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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 08:00

 

Une phrase que l’on n’entend pas beaucoup depuis un an, tous les restaurants étant fermés. La semaine dernière, la commission des Finances du Sénat auditionnait M. Jean Arthuis, mandaté en décembre dernier par le gouvernement pour présider une commission chargée de réfléchir à « la définition d’une nouvelle trajectoire des finances publiques crédible et nécessaire pour donner de la visibilité sur notre stratégie de redressement des comptes publics ». Oui, je sais, l’intitulé est particulièrement long et alambiqué, sans doute a-t-il été pondu par les mêmes technocrates de Matignon qui avaient imaginé la mort-née et ubuesque attestation de sortie, il y a deux semaines !

L’un des chapitres du rapport nous dit : « l’endettement de la France s’explique par la succession de déficits ». Ça vaut cette lapalissade : « le jour de sa mort fut le dernier jour de sa vie ». On pourrait en rire mais au fond, c’est une façon claire d’éluder d’emblée la question des recettes car, évidemment, un budget ce sont des dépenses mais aussi les recettes.

Or, des recettes en nombre ont disparu ces dernières décennies, ISF, CICE, exonérations de cotisations, Crédit Impôt Recherche (6 milliards par an) et puis, bien sûr, l’évasion fiscale (80 à 100 milliards par an). Mais ce gouvernement l’a dit, on ne créé pas d’impôt !

J’ai eu un très bref espoir à la lecture du rapport, oh, quelques secondes, rassurez-vous… Le rapport préconise un moment « d’écarter l’austérité » et de confirmer plus loin : « Il ne faut pas s’engager dans un programme de réductions des dépenses » … jusque-là, tout va bien, mais très vite tout se gâte, la chute est terrible « …dès maintenant ».

Après avoir éliminé rapidement les alternatives sur la façon de gérer la dette (nous reviendrons sur le fond de ce sujet dans les prochains mois), M. Arthuis nous dit : « Dès lors, la seule voie possible est la maîtrise des dépenses ». Tout cela est dit en langage fort diplomatique : « Nous devons veiller à ce que la progression des dépenses n’excède pas celle des recettes » … Rien de nouveau sous le soleil, nous voilà revenus aux années 80 avec le « TINA » de Thatcher, il n’y a pas d’alternative…

Au fait, en décembre dernier, dans un billet précédent, j’avais fait un pari à 2 600 milliards. Je m’étais amusé à anticiper les conclusions de la commission qui venait de se mettre en place. La proposition 5 disait : « Il est impératif de réduire la dépense publique » !

 

 

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:23
Georges Ibrahim Abdallah : pourquoi la France s'acharne sur le plus ancien prisonnier d’Europe (Parti communiste, Pierre Barbancey dans L'Humanité, AFPS)

Ce 2 avril, dans une prison française, Georges Ibrahim Abdallah aura 70 ans, il aura passé dans cette prison de Lannemezan 37 années de sa vie, ce qui en fait le plus ancien prisonnier politique d’Europe.

Chaque année avec de nombreuses associations, le PCF dénonce ce déni de justice : après avoir purgé une peine de sûreté de quinze ans, il devait bénéficier d’une liberté conditionnelle. La justice française, sous la pression des États-Unis et d’Israël, n’a pas accédé à cette demande plus de dix fois déposée et bien que le tribunal d’application des peines l’ai approuvée.

Georges Ibrahim Abdallah, communiste libanais, avait choisi de défendre les droits du peuple palestinien, s’il n’a pas choisi la lutte non-violente, ce choix il l’a assumé et payé de trente-sept années de détention, trente-sept ans de sa vie.

Maintenant il souhaite retourner au Liban, son pays qui souhaite l’accueillir, comme l’a confirmé le ministre libanais venu lui rendre visite la semaine dernière.

Le PCF demande Justice, que cesse cet arbitraire, que la France fasse preuve d’indépendance et libère immédiatement Georges Ibrahim Abdallah en respect des règles de droit et de la défense de la justice française.

Parti communiste français,
Paris, le 2 avril 2021

Georges Ibrahim Abdallah : pourquoi la France s'acharne sur le plus ancien prisonnier d’Europe
Vendredi 2 Avril 2021

Ce 2 avril marque les 70 ans de Georges Ibrahim Abdallah, enfermé en France depuis trente-six ans. Défenseur du droit des Palestiniens et plus ancien prisonnier d’Europe, il est libérable depuis 1999. Il suffirait pourtant d’un arrêté d’expulsion pour que les portes de sa cellule s’ouvrent.

 

Georges Ibrahim Abdallah fête ses 70 ans ce vendredi. Ses yeux de nouveau septuagénaire apercevront le monde comme ils les voient depuis plus de trente-six ans maintenant : derrière les barreaux d’une prison. C’est ce monde justement qu’il rêvait de changer quand, dans sa jeunesse au nord du Liban, il a commencé à comprendre l’injustice faite aux paysans et aux ouvriers libanais, aussi bien qu’à ces centaines de milliers de Palestiniens, réfugiés au pays du Cèdre. Un rêve qu’il n’a jamais abandonné, qui illumine l’obscurité lorsqu’il clôt ses paupières pour que la persistance ne soit pas que rétinienne.

