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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 19:56

Pierre Laurent : « Nous sommes dans une nouvelle phase de la confrontation de classes »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR JULIA HAMLAOUI
JEUDI, 14 SEPTEMBRE, 2017
L'HUMANITÉ
«	Le pouvoir n’a aucune légitimité pour passer en force.	» Julien Jaulin/Hanslucas
« Le pouvoir n’a aucune légitimité pour passer en force. » Julien Jaulin/Hanslucas

Pour le secrétaire national du PCF, les premières mobilisations sont « un démenti cinglant à la propagande gouvernementale sur le prétendu bon accueil des ordonnances » et même le signe d’une « opposition majoritaire ».

Les premières mobilisations contre la loi travail mardi ont réuni 400 000 personnes. Suffisent-elles à contester à Emmanuel Macron la légitimité des ordonnances?

Pierre Laurent C’est en tout cas un démenti cinglant à la propagande gouvernementale sur le prétendu bon accueil des ordonnances. L’ampleur des manifestations – supérieure à celle qui avait entamé le mouvement contre la loi El Khomri –, le débat qui traverse les confédérations syndicales qui n’y ont pas encore appelé, les sondages qui témoignent d’une opposition majoritaire… Tous les indicateurs montrent que le pouvoir n’a aucune légitimité pour passer en force. Il a été élu, certes. Mais nous sommes en démocratie, et si une opposition majoritaire s’exprime, il doit en tenir compte.

Le gouvernement maintient pourtant que les « manifestations n’ont pas vocation à changer le contenu des ordonnances » . Après l’adoption de la loi d’habilitation, la validation par le Conseil constitutionnel, quelles marges de manœuvre reste-t-il?

Pierre Laurent On a déjà vu des gouvernements affirmer qu’ils ne bougeraient pas et être obligés de reculer. La publication complète du texte à la fin de l’été a changé le climat en quelques jours : désormais chacun peut juger sur pièces. De plus en plus de gens prennent conscience que, loin de faire reculer le chômage, les ordonnances vont uniquement déboucher sur une explosion de la précarité et un gonflement des profits des plus grands groupes. Elles ne protègent même pas les PME, encore moins leurs salariés qu’elles fragilisent encore plus. Il faut imposer au gouvernement le débat contradictoire dont il veut priver le pays sur les alternatives à ces choix réactionnaires. Le porte-parole du gouvernement dit : non aux postures, oui au débat de fond. Mais où et quand accepte-t-il la confrontation démocratique sur le fond, projet contre projet ?

Quelles sont les prochaines étapes pour le PCF?

Pierre Laurent Nous allons appuyer les forces syndicales qui prévoient de nouvelles mobilisations, à commencer par le 21 septembre. C’est le gage d’une montée en puissance du mouvement, qui s’enracine dans les entreprises, sur les lieux de travail. Nous allons aussi intensifier notre engagement politique sur la nocivité des ordonnances et sur les alternatives possibles pour la sécurisation de l’emploi et de la formation. Évidemment, le premier rendez-vous majeur pour nous est la Fête de l’Humanité ce week-end. C’est un lieu de solidarité et de fraternité aux motivations larges. C’est un rassemblement très populaire qui peut permettre de sensibiliser massivement les salariés et leurs familles, les jeunes qui participent en nombre à la Fête. Le PCF mettra à disposition une carte-pétition pour engager la discussion avec chaque participant. Nous les déposerons en délégation le 22 septembre au Conseil des ministres. Toutes les forces syndicales, sociales, politiques engagées dans ce combat seront présentes à la Fête. Nous y pousserons le débat sur les prochaines étapes à construire. Les organisations politiques sont toutes légitimes à prendre des initiatives. Pour notre part, nous veillons à ne pas prétendre nous ériger en surplomb du mouvement social, mais à servir son développement unitaire, à enrichir ses propositions, à favoriser la maîtrise du mouvement engagé et de ses objectifs par tous ceux qui s’y engagent.

Participerez-vous à la manifestation du 23 septembre à l’appel de la France insoumise ?

Pierre Laurent La France insoumise a annoncé sa propre manifestation dès juillet.

Avec le 12 septembre, ça bouge très vite. À cette date, nous sommes aussi engagés dans les marches pour la paix. Notre boussole restera la montée en puissance du mouvement et son unité la plus large. Réussissons les étapes à venir dans l’ordre où elles viennent.

Emmanuel Macron reproche à ses opposants de vouloir maintenir le statu quo sur le droit du travail et justifie ainsi sa saillie sur les « fainéants » . Seriez-vous devenu conservateur?

