Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 06:15
Vue aérienne de la gare de Saint-Pol-de-Léon 1970

Vue aérienne de la gare de Saint-Pol-de-Léon 1970

équipe de manoeuvres à la gare de Saint-Pol-de-Léon, 1971

équipe de manoeuvres à la gare de Saint-Pol-de-Léon, 1971

Vue aérienne de la gare de Saint-Pol-de-Léon

Vue aérienne de la gare de Saint-Pol-de-Léon

Poste d'aiguillage à la gare de Saint-Pol-de-Léon, manoeuvre des aiguilles

Poste d'aiguillage à la gare de Saint-Pol-de-Léon, manoeuvre des aiguilles

Ripage sur la ligne Morlaix-Roscoff en 1995 en gare de Roscoff

Ripage sur la ligne Morlaix-Roscoff en 1995 en gare de Roscoff

poste chemin de clef à Saint-Pol-de-Léon

poste chemin de clef à Saint-Pol-de-Léon

Le train omnibus rentre en gare de Saint-Pol-de-Léon

Le train omnibus rentre en gare de Saint-Pol-de-Léon

Gare de Saint-Pol-de-Léon 1950 (La Vie du Rail)

Gare de Saint-Pol-de-Léon 1950 (La Vie du Rail)

Arbre de Noël à Saint-Pol de Léon, 1949

Arbre de Noël à Saint-Pol de Léon, 1949

Arrivée d'un train venant de Roscoff à Saint-Pol-de-Léon

Arrivée d'un train venant de Roscoff à Saint-Pol-de-Léon

Voie principale et voie deviée de Saint-Pol-de-Léon

Voie principale et voie deviée de Saint-Pol-de-Léon

Photos Loïc Le Gall (CGT Cheminots, Collectif pour la ligne Morlaix Roscoff)
 
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, pièce importante du réseau ferroviaire breton et de l'aménagement du territoire.
Une histoire glorieuse à poursuivre. Saint-Pol-de-Léon première gare légumière de France dans les années 70, et une des toutes premières gares d'Europe pour les primeurs, des centaines de personnes à travailler sur la ligne. A patrimoine construit par des générations d'anciens et avec une valeur monétaire, sociale, économique à ne pas sacrifier.
 
Le samedi 21 janvier, soyons nombreux à Roscoff pour demander la réouverture rapide de la ligne Morlaix-Roscoff et les investissements nécessaires pour sa réhabilitation.
Ce 17 janvier, 11h30, conférence de presse pour la relance de la ligne Morlaix-Roscoff à l'Agora Café
Ce mardi 17 janvier, 10h; mercredi 18 janvier, 10h; jeudi 19 janvier, 10h: les membres du collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff seront sur les marchés de Saint-Pol-de-Léon, Roscoff, Carantec.
Toute cette semaine des flyers pour le rassemblement du samedi 21 janvier à 14h30 à la gare de Roscoff sont distribués dans les communes du pays de Morlaix et du Léon.
Partager cet article
Repost0
15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 17:15
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff

Collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff

Relançons la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Tous au rassemblement du samedi 21 janvier, 14H30, à la gare de Roscoff
Au chevet du Pont de la Penzé -
Photos Loïc Le Gall, Collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff, avec notamment les travaux effectués à 2004.
 
 
"Cette ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff, délaissée depuis juin 2018, a été inaugurée le 10 juin 1883, à l’issue d’un chantier long de trois ans, construction du viaduc enjambant la Penzé comprise. Jusqu'en 1971, les trains de voyageurs quittaient Morlaix et s'arrêtaient dans les haltes ou gares suivantes : Taulé, Taulé-Henvic, Henvic-Carantec, Plouénan-Kerlaudy, Saint-Pol-de-Léon et Roscoff (et, une fois par an, à l'occasion des courses hippiques de, le train s'arrêtait en face de l'hippodrome saint-politain).
Entre 1957 et 1981, des centaines de wagons, par jour, quittaient la gare de Saint-Pol-de-Léon pendant la saison des primeurs (choux-fleurs, artichauts et oignons) à destination des autres régions de France, mais aussi vers l'Allemagne.
Dans les années 60-70, la ligne employait une centaine de personnes.
En janvier 1984, la suppression de l’annexe B ter est notifiée (il s’agissait de réductions de l’ordre de 15 à 20 % consenties aux clients fret dans le cadre général d’une politique de désenclavement de la Bretagne).
En septembre 1990, la SNCF annonce la fin du trafic marchandises sur la ligne à partir du 28 janvier 1991 et laisse planer … une forte menace sur l’avenir du trafic voyageurs.
C’est le résultat et le lourd héritage des politiques d’abandon successives, laissant la part belle à la concurrence routière."
Jean-Yvon Ollivier, CGT Cheminots
 
Au chevet du Pont de la Penzé - Ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Partager cet article
Repost0
15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 14:52
Le collectif pour la ligne Morlaix Roscoff mobilise pour le rassemblement du 21 janvier à 14h30 en gare de Roscoff
Le collectif pour la ligne Morlaix Roscoff mobilise pour le rassemblement du 21 janvier à 14h30 en gare de Roscoff
Le collectif pour la ligne Morlaix Roscoff mobilise pour le rassemblement du 21 janvier à 14h30 en gare de Roscoff
Le collectif pour la ligne Morlaix Roscoff mobilise pour le rassemblement du 21 janvier à 14h30 en gare de Roscoff

Collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff

Après le marché de Morlaix hier, notre collectif était sur le marché de St-Martin des Champs ce dimanche matin, 15 janvier. Nous irons aussi à la rencontre de la population la semaine prochaine sur les marchés de St-Pol-de-Leon, Carantec et Roscoff.

Et nous distribuerons toute cette semaine 10 000 flyers pour le rassemblement du samedi 21 janvier à Morlaix, Taulé, Roscoff, Saint-Pol-de-Léon, Henvic, Plouénan, St Martin des Champs, Plougasnou, etc.

Une conférence de presse unitaire du collectif pour la ligne Morlaix-Roscoff est prévue à l'Agora Café à 11h30 le mardi 17 janvier.

Soyons présent en masse samedi 21 janvier à 14h30 à Roscoff pour la manifestation pour la réhabilitation de la ligne Morlaix-Roscoff !

Un temps de prise de parole collective est prévu de 14h30 à 15h suivi d'un défilé en musique dans les rues de Roscoff et d'un temps convivial à l'espace Mathurin Méheut au retour à partir de 16h. Avec exposition, prises de parole, pot et collation, etc.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2023 7 15 /01 /janvier /2023 14:47
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023
2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier 2023

2eme journée régionale du PCF sur les mobilités et le ferroviaire en Bretagne à Rennes, Samedi 14 janvier, à la maison des associations.

