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21 août 2017 1 21 /08 /août /2017 06:27
Avec Macron, le spectre de futures privatisations
OLIVIER MORIN
MERCREDI, 16 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
Bruno Le Maire (à droite) annonçait en juillet dernier que le gouvernement allait « céder les participations de l’État dans un certain nombre d’entreprises publiques ». Photo Thomas Samson/AFP Photo
 

Avec la perspective d’une nouvelle loi sur la transformation de l’économie, le gouvernement d’Édouard Philippe pourrait bien procéder à de nouvelles privatisations dans la droite ligne de la loi Macron et des politiques libérales précédentes.

Attention, sabordage en vue. En 2018, Emmanuel Macron et son gouvernement pourraient bien préparer une nouvelle loi sur « la transformation de l’économie ». Et son cortège de privatisations. C’est en tout cas ce qui se dit dans les couloirs du ministère de l’Économie et des Finances et que relève le Monde des 13 et 14 août. Bruno Le Maire, locataire de Bercy, souhaiterait en effet étendre sa loi-cadre censée aider les petites et moyennes entreprises (TPE-PME) à « toutes les sociétés, quelle que soit leur taille ». Avec un calendrier mené tambour battant comme le reste des mesures de ce gouvernement de la République en marche (LREM). Parlementaires, patrons et organisations de salariés seraient consultés en automne prochain, tandis que des start-up et des sociétés de conseil devraient collaborer avec le ministère de l’Économie pour « élaborer des propositions ». Le texte devrait quant à lui être transformé en projet de loi dans la foulée (premier trimestre 2018) par Bruno Le Maire et Benjamin ­Griveaux, son secrétaire d’État.

Dérégulations tous azimuts

Cette annonce de dérégulations tous azimuts n’est pas une surprise venant d’un gouvernement choisi sur mesure par Emmanuel Macron. Avant d’occuper les bureaux de Bercy sous le quinquennat Hollande, celui-ci avait déjà pointé les secteurs publics de l’économie et les acquis sociaux à démanteler lorsqu’il a rédigé le rapport de la commission Attali en 2008. Aux manettes de l’économie française de 2014 à 2016, il s’est empressé de joindre le geste à la parole en libéralisant le transport interurbain par autocar et en dérégulant le travail du dimanche. Avec la promesse de créer 22 000 emplois et de décupler la croissance dans les commerces désormais ouverts tout le week-end, on allait voir ce qu’on allait voir. Las, deux ans après la promulgation de la loi Macron à coup d’article 49-3, il serait pourtant bien hasardeux de défendre ces mesures pour justifier de poursuivre dans cette voie. L’horizon des 22 000 emplois créés s’éloigne de plus en plus avec à peine 1 500 nouveaux postes comptabilisés par les services ministériels. Les alléchants prix bas affichés pour concurrencer le rail se sont bien vite heurtés au mur de la rentabilité économique, qui a conduit deux sociétés de bus (sur les cinq présentes au moment de la libéralisation) à mettre rapidement la clé sous la porte. Quant au travail du dimanche, même les économistes libéraux étaient forcés d’admettre que son effet sur le chiffre d’affaires des commerçants était insignifiant, les dépenses de consommation se répartissant sur une durée plus longue sans pour autant augmenter.

Continuité idéologique

Sans efficacité prouvée, pourquoi alors s’obstiner à privatiser si ce n’est par continuité idéologique ? La réponse est sans doute à chercher dans ces libéralisations qui se profilent avec cette future loi sur la transformation de l’économie prévue pour l’an prochain. Une idée fixe d’Emmanuel Macron, qui, après avoir sorti discrètement par la fenêtre son projet #noé (« nouvelles opportunités économiques ») destiné à favoriser l’entreprise et mort-né face à la mobilisation contre la loi travail, s’apprête à le faire revenir par la porte. Plus ravageur encore puisque, en juillet dernier, dans une réponse à la question écrite de la sénatrice Fabienne Keller (LR), Bruno Le Maire annonçait déjà que le gouvernement allait « céder les participations de l’État dans un certain nombre d’entreprises publiques », avec des mesures prises, selon lui, dès le mois de septembre. Même si les secteurs concernés ne sont pas tous connus pour l’instant, des risques pèsent sur des activités comme les réseaux téléphoniques ou encore l’aviation civile. Là encore, on peut y voir la poursuite de mesures déjà prises sous le mandat de François Hollande puisque, dans la loi qui portait son nom, Emmanuel ­Macron avait déjà procédé à l’ouverture du capital d’aéroports régionaux tels que ­Toulouse, Nice ou Lyon. Au prétexte de dégager des fonds à hauteur de 10 milliards d’euros pour financer de « l’innovation », le gouvernement pourrait céder aux appétits de Vinci, qui lorgne depuis longtemps sur Paris Aéroport (anciennement Aéroports de Paris), dont la société est déjà actionnaire à hauteur de 8 %. 

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 15:58
Libération de Paris: Cécile Rol-Tanguy : "Je représente les résistantes qui ont été oubliées" (France 24)

L’agente de liaison de la Résistance, Cécile Rol-Tanguy, était aux premières loges de la Libération de Paris. Soixante-dix ans après, la veuve du chef des FFI d’Île-de-France raconte ses années dans l'armée de l'ombre et souligne le rôle des femmes.

Dans la maison de famille des Rol-Tanguy, dans le Loir-et-Cher, le souvenir de la Résistance est omniprésent, dans la bibliothèque, sur les murs… Là, les nombreuses décorations d’Henri, chef des FFI (Forces françaises de l’intérieur) d’Île-de-France durant la Libération de Paris. Ici, une photographie prise devant la gare Montparnasse en août 1944 : "C’est une voiture de FFI du 14e arrondissement, le quartier d’Henri", précise non sans fierté sa veuve, Cécile Rol-Tanguy.

À 95 ans, elle n’aime pas se mettre en avant, mais depuis la mort de son époux en 2002, c’est elle qui a repris le flambeau. D’école en école, de cérémonie en cérémonie, elle ne cesse d’entretenir la mémoire. "Je suis un peu étonnée de me retrouver là encore 70 ans après, mais c’est pour rappeler le souvenir de tous ceux et celles que j’ai connus et qui sont partis", explique-t-elle avec un sourire malicieux. Puis elle ajoute : "Cela m’émeut de voir qu’on a beaucoup oublié les femmes (…) Avec ma dernière nomination pour la Légion d’honneur, j’ai considéré que je représentais toutes les femmes qui n’avaient rien eu."

 

"Notre ennemi principal était le fascisme"

Même si l’Histoire a surtout retenu le rôle de son mari, Cécile Le Bihan, de son nom de jeune fille, appartient à ces héroïnes de l’ombre qui ont refusé de se soumettre à l’Occupation. En juin 1940, la jeune dactylo, élevée dans une famille communiste, fait le choix de la résistance. Alors qu’Henri Tanguy, qu’elle vient tout juste d’épouser, est pris dans la débâcle de l’armée française, elle commence à rédiger des tracts pour le syndicat des Métallos : "Mon mari m’avait toujours dit que notre ennemi principal était le fascisme. En voyant les Allemands dans Paris en 1940, je n’ai pas hésité." Lorsque son époux est enfin démobilisé au mois d’août, le couple décide de lutter ensemble. Ancien des Brigades internationales durant la guerre d’Espagne (1936-1939), Henri a l’expérience de la lutte armée. Il rejoint d’autres militants communistes dans la clandestinité, tandis que Cécile devient son agent de liaison.

Pendant quatre ans, de planque en planque, la jeune femme transporte des messages mais aussi des armes. Elle n’hésite pas à remplir ses missions avec ses enfants, encore bébés. "C’était plus facile de mettre un revolver ou une mitraillette dans un fond de landau ! Mais je n’étais pas la seule, on prenait ce qu’on avait sous la main !", raconte-t-elle avec une incroyable décontraction. Le danger est pourtant omniprésent. Au cours de ces sombres années, elle perd beaucoup d'amis suite à des arrestations. Son propre père, membre du Parti, décède à Auschwitz en 1942 après avoir été déporté. "Cela fait mal, mais cela ne m’a jamais arrêté, confie la vieille dame aux abords fragiles, mais au discours encore bien déterminé. Souvent après, on se dit 'là j’étais près d’y passer', mais sur le coup, on ne fait rien si on a la peur au ventre. J’avais confiance dans tout ce qu’on faisait."

Le souterrain de Denfert-Rochereau

Au fur et à mesure de la guerre, Henri Tanguy prend de plus en plus de responsabilités au sein des FTP (Francs-tireurs et partisans). En mai 1944, sous le pseudonyme de Rol (du nom d’un de ses camarades tué durant la Guerre d’Espagne), il est nommé chef régional des FFI, qui regroupent toutes les composantes de la résistance. Durant plusieurs semaines, il prépare activement la Libération de la capitale française. Le 18 août, il décrète la mobilisation générale et ordonne aux Parisiens de prendre les armes. Deux jours plus tard, avec son État-major et bien entendu sa femme, il installe son poste de commandement dans un abri souterrain de la place Denfert-Rochereau.

Dans ce dédale relié aux postes d’égout de Paris, Cécile Rol-Tanguy assure le secrétariat de son mari et une partie de son travail de liaison : "Henri a beaucoup circulé à ce moment-là, moi j’étais bloquée en bas pour relayer les communiqués. (…) Quand je vais au musée du général Leclerc à Montparnasse et que je vois certains documents, je me dis ‘Ah c’est moi qui les ai tapés !’ Je reconnais les formulations de mon mari."

Durant une semaine, l’État-major FFI coordonne les combats des résistants dans les rues de la capitale. Même si certains historiens estiment que le commandement de Rol-Tanguy a été parfois dépassé par les événements, son épouse loue son action : "Ils ont réagi comme il fallait. Quand il y a eu la trêve, mon mari a décidé de ne pas l’accepter en accord avec l’État-major. Il a aussi été décisif quand il a fait faire les barricades. C’était une réaction du peuple et cela a tout de suite pris."

Le 24 août au soir, les premiers éléments de la 2e Division blindée (DB) du général Leclerc font leur entrée dans Paris. Dans le souterrain, les résistants peuvent enfin laisser éclater leur joie. "Quand on nous l’a annoncé, nous n’avons pas entendu les cloches sonner, mais on a fait une bataille de polochons avec les filles qui étaient avec moi", se souvient l’ancienne FFI en revivant la scène. "Le lendemain, mon mari m’a dit ‘je te rappelle que tu es femme de colonel, tu n’as pas à faire ça’, mais moi cela m’est passé au-dessus !", ajoute-elle dans un éclat de rire.

