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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 07:51
Pôle emploi, missions locales : pourquoi les opérateurs publics de l'emploi sont désarmés face à la crise

Pôle emploi, missions locales : pourquoi les opérateurs publics de l'emploi sont désarmés face à la crise

Jeudi 10 Septembre 2020 - L'Humanité

Les volets emploi et formation du plan de relance du gouvernement s’appuient en grande partie sur les structures remplissant des missions de service public. Mais, essorées par l’austérité, ces dernières n’arrivent pas à répondre à l’actuel afflux de privés d’emploi.

 

Les services publics, grands absents du plan de relance. Lors de sa présentation solennelle la semaine passée, pas une mention des relais de l’État n’a émaillé le discours du premier ministre. Pourtant, les 6,5 milliards d’euros à destination de l’emploi des jeunes, ou les 7,6 milliards dédiés à la mise en place d’un bouclier antichômage alliant activité partielle de longue durée et formation, vont reposer en partie sur ces opérateurs exerçant des missions de service public.

« Le manque de postes est structurel, pas conjoncturel »

Face à la vague de chômeurs qui déferle actuellement sur Pôle emploi, l’Unédic anticipant 900 000 demandeurs d’emploi en plus d’ici fin 2020, la ministre du Travail avait pris soin d’annoncer, le 30 août, 2 800 recrutements et une rallonge budgétaire de 250 millions d’euros. 1 500 embauches en CDD sont en cours sur l’accompagnement, et 650 pour le suivi des jeunes. « Il y aura 500 transformations de CDD en CDI d’ici la fin de l’année, détaille Michel Brevart, élu du SNU Pôle emploi au CSE central de l’opérateur. On déplore que la plupart des contrats ne soient que des CDD de 18 mois alors que la charge de travail est en train d’augmenter fortement, avec de gros plans sociaux qui se préparent. La situation est déjà critique pour les conseillers suivant et indemnisant les chômeurs en contrat de sécurisation professionnelle (CSP). Nous avons des remontées inquiétantes à Marseille et dans les Hauts-de-France. »

D’autant que Pôle emploi n’a cessé de se déplumer ces dernières années. Entre 2018 et 2020, plus de 1 000 emplois ont disparu chez l’ex-ANPE, pendant que des recrutements étaient effectués pour le contrôle des chômeurs ou le service aux entreprises. « Le manque de postes est structurel, pas conjoncturel, corrige Guillaume Bourdic, élu CGT au CSE central. Il y a de nombreux précaires à titulariser à Pôle emploi. Ces nouveaux agents recrutés en CDD vont avoir deux mois de formation, alors qu’il y a déjà des files d’attente pour les inscriptions. Il y a aussi eu une montée en charge des problèmes liés à l’indemnisation après le confinement. Les agents spécialistes de cette question manquent. » Cet été, selon la CGT, les conseillers ont été sommés de faire basculer plus de privés d’emploi vers les opérateurs privés de placement (OPP). Mi-août, le dispositif d’accompagnement généraliste « J’accelèR’emploi » et deux nouvelles prestations ont ainsi été mis en route pour un montant de 92 millions d’euros. « Ces opérateurs privés reçoivent en plus des primes quand ils placent des chômeurs dans des contrats de plus de six mois… Pôle emploi est en train de devenir une gare de triage », déplore Guillaume Bourdic.

« On va les mettre où, tous ces jeunes ? »

Du côté des missions locales, le volet « jeunes » du plan de relance n’est encore qu’un lointain écho. En cette rentrée, les salariés doivent parer au plus pressé avec l’affluence des précaires et demandeurs d’asile, notamment à Paris. « Nous sortons à peine du télétravail, rappelle Jean-Philippe Revel, du collectif CGT missions locales. Nous devons gérer l’obligation de formation de 16 ans à 18 ans à partir du mois de septembre. On va se retrouver à fliquer des jeunes sur des listes alors qu’ils devraient être à l’école ! Si on regarde cette obligation de formation, il peut juste s’agir d’un parcours contractualisé d’accompagnement adapté vers l’emploi et l’autonomie (Pacea) et de la garantie jeunes, ce que l’on fait maintenant, c’est donc une fumisterie ! On va leur filer de l’argent pour qu’ils restent chez eux. » Pour le syndicaliste, les dernières mesures annoncées par le premier ministre ne sont ni plus ni moins que « du recyclage. On fonctionne en effectif réduit. On va les mettre où, tous ces jeunes ? À 13 h 30, il y en a 25 qui attendent derrière la porte. Il faudrait plus de conseillers. Nous ne sommes que 100 sur Paris ».

La formation professionnelle des chômeurs et des employés en activité partielle est également censée figurer parmi les priorités du gouvernement. Pourtant, le principal opérateur public, l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), sort à peine d’un plan social destructeur de 1 400 postes, dont l’homologation a été retoquée cet été par le tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Alors que la réorganisation est toujours en cours, les formateurs ont l’impression de marcher sur la tête. « Nous avons également le dispositif ’’chemin d’avenir ’’ qui arrive pour les 16-18 ans, mais ce n’est pas notre métier, nous sommes spécialisés dans la formation qualifiante des adultes. Il n’y a pas d’éducateurs à l’Afpa. On s’attendait à être plutôt sollicité sur la formation des métiers en tension », constate Catherine Ribot, secrétaire adjointe de la CGT. Pour tous, la stratégie du gouvernement en matière de formation professionnelle est du domaine de l’improvisation. « C’est totalement ubuesque, lâche Yann Chérec, secrétaire de la CGT. Nous venons de fermer des centres de formation sur des métiers en tension comme la soudure, où 80 % des stagiaires trouvent un poste après… Sans compter que, si les formations du plan de relance sont attribuées par appel d’offres, on risque de se retrouver en concurrence avec d’autres opérateurs publics comme le Cnam ou le Greta… »

La réforme de 2018 a asséché les caisses de la formation

La réforme de 2018 a asséché les caisses de la formation

 

Tandis que le gouvernement fonde une partie de son plan de relance sur la formation professionnelle, un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l’Inspection générale des finances pointe les insuffisances de la réforme de la loi « Liberté de choisir son avenir professionnel » de 2018 en matière de financements. « Pourtant, le rapport n’envisage pas d’augmenter les moyens alloués à la formation et à l’apprentissage en mettant à contribution les entreprises », déplore la CGT. Pis, il préconise des pistes de réduction des coûts « pesant essentiellement sur les droits des salariés et la qualité des formations », poursuit le syndicat, parmi lesquelles le « redéploiement des moyens de l’éducation nationale pour financer l’apprentissage en supprimant au minimum 1 650 postes ».

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 05:34

 

Comment concilier urgence climatique et urgence sociale ? Alors que le plan de relance du gouvernement est surtout au service du capital, les organisations syndicales et environnementales, elles, s’organisent sur le terrain et bientôt à nouveau dans la rue.

