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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 19:49

La bataille pour l’avenir de l’Europe est engagée.

 

Pierre Laurent, discours à l'ouverture du congrès du PGE :

L’ensemble des documents politiques soumis à notre Congrès, fruit d’un intense travail de tous nos partis, vous ont maintenant été exposés. Il m’appartient désormais, comme président du PGE, d’ouvrir officiellement notre discussion politique. Permettez moi de le faire en soulignant les responsabilités majeures qui sont les nôtres dans cette période historique inédite pour les peuples d’Europe et pour la paix du monde.

Nous pouvons être fiers du travail accompli depuis notre congrès de Madrid, fiers de la nouvelle étape que constitue ce 5ème congrès de Berlin. Et je veux adresser toutes mes félicitations aux camarades de Die Linke, en lien avec l’équipe de notre bureau de Bruxelles pour les conditions d’accueil de ce magnifique congrès.

Dans la tempête politique traversée par l’Europe ces trois dernières années, au milieu de mille périls, les forces de la Gauche européenne constituent plus que jamais un point de repères solide et majeur. Elles constituent surtout, au moment où la social-démocratie est plongée partout dans la crise, une promesse d’espoir pour toutes les forces de gauche, démocratiques et progressistes d’Europe.

Cette fierté ne nous rend pas moins lucide sur l’immensité des défis politiques qui sont devant nous. L’avenir de l’Europe est plus incertain que jamais. Les politiques néo-libérales l’ont plongée dans une crise terrible. La menace autoritaire, et même celle de la guerre, est à nouveau d’actualité, comme jamais les peuples d’Europe ne l’auraient imaginé il y a dix ou vingt ans.

Comme je le disais il y a trois ans en ouvrant le congrès de Madrid : « un piège est tendu aux peuples d’Europe. Soit l’enfoncement dans une UE de plus en plus autoritaire et anti-sociale, soit le retour au « chacun pour soi » dans la jungle de la mondialisation capitaliste, voire pire, le retour des concurrences sauvages et des guerres, des xénophobies nationalistes. »

Ce piège, il se referme chaque jour sur les peuples d’Europe. Ce piège, nous le refusons. Un autre avenir est urgent et il est possible dans ce continent qui regorge de tant de richesses. Notre responsabilité, notre défi est d’ouvrir avec les peuples d’Europe ce nouveau chemin de progrès humain, cette nouvelle perspective, cette nouvelle ambition de civilisation pour l’humanité. Si nous ne parvenons pas à ouvrir cette voie, l’avenir ne sera pas seulement fait de plus grandes souffrances sociales, mais celui de dangers plus graves encore pour la paix, la sécurité et les droits humains.

Cette bataille pour l’avenir de l’Europe est engagée. Et c’est une lutte féroce. 
 Partout en Europe, les peuples luttent et refusent le carcan des politiques d’austérité et l’autoritarisme grandissant avec lequel elles sont imposées aux peuples. Le rejet populaire de ces politiques, des partis et des gouvernements qui les mettent en œuvre est massif. Mais l’acharnement des forces dirigeantes, poussées par le grand capital financier et les multinationales, à imposer ces politiques n’en diminuent pas pour autant. Au contraire. Elles sont mêmes prêtes à composer de plus en plus avec les forces de droite les plus extrêmes, les plus autoritaires pour empêcher l’émergence d’une autre mondialisation, plus juste, plus humaine, plus solidaire, plus écologique.

Regardez le chantage aux sanctions budgétaires exercé contre le Portugal, pour tenter de briser le programme des forces de gauche qui cherchent à desserrer l’étau des politiques d’austérité.
Regardez ces jours-ci la scandaleuse décision que cherche à imposer le ministre des finances allemand contre la Grèce, demandant la suspension des allégements de dette au prétexte que le Parlement grec a voté des mesures de protection des plus petites retraites. L’Europe doit faire cesser ces chantages. Et ici à Berlin, nous le disons avec force, Mr Schaüble, vous n’est ni la voix, ni le gendarme de l’Europe !
Regardez l’Autriche, qui vient d’échapper de justesse à l’élection d’un président d’extrême-droite, et nous adressons tous nos voeux de soutien  aux camarades autrichiens, mais nous n’oublions pas que la menace reste forte.
Regardez la Grande-Bretagne, plongée dans l’incertitude par les apprentis sorciers du Brexit. Ne perdons pas de vue que le sort qui nous intéresse est désormais celui des travailleurs britanniques.
Regardez la France, où la faillite politique du gouvernement Hollande, pourrait ouvrir la voie à des gouvernements de droite et d’extrême-droite d’une dureté jamais connue.
Regardez la Hongrie, soumise chaque jour un peu plus, à la dérive autoritaire du pouvoir de Victor Orban.
Regardez la Turquie, aux portes de l’Europe, où Erdogan emprisonne et réprime pour préparer son régime de pleins pouvoirs dans le silence complice des autorités européennes.
Je pourrais continuer la liste. Nous ne pouvons pas laisser les peuples d’Europe prisonnier de cet étau. Oui, ce qui est à l’ordre du jour, c’est une autre Europe, une Europe de peuples libres, souverains et associés, de nouveau tournés vers le progrès social et la démocratie.
Nous avons des débats sur la manière d’ouvrir ce chemin, mais ma conviction est totale sur un point : rien ne serait plus fou dans ce moment de tensions extrêmes, de risques graves de déchirements et de tensions, que de lâcher l’ambition d’un projet européen solidaire.
Oui, pour faire reculer la finance mondiale et faire face au pouvoir que veulent nous imposer les multinationales - et le blocage obtenu des négociations du TAFTA est une grande victoire - ;
pour reconstruire la paix face aux menaces que font peser la guerre en Syrie, l’élection de Donald Trump ou la relance des dépenses d’armement de toutes les gandes puissances ;
pour faire reculer les immenses inégalités sociales et mondiales et retrouver le chemin de l’harmonisation par le haut des droits des travailleurs, pour réussir la transition écologique mondiale ;
oui, pour relever les défis du développement humain dans le XXIème siècle, nous avons besoin de la force unie des peuples européens, d’un projet qui les rassemble et nous rende plus forts dans la lutte des classes internationale.
Ne laissons pas les forces capitalistes briser l’espoir d’un projet européen solidaire car nous pourrions le payer très cher en ces temps de grave crise mondiale. Voilà pourquoi il me paraît essentiel que le PGE porte avec force les axes d’action d’un nouveau projet européen solidaire, démocratique, féministe.

