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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 08:05
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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 07:48

Voici un texte d’une universitaire de Glasgow qui dit quelques vérités que l’on trouve rarement dans la presse occidentale. Elle décrit avec simplicité tout ce que les Etats-Unis ont inventé pour asphyxier Cuba.

Se trouvant dans l’île le 11 juillet elle tente de rétablir les faits, rien que les faits. Bien sûr j’aimerais dire ce que vient de me raconter Wilma qui revient de Cuba. L’extraordinaire solidarité, rien ne doit manquer aux vieillards, aux enfants et chacun met tout en œuvre pour le partage. Le moins que nous puissions faire c’est de les aider dans ce partage. A Marseille, nous continuons … (note et traduction de Danielle Bleitrach pour histoire et societe)

Hélène Yaffe

Les critiques rejettent Cuba comme un État en déliquescence, mais n’acceptent pas à quel point il est paralysé par le blocus américain

4 août 2021

Les violentes manifestations qui ont éclaté à Cuba début juillet ont été les premiers troubles sociaux graves depuis le « Maleconazo » de 1994, il y a 27 ans. Ces deux périodes ont été caractérisées par de profondes crises économiques. Je vivais à La Havane au milieu des années 90 et j’ai été témoin des conditions qui ont déclenché le soulèvement : marchés alimentaires vides, magasins et rayons de pharmacie, coupures régulières d’électricité, production et transport au sol à l’arrêt. Telles sont les conséquences de l’effondrement du bloc socialiste, qui représente environ 90 % du commerce de l’île.

Pariant sur l’effondrement du socialisme cubain, les États-Unis ont approuvé la loi Torricelli de 1992 et la loi Helms-Burton de 1996 pour entraver les relations commerciales et financières de l’île avec le reste du monde.

Pendant ce temps, des programmes plus sophistiqués et multiformes de « changement de régime » ont été développés, des programmes interpersonnels de Clinton à la Commission de Bush pour un Cuba libre. Du milieu des années 1990 à 2015, le Congrès américain a investi quelques 284 millions de dollars pour promouvoir la démocratie (capitaliste).

L’histoire de la façon dont, contre toute attente, la révolution cubaine a survécu au cours des trois dernières décennies est au centre de mon livre. Dans certains domaines, comme la biotechnologie et l’internationalisme médical, elle a prospéré.

Depuis 2019, cependant, des conditions rappelant la « période spéciale » sont de retour à Cuba, conséquence directe des sanctions américaines. L’administration Trump a mis en œuvre 243 nouvelles mesures coercitives contre Cuba, bloquant son accès au commerce international, au financement et aux investissements à un moment où les capitaux étrangers s’étaient vu attribuer un rôle central dans la stratégie de développement de l’île.

Le résultat inévitable et escompté a été des pénuries de nourriture, de carburant, de produits de base et de fournitures médicales. Ainsi, bien que Cuba dispose de vaccins contre le Covid-19, elle ne peut pas acheter suffisamment de seringues pour les administrer, ni de ventilateurs médicaux pour ses unités de soins intensifs.

Des restrictions sanitaires strictes, imposées par les autorités cubaines en réponse à la pandémie, ont entravé la capacité des Cubains à «résoudre» (résoudre les problèmes par d’autres canaux) et à socialiser. Les cas de Covid continuent d’augmenter, générant de l’anxiété chez les Cubains, même si les taux d’infection et de mortalité restent faibles par rapport à la région. Dans chaque foyer cubain, les gens se relaient pour se lever à l’aube afin de rejoindre les files d’attente en quête de produits de base. Personne ne devrait s’étonner qu’il y ait de la frustration et du mécontentement.

Les détracteurs de Cuba blâment le gouvernement pour les difficultés quotidiennes auxquelles les Cubains sont confrontés, rejetant les sanctions américaines comme excuse. C’est comme blâmer une personne de ne pas bien nager quand ils sont enchaînés au sol. Le blocus américain de Cuba est réel. Il s’agit du système le plus long et le plus étendu de sanctions unilatérales appliquées contre un pays de l’histoire moderne. Cela touche tous les aspects de la vie cubaine.

Lors de l’assemblée générale de l’ONU le 23 juin, un total de 184 pays ont soutenu la motion de Cuba pour la fin du blocus américain.

C’était la 29e année que le vote de Cuba l’avait emporté. Le représentant américain, Rodney Hunter, a affirmé que les sanctions étaient « un moyen légitime de réaliser la politique étrangère, la sécurité nationale et d’autres objectifs nationaux et internationaux ». Il les a également décrits comme « un ensemble d’outils dans notre effort plus large à l’égard de Cuba ».

Un autre outil clé de ces dernières années a été les médias sociaux. En 2018, Trump a mis en place un groupe de travail sur Internet pour promouvoir « la circulation libre et non réglementée de l’information » vers Cuba, tout comme le pays a élargi les installations permettant aux Cubains d’accéder à Internet via leurs téléphones. Au cours de cet été, la campagne sur les réseaux sociaux, qui voit des influenceurs et des YouTubers basés à Miami encourager les Cubains de l’île à descendre dans la rue, a été intensifiée. Aussi spontané et authentique que cela puisse paraître, derrière cela se cachent le financement et la coordination américains.

Le 11 juillet, j’étais à La Havane pour regarder la finale de l’Euro dans une maison cubaine lorsque l’émission a été interrompue par une annonce du président, Miguel Díaz-Canel. Il s’était rendu à San Antonio de los Banos, dans la banlieue de la capitale, où une manifestation s’était transformée en émeute, avec des magasins pillés, des voitures de police renversées et des pierres jetées. Des manifestations simultanées avaient eu lieu dans des dizaines d’endroits autour de l’île. À Matanzas, où les cas de Covid-19 ont grimpé en flèche, il y a eu d’importantes destructions. Díaz-Canel a terminé l’émission en appelant les révolutionnaires à aller dans la rue. Des milliers de Cubains ont répondu à son appel.

Pendant ce temps, le maire de Miami a demandé à Biden d’envisager des frappes aériennes sur Cuba, alors qu’il y avait des plans en demi-teinte pour une flottille navale de Floride.

Les médias internationaux ont dépeint l’opposition de masse à un gouvernement incompétent, les manifestations pacifiques violemment réprimées et un régime en crise. Ce récit a compté sur des exagérations et des manipulations. Des images ont été partagées dans la presse et les médias sociaux prétendant montrer des manifestations anti-gouvernementales qui ont, en fait, été le contraireDes photos de manifestations en Égypte et de célébrations sportives en Argentine ont été attribuées aux manifestations cubaines du 11 juillet.

Depuis les États-Unis, où de violentes manifestations et des meurtres policiers se produisent avec une régularité tragique, et où une insurrection de droite a tenté de renverser le résultat des élections de 2020, le nouveau président Joe Biden a décrit Cuba comme un « État en déliquescence ». Le 30 juillet, il avait déjà imposé de nouvelles sanctions, malgré les promesses de campagne de les annuler.

Depuis les manifestations du 11 juillet, j’ai parcouru La Havane pour mon travail. Les seules manifestations importantes que j’ai vues dans la capitale ont été celles de soutien au gouvernement, y compris un rassemblement de 200 000 personnes à La Havane le 17 juillet.

Les Cubains à qui je parle rejettent la violence et l’ingérence américaine. Ils sont convaincus que les Cubains savent nager, mais ils ont besoin que les chaînes du blocus américain soient coupées.

Helen Yaffe

Maître de conférences en histoire économique et sociale à l’Université de Glasgow

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:43
Fatoumata Diawara, la diva griot-pop présente à la fête de l'Huma donne le la - L'Humanité, 21 août 2021
Fatoumata Diawara, la diva griot-pop donne le la
Samedi 21 Août 2021 - L'Humanité

Chanteuse, comédienne, auteure-compositeure, la Malienne enchaîne les succès, solos ou collectifs, depuis dix ans. De sa voix grandiose, elle illuminera la grande scène de la fête de l'Humanité, le vendredi 10 septembre. Portrait.

Damon Albarn, Herbie Hancock ou M n’y ont pas résisté. En 2011, quand « Fatou » publie son premier album, l’artiste n’est pas une inconnue. Depuis une quinzaine d’années, elle est devenue un visage familier des cinéphiles. Ses rôles dans « la Genèse » (1999), de Cheick Oumar Sissoko, puis dans « Sia » (2002), de Dani Kouyaté, font de Fatoumata Diawara une actrice de premier plan sur le continent africain. Une carrière démarrée, plus jeune encore, dès 14 ans, y compris sur les planches au Mali.

C’est d’ailleurs l’art dramatique qui, quelques années plus tard, l’emmènera pour la première fois en France, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris, dans une adaptation d’« Antigone » de Jean-Louis Sagot-Duvauroux, mis en scène par Sotigui Kouyaté.

Après sa participation à « Lamomali », de M, auréolé d’une victoire de la musique, elle sort son 2e album, « Fenfo »,pour lequel elle est nommée aux Grammy Awards.

