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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 07:56
Soirée crêpes à Fouesnant organisée par les amis du PCF en 2015

Soirée crêpes à Fouesnant organisée par les amis du PCF en 2015

Les amis du P.C.F de la Forêt-Fouesnant

organisent leur traditionnel pot au feu le dimanche 29 janvier 2017 à midi à la salle

polyvalente de la Forêt-Fouesnant (sur le vieux port)

 

Menu

- Apéritif (kir,vin blanc,rosé)

- Soupe

- Pot-au-feu

- Fromage

- Dessert

- Boisson (vin rouge,rosé)

- Café

 

Prix 15 euros

 

VENEZ NOMBREUX

 

Réponse souhaitée pour le 15 janvier 2017 auprès

 

 

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 07:28
 
 
 
Compte-rendu de la réunion du Parlement européen du 12 au 15 décembre 2016
 
 
Par Patrick Le Hyaric 
Député au Parlement européen 
 
 
Le Parlement européen s'est réuni en session plénière du 12 au 15 novembre à Strasbourg. Voici un compte rendu de cette réunion. (Egalement disponible en ligne en cliquant ici). 
 

Le prix Sakharov à deux jeunes femmes yézidies

Mardi 13 décembre

Le Parlement a décerné le prix 2016 Sakharov à Nadia Mourad Bassi Taha et à Lamiya Aji Bachar.

Ces deux jeunes femmes de la communauté yézidie en Irak ont survécu à l’esclavage sexuel auquel les a soumis l’Etat islamique avant de parvenir à s’enfuir. Elles sont désormais les porte-paroles de la communauté yézidie.

Cette communauté, descendant des civilisations mésopotamiennes, a une culture et une pratique religieuse unique dans la région. Mais c’est malheureusement cette richesse culturelle qui a entraîné les exactions les plus sauvages de l’Etat islamique.

Lorsque ce peuple est passé sous contrôle de l’Etat islamique lors de sa conquête du Nord de l’Irak à l’été 2014, il a vu dans cette culture une apostasie à éradiquer. S’en sont suivit massacres et esclavage, notamment sexuel pour les femmes et filles de cette communauté y compris Nadia Mourad Bassi Taha et Lamiya Aji Bachar.

Toutes deux ont réussi à s’enfuir; parfois après plusieurs tentatives, Lamiya Aji Bachar y perdant quasiment la vue lors de l’explosion d’une mine anti-personnelle pendant sa fuite. Nadia Mourad Bassi Taha a elle pris la parole devant la première session du Conseil de sécurité de l'ONU sur la traite des êtres humains en décembre 2015 dans un discours relatant son expérience qui a marqué. Elle devient plus tard la première ambassadrice de « l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains ».

Lors de la remise du prix les deux lauréates ont affirmé partager ce prix avec « toutes les femmes, petites filles et victimes de l’État islamique et terrorisme en général » et ont appelé l'Union européenne à soutenir leurs frères et sœurs toujours sous l'emprise de l'État islamique.

Je me félicite de l’attribution de ce prix à ces courageuses jeunes femmes qui ont permis par leur témoignage de faire comprendre les horreurs de l’État islamique et de mobiliser contre lui.

 

Limitation de la pêche en eau profonde

Mardi 13 décembre

Le Parlement a voté un rapport limitant la pêche en eau profonde.

Par le vote du rapport d’Isabelle Thomas (PS français), le Parlement retourne un vote de décembre 2013 qui autorisait le chalutage en eau profonde, mais qui peut avoir des effets catastrophique sur les fonds marins et leur écosystème.

Cette pêche sera dès lors limitée au-delà des 800 mètres de profondeur, et encadrée par des observations scientifiques ainsi que l’enregistrement des captures réalisées. Il ne s'agit donc pas d'interdire les navires avec ce type d'équipements, ils sont 760, mais d'interdire l'utilisation de ces équipements lourds dans des espaces fragiles -les grands fonds- qui nous sont encore très peu connus.

 

 

L’attitude insupportable du FMI et de la Commission en Grèce

Mercredi 14 décembre

Le Parlement a épinglé le désaccord FMI - Commission en Grèce.

Les plans d’aide financière à la Grèce sont accompagnés de missions de suivi qui doivent s’assurer que les conditions demandées (austérité, réformes libérales, libéralisations) sont bien appliquées. Chaque plan d’aide est ainsi ponctué de ces missions de suivi qui permettent de débloquer progressivement les fonds d’aide.

Mais dans le cadre de la 2ème mission de suivi du plan d’aide actuel, qui est le troisième, le FMI et la Commission ne parviennent pas à s’entendre sur ce qu’ils veulent.

Le FMI veut une restructuration de la dette car il estime que les demandes de la Commission en termes d’excédents budgétaires sont insoutenables. Pour certains pays du Nord il est hors de question de parler d’une restructuration qui passera mal auprès de son opinion. La Commission rétorque alors que le FMI est trop pessimiste, et l’Allemagne va jusqu’à bloquer l’allègement du coût de la dette via son ministre des finances Wolfgang Schauble.

Faute d’obtenir cette restructuration le FMI demande alors une réforme drastique du marché du travail pour mettre la pression car il sait que le gouvernement grec de Syriza ne peut se le permettre. La Commission, qui est obligée par les pays du Nord de garder le FMI à bord alors que le gouvernement grec veut s’en débarrasser, ferme désormais les yeux et laisse la Grèce seule face au blocage.

Faute d’un accord FMI-Commission la Grèce est mise sous pression pour abandonner son projet de rétablir les conventions collectives. Ces dernières ont quasiment été supprimées avec les plans d’aide et le gouvernement Syriza voulait les rétablir. Mais le FMI s’y oppose et la Commission qui a besoin du FMI à bord fait comme si de rien était.

Lors des débats les députés de gauche ont fustigé cette attitude rappelant que le droit à des conventions collectives faisait partie de la Charte des droits fondamentaux et des conventions de l’Organisation internationales du travail souscrit par l’Union européenne. Du côté de la droite on a plutôt appelé à des règles plus « souples », à éviter des systèmes « trop centralisés », reprenant en cela la position de la Commission de la recherche d’un équilibre « entre souplesse et protection ».

Ce louvoiement est juste intolérable, ces conventions collectives sont des droits qui plus est garantis par des textes internationaux. En continuant de cette manière la Commission, pourtant gardienne des traités, ne respecte pas ses propres missions, et le FMI montre encore une fois son pouvoir de nuisance sociale. Il est grand temps de sortir ce dernier des plans d’aides et de procéder à la restructuration de la dette grecque promise depuis octobre 2012.

 

Propositions pour remédier aux crises agricoles

Mercredi 14 décembre

Le Parlement a donné sa vision pour faire face aux crises agricoles actuelles.

Le rapport d’Angélique Delahaye des Républicains, revient sur les cadres actuels de la politique agricole. Avec la fin de l’encadrement de la production et des prix, il ne reste plus que des aides au stockage privé et des interventions publiques sur les marchés pour essayer de stabiliser les cours. Ces outils n’ont malheureusement pas été capables d’enrayer les dernières crises agricoles terribles qui ont frappé notamment l’élevage et la production laitière.

Partant du constat juste que les outils actuels ne suffisent pas il propose d’en développer de nouveaux : il est ainsi proposé à la Commission de réfléchir à des mesures anticycliques beaucoup plus ambitieuses et disposant de davantage de moyens budgétaires. Pour cela il est proposé une plus grande flexibilité budgétaire entre années pour s’adapter aux besoins et de créer une réserve de crise hors du budget européen.

Enfin pour rééquilibrer les relations entre paysans et industrie agroalimentaire il est proposé de renforcer la contractualisation entre ces derniers et de construire un cadre législatif plus solide contre les pratiques déloyales de la grande distribution ou des intermédiaires.

Ce sont des pas dans la bonne direction. Mais les pressions auxquelles sont soumis les agriculteurs demandent bien plus si nous voulons garder une agriculture paysanne. La concurrence toujours plus poussée, notamment avec la multiplication des accords commerciaux, renforce encore plus la dangereuse tendance à la concentration des exploitations : toujours plus grandes et moins nombreuses. De plus les fluctuations violentes des prix ont facilement raison des petites exploitations qui sont laissées seules face à la concurrence internationale.

C’est pourquoi il nous faut également et de toute urgence des mécanismes garantissant des prix fixes aux agriculteurs sur des volumes de production. Sans quoi ces derniers n’ont aucune garantie pour produire et continuerons d’être toujours plus nombreux à mettre la clef sous la porte.

 

Accès pour le coton ouzbek malgré les doutes persistants sur le travail forcé

Mercredi 14 décembre

Le Parlement a validé un accord permettant d’étendre aux importations de coton d’Ouzbékistan les facilités commerciales déjà existantes dans un accord de partenariat de 1999.

Ces restrictions sur le coton  ont longtemps été justifiées par la pratique du travail forcé pour la récolte du coton. Dans les faits, lors de la période de la récolte, des locaux et même des enfants sont réquisitionnés, ainsi que des personnes « engagées » de force par les autorités locales pour récolter le coton et ainsi atteindre les quotas de production.

Un rapport du Parlement adopté en 2011 refusait d’ailleurs les préférences commerciales au nom de l’utilisation systématique des enfants dans la récolte du coton, et du refus des autorités d’avoir toute mission de suivi sur ces pratiques.

Les autorités actuelles ont dès lors été plus subtiles dans leur approche. Une mission d’évaluation de l’OIT a été autorisée, ainsi que certaines ONG locales. Ces dernières concluent à une amélioration notable des reproches faits jusqu’alors, notamment dans le discours du gouvernement qui annonce des mesures contre ces pratiques.

Mais dans les faits on est encore très loin : les missions de suivi ont été téléguidées par les autorités ouzbèkes et de gros doutes persistent sur l’indépendance des ONG locales. D’autres ONG nous ont d’ailleurs présenté des informations contradictoires sur le travail forcé.

Au final, on en est encore loin. Les partisans de l’accord rappellent qu’il existe des clauses de rappel en cas d’entorses graves aux droits de l’homme, mais nous sommes déjà face à une des dictatures les plus dures de la région, et les garanties sur la fin du travail forcé ne sont clairement pas assez solides.

Enfin rappelons qu’un meilleur accès au marché européens renforcera une culture industrielle et à très grande échelle du coton alors qu’elle est déjà responsable de l’assèchement de la mer d’Aral. C’est pourquoi je me suis opposé à cet accord.

 

 

Le Président du Parlement européen Martin Schulz passe la main

Mercredi 14 décembre

Le Président du Parlement Martin Schulz (SPD Allemand) a dressé le bilan de ces 5 années de présidence.

La présidence du Parlement est normalement partagée entre le groupe socialiste et les chrétiens démocrates, chacun faisant un demi-mandat. Martin Schulz a réussi l’unique performance de cumuler la charge pour la seconde moitié du mandat 2009-2014 et la première du mandat 2014-2019. Longtemps il a même paru en mesure de rester à la tête de l’institution européenne pour la seconde partie du mandat 2014-2019.

Il l’a fait en jouant sur le fait que toutes les autres institutions européennes sont tenues par la droite, en travaillant sa relation de travail avec Juncker, mais surtout en devenant  expert pour faire passer les accords de la grande coalition chrétiens démocrates et socialistes. Surtout quand ils n’étaient pas évidents pour les socialistes.

Cette maîtrise du Parlement et de son fonctionnement lui avait permis de faire passer en force plusieurs textes ou d’en retarder d’autres en attendant que la grande coalition s’entende.

