa petite-fille" (L'Humanité, 23 mai 2017)
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 11:20

Grève générale en Palestine, pour soutenir les prisonniers en grève de la faim

Largement suivie dans les Territoires palestiniens et émaillée d’affrontements, la grève générale a été lancée le jour de l’arrivée de Donald Trump en Israël.

L’Express avec AFP, mardi 23 mai 2017

Alors que le président américain Donald Trump est arrivé en Israël ce lundi, une grève générale a été lancée et largement suivie dans les Territoires palestiniens. Le but : soutenir les centaines de prisonniers palestiniens en grève de la faim depuis plus d’un mois dans les prisons israéliennes.

En Cisjordanie occupée, tous les magasins étaient fermés et les rues vides à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne. À Hébron, dans le sud de ce territoire occupé depuis 50 ans par l’armée israélienne, magasins, écoles et bâtiments publics ont également fermé leurs portes. Dans la bande de Gaza, tout était à l’arrêt à l’exception des écoles et des plus importants hôpitaux de cette petite enclave soumise à un sévère blocus israélien depuis plus de dix ans.

Affrontements entre jeunes palestiniens et soldats israéliens

En Cisjordanie, une manifestation est partie à la mi-journée, en direction d’un check-point militaire israélien qui sépare Jérusalem de Ramallah. Certains manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles une empreinte de pied avait été dessinée sur un cliché de Donald Trump, rejetant une visite qui vise à "vendre des illusions et brader les droits des Palestiniens".

Le président américain Donald Trump se recueille devant le mur des Lamentations, à Jérusalem, le 22 mai 2017afp.com/MANDEL NGAN

Des heurts ont ensuite éclaté entre des centaines de jeunes qui jetaient des pierres sur des soldats israéliens qui ont répliqué par de longues salves de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc, faisant au moins un blessé.

36 jours de grève de la faim

Des centaines de Palestiniens sont en grève de la faim dans les prisons israéliennes depuis 36 jours, pour obtenir des conditions de détention plus dignes. "Leurs proches et leurs avocats sont interdits de visite, Israël cache toutes les informations sur leur état de santé", affirme Fedwa Barghouthi, l’épouse du leader de la grève Marwan Barghouthi, haut cadre du Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas.

Ce dernier doit rencontrer le président américain mardi à Bethléem, en Cisjordanie occupée. Des Palestiniens ont annoncé leur intention de sensibiliser Donald Trump à la cause des prisonniers.

6500 Palestiniens dans les prisons israéliennes

La mobilisation en faveur de ces prisonniers a déjà provoqué plusieurs grèves et de nombreuses manifestations qui ont souvent dégénéré en heurts : deux Palestiniens ont été tués, l’un par des soldats, l’autre par un colon israélien, et des dizaines d’autres blessés.

Actuellement, 6500 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, selon l’ONG le Club des prisonniers palestinien.

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 08:15
Finistère - L'Humanité du mercredi 24 mai 2017, rencontre avec Raymond Mc Cartney, dirigeant du Sinn Féin dans le cadre des campagnes législatives les 12 et 13 mai 2017 à Roscoff, Morlaix et Brest

Finistère - L'Humanité du mercredi 24 mai 2017, rencontre avec Raymond Mc Cartney, dirigeant du Sinn Féin dans le cadre des campagnes législatives les 12 et 13 mai 2017 à Roscoff, Morlaix et Brest

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 07:25
C'est un joli nom camarades! Quelques-uns de nos candidats aux élections législatives dans le Finistère, en Bretagne et en France
C'est un joli nom camarades! Quelques-uns de nos candidats aux élections législatives dans le Finistère, en Bretagne et en France
Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou, candidats sur la 2e circo du Finistère (Brest Centre), Yasmine Tanguy, Maxime Paul, Claude Bournot et Pierre-Yves Liziar (candidats dans la 5e du Finistère), Catherine Flageul et Jean-Paul Cam: candidats PCF-Front de Gauche sur la 2e, 3e, 5e, 6e circonscription du Finistère

Eric Guellec et Anne-Catherine Cleuziou, candidats sur la 2e circo du Finistère (Brest Centre), Yasmine Tanguy, Maxime Paul, Claude Bournot et Pierre-Yves Liziar (candidats dans la 5e du Finistère), Catherine Flageul et Jean-Paul Cam: candidats PCF-Front de Gauche sur la 2e, 3e, 5e, 6e circonscription du Finistère

C'est un joli nom camarades! Quelques-uns de nos candidats aux élections législatives dans le Finistère, en Bretagne et en France
C'est un joli nom camarades! Quelques-uns de nos candidats aux élections législatives dans le Finistère, en Bretagne et en France
C'est un joli nom camarades! Quelques-uns de nos candidats aux élections législatives dans le Finistère, en Bretagne et en France
C'est un joli nom camarades! Quelques-uns de nos candidats aux élections législatives dans le Finistère, en Bretagne et en France

" Le 19 mai s'est donc clos officiellement le dépôt des candidatures aux élections législatives.

