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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 07:02

DIEGO CHAUVET

L’HUMANITE DIMANCHE

Jeudi 15 Décembre 2016

 

Officiellement, le FN s'attaque au discours de François Fillon, qui veut supprimer 500 000 postes de fonctionnaires. Mais, dans les faits, le programme économique du parti d'extrême droite, libéral, s'appliquerait, s'il était aux affaires, au détriment des services publics. Et dans les mairies gérées par des élus frontistes, les relations sont déjà tendues...

Le FN de Marine Le Pen serait en passe de séduire pas moins d'un fonctionnaire sur quatre, selon les dernières études du Cevipof. Ce résultat est le fruit du travail accompli par le parti d'extrême droite, qui a largement modifié son discours sur la fonction publique. À la fin des années 1980, son fondateur, Jean-Marie Le Pen, affichait le président américain Ronald Reagan pour modèle. Il se voulait ultralibéral... En 2002, lorsqu'il parvint, à la surprise générale, au second tour de la présidentielle, seulement 10 % des fonctionnaires avaient voté pour lui. Une impopularité dans les différents corps de la fonction publique qui le pénalisa lourdement pour le second tour face à Jacques Chirac... Sa fille tente donc aujourd'hui de se débarrasser des oripeaux du reaganisme pour conforter sa base électorale dans la fonction publique, alors que les sondages la donnent pour l'instant qualifiée pour le second tour de l'élection.

 

'ADMIRATION POUR REAGAN, C'EST PAS FINI

Elle est aidée par d'autres membres médiatiques de son parti. En premier lieu par sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, qui affiche ses affinités avec le thatchérien François Fillon, tant sur le plan économique que sociétal (notamment sur l'IVG). D'un autre côté, le numéro 2du FN, Florian Philippot, met en scène ses désaccords avec Marion Maréchal-Le Pen en qualifiant Fillon de candidat de « la mondialisation sauvage ». Ce faux débat fournit l'occasion à la présidente et candidate du parti à la présidentielle de siffler la fin de la récré et d'affirmer que les 500 000 suppressions de fonctionnaires prévues dans le programme de Fillon, ce serait trop... « Programme de casse sociale », insiste même Florian Philippot !

Alors, le FN qui admirait Reagan, c'est terminé ? Pas si sûr, si on regarde son programme économique. Le parti d'extrême droite, tout en dénonçant le programme de François Fillon, est lui aussi un partisan de l'austérité budgétaire. S'il arrive au pouvoir, il ne prévoit pas moins de 60 milliards d'euros de réduction de la dépense publique. De quoi ébranler des services publics qui sont déjà exsangues, y compris là où l'extrême droite gagne des points : la fonction publique hospitalière, en particulier. D'autre part, l'expérience montre qu'une fois aux affaires, le FN et les fonctionnaires, c'est loin d'être une histoire qui marche...

 

« CHICAYAS » ET FAUX DÉBATS

Des « chicayas »... C'est ainsi que Marine Le Pen a qualifié les querelles programmatiques qui semblent opposer sa nièce Marion Maréchal-Le Pen au vice-président de son parti, Florian Philippot. Les oppositions entre les deux tourneraient autour du libéralisme économique et de l'IVG. « Des sujets lunaires », « des bisbilles », temporise Marine Le Pen. L'accès à l'IVG est donc un sujet « lunaire » ? En effet, il n'y a pas de quoi se disputer au FN, puisque tout le monde a l'air d'être d'accord...

En 2014, le parti de Marine Le Pen a remporté plusieurs municipalités dans lesquelles il expérimente ses méthodes. Dans la plus emblématique d'entre elles, Hénin-Beaumont, qui est aussi le fief électoral législatif et régional de Marine Le Pen, les relations entre les fonctionnaires de la ville et la municipalité de Steeve Briois sont loin d'être au beau fixe. Elles se cristallisent par un conflit permanent avec l'un des principaux syndicats, la CGT. René Gobert, qui en est le responsable, en fait personnellement les frais. « Les fonctionnaires territoriaux sont muselés lorsqu'ils ne sont pas d'accord avec la majorité municipale », explique-t-il. Lui-même, pour un commentaire posté sur Facebook, se retrouve au tribunal administratif, le 16 décembre, pour contester sa révocation. Et au tribunal pénal, le 16 janvier 2017, attaqué pour diffamation... « On nous a installé des caméras dans les locaux, y compris à l'endroit où les agents font leur pause cigarette », ajoute René Gobert, illustrant un climat qu'il qualifie de « surveillance » à l'égard des fonctionnaires de la ville. « Que ce soit Marine Le Pen ou François Fillon, la suppression de 500 000 fonctionnaires est dans les tuyaux. »

