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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 07:44
Deux motions adoptées à l'unanimité des présents au Conseil Communautaire du lundi 13 février: pour la défense des bureaux de poste (présentée par Ismaël Dupont) et pour la fondation Ildys, une motion défendant les personnels de Perharidy exposés aux conséquences de la tarification à l'activité et des réformes libérales de la santé
La motion, proposée par les personnels de PERHARIDY, a été présentée par Hervé Richard, élu de Taulé, et adoptée à l'unanimité

La motion, proposée par les personnels de PERHARIDY, a été présentée par Hervé Richard, élu de Taulé, et adoptée à l'unanimité

La motion que j'ai présentée hier pour la défense des bureaux de Poste suite aux annonces d'il y a dix jours à l'alerte que nous avions lancée dans la presse a aussi été adoptée à l'unanimité, même si Jean-Michel Parcheminal a défendu l'intérêt qu'il y avait à créer dans les bourgs des agences communales postales

La motion que j'ai présentée hier pour la défense des bureaux de Poste suite aux annonces d'il y a dix jours à l'alerte que nous avions lancée dans la presse a aussi été adoptée à l'unanimité, même si Jean-Michel Parcheminal a défendu l'intérêt qu'il y avait à créer dans les bourgs des agences communales postales

Hervé Richard, ici entre Marc Madec (St Thégonnec) et Annie Hamon (maire de Taulé), soutenant la motion de soutien à la fondation Ildys, avant qu'Ismaël Dupont ne présente la motion de défense des bureaux de poste

Hervé Richard, ici entre Marc Madec (St Thégonnec) et Annie Hamon (maire de Taulé), soutenant la motion de soutien à la fondation Ildys, avant qu'Ismaël Dupont ne présente la motion de défense des bureaux de poste

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 07:44
Rapport d'orientation budgétaire de Morlaix Communauté: les baisses de dotation d'Etat représentent en perte cumulée 5,392 millions d'euros de 2014 à 2017

La lecture du rapport d'orientation budgétaire de Morlaix Communauté manifeste les conséquences préjudiciables de la politique d'austérité et d'accentuation du libéralisme du gouvernement socialiste (via 40 milliards d'euros d'aides aux entreprises via le CICE, la baisse de l'ISF, etc.) sur les marges de manoeuvre des collectivités, leur soutien aux services publics locaux, aux associations, leur capacité d'investissement. 

Entre 2014 et 2017, la baisse cumulée de dotations de l'Etat a été de 5 392 000€, la DGF qui composait des pertes de recettes fiscales prélevées localement et des transferts de compétence étant passée de 6, 140 millions d'euros en 2014 à 3, 858 millions d'euros par an en 2017. En 2017, la communauté perd à nouveau près de 1 million d'euros en cumulé de dotations d'Etat. 

Je ne cesse personnellement de remettre en cause cette logique politique d'assèchement des finances des collectivités locales pour réduire la part des dépenses publiques dans le PIB et très souvent on me reproche alors, tout en disant "il va falloir faire des sacrifices", "tout ne sera pas possible", "on va se concentrer sur des compétences strictement définies", de tenir un discours de politique nationale qui n'aurait rien à voir avec nos problématiques locales. 

C'est faux bien sûr. On ne peut pas s'exonérer des conséquences néfastes sur le terrain local des choix de politiques économiques que l'on fait sur le plan national. Il est faux de dire qu'il n'y a pas d'alternative. Il y a plusieurs manières de réduire la dette publique: on peut aussi lutter contre les baisses de prélèvements et de cotisations sociales sur les grands groupes, lutter contre l'évasion fiscale, augmenter l'imposition des plus riches, réduire certaines dépenses comme l'investissement dans le nucléaire militaire, réduire le train de vie des grands élus... L'austérité appliquée aux dépenses publiques locales nuit au service proposé aux citoyens et au dynamisme des territoires. 

Car cette politique a des conséquences sur le niveau et la qualité des services publics rendus à la population, sur le soutien aux associations, sur la pression mise sur le personnel, sur l'augmentation des impôts locaux (2% d'augmentation du taux de la part intercommunale de la taxe d'habitation et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères en 2016, et une poursuite de l'augmentation de la TEOM dans les années à venir sans doute, en tout cas c'est ce qui est préconisé).

Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas des économies à réaliser à Morlaix-Communauté: études commandées systématiquement alors que les commissions d'élus thématiques sont souvent dessaisies en fait de la responsabilité politique des constructions de projets communautaires d'investissement ou des choix de gestion, embauches de cadres A à des postes de direction qui multiplient les intermédiaires entre les élus et les agents et transforment la communauté en armée mexicaine où il y aura bientôt autant de cadres que d'exécutants, aide aux entreprises distribuées parfois très généreusement, DSP dont il n'est pas toujours sûr qu'elles favorisent réellement des économies d'argent public). 

Les recettes sont en baisse cette année car, outre une Dotation Générale de Fonctionnement versée par l'Etat qui continue à fondre, les recettes fiscales sont elles-mêmes en baisse: 

 - moins 321 649€ en 2017 pour la taxe d'habitation, c'est la conséquence de l'exonération des contribuables qui ont perdu le bénéfice de la part supplémentaire du quotient familial, notamment des personnes âgées à revenus modestes (des allocations compensatrices sont prévues par l'Etat mais elles ne suffisent pas à compenser la perte, qui procède cette fois d'une mesure de rééquilibrage parfaitement justifiée). 

- moins 64 000€ pour la contribution financière des entreprises et moins 179 000€ sur la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises: cela traduit une situation économique difficile et morose sur le pays de Morlaix.

L'hypothèse de travail de l'exécutif est d'augmenter à nouveau la TEOM, de faire en sorte que le budget collecte et traitement des déchets s'autofinance, ce qui supposerait des "mesures volontaristes" pour restreindre les dépôts de déchets en déchetteries et le coût des collectes. Avec quelles conséquences pour les usagers qui vont payer davantage en voyant peut-être les services proposés se restreindre, ou devenir payant si on cherche à limiter l'accès aux déchetteries? Pour l'instant, les arbitrages n'ont pas eu lieu mais c'est un point de vigilance et le PCF et le Front de Gauche avec la CGT et les collectifs de défense des déchetteries de Plougonven et Saint Thégonnec vont tenter de poser le débat public au niveau des citoyens en organisant des réunions publiques, dont une en mars à Plougonven, et en réfléchissant aux solutions car la gestion des déchets présente des enjeux écologiques, financiers et de vie quotidienne importants. 

L'exécutif veut aussi baisser le poids des subventions, aujourd'hui porté à 2 millions d'euros, en se restreignant aux champs de compétence stricts et aux priorités du projet de territoire, et limiter la hausse des charges de fonctionnement en personnel: "la communauté doit opérer des choix plus restreints de financement en lien avec les priorités du projet de territoire".  