Pierre Laurent C’est une blague. Et nous allons mener une grande campagne sur les alternatives au projet de précarisation systématique du contrat de travail. Les propos méprisants d’Emmanuel Macron comme la prétention du gouvernement et du Medef à être les seuls partisans des réformes sont une vieille rengaine. On retrouve les mêmes grosses ficelles utilisées par Sarkozy et Hollande en leur temps. Rien n’a changé. En vérité, il existe un affrontement de classe sur la manière dont il faut faire évoluer la société. Ces forces-là prétendent que changer c’est se soumettre toujours plus aux exigences de la mondialisation capitaliste et de la compétitivité. Nous, nous pensons au contraire qu’il faut libérer la société de ces entraves. La société est bouleversée par une révolution numérique qui transforme en profondeur notre civilisation. Le travail doit lui aussi changer. Ce changement doit accroître l’émancipation et la maîtrise par les travailleurs eux-mêmes du contenu et du sens de leur travail. Les forces réactionnaires veulent réduire l’autonomie du travailleur jusqu’à ce qu’il ne devienne qu’un simple pion de la mondialisation. Voilà le vrai débat.

La mobilisation contre la réforme du Code du travail est-elle décisive pour la suite du quinquennat?

Pierre Laurent Cette bataille est évidemment majeure. Elle ne décidera pas seule de la suite du quinquennat. Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la confrontation de classes. Après l’usure des pouvoirs Sarkozy et Hollande, le nouveau pouvoir a provisoirement conquis une base électorale mais sa victoire est fragile. C’est pourquoi il veut frapper vite et fort sur tous les terrains. De multiples batailles s’annoncent contre les ordonnances, sur le logement, l’éducation, l’université, l’avenir des communes… L’enjeu sera de construire à travers ces fronts de lutte des réponses politiques alternatives et de les faire converger dans un projet politique capable de devenir majoritaire.

Il s’agit de reconstruire la gauche ?

Pierre Laurent En tout cas, face à nous, il y a bien un projet de droite soutenu par le Medef. Il s’agit surtout de construire une alternative progressiste majoritaire autour d’un projet social, écologique, démocratique, qui change véritablement de régime. Lors des élections, la poussée en faveur d’un tel changement a été forte mais n’a pas réussi à déjouer les pièges de la présidentielle. Nous avons aussi touché les limites du « dégagisme » qui a profité à des candidats aussi opposés que Mélenchon, Le Pen et Macron lui-même. Le mouvement populaire doit maintenant s’assigner des objectifs résolument positifs. Il s’agit de reconstruire un nouveau projet social et productif, un projet pour la France qui ait une portée universelle pour unir les forces progressistes de la planète. Les acteurs de ce nouveau rassemblement ne seront plus ceux de la gauche telle qu’elle a existé depuis quarante ans. À nos côtés, il y a des forces nouvelles comme la France insoumise, le mouvement de Benoît Hamon, d’autres forces se réorganiseront peut-être. La force communiste va être indispensable à cette réinvention collective. Le Parti communiste est là debout, prêt à relever ce défi, prêt à changer lui-même pour y parvenir.

Est-il possible aujourd’hui pour le PCF de travailler à ce projet avec la France insoumise, au vu des tensions des derniers mois ?

Pierre LaurentObjectivement, c’est aujourd’hui compliqué à cause d’attitudes très sectaires des premiers dirigeants de la France insoumise. À l’instar, encore récemment, de la très surprenante critique de Jean-Luc Mélenchon devant la perspective de voir se constituer une liste unitaire aux élections territoriales de Corse. C’est incompréhensible. Mais je constate que le dialogue existe aussi, entre des députés de nos deux groupes, sur le terrain dans de nombreuses localités. La montée en puissance du mouvement populaire poussera à la construction commune et à l’unité nécessaire qui a besoin du respect de toutes les forces en présence.

L’élection sénatoriale de la semaine prochaine concerne votre siège comme celui de 15 autres membres de votre groupe. Alors qu’une partie de la gauche boude cette élection, pourquoi le PCF choisit-il de s’y investir ?

Pierre Laurent Même si cette élection est indirecte, le Sénat joue un rôle institutionnel important et il ne peut être question de laisser un seul pouce de terrain à Emmanuel Macron. Si nous laissions le Sénat aux seules mains de la droite et des macronistes, le président de la République aurait les moyens de réformer la Constitution avec les 3/5 du Parlement sans plus jamais consulter les Français par référendum. Il est vrai que les écologistes n’ont plus de groupe depuis juin, que les socialistes sont profondément divisés, que la France insoumise a déclaré forfait, mais nous, nous relevons ce défi. Le renouvellement de notre groupe, qui serait le seul capable de porter une voix cohérente face à la droite et au macronisme, ne va pas de soi mais nous sentons que nos listes sont en train de rassembler des voix au-delà de nos électeurs acquis. Je suis confiant. Après l’Assemblée nationale, nous aurons un groupe au Sénat.

Votre conseil national se réunit aujourd’hui pour définir les contours de la consultation de vos adhérents en vue de votre congrès. Quels sont les objectifs de cette démarche?