Georges Ibrahim Abdallah a toujours été un résistant. Un combattant. Y compris lorsque, après des études à Beyrouth, il est devenu instituteur dans la plaine de la Bekaa. Comment apprendre la justice et la fraternité aux enfants lorsque la partie sud du pays est envahie par Israël ? La force du mot n’est pas toujours suffisante lorsqu’il s’agit d’affronter des commandos militaires. Alors, Georges, issu d’une famille chrétienne maronite, qui a troqué les Évangiles pour Marx et Lénine, va s’engager et suivre des entraînements militaires dans divers pays progressistes de la région. Il est alors proche du Mouvement nationaliste arabe (MNA) et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Puis, il participe à la création des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL), organisation communiste et anti-impérialiste.

Avec d’autres militants, il est envoyé en France pour poursuivre le combat. Le contexte d’alors est terrible. La guerre civile fait rage au Liban et l’armée israélienne se déchaîne dans le sud du pays. Les assassinats politiques se multiplient de tous les côtés. Survient alors, en janvier 1982, l’assassinat de l’attaché militaire adjoint de l’ambassade des États-Unis à Paris. Trois mois plus tard, un diplomate israélien est également abattu. Les deux hommes auraient en commun leur appartenance à la CIA et au Mossad.

Georges Ibrahim Abdallah est arrêté en 1984. Il est condamné en 1986 à quatre ans de prison pour détention d’arme et usage de faux papiers. Il est de nouveau jugé le 28 juillet 1987, malgré ses dénégations, pour complicité d’assassinat et condamné à la perpétuité à une époque où la peine de sûreté n’existe pas (lire l’entretien avec Jean-Louis Chalanset).

À titre de comparaison, on rappellera que plusieurs dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ont été assassinés à Paris, vraisemblablement par les services israéliens, sans qu’aucune arrestation ait lieu. La représentante de l’ANC (le parti de Nelson Mandela), Dulcie September, a elle aussi été abattue dans la capitale française mais aucun assassin n’a été retrouvé. Quant à l’enlèvement et à la disparition de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka, on en est encore aux supputations.

Chape de plomb sur les raisons de l’acharnement français

C’est dire le caractère éminemment politique de l’affaire et de l’acharnement des autorités françaises. Georges Ibrahim ­Abdallah est aujourd’hui le plus vieux prisonnier d’Europe. Il a déjà passé plus de temps en prison que Nelson Mandela. Or, il est libérable depuis 1999. Toutes ses demandes de libération ont été rejetées. Et si un tribunal accède finalement à la demande, il y a toujours une cour ou un ministre pour faire appel.

Que peuvent invoquer les dirigeants français pour expliquer cet acharnement ? Il y a d’abord eu une chape de plomb. Puis, petit à petit, grâce aux comités de soutien qui se sont formés en France et dans le monde, un voile a été levé sur le sort de ce prisonnier politique. Mais les pressions états-uniennes et israéliennes (évoquées par l’ancien patron des services secrets français Yves Bonnet) restent fortes et sont partagées par des hommes comme Manuel Valls. Celui-ci, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, avait la possibilité de mettre fin à ce calvaire en signant un arrêté d’expulsion. Il s’y est refusé. Paradoxalement, cet arrêté, qui est demandé par l’avocat de Georges Ibrahim Abdallah devant le tribunal administratif de Paris, s’il était émis, ouvrirait la porte de la prison. Il pourrait alors rentrer chez lui, au Liban.

Georges Ibrahim Abdallah est incarcéré sous le numéro d’écrou 2388/A221 au centre pénitentiaire de Lannemezan, au pied des Pyrénées. « Calme et déterminé, l’homme semble indestructible par sa prestance et la solidité de ses convictions renforcées au fil des ans et des soubresauts du monde. Embrassades et mots d’accueil avec un brin de malice, involontaire sans doute quand ses premiers mots sont pour nous demander comment nous avons supporté les deux mois de confinement. » Voilà ce qu’écrivait dans nos colonnes Alain Raynal, collaborateur de l’Humanité, qui lui avait rendu visite en août de l’année dernière. Un journal, l’Huma, qui parvient à Georges Ibrahim Abdallah, dans sa cellule.

Animateur du collectif des Hautes-Pyrénées, Daniel Larregola va aussi le voir régulièrement. Des visites plus espacées à cause de la pandémie. Il confirme son état d’esprit lucide et combatif en faveur des Palestiniens, des migrants et de toutes les causes progressistes dans le monde.

Ce 2 avril marque les 70 ans de Georges Ibrahim Abdallah. Demander sa libération, dénoncer l’acharnement des gouvernements français successifs, porter son nom en une de notre journal, c’est aussi lui dire : « Bon anniversaire Georges ! »

Une carte-pétition adressée à Emmanuel Macron

De nombreuses personnalités à travers le monde ont apporté leur soutien à Georges Ibrahim Abdallah. Parmi celles-ci, Angela Davis, qui sait ce qu’être pourchassé et emprisonné veut dire lorsqu’on est anti-impérialiste. Mais c’est sans doute le collectif des Hautes-Pyrénées (4, rue des Haras, 65000 Tarbes) pour la libération de ce militant libanais qui a su le mieux maintenir la flamme pour qu’il ne soit pas oublié. Des manifestations sont régulièrement organisées devant la prison de Lannemezan. Les parlementaires de tous bords, interpellés, ont saisi le garde des Sceaux et le ministre de l’Intérieur. Il y a une dizaine de jours, l’ambassadeur du Liban en France et la ministre libanaise de la Justice ont rendu visite à Georges Ibrahim Abdallah en prison.

