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29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 08:19
Morlaix contre la réforme des retraites Macron: tous dans la rue et la mobilisation le mardi 31 janvier à 11H place Edmond Puyo sur le port de Morlaix
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29 janvier 2023 7 29 /01 /janvier /2023 07:34
L'enrichissement record des milliardaires en temps de crise et de guerre - L'Humanité, 28 janvier 2023
L'enrichissement record des milliardaires en temps de crise et de guerre

Un rapport annuel d'Oxfam démontre l'enrichissement indécent des plus riches. Depuis 2020, les 1 % les plus aisés ont capté les deux tiers des richesses produites à travers la planète. Un profit sans précédent et d’autant plus révoltant que de nouvelles mesures d’austérité se préparent pour le plus grand nombre.

L'Humanité - Publié le Samedi 28 Janvier 2023
 
En plein 53e Forum économique de Davos, où débarquent en jets et en masse grands patrons, oligarques et dirigeants politiques pour «améliorer l’état du monde», Oxfam propose un nouveau rapport baptisé «La loi du plus riche», toujours plus accablant, sur l’insoutenabilité des inégalités. Dans cette publication désormais annuelle, l’ONG s’efforce de trouver les plus impressionnantes comparaisons pour montrer l’indécence des grandes fortunes.
Et cette année est un bon cru, Oxfam en a concocté plusieurs très efficaces. Ainsi, après deux années de crise sanitaire et économique, le patrimoine de Bernard Arnault vaut celui de 20 millions de Français, soit près d’un tiers de la population du pays. Ou encore, si une personne avait gagné 2 millions d’euros à chaque édition du Loto depuis l’armistice de 1918, elle n’aurait même pas la moitié de la fortune du PDG de LVMH. «Les milliardaires ont été les premiers gagnants de la réponse au coronavirus. À eux seuls, les 10 premiers milliardaires français ont engrangé 189 milliards d’euros depuis 2020, assez pour couvrir les factures de gaz, d’électricité et de carburant de tous les ménages français pendant deux ans», renchérit Quentin Parrinello, porte-parole d’Oxfam France et coauteur du rapport, principalement sur son volet français.

Perenco et la guerre en Ukraine

Ce chapitre souligne notamment que, si on savait que le gouvernement était l’ami des nantis et des grosses entreprises, même ses quelques mesures «sociales» profitent avant tout aux plus riches. Comme le bouclier énergétique, par exemple : quand l’État dépense 100 euros pour plafonner le prix du gaz et de l’électricité, il distribue dans les faits 7 euros aux 10 % les plus précaires, contre 14 euros aux 10 % les plus riches, puisque ce sont ceux qui consomment le plus. Le résultat est le même sur la subvention sur les carburants et toutes les aides non ciblées affectionnées par le gouvernement. Si on ajoute les mesures spécifiquement destinées aux plus riches : fin de l’ISF, mise en place de la flat tax, baisse des impôts proportionnels… on comprend que la concentration des richesses bat tous les records.

Sur les dix dernières années, en moyenne, pour 100 euros de richesse créée en France, 35 euros ont été captés par les 1 % des Français.es les plus riches, 32 euros par les 9 % suivants. Les 50 % les plus précaires n’ont reçu que 8 euros. La logique préexistait au Covid, mais la crise n’a fait qu’aggraver cette tendance. La réponse publique à la crise du coronavirus a provoqué la hausse la plus importante jamais enregistrée de la fortune des milliardaires.

En France, ils ont ainsi gagné près de 220 milliards d’euros entre mars 2020 et mars 2021. Il y a ceux qui ont bénéficié des aides et ceux qui, en plus, ont su profiter des crises. En 2022, le milliardaire Rodolphe Saadé, PDG et actionnaire majoritaire de l’entreprise de fret maritime CMA CGM, a ainsi vu sa fortune augmenter de 28,5 milliards d’euros, son patrimoine a été multiplié par 5 ! De même, Carrie Perrodo, actionnaire majoritaire de l’entreprise pétrolière Perenco, a vu sa fortune augmenter de près de 40 % en 2022 grâce en particulier à la guerre en Ukraine. Depuis 2020, la fortune des milliardaires dans le monde a augmenté de 2,7 milliards de dollars par jour !