Pierre Laurent Nous ne voulons pas préparer notre congrès extraordinaire de 2018 comme d’habitude. Nous avons parfaitement conscience de la période politique inédite dans laquelle nous sommes et des défis de renouvellement qui nous concernent très directement. Pendant deux mois, du 18 septembre au 18 novembre, nous organisons une consultation de l’ensemble des communistes sur quatre questions : le sens et l’actualité du combat communiste ; le bilan de notre démarche politique et la manière dont nous devons la conduire dans les années à venir ; les transformations profondes auxquelles le PCF doit procéder ; l’agenda et la méthode de préparation démocratique de notre congrès. Cette consultation aboutira à la définition de l’agenda du congrès lors d’une assemblée nationale des animateurs de section qui se déroulera le 18 novembre et non le 14 octobre comme nous l’avions envisagé précédemment.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 19:19
Salah Hamouri, détenu en Israël, se heurte au silence de la France (Chloé Démoulin, Médiapart - 19 septembre 2017)

Salah Hamouri, détenu en Israël, se heurte au silence de la France

 PAR 

Le maintien en détention du Franco-Palestinien a été confirmé par un tribunal de Jérusalem. Ses soutiens réclament une demande de libération officielle de la part de la France. Sa compagne redoute que les autorités françaises n’aient « acté qu’il va rester en prison ».

Jérusalem (Israël), de notre correspondante.- « Le silence des autorités françaises est pesant. S’ils nous disaient : “oui, on va faire quelque chose pour Salah”, ou “non, on ne fera rien”, au moins on saurait à quoi s’en tenir », s’impatiente Elsa Lefort. Son mari, le Franco-Palestinien de 32 ans Salah Hamouri, a été arrêté par la police israélienne à son domicile de Jérusalem-Est, le 23 août dernier. Ce lundi 18 septembre, un tribunal de district de Jérusalem a confirmé son maintien en « détention administrative », pour une durée de six mois, soit jusqu’au 28 février 2018. Ce régime de détention qui permet à Israël de maintenir arbitrairement des personnes en prison pendant plusieurs mois, sans inculpation ni jugement, est condamné par la France. Mais à l’heure où cet article est publié, ni le président de la République Emmanuel Macron, ni le ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ni le consulat de France à Jérusalem n’ont dénoncé le placement de Salah Hamouri sous ce régime, ni même réclamé officiellement sa libération.

« Les autorités israéliennes disent que Salah Hamouri constitue une menace pour la sécurité d’Israël », explique Sahar Francis, avocate palestinienne et directrice de l’association Addameer pour la défense des droits des prisonniers palestiniens, dans laquelle est également engagé le Franco-Palestinien. Mais selon elle, Salah Hamouri « a été arrêté pour son activisme », car il défendait « les droits humains dans différents endroits, y compris à Jérusalem-Est ». Trois jours avant son arrestation, il avait réussi son examen d’avocat. « Les autorités israéliennes utilisent la détention administrative quand elles veulent, quand il y a des tensions politiques (...) Il y a actuellement plus de 450 détenus administratifs, y compris des enfants », rappelle l’avocate.

Officiellement, le ministère de la défense israélien reproche à Salah Hamouri d’avoir renoué avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par l’État hébreu. Accusé d’avoir été membre d’une cellule qui projetait d'assassiner le rabbin Ovadia Yossef, chef du parti ultraorthodoxe Shass, Salah Hamouri avait déjà été arrêté par les autorités israéliennes en mai 2005. Le Franco-Palestinien avait été condamné en 2008 à sept ans de prison, après avoir accepté un accord de « plaider coupable » pour échapper à une peine de 14 ans. L’activiste a néanmoins toujours clamé son innocence. Il avait finalement été libéré en 2011, en même temps que 550 autres prisonniers palestiniens dans le cadre de la première phase d’échange contre Gilad Shalit, ce soldat franco-israélien capturé par un commando palestinien en juin 2006 au sud de la bande de Gaza.

« Après sa libération de prison, il est retourné travailler au sein de l’organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et, malgré les avertissements qu’il a reçus des forces de sécurité, Hamouri a continué à opérer dans le cadre de l’organisation », justifie le Shin Bet (les services intérieurs israéliens) dans un courrier électronique relayé par le bureau du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou et publié par le journal Times of Israel. « Je ne sais pas ce qu’ils veulent dire par là, explique Elsa Lefort. Salah n’a jamais reçu un coup de téléphone de la part de quelqu’un qui lui a dit : “Si tu fais telle chose, tu vas finir en prison.” Par contre, les autorités israéliennes se sont pas mal acharnées sur lui : le fait qu’il ait reçu des ordres lui interdisant d’aller en Cisjordanie alors que son université y était ; le fait que j’ai été expulsée et que du coup, il est séparé de sa femme et de son enfant ; il a aussi été convoqué régulièrement pour des interrogatoires. » En janvier 2016, la jeune femme, alors employée au consulat général de France à Jérusalem et enceinte de six mois, avait été expulsée par Israël, accusée elle aussi de représenter un danger pour la sécurité du pays.

