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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 09:20
Marie Salou, résistante communiste brestoise et déportée a Ravensbrück et Mathausen, rendait hommage aux 19 fusillés communistes brestois du Mont-Valerien du 17 septembre 1943 avec les petits-enfants d'Angéline et Maurice Dollet,  et le maire de Brest, ainsi que François Tournevache, natif de Berrien en 1916, cheminot, militant communiste et cégétiste à Morlaix et à Brest,  résistant envoyé en camp de concentration en France (Châteaubriant, Pithiviers, île de Ré), conseiller municipal PCF de Morlaix à la Libération, secrétaire de la fédération PCF du Finistère en 1949, puis responsable de l'ANACR.  Photo et article de journal de la collection privée de Claudie Quillec, la fille de la résistante Angeline-Yvette Dollet, née Yvinec, agent de liaison du bataillon Yves Giloux

Marie Salou, résistante communiste brestoise et déportée a Ravensbrück et Mathausen, rendait hommage aux 19 fusillés communistes brestois du Mont-Valerien du 17 septembre 1943 avec les petits-enfants d'Angéline et Maurice Dollet, et le maire de Brest, ainsi que François Tournevache, natif de Berrien en 1916, cheminot, militant communiste et cégétiste à Morlaix et à Brest, résistant envoyé en camp de concentration en France (Châteaubriant, Pithiviers, île de Ré), conseiller municipal PCF de Morlaix à la Libération, secrétaire de la fédération PCF du Finistère en 1949, puis responsable de l'ANACR. Photo et article de journal de la collection privée de Claudie Quillec, la fille de la résistante Angeline-Yvette Dollet, née Yvinec, agent de liaison du bataillon Yves Giloux

Résistance finistérienne - l'inauguration du monument aux 19 fusillés - résistants communistes brestois - du Mont Valérien (17 septembre 1943) à Brest au jardin du Guelmeur en présence de François Tournevache, du maire de Brest, et de Marie Salou
Marie Salou, résistante communiste brestoise et déportée a Ravensbrück et Mathausen, rendait hommage aux 19 fusillés communistes brestois du Mont-Valerien du 17 septembre 1943 avec les enfants d'Albert Yvinec et le maire de Brest, ainsi que François Tournevache, natif de Berrien en 1916, cheminot, militant communiste et cégétiste à Morlaix et à Brest,  résistant envoyé en camp de concentration en France (Châteaubriant, Pithiviers, île de Ré), conseiller municipal PCF de Morlaix à la Libération, secrétaire de la fédération PCF du Finistère en 1949, puis responsable de l'ANACR.
 
Photo et article de journal de la collection privée de Claudie Quillec, la fille de la résistante Angeline-Yvette Dollet, née Yvinec, agent de liaison du bataillon Yves Giloux.
 
Marie Salou (née Marie Cam) - 1914-2011
Marie Cam-Salou est née en 1914 à Saint-Marc, aujourd'hui un quartier de Brest, jadis une commune indépendante, d’un père ouvrier à l’Arsenal de Brest (Finistère) et d’une mère travaillant à la Poudrerie de Saint-Nicolas au Le Releq-Kerhuon (Finistère). Marie Cam avait deux sœurs plus âgée qu’elle. Elle se maria le 4 juin 1932 avec Goulven Salou, ajusteur à l’arsenal. Ils eurent deux enfants.
Marie Salou milita au Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme où elle s’occupa notamment de l’aide aux enfants de républicains espagnols.
Elle adhéra au Parti communiste en 1939.
Après la déclaration de guerre et la mobilisation, le couple fut séparé. En 1940, son mari se retrouva à Dakar (Sénégal), puis Casablanca (Maroc), où il entra dans la Résistance. En avril 43 il intégra la 1re DFL et fut envoyé en Tunisie. Il participa à la libération de l’Italie, au débarquement de Provence, et l’avancée sur Marseille, Lyon, et Colmar.
Membre du P.C.F clandestin, elle héberge les résistants recherchés par la police ou les allemands. Début 1942 elle aide plusieurs prisonniers républicains espagnols à fuir la ville. Elle participe à la manifestation du 28 avril 1942. En Août 1942 elle saccage avec une amie la vitrine de la L.V.F rue de Siam. Arrêtée en octobre 1942 par des policiers français, elle est brutalisée. Internée, elle est finalement remise aux allemands qui la juge à Fresnes en 1943. Déportée, elle revient en 1945 très affaiblie. ----- Angèle Kerlirzin-Le Nédelec, née en 1910 à Scrignac. Membre du P.C.F clandestin. A la débâcle elle cache des armes récupérés par son mari. Participe à la diffusion des tracts du P.C.F et F.N. Elle participe à la manifestation du 28 avril 1942 et à la tentative de manifestation patriotique du 14 juillet 1942. Arrêtée en octobre, elle est également internée à Brest, Vitré et Rennes. Libérée en Novembre 1943, elle gagne les Côtes-du-Nord et intègre les F.T.P.
Elle fut libérée le 28 avril 1945 à Mauthausen (Allemagne).
Revenue en France, tout en continuant à militer au Parti communiste, elle adhéra et milita, à l’Union des Femmes Française, à la FNDIRP, à l’ARAC.
On la décora de la Médaille de la déportation, de celle du Combattant volontaire de la Résistance, de la Croix de guerre 39-45, de la Médaille militaire. Elle fut fait Chevalier de la légion d’honneur.
 
Itinéraire d'une Déportée
De Brest a Mauthausen
Marie SALOU
1942-1945
par Jean Nédélec d'après les archives de Marie Salou
 
01.10.1942- arrestation
Fin novembre, prisons: Château de Brest, Centrale de Rennes
11.12.1942 : jugement à Rennes
13.04.1943 : départ de la centrale de Rennes pour la prison Jacques Cartier
Juillet 1943 : départ pour la prison de Fresnes
Aout 1943 : jugement allemand
23.12.1943 : départ de Fresnes pour I'Allemagne. Arrivée à Karlsruhe
8 jours a Francfort sur Ie Main 4 jours a Guenmiz
07.01.1944: arrivée à Walheim
14.02.1944: depart pour Lubeck en passant par Berlin et Hambourg
Mai 1944 : départ pour Cottbus
07.11.1944: départ pour Ravensbruck
07.11.1945: départ de Ravensbruck pour Mathausen
20.03.1945: bombardement d' Amsteten
24.05.1945: libération par la Croix Rouge Internationale 11.06.1945: arrivée à Brest
 
Marie Salou, née Cam, a vu le jour le 30.11.1914 à St Marc. Dès l'âge de 16 ans elle apprend le métier de couturière, trois ans d'apprentissage auprès d'ouvrières très expertes, avant de devenir elle-même ouvrière. Très vite elle va connaître la vie militante, notamment au moment de la guerre civile en Espagne.
En 1936, elle faisait partie de l'Association Nationale du soutien de l'enfance malheureuse avec Jeanne Cariou, Alice de Bortoli, Mmes Bernard, Riou et Duchêne.
Ces femmes avaient pris en charge les réfugiés républicains espagnols qui avaient fui la guerre civile de leur pays. Ils étaient hébergés dans des baraquements à Berthaume qui servaient de lieux de vacances pour la commune de Lambezellec dont le responsable était M. Le Berre et son épouse, instituteurs a l'école de Kerraloche. Le Secours Populaire était aussi partie prenante dans cette action. Marie Salou, en juin 1939, va faire un nouveau pas dans sa vie en adhérant au Parti Communiste Français.
Dès 1940 va commencer sa vie de résistante. Tout d'abord avec des distributions de tracts et des journaux clandestins du Parti Communiste. En aout 1941, elle ajoute à ses activités celles d'hébergement de résistants du P.C et du F.N. en mission (il s'agit bien entendu du Front National de la Résistance) Goulven Salou son mari, prisonnier évadé, avait du partir en zone libre en janvier 1941. En février, restant seule avec sa fille, il lui a fallu travailler cinq mois au Fort de Penfeld où était cantonnée l'organisation Todt qui s'occupait de la construction du Mur de l'Atlantique.
Elle réussissait dans cet endroit à lâcher quelques tracts rédigés en allemand qui lui étaient fournis par Charles Cadiou. En avril 41, elle héberge Venise Gosnat*, responsable national et son épouse, en attendant qu'on leur trouve une planque dont devait se charger Jean Le Nedellec.
* Venise Gosnat, alias Georges, inter-régional responsable de la résistance communiste en Bretagne (décembre 1940- décembre 1942)
En juin 41, Marie a voulu rejoindre Goulven à Dakar. Hélas, elle ne faisait qu'un aller-retour a Paris n'ayant qu'un laisser passer pour la ligne de démarcation. Revenue a Brest, elle se remettait au travail, il fallait bien vivre. Cette fois ce fut au Fort Montbarrey ou étaient détenus prisonniers les républicains espagnols. Avec Jeanne Goasguen qui leur procurait de fausses cartes d'identité, elles réussirent à faire sortir certains qui retournèrent en Espagne combattre Franco. Marie arrête de travailler en février 42, l'argent circulant entre les deux zones. Elle apprend à ce moment que les espagnols ont été envoyés aux lies d'Aurigny-Guernesey ou plusieurs sont morts et la plupart déportes en Allemagne.
Marie Salou va prendre une part active à la préparation et au déroulement de la manifestation des femmes, organisée par le P.C.F. mais signée "Union des femmes patriotiques", devant l'annexe de la mairie, rue Danton, le 28.01.1942.
A l'issue de cette manifestation, elle est interpellée, mais relâchee faute de preuves et d'aveu. Au mois d'aout, avec Raymonde Valaine, protégées par un groupe de F.T.P. elles saccagent la vitrine de la L.V.F. (Ligue des volontaires français contre le bolchevisme, qui recrute pour la Werhrmacht).
Cela se passait rue de Siam, à quelques mètres d'une sentinelle allemande postée a l'entrée de la Préfecture Maritime occupée par la Kriegsmarine. Avant que les allemands du poste de garde avaient été en mesure d'intervenir, les deux patriotes réussissent à se perdre dans la foule sous la sauvegarde des F.T.P. qui eux-mêmes se replient sans anicroche. Marie Salou possède a son actif de résistante bien d'autres actes de bravoure comme cette prise de parole à la porte de l'Arsenal contre le depart des ouvriers pour le S.T.O. (service du travail obligatoire pour I' Allemagne) et sa responsabilité comme agent de liaison avec le Finistère Sud .....
Le 1er octobre 1942, à la veille de la rentrée scolaire, au retour d'une promenade avec sa fille Andrée, elle est arrêtée par la police de Vichy. Andrée sera recueillie, pendant la durée de la déportation de Marie, par la sœur de son mari, Goulven.
 