Du fait des embauches de cadres et de directeurs de pôle et des prises de compétence (eau et assainissement, PLUI) elles ont augmenté de 5,7% en 2015, de 6,6% en 2016, et de 3,9% en 2017, passant de 6 226 000€ à 7 292 000€. Morlaix Communauté compte 168 agents dont 83 au service environnement (agents techniques notamment), 37% de salariés femmes (contre 51,5% dans les EPCI au niveau national), proportionnellement plus de contractuels chez les femmes, moins de cadres: 25% des postes de direction sont occupés par des femmes, et 38% des postes de chef de service, 82% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. Il reste des progrès à faire en terme d'égalité salariale homme-femme même si le rapport joint en annexe du Rapport d'orientation budgétaire pose des éléments d'analyse et des ambitions intéressants.  

La communauté envisage aussi à titre d'hypothèse de travail de baisser les dotations de solidarité communautaires versées aux communes en fonction de critères socio-économiques (fiscalité, population, part de logement social...). Une mauvaise nouvelle potentielle pour des communes qui souffrent aussi fortement de la baisse des dotations et d'une marginalisation liée à la loi NOtre et à la réforme territoriale privilégiant les échelons supérieurs d'organisations, même s'ils sont souvent insuffisamment démocratiques et si on éloigne le citoyen des instances de décision. 

Le document budgétaire prévoit aussi "d'optimiser la charge financière de la communauté pour les transports" ce qui laisse très mal augurer d'une prise en compte d'une demande de densification de l'offre de transport en commun sur le secteur sud et sud-est de la communauté et d'un retour en régie publique ou en société publique des transports dans le secteur urbain et péri-urbain à l'expiration des contrats de DSP avec Kéolis et d'affermage qui arrive cette année. On nous dit même qu'il "paraît possible de prévoir une participation moindre du budget générale". Avec quelles conséquences sur le niveau de l'offre proposée? 

Ismaël Dupont

élu communautaire PCF-Front de Gauche

- le 13 février 2017

   

   

 

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 07:32
Ismaël Dupont, candidat PCF-Front de Gauche dans la circonscription de Morlaix, et Cindirella Bernard, candidate PCF-Front de Gauche  dans la circonscription voisine de Guingamp

Ismaël Dupont, candidat PCF-Front de Gauche dans la circonscription de Morlaix, et Cindirella Bernard, candidate PCF-Front de Gauche dans la circonscription voisine de Guingamp

A l'initiative et avec la coordination de Xavier Compain, porte-parole régional du PCF, candidat du Front de Gauche aux dernières élections régionales, et responsable du secteur de travail agriculture-pêche-forêt du PCF, aura lieu le mercredi 15 mars une journée d'action, de rencontres, de réunions publiques sur l'avenir de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Bretagne et plus spécifiquement encore sur les circonscriptions de Morlaix et Guingamp, à l'occasion de laquelle nous pourrons échanger sur leurs problèmes et les solutions avec les professionnels, et débattre avec les candidats du PCF à Morlaix et à Guingamp.    

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:49
Une période politique pleine de surprises, de dangers, de potentialités

La période politique que nous vivons est pleine de périls et de risques de basculement aux conséquences durables (dans une hégémonie ultra-libérale ou d'extrême-droite xénophobe et réactionnaire) mais en même temps extrêmement riche en événements et en bouleversements de toutes sortes.

 

Qui aurait pu imaginer il y a quelques semaines que disparaîtraient de la liste des présidentiables autant de prétendant tels que le président actuel, François Hollande, le président précédent, Nicolas Sarkozy, le préféré des électeurs de droite, selon les sondages, Alain Juppé, le premier ministre au menton levé, Manuel Valls et même l’égérie des verts, Cécile Duflot?

 

Cela fait tout de même beaucoup en très peu de temps! 

 

Dans cette course par élimination, l’homme providentiel de la droite dure est aujourd’hui sur le devant de la scène politico-judiciaire pour son appétit du fric amassé en famille : papa Fillon employant ses enfants et son épouse à des montants de salaire et d’indemnités de licenciement qui laissent pantois, en n’oubliant pas de se servir au passage des primes particulières ristournées de l’enveloppe  qui devait servir à rémunérer ses assistants.

 

A cette heure, la probabilité que la droite soit représentée par Fillon à la présidentielle et que ce feuilleton en soit à son dernier épisode est limitée. 

 

Face à cet imbroglio inimaginable, un homme qui se présente comme une providence surfe sur la vague de la nouveauté en osant se présenter comme le candidat anti-système.

Pour quelqu’un qui a quitté la Banque Rotschild pour intégrer l’équipe de conseillers de Hollande puis le ministère de l’économie, c’est gonflé !!! comme anti-système on peut mieux faire…

D’autant plus quand on regarde ses réalisations : la loi Macron, la loi El Khomri qui sont les principaux marqueurs libéraux du quinquennat  qui d’achève.

D’ailleurs que propose-t-il vraiment ?

Pour l’instant pas de programme construit mais quelques idées mises en avant qui ont de quoi provoquer de fortes inquiétudes.

Le cadre de ses propositions est annoncé : « il n’est pas question de brutaliser le système économique… »  et de décliner les mesures : toilettage du code du travail, pérennisation du CICE, transfert des cotisations chômage et maladie sur la CSG (ce qui commence à ressembler au démantèlement de la Sécu , réforme de la formation professionnelle sans préciser quelle serait cette réforme, respect du taux de 3% du déficit budgétaire fixé par les traités européens c’est à dire poursuite de l’austérité… Voilà ce que l’on connaît de ce que Macron veut mettre en place.

 

Autre "candidate anti-système prétendue", Jean-Marine Le Pen qui, comme ses colistiers et confrères députés européens joue au jeu de l’embauche croisée du conjoint de l’une par un élu qui fait embaucher sa conjointe par la députée épouse du premier cité tout en rémunérant sur fonds européens des militants qui travaillent au siège du FN ou même son propre garde du corps.

Le tout pour plus d’1 million d’€uros. Son programme est toujours le même : raciste et xénophobe, libéral, anti syndical, anti social.

 

Jean-Luc Mélenchon est donc le candidat que les communistes (à 53% des adhérents dans une consultation directe à laquelle ont participé 40 000 militants) ont choisi de soutenir dans un contexte de morcellement de la gauche qui laisse présager un second tour entre la droite ou Macron et l’extrême droite.

 

Candidat qui nous paraissait avoir le plus de chance de faire accéder la gauche d'alternative contre l'austérité et de transformation sociale au second tour des présidentielles. 