524 candidatures sont présentées ou soutenues par le PCF-Front de gauche en métropole, comprenant 452 candidatures à parité présentées par notre formation et 72 soutiens.

La liste nationale des candidats que nous présentons rassemble des femmes et des hommes issus du peuple et qui vivent et travaillent comme l'immense majorité de celui-ci. Cette liste comporte aussi, comme je l'ai dit, le soutien à 72 candidatures de personnalités engagées dans le mouvement social à des titres divers et d'autres venus de formations politiques telles que France insoumise, Ensemble, République et Socialisme, EELV ou des soutiens de Benoit Hamon.

Parmi ces personnalités, citons Clémentine Autain, François Ruffin, Zara Boudjemaï, Caroline de Haas, Monique Pinçon-Charlot, Marianne Journiac…

Malgré l'absence d'accord national, il n'y aura pas de concurrence avec FI dans 29 circonscriptions. Des communistes en mesure de l'emporter ne se verront pas opposer de candidatures FI dans 11 circonscriptions. Nous en en félicitons et je veux saluer les militants locaux de la FI qui ont permis ces choix. Pour notre part, nous soutenons des candidatures FI dans 18 circonscriptions, dont celle où se présente Jean-Luc Mélenchon. En revanche, je veux dire que nous regrettons très profondément le maintien de candidatures FI dans près d'une vingtaine de circonscriptions où se joue l'élection possible d'un ou d'une député(e) communiste, sans que FI n'ait en revanche une chance de l'emporter. J'invite les électrices et électeurs de Jean-Luc Mélenchon dans ces circonscriptions à réfléchir à cette situation pour éviter d'offrir par la dispersion de leurs voix au premier tour un député supplémentaire à En Marche, la droite ou le FN.

40 % de nos candidats ont moins de 50 ans, 20 % moins de 40 ans. 70 % n'ont jamais exercé de mandat électif.

38 % sont des employés, ouvriers ou techniciens, 14 % des cadres, 20 % des fonctionnaires, 25 % des retraités, d'autres encore sont artisans ou étudiants. Ce sont des candidatures à l'image de la France, pas celle des cabinets ministériels et des conseils d'administration. 40 % des nos candidats ont des responsabilités syndicales dans le cadre de leur activité professionnelle et connaissent parfaitement les conditions de vie des salariés de notre pays.

Ces candidats vont d'ailleurs sans attendre se mettre au service du combat qui s'annonce contre le recours aux ordonnances pour casser encore plus le Code du travail et finir le sale boulot de la loi El Khomri.

Pour cela, j'annonce que nous lançerons le 1er juin dans toute la France une campagne nationale avec ce slogan: «  l'été, ça n'est pas fait pour casser le code du Travail – Non aux ordonnances Macron »." 

PIERRE LAURENT. 

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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 06:50

Ils ne doivent pas mourir

PAR PIERRE BARBANCEY
MARDI, 23 MAI, 2017
L'HUMANITÉ
Photo : Ilan Assayag/Reuters
Photo : Ilan Assayag/Reuters

L'éditorial de Pierre Barbancey. « Ces hommes et ces femmes de tous âges sont des combattants de la liberté dont le seul tort est de vouloir voir leurs enfants grandir dans un État de Palestine dans les frontières de 1967. »

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a d’ores et déjà annoncé la couleur s’agissant de la grève de la faim observée par les prisonniers politiques palestiniens : il se comportera comme Margaret Thatcher qui, en 1981, a laissé mourir Bobby Sands et les patriotes irlandais. Depuis 37 jours aujourd’hui, Marwan Barghouti et des centaines d’autres détenus ont cessé de s’alimenter. Ils ne boivent plus. Le pire peut désormais arriver, si rien n’est fait. Leurs revendications sont pourtant légitimes. Ils veulent voir leur famille plus souvent, améliorer des conditions de détention terribles… À ces demandes légitimes, le gouvernement israélien oppose une fin de non-recevoir. En cinquante ans d’occupation, pas une famille palestinienne n’a été épargnée. Ils sont aujourd’hui 6 500 dans les geôles israéliennes. Certains depuis plus de trente ans, dépassant le triste record de Nelson Mandela. C’est aussi cela la réalité de l’occupation israélienne.

La libération des prisonniers palestiniens est une question urgente qui fait partie intégrante de la résolution de ce qu’il est convenu d’appeler le « conflit israélo-palestinien », en réalité une politique d’occupation et de colonisation qui nie les droits d’un peuple. La France, si sourcilleuse en d’autres points de la planète, se grandirait à intervenir pour que les revendications des prisonniers palestiniens soient entendues. Pour la première fois depuis longtemps, en Cisjordanie comme à Gaza, les Palestiniens ont arrêté le travail ou n’ont pas ouvert leur magasin, hier, en signe de solidarité avec « leurs » prisonniers. Car ces hommes et ces femmes de tous âges – 350 mineurs palestiniens sont enfermés – sont des combattants de la liberté dont le seul tort est de vouloir voir leurs enfants grandir dans un État de Palestine dans les frontières de 1967. D’où l’importance de faire grandir un mouvement international pour la libération de Marwan Barghouti, d’Ahmed Saadat et de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens. Tout de suite. Avant qu’il ne soit trop tard.

grand reporter
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 06:17

Rencontre avec le nouveau ministre de la Fonction publique

La CGT a réaffirme qu’elle est opposée à faire des fonctionnaires une variable d’ajustement économique

mercredi 24 mai 2017

Le 23 mai, les syndicats de la fonction publique ont commencé à rencontrer leur ministre de tutelle Gérald Darmanin, selon leur représentativité.