Lors d’un point presse le 4 septembre, la porte-parole du ministère des affaires étrangères a assuré que le Quai d’Orsay suivait « la situation » de Salah Hamouri « avec beaucoup d’attention ». « [Nous] exerçons à son égard la protection consulaire. Notre consul général à Jérusalem lui a rendu visite (...) Nous demandons aux autorités israéliennes de permettre à M. Hamouri de recevoir la visite de son épouse et de leur enfant comme sa famille en a exprimé le souhait », a-t-elle précisé. Une information contestée par Elsa Lefort, dont la « seule revendication », rectifie-t-elle, est « que [s]on mari soit libéré ». « “Suivre la situation”, cela ne veut pas dire grand-chose, ce n’est pas plus engageant que ça, déplore-t-elle, doutant qu’Israël revienne sur sa décision et lui permette de séjourner sur son territoire. Si les autorités françaises demandent que j’aie un droit de visite, dans le cadre du droit des familles, du droit humanitaire, c’est parce que visiblement ils font une croix sur une demande de libération, ils ont acté qu’il va rester en prison. »

Interrogée par Mediapart, une source diplomatique française à Jérusalem admet que la formulation de la demande du ministère des affaires étrangères peut prêter à confusion. « L’épouse de Salah Hamouri souhaitait pouvoir rejoindre son mari à Jérusalem en temps normal avant même qu’il soit à nouveau arrêté », précise-t-elle. En février 2016, la jeune femme avait en effet lancé un appel aux autorités françaises pour faire valoir ses droits et retrouver son mari à Jérusalem. Selon cette même source, il serait illusoire d’attendre une demande de libération de la part du consulat de France à Jérusalem : « Dans le cas d’un compatriote, quel qu’il soit, qui fait l'objet d’une procédure judiciaire à l’étranger, le consulat n’est fondé à intervenir que dans le cadre de la protection consulaire. » Depuis l’arrestation de Salah Hamouri le 22 août, assure-t-elle, « le consulat général s’est présenté à l’ensemble des audiences et rendez-vous fixés par les juridictions israéliennes le concernant ».

La mobilisation prend corps, le PCF en première ligne

Si elle a « des contacts » avec le consulat de France à Jérusalem, Elsa Lefort s’étonne de n’avoir reçu aucune réponse directe de la part de la présidence de la République ou du ministère des affaires étrangères, qu’elle a tous deux contactés. Dans le cas d’autres Français détenus à l’étranger, par exemple celui du journaliste Loup Bureau, finalement libéré par la Turquie il y a quelques jours, « les familles sont reçues soit à la présidence, soit au ministère des affaires étrangères, et j’imagine qu’il y a, en plus de tout ce qui est visible et officiel, des contacts directs avec les autorités à l’étranger », souligne-t-elle.

Salah Hamouri, détenu en Israël, se heurte au silence de la France (Chloé Démoulin, Médiapart - 19 septembre 2017)

Avant la libération de Salah Hamouri en 2011, les autorités françaises, et notamment le président de l’époque Nicolas Sarkozy, avaient pourtant intercédé officiellement et à plusieurs reprises auprès du gouvernement israélien en faveur du Franco-Palestinien. Alors ministre des affaires étrangères, Alain Juppé avait également reçu les parents de Salah Hamouri. Alors pourquoi un traitement différent aujourd’hui ? « La France veut sûrement entretenir de bonnes relations avec Israël et ne pas chagriner les autorités israéliennes en parlant du cas d’un Franco-Palestinien », estime Elsa Lefort, dénonçant un « silence global » face à « l’impunité » de l’État hébreu. « C’est une volonté de la part du gouvernement de ne pas se mettre mal avec le gouvernement israélien », acquiesce la députée PCF Elsa Faucillon (Hauts-de-Seine), qui a envoyé une lettre à Emmanuel Macron dès le 23 août pour lui demander d’exiger la libération de Salah Hamouri. Pour l’élue, le silence du président de la République est « un choix, une ligne de relation internationale ». « S’exprimer, ce serait demander à Israël de respecter le droit international donc de lutter contre son impunité. Et je crois que ce gouvernement ne souhaite pas le faire », tranche-t-elle.

 

La chancellerie française pourrait-elle faire passer au second plan le sort de Hamouri pour privilégier ses relations avec Israël, en termes de renseignements en Syrie par exemple ? « Sans éléments, c’est compliqué de pouvoir juger. Mais c’est une question qu’on se pose dans les réseaux de soutien à Salah », admet Elsa Faucillon. Elle se pose d'autant plus qu'Emmanuel Macron a déroulé le tapis rouge lors de la visite à Paris du premier ministre Benjamin Netanyahou mi-juillet, à l'occasion de la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv. Si tel était le cas, « la vie de ce jeune homme, de sa famille, ne peut pas être bradée en faveur de perspectives dont on ne connaît pas l’issue et dont on a du mal à croire qu’elles seraient équivalentes », poursuit la députée communiste. À ses yeux, « c’est justement parce que la France sera déterminée dans ce dossier, qu’elle se mettra en position politique plus forte, qu’elle pourra aboutir sur d’autres sujets ailleurs ».