 

C'était notre candidat du Front de Gauche en 2012, c'est assurément le candidat dont le programme se rapproche le plus de celui que nous portons. 

Mais nous avons aussi des désaccords sur certains aspects du discours de campagne et du programme sur lequel nous n'avons de toute façon pas eu notre mot à dire (la rupture avec l'Union Européenne, des éléments nationalistes du discours de Mélenchon, la question des langues régionales, ce qu'il dit sur la Syrie, nos rapports avec la Russie, ...), des désaccords surtout avec son projet de recomposition de la gauche passant par la "table rase", la remise en cause de l'idée de gauche et des contradictions de classe au profit d'un affrontement peuple-élites, avec les facilités populistes du "qu'ils s'en aillent tous", et avec la stratégie politique du dénigrement de tout ce qui n'est pas lui.

Des désaccords avec les facilités du discours contre le prétendu discrédit des partis politiques quand on constitue un parti post-moderne "de fans", la politique devenant l'ère du spectacle.   

Nous avons des désaccords aussi avec la stratégie du "tout ou rien", "c'est moi ou le déluge" n'envisageant pas la nécessité pour construire une majorité de gauche qui serait forcément composite et plurielle, de travailler au rassemblement et de faire des compromis. Nous ne pensons pas que zigouiller le Parti Socialiste est le but en soi ni qu'il faudrait laisser les collectivités à la droite ou à l'extrême-droite, et se refuser d'y faire rentrer dans leur gestion au service de la population les représentants d'une gauche authentique, pour garder une "pureté révolutionnaire". 

Nous avons des désaccords avec le sectarisme qui disqualifie tout ce qui ne pense pas exactement comme soi-même. 

Des désaccords avec la construction d'une posture et d'une pratique d'homme providentiel, de leader charismatique engoncé finalement les travers de la Ve République tout en prétendant en sortir, regardant les autres du haut de son nombrilisme narcissique et prétendant tout renverser par la magie du verbe et du volontarisme. 

Des désaccords avec le mode de structuration très verticale et pyramidale de France Insoumise, et avec la volonté qu'a eu Mélenchon d'enterrer le Front de Gauche du jour au lendemain pour créer un outil politique plus conforme à ses intérêts et davantage sous son contrôle, plus consistant d'un point de vue militant, là où le Parti de Gauche, du fait de certaines pratiques politiques internes, était passé de 12 000 adhérents à 2 000 en l'espace de 3 ans et demi.  

Mais le Front de Gauche avec ses contradictions, ses débats, était un outil ouvert qui aurait été utile dans la période pour agréger d'autres forces déçues du PS, refusant le libéralisme à tout crin et la droitisation de la gauche "de gouvernement". 

 

Ce à quoi les communistes travaillent depuis un an, c’est à un programme partagé par la gauche authentique permettant de présenter une candidature commune à l’élection présidentielle et à une alliance qui pourrait assurer l’élection d’une majorité de députés à l’assemblée nationale.

 

Cette perspective n’est pas morte, d’autant plus que la primaire du PS a condamné la politique libérale menée par Hollande ces 5 dernières années et montré l'aspiration de l'électorat, y compris social-démocrate, à autre chose qu'à une politique libérale et austéritaire, s'alignant sur les thématiques et les préconisations de la droite. Nous avons des désaccords avec le programme d'Hamon qui par certains aspects apporte une réponse à des défis du temps (la crise écologique, le travail raréfié par le progrès technologique, la désindustrialisation et la mondialisation) mais qui est un peu trop "bobo" et qui ne nous semble pas aller assez loin dans la remise en cause des logiques capitalistes, libérales, européennes actuelles, mais il peut tout de même s'appuyer à son crédit sur une opposition de gauche sans ambiguïté depuis plus de deux ans à la politique du gouvernement et de Hollande, même si Hamon se débat aujourd'hui dans des contradictions, avec des députés potentiels déjà investis qui ont soutenu cette politique et qui sont aujourd'hui virtuellement le socle de la majorité potentielle d'un frondeur.     

 

Il y a des convergences entre les programmes avancés par Mélenchon, Hamon et Jadot et les sondages récents qui donnent 15% à Hamon, 11% à Mélenchon et 1% à Jadot permettent d’envisager la présence du candidat de la gauche authentique au 2éme tour.

 

L’addition de ces scores envisagés fait 27%, soit mieux que Jean-Marine Le Pen qui est créditée de 26% quand Fillon est à 21% et Macron à 20%.

Nous sommes une majorité à refuser les idées de l'extrême-droite et du néo-libéralisme (la loi travail que Macron et Fillon voudraient encore aggravée était rejetée par deux tiers des Français), à vouloir le progrès social, écologique, démocratique. Toutes celles et ceux qui se mobilisent sur ces questions, toutes celles et ceux qui les soutiennent veulent des suites politiques en adéquation avec leurs attentes, leurs espoirs. Elles et ils ont raison. 

 

Pour le moment chacun campe sur ses positions et ce sont les égos qui prennent le dessus sur la raison et les communistes ne s’y résolvent pas.

 

Benoît Hamon a appelé à "construire ensemble une majorité gouvernementale "cohérente et durable pour le progrès social, écologique et démocratique". Cette proposition mérite d'être examinée sérieusement même si toutes les ambiguïtés et hypothèques à ce stade sont loin d'être levées.

 

Le PS n'est plus hégémonique à gauche, c'est un juste retour des choses par rapport à des années de trahison de promesses de justice sociale et à sa gestion si calamiteuse du pays lors du quinquennat Hollande. 

 

Mais nous ne nous résignons pas, de notre côté, au pire, et nous visons une majorité politique à l'Assemblée Nationale mettant en oeuvre une politique résolument à gauche. Elle ne pourra qu'être pluraliste.  

 

Il en va de même pour les législatives quand partout en France, France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, sur décision de sa direction, constituée par le clan Mélenchon, refuse toute alliance avec les partis de gauche tels qu’Ensemble ou le PCF, ou EELV, ou d'autres dans un cadre pluraliste où on ne parlait pas simplement de ralliement derrière un "chef" et sa logique politique mais où on pourrait faire exister un rassemblement dans la diversité et le respect réciproque.  

Les candidats France Insoumise sont présentés partout y compris contre des députés communistes et du Front de Gauche sortants qui, valeureusement à l'Assemblée, ont combattu pendant 5 ans la politique de Hollande, Ayrault et Valls et réussi à créer des synergies pour résister avec d'autres députés, verts ou socialistes frondeurs. 