Le collectif vient d’éditer une carte-pétition « 37 ans, Stop ! » à adresser à Emmanuel Macron, demandant un arrêté d’expulsion pour que Georges puisse retrouver son pays natal. Enfin, il est possible de lui écrire directement : Georges Ibrahim Abdallah, 2388/A221, CP de Lannemezan, 204, rue des Saligues, BP 70166 65307 Lannemezan.

Georges Ibrahim Abdallah, 70 ans ce 2 avril, militant communiste, engagé pour la cause palestinien est emprisonné depuis 37 ans.
Il est libérable depuis 1999, plus de 20 ans. Il est devenu l’un des plus anciens prisonniers politiques du monde. Georges a reçu dernièrement la Ministre de la Justice libanaise accompagnée de l’ambassadeur du Liban.
Pour qu’il soit enfin libre, et puisse rentrer dans son pays natal , il suffit à la France de signer un arrêté d’expulsion pour le Liban.
Imprimez et signez la carte pétition "37 ans, Stop" demandant au Président de la République de signer l’arrêté d’expulsion
Pour l’envoyer il n’est pas nécessaire de timbrer la carte et/ou l’enveloppe.
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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:19

 

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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:18
Apartheid. Meurtre de Dulcie September à Paris : enfin la vérité et la justice ? - par Jacqueline Dérens (L'Humanité,, 29 mars 2021)
Apartheid. Meurtre de Dulcie September à Paris : enfin la vérité et la justice ?
Lundi 29 Mars 2021 - L'Humanité

Par Jacqueline Dérens Autrice

 

Dulcie September était assassinée à la porte de son bureau à Paris, le 29 mars 1988. Cinq balles tirées presque à bout portant ne lui laissaient aucune chance, elle est morte sur le coup. Après une enquête bâclée, la justice française déclarait le dossier clos par un non-lieu en juillet 1992. Cela ne pouvait satisfaire ni sa famille, ni ses ami.e.s, ni les militant.e.s anti-apartheid. Deux décisions administratives ont ensuite été prises par le parquet, une par le procureur de Paris, le 29 mai 2019, et une par le procureur général, le 9 janvier 2020, refusant la réouverture d’une enquête sur les raisons de sa mort.

C’est pourquoi sa famille a choisi de mener une action judiciaire contre l’État français, pour déni de justice, en demandant la réouverture du dossier et une nouvelle enquête sur l’assassinat de ses tante et belle-sœur. Elle demande aussi que cet assassinat soit considéré comme un crime d’apartheid, donc imprescriptible, puisque, au moment de son meurtre, Dulcie September était la représentante du mouvement de libération African National Congress (ANC) à Paris. Cette demande est soutenue par la Fondation Mandela, Stephan Aggett, neveu du militant anti-apartheid et syndicaliste Neil Aggett, mort en détention, des commissaires de la Commission de la vérité et de la réconciliation, Evelyn Groenink, journaliste, Bachir Ben Barka, Sylvie Braibant, le maire d’Arcueil où Dulcie a résidé, Pierre Laurent, sénateur communiste de Paris et vice-président du Sénat, l’Afaspa, etc. Le dossier a été déposé et la première audience publique aura lieu le 11 octobre 2021.

En ce mois de mars consacré à lutte contre le racisme, en mémoire du massacre de Sharpeville, le 21 mars 1960, et à la suite de la journée consacrée à la lutte pour les droits des femmes, le documentaire Murder in Paris, réalisé par Enver Michael Samuel, est diffusé sur la chaîne de télévision sud-africaine SABC 3. Une conférence est organisée par la Fondation Mandela au Freedom Park de Johannesburg ; enfin, l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris organise une visioconférence, ce lundi 29 mars.

Le documentaire Murder in Paris fait un portrait très complet de Dulcie avec les témoignages de sa famille et de ses camarades de lutte. Le film pose aussi la question brûlante : pourquoi Dulcie ? Pourquoi abattre froidement cette responsable de l’ANC à Paris ? Qui avait intérêt à la faire taire ? Qu’avait-elle découvert de si gênant pour que la justice française classe l’affaire par un non-lieu ? Pourquoi la direction de l’ANC à Londres n’a-t-elle pas répondu à ses appels en n’envoyant personne à Paris pour la seconder ? Enver Michael Samuel donne la parole à Evelyn Groenink, la journaliste d’investigation néerlandaise qui a consacré plus de trente ans à enquêter sur cette affaire. Elle met à nu les relations entre la France et le régime de l’apartheid. Relations secrètes en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui exigeaient l’embargo total sur les ventes d’armes. La France, en plus de fournir du matériel militaire, a permis à l’Afrique du Sud de se doter de l’arme nucléaire. En Afrique du Sud, des documents déclassifiés apportent la preuve de ces relations illégales et les complicités pour contourner l’embargo sur les armes ou le pétrole. Dans son livre Apartheid, Guns and Money, Hennie Van Vuuren a mis en avant ces relations secrètes comme motif probable de la volonté d’éliminer Dulcie September.