"Un peu de folie"

Après avoir vécu plusieurs années en état d’alerte permanent, la jeune femme a du mal à réaliser que la France est de nouveau libre. Prise dans un tourbillon, elle se laisse porter par les événements. Au lendemain de la signature par son mari de l’acte de reddition des forces allemandes du général von Choltitz, Cécile Rol-Tanguy assiste le 26 août au défilé du général de Gaulle : "Il y avait un peu de folie. C’était tellement nouveau. J’étais là, mais je ne me posais pas de questions, estime-t-elle. On m’a demandé ce que cela me faisait d’avoir rencontré de Gaulle. Je ne me rendais pas compte. Cela m’est passé un peu au-dessus de la tête. J’étais là car je devais être là, mais sans plus. Mais c’est vrai qu’après réflexion, une semaine comme ça, c’est autre chose que la vie courante !"

Alors que la France se reconstruit peu à peu, la jeune femme reprend aussi un quotidien plus normal. Tandis qu’Henri Rol-Tanguy poursuit une carrière de militaire, elle s’occupe de leurs quatre enfants. "Cela m’a beaucoup changé, souligne l’ancienne résistante, autrefois surnommée Jeanne ou encore Lucie dans la clandestinité. Mais je n’ai pas regretté cette période car on était 24 heures sur le qui-vive. J’ai surtout regretté tous ceux qu’on avait laissés en route."

Soixante-dix ans après ces événements, les visages des disparus ne l’ont jamais quittée. "Quand je vais à la cloche au Mont Valérien, tous ces noms que je retrouve, cela me bouleverse. On me tire pour que je m’en aille." C’est en leur nom qu’elle s’exprime inlassablement. À bientôt 100 ans, l’agent de liaison n’a rien perdu de sa fougue et de son esprit. Dans son regard, la flamme est toujours là : "Cela conserve d’avoir été dans la résistance !"

Lire aussi: 

17 août 1944: le commandant FFI du grand Paris, Rol-Tanguy, parle aux Parisiens...

Rol-Tanguy: 1994, à l'occasion des 50 ans de la libération de Paris, la presse revient sur ses actes de résistance: un Brestois né à Morlaix dirige l'insurrection de Paris

"25 août 1944. Le métallo (Rol-Tanguy) et les généraux" par Roger Martelli

 

 

Les Bigoudènes encadrent Rol Tanguy (chef FFI qui a libéré Paris, ancien métallo né à Morlaix, ancien des Brigades Internationales), Paul Le Gall (futur secrétaire départemental du Finistère-Sud), Alain Signor, responsable communiste depuis l'avant guerre, résistant, député à la Libération, et Pierre Le Rose - photo prise à la fête de la Bretagne du Parti Communiste dans le sud-Finistère (Archives Pierre Le Rose)

Les Bigoudènes encadrent Rol Tanguy (chef FFI qui a libéré Paris, ancien métallo né à Morlaix, ancien des Brigades Internationales), Paul Le Gall (futur secrétaire départemental du Finistère-Sud), Alain Signor, responsable communiste depuis l'avant guerre, résistant, député à la Libération, et Pierre Le Rose - photo prise à la fête de la Bretagne du Parti Communiste dans le sud-Finistère (Archives Pierre Le Rose)

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 08:51
le 8 août 1944, Morlaix est libérée. Les autorités organisent une remise de diplômes FTPF en présence notamment d'Eugène Le Luc, quatrième en partant de la gauche, de Mme Coquin, la marraine de Tanguy-Prigent, et de M. Masson, maire de Morlaix. (photo Le Télégramme)

le 8 août 1944, Morlaix est libérée. Les autorités organisent une remise de diplômes FTPF en présence notamment d'Eugène Le Luc, quatrième en partant de la gauche, de Mme Coquin, la marraine de Tanguy-Prigent, et de M. Masson, maire de Morlaix. (photo Le Télégramme)

Eugène Le Luc, la mémoire des résistants morlaisiens

Article du Télégramme, publié le 5 mai 2001, avec le témoignage d'Eugène Le Luc, responsable du réseau FTP "Justice" de Morlaix 

« Réhabiliter la mémoire des résistants fusillés durant la Seconde guerre mondiale ». Dernier survivant du groupe de résistants du pays de Morlaix, Eugène Le Luc y pense sans cesse. Témoignage d'un homme qui, en compagnie de ses camarades, a combattu l'occupant allemand au péril de sa vie. 

A la veille du 56 e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, Eugène Le Luc, aujourd'hui âgé de 80 ans, n'a rien oublié de son passé de résistant. Et lorsqu'il en parle, c'est avec beaucoup de passion et d'émotion. Ce Morlaisien pure souche vient tout juste d'atteindre la vingtaine d'année lorsqu'il décide de s'engager dans la Résistance. «Voir les Allemands défiler avec leurs grandes bottes dans les rues de Morlaix, le drapeau nazi e t la croix gammée flotter sur la mairie, ça me glaçait. Il fallait faire quelque chose». 

Des tracts aux sabotages 

Au début de l'année 1942, avec son ami horloger morlaisien, Georges Frelin, il lance les bases de la résistance sur le pays de Morlaix, en créant un groupuscule d'exécution et de sabotage qui deviendra le groupe « Justice». Tracts et journaux clandestins dénonçant les collaborateurs font immédiatement sensation. Ils sont très vite suivis par des actes tous azimuts : sabotage de lignes téléphoniques, de voies ferrées, attentats contre les dépôts de munition allemands ou contre les écluses de Morlaix, pour n'en citer que quelques-uns. Tout était bon pour contrer l'occupant. «On a dévalisé plusieurs camions allemands remplis de vêtements», raconte Eugène. Le cambriolage des mairies de Ploujean, Plourin, Henvic et Commana figure aussi à leur tableau de chasse. «On y récupérait des tickets d'alimentation et le matériel pour fabriquer de faux papiers d'identité». 

«On en a caché beaucoup»

En 1944, fort désormais de 24 hommes, le groupe «Justice», émanation des francs tireurs et partisans français (FTPF), est désormais bien organisé. Il s'applique également au camouflage de familles juives et de réfractaires, principalement dans les fermes. «On en a caché beaucoup dans le canton de Sizun», explique Eugène. Avec ses amis, notamment le docteur Léon Le Janne, dit le commandant Noël, président des maquisards et résistants de l'arrondissement, il va constamment se battre pour la liberté de son pays. Jusqu'à la libération de Morlaix, le 8 août 1944. 

A leur mémoire 

Aujourd'hui, il demeure le dernier survivant du groupe de résistants du pays de Morlaix. Avec l'aide de sa fille, c'est en mémoire de ses amis fusillés ou disparus depuis la guerre qu'il témoigne, notamment dans les écoles. «Pour que chacun sache bien ce qu'il s'est réellement passé à Morlaix. Pour que l'honneur des 14 membres du groupe « Justice» morts pour la France ne passe pas aux oubliettes.

 

Le Télégramme

J'ai lu tout dernièrement un mémoire intéressant présenté par Jeannine Guichoux, fille d'enseignants de St Martin des Champs, à la faculté des lettres et sciences humaines de Brest sous la direction de Monsieur Néré en 1970. Ce mémoire ne pouvait s'appuyer sur les archives (non déclassifiés à l'époque) mais il s'est appuyé sur des témoignages et des documents originaux.

Morlaix est occupée par les Allemands le 19 juin 1940. Les éléments motorisés allemands arrivent par la Madeleine, puis la rampe St Nicolas, la place Cornic et le quai du Léon, après que le pont de Trevidy sur la route de Paris ait été partiellement démoli. Le 20 juin à minuit, l'heure allemande est instaurée. Le couvre-feu est édicté entre 23h et 5 heures du matin dans un rayon de 10 km autour de Morlaix, avec interdiction de circuler sauf laisser-passer exceptionnels de la Kommandantur.  

Le lundi 24 juin, le drapeau à croix gammée fut hissé sur l'hôtel de ville. 

Le 8 juillet, les commerçants se voient contraints d'accepter les paiements en monnaie allemande. L'armée allemande ne tarde pas à vider les magasins. Peu à peu, toutes les denrées sont rationnées: tabac, pain, vin, charbon, bois. Le beurre et la viande seront très vite introuvables sur le marché. 

Le 23 juillet, la kommandantur ordonne de céder à l'armée allemande toutes les chambres à coucher non utilisées, puis le 13 août, ce sont les maisons et appartements inoccupés qui sont mis à disposition de force de l'armée d'occupation allemande en fonction de ses besoins.    

La Kreiskommandantur de Morlaix était dirigée au départ par le commandant Radowki, puis par le commandant Klein, sarrois d'origine et juriste, remplacé ensuite par un dénommé Keller, beaucoup plus dur.   

Les Allemands occupaient à Morlaix, précise Jeannine Guichoux, de nombreux bâtiments: 

-  l'Aussenstelle (les postes extérieurs) et le Standartaelteste rue de Brest

- la Feldgendarmerie quai de Léon face au pont tournant avant la rue Villeneuve

- le siège du Soldatenheim (foyer du soldat) dans les salons Quiviger rue de Brest, puis, après l'attentat et l'incendie du 24 décembre 1943, à l'hôtel de l'Europe

- la Kriegsmarine quai de Tréguier face au pont tournant

- la cantine du Modern'café: place Thiers (place des Otages actuelle) au pied du Viaduc côté gauche par rapport à la mairie

- l'état-major au collège des garçons    

A Morlaix, les premières inscriptions à la peinture rouge apparaissent dès la fin 1940. On y lit à différents endroits de la ville: "A bas les traîtres de Vichy", "Thorez au pouvoir", "Vive de Gaulle". 

La fondation du groupe FTPF à Morlaix remonte à juin 1942. 