Le 15 septembre, les députés du Parti communiste ont collectivement de nouveau adressé une lettre au président de la République. « Comment croire en votre discours, et en votre volonté infaillible de faire de la France un pays qui compte à nouveau dans le concert des nations si, à la première occasion, la diplomatie française reste bloquée alors qu’un ressortissant franco-palestinien de 32 ans, Salah Hamouri, est victime d’un acharnement judiciaire tout à fait insupportable en Israël », dénoncent-ils. Et de poursuivre : « Vous l’avez dit vous-même, “il est fondamental que la France continue à peser sur la question israélo-palestinienne” dans le cadre d’une indépendance assumée. Peut-être serait-il temps d’assumer l’indépendance de la France par rapport à Israël qui est un État comme les autres : ni au-dessus, ni au-dessous des autres. »

D’autres élus ont également interpellé les autorités françaises, dont le parti Europe Écologie-Les Verts, qui a publié un communiqué le 26 août pour dénoncer un « acharnement injustifié sur la famille de Salah Hamouri » et réclamer sa libération. Plusieurs manifestations de soutien au Franco-Palestinien, notamment à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité, ont par ailleurs eu lieu ces derniers jours à travers la France, comme à Quimper jeudi dernier, ou à Agen ce dimanche. Des cartes pétitions à renvoyer directement à Emmanuel Macron ont été distribuées. « Tant que Salah ne sera pas libre, nous continuerons d’interpeller les autorités, car c’est leur devoir d’agir (...) ça finira par bouger », veut croire Elsa Lefort.

En attendant, l’avocate de Salah Hamouri entend faire appel devant la Cour suprême israélienne. Mais une grande période de vacances pour la célébration des fêtes juives vient de s’ouvrir en Israël. Aucune audience ne sera donc possible avant la fin du mois d’octobre.

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 19:14
C'est dans la lutte qu'ça passe: les parents d'élèves de l'école du Cloître St Thégonnec occupent l'inspection académique (Ouest-France, 19 septembre 2017)

Les parents d’élèves de l’école du Cragou, au Cloître-Saint-Thégonnec ne décolèrent pas contre la fermeture brutale de la quatrième classe. L’école publique, bloquée par des roundballers, est toujours occupée. Ce matin, ils ont investi l'inspection académique du pays de Morlaix aù ils comptent rester jusqu'à la rencontre avec l'inspecteur, prévue à 14 h. Suivra un rendez-vous avec le sous-préfet, Gilles Quénéhervé, à 17 h.

Les parents d'élèves du Cloître-Saint-Thégonnec sont bien décidés à ne rien lâcher pour obtenir la réouverture de la quatrième classe de l'école du Cragou monts d'arrée. 

Ce matin, ils ont sorti les trompettes, tambours et casseroles pour proposer une début de journée en fanfare au personnel de l'inspection académique de Morlaix, situés rue Poulfanc.  

Deux rendez-vous avec les officiels

Arrivés sur place vers 8 h, les parents d'élèves sont entrés dans l'inspection académique peu après 9 h et comptent occuper les lieux jusqu'à leur rencontre avec l'inspecteur de la circonscription de Morlaix Centre Finistère, Manuel Bock, prévue à 14 h.

Une rencontre avec le sous-préfet de Morlaix, Gilles Quénéhervé, vient également de leur être proposée. Elle aura lieu à17 h. 

« D'autres actions sont prévues pour les jours à venir. Tous les parents sont mobilisés, on se relaie et on ne lâchera rien tant qu'on aura pas récupéré notre classe. Emmanuel Macron avait promis, dans l'un de ses discours de campagne, qu'il n'y aurait plus de fermeture de classe dans les zones rurales. Qu'il tienne ses engagements ! », clame le collectif de parents d'léèves. 

Sur TF1 à 13 h

A l'inspection académique, les parents d'élèves ont débranché les téléphones pour bloquer l'activité. 

 

Le combat des parents d'éleves, filmé par TF1 hier, doit être relaté dans l'édition de 13 h, ce mardi ou ce mercredi.  

 

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 19:43
En Bretagne le samedi 23 septembre 2017 comme partout en France, en marche pour la Paix

 EN BRETAGNE le SAMEDI 23 SEPTEMBRE 2017 COMME PARTOUT EN FRANCE
 

14H Moment artistique avec Kouliballets et debat que " l'Europe et la paix" (stop les guerre, stop la misère) avec des militants pour la paix d'Erlangen , ville jumelée avec Rennes et un représentant d'ATD quart Monde international,Mouvement de la paix lieu :. Maison des associations 
16H marche pour la paix-Rdv place Charles De Gaulle face à la maison des associations. Venez avec banderiolles, drapeaux pancartes POUR LA PAIX, musiques, fanfares
 

AUTRES MARCHES en BRETAGNE le 23 SEPTEMBRE

QUIMPER:Rendez-vous est donné à 11 Heures, au Pont Médard sur le Steir, pour se rendre au Jardin de la paix, rue des douves. Pique-nique. 