Une fracture entre fortunes décuplées et factures impayées

De l’autre côté de l’échelle sociale, les conséquences sont encore plus visibles. «En France, la fréquentation des Restos du cœur a augmenté de 12 % en six mois. Quatre Français.es sur dix ont le sentiment de devoir restreindre leur alimentation, tandis que deux Français.es sur dix n’ont pas réussi à payer l’ensemble de leurs factures en 2022», pointe le rapport d’Oxfam. L’explosion des prix de l’énergie et des biens de première nécessité a frappé en particulier les plus précaires : + 20 % pour les pâtes, + 29 % pour le steak haché, + 34 % pour les légumes frais. Et jusqu’à + 120 % pour l’huile de tournesol. Dans le monde, plus de 820 millions de personnes souffrent aujourd’hui de la faim ; 60 % d’entre elles sont des filles et des femmes.

Et ce n’est malheureusement pas fini, alarme Oxfam, selon qui les trois quarts des gouvernements dans le monde s’apprêtent à prendre de nouvelles mesures d’austérité en réduisant leurs dépenses de santé, d’éducation ou de protection sociale afin d’économiser plus de 7 500 milliards d’euros. En France, le gouvernement est aussi en train de faire payer la facture de la crise à ses premières victimes. La baisse des indemnités de chômage, juste votée, vise une économie de 4 milliards d’euros et le nombre de chômeurs indemnisés va baisser de 12 %. Quant au report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans, il doit rapporter 13 milliards d’euros…

Création d’index, pour que rien ne change

Oxfam souligne que les femmes sont les premières victimes de l’inflation. «Les inégalités économiques entre les femmes et les hommes persistent et les réponses de l’État ne sont pas à la hauteur. Les femmes gagnent toujours en moyenne 28,5 % de moins que les hommes, tout temps de travail confondu, et 15,8 % de moins que les hommes à travail égal», elles souffrent davantage des hausses des prix. Pour lutter contre ces inégalités, le gouvernement a lancé un index pour l’égalité professionnelle. Sauf que, selon celui-ci, tout va bien : la moyenne des notes est de 86/100, et 9 entreprises sur 10 en France ont un score satisfaisant n’appelant pas à prendre des mesures correctrices. Car l’évaluation ne mesure aucunement les causes structurelles de cette inégalité. Le gouvernement vient d’annoncer sur ce même modèle un index seniors, pour demander aux employeurs redonner de «toute leur place aux seniors». Attendons-nous à un déluge de bonnes notes !

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 13:41

 

L'Humanité publie ce texte de femmes et hommes de culture et de la création, qui, aux côtés d’Annie Ernaux, prix Nobel de littérature 2022, sa première signataire, lance un appel à soutenir cette démarche de citoyens d'Europe demandant l’arrêt de la politique de colonisation israélienne et aux autorités françaises et européennes d'agir en ce sens. 

 

Pour nous, écrivaines, écrivains, universitaires, artistes, créateurs et créatrices de diverses disciplines, l'égalité entre tous les êtres humains et le respect de l’autre sont des valeurs fondamentales auxquelles nous sommes très fortement attachés. L’acquisition de territoires par la force, les déplacements de population et la colonisation sont à l’exact opposé de ces valeurs. L’idéologie suprémaciste et raciste qui les accompagne est un poison que nous devons combattre partout où il sévit.  

La colonisation de la Palestine par l’État d’Israël, qui n’a jamais cessé depuis des décennies, va encore s’accentuer avec le nouveau gouvernement israélien, qui donne une large place et des pouvoirs importants à des partis et des personnalités ouvertement racistes, et met au premier rang de son projet l’accélération de la colonisation des terres palestiniennes. La population palestinienne, menacée dans ses moyens d’existence, subit la violence conjuguée de l’armée d’occupation et des colons.  

Aujourd’hui, dans ce contexte de plus en plus tragique, nous demandons avec force aux autorités françaises et européennes d’agir contre cette colonisation et l’occupation militaire sans fin qui l’accompagne, ainsi que pour la protection du peuple palestinien. Alors que l’établissement de colonies dans un territoire occupé constitue un crime de guerre, l’Union Européenne continue d’entretenir des relations commerciales avec les colonies israéliennes établies en Palestine occupée.  

En tant que citoyens, nous pouvons et devons agir : l’Initiative Citoyenne Européenne #StopColonies, officiellement homologuée par la Commission européenne, vise à obtenir de celle-ci que l’Europe mette fin à tout commerce avec des colonies établies par une puissance occupante dans un territoire occupé, quel qu’il soit. 

Nous avons une occasion unique d’envoyer un signal clair et la perspective d’un résultat concret. Pour aboutir, il faut réunir un million de signatures. 