Du local au global, de l’environnement au social, du rouge avec du vert et réciproquement. Pendant longtemps, syndicats et ONG se sont battus, côte à côte, mais chacun sur leurs créneaux. Depuis deux ans, ils réfléchissent ensemble, refusant de choisir entre fin du monde et fin du mois. La réflexion se poursuit sur la bonne façon de reconstruire une économie laminée par le coronavirus. Le mouvement exigeant que vivent communément justice sociale et justice climatique reprend le chemin des luttes et de la bataille politique. La Fête de l’Humanité autrement lui aura, tout au long du week-end, consacré un large espace.

Ensemble, ils « préparent le jour d'après »

En donnant la parole, tout d’abord, aux acteurs sociaux et environnementaux qui, depuis plusieurs mois, ont entrepris de réunir leurs forces. En mars dernier, en plein cœur du confinement, 18 organisations syndicales, associatives et environnementales publiaient une tribune intitulée « Plus jamais ça ! Préparons le jour d’après ». Toutes y lançaient un appel aux « forces progressistes et humanistes (…) pour reconstruire un futur écologique, féministe et social, en rupture avec le désordre néolibéral ». Parmi elles, la CGT, Attac, Greenpeace et Alternatiba, dont les représentants étaient les invités de l’Agora du journal, réunis à la Bellevilloise, vendredi 11 septembre. « Notre collectif est né de rencontres pendant le contre-sommet organisé en opposition au G7 de Biarritz », rappelait Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. « C’était la première fois que l’on débattait ensemble, Philippe Martinez et moi. » Marquée tout à la fois par les grandes marches pour le climat et le mouvement spectaculaire des gilets jaunes enclenché contre la taxe carbone, tout, dans l’actualité, « appelait à avancer sur nos points de convergence ».

Tant du côté des ONG que de celui des syndicats, la réflexion mûrissait depuis plusieurs années, insistait pour sa part Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT : « Tout le monde prend de plus en plus conscience des enjeux climatiques, les salariés autant que les autres, singulièrement les plus jeunes. La question est de ne pas le faire au détriment de l’emploi. » Restait à articuler ces enjeux autour de propositions cohérentes et concrètes. La crise du coronavirus a donné le dernier coup de cravache.

« Fruit d’un système qui exploite le travail autant que la nature, elle nous a poussés à accélérer ces convergences », explique Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac. « Très vite, nous avons compris que les centaines de milliards d’euros qui allaient être offerts aux entreprises pour relancer leurs acti- vités devaient être l’opportunité d’un changement. »

Construire l'équilibre

En découle, aujourd’hui, un plan de sortie de crise élaboré par les organisations et décliné en 34 propositions. Visant plus de justice fiscale, plus d’emplois et de meilleures conditions de travail, plus de sécurité sanitaire, aussi, ainsi qu’une transformation des modes de production, de mobilité et de consommation, il cherche à construire l’équilibre. « Nous avons besoin d’articuler le présent et le futur, de permettre aux futures générations de vivre et de manger, sans exclure de ce droit les générations d’aujourd’hui », résumait, vendredi, Pauline Boyer, porte-parole d’Alternatiba.

Tout ne va pas sans contradictions, et le débat existe, assumé, entre les acteurs. Surtout, leurs aspirations se cognent aux politiques gouvernementales. Révélé en septembre, le plan de relance économique décidé par l’État est loin, très loin, de s’inscrire dans les mêmes perspectives. Le rapport de forces, de fait, reste à construire.

Poussées sur ce terrain par les dernières élections, les villes de gauche s’en emparent et travaillent à bâtir les solutions localement, pour mieux les imposer à l’échelle nationale, voire internationale. ParisPoitiersGrenoble et Villejuif : les maires de quatre d’entre elles étaient, là encore, les invités de l’Agora de l’Humanité.

La mobilisation ne lâche pas le pavé

Les luttes, enfin, s’apprêtent à reprendre le pavé… D’abord le 17 septembre, CGT, FSU et Solidaires, appellent à une journée de mobilisation et de grève dans le public comme le privé alors que les suppressions d’emplois se multiplient. « Les premiers de corvée sont remerciés en étant licenciés. Comme à Auchan où 1 500 postes vont être supprimés », a expliqué le secrétaire général de la CGT. Deux jours plus tard, le 19 septembre à Gonesse (Val-d’Oise), là ou devait s’ériger un méga-centre commercial sur des terres agricoles, un exemple concret de convergence des luttes aura lieu lors de la Fête des terres. « Les luttes les plus efficaces sont celles qui sont mises en commun », expliquait ainsi Christian Chasseau, le secrétaire national du MNLE (Mouvement national de lutte pour l’environnement), lors du débat, au Kilowatt, à Vitry-sur-Seine, sur les « suites des mobilisations climat », qui sera retransmis en différé mardi sur le site Internet de l’Humanité.

Une répétition avant le retour des marches pour le climat, les 25 et 26 septembre, auxquelles appellent toutes les organisations membres du collectif Plus jamais ça. Rassembler et multiplier les initiatives partout pour créer un rapport de forces.

Découvrez l'intégralité du débat en vidéo :

 

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21 septembre 2020 1 21 /09 /septembre /2020 05:22

 

Pour faire à la pandémie, certains pays ont fait appel à des médecins cubains. Depuis des dizaines d'années, l'île caribéenne fait preuve de solidarité, envoyant ses soignants en Afrique et Amérique latine, dans le cadre d'une politique de coopération et de paix. Plusieurs associations demandent que les médecins cubains soient récipiendaires du prix Nobel de la paix. Entretien avec Elio Eduardo Rodriguez Perdomo, ambassadeur de Cuba en France.

 

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 14:25
Sénatoriales, lundi 21 septembre, 18h à Morlaix - Réunion avec Isabelle Mazelin et Sylvaine Vulpiani de la liste En Finistère, à Gauche
Sénatoriales - Réunion avec la liste "En Finistère, la Gauche" (Génération.S, Les Radicaux de Gauche, Nouvelle Donne, PCF) à Morlaix le lundi 21 septembre.
 
Isabelle Mazelin, tête de liste de  "En Finistère, la Gauche" aux élections sénatoriales du dimanche 27 septembre, 56 ans, professeure d'histoire en collège, adjoint à la culture au Relecq-Kerhuon, et Sylvaine Vulpiani, 56 ans, juriste, Conseillère régionale, en 3e position sur cette liste soutenue par Génération.S, Nouvelle Donne, Les Radicaux de Gauche, le PCF, nos candidates seront présentes à Morlaix pour échanger avec les élu-e-s et grands électeurs du pays de Morlaix
 
Entre 18h à 19h30 le lundi 21 septembre
 
à la salle d'audience de l'ancien lycée de Kernéguès, près des Services Techniques de la ville de Morlaix.
 
Réunion ouverte à tous les élu-e-s et grands électeurs et électrices intéressé-e-s du pays de Morlaix.

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 12:19
La disparition de Marcel Trillat nous laisse dans une immense tristesse - Communiqué du PCF et articles d'hommage du Monde (Daniel Psenny) et de L'Humanité (Marie-José Sirach)
La disparition de Marcel Trillat nous laisse dans une immense tristesse - Communiqué du PCF et articles d'hommage du Monde (Daniel Psenny) et de L'Humanité (Marie-José Sirach)
La disparition de Marcel Trillat nous laisse dans une immense tristesse.
 