Il a toutefois su donner une réelle visibilité au Parlement européen, notamment en mettant en avant le fait que les élections européennes devraient aussi donner la couleur du président de la Commission européenne (alors qu’il est officiellement désigné par les gouvernements européens). Il va désormais tenter une carrière politique nationale en Allemagne, tandis que les conservateurs européens peuvent récupérer la présidence du Parlement européen.

Aussi gardons de sa présidence la visibilité qu’il a donnée au Parlement. Celle-ci est d’autant plus nécessaire compte tenu des pouvoirs dont dispose cette institution face aux autres comme la Commission et le Conseil, et de l’influence grandissante mais trop méconnue qu’elle a sur nos vies.

 

Libéralisation totale du rail en 2020

Mercredi 14 décembre

Le Parlement adopté à une courte majorité le volet politique du « 4ème paquet ferroviaire ».

Le vote de ce mercredi marque la victoire de la Commission qui obtient son grand marché ferroviaire européen au dépend des usagers comme des employés du chemin de fer. Cette ouverture à la concurrence la Commission l’a obtenue par une suite de directives et règlements regroupés dans des « paquets » législatifs qui ont forcé progressivement l’ouverture des marchés ferroviaires nationaux.

Entre le premier paquet de 2001 puis ce dernier, 15 années se sont écoulées. D’abord ce fut le fret ouvert à la concurrence en 2007, puis les lignes internationales, et désormais les lignes nationales et locales à partir de 2020 avec ce 4ème paquet ferroviaire.

Quinze ans après, un bilan aurait pu être fait de ces ouvertures : sur le fret qui est en chute libre faute d’investissement, sur les conditions des personnels qui se détériorent, sur l’ouverture du transport international qui n’apporte aucune baisse des prix mais au contraire pousse les compagnies ferroviaires à dégager le plus de marges possible en augmentant les tarifs. Ce ne fut pas le cas et c’est désormais le pire qui s’annonce avec cette ultime libéralisation.

Deux textes votés au Parlement ce 14 décembre organisent l’arrivée de nouveaux concurrents à la SNCF sur le territoire français à partir de 2020.

Le premier sur « l’ouverture du marché des services nationaux de transport de voyageurs par chemin de fer », ouvre les marchés ferroviaires nationaux à la concurrence à partir de 2020.

À partir de cette date-là, l’État, les régions, passeront des appels d’offres de marchés publics d’une durée maximale de 10 ans pour les différentes lignes qui doivent être exploitées. Fini, les TGV, train corail et TER de la SNCF. Bientôt un opérateur italien, espagnol, allemand pourra concourir avec la SNCF pour l’obtention de ces marchés. Non seulement c’est le monopole, le savoir-faire et toute l’organisation du service public qui est remise en cause, mais c’est pour les remplacer par des concessions très courtes (10 ans ce n’est rien pour le ferroviaire), qui décourageront les investissements de longs termes nécessaires. L’exemple du RER B nous montre que ce n’est pas un autre logo sur un train qui améliore le service : c’est l’investissement.

Or cette ouverture le Parlement l’a validé d’une très courte tête, puisqu’il a rejeté notre amendement de rejet par 330 voix contre 354 et 20 abstentions. Pour ce faire c’est toute la droite et les libéraux qui se sont mobilisés contre notre groupe de la gauche unitaire européenne/gauche verte nordique, les verts et les socialistes. Le même équilibre s’est malheureusement retrouvé sur notre demande que les personnels bénéficient des mêmes droits et acquis lorsqu’ils sont transférés d’une entreprise à une autre.

Le second texte sur la « gouvernance de l’infrastructure » reprend un vieux rêve de la Commission : la séparation de la SNCF avec son réseau ferré.

Dans la logique libérale cette séparation doit permettre de faciliter l’arrivée de concurrents sur les réseaux nationaux. Mais après les tentatives catastrophique de mettre en place cette séparation qui ont amené la création de Réseau Ferré de France RFF, les États s’y sont opposés. Le mal est déjà fait : des doublons ont été créées au niveau de la SNCF et RFF et ce nouveau texte va créer une véritable muraille de Chine entre Réseau Ferré de France et la SNCF : tout sera séparé de la prise de décision jusqu’aux personnels. C’est tout le partage d’information et de connaissances, ces synergies qui font la richesse du service public qui sont mises de côté au profit de la concurrence.

Là aussi nous avions proposé de rejeter cette stricte séparation réseau-train, et certains libéraux nous ont même suivi sur notre amendement de rejet, mais cette fois-ci les socialistes ont préféré rejoindre la droite, faisant ainsi tomber cet amendement par 459 voix contre 250 et une abstention.

Avec le volet technique adopté en avril pour favoriser la circulation des trains d’autres compagnies européennes sur le réseau français la libéralisation est désormais complète.

Pour nous usagers, comme pour les cheminots les conséquences sont colossales. L’entrée d’une logique de profit et la libéralisation marque la fin du service public assuré par une compagnie publique. Peut-on imaginer une compagnie privée faire des investissements de longs termes pour entretenir l’infrastructure, la développer, et faire rouler des trains dessus dans le seul but d’assurer une desserte territoriale, même à perte ? Peut-on imaginer une entreprise privée mettre en place des logiques de péréquation pour financer les lignes les moins rentables par les plus rentables, mettre en place des tarifications spéciales, privilégier le service sur le profit ? Non. C’est bientôt la seule logique du profit qui s’imposera aux usagers comme aux cheminots.

Continuons de refuser ce modèle et montrons-nous vigilants comme usagers et citoyens, lorsque nos régions passeront les premiers appels d’offres ferroviaires.

 

Débat sur la situation en Pologne

Mercredi 14 décembre

Le Parlement européen a débattu une nouvelle fois des évolutions de la situation de l’État de droit en Pologne, en présence du Président de la Commission, Frans Timmermans.

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement ultraconservateur du PIS, la Pologne a engagé une  véritable contre révolution réactionnaire et autoritaire. De nombreux journalistes des médias publics ont été remerciés, la tête des principales administrations d’État changée au profit de partisans du gouvernement, et la Cour constitutionnelle est visée par une réforme cherchant à la mettre au pas. Le gouvernement polonais a récemment émis l’idée de faire sortir le pays de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique.

Le dialogue officiel entre le pays et les institutions européennes est totalement rompu depuis la fin juillet et le rejet par le gouvernement polonais des recommandations que lui a adressées la Commission dans le cadre du mécanisme dit d’État de droit. Celle-ci doit décider si elle enclenche la procédure qui peut amener à suspendre les droits de vote de la Pologne au Conseil européen. Elle est très réticente à le faire car elle considère que c’est une mesure beaucoup trop forte pour l’instant, seulement la situation se dégrade de jour en jour et le dialogue ne mène à rien et aucune solution à l’amiable n’est aujourd’hui envisageable.

 

Des actes pour Alep

Mercredi 14 décembre

Nous avons débattu de la situation critique à Alep avant le sommet européen du lendemain.

En présence du Président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et du délégué du gouvernement de la Slovaquie pour la Présidence slovaque du Conseil de l’UE, Ivan Korčok, une grande partie de l’hémicycle a dénoncé l’inaction du Conseil européen.

La nouvelle Présidente du groupe des Verts / ALE, Ska Keller, a mis les États membres devant leur contradiction en dénonçant leur double discours, lorsqu’ils dénoncent la situation syrienne mais ne font rien pour résoudre la crise humanitaire et accueillir les réfugiés dans des conditions décentes.

Mon collègue de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique, Takis Hadjigeorgiou, a dénoncé notre responsabilité commune dans cette terrible usine de la mort.

Jean-Claude Juncker a appelé à laisser les populations civiles quitter la ville en toute sécurité. Manfred Weber, député allemand et Président du groupe de droite Parti populaire européen, a également insisté sur l’urgence d’une aide humanitaire à Alep et de l’amélioration de l’accueil des réfugiés en Europe.

Jeudi 15 décembre à Bruxelles, les dirigeants des vingt-huit États membres ont exprimé leur volonté de faire entendre leur voix sur le front humanitaire et ont dénoncé la brutalité du régime syrien et de leurs alliés, la Russie et l’Iran. Le texte des conclusions ne fait aucune mention de sanctions contre la Russie, faute d'unité entre les États membres.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 07:13

Ton livre Le bourg et l’atelier est le résultat d’une enquête ethnographique menée dans un atelier de la SNCF. Pourquoi ce choix ? Autrement dit, qu’apporte une telle méthode d’enquête pour saisir les réalités du syndicalisme contemporain ? Et en quoi cela rompt avec d’autres approches du syndicalisme ?

Ce livre repose sur une enquête de terrain : au cours d’une période de cinq années, de 2007 à 2012, je suis allé régulièrement dans une petite commune de 3000 habitants pour réaliser des entretiens et suivre les activités de syndicalistes cheminots travaillant pour la plupart dans un atelier de maintenance. J’étais présent lors des réunions du syndicat majoritaire, la CGT, réunions que je pouvais librement enregistrer.

Une telle immersion dans la durée permet d’établir des relations de confiance, essentielles pour connaître de l’intérieur le travail militant et pour tenter de donner à voir le quotidien des militants. En étant présent sur place, il s’agit de rendre compte de l’engagement tel qu’il se fait : adhérer, prendre des responsabilités, quitter le syndicat, participer à un conflit, devenir permanent, etc. La socialisation syndicale, c’est-à-dire la manière dont les individus sont transformés par leur insertion dans un collectif militant, est au cœur du livre.

Durant la période d’enquête, le secrétaire du syndicat laisse progressivement la place à un autre salarié : je peux analyser cette transmission qui se construit sur plusieurs années, en multipliant les points de vue. L’avantage de la méthode ethnographique, c’est qu’elle permet d’observer des pratiques militantes, de saisir des activités concrètes, alors que la plupart des études se contente le plus souvent de recueillir des discours à travers des questionnaires ou des entretiens.

En outre, lorsque j’enregistre des discours, il ne s’agit pas seulement de propos tenus à mon égard mais aussi d’échanges entre syndicalistes. Les cheminots ne répondent pas à mes questions, sur des thèmes qui a priori m’intéressent, mais ils discutent entre eux de sujets qui font sens pour eux. Avec ce dispositif, le chercheur est attentif à saisir les enjeux propres au milieu investi en se méfiant des questionnements préétablis.

Un autre apport de cette approche concerne l’inscription des activités syndicales dans leur contexte. Je ne reste pas cantonné au local syndical, ni centré uniquement sur les problématiques de l’atelier. Celles-ci sont reliées à ce qui se passe dans le bourg. Pour bien comprendre l’engagement des cheminots, il est nécessaire d’explorer leur situation dans l’entreprise mais aussi leur position dans l’espace social local.

Le syndicat est l’une des scènes sociales où les cheminots peuvent agir. Mais ce n’est pas la seule et pas forcément la plus importante. Les militants cheminots ne sont pas uniquement syndicalistes. C’est au regard de leur parcours professionnel mais aussi de leur trajectoires scolaires, résidentielles, familiales, que se dessine leur adhésion à la CGT. C’est ce que perdent de vue les approches du syndicalisme qui se réduisent à une étude, souvent hors-sol, des organisations.

L’engagement syndical est alimenté par tout un ensemble d’expériences vécues hors du travail et il se prolonge dans l’espace local, au sein de réseaux associatifs et politiques. Une démarche qui relie ce qui se passe dans les entreprises à la question du pouvoir local permet ainsi de souligner que les luttes municipales sont marquées par des conflits de classe.