Dès lors, le travail pour notre unité, au-delà des débats qui nous traversent, des cultures qui marquent chacun de nos pays et de nos traditions politiques, le travail pour notre unité dans la diversité, le travail pour l’unité de toutes les forces de gauche sociales et démocratiques d’Europe, bien au-delà des forces du PGE est pour nous fondamental.

Ce travail, nous le voulons inclusif, participatif, ouvert à toutes les forces sociales, citoyennes, politiques de progrès en Europe. Nous le voulons ouvert sur le monde.
Je veux me féliciter de la tenue, à la veille de notre congrès, du premier séminaire entre les forces du PGE et les forces latino-américaines du Forum de Sao Paulo. Ce séminaire rendu possible par plusieurs années d’échanges et de coopérations intenses est une étape essentielle pour le développement de nos coopérations politiques. Les forces de gauche latino-américaines nous ont beaucoup appris sur la ténacité nécessaire, à l’image de celui que nous pleurons tous, Fidel Castro, et sur la nécessité impérieuse de l’unité et de la solidarité. Notre travail commun est décisif pour l’avenir.
La Gauche européenne intensifie également ce travail avec les forces arabes de l’autre rive de la Méditerranée, et la conférence euro-arabe que nous tiendrons du 31 mars au 2 avril à Malaga sera très importante.
Mais cette unité, nous voulons d’abord la conforter ici en Europe, en renforçant notre présence sur tout le continent, et je pense ici au renforcement de notre travail dans l’est de l’Europe. Nous voulons la conforter en élargissant résolument notre coopération à des nouvelles forces.
Depuis le dernier Congrès, nous avons multiplié les initiatives en ce sens : dans les élections européennes de 2014 avec la candidature d’Alexis Tsipras à la présidence de la Commission, en développant notre stratégie « Alliance contre l’Austérité », dans le Forum du Sud à Barcelone, le Forum des Alternatives à Paris, le Parlacon à Helsinki, dans les multiples initiatives de nos groupes de travail.
D’autres initiatives se déploient en Europe, venues d’horizons divers, mais qui dialoguent avec nous.
Le temps est maintenant venu d’une nouvelle étape, plus structurante, plus forte, plus rassemblée, plus permanente.
La décision proposée au Congrès d’initier un Forum politique annuel ouvert et construit avec toutes les forces altrentaives disponibles est une décision majeure. Je la soutiens de toutes mes forces. C’est pourquoi mon pays la France est prête à l’accueillir si nous le décidons.
Ce Forum, auquel il faudra trouver un nom, pourrait être chaque année la grand rendez-vous de lutte et de débat de toutes les forces en marche vers une nouvelle Europe. La paix, la solidarité sociale, les droits et libertés, la démocratie en seraient tout naturellement le coeur.

Pour conclure, et avant de vous passer la parole, je veux vous dire que pour cette nouvelle étape, le PGE avait besoin de renouveler son fonctionnement. C’est le sens des décisions que nous vous soumettons pour doter le PGE de nouvelles instances plus efficaces, une Présidence collective, un secrétariat politique, et une Assemblée générale annuelle compléteront désormais le travail du Bureau exécutif.

Après six années comme président du PGE, j’ai aussi souhaité le renouvellement de la Présidence. Je resterai actif à vos côtés mais dans une nouvelle fonction. Nous élirons demain un nouveau Président et une nouvelle présidence collective. Je veux dire à tous ceux qui m’ont accompagné dans sa tâche, singulièrement à Maïté, Marisa, Alexis et Margarita, ma fierté et mon bonheur de l’avoir accompli à leurs côtés.

 

Merci à tous, et vive le Parti de la Gauche Européenne !

La bataille pour l'avenir de l'Europe est engagée: discours de Pierre Laurent à l'ouverture du congrès du PGE (Parti de la Gauche Européenne) à Berlin
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 19:41

Mercredi 14 décembre le Parlement a adopté à une courte majorité le volet politique du « 4ème paquet rail ».

Le vote marque la victoire de la Commission qui obtient son grand marché ferroviaire européen au dépend des usagers comme des employés du chemin de fer. Cette ouverture à la concurrence, la Commission l’a obtenue par une suite de directives et règlements regroupés dans des « paquets » législatifs qui ont forcé progressivement l’ouverture des marchés ferroviaires nationaux.

Entre le premier paquet de 2001 puis ce dernier, 15 années se sont écoulées. D’abord ce fut le fret ouvert à la concurrence en 2007, puis les lignes internationales, et désormais les lignes nationales et locales à partir de 2020 avec ce 4ème paquet ferroviaire.

Quinze ans après, un bilan aurait pu être fait de ces ouvertures : sur le fret qui est en chute libre faute d’investissement, sur les conditions des personnels qui se détériorent, sur l’ouverture du transport international qui n’apporte aucune baisse des prix mais au contraire pousse les compagnies ferroviaires à dégager le plus de marges possible en augmentant les tarifs. Ce ne fut pas le cas et c’est désormais le pire qui s’annonce avec cette ultime libéralisation.