Jeannine Guichoux reprend le témoignage d'Eugène Le Luc:

"Ce fut à cette date, nous a dit Eugène Le Luc, morlaisien, que je fis la connaissance de William et de Bob. Le réseau des Francs-Tireurs et Partisans Français, dont l'existence se signala dès septembre 1941, nous avait annoncé l'arrivée à Morlaix de deux chefs venant de Paris pour y former un groupe de résistance. Au jour et à l'heure indiquée, je m'étais donc rendu à la gare. Deux jeunes gens passèrent devant moi, et firent le signal convenu. Je m'avançais; il n'y eut pas de longues présentations. William et Bob transportaient des grenades, des mitraillettes et des revolvers. J'ai d'abord caché les chefs dans un hangar de la ville.  

Comme le réseau des FTP préconisait l'action à outrance, William me chargea de recruter tous les jeunes gens susceptibles d'entrer dans notre groupe. Nous étions d'abord quatre qui assistions à une réunion organisée par Mr Caron, dit William, dans un local mis à notre disposition par Me Mahéo. 

Etaient présents: Caron (William Henri)

                            Fontet Robert, dit Bob

                            Le Luc (Eugène) de Ploujean

                            Frelin (Emile) horloger à Morlaix, et des inconnus étrangers à Morlaix, dont William répondait.

Au cours de cette réunion, il fut décidé que les premières missions du groupe Justice consisteraient à faire de la propagande patriotique. Des tracts, tapés à la machine à écrire, au domicile de M. Frelin, furent distribués, et devinrent par la suite un petit journal régulier, ayant pour titre "Le Combattant".   

 

La résistance FTP à Morlaix: le témoignage d'Eugène Le Luc recueilli par le Télégramme et Jeannine Guichoux (mémoire universitaire)

"Des indiscrétions furent commises et la personnalité de Mr Frelin faisant l'objet de commentaires fâcheux risquant d'être captés par les services de la police de l'occupant, il fut décidé que la machine à écrire serait provisoirement placée chez un membre du groupe, possédant une chambre meublée, chez M. Sillau, au lieu-dit "Pont-Bellec", en St Martin des Champs. 

Notre quartier général se trouvait chez Mme Mahéo, 3, Place Thiers, chez laquelle nous entrions par le four St-Mélaine. C'est là que William et Bob avaient leur chambre gratuitement depuis octobre 1943.  

Venelle du Four St Mélaine, donnant sur la place Thiers en 1943 (actuellement place des Otages)

Venelle du Four St Mélaine, donnant sur la place Thiers en 1943 (actuellement place des Otages)

Nous nous réunissions aussi chez Mr et Mme Le Bras, au café-restaurant Le Viaduc, Place Cornic, et aussi au café de Mme Coquin. Ces gens nous encourageaient dans notre lutte, contre les Allemands, et nous donnaient bien souvent des renseignements forts utiles. La police morlaisienne aussi, nous aidait beaucoup. 

Les Allemands ne tardèrent pas à sentir les premiers agissements de notre section. Nous avions en effet commencé par les attaquer pour récupérer leurs armes et nous avons entrepris le sabotage systématique des voies ferrées. Nous fûmes bientôt 15 dans le groupe, ce qui nous permet d'étendre nos opérations". 

(Témoignage d'Eugène Le Luc, cité par Jeannine Guichoux).

Résumé des principales actions du groupe Justice

"Sous l'impulsion de William, poursuit Jeannine Guichoux p 71 de son mémoire, chef du groupe, de nombreuses fausses cartes d'identité, destinées aux réfractaires du STO et plus tard, aux maquisards, furent établies. Un cachet disparu du commissariat de Morlaix servit à établir de faux documents.

Un service de placement pour les réfractaires, et plus tard pour les maquisards, fut créé. Le responsable de ce nouveau service fut Eugène Le Luc, qui devint par la suite, recruteur de volontaires pour les coups de main. 

Le premier acte de sabotage, effectué sans armes par quelques hommes du groupe, fut exécuté au cours d'une nuit d'octobre 1942. Les moteurs de quatre camions allemands garés sur la place du Pouliet, à Morlaix, furent gravement détériorés à grands coups de masses. 

En janvier 1943, la famille Athem, d'origine juive, fut camouflée par le groupe Justice et placée à St Sauveur munie de faux papiers. 

En février et mars 1943, une trentaine d'hommes, réfractaires du S.T.O ou recherchés par la police d'occupation vinrent grossir les rangs du groupe et chercher un refuge qui leur fut procuré. En présence de ces effectifs, il fut décidé que les attaques et les coups de main allaient commencer. 

En avril 1943, deux soldats allemands attardés furent attaqués sur le territoire de la commune de St Martin des Champs. Leurs mitraillettes constituèrent un armement précieux. 

En mai 1943, après avoir récupéré les deux jeux de clefs de la gare de Plouigneau, le groupe Justice se proposa de se livrer au sabotage des voies ferrées. Mais ces opérations ne purent être menées à bien à cette époque. 

En juin 1943, "récupération" de bottes de cuir et en caoutchouc destinée à la Wehrmacht , et aux chantiers Todt dans un wagon stationné en gare de Morlaix. 

En juillet 1943, "récupération" sans effusion de sang d'un fusil sur un soldat allemand en sentinelle à la gare de Morlaix.    

Août 1943: William se déplace à Paris, Rennes, Quimper, Lamballe, St Brieux, Brest, etc. , établissant la liaison avec de nombreux chefs de la résistance FTP, et organisant un groupe de résistants à Plédeliac, près de Lamballe. 

Septembre 1943: attaque surprise d'une patrouille allemande de 4 hommes sur la Nationale 12 (Paris-Brest) sur la commune de Plouigneau. "Récupération" de fusils et de grenades après la fuite des Allemands qui disparurent à bicyclette sans combattre. 

Octobre 1943: M. Messager, secrétaire de police à Morlaix, est contacté par William. Par la suite, le commissaire Le Du et les inspecteurs de la sûreté, suivirent son exemple, ainsi que le brigadier Charles, et de nombreux gardiens de la Paix. Le groupe fut ainsi doté d'un service de renseignements efficace et indispensable. En accord avec William, il fut décidé que les jeunes français désignés d'office par le STO seraient avertis au moins 24 heures à l'avance par les services de la sûreté qu'ils devaient se rendre en Allemagne au titre du Travail Obligatoire. Tous, ou à peu près tous, se cachèrent et demeurèrent introuvables pour les Allemands. Selon les statistiques du Préfet du Finistère, à l'époque, Morlaix fut considérée comme une des villes les plus réfractaires du département, au point de vue du recrutement pour le STO. 

Novembre 1943: les réfractaires du S.T.O devenant de plus en plus nombreux, gonflèrent considérablement les effectifs du groupe Justice. Vers la mi-novembre, il faut décider de faire gagner l'Angleterre, au moyen d'embarcations, aux patriotes volontaires pour combattre dans les rangs des Forces Françaises Libres. Un premier bateau fut affrété au Dourduff. Après une minutieuse préparation, le départ de cette opération est fixé dans la nuit du 23 au 24 novembre 1943. Malheureusement, un traître à la solde de l'ennemi, après avoir procuré le bateau destiné au transport des patriotes, dénonça la tentative de départ à la Gestapo. Les Allemands en nombre considérable, armés jusqu'aux dents, procédèrent à l'arrestation de treize patriotes sans défense, cachés dans un château, attendant la marée pour gagner l'Angleterre. Les patriotes furent tous déportés. Cette opération s'étant soldé par un échec complet, aucun autre départ de volontaires pour l'Angleterre ne fut tenté par les responsables du groupe justice. 

Décembre 1943: Route de Commana, et de Plounéour-Menez, au lieu-dit "Roch-Trévezel", attaque d'un soldat allemand isolé, abattu d'un coup de pistolet et immédiatement inhumé pour éviter des représailles contre la population civile. "Récupération d'armes". 

Janvier 1944: au début de janvier 1944, plusieurs membres du groupe Justice furent arrêtés puis relâchés, grâce à l'intervention de la police de Morlaix, et à la complicité courageuse du parquet, à la tête duquel se trouvait l'honorable procureur Dramart. Vers la fin de janvier 1944, un agent de la Gestapo, domicilié à Guingamp, dans les Côtes-du-Nord, au lieu-dit Rustang, de passage à Morlaix, dénonça et fit arrêter quatre patriotes chez une commerçante de la place au Lait. Avisé par les services de renseignements, William envoya deux jours plus tard, deux membres du groupe Justice à Guingamp, avec mission d'abattre le traître. Celui-ci, après avoir avoué sa trahison, fut exécuté à proximité d'un cimetière à Guingamp. 

février 1944: dénoncé par une femme à la solde de la Gestapo, pratiquant double jeu, William est arrêté en pleine ville de Morlaix par nos ennemis. Cette arrestation causa une vive émotion en ville, lorsque la population apprit qu'il s'agissait du chef de la Résistance. William fut incarcéré à la prison St-Charles à Quimper, réservée aux détenus politiques; les hommes de main du groupe Justice attaquèrent courageusement cette prison, leur tentative désespérée fut infructueuse. L'opération se solda par la mort d'une douzaine de soldats allemands. Un patriote blessé put être emporté au moment du "décrochage". 

mars 1944: attaque de nombreuses mairies: Ploujean, St Martin-des-Champs, Plourin-les-Morlaix, Commana. Enlèvement de tickets d'alimentation, de cachets pour la fabrication de fausses cartes d'identité. Un aviateur anglais ayant sauté en parachute sur le territoire de la commune de Plourin-les-Morlaix, à la suite de la destruction de son avion par la D.C.A ennemie, fut dissimulé et remis en mains sûres. 

avril 1944: attaque en pleine ville de Morlaix, près des halles, de plusieurs miliciens, à la grenade et au plastic qui furent fournis par le capitaine Marzin (Alexandre dit Merlin), chef local de Libération-Nord, sous les ordres du commandant Noël (commandant régional des F.F.I pour le Finistère) Nord). Bilan: deux miliciens blessés, l'un de ces miliciens fut abattu quelques jours plus tard, par un membre du groupe, à Quimper. Arrestation dans les Côtes-du-Nord de Bordolous (Paul), et de Le Luc (Maurice), par des fonctionnaires non patriotes. Le parquet de Lannion, composé à l'époque de magistrats dévoués aux Allemands et à Vichy, fut saisi de cette affaire et remit les deux résistants aux mains de la nouvelle milice de Darnand, qui venait d'être créée. Transférés à Angers et incarcérés à la prison du Pré-Pigeon réservée aux détenus politiques, les deux patriotes y furent, soi-disant, jugés devant une cour martiale dite française, puis fusillés immédiatement, à l'intérieur de la prison. 

mai 1944: à l'aide de jeux de clefs prises à la gare de Plouigneau, dont l'un fut cédé à un groupe des Côtes-du-Nord, deux sabotages furent effectués sur l'importante voie ferrée Paris-Brest. Bilan: déraillement de deux trains de marchandises ennemis à St Pol de Léon et Pleyber-Christ. Sabotage à la dynamite des écluses, du port de Morlaix, qui ne furent que légèrement détériorés. Cet exploit avorta, en raison de la faiblesse de la puissance explosive; si l'opération avait réussi, douze chalutiers allemands auraient été bloqués dans le bassin.