 

les heures sup balayées

Sous d'autres cieux, dans l'Hérault, la mairie de Béziers est dirigée par Robert Ménard avec le soutien du FN depuis mars 2014. Proche du discours défendu par Marion Maréchal-Le Pen, il se dit « d'accord avec presque 100 % des idées » de François Fillon. Mais n'envisage pas pour autant de le soutenir et préfère plutôt influencer la ligne de Marine Le Pen vers un discours plus ouvertement libéral... Là encore, un syndicaliste de la CGT, Yvan Vialette, fonctionnaire à Béziers, dénonce des « relations exécrables » avec la municipalité. « Il a toujours refusé de rencontrer la CGT », explique-t-il. Il souligne les contradictions entre le discours national du parti d'extrême droite et la gestion concrète quand il est aux affaires : « Après son élection, Robert Ménard a baissé les impôts de 4 %, ce qui a représenté 2 millions d'euros de budget en moins. 60 % de la population de Béziers n'est pas imposable et n'a donc pas profité de cette baisse d'impôts. Ce sont les 40 % les plus riches qui ont eu droit à une petite baisse de leurs impôts locaux...

Mais le budget de la ville est amputé. On fait donc payer les fonctionnaires, en remettant en cause leurs acquis sociaux, et les associations, en diminuant leurs subventions. 80 % des fonctionnaires de Béziers sont en catégorie C, et on leur supprime leurs heures sup. » Ce qui, au final, a des conséquences sur les services rendus à la population, notamment aux 60 % qui n'ont pas bénéficié de la baisse des impôts, selon le syndicaliste. Yvan Vialette cite en particulier la « fermeture d'un centre médico-sportif, qui était gratuit pour tous les usagers ».

Le discours contre la « casse de la France » servi par les dirigeants nationaux du FN risquerait donc bien de faire long feu, une fois le travail de séduction auprès des fonctionnaires accompli... L'ADN du Front national est loin d'être social, ainsi qu'en témoignent ses premiers succès électoraux durant l'ère thatchérienne. Il en est sûrement resté quelque chose, au-delà du patient travail d'élargissement de sa base électorale vers des classes moyennes et populaires subissant la peur du déclassement... Au mois de septembre dernier, en clôture de son université d'été à Fréjus, la présidente du FN avait eu cette formule très libérale : « Que s'allègent les contraintes et l'injustice fiscales, les contraintes réglementaires et juridiques qui sanctionnent la réussite et découragent l'initiative. » Des conceptions économiques pas très compatibles avec des services publics de qualité...

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 06:59

LES GRANDS ENJEUX POUR NOTRE PLANÈTE, PAR GÉRARD LE PUILL

Des truies sont abattues en Bretagne, découpées outre-Rhin et retournent dans les salaisonneries françaises

 

 

L’hebdomadaire paysan « la Moselle agricole » rendait compte récemment d’une assemblée générale des éleveurs de porcs lorrains. On apprenait qu’en 2015 la production était restée s table dans la région avec 13 500 tonnes de viande sur l’année. Mais les cochons abattus dans la région représentaient 3 128 tonnes, soit 10 % de moins sur un an. 84 000 porcs charcutiers lorrains ont été abattus dans d’autres régions de France et 3 700 à l’étranger, principalement en Allemagne.

Nous connaissons les raisons de ces transferts. En Allemagne les « travailleurs détachés » d’Europe centrale occupent environ 80 % des emplois dans les abattoirs, avec des salaires nettement inférieurs à ceux des locaux, du fait de charges sociales très faibles payées dans le pays d’origine.

Les cochons lorrains ne sont pas seuls à se faire transporter vivants outre-Rhin. C’est vrai aussi pour beaucoup de porcs belges, danois et néerlandais, qui partent en camions se faire tuer en Allemagne avant de revenir découpés dans des caisses pour être ensuite expédiés dans une multitude de magasins européens et d’entreprises qui transforment la viande porcine en charcuterie. Il arrive même que des truies à saucisson, abattues en Bretagne, soient ensuite transportées dans des camions réfrigérés pour être taillées en pièces outre- Rhin avant de revenir dans les salaisonneries françaises.

Le choix de l’Allemagne pour l’abattage ou la découpe est jugé rentable par les professionnels de la viande si le bas coût de la maind’oeuvre « détachée » permet d’économiser quelques centimes par kg une fois payé le transport aller-retour. Reste que l’augmentation du bilan carbone de la viande ainsi traitée contribue au réchauffement climatique, au gaspillage de carburant, à l’usure des véhicules, à la dégradation du bitume sur les routes et les autoroutes.