Journaliste et réalisateur, il était un ami fidèle. Foisonnant d’idées, il s’attachait à donner la parole à celles et ceux qui ne l’ont pas assez, les ouvriers, les étrangers, les femmes précaires, les enfants des quartiers populaires... Marcel Trillat était un journaliste exigeant et talentueux, ce qui le conduisit à exercer des responsabilités éminentes au sein du service public de l’audiovisuel. Il était aussi un militant engagé et un syndicaliste. Élu CGT au conseil d’administration de France télévision, il avait participé à la grande aventure de la radio libre Lorraine Cœur d’acier. Documentariste reconnu, il avait obtenu le Grand Prix de la SCAM pour l'ensemble de son œuvre en 2007.
 
Marcel Trillat était un homme droit, pétri d’une grande générosité. Il participait avec cœur à nos échanges et à nos travaux, nous encourageant toujours à être créatifs dans notre réflexion et notre action. Marcel
Trillat a marqué notre histoire. Il va nous manquer.
 
 
Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, député du Nord, Pierre Dharréville, en charge des questions culturelles au PCF et député des Bouches-du-Rhône,
 
Le 18 septembre 2020.
 
Marcel Trillat, journaliste et documentariste, est mort

Marcel Trillat, journaliste et documentariste, est mort

Entré dans l’équipe de « Cinq colonnes à la “une” » en 1965, il réalisa de nombreux reportages sur les lieux des luttes sociales. Il est mort le 18 septembre, à l’âge de 80 ans.

Daniel Psenny – Le Monde, 19 septembre 2020

 

Œil vif, voix chaude, gueule de baroudeur, militant syndical…, Marcel Trillat fait partie de ces journalistes qui ont marqué l’histoire de l’audiovisuel public. L’annonce de sa mort, vendredi 18 septembre, d’une crise cardiaque survenue à Paris à l’âge de 80 ans, a créé une vive émotion au sein de France Télévisions, où il a formé et accompagné de très nombreux journalistes aujourd’hui en poste. « Il a façonné une génération de reporters », souligne Hervé Brusini, ex-journaliste de France 2 et aujourd’hui président du Prix Albert-Londres. « Ce fut un modèle », ajoute Dominique Pradalié, elle aussi ex-journaliste de la Deux.

Sur les réseaux sociaux, anciens collègues, politiques et syndicalistes ont tous rappelé son « intégrité », son « humanisme » et ses « combats » aux côtés des étrangers, des précaires, des oubliés et, surtout, des « prolos », auxquels il a consacré plusieurs documentaires.

Etudes de lettres

Né le 4 avril 1940 à Seyssinet-Pariset (Isère), petit village du Vercors, Marcel Trillat a grandi dans la ferme tenue par ses parents. Une enfance heureuse dans une famille catholique non pratiquante. Son père, agriculteur et militant socialiste, était revenu meurtri de la guerre de 14-18. Il fut aussi un des chefs maquisards de la région contre les nazis et Marcel Trillat fut fortement marqué par les récits sur la Résistance. La ferme était ouverte aux étrangers et à ceux qui avaient faim.

Dans un long film entretien réalisé en 2018 par la documentariste Jeanne Menjoulet, Marcel Trillat raconte son engagement à gauche dès l’âge de 14 ans et sa rupture avec la religion. « Dans la cour de récré, on se foutait sévèrement sur la gueule entre les pro et anti-FLN », dit-il. Vite repéré par les Jeunesses communistes de la région, il adhère au PCF en 1956 lors de ses études à l’Ecole normale de Grenoble. Son engagement avec les communistes provoqua une rupture douloureuse avec son père qui, en tant que socialiste, défendait l’engagement de la France dans son ancienne colonie.

Après l’Ecole normale, il démarra des études de lettres à la faculté de Lyon. Comme le raconte Le Maitron, dictionnaire biographique du monde ouvrier, c’est dans la ferme familiale qu’il eut son premier contact avec la télévision où une équipe composée de Pierre Desgraupes et Jean-Pierre Gallo, deux piliers du magazine « Cinq colonnes à la “une” », étaient venus faire un reportage sur le monde paysan. En 1964, « monté » à Paris pour une réunion politique, il revoit Pierre Desgraupes qui le prend comme stagiaire à « Cinq colonnes ».

Dès 1965, il intègre le magazine et montre vite ses qualités d’intervieweur. En 1967, il réalise avec Hubert Knapp un reportage sur la grève des dockers à Saint-Nazaire que les dirigeants gaullistes – qui avaient la haute main sur l’information – refusent de diffuser en demandant même qu’il soit détruit. Marcel Trillat en sauvera une copie in extremis. L’année suivante, il est de tous les combats de Mai 1968 et est licencié de la télévision lors de la reprise en main par le pouvoir gaulliste.

Traversée du desert

Il commence alors une traversée du désert ponctué par la réalisation de plusieurs documentaires sur la vie ouvrière. En 1979, à la demande de la CGT, il s’installe à Longwy en Lorraine pour lancer avec un autre journaliste Jacques Dupont, Radio Lorraine Cœur d’Acier (RLCA), une radio pirate (à l’époque les « radios libres » étaient interdites) pour soutenir les ouvriers sidérurgistes en lutte pour le maintien de leurs emplois. « Une aventure comme on en vit une fois dans sa vie », dira t-il. L’antenne est ouverte à tout le monde à l’exception du Front national. Après deux ans de débats passionnés et de résistance, la CGT met fin à l’aventure jugeant que la radio s’était trop émancipée du syndicat. Marcel Trillat en tiendra longtemps rigueur aux dirigeants de la CGT et particulièrement à Henri Krasucki. Il quitte alors le PCF. Il en reste une chanson Le Chiffon rouge, de Michel Fugain, qui passait en boucle sur l’antenne et qui deviendra l’hymne de toutes les manifestations de la CGT.

En 1981, le journaliste fait son retour à la télévision après l’élection de François Mitterrand. Refusant de figurer sur la liste des « journalistes communistes » présentée par le PCF pour intégrer la télévision, il est contacté une nouvelle fois par Pierre Desgraupes, alors PDG d’Antenne 2, qui lui propose de reprendre du service. Il s’y fait vite remarquer avec deux reportages sur l’anniversaire du massacre des Algériens le 17 octobre 1961 et celui des morts du métro Charonne en 1962. Sa carrière sur la deuxième chaîne sera en dents de scie. Les différentes directions se méfient de sa liberté de ton et de sa qualité d’enquêteur pour dénicher des « affaires » lorsqu’il dirige le service des « infos géné ». Ainsi, en 1990, lors de la première guerre du Golfe, envoyé spécial sur le terrain, il dénonce en direct la censure de l’armée française qui contrôlait les journalistes « embeded ». Ce coup de gueule lui vaudra d’être muté comme correspondant à Moscou…

Après de nombreux reportages pour le magazine « Envoyé spécial », il quitte la rédaction de France 2 en 2000, mais poursuit ses mandats de représentant de la CGT au conseil d’administration de France Télévisions jusqu’en 2006.