Deux textes votés au Parlement ce 14 décembre organisent l’arrivée de nouveaux concurrents à la SNCF sur le territoire français à partir de 2020.

Le premier sur « l’ouverture du marché des services nationaux de transport de voyageurs par chemin de fer », ouvre les marchés ferroviaires nationaux à la concurrence à partir de 2020.

À partir de cette date-là, l’État, les régions, passeront des appels d’offres de marchés publics d’une durée maximale de 10 ans pour les différentes lignes qui doivent être exploitées. Fini, les TGV, train corail et TER de la SNCF. Bientôt un opérateur italien, espagnol, allemand pourra concourir avec la SNCF pour l’obtention de ces marchés. Non seulement c’est le monopole, le savoir-faire et toute l’organisation du service public qui est remise en cause, mais c’est pour les remplacer par des concessions très courtes (10 ans ce n’est rien pour le ferroviaire), qui décourageront les investissements de longs termes nécessaires. L’exemple du RER B nous montre que ce n’est pas un autre logo sur un train qui améliore le service : c’est l’investissement.

Or cette ouverture le Parlement l’a validé d’une très courte tête, puisqu’il a rejeté notre amendement de rejet par 330 voix contre 354 et 20 abstentions. Pour ce faire c’est toute la droite et les libéraux qui se sont mobilisés contre notre groupe de la gauche unitaire européenne/gauche verte nordique, les verts et les socialistes. Le même équilibre s’est malheureusement retrouvé sur notre demande que les personnels bénéficient des mêmes droits et acquis lorsqu’ils sont transférés d’une entreprise à une autre.

Le second texte sur la « gouvernance de l’infrastructure » reprend un vieux rêve de la Commission : la séparation de la SNCF avec son réseau ferré.

Dans la logique libérale cette séparation doit permettre de faciliter l’arrivée de concurrents sur les réseaux nationaux. Mais après les tentatives catastrophiques de mettre en place cette séparation qui ont amené la création de Réseau Ferré de France (RFF), les États s’y sont opposés. Le mal est déjà fait : des doublons ont été créés au niveau de la SNCF et RFF et ce nouveau texte va créer une véritable muraille de Chine entre Réseau Ferré de France et la SNCF : tout sera séparé, de la prise de décision jusqu’aux personnels. C’est tout le partage d’information et de connaissances, ces synergies qui font la richesse du service public qui sont mises de côté au profit de la concurrence.

Là aussi nous avions proposé de rejeter cette stricte séparation réseau-train, et certains libéraux nous ont même suivis sur notre amendement de rejet, mais cette fois-ci les socialistes ont préféré rejoindre la droite, faisant ainsi tomber cet amendement par 459 voix contre 250 et une abstention.

Avec le volet technique adopté en avril pour favoriser la circulation des trains d’autres compagnies européennes sur le réseau français la libéralisation est désormais complète.

Pour nous usagers, comme pour les cheminots les conséquences sont colossales. L’entrée d’une logique de profit et la libéralisation marque la fin du service public assuré par une compagnie publique. Peut-on imaginer une compagnie privée faire des investissements de longs termes pour entretenir l’infrastructure, la développer, et faire rouler des trains dessus dans le seul but d’assurer une déserte territoriale, même à perte ? Peut-on imaginer une entreprise privée mettre en place des logiques de péréquation pour financer les lignes les moins rentables par les plus rentables, mettre en place des tarifications spéciales, privilégier le service sur le profit ? Non. C’est bientôt la seule logique du profit qui s’imposera aux usagers comme aux cheminots.

Continuons de refuser ce modèle et montrons-nous vigilants comme usagers et citoyens, lorsque nos régions passeront les premiers appels d’offres ferroviaires.

Le Parlement européen ouvre la voie à la libéralisation totale du rail en 2020 (Patrick Le Hyaric, député européen PCF-Front de Gauche)
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 17:55
Donald Trump et l'extrême-droite israélienne: un éditorial du Monde qui fait froid dans le dos sur le durcissement pro-colonial et pro-israélien de l'administration américaine
 

Editorial. En désignant un partisan de la colonisation de la Cisjordanie comme prochain ambassadeur des Etats-Unis en Israël, le président élu paraît sur le point de bouleverser radicalement la politique américaine dans le conflit israélo-palestinien.

 

Editorial du « Monde » - 19 décembre 2016

 
Donald Trump paraît sur le point de bouleverser radicalement la politique américaine dans le conflit israélo-palestinien. Tel est le signe qu’il vient d’adresser à toutes les parties concernées en désignant l’un de ses avocats, David Friedman, comme prochain ambassadeur des Etats-Unis en Israël. M. Friedman est activement engagé auprès de l’extrême droite israélienne. Il est opposé à la création d’un Etat palestinien. Il défend la colonisation de la Cisjordanie par Israël. Il entend déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem.

 

Si elle est confirmée par le Sénat, sa nomination marquera bel et bien une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient. Depuis 1967, et l’occupation des territoires palestiniens, les Etats-Unis s’opposent au développement des implantations israéliennes en Cisjordanie et dans la partie orientale de Jérusalem – illégales au regard du droit international, elles sont considérées par le département d’Etat comme un « obstacle à la paix ».

Depuis 1993, Washington défend le principe de la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël. Enfin, même s’ils en ont parfois émis l’intention, les présidents américains ont toujours renoncé au déplacement de l’ambassade, le statut de Jérusalem devant faire partie d’un accord de paix avec les Palestiniens.