Mais le bilan carbone ne s’arrête pas là. Aux Pays-Bas et au Danemark, la perte de compétitivité des élevages porcins imputable aux bas coûts d’abattage en Allemagne a conduit beaucoup de naisseurs-engraisseurs à abandonner la production de viande pour ne plus être que des naisseurs. Désormais, ils vendent des porcelets aux engraisseurs allemands au moment du sevrage. Résultat : beaucoup d’ateliers d’engraissement de ces deux pays se sont vidés pendant que des porcheries neuves étaient construites en Allemagne.

Quand on sait que le coulage d’une tonne de béton dans le cadre de la construction d’un bâtiment correspond en moyenne à l’émission de 900 kg de CO2, faire rouler des cochons morts ou vifs sur des milliers de kilomètres dans le seul but d’économiser un centime d’euro sur une tranche de jambon est une drôle de façon de protéger le climat. Cela ne semble pourtant pas déranger nos décideurs politiques, à commencer par ceux qui veulent devenir présidents de la République en 2017.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 09:08

En ce jour de réconciliation cosmique surnaturelle, lisons la sainte, la saine, la réjouissante colère de Rosa Luxemburg écrivant de prison le 28 décembre 1916 cette lettre au vitriol à une dirigeante et femme de dirigeant socialiste rallié à l'Union Sacrée, Mathilde Wurm.  

 

La lettre de Noël de Rosa Luxemburg

 

" Ma chère Tilde!

Je tiens à répondre sur le champ à ta lettre de Noël, avant que ne retombe la colère qu'elle a fait naître en moi. Oui ta lettre m'a mise en rage, parce que si courte soit-elle, chaque ligne montre à quel point tu es retombée sous l'emprise de ton milieu. Ce ton geignard, et ces jérémiades à propos des "déceptions" que vous auriez subies, imputables aux autres soi-disant, alors qu'il vous suffirait de vous regarder dans une glace pour voir la réplique la plus parfaite de ce que l'humanité a de pitoyable!

Voilà maintenant que tu dis "nous" pour parler de ce tas de grenouilles nauséabondes, alors qu'autrefois, quand tu étais avec moi, "nous" désignait ceux de mon bord. Alors attends voir, je vais t'en donner moi, du "vous"!

Vous avez "trop peu d'élan" à mon goût, dis-tu mélancoliquement. "Trop peu" ne serait pas si mal! Vous n'avez pas d'élan du tout, vous rampez. Ce n'est pas une différence de degré, mais de nature. Au fond, "vous" êtes d'une autre espèce zoologique que moi, et vos personnes chagrines, moroses, lâches et tièdes ne m'ont jamais été aussi étrangères, je ne les ai jamais autant détestées qu'aujourd'hui. Ca vous dirait bien d'"avoir un peu d'élan", écris-tu, seulement après, on se retrouve au trou, "et là on ne sert plus à grand chose". Ah! quelle misère que vos âmes d'épiciers! Vous seriez prêts à la rigueur à montrer un peu d'"héroïsme", mais seulement "contre monnaie sonnante", et tant pis si on ne vous donne que trois pauvres sous moisis, pourvu que vous voyiez toujours le "bénéfice" sur le comptoir. 

Ils n'ont pas été dits pour vous les mots tout simples de cet homme honnête et droit: "Je suis là, je ne puis faire autrement, que Dieu me vienne en aide"*. C'est une aubaine qu'à ce jour, l'histoire du monde n'ait pas été faite par vos semblables, sinon, nous n'aurions pas eu la Réforme, et nous en serions sans doute encore à l'Ancien Régime.

Pour ce qui est de moi, qui n'ait jamais été tendre, je suis devenue ces derniers temps comme de l'acier poli, et plus jamais je ne ferai la moindre concession, ni en politique ni dans mes relations personnelles. Il suffit que je me rappelle la galerie de tes héros pour que ça me flanque un cafard noir: le gentil Haase, Dittmann, avec sa jolie barbe et ses jolis discours au Reichstag, Kautsky, le pâtre vacillant, suivi fidèlement, comme de bien entendu, par ton Emmanuel, - pour le meilleur et pour le pire, Arthur le magnifique - ah, je n'en finirai!

Je te le jure: j'aimerais mieux rester enfermée - et je ne dis pas ici, où je suis à tous les points de vue comme au paradis, mais même dans le salle trou de l'Alexanderplatz, où dans ma cellule de 11 m3, sans lumière le matin ni le soir, coincée entre le WC (sans W!) et le lit de fer, je déclamais mon Mörike, plutôt que de "lutter" - si l'on peut dire - aux côtés de vos héros, ou simplement d'avoir affaire à eux... Je te le dis, dès que je pourrai mettre le nez dehors, je prendrai en chasse et harcèlerai votre bande de grenouilles, à son de trompe, à coup de fouet, et je lâcherai sur elle mes chiens - j'allais dire comme Penthésilée, mais pardieu, vous n'êtes pas des Achille.