Au carrefour des luttes pour le développement du ferroviaire et des mobilités.

Nos camarades finistériens, Gladys Grelaud, conseillère régionale, Christian Beaumanoir et Gilbert Sinquin, étaient à l'organisation. Jacques Rannou, maire de la commune associée de Kernevel, cheminot et syndicaliste, est intervenu sur le deuxième débat. Plusieurs camarades de la fédération du PCF Finistère et des camarades de la CGT (le président du conseil de développement de Brest métropole Guy Jourden) et de la CGT Cheminots de Morlaix étaient également associés à cette journée de travail sur les besoins ferroviaires bretons, suite de la journée de Morlaix du 8 octobre qui avait réuni 70 personnes à l'Agora Café. Des militants de plusieurs collectifs bretons pour le développement du ferroviaire et des lignes ferroviaires (Auray-Quiberon, Morlaix-Roscoff, Rennes-Fougères) étaient présents, ainsi que le MLNE.

Merci à la fédération d'Ille-et-Vilaine du PCF et à son secrétaire départemental Aurélien Guillot pour leur accueil. Et à tous les intervenants et participants de ces échanges très riches et informés.

Photos Ismaël Dupont

Au programme des prochaines semaines:

  • Le rassemblement pour la relance de la ligne Morlaix-Roscoff le samedi 21 janvier à 14h30
  • L'établissement d'un tract régional du PCF sur nos propositions pour les ferroviaires et les mobilités en Bretagne
  • L'organisation d'un rassemblement revendicatif unitaire pour la relance du ferroviaire en Bretagne au printemps.

 

Programme

rencontre régionale sur les mobilités

Samedi 14 janvier 2023 – Maison des associations

6 Cours des Alliés 35000 Rennes

11h45 : Accueil des participants et mot d’accueil

12h00 : Première table ronde : point d’étape sur les évolutions des dossiers lignes fines

Fougères-Rennes, Roscoff-Morlaix, Quimper-Brest, Quiberon-Auray-Saint Brieuc…

13h00 – 14:00 : Pause casse croûte

14H15 – 15h20 : Deuxième table ronde : l’enjeu du fret en Bretagne

Intervention d’Alexandre Boyer, cheminot CGT intervenu dans la lutte pour le Perpignan Rungis et Jacques Rannou, Maire Délégué de Kernevel

Partie historique sur la part du fret, son modèle économique, apparition de Geodis, enjeu climatique actuel…

Exemple du Perpignan-Rungis

Un atterrissage breton du fret en lien avec les ports, les activités économiques, l’ouverture vers la Normandie et le sud de l’Europe.

15H30 -17h00: Troisième table ronde : En Ille-et-Vilaine, des enjeux qui concernent toutes les Bretonnes et tous les Bretons

Intervention Yannick Nadesan, président du groupe communiste de Rennes Métropole, Jérôme Joannic, cheminot cellule PCF Rennes

Le nœud ferroviaire rennais, un enjeu de fluidification pour l’ouest breton

Rennes métropole : Zone à Faible émission d’ici 2024

Les lignes fines d’Ille-et-Vilaine

 
17h00 : Clôture.

 

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:56
Programme de la Deuxième rencontre régionale sur les Mobilités organisée par le PCF Bretagne à Rennes le 14 janvier

Programme

rencontre régionale sur les mobilités

Samedi 14 janvier 2023 – Maison des associations

6 Cours des Alliés 35000 Rennes

11h45 : Accueil des participants et mot d’accueil

12h00 : Première table ronde : point d’étape sur les évolutions des dossiers lignes fines

Fougères-Rennes, Roscoff-Morlaix, Quimper-Brest, Quiberon-Auray-Saint Brieuc…

13h00 – 14:00 : Pause casse croûte

14H15 – 15h20 : Deuxième table ronde : l’enjeu du fret en Bretagne

Intervention d’Alexandre Boyer, cheminot CGT intervenu dans la lutte pour le Perpignan Rungis et Jacques Rannou, Maire Délégué de Kernevel

Partie historique sur la part du fret, son modèle économique, apparition de Geodis, enjeu climatique actuel…  

Exemple du Perpignan-Rungis

Un atterrissage breton du fret en lien avec les ports, les activités économiques, l’ouverture vers la Normandie et le sud de l’Europe.

15H30 -17h00: Troisième table ronde : En Ille-et-Vilaine, des enjeux qui concernent toutes les Bretonnes et tous les Bretons

Intervention Yannick Nadesan, président du groupe communiste de Rennes Métropole, Jérôme Joannic, cheminot cellule PCF Rennes

Le nœud ferroviaire rennais, un enjeu de fluidification pour l’ouest breton

Rennes métropole : Zone à Faible émission d’ici 2024

Les lignes fines d’Ille-et-Vilaine

 
17h00 : Clôture.
Partager cet article
Repost0
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:54
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Juin 2004

Juin 2004

Août 1997

Août 1997

mai 1993

mai 1993

mai 1993

mai 1993

C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff

De nombreuses lignes ferroviaires de proximité ont été fermées sur le territoire français. Ces « lignes de dessertes fines du territoire » (leur nom officiel) représentent plus de 9000 kms de voies ouvertes à la circulation voyageurs, soit près du tiers du réseau.

La ligne Morlaix-Roscoff en fait partie, et nous nous battons pour sa réouverture par la création d'un collectif unitaire pour la relance de la ligne Morlaix Roscoff qui organise une grande manifestation le samedi 21 janvier 2023 à 14h30 à la gare de Roscoff, un an après celle qui avait réuni un très large spectre de forces sociales, associatives, syndicales, politiques du territoire à l'initiative de l'UDB le 22 janvier 2022.

Laissons Jean-Yvon Ollivier de la CGT Cheminots nous raconter l'histoire de la ligne Morlaix-Roscoff illustrée par ces quelques photos de Loïc Le Gall, membre comme Jean-Yvon de la CGT Cheminots et du collectif pour la ligne Morlaix Roscoff.

"La ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff a été inaugurée le 10 juin 1883, à l’issue d’un chantier long de trois ans, avec la construction du viaduc enjambant la Penzé.

Jusqu'en 1971, les trains de voyageurs quittaient Morlaix et s'arrêtaient dans les haltes ou gares suivantes : Taulé, Taulé-Henvic, Henvic-Carantec, Plouénan-Kerlaudy, Saint-Pol-de-Léon et Roscoff (et, une fois par an, à l'occasion des courses hippiques de, le train s'arrêtait en face de l'hippodrome saint-politain).

Entre 1957 et 1981, des centaines de wagons, par jour, quittaient la gare de Saint-Pol-de-Léon pendant la saison des primeurs (choux-fleurs, artichauts et oignons) à destination des autres régions de France, mais aussi vers l'Allemagne.