Entre 2000 et 2010, Marcel Trillat a réalisé plusieurs documentaires produits par Jean Bigot (300 jours de colère, Les Prolos, Femmes précaires, Silence dans la vallée) ainsi qu’un documentaire de référence L’Atlandide, une histoire du communisme avec Maurice Failevic. En 2007, il a reçu le Grand Prix de la SCAM pour l’ensemble de son œuvre. Toujours engagé politiquement, il a soutenu la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle.

Lire la chronique de 2014: Des immigrés perdus dans la Ville Lumière

Dates

4 avril 1940 Naissance à Seyssinet-Pariset (Isère)

1954 Ecole normale à Grenoble

1965 Entrée à « Cinq colonnes à la Une »

1968 Licencié de la télévision

1979 Création de Radio Lorraine Cœur d’Acier

1981 Retour à Antenne 2

18 septembre 2020 Mort à Paris

Daniel Psenny

Marcel Trillat, mort d’un humaniste

Samedi 19 Septembre 2020

Hommage. Journaliste, réalisateur, syndicaliste, militant infatigable, ami de notre journal, Marcel Trillat est mort vendredi 18 septembre à l’âge de 80 ans. Retours sur un parcours de vie journalistique et engagé d’un homme intègre.

 

On s’était dit que c’était partie remise. Qu’on se retrouverait l’an prochain, en août à Uzeste, mais aussi en septembre, à la fête de l’Humanité, au stand des Amis de l’Huma, deux rendez-vous que Marcel Trillat ne ratait jamais. La nouvelle de sa mort a plongé ses amis, ses proches dans la stupeur. “Un grand vide” pour Alain Delmas, secrétaire de l’union départementale de la CGT-Gironde. Une “immense tristesse” pour Marc Perrone qui a composé la plupart de la musique de ses films. “La perte d’un grand journaliste, d’un réalisateur qui a toujours donné la parole à ceux qui ne l’avaient pas” pour Jean Bigot, producteur de tous ses films depuis les années 2000…

Du côté des opprimés, des sans-voix, des petits, de la classe ouvrière

Marcel Trillat, c’est ce qu’a produit de meilleur le service public de l’audiovisuel. Un journaliste intègre, honnête, engagé, humaniste, toujours du côté des opprimés, des sans-voix, des petits, de cette classe ouvrière que d’aucuns avaient décidé qu’elle avait disparu. Disparu des radars médiatiques, rayés de la carte ces “Prolos” qu’il n’a eu de cesse de filmer, au coeur de l’action, des tensions, là où la lutte vous pousse à être plus fort, plus intelligent, plus libre. Marcel Trillat était un journaliste engagé qui savait tenir un point de vue sans se soucier des politesses. Il a fait ses classes auprès des plus grands. Pierre Desgraupes, fondateur de “Cinq colonnes à la une” lui a mis le pied à l’étrier, lui a donné le goût du métier. On ne compte plus les reportages qu’il a réalisé pour Cinq colonnes, au coeur d’une actualité sociale qui le passionnait. Le pouvoir gaulliste était sur les dents. Alain Peyrefitte, sinistre ministre de l’Information, faisait de la chasse aux sorcières son passe-temps favori. Trillat aura traversé des tempêtes, pris des coups, de ses ennemis mais aussi de ses amis, parfois. Mais malgré les coups ciseaux redoutables de la censure, sa mise à l’écart de l’ORTF en 68, sa réintégration en 1981, l’arrêt de Radio Lorraine coeur d’acier par la direction de la CGT d’alors, il a mené de front son métier de journaliste et ses responsabilités professionnelles et syndicales ( à la Cgt) à France télévision, par tous les temps, sous toutes les gouvernances. Il était de la trempe de ces journalistes pour qui ce métier ne se réduit pas à ânonner bêtement une information sans saveur. Il se donnait les moyens d’aller voir, de vérifier, d’enquêter, de contre enquêter.

Une fermeture d’usine, des licenciements, il ne se résignait pas aux trois lignes AFP qui tombaient sur les prompteurs. Il savait que derrière ces trois lignes, ces chiffres secs, c’était la vie d’hommes et de femmes que le capitalisme foutait en l’air. Alors il se rendait sur place, dans les usines, au bistrot d’en face, s’attachant à toujours tisser les indispensables lien de confiance avec les gens qu’il filmait. C’est cette confiance qui lui permettait de pénétrer dans leur intimité, de s’installer dans la cuisine du petit pavillon ouvrier acheté à crédit, dans le salon du modeste Hlm. Et les gens racontaient, se racontaient, sentant chez lui une écoute, une attention qu’ils n’avaient jamais rencontrées jusqu’ici. Ses reportages pour Envoyé spécial, sa trilogie consacrée aux “Prolos” attestent de son engagement journalistique, de son grand professionnalisme. Jamais le journaliste qu’il était se mettait en scène. Il posait une question, une deuxième faisant naître la parole de son interlocuteur, donnant ainsi accès à une histoire. Et Marcel aimait les histoires, ces tranches de vie qui tissent l’histoire avec un grand H. Il les racontait merveilleusement, revivait ses souvenirs sans jamais se donner le beau rôle et vingt ans, trente ans après, l’émotion était là, palpable, qui l’obligeait à marquer une pause, essuyer une larme, pour mieux repartir à l’assaut des souvenirs heureux, malgré les défaites, les trahisons, parce qu’il n’avait jamais renoncé à l’idée d’un monde meilleur, d’un monde plus juste, plus fraternel...

Il était une fois “le 1er mai à Saint-Nazaire

Rien ne préparait Marcel Trillat a devenir ce grand journaliste du service public de l’audiovisuel. Fils de paysans isérois, né en 1940, c’est à l’Ecole normale de Grenoble, puis à Lyon où il poursuit des études universitaires, en pleine guerre d’Algérie, qu’il devient communiste. Mais c’est à l’occasion d’un tournage de l’émission “5 colonnes à la Une” dans la ferme familiale qu’il rencontre une première fois Pierre Desgraupes. En 1965, Marcel Trillat “monte” à Paris pour une réunion politique et retrouve Desgraupes un peu par hasard qui lui fait part de son souhait de former des jeunes journalistes de télévision. Marcel Trillat saisit la perche et s’embarque dans cette aventure télévisuelle unique en son genre qui donnera ses lettres de noblesse à la télévision publique.