Attaque du magasin d'habillement du camp d'aviation de Ploujean-Morlaix, afin de se procurer des uniformes allemands. Trente tenues furent ainsi récupérées nuitamment, à l'insu des Allemands. Elles permirent aux membres du groupe de s'habiller en "vert de gris", lors des nombreux coups de main effectués depuis le débarquement jusqu'à la libération. 

- Débarquement des alliés impatiemment attendu: suivant les instructions reçues, de nombreux attentats en groupe ou isolés, furent perpétrés, notamment contre les dépôts de munitions, d'essence, les déplacements des troupes ennemies etc... Les fils téléphoniques aériens et souterrains, furent détruits. Un grand nombre de panneaux routiers allemands et français furent sabotés. Les panonceaux indiquant, par exemple, la direction Quimper, furent tournés, et la pointe de la flèche dirigée vers Brest. La confusion totale régna dans les rangs de l'ennemi, démoralisé, harcelé, aux abois, pendant les 8 jours qui suivirent le débarquement, grâce à l'activité insoupçonné des F.F.I et F.T.P?

A la fin de juin, Pontet Robert, dit Bob, qui prit la tête du groupe Justice après l'arrestation de William, fut appréhendé à Rennes, par les Allemands. Armé, il tenta de se défendre et fut exécuté immédiatement. Dénoncé en même temps que William, et recherché par l'ennemi, il avait dû quitter Morlaix, pour leur échapper. 

Juillet 1944: Le Luc (Eugène) prit le commandement du groupe Justice. Quelques jours après, il fut arrêté en même temps que son adjoint qui fut torturé et exécuté à Sizun, par les troupes du maréchal nazi, destructeur de la ville de Brest. Avant qu'il ne fut interrogé, et torturé, le nouveau chef du groupe Justice, Le Luc, invoquant un malaise, réussit à s'évader au nez et à la barbe d'une sentinelle allemande. Il regroupa sa formation, et continua à harceler l'occupant, dans la région de Brennilis, et de Commana. 

En juillet 1944, les réactions des Allemands puisées dans la fièvre de leur inévitable défaite furent à leur comble. De nombreux civils isolés et inoffensifs, rencontrés incidemment et ne faisant partie d'aucune formation de résistance, furent abattus sur place, sans aucun motif, par les Allemands, décimés et terrorisés. De son côté, la Résistance assénait coup sur coup à l'ennemi. 

Les Waffen S.S, des soldats de la Wehrmacht, des parachutistes isolés ou en petits groupes furent exécutés. Les résistants encouragés par l'avance des Alliés en Normandie, redoublent leurs actes de sabotage. L'important câble téléphonique souterrain Paris-Brest fut coupé en plusieurs endroits. Un pylône et un transformateur électrique alimentant les positions allemandes des Monts d'Arrée furent détruits. D'audacieux coups de main perpétrés contre les convois et cantonnements ennemis permirent la récupération d'un armement important qui servit pour la bataille finale. 

Août 1944:  délivrance de nombreux patriotes à la prison de Créach-Joly, cette opération fut menée à bien grâce à l'appui du commissaire de police et à la complicité du gardien chef de la maison d'arrêt dont l'attitude patriotique fut connue de tous les résistants. M. Le Roy, qui remplaçait le gardien-chef en congé, avait reçu d'un des chefs du groupe Justice la mission de relâcher les prisonniers. Les deux gardiens de la paix de service approuvèrent après consultation. 
         

Ancienne prison du Créach-Joly, à Morlaix

Ancienne prison du Créach-Joly, à Morlaix

4 août: les Allemands incendient les bâtiments occupés par eux à la barrière de Brest, à St Nicolas, chez Cam: route de Callac, chez Quéinnec et Guillou: voie d'accès au Port, à Traon-ar-Velin. Dans la soirée, ils font sauter les portes du bassin à flot, détruisant un des bateaux du port, coulant un chaland à l'extérieur du chenal et endommageant l'usine à gaz et l'usine électrique. Les pompiers courageusement éteignent l'incendie sans savoir si les Allemands ne vont pas les canarder. Des bruits divers courent en ville: on dit que les Américains approchent de Morlaix. C'est la ruée vers les drapeaux français que l'on vent au grand Bazar, il fallait faire la queue pour être servi. On s'arrache dans les magasins les morceaux de papier de couleur et les lanternes vénitiennes. Le 4 août Keller armé d'une hache avec des soldats allemands détruit le mobilier de la salle de la Renaissance place du Dossen.

Le 6 août; une reconnaissance américaine est signalée à St Martin des champs. La D.C.A allemande ne réagit plus quand les avions alliés survolent Morlaix à basse altitude. 

7 août 1944: participation à la Libération de Morlaix, et Ploujean. De nombreux Allemands se rendirent sans combattre et furent fait prisonniers par le groupe. Dans la nuit, ils ont fait sauter des dépôts de munition, évacué leurs locaux de l'allée du Poan Ben. D'abord évacué, la Propriété du général Weygand, route de Paris, est à nouveau occupée par un groupe d'irréductibles soldats allemands. Elle fut assiégée par des résistants. 

8 août 1944: Libération définitive de Morlaix, sans combat, les troupes ennemies s'étant repliées dans la poche de Brest. Les Américains arrivent après les véhicules de la résistance qui les annoncent dans l'enthousiasme général, après qu'on ait hissé un drapeau français sur la mairie à 15h, par la rue de Paris à 16h, avec leurs blindés et leurs automobiles.  La foule se rassembla à l'hôtel de ville. Pendant que se déroulaient ces manifestations enthousiastes, la Résistance attaquait au Créou, à l'entrée du Viaduc, un groupe d'Allemands, qui, chassé de la propriété Weygand, avançait sur deux colonnes de chaque côté de la voie ferrée. Les Allemands battirent en retraite vers la Madeleine, traversèrent le cimetière St-Charles ou les Américains intervinrent et obligèrent les Allemands à se rendre. 

Les prisonniers allemands, parfois battus et rudoyés, traversèrent la ville sous les huée de la foule. Les groupes de résistance défilèrent le 10 août. Des collaborateurs furent arrêtés et emprisonnés, des femmes jugées trop proches des Allemands furent tondues, 6 d'entre elles emmenées de Pleyber-Christ dans un camion furent conduites à la prison du Créach-Joly le 13 août. Il y eut plusieurs scènes de ce genre, assez sinistres, à Morlaix. 

Il y eut en dehors du groupe Justice des FTP d'autres groupes de résistance courageux qui eurent une action importante dans la région de Morlaix: 

- le groupe d'évasion des chantiers Sibiril de Carantec qui permit le passage en Angleterre de près de deux cent résistants ou aviateur alliés

- le réseau Libération-Nord dirigé à Morlaix par le docteur Le Janne dit "Noël" et par Tanguy-Prigent. C'est à ce réseau que fut affilé le maquis de St Laurent qui eut des actions héroïques contre l'occupant dans les semaines de la libération, en se déployant au Ponthou, à Plouigneau (groupes FFI). 

- le réseau Var à Beg-an-Fry près de Guimaëc: réseau de protection et d'évasion des aviateurs et agents de liaison, des résistants 

Basé essentiellement sur le témoignage d'Eugène Le Luc, propos recueillis par Jeannine Guichoux dans son mémoire universitaire de juin 1970 "La Résistance dans la région morlaisienne sous l'occupation allemande".    

 

Lire aussi: 

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Les mois de la Libération à Saint-Martin-des-Champs: un article de Jean-Pierre Hervet pour le journal municipal de St Martin des Champs

Libération de Morlaix par les Américains le 8 août 1944 (photos d'archive publiée par Ouest-France)

Libération de Morlaix par les Américains le 8 août 1944 (photos d'archive publiée par Ouest-France)

Libération de Morlaix par les Américains le 8 août 1944 (photos d'archive publiée par Ouest-France)

Libération de Morlaix par les Américains le 8 août 1944 (photos d'archive publiée par Ouest-France)

libération de Morlaix (photo d'archive publiée par Ouest-France)

libération de Morlaix (photo d'archive publiée par Ouest-France)

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 08:49
Editions Futuropolis, 2015 - 218 pages - 24€

Editions Futuropolis, 2015 - 218 pages - 24€

Benoît Collombat, les auditeurs de France Inter, les lecteurs du Monde Diplomatique, ou de l'Histoire secrète du patronat français de 1945 à nos jours le connaissent bien: un excellent journaliste d'investigation qui n'a pas peur d'affronter les pouvoirs. 

Davodeau, c'est un des dessinateurs et auteurs les plus talentueux de la nouvelle bande dessinée française, porteuse d'un sens du récit et d'une ambition très fortes, s'adressant aux adultes, avec une collaboration avec Kris sur "Un homme est mort", sa très belle série "Lulu". 

La BD cher pays de mon enfance relate une enquête de Collombat et Davodeau sur le SAC, le Service d'Action Civique. 