Arrestation et Déportation
C'est le début pour Marie Salou d'un long calvaire qui va la mener de Brest a Mauthausen, jusqu'à sa libération, le 24 avril 1945, par la Croix Rouge Internationale. Le 1er octobre 1942, des messieurs en chapeaux mous nous attendaient raconte Marie. Après une fouille en règle, ils n'ont rien trouvé, mais ils m'ont quand même embarquée. Le plus gros des arrestations eut lieu ce jour-là. Toute la police était sur les dents, même les agents de ville. Nous avons été répartis dans les différents commissariats de la ville de Brest, les hommes un moment à la prison de Pontaniou où j'ai vu les gendarmes, gantés de blanc, les y enfermer. Je n'y suis pas restée parce qu'on n'y gardait pas les femmes. Par la suite, nous avons été regroupés au Château d'où les hommes sont partis pour Rennes afin d'être interroges par la SPAC (Section de Protection Anticommuniste) lis en sont revenus bien amochés : Albert Abalain, son bridge cassé, Paul Le Guen les pieds écrasés etc. .. Conduites également à la Centrale de Rennes avec trois compagnes : Yvette Richard, Angèle Le Nedellec et Raymonde Vadaine, nous avons été nous aussi jugées par la SPAC et condamnées à cinq ans de prison. Le 18 avril 1943, nous avons été remises aux allemands et emprisonnées a la prison Jacques Cartier de Rennes où se trouvaient déjà des camarades hommes. Le 23 juillet, c'est le départ pour Fresnes avec une de mes compagnes. Là, dans une baraque qui servait de tribunal, nous avons été rejugées le 28 août et condamnées à mort, ainsi que 19 hommes qui seront fusilles le 17 septembre 1943 au Mont Valérien.
Après six mois passes à Fresnes, j'ai quitté mes compagnes de cellule. Le 23 décembre je partais pour l'Allemagne, Raymonde Vadaine m'avait devancée d'un mois. Le lendemain, 24 décembre, j'étais dans la prison de Karlsruhe, après avoir fait le voyage avec Capelle, une autre française, arrêtée pour avoir hébergé un déserteur allemand. II y avait aussi deux allemandes: Anne Roth, arrêtée pour avoir aide son fiancé à déserter (il faisait partie de la DCA de Guilers) II ne voulait pas servir Hitler. II s'est évadé, fut repris et fusillé, Anne condamnée à deux ans de prison. II y avait aussi Alma qui avait volé dans les colis destinés aux soldats partant pour le front russe.
Huit jours avant un convoi de françaises, était parti pour Lubeck. Le voyage avait duré trois mois. Je passais la nuit de Noël a Karlsruhe. Anne et Capelle sont allées à la Messe de Minuit et je suis restée avec Alma qui en a profité pour voler les provisions des autres. lci c'était le régime pois chiches bourrés de charançons. Nous sommes restées quatre jours à Karlsruhe qui était la plaque tournante vers les différentes destinations. Nous avons été transférées à Heildelberg ou je retrouvais plusieurs résistantes françaises qui étaient en Allemagne depuis déjà un bout de temps. On les baladait de prison en prison. II y avait Margot qui en état à sa 24ème prison et qui est morte depuis son retour. II y avait aussi Yvonne Muller, vendeuse aux Halles de Paris et une vieille dame de Bayonne.
Le 1er janvier 1944, j'étais à Francfort-sur-Main. Nous avons atterri dans une énorme pièce qu'ils appelaient Presidium. La vivaient depuis un certain temps quelques femmes russes dont deux étaient malades. Les autres allaient au travail dans la journée et rentraient le soir. Nous avons séjourné huit jours dans cette pièce ou les châlits étaient infectés par les poux, les punaises et les puces. Des que les SS arrivaient, iI fallait se ranger pour que la chambrière dise combien nous étions. Le matin nous avions un ersatz de café dans des gamelles toutes grasses puisque nous les lavions a l'eau froide. L'ersatz de café était accompagné d'une tranche de pain que nous frottions a l'ail.
A la suite de mille ruses nous avions réussi à ramasser une tête d'ail sur Ie quai de la gare d'Heildelberg. A midi nous avions une soupe de choux rouges, bien grasse elle aussi. Pour la nuit de la Saint-Sylvestre nous avons demandé de coucher sur les bancs et les tables, à cause des parasites. On nous avait répondu affirmativement, mais au milieu de la nuit les SS sont arrivés comme des fous, criant "Schnell in bet" (Vite au lit) en nous envoyant des coups de bottes. Avant de quitter ce fameux Présidium, avec quel soulagement, nous avons assisté à une scène affreuse. Une couverture avant disparu, une russe avait été soupçonnée de I'avoir volée pour s'en faire une jupe. Un matin arrivent les SS qui appellent la femme, la frappent tant et plus. Pour en finir lui jettent un seau d'eau en pleine figure et lui ordonnent de laver Ie parquet de la pièce qui faisait bien dix metres de long sur six mètres de large. De là, nous avons passé une nuit à Kassel dans la prison qui avait été bombardée. Ensuite, un train nous a conduites à Magdebourg. lci nous avons été séparées et je suis partie seule de mon bordo J'ai passé une nuit dans une baraque à Leipzig avec des hommes de plusieurs nationalites.
Ce fut ensuite Gueimenitz ou j'ai passé trois jours avec quatre allemandes, dont I'une avait été arrêtée, avec toute sa famille, parce que son frère, qui était sur Ie front russe, avait critique I'état-major du grand Reich dans son courrier Une russe était venue nous rejoindre. Elle venait soi-disant d'un camp de travail. Elle avait un de ces pochons à I'oeil. Elle portait une grosse veste matelassée, mais rien dessous. Comme j'avais des vêtements je lui ai passé des tricots et Ie soir, lorsque j'ai exprimé de coucher près d'elle, les allemandes m'en ont dissuadé en me disant que Ie lendemain cette femme serait tuée. Effectivement, elle est partie seule Ie lendemain. Je suis arrivée à Waldheim Ie 7 janvier 1944. Là, comme mes trois compagnes, j'ai été tondue. J'avais de longs cheveux, et pas de poux. La forteresse gardait les cheveux pour en faire de la bure. Lorsque la première est passée à la toise, nous I'avons entendue. Nous nous demandions ce qu'on lui faisait. Quand nous I'avons vue, Ie crane complètement rasée, les autres se sont mises à pleurer, et moi de les consoler en leur disant que ça ne faisait rien puisque nous serions bientôt Iibres. L'une d'elles avait plus de cinquante ans et n'était condamnée qu'à un an. Elle a tout de même passé à la toise. Je suis passée la dernière. lis me demandaient s'iI fallait Ie faire aussi a la "Frantzose" En me demandant ma peine, j'ai répondu ' A mort'. « Allez, vite aussi » fut la réponse. J'ai été mise en cellule toute seule, il faisait plusieurs degrés en dessous de zéro. Je pensais rester dans cette prison jusqu'à la fin puisque ma condamnation à mort avait été commuée en réclusion. La discipline était très dure. C'était une vieille prison, mais propre. N'empêche qu'il n'y avait pas mal de punaises. Toutes les semaines, je devais laver mon parquet à I'eau de lessive. Le linge aussi était changé chaque semaine. La nourriture était mangeable, mais pas suffisante. Nuit et jour, j'entendais les colonnes qui partaient au travail. De temps en temps, on me donnait des peaux de lapins qu'il fallait découper en tout petits morceaux afin de récupérer les poils ou j'enlevais l’arête des plumes de poulets.
Le 13 février, on est venu me chercher pour aller au bureau, puis au grenier, afin de récupérer mes vêtements. Au retour on me change de cellule. La gardienne me prévient de me tenir prête pour 6 heures Ie lendemain. Je me demande ce qui va se passer. Le lendemain en effet on me conduit au bureau. On me remet un pain et un peu de margarine. Après maintes discussions, un homme d'un certain age est arrive, un policier d'une soixantaine d'années. II m'ordonne de le suivre. Dehors il fait froid, on gelait, les enfants allaient à l'école en luge. Après quelques pas, nous sommes entrés dans un commissariat ou on m'a passé les menottes, et en route pour la gare ou il a fallu attendre Ie train. Avec mon gardien, nous avons voyagé dans les compartiments réservés au personnel des chemins de fer. Je ne comprenais pas grand-chose de ce que me disait mon gardien. II ne parlait qu'allemand, bien qu'il prétendait être natif de Metz. Les employés qui voyageaient avec nous lui ont demandé qui j'étais, ce que je faisais là. J'avais I'air bien, avec mon crane rasé et les menottes. Mon gardien leur disait que j'étais française et précisait pourquoi j'étais dans ce train. C'était de grosses et grandes exclamations "Oh,scheinerie" (cochonne) Les femmes enviaient mes bas, elles demandaient au gardien si j'en avais dans mon balluchon . Elles auraient bien voulu en prendre mais Ie gardien Ie leur refusa. A midi nous étions à Berlin. Pour traverser cette ville, nous avons pris Ie métro, dans Ie compartiment des ballots. Mon gardien s'y est d'ailleurs fait disputer pour y être entre.
Je regardais partout si je ne distinguais pas de visage connu, quelqu'un qui aurait pu m'aider à me lâcher de mon garde du corps. J'entendais parler français, peut-être des ouvriers de I'arsenal ,requis pour Ie S.T.O., mais hélas ! Nous avons repris un train pour Hambourg, ou après un nouveau changement, nous étions Ie soir même, vers 19 h à Lubeck. Nous avons pris un tramway pour se rapprocher du gasthaus (centre d'hébergement) qui était retiré de la ville et c'est la que mon 'cavalier' m'a laissée. Je retrouvais à nouveau une cellule glaciale, seule, avec seulement une couverture. Étant arrivée trop tard Ie soir , je n'ai pas eu de pain, mais Ie lendemain on m'a donné ce qui allait avec Ie pain, Ie "zulag" (repas) qui était un jour une cuillerée de confiture, un morceau de margarine ou un peu de petit sale que j'ai dû manger comme cela. Heureusement qu'il y avait de I'eau dans la cellule, car je crevais de soif. La soupe se composait surtout de rutabagas et pois cassés. Souvent des asticots surnageaient. Le lendemain après-midi, j'ai entendu les françaises qui allaient à la promenade. Au retour quelqu'un a frappé doucement à ma porte en me disant que des camarades que je connaissais étaient là, et que Ie soir, après la seconde cloche, il me faudrait vider I'eau de ma cuvette de water avec un chiffon et qu'a ce moment quelqu'un me parlerait. Ce que je fis et j'entendis des conversations dans tous les sens. J'appris ainsi que les françaises et les belges étaient nombreuses et travaillaient en atelier. Moi, dans ma cellule, je découpais des uniformes verts de gris, tout macule de sang et qui sentaient Ie "macchabée" à plein nez. Malgré cela, la nuit j'avais tellement froid que je m'en servais comme couverture Un jour, a la suite d'une dispute dans une cellule, on me transporta ailleurs afin de mettre à ma place une camarade qui, je crois avait perdu la tête. Je me retrouvais ainsi, avec trois campagnes qui, dans la journée, allaient aux ateliers et je restais seule. Un jour qu'ils nous avaient prêté un livre Assimil, j'ai appris la phrase" Je voudrais aller à I'atelier" Ce qui fut fait et là je confectionnais des sacs à provision, Ie moins possible évidemment. Les gardiennes, en général, n'étaient pas terribles, à part le chef nommée Jansen, qui était pendue au judas.
Le 9 mai, je suis partie en train, pour Cottbus. II faisait un temps splendide. Nous étions au moins 150, dans ce train. Nous avions presque I'impression d'être Iibres. Hélas! Nous avons passe une nuit dans la gare de Stettin qui avait été bombardée. Arrivées a Cottbus, nous avons retrouvé des camarades du convoi qui nous avait precédées lei, la nourriture était mangeable, mais peu copieuse. Dans la prison, nous travaillions en atelier à la confection de chemises d'hommes. Le pensum était de 7 chemises par jour, nous en faisions 7 par semaine. Nos gardiens étaient fous de rage. lis nous ont transférées à I'atelier de tissage ou avec des brins de jonc ou des feuilles de mars nous devions faire des boules. La encore, il nous était demandé une boule par jour. Nous la faisions dans la semaine, ce qui fait que nous étions privées de nourriture. Lors des promenades, nous devions ramasser des glands sous Ie chêne de la cour, ou les épluchures lorsque nous passions devant les cuisines. Pour finir, nous avons été gardées en cellule et nous n'avions plus droit aux promenades que de temps en temps, parce que nous étions au moins 300 françaises et que ça faisait un tel chahut ces sorties!
Nous étions cinq par cellule de trois Iits. Deux avaient Ie droit de coucher par terre, avec une couverture. C'etait des cellules à tinettes, nous avions un unique broc d'eau pour notre toilette. Nous devions nous laver toutes les cinq dans la meme eau et après la toilette c'etait Ie Iinge. Sur les six mois nous n'avons pas eu de Iinge de rechange. En juin 44, j'ai fait une otite carabinée qui a duré plus d'un mois. Un jour j'ai ete conduite au spécialiste, en ville, avec 39° degré de fièvre menottes aux mains. Le docteur avait décidé de me mettre à I'infirmerie, mais comme il n'y avait plus de place je n'y suis pas allée.
Nous avons quitté Cottbus début novembre, avec une gardienne que nous surnommions Villette.
Elle nous donnait souvent des nouvelles et nous souhaita bon courage en nous quittant. Nous allions dans un camp très dur. Des le depart nous en avons eu un aperçu. Nous étions rangées par cinq, sous la garde de la Wermacht. Pour ma part, mal rangée, j'ai reçu une bonne paire de claques. Le long du parcours nous avons chanté tout ce que nous avons pu : la Marseillaise, l'lnternationale, et tous les chants patriotiques de chez nous. Nos gardiens nous disaient: « Chantez, ce soir vous déchanterez. » En effet, dans la nuit, nous avons débarqué en pleine campagne.
RAVENSBRÜCK
Le 9 mars 1944, nous étions à Ravensbruck. C'est là que me fut attribué Ie numéro 85225 de ma déportation. Aussitôt rangées par cinq et en colonnes nous sommes entrées dans ce camp, dont nous apercevions au loin les lumières. A cette heure tardive, des colonnes de prisonnières partaient au travail. Nous avons fait une pause devant les douches, puis nous y avons été enfermées, entassées. Dans la nuit il y a eu des bombardements. Avant Ie jour les "kubels" (récipients) débordaient. Nous étouffions et étions malades avec les odeurs. Aussi, au petit jour, les portes s'étant ouvertes, quel soupir de soulagement. Hélas ! C’était pour voir des choses de plus en plus horribles. Comme ils n'avaient pas Ie temps de s'occuper de nous, ils nous ont plaquées dans une tente immense, d'au moins 400 mètres carrés où se trouvaient plusieurs centaines de hongroises dont plusieurs avaient déjà perdu la tête. Puis nous avons fait des kilomètres à pied et ensuite sur des wagons découverts. Vers 11 heures, ils se sont décidés à nous donner une soupe. Ensuite de fut une nouvelle pose devant les douches, à I'entrée du camp. Nous étions près du cabanon ou étaient enfermées les folies. De là, nous avions vue sur la morgue ou nous voyions arriver des cadavres entravés, sur des charrettes a bras .. Nous sommes restées là, jusqu'à la nuit, sans que personne, s'occupe de nous, puis ramenées à la tente ou deux femmes se promenaient avec un bâton, pour mettre de "I'ordre" si besoin était. Nous étions épuisées et il nous fallait dormir à même Ie sol. II y régnait une odeur infecte. Le lendemain nous avons été reconduites devant les douches, toute la journée, avec seulement une soupe dans Ie ventre. Cette fois, dans la soirée, nous sommes passées à la douche, par groupes. On nous mettait nues afin de nous enlever nos affaires personnelles et on nous donnait de vielles frusques à la place. En plein mois de novembre, je recevais une chemise à fleurs en crêpe de chine artificiel, une jupe de coton bayadère et un manteau avec une croix blanche dans le dos, car c'était une régie pour toutes. Ensuite nous avons été dirigées vers Ie bloc 32 et réparties en colonnes de travail pour Ie lendemain. Le lever avait lieu à quatre heures du matin, souvent par 25° ou 30° degrés au-dessous de zéro, et après avoir bu une espèce de lavasse appelée café, il nous fallait monter sur Ie "lager strass" (Ia grande rue) pour I'appel qui durait jusqu'au petit jour. Nous devions nous ranger, la "blockova" (Ia surveillante) nous comptait et nous devions attendre que les SS viennent contrôler. Pendant ce temps nous essayions de nous réchauffer en tapant du pied. Après cet appel il fallait rejoindre sa colonne en nous cachant Ie visage afin d'apparaitre plus vieilles pour éviter la corvée. Ces fameux wagons arrives, à I'extérieur du camp, nous avions bien 800 mètres de marche a pied pour nous y rendre. Certains allaient au sable, d'autres au 'betrieb' (atelier de couture) Moi je faisais partie des 'wagons'. Le travail consistait à tirer les produits des rapines qui venaient des pays de l'Est. Nous y trouvions les objets les plus hétéroclites: des équipements militaires, capotes, bidons, chaussures, machines à écrire, machines à tricoter, vêtements, literie, porcelaine, cristaux. II y avait un hangar pour ranger chaque catégorie d'objets. Par exemple, pour la literie, il y en avait sur une longueur de 500 mètres au moins. Parfois nous trouvions, enfoui dans un tapis de table noué aux quatre coins, un tricot commencé. C’était du linge que I'on sentait, entassé à la hâte par quelques réfugiés.
Je me rappelle, un jour nous avons trouvé des gamelles militaires, presque toutes neuves. Je m'étais promis d'en prendre une, à la place de ma vieille. J'attendais la soupe, quant tout à coup je sens qu'on me l'arrache des mains et aussitôt je reçois un violent coup sur la tête. L'instant d'après, je me tourne vers une camarade qui portait des lunettes, qui lui étaient indispensables. Je m’inquiète de savoir s'il lui était arrivé le même coup. Or, elle aussi avait change sa gamelle et le SS qu'on appelait "Ie fou" lui avait assené un coup également et cassé ses lunettes. Le soir, tard, nous rentrions au camp ou il fallait passer à la fouille. Souvent nous ne pouvions pas nous défaire tellement nous avions les mains engourdies par le froid. Après la fouille, nous avions quelquefois une tranche de pain et un rond de saucisson, en rentrant au block une soupe et un nouveau morceau de pain. Notre réconfort, c'était quand Marie-Claude ou Danielle venaient nous donner des nouvelles. Avant de se coucher, il fallait faire la grande toilette, à I'eau glacée, car le matin c'était impossible. II ne fallait pas se laisser gagner par la vermine.
Vers février 45, les russes approchant, nos gardiens étaient sur les dents. II y avait de l’énervement dans I'air. Pendant plusieurs jours, ils nous ont fait passer sur le "lager strass" des journées entières, avec notre balluchon, prêtes a partir. Nous étions un peu inquiètes. Le soir on rentrait au block. Un jour, dans I'après-midi, nous en avions marre et nous sommes rentrées au block par les fenêtres. Mal nous en a pris. Aussitôt entrées, la "stoupova" nous en faisait sortir, avec son baton et dehors le SS que l'on appelait 'le marchand de vaches' parce que c'était lui qui préparait les colonnes de transport, nous attendait pour nous taper dessus à coups de planches et nous faisait remonter à la pose. Un après-midi, nous passions devant le block quand nous vîmes un SS s'en prendre à une grand-mère bretonne, la tabasser tant et plus. Notre camarade lui tenait tête en lui disant : « Vous en faites pas, bientôt ce sera votre tour»
 