Le tournant figurait en filigrane dans la plate-forme républicaine adoptée cet été au moment de l’investiture de Donald Trump. Au chapitre du Proche-Orient, elle ne reprenait pas la solution dite des « deux Etats ». Elle ne comprenait aucune condamnation de la colonisation. Mais la nomination de M. Friedman – 57 ans, ami personnel du président élu et l’un de ses avocats dans la monumentale faillite des casinos Trump d’Atlantic City – va plus loin.

 

Terminologie des colons

 

Elle marque la fin définitive de toute ambition américaine de favoriser, en tant « qu’honnête courtier », un règlement de paix entre Israéliens et Palestiniens. Les Etats-Unis se rangent non pas du côté d’Israël, leur ami et leur allié dans la région, mais du côté de l’ultra-droite israélienne. M. Friedman fait partie du mouvement des colons. Il finance le développement des implantations. Il soutient le site d’information Arutz Sheva, l’un des organes de la droite nationale religieuse.

M. Friedman a accusé le président Barack Obama « d’antisémitisme » – pour avoir dénoncé la colonisation. Il a jugé que le mouvement américain juif progressiste J Street, partisan des « deux Etats » de même que de l’accord conclu sur le nucléaire iranien, était pire que les « kapos » des camps de la mort nazis, rapporte le New York Times. « Nous sommes d’avis que les Israéliens ont autant de droits, sinon plus, que les Palestiniens, à s’installer en Judée et Samarie », a déclaré, en novembre, M. Friedman, reprenant la terminologie des colons pour désigner la Cisjordanie. M. Friedman, qui a une maison à Jérusalem, a dit que le déménagement de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville sainte serait l’une de ses priorités.

Contrairement à l’habitude, sa désignation a été annoncée par M. Trump alors que celle de son candidat au poste de secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, n’a pas encore été confirmée par le Sénat. Comme si M. Trump avait voulu manifester lui-même son intention de rompreavec la politique suivie par les Etats-Unis dans le conflit israélo-palestinien depuis près de trente ans. C’est un mauvais signe pour la paix dans cette région.

 

 Lire aussi :   Trump choisit comme futur ambassadeur en Israël un partisan des colonies

 


 


 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 12:59
Berlin: restons unis, solidaires et humains face à la terreur (PCF)

BERLIN : Restons unis, humains et solidaires face à la terreur (PCF)

 

Alors que débutent les congés des fêtes de fin d'année, que les Berlinoises et les Berlinois commencent à se réunir en famille, Berlin a été frappée au cœur d'un marché de Noël, par ce que les autorités allemandes caractérisent à cette heure de « probable acte terroriste », faisant au moins 12 morts et 48 blessés.

Le PCF tient à faire connaître sa solidarité et sa peine, aux familles des victimes décédées, aux blessés, aux habitants-es de Berlin et au peuple allemand. Plus que jamais, restons unis, humains et solidaires face à la terreur, à la violence et aux divisions.

L'enquête doit suivre son cours et en bonne coopération avec les services de police et de renseignement Français, compte tenu de la similarité du procédé avec l'attentat du 14 juillet dernier à Nice. Nous mettons en garde contre les instrumentalisations politiciennes et manichéismes médiatiques ciblant déjà l'ensemble des populations réfugiées dans l'explication de ce crime. Ne passons pas à côté des causes profondes du mal qui traverse nos sociétés.

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:21
Voeu adopté à l'unanimité lors du Conseil de Communauté de Morlaix Co le 19 décembre: "En gare de Morlaix, la modernité, c'est aussi des agents et des trains!"

Voeu adopté à l'unanimité lors du Conseil de Communauté de Morlaix Co le 19 décembre: "En gare de Morlaix, la modernité, c'est aussi des agents et des trains!"

Au dernier Conseil Communautaire du mois de novembre, le président Jean-Luc Fichet s'était engagé à permettre que soit présenté au prochain communautaire du mois de décembre après l'avoir examiné et reçu dans les temps un voeu correspondant à celui qui avait été voté peu avant en Conseil Municipal de Morlaix à l'unanimité en novembre après avoir été présenté par Ismaël Dupont, élu PCF-Front de Gauche. 

Cela a donc été fait hier, lundi 19 décembre, en fin de Conseil. Le voeu, quasiment identique à celui qui avait été adopté par l'unanimité du Conseil Municipal de Morlaix du 17 novembre 2016, a été voté par tous les conseillers communautaires présents après avoir été présenté par Ismaël Dupont. 

Un signe fort d'une volonté collective exprimée clairement que la SNCF préserve l'offre de service public sur Morlaix après les investissements importants réalisés pour accueillir la LGV et réaménager le pôle gare.     

Conseil Communautaire du 19 décembre- photo Pierre-Yvon Boisnard

Conseil Communautaire du 19 décembre- photo Pierre-Yvon Boisnard

gare de Morlaix

gare de Morlaix

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:15
conseil communautaire du 19 décembre - photo Pierre-Yvon Boisnard

conseil communautaire du 19 décembre - photo Pierre-Yvon Boisnard

Le collectif pour le développement de l'offre de transport en commun sur le secteur Sud de la communauté et de Morlaix (Plourin, Plougonven, et au-delà...) animé entre autre par Hervé Penven et Nadine Nicolas était présent avec de nombreuses personnes venues se faire entendre en assistant au Conseil Communautaire

Le collectif pour le développement de l'offre de transport en commun sur le secteur Sud de la communauté et de Morlaix (Plourin, Plougonven, et au-delà...) animé entre autre par Hervé Penven et Nadine Nicolas était présent avec de nombreuses personnes venues se faire entendre en assistant au Conseil Communautaire

Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
"Les utopistes en action" qui n'ont toujours pas de proposition d'aide à mise à disposition d'un local adapté pour accueillir et ranger dans de bonnes conditions les vêtements et autres affaires collectés pour les friperies solidaires et l'aide aux réfugiés et migrants sans papier ni toit était encore présent, pour la 3ème ou 4ème fois d'affilé, au Conseil Communautaire, pour qu'on entende ses revendications légitimes

"Les utopistes en action" qui n'ont toujours pas de proposition d'aide à mise à disposition d'un local adapté pour accueillir et ranger dans de bonnes conditions les vêtements et autres affaires collectés pour les friperies solidaires et l'aide aux réfugiés et migrants sans papier ni toit était encore présent, pour la 3ème ou 4ème fois d'affilé, au Conseil Communautaire, pour qu'on entende ses revendications légitimes

Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard
Conseil Communautaire du 19 décembre 2016: photos Pierre-Yvon Boisnard

Ce dernier Conseil de Communauté de l'année fut très long (plus de 4 heures), avec 62 délibérations, présentations ou voeux, très tendu une nouvelle fois en son commencement surtout avec des passes d'armes musclées entre Agnès Le Brun et Jean-Luc Fichet, mais non dépourvu d'intérêt avec pour commencer, suite aux mots de solidarité de la communauté avec Guerlesquin exprimés par Jean-Luc Fichet avant de reprendre le fil des réalisations de l'année, un propos très digne et précis de Gildas Juiff, maire de Guerlesquin, sur la situation des salariés de Tilly Sabco et de l'entreprise qui va changer de nom et dont l'abattoir va fermer, puis une présentation extrêmement intéressante du projet de politique jeunesse intégrée par les élus en responsabilité et les animateurs qui mettent en oeuvre les politiques jeunesses sur le territoire - Françoise Le Roux coordinatrice jeunesse à Morlaix-Co, Antoine le Roux du RESAM, Patrick Jeguinet du centre Keravel de Plougasnou, Eric Even de la MJC, Elodie pottin, coordinatrice santé (...etc.) - et l'officialisation de la création de l'Institut Franco-Indien de Bretagne avec des antennes à Lorient et Morlaix. 

Revenons sur quelques épisodes de ce Conseil Communautaire du 19 décembre même s'il serait trop long de tout reprendre. 

Gildas Juiff, maire de Guerlesquin, a rappelé d'abord que 134 salariés sur 195 allaient perdre leur poste à Tilly Sabco: c'est le deuxième plan social en deux ans, après les 127 licenciés de 2014. En 2014, c'était surtout des jeunes salariés qui avaient été licenciés. Cette fois-ci, il y a beaucoup de salariés de plus de 50 ans qui travaillaient depuis plus de 20 ans pour Tilly Sabco, avec les difficultés de reconversion que l'on connaît. La société Weegdam des Pays-Bas dont l'offre a été retenue par le tribunal de commerce était déjà cliente de Tilly Sabco sur la partie saucisses. L'abattoir va fermer. Son but est de reprendre la production le 3 janvier. Mais il y a beaucoup de scepticisme, y compris chez les salariés qui ont été retenus, et qui ont l'impression d'avoir été menés en bateau depuis des années, qui n'y croient plus, qui ne veulent plus rester pour certains. La disparition de l'abattoir est un gros coup dur économique pour la région: pour 1 emploi à Tilly, c'est 4 emplois associés (ramasseurs, éleveurs, commerçants...). 44 personnes sont directement concernées par ces licenciements à Guerlesquin. 134 salariés vont être accompagnés par une société de reclassement. Il faudra être très vigilant au niveau social. Cela ne va pas être simple de faire le deuil de tout ça. Les situations sont déjà très difficiles avec des salariés qui ne travaillaient plus qu'un jour ou deux par semaine depuis 2 ans, le reste du temps au chômage technique, avec une inquiétude terrible par rapport à l'avenir.      

 

 

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:00
Pas de coup de pouce pour le Smic: "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)
Pas de coup de pouce pour le Smic: "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)

 

Triste performance !!

***************
Le Smic horaire brut a augmenté de 11,5% durant le mandat de l'ex-président de droite, contre environ 6% sous le président socialiste. Sous Nicolas Sarkozy le gain était ainsi d'environ 144 euros par salarié... mais il a été de seulement 82 euros pour Hollande.

 

 

Smic : "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)

 

La ministre du travail Myriam El Khomri vient d'annoncer qu'il n'y aurait pas de coup de pouce pour le smic en 2017. Cette décision du gouvernement est lamentable. L'indifférence du quinquennat Hollande à l'égard des salarié-e-s les plus modestes est indigne d'un gouvernement de gauche. Les coups de pouce aux grands patrons se sont multipliés comme en témoigne les 41 milliards d'euros du CICE qui, loin d'avoir le moindre effet positif sur l'emploi, viennent nourrir les dividendes records versés aux actionnaires, les retraites-chapeau et autres parachutes dorés.

Le PCF propose une augmentation immédiate de 23% du SMIC pour le porter à 1400 euros net environ et une progression visant 1700 euros net à la fin du prochain quinquennat. Indissociablement, les salaires de chaque premier niveau des grilles de classification des différentes branches doivent être également augmentés.

Nul doute qu'un gouvernement de gauche déterminé à combattre la finance pourrait se donner les moyens d'une telle politique. Rappelons que l'évasion fiscale fait perdre chaque année à la France près de 80 milliards d'euros de recettes.

 

 

Le smic sera revalorisé de 11 euros nets par mois au 1er janvier, sans "coup de pouce"
LAURENCE MAURIAUCOURT
LUNDI, 19 DÉCEMBRE, 2016, L'Humanite

Le Smic sera revalorisé de 11 euros nets par mois au 1er janvier, sans "coup de pouce"

Le Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) augmentera de 0,93% au 1er janvier 2017, passant de 9,67 à 9,76 euros brut de l'heure, sans "coup de pouce", ont indiqué lundi deux sources syndicales à l'AFP.