Mener l’enquête dans un site local a l’avantage d’orienter le regard vers le syndicalisme de terrain, vers les militants d’entreprise, alors que seuls les appareils et dirigeants sont le plus souvent pris en compte. Des essais dénoncent régulièrement de façon schématique le pouvoir de permanents qui seraient coupés du monde du travail et mus par des stratégies intéressées de sortie de la condition ouvrière.

Il est vrai que les dirigeants nationaux, par la force des choses, sont éloignés du terrain de leur entreprise. Mais seule une toute petite minorité de syndicalistes sont permanents, la plupart n’ayant aucune décharge sur leur temps de travail. Et lorsqu’ils sont détachés à temps plein, c’est en général au terme d’une longue période de travail et d’engagement dans leur entreprise. Ils demeurent, en outre, presque toujours liés à leur lieu de travail d’où ils tirent leur légitimité, notamment parce qu’ils y détiennent fréquemment encore des mandats.

 

Tu fais le choix d’orienter ta recherche sur un secteur professionnel fortement marqué par le syndicalisme, mais dans le même temps dans un milieu rural, souvent délaissé dans les enquêtes sur le syndicalisme. Qu’est-ce qu’apporte ce choix ? S’agit-il de contribuer aux études du salariat en milieu rural, à travers ses spécificités, ou plutôt de relativiser cette dimension rurale en travaillant sur un secteur professionnel qu’on retrouve également dans les grandes agglomérations ?

En tant que sociologue à l’INRA, je mène surtout mes recherches dans les espaces ruraux et il y a un véritable enjeu à mieux faire connaitre la réalité de ces territoires sur lesquels les images toutes faites sont nombreuses.

Il faut savoir que les campagnes françaises sont essentiellement des campagnes ouvrières. Il y a cinq fois plus d’ouvriers que d’agriculteurs : la population rurale est formée à 32 % d’ouvriers contre 6 % d’agriculteurs. Voici, dans l’ordre décroissant, la liste des 10 départements français où la part des ouvriers est la plus importante : Jura, Haute-Saône, Vosges, Haute-Marne, Mayenne, Ardennes, Aisne, Doubs, Vendée, Eure. On le voit, il s’agit de départements profondément ruraux, sans métropoles majeures.

Mais cette réalité est relativement peu connue du fait de l’urbano-centrisme des élites intellectuelles contemporaines : journalistes, cinéastes, universitaires, écrivains… les professions intellectuelles productrices de représentations dominantes se concentrent dans les grandes agglomérations, essentiellement à Paris. Elles connaissent les campagnes par leur résidence secondaire ou par leurs vacances. La vision des campagnes qu’ils diffusent se réduit au tourisme ou au monde paysan qui lui, contrairement au monde ouvrier, bénéficie d’une forte visibilité médiatique et de relais institutionnels puissants.

Les ouvriers des campagnes travaillent dans une diversité de secteurs industriels : métallurgie, agro-alimentaire, nucléaire, bâtiment, logistique, etc. Dans le bourg enquêté, outre un atelier de la SNCF, on trouve également une usine de la métallurgie et un abattoir. Un peu plus loin, sont installées des entreprises du bois et des ateliers de confection.

Si j’en viens à mener l’investigation du côté des cheminots, c’est déjà un premier résultat de la recherche. Au départ, je cherche à identifier qui sont les groupes populaires qui s’engagent dans ce territoire malgré la force des processus de dépolitisation qu’ils subissent. Il m’apparaît rapidement que les cheminots jouent un rôle clef dans la vie locale. En tant que membres des fractions établies des classes populaires locales, ils peuvent s’impliquer dans la vie militante, contrairement aux autres figures ouvrières locales plus fragilisées.

La dimension rurale n’est pas forcément très déterminante dans les processus militants que j’analyse mais il existe néanmoins des spécificités de la condition ouvrière en milieu rural. Tout comme il en existe dans les milieux urbains mais cela n’est généralement guère analysé du fait d’un implicite urbain partagé par nombre d’analystes. Les chercheurs travaillant sur les classes populaires ou l’engagement dans les zones urbaines interrogent rarement ce que leurs observations doivent au contexte spatial comme si la société française était uniformément urbaine.

Parmi les particularités du groupe ouvrier dans les espaces ruraux, on peut évoquer une accession plus répandue à la propriété, des scolarités plus courtes, une prégnance des questions relatives au surendettement et aux transports. Être ouvrier en milieu rural n’expose pas à la même stigmatisation qu’en ville. Le travail manuel y occupe une place centrale et visible dans l’espace public, du fait de la part importante des ouvriers dans la population locale, mais aussi en raison de l’omniprésence du travail agricole et artisanal. Le bleu de travail est utilisé dans le travail du bois ou lors de l’entretien des propriétés.

En ville, de plus en plus, les ouvriers quittent leurs habits de travail quand ils sortent de leur établissement. A la campagne, les usines sont visibles de tous, elles jouxtent les habitations : la condition ouvrière est moins dissimulée qu’en milieu urbain et la syndicalisation peut devenir un élément de cette appartenance ouvrière.

Au-delà des variations liées à la résidence, le groupe ouvrier demeure défini par son inscription dans des rapports de classe qui s’expriment dans les espaces qu’ils soient ruraux ou urbains. Le « rural », tout comme « le quartier », sont des notions qui peuvent empêcher d’analyser la réalité des rapports sociaux, la question du territoire se substituant à la question sociale. En cela, ma recherche s’inscrit en faux avec la vision misérabiliste du géographe consultant Christophe Guilly, qui décrit les habitants du périurbain, comme étant captifs de zones reléguées, suites à des stratégies de sécession culturelle1.

Il décrit d’en haut une « contre-société » rurale homogène, repliée sur elle-même et hantée par le danger du « multiculturalisme » et de « l’immigration ». Or les conflits de classe n’ont guère disparu de ces territoires2. Loin d’être devenues secondaires par rapport à une fumeuse « question identitaire », les transformations du travail, avec la fragilisation ou le maintien relatif de collectifs ouvriers, jouent plus que jamais, en ville comme en milieu rural, dans le façonnage des représentations sociales et des possibilités de s’engager dans l’espace public.

Les principales évolutions dans les formes d’engagement syndical que je pointe dans le livre ne sont pas propres aux espaces ruraux. Elles s’observent dans la plupart des entreprises, notamment du secteur public. Par le passé, l’adhésion syndicale s’inscrivait souvent dans une logique perçue comme naturelle, issue d’un héritage familial, et elle se concrétisait au moment de l’embauche. Aujourd’hui, de nombreux syndicalistes adhèrent plus tardivement et ne font pas le récit de leur syndicalisation sur le mode de l’évidence, comme allant de soi et s’inscrivant dans une continuité familiale.

Pour les nouveaux militants, l’adhésion se fait surtout dans le cadre du travail et d’une lutte contre l’arbitraire patronal. L’engagement syndical apparaît comme un espace de défense et de recomposition de la dignité professionnelle, mise à mal par la politique de management.

 

Tu mets en lumière l’imbrication des identités professionnelles et militantes, qui se forgent à la fois dans l’atelier et dans les familles cheminotes et composées de syndicalistes. Qu’en est-il alors des identités et pratiques militantes qui dépassent le cadre de l’entreprise ? Par exemple, comment un tel secteur a-t-il perçu et participé au récent mouvement contre la loi travail, alors qu’on a pu percevoir des tensions dans la mobilisation des cheminots entre ce qui relevait des réformes internes à la SNCF et ce qui relevait du mouvement contre la loi travail dans son ensemble ?

L’engagement des syndicalistes n’est pas confiné dans l’enceinte de leur établissement. Il est irrigué par tout ce qui se passe dans cette région rurale profondément ouvrière. La situation vécue par leurs proches, notamment au sein de leur famille, joue beaucoup dans la prise de conscience sociale et politique des salariés de la SNCF.

Même s’ils appartiennent à des fractions stabilisées du salariat, relativement « protégés » par rapport aux autres, les travailleurs de l’atelier ne sont pas coupés des fractions plus fragiles des classes populaires locales. Leurs conjointes tout comme leurs enfants connaissent souvent des difficultés d’accès à un emploi stable. Et beaucoup sont passés eux-mêmes par d’autres entreprises où ils ont connu des statuts précaires et des conditions de travail éprouvantes.

Dans « le privé », ils n’ont en général pas rencontré de syndicats mais leur expérience du travail subalterne a progressivement nourri un sentiment d’injustice sociale. Une défiance à l’égard de l’autorité patronale peut trouver un débouché syndical lorsqu’ils entrent à la SNCF, là où il existe encore des syndicats.

Ces constats invitent à prendre en compte les différences entre salariés du secteur public et du secteur privé sans cependant poser de séparation franche entre ces deux univers, qui sont plus proches qu’on ne le pense souvent.

Comme ils bénéficient d’une continuité dans leur emploi et d’une stabilité professionnelle, les cheminots ont des ressources pour s’engager dans l’espace local. On les retrouve ainsi dans l’union locale CGT où ils s’organisent avec d’autres (métallos, enseignants, employés communaux, salariés de l’hôpital, etc.) pour soutenir les salariés qui sont en grande difficulté dans leur entreprise, notamment les femmes employées dans les grandes surfaces ou encore dans la maroquinerie.

Même si certains s’engagent initialement sur des problèmes personnels, par exemple pour obtenir une aide juridique un travail de politisation des engagements qui est ensuite mené incitant aux rapprochements avec d’autres groupes dans les luttes. Les syndicalistes en viennent à insérer la situation locale de l’atelier dans des enjeux globaux, sur la politique ferroviaire ou le nouveau management par exemple. De la même façon, alors que les élus locaux se présentent le plus souvent comme étant a-politiques, les syndicalistes dévoilent leur positionnement politique et informent les législations qu’ils soutiennent, concernant notamment la défense des services publics.

Sans ce travail quotidien, on ne pourrait comprendre l’ampleur d’une protestation telle que celle dirigée contre la loi Travail. Ce sont les réseaux militants, organisés dans les localités et les entreprises, qui ont assuré le succès d’une mobilisation de rue même si celle-ci dépasse les seules organisations syndicales. Les mobilisations collectives peuvent soutenues par un activisme sur le net mais elles ne naissent pas de nulle part. Il y a un travail militant sur le terrain, pendant les périodes creuses du mouvement social, qui édifie les cadres des protestions populaires futures.

Oui, il y a pu avoir des tensions dans la mobilisation contre la loi El Khomri car les cheminots ont leur propre calendrier et leur problématique de mobilisation. Depuis surtout 1995, on attend beaucoup d’eux, on met continuellement en avant leur rôle moteur, mais ils doivent également s’assurer du maintien d’une assise militante conséquente dans leurs établissements. Être un syndicat d’adhérents mettant l’accent sur la constitution d’une organisation produit des contraintes que les plus petits collectifs n’ont pas.

À la CGT, la consolidation de l’organisation, sa pérennité, constitue une priorité, parfois davantage que le maintien d’une conflictualité sociale lorsqu’elle est jugée peu productive. Mais, dans les faits, les deux dimensions vont ensemble : le déclenchement de grandes mobilisations fait venir de nouveaux adhérents au syndicat.

 

Tu évoques à plusieurs reprises les formes de politisation, les engagements extra-syndicaux des cheminots, notamment dans l’arène électorale locale. D’un autre côté, tu soulignes que le syndicalisme reste quasiment la dernière forme d’encadrement militant des classes populaires, ou du moins d’une partie d’entre elles. Comment alors décrirais-tu les processus contemporains de politisation de ces classes populaires en milieu rural ? Peux-tu établir des comparaisons avec tes recherches antérieures sur les militants du PCF ?