Trente-trois ans après le meurtre de cette dernière, allons-nous enfin connaître la vérité, et la justice sera-t-elle rendue à la famille de cette militante qui a sacrifié sa vie à une cause juste ?

Ouvrages parus : Dulcie September, une vie pour la liberté et Femmes d’Afrique du Sud, aux éditions Non Lieu.
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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:11
Face au délabrement idéologique de la scène politique. L’indispensable affirmation du communisme - par le philosophe Yvon Quiniou, L'Humanité, 2 avril 2021
Face au délabrement idéologique de la scène politique. L’indispensable affirmation du communisme
Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité
 

Yvon Quiniou Philosophe

La situation politique est compliquée pour les communistes, alors que des élections importantes approchent, et ce pour une raison de fond, à la fois historique et médiatique. Car ce qui pèse sur la conscience collective est le discrédit de l’idée communiste, dont l’origine se trouve dans ce qui s’est fait en son nom dans l’Union soviétique, qui n’était pas du communisme. Je rappelle que Marx assignait, pour le passage à celui-ci, des conditions matérielles et sociales liées au capitalisme développé, sans quoi on virait à l’utopie et son échec inévitable, ce qui s’est révélé exact. D’où une identification erronée de l’expérience soviétique avec le projet marxien, qui est entretenue scandaleusement par les médias et qui empêche de souhaiter un dépassement du capitalisme.

Il n’empêche que ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde le rend impératif : un capitalisme transnational s’impose aux peuples dans tous les domaines, les appauvrit, creuse les inégalités, crée du chômage, attaque les services publics, nous impose une « civilisation » du fric et de la consommation marchande, pollue la culture et abîme les rapports interhumains en fractionnant la société et en générant une violence inédite, y compris interreligieuse. À quoi s’ajoute une crise écologique planétaire dont tous les scientifiques affirment qu’elle menace à terme notre vie et dont la source ne se trouve pas dans les seuls comportements de consommation, mais dans la logique libérale du profit qui, par un productivisme mercantile, abîme la nature et donc l’homme qui en est une partie.

Face à cela, que devient la gauche non communiste ? Une partie s’est convertie au libéralisme économique, perdant tout ce qui pouvait lui rester d’identité progressiste. Quant aux insoumis, ils surfent sur un populisme peu clair dans divers domaines. C’est pourquoi, face à ce délabrement idéologique de la scène politique, il nous faut revenir à l’inspiration communiste, quitte à l’enrichir, la moderniser ou même la rectifier, mais sans modifier ses principes directeurs. Je pense en priorité à la propriété collective d’une grande partie de la production, parce que c’est le seul moyen de maîtriser notre économie, de l’orienter vers des fins utiles à tous et de garantir à ses agents des conditions de travail gratifiantes et qui n’aliènent pas leur personnalité : car il ne suffit pas de supprimer l’exploitation, il faut aussi abolir l’aliénation qui les mutile. D’où le rôle que peut jouer la culture pour tirer les êtres humains vers une vie riche en besoins de qualité . Mais aussi l’éducation : il s’agit de transmettre des valeurs centrées sur l’universel, le bien de tous et le vivre-ensemble harmonieux, et, comme l’entendait Gramsci, de constituer un nouveau « sens commun » à teneur éthique.

Dans cette perspective exigeante, quelle stratégie électorale les communistes doivent-ils adopter ? L’union « à gauche » me paraît indispensable dans les élections locales et, s’agissant de la présidentielle, faute malheureusement d’une unité face à la droite, il faudra voter pour un candidat communiste, en pensant à l’avenir.

Face au délabrement idéologique de la scène politique. L’indispensable affirmation du communisme - par le philosophe Yvon Quiniou, L'Humanité, 2 avril 2021
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4 avril 2021 7 04 /04 /avril /2021 06:03
États-Unis. Le meurtre d’État d’Ethel et Julius Rosenberg - par Bruno Odent, L'Humanité, 2 avril 2021
États-Unis. Le meurtre d’État d’Ethel et Julius Rosenberg - par Bruno Odent, L'Humanité, 2 avril 2021
États-Unis. Le meurtre d’État d’Ethel et Julius Rosenberg - par Bruno Odent, L'Humanité, 2 avril 2021
États-Unis. Le meurtre d’État d’Ethel et Julius Rosenberg
Vendredi 2 Avril 2021 - L'Humanité

Après une parodie de procès, les deux militants communistes furent condamnés, le 5 avril 1951, à périr sur la chaise électrique. Pacifiste et anti-impérialiste, le couple a défendu jusqu’au bout son innocence.

 
Repères
  • 1938 Un décret présidentiel sur le « loyalisme » des fonctionnaires aboutira à la mise en place, par le sénateur McCarthy, de la Commission des activités anti-américaines.
  • 9 février 1950 Le sénateur McCarthy présente une liste de communistes travaillant au Département d’État.
  • Juillet-août 1950 Julius et Ethel Rosenberg sont arrêtés pour espionnage au profit de l’URSS.
  • 19 juin 1953 Les époux Rosenberg sont exécutés sur la chaise électrique.