C’est donc la CGT qui a ouvert le bal avec une délégation composée de Mireille Stivala, Secrétaire Générale de la Fédération CGT Santé et Action sociale, Jean-Marc Canon, Secrétaire Général de l’Union Fédérale CGT des Syndicats de l’Etat et Baptiste Talbot, Secrétaire Général de la Fédération CGT des Services publics.

Le syndicat a pu exprimer ses craintes sur les mesures présentes dans le programme d’Emmanuel Macron, comme la restauration du jour de carence, la réduction de plusieurs milliards d’euros de dépenses publiques socialement utiles, et demander si le rendez-vous salarial d’augmentation du point d’indice, qui était prévu pour le printemps 2017 par le précédent gouvernement, tenait toujours.

« C’est plus que compromis », a regretté Jean-Marc Canon. La CGT a aussi réaffirmé qu’elle était opposée à faire des fonctionnaires une variable d’ajustement économique. « Supprimer 120 000 postes de plus, ce n’est pas possible, d’autant qu’il y a déjà des administrations qui sont sur l’os et ont besoin d’embaucher, a poursuivi Jean-Marc Canon.

Et comment contraint-on l’administration territoriale à supprimer des postes ? Le ministre nous a répondu qu’il était là pour appliquer la feuille de route du président mais qu’il ne faisait pas de l’objectif chiffré de suppression de postes sa boussole. »

 

A l’issu de la réunion la CGT Fonction publique a publié un communiqué

Communiqué de la CGT Fonction publique 

Ce matin, une délégation de la CGT Fonction publique (1) a rencontré Gérald Darmanin, nouveau ministre de l’Action et des Comptes publics.

La CGT a réaffirmé son désaccord quant au périmètre du ministère et à son intitulé, qui lient les enjeux de la Fonction publique aux impératifs budgétaires et privent la Fonction publique d’un ministère de plein exercice.

Nous avons affirmé notre attachement viscéral à une Fonction publique à trois versants, garantie par un Statut général fort.

La CGT a pointé sa disponibilité pour le dialogue avec le gouvernement tout en pointant qu’elle considère qu’un certain nombre de sujets n’est pas négociable. Il en va ainsi en particulier de la valeur unique du point d’indice de la Fonction publique.

La CGT a rappelé la nécessité de mesures salariales générales fortes pour faire face à la baisse de pouvoir d’achat des agents.

Sur les effectifs, nous avons fait part de notre désaccord quant aux projets de poursuite des politiques de suppression d’emplois et relevé que des créations d’emplois sont nécessaires dans de nombreux secteurs. Nous avons souligné que la succession de réformes a désorganisé les missions et conduit à une grande souffrance des personnels. Nous avons par conséquent plaidé pour un état des lieux et un débat public comme préalables à tout nouveau chantier en matière d’organisation des missions.

La CGT a fait part de son opposition au rétablissement du jour de carence, compte tenu en particulier de l’inégalité qu’elle génèrerait entre agents publics et salariés du secteur privé, compte tenu de la plus faible prise en charge de la protection sociale complémentaire par les employeurs publics.

Notre organisation s’est déclarée opposée aux velléités d’allongement du temps de travail des personnels compte tenu de l’accumulation des heures supplémentaires qui ne sont ni payées ni récupérées.

(1) Composée de Mireille Stivala, Secrétaire Générale de la Fédération CGT Santé et Action sociale, Jean-Marc Canon, Secrétaire Général de l’Union Fédérale CGT des Syndicats de l’État et Baptiste Talbot, Secrétaire Général de la Fédération CGT des Services publics

Nous avons également fait part de notre désaccord quant aux volontés de remise en cause des régimes de retraite de la Fonction publique, tout en soulignant l’urgence d’une meilleure prise en compte de la pénibilité tant en termes de prévention que de réparation.

Nous avons souligné notre attachement à la formation professionnelle et à la nécessité de son développement dans la Fonction publique.

La CGT a enfin fait part de sa volonté d’une pleine mise en œuvre de l’accord sur l’égalité professionnelle femmes/hommes dans la Fonction publique, de la poursuite du cycle de dialogue engagé sur les carrières des ATSEM, et de mesures permettant de garantir une participation de haut niveau lors des élections professionnelles de 2018.