La domination politique des classes populaires et, plus particulièrement des fractions ouvrières, est aujourd’hui particulièrement prononcée. Les ouvriers sont largement absents des assemblées électives, bien sûr à l’Assemblée Nationales mais aussi dans les municipalités, y compris au sein des campagnes françaises pourtant très majoritairement populaires. Le pouvoir local est monopolisé par des représentants des classes moyennes et supérieures pourtant minoritaires dans les territoires ruraux.

Cette exclusion politique des classes populaires est, on le sait, une auto-exclusion. Outre le temps et la fragilité économique, c’est surtout un manque de confiance en soi, un sentiment d’incompétence au sein des classes populaires qui assure l’assise de la domination politique des fractions bourgeoises et petites-bourgeoises de la population. Or le syndicat est un outil de combat contre la honte sociale qui freine la participation politique. Je montre dans l’ouvrage que le passage par le syndicat permet aux ouvriers du site de déployer de nouvelles pratiques dans la vie locale, au sein des municipalités ou de diverses associations.

L’apprentissage militant à l’œuvre au sein du syndicat permet aux ouvriers de tenir un rôle de représentant dans l’espace public. Il offre, plus largement, la possibilité aux catégories populaires de s’affirmer dans un espace émancipé de la domination salariale et de contrer les processus qui les excluent de la vie publique au motif qu’ils seraient moins compétents que d’autres. Oser tenir tête au patron dans l’entreprise amène à s’affirmer également dans la localité face au directeur d’école, au notable, au maire, etc.

Ce livre vient à la suite de recherches menées sur le PCF et de l’ouvrage Le Communisme désarmé(Agone, 2014). Il poursuit une réflexion sur les difficultés de la gauche de gauche à être en phase avec les aspirations des classes populaires. De façon significative, plus aucun cheminot en activité du syndicat étudié n’est membre du PCF. Certains l’ont quitté lorsque la direction nationale ne donne pas d’orientations claires concernant les alliances électorales pour les municipales de 2008 et 2014.

En devenant une organisation décentralisée dont les dirigeants adoptent des stratégies électorales à géométrie variable selon les rapports de force électoraux locaux, le PCF s’éloigne du mode de fonctionnement de la CGT reposant sur la force du collectif. Les cultures organisationnelles communistes et cégétistes se distancient, et les syndicalistes se trouvent en porte à faux avec un PCF qui n’a plus de ligne et devient, dans certains territoires, une coquille vide au service des élus. Les trajectoires contemporaines vers le syndicat se distinguent des modalités d’engagement au sein du parti que j’avais analysé précédemment et où prédominent les logiques d’héritage.

Le faible renouvellement des réseaux communistes à partir des années 1980 se traduit par la prégnance des logiques familiales de reproduction du corps militant. Pierre Laurent, par ailleurs fils de Paul Laurent (député et cadre de l’appareil dans les années 1970-1980) et frère de Michel Laurent (ancien responsable de la fédération de Seine-Saint-Denis) symbolise la puissance de l’engagement familial au sein du PCF que l’on retrouve dans les municipalités et les directions locales du PCF.

S’ils peuvent être issus de familles ouvrières, parfois politisées à gauche, les dirigeants de la CGT sont rarement des enfants de cadres syndicaux. Souvent, ils rejoignent le syndicat lors de conflits au travail et prennent des responsabilités à l’issue de mobilisations collectives. On peut aussi mentionner que les processus de professionnalisation ou de spécialisation de l’engagement ne sont pas du même ordre pour les deux organisations. La base militante du PCF s’est profondément réduite depuis les années 1980, laissant au premier plan essentiellement les élus et leurs collaborateurs. Les cadres de la fonction publique territoriale forment un groupe central au sein du PCF, qui a perdu son lien privilégié avec le syndicalisme qui, lui, dans une entreprise comme la SNCF reste ancré dans certains milieux populaires.

Les militants de la CGT ont souvent connu des trajectoires scolaires courtes ou accidentées, subi les remises en cause de l’emploi public et demeurent en contact régulier avec les classes populaires déstabilisées. Le fait que, dans la fonction publique, la CGT soit surtout influente au sein du corps des salariés de catégorie C, chargés des fonctions d’exécution, alors que les militants et élus communistes proviennent davantage du corps des encadrants, de catégorie A, rend compte de cette différenciation sociale entre les deux organisations.

Autre différenciation significative : l’accès aux postes de permanent ne suit pas les mêmes temporalités selon les organisations. Au PCF, les jeunes militants qui prennent des responsabilités se professionnalisent souvent dès leur sortie du système scolaire, en devenant par exemple collaborateur d’élu ou chargé de mission dans une collectivité territoriale après parfois un cursus universitaire de formation aux métiers politiques (communication, science politique, gestion publique locale, etc.).

L’accession au poste de permanent est plus long pour les syndicalistes. Dans le syndicat étudié, les cheminots de l’atelier acquièrent souvent tardivement ce statut lorsqu’ils ont une quarantaine d’années. Loin d’être spécifique aux dirigeants locaux, ce type de parcours se retrouve au sommet du syndicat. En raison de ces parcours, même si les cadres syndicaux s’éloignent progressivement de la condition ouvrière, ils maintiennent pendant une longue période des liens forts et quotidiens avec les classes populaires. Du fait de leurs lieux de résidence, des liens entretenus avec leurs anciens collègues mais aussi de leurs relations familiales, ils demeurent souvent toujours inscrits dans les milieux du salariat subalterne. Ce qui est rarement le cas des permanents politiques du PCF.

Propos recueillis par Vincent Gay.

Notes

La France périphérique : comment on a sacrifié les classes populaires, Flammarion, 2014. Voir Benoît Bréville & Pierre Rimbert, « Une gauche assise à la droite du peuple. De Terra Nova à Christophe Guilluy, recompositions idéologiques autour des fractures territoriales », Le Monde Diplomatique, mars 2015, p. 8-9.
Cf. « Campagnes populaires, campagnes bourgeoises », Agone, 51, 2013.
Julian Mischi, Le bourg et l’atelier. Sociologie du combat syndical, Marseille, Agone, 2016, 408 p., 23€.

Julian Mischi, Le bourg et l’atelier. Sociologie du combat syndical, Marseille, Agone, 2016, 408 p., 23€.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 07:06
Affiche de mai 1968

Affiche de mai 1968

La France n'est pas particulièrement généreuse envers ses chômeurs, selon une note du Trésor public diffusée ce mercredi 21 décembre, comparant les taux d'indemnisation pratiqués dans 16 pays européens.

La direction générale du Trésor, qui dépend de Bercy, a comparé, dans ces 16 pays, les revenus de remplacement accordés aux chômeurs en 2014. Mais elle ne s'est pas bornée aux seules allocations chômage et a tenu compte des autres allocations (logement, familiales...) et réductions d'impôts, dont bénéficient spécifiquement les demandeurs d'emploi dans certains pays.

Cette analyse "révèle que, en moyenne, la France ne se singularise pas dans le paysage européen", selon le Trésor.

En France, les chômeurs bénéficient, en début d'indemnisation, d'un taux de remplacement net moyen (après cotisations et impôts) de 67% par rapport à leur ancien salaire, soit un niveau comparable à la Belgique (68%), l'Allemagne (67%), l'Irlande (67%), la Norvège et l'Italie (66%) et légèrement inférieur à la moyenne des pays testés (69%).

C'est nettement moins qu'au Luxembourg (87%), au Danemark (84%), en Suisse (77%), en Finlande (76%), au Portugal (74%) et aux Pays-Bas (71%). Seuls l'Autriche (64%), l'Espagne (61%), la Suède (56%) et le Royaume-Uni (54%) sont moins généreux que la France.

Le système français est, en revanche, le pays le plus favorable aux chômeurs qui ont perdu un salaire élevé (supérieur à deux fois le salaire moyen qui s’éleve à 26 061 euros en 2013 selon l’Insee). Dans ce cas, leur taux de remplacement net est en moyenne de 68% en début d'indemnisation, soit 20 points de plus que le taux moyen de l'échantillon (48%).

Autre spécificité française: "le revenu de remplacement des demandeurs d'emploi provient principalement des allocations chômage", contrairement à d'autres pays, où il est principalement lié à d'autres transferts sociaux ou à des baisses d'impôts.

En Allemagne, "ce sont surtout les exonérations d'impôts qui contribuent à accroître le revenu des demandeurs d'emploi", et au Royaume-Uni, les autres aides, notamment familiales, sont prépondérantes.

En France, au bout de deux ans d'indemnisation, quand beaucoup de demandeurs d'emploi arrivent en fin de droit, "le taux de remplacement net chute fortement".

Ainsi, dans le cas d'un couple avec deux enfants, dont un seul époux avant d'être au chômage travaillait pour un revenu égal au salaire moyen, le taux passe à environ 55%, "un niveau très en-dessous de ce qui est observé dans la majeure partie des autres pays

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 06:47
Il a bien trumpé son monde: le candidat "anti-système" réunit autour de lui un cabinet de milliardaires qui pèse autant d'argent que la fortune d'un tiers des américains ou des 60 Etats les moins riches du monde

La fortune personnelle des 14 membres du cabinet de Trump (l'équivalent du gouvernement), tous milliardaires ou presque, pèse un tiers de la fortune des Américains, autant que le PIB des 60 pays les plus pauvres. Le décor est planté... Qui disait que Trump était le candidat des travailleurs américains?   

Prénom: Donald

Nom: Trump

Un éléphant, ça trump, ça trump ...

La preuve que la carte de la démocratie libérale à tendance oligarchique n'est peut-être plus celle, exclusive, du capitalisme financier... qui désormais pourrait mettre un pied dans les chaussons du populisme à tendance raciste et fasciste, toujours aussi oligarchique. La brutalité franche d'un Poutine préférée au raffinement jésuite d'un Obama. 

En tout cas, pour un candidat prétendument anti-système, Trump est curieusement accompagné à la Maison Blanche par les plus grandes fortunes des Etats-Unis, promettant de mettre les Etats-Unis et le monde en coupe réglée pour les intérêts du Big Business. 

Evidemment, pour ces vautours-là, le réchauffement climatique, les pollutions, l'esclavage moderne, les violences policières contre les noirs et les latinos, le martyre du peuple palestinien ou syrien, ça n'existe pas...! 

En tout cas, on est prévenu: avec l'élection de Trump, tout devient possible dans nos démocraties sous système capitaliste de plus en plus sauvage: même Citizen Kane en comparaison faisait figure d'un sage civilisé.

Maintenant, place aux clowns libidineux, Trump - Berlusconi, aux salauds racistes, homophobes, sexistes, pro-riches, aux adeptes primitifs de la force, du colonialisme, de l'exploitation sans vergogne de la nature et des pays pauvres. 

A ce régime là, APOCALYPSE NOW! n'est déjà plus à mettre au passé. 

Et nous, quel clown réactionnaire allons-nous choisir pour faire la guerre aux pauvres: Marine Le Pen, François Fillon, Manuel Valls? 