Bien après l’héroïne de Sophocle, elle incarnera la sorcière Karaba dans la comédie musicale tirée du film d’animation « Kirikou et la Sorcière ». Le spectacle vivant lui permet de donner libre cours à son charisme et à son esprit indépendant. En dépit de nombreuses sollicitations et d’un succès grandissant, la carrière de Fatoumata faillit s’arrêter sous la pression familiale lui enjoignant de se marier. Une proposition de Royal de luxe lui sauvera la mise. Repérée par le directeur de la célèbre compagnie française de théâtre de rue qui la souhaite dans son nouveau spectacle, elle décide d’embarquer dans un avion, échappant à la police lancée à ses trousses par sa famille. L’aventure durera six années pendant lesquelles la jeune artiste parcourt le monde tout en approfondissant une pratique pluridisciplinaire de l’art.

« Transmuter la douleur en espoir »

Le monde du spectacle a toujours été présent dans l’intimité de Fatoumata Diawara, entre la troupe de danse de son père, où elle fait ses premiers pas, et une tante, célèbre actrice de cinéma, chez laquelle elle va vivre son adolescence. La musique ne tardera pas à l’accaparer. Une de ses premières émotions est d’ailleurs musicale. Quand elle entend « Dobe Mangan », un morceau d’Amadou et Mariam, Fatoumata a moins de 10 ans. Le chant en bambara du couple malien aveugle, emblématique de la sono mondiale, touche particulièrement la jeune fille, inconsolable depuis le décès brutal d’une sœur aînée. Puis Salif Keita, Ali Farka Touré, Francis Cabrel, Jimmy Hendrix ou The Beatles affineront sa culture musicale.

L’actrice musicienne semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Des vies entrelacées qui ont forgé sa vision du monde.

« La musique n’est pas faite pour se plaindre, elle est faite pour chanter ses pleurs, pour transmuter la douleur en espoir. J’aime quand on se bat et qu’on se dit qu’on va s’en sortir en musique », confiait-elle à une radio publique. Remarquée par son compatriote, producteur et musicien émérite Cheick Tidiane Seck après son interprétation dans « Bintou Wéré, l’Opéra du Sahel », elle enchaîne les collaborations prestigieuses. Dee Dee Bridgewater, Oumou Sangaré, Hank Jones, Cheikh Lô, Bobby Womack, Mulatu Astatke, Roberto Fonseca, les projets collectifs AfroCubism, Africa Express, Mali Blues, Olympic Café Tour (avec la chanteuse marocaine Hindi Zahra)… Fatoumata Diawara s’impose comme la voix incontournable de l’Afrique actuelle.

Le grand public français la découvre véritablement à travers deux contributions : son interprétation, en 2014, dans « Timbuktu », le film multicésarisé d’Abderrahmane Sissako – présent également aux oscars et à Cannes –, et trois ans plus tard « Lamomali », album et spectacle de Matthieu Chedid, récompensé d’une victoire de la musique. La voici prête à s’affirmer en solo avec un deuxième album, « Fenfo » (quelque chose à dire, en bambara), pour lequel elle est nommée aux Grammy Awards. Un disque résolument moderne, à l’esthétique élargie.

Une femme de combat et d’idéaux

Femme aux exigences de son temps, Fatoumata Diawara conçoit la musique comme une partition de sa propre trajectoire. Les mélodies ancestrales wassoulou y rencontrent les courants qui ont façonné l’histoire récente de la musique. Les instruments traditionnels (kora, kamalé, n’goni) y côtoient les sonorités pop, jazz, folk, blues, reggae, funk. Et les textes de convoquer aussi bien l’amour, la famille, l’espoir que le respect des valeurs qui sont chères à leur autrice. Diawara évoque ainsi la cause des migrants, s’adresse à la jeunesse, défend la diversité. Car « Fatou » est une femme de combat et d’idéaux.

Artiste féministe mobilisée notamment contre l’excision, le mariage forcé ou l’intégrisme, elle s’élève contre tous comportements et pensées qui entravent les libertés. En réponse à la situation politique dans son pays d’origine, la musicienne rassemble, en 2012, une quarantaine de compatriotes pour enregistrer le morceau « Mali Ko ». Également compositrice de ses morceaux, Fatoumata Diawara se révèle aussi en bête de scène, rayonnante et irradiante, la guitare électrique en bandoulière et l’énergie communicative.

À bientôt 40 ans, l’actrice musicienne semble avoir déjà vécu plusieurs vies. Des vies entrelacées qui ont forgé sa vision d’artiste qui pense le monde comme une maison bâtie sur deux piliers : la solidarité et l’égalité. Des fondations communes à la Fête de l’Humanité.

Ludovic Thomas

Fatoumata Diawara, la diva griot-pop présente à la fête de l'Huma donne le la - L'Humanité, 21 août 2021
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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:20
Présidentielle. Avec Ma France, Fabien Roussel révèle sa vision du pays- L'Humanité, 25 août 2021
Présidentielle. Avec Ma France, Fabien Roussel révèle sa vision du pays
Mercredi 25 Août 2021

Le candidat du PCF à l’élection présidentielle signe sa rentrée politique avec un livre à paraître le 2 septembre. L’occasion pour le député du Nord de se dévoiler à huit mois du scrutin, tout en donnant un coup d’accélérateur à sa campagne.

 

«Enfin, il est sorti… » C’est avec un certain soulagement que Fabien Roussel a présenté à la presse, mardi 24 août, son premier ouvrage Ma France, heureuse, solidaire et digne  (Le Cherche midi, 16,50 euros). Le candidat du PCF à l’Élysée a voulu, à travers ce livre qui paraîtra le 2 septembre, se présenter un peu plus afin de combler son déficit de notoriété aux yeux du grand public. Passé les souvenirs de son enfance au Vietnam et de son adhésion aux Jeunesses communistes, à l’occasion d’un tract contre l’Apartheid reçu à l’entrée de son lycée, Fabien Roussel présente ses modèles politiques, parmi lesquels figurent Jean Jaurès, Georges Marchais, Michelle Demessine ou encore Alain Bocquet, à qui il a succédé à l’Assemblée nationale. Un exercice somme toute classique pour qui veut se présenter à l’élection reine de la vie politique. Mais l’originalité de cet ouvrage vient, sans doute, des révélations sur les coulisses du congrès de 2018 où le député du Nord a pris la tête du PCF. «  J’ai eu peur que le parti n’implose, et je souhaitais raconter comment nous avons œuvré à notre unité », explique-t-il.

« Un revenu étudiant de 850 euros »

Les présentations faites, Fabien Roussel entre dans le dur du sujet : sa vision pour la France. S’il précise que « ce livre ne constitue pas pour autant (s)on programme », le candidat communiste souhaite néanmoins « partager (s)a passion pour la justice, l’égalité et (s)es combats ». Et c’est à un monde du travail « en première ligne durant la crise sanitaire, mais toujours pas respecté » que le communiste ambitionne d’abord de s’adresser. Dans son livre, le secrétaire national du PCF plaide pour que de « nouveaux droits soient accordés aux salariés et aux travailleurs pour peser sur les décisions de leurs entreprises ». Le député du Nord n’hésite pas à parler d’une « cogestion démocratique ». Sur la jeunesse, avec laquelle Fabien Roussel souhaite « passer un pacte », le communiste propose notamment « un revenu étudiant de 850 euros ». « Un tel dispositif coûterait entre 20 et 23 milliards d’euros par an » et serait « financé, pour partie, par les cotisations sociales des entreprises », précise-t-il.

Face au dérèglement climatique et après un été marqué par les catastrophes naturelles, le député du Nord plaide pour « un communisme durable ». Réfutant l’idée selon laquelle le PCF serait un parti productiviste, le candidat à l’Élysée entend développer une «  énergie décarbonée » afin d’atteindre une empreinte carbone nulle en 2050. Pour ce faire, outre la défense du mix énergétique, Fabien Roussel estime que « la France doit tenir compte de ce qu’elle importe », affirmant que « si nos émissions de gaz à effet de serre ont bien diminué de 25 % entre 1995 et 2019, les émissions issues de bien importés, elles, ont augmenté de 72 % ». Tirant les conclusions de ce constat, le communiste veut entreprendre une « réindustrialisation du pays ».

A la rencontre des salariés

Cet ouvrage est également l’occasion pour Fabien Roussel de livrer certains témoignages de son tour de France des entreprises. Commencé au lendemain des élections européennes de 2019, le secrétaire national du PCF est allé, en dépit du Covid, à la rencontre des salariés d’une centaine d’entreprises dans plus de quarante départements. Un moyen pour lui de « donner à voir le visage de la France que j’aime », mais qui ne se sent « pas représenté aujourd’hui ». Car, selon le candidat communiste, l’offre politique actuelle à gauche et ses « trahisons » expliquent en grande partie l’abandon de la gauche par les milieux populaires.

Avant l’été, Fabien Roussel était crédité autour de 3,5 % dans les sondages. Durant la période estivale, le communiste a occupé le champ médiatique avec sa « Caravane des jours heureux » et ses prises de position tranchées sur la vaccination obligatoire ou encore l’accueil des migrants afghans. Et sa campagne va connaître un coup d’accélérateur dans les semaines à venir. Outre son meeting à la Fête de l’Humanité, le samedi à 17 heures, les universités d’été du PCF, qui se tiendront ce week-end, affichent complet. De quoi susciter, du côté communiste, plus qu’une candidature de témoignage ? « Je n’ai pas une tête à témoigner », prévient Fabien Roussel.