Ca te suffit, comme voeux de nouvel an?

Et puis... Fais donc en sorte de rester un être humainC'est ça l'essentiel: être humain. Et ça, ça veut dire être solide, clair et calme, oui, calme, envers et contre tout, car gémir est l'affaire des faibles. Etre humain, c'est s'il le faut, mettre gaiement sa vie toute entière "sur la grande balance du destin" tout en se rejouissant de chaque belle journée et de chaque beau nuage. Je ne sais pas, hélas, donner de recettes, je ne sais pas dire comment on fait pour être humain, je sais seulement comment on l'est, et tu le savais toi aussi, chaque fois que nous nous promenions quelques heures dans la campagne de Südende, et que les rougeoiments du soir se posaient sur les blés. Le monde est si beau malgré toutes les horreurs, et il serait plus beau encore s'il n'y avait pas des pleutres et des lâches. Allez va! Je te fais un baiser, car tu es, malgré tout, un brave petit gars. Bonne année!

R. "

 

 

 
Rosa Luxemburg en 1908

Rosa Luxemburg en 1908

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 09:00
La Palestine de 1946 à nos jours

Nous nous félicitons que l'ONU ait adopté une résolution contre la colonisation des territoires palestiniens : il était temps !

Affiche Palestine Vivra, Jeunesses Communistes de Paris

Affiche Palestine Vivra, Jeunesses Communistes de Paris

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:50
Espagne: la gauche radicale fait gagner ses sympathisants au loto (Le Point): pour Izquierda Unida, le dieu du hasard est andalou!
Espagne : la gauche radicale fait gagner ses sympathisants au loto

Quelque 200 familles d'une petite ville d'Andalousie se sont partagé 32 millions d'euros grâce à la coalition écolo-communiste Izquierda Unida.

 

La coalition de gauche radicale Izquierda Unida a permis, vendredi, à ses sympathisants d'une petite ville d'Andalousie (Sud) de se répartir l'un des gros lots du loto espagnol de Noël, soit 32 millions d'euros qui ont bénéficié à quelque 200 familles, a-t-on appris auprès d'une élue locale. Dans la bourgade agricole de Pinos Puente (13 000 habitants), la branche locale de la coalition écolo-communiste avait en effet acheté 258 billets pour le deuxième prix du loto afin de les revendre à ses sympathisants. Or, ces billets ont remporté au total 32 millions d'euros, a expliqué par téléphone à l'Agence France-Presse Carmen Capilla, élue municipale de cette coalition. « Les gens sont dans la rue, il y a un vacarme incroyable. Ils célèbrent avec du cava [vin mousseux espagnol, NDLR] et toutes les bouteilles imaginables », a aussi déclaré à l'Agence France-Presse le maire socialiste Jose Enrique Medina, avant d'expliquer qu'il y a « beaucoup de gens dans le besoin » dans cette municipalité au taux de chômage de 29 % et au budget annuel de 8 millions d'euros.

Au total, la loterie espagnole distribue des prix d'un montant total de 2,3 milliards d'euros juste avant Noël. Le plus important de ces prix, baptisé le «  Gordo » (le gros), a été remporté dans le quartier d'une avenue de Madrid, bien nommée « promenade de l'Espoir ».

Des numéros chantés par des enfants

Les 1 650 tickets gagnants – qui ont remporté chacun 400 000 euros – y avaient été vendus chacun 20 euros par un seul bureau du loto : 660 millions d'euros ont plu sur ce quartier de classes moyenne et populaire. La chance a surpris Vicente Villaverde, 44 ans, alors qu'il partait au travail dans son pull gris de technicien de la compagnie Gas natural : « J'allais chercher des outils, quand on m'a appelé pour me dire de vérifier mon ticket, j'avais gagné 400 000 euros !  » « J'ai un enfant avec un handicap, ça va nous simplifier la vie », a-t-il raconté en direct aux innombrables journalistes qui tendaient leur micro, promettant aussitôt d'aider aussi ses frères, dont « l'un vient de se faire virer d'une entreprise, sans argent ».