Ismaël Dupont

 

Lire aussi: 

Donald Trump et l'extrême-droite israélienne: un éditorial du Monde qui fait froid dans le dos sur le durcissement pro-colonial et pro-israélien de l'administration américaine

 

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 21:19
1999: Quand les papis faisaient de la Résistance avec Charlie Hebdo contre l'extrême-droite: recours judiciaire contre le mal nommé Front National usurpant la mémoire et les valeurs du Front National de Libération et d'Indépendance de la France
Appel manifeste d'anciens dirigeants de la Résistance contre la récupération du "Front National de lutte pour la liberté et l'indépendance de la France", dont la branche armée était les F.T.P (Archives Pierre Le Rose)

Appel manifeste d'anciens dirigeants de la Résistance contre la récupération du "Front National de lutte pour la liberté et l'indépendance de la France", dont la branche armée était les F.T.P (Archives Pierre Le Rose)

1999: Quand les papis faisaient de la Résistance avec Charlie Hebdo contre l'extrême-droite: recours judiciaire contre le mal nommé Front National usurpant la mémoire et les valeurs du Front National de Libération et d'Indépendance de la France
1999: Quand les papis faisaient de la Résistance avec Charlie Hebdo contre l'extrême-droite: recours judiciaire contre le mal nommé Front National usurpant la mémoire et les valeurs du Front National de Libération et d'Indépendance de la France
1999: Quand les papis faisaient de la Résistance avec Charlie Hebdo contre l'extrême-droite: recours judiciaire contre le mal nommé Front National usurpant la mémoire et les valeurs du Front National de Libération et d'Indépendance de la France
Appel finistérien de soutien à la Résistance contre l'usurpation du nom Front National, organisme de résistance et de rassemblement clandestin initié par le Parti Communiste, par l'extrême-droite nostalgique de l'Occupation

Appel finistérien de soutien à la Résistance contre l'usurpation du nom Front National, organisme de résistance et de rassemblement clandestin initié par le Parti Communiste, par l'extrême-droite nostalgique de l'Occupation

Le Front national, ou Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France, est un mouvement de la Résistance créé par le PCF vers mai 1941 pour irriguer les différentes composantes de la société française dans un esprit d'ouverture vis-à-vis des non-communistes. Il fut mis en sommeil à partir de l'automne 1941 et ne se développa véritablement qu'à partir de la fin 1942 sous l'impulsion de Pierre Villon qui fut le représentant du mouvement au sein du CNR.

A ne pas confondre avec le groupuscule fasciste né en 1972 et devenu un des tous premiers partis de France en terme de nombre d'électeurs même si son projet et son fond de commerce sont toujours liés à la xénophobie, à la peur de l'autre et aux préjugés de supériorité ou d'impossibilité de bien vivre ensemble imbéciles et dangereux, un patriotisme dévoyé ou dénaturé en somme. En même temps, ses dirigeants à partir de cet acte fondateur qu'a été l'usurpation du nom de la formation de résistance populaire de gauche au nazisme et à Vichy sont passés maîtres dans l'art de la récupération.   

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:56
Carte de Membre du Comité Départemental de Libération de Pierre Le Rose (archives Pierre Le Rose- PCF 29)

Carte de Membre du Comité Départemental de Libération de Pierre Le Rose (archives Pierre Le Rose- PCF 29)

archives Pierre le Rose - PCF 29: première page de la trame du discours de Pierre Le Rose devant les Etats Généraux de la Renaissance Française, juillet 1945

archives Pierre le Rose - PCF 29: première page de la trame du discours de Pierre Le Rose devant les Etats Généraux de la Renaissance Française, juillet 1945

Archives Pierre Le Rose. 

Discours de Pierre Le Rose dans le canton de Concarneau pour la préparation des Etats généraux de la Renaissance Française (juillet 1945). 

 

Citoyennes, Citoyens du Canton de Concarneau

Et voici que s'achèvent les travaux de la Conférence Cantonale des Etats généraux de la Renaissance Française. Voici qu'à l'unanimité vous avez élu un nouveau Comité Local de Libération élargi, vos délégués au Congrès Départemental des Etats Généraux qui iront à Quimper présenter le cahier de Doléances que vous avez vous-mêmes établis.

Votre Comité Local de Libération avait jusqu'ici ce qu'on pouvait appeler au lendemain de l'insurrection une légalité insurrectionnelle, la légalité de la glorieuse insurrection nationale qui a chassé les lâches et les traîtres. 

Il était composé des représentants des différentes organisations et partis de la Résistance. Il groupait des hommes venus des différentes couches de la population.

Ensemble durant dix mois, face aux autorités instituées par le Gouvernement, votre C.L.L s'est attaché à défendre tous les intérêts du Peuple dans l'esprit de la Résistance , inséparable de l'esprit du Peuple. En même temps, le C.L.L s'efforçait dans la mesure de ses faibles moyens d'aider la municipalité instituée dans l'application de son difficile mandat.

Depuis vous avez eu les élections. Des municipalités nouvelles ont été légalement élues et je suis heureux de les saluer ce soir en la personne des Maires du canton ou de leurs représentants.

Les C.L.L organismes insurrectionnels, représentants du Peuple insurgé, devaient-ils disparaître?

Dans l'enthousiasme, ce soir, en élargissant les C.L.L, en les faisant plus représentatifs de l'ensemble de l'opinion, vous avez répondu "Non".

Dans ce "Non" vous affirmez que quoiqu'en disent certains esprits malintentionnés la Résistance Française n'est pas morte, mais qu'au contraire son esprit continue par delà vents et marées, par dessus toutes les combinaisons et toutes les politicailleries.

Les C.L.L continueront donc à exister, à soutenir les municipalités élues au Suffrage Universel, images du Peuple.

Les C.L.L continueront à demander les châtiments des traîtres, de ceux qui ont tenter de propager parmi le Peuple les mots d'ordre collaborationnistes, tels les André Morvan, de ceux qui arboraient des francisques tels les Philippe Madeline dont Laval, Déat, Darnand étaient les héros, de ceux qui dénonçaient les Français tel Normand, le maire vichyste de Trégunc.

Les C.L.L ne faibliront pas non plus dans la phase de leur mission qui consiste, conformément au programme du C.N.R à demander la confiscation des biens des traîtres et c'est avec plus de force que jamais que, forts de votre confiance, ils demanderont, ils exigeront en votre nom, des autorités compétentes la confiscation des biens des Usines Cassegrain et Prouvat-Barbe qui durant l'occupation ont travaillé pour les bôches, ont trafiqué avec les bôches.

A partir d'aujourd'hui, les C.L.L sont pour la première fois depuis l'insurrection victorieuse liés profondément à la masse du Peuple. Les C.L.L et le Peuple ont des intérêts communs. C'est la main dans la main qu'ils partent à la Conquête d'un nouveau destin.

Vous avez aussi élu les délégués qui iront au Congrès Départemental des Etats Généraux. Ils iront là-bas à Quimper vendredi prochain, établir avec les délégués des autres cantons le Cahier Départemental de la Renaissance Française.

A ce Cahier Départemental, vous apportez, vous, citoyens et citoyennes du canton, votre contribution.

Vous avez discuté tout à l'heure les termes de ce Cahier que vous ont présenté les représentants les plus purs de la Résistance populaire. Vous avez voté le texte complet de ce Cahier Cantonal qui est lui-même la synthèse des différents Cahiers du Canton.

Ce sont vous, ménagères, qui vous êtes penchées sur les problèmes ardus du ravitaillement. Ce sont, femmes de l'U.F.F, qui avez étudié les moyens de conjurer le redoutable fléau de la tuberculose. Ce sont vous, chers prisonniers et déportés absents depuis cinq ans qui, revenus dans la vie civile, dépaysés, avez, en commun établi la liste des moyens vous permettant de faire vivre ou plutôt revivre vos foyers. Ce sont vous, ouvriers et employés, qui demandez un accroissement sans cesse grandissant de la production. Ce sont vous, retraités, qui réclamez une juste retraite vous permettant de finir dignement votre vie. Ce sont vous, fonctionnaires, qui suggérez la réforme indispensable des programmes scolaires. Ce sont vous, jeunes, qui proposez vos bras pour des équipes de choc pour la reconstruction du pays.

Ce sont vous, marins, qui inscrivez sur votre cahier la Réparation du quai Carnot endommagé par les allemands. Et vous, jeunes et vieux travailleurs, ménagères et ouvrières, artisans et retraités, marins et prisonniers, vous vous penchez avec la même ferveur sur les réformes de la Constitution Française.  (..)*

Pendant l'occupation, le Peuple Français commémorait par des actions héroïques contre l'ennemi cette date glorieuse entre toutes (du 14 Juillet).

Les nazis qui dénonçaient l'esprit de 89 craignaient particulièrement ce jour du 14 Juillet. Les patriotes, en effet, commémoraient à leur façon le jour de la Fête Nationale le 14 juillet, les trains bôches sautaient plus nombreux que de coutumes, les bôches et les traîtres expiaient leurs crimes, nos glorieux partisans se battaient comme des lions. Et toute la France applaudissait unanime. Aujourd'hui, nous nous préparons à commémorer le 14 Juillet 1945.

Ce sera le 14 Juillet de la Victoire.

Ce sera le 14 Juillet des Etats Généraux de la Renaissance Française, le 14 Juillet de l'Espoir dans un avenir meilleur que le Peuple Uni saura bâtir.

Tout le Peuple de France manifestera à l'occasion de ces jours de liesse sont attachement à la République et à la Démocratie.

Vivent les E.G.R.F**   

Le 14 Juillet

Vive la France

Vive la République   

 

* Partie manquante: p 8 à 12 du manuscrit du discours, écrit au dos d'un bulletin d'adhésion aux Jeunesses Communistes 

** les E.G.R.F: les Etats Généraux de la Renaissance Française

 

Biographie de Pierre Le Rose, militant communiste et dirigeant de la Résistance communiste à Concarneau: 

 

Pierre Le Rose est le fils de Théophile Le Rose, né à Concarneau le 11 février 1900, qui était lui-même un militant communiste. Engagé à 18 ans, Théophile Le Rose était au dépôt de Brest au moment des événements faisant suite aux révoltes de la Mer Noire. Il était ami avec Théo Le Coz qui sera plus tard directeur de La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime.

Voilier, Théophile succéda à son père à la tête de la voilerie artisanale et familiale employant cinq ouvriers. Pierre Le Rose est l'un de ses deux fils, qui naît le 10 février 1923 à Concarneau.

Théophile participe au mouvement populaire qui se développe après février 1934. Il adhère au Parti Communiste en 1935 et est présent dans les différentes activités du Front Populaire (campagne électorale de 1934 où Pierre Guéguin entre au Conseil Général, de 1935 avec l'élection aux municipales de la liste de front commun, de 1936 avec la victoire aux législatives). Il participe au soutien à l'Espagne Républicaine (accueil des réfugiés, organisation des Brigades Internationales). Il organise la manifestation départementale du Front Populaire le 7 juin 1936 à Concarneau, prépare la première fête de la Bretagne du Parti Communiste à Concarneau en août 1936 avec Marcel Cachin, réceptionne et achemine Jacques Duclos en novembre 1937. Théophile Le Rose développe aussi des relations étroites avec Alain Signor, élu au Comité Central au Congrès d'Arles en 1937. Il décède après la fête de l'Humanité de Garches, le 8 juillet 1938.

Son fils, Pierre Le Rose, commence à s'intéresser à la vie politique à partir des événements de 1934 et de 1936, de la construction du Front Populaire. Il participe aux manifestations comme enfant, lit "l'Huma" à laquelle son père est abonné. Il vend des Bonnets Phrygiens, insignes du Front Populaire, à la manifestation du 7 juin 1936: Pierre a alors 13 ans. Son père décède quand Pierre atteint sa quinzième année. En 1940, à dix-sept ans, il quitte l'école pour prendre la direction de la Voilerie qu'avait conservée sa mère au décès de Théophile. Il conserve un contact avec le Parti, désormais clandestin après les accords germano-soviétiques, et il a connaissance des premiers tracts du Parti Communiste, alors plus que jamais persécuté: l'appel du 10 juillet 1940 notamment.