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:13
Présidentielle. Dernière étape pour la Caravane des jours heureux - Naïm Sakhi, L'Humanité, jeudi 26 août 2021
La caravane des jours heureux à Morlaix le 13 août dernier avec ici Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste bretonne et finistérienne

La caravane des jours heureux à Morlaix le 13 août dernier avec ici Gladys Grelaud, conseillère régionale communiste bretonne et finistérienne

Présidentielle. Dernière étape pour la Caravane des jours heureux
Jeudi 26 Août 2021 - L'Humanité

Après avoir arpenté le littoral tout l’été, ce camion destiné à mieux faire connaître la candidature de Fabien Roussel termine son périple ce jeudi, à Malo-les-Bains.

Clap de fin. La Caravane des jours heureux, ce camion aux couleurs flashy et à l’effigie de Fabien Roussel, fait un dernier tour de piste, ce jeudi 26 août, à l’occasion d’une journée à la mer à Malo-les-Bains (Nord). La fin d’un périple de plus de 4 500 km, à la rencontre des Français. « C’est plus que le Tour de France », sourit Olivier Marchais. Celui qui coordonne cette tournée se félicite de son succès : « Avant la dernière étape, nous avons déjà touché plus de 5 300 personnes lors de 47 étapes dans 41 villes depuis son départ de Marseille, le 6 juillet. » L’occasion pour le PCF de mettre en ordre de bataille ses fédérations, à maintenant huit mois de l’élection présidentielle.

« Nous avons mob ilisé, de près ou de loin, plus de 1 200 adhérents, preuve de l’enracinement du PCF dans le pays », souligne Olivier Marchais. Une mobilisation qui donne droit, comme souvent, à des anecdotes militantes. C’est notamment le cas avec Joël. Enseignant à la retraite, ce militant communiste de longue date s’est porté volontaire, lors de l’étape d’Aix-en-Provence, pour suivre pendant quinze jours la Caravane, à ses frais. « J’ai tout de même convenu avec lui de prendre en charge l’essence », s’amuse Olivier Marchais. « Ce qui m’a décidé, c’est la clarté du discours que porte Fabien Roussel ainsi que la forme originale de cette Caravane qui rappelle les victoires de 1936 », précise Joël, avant d’expliquer qu’il voulait avant tout « aller à la rencontre des Français ».

Car cette Caravane des jours heureux avait un objectif central : faire connaître au plus grand nombre la candidature du secrétaire national du PCF. « Nous avons eu des articles quotidiennement dans la presse loc ale et les médias nationaux sont quasiment tous venus, note Olivier Marchais.

Les gens sont surpris, mais, malgré son déficit de notoriété, ses propositions ont trouvé un bon écho, même auprès des Français qui ne nous sont pas sensibles », souligne Joël.

« Nous voulions toucher les travailleurs et les saisonniers »

D’ailleurs, parmi les plus de 900 contacts réalisés lors des différentes étapes, près de 600 ont donné leur accord pour être recontactés afin de participer à la campagne. En outre, plus de 50 adhésions ont d’ores et déjà été réalisées, au PCF comme aux Jeunes communistes. « À Toulouse, deux jeunes sont venus en train depuis le Tarn, un diman che matin, pour adhérer au PCF. Ils ont été convaincus par Fabien Roussel qu’ils suivent sur les réseaux sociaux », se remémore Joël.

« Au-delà des vacanciers, nous voulions toucher les travailleurs et les saisonniers », ajoute Olivier Marchais. Pour ce faire, du matériel politique était présent sur la Caravane . Outre les traditionnels tracts, des cartes postales ont été mises à disposition afin d’écrire à Emmanuel Macron. « Elles ont toutes été prises, mais nous n’en avons récupéré que 400 », taquine Olivier Marchais, pour qui « les gens en ont données à leurs familles ou à leurs amis ». Un moyen original « pour que les Français expriment leurs colères contre un président de la République qui poursuit sa politique de précarisation de leurs vies », renchérit Fabien Roussel.

Les missives envoyées ne sont pas tendres. « Monsieur Macron, je me demande si vous pourriez passer vos vieux jours avec ma retraite de 920 euros par mois, on pourrait échanger avec la vôtre », peut-on lire. Ou encore : « Je suis très remonté contre vous et vos ministres aussi stupides que votre bac et Parcoursup. » De là à convaincre les auteurs du bien-fondé des propositions du candidat communiste ? « Celle du pacte avec la jeunesse a eu un fort écho, car elle mêle les questions de l’emploi des jeunes et de la retraite de leurs parents », note Joël, le militant PCF. Et c’est bien là le pari de Fabien Roussel : mobiliser de nouvelles voix pour augmenter le total de la gauche. «  Le problème d’une gauche à 20 % et cinq candidatures, ce sont les 20 %, pas les cinq candidatures », a plaidé le candidat communiste, en marge de la présentation à la presse de son livre Ma France, heureuse, solidaire et digne (Le Cherche midi) .

« L’équivalent d’un gros meeting régional traditionnel »

Ce jeudi, à Malo-les-Bains, Fabien Roussel clôt un été « sur les routes de France », mais aussi « en vacances dans un camping sous la toile, sans piscine ni restaurant ». Cette dernière étape sur les terres du député du Nord se veut comme une démonstration de force. Comme chaque année, les fédérations PCF des Hauts-de-France ont organisé une journée à la mer pour les familles privées de vacances. Le candidat communiste prendra la parole devant près de 2 500 personnes pour dénoncer la pauvreté, la précarité et les inégalités dans la société. Un acte de politisation qui n’est pas anodin en période de pandémie, durant laquelle, pendant longtemps, les rassemblements de masse ont été interdits. D’ailleurs, selon Olivier Marchais, « la Caravane des jours heureux, c’est l’équivalent d’un gros meeting régional traditionnel ».

À l’heure où EELV et le PS sont en plein débat quant à la désignation de leur candidat et que Jean-Luc Mélenchon compte sur les universités d’été de la France insoumise pour relancer sa campagne, les communistes ont occupé le terrain durant l’été. Ils espèrent poursuivre une dynamique militante, loin des plages cette fois-ci. La Caravane sera, quant à elle, présente à la Fête de l’Humanité. Et Olivier Marchais le promet : « Nous avons fait le plein de matériel militant et de goodies… » ​​​​​​​

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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:07
Afghanistan. Les talibans, nos meilleurs ennemis - Par Marc de Miramon, L'Humanité, 24 août 2021
Afghanistan. Les talibans, nos meilleurs ennemis
Mardi 24 Août 2021 - L'Humanité

La politique des États-Unis a favorisé l’émergence des fondamentalistes à Kaboul. Une implication qui a débuté en juillet 1979, six mois avant l’entrée des chars soviétiques.

 

Il aura fallu près de vingt ans pour que le secret de polichinelle soit officiellement éventé. Oui, les États-Unis ont bien commencé à aider militairement les moudjahidines afghans dès le début du mois de juillet 1979, soit près de six mois avant l’entrée des chars soviétiques à Kaboul. L’ancien directeur de la CIA (1990-1993) Robert Gates le reconnaîtra dans son premier livre paru en 1997, et Zbigniew Brzezinski, conseiller du président démocrate Jimmy Carter au moment de la crise afghane, le confirmera un an plus tard dans un entretien accordé au Nouvel Observateur : « C’est en effet le 3 juillet 1979 (que Carter) a signé la première directive sur l’assistance clandestine aux opposants du régime pro-soviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu’à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.»

« Attirer les Russes dans le piège afghan »

Zbigniew Brzezinski effectue alors une tournée promotionnelle de son maître ouvrage, le Grand échiquier, publié en France par ­Hachette, dans lequel il assume franchement le soutien américain aux fondamentalistes musulmans afghans, ancêtres du mouvement taliban. « Regretter quoi ? » répond-il au Nouvel Observateur : « Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l’éclatement de l’empire soviétique ». Puis il ajoute : « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ? »

Quelques mois plus tôt, le 27 septembre 1996, les talibans sont entrés victorieux dans Kaboul. Les moudjahidines soutenus jusqu’au retrait soviétique par la CIA sortent eux-mêmes d’une épouvantable guerre civile qui a détruit la capitale afghane. Les factions islamistes se sont déchirées entre les Tadjiks du commandant Massoud (Jamiat-e Islami), le chef de guerre Gulbuddin Hekmatyar, proche des Frères musulmans, et les talibans issus de l’ethnie pachtoune, qui sont toujours appuyés par l’ISI (Inter-Services Intelligence), les ­redoutables services secrets pakistanais. Mais depuis la dislocation de l’Union soviétique, l’Afghanistan n’intéresse plus guère ni la presse occidentale ni les intellectuels organiques de l’empire états-unien.

Une étrange amnésie

Quelques reportages glorifient certes la résistance d’Ahmed Chah Massoud dans sa vallée du Pandjchir, quand d’autres rapportent sporadiquement les « exploits » des nouveaux « mabouls de Kaboul » : interdiction des cerfs-volants, burqa obligatoire, lapidation des femmes adultères ou destruction des trois bouddhas géants de la vallée de Bâmiyân. Une étrange amnésie, tant l’islam fondamentaliste désormais au pouvoir en Afghanistan fut admiré, encouragé, et glorifié. « Le monde est fantastique. Leur âme se lit sur leur visage », se pâment les écrivains Pascal Bruckner et Guy Sorman ( le Figaro Magazine, 20 septembre 1986) à l’occasion d’un photoreportage sur les moudjahidines posant fièrement avec turbans noirs et kalachnikovs.