Il aurait pu être enseignant, il devient journaliste et s’intéresse naturellement au monde du travail, à ces “prolos”, ces héros des temps modernes. En 1967, Trillat sait qu’à Saint-Nazaire, les ouvriers des chantiers navals, après de longs mois de lutte préparent joyeusement la manif victorieuse du 1er mai. Il propose un reportage sur ce premier mai à l’équipe de 5 colonnes. Pas très convaincue mais il faut bien traiter du 1er mai qui revient, tel un marronnier, chaque année sur le tapis en conférence de rédaction. Marcel Trillat et Hubert Knapp s’installent à Saint-Nazaire et recueillent des témoignages à la fois poignants et drôles des ouvriers, refaisant jouer, ou mimer, certaines scènes aux protagonistes. Puis ils filment LA manif, les femmes, au premier plan, chevilles ouvrières silencieuses et invisibles de ce mouvement qui défilent, en tête. Trillat se révèle grand interviewer: non seulement il sait accoucher la parole de ses interlocuteurs mais aussi capter et accorder autant d’importance aux silences, aux larmes de joie et de souffrance. Au-delà du bonheur de la victoire, il filme avec son compère le bonheur de la dignité et de la fierté retrouvés. De retour à Paris, le film, pas tout à fait mixé, est projeté en petit comité, en présence d’un représentant du ministre de l’Information Alain Peyrefitte qui s’écrie, à la fin de la projection: “C’est du mauvais cinéma!”. Ce à quoi Desgraupes lui rétorque: “Monsieur, vous êtes là pour dire si c’est de la bonne ou mauvaise politique. Faites votre métier, vous êtes payé pour ça. Quant à savoir si c’est du bon ou du mauvais cinéma, c’est à nous de le dire”. Malgré le soutien de Desgraupes, le film sera censuré et jamais diffusé à la télévision. Si le film “le 1er mai à Saint-Nazaire” existe aujourd’hui en dvd, c’est parce qu’au sortir de cette projection, Marcel avait quitté la rue Cognacq-Jay en “volant” les bobines, sachant pertinemment que s’il les laissait là, elle serait aussitôt détruites. Cette même année, il réalise avec Jacques Krier et Paul Seban  “Ce jour-là” sur la mobilisation des jeunes communistes contre la guerre du Vietnam.

L'Humanité au coeur

Un an après, mai 68 agit comme une déflagration. Les personnels de l’ORTF se mettent en grève. Le pouvoir gaulliste fera le ménage sans ménagement, virant plus d’une centaines de journalistes dont Marcel Trillat. Les années qui suivent témoignent de sa volonté farouche de poursuivre et défendre son métier de journaliste. Il réalise des films de commandes pour le service audiovisuel de la CGT (“la Cgt en mai 68”, “le Frein” et “Étranges étrangers”, mais aussi pour le Pcf. Il parvient à réaliser pour la télévision “l’Usine”, en 1970, par l’entremise de journalistes et producteurs amis restés dans la maison et même un “Expressions directes” avec Georges Marchais en 1975, dont la production était confiée aux partis politiques. En 1976, l’Humanité-Dimanche créée une nouvelle rubrique “Une Vie”, à laquelle il collabore avec Marcel Bluwal.

17 mars 1977… Dans une des salles de la mairie de Longwy, Marcel Trillat, clope au bec, aux côtés de son confrère Jacques Dupont, entourés de plusieurs dizaines de personnes, donne le coup d’envoie de la radio Lorraine coeur d’acier, LCA, qui émet clandestinement sur le bassin minier. Cette expérience marquera à jamais Marcel Trillat. Première radio libre, il ouvre l’antenne, permet à chacun, quelque soit son appartenance syndicale ou politique, à l’exception du Front national, de s’exprimer. Pas de censure. Il riait au souvenir du générique, quelques notes tremblotantes à la flûte à bec; des interventions des “débrouilleurs” pour empêcher les tentatives de brouillage de la police; des revues de presse hilarantes où les Unes des quotidiens nationaux étaient joyeusement dézinguées en direct. C’était une “radio de l’espoir”, disait-il. Gérard Noiriel alors jeune professeur, à Longwy, aura une émission. Le chanteur Renaud s’y arrêtera un soir après un concert et reversera l’intégralité de son cachet. Guy Bedos aussi s’invitera dans les locaux enfumés de Longwy. Le professeur Albert Jacquard viendra expliquer la génétique: “Partout dans la ville, depuis tous les postes de radio, on l’écoutait nous raconter la génétique, on entendait une mouche voler” se souvenait-il. C’est la direction de la Cgt qui mettra un terme à cette aventure unique: “ça fait partie des quelques bisbilles que j’ai eu avec la Cgt. Mais j’en ai aussi eu avec le parti” confiait-il. Il restera toujours à la Cgt, siègera au conseil d’administration de France-Télévision pour le SNJ-Cgt de 2001 à 2006. Il rendra sa carte du parti en 1987 mais restera pour la vie un “communiste de coeur”, un compagnon de route et de lutte aimé de tous les militants, qu’ils soient coco, gauchistes, libertaires... 

“Trois cents jours de colère” en 2002, “les Prolos” en 2003 et “Femmes précaires” sont ces derniers documentaires pour la télévision, produits par VLR (Vive la Révolution), la société de production de Jean Bigot. Marcel réalisera avec Maurice Failevic “l’Atlantide, une histoire du communisme” en 2011 puis, en 2013, “des Étrangers dans la ville” qui fait écho à l’un de ses tout premiers documentaires tourné en 1970, “Étranges étrangers”, comme une déclinaison du poème de Prévert…

Marcel Trillat était de tous les combats. Militant infatigable, il aimait la vie, rire, boire un coup de gorgeon au stand des Amis de l’Huma ou partager une omelette aux cèpes au stand du Gémeur à Uzeste. Il aimait la rédaction de l’Humanité, et la rédaction le lui rendait bien. S’il le pouvait, il se joignait à nous lors du traditionnel repas de la rédaction à la fête de l’Huma. Il avait toujours un mot d’encouragement ou de félicitation, affichant son soutien à notre journal dont il fut un des plus ardents défenseurs. Il était certes fatigué mais sa mort, soudaine, laisse un grand vide….

Marie-José Sirach

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 07:57
L’expulsion de Mehmet Yalcin, une honte pour la France (Pierre Barbancey, L'Humanité, 18 septembre 2020)

L’expulsion de Mehmet Yalcin, une honte pour la France

Vendredi 18 Septembre 2020

Violant toutes les procédures et les droits de ce demandeur d’asile, les autorités françaises ont arrêté cet opposant kurde à Erdogan à son domicile de Bordeaux. Il a été expulsé vers Istanbul où il a été incarcéré.

 

Mehmet Yalcin reverra-t-il ses enfants, âgés respectivement de 2 ans, 4 ans et 6 ans, scolarisés en France ? Forcé de fuir la Turquie en 2006 pour éviter un procès du fait de son engagement pour le droit des Kurdes, cet homme a été expulsé le 16 septembre de France, où il pensait avoir trouvé un refuge. Sa demande d’asile était en cours lorsque la préfecture de Gironde, au mépris de toutes les lois de la République et notamment inhérentes aux réfugiés, s’affranchissant des décisions du tribunal administratif de Bordeaux estimant illégale son incarcération dans un centre de rétention, a envoyé plusieurs dizaines de policiers au domicile de Mehmet Yalcin. Malgré les demandes répétées, ses avocats n’ont obtenu aucune pièce, pas le moindre arrêté de placement.

Rendre des comptes

Emmené par voiture jusqu’au centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de l’aéroport de Roissy, il a finalement été expulsé.