Leur procès politique allait se conclure par leur condamnation à périr sur la chaise électrique. Il y a soixante-dix ans, le 5 avril 1951, le verdict du jury d’un tribunal sous influence tombait sur Ethel et Julius Rosenberg. Après une délibération grossièrement truquée, selon les analyses de nombre de juristes, menée par un juge aux mains de la CIA, les deux militants communistes de 36 et 33 ans étaient déclarés coupables de « haute trahison contre le peuple américain » au prétexte qu’ils auraient transmis les secrets de fabrication de la bombe nucléaire américaine à l’Union soviétique. Deux ans plus tard, en dépit de divers recours et d’un immense mouvement de solidarité internationale, ils furent soumis au châtiment suprême, dans toute sa barbarie : plusieurs infinies minutes, selon les témoins de l’exécution, avant que les suppliciés n’expirent.

Assassinés pour l'exemple

Le crime d’État visait rien de moins que d’installer la géopolitique états-unienne de la guerre froide en décrétant la terreur contre toute critique intérieure. Washington avait misé sur une suprématie militaire totale grâce à la bombe atomique. Des travaux pratiques avaient permis d’en mesurer l’efficacité sur l’échelle de l’immonde à travers ces dizaines de milliers de civils massacrés à Hiroshima et à Nagasaki.

Ethel et Julius étaient de ceux qui se battaient depuis des années contre le fascisme, pour la paix et la justice sociale, et ils soutenaient l’URSS, alors encore auréolée de sa révolution et de sa résistance au nazisme. Le jeune couple figurait parmi « les rouges », dépeints comme une 5e colonne par le maccarthysme. Son principal tort aura été d’avoir lutté de toutes ses forces contre cette stratégie de domination impériale, dantesque pour l’avenir de l’humanité. Ethel et Julius devaient être assassinés pour l’exemple, pour dissuader toute velléité d’opposition à la terrible raison d’État. Eux, dont les familles juives, originaires d’Europe centrale, avaient fui les pogroms et l’arbitraire pour se réfugier à New York, dans la ville-monde et ses promesses de liberté, furent victimes du piétinement de la démocratie et de la justice orchestré par le sénateur Joseph McCarthy et ses acolytes du FBI comme un certain Edgar Hoover, qui s’illustrera un peu plus tard contre les militants noirs des droits civiques.

Une accusation à court d’éléments

Soixante-dix ans après, la mémoire des Rosenberg demeure un énorme enjeu. Ethel et Julius ont plaidé leur innocence jusqu’au bout. Mais une chronique s’invite régulièrement dans les médias pour tenter de faire la démonstration de leur « culpabilité » ou de relativiser au moins la terreur d’État pratiquée par Washington. Elle s’appuie sur des témoignages dévoilant le militantisme du couple contre la bombe ou (et) le rôle de quelques-uns de ses proches. Comme le frère d’Ethel, David Greenglass, qui fut, durant le procès, un témoin à charge. Il avait affirmé avoir vu sa sœur taper à la machine des documents issus de la base atomique de Los Alamos. Des assertions lourdes puisque Greenglass, qui y avait lui-même travaillé, avait reconnu avoir appartenu à un réseau d’espionnage au service de l’URSS.

Aveux fabriqués et dictés par une accusation à court d’éléments réellement confondants, ou expression d’une terrible haine intrafamiliale ? Cinquante ans plus tard, Greenglass avouera publiquement avoir menti, tout en précisant curieusement « ne rien regretter ». La figure des Rosenberg comme maîtres espions nucléaires vacillait. Elle n’avait, il est vrai, jamais été vraiment prise au sérieux par nombre d’observateurs. Le physicien britannique d’origine allemande Klaus Fuchs ne fut-il pas reconnu, entre-temps, comme l’indiscutable « orchestrateur » des « fuites » atomiques vers l’Union soviétique ?

« Nous serons réhabilités par l’histoire »

Qu’à cela ne tienne, l’ingénieur électricien Julius Rosenberg n’avait-il pas succombé à la cause de l’ennemi communiste ? Ne fut-il pas membre de la Fédération des architectes, ingénieurs, chimistes et techniciens (FAECT) des États-Unis, qui ne cachait pas ses sympathies pour l’URSS durant les années 1930 et 1940 ? Nombre de commentaires s’acharnent jusqu’à aujourd’hui si ce n’est à justifier les bourreaux, au moins à blanchir partiellement le chef de file du « monde libre » de son bien encombrant crime d’État ?

Les Rosenberg ont d’évidence partagé avec les communistes états-uniens la nécessité d’organiser, durant cette période, le soutien à l’URSS menacée. Cet engagement au service de la paix était incompatible avec une géopolitique de la guerre froide, redevenue malheureusement si actuelle. Ethel Rosenberg a écrit juste avant de s’asseoir sur la chaise électrique : « J’envoie tout mon cœur à tous ceux qui m’aiment. Je ne suis pas seule et je meurs avec honneur et dignité, en sachant que mon mari et moi nous serons réhabilités par l’histoire. » Ce combat-là se poursuit, soixante-dix après leur monstrueux assassinat d’État. Il est, chère Ethel, plus crucial que jamais de l’emporter.