Le ministre a rappelé que les engagements pris par le Président de la République constituent la feuille de route du gouvernement.

Il a fait part de sa volonté de mener son action dans le cadre d’un dialogue constant avec les organisations syndicales.

Le ministre a reconnu que la situation salariale des fonctionnaires est préoccupante, en particulier en catégorie C. Il a déclaré qu’un rendez-vous salarial concernant de possibles mesures générales pourrait être organisé au printemps 2018. Concernant notre interpellation sur la valeur unique du point d’indice, il a répondu que le gouvernement souhaite trouver un équilibre entre conséquences des décisions gouvernementales et nécessaire prise en compte des contraintes des élus locaux.

Le ministre a confirmé l’engagement présidentiel sur le jour de carence, tout en indiquant que cette mesure devra tenir compte de la situation salariale des agents et garantir une « équité » entre secteurs public et privé.

Sur les retraites, sans donner davantage de précisions, le ministre a relevé que ce chantier fera l’objet d’un cadre global défini par le Premier ministre, auquel les acteurs de la Fonction publique seront associés.

De nouvelles rencontres bilatérales sont prévues pour le mois de juin, avant une possible réunion plénière en juillet dans le cadre du Conseil commun de la Fonction publique.

Ce premier rendez-vous confirme donc la volonté gouvernementale de mise en œuvre des mesures portées pat le candidat Macron. L’échéance des élections législatives sera donc déterminante. La CGT appelle les agents de la Fonction publique à faire entendre à cette occasion leurs exigences en matière de progrès social.

Elle appelle également au développement des luttes, dans le cadre le plus unitaire possible, pour la satisfaction des revendications et le renforcement de l’emploi public et de nos missions.

Montreuil, le 23 mai 2017

Rencontre avec le nouveau ministre de la Fonction publique: la CGT réaffirme qu'elle est opposée à faire des fonctionnaires une variable d'ajustement économique
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24 mai 2017 3 24 /05 /mai /2017 06:16

 

 

Samedi, le Parti communiste d'Ille-et-Vilaine présentait les candidats qu'il présente ou soutient pour les élections législatives dans le département. Au total ce sont 7 binômes, titulaires et remplaçants, qui seront présents dans les 8 circonscriptions existantes. Il n'y aura effectivement pas de candidat présenté dans la 5e circonscription de Vitré : « les forces de gauche n'y étant pas assez nombreuses, en l'absence de rassemblement il ne fallait pas ajouter la division », expliquent les responsables. 

Avec une moyenne d'âge de 41 ans, le renouvellement parmi les candidats est important puisque les deux tiers des titulaires sont nouveaux. La volonté est de rassembler le plus largement à gauche pour ces élections comme sur la circonscription de Saint-Malo (PCF, EELV, PS) et Fougères (PCF, Front de Gauche, EELV, Bretagne Écologie, PS). Les représentants de la liste « Une gauche de rassemblement pour l'humain d'abord » souhaitent ainsi « avoir une Assemblée nationale pour peser et s'opposer à la politique du gouvernement Macron qui aura avant tout l'objectif de satisfaire les attentes de la haute finance et du patronat ». Pour le PC, ces législatives marquent aussi un premier pas vers « la reconstruction d'une nouvelle force de gauche, une vraie force d'opposition qui porte les valeurs de solidarité, de progrès sociale, de démocratie et d'écologie. » 

 

Les candidats 

1er circonscription. Titulaire : Michel Demolder, 57 ans, salarié d'une association pour personnes sourdes, maire adjoint de Pont-Péan. Remplaçante : Nadine Morvan, 60 ans, conseillère Pôle emploi, responsable syndicale. 

2e circonscription. Titulaire : Évelyne Forcioli, 59 ans, enseignante spécialisée, syndicaliste Remplaçant : Alain Pechon, 51 ans, chargé de mission à la mairie de Liffré, syndicaliste 

3e circonscription. Titulaire : Yannick Nadesan, 34 ans, sociologue urbaniste, conseiller municipal à Rennes et président de la collectivité Eau du bassin rennais. Remplaçante : Françoise Faucheux, retraité. 

4e circonscription. Titulaire : Philippe Bonnin, ingénieur en agriculture, Docteur en économie et maire de Chartres-de-Bretagne. Remplaçante : Joëlle Stutzinger 

6e circonscription. Titulaire : Benoit Montabone, 32 ans, enseignant chercheur en géographie. Remplaçante : Sylvie Forel, 59 ans, agricultrice bio. 

7e circonscription. Titulaire : Solenn Hallou, 39 ans, professeure de lettres. Remplaçante : Alexandra Thierry, vendeuse. 

8e circonscription. Titulaire : Claire Payen, 27 ans, employée. Remplaçant : Michel Armand, 63 ans, ancien directeur de production du service public de l'audiovisuel. 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 20:58
Les Européens continuent de mettre la Grèce au supplice (Martine Orange, 23 mai 2017- Médiapart)

Les Européens continuent de mettre la Grèce au supplice

 PAR MARTINE ORANGE

Une nouvelle fois, la Grèce repart les mains vides de Bruxelles. Les dirigeants européens ont décidé de jouer encore la montre dans l’espoir que l’Allemagne et le FMI trouvent un terrain d’entente sur la restructuration de la dette de la Grèce, alors que le pays continue de s'effondrer. 