Il y est d'abord question de l'assassinat du juge Renaud à Lyon le 3 juillet 1975, ancien résistant passé par la justice coloniale. Ce juge à poigne, flamboyant et anti-conformiste, enquêtait sur le casse du siècle de l'hôtel des Postes de Strasbourg le 30 juin 1971 (un butin de 11 millions de francs, soit 1,8 millions d'euros) par une équipe de la pègre lyonnaise liée au Service d'Action Civique, casse qui aurait pu servir à financer l'UDR, le parti de droite gaulliste. Ou au moins les activités du SAC, son service d'ordre et sa main armée. Le juge Renaud savait qu'il était sur un gros coup, qu'il risquait sa vie, il avait rendez-vous avec un ministre qui fut son supérieur dans la Résistance et en qui il avait confiance le lendemain. Pompidou avec son ministre de l'intérieur Marcellin voulaient neutraliser le SAC. Il y avait péril en la demeure et le juge a été abattu. L'enquête et la procédure judiciaire ont été opportunément encadrées pour ne pas mettre en oeuvre les liens du grand banditisme avec la droite institutionnelle et poser la question du financement du parti gaulliste et de ses liens avec la mafia. Quand le juge Fenech reprend l'instruction sur la mort du juge Renaud, elle aboutit aussi à un non-lieu. Pourtant, les assassins présumés du juge Renaud étaient connus, le réalisateur Yves Boisset a même fait un film à St Etienne sur cette affaire très peu de temps après avec Patrick Dewaere - "Le juge Fayard", ce qui lui a valu d'être menacé, lui et ses enfants, des enfants qu'il a dû cacher en Irlande dans une ferme fortifiée de l'IRA pour qu'ils ne risquent pas d'être abattus par des truands liés au SAC. 

Le SAC, Service d'action civique, était une association de loi 1901, constituée à l'origine de gaullistes, anciens résistants pour certains, qui voulaient accompagner le retour de de Gaulle au pouvoir - le quasi coup d'Etat de 1958 - pour un Etat fort pendant la guerre d'Algérie (et pour l'Algérie française à l'époque) et face à la menace "rouge" et décolonisatrice, et qui ont ensuite surtout mené, par fidélité à de Gaulle et leurs nouvelles positions de pouvoir dans l'Etat, la guerre civile qui ne disaient pas sans nom avec l'OAS, avec des enlèvements, des tortures, des disparitions de chaque côté. Après avoir aussi mené des opérations spéciales en Angérie contre le FLN, peut-être pas étranger par exemple à la disparition de Ben Barka.

Ce véritable "état dans l'état" était dirigé par Jacques Foccart, le Monsieur Afrique de De Gaulle, Monsieur Françafrique. Charles Pasqua était le n°2. Il était constitué par des anciens résistants de droite, des voyous qui voulaient se rapprocher du pouvoir pour continuer leurs affaires tranquillement, des truands liés aux jeux d'argent, à la drogue, à la prostitution, au trafic d'armes, le racket, à Marseille, en Corse, à Lyon, à Paris. Le SAC offrait ses services aux patrons au moment des conflits sociaux pour casser les grèves et les communistes, l'ennemi par excellence. Il protégeait les colleurs d'affiche de la droite, de l'UDR, puis du RPR. Il alimentait en fonds secrets les campagnes politiques du parti gaulliste. Il pouvait mener des opérations criminelles et secrètes à l'étranger pour des objectifs politiques, notamment en Afrique ou derrière le rideau de fer. 

Ni Pompidou, ni Giscard, n'étaient organiquement liés au SAC mais ils ont dû composer avec cet "état dans l'état", cette institution occulte puissante qui comptait dans ses rangs bon nombre de policiers, d'officiers des renseignements généraux, de préfets, de hauts fonctionnaires, des juges administratifs, et bien sûr des malfrats qui pour certains avaient des mandats politiques, comme Marcel Francisci, patron du parti gaulliste en Corse, conseiller général, membre du SAC, un des gros bonnets du milieu sur lequel enquêta le journaliste James Sarrazin dans "M...comme milieu", ce qui lui valut d'être menacé de mort. Ni Pompidou, ni Giscard n'allèrent au bout d'un démantèlement du SAC car, également, ils en avaient peur, l'organisation n'hésitant pas à pratiquer les attentats ciblés. C'est cet état profond qui porta l'ascension de Jacques Chirac, l'héritier. Toute une partie de l'argent du SAC et donc de la droite "gaulliste" transitait par la mafia belge, et notamment par Maurice Boucart, ancien collaborateur des nazis, mort d'un troublant accident de voiture alors que la presse d'investigation belge, plus "libre" de mettre en cause les liens entre la politique française, la police et la pègre, avait commencé à remonter la filière. Dans les années 70 et 80, beaucoup de victimes du SAC seront des membres du SAC eux-mêmes: tellement d'argent et de secrets d'Etat en jeu... 

"C'était quoi le SAC? dit le BD de Davodeau et Collombat à un moment donné (p 117)... Le SAC, c'était cette zone grise de la Ve République dont on n'aime pas vraiment se souvenir. Le temps a passé. Mais de nombreux membres du personnel politique français, d'une façon ou d'une autre, ont été formés par cette histoire et y ont gardé des attaches, plus ou moins avouées. Le gaullisme de la seconde guerre mondiale, celui de la guerre d'Algérie, celui de 1968, et ce qu'il est devenu après l'alternance de 1981 portent en eux l'histoire du sac. Et maintenant au XXI e siècle? La mémoire du gaullisme est célébrée par la "fondation Charles de Gaulle". Ses bureaux occupent l'ancien siège parisien du SAC. En 2015, son président est Jacques Godfrain qui fut, on l'a vu, trésorier du SAC. Sûrement une coïncidence."    

Pour la plupart des Français, en 1981, le SAC fait son entrée dans la lumière de la pire des manières qui soit, avec la tuerie d'Auriol, l'assassinat sauvage de Jacques Massié, chef de la section marseillaise du SAC soupçonné de vouloir se rapprocher du nouveau pouvoir socialiste, de sa femme, de son fils de 8 ans, de ses beaux-parents et d'un ami. C'en est trop, le pouvoir socialiste trouve là une justification et un encouragement pour s'attaquer à cette organisation politique mafieuse et dangereuse à travers la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire. Benoît Collombat et Etienne Davodeau, en étudiant les audiences de cette commission d'enquête, se sont d'ailleurs aperçus que les archives liés au SAC concernant les liens avec l'assassinat du juge Renaud et le casse de l'hôtel des postes de Strasbourg sont toujours inaccessibles, jusqu'en 2058, pour les chercheurs... 

L'action du SAC a aussi été importante sur le terrain de la répression du mouvement syndical et social. En 68, les hommes du SAC enlèvent et interrogent des étudiants manifestants, en les intimidant. "De véritables "milices patronales", nous rappellent Collombat et Davodeau, sont mises en place dans les entreprises afin de contrer l'influence de la CGT et de la CFDT, jugées trop "gauchistes". Il s'agit de maintenir la "paix sociale" à n'importe quel prix: surveillance des salariés, menaces, intimidations, tabassages... Ces "syndicats maison" sont soutenus par un patronat de choc qui craint un nouveau mai 68, et par des hommes de l'ombre, comme Georges Albertini, un ancien collabo, proche des milieux gaullistes, qui est à la tête d'une multitude d'officines anticommunistes. Ces milices patronales recrutent des gros bras du SAC, bien sûr, mais aussi chez les truands, chez les mercenaires, et même chez d'anciens membres de l'OAS. Tout ce petit monde se retrouve dans les usines pour faire le coup de poing. Le syndicat emblématique de ces "années SAC" est la CFT (Confédération Française du Travail) rebaptisé CSL (confédération des syndicats libres) en 1977, ce "syndicat patronal" est omniprésent dans l'industrie automobile".

Dans la BD de Collombat et Davodeau, des syndicalistes CGT de l'usine automobile de Poissy, à 30 km à l'ouest de Paris, aujourd'hui appartenant au groupe PSA, mais qui fut FORD, SIMCA, Talbot, puis Peugeot, témoignent du fait qu'au début des années 60, l'adhésion à la CGT ne pouvait qu'être clandestine - sinon, le patron, admirateur de Mussolini, employant des mouchards et des nervis infiltrés dans le personnel, faisant la promotion du syndicat patronal maison et combattant les syndicalistes de lutte, aurait viré les ouvriers. Les nervis témoigne le mécanicien ajusteur CGT Joseph Tréhel, qui fut ensuite maire de Poissy, puis conseiller régional communiste, c'était une "sorte d'unité spéciale", travaillant avec des anciens d'Indochine et des membres du SAC, qui de temps en temps quitter la boîte pour une mission spéciale: coller des affiches pour le parti gaulliste, faire le service d'ordre d'un meeting, escorter des personnalités, faire le coup de poing contre les syndicats ouvriers. Après mai 68 et les accords de Grenelle, la CGT obtient enfin le droit de distribuer des tracts devant l'usine, mais ces "nervis" anti-communistes à la solde du patron et plus ou moins mercenaires les intimident et parfois les frappent (la BD fait référence à un film documentaire, "L'agression", filmé par le réalisateur Paul Seban lors d'une distribution de tract de la CGT à l'usine automobile de Poissy, conservé au fonds audiovisuel du parti communiste), cherchent à les faire virer, enquêtent sur eux jusque dans leurs résidences privées, leurs immeubles. Peugeot finançait directement le RPR, imprimait ses tracts, et le noyau dur de la CSL, le syndicat jaune acquis aux intérêts du patron, et qui faisait le coup de poing contre les ouvriers membres de la CGT, était constitué de membres du SAC. C'était l'époque où ces syndicats patronaux faisaient appel à des sociétés d'intérim truffées de mercenaires, de gangsters, d'anciens membres de l'OAS. Où la police travaillait pour la droite et le SAC à faire les poubelles des syndicats pour les surveiller (témoignage d'un ancien responsable, de gauche, des renseignements généraux). A l'usine Peugeot de St Etienne, les directeurs du personnel, des anciens militaires, proches de l'extrême-droite, font intervenir 70 mercenaires en treillis armés de matraque et de chaînes pour briser une occupation d'usine. On est en 73. Un ancien de Framatome qui construit des centrales nucléaires racontent aussi comment les délégués du personnel CFDT (la CFDT de l'époque avait une culture de lutte et était de gauche) et CGT étaient harcelés salement par des fausses annonces, diffamations, montages avec leurs photos, par des membres du syndicat jaune liés au SAC.  