MATHAUSEN
Début mars, c'est un nouveau départ. Je me réjouissais, bien que nous que nous sachions que ce serait de plus en plus dur. Je disais aux camarades: « Ne vous tracassez pas, c'est un nouveau pas vers la Iiberté.» Malheureusement, combien ne I'ont pas connue cette Iiberté? Après avoir été parquées dans un block pour la nuit, nous avons rejoint la voie ferrée pour monter dans des wagons à bestiaux, 70 par wagon. Nous avons reçu pour le voyage: un pain, un morceau de margarine et du saucisson. Ce voyage dura cinq jours et cinq nuits. Aussi, il y avait longtemps que le pain était dans les talons avant I'arrivée. Ce fut un voyage infernal. Nous devions uriner dans nos gamelles, les dysentériques de même. Nous avons été bombardés de nuit. Pour ma part, j'ai réussi a dormir une seule nuit, pendant ces cinq nuits. J'ai cru devenir folle. Aussi, quand j'ai entendu les beuglements annonçant l'arrivée, quel ouf! Hélas, dans plusieurs wagons, il y avait des morts. Nous apprenions, en arrivant, que nous étions a Mathausen. Le sol était recouvert de neige. Nous avions une bonne marche à faire et Ie tout dans une montée. II a été proposé que les malades montent en camion. Les plus fatiguées se sont armées de courage et ont pris la route. Nous n'avions pas fait 200 mètres que certaines commençaient à tomber. Des que I'une tombait un SS approchait. D'une balle silencieuse, il I'abattait et repartait. Enfin nous avons aperçu sur les collines les lueurs du camp. II était peut-être minuit et nous avons attendu jusqu'à I'après-midi devant les cuisines.
Heureusement, je ne sais par quel subterfuge, les cuisiniers qui étaient espagnols pour la plupart, avaient réussi a nous donner un peu de café chaud. Nous sommes ensuite passées aux douches, entre une haie de SS et de capots qui nous mettaient un grand K dans Ie dos, de celles qui leur paraissaient mal en point, puis badigeonnaient les endroits pileux d'un produit désinfectant. Je ne vous raconte pas la scène, d'autres I'ont fait avant moi. Nous sommes sorties de la, habillées d'un caleçon long et d'une chemise d'homme. Nous avons été placées en quarantaine, sous la garde de tziganes. Pendant la soupe, elles organisaient une certaine pagaille, ce qui amenait une trentaine de françaises à ne pas en avoir. Quand les vêtements arrivaient de I'étuve, elles les resquillaient si bien qu'i1 y avait plusieurs camarades qui sont restées en caleçon un certain temps. Des fois, au milieu de la nuit, on nous appelait encore pour la douche.
Dès notre arrivée, ils ont formé un transport pour malades. Gardées dans un block, parquées comme des betes, elles y sont restées quelque temps et réexpédies à Bergen- Belsen. Sur 300, 3 seulement sont rentrées en France. Dans Ie block où nous étions, les premières ont réussi a avoir un lit, les dernières, couchant à même Ie sol. Pour ma part, j'étais entre deux camarades, têtes bêche. Le 19 mars, nous avons été appelées pour former soi-disant un commando des champs. Bien que plutôt méfiantes, nous envisagions la possibilité de pouvoir manger des légumes. Le lendemain 20 mars, nous avons été réveillées à quatre heures du matin, et au sortir du block installées sur un "lager strass". Quelle ne fut pas notre surprise de nous voir encadrées par des civils, les fusils braqués sur nous. On se demandait si c’était des prisonniers. II y en avait un tous les deux mètres, des vieux et des jeunes, nous avons su que c’était la "volkstum". Nous sommes descendues, cinq par cinq, à pied, jusqu'à la gare de Mauthausen. II y avait aussi une colonne d'hommes. Nous étions environ 200 femmes et 80 hommes. Puis nous avons pris Ie train, debout tout Ie long. Celles qui savaient I'allemand essayaient de deviner ou nous allions, mais motus. Nous avons traversé Ie Danube, et des kilomètres après nous nous disions que I'on ne retournerait sans doute pas au camp. Mais à la gare d' Amsteten, nous sommes descendues et la nous ont remises une pelle et une pioche à chacune d'entre nous. II s'agissait de déblayer les voies de chemin de fer bombardées la veille et recouvertes de glaise. Moins d'une heure apres avoir commencé à déblayer, c'était une alerte. Le bombardement a duré quatre heures. Nous avons du nous réfugier dans un bois. Les bombes tombaient sur la gare et hélas! Les deux dernières étaient pour nous. Le petit bois a été complètement retourné. Nous entendions crier les camarades "Adieu, adieu". Quand nous avons pu relever la tête, c'était un triste spectacle. Certaines étaient en charpie à la cime des arbres, dont une Olga, rescapée d' Auschwitz. Yvonne, de Bordeaux, avait Ie bassin fracture. La petite Rosette (Therese Rigaut) et moi nous nous sommes dépêchées de gratter la terre avec nos mains pour déterrer les compagnes qui étaient ensevelies, dont une petite roumaine, Berthe, ancienne elle aussi d' Auschwitz Elle avait des côtes fracturées et elle s' en est tirée. II y avait aussi deux soeurs belges qui étaient déjà toutes violacées ainsi que Yvonne Kieffer. Nous avons eu 90 tués. L'alerte terminée, les habitants de I'orée du bois sont venus et ils ont fait boire du schnaps à certaines. Ce jour la, nous sommes rentrées tard au camp, après un voyage très pénible. Les mortes ou mourantes étaient arrivées avant nous. Nous avons vu descendre les corps au crématoire. Quelques jours après, il y eut un moment d'affolement. C'était appel sur appel, ils ne savaient pas au juste combien il y avait de manquants. Pendant ce temps, au camp, ils ont voulu une colonne pour nous remplacer Ie lendemain, mais ayant su que nous avions été bombardées, elles ont protesté. Elles ont été menacées d'être enfermées dans la salle de douches et fusillées. Ce fut une grande panique parce qu'elles ont cru qu'on allait les gazer, mais tout s'est passé sans anicroches.
Quand tout a été remis en ordre, une partie des camarades a été gardée au camp, et le plus grand nombre descendu dans une horrible carrière ou nous nous couchions à même le sol, sauf les blessées du bombardement qui avaient droit à une paillasse. Nous logions dans une grande baraque, entourée d'un ruisseau, à I'orée d'un petit bois, ou nous avions des biches comme voisines. Dans I'obscurité, à la moindre alerte, lorsqu'il fallait se lever pour aller faire ses besoins, on marchait sur des blessées. Les dernières nuits, on ne pouvait même pas s'allonger. Le matin, avant de commencer Ie travail, il fallait sortir de cette carrière, marcher et rentrer au camp pour défiler, en rang, devant ces messieurs.
CROIX ROUGE INTERNATIONALE
Nous sommes revenues sur les lieux du travail qui consistait à ramasser des pommes de terre pour les mettre dans des caves. Nous les transportions à deux à I'aide de ' draguers' ( petites caisses a brancard). C'était un travail éreintant, surtout que le soir il fallait monter au camp pour la fouille. Heureusement, sur Ie travail nous pouvions manger des pommes de terre ou du pissenlit. Un jour, nous avons même découvert un silo de betteraves pour vaches, mais elles n'étaient pas faciles a manger.
A la mi-avril Nous avons appris par les groupes résistants clandestins du camp que la croix internationale était sur les Iieux. Nous avons eu un espoir lorsque les norvégiennes et les hollandaises sont parties. Cependant, la vie devenait de plus en plus pénible. La nourriture diminuait toujours et Ie crématoire marchait à plein. Lorsqu'il nous arrivait de sortir la nuit, nous voyions de longues flammes s'élancer dans le noir et cette odeur de viande grillée qui nous remplissait les narines. Le 22 avril, nous étions descendues au sillon, comme d'habitude. Dans I'après-midi, nous avons vu une voiture s'arrêter près de nous, un homme en descendre et annoncer à une camarade qui se trouvait sur la route que le lendemain nous serions rapatriées. Aussitôt, plusieurs laissèrent éclater leur joie, à la grande colère des SS bien entendu. Un d'entre eux assena une bonne paire de claques à celle qui se trouvait la plus près de lui. Les plus sages continrent leur joie, car il fallait toujours se méfier. Au retour du travail, nous avons vu monter les malades au camp. Nos gardiennes SS avaient disparu, elles devaient se cacher. Nous sommes partis à la douche. Pendant que nous attendions notre tour, nous avons vu passer devant nous, un groupe d'hommes nus, plutôt des squelettes qui montaient du petit camp. lis étaient recouverts d'une simple couverture et allaient sûrement à la chambre a gaz.
Plus près de nous quelques prisonniers étaient là Ie visage tourné vers le mur et bien surveillés.
Nous avons réussi à savoir qu'ils y étaient depuis plusieurs jours, sans manger. C’était des Alsaciens et de Lorrains qui avaient refusé de porter I'uniforme allemand. Après la douche, retour à la carrière. Le lendemain matin, nous sommes montées au camp ou nous avons attendu à nouveau dans la salle de douche. Enfin, nous avons été conduites au terrain de sport (qui servait évidemment aux SS) De là nous avons vu arriver toute une colonne de camions de la Croix Rouge Internationale dans lesquels sont montées les plus pressées. Faute de places, plusieurs d'entre nous n'ont pu y grimper. Désespérées, nous sommes retournées à la salle de douche et I'après-midi d'autres camions sont arrivés pour nos prendre. II nous a été distribué du pain à la sciure de bois et du pâté confectionné avec les vieux chevaux malades, couverts de plaques, que nous avions vu revenir du front russe. Nous avons protesté et nous avons obtenu qu'il nous soit distribué du pain des SS et du saucisson mangeable. Nous avons traversé une grande partie de I' Autriche en car, de jour et de nuit. Le 24 avril au matin, les cars sont montés sur Ie bac qui traverse le lac de Constance.
Aussi, c'est avec un Ouf ! de soulagement que nous avons posé nos pieds sur le sol Suisse, car jusque la nous n'étions sures de rien. Dans ce pays d'accueil, nous avons été bien reçues sur Ie quai. II y avait presque une infirmière pour chacune. Nous avons passé une visite médicale.
Celles jugées incapables de continuer le voyage sont restées en Suisse ou plusieurs, hélas, sont mortes.
Voila un résumé de mon parcours à travers I'univers concentrationnaire. J'aurais beaucoup à ajouter. Je voudrais pouvoir oublier, mais c'est impossible quand nous voyons tant de camarades laissées derrière nous. Pour que ceci ne se renouvelle pas, noud devons crier bien fort ce qui s'est passé. Nous n'avons pas lutté contre le nazisme, contre la mort, pour voir ce qui se passe aujourd'hui.
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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 08:19
« Si le préfet l’avait rencontré, il aurait compris. Je ne saisis pas pourquoi la décision n’arrive que maintenant, c’est brutal. Aly est très respectueux et on aimerait tous avoir un enfant comme lui. Je ferais tout pour qu’il réalise son rêve » - Photo de Aly Niakité, Ouest-France

