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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 04:59
Macron et ses sponsors: une facétie de Gérard Filoche
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30 juin 2017 5 30 /06 /juin /2017 04:55
Migrants: stop aux harcèlements d'Etat (LDH - 28 juin 2017)
Migrants : stop aux harcèlements d'Etat (LDH)
Mercredi, 28 Juin, 2017
L'Humanite

Communiqué de la Ligue des droits de l'homme.

Le Premier ministre Edouard Philippe vient d'annoncer « d'ici dix jours, un plan d'action ambitieux pour redonner son sens à notre tradition d'asile ». La LDH examinera avec grande attention les propositions du gouvernement qui devront sortir du double discours actuel.

Sur le terrain, l'action de l'Etat présente une triste réalité, comme à Calais, où la justice a dû être saisie par onze associations, dont la LDH, pour contraindre les pouvoirs publics à une réponse d'urgence humanitaire.

De même, la situation des migrants dans la vallée de La Roya est toujours aussi dramatique. Chaque jour, ce sont des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants qui tentent, parfois au risque de leur vie, de franchir la frontière italienne. Souvent physiquement épuisés, ils sont confrontés à des forces de police qui ne cessent de les traquer.

Mais ce harcèlement d'Etat s'applique aussi à ceux qui les aident. En un mois, huit personnes ont fait l'objet d'une garde à vue. Le domicile de Cédric Herrou est encerclé, filmé en permanence. En appel, le parquet a requis huit mois de prison avec sursis à son encontre. Même chose pour Pierre-Alain Mannoni contre lequel trois mois avec sursis ont été requis, alors qu'il avait été relaxé en première instance… Quant aux quatre retraités de l'association de défense des migrants de la vallée franco-italienne de La Roya, ceux-ci viennent d'être condamnés chacun à huit cents euros d'amende avec sursis pour avoir aidé six étrangers – dont deux adolescents en les faisant monter dans leur voiture.

Un peu partout en France, les poursuites pour « délit de solidarité » se multiplient, alors que cette infraction a été en principe abolie par le précédent gouvernement. Mais cette suppression s'est accompagnée de dispositions si imprécises qu'elles donnent lieu à des interprétations jurisprudentielles contradictoires, en fonction de la nature des actes de solidarité incriminés.

C'est pourquoi la LDH demande au gouvernement d'arrêter, sans délais, de traiter en délinquants ces citoyen-ne-s qui agissent auprès des migrants en toute humanité, trop souvent en lieu et place de pouvoirs publics défaillants. Elle attend de l'Etat la réaffirmation de la tradition d'accueil de la France, dans le respect du droit d'asile et de la dignité des migrants.

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 05:21
Nature: la flore bretonne en grand danger (Le Télégramme - Didier Deniel, 29 juin 2017)

En une cinquantaine d'années, 16 % des espèces de la flore bretonne ont disparu ou sont menacées. C'est le constat alarmant de l'étude du Conservatoire botanique de Brest, qui dresse un bilan de santé floristique en Bretagne. Un travail titanesque, mené par 250 botanistes professionnels et amateurs.

En 2014, les 11 conservatoires botaniques de France reçoivent pour mission d'établir une liste rouge des espèces floristiques disparues sur leurs territoires. À Brest, le soin d'encadrer ce travail de bénédictin est confié à Emmanuel Quéré, botaniste professionnel. « Le dernier travail de ce type datait de 1987. Il était impérieux de réactualiser nos données. Nous avons travaillé de longs mois avec des professionnels et une armée de 250 botanistes amateurs, qui ont arpenté la campagne et collecté des données ». Ces gens, aux profils très différents (retraités, agriculteurs, enseignants) sont des passionnés qui ne comptent pas leurs heures quand ils scrutent le sol. Comme cette Parisienne qui quitte la capitale chaque week-end pour explorer la campagne bretonne. Une mordue que rien n'arrête.