Dans les années 60-70, la ligne employait une centaine de personnes.

En janvier 1984, la suppression de l’annexe B ter est notifiée (il s’agissait de réductions de l’ordre de 15 à 20 % consenties aux clients fret dans le cadre général d’une politique de désenclavement de la Bretagne).

En septembre 1990, la SNCF annonce la fin du trafic marchandises sur la ligne à partir du 28 janvier 1991 et laisse planer … une forte menace sur l’avenir du trafic voyageurs.

C’est le résultat et le lourd héritage des politiques d’abandon successives, laissant la part belle à la concurrence routière.

Pour notre part, syndicalement, nous avons toujours travaillé à faire évoluer notre système ferroviaire afin de le mettre toujours mieux au service de la desserte des territoires tant pour le transport des voyageurs que pour le fret.

Dans l’entreprise, bien sûr. Nous avons utilisé les outils de représentation du personnel (comme les commissions locales) pour dénoncer le mauvais entretien de la ligne. Un exemple, en 2004, nous avons bataillé ferme contre le démontage de voies en gare de Roscoff et sommes intervenus dans le dossier de l’espacement des trains par compteur automatique d’essieux. Dès 2015, avec nos syndiqués, nous avons « remis sur le papier » et actualisé les propositions de notre syndicat concernant la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff.

SNCF Réseau ne cesse d’affirmer que les pluies orageuses qui ont emporté l’infrastructure sur quelques mètres au niveau de Sainte Sève le 3 juin 2018 seraient « malheureusement » à l’origine de l’arrêt d’exploitation de la ligne. Or depuis le 13 décembre 2015, la vitesse maximum autorisée des trains était de … 40 km/h. Il fallait donc compter 47 minutes (contre 28 minutes auparavant) pour effectuer le trajet de 28 kms. Puis la SNCF avait programmé l’arrêt total de l’exploitation au 1er janvier 2019. Cet incident est arrivé à point nommé pour SNCF Réseau puisqu’il a permis d’avancer de 6 mois la fermeture prévue sans avoir à se justifier. La preuve en est fournie par la suite donnée à cet incident. Il suffit d’observer la configuration du site pour s’apercevoir que les eaux qui ont provoqué ces dégâts venaient en tout ou partie de la route. Les travaux de réparation auraient donc dû être financés, en tout ou partie, par le tiers responsable de la gestion des eaux en ce point. Or la SNCF ne semble pas avoir amorcé la démarche de réparation qu’impose la gestion en « père de famille » du patrimoine.

Seconde précision : il est souvent écrit que la partie de voie à rénover est d’environ 28 kms. En réalité, c’est 25,5 kms. En effet, les circulations empruntent la voie principale Paris Brest sur 2,7 kms entre la gare de Morlaix et la Bifur de Roscoff. Cela a des conséquences sur le coût de rénovation, mais surtout sur le type de matériel roulant utilisé : il proscrit, à l’heure actuelle, un matériel léger …"

C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
C'était, c'est, ce sera la ligne ferroviaire Morlaix-Roscoff
Partager cet article
Repost0
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:48
Damas 227-Palmyre, gravure à l’eau -forte, 2021.Najah albukai

Damas 227-Palmyre, gravure à l’eau -forte, 2021.Najah albukai

 
Najah Albukaï, "Graver la mémoire", de Denis Lafay, éditions El Viso, 250 pages, 48 euros
Dessins de la terreur

Édition Denis Lafay évoque le parcours et l’œuvre éprouvante de Najah Albukaï sorti de l’enfer des geôles syriennes. Des gravures qui témoignent de l’innommable.

Publié le Mardi 10 Janvier 2023
 

Les comparaisons viennent vite devant les dessins et gravures de Najah Albukaï. L’Enfer de Dante, les planches des Désastres de la guerre de Goya, mais ce que le poète italien a imaginé, ce que le peintre a vu, l’artiste syrien, aujourd’hui en France, l’a vécu dans sa chair pendant des mois d’emprisonnement, de sévices et de tortures, en même temps que d’autres hommes dans les geôles de son propre pays.

Sous le titre Najah Albukaï. Graver la mémoire, le livre du journaliste Denis Lafay, publiant un long entretien avec le neuro­psychiatre Boris Cyrulnik, préfacé par l’historienne de l’art et membre de l’Institut Laurence Bertrand Dorléac, n’est pas de ceux qu’on parcourt pour des émotions ­esthétiques. Chaque image ici reproduite est une épreuve, un témoignage de l’horreur, de ce que des hommes dans les ­ténèbres de l’humanité peuvent faire subir à d’autres hommes. On devrait dire, bien sûr, à des femmes aussi, mais ce dont Najah Albukaï témoigne, c’est de ce qu’il a vu. L’entassement des corps, l’épouvantable promiscuité dans la crasse et la vermine, les corps pendus comme dans des boucheries, les supplices comme celui dit de la chaise allemande, importé dans la Syrie des Assad père et fils par le nazi Aloïs Brunner.

Une logique de déshumanisation

Né en 1970, à Homs, fils d’un fonctionnaire et d’une mère au foyer, cadet de trois frères qui deviendront cardiologue, archéologue, tapissier d’art, suivi par une sœur professeure de français, le jeune garçon montre très tôt des dispositions artistiques exceptionnelles. À 3 ans, il impressionne sa famille et les voisins en dessinant sur un mur blanchi à la chaux. La famille est unie, tolérante, cultivée mais ce n’est pas sans nuages. Il n’a que 4 ans quand son père, disparu pendant deux jours, revient avec la tête à demi rasée par les nervis du régime sur un simple soupçon. Il le verra par la suite dépérir, ravagé par la maladie. Adolescent, un homme respecté du quartier lui fait découvrir la musique mais c’est aussi un prédateur sexuel. Dans le climat de tension de la Syrie, après le coup d’État d’Hafez Al Hassad et l’instauration d’un régime policier exacerbant les rivalités ethniques ou religieuses, il parvient à intégrer l’École des beaux-arts de Damas. Il rencontre son épouse, poursuit sa formation artistique en France avant de revenir enseigner en Syrie. La suite recoupe l’histoire des printemps arabes. Il s’engage, est arrêté une première fois. « Il est, écrit Denis Lafay, jeté dans un camion ou croupissent d’autres jeunes rougis de sang, noircis de crasse, défigurés par les châtiments. » Ce sera le premier séjour dans un centre d’emprisonnement et de torture connu et ­redouté : le centre 227. À partir de là, entre corruption, pots-de-vin, libérations arrachées et aussitôt remises en cause, tentatives avortées de fuite hors du pays, il vit un calvaire de plusieurs années, toujours avec le soutien de sa femme et sans doute celui du dessin. Dans la logique de déshumanisation qui frappe chacun, il s’accroche : « Je suis un artiste. » Il parvient à dessiner, avec n’importe quoi, comme avait pu le faire à Buchenwald Boris Taslitzky, à qui on ne peut que penser.