Au printemps 1943, avec une équipe de jeunes amis, il constitue les premiers groupes de FTP de la région de Concarneau. Parallèlement, en liaison avec Alphonse Duot, secrétaire de la section clandestine du Parti à Concarneau (reconstituée à la suite des arrestations de 1942), il organise les groupes de la J.C, le Front National et plus tard les F.U.J.P et le Front Patriotique de la Jeunesse. Il rédige et confectionne des tracts, des journaux écrits à la main ("L'étincelle", organe du Parti et des J.C, "l'Insurrectionnel", bulletin du Front National). Il participe aux diverses actions des FTP, à la propagande du Parti et des Jeunesses Communistes, au recrutement. Au Printemps 1944, Pierre Le Rose participe à la création du Comité Local de Libération dont il devient le Secrétaire. Désigné par ses camarades de la Libération (le 15 août 1944 à Quimper, Concarneau n'est pas encore libérée), il devient membre du Comité Départemental de Libération pour représenter les "Forces Unies de la Jeunesse Patriotique". Il contribue dans ce cadre à la mise en place des délégations spéciales en remplacement des institutions de Vichy et à la réintégration des Conseils Municipaux dissous en 1939 par Daladier: Concarneau, Guilvinec, Léchiagat, etc.

Il devient membre actif du Front National (l'organe unitaire de la Résistance créé par les Communistes pour fédérer largement la résistance intérieure) pour lequel il fait ses premiers meetings (Douarnenez, avec Albert Trévidic), à Concarneau aux rassemblements des J.C dont il est membre du Bureau Régional. Pierre le Rose est coopté au Comité Régional du Parti Communiste mi-décembre 1944. Il prend la parole au Congrès du Front National présidé par Joliot-Curie en janvier 1945. Il est élu aux Etats généraux de la Renaissance Française le 14 juillet 1945. Pierre Le Rose était dans la délégation du Finistère au Congrès des JC constitutif de l'U.J.R.F début avril 1945. En mai 1946, Pierre Le Rose est élu au secrétariat fédéral du Parti Communiste (dont Marie Lambert, première députée femme du Finistère à la Libération, devint première secrétaire). Il restera à cette fonction sous la direction de Daniel Trellu (1949-1952) et sera élu secrétaire fédéral en février 1953.

 

Lire aussi sur le Chiffon Rouge, extraits des Archives de Pierre Le Rose: 

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Pierre Le Rose: une trajectoire communiste en Finistère

Pierre Le Rose, un homme multicarte... Voyage dans l'histoire

Correspondance de Marcel Cachin avec Pierre Le Rose

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Résistance bretonne: L'insurrectionnel, organe local du Front National de Libération, juillet 1944 (Archives Pierre Le Rose)

Combats de la libération de la Bretagne: "France d'abord", édition bretonne (août 1944) - organe de liaison de la résistance FTPF et Front National (archives Pierre Le Rose)

 

 

Carte de délégués aux Etats Généraux de la Renaissance Française de Pierre Le Rose, résistant communiste finistérien - 14 juillet 1945

Carte de délégués aux Etats Généraux de la Renaissance Française de Pierre Le Rose, résistant communiste finistérien - 14 juillet 1945

Lettre à Henri Martin (1999) où Pierre Le Rose revient sur ses activités en 1944 et sa participation aux Etats Généraux de la Renaissance Française à l'initiative du CNR au Palais de Chaillot le 14 juillet 1945

Lettre à Henri Martin (1999) où Pierre Le Rose revient sur ses activités en 1944 et sa participation aux Etats Généraux de la Renaissance Française à l'initiative du CNR au Palais de Chaillot le 14 juillet 1945

Préparation des Etats Généraux de la Renaissance Française: Discours de Pierre Le Rose en juillet 1945... Après la nuit noire de l'Occupation, les Jours Heureux!
carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

carte d'adhérent Union de la Jeunesse Républicaine de France (1945) - Pierre Le Rose

Carte d'adhérent Jeunesses Communistes de Pierre Le Rose - 1945

Carte d'adhérent Jeunesses Communistes de Pierre Le Rose - 1945

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:10
Archives Pierre Le Rose: "Jeunes gens, jeunes filles, abonnez-vous à l'Avant-garde, adhérez à la glorieuse fédération des jeunesses communistes de France!"

Archives Pierre Le Rose: "Jeunes gens, jeunes filles, abonnez-vous à l'Avant-garde, adhérez à la glorieuse fédération des jeunesses communistes de France!"

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 19:07
Ils sont morts pour une France libre et indépendante  - Carte de soutien des amis du musée de la Résistance
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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 15:11
Manifestation du Front Populaire à Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Manifestation du Front Populaire à Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Jeunes communistes après la Libération de Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Jeunes communistes après la Libération de Concarneau (archives Pierre Le Rose - PCF 29)

Communistes de Beuzec dans les années 30 (photos archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Communistes de Beuzec dans les années 30 (photos archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Célébration communiste d'hommage à La Résistance et à Marc Bourhis et Pierre Guéguin, Concarneau (photo archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Célébration communiste d'hommage à La Résistance et à Marc Bourhis et Pierre Guéguin, Concarneau (photo archives Pierre Le Rose. PCF 29)

Lire aussi, ces articles de janvier 2016: 

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)

Pierre Le Rose: une trajectoire communiste en Finistère

Pierre Le Rose, un homme multicarte... Voyage dans l'histoire

Correspondance de Marcel Cachin avec Pierre Le Rose

"A propos d'une ignominie: être dignes des 27": Pierre Le Rose rend hommage à Pierre Guéguin et Marc Bourhis, fusillés de Chateaubriant concarnois (L'Unité, journal communiste de Concarneau, novembre-décembre 1979)

 

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot

manuscrit d'Alphonse Duot présent dans les archives de Pierre Le Rose écrit en 1964
(recopié pour le Chiffon Rouge et l'intérêt des lecteurs et passionnés d'histoire d'aujourd'hui par Ismaël Dupont)

Depuis 1944, on a tenté dans les livres et dans la presse d'écrire une histoire objective des combats pour la libération de notre ville dans lier ces combats à celui permanent des patriotes qui pendant quatre ans sacrifièrent tout pour la libération du territoire national. Il nous apparaît nécessaire de combler quelques lacunes qui laissent dans l'ombre par exemple l'action des F.T.P.F pendant l'occupation dont les trois compagnies du bataillon La Tour d'Auvergne de Quimper participeront aux combats pour la libération de Concarneau. 

D'où venaient les F.T.P.F? 

Quelle a été leur action? 

Tout d'abord, un point d'histoire. Après la déclaration de la guerre le 3 septembre 1943, le Parti Communiste Français est dissous, les municipalités communistes dissoutes et remplacées par des délégations spéciales. La municipalité communiste-socialiste de Concarneau dont le maire P. Guéguin est aux armées est dissoute. Une délégation spéciale le remplace dirigée par M. Scalar (en mai 40, arrestation de Jos Le Coz Scouazec gérant de "la Bretagne").  En juin 40, c'est l'invasion, le jeudi 18, les troupes nazies font leur entrée dans une ville déserte, les habitants s'étant calfeutrés chez eux pour ne pas assister à ce drame qui les laisse accablés, désemparés. Au cours des semaines qui suivent c'est le retour au foyer de ceux qui ont pu échapper aux camps de prisonniers, parmi eux des militants du PCF qui n'ont rien perdu de leur courage malgré la défaite. Parmi eux Alain Le Lay, le plus brave, le plus estimé de toute la population. Il faut faire quelque chose. "La France ne sera jamais un peuple d'esclaves" viennent de proclamer M. Thorez et J. Duclos. Alors commence un combat où les meilleurs devaient tomber.   

Parallèlement au travail de propagande qui ne s'arrêtera pratiquement jamais, la section du Parti aidé par les J.C entreprend dès l'arrivée des nazis dans l'été 40 des actions de sabotage. René Lijour paie de sa personne et entraîne les jeunes. Trolez, Y. Le Gall, Ch. Tocquet entre autres participent au déboulonnage des voies ferrées, à la destruction des lignes téléphoniques. Des soldats nazis sont victimes de cette ardeur vengeresse et plus d'un trouvera dans le port une fin prématurée. La nuit est quelquefois trouée d'explosions insolites qui réveillent les Concarnois. C'est la grue de la gare qui saute, ou bien un transformateur ou un poteau supportant la haute tension. Les explosifs sont pris à l'ennemi. Les chantiers sont mis en coupe réglée. Des groupes prennent le titre de "terroristes patriotes".

Pendant ce temps, Alain Le Lay va, vient, visite les sections et organise le combat. La liaison avec Paris est assurée par Venise Gosnat dit Père Georges. Mais les armes manquent cruellement, cela gêne l'action des premiers F.T.P¨.F.

Cependant la police de Vichy vient d'arrêter l'ancien maire (notre camarade) Pierre Guéguin et l'instituteur Marc Bourhis. Transférés au camp de Chateaubriand, ils périront le 22 octobre de la même année dans la sablière tragique avec 48 autres patriotes. La population est saisie d'une émotion intense et dès la nouvelle connue, une manifestation spontanée se déroule au cimetière devant les tombes des familles.

La haine de l'ennemi s'accentue et les actions des F.T.P.F sont mieux comprises et soutenues par la population qui n'a jamais été neutre comme l'a déclaré dans un rapport Y. Aubert qui a remplacé Scalar à la tête de la délégation spéciale, le développement du mouvement F.T.P.F le prouvera par la suite.

En 42 a eu lieu une grève des ouvrières des usines pour obtenir de l'huile et des conserves: utilisation des délégués prévus par la Charte du travail de Vichy.

Au printemps 42, "Père Georges" prend contact directement avec René Lijour, lui annonce que des armes vont arriver par mer à bord d'un sous-marin anglais qui attendra aux Glénans que les résistants viennent en prendre livraison.

Le mot de passe est donné. Contact pris avec Bodéré Guillaume et son camarade Baudry agent de liaison qui sera fusillé plus tard au Mont-Valérien. Les deux résistants se font connaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les deux résistants se font connaître du sous-marin qui est bien à l'endroit prévu. Les containers sont pris en charge et débarqués sur la côte bigoudène où Lijour, Eugène Le Bris et Fauglas viendront les prendre pour les entreposer à la ferme Daoudal à Melguen. Ce camarade sera également fusillé au Mont-Valérien.

Des parachutages seront également annoncés. René Lijour et plusieurs camarades dont les noms échappent après 20 années d'histoire se rendront plusieurs fois sur les lieux sans succès. Mais le combat continue. Carduner de Pont-Minaouet tente de faire sauter le pont du même nom. Il sera arrêté lui aussi et mourra. Madame Le Breton sera arrêtée et déportée.

Joseph Berthou syndicaliste et résistant du même groupe sera arrêté à cette époque et fusillé à Thouars. Eugène Le Bris se rendra à Nantes où son camarade *** arrêté doit être jugé. D'une audace folle, il pénétrera dans le bureau du juge Le Bras au moment de l'interrogatoire de son camarade. Il délivrera celui-ci après avoir abattu le juge. Mais ses imprudences ont compromis sa sécurité et celle du groupe insuffisamment cloisonné.

En septembre 42, ils seront arrêtés tous deux. Quelques jours plus tard, alors que Concarneau vit encore sous l'émotion de la découverte d'un immense trafic de marché noir entre les établissements Provost-Barbe et l'organisation Todt, une grande rafle de la police de Vichy fidèle collaboratrice de la Gestapo permet l'arrestation de presque tous les membres de l'organisation. La date de l'arrestation d'Alain Le Lay nous est imprécise après si longtemps mais il mourra à Auschwitz, comme Théophile Louarn.