Nous, écrivaines et écrivains, universitaires, artistes, créateurs et créatrices de diverses disciplines, signataires de cette tribune, soutenons l'Initiative Citoyenne Européenne #StopColonies, et appelons les citoyennes et citoyens à la signer et à la faire largement signer dans leur entourage : https://stopcolonies.fr  


Premiers signataires : 

Annie Ernaux,  écrivaine, prix Nobel de littérature 2022

Maguy Marin, chorégraphe 

Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien 

Adeline Rosenstein, metteuse en scène 

HK, chanteur 

Bernard Cavanna, compositeur 

Maïa Sandoz, metteure en scène 

Yannis Youlountas, réalisateur 

Dominique Vidal, journaliste et historien 

Nawal Ait Benalla Lagraa, chorégraphe 

Rony Brauman, médecin, essayiste, ex président de MSF 

Remo Gary, chanteur 

Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste 

Irène Bonnaud, metteuse en scène et traductrice 

Philippe Delaigue, metteur en scène 

Jean-Loup Chiflet, écrivain 

Marie Alié, comédienne 

Gérard Morel, artiste de spectacle 

Alain Gresh, journaliste 

Mercedes Dassy, chorégraphe 

Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des universités 

Pierre-Yves Macé, compositeur 

Bertrand Badie, professeur émérite des Universités 

Hanna El Fakir, réalisatrice radio 

Dominique Ziegler, auteur - metteur en scène 

Daniel Muringer, artiste chanteur musicien compositeur 

Stéphane Bérard, artiste 

Samir Abdalla, cinéaste 

Elisa Firouzfar, comédienne 

Jean-Luc Coudray, écrivain 

Ahmad Dari, artiste palestinien 

Julien Blaine, poète 

Talu Raisson, comédien·ne, musicien·ne 

Habib Ben Tanfous, chorégraphe 

Ronny Trocker, réalisateur 

Philippe Tancelin, poète-philosophe/universitaire 

Philippe Coudray, auteur de bande dessinée 

Pierre Barbancey, journaliste 

Stéphanie Latte-Abdallah, politiste et anthropologue, CNRS 

 

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28 janvier 2023 6 28 /01 /janvier /2023 13:38

 

Désintox. Bonne nouvelle en apparence, la décrue des chiffres du chômage marque en réalité une explosion de l’emploi précaire et des radiations.

 

Voilà de quoi ravir le gouvernement et son obsession du plein-emploi. Selon la Dares, 6 134 100 personnes étaient inscrites à Pôle emploi au quatrième trimestre 2022, chiffre au plus bas depuis 2014. « Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité baisse de 112 000 personnes au T4 2022. Le plein-emploi, c’est aussi le bon emploi. Nous poursuivons notre mobilisation », s’est réjoui le ministre du Travail, Olivier Dussopt, sur Twitter. Pourtant, à y regarder de plus près, les statistiques peinent à confirmer cette bonne nouvelle.

Explosion du nombre de chômeurs en catégorie B

Les données de la Dares montrent avant tout que la large baisse du nombre des chômeurs de la catégorie A (n’ayant pas du tout travaillé durant le mois) est compensée par un impressionnant bond des inscrits en catégorie B (moins de 78 heures dans le mois). Avec 2 834 000 privés d’emploi dans cette première catégorie au quatrième trimestre 2022, le nombre d’inscrits a ainsi diminué de 3,8 % en un trimestre, et de 9,4 % en un an.

Le nombre de chômeurs en catégorie B, occupant des emplois très précaires, a lui explosé : il a augmenté de 8,8 % en un an, et de plus de 30 % si l’on se concentre exclusivement sur les personnes ayant travaillé entre 1 et 20 heures dans le mois.

Un transfert qui pourrait être en partie expliqué par un bug informatique, explique la CGT : lors de la réactualisation de leurs droits, certains chômeurs ont été forcés de déclarer 1 heure travaillée au minimum, même sans activité. Mais pas que. « Il y a une vraie volonté de Pôle emploi de servir la soupe du gouvernement. Par exemple, de nombreuses personnes ont été désinscrites car en arrêt maladie, alors qu’elles auraient pu être transférées dans la catégorie D », explique Pierre Garnodier, du comité CGT chômeurs et précaires.