« Si le préfet l’avait rencontré, il aurait compris. Je ne saisis pas pourquoi la décision n’arrive que maintenant, c’est brutal. Aly est très respectueux et on aimerait tous avoir un enfant comme lui. Je ferais tout pour qu’il réalise son rêve » - Photo de Aly Niakité, Ouest-France

Ouest-France

PORTRAIT. À 21 ans, Aly Niakaté se bat pour travailler dans le pays de Morlaix

Aly Niakaté, originaire du Mali, est arrivé dans sa famille d’accueil en décembre 2016, à Landivisiau (Finistère). Le jeune homme souhaite aujourd’hui devenir électricien et veut passer un BTS en alternance. Mais la préfecture refuse de lui accorder un titre de séjour et il est menacé d’expulsion. Une mobilisation de soutien a été organisée devant la mairie de Morlaix, ce vendredi 23 juillet 2021.

À 21 ans, Aly Niakaté se bat avec son entourage pour que le préfet lui accorde un titre de séjour. Sans cela, il ne pourra pas passer son BTS en alternance d’électricité et devra quitter la Bretagne. | OUEST-FRANCE

« Dans mon village, il n’y a pas d’électricité. C’est quelque chose qui me parle : j’ai envie de faire ce métier, mais je suis bloqué », raconte Aly Niakaté, les yeux pétillants. Autour de lui, ce vendredi 23 juillet 2021, une trentaine de personnes mobilisées devant la mairie de Morlaix (Finistère), pour que la préfecture lui accorde un titre de séjour.

Sans ce précieux sésame, l’avenir breton du Malien cesse immédiatement. « J’ai été pris dans un BTS en alternance en électricité. Le centre de formation est à Brest et il y a même un patron, à Landivisiau, qui est prêt me faire travailler », poursuit le jeune homme de 21 ans. Sous le coup d’une OQTF (1) en décembre 2020, le tribunal administratif de Rennes a rejeté ensuite son recours, le 17 juin 2021. Il a fait appel, mais la décision rendue par la cour de Nantes peut prendre du temps. En attendant, il ne peut rien faire : pas de papier, pas de travail.

En France depuis cinq ans

Aly Niakaté est arrivé en septembre 2016, à Paris. Mineur, il a été pris en charge par l’aide sociale de Pontoise (Val-d’Oise), et a dû s’installer en foyer. « J’ai fait des tests pour qu’on puisse évaluer mon niveau scolaire. Au bout de trois mois, il n’y avait pas de place pour moi. C’est comme ça que je suis arrivé en famille d’accueil à Landivisiau. »

L’adolescent déboule en milieu d’année scolaire en troisième à Kerzourat. Le wagon est compliqué à raccrocher, essentiellement à cause de la langue. « Il connaissait trois mots de français. Quand on l’aidait pour les devoirs, j’ai compris que c’était ça qui l’empêchait, sinon il avait tout compris. Il s’est accroché », reconnaît Christophe Queguiner, son « père d’accueil ». 

« On aimerait tous avoir un enfant comme lui »

Ce dernier ne dort pas bien depuis qu’Aly Niakaté est menacé d’expulsion. « Si le préfet l’avait rencontré, il aurait compris. Je ne saisis pas pourquoi la décision n’arrive que maintenant, c’est brutal. Aly est très respectueux et on aimerait tous avoir un enfant comme lui. Je ferais tout pour qu’il réalise son rêve », poursuit Christophe Queguiner.

Ce rêve, Aly Niakaté le touche du doigt. Il a décroché, avec mention bien, son bac professionnel. Amplement mérité, selon Katell Grall, sa professeure de lettres et d’histoire à Tristan-Corbière, à Morlaix. « Il est impliqué, a suivi une scolarité exemplaire. Il veut juste pouvoir travailler ici maintenant », souligne l’enseignante, tout en tenant la banderole fait main « Un titre de séjour pour Aly », plantée sur la place des Otages.

Parmi ses soutiens, le jeune homme navigue comme un poisson dans l’eau. « J’ai toute ma vie ici. Mes amis sont devenus des frères. Cinq ans ici, ce n’est pas rien ! » Il veut désormais rendre ce que la France lui a donné, sans être abandonné.

Les personnes rassemblées se donnent rendez-vous tous les vendredis, à 18 h 30, devant l’hôtel de ville de Morlaix. La balle est dans le camp de la préfecture, qui « ne communique pas sur les situations individuelles ».

(1) Obligation de quitter le territoire français

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/portrait-a-21-ans-aly-niakate-se-bat-pour-travailler-dans-le-pays-de-morlaix-77e5603a-ebd9-11eb-92f0-c74dbb2b339d

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 13:18
Yvonne Ropars, dite Suzanne, résistante communiste brestoise (photo d'Yvonne Ropars trouvé sur le site https://www.resistance-brest.net)

Yvonne Ropars, dite Suzanne, résistante communiste brestoise (photo d'Yvonne Ropars trouvé sur le site https://www.resistance-brest.net)

Angéline Dollet et Yvonne Ropars

Angéline Dollet et Yvonne Ropars

Yvonne Ropars est née le 22 novembre 1914 à Guissény, deux ans après son frère Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien en tant que résistant communiste brestois le 17 septembre 1943. Elle a 26 ans au début de l'occupation. La déclaration de guerre a été ressenti avec horreur pour Yvonne, sa mère, née Le Roy à Guissény (décédée à Brest en 1966) et son frère Joseph, ancien engagé de la Marine Nationale devenu ouvrier communiste à l'Arsenal de Brest. Les trois avaient la crainte que d'autres jeunes aient à subir ce qu'ils avaient subi lors de la grande guerre de 14-18: la mort d'un mari et d'un père tué pendant la bataille de la Marne en septembre 1914, des trois oncles maternels et frères de la mère d'Yvonne: J.M Le Roy, Gabriel Le Roy, et J-L Le Roy, ainsi que d'un oncle paternel.   

Dès 1940, Yvonne, sensibilisée aux idées communistes et cégétistes de son frère Joseph, éprouve du dégoût pour Vichy et son gouvernement, qui se sont mis à disposition de l'envahisseur. Elle ne rentre dans la Résistance qu'en octobre 1942. Joseph, son frère, entré à 14 ans dans les pupilles de la Marine, puis à 15 ans et demi à l'école des mousses, engagé à 16 ans pour une durée de 8 ans, puis ayant repris son travail une fois démobilisé comme réserviste à l'arsenal de Brest, était lui rentré dans la résistance dès 1940. Il apportait à Yvonne et à sa mère des tracts pour les plier et des souscriptions (collecte d'argent afin de venir en aide à la résistance). Joseph est arrêté en octobre 1942. Peu de temps après, le hasard avait fait entré Yvonne Ropars en contact avec une FTP dont le mari avec été arrêté. Par elle, elle connut d'autres communistes clandestins. Yvonne alla à ce miment coller des affichettes patriotiques pour le PCF, mettre des tracts dans les boîtes aux aux lettres, et elle collectait de l'argent pour le Secours Populaire. Avec sa mère, elle hébergeait des camarades résistants recherchés par la police à leur domicile, qui servait de planque. Trois de ces camarades, pris par la police, ont été fusillés, dont l'un en même temps que son frère Joseph Ropars. La cave de Yvonne, dite Suzanne dans la clandestinité, servait de dépôt d'armes et de munitions (grenades, revolvers 6/35 et 7/65) et de matériel (une ronéo pour imprimer des tracts). Yvonne a surtout travaillé avec des communistes, mais, dira t-elle dans son témoignage, des années plus tard, si le hasard l'avait fait rencontrer d'autres groupes de résistance, elle aurait agi de même. Elle a d'ailleurs servi d'agent de liaison entre les FTP et le mouvement "Défense de la France". Avec sa mère, suite à l'emprisonnement de son frère Joseph, elle est allée au fort d'Ivry en région parisienne afin de voir son frère avec la sœur d'Albert Rolland, qui avait le même avocat commis d'office par la justice de Pétain que Joseph Ropars, et pour prendre contact avec l'avocat allemand commis d'office chargé de la défense des Résistants emprisonnés.

Celui-ci leur apprit qu'ils venaient d'être fusillés au Mont Valérien le 17 septembre 1943 et leur confia: "avec les dossiers que les policiers français nous ont transmis, leur cause était perdue d'avance". Yvonne Ropars dira:

"Je pense que cet Allemand était un anti-nazi. Il savait que mon père avait été tué en 1914, et il a dit que le sien avait été tué lors de cette même guerre. Je lui ai demandé comment nous serions officiellement avertis des exécutions, il m'a répondu "par la police sans doute". J'ai ajouté "surtout que la police ne mette pas les pieds chez nous". Il a dit "vous ne trouvez pas que vous avez assez donné, votre père, votre frère...". Il a dit: "Plus tard, vous le vengerez!". Ma mère nous a jamais inculqué la haine à l'encontre du peuple allemand".  

En 1944, les F.T.P se préparent aux combats de la Libération en organisant des unités combattantes. Sur le principe de sections de combat, appelées ici détachements, les groupes sont formés par rattachement géographique. Yvonne Ropars, dont le pseudonyme est Suzanne, devient le numéro 153 et se voit affecter au détachement Fraternité, groupe Monot. À la déclaration du siège de la ville, le 7 août 1944, elle rejoint la base F.T.P de la rue de la République et sert d’agente de liaison. Quelques jours après, cette cache est abandonnée, l’effectif se répartissant alors en trois maisons à Saint-Martin. Yvonne Ropars pour sa part, rejoint le 13 rue de la rue Coat-ar-Guéven avec sept ou huit camarades, dont Joseph Laot.

Le manque d’armes est flagrant et des pourparlers sont en cours avec les FFI pour obtenir une dotation. Finalement, les parachutages prévus pour équiper les brestois n’ayant pas eu lieu, les tensions qui ne demandaient qu’à éclater refont surfaces. Le siège de la ville et l’évacuation générale de celle-ci dans la première quinzaine d’août 1944, désorganisent complètement les plans déjà fébriles de la Résistance. Yvonne Ropars et ses camarades évacuent la ville et se reforment à Plouarzel, laissant derrière elle son groupe qui a refusé l’ordre d’évacuer et qui se regroupe sous l’appellation Groupe-Franc Marc Pour sa part, Yvonne Ropars intègre la Compagnie FTP Michel. Au sein de cette unité, elle participe aux combats de réduction de la poche du Conquet comme agente de liaison, notamment à la prise de Kervélédan où elle joue le rôle d’éclaireuse. Son unité est ensuite engagée durant la fin des opérations du siège de Brest.