Une personne salariée à plein temps (35h) rémunérée au Smic touchera donc 1 480,27 euros brut mensuels, soit une hausse de 13,65 euros par rapport à 2016. Le Smic net s'établit, quant à lui, autour de 1 153 euros, en hausse de 11 euros. Comme lors des quatre dernières revalorisations, le gouvernement n'a pas accordé de coup de pouce. 

 
Pas de coup de pouce pour le Smic: "La décision du gouvernement est lamentable" (Pierre Laurent)
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 08:29

 

L'HUMANITE

Lundi 19 décembre 2016

JEAN-EMMANUEL DUCOIN

 

 

 

 

 

 

 

 

Par principe, sinon lucidité, méfions-nous des vagues de sondages, qui ne disent qu'imparfaitement la photographie du moment, sans jamais prévoir ni le futur réel, ni les évolutions d'une société très éruptive par temps de crises. Néanmoins, depuis l'élection triomphale de François Fillon comme leader de la droite extrême, quelque chose dans le climat politique et social nous informe plutôt positivement sur ce que les citoyens ne veulent pas. En moins de trois semaines, plusieurs enquêtes d'opinion le confirment : les perspectives de l'ultra-ordo-libéralisme inquiètent. Et pas qu'un peu. Dans un sondage Elabe, plus de 80 % se déclarent opposés à la baisse des dépenses publiques, 90 % quand il s'agit des dépenses de santé, 89 % pour les retraites ou la sécurité, 86 % pour l'éducation...

Dans un sondage Odoxa, 61 % refusent la privatisation de La Poste. Dans un sondage Ifop, pas plus tard qu'hier matin, seulement 28 % des électeurs souhaitent que Fillon soit élu en 2017, alors que 72 % pensent qu'il a eu raison de retirer (qui le croit ?) sa proposition sur la réforme de la Sécurité sociale. Sans parler de cette étude réalisée par la sociologue Anne Muxel, « Generation What ? », sur les jeunes de 18 à 34 ans : 62 % affirment être prêts à « participer à un grand mouvement de révolte », tandis que 93 % clament que « c'est la finance qui dirige le monde »... Quel est le trait commun à tous ces sondés ? Leur attachement à la solidarité républicaine, constitutive du modèle social qui est le nôtre, du moins ce qu'il en reste...

Pour le dire vite, et sans aucun excès d'optimisme, ce qui serait absurde, nous ne croyons pas au plébiscite de l'ultralibéralisme et du conservatisme le plus réactionnaire. Au nom du peuple, au nom des pauvres, au nom des sous-citoyens frappés d'indignités quotidiennes, nous croyons même tout le contraire. À savoir que les chocs successifs des politiques cul par-dessus tête, dont François Hollande fut le dernier avatar, offrent la possibilité d'un vaste débat pour l'émergence d'une République sociale, protectrice et ambitieuse. La grande bataille des idées débute à peine. Si nous la menons pas à pas, est-elle vraiment perdue ?

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 08:06
Berlin: un camion fonce sur les clients d'un marché de Noël (L'Humanité, 19 décembre)
Berlin. Le chauffeur d'un camion fonce intentionnellement sur les clients d'un marché de Noël
LAURENCE MAURIAUCOURT
LUNDI, 19 DÉCEMBRE, 2016- L'Humanite
 
Un camion a percuté des dizaines de personnes dans la foule d'un marché de Noël à Berlin faisant 12 morts et 48 blessés. L'un des assaillants aurait été retrouvé mort dans le véhicule et un second, en fuite, a été interpellé.  "Nos enquêteurs estiment que le camion a été intentionnellement dirigé dans la foule du marché de Noël", a indiqué la police de la capitale allemande dans un message sur Twitter. 

Un camion a foncé ce soir sur un marché de Noël dans le Kurfürstendamm, une artère commerçante très fréquentée du centre de Berlin souvent comparée aux Champs Elysées. Il y aurait plusieurs morts et au moins 50 blessés, a indiqué la police locale à l'AFP, en précisant qu'il s'agissait « probablement d'un attentat. » A 21h30, il est fait état de neuf morts. 

Selon les premières informations, le conducteur du poids-lourd serait en fuite.

La situation de chaos a été filmé par des internautes. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux.

L'événement ne manque pas de rappeler le mode opératoire de l'attentat commis à Nice, le 14 juillet dernier.

« Triste journée » commentent de nombreux internautes qui rapprochent la tragédie survenue en Allemagne avec une fusillade qui a eu lieu devant un lieu de culte musulman à Zürich en Suisse et avec l'assassinat de l'ambassadeur de Russie survenue cet après-midi à Ankara en Turquie.  

Compléments d'informations : 

A 21h45, les chaînes d'information relaient les dires de la police berlinoise qui indique qu'il y avait deux hommes à bord du camion. L'un des assaillants serait décédé dans le véhicule et l'autre, en fuite, aurait été interpellé. 

La police semble privilégier la piste d'un attentat, à l'instar du ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière, selon lequel il y a "beaucoup de raisons" de penser qu'il s'agit d'une attaque délibérée. L'enquête a d'ailleurs été confiée au parquet fédéral compétent en Allemagne pour les affaires de terrorisme.
M. de Maizière a souligné à la télévision allemande que si l'Allemagne était une cible pour les groupes jihadistes, ses services n'avaient "aucun indice (laissant penser) qu'un marché de Noël" pouvait être visé.
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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 07:14
drapeau basque en Palestine, Béthléeem (photo I. Dupont)

drapeau basque en Palestine, Béthléeem (photo I. Dupont)

«L'Espagne et la France sont responsables de ce qui se passe au Pays basque»
 PAR ANTTON ROUGET

Secrétaire général d’Interpol de 1985 à 2001, le Britannique Raymond Kendall est aujourd’hui membre du groupe international de contact (GIC) censé coordonner la commission de désarmement de l’ETA.  Il dénonce l’inflexibilité des gouvernements français et espagnol. 