BREST : Départ de la marche : Square Kennedy à 11H30 . Marche symbolique pour la Paix aller/retour Square Kennedy vers Cours Dajo (distribution de tracts toute la journée dans la foire Saint Michel : rendez vous pour tous les bénévoles dès 9h30 Square Kennedy pour distribution et interpellation du public11H30 pour la marche)
LANNION: Marche pour la paix -départ à 11h place de la Mairie jusqu'à la sous préfecture de Lannion.

NANTES:Marche pour la Paix le samedi 23 septembre .Départ de la Marche à 11H rendez vous au monument des 50 otages

Les militants du Parti Communiste appellent les citoyens à se rassembler nombreux dans les marches pour la paix et répondront présents à ce rendez-vous international de la journée internationale de la Paix.   

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 19:14
Philippe Marlière, Ismaël Dupont, Anne Sabourin, Jean-Michel Galano intervenait sur un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit

Philippe Marlière, Ismaël Dupont, Anne Sabourin, Jean-Michel Galano intervenait sur un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit

Samedi 16 septembre à l'Huma, espace Bretagne : la fédération du Finistère organisait avec le secteur Europe du PCF un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit
Samedi 16 septembre à l'Huma, espace Bretagne : la fédération du Finistère organisait avec le secteur Europe du PCF un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit
Samedi 16 septembre à l'Huma, espace Bretagne : la fédération du Finistère organisait avec le secteur Europe du PCF un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit

Un débat et des interventions de haute tenue sur la Grande-Bretagne du Brexit, les perspectives de réunification de l'Irlande, d'indépendance écossaise, les causes et la sociologie électorale du Brexit, le Labour de Corbyn, la construction d'un front d'alternative au libéralisme et à l'austérité pour une autre Europe, sociale et démocratique.

C'était samedi 16 septembre à la fête de l'Huma, sur ce bel espace Bretagne où se sont tenus trois débats très intéressants, où chacun a pu profiter de musiques et de danses bretonnes, de chansons à texte, avec l'universitaire et militant du Front de Gauche Philippe Marlière, l'agrégé de philosophie et amoureux de l'Irlande Jean-Michel Galano, la représentante du PCF au Parti de la Gauche Européenne, Anne Sabourin. Merci à tous les intervenants et participants. On poursuit notre travail de compréhension des enjeux de la politique outre-Manche et de solidarité avec les formes progressistes porteuses d'espoir là-bas, comme le Sinn Féin, dans les mois à venir.

Samedi 16 septembre à l'Huma, espace Bretagne : la fédération du Finistère organisait avec le secteur Europe du PCF un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit
Samedi 16 septembre à l'Huma, espace Bretagne : la fédération du Finistère organisait avec le secteur Europe du PCF un débat stimulant sur la Grande-Bretagne après le Brexit
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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 18:24

Proposition de loi du groupe communiste, républicain et citoyen du Sénat

Il est urgent de redonner vie à une police de proximité

lundi 18 septembre 2017[]

Les sénatrices et sénateurs du groupe CRC au Sénat ont déposé une proposition de loi visant à réhabiliter la police de proximité. (Enregistré à la Présidence du Sénat le 11 septembre 2017)

Leur communiqué  :

Depuis 2002, les policiers, soumis à la politique du chiffre, arborent un uniforme désincarné. Privés de la légitimité que confère une relation durable avec des habitants, et la source de renseignements qu’elle constitue, les policiers paraissent uniquement chargés d’interventions ponctuelles dans des conditions ainsi rendues plus dangereuses. Et chaque intervention fait courir le risque d’une montée de la violence.

Pourtant leur rôle est aussi d’être au plus près de la population, à la fois pour prévenir et lutter contre les crimes, les délits, ainsi que le terrorisme en récupérant les renseignements à la source, mais aussi pour répondre concrètement aux attentes et aux besoins de sécurité des populations.

Briser ce cercle vicieux appelle une démarche de longue haleine, excluant que chaque situation dramatique donne lieu à un revirement de doctrine et des annonces spectaculaires. Une politique de sécurité axée sur la police de proximité, sans être l’unique remède à des situations dont les causes sont multiples, est le seul moyen d’y parvenir.