Depuis 2015, Najah Albukaï, qui a réussi à quitter la Syrie, vit en France et travaille également pour partie en Espagne. Il poursuit ce que l’on doit, au-delà d’un témoignage, appeler une œuvre exceptionnelle.

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:41
Littérature - décès du grand écrivain américain Russel Banks - Les sans-voix de Russel Banks, par Marie-José Sirach (L'Humanité, 10 janvier 2023)
Les sans-voix de Russell Banks

Disparition L’auteur états-unien est mort le 7 janvier, à l’âge de 82 ans. Il laisse une œuvre majeure, un portrait protéiforme d’un pays où ses héros sont les oubliés du rêve américain.

Publié le Mardi 10 Janvier 2023 - L'Humanité
 

Il est né prolo, dans le Massachusetts. Il est mort écrivain reconnu dans le monde entier, maintes fois récompensé. Mais il n’a jamais trahi les siens. Dans ses romans, on croise des gens de peu, des hommes et des femmes fatigués et malmenés par la vie, au parcours cabossé, des histoires d’amour qui finissent mal, des rêves inaboutis, des trahisons. Mais pourtant, quel plaisir de partager l’itinéraire de ces enfants peu gâtés par la vie, qui se débattent dans une société qui vend du rêve à vil prix, coincé entre le rayon de lessives et de jouets dans ces Walmart qui pullulent aux abords des villes. La périphérie, la marge, l’histoire mouvementée de son pays, comme ces grands espaces au bout du monde qu’il avait arpentés dans sa jeunesse, étaient la marque de fabrique de cet auteur qui ne s’est sûrement jamais posé la question du « transfuge ». L’ancien prolo qui fut tour à tour plombier, placeur de livres, vendeur de chaussures n’a eu de cesse d’écrire sur les sans-voix de son pays, tous ces laissés-pour-compte pour qui le rêve américain n’était qu’un mirage.

« La vie des gens ordinaires m’attire »

Russell Banks, l’écrivain, leur a redonné ce droit au rêve. En les incarnant, en en faisant des héros ordinaires qui se débattent dans des abîmes de contradictions mais tiennent bon et retrouvent un semblant de dignité. « La vie des gens ­ordinaires m’attire, confiait-il dans nos colonnes. On n’écrit pas un roman parce qu’on a de l’affection pour une classe, une origine ou un genre, mais parce qu’on est lié à un individu. À mesure qu’on s’en approche, on le comprend. Alors, inévitablement, sa classe ­sociale finit par entrer en ligne de compte. Chaque être trimballe son histoire dans le contexte économique, racial et social dans lequel il vit.» Il était parvenu à inventer une voix narrative, «  loin des préjugés bourgeois », s’amusait-il à préciser, pour parler « pour ceux qui n’ont pas de voix ».

Lorsque paraît, en France, Continents à la dérive (1987), le rêve américain en prend un coup. On découvre un écrivain qui ne craint pas de regarder dans les yeux les frustrations et le désespoir d’un père de famille ordinaire, réparateur de chaudières, qui gagne quelques centaines de dollars par mois et rêve d’une vie plus confortable pour les siens. Départ pour la Floride où il retrouve son frère. Plus dure sera la chute tant le rêve n’est qu’un mirage qui s’éloigne chaque fois qu’il pense l’atteindre. Dans Pourfendeur de nuages (1998), roman historique puissant, épique, qui se déroule lors de la guerre de Sécession, Banks trace le portrait de John Brown, fermier abolitionniste de l’Ouest américain. Une réflexion politique d’envergure sur les fondements de l’esclavage aux États-Unis, sur l’engagement poussé jusque dans ses retranchements.

Un récit narratif, « loin des préjugés bourgeois »

De beaux lendemains (1993) met en scène une tragédie, la mort de plusieurs enfants d’une même communauté à la suite d’un accident de car scolaire. Quatre voix vont porter tour à tour ce récit pour dire la douleur des familles à travers des flash-back qui vont au plus près des questionnements intimes. Quatre voix pour raconter, après la colère, le sentiment d’impuissance face à une justice de classe et une résilience collective et solidaire. Ce roman a été porté à l’écran par le réalisateur canadien Atom Egoyan, en 1997, et le film a remporté le grand prix au Festival de Cannes, ainsi qu’au théâtre, dans une belle mise en scène d’Emmanuel Meirieu.

Parmi les nombreux romans et nouvelles, citons American Darling (2005), l’histoire d’une femme, Hannah, qui fuit son pays, les États-Unis, en raison de ses engagements dans les années 1970, et se réfugie au Liberia. L’occasion pour l’auteur de mener de pair un récit introspectif sur l’Amérique, mais aussi sur ce petit pays africain, où retournèrent d’anciens esclaves des plantations américaines. Oh Canada (2022), son dernier roman, est un récit crépusculaire. Celui d’un homme en phase terminale, ­­cinéaste réfugié au Canada parce qu’il avait refusé de faire le Vietnam et qui se confie avant de mourir. On ne sait plus ce qui est vrai ou faux dans ce texte tout en tension et sans concession. Banks semble regarder dans son propre passé comme dans celui de son propre pays, avec ses parts d’ombre et de lueurs d’espoir, nous rappelant que le chemin n’est jamais droit, qu’il se fait en marchant.

Russell Banks se situe dans la lignée des Mark Twain, Melville, Faulkner ou Jim Thompson. Il aimait la littérature russe et française du XIXe siècle, admirait Joyce, Beckett ou Garcia Marquez. Écrivain et citoyen, il était de tous les combats progressistes dans son pays, contre la guerre en Irak, le Patriot Act, contre la politique des Reagan, Bush et Trump. Il aura présidé, de 1998 à 2004, le Parlement international des écrivains créé par Salman Rushdie. Bref, un type bien sous tous rapports.

Lire l’entretien réalisé par Muriel Steinmetz en 2017 sur humanite.fr
 
Littérature - décès du grand écrivain américain Russel Banks - Les sans-voix de Russel Banks, par Marie-José Sirach (L'Humanité, 10 janvier 2023)
Russell Banks : « C’est la vie des gens ordinaires qui m’intéresse et m’émeut »

Son premier roman, Continents à la dérive, publié en français, en 1986, reparaît dans une nouvelle traduction. Russell Banks nous parle de littérature et de l’élection aux États-Unis.