La terrible « tache » du maccarthysme

Entre 1950 et 1956, le maccarthysme émerge aux États-Unis en même temps que la guerre froide. Son maître d’œuvre, le sénateur républicain Joseph McCarthy, va s’employer à légitimer la chasse aux communistes et à tous ceux dont la pensée critique est suspectée de leur rendre service. En 1952, il prend la direction d’un sous-comité sénatorial d’enquête permanent qui érige la délation en instrument de gouvernance. Il pourra entretenir un délire de persécution paranoïaque collectif afin de bannir ou d’exclure des centaines de milliers de citoyens mal-pensants.

Le 19 juin 1953, le gouvernement américain faisait exécuter Julius et Ethel Rosenberg en pleine répression anti-communiste malgré un raz de marée de protestations dans le monde

Message de Robert Meeropol, fils cadet d'Ethel et Julius Rosenberg, en soutien au journal l’Humanité

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 17:02
Le Pif nouveau, n°2, est arrivé ! 5,90€ chez vos marchands de journaux
Le Pif nouveau, n°2, est arrivé ! 5,90€ chez vos marchands de journaux
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Le Pif nouveau est arrivé, déjà le numéro 2 après le très grand succès du numéro 1. Un atout pour notre presse, le groupe l'Humanité, et la jeunesse. 5,90 euros chez tous les marchands de journaux.

Jean-Luc Le Calvez

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 06:16

 

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 06:14

 

À l’automne 2018, le président Macron lançait le plan pauvreté, présenté comme la jambe sociale du quinquennat. Le dernier apport du comité d’évaluation, rendu public le 2 avril, dresse un bilan mitigé.

La Stratégie pauvreté, lancée en 2018 par le président Macron pour incarner « la jambe gauche » de sa politique, ne semble pas avoir produit les effets annoncés. En rendant le 2 avril 2021 son rapport d’étape, le Comité d’évaluation dirigé par Louis Schweitzer note que « l’absence d’un tableau de bord national et régional et le manque de données et d’informations détaillées interdisent d’avoir une vue d’ensemble sur la mise en œuvre de la Stratégie ».

Malgré ces difficultés d’évaluation, le comité constate que, sur les 35 mesures d’un plan qui tenait un peu de l’inventaire à la Prévert, seulement quatre ont été mises en place. Parmi elles, la revalorisation de la prime d’activité et l’octroie systématique d’une complémentaire santé pour les bénéficiaires du RSA. Deux autres ont été abandonnées et 28 ont connu un début d’application mais très inégale, en partie en raison de la crise du Covid.

Des progrès « sur certains points qui touchent à l’enfance »

Ainsi, la mise en place de tarifs sociaux dans les cantines n’a touché que 25 700 enfants, un tiers de l’objectif fixé. Aucun des 60 centre de santé dans les quartiers prioritaires de la ville promit n’a été créé. En ce qui concerne le volet insertion, un pan important de la stratégie d’un point de vue budgétaire, « les résultats sont en revanche très médiocres », note le rapport.

Un premier bon point concerne les petits-déjeuners gratuits dans les écoles, mesure mise en avant dans la communication gouvernementale, qui avait atteint, début 2020, 76,5 % de l’objectif fixé, mais qui a été arrêté en raison de la crise sanitaire. L’autre concerne la petite enfance. Il y a eu un accroissement du nombre d’enfants de familles pauvres accueillis en crèche, grâce à la mise en place d’un système de bonus alloués par l’État. « La stratégie a permis de progresser sur certains points qui touchent à l’enfance », observe de son côté, Florent Gueguen, directeur général de la Fédération des associations de solidarité (FAS).

Rien n’a été fait pour les tranches les plus pauvres de la population

Mais le comité a voulu aller au-delà d’une simple évaluation de chaque mesure. « Il a aussi considéré qu’il était de son devoir d’avoir une vision globale de la pertinence de la stratégie, notamment au regard de l’engagement pris par la France devant l’ONU qu’en 2030 il n’y ait plus de personnes en situation de grande pauvreté en France », a indiqué Louis Schweitzer en le présentant.

Sur ce point, la première inquiétude concerne la définition et l’évaluation de situations différentes. Avec 14,5 %, soit 9,1 millions personnes vivant sous le seuil de pauvreté, la France se situe, grâce à son système de redistribution sociale, notamment ses retraites, parmi les pays les moins mal noté.

Mais la situation de la part la plus mal lotie de cette catégorie, soit 5 millions de personnes, inquiète. Il s’agit de ceux qui sont « tellement absorbés par le fait d’assurer leur survie qu’ils n’ont pas la capacité de s’engager dans un processus de sortie » et sont piégés par un « effet trappe », souligne le président du comité d’évaluation. Or, qu’il s’agisse de la prime d’activité, destinée à ceux qui touchent plus de 50 % du SMIC, ou des mesures d’accompagnement de la crise comme le chômage partiel, rien n’a été fait pour cette catégorie.

« C’est sur la question de la ressource des plus pauvres que la stratégie est la plus limitée, avec un angle mort sur la question de la grande exclusion », juge aussi Florent Gueguen. Pour remédier à cette situation, le comité invite à se doter d’indicateurs qui ne soient pas uniquement monétaires pour mieux connaître cette population et mieux cibler les aides.