A l’heure où le gouvernement fait des annonces sans ambition, notamment budgétaire, sur la « police de sécurité du quotidien » qu’il promet dès la fin 2017 (« débarrasser les policiers des tâches administratives », en faire des « policiers connectés »), les sénatrices et sénateurs communistes proposent une véritable réhabilitation de la police de proximité :

- D’abord en précisant les orientations permanentes de la politique de sécurité publique : « La police de proximité tend à assurer des relations de confiance entre la police et les habitants […] Elle repose sur la territorialisation de l’action et sur l’autonomie des agents, qui reçoivent à cet effet une formation spécifique. »

- Ensuite en proposant concrètement de revoir les missions de la police de proximité et de réfléchir à la réorganisation administrative de la police nationale, dans l’objectif de créer une direction générale de la police de proximité au ministère de l’intérieur.

Une police proche des gens, en contact permanent avec les populations et les différents acteurs associatifs et économiques, créerait les conditions du rétablissement de la confiance entre policiers et citoyens. C’est cela, agir pour une véritable politique de sécurité publique. Tel est l’objet de la proposition de loi déposée sur le bureau du Sénat cette semaine par les sénatrices et sénateurs du groupe CRC.

Eliane Assassi présidente du groupe communiste au Sénat

Eliane Assassi présidente du groupe communiste au Sénat

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 06:44

Pour Clémentine Autain, il est temps de se rassembler pour donner corps à un mouvement social uni et puissant et d'inventer ensemble des alternatives à la politique ultra-libérale du gouvernement.

Présent à la Fête de l'Humanité, le fondateur du mouvement du 1er juillet invite toutes les forces de gauche à réinventer un modèle social non basé sur l'unique valeur travail.

Ce n'est pas forcément ce qui est le plus visible d'ici en Europe où l'on parle surtout des mésaventures de Trump, mais il est en train de se passer quelque chose à gauche aux Etats-Unis.

Rasha Mohamed, chercheuse sur le Yémen à Amnesty International fait un point sur la situation de ce pays après presque trois années de guerre meurtrière qui oppose la coalition arabe menée par l’Arabie Saoudite aux rebelles Houthis. Tandis que l’accès au pays est fermé aux médias et très difficiles aux ONG, les civils Yéménites, outre les bombardements incessants et les privations, subissent également la pire épidémie de choléra recensée depuis 50 ans. 

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 06:42

A peine sorti de sa septième garde à vue,  le jeune agriculteur solidaire des migrants dans la vallée de la Roya est venu à la Fête de l'Humanité où il dénonce la politique inhumaine de la France à l'égard des exilés et l'acharnement dont les autorités font preuve à son égard. 

Soirée délinquants solidaires : Avec Cédric Hérrou, Laurent Caffier, Pierre-Alain Mannoni, poursuivis pour délits de solidarité...

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 06:36

Présente comme chaque année à la Fête de l'Humanité, l'épouse du leader palestinien Marwan Barghouti, est une tête de pont de la défense des prisonniers politiques.

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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 06:35

Pour faire face aux immenses défis technologiques, démographiques ou environnementaux, l'époque appelle plus de coopération dans le travail, dans la recherche, plus de formation tout au long de la vie, plus de stabilité et de sécurité au travail, plus de démocratie dans l'entreprise et la cité. Tout le contraire de ce qu'ont choisi d'entreprendre les gouvernements qui se succèdent depuis des décennies.

Celui en place s'apprête à installer le dernier étage de la fusée libérale, celle-là même qui fut imposée à de nombreux pays sans produire aucun des résultats annoncés. Certes, on y licencie plus aisément et les salariés disposent de moins de droits. Pour autant, le plein-emploi et les salaires décents ne sont pas au rendez-vous, tout en étant tirés vers le bas par l'explosion des emplois précaires et du nombre de travailleurs, et surtout de travailleuses, pauvres.

Partout, les contre-réformes aboutissent au même désastre social et économique et au progrès des extrêmes droites. Frappés de cécité ou de mauvaise foi, le chef de l'État et les médias dominants continuent malgré tout d'expliquer qu'elles sont une magnifique réussite en Allemagne, en Italie ou en Espagne ! Pourtant, les partisans les plus obtus de ces ordonnances commencent à reconnaître qu'elles n'ont pas pour vocation première de créer de nouveaux emplois, encore moins de penser le travail humain au XXIe siècle. Alors de quoi sont-elles véritablement l'objectif et le nom ?

Le véritable dessein du pouvoir macroniste se cache ailleurs. Il a été exposé dans les différents pensums libéraux, bibles des gouvernements successifs. Il en est ainsi du rapport Attali, rédigé par un aréopage de patrons et d'économistes libéraux, affublé de la dénomination ronflante de « commission pour la libération de la croissance française ». Eh bien, nous y voilà. C'est bien à cette « libération de la croissance » que le gouvernement et le Medef comptent s'atteler, non pas en réorientant l'argent spéculatif et les scandaleux dividendes vers des investissements utiles, ni en valorisant les capacités humaines par un droit nouveau à la formation. Non ! Il s'agit de livrer toutes les clefs de l'économie au marché capitaliste, de mettre corps et âme l'ensemble des travailleurs et des citoyens au service d'un projet dont l'objectif est de donner au capital mondialisé et financiarisé un souffle nouveau.