42 plantes disparues et 187 menacées

 

Partout en France, la même méthodologie a été adoptée, les fichiers régionaux étant superposés pour offrir des éléments nationaux objectifs. Des nouvelles données qui ont été analysées à la lumière des quelque 2 millions d'observations enregistrées dans la base de données du conservatoire de Brest pendant 25 ans. Il existe 2.589 plantes différentes en Bretagne. Mais les botanistes ont passé au crible uniquement celles qui sont propres à la Bretagne, les indigènes, qui sont au nombre de 1.452. 

 

Nature. La flore bretonne en danger

 

Le constat est assez alarmant. Il en ressort que 42 espèces et deux sous-espèces ont disparu du sol breton (soit 3 % de la flore), que 46 ont peut-être disparu ou sont en danger critique. Enfin, 132 sont considérées comme en danger ou vulnérables.
 

 

Des causes multiples

Il peut s'agir de plantes rases qu'on devine à peine sous la semelle de ses chaussures mais aussi de belles fleurs, comme les tulipes sauvages, disparues de la région. « En Bretagne, la richesse florale est une réalité : les milieux naturels sont extrêmement variés, précise Emmanuel Quéré. Sols acides, landes, tourbières, forêts, bocage mais aussi des terres en bordure de littoral ». Le climat, à mi-chemin entre le nord et le sud, est aussi gage de diversité des espèces. 

À quoi peut-on imputer ces disparitions ? Pour les botanistes, l'agriculture intensive est loin d'être étrangère à cette régression. Selon eux, à partir des années 1970, des espèces qui existaient encore dans les années 1950 et 1960 ont été rayées de la carte. C'est dû à l'évolution des pratiques agricoles, qui privilégiaient les herbicides. « Un tiers des espèces disparues étaient missicoles : elles avaient un lien avec la moisson. Il ne reste presque plus rien d'elles », se désole Emmanuel Quéré. 

Le drainage de zones humides est aussi montré du doigt, ainsi que la construction d'habitations. Plus les zones urbaines et périurbaines se développent, plus la diversité floristique décline. Parfois, c'est tout un équilibre qui est modifié quand une plante disparaît. Comme la gentiane pneumonanthe, de couleur bleue, colonisée par un papillon mais aussi par des insectes pollinisateurs dont le rôle crucial pour la flore n'est plus à démontrer. 

Pour autant, il n'est pas trop tard pour faire évoluer les choses favorablement. Car pouvoirs publics et collectivités sont de plus en plus conscients de la nécessité de préserver la diversité de ce patrimoine.

« Faire des zones protégées »

« Nous savons que les prairies naturelles ou les zones humides abritent pas mal d'espèces menacées. Il faut tout mettre en oeuvre pour en faire des zones protégées ». À ce titre, le conservatoire de Brest a établi plusieurs stations où des plantes rarissimes sont préservées. « Ces zones sont faciles à gérer. Il suffit de prévenir les propriétaires des terrains. En général, ils se sentent concernés et font tout pour nous faciliter la tâche. Ce qu'on leur demande est simple. Parfois, ça se résume à un coup de volant de tracteur, pour éviter d'écraser la zone ». 

Le conservatoire a aussi pour mission de tenter de réintroduire des plantes disparues, dont les graines sont conservées dans des congélateurs. « C'est délicat, mais possible. À condition d'avoir plusieurs souches. Car les plantes, c'est comme les animaux. La consanguinité ne facilite pas les choses ».

 

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29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 05:00

Les sommets de 120 ans de haine anti-CGT

Michel Pigenet, Professeur d’histoire contemporaine, Paris-I Panthéon-Sorbonne
Jeudi, 16 Juin, 2016
Humanité Dimanche
Au sortir du Front populaire, Paul Reynaud, alors ministre des Finances, voudra "en finir avec une CGT dominée par le PCF"

Entre mépris de classe et répression sociale, le déferlement de propos venimeux qui s’exerce contre la CGT à l’occasion de la mobilisation contre le projet El Khomri n’est pas une nouveauté. Depuis sa création, la Confédération est la cible d’attaques violentes du pouvoir, du patronat, comme le démontre, exemples à l’appui, l’historien Michel Pigenet.