Cette année-là, sous l’œil bienveillant de la CIA – dont le chef, William Casey, anticommuniste forcené, a autorisé la livraison des fameux missiles Stinger qui vont abattre des dizaines d’hélicoptères soviétiques et provoquer un tournant dans la guerre –, les journalistes et autres philosophes engagés se pressent encore sur les sentiers de la guerre afghans, indifférents au sort des femmes, des progressistes, des athées, comme du jour d’après. Faisant fi de la logistique pakistanaise, des pétrodollars saoudiens comme de l’appui politique américain, les petits télégraphistes de Washington persistent à dépeindre des combattants en guenilles et vieilles pétoires, seuls face à l’armada russe. Et « le caractère islamique de cette résistance peut effrayer mais, à de rares exceptions près, on ne leur connaît pas de forme fanatique », résume le Figaro Magazine dans son édition du 5 décembre 1987 (1).

Quelques menus services

Cette cause si ardemment défendue des moudjahidines afghans n’aura pas pour seule conséquence tragique la prise de Kaboul en 1996 par les talibans. Les supplétifs étrangers du mouvement, persuadés par la presse occidentale et son parrain américain d’avoir à eux seuls gagné la guerre, vont bientôt rentrer l’exporter dans leur propre pays, en particulier en Algérie. D’autres vétérans du djihad, à l’instar du Saoudien d’origine yéménite Oussama Ben Laden, expulsé du Soudan, se réfugient à leur tour en Afghanistan. Les « quelques excités islamistes », pour reprendre la formule de Brzezinski, abandonnés par leurs sponsors à l’exception du Pakistan et de quelques franges de la famille royale saoudienne, ne vont pourtant pas tarder à se rappeler au bon souvenir de l’Oncle Sam, et même lui rendre involontairement quelques menus services.

Au moment des attentats du 11 septembre 2001, les néoconservateurs à la Maison-Blanche recherchent désespérément un prétexte pour opérer un redéploiement militaire et garantir la suprématie des États-Unis. Côté démocrate, Brzezinski, futur conseiller de Barack Obama, milite pour une politique agressive de son pays en Asie centrale, autour de la mer Caspienne, pour faire main basse sur les gigantesques réserves de gaz et de pétrole détectées dans les anciennes républiques soviétiques. Aux frontières de l’Afghanistan.

(1) Lire « Quand les djihadistes étaient nos amis », le Monde diplomatique, février 2016
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26 août 2021 4 26 /08 /août /2021 06:00
Programme de l'université d'été du PCF du 27 au 29 août 2021 à Aix-en-Provence

Analyses, propositions, projet, ateliers pratiques, découvertes, fraternité… Les ingrédients traditionnels du cocktail Université d’été seront réunis pour une édition 2021 qui sera cependant limitée en nombre de participants en raison de la situation sanitaire.

Aperçu partiel du programme

 

  • Allocution du secrétaire national du PCF samedi 28 août à 12h (elle sera retransmise en direct sur Internet)
  • Faire reculer l’extrême droite (Laurence Louchaert et Vincent Bouget, conseillers départementaux et responsables PCF du Pas-de-Calais et du Gard)
  • À l’aube de la sixième extinction ? (Bruno David, président du Museum national d’histoire naturelle)
  • Femmes au cœur de la Commune de Paris (Sylvie Braibant, autrice)
  • Peut-on échapper à l’austérité après le « quoi qu’il en coûte ? » (Benoît Teste, secrétaire général FSU & Evelyne Ternant, CEN)
  • Des leviers pour changer : les députés communistes (Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis et Pierre Lacaze, CEN)
  • Racisme : état des lieux et contre-offensive (Dominique Noguères, Ligue des droits de l’homme)
  • Pour un vaccin, bien commun de l’humanité (Marc Botenga, député européen PTB et Maurice Cassier, sociologue, CNRS)
  • Raison : un nouveau combat à mener ? (Stéphanie Roza, philosophe, CNRS)
  • L'enjeu européen dans les échéances de 2022 (Pierre Laurent, CEN, vice-président PGE)
  • Abolir la prostitution (Saliha Boussedra, philosophe et Lorraine Questiaux, avocate)
  • Invitation à la lecture (Erik Orsenna, écrivain, membre de l’Académie française)
  • Bac : un diplôme à sauver ? (Elsa Faucillon, députée des Hauts-de-Seine et Léo Garcia, MJCF)
  • Quel enseignement supérieur pour la France ? (Marine Roussillon, CEN)
  • Penser et combattre l'aliénation : l'apport de Marx (Jean Quétier, philosophe)
  • Les résidents étrangers doivent voter (Sarah Misslin, CEN)
  • De quel travail le télétravail est-il le nom ? (Luc Chelly, Bouchra Zrida)
  • Découvrir Jean-Pierre Chabrol (Christian Langeois, auteur)
  • Soi-même comme un roi (Elisabeth Roudinesco, autrice)
  • Engels, la violence et nous (Michel Pigenet, historien, Paris-1 Panthéon-Sorbonne)
  • Construire l'hôpital public dont notre siècle a besoin (Evelyne Vander-Heym)
  • Quelle politique du logement face à la cherté des prix dans les métropoles ? (Ian Brossat, CEN)
  • Demain, quel monde associatif ? (Marie-Catherine Henry, autrice)
  • La gauche et la Nation (Jean-Numa Ducange, historien, univ. Rouen)
  • Une coopération inattendue : Elsa Triolet & Raymond Peynet (Louise Guillemot, agrégée, autrice)
  • Sondages : des clés pour les comprendre (Daniel Gaxie, politiste, Paris-1 Panthéon-Sorbonne)
  • La France est-elle toujours une terre de libertés ? (Arié Alimi, avocat)
  • Quelle bataille pour les services publics ? (Sylvie Guinand, Jean-Marc Durand, CN)
  • De quoi le poutinisme est-il le nom ? (Vincent Boulet, CN)
  • Violences sexuelles et famille (Mie Kohiyama, MoiAussiAmnésie)
  • Des conférences régionales pour l'emploi, la formation et la transformation productive (Muriel Ternant, Frédéric Mellier)
  • Une vie pour la Révolution : Michel Vovelle (Bernard Cousin, historien, Anne Mesliand)
Il sera à Aix :  Arié Alimi, avocat, membre de la Ligue des Droits de l'Homme, pour une conférence sur "La France est-elle toujours une terre de libertés ?"  Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix : Arié Alimi, avocat, membre de la Ligue des Droits de l'Homme, pour une conférence sur "La France est-elle toujours une terre de libertés ?" Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix :  Nils Andersson, éditeur et analyste géopolitique, qui nous parlera de son dernier ouvrage : Le capitalisme c'est la guerre, publié en 2021 aux éditions Terrasses. Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix : Nils Andersson, éditeur et analyste géopolitique, qui nous parlera de son dernier ouvrage : Le capitalisme c'est la guerre, publié en 2021 aux éditions Terrasses. Rendez-vous le vendredi 27 août !

Elle sera à Aix : Stéphanie Roza, agrégée de philosophie et chargée de recherche au CNRS. Elle interviendra le dimanche 29 août sur "la Raison : un nouveau combat à mener ?" Rendez-vous le vendredi 27 août !

Elle sera à Aix : Stéphanie Roza, agrégée de philosophie et chargée de recherche au CNRS. Elle interviendra le dimanche 29 août sur "la Raison : un nouveau combat à mener ?" Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix :  Erik Orsenna, écrivain, membre de l'Académie française, qui nous offrira conférence pour "une invitation à la lecture".  Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix : Erik Orsenna, écrivain, membre de l'Académie française, qui nous offrira conférence pour "une invitation à la lecture". Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix :  Bruno David, naturaliste et président du Muséum national d'histoire naturelle. A l'aube de la sixième extinction ? Rendez-vous le vendredi 27 août !

Il sera à Aix : Bruno David, naturaliste et président du Muséum national d'histoire naturelle. A l'aube de la sixième extinction ? Rendez-vous le vendredi 27 août !

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 07:57

 

S’égrenant au fil des semaines en plein cœur de l’été, les manifestations contre le « passe sanitaire » interpellent, autant qu'elles divisent jusque dans les rangs de nos camarades. Par leur constance, comme par leur grande hétérogénéité elle peuvent être interprétées comme le relais de l’exaspération croissante que provoque la politique du pouvoir macronien : ses mensonges à répétition ; l’inexistence d’une stratégie sanitaire cohérente depuis le début de l’épidémie ; la casse de notre système de santé comme de nos services publics pour satisfaire aux prescriptions austéritaires des traités européens néolibéraux ; l’autoritarisme d’un président imposant ses décisions en s’affranchissant de tout débat avec le pays et en affichant son mépris pour le Parlement, les élus, les acteurs sociaux, les professionnels de santé ; le danger d’une loi, adoptée à la hussarde par la majorité de l’Assemblée nationale et qui s'attaque dangereusement aux droits sociaux des salarié-es. Ce mouvement s’alimente aussi de la défiance envers des vaccins répondant à de nouvelles technologies, défiance alimentée par nombre d'informations hasardeuses et inexactes et par des scandales sanitaires liés aux grands groupes pharmaceutiques mus par une soif inépuisable de profits juteux.