La réforme de l’assurance-chômage alourdira encore la tendance

Si le gouvernement se targue de la baisse du taux de chômage, les personnes ayant quitté les statistiques pour cause de reprise d’un emploi déclaré sont de moins en moins nombreuses : leur nombre a chuté de 30,1 % entre le quatrième trimestre 2021 et le dernier trimestre 2022. « Aujourd’hui, ce n’est pas parce qu’on sort de Pôle emploi qu’on retrouve un boulot. La majorité des sorties s’explique parce que les gens ne peuvent pas recharger leurs droits et se retrouvent au RSA », fustige Pierre Garnodier.

Selon lui, la nouvelle réforme de l’assurance-chômage, qui entre en vigueur le 1er février, alourdira encore la tendance. En raccourcissant la durée d’indemnisation de 25 %, nombreux seront les privés d’emploi à disparaître des statistiques sans reprendre une activité.

Selon l’institut statistique, enfin, 52 900 personnes ont été tout bonnement radiées des listes de Pôle emploi. Bien plus qu’un seul accroissement du nombre de radiations (+ 2,3 % par rapport au trimestre précédent et + 16,5 % par rapport au dernier trimestre 2019), il s’agit tout simplement d’un record depuis la naissance de ces statistiques en 1996. Une « volonté » politique, pour Pierre Garnodier. « On peut être radié dès lors qu’on rate un appel téléphonique, c’est considéré comme une absence à un entretien », explique-t-il.

 

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27 janvier 2023 5 27 /01 /janvier /2023 13:41
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27 janvier 2023 5 27 /01 /janvier /2023 13:38

Pour le moment les prix de blé et du maïs demeurent relativement sages sur les marchés internationaux. Mais il s’agit d’une situation précaire résultant du fait que la Russie et l’Ukraine continuent d’exporter des volumes importants de céréales depuis les ports de la Mer noire. Concernant le soja, que l’Europe importe surtout sous forme de tourteaux, la sécheresse en Amérique du sud pourrait réduire la prochaine récolte.

Le 3 janvier, la tonne de blé français rendue au port de Rouen pour l’exportation cotait 305 €. Deux semaines plus tard elle chutait à 283 €, contre un prix autour de 340 € entre juillet et octobre 2022. Selon le cabinet Agritel qui observe l’évolution des marchés des céréales au niveau international, le blé français, comme d’autres origines, est « pénalisé la baisse de l’euro comparé au dollar et par la forte compétitivité des origines russes sur la scène internationale ». Cette compétitivité est « renforcée par la baisse du rouble, notamment face au dollar et aux autres devises majeures telles que l’euro ». Du coup, la Russie a exporté 22,8 millions de tonnes de blé entre juillet et décembre 2022 et pourrait encore exporter 21,3 millions de tonnes au cours du premier semestre 2023, c’est-à-dire avant la prochaine récolte. Le prix du maïs vendu par la France à l’export évolue depuis des mois de manière parallèle à celle du blé. Après un prix moyen compris entre 330 € et 320 € en septembre et octobre, il est descendu sous la barre des 300 € la tonne en novembre pour afficher 266 € le 17 janvier. Ici encore, ce sont les maïs russe et ukrainien dont les exportations sont en hausse de 15,7 % ces derniers mois - qui font reculer les prix dans les pays membres de l’Union européenne.

Les exportations françaises en forte hausse au port de Rouen

Mais, pour peu qu’une sécheresse printanière vienne réduire les rendements espérés l’été prochain, la spéculation ne manquerait pas de repartir à la hausse. Les chargements de blé et d’orge à partir du port de Rouen pour l’exportation étaient en hausse de 35 %, suite à la récolte de 2022 par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. La Chine restait en tête des destinations avec une hausse de 39,5 % et un volume de 1,57 million de tonnes. Des pays comme l’Argentine et l’Australie ont également exporté davantage de blé en 2022 que les années précédentes. Pour peu que les stocks de report soient plus bas que la moyenne des années précédentes au moment de la récolte de 2023, la spéculation repartira. La Commission européenne a publié ses projections sur l’évolution de la production céréalière dans les pays membres de l’Union européenne d’ici 2032. Elle mise sur une production annuelle en légère baisse en raison du changement climatique en cours alors que les prix des engrais pourraient augmenter fortement dans les prochaines années. En attendant, les regards se tournent vers les tourteaux de soja et la possible augmentation de leurs prix. L’Europe en produit peu et importe 60 % de ses besoins, surtout en provenance d’Amérique du sud. La France importe 50 % de ses besoins, soit 3 millions de tonnes achetées au Brésil après trituration dans ce pays pour produire de l’huile et du diester. Rendue au port de Montoir pour nourrir les volailles, les porcs et compléter les rations des vaches laitières de l’ouest de la France, la tonne de tourteaux de soja cotait 502 € en janvier 2022. Son prix dépassait les 560 € en mars, atteignait 578 € en juin et se maintenait à 556 € au début de janvier 2023.