Yvonne Ropars et son amie Eliane Goasguen ont fait partie d'un groupe FTP brestois. Dans les combats de la libération: 3 jeunes hommes, surpris par les Allemands rue Coat-ar-Guéven, pendant le siège de Brest, ont été fusillés sur place. Elles les avaient quitté quelques jours auparavant pour le maquis de Kergroadès. Là, Yvonne et Eliane ont participé au côté des FTP à la prise du camp de Kervélédan, occupé par les Allemands, solidement retranchés. Elles avaient fait la reconnaissance au préalable du terrain. 

Yvonne Ropars travaillait comme vendeuse dans une maroquinerie rue de Siam pendant la guerre, et ensuite à la SNCF et à l'économat.

Elle avait beaucoup de gaieté, de joie de vivre.

Elle est restée une militante communiste et cégétiste fervente et a confié une partie de ses documents à Claudie Quillec, la fille de sa camarade de résistance Angéline Dollet, qui nous les a transmis.

Sources:

Témoignage de Yvonne Ropars à Raphaël Guillou, de l'Anacr 29.          

Gildas Priol: https://www.resistance-brest.net/article2583.html

Eugène Kerbaul, 1640 militants du Finistère

Documents transmis au Chiffon Rouge et à Ismaël Dupont par Claudie Quillec, la fille d'Angéline Dollet, amie et camarade de Yvonne Ropars, dite Suzanne

Lire aussi:

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 92/ Angéline Dollet dit "Yvette" née Yvinec

Résistance communiste finistérienne - la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943 avec 18 autres camarades finistériens

 

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 109/ Pierre Plassart (1912-1983)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère : 108/Jean Baudry (1901-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 107/ Aline de Bortoli (1908-2004)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 106/ Louis Departout (1916-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 105/ Charles Vuillemin (1918-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 104/ Louis Le Guen (1907-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 103/ Louis Hémeury (1911-1999)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 102/ Jean Autret (1891- 1974)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes dans le Finistère: 101/ Yvette Castel

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 100/ Simone Moreau (1908-1962)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 99/ Francine Poulichet (1918-2014) et Christophe Poulichet

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes: 98/ Rosine Kersulec (1894-1985)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 97/ Marie Mahé (1911-2000)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 96/ Germaine Le Lièvre, Geneviève dans la résistance brestoise (1911-1945)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 94/ Marie Miry née Calvarin (1905-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 93/Virginie Bénard (1920-2014)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 92/ Evangéline Dollet dit "Yvette" née Yvinec

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 91/ Joseph Laot (1920-2001)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 90/ Les fusillés de Lesconil, de la Torche et de Poulguen (Juin 1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 89/ Théo Le Coz (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 88/ René Lijour (1900-1979) et Lucie Lijour, née Le Goff (1909-1986)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 87/ Eugène Le Bris (1913-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 86/ Alphonse Duot (1874-1964)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 85/ Alain Signor (1905-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 84/ Marc Scouarnec (1894-1968)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 83/ Germain Bournot (1915-2007)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 82/ Michel Nédelec (1940-2009)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 81/ Eric Texier (1902-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 80/ Théophile Kerdraon ( 1891-1984)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 79/ André Guéziec (1922-1941)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 78/ Jean Kérautret (1918-1942) et Vincent Guivarc'h (1918-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 77/ Emile Le Page (1922-1942) et Pierre Jolivet (1921-1942)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 76/ Louise Tymen (1925-2015)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 75/ Yves Giloux (1921-1943)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 74/ André Garrec (1922-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 73/ Frantz Boucher (1924-1944)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 72/ François Echardour (1925-1988)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 71/ Marie Le Manchec (1914-1999)

100 ans d'engagements communistes en Finistère: 70/ Charles Moigne (1894-date de décès inconnue)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 69/ Jean Le Tréis (1884-1970)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 68/ François Tanguy (1925-1987)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes: 67/ François Tournevache (1919-1993)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 66/ Jos Quiniou (1900-1976)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 65/ François Gaonac'h (1901-1978)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 64/ Paul Lespagnol (1949-2003)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 63/ Jean-Marie Le Scraigne (1920-2016)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 62/ Le docteur Tran

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes en Finistère: 61/ Jean-Marie Plonéis (1934-2018)

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 60/ Guillaume Bodéré

1920-2020: Cent ans d'engagements communistes dans le Finistère: 59/ Pierre Salaun

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 58/ Guy Laurent (1940-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 57/ Eugène Kerbaul (1917-2005)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 56/ Pierre Cauzien (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 55/ Albert Jaouen (1909-1976)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 54/ Pierre Hervé (1913-1993)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 53/ Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier (1910-2007)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 52/ Yves Le Meur (1924-1981)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 51/ Jean Burel (1921-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 50/ Jacob Mendrès (1916-2012)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 49/ Henri Tanguy dit Rol-Tanguy (1908-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 48/ Carlo de Bortoli (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 47/ Robert Jan (1908-1987)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 46/ Denise Roudot (1933-2002)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 45/ Paul Le Gall (né en 1925)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 44/ René Le Bars (1933-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 43/ Louis Le Roux (1929-1997)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 42/ Pierre Corre (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 41/ Daniel Le Flanchec (1881-1944)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 40/ Joséphine Pencalet (1886-1972)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 39/ Sébastien Velly (1878-1924)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 38/ Edouard Mazé (1924-1950)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 37/ Guy Liziar (1937-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 36/ Henri Moreau (1908-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 35/ Alphonse Penven (1913-1994)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 34/ Michel Mazéas (1928-2013)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 33/ Pierre Guéguin (1896-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 32/ Jean-Louis Primas (1911-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 31/ François Paugam (1910-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 30/ Angèle Le Nedellec (1910-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 29/ Jules Lesven (1904-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 28: Raymonde Vadaine, née Riquin

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 27/ Jeanne Goasguen née Cariou (1901-1973)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 26/ Gabriel Paul (1918-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 25/ François Bourven (1925-2010)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 24/ Yves Autret (1923-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 23/Pierre Jaouen (1924-2016)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 22/ André Berger (1922-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 21/ Joseph Ropars (1912-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 20/ Paul Monot (1921-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 19/ Jean-Désiré Larnicol (1909-2006)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 18/ Jean Le Coz (1903-1990)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 17/ Alain Cariou (1915-1998)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 16/ Jean Nédelec (1920-2017)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 15/ Alain Le Lay (1909-1942)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 14/ Pierre Berthelot (1924-1986)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 13/ Albert Abalain (1915-1943)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 12/ Andrée Moat (1920-1996)

1920-2020: cent ans d'engagements communistes en Finistère: 11/ Jean Le Brun (1905-1983)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 10/ Denise Larzul, née Goyat (1922-2009)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 9/ Pierre Le Rose

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 8/ Marie Salou née Cam (1914-2011)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 7/ René Vautier (1928-2015)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 6/ Denise Firmin née Larnicol (1922-2019)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 5/ Fernand Jacq (1908-1941)

1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 4/ Corentine Tanniou (1896-1988)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 3/ Albert Rannou (1914-1943)

1920-2020 - 100 ans d'engagements communistes en Finistère - 2/ Marie Lambert (1913-1981)

Yvonne Ropars, Arthur Baron et Marie Salou, résistants FTPF, ne veulent pas que la face obscure de l'histoire du Château de Brest soit oubliée.

Yvonne Ropars, Arthur Baron et Marie Salou, résistants FTPF, ne veulent pas que la face obscure de l'histoire du Château de Brest soit oubliée.

Article Le Télégramme, 13 février 2001

Le Château fut aussi la geôle des résistants

« L'histoire du Château de Brest pendant la guerre a été oubliée. Nous voudrions que quelque chose rappelle aux visiteurs le sort de la quarantaine de résistants brestois qui y ont été emprisonnés », disent Yvonne Ropars et Marie Salou. L'une a perdu son frère, l'autre a échappé de peu au peloton d'exécution.

Marie Salou avait 28 ans lorsqu'elle a connu les geôles du Château de Brest avec 19 autres résistants brestois, qui furent tous fusillés au Mont Valérien le 17 septembre 1943.

Tentative d'évasion

Marie et Yvonne témoignent encore d'un passé qui tend à sombrer dans l'oubli, même si une plaque installée dans le jardin de la rue Georges-Melou vient rappeler aux passants le nom de ceux qui sont morts. Mais c'est toujours la même émotion qui submerge Yvonne Ropars lorsqu'elle évoque la mémoire de son frère Joseph, arrêté avec les autres membres de ce groupe de FTPF, les communistes résistants. Joseph avait fait sauter une maison occupée par des Allemands, d'autres avaient saboté des installations à l'arsenal, beaucoup rédigeaient et distribuaient des tracts. «Lorsque Joseph était emprisonné au château, j'allais à l'heure de midi devant l'entrée, au niveau des tourelles pour l'apercevoir furtivement. Parfois certains agents de police étaient chics et me prévenaient de la présence d'un commissaire. Alors je m'éloignais un moment». Un jour, elle aperçoit son frère les mains liées, il lui apprend que ses pieds aussi sont entravés. Elle apprendra bien plus tard, après la guerre, en découvrant parmi des archives une lettre du commissaire central de Brest au chef de la sûreté allemande, que son frère avait ainsi été puni d'une tentative d'évasion. «Le 8 janvier 1943, Joseph avait tenté, avec Louis Departout, de profiter d'une corvée pour prendre la fuite dans la cour de la caserne, mais ils ont été rattrapés tout de suite par les gardiens de la paix». Arrêtés par des policiers brestois, les résistants avaient probablement été victimes d'une dénonciation. «On pense que l'information est venue de Nantes. Personnellement, j'ai été enfermée dans les commissariats de Recouvrance, de Kleber et de Saint-Martin, là des hommes de notre groupe de résistants ont d'ailleurs été battus par les policiers. Puis nous avons été regroupés au château, où il n'y avait pas de prisonniers de droit commun».

Condamnée à Rennes puis à Fresnes

Marie Salou partage sa cellule avec quatre autres femmes. Pour Marie et ses amies, un premier procès est organisé à Rennes, le 11 décembre 1942, elles sont reconnues «coupables d'appartenir à la III e Internationale», puis, Marie est transférée sur Fresnes en juillet 1943 pour y être jugée avec les 19 Brestois. «Ce n'est qu'à Fresnes que nous avons vu des policiers allemands, auparavant c'était toujours la police française». Les 20 Brestois sont condamnés à mort, mais Marie est miraculeusement graciée, sa peine étant commuée en prison à perpétuité. Yvonne Ropars se rend avec sa mère au fort d'Ivry pour tenter d'obtenir un laisser passer. Mais l'avocat allemand leur laisse peu d'espoir, l'irréparable est survenu. «Mon frère a été fusillé 29 ans jour pour jour après la mort de son père à la bataille de Verdun. J'ai fait inscrire sur sa tombe : livré par de faux français et tué par les nazis».

Ravensbrück puis Mathausen

Pour Marie, qui laisse une petite fille à Brest, une longue route commence, un parcours incroyable qui va la mener dans les forteresses de Walheim à la frontière tchèque, où on lui rase la tête, puis de Lübeck et de Cottus. Les conditions de vie étaient difficiles, les asticots surnageaient souvent dans la soupe, mais le pire était à venir. Début novembre 1944, un policier allemand l'escorte seule vers le camp de Ravensbrück où elle se retrouve dans le block des NN pour «Nacht ou Nebel»... Nuit et brouillard. «Début mars 1945, tous les NN ont été transférés en wagons à bestiaux vers le camp de Mathausen, c'est là finalement que j'ai été libérée grâce à la Croix Rouge enfin». Résister était une évidence pour Marie, comme pour Yvonne, ce n'était que la suite logique de leur engagement quelques années plus tôt en faveur des réfugiés espagnols qui arrivaient en Bretagne. Aujourd'hui, avec d'autres anciens résistants comme Arthur Baron, elles ne veulent pas que la face obscure de l'histoire du château de Brest soit oubliée.
 
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 110/ Yvonne Ropars, dite Suzanne
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 110/ Yvonne Ropars, dite Suzanne
1920-2020: 100 ans d'engagements communistes en Finistère: 110/ Yvonne Ropars, dite Suzanne
Henri Martin, héros de la paix -
article d'Yvonne Ropars, militante communiste brestoise, ancienne résistante, employée de la SNCF, dans le journal de la fédération cheminots CGT-FSM, à l'occasion du procès du militant anticolonialiste et marin communiste Henri Martin, ancien résistant FTP dans le Cher, ayant refusé de s'engager dans la guerre d'Indochine.
 