L’opération policière de Louhossoa n’est que le dernier épisode du récit de l’échec du processus de paix basque. Vendredi soir, dans ce village du Pays basque français, cinq personnalités locales ont été interpellées dans le cadre d’un vaste coup de filet antiterroriste. Présentée par le ministère de l’intérieur comme un nouveau coup porté à l’organisation ETA, l’opération a en réalité visé un groupe de militants pacifiques ayant pris en main la démilitarisation de 15 % de l’arsenal du groupe armé.

Car depuis 2011 et l’arrêt de la violence au Pays basque, les gouvernements refusent de s’asseoir à la table des négociations. « Ce qui se passe aujourdhui est de la responsabilité des États », dénonce, dans un entretien à Mediapart, Raymond Kendall, secrétaire général d’Interpol de 1985 à 2001 et membre du groupe international de contact (GIC). Fondé en 2011 au lendemain de la « conférence pour la paix » conduite par le Prix Nobel de la paix Kofi Annan, le GIC réunit plusieurs personnalités internationales, expertes en résolution de conflit chargées de la coordination du processus de paix basque. Il est notamment composé de Brian Currin, expert de la commission « vérité et réconciliation » post-apartheid en Afrique du Sud, de Silvia Casale, criminologue, membre de la commission chargée de la révision des peines pour l’Irlande du Nord et présidente, de 2000 à 2007, du Comité européen pour la prévention de la torture (CPT), ou encore d’Alberto Spektorowski, professeur de science politique à l’université de Tel-Aviv (Israël), membre de la délégation israélienne au sommet de Camp David en juillet 2000.

Comparant la situation avec le désarmement de l’IRA planifié avec le gouvernement britannique, Raymond Kendall révèle que Paris n’a jamais voulu donner suite aux sollicitations du GIC, dit « comprendre » les motivations des militants pacifiques de Louhossoa et s’inquiète des « frustrations » que cette situation engendre au sein de la société basque et de l’ETA. Entretien.

Cinq représentants de la société civile ayant mené une action de désarmement de lETA ont été transférés à Paris ce dimanche afin d’être présentés à un juge dinstruction. Comment en sommes-nous arrivés à cette incroyable situation ?

Pour moi, tout cela vient du fait que les autorités françaises et espagnoles ont refusé de discuter de ce sujet avec les personnes qui étaient équipées pour le faire. Le fait est que nous avons cherché le moyen de créer les conditions d’un désarmement, au niveau juridique notamment. Dans tous les accords de désarmement, les gens qui ont reçu les armes ont eu des immunités fixées par le gouvernement pour qu’ils soient protégés chaque fois que sont déplacés les armes, explosifs et munitions.

Ici, le procureur va poursuivre les personnes qui ont été arrêtées pour les délits qu’elles ont commis, en réceptionnant les armes parce qu’elles ont fait ça illégalement sans avoir la protection d’un accord. On peut se dire : « Oui mais ces gens-là essayaient de récupérer des armes, etc. » En fait, ils ont essayé de mettre en place un désarmement sans avoir pris les précautions nécessaires. C’est pour cela qu’ils se trouvent dans cette situation et, malheureusement, on ne peut pas tellement protester puisqu’ils connaissaient bel et bien les risques qu’ils prenaient.

Pourquoi ?

À partir du moment où les membres de l’ETA ont dit qu’ils étaient d’accord pour rendre leurs armes, ils voulaient que des conditions de protection soient accordées avant de le faire. Ils savaient très bien que s’ils étaient trouvés en possession d’armes, quelles que soient les conditions, ils seraient poursuivis.

Or les États ont chaque fois refusé, en disant : « Vous faites ce que vous voulez, nous, on veut que vous rendiez tout ce quil y a à rendre sans conditions et que lorganisation soit dissoute. » Ce qu’ils demandaient en fait aux gens de l’ETA était tout simplement impossible. Il est arrivé exactement la même chose en Irlande du Nord, sauf que le gouvernement britannique était d’accord pour fixer les conditions juridiques dans lesquelles le désarmement pouvait se faire.

Quelle différence avec lexemple irlandais ?

C’est très simple. L’initiative pour le désarmement de l’IRA a été prise par le gouvernement britannique. C’est donc lui qui contrôlait tout et maîtrisait parfaitement les conditions juridiques, adoptées par le parlement, pour faire ce qu’ils ont fait.

Cela a été un peu compliqué à mettre en œuvre car on ne devait pas donner la possibilité à l’ensemble des membres de l’IRA de transporter des armes. Les conditions qui ont été fixées étaient parfaitement raisonnables et jugées acceptables par l’ensemble des parties. Mais ici les décideurs bloquent. Les seules personnes qui pouvaient débloquer la situation étaient les autorités gouvernementales françaises et espagnoles, mais elles ont refusé jusqu’ici de négocier quoi que ce soit.

L’Espagne, surtout, veut que l’ETA se rende sans conditions. Pour la France, ce n’est pas compliqué : chaque fois que l’Espagne dit quelque chose, elle dit « daccord ». Je me rappelle que Manuel Valls, quand il a pris ses fonctions de ministre de l’intérieur en 2012, est allé en Espagne et a dit publiquement : « Nous sommes avec vous. Tout ce que vous préconisez, nous le suivons. » Ils ne veulent rien écouter sur le sujet. C’est pour cela que nous en sommes là aujourd’hui.