 

Une nouvelle fois, la Grèce repart les mains vides de Bruxelles. Au terme d’une réunion de huit heures, les participants de l’Eurogroupe se sont séparés, dans la nuit du 22 au 23 mai, en constatant leur désaccord, avec comme seule promesse de se revoir le 15 juin. « Il y avait encore un fossé entre ce qui pouvait être fait et ce que certains d’entre nous pensaient qui devrait être fait », a expliqué le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. « Nous avons besoin de plus de temps pour nous accorder sur la façon de trouver plus de visibilité sur les mesures concernant la dette. Cela ne devrait pas être au-delà de la sagesse humaine de trouver un compromis », a commenté le ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, tentant de relativiser l’échec.

Athènes reste donc suspendue au bon vouloir de ses créanciers. Le gouvernement grec attend toujours le déblocage d’une ligne de crédit de 7,5 milliards d’euros, prévue dans le cadre du troisième plan de sauvetage de 86 milliards d’euros signé en juillet 2015. Sans cet argent, il ne peut faire face au paiement de 7 milliards dû en juillet pour rembourser ses créanciers, au premier rang desquels figurent la Banque centrale européenne (BCE) et le FMI. Il ne peut pas non plus se refinancer directement sur les marchés : sans accord, les dettes de la Grèce ne sont pas éligibles auprès de la BCE, et ne bénéficient donc d’aucune garantie.

 

Cela fait désormais près de deux ans que les Européens sont à la recherche de la « sainte trinité », comme le dit le ministre grec des finances. L’Allemagne, soutenue par les pays d’Europe du Nord, conditionne sa participation financière au plan de sauvetage à la présence du FMI. Mais l’institution internationale, qui regrette amèrement d’être devenue partie prenante à la crise de l’euro, met comme préalable à sa participation au nouveau plan une restructuration de la dette grecque, qu’elle juge insoutenable : celle-ci atteint désormais 179 % du PIB. Berlin s’oppose à cette restructuration, considérée comme un cadeau aux Grecs.

Plus le temps passe, plus le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, qui s’est fait tordre le bras en juillet 2015 – il militait alors pour une sortie de la Grèce de la zone euro – semble raidir sa position. Les circonstances le poussent encore moins à chercher un compromis. Alors que les élections législatives sont prévues en septembre en Allemagne, le ministre des finances, et toute la direction de la CDU derrière lui, n’a aucune intention de faire la moindre concession sur le sujet grec, devenu un repoussoir dans l’opinion allemande. D’autant que les libéraux allemands se sont aussi emparés du sujet de l’Europe pour la campagne législative. Ils rivalisent dans la surenchère pour dénoncer les fainéants du l’Europe du Sud. Ce « Club Med » qui coûte de plus en plus cher aux « vertueux » Allemands, selon eux.  

Avant même le début de l’Eurogroupe, le ministre allemand avait d’ailleurs donné l’issue de la réunion : il n'y avait pas grand-chose, sinon rien, à attendre. Un accord ne peut être finalisé, selon lui, qu’après les conclusions d’un rapport permettant de vérifier que le gouvernement grec a bien mis en œuvre toutes les réformes qu’il a acceptées. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, avait ajouté en écho : « Nous avons toujours dit que la décision concrète finale sur les mesures supplémentaires pour l’allégement de la dette grecque serait prise à la fin du programme. C’est-à-dire l’année prochaine. » Autant dire aux calendes grecques. 

Scruté pour son premier Eurogroupe, le nouveau ministre de l’économie, Bruno Le Maire, soutenu par la commission européenne, n’est pas parvenu à influencer le cours des choses. Avant la réunion, l’Élysée avait pourtant mis tout son poids. Il avait fait savoir qu’Emmanuel Macron avait réaffirmé lundi son soutien au premier ministre grec Alexis Tsipras, lors d'un entretien téléphonique. Le président de la République l’avait assuré vouloir « trouver un accord prochainement pour alléger dans la durée le poids de la dette grecque ». Le chef de l’État défend cette position depuis longtemps. Il l’a répété lors de son entretien sur Mediapart. « Une restructuration de la dette est inévitable. Pourquoi ? Parce que le système est aujourd'hui intenable. Il faut mettre les verrous, les sécurités, trouver un accord collectif, mais nous savons de toute façon tous qu'il faudra en venir là », avait-il expliqué le 5 mai. « Telle est la feuille de route du ministre de l'économie Bruno Le Maire », avait insisté l’entourage du chef de l’État lundi matin. À la sortie de la réunion des ministres européens, le ministre se voulait pourtant optimiste. Selon lui, un accord est possible en juin.