 

Ce positionnement peut s’expliquer par la volonté de Mélenchon de transformer son mouvement en organisation politique ce qui nécessite un financement. C’est sur ce principe que repose le financement des partis politiques. Jean-Luc Mélenchon aimerait aussi affaiblir autant que possible le Parti Communiste, qui, avec ses 60 000 militants à jour de cotisation, ses milliers d'élus, son histoire politique presque centenaire, ses pratiques mettant l'intérêt populaire dans les collectivités et la construction de rassemblements de contenu pour battre la droite et l'extrême-droite, est perçu par lui comme un concurrent et un obstacle pour construire une hégémonie sur la gauche de lutte et de transformation sociale.   

 

Dans la IV éme circonscription du Finistère, les communistes ont avancé ma proposition de candidature, pensant que j'étais un candidat sérieux en tant qu'élu du Front de Gauche à Morlaix et Morlaix Communauté, candidat du Front de Gauche aux législatives en 2012, arrivé en troisième position derrière le PS et la droite (5,7%), devant le FN et les Verts, en restant ouverts à la discussion permettant de trouver la voie d’une candidature rassemblée de la gauche authentique.

 

Des propositions de rencontre et d'alliance ont été faites à l'UDB et au NPA au niveau départemental, à France Insoumise, à Nouvelle Donne, au Parti de Gauche, à EELV au niveau local. Nous étions prêts à laisser la tête de liste, à nous intégrer dans un processus de construction collective d'une plateforme programmatique commune aux élections législatives. 

Force est de constater que ces propositions et ces efforts n'ont pas abouti. 

Ce n'est peut-être pas le dernier mot de l'histoire.

Les électeurs pourraient se réveiller le lendemain du second tour des présidentielles avec un sacré mal de tête et un désir d'unité pour faire barrage à la droite (on inclut Macron dedans) et à l'extrême-droite.  

Rien n’est impossible comme le montre la candidature de François Ruffin, réalisateur du film « Merci Patron » et initiateur de Nuit Debout, qui est soutenue à Amiens nord par le PCF, France Insoumise, EELV et Ensemble.

 

Persévérer dans la voie  du chacun pour soi est une attitude suicidaire qui peut conduire à une défaite qui serait préjudiciable aux intérêts des classes populaires.

 

Sans possibilité d’union nous maintiendrons  nos candidatures dans chaque circonscription, à regret, mais en considérant que les candidats du  PCF-Front de Gauche ont toute légitimité pour porter la défense des idées d'une gauche combative, qui priorise les intérêts populaires, qui combat la finance, l'oligarchie et les inégalités, qui lutte pour la démocratie au niveau européen, national, local, en s'appuyant sur le bilan des élus Front de Gauche au Parlement qui, même si Mélenchon et France Insoumise n'en parlent presque jamais, car cela ne les arrange pas (il n'y avait pas un seul député Parti de Gauche, Marc Dolez ayant démissionné du Parti de Gauche, et Mélenchon n'avait pas le contrôle des groupes parlementaires, à son grand regret), et sur les combats qu'ils ont menés et que nous continuerons à mener: 

 

- contre la loi travail (El Khomri), la loi Macron, l'ANI, autant de mesure de remise en cause des droits des travailleurs. 

- contre l'austérité

- contre les milliards d'euros transférés vers les gros groupes dans le cadre du CICE. 

- contre la casse des services publics, de la santé et de la protection sociale

- pour de vraies mesures de justice fiscale et une loi contre l'évasion fiscale

- pour la nationalisation de certaines banques, des autoroutes, et le contrôle public de secteurs stratégiques (énergie, transports). 

- contre l'état sécuritaire et l'état d'urgence permanent  

- contre TAFTA, CETA, la loi du libre-échange et de la dérégulation capitaliste, et le renforcement de la domination d'instances européennes non démocratiques  (commission, BCE).  

 - pour l'égalité homme-femmes, les retraites agricoles, la conquête de nouveaux droits pour les jeunes, les personnes âgées, les handicapés

 

Ismaël Dupont

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:42
Les riches cherchent le bon cheval fiscal à la présidentielle
VENDREDI, 10 FÉVRIER, 2017
L'HUMANITÉ
Photo : Reuters
 

Les plus fortunés s’inquiètent de leur imposition, dont ils espèrent une baisse sensible de la part du prochain président de la République. Le candidat de la droite est le plus acharné dans ce domaine, suivi de près par Emmanuel Macron et, en embuscade, Marine Le Pen.

Ils sont dans les starting-blocks, guettant le visage qui s’affichera sur les écrans, le 7 mai à 20 heures. Il faudra jouer serré, mais c’est juridiquement possible, affirment-ils. Pendant que toute l’attention se focalise sur l’affaire des emplois d’assistants parlementaires de François Fillon, d’autres se passionnent pour un autre marathon : celui qui se jouera entre le second tour de l’élection présidentielle et l’échéance des premiers encaissements de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dû pour l’année 2017, le 15 juin.

Un délai très court pour supprimer l’ISF payable cette année alors que les élections législatives ne seront pas encore terminées, mais rien n’est insurmontable, assure le cercle de réflexion ultralibéral Ifrap. Il suffit « qu’un gouvernement nommé le 10 mai 2017 repousse la date (du paiement de l’ISF – NDLR) au 15 septembre », sans vote du Parlement, et que « la suppression de l’ISF 2017 soit votée ensuite » en juillet, détaille le site de la fondation.

En 2011, Nicolas Sarkozy avait procédé de la sorte pour réformer l’ISF. Désormais, les regards se tournent d’abord vers François Fillon, le plus volontaire pour supprimer cet impôt dès cette année, mais aussi vers Emmanuel Macron, qui court derrière le candidat de la droite en proposant de l’alléger substantiellement. Quant à Marine Le Pen, soucieuse de ne pas s’aliéner les voix populaires, elle en dit le moins possible en promettant prudemment de « mainten(ir) l’ISF », ce qui n’engage à rien sur son taux et son assiette… Et elle opère ainsi une discrète retraite, après son programme de 2012 qui promettait un « impôt progressif unique sur le patrimoine (…), fruit de la fusion entre la taxe foncière et l’ISF ». Une proposition sans doute un peu trop ambitieuse, et proche d’ailleurs de celle défendue aujourd’hui par le candidat PS Benoît Hamon de créer « un impôt unique sur le patrimoine, simple, et progressif ». À cette différence près que le FN proposait à l’époque de maintenir les « mêmes taux » que ceux en vigueur en 2012, mais que François Hollande a remontés depuis, ce qui n’a plus l’air de faire les affaires de la candidate FN…

Campagne obsessionnelle de Fillon

De quoi déclencher l’ironie de Jean-Luc Mélenchon, qui propose, outre le renforcement de l’ISF, d’élargir l’assiette de l’impôt sur les revenus du capital pour les imposer à 14 tranches comme ceux du travail. A droite, « il y a un point sur lequel ils sont tous d’accord : il faut supprimer l’ISF, dénonçait le candidat de la France insoumise à Chambéry, le 16 novembre. Combien ça concerne de monde, ce sujet qui les passionne ? À qui ils parlent ? 342 000 personnes ! 1,7 % des contribuables ! »