Réussir la mobilisation du 12 septembre et toutes celles qui sont d'ores et déjà envisagées revêt dès lors une portée décisive. La question posée touche à une nouvelle définition du travail humain, de sa fonction, de son organisation et de ses finalités, à l'aune des profonds bouleversements technologiques, démographiques et écologiques. Le travail est aujourd'hui dominé par l'emprise du capitalisme et de ses crises sur l'ensemble de la planète et sur la production, miné par le court-termisme de la rentabilité financière, au détriment de l'intérêt général humain et du respect de la planète. Cette domination n'a rien de fatal. Tout peut même s'éclairer si les mobilisations et le rassemblement prennent de l'ampleur.

Tous ces enjeux de nature civilisationnelle seront au coeur de multiples débats à la Fête de l'Humanité, quatre jours après la première action syndicale. Ceci ne fait que renforcer la nécessité d'en faire le grand rassemblement populaire de la pensée, de l'action et de la culture en proposant à ses proches d'y participer.

Elle sera le lieu où le sens profond de cette nouvelle offensive libérale sera mis à nu et en perspective. Elle permettra, grâce à l'éclairage de multiples confrontations pluralistes, de comprendre, de découvrir et partager arguments et analyses pour travailler les convergences indispensables avec la jeunesse, le monde de la création, les retraités. C'est une contre-offensive unitaire, populaire de fond, politique, sociale et culturelle que réclame l'avalanche libérale en cours pour dégager une « contre-cohérence » pour le progrès humain et écologique et l'efficacité économique.

La politique gouvernementale a sa cohérence. Elle tente, fondamentalement, de redéfinir la puissance publique, non plus comme un contrepoids nécessaire face à la domination des détenteurs de capitaux et des moyens de production, mais comme l'organisateur d'un féroce marché concurrentiel, source de plus-value pour la rente.

Placer l'entreprise au coeur des négociations revient à renoncer au rôle protecteur de la loi et à retirer aux parlementaires leur pouvoir législatif au bénéfice du contrat, pour mieux mettre les salariés sous pression des marchés et encourager le dumping social. Plafonner les indemnités pour licenciement abusif exonère le patronat de ses responsabilités sociales et encourage les licenciements massifs. Élargir de manière considérable le périmètre de ces licenciements, permettre aux entreprises de se retrancher derrière leurs multinationales pour justifier la mise à l'index des travailleurs et affaiblir les syndicats revient à laisser des milliers de vies humaines sans défense face aux aspects les plus hideux et violents de la mondialisation capitaliste. Fusionner les instances représentatives accentue encore la monarchie actionnariale dans l'entreprise. Instituer des contrats de mission précarise davantage et organise encore plus violemment la concurrence entre travailleurs. Toute la logique de la nouvelle loi de destruction du droit du travail et la mise en lambeaux des sécurités collectives risquent d'être aggravées par l'assaut claironné contre les cotisations sociales. Et, à peine les ordonnances ficelées, on annonce une vague de privatisations, la vente des actifs publics des grands groupes, un affaiblissement de la Caisse des dépôts et consignations, une mission d'experts sur le Smic, une attaque contre la formation professionnelle !

Le gouvernement et le Medef veulent réduire l'humain à sa fonction d'agent économique au service des puissants. Fût-ce en amputant le travail de sa dimension anthropologique.

L'enjeu pour le grand patronat allié aux milieux financiers consiste à rendre le travail humain plus dépendant encore de leurs désirs. Ils ne supportent plus le compromis gagné de haute lutte qui permettait, certes en partie, de partager ce pouvoir entre les travailleurs et le patronat, les premiers bénéficiant d'assistances syndicales, d'une justice prud'homale, d'un contrat de travail protecteur ou du droit de gérer eux-mêmes une partie de la richesse produite dans des caisses socialisées. Aujourd'hui, le Medef et le gouvernement considèrent ce compromis comme un frein au développement du capital. Il convient pour eux de dégager du profit par l'asservissement du travail humain et sa subordination complète aux objectifs de rentabilité, fût-ce en amputant le travail de sa dimension anthropologique. Il s'agit d'une réduction de l'humain à sa fonction d'agent économique au service des puissants.

Tout ceci nous conforte dans l'idée de mettre la Fête de l'Humanité à disposition du mouvement social, de la jeunesse, des créateurs, pour en faire un moment marquant de la contre-offensive. Réussir cette Fête, c'est se donner de la force pour empêcher la promulgation des ordonnances antisociales, pour travailler à porter un autre projet de Sécurité sociale du travail et de la formation, un nouveau partage des richesses vers les travailleurs, les créateurs, les retraités et une nouvelle manière de produire, respectueuse de l'avenir de la planète. Les enjeux sont immenses. Hissonsnous à leur hauteur ! Faisons de la Fête un événement retentissant, gage de confiance et de succès pour les mobilisations à venir.

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