Même s’il s’efforce de minimiser l’échec de cet Eurogroupe, en mettant en avant qu’il ne s’agit que d’un simple report, le gouvernement de Syriza se retrouve encore plus fragilisé. Pour parvenir à obtenir l’aide des Européens et du FMI, Alexis Tspiras, après avoir résisté pendant quelques semaines, avait finalement accepté en mars le nouveau programme d’austérité que les créanciers de la Grèce exigeaient de lui. Lors de la discussion des nouvelles mesures, adoptées par le parlement le 18 mai, le premier ministre grec avait juré que ce seraient les dernières. En compensation de ces nouveaux efforts demandés, il promettait d’obtenir une restructuration de la dette grecque, réclamée par Athènes depuis plus de trois ans. 

Après le troisième plan qui doit s’achever en 2018, un nouveau plan sera donc mis en œuvre. Il prévoit 4,9 milliards d’euros d’économies supplémentaires d’ici à 2021. Les retraites (pour la treizième fois depuis 2010), les salaires, les services sociaux, seront à nouveau réduits. Des mesures automatiques de rigueur sont prévues si Athènes ne respecte pas ses engagements, à commencer par un excédent budgétaire (avant le paiement de la dette) de 3,5 % du PIB chaque année, au moins jusqu’en 2022.

Des objectifs économiques et financiers irréalistes

Pour de nombreux économistes, cette exigence d’un excédent budgétaire de 3,5 % sur plusieurs années est tout simplement inatteignable. Même le FMI conteste la mesure, considérant que réaliser un tel surplus budgétaire risque de casser durablement toute perspective de rebond économique, surtout dans un pays qui subit un chômage record. Obtenir 1 à 1,5 % d’excédent budgétaire sur plusieurs années serait déjà, selon lui, une performance. Mais les Européens n'en démordent pas : 3,5 % d’excédent budgétaire est un minimum, selon eux, pour s’assurer du sérieux financier d’Athènes et permettre son maintien dans la zone euro. L’objectif d’ailleurs n'est pas irréaliste, soutiennent-ils. La preuve : le gouvernement est parvenu à réaliser 3,9 % d’excédent budgétaire en 2016.

Mais à quel prix ? Pour atteindre ce chiffre, le gouvernement grec a adopté les méthodes appliquées à un redressement d’entreprise : il a coupé dans toutes les dépenses, qu’elles soient de fonctionnement ou d’investissement. Les retraites ont été diminuées de 40 %. Des économies de 5,6 milliards d’euros ont été réalisées dans les dépenses publiques. Hôpitaux, écoles, transports, déjà bien ébranlés par huit ans de crise, ont à nouveau fait l’objet de coupes claires. Dans le même temps, tous les impôts directs et indirects ont augmenté. La TVA a été portée à 24 %, les impôts fonciers ont augmenté. De nouvelles taxes sur les voitures, les télécommunications, les télévisions, l’essence, les cigarettes, le café, la bière ont été instaurées.

Cet habillage comptable ne dure qu’un temps. Dès le quatrième trimestre 2016, l’économie grecque, qui s’était peu un redressée en début d’année, a replongé. Les chiffres de 1er trimestre ont confirmé le recul : la Grèce est à nouveau en récession. Cela n'empêche pas la commission européenne de tabler encore sur une croissance de 1,6 % cette année. Comment ? Mystère. Alors que les entreprises survivantes se battent pour rester la tête hors de l’eau, les crédits impayés, les mauvaises créances grossissent à nouveau dans les bilans des banques grecques, déjà en piteux état. Les tensions sont si grandes que les Grecs, inquiets et avertis par l’expérience de 2015, ont recommencé à retirer l’argent des banques. Les dépôts bancaires sont tombés à 111 milliards d’euros en mars, soit en dessous du niveau atteint au plus fort de la crise bancaire du printemps 2015. Quant aux recettes publiques, même si la pression fiscale s’accentue, elles risquent de se réduire, tant elles sont dépendantes de l’état général du pays.

Les responsables européens se gardent bien de commenter ces résultats. Ils sont pourtant la conséquence des politiques aveugles d’austérité erronées, menées sans discontinuité depuis 2010. Le pays a vu son PIB s’effondrer de 30 % en sept ans, ce qui reste sans comparaison dans les annales économiques. Même la chute de l’économie américaine au moment de la Grande Dépression des années 1930 a été inférieure. Le taux de pauvreté dépasse les 30 % de la population. Plus d’un million de retraités vivent avec moins de 500 euros par mois. Le taux de natalité s’est effondré en dessous de 1,2 enfant par femme. « Analyse de l’expérience grecque : l’opération a réussi mais le malade est mort », grince le site grec keeptalkinggreece.