Ainsi la CGT serait « à la dérive », associée à des « minorités qui se comportent un peu comme des voyous, comme des terroristes » (Pierre Gattaz). Sur la lancée, un médiacrate patenté a pu identifier les « deux menaces » qui pèseraient sur la France : « Daech et la CGT ». Tandis qu’une pétition exige la dissolution de la centrale, son secrétaire général n’est pas épargné. « L’homme qui veut mettre la France à genoux » (« le Figaro ») rappellerait le « Beauf » de Cabu, ce que suggère le portrait d’un Philippe Martinez à la « vie un peu terne et sans apparat », issu d’« une banlieue sans âme » et qui « roule dans une vieille Renault Scenic » (« Capital »). Frappés au double coin de la défense de l’ordre et du mépris de classe, les thèmes du discours anticégétiste ne se renouvellent guère. À trois décennies de distance, les propos de Pierre Gattaz font écho aux sorties de Coluche contre la CGT « force du désordre » et « cancer général du travail ».

L’antisyndicalisme est aussi, sinon d’abord, affaire d’État. Dotés des moyens qu’offre la puissance publique, nombre de ministres ont attaché leur nom aux plus violentes diatribes anticégétistes. Avant 1914, Clemenceau revendiqua le surnom de « premier flic de France » face à une CGT qu’il défiait en ces termes : « Vous êtes derrière une barricade ; moi je suis devant. » En 1921, un tribunal correctionnel ordonnera la dissolution de la CGT au lendemain d’une défaite ouvrière marquée par la révocation de 18 000 cheminots dont une violente campagne de presse dénonçait l’« entreprise criminelle contre la prospérité de la nation » (« le Temps »). Il en ira de même en novembre 1938, au sortir du Front populaire et en riposte à la grève générale contre les décrets-lois mettant fin aux 40 heures. Son initiateur, Paul Reynaud, confiera qu’il voulait « en finir avec une CGT désormais dominée par les communistes ». Passons sur la dissolution effective de la CGT, exécutée en novembre 1940 par Belin, ancien secrétaire confédéral rallié à Vichy. Après la Libération, la guerre froide verra les autorités assimiler la CGT à un PCF tenu pour être au service de l’URSS. Lors des durs conflits sociaux de 1947 et 1948, des milliers de grévistes, sur lesquels les CRS sont autorisés à tirer par Jules Moch, ministre socialiste de l’Intérieur, sont licenciés et des centaines condamnés par la justice.

La radio et la presse ne sont pas en reste. « L’Aurore » du 21 octobre 1948 appelle le gouvernement à « briser » le « plan clandestin du Kominform ». Tout au long de ces années, l’État gendarme a la main lourde. Sa bienveillance va aux maintes officines que finance le patronat. Certaines lui sont liées, à l’instar des caisses que créée l’UIMM dès 1906 afin de couvrir les pertes dues aux grèves. D’autres monnaient leurs prestations au gré des besoins : recrutement de briseurs de grève, diffusion de publications anticégétistes, formation de dirigeants d’entreprise. À partir de 1955, d’anciens rescapés de la collaboration publient ainsi les Études sociales et syndicales, aujourd’hui sous le contrôle de l’Institut supérieur du travail, dont les analystes alimentent les médias bien-pensants.

Nous en sommes là. Aussi évidente que soit la permanence de méthodes et d’argumentaires aux relents de racisme social, notons la quasi-extinction de la thématique anticommuniste à l’honneur depuis les années 1930. L’évolution laisse intacte, en revanche, la dénonciation d’un syndicalisme menaçant la cohésion et l’économie nationales.