Yvonne Ropars assiste à la 8e séance du procès d'Henri Martin a Brest en 1951 et rend compte de ses impressions:
 
"Henri Martin voulant accomplir son devoir jusqu'au bout, s'engage dans la marine pour libérer le sol vietnamien de l'envahisseur japonais. Il est embarqué sur le "Chevreuil" qui fait route vers l'Indochine. Il demande à faire partie d'une compagnie de débarquement. Un témoin, embarqué avec H. Martin, a expliqué qu'en descendant à terre, ils n'ont pas rencontré de Japonais, mais des corps de Vietnamiens, mutilés; des femmes, des enfants massacrés. Ils ont vu les bateaux tirer sur les jonques sans avertissement et a rappelé que Henri Martin avait fait trois demandes de résiliation d'engagement. Toutes sont restées sans réponses. L'officier de marine, Louis Héron de Villefosse, a déclaré au Tribunal qu'il a préféré demandé sa retraite que de partir pour l'Indochine faire une pareille guerre. Sa demande a été acceptée, parce que, a t-il précisé, il était officier supérieur, puis il a ajouté: "Pourquoi avoir refusé les demandes de résiliations de Henri Martin?". Il a également déclaré que si la demande de mise à la retraite avait été refusée, il aurait été contraint d'aller en Indochine, sans doute, eût-il été jugé, comme est jugé Henri Martin.
Henri Martin sait que le sang français coule à flot pour les milliardaires américains et les milliardaires français. Dans l'un des tracts, il le dénonce en disant:
"Nous voyons plus que jamais pour quels infâmes trafics on nous envoie mourir au Viet-Nam. Et vous avez le culot de nous parler de patrimoine national? C'est pour vos millions que vous sacrifiez nos vingt ans".
La libération de Ramke a la même signification que la condamnation de Henri Martin.
A Toulon, il s'était trouvé deux officiers pour demander l'acquittement de Henri Martin. A Brest, pas un seul n'a eu ce courage. Parce que Henri Martin face à ses juges est resté fidèle à la mémoire de ceux qui sont tombés sous les balles nazies ou dans les camps de concentration, ils l'ont condamné à la peine la plus atroce, à la réclusion.
En entendant le verdict, lui signifiant sa condamnation, il a tout simplement dit: "Mais alors, ils veulent la guerre".
Si nous ne redoublons pas d'efforts pour arracher H. Martin à sa cellule, nous aussi nous condamnons la paix. Il ne faut pas les laisser accomplir leur crime. Rendons Henri Martin à sa famille, çà sa fiancée.
En luttant pour sa libération, nous luttons pour sauvegarder la Paix.
Yvonne Ropars
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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 12:08
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021
Rassemblement de soutien à la filière bilingue à Morlaix devant le lycée Tristan Corbière le 18 juillet 2021

A l'initiative de la fédération Div Yezh Breizh, association promouvant l'enseignement bilingue du breton à l'école publique, de la FSU, et de différents élus, dont les 4 élus départementaux des cantons de Morlaix et de Plouigneau, un rassemblement régional a eu lieu à Morlaix le lundi 19 juillet à 18h devant le lycée Tristan Corbière qui a réuni 150 personnes au moins, citoyens, militants, enseignants, parents et élèves de l'école publique bilingue, membres de Div Yezh, du SNIUPP et du SNES-FSU - Antoine Gauchard a fait un discours incisif et remarqué - élus locaux (conseillers départementaux du Finistère, le président du Conseil Départemental des Côtes d'Armor, conseillers régionaux - Christian Troadec, Paul Molac, Olivier Le Bras, Christine Prigent... - députés, etc), pour réclamer des moyens et la continuité de la filière bilingue sur les territoires de la maternelle au lycée avec les ouvertures de classes bilingue promises au lycée (Tristan Corbière à Morlaix) et en collège (collège des quatre vents à Lanmeur, collège JL Hamon à Plouha, Guingamp, collège Gwer Halou à Callac).   

L'enjeu est que le rectorat ouvre bien les filières sur lesquels il s'est engagé par respect pour les engagements des familles et des élèves, et pour ne pas marquer de coup d'arrêt au développement de l'enseignement du breton à l'école publique, sachant que l'enseignement de l'option breton a déjà été fortement impacté par les réformes du collège et du lycée. Même avec des effectifs limités la première année, il faut ouvrir la possibilité d'avoir des heures de breton et des heures de discipline en breton dans le secondaire, sans quoi on casse le développement des filières à l'école publique sur les territoires. 

Gaëlle Zaneguy a notamment pris la parole comme élue départementale de Morlaix en binôme avec Ismaël Dupont et au nom des 4 élus départementaux de gauche de Morlaix et Plouigneau. Ce fut le cas aussi de Jean-Paul Vermot, le maire de Morlaix. André Laurent, adjoint délégué à la culture et à langue bretonne de Morlaix, et Julien Kerguillec, vice-président à la culture et à la langue bretonne de Morlaix-Communauté, étaient également présents, comme plusieurs élus du canton de Morlaix.

A suivi devant le gymnase Auregan un moment de partage d'informations, d'analyses et de propositions pour l'avenir de la filière bilingue publique après le moment de mobilisation devant le lycée Tristan Corbière avec des parents, des élèves, des enseignants, des élus régionaux, départementaux, des députés, et le président de Div yezh et de Diwan. Des moyens pour la formation des enseignants, une meilleure sécurisation de leurs postes dans la filière bilingue, des nécessités de recrutement ont notamment été mis en avant.

Ce qu’il faut savoir 

sur l’effectif en bilingue public et le nombre d’inscriptions : 

  • il n’y a pas de seuil d’ouverture 
  • les élèves sont dans un dispositif scolaire qui va de la maternelle au lycée,

sur l’organisation de l’enseignement bilingue dans un lycée public

  • Il ne s’agit pas de créer une classe pour quelques élèves: L’enseignement bilingue au lycée est organisé en section. Les cohortes d’élèves bilingues en provenance de 1, 2 ou plus de collèges sont intégrés dans une ou plusieurs classes du lycée. Ils suivent tous les cours avec d’autres camarades, excepté la DNL Histoire-géo et les 3 heures de langue bretonne.
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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 11:56
Il y a urgence - le billet de Christophe Prudhomme dans L'Humanité: Numérus clausus ( C. Prudhomme, L'Humanité, 21 juillet)
Il y a urgence ! Le billet du Dr Christophe Prudhomme. Numerus clausus
Mercredi 21 Juillet 2021 - L'Humanité

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93. Il publie, chaque semaine, une chronique dans nos colonnes.

 

Alors que l’épidémie de Covid-19 a démontré – s’il en était besoin – que nous manquions de médecins en France, le gouvernement actuel persiste dans sa politique de restriction du nombre d’étudiants dans les facultés de médecine. M. Macron accumule en effet les mensonges, dans le cas présent l’annonce d’une réforme du mode de sélection avec la « suppression du numerus clausus ».

En fait, il n’en est rien. Car si le gouvernement ne fixe plus un nombre annuel d’étudiants entrant en deuxième année de médecine, il a délégué cette tâche aux universités dans les régions. Tout cela avec une perversité sans nom car, même les facultés qui auraient pu augmenter les quotas ne l’ont fait qu’à la marge, faute de moyens. En effet, dans le cadre de l’autonomie des universités, datant du quinquennat de Sarkozy, les budgets ne sont pas à la hauteur des besoins. À cela s’ajoute la position du représentant national des doyens des facultés de médecine, qui ne souhaite pas « trop augmenter le nombre d’étudiants pour ne pas avoir trop de médecins après 2030 » !

Le résultat est catastrophique pour les étudiants en cette fin d’année de mise en place de la réforme : un nombre de places insuffisant au concours avec une absence de possibilité de redoublement, la nouveauté de l'année, renvoyant les recalés à des études en licence, avec une possibilité de réintégrer les études de médecine ensuite. La mobilisation des étudiants a permis, sous la pression d’un rapport sénatorial et d’une injonction du Conseil d’État au gouvernement pour qu’il revoie sa copie, d’apporter des évolutions qui ne proposent cependant pas une solution pérenne au problème.

La conséquence est un gâchis immense et des jeunes sacrifiés qui, pour ceux qui ont la chance d’avoir une famille qui peut les soutenir, vont essayer de poursuivre leurs études à l’étranger. La presse belge vient de se faire l’écho d’un afflux d’étudiants français dans leurs facultés de médecine. Nous constatons ainsi que le gouvernement profite de la crise pour poursuivre sa politique d’organisation de la pénurie de médecins, lui servant en particulier d’argument pour restructurer et fermer des services et des hôpitaux.

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 11:49
Éditorial de l'Humanité -  Banditisme d’État - par Patrick Le Hyaric, 20 juillet 2021
Éditorial. Banditisme d’État
Mardi 20 Juillet 2021
 

Qui, dans les chancelleries européennes, peut sans fard prétendre qu’il ne savait pas ? La vaste opération menée par plusieurs États visant à soutirer les informations contenues dans des milliers de téléphones, grâce à un logiciel espion fabriqué en Israël par une société liée à son ministère de la Défense, est connue depuis quatre années désormais. Des régimes qui piétinent allègrement les droits humains en ont bénéficié pour écraser la voix des démocrates, pourchasser les oppositions politiques et espionner journalistes, avocats ou responsables politiques. À la clef, harcèlements, emprisonnements, assassinats… La lutte contre le terrorisme a décidément bon dos !

Ce silence devient complicité. Pourquoi aucune explication n’a été demandée ni au pays hôte du logiciel ni aux États qui en font usage contre leur population ? Il aura fallu qu’un consortium de journalistes s’y penche de plus près pour briser l’omerta.

Le président de la République ne peut rester inerte, sauf à se faire complice de ce banditisme étatique. Il doit demander des comptes, notamment au gouvernement israélien avec lequel l’Union européenne est liée par un accord d’association. Car une question se pose : Israël use-t-il du commerce de son logiciel comme d’une monnaie d’échange pour garantir son impunité et ses positions géopolitiques ? Une question loin d’être anodine alors que les rapprochements se sont multipliés précisément entre Israël et nombre des régimes incriminés, dont le Maroc, l’Arabie saoudite, les Émirats, le Rwanda ou encore la Hongrie, seul pays européen embarqué dans cette barbouzerie.

La France et l’Union européenne doivent également suspendre les accords d’association avec le royaume du Maroc qui cible des journalistes français, dont notre collègue et amie Rosa Moussaoui, coupables d’avoir eu le courage de révéler le sort atroce réservé à des journalistes marocains. Pour bien moins que ça, d’autres pays sont actuellement placés sous un sévère régime de sanctions.

Dans la course effrénée aux nouvelles technologies, les pouvoirs politiques et les forces économiques ont acquis une puissance inédite pour surveiller et réprimer. Les citoyens ne doivent pas rester seuls face à cette sous-traitance de la surveillance qui menace gravement nos libertés, dont celle d’informer.

La France doit saisir le Conseil de l’Europe sur ces agissements délictueux et criminels et travailler avec l’ONU à la mise en place d’une convention internationale de lutte contre ces armes numériques qui violent nos intimités autant qu’elles menacent nos libertés.

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 11:42
Pegasus.  L’Humanité et Rosa Moussaoui comptent parmi les cibles du logiciel espion-  Mardi 20 Juillet 2021 - Julia Hamlaoui
Pegasus. « L’Humanité » compte parmi les cibles du logiciel espion
Mardi 20 Juillet 2021 - L'Humanité

Selon l’enquête de Forbidden Stories, le téléphone de l’une de nos journalistes, Rosa Moussaoui, figure parmi les numéros sous surveillance.

 

Dans la longue liste des cibles mises sous surveillance via le logiciel Pegasus de NSO Group figurent de nombreux journalistes dont les téléphones ont été espionnés par les services de renseignements marocains. Victime de ces agissements comme les rédactions du Monde, de Mediapart, ou encore du Canard enchaîné, l’Humanité prend des dispositions en vue de porter plainte auprès du procureur de la République. Selon les données de l’enquête coordonnée par Forbidden Stories, le numéro de notre consœur Rosa Moussaoui est l’un des 50 000 potentiellement ciblés par le logiciel espion et aurait fait l’objet d’une surveillance à compter d’août 2019.

Cette atteinte à la liberté de la presse et à la protection des sources vise l’Humanité, qui compte parmi les premiers médias à avoir régulièrement fait place dans ses colonnes aux mouvements sociaux, à leur répression ainsi qu’aux attaques qui frappent les journalistes indépendants et toutes les voix critiques du pouvoir au Maroc. Le ciblage du numéro d’une journaliste de notre rédaction est ainsi intervenu après de nombreux reportages et enquêtes sur ces sujets. En amont de cette mise sous surveillance numérique, notre consœur s’est notamment rendue sur place en 2017 pour rendre compte de la révolte contre le régime monarchique qui battait son plein dans le Rif, faisant par la suite état sans relâche des mobilisations exigeant la libération des prisonniers politiques du hirak marocain. De même, notre titre s’est notamment attaché à faire connaître et à dénoncer, après le violent démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik, le sort des prisonniers politiques sahraouis, dont 19 sont encore détenus aujourd’hui à l’issue de procès sans preuves.