 

 

Pour autant, même si les manifestations du samedi ont pu emprunter des tonalités faisant écho aux revendications portées par le mouvement social depuis des mois, elles auront également été porteuses de confusions politiques et de régressions idéologiques dangereuses. Que, dans les cortèges, aient pu s’exprimer avec force la dénonciation de la vaccination, des théories complotistes ou des slogans antisémites ne saurait relever de l’anecdote. 

De telles ambiguïtés, de même que la présence dans la rue de forces ultra-réactionnaires ou d’extrême droite, ne sont pas de nature à politiser les enjeux du débat public aujourd’hui, ni à aider au rassemblement d’une majorité de la société autour des exigences de justice, de solidarité, d’égalité. Au contraire, alors que l’action de l’exécutif et ses méthodes divisent profondément la nation lorsqu’il faudrait plutôt la mobiliser pour triompher de la pandémie, la contestation creuse à son tour des fractures qui, in fine, ne font que servir un président en quête de réélection.
Dans leur histoire, les communistes se sont toujours situés aux avant-postes de la lutte en défense de la Raison, de la science, de l’intérêt général humain. Ils entendent, pour cette raison, mener à présent la bataille pour la vaccination générale. Toute la gauche et les forces de progrès devraient d’ailleurs s’y retrouver, car elle est le seul moyen de s’extraire du piège dans lequel le gouvernement tente d’enfermer notre peuple, par sa manière brutale de lui imposer le « passe sanitaire ». 
La vaccination est la seule arme dont dispose, à l’heure actuelle, l’humanité pour se protéger. En l’état présent des connaissances, rien n’atteste qu’elle ferait courir un danger majeur aux populations. S’il peut exister, pour chacune et chacun, une prise de risque limitée lorsqu’il ou elle se fait vacciner (ce qui est vrai pour tout vaccin), celle-ci doit être considérée comme une contribution à l’immunité de tous et de toutes. Dit autrement, au-delà de la situation de chaque individu, il s’agit d’un acte qui relève de la solidarité, donc de la citoyenneté.

C’est la raison pour laquelle nous entendons lier l’objectif de la vaccination générale à l’exigence de démocratie sanitaire que nous portons depuis le début de la pandémie. À la direction du pays, nous procéderions, en effet, tout autrement que les gouvernants en place. Ceux-ci se montrent incapables, non seulement de convaincre les hésitants, mais de mettre la vaccination à portée de celles et ceux qui s’avèrent le plus en danger — sur les dix millions de personnes encore à vacciner, on recense 16% de plus de 80 ans, dont on sait qu’elles ne disposent pas d’un accès aisé à des équipes de soignants, ce qui est plus généralement le cas des populations les plus pauvres qui sont les moins protégées. 

Afin de combiner urgence sanitaire et mobilisation de la société, il serait impératif de réunir, à l’échelon de chaque département, élus, acteurs sociaux, professionnels de santé, représentants des caisses d’assurance-maladie (qui possèdent les moyens d’un contact rapide avec chaque assuré) et des Agences régionales de santé. À charge pour eux de construire une stratégie basée sur la confiance autant que sur l’efficacité, et se déployant au plus près des citoyens, jusque dans les quartiers ou villes délaissés, les entreprises, les lieux d’étude.

Évidemment, comme le soulignait la déclaration de notre parti en juillet, l’immunité collective ne peut être atteinte au seul niveau des États nationaux. Pour ne prendre que cet exemple, sur les trois milliards de doses inoculées dans le monde, on en compte seulement 30 millions distribuées aux Africains, ce qui est dérisoire. Il importe, par conséquent, de relancer l’action pour la levée des brevets, le transfert de technologies, le développement massif des capacités de production, en particulier pour les pays en développement.

L’enjeu n’est rien d’autre qu’un choix de civilisation, auquel le capitalisme se montre, une fois de plus, incapable de répondre.


Christian Picquet, Maryse Montangon, membres du CEN.

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 07:42
Fabien ROUSSEL : interview Corse Matin (16 août 2021)

Secrétaire national du PCF, il sera en 2022 le premier candidat communiste présent à une élection présidentielle depuis 15 ans.

En vacances à Olmeto, le député du Nord veut donner du sens à sa candidature, au sein d’une gauche qui en comptera d’autres

Vous êtes le premier candidat communiste à la présidentielle depuis 2007. Quelle est la place du parti communiste en France en 2021 ?

Au regard de ses élus et de ses militants implantés de partout dans les villages ainsi que dans les grandes villes, le parti communiste français fait partie des forces politiques parmi les plus importantes de notre pays.

Cette implantation locale nous permet de mesurer les difficultés de vie de nos concitoyens. C’est pour cela que nous sommes très soucieux de la situation du monde du travail, des salariés, du pouvoir d’achat, de la jeunesse et de son éducation.

C’est pourquoi j’ai mis ces préoccupations au cœur de ma campagne. La place du parti est liée à cette implantation dans le pays.

Comment avez-vous pu mettre en place ce retour sur « le devant » de la scène politique ?

Cette pandémie qui nous frappe depuis plus d’un an révèle les problèmes de notre pays. Notamment, le manque de soutien à nos services publics, comme les hôpitaux, ou encore notre manque de souveraineté économique dans un certain nombre de domaines, comme le médicament.
Elle a révélé que ce système économique - entièrement dédié à la rentabilité et à la course au profit - a affaibli notre pays. C’est ce qui a poussé à la nécessité de présenter une candidature aux élections présidentielles.
Pour dire qu’il faut changer de système économique et arrêter de mettre la course au profit au cœur de tous les choix. Au contraire, il faut mettre les besoins de l’être humain, et celui du sauvetage de la planète, au cœur de tous nos choix.

Les différentes listes nationalistes ont capté près de 68 % des votes aux dernières élections territoriales en Corse. En quoi est-ce que cela vous interpelle ?

Cela m’interpelle parce que nous avions présenté une liste avec Michel Stefani (secrétaire du PCF en Corse, ndlr) qui n’a pas obtenu les suffrages que nous attendions.
Mais ce que je voudrais dire c’est qu’en Corse, comme dans les autres régions françaises, le premier vote, c’est l’abstention. Il faut donc se demander pourquoi les gens ne vont plus voter.
Ensuite, pour ceux qui sont allés voter en Corse, ils ont majoritairement donné du poids aux listes nationalistes. Il faut l’entendre. Mais il faut aussi comprendre pourquoi les gens font ce choix-là...
Dans le cadre de ma campagne présidentielle, je souhaite m’adresser aux gens qui veulent retrouver l’espoir d’une vie meilleure. Je m’adresse à ceux qui sont en colère de voir les salaires stagner alors que les factures augmentent, et ce, alors qu’il y a tant de richesses dans le pays.
Et je pense que chez les abstentionnistes, il y en a beaucoup qui sont en colère contre ce système. Je voudrais pouvoir leur dire que je suis quelqu’un de relativement neuf dans le paysage politique. Je veux leur apporter ce nouvel espoir.

« Redonner du pouvoir aux Français »

Plus tôt dans la semaine, vous annonciez sur Europe 1 vouloir « reprendre le pouvoir sur l’argent grâce à un pacte avec les Français ». De quel pacte parlez-vous exactement ?

Mon souhait est de redonner du pouvoir aux Français dans les choix économiques de notre pays. Les richesses que nous créons dans les entreprises ne peuvent pas seulement être attribuées aux dirigeants. Elles sont créées par chaque travailleur et travailleuse.

Pourquoi n’ont-ils aucun mot à dire sur la manière de produire ces richesses ? Passer un pacte avec les Français revient à cela.

C’est dire, si je suis élu président de la République, je vais redonner du pouvoir aux salariés, pour qu’ils puissent décider, eux aussi, de la manière dont on produit les richesses et comment celles-ci sont réparties.

Est-ce que ce pacte permettrait vraiment un retour aux jours heureux comme vous l’avez suggéré ?

Oui, parce que nous produisons énormément de richesses. Il y a près de 1 000 milliards d’euros de patrimoine dans les mains des 500 plus grandes familles françaises.

Comme si c’était elles-mêmes, toutes seules, qui avaient tout produit. Non. Ces richesses sont produites par les millions de travailleurs qui existent dans ce pays. Je souhaite que nous puissions les mettre au bénéfice de tous.

Pour moi, les jours heureux c’est partager ces richesses, les mettre au service de l’être humain et de la planète. C’est répondre à l’urgence sociale. C’est garantir l’éducation de nos enfants et l’accès aux soins.

Vous appelez les gens à la vaccination, mais vous êtes en désaccord avec la méthode du pass sanitaire. Quelle aurait été la solution qui aurait engendré plus de confiance envers la vaccination ?

Il faut respecter les gens. On ne peut pas les célébrer lors du premier confinement et un an après leur dire : « Si vous n’avez pas de pass, on vous licencie. »

S’il y avait plus de respect, plus de dialogue avec les organisations syndicales, cela créerait de la confiance. On aurait pu créer des conditions où l’on se rend vers les Français pour leur proposer la vaccination. Et ce, plutôt que leur dire de faire les démarches eux-mêmes.