Voici la liste des membres du groupe Lijour arrêtés en septembre et octobre 1942:

(Notes annexes: 

courant 42: 

Tollec Fanch. Interné Rennes. Libéré

Touchard Fanch. Interné Rennes. Libéré

Kerledou André. Interné Rennes. Libéré

Louarn Victor. Déporté

Jourden Esprit. Mort en déportation

Berthou Joseph. Fusillé à Thouars

Carduner. Mort à Dachau

Daoudal. Fusillé au Mont-Valérien (le dépôt d'armes des T.P se trouvait chez ce camarade). 

Le Lay Alain. ? 

25 septembre 1942: 

Serre Jacques

Le Caignec Eugène père

Touchard Fanch

Kerledou André fils

Dréano Joseph

Rioual Arthur

Guiffant Louis

Loch Mathias

Rossignol Jean

27 septembre:  

Le Bris Eugène fusillé (affaire Le Bras, juge de Nantes)

Lijour Lucie déportée

Breton Françoise déportée

Bodéré Marie-Jeanne internée

Baudry (agent de liaison) fusillé au Mont-Valérien

Huon frères internés

Thomas Yves: déporté

Fin septembre: 

Tocquet Charles. interné

Louarn Théo. Mort en déportation

Trichard Yves. Tué au combat 

Le Gall Yves. Mort en déportation. 

Le Gall Joseph. Interné

Péron Louis. Interné

Dolliou Charles. Interné

Trolez Jean. Déporté

Bourbigot Jean. Déporté.

Thomas Yves. Mort en déportation

6 octobre:

Le Caignec F.: interné à Compiègne. Evadé en décembre 43

Tous ces camarades firent parti du groupe T.P (Terroristes Partisans) par la suite appelé groupe Lijour, 1er responsable dès 1940 et même avant. Le Lay Alain par la suite.)

 

C'était un coup très dur porté aux T.P et à la Résistance, mais René Lijour avait réussi à s'échapper et à disparaître dans la nature et quelques camarades avaient passé entre les mailles du filet, mais l'organisation était détruite. Pendant quelques mois seule la propagande nazie fonctionna. Remi Nédellec était en contact avec Quimper et les tracts nous parvenaient. Le cheminot François Le Beux du dépôt de Quimper nous en fournissait également. Il nous faisait rire en nous racontant les bons tours qu'il faisait aux nazis, expédiant les wagons qui leur étaient destinés dans les directions les plus insolites. Il devait mourir tragiquement lors d'une attaque de l'aviation anglaise en février 1944.

Une caisse de secours aux familles des déportés et fusillés fut créée et alimentée par des dons en argent et en espèce.

Et bientôt le contact fut rétabli avec René Lijour. Mme Duot qui avait déjà servi d'agente de liaison avant la rafle de septembre 42 reprit du service et assura le contact.

Du coup les choses prirent une autre tournure. Les conseils de René Lijour et ses indications nous permirent d'envisager la reprise du combat armé.

Mais il fallait élargir le combat à d'autres que les communistes et pour cela créer le Front National et sa force militaire les F.T.P.F. Je posai la question à Robert Jan qui avait également fait partie du groupe Lijour et qui quoique en contact avec Le Bris n'avait pas été arrêté. Nous convînmes de la nécessité d'accélérer la réorganisation de la résistance aux Nazis d'autant qu'après Stalingrad, l'espoir était revenu dans la population et le moment favorable pour une telle opération. Je contactai Louis Trichard frère d'Yves Trichard qui devait être tué dans les combats de la Libération.

Ce dernier me conseilla de voir Pierre Le Rose dont il me dit beaucoup de bien. Dans les circonstances de l'occupation et de la clandestinité, il était hasardeux de contacter une personne inconnue sans avoir reçu de solides garanties, aussi je me fis donner l'accord de P. Le Rose pour cette entrevue avec Le Trichard. Au premier contact je sentis tout de suite que ça allait marcher. J'avais eu de la chance, j'avais saisi le bon chaînon. Nous convînmes de la création d'un groupe de Jeunesse communiste et du travail à faire. Il commença sans tarder et tracts et journaux sortirent de notre presse clandestine, une simple pierre humide (ils insistaient sur les problèmes de ravitaillement de la population).  De là devait sortir le journal "L'étincelle" appelant la population à renforcer et soutenir la Résistance.

L'étincelle: journal de la Résistance communiste de Concarneau, Mai 1944- Juin 1944: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose

Des journaux destinés aux jeunes, les appelant à la lutte armée. Celle-ci fut immédiatement envisagée avec les moyens dont nous disposions. Le groupe des 8 jeunes communistes se transforma en commando F.T.P.F. Il y avait là outre P. Le Rose dit Michel ou Pierre Humide, Dédé le Craz dit Fredo, Yves Le Moal dit Losse (à moelle évidemment) et gloire locale actuelle de la gouache et de l'aquarelle. Nous étions arrivés fin 43 et ce groupe où se trouvait également le regretté Henri Joncourt, tué depuis en Algérie, commença ses actions de commando. Au même moment Fanch Caignec faisait son apparition imprudente à mon avis à Concarneau. Il venait de s'évader du camp de Compiègne où il était en instance de départ pour les camps de la mort. Je craignais pour sa sécurité mais la police de Vichy commençait à sentir tourner le vent et ne voulu pas l'inquiéter. Il nous fut d'un grand secours pour le recrutement de nouveaux éléments qui permirent un développement extraordinaire des F.T.P.F. Tout ceci était fait malgré tout avec un maximum de prudence et le cloisonnement était sévère. Nous pratiquions l'organisation en triangle qui nous permit cette fois d'arriver à la Libération sans trop de casse.

Pour René Lijour j'étais Arsène, pour P. Le Rose dit Michel, j'étais Henri flexible, pour le regretté Félix Delorn j'étais Maurer. J'ai souvent souri en le trouvant en conversation avec un jeune, et en l'entendant me parler confidentiellement d'un certain Henri flexible mystérieux et grand mamitou de la résistance. Toute modestie mise à part. 

Puis tout devint plus facile, relativement s'entend. J'eus le contact avec l'état major F.T.P.F du Finistère par Louis Stéphan dit commandant André, prisonnier évadé qui avait repris le combat. Nous nous rencontrions le plus souvent dans la nature, dans le champ d'un fermier ami comme chez Fanch Touchard de Colguen, avec des responsables régionaux. Jacob Quillen assistait parfois à ces entrevues où nous faisions le point sur la situation et étudions l'état et l'organisation de nos forces. André vint également me voir chez moi et sur mon lieu de travail. Le problème qui se posait était l'armement de toutes nos recrues. Les parachutages de Kernabat auxquels participaient nos F.T.P.F ne nous permettaient pas d'équiper les 2 compagnies que nous avions recrutés et la récupération d'armes sur l'ennemi était assez limitée. Ici j'ouvre une parenthèse pour dire que nous avons passé des journées, Félix Delorn et moi, à enregistrer les adhésions à notre mouvement. Pour trouver à chacun un nom de guerre, désigner les chefs de groupe. Félix était passionné pour ce travail. Il avait encore une autre corde précieuse à son arc, il réparait avec art toutes les armes endommagées qu'on lui envoyait. Parfois de la fenêtre de notre PC de la rue de l'Alma nous voyiions passer une patrouille nazie dans la rue des Ecoles que nous dominions. Nous avions quelques alertes de ce genre. 

Un jour de printemps 44, nous fûmes surpris de voir à Concarneau Jos Le Coz qui avait été libéré d'un camp d'internement de la zone Sud. Je vis immédiatement René Lijour qui m'incita à la plus grande prudence, Jos pouvant à son insu servir d'appât pour la Gestapo. Pourtant il pouvait nous être d'une grande utilité connaissant pas mal de monde, de jeunes en particulier. Je gardais le contact avec lui et nous rendit les services qu'on attendait de lui sans que je lui ai révélé les détails de notre organisation. Après tant d'années, avec le recul nécessaire pour juger objectivement la situation en ces temps là, il ne m'en voudra pas de ces "cachotteries".

Dans le courant de 43 lors d'une attaque de l'aviation anglaise contre un convoi nazi ancré sur rade de Concarneau, un gros cargo chargé de matériel militaire de toute sorte avait été touché gravement. Les nazis essayèrent de le remorquer jusqu'à Lorient afin de le réparer, mais il coula dans les parages des Glénans. Nous pensâmes à tirer profit de cette affaire et contactâmes Charlot Le Cras qui, scaphandrier en ce temps là, était chargé par la société qui l'employait de visiter l'épave pour étudier les possibilités de récupération. Il fut convenu que tout ce qui était armement léger serait récupéré par nous, Charlot se faisait fort de nous le procurer. En effet à quelques temps de là il nous prévint que sa mission était accomplie, qu'un lot de mitraillettes et de munitions nous attendait signalé au-dessus de l'épave par une bouée reliée par un filin au paquet d'armes bien arrimé. 

Felix et notre gentil camarade Auguste Le Rose dit "la poitrine" qui possédait un canot se rendirent sur les lieux, trouvèrent la bouée, tentèrent de soulever la charge sans résultat. Ils revinrent plusieurs fois et abandonnèrent devant l'inutilité de leurs efforts. C'était une occasion manquée d'armer nos F.T.P.F dont l'effectif se montait maintenant à deux compagnies. Entre temps, j'eus la visite des responsables régionaux du Parti et des F.T.P.F. Le "père Henri" cheminot du dépôt d'Auray et Leduc, entrepreneur à Plestin-les-Grèves, capitaine F.T.P.F à qui il arriva une aventure invraisemblable. Arrêté par les nazis, ils lui firent un simulacre d'exécution, puis ... le relâchèrent. S'ils avaient su qui ils tenaient entre leurs mains, les choses évidemment auraient tourné autrement. Nos réunions clandestines avec Pierre Le Rose se poursuivaient. Nous discutions outre de l'organisation armée, du contenu de nos journaux polycopiés qui étaient diffusés dans la population. Les actions de commandos inquiétaient et gênaient l'ennemi et ses complices. Vint le 6 juin et le débarquement allié. L'ennemi aux abois, ses lignes de communication coupées à tout instant par la Résistance. Il fallut entrevoir des actions plus larges et transformer la guerilla en insurrection. Les groupes de commandos avaient vécu. Il fallait mettre sur pied de véritables unités militaires. Pierre me posa le problème de l'armement dont nous disposions qui permettait d'équiper une compagnie. Mais vu les effectifs dont nous disposions, c'est deux compagnies que nous aurions dû équiper. Mais nous dûmes limiter nos ambitions au nombre d'armes dont nous disposions. Ainsi naquit la 5ème Cie F.T.P.F du bataillon La Tour d'Auvergne. Le reste des effectifs en réserve fut appelé provisoirement Milice Patriotique, son rôle initial faute d'armes étant destiné au barrage des voies de communications par abattis d'arbres, etc...

Il fallut songer sérieusement à la libération tant attendue. Rétablir la légalité et la démocratie.

Un comité local de libération fut constitué avec à sa tête Alphonse Duot ancien premier adjoint de Pierre Guéguin. Si je m'en souviens bien, les premières réunions eurent lieu à la campagne. Le bois de Kerneac'h vit se dérouler une de nos réunions où nous discutâmes des points d'un programme que nous voulions établir pour l'avenir de Concarneau. Les noms des participants à ces réunions champêtres m'échappent mais je me souviens parfaitement de l'ultime réunion qui eut lieu au Café Lancien des Sables Blancs où le programme fut mis au point et adopté. Il y avait là Alphonse Duot adjoint au maire, futur maire de la Libération, François Herlidan du parti socialiste, Le Bris du parti radical, Julien Larsouneur, syndicaliste et responsable clandestin des syndicats, R.Jan, Felix Delorm, P. Le Rose et moi-même.