Publié le Jeudi 3 Novembre 2016 - Muriel Steinmetz, L'Humanité
 

La réédition en France de Continents à la dérive est plus que jamais d’actualité. L’un de vos personnages, une jeune Haïtienne, s’évade de son île pour vivre le rêve américain. Le bilan du cyclone Matthew donne à cela une acuité révélatrice. Plus de 900 morts en Haïti, quelques-uns aux États-Unis…

RUSSELL BANKS Haïti a été très durement touché. J’ai beaucoup d’amis là-bas. Le cinéaste Raoul Peck, qui m’est proche, a perdu sa maison familiale, entièrement détruite. Son village natal est dévasté. Je passe une partie de l’année à Miami. J’ai suivi les événements de très près. Il est en effet frappant de voir qu’un roman, écrit il y a trente ans, semble décrire une réalité d’aujourd’hui.

Savez-vous pourquoi, parmi vos nombreuses œuvres traduites en français, c’est justement Continents à la dérive qui fait l’objet d’une nouvelle publication ?

RUSSELL BANKS C’est le premier de mes livres à avoir été traduit en France. En 1986. Cela fait trente ans tout juste. On doit retraduire, car si le livre ne change pas, la langue, elle, se modifie. Jeune, j’ai lu en anglais les grands romanciers russes, dans la traduction de Constance Garnett qui date des années 1920. L’anglais, depuis, a beaucoup changé. Plus récemment, Tolstoï, Dostoïevski et d’autres ont été retraduits en anglais américain contemporain par Richard Pevear et sa compagne. Je souhaitais que Continents à la dérive soit traduit dans un français du présent, différent de celui de 1986, plus formel et académique, probablement moins influencé par l’anglais américain que ne l’est le français actuel. Pierre Furlan, qui s’est chargé de cette nouvelle traduction, possède une véritable intimité avec ma voix, mon ton, ma diction et mes intentions artistiques. Il comprend mon travail mieux que moi-même.

Vous alternez romans et nouvelles. Comment s’effectue le choix ? La nouvelle, pour vous, n’est-elle qu’un roman bref ou obéit-elle à des lois différentes ?

RUSSELL BANKS L’engagement est autre envers les personnages. Un peu comme ce qui différencie le mariage de la simple aventure. La nouvelle suppose une forme d’intimité extrêmement brève et intense, qui ne permet pas la vision d’ensemble. L’attention se concentre sur une seule journée, un unique événement, avec une relation au temps bien spécifique. Continents à la dérive requérait une temporalité longue, pour qu’il y ait rencontre avec les personnages principaux.

Vos personnages sont plus des anti héros que des héros selon l’acception habituelle. Est-ce parce que l’idéologie officielle des États-Unis repose sur l’optimisme triomphant où chacun a sa chance de devenir un héros ?

RUSSELL BANKS Je n’ai jamais souscrit à une idéologie officielle. Bien au contraire. Le devoir de l’artiste consiste à remettre en cause toute forme d’idéologie, en la confrontant à la réalité, celle, ici, de Bob Dubois ou de Vanise Dorsinville, soit leur vie d’êtres humains véritables.

Peut-on dire alors que votre œuvre, en son entier, s’attache à brosser le tableau d’une société à partir de ses laissés-pour-compte, en montrant que les gens simples, comme on dit, sont en fait très compliqués et, finalement, de bien meilleurs sujets pour la littérature ?

RUSSELL BANKS La vie des gens ordinaires m’attire et m’émeut plus que celle des gens extraordinaires. La majorité m’intéresse plus que l’élite. On n’écrit pas un roman parce qu’on a de l’affection pour une classe, une origine ou un genre, mais parce qu’on est lié à un individu. À mesure qu’on s’en approche, on le comprend. Alors, inévitablement, sa classe sociale finit par entrer en ligne de compte. Chaque être trimballe son histoire dans le contexte économique, racial et social dans lequel il vit.

Acceptez-vous qu’on puisse définir votre œuvre comme appartenant au registre du « réalisme critique » ?

RUSSELL BANKS C’est pas trop mal ! (Rires.) Je préfère m’en tenir au simple réalisme. Le roman décrit le monde de la façon dont l’auteur le voit. Il est des visions étriquées et d’autres larges et englobantes. Mon point de vue est celui d’un Américain de gauche plutôt libéral. Je fais en sorte que cela ne déforme pas ma vision. Je ne suis ni propagandiste ni idéologue.

Dans le champ immense de la littérature universelle, quels noms mettez-vous au-dessus de tout ?

RUSSELL BANKS Jeune, j’ai beaucoup lu les classiques américains : Mark Twain, Melville puis Hemingway, Faulkner, plus récemment Nelson Algren, plus près de nous encore Toni Morrison et Louise Hardwick, une romancière indienne américaine, mais aussi Richard Ford et des Canadiens comme Michael Ondaatje. Je n’oublie pas les grands Russes. On dépend tous de ceux-là. Il y a aussi Flaubert, Zola, Maupassant… Je m’aperçois que je ne nomme que des écrivains réalistes ! Il serait préférable de citer ceux qui ne m’ont pas influencé : Joyce, Beckett ou Gabriel Garcia Marquez, même si je les admire énormément. Et je n’ai jamais eu d’inclination vers le surréalisme ou la littérature fantastique.

Quand écrivez-vous ? Tôt le matin ? Tard le soir ? La nuit ?

RUSSELL BANKS Le matin, jusqu’au milieu de l’après-midi. Je ne travaille pas chez moi mais dans un atelier où je ne fais rien d’autre. Je ne réponds pas au téléphone. Pas de courrier à ouvrir pour découvrir des factures à payer.

Avez-vous toujours un petit carnet de notes à la main ? Comment ça vient, tout ça ?

RUSSELL BANKS J’écris d’abord à la main avec un stylo Montblanc. Je commence toujours par prendre des notes sur un petit carnet noir, puis certains éléments se font jour dans un grand cahier noir en moleskine. Ensuite, je passe à l’écran.

Votre grand pays est ces jours-ci en proie à un grand spectacle politique féroce. Qu’en pensez-vous ?

RUSSELL BANKS Hillary Clinton va gagner au terme de l’élection la plus moche que j’ai jamais vue. Trump est le candidat le plus incompétent et dangereux qu’on ait jamais eu. Il exploite sans vergogne une situation qui a conduit beaucoup de gens, aux États-Unis, à se sentir exclus de tout. La candidature de Bernie Sanders répondait certes à un même état de fait, sauf que lui proposait un programme progressiste, éclairé et optimiste. Celui de Trump est violent, raciste, misogyne, plein de colère et de haine envers les migrants et les musulmans. Les désillusions qui se sont matérialisées au cours du dernier quart de siècle sont devenues une réalité à laquelle on ne peut plus échapper. Si je ne suis pas mécontent de voir une femme sur le point d’être élue à la présidence des États-Unis, je demeure profondément déçu parce qu’il s’agit d’une politicienne pragmatique on ne peut plus ordinaire. C’est le père de quatre filles qui vous parle ! J’espère que la Chambre des représentants basculera du côté des démocrates. Alors, seulement, des changements bénéfiques seront possibles, à commencer par les nominations à la Cour suprême. Obama a été empêché d’agir car le Sénat et la Chambre des représentants sont aux mains des républicains. Il n’a rien pu faire sur le contrôle des armes, la protection de l’environnement et la réglementation de l’industrie financière.