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 18:27
Les députés communistes mobilisés contre les ordonnances Macron pour casser le droit du travail
Les députés communistes mobilisés contre les ordonnances Macron pour casser le droit du travail
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 18:14
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 18:13
1er-2 juillet: peinture, poésie, littérature, arts aux Cent Marches à Morlaix à l'initiative de l'association "Dont acte" et de son collectif d'artistes
1er-2 juillet: peinture, poésie, littérature, arts aux Cent Marches à Morlaix à l'initiative de l'association "Dont acte" et de son collectif d'artistes
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 18:13
Programme du festival des Utopies: samedi 1er juillet 2017 au Cloître St Thégonnec
Programme du festival des Utopies: samedi 1er juillet 2017 au Cloître St Thégonnec
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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 17:41
Un chant d'amour  Israël-Palestine, une histoire française Alain GRESH, Hélène ALDEGUER  Le 17 novembre 2013, au cours d'un repas en petit comité organisé à Tel Aviv en présence de François Hollande et de Benjamin Netanyahou, une artiste locale interpréta la chanson de Mike Brant « Laisse-moi t’aimer ». Au moment du toast, le président de la République française se refusa à entonner une chanson. Mais il rendit hommage au Premier ministre israélien : « Pour l’amitié entre Benjamin et moi-même, pour Israël et pour la France, même en chantant aussi mal que je chante - car je chante mal -, j'aurais toujours trouvé un chant d'amour - d'amour pour Israël et pour ses dirigeants. » Cet épisode, passé inaperçu à l'époque est révélateur des relations étonnantes que la France entretient avec Israël et, par conséquent, avec la Palestine. C'est cette relation spéciale, faite d'amours et de haines, de tensions et non-dits, de collusions et d'incompréhensions qu'explorent dans cette bande dessinée le journaliste Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique et spécialiste reconnu du monde arabe, et Hélène Aldeguer, dessinatrice et illustratrice. L’ouvrage, qui paraîtra cinquante ans après la guerre des Six-Jours (juin 1967), raconte un demi-siècle de relations franco-israélo-palestiniennes. Il dévoile non seulement comment Paris a joué un rôle diplomatique central dans le conflit israélo-arabe, depuis plusieurs décennies, mais également comment ce conflit est très tôt devenu une « passion française », agitant les milieux politiques, intellectuels, médiatiques, artistiques et militants. Depuis cinquante ans, et plus intensément encore qu’on ne le croit, expliquent les auteurs, la question israélo-palestinienne est au cœur de la société française. Le travail d'Alain Gresh, scénariste de l'ouvrage s'appuie sur des recherches approfondies dans les archives de la diplomatie française et dans la production des médias hexagonaux (presse écrite, télévision, radio, cinéma, brochures militantes, etc.). Grâce à la documentation exceptionnelle qu'il a rassemblée, ce livre permet de comprendre les grandes étapes des relations que la France entretient à la fois avec Israël et avec la Palestine tout en revenant sur des épisodes oubliés, méconnus, voire inconnus, mais emblématiques de l'amour que la société française entretient avec le Proche-Orient. L'ouvrage est destiné à la fois aux néophytes et aux connaisseurs. C'est dans le but de s'adresser à un public large et exigeant que les auteurs ont choisi de raconter cette histoire sous forme graphique sans pour autant avoir recours à la fiction (les propos des personnages sont tous authentiques). Et pour bien souligner la « passion française » dont il est question dans le livre et les déchirements nationaux qu'elle ne cesse de provoquer depuis des décennies, la dessinatrice Hélène Aldeguer a choisi de restituer cette histoire en jouant sur les effets saturés et contrastés de trois couleurs symboliques : le bleu, le blanc et le rouge.(22€, La découverte)