Déjà, à l’occasion de différents déplacements au Maroc, une surveillance physique et visible s’est exercée, dont témoigne notre journaliste. Le piratage via le logiciel de l’entreprise israélienne n’en serait que le prolongement dématérialisé. Lors de l’enquête menée en collaboration avec Rachida El Azzouzi, de Mediapart, sur le cas du journaliste marocain Omar Radi, poursuivi par le régime sous couvert d’accusations fallacieuses, des signes préoccupants se sont déjà manifestés. Une personne inconnue s’est ainsi introduite lors d’une visioconférence conduite par les deux journalistes avec une source marocaine. Cette fois, l’usage de Pegasus, indétectable par les utilisateurs des téléphones concernés, n’en est que plus inquiétant, puisqu’il peut être activé à tout moment sans être décelé.

En accès libre, toutes les enquêtes de Rosa Moussaoui sur le Maroc :

Liberté de la presse Au Maroc, le journaliste Souleimane Raissouni condamné à cinq ans de prison
Samedi 10 Juillet 2021. Rosa Moussaoui - Rachida El Azzouzi

Maroc. Soulaimane Raissouni, un journaliste entre la vie et la mort
Dimanche 6 Juin 2021. Rachida El Azzouzi - Rosa Moussaoui

Maroc. En prison, l’état de santé du journaliste Omar Radi se détériore dangereusement
Dimanche 9 Mai 2021. Rosa Moussaoui

Fouad Abdelmoumni : « Ces pratiques avilissantes doivent cesser, sinon le Maroc va imploser »
Mardi 2 Mars 2021. Rachida El Azzouzi. Rosa Moussaoui

Libération provisoire de Maati Monjib : « C’est la police politique qui gouverne au Maroc»
Jeudi 31 Décembre 2020. Rosa Moussaoui. Rachida El Azzouzi

Trump, Netanyahou et Mohammed VI marchandent sur le dos des Palestiniens et des Sahraouis
Vendredi 11 Décembre 2020. Rosa Moussaoui

Au Maroc, l’unique témoin dans l’ affaire Omar Radi entendu comme accusé
Mardi 24 Novembre 2020. Rosa Moussaoui. Rachida El Azzouzi

Sahara occidental. Le cessez-le-feu de 1991 vole en éclats
Lundi 16 Novembre 2020. Rosa Moussaoui

La journaliste Hajar Raissouni  témoigne : « J’ai été violée par l’État marocain »
Jeudi 8 Octobre 2020. Rosa Moussaoui. Rachida El Azzouzi

Au Maroc, l’affaire Omar Radi connaît un nouveau rebondissement judiciaire
Mercredi 7 Octobre 2020. Rosa Moussaoui et Rachida El Azzouzi

Maroc. Hajar Raissouni, sentence politique
Mercredi 2 Octobre 2019. Rosa Moussaoui

Affaire Omar Radi : révélations sur les méthodes de la monarchie marocaine pour bâillonner la presse
Mardi 22 Septembre 2020. Rosa Moussaoui

Ils n’ont pas honte. Omar Radi harcelé par la justice du roi
Lundi 29 Juin 2020. Rosa Moussaoui

Au Maroc, ils partent trimer la peur au ventre...
Vendredi 10 Avril 2020. Rosa Moussaoui

Maroc. Omar Radi dans les tornades de l’arbitraire
Lundi 30 Décembre 2019. Rosa Moussaoui

Maroc. Aux libertés syndicales Free n’a pas tout compris
Jeudi 24 Octobre 2019. Rosa Moussaoui

Grèce. Un opposant marocain dans les filets de Mitsotakis
Vendredi 11 Octobre 2019. Rosa Moussaoui

Maroc. Hajar Raissouni, sentence politique
Mercredi 2 Octobre 2019. Rosa Moussaoui

Hajar Raissouni. Une plume dans le viseur du Palais
Vendredi 6 Septembre 2019. Rosa Moussaoui

Descente parisienne des nervis de Mohammed VI
Samedi 16 Février 2019. Rosa Moussaoui

Maroc. Hayat, nouvel emblème d’une jeunesse assassinée
Jeudi 4 Octobre 2018. Rosa Moussaoui

Maroc. Sur le Rif, Medi 1 fait sa Pravda
Lundi 2 Juillet 2018. Rosa Moussaoui

Maroc. Retour aux années de plomb pour les révoltés du Rif
Jeudi 28 Juin 2018. Rosa Moussaoui

Sahara Occidental. Au 30e jour, Claude Mangin Asfari suspend sa grève de la faim
Jeudi 17 Mai 2018. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Claude Mangin-Asfari, la française qui défie le roi du Maroc
Lundi 7 Mai 2018. Rosa Moussaoui

Maroc. À Jerada, le déchaînement répressif fait plusieurs centaines de blessés
Vendredi 16 Mars 2018. Rosa Moussaoui

Sahara Occidental. Deux avocates françaises expulsées du Maroc
Mercredi 14 Février 2018. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. L’Acat honore le prisonnier Naâma Asfari
Lundi 29 Janvier 2018. Rosa Moussaoui

Un vent de contestation sociale et culturelle souffle sur le Maghreb
Jeudi 25 Janvier 2018. Rosa Moussaoui

Maroc. Au bord des puits de charbon de Jerada, le deuil et la colère
Mercredi 27 Décembre 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Le Palais à la chasse aux gosses dans le Rif
Mardi 26 Décembre 2017. Rosa Moussaoui

Maghreb. Mustapha Berhouchi : « L’Afrique du Nord a besoin d’un projet de civilisation »
Lundi 7 Août 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Grâce royale pour 58 détenus du Rif sur 270
Lundi 31 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Des larmes aux normes françaises
Mardi 25 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Dans le Rif, État policier et chemins de traverse
Vendredi 21 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Dures peines pour les détenus politiques de Gdeim Izik
Jeudi 20 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Les enfants d’Abdelkrim
Jeudi 20 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Nasser Zefzafi, l’icône du Rif devant les juges
Mercredi 12 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Silya Ziani, voix bâillonnée du hirak
Mardi 11 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Dans le Rif, la soif de dignité reste inextinguible
Vendredi 7 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

Khadija Ainani. « Au Maroc, l’espace public est verrouillé »
Vendredi 7 Juillet 2017. Rosa Moussaoui

L’homme du jour. Hassana Abba
Jeudi 29 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Dans le Rif, « Sa Majesté le peuple  » défie le Palais
Jeudi 22 juin 2017. Rosa Moussaoui

Mohamed El Majjaoui, enseignant
Jeudi 22 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Mohamed El Asrihi, journaliste
Jeudi 22 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Mohamed Jelloul, enseignant
Jeudi 22 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Mohammed VI, sanglant héritage
Mardi 20 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Gdeim Izik, un réquisitoire très politique
Jeudi 15 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Macron en hôte conciliant du roi Mohammed VI
Mercredi 14 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. À Rabat, l’écho de la révolte des Rifains
Mardi 13 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. La révolte du Rif, ligne de faille d’une société inégalitaire
Vendredi 2 Juin 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Les rebelles du Rif dans le viseur du roi Mohammed VI
Mardi 30 Mai 2017. Rosa Moussaoui

Aïcha Ech-Chenna : « Les enfants nés hors mariage sont discriminés »
Mercredi 5 Avril 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. La damnation sociale des mères célibataires
Mercredi 5 Avril 2017. Rosa Moussaoui

Oubbi Boucheraya Bachir : «Les peuples marocains et sahraouis doivent vivre en paix en Afrique»
Lundi 27 Mars 2017. Rosa Moussaoui

« Derrière le tribunal, il y a l’État et, à la fin, c’est le roi qui décide »
Lundi 27 Mars 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Le procès de l’occupation
Vendredi 17 Mars 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. L’ombre de la torture sur le procès des militants sahraouis de Gdeim Izik
Mercredi 15 Mars 2017. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Le procès du camp de Gdeim Izik vire à la mascarade
Mardi 14 Mars 2017. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Rabat met en scène son retrait d’une zone tampon
Jeudi 2 Mars 2017. Rosa Moussaoui

L’épouse française d’Ennâma Asfari expulsée du Maroc
Lundi 6 Février 2017. Rosa Moussaoui

Maroc. Al-Hoceima réclame toujours la vérité sur la mort de Mouhcine Fikri
Lundi 9 Janvier 2017. Rosa Moussaoui

Khadija Ryadi : « La séquence ouverte par les soulèvements de 2011 est loin d’être finie »
Mercredi 4 Janvier 2017. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. La justice marocaine, instrument de pouvoir et de répression
Mercredi 28 Décembre 2016. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Gdeim Izik, l’affaire qui embarrasse le palais
Mardi 27 Décembre 2016. Rosa Moussaoui

Le Maroc condamné par le Comité de l’ONU contre la torture
Lundi 26 Décembre 2016. Rosa Moussaoui

Sahara occidental. Le procès qui dérange les amis du roi du Maroc
Lundi 26 Décembre 2016. Rosa Moussaoui

Maroc. Le makhzen et la corde usée du chauvinisme
Mardi 8 Novembre 2016. Rosa Moussaoui

Maroc. Au royaume de la torture, l’impunité est reine
Mercredi 20 Mai 2015. Rosa Moussaoui

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 11:37
Pourquoi je m'oppose à des mesures aussi inefficaces que liberticides - par André Chassaigne, député communiste
Pourquoi je m'oppose à des mesures aussi inefficaces que liberticides
 
Par André Chassaigne
 
http://www.andrechassaigne.fr
 
"Le 12 juillet, le Président de la République a pris la parole devant les Françaises et les Français parce qu’une quatrième vague épidémique s’apprête à déferler sur notre pays et le continent européen. Une nouvelle vague prévisible puisque, dès le 12 mai, le variant Delta avait été classé préoccupant par l’OMS. Deux mois après, pour tenter d’amoindrir sa virulence, le Gouvernement annonce brutalement des mesures engendrant de graves tensions et déconnectées des réalités du terrain, soumises à partir d’aujourd’hui au Parlement, devenu simple chambre d’enregistrement.
Les solutions préconisées par le chef de l’État tiennent en trois points : la vaccination obligatoire pour toutes les personnes qui travaillent dans le soin, un élargissement considérable du « pass » sanitaire et la fin du remboursement des tests.
L’élargissement du « pass » sanitaire, assorti d’un contrôle généralisé, et la fin du remboursement des tests convergent de fait pour rendre la vaccination obligatoire pour tous. Mais cette obligation ne veut pas dire son nom. Et elle est instaurée par le pire des détours : celui de la contrainte individuelle en mettant en avant une vision utilitariste et consumériste du vaccin. Il n’y a pas de doute sur le message envoyé par le Président de la République : vaccinez-vous pour pouvoir consommer, manger, vous distraire et voyager ! La protection des plus fragiles et l’immunité collective suivront.
Cette inversion, qui place l’intérêt collectif au second rang, n’est en réalité guère surprenante. Depuis quatre ans, le Président de la République et sa majorité appliquent avec méthode des politiques néolibérales qui détricotent, maille après maille, notre contrat social et ses valeurs collectives. Cette idéologie individualiste anime Emmanuel Macron en toutes circonstances. C’est pourquoi il lui est si facile d’évoquer dans la même séquence le « pass » sanitaire, la réforme de l’assurance chômage et celle des retraites. Pour le Chef de l’État, le collectif n’a pas sa place. Seuls comptent les individus soucieux de maximiser leurs propres intérêts.
Pourtant, la France porte en elle assez de générosité et de ressorts collectifs pour se mobiliser autour d’une stratégie vaccinale altruiste, fraternelle et acceptée par le plus grand nombre. À la double condition évidemment de s’en souvenir et de s’en donner les moyens.
Il faut d’abord rappeler l’importance des vaccins dans notre histoire. Les grandes campagnes de vaccination que notre pays a connues ont eu des motivations pour l’essentiel altruistes, protégeant autant, sinon davantage, la collectivité que l’individu lui-même. Les vaccins contre la rubéole et la coqueluche en sont les exemples les plus caractéristiques : les enfants sont vaccinés contre la rubéole pour protéger les femmes enceintes, ce qui a permis une baisse spectaculaire des cas de rubéole congénitales tandis que le rappel pour la coqueluche permet de protéger les nourrissons non encore immunisés. La vaccination contre le Covid-19 ne déroge pas à la règle puisqu’elle vise à freiner la circulation du virus et à nous prémunir contre l’apparition éventuelle de nouveaux variants potentiellement plus dangereux.
Il faut ensuite mener une politique de santé publique qui permette à tous de pouvoir se faire vacciner en toute conscience et en toute confiance. La campagne de vaccination menée par le Gouvernement dans le cadre de la vaccination contre la Covid, c’est un fait, laisse sur le bord de la route une partie de nos concitoyens et essentiellement les « non connectés », ceux qui vivent dans l’isolement social, la pauvreté et la précarité.
Nous devons, de plus, regagner la confiance des Françaises et des Français. Le gouvernement a nourri un climat anxiogène aux effets délétères. Les retards, les mensonges et les atermoiements dans la gestion de cette crise en sont les premiers responsables.
Il faut enfin revendiquer une autre vision philosophique de la liberté que celle qui prédomine aujourd’hui, fruit de décennies de politiques libérales qui ont écrasé nos valeurs et divisé notre société. Non, la liberté ne se résume pas à l’absence de contraintes. Si tel était le cas, que devrions-nous penser de l’instruction obligatoire pour les enfants ? Que devrions-nous penser du Code du travail ? Ces mesures ne sont pas coercitives pour le plaisir de l’être. Dans notre État démocratique, elles ont été discutées, parfois âprement, contre la volonté des puissants et pour lever les réticences individuelles, puis votées et appliquées pour permettre à nos concitoyennes et concitoyens d’exercer leur liberté. Dans un pays démocratique, la liberté est le fruit d’un approfondissement constant de la relation entre les citoyens et la communauté nationale. En ce sens, elle est toujours l’objet d’une recherche, d’une tension et d’un travail de conviction pour que les contraintes soient admises comme un progrès et non pas un affaiblissement démocratique. La liberté est toute à la fois équilibre et mouvement.
C’est pourquoi la vaccination ne peut être un acte liberticide. Elle doit être conçue comme un instrument mis à disposition par la puissance publique pour, à la fois, garantir l’intérêt général et préserver chacun des sévices de la maladie. Elle ne peut avoir comme objectif que de sortir de la crise sanitaire et éviter un nouveau confinement, source de terribles ravages pour nos enfants et les plus fragiles d’entre nous. N’écartons donc pas le principe d’une vaccination qui pourrait devenir obligatoire pour tous, plus respectueuse de nos principes républicains que ne peut l’être un « pass » sanitaire, mesure de police et outil de contrôle social.
Gageons que cette obligation s’appuierait sur une responsabilité retrouvée si elle était mise en place dans un climat de confiance, donc sans occulter d’éventuelles contre-indications médicales et en établissant un plan de gestion des risques pour parer à des évènements indésirables. Il serait alors inutile de recourir à des moyens coercitifs pour que 90 % de la population soit vaccinée et que nous atteignions ensemble l’immunité collective.
Cette approche altruiste nous oblige également à agir au-delà de nos frontières. La France a un rôle essentiel à jouer au sein de l’UE afin qu’elle plaide pour une levée des brevets sur les vaccins à l’OMC, condition indispensable pour faciliter la diffusion de la vaccination dans les pays qui en sont encore exclus. Tirons les enseignements de l’histoire : l’éradication de la poliomyélite n’a été possible que grâce à la mise en place d’un vaccin non breveté permettant sa large diffusion dans la population.
La levée des brevets sur les vaccins Covid reste donc une priorité. Elle n’est, hélas, pas celle d’un Gouvernement pour lequel la vaccination n’est qu’un outil au service du retour à un consumérisme sans frein, pour le grand bonheur des multinationales du médicament.
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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 11:35