Et puis, c’est important. Il nous faut aussi un vaccin public. C’est-à-dire qu’il faut lever les brevets pour pouvoir montrer comment les vaccins sont produits. Être transparent. Les Français ont besoin de confiance.

« Je ne vais pas enlever d’électeurs aux autres candidats »

À l’heure ou la gauche rassemble de moins en moins de votes, votre candidature ne risque-t-elle pas de provoquer une division de plus au milieu des candidats de cette famille politique ?

Ma candidature est une candidature d’addition. Je souhaite aller chercher toutes celles et ceux qui sont déçus par les politiques de gauche qui ont pu être menées.

Déçus par ceux qui à droite ont fait tant de promesses et qui ne les ont pas mises en œuvre. Je souhaite reconquérir le cœur et la tête de ceux qui ne croient plus et leur offrir une perspective, un changement de société. De leur dire qu’ils seront respectés et que nous allons redresser le pays ensemble.
Et donc je ne vais pas enlever des électeurs aux autres candidats qu’il y aura à gauche. Je vais aller en convaincre des nouveaux. En faisant cela, je renforce la gauche.

Mais alors, comment comptez-vous faire face au duel annoncé Macron/Le Pen au 2e tour ?

Je ne crois pas à ce duel. Tous les pronostics de ces quarante dernières années ont été déjoués, parce que ce sont les Français qui décident, et pas les instituts de sondages, ni les journalistes, ni les émissions de télé.

Je fais confiance aux Français. Ils aiment avoir le choix entre différentes personnes et différents programmes. Ils vont regarder ce que cela va leur apporter.

Je ne crois pas à ce duel parce que les gens ne veulent plus de Macron et parce qu’ils ont bien vu que l’extrême droite n’apporte aucune réponse à leurs problèmes.

Que diriez-vous aux gens qui auraient aujourd’hui des préjugés sur l’appellation même « communiste » ? En quoi restez-vous un parti d’actualité ?

Parce que dans communisme il y a commun. Et nous n’avons jamais eu autant besoin de mettre en commun. L’idéal communiste est toujours d’actualité parce que c’est celui qui met en commun tous les moyens au service de l’être humain.

Humaniser nos hôpitaux. Humaniser nos Ehpad, l’enseignement scolaire, les transports, la société... Pour moi, cette crise montre que le communisme n’a jamais été autant d’actualité.

 

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25 août 2021 3 25 /08 /août /2021 07:37

 

Retour sur l’expérience communiste en Afghanistan

Interrogé par « Le Monde » sur le départ, prévu en 2014, des troupes occidentales d’Afghanistan, l’ambassadeur russe à Kaboul n’a pu s’empêcher d’évoquer l’expérience — et les erreurs — de l’Union soviétique dans les années 1980. Mais il y a trente ans, l’URSS s’appuyait sur un mouvement communiste autochtone. Lequel, indocile et divisé, a précipité l’engagement de Moscou dans un conflit meurtrier.

par Christian Parenti 

 

Devant les maisons de thé et les étals de Kaboul, on tombe parfois sur le portrait d’un homme sévère au visage rond, arborant moustache et cheveux noirs. C’est celui de Mohammed Najibullah, dernier président communiste du pays. Membre du Parti démocratique populaire d’Afghanistan (People’s Democratic Party of Afghanistan, PDPA) depuis la fin des années 1960, il a longtemps dirigé la police secrète, avant d’être porté à la tête de l’Etat en 1986. Après le retrait des forces soviétiques, en 1989, Najibullah s’accroche au pouvoir pendant trois ans. Il périt aux mains des talibans en 1996.

Quand on interroge les habitants de Kaboul sur ces affiches et cartes postales à la gloire de leur ancien dirigeant, les réponses se ressemblent. Pour certains, « c’était un président fort, on avait une armée puissante » ; pour d’autres, « à l’époque, tout fonctionnait bien, Kaboul était propre ». Le propriétaire d’une maison de thé explique simplement que « Najib a combattu le Pakistan ». Ainsi, on ne se souvient pas tant du « communiste » — un terme vague pour de nombreux Afghans — que du modernisateur et du patriote.

Pour comprendre les raisons qui ont fait de Najibullah un tel emblème, il faut se replonger dans l’histoire des relations de l’Union soviétique avec l’Afghanistan. L’intérêt de l’URSS pour cette région ne date pas de la guerre froide. Dès les années 1920, elle combattait les rebelles musulmans dans les zones limitrophes d’Asie centrale. La décennie suivante, elle écrasait ces basmaci (bandits) avec l’aide de l’armée royale afghane. La stabilité du pays était alors perçue comme un enjeu crucial pour la sécurité de l’Asie centrale soviétique. A partir du début des années 1950, l’Afghanistan compte parmi les quatre plus gros bénéficiaires de l’aide de Moscou, qui envoie des ingénieurs et invite des milliers d’étudiants, de techniciens et de militaires pour les former.

« Une affaire improvisée dans la hâte »

A la fin de la décennie, les Etats-Unis s’intéressent eux aussi à l’Afghanistan. Une concurrence s’instaure entre les deux superpuissances, qui rivalisent de générosité pour « aider » la population locale (1). Les Américains dressent un barrage sur le fleuve Helmand afin d’irriguer et d’alimenter en électricité les régions désertiques du Sud ; les Russes construisent le tunnel de Salang — l’un des plus hauts du monde — pour relier les régions du Nord et du Sud. Les premiers fournissent l’électronique, les systèmes de communication et le radar de l’aéroport de Kaboul ; les seconds en conçoivent l’infrastructure.

De manière surprenante, les premiers chefs des moudjahidins (les partisans de la lutte contre les Soviétiques), dont M. Ismaïl Khan, qui a lancé la rébellion à Herat en 1979, étaient d’anciens militaires formés en URSS. Et, à l’inverse, une partie des intellectuels afghans, comme le premier ministre Hafizullah Amin, ont fait leurs études aux Etats-Unis avant de devenir militants communistes, puis membres du gouvernement.

Le coup d’Etat communiste d’avril 1978 apparaît comme la conséquence indirecte d’une précédente révolte. A partir de 1969, en effet, l’Afghanistan connaît plusieurs années de sécheresse et de famine. Quatre ans plus tard, le peuple meurt littéralement de faim dans la province de Ghor, au centre du pays. Le général Mohammed Daoud renverse son cousin, le roi Mohammed Zahir Chah, abolit la monarchie, puis établit un gouvernement républicain. Il devient, en 1973, le premier président de la République d’Afghanistan.

Une fois au pouvoir, Daoud perpétue ce qui était alors une politique économique assez répandue, recourant à la planification et à l’investissement public pour bâtir un secteur industriel privé et créer un marché intérieur. Le traitement de ses ennemis politiques — les islamistes et les communistes, eux-mêmes opposés les uns aux autres — mêle la répression et la cooptation. Mais l’hostilité grandissante à leur encontre conduit certains islamistes, tels le Tadjik Ahmed Chah Massoud et le Pachtoun Gulbuddin Hekmatyar, à s’exiler au Pakistan.

La violence du régime précipite également les événements de 1978, cette « affaire improvisée dans la hâte », selon les mots de Jonathan Steele (2). Le 17 avril, Mir Akbar Khyber, un membre influent et apprécié du PDPA, est assassiné en pleine rue. Les soupçons se portent d’emblée sur le gouvernement. Deux jours plus tard, le PDPA organise une manifestation de protestation qui rassemble près de quinze mille personnes et se termine par une rafle policière. Craignant que celle-ci ne soit qu’un prélude à leur extermination, les militaires communistes attaquent le palais présidentiel, tuent Daoud et prennent le pouvoir.

Les responsables soviétiques, notamment ceux du KGB en poste à Kaboul, sont pris de court. Selon eux, l’Afghanistan n’est pas plus mûr pour le socialisme que le PDPA n’est prêt à gouverner. Le parti est en effet déchiré entre deux factions. Le Khalq (« le Peuple »), le courant majoritaire et radical, a organisé le coup d’Etat. Il tire son soutien de la population parlant le pachtou qui s’est installée depuis peu dans les villes pour trouver du travail et pour accéder à l’éducation. Frange minoritaire et modérée, le Parcham (« l’Etendard ») est quant à lui ancré dans les classes moyennes urbaines qui parlent le dari.

Le début de règne du Khalq est sanglant. Quarante généraux et alliés politiques de Daoud, dont deux anciens premiers ministres, sont exécutés sommairement. Parmi les autres personnes emprisonnées ou assassinées, des islamistes, des maoïstes et même des membres du Parcham.

Cette violence suscite l’inquiétude des Soviétiques. Malgré diverses réformes progressistes — interdiction du mariage des enfants, réduction de la dot, annulation des emprunts immobiliers ruraux, campagne d’alphabétisation pour les hommes et les femmes (chaque groupe étant éduqué séparément), réforme agraire, etc. —, des erreurs de gestion suscitent la réaction brutale d’une partie de la population (3).