Un chant d'amour Israël-Palestine, une histoire française Alain GRESH, Hélène ALDEGUER Le 17 novembre 2013, au cours d'un repas en petit comité organisé à Tel Aviv en présence de François Hollande et de Benjamin Netanyahou, une artiste locale interpréta la chanson de Mike Brant « Laisse-moi t’aimer ». Au moment du toast, le président de la République française se refusa à entonner une chanson. Mais il rendit hommage au Premier ministre israélien : « Pour l’amitié entre Benjamin et moi-même, pour Israël et pour la France, même en chantant aussi mal que je chante - car je chante mal -, j'aurais toujours trouvé un chant d'amour - d'amour pour Israël et pour ses dirigeants. » Cet épisode, passé inaperçu à l'époque est révélateur des relations étonnantes que la France entretient avec Israël et, par conséquent, avec la Palestine. C'est cette relation spéciale, faite d'amours et de haines, de tensions et non-dits, de collusions et d'incompréhensions qu'explorent dans cette bande dessinée le journaliste Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique et spécialiste reconnu du monde arabe, et Hélène Aldeguer, dessinatrice et illustratrice. L’ouvrage, qui paraîtra cinquante ans après la guerre des Six-Jours (juin 1967), raconte un demi-siècle de relations franco-israélo-palestiniennes. Il dévoile non seulement comment Paris a joué un rôle diplomatique central dans le conflit israélo-arabe, depuis plusieurs décennies, mais également comment ce conflit est très tôt devenu une « passion française », agitant les milieux politiques, intellectuels, médiatiques, artistiques et militants. Depuis cinquante ans, et plus intensément encore qu’on ne le croit, expliquent les auteurs, la question israélo-palestinienne est au cœur de la société française. Le travail d'Alain Gresh, scénariste de l'ouvrage s'appuie sur des recherches approfondies dans les archives de la diplomatie française et dans la production des médias hexagonaux (presse écrite, télévision, radio, cinéma, brochures militantes, etc.). Grâce à la documentation exceptionnelle qu'il a rassemblée, ce livre permet de comprendre les grandes étapes des relations que la France entretient à la fois avec Israël et avec la Palestine tout en revenant sur des épisodes oubliés, méconnus, voire inconnus, mais emblématiques de l'amour que la société française entretient avec le Proche-Orient. L'ouvrage est destiné à la fois aux néophytes et aux connaisseurs. C'est dans le but de s'adresser à un public large et exigeant que les auteurs ont choisi de raconter cette histoire sous forme graphique sans pour autant avoir recours à la fiction (les propos des personnages sont tous authentiques). Et pour bien souligner la « passion française » dont il est question dans le livre et les déchirements nationaux qu'elle ne cesse de provoquer depuis des décennies, la dessinatrice Hélène Aldeguer a choisi de restituer cette histoire en jouant sur les effets saturés et contrastés de trois couleurs symboliques : le bleu, le blanc et le rouge.(22€, La découverte)

 

Il y a cinquante ans, la guerre des Six-Jours faisait les ravages que l’on connaît dans la région. L’impact de la défaite des pays arabes face à Israël se fait toujours ressentir aujourd’hui. C’est cet épisode sombre de l’histoire de la région, ainsi que les relations bilatérales et si particulières qui unissent la France à l’État hébreu qu’Alain Gresh – journaliste, auteur et directeur du média en ligne Orient XXI – et la dessinatrice Hélène Aldeguer mettent en scène dans Un chant d’amour : Israël-Palestine, une histoire française*, aux éditions La Découverte, et qui vient de paraître. Sous forme de dessins, les auteurs retracent, depuis le conflit de 1967, les relations entre la France et Israël, rapportant fidèlement les propos des protagonistes de l’époque. Rien n’est inventé ni romancé.

Samia Medawar, L’Orient le Jour, dimanche 25 juin 2017

Qu’est-ce qui vous a poussé à adopter le format assez particulier de la bande dessinée ?

Au départ, il y avait l’idée de toucher un public différent, qui ne serait pas forcément le public habituel qui lit des livres politiques. En France, depuis plusieurs années déjà, le journalisme en bandes dessinées est un phénomène qui se développe pas mal. Je parle de mettre ensemble un journaliste et un dessinateur, et de faire des articles politiques, sous forme de récit en images.

En travaillant, il y a autre chose qui m’a frappé. Parfois, il est vrai qu’avec des images on peut dire des choses très fortes, en peu d’espace si je puis dire. Par exemple, quand on a reproduit la une du journal France-Soir, qui a paru le 5 juin 1967, et qui dit que les Égyptiens ont attaqué Israël. C’est une manière de traduire le climat antiarabe qui régnait en France à l’époque. On n’a pas besoin de long discours pour le montrer. Cette image le montre très clairement. Les images peuvent être très fortes quand on sait les utiliser.

  Les couleurs aussi, d’ailleurs...

Tout à fait. C’était l’idée de (la dessinatrice) Hélène Aldeguer de faire les Israéliens en bleu, les Palestiniens en rouge, d’utiliser beaucoup de noir, et de se limiter à ces couleurs. C’est un choix esthétique et qui fonctionne assez bien.