L’exploration des poches de misère des États-Unis

À partir des destins parallèles d’un petit Blanc insatisfait et d’une Noire vouée à l’exil, Russell Banks décrit sans peur un monde sans pitié.

Fils et petit-fils de plombiers, abandonné à l’âge de 12 ans par un père alcoolique, Russell Banks (76 ans), fervent partisan de Bernie Sanders avant de « devoir » soutenir Hillary Clinton, republie en France le roman qui l’y fit connaître il y a trente ans. L’histoire, qui court sur presque 500 pages, commence par une froide après-midi de décembre 1979 dans le New Hampshire, pour s’achever en février 1981 dans les quartiers glauques de Miami (Floride). Deux destins parallèles cheminent en permanence dans le texte, au fil de chapitres surmontés du dessin d’un « vévé » (sorte de symbole utilisé lors des cérémonies vaudoues) tracé par la main de l’auteur.

Il y a Bob Dubois, réparateur de chaudières dans l’Amérique blanche, rurale et périurbaine. Il est insatisfait et se montre timide « comme un gosse de la campagne ». « Je suis là, dit-il, à ramper dans des chaufferies et des sous-sols chaque putain de jour de ma vie ! » Un beau jour, sans crier gare, ce jeune ouvrier démonétisé décide de claquer la porte. Avec sa femme et ses deux filles, il part en Floride rejoindre son frère Eddie, débrouillard sans scrupule et raciste, qui lui promet monts et merveilles. Sur place, Bob voit « des Noirs en nombre pour la première fois depuis le service militaire ». Il bosse six jours sur sept en tant que magasinier dans le commerce de spiritueux de son frère, qui lui refile une arme, « au cas où un Negro voudrait braquer » la boutique.

Dans le même temps, l’Haïtienne Vanise Dorsinville, « à la peau très foncée, couleur de café juste moulu », flanquée d’un neveu et son nouveau-né dans les bras, quitte son île en proie à la pire des dictatures et ravagée par un ouragan. « Au-delà de la résignation », elle traverse la mer sur un rafiot de fortune, après avoir été violée à plusieurs reprises à fond de cale, par des passeurs, pour prix de son voyage. Pages insoutenables !

L’Amérique décrite il y a trente ans par Russell Banks ressemble terriblement à l’actuelle, avec son goût des armes et ses pulsions racistes. Le romancier adopte le parti pris narratif de la troisième personne. Cette convention empruntée à la littérature du XIXe siècle permet d’alterner le point de vue des personnages avec une vision extérieure en surplomb. Les laissés-pour-compte de tous bords sont passés au crible de leur être, par un auteur qui ne cesse de porter un regard lucide sur son pays. Il fouille ainsi sans peur les poches de misère, matérielle et spirituelle, des États-Unis d’hier et d’aujourd’hui. M. S.

  • Continents à la dérive, de Russell Banks, traduit de l’américain par Pierre Furlan. Actes Sud, 442 pages, 23 euros.
Partager cet article
Repost0
14 janvier 2023 6 14 /01 /janvier /2023 06:34
Jacques Baudrier à Morlaix le samedi 8 octobre au débat transports-mobilités en Bretagne du PCF (photo Jean-Luc Le Calvez)

Jacques Baudrier à Morlaix le samedi 8 octobre au débat transports-mobilités en Bretagne du PCF (photo Jean-Luc Le Calvez)

Les zones à faibles émissions: les villes interdites aux pauvres ?

Depuis le 1er janvier 2023, les onze plus grandes villes françaises limitent la circulation des véhicules en fonction de leur niveau Crit’Air, avertissements et verbalisations à la clé. Contribution de Jacques Baudrier, maire-adjoint PCF de Paris.

Publié le Jeudi 12 Janvier 2023 dans la page débat de l'Humanité à l'initiative de:
 

Si la pollution est un problème de santé publique, la mise en place des ZFE est un scandale. Il faut des moyens pour changer de véhicule et pour les transports publics.

 

La pollution de l’air tue chaque année plus de 40 000 personnes en France. Il faut absolument combattre ce fléau sanitaire en réduisant les émissions de particules du secteur des transports et de la mobilité. La mise en place de zones à faibles émissions (ZFE) dans les 45 agglomérations françaises de plus de 150 000 habitants est une réponse à ce problème majeur de santé publique. Mais 10 millions de voitures seront interdites de circulation dans les grandes villes françaises dès le 1 er janvier 2025. Et de fait, les classes populaires seront touchées de plein fouet par cette mesure qui cible les voitures essence immatriculées avant 2005 et les voitures diesel immatriculées avant 2010.

Alors que les premiers contrôles automatisés seraient mis en place dès 2024, nous avons désormais la certitude qu’une majorité des personnes qui ne pourront plus utiliser leur vieille voiture n’auront pas accès à une alternative crédible au 1 er janvier 2025. C’est un scandale pour des millions de Français dépendants au quotidien de leur voiture et qui auront toutes les raisons de se révolter violemment face à tant de légèreté.

Certes, quelques aides publiques ont été mises en place pour aider à l’achat de véhicules moins polluants. Mais elles restent trop faibles. Déductions faites, un couple très modeste doit payer au moins 8 000 euros pour acquérir une voiture électrique d’entrée de gamme. Et pour les classes moyennes, les aides sont très faibles. De fait en l’état, les ZFE vont créer un tel soulèvement qu’elles seront inapplicables. Pour sauver cette politique de santé publique, il faut des moyens pour que des millions d’automobilistes puissent changer de voiture à moindres frais. Il faut investir pendant plusieurs années 5 milliards par an.

« Nous avons désormais la certitude qu’une majorité des personnes qui ne pourront plus utiliser leur vieille voiture n’auront pas accès à une alternative crédible au 1 er janvier 2025. »

Avec ces 5 milliards par an, l’État pourrait augmenter les aides à la conversion pour que tous les ménages à bas et moyen revenu disposent d’au moins 10 000 euros pour acquérir un modèle moins polluant, des voitures électriques ou de Crit’Air 1 neuves ou d’occasion.