M. Saleh Mohammed Zeary, un vieux responsable communiste dont Steele a retrouvé la trace dans un immeuble modeste de Londres, explique la résistance en ces termes : « Au début, les paysans étaient heureux, mais quand ils ont su qu’on était communistes, ils ont changé d’attitude. Le monde entier était contre nous. Ils ont dit qu’on ne croyait pas en l’islam, et ils n’avaient pas tort. Ils voyaient bien qu’on ne priait pas. On a affranchi les femmes du poids de la dot et ils ont dit qu’on était partisans de l’amour libre. » Un autre ancien membre du PDPA, également installé dans la capitale britannique, se rappelle que les dirigeants du parti au pouvoir « voulaient éradiquer l’analphabétisme en cinq ans. C’était ridicule. La réforme agraire n’était pas populaire. Ils promulguaient des décrets prétendument révolutionnaires qu’ils voulaient appliquer par la force. La société n’était pas prête. Le peuple n’avait pas été consulté ».

Conçues dans l’urgence, les réformes du PDPA souffrent de la vieille division de la société afghane entre villes et campagnes. Les jeunes citadins idéalistes et éduqués ne comprennent pas le monde rural et souhaitent le remodeler, tandis que les habitants de villages aux murs de terre séchée ne montrent aucune sympathie pour la bureaucratie urbaine. Que les dimensions sociales et culturelles des réformes aient été mal accueillies car elles menaçaient les privilèges des mollahs, des maliks (chefs de village) et des grands propriétaires n’a rien de surprenant ; mais, plus troublant, les aspects économiques progressistes du programme se sont également vus rejetés par une paysannerie dévote.

Bien que pauvre et inégalitaire, l’Afghanistan des années 1970 ne souffre pas de la concentration agraire qui caractérisait, par exemple, la Chine et le Mexique prérévolutionnaires. Comme l’explique Steele, les paysans avaient souvent « des liens religieux, claniques et familiaux avec leurs propriétaires et n’étaient pas prêts à outrepasser leur autorité ». La société rurale, qui a toujours joui d’une certaine autonomie par rapport à Kaboul, se sent menacée. Elle se tourne progressivement vers la résistance armée, rejoignant les partis islamistes qui ont fui au Pakistan durant la répression orchestrée par Daoud.

Certaines erreurs techniques enveniment encore la situation pour le PDPA. Dans leur hâte, les communistes de Kaboul redistribuent la terre, mais pas l’eau : une faute qui révèle leur ignorance de l’agriculture locale. Ils abolissent le système de prêts financiers iniques des bazars, mais n’établissent pas de programme de crédit de substitution pour aider les paysans démunis. De leur côté, les Soviétiques ne cessent d’inviter Kaboul à abandonner ou à différer les réformes les plus radicales.

Les communistes ne sont pas les premiers modernisateurs afghans à connaître des déconvenues. Le « prince rouge », Amanullah Khan, qui avait expulsé les Britanniques en 1919, fut détrôné dix ans plus tard par une rébellion tribale qui s’opposait à sa politique de modernisation d’inspiration kémaliste. Il avait imposé une réforme agraire minimale, donné le droit de vote aux femmes et commencé à éduquer les filles. Les élites rurales ont apprécié les belles routes, mais pas les impôts pour les financer ; le peuple des campagnes a accepté les améliorations agricoles et l’éducation, mais pas l’assaut contre le patriarcat.

Gagner les cœurs et les esprits

Cinquante ans plus tard, le PDPA affronte le même type de résistance religieuse. Pour tenter de l’éteindre, les responsables communistes n’hésitent pas à manifester — du moins en public — une soudaine piété, en priant et en se rendant à la mosquée. Des efforts tardifs et insuffisants : en mars 1979, les officiers islamistes de Herat se rebellent, sans doute inspirés par la révolution iranienne — un mois plus tôt, le chah fuyait l’Iran et l’imam Rouhollah Khomeiny faisait son retour à Téhéran.

Le soulèvement et son écrasement militaire, auquel ont participé des pilotes soviétiques, n’ont pas été aussi sanglants qu’on l’a souvent dit. « Même si la presse et certains historiens occidentaux continuent d’affirmer que les rebelles ont massacré jusqu’à une centaine de citoyens soviétiques résidant à Herat, affirme Rodric Braithwaite, le total des victimes soviétiques ne semble pas avoir dépassé le nombre de trois. » Quant au bombardement intensif de la ville par le gouvernement communiste, il n’a pas non plus fait des milliers de victimes.

Après Herat, d’autres garnisons se mutinent. Les Soviétiques envoient de nouveaux conseillers en Afghanistan et commencent à élaborer un plan de déploiement de leurs forces terrestres. Depuis l’été, les Etats-Unis fournissent de l’argent et des armes aux moudjahidins afin de préparer des assauts contre les forces gouvernementales et les infrastructures publiques à partir du Pakistan.

Pendant ce temps, le conflit au sein du PDPA s’aggrave : les différends personnels et idéologiques engendrent des affrontements entre le Khalq et le Parcham, ainsi qu’au sein du Khalq lui-même. En septembre 1979, le président Noor Mohammed Taraki est attaché à un lit et étouffé sous un oreiller : un assassinat commandité par le premier ministre Hafizullah Amin, son camarade et concurrent au sein du Khalq. Les dignitaires soviétiques, qui considéraient Taraki comme le plus flexible des deux rivaux, sont scandalisés par ce meurtre. La paranoïa s’empare du Kremlin, où l’on craint que l’assassin ne soit un agent des Etats-Unis.

Une vieille histoire : dans les années 1960, Amin avait préparé un doctorat à l’université de Columbia, à New York, où il dirigeait le syndicat des étudiants afghans, et on le disait déjà de mèche avec la Central Intelligence Agency (CIA). Steele remarque qu’Amin avait également admis avoir reçu de l’argent des services secrets américains avant la révolution. Braithwaite rapporte que même l’ambassadeur des Etats-Unis Adolph Dubs, après l’avoir rencontré à plusieurs reprises, avait demandé à la CIA s’il s’agissait d’un informateur. Plus vraisemblablement, Amin ne faisait qu’emprunter le chemin foulé par tous les dirigeants afghans : pour gouverner cet Etat-tampon, il fallait naviguer entre les grandes puissances.Durant la crise de l’année 1979, le gouvernement communiste avait sollicité à treize reprises une intervention militaire soviétique. En retour, Moscou exposait toutes les bonnes raisons de ne pas déployer de forces terrestres. « Nous avons étudié avec attention tous les aspects de cette action et sommes arrivés à la conclusion que, si l’on faisait intervenir nos troupes, non seulement la situation de votre pays ne s’améliorerait pas, mais elle s’aggraverait », déclarait alors un responsable soviétique.

Mais le meurtre de Taraki change la donne. Le 40e corps de l’Armée rouge arrive en Afghanistan en décembre 1979 avec pour mission non pas d’aider Amin, mais de l’assassiner. Le 27, les forces spéciales soviétiques attaquent le palais présidentiel et tuent le président, en poste depuis seulement cent quatre jours. Dirigeant de substitution choisi par les Soviétiques, Babrak Karmal appartient à l’aile modérée du PDPA. Mais, à la fois lunatique et paranoïaque, il manifeste un penchant pour la boisson qui aggrave encore son incompétence.

Malgré l’envoi par les Soviétiques de techniciens et de conseillers civils idéalistes, Karmal ne parvient pas à gagner l’allégeance des musulmans ruraux, de sorte que la capacité d’action de l’Etat demeure limitée. Pour ne rien arranger, depuis juillet 1979, les Etats-Unis arment les sept partis des moudjahidins, farouchement opposés au PDPA. Grassement financée par le gouvernement saoudien et fournie clandestinement par Washington à l’initiative de la CIA, cette aide militaire est administrée par les services de renseignement pakistanais. Moscou et Washington pensaient que l’intervention durerait six mois, que la population afghane — au moins dans les villes — réserverait un bon accueil aux Russes et se réjouirait de la fin du règne d’Amin. Les Russes s’enlisent pourtant dans une guerre qui durera neuf ans.

Nombre de militaires soviétiques croient sincèrement à leur « devoir international » — tout comme certains Américains perçoivent actuellement leur guerre en Afghanistan comme une aide salutaire fournie à un pays arriéré en proie à une authentique menace terroriste. A l’image de leurs homologues des Etats-Unis, les troupes d’URSS engagées en Afghanistan appartiennent surtout à la classe ouvrière et viennent majoritairement des campagnes et des petites villes ; seules les forces aériennes, le KGB et les unités médicales pouvaient compter sur des soldats issus des couches plus favorisées de la société russe.

Le véritable objectif du 40e corps de l’Armée rouge était de gagner les cœurs et les esprits. Il n’y est pas parvenu : quand les forces terrestres des gouvernements soviétique et afghan sont mises en difficulté par leurs adversaires, l’aviation et l’artillerie interviennent ; et lorsque les moudjahidins tirent depuis l’intérieur des villages, ces derniers sont bombardés et détruits. Braithwaite dément les allégations concernant l’utilisation par les Soviétiques d’armes chimiques ou de jouets piégés : contrairement à ce qu’affirmait le discours de guerre froide des années 1980, leur brutalité envers les civils ne constituait pas un objectif, mais l’un des effets prévisibles et inexcusables de leur politique. L’Armée rouge a jugé des centaines de ses soldats pour des crimes allant du viol au meurtre, de la consommation de drogue au vol. Pourtant, elle n’a pas pu ou pas voulu contenir les mauvais traitements du Khad (service de renseignement) : environ huit mille Afghans ont été exécutés par le gouvernement PDPA et plusieurs milliers d’autres, emprisonnés et violentés.