Demande d’aides supplémentaires pour les jeunes

La question du non-recours, c’est-à-dire des 30 % des personnes pouvant prétendre aux minima sociaux qui renoncent à le faire, n’a pas non plus été traitée. Les discussions autour de la mise en place d’un Revenu universel d’activité (RUA), censé à l’origine répondre à ce problème, ont été interrompues sine die au printemps 2020. Le comité préconise une reprise des négociations et que des aides soient allouées aux départements, « qui ont moins de ressources mais plus de gens au RSA ».

La crise actuelle, qui a vu le nombre d’allocataire grimpé de 8 % en 2020, rend cette intervention encore plus nécessaire. D’autant que, pris financièrement par le coût croissant du versement de l’allocation, les départements se désengagent du volet insertion. À cet égard, l’expérimentation d’un territoire « zéro non-recours » menée à Paris, est jugée prometteuse et pourrait servir d’exemple dans d’autres départements.

Autre point aveugle, les jeunes, qui ont été les plus touchés par les conséquences économiques de la crise sanitaires. « Leur exclusion du RSA et de tout système d’aide est unique en Europe et fait que cette classe d’âge est plus pauvre en France qu’ailleurs » rappelle Louis Schweitzer. Pour tenter de sortir du bras de fer autour du RSA jeune, demandé par les associations mais refusé par le gouvernement, le Comité, « recommande d’expérimenter sans délai la mise en place d’une prestation monétaire pour les jeunes en étude, en emploi peu rémunéré, ou en recherche d’emploi de 18 à 24 ans les plus démunis ». Il souhaite qu’il soit doublé d’un accompagnement.

Reste la question de la prise en compte des conséquences de la crise sanitaire. S’il est trop tôt pour les évaluer avec précision, « on sait qu’elle aura un impact majeur, rappelle le président du Comité. D’une part elle empêche de sortir de la pauvreté, et de l’autre elle y fait plonger ». La stratégie pauvreté a été élaborée avant le Covid. Elle était déjà jugée insuffisamment ambitieuse à son lancement par les associations. La vague de pauvreté qui s’annonce devrait, en principe, pousser le gouvernement à revoir sa copie.

Camille Bauer

 

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3 avril 2021 6 03 /04 /avril /2021 06:11

 

Si la vie de milliers de nos compatriotes ne tenait pas aujourd’hui à un fil, si la vie sociale et économique du pays n’était pas bouleversée, le débat auquel vous nous convoquez aujourd’hui s’apparenterait à une mauvaise blague.

Une nouvelle fois, le Président de la République a présenté, seul, hier, des mesures pour lutter contre la pandémie, décidé seul, accompagné par le seul Conseil de défense.

Le Parlement est donc définitivement perçu comme une chambre d’enregistrement, écarté progressivement depuis le début de la crise et aujourd’hui définitivement mis sur la touche.

Nous sommes convoqués aujourd’hui pour vous écouter nous expliquer les décisions présidentielles, au cas où nous n’aurions pas bien compris et, de surcroît, vous nous demandez de voter sur des propositions qui, d’une part, n’ont absolument pas été débattues préalablement et, d’autre part, dont nous ignorons les motivations.

En clair, nous ne savons pas pourquoi E. Macron a décidé certaines mesures qu’il rejetait quelques jours plus tôt et pourquoi il en a écarté d’autres.

Dès le début de la crise, ici même le 19 mars 2020, nous avons alerté sur les risques de dérives autoritaires que comportait l’état d’urgence sanitaire. Depuis des mois, nous demandons de renoncer à cet état d’exception qui met le couvercle sur la démocratie.

Rappelez-vous, chers collègues, de la dernière prorogation. Nous avons rappelé que l’état d’urgence n’était plus une justification, mais que la gravité exigeait de rendre au Parlement sa capacité permanente de décision.

La représentation nationale c’est la représentation du peuple, M. le Premier Ministre. Le Parlement, c’est cela et non un aéropage de gens inutiles comme au temps de la Chambre des Pairs ou du Conseil des Cinq Cents.

M. Macron et vous-même renvoyez à l’opinion publique cette conception qui serait la vôtre du Parlement.

Le mépris du Parlement est patent et nous tenons à exprimer solennellement notre désaccord profond avec cette pratique institutionnelle. C’est même de la colère, car nous constatons la mise en pratique de la volonté jupitérienne d’écarter le Parlement de sa route, alors que la révision constitutionnelle préparée par le Chef de l’Etat n’a pu être imposée ici, ni au pays.

Cette dérive autocratique que beaucoup ont soulignée, dénoncée, dès les premières heures du quinquennat, prend une dimension inquiétante aujourd’hui, le Président de la République écartant tout de son chemin : Parlement, Conseil des Ministres, puisque le Conseil de défense, détourné de son objet initial fixé par l’article 15 de la Constitution relatif au rôle de Chef des armées du Président le supplée, et même le Conseil scientifique, puisque E. Macron, si l’on en croit les éloges de M. Blanquer, détient la connaissance, voire la science infuse, en matière épidémiologique.

L’exercice solitaire du pouvoir n’est jamais une bonne chose pour la démocratie et en temps de crise, cela peut générer des drames. La reprise en main par le Parlement, par le Collectif, par la Démocratie, devient une nécessité absolue.

M. Macron nous a donc présenté hier ses choix. Nouveaux changements de pied avec la fermeture brève pour l’instant, des établissements scolaires, et abandon de la stratégie territoriale.