Ces 5 milliards, il faut les financer, et il y a urgence. Aujourd’hui, de grandes entreprises et des ménages très aisés achètent chaque année des centaines de milliers de très grosses voitures qui consomment beaucoup d’énergie. Ils peuvent payer un malus au poids qui les inciterait à acheter des voitures moins lourdes, donc moins polluantes et rapporterait plus de 1 milliard par an. Bientôt, l’État va récupérer plusieurs concessions d’autoroutes. Ne pas les renouveler et les garder dans le giron de l’État permettraient de générer des milliards de recettes chaque année. Sans un investissement massif pour accompagner le changement du parc automobile, les ZFE seront inapplicables. Ce serait une catastrophe pour la santé publique.

Il faut des moyens pour plus de transports publics, pour plus de déplacements à vélo, il en faut aussi pour que chacun puisse rouler avec des voitures moins lourdes et beaucoup moins polluantes. Il y a urgence pour sauver des dizaines de milliers de vies.

« Un programme unitaire pour le climat », de Jacques Baudrier et Alain Pagano, éditions du Croquant, 2020.
Partager cet article
Repost0
13 janvier 2023 5 13 /01 /janvier /2023 06:31
Retraites: Le recul de l’âge légal, une punition collective (L'Humanité, 11 janvier 2023)
Retraites. Le recul de l’âge légal, une punition collective

L’exécutif a présenté son projet de réforme des retraites, qui repousse le départ de 62 à 64 ans sous prétexte de réaliser des économies. Les concessions mises en scène sont autant de mesures cosmétiques destinées à faire avaler la pilule. Notre décryptage des annonces.

Mercredi 11 Janvier 2023 - L'Humanité
 

« Regarder la réalité en face. » L’argument, usé jusqu’à la corde par tous ceux qui ont réformé notre régime de retraites depuis 2010, a été resservi, mardi soir, par la première ministre lors de sa conférence de presse. Sans surprise, Élisabeth Borne a placé son projet sous le signe de la « préservation » d’un système menacé: « Laisser accumuler les déficits serait irresponsable », a-t-elle lancé gravement.

Travailler plus longtemps deviendrait le seul horizon responsable. Le ministre de l’Économie a brandi dans la foulée des chiffres destinés à faire peur: en 2030, le système accuserait un déficit de 13,5 milliards d’euros. Inquiétant, vraiment? Pas si on rapporte ce chiffre au PIB, ce que se refuse à faire le ministre.

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), le déficit du régime oscillerait entre 0,5 et 0,8 point de PIB seulement, jusqu’en 2032. Ces résultats « ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l’idée d’une dynamique non contrôlée des dépenses de retraites », précise le COR, limpide. Évidemment, l’exécutif ne l’a pas cité.

1 200 euros minimum, seulement pour les carrières complètes

« Préserver le pouvoir d’achat » des retraités. Brandissant les principes de « progrès » et de « justice », la première ministre Élisabeth Borne a annoncé que le projet du gouvernement sera assorti d’une augmentation du montant de la pension minimale pour les futurs retraités touchés par sa réforme comme pour les actuels. Au lieu de 75 % du Smic aujourd’hui, son montant pour les personnes ayant validé une carrière complète sera porté à 85 % du salaire minimum à partir de septembre 2023, soit environ 1 200 euros. Selon l’exposé des ministres, les pensions seront dès lors « indexées » sur l’évolution du Smic.

Si les membres de l’exécutif ont assuré que la mesure visera à garantir « une retraite digne » après « une vie de travail », selon les mots du ministre du Travail Olivier Dussopt, les syndicats sont loin d’accueillir la disposition avec bonheur. « 1 200 euros, c’est à peine au-dessus du seuil de pauvreté fixé à 1 128 euros », s’agace dans un communiqué le « groupe des 9 », rassemblant des syndicats et associations de retraités. La mesure peine d’autant plus à convaincre qu’elle exclura, telle qu’elle a été annoncée, bon nombre de retraités aux petites pensions. « Nous promettre une pension de 1 200 euros minimum est un miroir aux alouettes puisqu’elle n’est prévue que pour les carrières complètes », déplore ainsi Didier Hotte, de l’UCR-FO. Les personnes n’ayant pas cotisé le nombre de trimestres requis ne seront en effet pas concernées. Cette exclusion de la mesure touchera surtout les femmes: selon l’Insee, en 2016, seules 49 % des femmes retraitées avaient validé une carrière complète, contre 75 % des hommes retraités.

Des carrières longues qui vont s’allonger

« Un système juste, c’est permettre à ceux qui ont commencé de travailler tôt de partir plus tôt », a assuré Élisabeth Borne. Le gouvernement entend « adapter » le dispositif carrières longues pour accompagner le recul à 64 ans de l’âge légal de départ à la retraite. Créé en 2003, ce mécanisme dérogatoire permet à ceux qui ont cotisé suffisamment de trimestres avant leurs 16 ans ou leurs 20 ans de liquider leurs droits de manière anticipée, à 58 ans ou 60 ans dans le régime actuel. Dans le système envisagé par le gouvernement, les personnes éligibles devront attendre 60 ou 62 ans, en fonction de l’âge auquel elles ont commencé à travailler. Seuls ceux qui ont commencé à travailler avant 16 ans pourront partir à 58 ans.

À écouter la première ministre, ces mesures rendront « plus juste et plus lisible » le régime de retraites français. Pourtant, elles entérinent un allongement de la durée du travail pour ceux qui ont commencé très tôt leur vie active et exercent souvent des métiers difficiles et éprouvants. Dans le nouveau système, par exemple, un ouvrier du BTP qui travaille depuis l’âge de 18 ans devra rester en emploi pendant 44 ans, davantage, donc, que la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’un taux plein. Le gouvernement précise cependant « qu’aucune personne ayant commencé à travailler tôt ne (sera) obligée de travailler plus de 44 ans ».

Autre annonce: les « périodes de congé parental » seront désormais « prises en compte » dans le calcul des carrières longues, ce qui permettra que « davantage de Français (soient) concernés par le dispositif ». Près de 125 000 personnes en ont bénéficié en 2021.

Triple peine pour les seniors

Deux ans de plus à trimer. Et un index cosmétique pour encourager les entreprises « à leur faire plus de place ». Le gouvernement s’est montré pingre en « nouveaux droits » pour faire passer la pilule de cette réforme auprès des travailleurs dits seniors. Première peine: l’âge légal reculant, les travailleurs seniors seront donc forcément plus nombreux sur le marché du travail. Or, comme l’explique l’économiste Michaël Zemmour, les précédentes réformes qui ont reculé l’âge légal de départ ont toutes eu pour conséquence « que ceux qui étaient toujours dans l’emploi à 60 ans y sont restés deux ans supplémentaires ; en revanche, ceux qui ne l’étaient plus ont vu s’allonger la période entre emploi et retraite  ». Le nombre de NER – soit les « ni en emploi ni en retraite » –, aux alentours de 1,4 million actuellement, devrait donc croître.