Mais cela ne semble pas poser de problème à François Fillon. Cinq ans après l’engagement numéro 17 du candidat Hollande (« Je reviendrai sur les allégements de l’ISF (…) en relevant les taux d’imposition des plus gros patrimoines ») et le discours du Bourget qui l’avait propulsé dans les sondages, il fait le pari exactement inverse, en assumant une mesure toujours très impopulaire (72 % des Français sont opposés à la suppression de l’ISF, selon un sondage Odoxa réalisé en octobre). Le candidat annonce la couleur de façon quasi obsessionnelle : sa proposition d'effacer cet « impôt stupide » est répétée ou reprise plus de 20 fois sur son site de campagne, jusque dans son dernier tract, « Stop à la chasse à l’homme », et elle figure parmi ses 15 mesures et cinq engagements prioritaires. Le 16 avril 2015, dans le Point, il a montré qu’il était prêt à relever le défi. Pour paralyser l’opposition, sa méthode sera de « faire adopter par le Parlement en moins de trois mois les 10 décisions principales qui sont de nature à débloquer la situation économique de manière à profiter de l’élan de la présidentielle ».

En attendant, le candidat de la droite mène une campagne acharnée, en promettant de mettre « le paquet sur la baisse des charges de la fiscalité du capital », expliquait-il sur TF1, le 25 novembre. Quitte à colporter des contre-vérités. Comme celle qui consiste à faire croire que « la France est le seul pays de l’Union européenne » (UE) qui « prélève, chaque année, une part du patrimoine d’un contribuable ». Ou encore que l’ISF « fait fuir les investisseurs et les talents à venir (les expatriations ont triplé) ». Alors que l’exil fiscal – à ne pas confondre avec les expatriations, qui concernent surtout de jeunes chômeurs – n’a concerné que 0,22 % des contribuables à l’ISF en 2013. Et que d’autres pays de l’UE, comme l’Espagne et les Pays-Bas, et, hors UE, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein, qui ne sont pas spécialement connus pour être des enfers fiscaux, ont des impôts comparables à l’ISF, relève l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE, rattaché à Sciences-Po). Quant aux revenus du capital qui seraient « imposés à 60 % chez nous, contre 30 % en Allemagne », selon François Fillon, peu importe si, après déduction de la taxe d’habitation — que tout le monde paie — et réintégration des loyers perçus et des loyers implicites (c’est-à-dire les loyers que les propriétaires économisent en étant détenteurs de leur logement), « le taux d’imposition serait de 36 % », précise l’OFCE.

En réalité, plutôt que de préserver le « capital des entreprises », d’ailleurs en grande partie épargné par l’ISF (exonération des biens professionnels, des investissements au capital des PME, ou de parts ou actions sous réserve de les conserver), le souci de François Fillon est ailleurs : il s’agit de « restaurer la rentabilité pour les investisseurs dans l’immobilier », comme il l’a dévoilé dans ses propositions sur le logement.

Une ponction de 15 milliards dans les poches du peuple

Détaxer la rente : c’est le point sur lequel Emmanuel Macron veut montrer sa différence, en promettant au contraire de transformer l’ISF « en impôt sur la rente immobilière » et en « exonérant totalement tout ce qui finance l’économie par ailleurs ». En réalité, les deux candidats se rapprochent sur l’idée de diminuer fortement l’imposition globale des revenus du capital. François Fillon veut convaincre que l’ensemble des impôts actuels (ISF, mais aussi sur les donations et successions, les revenus fonciers, les intérêts et dividendes, les plus-values mobilières et immobilières, voire une partie des bénéfices soumis à l’impôt sur les sociétés) pourrait être remplacé avantageusement par une « flat-tax » (impôt à taux unique) à 30 %, en échange de la hausse de deux points des taux supérieurs de la TVA. « Cela représente une ponction de 15 milliards d’euros par an dans les poches du peuple », a calculé Jean-Luc Mélenchon. « François Fillon va donc prendre 300 euros par an dans la poche de chaque salarié payé au Smic ! 300 euros ! Cela représente plus de la moitié du RSA mensuel, plus d’un tiers du minimum vieillesse mensuel, un quart de Smic mensuel ou encore quatre pleins d’essence ou la moitié du coût annuel de la cantine scolaire pour un enfant en moyenne, souligne encore le candidat de la France insoumise. Et que va faire François Fillon avec vos 300 euros ? Il va commencer par rendre 15 000 euros par an à chaque millionnaire de France ! Robin des riches à l’œuvre. »

Pour le PCF, qui appelle à voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle mais développe son propre programme, la justice exige de faire tout autrement, en intégrant dans la base de l’ISF les biens professionnels, tout en doublant et en modulant ses taux actuels. C’était d’ailleurs le sens d’un amendement au budget 2017 déposé par les députés PCF-Front de gauche Nicolas Sansu et Gaby Charroux. Une dernière occasion manquée pour la majorité PS, l’Assemblée nationale l’ayant rejeté… avec le concours de la droite.

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00
Le CETA est mauvais pour l’élevage et pour le climat
LUNDI, 13 FÉVRIER, 2017
HUMANITE
Photo Pierre Andrieu/AFP
Photo Pierre Andrieu/AFP

Mercredi, les parlementaires européens doivent approuver ou rejeter l’accord de libre échange négocié entre la Commission européenne et le Canada. Il se dit déjà qu’une majorité de députés votera le texte ruineux pour nos éleveurs à deux semaines du Salon de l’agriculture tandis que la Commission négocie des accords de même type avec une vingtaine de pays.

Le Parlement européen doit ratifier ou rejeter,  ce mercredi 15 février, l’accord de libre échange négocié entre la Commission européenne et Canada, désormais connu sous le sigle CETA. Sur ce sujet, Cecilia Malmström, la commissaire européenne en charge du commerce à Bruxelles, s’est confiée au quotidien libéral français « L’Opinion » du 9 février. « En commission, une très forte majorité de députés européens s’est exprimée en faveur de l’accord ; cela semble assez bien refléter le sentiment général du Parlement. Si tout se passe bien mercredi à Strasbourg, et que le Parlement canadien se prononce ensuite comme prévu avant la fin du mois de février, le CETA pourra entrer en vigueur provisoirement début mars. C’est l’accord le plus ambitieux que la Commission ait jamais négocié au nom des Etats membres », affirme la Commissaire. Voilà qui suppose une approbation par les groupes de la droite européenne et une bonne partie des sociaux-démocrates, comme c’est souvent le cas à Strasbourg.