Rendements incertains pour le soja en Amérique du sud

Actuellement, la surface brésilienne semée en soja est en hausse de 5 % sur l’année précédente, ce qui peut conduire à spéculer à la baisse si l’offre dépasse la demande en volume au moment de la récolte. Mais depuis novembre, un déficit pluviométrique s’est installé sur les zones de production de l’Argentine, de l’Uruguay et du sud du Brésil, ce qui pousserait à spéculer sur la hausse des prix avant même de connaître les volumes de récolte. D’autant plus que la dernière période s’est traduite par une augmentation de la demande mondiale. Dans un encadré que publiait « La France Agricole » du 13 janvier en page 5 on apprenait que « par deux fois, le gouvernement argentin a accordé un taux de change préférentiel aux exportations de soja. Ce taux a été mis en place pendant le mois de septembre, puis en décembre afin d’inciter les agriculteurs à libérer les stocks de soja, constitués pour se prémunir contre la dévaluation du peso argentin. Cette mesure a entraîné la vente de larges volumes de soja par les agriculteurs argentins et soutenu les exportations en septembre octobre. Les prix mondiaux du tourteau de soja ont momentanément accusé le coup de cette offre additionnelle de fève ». Dis autrement, les raisons de spéculer ont diminué momentanément.

 

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27 janvier 2023 5 27 /01 /janvier /2023 13:34

 

L’Humanité a calculé ce que cela rapporterait à la solidarité nationale, et au système des retraites, si les faux indépendants, travailleurs des plateformes, étaient requalifiés en salariés.

 

Le « en même temps » macronien est un art que le gouvernement pousse jusqu’au raffinement. Pour justifier sa réforme des retraites, l’exécutif se plaint des prévisions de déficit du régime général. Or, en même temps et en digne héraut de la « Start up nation », il s’en prend méthodiquement au salariat, principale source de financements de nos retraites via les cotisations, en défendant les Uber et compagnies qui rêvent de transformer les travailleurs en autoentrepreneurs, sans cotisations sociales ni patronales à verser.

Le gouvernement ne ménage en effet pas ses efforts pour protéger le business des plateformes en faisant pression au niveau européen ou en tentant de modifier le droit français (tentatives deux fois censurées par le Conseil constitutionnel) pour diminuer leurs régulières condamnations en justice pour travail dissimulé et requalification de leurs indépendants en CDD ou CDI.

Au moins 1,45 milliard d’euros par an de manque à gagner pour la Sécu

Pour la Sécu et son régime des retraites, le manque à gagner est considérable. Si tous ces travailleurs de plateformes - nous avons évalué leur nombre à 300 000 - au contestable statut d’indépendant étaient requalifiés en salariés et rémunérés au SMIC, leurs cotisations abonderaient nos systèmes de solidarité nationale de 1,45 milliard d’euros par an.

Bas du formulaire

La rentrée d’argent serait même bien plus conséquente si les rémunérations au Smic (20 511 euros bruts au 1er janvier 2023) ne voyaient pas « en même temps » leurs cotisations patronales plafonnées à 2,3 %, cette exonération participant aussi de l’assèchement des financements de la Sécurité sociale et de notre assurance chômage. Avec un barème « normal » de cotisations patronales (34,06 %), le gain pour la solidarité nationale de salarier ces travailleurs s’élèverait alors à 3,4 milliards d’euros, dont 951 millions d’euros pour les seules caisses de retraite. Rappelons que l’ensemble des baisses de cotisations offertes aux entreprises représente 70 milliards d’euros par an, selon un rapport de l’Ires paru à l’été 2022 !

Comment la machine à ubériser et à dé-cotiser se met en marche

Dans les détails, voilà comment la machine à ubériser et à dé-cotiser se met en marche. Pour se connecter aux plateformes, il faut un numéro de siret. Quasiment tous les travailleurs utilisent le statut d’une micro-entreprise, anciennement appelée auto-entreprise. Ce statut est même obligatoire pour certaines d’entre elles. Ce n’était pas le cas il y a quelques années pour les chauffeurs VTC qui déclaraient trop de chiffre d’affaires et privilégiaient alors les SASU, sociétés par action simplifiée unipersonnelle. Mais depuis que le plafond de chiffre d’affaires a été rehaussé à 72 000 euros, ces « vétécistes » se reportent aussi sur le statut de micro-entrepreneurs. Ce type de statut représente ainsi 75 % des créations d’entreprises en France.