(Note d'Alphonse Duot en marge: Le programme attachait une importance particulière à un retour à la légalité républicaine par le moyen de l'insurrection (mise en place du conseil municipal et aux problèmes du ravitaillement - au concours de la population - en opposition aux conceptions gaullistes: Phily; seuls les gens aux brassards dans la rue. Insister sur les efforts pour élargir le CLL et le Conseil Municipal. Les problèmes de l'Union des groupes armées). 

Ceci se passait le dimanche après-midi, 6 août. Le 8 août, Quimper était libéré. Une compagnie F.T.P.F de Concarneau (la 5ème) avait pris part aux combats pour la libération de cette ville.

Le jeudi 10 dans la matinée, si mes souvenirs sont exacts, 2 destroyers prennent position près de la bouée du cochon et se mettent à tirer sur les fortifications allemandes, le port, la ville et ses environs. Dans les rues, c'est l'affolement. Tout se vide en un instant. Je vais aux nouvelles, croisant sur mon chemin Robert directeur de l'hospice qui n'a pas l'air dans son assiette. J'arrive au coin de la rue Bayard et du Boulevard Bougainville suivi par mon oncle Dédèle et Jean Flâtrès. Mal nous en prend. Un des bateaux a dirigé son feu sur nous. Je rebrousse chemin à toute vitesse précédé de Jean Flâtrès. Nous faisons un petit pas de course et nous nous plaquons au sol. Il était temps. Un obus de fort calibre vient d'éborgner le coin de l'usine Azéma et le mur qui lui faisait face dans la rue Bayard. Des éclats volent dans tous les coins. Je sens un choc à la fesse droite. Un éclat miniature m'a touché. Je me retourne, la rue est noire de fumée et sent la poudre. J. Flatrès et moi prenons nos jambes à notre cou et détalons. Mais mon oncle un peu plus haut est blessé; fracture ouverte de la jambe. Il perd du sang en abondance. Nous le transportons chez lui, établissons un garrot et une gouttière faite de planches de barils de rogue. Le Dr Crescence arrive aussitôt et le fait transporter à l'hôpital. Il boitera le reste de sa vie.

Le 12 août, 2 compagnies F.T.P.F, la 3ème et la 5ème, prennent position au nord de Concarneau conjointement avec une compagnie F.F.I de Rosporden commandée par le capitaine Mercier. Le 13 août, le capitaine OTTO, commandant la garnison allemande, décrète l'état de siège et fait placarder un avis selon lequel il incendiera la ville si la Résistance attaque. Des habitants commencent à évacuer. Les troupes nazies sont bloquées. Elles ne peuvent plus s'enfuir que par la mer. Le 16 dans la journée les chars américains arrivent. Ils sont accompagnés d'une ou deux batteries d'artillerie.

Le lendemain matin 17 les chars et l'artillerie bombardent les positions allemandes en ville. Quelques éléments d'infanterie amorcent une attaque soutenue par les chars. Deux Cie F.T.P.F et des éléments de la milice patriotique participent à l'action et pénètrent prudemment en ville ou l'on se bat autour de la Kommandantur. Louis Guillerme, Georges Le Coz, René Rioual détruisent un petit poste aux abords du Q.G allemand. G. Le Coz est blessé par éclats de grenade et nous aurons malheureusement à déplorer la perte de Doumard (?) de la 3e Compagnie tué aux Sables-Blancs. Mais les chars américains se replient et les F.T.P.F sont obligés de décrocher. 

Cette action aura permis malgré tout de faire quelques dizaines de prisonniers et de récupérer du matériel qui va permettre d'équiper la milice patriotique qui devient du coup 7ème Cie F.T.P.F. Des éléments de cette Cie ont attaqué avec les Américains la casemate du quai Est mais se sont également replié.

Quelques jours plus tard, notre agente de liaison Lisette Jaffrézic faisant preuve d'un grand courage ira distribuer aux allemands des tracts les appelant à la reddition.

Elle nous ramènera plusieurs prisonniers. Le 17 toujours à l'issue de la reddition des allemands en position au Dorlett à Kernéac'h et Kéraudron nos hommes ont vite fait de récupérer les armes. La police vichyste qui a abandonné ses (?) mais pas son état d'esprit arrive un peu tard pour le même travail et pour des fins moins patriotiques. Cependant, elle a arrêté Eugène Le Rose qui avait récupéré un fusil mitrailleur. En compagnie de Louis Moalie, de Felix Debour, de Jo Beux, nous tentons de transporter une mitrailleuse lourde et son armement, lorsqu'une patrouille d'agents se jette sur nous.

Les agents Le Doux et Le Grand me mettent un revolver sur la figure menaçant de me descendre si je mets mon projet à exécution. Je leur crie mon indignation et j'ordonne à Moalic d'enlever le ressort récupérateur de l'arme afin qu'elle ne puisse pas servir contre nous. Un camion à cheval qu'ils sont allés chercher emporte une arme qui nous aurait été précieuse. A la lecture d'un rapport de l'époque je précise qu'il y avait plusieurs armes et munitions, une centaine d'allemands s'étant rendu à ces endroits. Quelques heures plus tard en ville où les rues sont désertes nous nous heurteront encore à une patrouille d'agents conduite par le commissaire Jouarnic. Nous leur rappelons les reproches précédents et la même scène honteuse recommence. Le Doux, Le Grand et Trolez me mettent leur revolver sur la figure. Ils sont blêmes de rage et sans l'imminence d'un revirement de la situation j'ai l'impression qu'ils iraient jusqu'au bout de leur geste. Nous rejoignons la Milice Patriotique qui s'organise. Yves Furic en a pris le commandement en l'absence de Felix Delorm qui avait été chargé de cette tâche. Quelques jours plus tard il sera remplacé par Albert Autret de Quimper. Félix et moi-même deviennent ses adjoints. Nous prenons position à la ferme de Kéraudron derrière les talus et la chicane qui barre la route à hauteur du château d'eau. Le fermier nous fait don d'un fusil-mitrailleur et de munitions qu'il a subtilisées. Paul Choisnet et Moalic sont alternativement servants. Je suis pourvoyeur. Quelques rafales partent par ci par là. C'est assez calme.

Et soudain l'enfer fond sur nous. Les Allemands tirent de toutes leurs pièces des obus de tous calibres, fusants et percutants, arrosant Kerneac'h, Kéraudron, Minven où tout le bétail sera anéanti. Cela dure 4 heures. Nous décrochons et remontons le long des talus vers le poteau vert où se trouve notre cantonnement. La 5ème Cie qui était derrière nous fait comme nous et se met à l'abri. Nous n'avons aucune perte ni aucun blessé. C'est miracle. Mais mon mitrailleur qui marche devant moi fusil à l'épaule déclenche malencontreusement la gâchette de son arme. Une rafale s'ensuit passant à quelques centimètres de ma tête. J'en frémis encore. 

Le problème de la subsistance se pose. Henri Serre employé à la Mairie de Beuzec et qui fait partie de notre troupe y pourvoira le premier jour. Ensuite nous nous débrouillerons. Théodore Vidarment se défendra très bien dans son rôle de pourvoyeur de nourriture. Nous sommes plus de 200 à la Cie. 

Le lendemain 18, reddition du capitaine Otto commandant de la place. L'artillerie américaine - il y a une batterie juste aux abords de notre cantonnement - et les chars - ils sont 5 ou 6 - recommencent le bombardement de la ville. Vers 18h, des groupes d'habitants commencent à arriver évacuant Concarneau. Dans la soirée un sérieux bombardement allemand a lieu provoquant des incendies en ville. Cattegrain, Rödel, quelques maisons particulières sont en flammes. Nous regardons navrés ce spectacle. Un appui sérieux des chars nous permettrait d'éviter la destruction de la ville dont les allemands semblent avoir décidé le sort.

Louis Moalic a toujours sur le coeur l'histoire de la mitrailleuse lourde. Profitant de l'évacuation de la population, il se glisse en ville, entre au commissariat revolver au poing, se fait remettre l'arme qu'il charge sur un camion rempli d'évacués. Il la camoufle ainsi que les munitions avec des objets divers. Il est accueilli par les F.T.P.F avec stupéfaction et respect. C'est un beau coup. L'arme servira sur le front de Lorient pendant tout le siège. C'est à cette époque que se situe également la fin d'un individu qui faisait une navette constante entre nos lignes et probablement la Kommandantur. Une balle perdue a mis fin à sa carrière. 

Le 20 les chars et l'artillerie américains se replient. Les F.T.P.F soucieux d'éviter à la ville un sort tragique amorcent une attaque. Tout le bataillon est dans l'affaire, mais l'artillerie nazie se déchaîne clouant les compagnies au sol. Le repli est ordonné. Des patrouilles seront envoyées ici ou là. Quelques accrochages sans dégâts se produiront.

Charly interprète à la Kommandantur nous harcèlera avec un camion équipé de plaques de blindage et sur lequel est monté un canon à tir rapide. Il arrosera sans répit les talus de Kéraudron, de Kernéac'h et de la Maison Blanche. Au cours de ces incursions, Louis Tudal sera grièvement blessé à la cuisse.  

Quatre jours se passent ainsi en escarmouches. Dans la nuit du 24 au 25 de fortes explosions venant de la ville se font entendre. Nous sommes saisis d'angoisse à la pensée que les allemands sont en train de la détruire. Quelques instants plus tard nous subissons un court mais violent bombardement. Puis c'est le silence, à l'aube une patrouille de la 7ème Cie F.T.P.F commandée par le gentil Paul Sabersmann, ukrainien déserteur de l'organisation Todt et audacieux diable, pénètre dans la ville vide de ses habitants. Plus tard nous voyons quelqu'un monter la côte qui mène à nos positions et qui fait de grands gestes des bras. C'est un pompier. Germain Bourdon si je ne m'abuse, mais mes souvenirs sont flous.

Alors c'est la descente en masse sur une route jonchée de débris, les fils à haute tension cisaillés par la mitraille et pendant lamentablement. Nous nous attendions à trouver une ville à moitié en ruines. Apparemment il n'en était rien, mais le port avait souffert. 

Nous primes immédiatement notre cantonnement à l'hôtel de la Mer. Le lendemain avec une voiture de notre Cie, je filai vers une destination connue de moi seul.

René Lijour m'accueillis avec un sourire quand je lui annonçai que l'épreuve était terminée et que je venais le chercher. Il avait attendu longtemps ce moment de joie un peu amère car depuis 2 ans il n'avait plus de nouvelles de sa femme Lucie déportée à Ravensbrück. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'il aurait l'occasion de serrer dans ses bras celle qui fut si courageuse au moment décisifs.     

Quelques jours plus tard Concarneau, sa population retrouvée, arborait un air de fête. Les Libérateurs de la ville allaient recevoir un hommage mérité. En défilant avec les camarades de la 7ème Cie F.T.P.F sous les acclamations de la foule en délire, mes pensées allaient à mes camarades de combats, qui levés avant le jour nous avaient montré le chemin de la lutte et l'exemple du sacrifice. Grâce à eux nous connaissions enfin des heures de joie. 

 

Alphonse Duot

ancien responsable du Front National

Adjt au commandant de la 7ème Cie F.T.P.F

    

     

                                   

 

 

  

Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
Contribution à l'histoire de la libération de Concarneau - par Alphonse Duot, ancien responsable du Front National de lutte pour la Libération et l'indépendance de la France, adjoint au commandement de la 7ème Compagnie F.T.P.F: un document exceptionnel des archives Pierre Le Rose
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