 

La Grèce se retrouve prise dans un piège dont elle ne peut s’extraire. Car tout se tient. L’effondrement de la demande se traduit par une baisse du PIB et une dégradation des comptes publics, ce qui entraîne un alourdissement réel et mathématique (le PIB baissant) de la dette. Son ratio d’endettement est passé de 120 % à 179 % du PIB aujourd’hui. Un niveau jugé intenable par beaucoup, à commencer par le FMI. Les dirigeants européens contestent l’analyse. Les aménagements déjà consentis à la Grèce, les rééchelonnements dans le temps de certaines dettes, l’abaissement des taux, soulignent-ils, font que la Grèce paie bien moins cher que les autres pays de la zone euro. En moyenne, les intérêts de la dette représentent 3,2% du PIB contre 3,9% en Italie, 4,2 % au Portugal. Aucun réaménagement n’est donc nécessaire.

Selon les scénarios établis par les services du ministère allemand des finances, révélés par Bloomberg, si la Grèce obtient une croissance de 1,3 % sur le long terme et dégage un excédent primaire en moyenne de 2,6 % du PIB, le ratio d’endettement du pays retombera en dessous de 60 % en 2060. Mais un autre scénario bien plus noir existe aussi. Si la croissance grecque sur le long terme est de 1 %, si l’excédent primaire est en moyenne de 1,5 %, le taux d’endettement de la Grèce s’élèvera à 226 % du PIB en 2060. Dans le premier cas, la Grèce n’a besoin d’aucune annulation de dette, dans le second, il faut au contraire consentir un allégement substantiel à Athènes.

Sans surprise, les responsables européens privilégient plutôt le premier scénario. Pour eux, il faut continuer à imposer une gestion rigoureuse à Athènes afin que le pays ne sorte pas du droit de chemin, quitte à attendre quarante ans pour qu’il s’en relève. Pourtant, tout se met en place pour que ce soit le second plutôt qui se réalise. Les restrictions budgétaires, l’absence d’investissement public et privé, le renoncement à toute modernisation de l’outil productif risquent d’entraîner l’économie dans une stagnation séculaire, rendant impossible tout redressement.

Depuis sept ans, les mises en garde contre ces choix destructeurs ont été multiples. Pourtant, rien ne paraît inciter les responsables européens à dévier de la ligne tracée. Le 15 juin, ils recommenceront leurs éternelles palabres. La situation cependant risque à un moment de leur échapper. Car la Grèce ne pourra rester encore longtemps condamnée à un tel supplice.

 

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 20:33
Myriam El Khomri - Caroline de Haas

Myriam El Khomri - Caroline de Haas

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La France insoumise va t-elle faire gagner l'ex-ministre Myriam El Khomri ? (PCF)

Face à l'ex-ministre Myriam El Khomri, dans la 18ème circonscription de Paris, la gauche qui s'est battue contre la loi Travail n'avait pas le droit de partir divisée dans la bataille des législatives. Elle le sera pourtant. La faute à qui ? A la France insoumise qui forte du résultat de Jean-Luc Mélenchon a voulu soumettre toutes les forces de gauche à ses seules conditions.

Cette démarche est très éloignée de notre conception du rassemblement. Nous avons eu raison de nous mettre au service de la candidature de Caroline De Haas qui a su l'année dernière rassembler avec sa pétition plus d'un million de personnes contre la loi travail. Sa candidature est aujourd'hui soutenue par de nombreuses forces : EELV, le PCF et des forces du Front de gauche, Ensemble et République et socialisme, des militants socialistes et du NPA 18 et de très nombreux citoyens.

C'est cette gauche, qui se parle, débat et agit à la fois dans la cohérence et dans le respect de chacune de ses composantes, qui est l'avenir, loin de la volonté hégémonique actuelle de la France insoumise qu'elle reprochait elle-même à juste titre hier au Parti socialiste.

Paris, le 22 mai 2017.

Igor Zamichiei, secrétaire de la Fédération de Paris du PCF
Gérald Briant, coordinateur de la section PCF du 18ème arrondissement.

Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF, fédération de Paris

Igor Zamichiei, secrétaire départemental du PCF, fédération de Paris

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23 mai 2017 2 23 /05 /mai /2017 20:30

Philippe Martinez

« Les ordonnances de Macron sont irrecevables ! »

lundi 22 mai 2017

Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Philippe Martinez commente la composition du premier gouvernement d’Édouard Philippe, et revient sur la volonté d’Emmanuel Macron de légiférer par ordonnance quant à la réforme du Code du Travail.

Que vous inspire ce nouveau gouvernement ?


Je n’ai pas pour habitude de porter de jugement sur les ministres et sur ce qu’ils ont fait, mais c’est d’abord un gouvernement de communication. L’arrivée de Nicolas Hulot en est un exemple. On nous avait parlé de renouvellement… Certes, il y a des inconnus, mais d’autres ne sont pas des nouveau-nés comme Gérard Collomb, François Bayrou, Bruno Le Maire… Gérald Darmanin est peut-être jeune, mais pas en politique. Il s’est prononcé contre le mariage pour tous, ça n’est pas un signe de grande ouverture. On a un patchwork de gens de droite qui ont soutenu Juppé, Fillon ou Sarkozy. Cela dit, le Premier ministre a été honnête en disant qu’il était de droite.