Benoît Collombat voit aussi la trace du SAC dans l'assassinat (et non le suicide) du ministre Robert Boulin le 29 octobre 1979, membre du RPR, gaulliste social, maire de Libourne, ancien résistant du réseau Navarre, adversaire politique à droite de Chirac et Peyrefitte, ce dernier membre du SAC, et son concurrent pour Matignon, lié à Chaban-Delmas. L'enquête saisie par le procureur Louis Bruno Charlet, "une barbouze judiciaire" selon un ancien flic, lié au SAC et aux services secrets, aurait été conduite de manière à éliminer tous les éléments contredisant la thèse officielle du suicide. Le procureur Charlet est mort ensuite lui aussi d'un accident de voiture. Il se serait endormi au volant...  La contre-enquête de Collombat, dont il a fait un livre autonome, est glaçante sur les complicités d'Etat, policières et judiciaires, de la dissimulation d'un assassinat. Robert Boulin a été retrouvé à genou, la tête dans un étang peu profond, mais il n'est pas mort dans cette position. Son visage portait des traces de coup que le maquillage post-mortem n'a pas réussi à dissimuler. L'assassinat est connu de plusieurs membres éminents de la droite, Chaban, Achile Peretti, le maire de Neuilly, Olivier Guichard, qui font tous bouche cousue par peur. Boulin, à qui a un proche de Focart a vendu un terrain dans le sud dans des conditions douteuses qui lui valent une campagne de presse à charge, connaît des choses sur les trafics de la Françafrique et de Focard, au service du clan Chirac: Elf, le Gabon, les malettes de billets entre Libreville et Paris, l'argent sale, les comptes en Suisse. Il peut servir la réélection de Giscard contre Chirac. Après l'assassinat, Achille Peretti, proche de Pasqua, qui a lancé la carrière de Sarkozy, essaie de faire taire la femme de Boulin, de l'acheter. Ses tentatives ont été entendues par le kiné de Boulin au domicile de Mme Boulin, et même enregistrées. Un journaliste de TF1, Jacques Collet, relance médiatiquement l'affaire Boulin en 1983 en évoquant l'hypothèse de l'assassinat - Colette Boulin lui confie l'enregistrement de la conversation avec Achile Perreti où celui-ci cherchait à faire chantage sur elle. Jacques Collet ne tarde pas à faire l'objet de pression de la part du clan chiraquien, lié à la Françafrique, et de menaces et tentatives d'intimidation. Il lâche l'affaire et part travailler comme correspondant en Jordanie. Le journaliste du Monde James Sarrazin est lui aussi menacé, suivi et intimidé alors qu'il enquête sur l'affaire Boulin. Bernard Fonfrède, assistant parlementaire de Gérard César, le député suppléant de Robert Boulin à Libourne, qui détruisit les archives de Boulin au ministère du travail avec des membres du SAC à la demande de Gérard César et témoigna sur les dossiers qu'il avait entrevus en 2003 au micro de France Inter et de Benoît Collombat fut victime d'une agression qui faillit le tuer et le plongea dans le coma suite à une intrusion chez lui. 

Pour écrire cette BD palpitante et terrible sur l'histoire secrète de la Ve République et de la droite, Benoît Collombat et Davodeau ont interrogé des policiers, des juges, des journalistes, des politiques, des syndicalistes, des militants de droite, d'extrême-droite et de gauches, des proches d'anciens responsables du SAC et des membres de la famille Boulin et de la famille Renaud, soit des deux victimes les plus connus de ces barbouzes du gaullisme.             

               

  

 

Jacques Foccart et Charles Pasqua, dirigeants du SAC, cet état profond de la droite gaulliste

Jacques Foccart et Charles Pasqua, dirigeants du SAC, cet état profond de la droite gaulliste

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 08:41
vendredi 18 août 2017 à Loctudy: un beau succès pour la fête du Travailleur de la Mer organisé par le PCF Pays Bigouden
vendredi 18 août 2017 à Loctudy: un beau succès pour la fête du Travailleur de la Mer organisé par le PCF Pays Bigouden
vendredi 18 août 2017 à Loctudy: un beau succès pour la fête du Travailleur de la Mer organisé par le PCF Pays Bigouden

Les Bigoudens n'en finissent pas de nous étonner avec leur capacité à organiser de grandes fêtes populaires, avec de très nombreux bénévoles, militants communistes ou sympathisants, et un public très large de gens d'ici, d'estivants, de sympathisants, encore plus de 500 personnes au moins au port de Loctudy hier pour la fête du Travailleur de la Mer. C'était la troisième fête du PCF pays Bigouden après Le Guilvinec et Lesconil, et toutes ont vu se rassembler beaucoup de participants. 

Une réussite telle qu'il n'y avait plus de soupe de poisson au bout de 40 mn et que la paëlla est partie dans son intégralité. Toutes les tables étaient complètes aussi et beaucoup de jeunes sont arrivées à la fin du repas pour écouter le groupe Shoe's Daim qui a succédé à la Compile à Johnny

Xavier Compain, dans un discours court et percutant, a tenu à exprimer la solidarité du Parti Communiste vis-à-vis des barcelonais et des habitants de Cambrils, et des nouvelles victimes du terrorisme djihadiste le 17 août en Espagne. Il a ensuite dénoncé avec force l'été politique du nouveau pouvoir Macron, dont le crédit s'étiole déjà considérablement auprès des citoyens, qui a été élu par défaut, sans vraie base populaire et qui continue, et même entend aggraver, les politiques libérales et anti-sociales de Sarkozy et Hollande, au service de la finance et de la Commission européenne. Xavier Compain a appelé à la mobilisation pour le 12 septembre et au-delà contre la politique inégalitaire de Macron et sa réforme du travail. Et il a valorisé le travail des communistes pendant l'été pour organiser la vente solidaire de fruits et légumes sur 100 points de vente avec des paysans du MODEF et un millier de bénévoles, surtout en région parisienne, et pour faire partir 10 000 enfants des quartiers populaires en vacances, des efforts de solidarité concrète superbement ignorés par les grands médias, ce qui ne saurait nous détourner de nos buts et de notre raison d'être. Faire vivre la solidarité, la fraternité, l'égalité, mettre en oeuvre les conditions d'un rassemblement populaire pour faire revenir aux responsabilités une gauche de courage et de progrès social.      

 

photo Philippe Moreau

photo Philippe Moreau

photo Philippe Moreau

photo Philippe Moreau

Photo Karo Berardan

Photo Karo Berardan

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo du stand de l'AFPS avec Yves Jardin - Ismaël Dupont

photo du stand de l'AFPS avec Yves Jardin - Ismaël Dupont

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo du stand Avec les Grecs (Association Bretagne -Grèce Solidarité qui soutien des dispensaires grecs solidaires): Claude Le Moguen et Claudine Ricou

photo du stand Avec les Grecs (Association Bretagne -Grèce Solidarité qui soutien des dispensaires grecs solidaires): Claude Le Moguen et Claudine Ricou

photo Ismaël Dupont

photo Ismaël Dupont

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

au stand Frites - photo Karo Berardan

au stand Frites - photo Karo Berardan

Véronique Blanchet - Alain Vigouroux - et Xavier Compain (photo I. Dupont)

Véronique Blanchet - Alain Vigouroux - et Xavier Compain (photo I. Dupont)

Ismaël Dupont et Xavier Compain (photo Hervé Ricou)

Ismaël Dupont et Xavier Compain (photo Hervé Ricou)

Le groupe La Compile à Johnny (photo I Dupont)

Le groupe La Compile à Johnny (photo I Dupont)

le groupe La Compile à Johnny (photo Karo Berardan)

le groupe La Compile à Johnny (photo Karo Berardan)

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

photo I Dupont

présentation de Xavier Compain par Ismaël Dupont, secrétaire départemental (photo Hervé Ricou)

présentation de Xavier Compain par Ismaël Dupont, secrétaire départemental (photo Hervé Ricou)

Xavier Compain avec à ses côtés la direction de la section PCF du Pays Bigouden: Etienne Le Bellec, Alain Vigouroux, André Le Roux (photo I Dupont)

Xavier Compain avec à ses côtés la direction de la section PCF du Pays Bigouden: Etienne Le Bellec, Alain Vigouroux, André Le Roux (photo I Dupont)

discours de Xavier Compain (photo I Dupont)

discours de Xavier Compain (photo I Dupont)

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

photo Karo Berardan

le groupe Shoe's Daim a enflammé le public avec des reprises des Pink Floyd notamment (photo Karo Berardan)

le groupe Shoe's Daim a enflammé le public avec des reprises des Pink Floyd notamment (photo Karo Berardan)

Shoe's Daim - Photo Karo Berardan

Shoe's Daim - Photo Karo Berardan

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20 août 2017 7 20 /08 /août /2017 06:46
Paul Vaillant-Couturier, la culture française contre le fascisme
JÉRÔME SKALSKI
MERCREDI, 16 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
Paul Vaillant-Couturier : Portrait en buste. S.l., s.d. [avant octobre 1937][1920-10/1937]	non id	@Droits réservés - Mémoires d'Humanité / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis	AD093HP_0000002925
Paul Vaillant-Couturier : Portrait en buste. S.l., s.d. [avant octobre 1937][1920-10/1937] non id @Droits réservés - Mémoires d'Humanité / Archives départementales de la Seine-Saint-Denis

Les grands discours de la République 22/34. 16 octobre 1936, Comité central du PCF. « Les maîtres de la science et de l’art doivent être consultés et entendus. »

Nous continuons la France, la France généreuse, accueillante, compréhensive, rayonnante, toute de mesure et de goût. La France qui ne peut connaître les excès du racisme, elle qui est la somme harmonieuse de tant de races, puisque sa situation géographique d’extrême cap de ­l’Europe en a fait le point où les invasions sont venues se heurter à la mer et arrêter leurs vagues, la coupe où elles se sont décantées, le filtre où elles ont laissé leurs échantillons humains quand elles ne s’arrêtaient pas.

La douceur de son climat, ses ressources, l’heureuse disposition de ses plateaux et de ses vallées y ont fixé les hommes de bonne heure et les ont incités aux travaux de l’esprit. Il y a plus d’un trait commun entre la grâce d’un renne gravé et peint par un chasseur préhistorique sur la paroi d’une grotte ornée de la Dordogne ou de l’Ariège et celle du cerf qui surmonte la porte du château d’Anet.

C’est de cet ensemble de richesses culturelles que nous nous sentons les héritiers.

Nous continuons la France. Nos militants sont profondément enracinés à son sol. Leurs noms ont la saveur de nos terroirs. Notre ardeur à conquérir notre patrie pour les plus grandes masses qui en sont encore expropriées vient de l’amour que nous avons pour notre pays et de notre volonté d’internationalistes que son rayonnement aide toutes les nations à retrouver, dans la paix, leur indépendance et à développer leur culture nationale, dans la marche en avant de la civilisation universelle.