On notera ici que Cecilia Malmström parle de faire « entrer en vigueur provisoirement début mars » cet accord qui doit pourtant être ratifié ultérieurement par les Parlements de tous les pays membres de l’Union. La Commission semble donc faire peu de cas du vote des Parlements nationaux. En France, c’est du côté des éleveurs et même des céréaliers que cet accord suscite les plus grosses craintes alors que ces secteurs agricoles sont déjà en difficulté. Une étude commune d’Agro Paris Tech, de l’Institut de l’élevage et de l’Institut technique du porc, montre que l’agriculture française a plus à perdre qu’à gagner dans cet accord. « Les produits agricoles et alimentaires représentent près de 10% des échanges en valeur avec le Canada. La balance commerciale agricole et alimentaire est actuellement excédentaire avec le Canada. Mais elle est tirée essentiellement par les boissons. A contrario, le déficit se creuse nettement en céréales et oléagineux et dans une moindre mesure en préparations de viandes et poissons ».

Importer du jambon canadien pour moins payer les cochons vivants
Concernant la viande porcine, l’étude nous dit ceci : « A la sortie des élevages, compte tenu des coûts d’approche à l’intérieur du Canada et pour le transport maritime, l’élevage porcin canadien n’a pas un avantage déterminant en termes de compétitivité coût. Mais c’est à la compétitivité des pièces de découpe qu’il faut s’intéresser en priorité (…) Notamment le jambon non transformé et ses produits d’élaboration pourraient, dans certaines conjonctures, être exportés du Canada vers l’UE, en raison d’un prix sensiblement plus bas sur les marchés nord-américain ».

Pour dire les choses plus clairement, le consommateur canadien mange moins de jambon que son homologue français. Son pays pourra donc nous exporter ces pièces nobles en priorité. Mais leur arrivée sur le marché français servira à faire chuter le cours du porc au marché au cadran de Plérin encore plus souvent que ces dernières années. On ruinera ainsi de nombreux éleveurs qui gagnent très difficilement leur vie depuis que l’embargo de la Russie pèse sur les cours de porc en France en fermant les débouchés pour le lard et autres bas morceaux .Le risque est d’autant plus grand que les volumes exportés sans droit de douane du Canada à l’Europe vont passer de 105.000 tonnes par an à 180.000 tonnes.

Le risque est identique concernant la viande bovine. Dans la cadre de la mise en place du CETA, le Canada va bénéficier d’un contingent de 70.000 tonnes d’exportations annuelles de viande bovine vers l’Europe sans droits de douanes. Le volume n’est pas énorme. Mais, là encore, le consommateur canadien mange surtout de la viande hachée issue des bas morceaux et l’élevage bovin canadien est, comme en France, très spécialisé en races à viande. Or ce sont aujourd’hui les pièces nobles issues de ces races qui peinent à trouver leur place sur le marché en France et en Europe car elles valent nettement plus cher que les autres pièces.

Ajoutons que la Commission est mandatée par les pays membres de l’Union, dont la France, pour négocier des accords de libre échange avec une multitude de pays et groupes de pays. « Nous négocions ou nous nous apprêtons à le faire avec une vingtaine de pays », précise Cecilia Malmström dans l’entretien déjà cité. L’étude des trois organismes déjà cités « estime entre 150.000 et 350.000 tonnes les importations supplémentaires de viande bovine à l’horizon 2025, touts choses égales par ailleurs».

 

Le bas coût de la main d’œuvre des abattoirs polonais
Il faut enfin analyser les conséquences de ces nouvelles exportations canadiennes sur notre marché intérieur au regard de ce qui se passe déjà au sein de l’Union européenne. A la faveur de la sortie des quotas laitiers, la Pologne a augmenté son troupeau de vaches et élève pour l’engraissement de plus en plus de jeunes bovins issus du croisement de deux races pour gagner du poids pour la boucherie. Dans les abattoirs polonais, le coût de la main d’œuvre est trois fois plus bas que dans les abattoirs français, même quand des « travailleurs détachés » sont embauchés chez nous. Du coup, l’Italie est devenue le premier client de la Pologne. D’après les douanes italiennes, en 2015, les carcasses de jeunes bovins élevés en Pologne coûtaient 26% de moins que les carcasses de jeunes bovins français, ce qui a fait reculer les exportations française en Italie quand augmentaient celles de la Pologne.

Le contexte étant celui là, tout nouvel accord de libre échange faisant entrer plus de viande des pays tiers sur le marché européen avive la concurrence et aggrave la tendance baissière des cours payés aux producteurs, sans même bénéficier aux consommateurs. Ajoutons que toutes ces importations inutiles ont aussi un double effet pervers que nos décideurs politiques occultent de manière délibérée. Elles augmentent le bilan carbone de chaque kilo de viande consommé en Europe en allongeant la distance entre la fourche et la fourchette , mais aussi en poussant à la concentration des élevages dans des grandes bâtiments dont la construction est très émettrice de CO2. Ensuite, les animaux sont surtout nourris au grain ne sortent plus pour aller brouter l’herbe des prés. Voilà comment l’Europe tourne le dos aux engagements pris à Paris lors de la Cop21, tandis que le gouvernement français reste muet sur le sujet. Voilà aussi qui situe la responsabilité de chaque député européen au moment de voter pour ou conte le CETA le 15 février.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 20:10
Geneviève de Gaulle-Anthonioz: une vie debout, du camp de Ravensbrück à celui de Noisy (L'Humanité, 2015)

Geneviève Anthonioz-De Gaulle, décédée il y a 15 ans, le 14 février 2002

Lu sur la page Facebook de Robert Clément. 
 

« Geneviève de Gaulle-Anthonioz, du camp de Ravensbrück à celui de Noisy », article publié dans l’Humanité du 27 mai 2015