D’autant que, double peine, le gouvernement n’a rien prévu d’autre pour obliger les entreprises à favoriser l’emploi des seniors que la mise en place d’un index contenant quelques données chiffrées, devant servir de base à une négociation annuelle sur le sujet. La triple peine est réservée aux personnes nées entre 1961 et 1966 qui vont prendre de plein fouet l’accélération du calendrier de la précédente réforme Touraine augmentant le nombre d’annuités cotisées à 43 ans pour avoir une pension à taux plein.

Dans ce contexte, la facilitation du cumul emploi-retraite ou la mobilisation du compte de temps universel pour aider aux transitions professionnelles ne sont que des peccadilles. L’ouverture de la retraite progressive aux fonctionnaires ressemble, elle, à une provocation.

Pénibilité. Un parcours du combattant allongé de deux ans

La pénibilité, si elle est reconnue, permet de partir à la retraite au maximum deux ans avant l’âge légal. Ainsi, même pour les salariés qui remplissent tous les critères, les plus exposés feront valoir leurs droits à 62 ans au lieu de 60 actuellement. Et encore: les critères de pénibilité demeurent individualisés, donc difficiles à faire valoir.

Le gouvernement envisage certes bien de réintroduire dans le controversé C2P (compte personnel de prévention) deux des quatre critères que son prédécesseur dirigé par Édouard Philippe avait lui-même exclu en 2017: le port de charges lourdes et les postures pénibles. Mais seulement après consultation médicale. L’exposition aux vibrations mécaniques comme aux agents chimiques dangereux en reste exclue. Quelques critères se verraient aussi légèrement amendés: 100 nuits travaillées par an rapporteront des points pénibilité, contre 120 avant. Appel du pied à la CFDT qui réclamait la mesure, Élisabeth Borne a promis une « amélioration du C2P pour qu’il permette la reconversion professionnelle », via un congé de formation. Enfin, l’exécutif a annoncé la création d’un fonds d’un milliard d’euros qui financerait des plans de prévention de l’usure professionnelle, à négocier à l’échelle des branches.

La pénibilité pourtant n’est pas une question individuelle et les chiffres compulsés par la CGT parlent d’eux-mêmes: 2,7 millions de salariés sont exposés à un ou plusieurs agents chimiques cancérigènes ; 10,7 millions subissent des contraintes physiques marquées ; 4,8 millions connaissent des rythmes de travail atypiques ; près d’un sur 10 doit travailler de nuit… Ainsi, 13,5 millions de salariés sont exposés à au moins un de ces critères. Mais les seuils d’exposition sont tellement élevés qu’à peine plus d’1,5 million de Français ont un C2P et que 2 000 à 3 000 personnes seulement peuvent faire valoir leurs droits à la retraite anticipée chaque année.

Mise à mort programmée des régimes spéciaux

« Nous allons fermer la plupart des régimes spéciaux. » Ce mardi, Élisabeth Borne a donc poursuivi le travail de ses prédécesseurs. Après la SNCF, le gouvernement s’attaque aux « nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche industries électriques et gazières (IEG) et à la Banque de France, au Conseil économique, social et environnemental, (ainsi qu’aux) clercs et employés de notaires », a précisé le ministre du Travail, Olivier Dussopt. À compter du 1 er septembre 2023, ces salariés seront affiliés au régime général pour la retraite, précise le gouvernement.

Pour les autres, « le décalage progressif de deux ans de l’âge légal et l’accélération de la réforme Touraine s’appliqueront aux salariés actuels des régimes spéciaux mais en tenant compte de leurs spécificités », précise le gouvernement. Cette période de « convergence se réalisera en concertation avec les entreprises concernées », a poursuivi le ministre. Ces systèmes, qualifiés d’ « archaïques » par Olivier Dussopt, sont les seuls à « reconnaître la pénibilité », rappelle Sébastien Menesplier, de la CGT mines et énergie, au travers des anticipations de départ à 57,5 ans et des bonifications pour travaux pénibles. D’autant que l’ « équilibre » est atteint pour les énergéticiens. Et que les comptes sont « excédentaires » pour la Banque de France. La Caisse de réserves enregistre une provision de 15 milliards d’euros, relève Hugo Coldeboeuf, de la CGT Banque de France. Une somme qui génère des recettes conséquentes pour l’État chaque année. L’annonce est un coup dur pour les salariés de l’institution, jusqu’ici alignés sur le régime de la fonction publique. La réforme pourrait avoir pour effet de baisser fortement leurs pensions.

Les 64 ans, retour vers les années 1970

Mardi soir, Élisabeth Borne a enfin abattu ses cartes: si le projet de loi est adopté, l’âge légal de départ en retraite sera relevé de trois mois par an dès septembre 2023, pour atteindre 64 ans en 2030 (contre 62 ans aujourd’hui). Dans le même temps, les salariés devront cotiser plus longtemps pour espérer toucher une pension à taux plein, avec l’accélération de la réforme Touraine. Datée de janvier 2014, cette réforme inscrit dans la durée le principe d’un allongement de la durée de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. Cette durée est relevée d’un trimestre tous les trois ans jusqu’en 2035, pour atteindre 172 trimestres (c’est-à-dire quarante-trois ans) pour les générations nées en 1973 et suivantes. Le pouvoir macroniste veut mettre les bouchées doubles, puisque ce palier serait franchi dès 2027, soit dès la génération 1965.

Ces 64 ans, au lieu des 65 annoncés par le candidat Emmanuel Macron en 2022, sont une « concession » sans surprise: depuis plusieurs semaines, l’exécutif avait annoncé qu’il pourrait atténuer un peu la violence du choc. L’exécutif a opté pour une solution hybride, qui présente le double avantage pour lui d’abandonner le marqueur des 65 ans, jugé trop clivant, tout en arrachant le soutien de LR à l’Assemblée nationale. En effet, en novembre, le sénateur de droite René-Paul Savary avait déjà fait passer un amendement au projet de budget de la Sécurité sociale, qui consistait précisément à acter le passage aux 64 ans avec accélération de la réforme Touraine.

Il n’en reste pas moins que le recul social est patent: tous les salariés vont devoir travailler davantage, même ceux qui exercent les métiers les plus pénibles. En tournant le dos définitivement à l’acquis des 60 ans, voté par la gauche en 1981, l’exécutif propulse le pays dans une sorte de retour en arrière vers les années 1970, époque où l’âge de départ en retraite atteignait 65 ans… Pour l’instant, l’opinion publique s’oppose toujours à un tel scénario. 80 % des Français se disent hostiles aux 64 ans, selon un sondage publié par Odoxa ce lundi.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011