  Vous avez choisi de vous pencher sur une question assez précise, la relation entre la France et Israël. D’où vient la particularité de cette relation depuis la création de l’État hébreu ?

Le livre couvre la période d’après la guerre de 1967, pour des raisons simples. D’abord, cette guerre est un tournant dans l’histoire de la région, et de l’histoire de la question palestinienne. C’est également un tournant de la relation de la France avec Israël. Dans les années 1950, le principal allié de la France dans la région était Israël. C’est la France qui fournissait l’essentiel de l’armement de l’armée israélienne ; c’est elle également qui va lui fournir les éléments pour bâtir ses bombes atomiques.

Une évolution dans les relations bilatérales avait déjà pu être observée, mais 1967 marque une rupture, à cause de la position très particulière du général de Gaulle. Je savais déjà que sa position avait été impopulaire, mais, en faisant mes recherches, j’ai été surpris : je n’avais jamais imaginé à quel point il avait été isolé, y compris dans sa famille politique, la plupart de ses membres étant à l’époque pro-israéliens. Toute la classe politique, à l’exception du Parti communiste, qui à l’époque est encore une force importante, était pro-israélienne. Tous les médias font une propagande pro-israélienne, et surtout antiarabe. Tout le vocabulaire et tous les propos tenus dans le livre, et c’est important de le savoir, sont véridiques, rien n’a été inventé. Tout a été pris des journaux de l’époque, des déclarations officielles, des mémoires des uns et des autres.

Cette haine antiarabe doit être située : on est en 1967, cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie. Il y a l’idée d’une revanche à l’égard des Arabes, qui touche une partie de la droite française notamment, mais aussi les socialistes.

  Peut-on donc affirmer que cette position gaullienne bouleverse non seulement le paysage politique français, mais également l’ensemble de la société ?

Oui, certainement. En 1967, on a une vraie émotion de la population française. Il y a une peur en faveur d’Israël, des dizaines de milliers de gens qui manifestent. On met en scène Serge Gainsbourg, à qui l’ambassade d’Israël commande une chanson – il va écrire Le sable et le soldat –, alors que Gainsbourg est totalement apolitique ! Cela montre cette espèce d’émotion et de sentiment pro-israéliens, qui vont durer relativement longtemps. En reflet, cela montre le courage de la politique que le général de Gaulle adopte, et qui n’est pas une politique électoraliste ou tactique. C’est vraiment une vision à la fois du rôle de la France dans la région, mais aussi de l’avenir même de la région. Il voit très bien les conséquences que vont avoir la guerre déclenchée par Israël et la déstabilisation de la région.

  Y a-t-il un moment charnière particulier, dans la politique française, qui a mené à celle que l’on voit aujourd’hui ? Comment expliquer ce « tournant silencieux », comme vous l’appelez ?

La France a eu une politique un peu d’avant-garde au niveau européen, et occidental. Elle a été la première à affirmer le droit des Palestiniens à l’autodétermination et appeler à négocier avec l’OLP (Organisation pour la libération de la Palestine). Tous les présidents successifs jusqu’à Jacques Chirac l’ont adoptée, plus ou moins avec des nuances selon les uns et les autres. Qu’est-ce qui change maintenant et qu’est-ce que ce « tournant silencieux » ? Il n’est pas visible. Si l’on demande aux responsables français, ils vont affirmer que leur position n’a pas changé, qu’ils sont pour un État palestinien, qu’ils sont contre la colonisation. Mais la différence fondamentale n’est pas seulement liée au conflit israélo-palestinien. Après la position prise par la France contre la guerre en Irak en 2003, c’est une espèce d’alignement sur les Américains, la réintégration dans l’organisation militaire de l’OTAN, et l’idée aussi que nous sommes dans un conflit contre le terrorisme, et que, dans cette guerre, Israël est notre allié.