Dans son appartement parisien haut perché de la rue Michelet, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, alors qu’elle avançait, au nom de l’association qu’elle présidait, ATD Quart Monde, l’idée d’une future « loi d’orientation de lutte contre les exclusions », était une vieille dame aimable et menue. Son apparente fragilité disparaissait dès qu’elle se mettait à parler et qu’elle défendait ce pour quoi elle luttait. Une détermination tranquille et inébranlable l’habitait. L’image quelque peu surannée de la dame patronnesse – bourgeoise, catholique, toute de compassion… – qu’on était prêt à lui coller se chiffonnait irrémédiablement : sa foi chrétienne chevillée au corps, Geneviève de Gaulle-Anthonioz menait un combat politique au sens plein du terme. Pour elle, la pauvreté était une violation inacceptable des droits de l’homme, la combattre méritait un engagement total. Son discours n’était pas consensuel : « Nos sociétés fabriquent de l’exclusion, tandis que les plus nantis continuent de s’enrichir. Il en résulte ce que j’appelle une dépravation de la démocratie. Il faut recréer un service de l’homme. Il faut être attentif à ceux qui nient ainsi la démocratie et fabriquent un monde qui privilégie le pouvoir et les richesses… »
Le combat de sa vie, cette femme hors normes l’a forgé dans l’enfer de la Seconde Guerre mondiale. Nièce du général de Gaulle, elle s’engage à 20 ans dans la Résistance. Arrêtée, elle est emprisonnée puis déportée le 31 janvier 1944 à Ravensbrück, où elle survit à l’indicible grâce à l’incroyable solidarité qui lie entre elles les prisonnières. Quand elle rencontre un journaliste de l’Humanité, Geneviève de Gaulle-Anthonioz ne manque jamais d’évoquer « Marie-Claude » (Vaillant-Couturier). À Ravensbrück, en décembre 1944, la déportée 27372 est enfermée dans une cellule du bunker, isolée de ses camarades : « Dieu était étrangement absent. Je ne peux pas dire que j’ai douté de son existence, mais il n’était pas là dans ce bunker. » Abandonnée de Dieu et des hommes, elle va pourtant, grâce à sa foi, son élan vital et sa créativité, sortir vivante de ce sinistre lieu où la mort régnait en maître.
De retour à la vie, la jeune femme rencontre celui qui sera le compagnon attentif de sa vie, Bernard Anthonioz, qui est éditeur d’art (c’est lui qui, en janvier 1942, était allé chercher le manuscrit d’Aragon, les Yeux d’Elsa, pour l’imprimer). Fondant une famille, la résistante aurait pu se contenter d’une vie tranquille, mais en octobre 1958, elle rencontre le père Joseph Wresinski, qui voue sa vie aux plus pauvres. Sa visite au « camp de Noisy » est un choc : « Lorsque je suis entrée dans ce grand bidonville… j’ai pensé au camp, l’autre, celui de Ravensbrück… ce paysage était un lieu séparé de la vie. » Geneviève de Gaulle-Anthonioz démissionne du ministère où elle travaillait. Rendre leur dignité aux pauvres sera la grande œuvre de sa vie, un combat sans trêve qu’elle mènera avec une ténacité inouïe.
Le 23 août 1996, les CRS brisent les portes de l’église Saint-Bernard pour en déloger les sans-papiers, elle veut manifester. Ses enfants l’en dissuaderont… Jusqu’au bout, cette petite femme aura été une grande dame. Elle a sa place au Panthéon, même si elle n’a jamais aimé les ors, ni la gloire.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 12:41

Grèves et manifestations le 7 mars 2017

« Le service public, moi j’y tiens, arrêtons la casse ! »

Dans un communiqué commun du 9 février, la fédération CGT des services publics, FO services publics et santé, la fédération autonome et la FSU territoriale appellent l’ensemble des personnels à participer à la journée de grève et de manifestations du 7 mars 2017.

Pour les syndicats, la casse des services publics s’amplifie partout avec :

- La mise en place de la réforme territoriale, qui s’accompagne de mutualisations des services, de mobilité forcée, de remise en cause du temps de travail, de privatisations de services…

- La baisse des dotations de l’état (DGF), qui entraîne notamment pressions sur les effectifs, suppressions de postes (non-remplacement de départ à la retraite, fin de contrats de non titulaires…), fermetures de services, dégradation de nos conditions de travail…

- La mise en place du RIFSEEP qui accentue l’individualisation de la rémunération ;

- La revalorisation du point d’indice largement insuffisante, ne compensant pas les pertes de rémunération accumulées depuis de trop nombreuses années ;

- La remise en cause des droits conquis, des primes, de l’action sociale, du 1% CNFPT…

Tout cela conduit à une situation historiquement catastrophique dans nos collectivités, causée par les politiques d’austérité menées depuis plusieurs années par les différents gouvernements au service de la finance.

Depuis le 1er janvier 2017 la situation des agents se détériore encore plus avec :

- La fusion des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (40% de disparitions) ;

- La création de nouvelles métropoles ;

- La création de communes nouvelles, qui interviendront en 2017.

Lire le communiqué intersyndical en intégralité

Communiqué intersyndical

« Le service public, moi j’y tiens, arrêtons la casse ! »

Le 7 mars 2017 toutes et tous en grève Les organisations syndicales de la Fonction publique territoriale CGT, FO, FAFPT et SNUTER-FSU, dans la continuité des actions menées depuis plusieurs mois (Loi MAPTAM, NOTRe, Loi El Khomri, ATSEM …) appellent l’ensemble des personnels à participer à la journée de grève et de manifestations du 7 mars 2017.

La casse des services publics s’amplifie partout avec :

- La mise en place de la réforme territoriale, qui s’accompagne de mutualisations des services, de mobilité forcée, de remise en cause du temps de travail, de privatisations de services…

- La baisse des dotations de l’état (DGF), qui entraîne notamment pressions sur les effectifs, suppressions de postes (non-remplacement de départ à la retraite, fin de contrats de non titulaires…), fermetures de services, dégradation de nos conditions de travail…

- La mise en place du RIFSEEP qui accentue l’individualisation de la rémunération ;

- La revalorisation du point d’indice largement insuffisante, ne compensant pas les pertes de rémunération accumulées depuis de trop nombreuses années ;

- La remise en cause des droits conquis, des primes, de l’action sociale, du 1% CNFPT… Tout cela conduit à une situation historiquement catastrophique dans nos collectivités, causée par les politiques d’austérité menées depuis plusieurs années par les différents gouvernements au service de la finance.

Depuis le 1er janvier la situation des agents se détériore encore plus avec :

- La fusion des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (40% de disparitions) ; - La création de nouvelles métropoles ;

- La création de communes nouvelles, qui interviendront en 2017. Des dizaines de milliers de postes sont menacés ! Les modalités d’organisation du temps de travail sont remises en cause pour en allonger la durée ! Depuis plusieurs mois les mouvements de grève se multiplient, ils s’inscrivent dans la durée. Comme dans les hôpitaux, les maisons de retraite, l’enseignement, la Sécurité sociale, ces conflits dans nos collectivités viennent confirmer notre constat, que toutes ces remises en causes s’attaquent au service public qui est un gage d’égalité de traitement de tous les citoyens, attaquant par la même l’ensemble des salariés qui le servent.

 

Nous nous devons d’organiser la résistance face à ces attaques concertées contre le service public local.

Les Fédérations CGT-FO-Sud Santé et Action sociale appellent, elles aussi à la grève le 7 mars sur le champ social, sanitaire et médico-social, dans le public comme dans le privé, pour la défense d’une santé publique accessible à toutes et à tous et pour la défense de la protection sociale.