Nous continuons la France. Et c’est parce que nous continuons la France que nous voulons sauver la culture. Et c’est parce que nous voulons sauver la culture et que, dès nos premiers pas, nous avons eu l’appui d’Anatole France, de Henri Barbusse, de Raymond ­Lefebvre, que nous voyons maintenant marcher à côté de nous quelques-uns parmi les plus grands d’entre les savants, les professeurs, les écrivains et les artistes français de ce temps, autour ­d’André Gide, de Romain Rolland, de Malraux, de Jules Romains, de Benda, de Luc Durtain, de Vildrac, d’Aragon, de Lenormand, de Jouvet, de Lurçat, de Langevin, de Perrin, de Prenant, de Wallon, de Jean-Richard Bloch, de ­Dullin, de Moussinac, de Jean Renoir, de Francis Jourdain, de Le Corbusier, de Léger et de tant d’autres.

Nous continuons la France. Et c’est pourquoi nous en appelons, en même temps qu’à l’intelligence, à la jeunesse sacrifiée, à son esprit combatif, à son désir « que ça change », à son besoin de sacrifice, à son désintéressement, pour lui faire comprendre le monde et pour essayer avec elle de le mettre enfin à l’endroit.

Notre monde à l’envers est une cinquante chevaux en parfait état de marche, dont le conducteur exige qu’elle soit tirée par une paire de bœufs et que, de surcroît, il met en marche arrière. Il est temps que l’esprit nous aide à mettre les jeunes réalités dans de jeunes formes. C’est la vocation de l’intelligence. En décidant de leur propre sort, en choisissant la bonne route, les intellectuels décideront du sort de l’humanité. L’intelligence est à la croisée des chemins. Il lui faut choisir ! La guerre ou la paix, la servitude ou la liberté, la haine ou l’amour, le mensonge ou la vérité, la passivité ou l’action, la misère ou le bien-être créateur ? Qu’elle décide !

Une vaste réunion des intellectuels français pourrait apporter à la France la somme de leurs méditations, de leurs recherches, de leurs solutions des problèmes, de leurs connaissances techniques, de leur expérience. Les maîtres de la science et de l’art doivent être consultés et entendus. Il ne s’agit pas de réunir un parlement de parleurs, il faut constituer une Assemblée qui travaille. La société malade appelle en consultation ses médecins.

Nous, communistes, sommes persuadés que l’intelligence française peut apporter aux problèmes posés des solutions insoupçonnées. Nous ne connaissons encore que fragmentairement ses tragiques cahiers de doléances. Ils sont encore retenus dans la retraite, modeste et comme pudique, des bureaux et des laboratoires. Il faut que l’intelligence dresse son réquisitoire complet et qu’elle motive ses arrêts. Nous proposons la convocation des états généraux de l’intelligence française.  

Le 16 octobre 1936, Paul Vaillant-Couturier présentait son rapport devant le Comité central du parti communiste français (PCF). Le texte Au service de l’esprit sera édité en brochure dans les semaines qui suivent. Il développe une synthèse de la politique culturelle engagée par le PCF dans le cadre du Front populaire. Plaidoyer pour la paix, contre les fauteurs de guerre, mais aussi en faveur de l’indépendance des intellectuels, ainsi que d’une lutte résolue contre le fascisme aussi bien sur le terrain culturel que politique, le discours de Paul Vaillant-Couturier est approuvé à l’unanimité par le Comité central du PCF. L’abandon de la stratégie de lutte « classe contre classe » pour celle de la « main tendue », ainsi que de la promotion exclusive de la « culture du prolétariat » par le Kominterm au lendemain de la prise du pouvoir des nazis en Allemagne libèrent tout un ensemble de tendances politiques et culturelles réprimées depuis le Congrès de Tour. La revue Commune est lancée en juillet 1933 et se dote du sous-titre Revue littéraire française pour la défense de la culture en septembre 1936. Le 14 juillet 1935, Jacques Duclos fait réintégrer la Marseillaise et le drapeau tricolore. En juillet 1937, au deuxième Congrès international des écrivains pour la défense de la culture, Louis Aragon déclarera être en mesure de « démontrer qu’il y a identité entre défense de la culture et défense de la nation ». C’est dans ce contexte de réévaluation de la tradition de l’humanisme national que prend place le discours de Paul Vaillant-Couturier, qui se veut un appel en faveur des « états généraux de l’intelligence française ».

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 08:25
No pasaran!

Une croix gammée a été peinte sur la stèle d'un mémorial du camp tzigane de Saliers, un camp de concentration longtemps oublié en Camargue, près d'Arles. Il avait été inauguré en février 2006.De 1942 à 1944, le régime de Vichy avait organisé et géré ce camp de détention pour les Gitans, Tziganes et Roms.

Quand le racisme imbécile aux conséquences meurtrières bien connues se sent pousser des ailes.  

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 08:09
Sébastien Jumel était l'invité de RTL le 17 août: il est revenu sur la suppression des Contrats Aidés pour des motifs d'économie et ses conséquences

Sébastien Jumel était l'invité de RTL le 17 août: il est revenu sur la suppression des Contrats Aidés pour des motifs d'économie et ses conséquences

http://www.rtl.fr/actu/politique/emplois-aides-c-est-une-double-peine-pour-la-vie-associative-estime-sebastien-jumel-7789739771

"Beaucoup de salariés seront pénalisés, souvent les plus précaires et les plus fragiles." Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime, fustige la décision du gouvernement de mettre fin aux emplois aidés. Ces contrats en partie financés par l'Étatpour favoriser l'insertion professionnelle des personnes les plus exclues du marché du travail, sont jugés par la ministre du Travail Muriel Pénicaud comme "coûteux" et "pas efficaces" dans la lutte contre le chômage.

Sébastien Jumel s'inquiète pour les associations, qui bénéficient le plus de ces emplois aidés. "Nombre d’associations ne savent pas comment appréhender la rentrée", explique-t-il au micro de RTL. Il prend l'exemple de La Réunion où les maires des 24 communes ont manifesté contre ce projet la semaine dernière et où la rentrée va "être décalée".

"Il est un fait que pour la vie associative et les publics les plus fragilisés et les plus loin de l'emploi ces emplois aidés étaient un véritable tremplin", résume-t-il.

"Une double-peine pour la vie associative"

Pour le député communiste, la fin des emplois aidés vient s'ajouter à la baisse de la dotation des collectivités territoriales destinée à économiser 13 milliards d'euros sur 5 ans. Une mesure annoncée par le gouvernement au début du mois d'août. "Je pronostique la mort des communes à la faveur de ce mauvais projet", avance-t-il, s'indignant de cette "double-peine pour la vie associative", dont la baisse des subventions est attendue. 

"J'ajoute que la droite en majorité dans les régions vient de remettre en cause les emplois tremplins", continue Sébastien Jumel. En Île-de-France, ces contrats également destinés à encourager l'insertion professionnelle ont vu leur budget réduit de 5 millions à 500.000 euros. 

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 07:07
Lettre ouverte au Président de la République. Revenez sur l’annulation des crédits « politique de la ville » du budget 2017 de l’État
VENDREDI, 11 AOÛT, 2017
L'HUMANITÉ
L'annonce de l'annulation soudaine et immédiate des 46,5 millions d'euros de crédit dédiés à la politique de la ville fait réagir nombre d'élus locaux. (Photo AFP)

Cinquante maires sont les premiers signataires d'une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron dans les pages de l'Humanité. 

Monsieur le président de la République,

Élus communaux et intercommunaux, nous sommes stupéfaits et atterrés par l’annonce de l’annulation des 46,5 millions d’euros de crédits du programme 147 du budget 2017 de l’État non encore engagés au 1er juillet, destinés aux programmes d’actions des associations intervenant, dans le cadre des « contrats de ville », en faveur des populations les plus fragiles du pays résidant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

Ces actions concourent à rétablir l’égalité républicaine par la fraternité solidaire de la nation, s’appuyant sur une stratégie de « cohésion des territoires » à laquelle vous avez choisi de dédier un ministère. Elles se déclinent en programmes vers l’économie et l’emploi, la formation, la lutte contre l’illettrisme, l’éducation scolaire et des temps libres, l’accès aux sports et à la culture, la solidarité, la prévention sanitaire et la santé, le vivre-ensemble dans la cité, les mobilités, la vie sociale de l’habitat, la prévention de la délinquance et des radicalisations, l’accès à la justice et au droit, l’aide aux victimes, la citoyenneté, notamment celle des conseils citoyens, et la démocratie de proximité.

En plein milieu d’exercice budgétaire, les conséquences du décret 2017-1182 du 20 juillet du ministre de l’Action et des Comptes publics, conduisant à la perte de 11 % des crédits découlant de l’engagement contractuel de l’État, peuvent être catastrophiques pour la survie des associations qui garantissent la cohésion sociale, pour les bénéficiaires de leurs actions, et plus globalement pour les 5 millions d’habitants des QPV, ainsi que, par voie de conséquence, pour les populations des territoires urbains qui les abritent.

Elles risquent en outre d’entraîner, dans certains territoires, un désengagement de collectivités cosignataires des « contrats de ville » qui accroîtra le danger de rupture grave du climat urbain.

Nous sommes d’autant plus préoccupés que, outre le programme 147, le même décret annule dangereusement les crédits de nombre d’autres missions de l’État indispensables à la prévention de la fracture sociale : l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (– 80 millions d’euros), l’intégration et l’accès à la nationalité française (– 40,5 millions d’euros), la police nationale, dont les réservistes volontaires (– 110 millions d’euros), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (– 209 millions d’euros), l’amélioration de l’habitat (– 130,5 millions d’euros), l’accès au droit et à la justice (– 10 millions), la protection judiciaire de la jeunesse (– 16,8 millions d’euros), l’égalité entre les femmes et les hommes (– 7,5 millions d’euros), la prévention, la sécurité sanitaire et l’offre de soins (– 24,5 millions d’euros), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (– 69,7 millions d’euros), les services de transport (– 194,7 millions d’euros), la démocratisation de la culture (– 39 millions d’euros).