« Saigneurs » contre négociateurs

Quand, en 1985, M. Mikhaïl Gorbatchev est nommé à la tête du Parti communiste de l’Union soviétique, le pouvoir est convaincu de la nécessité d’un retrait d’Afghanistan. Une vaste campagne contre la guerre, menée par les familles de soldats, les vétérans et même des officiers en poste, pousse Moscou dans cette direction. La perestroïka et la glasnost (4) sont dans l’air et, en Afghanistan, Najibullah, qui vient d’être nommé président de la République, s’éloigne de plus en plus du marxisme-léninisme au profit d’un nationalisme pragmatique. En 1988, il rebaptise le PDPA du nom de Watan (« Patrie »). A la fin de son mandat, il envisage même de confier le poste de ministre de la défense au commandant Massoud.

Ces inflexions, sensibles depuis le départ de Karmal et l’ascension de Najibullah, participent d’une politique officielle appelée « réconciliation nationale ». Dans son ouvrage A Long Goodbye, l’historien Artemy Kalinovsky offre un bon aperçu de ses aspects diplomatiques. « De 1985 à 1987, écrit-il, la politique afghane de Moscou était guidée par la volonté de mettre un terme à la guerre sans essuyer de défaite. Gorbatchev s’inquiétait presque autant que ses prédécesseurs des dégâts qu’un retrait hâtif pourrait causer au prestige soviétique, particulièrement auprès de ses partenaires du tiers-monde. Pourtant, il s’était également engagé à terminer la guerre, et son Politburo le soutenait dans ce sens. Cela impliquait de chercher de nouvelles approches pour mettre en place à Kaboul un régime viable, qui puisse perdurer après le départ des troupes soviétiques (5). »

Pour réussir, la politique de « réconciliation nationale » nécessite la coopération des Etats-Unis, premiers protecteurs des moudjahidins. Malheureusement pour l’Afghanistan et pour les Soviétiques, l’administration Reagan était alors divisée entre les bleeders (« saigneurs ») et les dealers (« négociateurs »). Le secrétaire d’Etat George Shultz comptait parmi les principaux dealers, partisans d’un compromis avec l’URSS. Leur position était simple : si l’Armée rouge se retirait d’Afghanistan, les Etats-Unis devaient cesser d’aider les moudjahidins. Mais les bleeders, très présents au sein de la CIA et du « lobby afghan » au Congrès américain, ne l’entendaient pas ainsi : ils conditionnaient la fin de l’aide aux moudjahidins à l’arrêt pur et simple de toute forme de soutien soviétique au gouvernement de Najibullah. Ce sont eux qui eurent finalement gain de cause.

En février 1989, le dernier char soviétique traverse le pont de l’Amitié, au nord du fleuve Amou-Daria. Toutefois, Moscou continue d’aider Najibullah, et le gouvernement afghan prend tout le monde par surprise quand, en mars 1989, ses troupes, qui combattent désormais seules, brisent le siège moudjahidin de Jalalabad, à proximité de la frontière pakistanaise. Si les insurgés étaient parvenus à prendre cette ville, Kaboul aurait été leur prochain objectif. Par la suite, les sept partis moudjahidins, malgré leur superbe technique militaire, restent fragmentés et stratégiquement incohérents.

Selon Braithwaite, Edouard Chevardnadze, qui ne voulait pas être le premier ministre soviétique des affaires étrangères à subir une défaite, fut le plus fervent soutien de Najibullah. Il était persuadé que les Afghans pourraient combattre indéfiniment grâce à un flux de pétrole et d’armes en provenance de l’URSS. De fait, Najibullah a pu tenir trois années de plus. Mais, fin 1991, quand Boris Eltsine écarte M. Gorbatchev et que l’URSS s’effondre, l’aide vitale s’interrompt.

Citadins modernistes, paysans conservateurs

La défaite soviétique en Afghanistan n’a pas, comme on l’a souvent pensé, provoqué la fin de l’Union soviétique. C’est même l’inverse qui s’est produit. Ainsi que l’expliquait récemment l’hebdomadaire The Economist, « le système soviétique s’est effondré quand les principaux responsables ont décidé de monnayer leurs privilèges et de les transformer en propriété (6) ». La chose faite, avec Eltsine au pouvoir, le régime de Najibullah s’est écroulé. A en croire Braithwaite, Eltsine, en tant que président de la Russie, aurait noué des contacts secrets avec les moudjahidins dès avant la chute de M. Gorbatchev. D’ailleurs, sitôt les approvisionnements russes interrompus, M. Abdul Rachid Dostom, l’un des principaux généraux de Najibullah, passait dans le camp des rebelles (7).

Le président est finalement renversé en avril 1992. Divers groupes de guerriers saints et de fanatiques ethno-nationalistes déferlent sur Kaboul. Après une très courte expérience de gouvernement conjoint, les factions entrent en conflit, tandis que les derniers membres du PDPA fuient le pays ou entrent dans la clandestinité. Najibullah tente de gagner Moscou, mais les hommes de M. Dostom l’empêchent d’atteindre l’aéroport.

Au cours des quatre années qui suivent, Kaboul sombre dans la barbarie. Les groupes moudjahidins en guerre plongent le pays dans les ténèbres, au sens propre comme au figuré : les réverbères et les lignes de courant des bus électriques sont saccagés ; les services publics cessent de fonctionner. Les combats entre factions couvrent la moitié de la ville, et l’on estime à cent mille le nombre de tués, pour la plupart des civils. Najibullah, lui, reste enfermé dans une enceinte des Nations unies. Quand les talibans prennent finalement la ville, en 1996, ils capturent l’ancien président, le battent, le torturent et le castrent avant de le fusiller. Son cadavre est traîné dans les rues, puis pendu à un réverbère.

Tandis que les forces de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) occupent désormais l’Afghanistan, on trouve encore des portraits de Najibullah dans les rues de Kaboul. Pourquoi ? Aujourd’hui comme hier, la guerre oppose non seulement les envahisseurs et les Afghans, mais aussi les Afghans eux-mêmes : les populations des villes, favorables à la modernisation (même à marche forcée), et celles des campagnes, opposées au changement.

Autre analogie : chaque force peut compter sur de puissants alliés étrangers. Durant la guerre froide, les Soviétiques soutenaient Kaboul, tandis que les Etats-Unis et le Pakistan appuyaient les rebelles ; aujourd’hui, d’autres préoccupations conduisent les Etats-Unis à défendre les aspirants reconstructeurs de Kaboul (dont la plupart sont ceux-là mêmes qui travaillaient pour Najibullah), tandis que le Pakistan, vassal favorisé et allié théorique de l’Amérique, continue de soutenir les rebelles religieux et traditionalistes.

Il existe une classe de citadins afghans pour laquelle la question politique centrale a toujours été : « Peu importe l’idéologie, est-ce que j’aurai l’électricité ? » Ces gens, qui ont cherché à étendre la mainmise de Kaboul sur les campagnes, ont été, depuis les années 1920, systématiquement confrontés à une opposition violente. Leur étendard fut d’abord la monarchie constitutionnelle, puis la république présidentielle, le socialisme à la soviétique, enfin le nationalisme ultime de Najibullah. Désormais, ils font l’expérience de la démocratie libérale extrêmement imparfaite imposée par l’OTAN. Sans surprise, les anciens communistes sont toujours modernisateurs, et on les retrouve aux postes les plus élevés de ce qui porte le nom de gouvernement afghan.

C’est sans doute pour toutes ces raisons qu’on affiche encore des portraits de « Najib » à Kaboul : sa vision du monde, en dépit de tous ses défauts, incluait l’électricité. Hélas ! celle-ci ne peut pas être acheminée par la guerre.

Christian Parenti

Journaliste. Une version de cet article a été publiée dans The Nation (New York), le 7 mai 2012.

(1Lire René Vermont, « L’Afghanistan face à l’U. R. S. S. et aux Etats-Unis », Le Monde diplomatique, août 1967, disponible sur le DVD-ROM des archives du Monde diplomatique, 1954-2011.

(2Cet article repose notamment sur les informations présentées par Rodric Braithwaite, ambassadeur britannique à Moscou de 1988 à 1992, dans Afgantsy : The Russians in Afghanistan, 1979-89, Oxford University Press, 2011, et par l’ancien journaliste du Guardian Jonathan Steele dans Ghosts of Afghanistan : The Haunted Battleground, Portobello Books, Londres, 2012. Les références aux travaux de ces deux auteurs renvoient à ces ouvrages.

(3Lire Jean-Alain Rouinsard et Claude Soulard, « Les premiers pas du socialisme en Afghanistan », Le Monde diplomatique, janvier 1979, DVD-ROM d’archives, op. cit.

(4Perestroïka (« restructuration ») : ensemble de réformes entreprises sous la direction de M. Gorbatchev ; glasnost (« transparence ») : politique de liberté d’expression et d’information adoptée à la même période.

(5Artemy Kalinovsky, A Long Goodbye : The Soviet Withdrawal from Afghanistan, Harvard University Press, Cambridge, 2011.

(6« The long life of Homo sovieticus », The Economist, Londres, 10 décembre 2011.

(7Lire Selig S. Harrison, « L’Afghanistan s’installe dans la fragmentation », Le Monde diplomatique, janvier 1992, DVD-ROM d’archives, op. cit.

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