Deux choses changent aujourd’hui. Premièrement, contrairement à avant, il n’y a aucun lien entre le comportement israélien à l’égard de la Palestine et les relations bilatérales entre la France et Israël. Avant, on ne pensait pas normaliser totalement les relations avec l’État hébreu si la question palestinienne n’était réglée. Deuxièmement, il n’y a plus une voix de la France. On rappelle dans le livre l’importance de la déclaration de Venise. La France fait adopter par l’Europe une déclaration disant qu’il faut négocier avec l’OLP, qu’il faut le droit à l’autodétermination aux Palestiniens, et c’est cette position qui a fait bouger toute la communauté internationale. Aujourd’hui, la France se contente d’être à la remorque des États-Unis, sans aucune idée neuve concernant le conflit israélo-palestinien.

  Ce qui est un peu paradoxal, vu qu’elle était à l’avant-garde du soutien aux Palestiniens...

Tout à fait. Ce tournant dont je parlais a été pris par Nicolas Sarkozy, accentué par François Hollande. Il y a beaucoup de raisons qui ont contribué à ces changements, comme aussi la disparition de la génération gaulliste, l’affaiblissement du Parti communiste, la question du terrorisme, etc. Aujourd’hui, la vision de la question palestinienne n’est plus une question d’autodétermination, mais de lutte contre le terrorisme. Tout cela a joué dans ce tournant de la politique française.

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 16:56

Déclaration de la Commission exécutive confédérale

Réforme du droit du travail : le double jeu du gouvernement

Le Gouvernement a engagé des rencontres avec les organisations syndicales et patronales sur la réforme du droit du travail.

Chaque organisation est reçue individuellement, en tout et pour tout six fois une heure, pour 120 ans d’histoire sociale !

La CGT a décidé de participer à ces réunions avec un double objectif :

- avoir une législation du travail renforçant les droits de l’ensemble du monde du travail (salariés et non-salariés) ;

- dénoncer l’idée selon laquelle les droits collectifs seraient responsables du chômage.

Sur la base d’un document de 15 pages, la CGT a mis sur la table des propositions allant dans ce sens. Personne ne peut donc évoquer la désertion et le refus de discuter de la CGT dans ce processus.

Où en est-on à ce jour ?

D’un côté, les syndicats sont reçus sans que le ministère ne dévoile précisément ses intentions. De l’autre, il faut lire la presse pour découvrir les principales mesures du futur projet de loi.

On y apprend, par exemple, qu’un CDI de « projet », dans la droite ligne du CPE (Contrat Première Embauche) rejeté par la rue en 2006, serait créé pour allonger dans le temps la précarité et pour supprimer toutes contraintes financières pour les employeurs.

Ce n’est ni plus ni moins qu’une vieille revendication du Medef.

On y apprend également qu’il serait laissé la possibilité de licencier des salariés qui refuseraient d’adapter leur contrat de travail à un accord d’entreprise, même minoritaire.

Dès lors, un salarié refusant une baisse de son salaire prévu dans un accord serait licencié sans possibilité de recours. Et la liste est longue…

Alors que 70% de l’opinion publique et une majorité de syndicats ont rejeté la loi dite El Khomri, ce gouvernement veut écrire une loi pire que la précédente !

La CGT refuse de servir d’alibi ou de faire-valoir dans le cadre d’un dialogue social pipé d’avance.

Nous refusons d’ores et déjà d’entendre dire fin septembre que les ordonnances, présentées par le Gouvernement, auraient été co-élaborées avec les syndicats.

C’est pourquoi notre organisation a lancé une campagne d’information, de débat mais aussi de mobilisation dans les services, les entreprises et les territoires, dans le public comme dans le privé.

Ces initiatives se prolongeront tout l’été car il n’est pas question d’accepter ce marché de dupes. La CGT considère que la mobilisation doit s’amplifier, s’ancrer sur tous les lieux de travail, dans un cadre unitaire le plus large possible. La rentrée de septembre doit être la traduction des résistances, du mécontentement et d’une volonté de changement en matière économique et sociale.

C’est pourquoi elle propose de faire du 12 septembre, une journée d’action et de grève dans toutes les entreprises et services.

Montreuil, le 27 juin 2017

Réforme du droit du travail: le double jeu du gouvernement - Déclaration de la CGT qui appelle à un mouvement social contre la casse du droit du travail le 12 septembre
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Présentation

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  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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