Dans un rapport remis en novembre dernier sur le travail dissimulé, le Haut Conseil du financement de la protection sociale, organisme rattaché à Matignon, se penche particulièrement sur ce statut considéré comme « très fraudogène ». Les micro-entrepreneurs ne déclareraient qu’une partie de leur chiffre d’affaires à l’Ursaff. Le rapport estime que le manque à gagner en matière de cotisation s’élève à 1,5 milliard d’euros par an. L’auto-entrepreneur doit en effet cotiser à hauteur de 22 % de son chiffre d’affaires, 11 % pour ceux bénéficiant du dispositif d’aide à la création d’entreprise ACRE.

La situation « fraudogène » est particulièrement mauvaise pour les travailleurs de plateformes. Le Haut conseil s’est employé à un exercice de chiffrage. « Les deux-tiers de la population étudiée ont un chiffre d’affaires déclaré à l’Urssaf inférieur aux montants des transactions enregistrées par les plateformes ; près de la moitié d’entre eux n’a rien déclaré. Cette part est de 90 % pour les VTC et de 73 % pour les livreurs à domicile » , affirme le rapport.

L’urgence de les requalifier en salariés

Il n’est pas question ici de pointer du doigt ces travailleurs, mais bien au contraire d’insister sur le fait que comme ce sont de faux indépendants, subordonnés à la plateforme donneuse d’ordre, et que, privés de droits, ils ne cotisent pas, il est plus qu’urgent de les requalifier en salariés. C’est ce qu’entend faire la directive européenne sur les travailleurs des plateformes, qui devrait être votée à Strasbourg courant février. Non seulement ces requalifications apporteraient à ces travailleurs les droits fondamentaux qu’ils réclament : chômage, arrêts maladie, congés payés… Mais cela permettrait aussi, grâce aux cotisations patronales et salariales, de renflouer les caisses de la protection sociale.

Combien sont-ils ? L’étude d’impact de la commission européenne chiffre les travailleurs des plateformes qui seraient requalifiés par la directive à près de 5 millions dans l’Union. Nous sommes partis sur le nombre de 300 000 en France, certainement sous-estimé. En 2022, il y avait, malgré les nombreuses restrictions (en ancienneté notamment), 125 000 inscrits pour l’élection des représentants des livreurs à vélos et des chauffeurs VTC. L’Urssaf a enregistré cette année-là, 80 000 nouvelles créations de micro-entreprises, juste sur la livraison ! Et il faut ajouter les travailleurs d’autres plateformes comme StaffMe, StudentPop, Brigad, OneStaff, Comet, JobyPepper… Autant de services qui parfois abusent du statut d’auto-entrepreneur pour faire du dumping social dans les secteurs de l’intérim, de l’hôtellerie-restauration, du service à la personne ou encore du médico-social. Chacune revendique au moins 10 à 15 000 travailleurs “indépendants”. Comme le fait la directive européenne, nous écartons bien entendu les freelances véritables, ceux qui peuvent négocier leurs tarifs, gérer leur emploi du temps et leur organisation du travail, accéder à leur portefeuille client…

Pour nos calculs, nous avons aussi opté pour des emplois au Smic. Les livreurs à vélo déjà salariés chez Just Eat sont payés ainsi, comme la plupart des coursiers du Quick Commerce. Beaucoup néanmoins arrondissent leurs fins de mois grâce aux heures supplémentaires et au travail de nuit ou du dimanche. Les chauffeurs VTC affichent plutôt des chiffres d’affaires mensuels autour de 4 000 euros, mais si on enlève les frais du véhicule, les 25 % ponctionnés par les plateformes et le fait qu’ils travaillent souvent plus de 60 heures par semaine, ils peinent à atteindre le Smic horaire.

Merci à la juriste en droit social Barbara Gomes, à l’économiste Thomas Dallery et à l’administrateur CGT de la CNAV Régis Mezzasalma pour leurs conseils éclairés.

 

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26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 06:26
Vendredi 27 janvier - la retraite aux flambeaux à Morlaix
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26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 06:24
Mobilisation sur les retraites le 31 janvier : et si on faisait aussi bien, voire mieux que le 19 janvier? (CGT Bretagne)
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26 janvier 2023 4 26 /01 /janvier /2023 06:05
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