Ce combat pour notre système de soins solidaire est évidemment aussi le nôtre. D’autres appels à l’action ont été lancés à l’État, dans le secteur de la protection sociale et chez les retraités pour le 7 mars.

Pour mettre un coup d’arrêt aux attaques et porter les revendications, nos organisations ont décidé de prendre leurs responsabilités et appellent les agents territoriaux à participer massivement aux côtés de nos collègues hospitaliers et de l’État à la mobilisation nationale du 7 mars dans la Fonction publique. Et parce qu’au-delà des attaques actuelles, les propositions et annonces qui émergent du débat électoral et qui remettent en cause nos acquis collectifs (emplois, statuts, protection sociale …) nous imposent, agents publics, de prendre la parole et d’exprimer notre profond attachement au service public et à la Fonction publique. Contre la casse de la Fonction publique territoriale, des services publics et de la protection sociale, pour l’augmentation des salaires, pour l’égalité professionnelle femmes/hommes, pour la défense des garanties statutaires, pour les créations de postes indispensables, pour de meilleures conditions de travail, pour le droit à la formation professionnelle.

TOUTES ET TOUS EN GRÈVE ET EN MANIFESTATION LE 7 MARS

Montreuil, le 9 février 2017

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 07:39
Mexique: des dizaines de milliers de manifestants face à Trump et son projet xénophobe (Ouest-France, 13 février 2017)

Des dizaines de milliers de Mexicains manifestaient, ce dimanche, pour dénoncer le projet du président américain Donald Trump de construction d'un mur à la frontière et appeler leur chef de l'Etat Enrique Peña Nieto à plus de fermeté.

« Le Mexique, on le respecte, Mr Trump », pouvait-on lire sur une immense pancarte en tête de cortège à Mexico, où 20.000 personnes ont défilé selon le gouvernement local. Ces Mexicains protestent contre le projet de construction d'un mur à la frontière avec les Etats-Unis.

Agitant des drapeaux mexicains, vêtus pour certains de blanc, les manifestants ont envahi la principale avenue de la capitale mexicaine à l'appel d'organisations civiles, d'entreprises et d'universités. « Nous sommes ici pour que Trump voit et sente comment tout un pays, uni, se lève contre lui et ses idioties xénophobes, discriminatoires et fascistes. Le Mexique ne sera pas son esclave », a assuré à l'AFP Julieta Rosas, une étudiante en littérature portant un tee-shirt représentant le président américain affublé d'une moustache à la Hitler.

« Je ne veux pas de ce mur »

Erick Smith, Américain marié avec une Mexicaine, brandissait lui une pancarte disant « Sorry Mexico ». « Je ne veux pas de ce mur, chaque fois que je viens en vacances au Mexique je me sens à la maison. Je suis venu dire que mon président me fait honte. Je suis venu dire« Je suis désolé » au Mexique », a-t-il confié.

A Guadalajara (ouest), deuxième ville du pays, quelque 10.000 personnes ont manifesté, en majorité des étudiants. Les défilés ont été plus modestes dans le reste du Mexique. Ce mouvement de protestation survient au moment où les Etats-Unis et le Mexique traversent leur plus grave crise diplomatique depuis des décennies.

Peña Nieto « trop faible » 

Une partie des manifestants ont d'ailleurs ciblé le président mexicain dimanche, l'appelant à se montrer plus ferme face à son homologue américain. « Peña Nieto, respecte-moi avec courage face à Trump », disait ainsi une pancarte du cortège à Mexico.

« Trump est un danger et Peña Nieto n'a pas été à la hauteur. Il ne nous a pas défendus, ou il l'a fait de façon trop faible. Il ne s'est pas imposé », a déclaré à l'AFP Héctor Morales, commerçant de 50 ans venu manifester. Montée en puissance pendant la campagne du candidat républicain, qui avait traité certains Mexicains de « criminels », de « violeurs » ou de « bad hombres » (« mauvais hommes ») et accusé d'autres de voler les emplois des Américains, la crise diplomatique entre Mexico et Washington a éclaté au grand jour peu après la prise de fonction de Donald Trump, le 20 janvier.

Son décret en vue de faire construire un mur à la frontière, censé freiner l'immigration illégale, et son intention de le faire financer par le Mexique ont poussé Enrique Peña Nieto à annuler sa visite à Washington prévue pour le 31 janvier. Le président républicain veut également renégocier, voire abroger, l'Accord nord-américain de libre-échange (Aléna), trop favorable selon lui aux intérêts mexicains.

Des appels à boycotter les produits américains 

Depuis, les deux hommes se sont parlés au téléphone et ont convenu que leurs équipes se réuniraient pour sortir de l'impasse. Le chef de la diplomatie mexicaine, Luis Videgaray, s'est d'ailleurs rendu à Washington mercredi, se félicitant ensuite d'une « bonne première réunion (...) cordiale (...) respectueuse et (...) constructive » avec le nouveau secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

Mais dans le pays, la colère persiste et ces dernières semaines, les appels à boycotter les produits américains comme Starbucks, McDonalds et Coca-Cola et à manifester son patriotisme, par exemple en mettant le drapeau mexicain comme photo de profil sur internet, se sont multipliés.

Les immigrants illégaux

La volonté affichée par l'administration Trump d'accélérer l'expulsion des immigrants illégaux inquiète aussi le gouvernement mexicain, qui a invité ses ressortissants vivant aux Etats-Unis à« prendre des précautions ». Il réagissait ainsi au renvoi jeudi au Mexique de Guadalupe Garcia de Rayos, une femme de 35 ans, mère de deux enfants nés aux Etats-Unis, au lendemain d'une visite de routine auprès des autorités migratoires à Phoenix, dans l'Arizona.

Son cas a suscité des manifestations devant les bureaux de l'immigration, selon des médias américains. Le président Peña Nieto s'est engagé à verser 50 millions de dollars aux consulats mexicains aux Etats-Unis afin d'apporter une aide juridique à ses concitoyens.

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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 07:22
Les frères Bocquet, parlementaires communistes, auteurs de "Sans domicile fisc", en Bretagne les 4 et 5 avril prochain dans le cadre de leur tour de France contre l'évasion fiscale

Rendez vous les 4 et 5 avril prochain pour la venue en Bretagne des frères Bocquet. Rennes , Saint Brieuc, Lorient, Quimper ...

Et 27 circonscriptions pour porter l'exigence d'un développement économique, industriel et écologique répondant aux besoins humains .

Les frères Bocquet, parlementaires communistes, auteurs de "Sans domicile fisc", en Bretagne les 4 et 5 avril prochain dans le cadre de leur tour de France contre l'évasion fiscale
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