Pourquoi une telle inflexibilité ?

Cela a toujours été le cas. Il est plus simple pour les gouvernements de dire : « Écoutez, il sagit dune organisation terroriste. Point final. » Jusqu’en 2011, il y a eu des attentats. Le temps a depuis passé sans une action de la part de l’ETA. Le danger s’est éloigné. L’ETA a passé cinq ans sans commettre d’attentat : on peut légitimement croire ce qu’ils disent. 

Je crois que l’attitude des gouvernements commence à créer une situation difficile pour l’État français, alors qu’il est obligé de faire appliquer la loi sachant qu’il a toujours refusé de créer les conditions pour que l’ETA rende son arsenal. Le blocage est total. Ce qui compte maintenant est la manière dont l’opinion publique peut percevoir la décision des représentants du mouvement social [de procéder eux-mêmes au désarmement – ndlr]. Car cela ne se résume pas à une simple infraction à la loi : en faisant cette action, ils ont essayé de démilitariser une organisation terroriste et armée.

Justement, le nouveau ministre de lintérieur Bruno Le Roux a estimé samedi que« personne na le droit de se proclamer destructeur darmes » et a sous-entendu que le groupe aurait pu détruire des preuves. Comment analysez-vous cette déclaration ?

Le ministre de l’intérieur est quand même obligé d’appuyer l’action de son gouvernement. Il y a une explication très simple qui dit : « Ce sont des gens qui ont enfreint la loi. » Mais, moralement, l’opinion publique n’accepte pas ce genre d’arguments dans les circonstances dans lesquelles tout ça se présente. Elle va répondre : « Mais, écoutez, que pouvaient faire ces gens-là ? Ces armes, ils voulaient les rendre, mais vous ne facilitez pas les choses. » Le gouvernement a eu durant cinq ans la possibilité de régler cette question une bonne fois pour toutes mais a toujours refusé toutes les propositions qui ont été faites.

Au début, quand notre groupe s’est formé, nous avons immédiatement créé la commission de désarmement. Cette commission a commencé à travailler. Il y a même eu un premier semblant de rendu de son arsenal par l’ETA, mais ce n’était pas vraiment sérieux. Aujourd’hui, nous avons quasiment arrêté le travail de la commission car cela n’allait nulle part, pour les raisons que j’ai expliquées précédemment.

Les gens de cette commission ont l’expérience irlandaise, ils savent ce qu’il faut faire. Mais, chaque fois que quelqu’un a fait des propositions officielles, cela a échoué. Le gouvernement français, par exemple, ne reconnaît même pas notre groupe. Il ne veut pas discuter avec nous.

Et puis, il y a eu cet incident ridicule où nous avons été convoqués au commissariat de Bayonne pour nous expliquer [en mars 2014, après la remise d’une infime partie du stock d’armes de l’ETA justement – ndlr]. Je veux bien croire que le ministre de l’intérieur est un peu embêté, surtout parce qu’il a agi [vendredi] à partir d’une information qui ne venait même pas de la France. C’étaient des informations qui venaient d’Espagne. Alors il peut dire lui même : « Ah oui, mais nous, on coopère avec les Espagnols, etc., etc. »Mais cela n’explique pas le refus qu’a opposé le gouvernement pour essayer de trouver une solution.

Avez-vous cru que Paris aurait pu sengager dans le processus de paix après la conférence internationale pour la résolution du conflit basque du 17 octobre 2011 ?

Les gens de l’ETA pensaient pouvoir négocier avec la France. Notre groupe aussi pensait qu’on pouvait peut-être changer l’attitude de la France, même si on ne pouvait rien faire en Espagne.

Nous avons notamment cru qu’un argument humanitaire pouvait marcher. Les prisonniers, par exemple, ont essayé de négocier le rendu des armes afin d’améliorer leurs conditions de détention. Il faut dire que la France comme l’Espagne ont été condamnées par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions dans lesquelles les prisonniers sont maintenus en détention. Toutes les conditions prévues par les textes internationaux ne sont pas respectées ni par la France, ni pas l’Espagne. Nous avons évidemment voulu régler cela avec les autorités. Mais la porte a été refermée chaque fois.

La protestation contre les interpellations sorganise au travers de manifestations et de pétitions. Localement, des représentants de tous les partis politiques réclament la libération des personnes interpellées. Des mouvements comme Greenpeace France, Attac, la Ligue des droits de lhomme ou la Confédération paysanne se sont joints à cet appel. Cette contestation peut-elle mettre en difficulté le gouvernement de Bernard Cazeneuve ?

Il y a de nombreuses oppositions qui se manifestent. En France notamment, le mouvement social et les politiques de la région sont entrés en jeu pour essayer de régler le problème et il y a eu un début de protestation de certains représentants politiques français. Il faut attendre quelques jours pour voir comment cela va évoluer.

Il est évident que cela pourrait devenir un vrai problème politique pour le gouvernement. Mettez-vous à la place des gens dans la rue. S’ils examinent la situation, ils vont dire : « Mais, attends, la décision judiciaire [de poursuivre les personnalités interpellées – ndlr] ne me paraît pas acceptable dans le cas où il sagit de personnes qui essayent de désarmer une organisation terroriste. Cest le gouvernement qui lempêche.»

Je comprends par ailleurs la frustration de ces représentants du mouvement social qui ont fait l’action [de Louhossoa]. Cela s’explique. Quand vous êtes bloqué chaque fois, quoi que vous proposiez, il est évident que cela pousse les gens vers la frustration. Heureusement, que l’ETA elle-même n’a pas fait part de sa frustration. Cela aurait pu mener à la reprise des attentats.

 

 

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