Et la nomination de Muriel Pénicaud, ancienne directrice générale de Business France, vous la saluez comme le font FO, le Medef et la CFDT ?


Certes, elle a démarré au cabinet de Martine Aubry dans le gouvernement Jospin. Mais j’en ai connu d’autres qui une fois devenus DRH dans une grande entreprise n’ont pas appliqué les 35 heures ! Chez Danone, elle a mis en œuvre un plan de 900 suppressions d’emploi dont 200 en France et remis en question de nombreux droits pour les salariés de ce groupe. Ce qui a satisfait les actionnaires et Franck Riboud aussi. Depuis plusieurs années, elle fréquente plus les conseils d’administration que les ateliers ou les bureaux ! Elle a un parcours de dirigeante d’entreprise, et le programme de Macron est clair. Elle est là pour l’appliquer.

L’appel téléphonique du Premier ministre, jeudi, est-il de nature à vous rassurer sur ses intentions ?


Nous avons discuté quatre minutes trente et il nous a confirmé qu’il souhaitait nous rencontrer. Qu’un Premier ministre contacte les organisations syndicales la première semaine de sa prise de fonction est plutôt une bonne chose. C’est une attitude correcte.

Sur la réforme du Code du travail, le gouvernement évoque plus une consultation…


Ça ne veut rien dire une consultation ! La loi Larcher prévoit une concertation sur les projets de loi en matière sociale. Il faut donc prendre le temps de discuter. À moins que la loi ne soit déjà écrite… Avec le gouvernement Valls, on a découvert le projet de loi travail dans un quotidien ! Si Édouard Philippe et Emmanuel Macron ont cette conception de la concertation, il s’agit alors plus d’un affichage que d’un dialogue réel et sincère. Nous, on est prêts, on soumettra au Premier ministre une dizaine de mesures urgentes à prendre pour le pays. Si on écoute nos propositions, nous voulons bien parler du Code du travail. Mais notre objectif est de renforcer les droits des salariés. Pourquoi le gouvernement se comporterait-il comme le Medef, qui arrive en négociation avec un texte sur lequel on n’a ni marge de manœuvre ni possibilité d’amendement. Considérer que le travail à un coût, faciliter le licenciement pour créer de l’emploi, c’est vieux comme Juppé !

Que pensez-vous de son projet de légiférer à partir de trois ordonnances ?


Ces ordonnances sont complètement irrecevables ! L’homme neuf a de vieilles recettes. Considérer que le travail à un coût, faciliter le licenciement pour créer de l’emploi, c’est vieux comme Juppé ! Dire que les licenciements d’aujourd’hui sont les emplois de demain, on voit où ça mène. À la précarité ! Le Président souhaite aller plus loin que la loi travail rejetée à 70 % par les Français. Sur les classifications, par exemple. Le principe des conventions collectives est de poser un barème de salaire minimum pour un niveau de diplôme. Permettre aux entreprises d’y déroger signifie donc que demain un jeune sera payé en fonction de ce qu’aura négocié l’employeur et non plus en fonction du nombre d’années d’études qu’il aura faites. C’est ça la loi travail XXL ! Depuis que les entreprises dérogent au code du travail, il a triplé de volume !

Et concernant la fusion des instances représentatives du personnel ?


Le Président se prononce pour plus de dialogue social et en même temps il veut réduire les lieux et moyens qui lui sont dédiés ! Par exemple, mélanger les prérogatives des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail [CHSCT] avec celles des comités d’entreprise alors que le coût du mal-être au travail en France atteint 13.000 euros par an et par salarié, c’est une très mauvaise idée !
Une unité syndicale se dessine pour refuser la limitation des indemnités versées par les prud’hommes en cas de licenciement injustifié…
 On veut traiter les salariés comme des yaourts. Quel que soit le type de licenciement, le prix d’une vie au travail est barémisé. Sans tenir compte de la situation familiale, de l’état de santé, de l’ancienneté. C’est proprement scandaleux. Réformer le code du travail n’est pas une priorité. L’assouplir ne permet pas de lutter contre le chômage. Nous ne nous bornerons pas à commenter les décisions du gouvernement. Je n’ai pas une tête d’alibi ! Nous avons des efforts à faire pour mettre en avant nos propositions. Nos idées détonnent dans le milieu ambiant, elles n’inspirent ni le Medef, ni les financiers, mais l’opinion publique y est réceptive. Notre priorité n’est pas de convaincre le gouvernement mais les salariés !

Le gouvernement compte travailler sur ces ordonnances cet été. Cela s’annonce compliqué pour mobiliser ?


Nous voulons être écoutés et qu’on prenne le temps de la discussion en tirant les enseignements du passé. Quand on veut dialoguer et qu’on est attaché au bien-être des salariés, on ne discute pas pendant les vacances. L’expérience de la loi travail devrait attirer l’attention de ceux qui nous gouvernent aujourd’hui.

La suite sur le site du JDD.

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