Les autorités françaises viennent donc, illégalement, de livrer un opposant à Erdogan. Les prisons turques regorgent de prisonniers politiques. Des chanteurs et une avocate sont morts après des grèves de la faim prolongées parce qu’il demandait la tenue de procès justes et loyaux.

 

Cueilli à sa descente d’avion, à Istanbul, par la police turque, Mehmet Yalcin a été immédiatement emmené. Une honte pour la France, patrie de la déclaration des droits de l’homme, qui préfère aider un autocrate et livrer des démocrates. Le dossier Yalcin ne doit pas être refermé. Les plus hautes autorités de l’État, le président de la République et son ministre de l’Intérieur doivent rendre des comptes.

Pierre Barbancey

L’expulsion de Mehmet Yalcin, une honte pour la France (Pierre Barbancey, L'Humanité, 18 septembre 2020)

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 07:44
Fabien Roussel :  Bridgestone a dépensé des centaines de millions d’euros pour ses sites en Pologne et en Hongrie avec l’aide de l’Union européenne ! (L'Humanité, 18 septembre 2020)

Fabien Roussel : « Bridgestone a dépensé des centaines de millions d’euros pour ses sites en Pologne et en Hongrie avec l’aide de l’Union européenne !»

Vendredi 18 Septembre 2020 - L'Humanité

Fabien Roussel s’est rendu, jeudi, sur le site de Bridgestone pour soutenir les salariés et lutter contre la fermeture de l’usine. Le dirigeant du PCF et député du Nord appelle à reprendre la main sur nos outils de production pour développer une politique industrielle au service de l’humain et de la planète. Entretien.

 

Que pensez-vous de la décision de Bridgestone ?

Fabien Roussel C’est d’une brutalité sans nom. Cette multinationale est le premier producteur de pneus au monde. Ses dirigeants en France et ailleurs n’ont aucune empathie, aucun sentiment. Ils ont une calculette à la place du cœur. Si leur projet n’est pas remis en cause, les conséquences vont être très graves pour Béthune, où Bridgestone est le premier employeur privé, avec 1 100 emplois sur place. La situation risque d’être terrible pour la ville et les familles touchées. Les salariés disent avoir les jambes coupées, car leur père travaillait là-bas, leurs oncles aussi, et aujourd’hui ils y travaillent avec leurs frères. C’est souvent leur emploi à Bridgestone qui leur a permis d’acheter leur maison, et là c’est la vie qu’on leur enlève. Et au nom de quoi ? Au nom du profit des actionnaires. La colère est immense sur place.

Quelles sont les motivations du groupe ?

Fabien Roussel Il parle d’assurer la compétitivité, mais sa seule obsession est d’augmenter les dividendes des actionnaires. La situation de l’usine de Béthune est liée à un sous-investissement organisé depuis des années. Dans le même temps, Bridgestone a dépensé des centaines de millions d’euros pour ses sites en Pologne et en Hongrie, qui plus est avec l’aide de l’Union européenne ! Nous avons au final des multinationales et des institutions qui organisent des délocalisations en Europe et mettent les sites en concurrence pour faire pression sur l’emploi et la rémunération des salariés. Mais les coûts sociaux, environnementaux et fiscaux explosent ! Le pneu 25-50-17 sera produit 20 à 30 % moins cher ailleurs en Europe, mais il sera toujours vendu au même prix en France… Le seul gagnant, c’est donc l’actionnaire. Derrière, on est tous perdants : l’État, le climat, et les travailleurs.

La condamnation est unanime. Les élus locaux et le président de région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, sont montés au créneau. Le gouvernement parle lui-même de « décision révoltante »…

Fabien Roussel Tant mieux. C’est très bien que tout le monde dénonce le sous-investissement qui frappe depuis des années cette usine. Mais cela ne suffit pas. Xavier Bertrand fait partie des responsables politiques qui poussent des cris d’orfraie quand des sites ferment, mais qui défendent les traités européens et la mise en compétition des salariés et des territoires. Lui et le gouvernement doivent remettre en cause leur logique et dire stop aux traités de libre-échange. Il faut se battre maintenant. Taxer les dividendes et entrer au capital des entreprises, intervenir et maîtriser nos outils de production et nos stratégies industrielles pour que cela serve à l’humain et à la planète. Le gouvernement doit peser de tout son poids sur Bridgestone et sur l’UE pour que l’activité soit maintenue à Béthune, et pour que l’on y produise les pneus pour la France. Le pays doit aussi pouvoir aider dans le cadre du plan de relance. Et il faut à tout prix arrêter de confier les deniers publics aux libéraux. Bridgestone a reçu des millions d’euros dans le cadre du Cice, sans aucune contrepartie. Des milliards ont été versés sans condition à des multinationales qui polluent, licencient et désindustrialisent. Stop, ça suffit !

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 07:37
Rouge Finistère, automne 2019 - Interview de Fabien Roussel

Rouge Finistère, automne 2019 - Interview de Fabien Roussel

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 05:40

 

D’abord le mot et la compagnie des dictionnaires et de livres. « Rendre sauvage, faire devenir non docile, non apprivoisé ». Et le sauvage ? « Le barbare... », « celui qui vit dans les bois » ; puis le terme s’est chargé de racisme, utilisé pour cibler « les étrangers ». Le « sauvage » devient celui qu’on rencontre dans les pays que l’homme européen croise avant de piller les richesses puis qu’il colonise.

 

 

Et puis, la bataille idéologique. En exprimant l’idée d’un « ensauvagement » d’une partie de la société française, Gérald Darmanin est allé sur le terrain de la droite extrême et de l’extrême droite. La place Beauvau ouvre ses portes à une rhétorique raciste, d’une France fracturée, au bord de la guerre civile. L’amalgame avec la question migratoire a pour but de stigmatiser directement les citoyens français de confession musulmane et, par extension, les habitants des quartiers populaires, les pauvres, ceux qui ne sont rien... Marine Le Pen peut ainsi faire sa rentrée politique en actant bien plus qu’une victoire sémantique. Des dirigeants de droite ont apporté leurs contributions à cette opération visant à exploiter politiquement une série d’actes violents au cœur de l’été. « France orange mécanique » pour Xavier Bertrand. « Sauvagerie » pour Valérie Pécresse. Mesurant combien cette surenchère « sécuritaire » pouvait vite devenir hors contrôle, le chef de l’État a préféré parler d’une « banalisation de la violence » en évoquant les symptômes d’une société où chacun et chacune n’avait pas la même « égalité des chances ». Reste que l’installation du terme « d’ensauvagement » dans le débat public, via les chaines d’infos en continu et les réseaux sociaux, a eu son effet dévastateur : le « sauvage » est partout.

Comment la société française réagit-elle à cette question de l’insécurité et à son exploitation politique avec comme ligne d’horizon la prochaine élection présidentielle ? Dans sa dernière étude (1) sur les « Fractures françaises », le journal Le Monde éclaire une complexité. L’insécurité s’affirme comme une préoccupation très forte, notamment chez les plus de 60 ans, tout juste après le Covid, le pouvoir d’achat, l’avenir du système social, et à un même niveau que la protection de l’environnement. La demande d’autorité, de protection et d’ordre est là. Elle cohabite avec l’affirmation de la démocratie comme le meilleur système possible. Cette étude présente une poussée inédite en faveur de la peine de mort.