Un rassemblement de soutien à Aly aura lieu le vendredi devant la mairie de Morlaix à 18h30 pour obtenir le retrait de l'OQTF. 

 

Lien vers l'article du telegramme: 

https://www.letelegramme.fr/finistere/plougasnou/a-plougasnou-un-pique-nique-de-soutien-a-aly-niakate-sur-la-plage-de-primel-18-07-2021-12793036.php?fbclid=IwAR3GAdLXQdsb7hGZ4wcztaDqqqPfBv2egiL_-tOheByX3qSYrk2JbmzeE3M

 

Nous vous invitons désormais à signer la petition en ligne pour aider notre jeune ami Aly.:

http://chng.it/WV5TgJnhMR

 

Un comité de soutien à Aly Niakate vient de se créer à Morlaix afin de venir en aide à ce jeune homme menacé d’expulsion du territoire français. Un pique-nique de soutien aura lieu le dimanche 18 juillet sur la plage de Primel, à Plougasnou.

Aly Niakate, aujourd’hui âgé de 21 ans, est arrivé en France, seul, du Mali en 2016. Il n’avait alors que 16 ans. Après son arrivée à Paris, il est envoyé, par l’ASE (Aide sociale à l’enfance), en Bretagne et placé dans une famille d’accueil à Landivisiau. La même depuis 2017.

Une expulsion qui mettrait fin à sa scolarité

Admis en BTS sur Parcours Sup, le jeune homme souhaite effectuer son BTS par alternance et « travailler après dans l’électricité ». Oui mais voilà, « aucune entreprise ne peut me prendre si je n’ai pas de titre de séjour », indique Aly qui a reçu, en décembre 2020, une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Son recours a été refusé. « Une telle expulsion mettrait un terme immédiat à sa scolarité en France et à son insertion professionnelle », explique Katell Grall.

Un comité de soutien s’est formé regroupant, notamment, les associations Morlaix Libertés et Utopistes en action, et des enseignants. Un pique-nique participatif de soutien aura lieu sur la plage de Primel, à Plougasnou, dimanche 18 juillet, à partir de 13 h. Une pétition circulera pour être envoyée à la Préfecture.

Un geste qui va droit au cœur d’Aly Niakate : « Ça me fait vraiment plaisir, ça me donne encore plus de courage, ça me motive pour ne pas laisser tomber, ça m’encourage vraiment. Car tout seul, je me sens découragé… »

 

Création d’un comité de soutien pour Aly NIAKATE

Aly NIAKATE subit une énorme pression psychologique car la préfecture du Finistère exige une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Malgré cela, Aly vient d’obtenir son bac pro MEEC (Métiers de l’Electricité et de ses Environnements Connectés) avec mention bien au lycée Tristan Corbière à Morlaix. Il est scolarisé en France depuis 4 ans et a obtenu son diplôme national du brevet (DNB) et son BEP (Brevet d’études professionnelles). Aly est admis en BTS sur parcours sup et souhaite faire cette formation en alternance. Une telle expulsion mettrait un terme immédiat à sa scolarité en France et à son insertion professionnelle.

Un comité de soutien a été constitué. Il est ouvert à tous.

Vous pouvez aussi participer au pique-nique participatif de soutien

dimanche 18 juillet à partir de 13h sur la plage de Primel à Plougasnou (côté poste de secours).

Merci à tous.

Katell pour le comité de soutien d’Aly

Ecole Alternative des Monts d'Arrée

(Les Utopistes en Action)

25 cité du Roallou

29410 Pleyber-Christ

eadma@orange.fr

Tel:06.02.29.27.18

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 06:30
Résistance communiste finistérienne - la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943 avec 18 autres camarades finistériens
Joseph Ropars, au centre en haut, était le bon compagnon de détention d'Albert Rannou, en bas à gauche (photos du livre d'Eugène Kerbaul sur la section du PCF de Brest pendant l'Occupation)

Joseph Ropars, au centre en haut, était le bon compagnon de détention d'Albert Rannou, en bas à gauche (photos du livre d'Eugène Kerbaul sur la section du PCF de Brest pendant l'Occupation)

Avis d'exécution des 19 résistants communistes ou FTP finistériens le 17 septembre 1943, fusillés au Mont Valérien

Avis d'exécution des 19 résistants communistes ou FTP finistériens le 17 septembre 1943, fusillés au Mont Valérien

Résistance communiste finistérienne - la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943 avec 18 autres camarades finistériens
Résistance communiste finistérienne - la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943 avec 18 autres camarades finistériens
Résistance communiste finistérienne - la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943 avec 18 autres camarades finistériens
Résistance communiste finistérienne - la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé au Mont Valérien le 17 septembre 1943 avec 18 autres camarades finistériens
Résistance communiste finistérienne.
Voici une photocopie du manuscrit de la dernière lettre de Joseph Ropars, fusillé avec 18 résistants communistes et FTP finistériens au mont Valérien (Albert Rannou, André Berger, Henri Moreau, Albert Abalain, Paul Monot, Eugène Lafleur) après avoir été arrêté par des policiers français, interrogé et brutalisé par eux, puis remis aux occupants allemands avec un dossier qui ne leur laissait aucune chance.
 
Sur la broche en forme de papillon, on voit des médaillons avec Joseph à droite et son père à gauche, mort au combat lors de la première guerre mondiale. La photo de la célébration dans le cérémonie sur la tombe de Joseph Ropars à Brest nous a été remise comme l'ensemble des documents, et la note de police sur une tentative d'évasion de Joseph Ropars à la prison du château a Brest, par Claudie Quillec, une des deux filles d'Angeline Dollet, résistante communiste, une des grandes amies de Yvonne Ropars, la sœur de Joseph qui fut également une grande résistante communiste brestoise sous le pseudonyme de "Suzanne".
Après guerre, elle refusera d'en vouloir en bloc au peuple allemand et défendra l'amitié et la réconciliation entre les peuples allemand et français en continuant son engagement au parti communiste tout en travaillant à l'économat de Brest, le magasin des cheminots notamment.
Avec Angeline, elle sera de toutes les célébrations a Châteaubriant et partagera nombre de souvenirs et de commémorations sur la résistance. Merci a Claudie Quillec avec laquelle nous avons passe un très bon moment hier a Henvic de nous avoir partage ces documents exceptionnels qui alimentent la mémoire de la résistance finistérienne. Joseph Ropars est né en 1912 à Guisseny. Il était électricien à l'arsenal de Brest. Son père a été tué pendant la guerre 14-18 alors qu'il n'avait pas deux ans, comme trois de ses oncles maternels qui trouvèrent aussi la mort dans la grande guerre. A 14 ans, il est devenu pupille de la marine et, engagé à 16 ans, est resté dans la marine nationale jusqu'à 24 ans. C'est dans le sous-marin "Pascal" qu'il fait pour la première fois connaissance avec un communiste qui lui fait partager ses idées, comme Joseph fera lui aussi partager ses idées communistes à sa sœur Yvonne et à sa mère, toutes deux résistantes. A l'Arsenal de Brest pendant le Front populaire, Joseph, libéré de ses obligations militaires, diffuse "Paix et Liberté", journal de rassemblement créé sous l'impulsion du PCF. Il donne son adhésion au PCF dans la clandestinité et s'engage dans la résistance en 1942. Il participe au sabotage de sous-stations électriques à l'arsenal, distribue des tracts du Front national (organisation communiste de résistance), et participe à des sabotages avec le groupe FTP de Pierre Corre. Il est arrêté par les policiers français fin 1942 au cours d'une traque sans pitié menée par la SPAC. Après sa tentative d'évasion à la prison du château à Brest, il a les fers au pied nuit et jour du 13 novembre 1942 au 29 janvier 1943. Il est alors traduit devant un tribunal français, puis un tribunal militaire allemand pour faits de résistance. Sa sœur Yvonne et sa mère ont tenté en vain d'intercéder en sa faveur, sont montées le voir à Paris, où il était enfermé au fort d'Ivry, et ont tenté de contacter un avocat allemand (un anti-fasciste qui a cherché à les aider sincèrement).
 
La dernière lettre de Joseph Ropars avant son exécution à 31 ans le 17 septembre 1943:
 
Bien chères maman et sœur,
 
C'est avec peine que je vous annonce que notre recours en grâce a été rejeté; on vient de nous l'annoncer; il est maintenant 12h et à 4h nous serons exécutés. Je serai courageux jusqu'à la dernière minute comme je l'ai été jusqu'à présent. J'avais appris que maman devait venir me voir mais le malheur a voulu que je ne puisse pas te voir. Je vous demande dans ma dernière volonté d'être courageuses comme je le serai jusqu'au dernier moment. Notre sacrifice ne sera pas inutile et notre noble pays sera libéré malgré les fusillades. Je n'ai rien à me reprocher et je pars confiant en un avenir plus heureux pour ceux qui survivront. J'ai toujours suivi le droit chemin sans m'écarter. Je quitte cette vie sachant que les traîtres qui nous ont fait assassiner paieront chèrement tous leurs crimes (censuré). J'avais encore espoir au recours en grâce mais hélas le destin a décidé autrement. Il faut savoir être fort même devant les pires évènements. Je vous demande aussi de bien embrasser toute la famille pour moi, j'ai beaucoup pensé à toute la famille. Je termine cette lettre en vous embrassant mille fois.
 
Votre fils et frère qui vous aime.
 
Adieu chère maman et chère soeur.
 
Votre fils et frère
 
Joseph Ropars
Angéline Dollet et Yvonne Ropars, la soeur de Joseph Ropars, devant le panneau commémoratif du village de Tredudon-les-Moines en Berrien, premier village résistant de France, où elles servirent d'agentes de liaison pour le bataillon FTP Yves Giloux

Angéline Dollet et Yvonne Ropars, la soeur de Joseph Ropars, devant le panneau commémoratif du village de Tredudon-les-Moines en Berrien, premier village résistant de France, où elles servirent d'agentes de liaison pour le bataillon FTP Yves Giloux

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