En cette année 2017, où l’État a chargé le commissariat général à l’Égalité des territoires (CGET) de célébrer le 40e anniversaire de la politique de la ville, nous tenons à vous rappeler que, la seule année, 2005, en quatre décennies où les quartiers populaires ont eu à subir pareil désengagement de la puissance publique, a été celle qui les a vus s’enflammer et connaître les violences urbaines sans précédent qui demeurent dans les mémoires.

Nous vous demandons donc solennellement de faire revenir dans l’urgence le gouvernement sur sa décision d’annulation de ces crédits indispensables à l’équilibre républicain des territoires.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Les signataires :

Gérard Allard, maire de Rezé, Marie-Hélène Aimable, maire de Bagneux, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, François Asensi, maire de Tremblay-en-France, Françoise Baud, maire de Valenton, Patrice Bessac, maire de Montreuil, Jean-Pierre Bosino, sénateur maire de Montataire, Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, Damien Carême, maire de Grande-Synthe, Alain Cazabonne, maire de Talence, Gérard Cosme, maire du Pré-Saint-Gervais, Meriem Derkaoui, maire d’Aubervilliers, Patrick Douet, maire de Bonneuil-sur-Marne, Driss Ettazaoui, conseiller municipal d’Évreux, Patricia Fernandez-Pédinielli, maire de Port-de-Bouc,Michel Fourcade, maire de Pierrefitte-sur-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Jean-Claude Kennedy, maire de Vitry-sur-Seine, Bertrand Kern,maire de Pantin, André Laignel, maire d’Issoudun, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, Gilles Leproust, maire d’Allonnes, Jean-Michel Longueval, maire de Bron, Françoise Marhuenda, maire des Ulis, J ean-Louis Marsac, maire de Villiers-le-Bel, Christian Métairie, maire d’Arcueil, André Molino, maire de Septèmes-les-Vallons, Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre, Michèle Picard, maire de Vénissieux, Marie-Line Pichery, maire de Savigny-le-Temple, Gilles Poux, maire de La Courneuve, Bernard Pasciuto, maire de Cournon-d’Auvergne, François Pupponi, député maire de Sarcelles , Marjolaine Rauze, maire de Morsang-sur-Orge, Philippe Rio, maire de Grigny, Clément Rossignol-Puech, maire de Bègles, Christophe Rouillon, maire de Coulaines, Laurent Russier, maire de Saint-Denis, Nicolas Sansu, maire de Vierzon, Renzo Sulli, maire d’Échirolles, Azzédine Taïbi, maire de Stains , Rodolphe Thomas, maire d’Hérouville-Saint-Clair, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, Jean-Claude Villemain, maire de Creil, Marc Vuillemot, maire de La Seyne-sur-Mer, Gérard Weyn, maire de Villers-Saint-Paul.

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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 06:55
Le 19 août 1936: assassinat du poète andalou Federico Garcia Lorca par les franquistes
Le 19 août 1936: assassinat du poète andalou Federico Garcia Lorca par les franquistes

"Dans ce monde, moi je suis et serais toujours du coté des pauvres. Je serai toujours du côté de ceux qui n'ont rien et à qui on refuse jusqu'à la tranquillité de ce rien." (Federico Garcia Lorca)


 

Assassinat de Federico Garcia Lorca le 19 août 1936.


Un article de Pierre Clément publié le 19 août 2016 sur la page Facebook « Histoire Populaire » de Pascal Bavencove

La mort du poète espagnol Federico Garcia Lorca le 19 août 1936, durant la guerre civile (1936-1939), a toujours été un objet de fantasmes et de controverses en Espagne. Jamais le régime franquiste n’a reconnu avoir assassiné l’auteur de Noces de sang et de La Maison de Bernarda Alba. Pressé de s’expliquer sur une affaire qui l’a embarrassé durant ses quarante ans à la tête de l’Espagne, le dictateur Francisco Franco (1936-1975) assurait que « l’écrivain mourut mêlé aux révoltés ». Et d’ajouter « ce sont les accidents naturels de la guerre ».
Ce déni n’a pas empêché les historiens de publier de nombreux essais sur les conditions probables, les raisons possibles et le lieu approximatif de la mort du poète. Mais malgré les recherches des historiens et archéologues, le corps est resté introuvable et le mystère jamais entièrement résolu.
C’est sans doute pour ces raisons que la publication, le 23 avril 2015 par le site d’information Eldiario.es et la radio Cadena SER, d’un rapport de police inédit, datant de 1965, a mis l’Espagne en ébullition. Ce document, élaboré après une requête de l’écrivaine française Marcelle Auclair – auteure du livre
Enfances et mort de Garcia Lorca (Seuil, 1968) – avait été maintenu secret par le régime franquiste. Trop sensible. Il vient confirmer les thèses des principaux historiens qui ont travaillé sur Lorca : son assassinat était bien un crime politique, et non un hasard de la guerre.
Traqué par les phalangistes
Deux pages à peine résument l’affaire. Il y est écrit que le poète était « socialiste », « franc-maçon » et « connu pour ses pratiques d’homosexualité [sic], une aberration qui devint connue de tous ». S’ensuit le récit de son arrestation et de son exécution : « surpris » par les phalangistes à Grenade, le poète « prit peur et se réfugia dans la demeure de ses amis les frères Rosales Camacho, d’anciens phalangistes ». Ces derniers tentèrent, en vain, d’intercéder en sa faveur.
Arrêté et emmené dans une caserne, il fut ensuite conduit à « Viznar, près de Grenade, à proximité d’un endroit connu comme Fuente Grande [la Grande Fontaine], avec un autre détenu, et fusillé après avoir été confessé ». Qu’a confessé Lorca ? Qu’il était socialiste, franc-maçon ou homosexuel ? Ou les trois ? Le rapport de police ne le précise pas. En revanche, il donne des indications sur le lieu où il fut enterré, « à fleur de terre, dans un fossé situé à environ deux kilomètres à droite de cette Fuente Grande, dans un endroit très difficile à localiser ». Le gouvernement andalou assure que les recherches pour retrouver le corps de Garcia Lorca vont reprendre, dans l’espoir d’élucider définitivement l’un des crimes les plus commentés de la guerre civile.
Il est aujourd'hui établi que la milice franquiste est responsable de sa disparition dans la nuit du 16 au 17 août 1936. Un ancien militaire, Antonio Benavides, a d'ailleurs revendiqué lui avoir mis deux balles dans la tête. En réalité, il semble bien que ce soit un peloton d'exécution qui ait exécuté Federico García Lorca.
C'est pour identifier ses membres que la magistrate, Maria Servini, vient de décider de relancer les investigations. La nouvelle a été confirmée par l'ONG, l'Asociación para la Recuperación de la Memoria Histórica (ARMH), sur les réseaux sociaux. Cette association qui collecte les traces des victimes du régime de Franco est pour beaucoup dans la réactivation de l'enquête entourant ce que les Anglo-saxons appellent un "cold case". C'est en effet cette ONG qui a demandé en avril à la magistrate de s'emparer de l'affaire. Cette dernière a accepté.
"L'affaire a été incorporée à une enquête en cours par la juge Maria Servini pour crimes contre l'humanité", a indiqué l'association ARMH. Cette juge enquêtait, de fait, sur des crimes commis pendant la période franquiste, englobant à la fois des faits de torture et des exécutions sommaires.
Parviendra-t-elle à faire toute la lumière sur cette affaire ? Entre 2006 et 2008, un autre magistrat, Baltásar Garzón, avait tenté de rouvrir une enquête sur les crimes du régime. Mais il avait dû abandonner en raison de la loi d'amnistie adoptée en 1977. Garzón avait d'ailleurs été poursuivi en justice par deux associations pro-Franco qui lui reprochaient d'enfreindre cette loi, censée couvrir d'un voile ces années noires au cours desquelles 500 000 personnes ont trouvé la mort.

 

Le 19 août 1936: assassinat du poète andalou Federico Garcia Lorca par les franquistes

Depuis le décès du tyran en 1975, Federico Garcia Lorca est à nouveau à l’honneur dans son pays. Et sa mort continue à faire un bruit du tonnerre comme l’avait prophétisé Aragon dans son poème Un Jour, un Jour (in Le Fou d’Elsa) :
 

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros,
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue (…)

 

Garcia Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros, dans le domaine de son père, propriétaire terrien. Il vit sa prime enfance en liberté parmi les bergers, les peupliers qui bordent les rivières Cubillas et Genil, les grands champs inondés de soleil. Sa grand-mère et ses tantes l’initient aux fables et légendes qui peuplent l’imaginaire du peuple andalou mais aussi à la poésie de Victor Hugo. Cette expérience première irriguera toute son oeuvre. Loin de se complaire dans une description des paysages, il saisit leur essence, évoque la sage folie des légendes et met au jour la nature en son surréalisme. Le temps n’a plus de limite. Il n’est donc plus le temps. Il est un état d’être permanent, l’état de poésie, comme le disait le poète genevois Georges Haldas, grand admirateur de l’écrivain andalou.

En voici un témoignage avec le poème Baile (Bal) tiré de l’un des plus célèbres ouvrages de Federico Garcia Lorca, Romancero Gitano (d’abord en espanol, puis en français avec la traduction de Josiane de Carlo).
 

La Carmen está bailando
por las calles de Sevilla.
Tiene blancos los cabellos
y brillantes las pupilas.

¡Niñas,corred las cortinas!

En su cabeza se enrosca
una serpiente amarilla,
y va soñando en el baile
con galanes de otros días.

¡Niñas, corred las cortinas!
 
Las calles están desiertas
y en los fondos se adivinan,
corazones andaluces
buscando viejas espinas.

¡Niñas,_corred las cortinas!

Elle danse, la Carmen,
Dans les rues de Séville.
Blancs elle a les cheveux,
Brillantes les pupilles.

Fillettes, tirez les rideaux!

Sur sa tête s’enroule
Un serpent jaune,
Et elle va, rêvant au bal,
Avec des galants d’autres temps.

Fillettes, tirez les rideaux !
Les rues sont désertes,
Et tout au fond on devine
Quelques cœurs andalous
Cherchant de vieilles épines.

Fillettes, tirez les rideaux !

Quels seront les cœurs andalous qui trouveront les ossements du poète? Peu importe répond son ombre:
Rien n’est plus vivant qu’un souvenir.
 

Jean-Noël Cuénod (article d'un blog Médiapart: Un plouc chez les bobos: Il y a 80 ans Garcia Lorca était fusillé) 

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