On aura d’ailleurs noté cette étonnante initiative au nom de la « respiration », d’autoriser la circulation dans tout le pays jusqu’au 5 avril, pour permettre aux propriétaires de résidences secondaires en particulier, de passer trois semaines ou le mois à venir au vert.

Ces évolutions, manifestes pour l’école où, dans les jours qui précédaient, les Ministres O. Véran et J-M. Blanquer expliquaient que la situation y était maîtrisée, a eu lieu au nom de la « nouvelle donne », du variant anglais.

M. le Premier Ministre, nous savions, vous saviez, le 29 janvier lorsqu’a été prise la décision de ne pas reconfiner et de préférer des mesures de freinage qui ont échoué, vous saviez que le variant anglais pouvait avoir des effets dévastateurs dans notre pays.


Le 19 janvier, l’INSERM a mis en ligne une modélisation estimant que le variant anglais « deviendrait dominant entre fin février et mi-mars ».

L’INSERM avait également annoncé le niveau d’hospitalisation qui va intervenir dans les jours à venir.

Nous avons noté le scepticisme au sein même du gouvernement concernant les annonces de Boris Johnson le 22 janvier sur un variant « potentiellement plus mortel ». Le 10 mars une étude, incontestée, affirmait « que ce variant anglais était 64% plus mortel ».

M. Macron savait, vous saviez. Et pourtant, vous avez attendu d’être dos au mur, celui de la saturation des services de réanimation, pour agir et l’avenir nous dira si ces décisions sont suffisantes.

Nous ne détenons pas la vérité, pas plus que vous, M. le Premier Ministre, sur cette épidémie. Les rebondissements dramatiques invitent à l’humilité.

Mais il y a une vérité que M. Macron a dissimulé hier, en demandant même plus d’efforts aux soignants, c’est cette saturation et les tris déjà engagés puisque, ne jouons pas sur les mots, déprogrammer des opérations, c’est bien trier des malades, les mettre en danger. Et vous savez très bien qu’aujourd’hui, la question va se poser très vite du tri des malades Covid.

M. Macron a annoncé, par un retour de la pensée magique, que 10 000 lits de réanimation allaient être ouverts rapidement, sans plus de précision de délais, toutefois.

M. le Premier Ministre, je vous ai interrogé ici même il y a 15 jours, sur la promesse non tenue depuis un an d’ouverture de ces lits de réanimation. Pour vous, les lits ne peuvent se commander chez Ikéa ou être créés sur un claquement de doigt. Vous ne pouviez pas, M. Macron l’a fait ! Qu’en pensez-vous ? Le Président cherche-t-il à faire oublier qu’avec vous, il poursuit, contrairement à ses dire, depuis un an, la fermeture des lits ?

Ce qui a été annoncé hier, c’est l’absence totale d’anticipation, comme l’a noté la Cour des Comptes, en matière de réanimation. Excusez-moi, M. le Premier Ministre, mais votre gouvernement est resté les deux pieds dans le même sabot en la matière, engoncé dans le dogme libéral d’économie de la dépense publique et les conséquences sont aujourd’hui dramatiques.
Le « quoi qu’il en coûte » n’a pas été appliqué pour l’hôpital.

M. le Premier Ministre, l’espoir c’est le vaccin. Mais là aussi, vous avez failli, mais pas seulement vous, le système tout entier, cette fameuse loi du marché que dénonçait E. Macron dans son discours du 12 mars 2020.

Le retard mortifère pris en matière de vaccination puise son origine dans le fléau de la concurrence, du profit, des gains sur la maladie.

Les petits mensonges, travestissements de la vérité, les vaccinodromes que l’on moque puisque l’on convoque en urgence, les élus municipaux que l’on critique, que l’on bride, mais qui sauvent la situation, tout cela n’aurait pas eu lieu si le vaccin avait été promu comme un bien commun, sorti des logiques capitalistes pour servir l’intérêt général sans autre profit que la protection de l’humanité. Pourquoi la France n’agit-elle pas pour la levée des brevets ? Pouvez-vous répondre ?

Quelle est la boussole du Président ? La santé de nos compatriotes ou le sauvetage d’une économie mondialisée en crise profonde ? La question mérite d’être posée.

L’école enfin. Oui, maintenir les écoles ouvertes est un souhait largement partagé. Mais à quel prix ?

Donnez-nous les éléments pour savoir combien de vies ont été perdues - et chacun ici a eu un proche, un ami, malade ou décédé, du fait du retard prit pour limiter l’expansion du variant anglais ?

Les jours, les semaines à venir apporteront cette réponse.

M. le Premier Ministre, ce débat, je l’ai dit d’entrée, ne respecte pas le Parlement. Nous devrions débattre des mesures à prendre, elles sont déjà prises.

C’est la confiance que vous devriez aujourd’hui demander au Parlement et croyez-moi, nous ne vous l’aurions pas accordée tant la gestion de cette épidémie est contraire aux intérêts de notre pays et de notre peuple.

Mais aujourd’hui, avec la quasi-totalité des groupes politiques du Parlement, nous avons décidé de ne pas participer au vote sur votre déclaration, car cette consultation n’est pas respectueuse de la Constitution et relève de la mascarade.

 

 

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