Enfin, les réponses progressistes. La sécurité est une vraie question. L’insécurité n’est pas pour beaucoup un ressenti mais une réalité douloureuse. Elle mine d’abord la vie des familles modestes confrontées aux incivilités, aux violences du quotidien, aux délinquants, aux trafics et aux bandes de voyous. La réponse doit être éducative, préventive, policière et judiciaire. Ce qui pose la question des moyens et des objectifs que nous nous fixons à un véritable choix de société, plaçant au cœur de notre action les valeurs de la République, la laïcité, la justice sociale. Un groupe de travail va prochainement être mis en place pour mieux appréhender ces questions avec l’apport de nos parlementaires, d’élus locaux, de syndicalistes. Nous commencerons par une série d’auditions pour bien définir le champ des questions à traiter.

Le dernier mot à Aimé Césaire : « Il y a le poison instillé dans les veines de l’Europe et le progrès lent, mais sûr, de l’ensauvagement du continent. » (« Discours sur le colonialisme »).

Nous vivons un nouvel emballement. Seul un imaginaire progressiste, à la hauteur des immenses défis d’humanité, peut y répondre. Et c’est urgent pour ne pas basculer dans quelque chose, pour le coup, de véritablement sauvage.

Olivier Dartigolles, membre du CEN.

_______________________

1. Enquête réalisée depuis 2013 pour le Monde par Ipsos-Sopra steria, en partenariat avec le Cevipof, la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut Montaigne. Le Monde du 15 septembre.

 

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 05:32

 

Entre enjeux économiques et environnementaux, le transport de marchandises par le rail est un outil d’avenir. Pourtant, en dépit des objectifs ambitieux, la route gagne chaque année du terrain. Lundi 7 septembre, la Fête de l’Humanité autrement s’est penchée sur toutes ces questions. Avec Jean-Baptiste Djebbari, Ministre délégué aux Transports ; Jean-Pierre Farandou, Président de la SNCF ; Laurent Brun, Secrétaire général de la CGT cheminots ; Pierre Garzon, Maire PCF de Villejuif, vice-président à l’aménagement, aux transports et aux déplacements du conseil départemental du Val-de-Marne

 

Jean-Baptiste Djebbari, votre gouvernement adopte une posture volontariste en matière de relance du fret ferroviaire. Pourtant, il y a quelques mois à peine, vous avez décidé la mise à l’arrêt du train des primeurs, le Perpignan-Rungis. Finalement, de quelle politique êtes-vous le ministre ?

JEAN-BATISTE DJEBBARI

Je ne voudrais pas commencer par une polémique, mais au sujet du Perpignan-Rungis, nous avions construit une offre temporaire, censée débuter en décembre. Elle n’a pas abouti pour des raisons que vous pouvez appréhender. Cela étant, oui, le fret ferroviaire a décliné depuis vingt ou vingt-cinq ans. D’abord, parce que nous avons vécu une internationalisation des échanges et la route s’est imposée grâce à des politiques fiscales qui ont enchéri le coût du ferroviaire. Aujourd’hui, pour un chargeur, le coût du train est 30 % plus élevé. En clair, si nous ne subventionnons pas davantage le rail, ce différentiel deviendra une entrave à la régénération et au développement du fret ferroviaire. Ensuite, notre pays s’est désindustrialisé. Or, énormément de matériaux lourds étaient transportés par le train. Cela explique, pour partie, l’érosion du transport ferré de marchandises. Enfin, la libéralisation du secteur entre 2004 et 2006 s’est traduite par une baisse des parts de marché du fret, et de Fret SNCF singulièrement. Ajoutez à cela la vétusté du réseau, et vous expliquez le long déclin de l’activité. Il faut l’enrayer. Et je vais, pour ce faire, utiliser deux leviers immédiats : la baisse des péages pour tous les opérateurs de fret et un investissement massif sur trois autoroutes ferroviaires – qui équivalent, chacune, à 20 000 camions en moins sur les routes –, dont le Perpignan-Rungis que nous allons étendre au sud, vers Barcelone, et au Nord, vers les ports d’Anvers et de Dunkerque. En parallèle, nous avons choisi de renforcer la subvention au transport combiné et aux wagons isolés. Ces actions, nous les menons en France, mais aussi à l’échelle de l’Europe qui a défini le fret ferroviaire comme l’une de ses quatre grandes priorités.

 

Fret SNCF, jadis seul opérateur de fret ferroviaire, évolue depuis 2006 dans un environnement concurrentiel. Quel est l’état de l’activité fret aujourd’hui, au sein de la SNCF ?

JEAN-PIERRE FARANDOU 

Transporter des marchandises par le train fait partie des missions fondamentales de la SNCF. Nous ne sommes pas une entreprise comme les autres et l’on se doit de se battre pour participer à l’effort de transition écologique. N’ayons pas peur des mots, nous pouvons faire du fret une activité rentable, c’est la seule manière de la pérenniser. La donnée économique est claire : le groupe est désormais une société anonyme et Fret SNCF, une entité juridiquement autonome. En d’autres termes, l’État ne peut plus la recapitaliser. Mais, nous avons des atouts. C’est le cas du wagon isolé, que nous sommes les seuls à faire. Et là, les aides publiques sont indispensables, car le désavantage structurel avec la route est trop important. C’est possible, l’Autriche l’a fait. Si on laisse faire la loi du marché, c’est la disparition du wagon isolé. En revanche, soutenir son développement permet de reconquérir des parts de marché. C’est important car le wagon isolé s’adresse aux PME. Ce plan de relance est donc aussi un plan de sauvegarde. Et, j’en ai la conviction, la coopération européenne sur le transport ferroviaire aura un rôle fondamental à l’avenir.

 

Pierre Garzon, quelles sont, pour l’élu de terrain que vous êtes, les conséquences visibles du déclin du fret ferroviaire ?

PIERRE  GARZON

Dans le Val-de-Marne, d’année en année, des milliers de poids lourds transitent sur un réseau saturé, aggravant la situation écologique et sanitaire. Pourtant, ce département est doté d’infrastructures ferroviaires, routières et fluviales historiques. Mais l’histoire n’est pas le passé et il faut redynamiser ces outils. Je fais partie de ceux qui ont trouvé incompréhensible l’arrêt du Perpignan-Rungis. Nous nous sommes battus, mais force est de constater que les pleins pouvoirs sont aux mains du marché. L’État se dit impuissant. Pourtant, chacun sait que le prix du transport routier ne tient pas compte de ses externalités négatives, comme le coût des maladies liées à la pollution de l’air. Des intentions, nous en avons entendu, mais ce train ne roule toujours pas. Sorti du diagnostic, que je partage avec Jean-Baptiste Djebbari, il faut redéfinir les règles et le besoin de régulation est une donnée fondamentale.

 

Le gouvernement débloque 4,7 milliards d’euros pour le ferroviaire. Ce plan est-il le bon ?

LAURENT BRUN

La libéralisation et la dérégulation dans le transport n’ont pas fracassé que le fret ferroviaire. Le pavillon routier français a subi le même sort, passant de 50 % des flux en 1993 à 15 % aujourd’hui. Nous avons connu des dizaines de plans de relance dans le ferroviaire, mus à chaque fois par la même logique : réduction des coûts, destruction de l’outil industriel, fermetures de gares, de lignes, et suppressions d’emplois. On nous annonce encore 150 suppressions de postes d’agents de conduite à Fret SNCF. Nous avons vécu la pulvérisation de l’outil industriel. Toutes les solutions libérales ont été tentées : recapitalisation, aide aux péages, construction d’autoroutes ferroviaires… Elles permettent, certes, de stabiliser les trafics, mais pas d’en regagner. Aujourd’hui, 93 % du marché est tenu par 4 opérateurs– dont 3 sont déficitaires – et 60 % du chiffre d’affaires de Fret SNCF se concentrent sur 20 chargeurs. Le marché s’est concentré et l’outil de desserte ferroviaire des entreprises ne bénéficie qu’à une poignée d’entre elles. Il ne peut y avoir de véritable relance qu’à condition d’investissements sur le matériel roulant. Le Perpignan-Rungis en est un bon exemple. Il faut un plan de rupture. Subventionner les trafics existants ne permet pas la relance. Il faut poser les bonnes questions, et elles concernent l’outil industriel public.

 

Le plan gouvernemental est-il de relance ou de rupture ?

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI 

Nous sommes entre rupture et continuité. La logique libérale d’une concurrence organisée a abouti à l’affaiblissement des opérateurs de fret ferroviaire. Doit-on alors, dans le marché, isoler l’activité fret parce qu’elle est essentielle à la nation ? Nous aurons ce débat. Laurent Brun l’a très bien dit, il y a une très forte concentration du cœur rentable de l’activité et nous aurions donc pu choisir de recentrer Fret SNCF sur ce cœur rentable. Nous ne l’avons pas fait. Pour autant, l’activité fret ne peut répondre qu’à un marché qui existe, et cela implique de repenser la politique industrielle et la relocalisation. L’intervention publique est essentielle et je salue la création d’un haut-commissariat au plan, capable de redonner la capacité de réfléchir à vingt-trente ans. Je ne crois pas que nous soyons dans un moment libéral et encore moins néolibéral. Le libéralisme, c’est laisser les forces du marché s’exercer. On l’a trop fait. Aujourd’hui, l’État est extraordinairement de retour. Il a nationalisé 12 millions de salaires ! C’est une rupture et nous en avons besoin. Sur ça, je suis d’accord.

 

Comment la SNCF se donne-t-elle les capacités industrielles de répondre aux ambitions politiques ?

JEAN-PIERRE FARANDOU 

Je suis patron d’entreprise, confronté à un double phénomène : les conséquences de décisions qui ont été prises il y a vingt ans et la nécessité de définir une trajectoire pour les vingt prochaines années. Nous accusons une baisse de 15 % du trafic par rapport à l’an passé. Il n’est donc pas anormal de nous adapter – je parle des agents de conduite fret. Mais, nous avons la chance d’être une entreprise unifiée, et ces conducteurs sont orientés vers l’activité voyageurs. Nous sommes dans une logique de compétitivité, l’ajustement des coûts, dans la double concurrence ferroviaire et routière, doit être pris en compte. Quant à la rupture, nous l’avons avec la politique sur le wagon isolé qui recèle un véritable potentiel de croissance. Un train pollue 20 fois moins que les camions et consomme 6 fois moins d’énergie. Les politiques publiques doivent faire valoir ces avantages. L’impulsion doit être européenne pour donner corps à cette ambition formidable de doubler les parts de marché du fret ferroviaire.

PIERRE GARZON 

Le soutien de l’État ne peut pas se résumer à la socialisation des pertes. Nous avons une histoire ferroviaire, le réseau existe et nous pouvons renouer avec une desserte fine des territoires. La société, et singulièrement la jeunesse, est très soucieuse des impératifs environnementaux. Cette donnée nous oblige à repenser notre modèle de production, de consommation, de transport. Il faut donc réguler, et certains secteurs doivent échapper aux logiques de marché. C’est le cas du fret ferroviaire. Dans le rail, on construit sur un siècle, il faut l’accepter. On a besoin de pérenniser ces aides publiques, de les protéger des changements de majorité politique. Isoler le financement pour le relier à l’objectif, et non au calcul éphémère d’un budget annuel.

LAURENT BRUN 

On ne crache certes pas sur les aides publiques, mais nous ne dirons pas que le gouvernement sauve le fret après lui avoir mis la tête sur le billot. Dans ses propositions alternatives, à l’époque de la réforme de 2018, la CGT fixait l’objectif de 25 % de part modale pour le ferroviaire à échéance 2050. Concrètement, ce sont 1 000 Perpignan-Rungis à faire rouler en plus d’ici là ! La question des travaux sur le réseau est donc fondamentale. Et si les travaux massifiés de nuit sont un problème, il faut revoir cette logique, revenir à des travaux qui n’interrompent pas les circulations, qui ne soient pas concentrés uniquement sur la région parisienne… Bien sûr, c’est plus cher. Mais notre outil public ne doit plus répondre aux règles du marché. Faire rouler l’équivalent de 1 000 Perpignan-Rungis ne se fera pas par des gains de productivité. Il va falloir embaucher, à la conduite, la maintenance, la manœuvre, sur le réseau… Nous croirons à la rupture quand on verra des créations d’emploi.

JEAN-BAPTISTE Djebbari 

Les 11 milliards d’euros que nous consacrons aux transports vont créer 80 000 emplois directs et indirects.

 

Quel est l’avenir du fret public dans les prochaines années ?

JEAN-PIERRE FARANDOU 

Dans dix ou quinze ans, la SNCF aura une activité fret plus importante qu’aujourd’hui. Il faut tenir bon sur cet objectif et on peut y arriver avec ce plan de relance. Il faudra aussi continuer à regarder à long terme et les régions auront probablement un rôle important à jouer.

JEAN-BAPTISTE DJEBBARI 

Oui, il faut parvenir à une concurrence régulée socialement. Je ne suis ni partisan des forces du marché qui agissent à leur guise, ni partisan d’une planification autoritaire. La juste régulation est le maître mot de la décennie qui s’ouvre, et je suis convaincu que nous en prenons le chemin.

PIERRE GARZON 

Pour que ce ne soit pas autoritaire, disons qu’il faut que ce soit populaire. Les objectifs doivent être démocratiques, réfléchis avec les citoyens et les élus locaux.

LAURENT BRUN 

L’autoritarisme, on l’a connu à partir de 2003 avec la suppression d’activités et l’abandon des gares-bois. Si, demain, vous nous annoncez la réouverture de ces gares, alors, effectivement, nous pourrons convenir qu’une politique originale se met en place et ouvre des perspectives.

 

L’intégralité du débat en vidéo

 

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