Chaque numéro de loterie en Espagne est tiré en 165 « séries » de dix billets ou «  dixièmes », ce qui répartit très largement les gains – entre habitants d'un même quartier, familles ou groupes de collègues –, d'où sa popularité. Pendant des heures, les numéros gagnants sont « chantés » par des enfants lors d'une «  cérémonie » transmise en direct à la télévision. L'an dernier, parmi les gagnants figurait un Sénégalais arrivé en Espagne à bord d'une embarcation de fortune.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:49
Avec 5000 personnes disparues en Méditerranée, 2016 est l'année la plus meurtrière depuis le début de la crise des réfugiés

 

En 2015, 3777 migrants avaient péri en tentant de rejoindre l'Europe par la mer, selon l'Organisation internationale des migrants. 

C'est un record tragique. En 2016, 5 000 migrants sont morts noyés en tentant de traverser la Méditerranée, estime le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, vendredi 23 décembre.

Jeudi, deux embarcations ont fait naufrage dans le canal de Sicile, entre l'Italie et la Libye, laissant craindre la disparition d'une centaine de personnes, selon l'agence onusienne. "Ces deux accidents portent à 5 000 le nombre de morts pour cette année, ce qui témoigne d'un nouveau pic dans la crise", a déploré le porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrants, à Genève (Suisse).

 

"C'est le pire taux de mortalité jamais obervé", a ajouté un porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés.  En 2015, 3 777 migrants ont péri en tentant de rejoindre l'Europe par la mer méditerranée, selon l'Organisation internationale pour les migrants. 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:35
Cachez ce Front populaire qu'ils veulent oublier (Jack Dion dans "Marianne")

Cachez ce Front populaire qu’ils veulent oublier

Jack DION dans « Marianne »

 

S'il y avait une commémoration que la gauche de gouvernement n'aurait pas dû louper, c'est celle des 80 ans du Front populaire.

A moins que l'oubli ne soit volontaire.

Le Front populaire, une période où la gauche, socialiste en tête, osait des réformes audacieuses capables de mobiliser les forces vives du pays. La comparaison est sûrement trop cruelle.

Dans un pays frappé de commémoritude aiguë, où l'on entretient les anniversaires comme on soigne des plantes vertes, un événement est passé quasiment inaperçu : les 80 ans du Front populaire.

Curieux oubli pour un gouvernement qui se réclame encore de la gauche. Il y a bien eu quelques initiatives locales, mais rien à la mesure du phénomène.

Pas un colloque officiel. Pas une commémoration digne de ce nom. Pas un discours destiné à marquer l'Histoire en saluant l'un de ses hauts faits, comme si le bouleversement social réalisé à l'époque de Léon Blum était quantité négligeable.

On aura ainsi passé par profits et pertes le bilan des mois qui virent l'arrivée de la gauche au pouvoir, les grandes grèves de mai et juin 1936, puis la signature des accords de Matignon. Ces derniers se sont soldés, excusez du peu, par l'instauration des congés payés, la création des allocations chômage, la semaine des 40 heures, la liberté syndicale, l'élection des délégués du personnel, la généralisation des conventions collectives, la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans (contre 10 auparavant), le droit à la retraite à 65 ans pour les travailleurs des mines, ou la création de l'Office national interprofessionnel du blé afin de soutenir les prix des denrées agricoles.

Pour la première fois depuis la Commune de Paris, des hommes (et même des femmes, suprême nouveauté) non issus des couches dominantes ont accédé aux commandes de l'Etat…

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:20
Le Conseil de Sécurité de l'ONU adopte une résolution condamnant la colonisation israélienne grâce à l'abstention de l'administration Obama (Le Monde, 23 décembre 2016)

 

La résolution 2334 a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine ; une décision historique qui a suscité la réprobation d’Israël.

 

Barack Obama a décidé de laisser à son successeur, Donald Trump, un héritage qu’il ne pourra défaire : la résolution 2334, adoptée au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), vendredi 23 décembre. Ce texte dénonçant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine.

 

Au terme de quarante-huit heures de tourbillon politique, l’administration Obama a décidé de replier le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Israël, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne.

Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales.

 

Un souci d’équilibre

En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, Union européenne (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état des lieux alarmant de la réalité, sur le terrain. La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ».

Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la France, la Russie et l’Egypte, au cours des derniers mois, pour relancer un dialogue sur le conflit.

« C’est une victoire pour le terrorisme, la haine et la violence », s’est lamenté Danny Danon, l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, selon lequel la résolution représente un « non à la possibilité d’une paix ». Le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a aussitôt rejeté cette « résolution anti-israélienne honteuse » et annoncé qu’Israël ne s’y conformera pas.

 

Amertume israélienne

A l’origine, le texte avait été présenté mercredi soir par l’Egypte, à la surprise générale. Mais Donald Trump est intervenu pour peser de tout son poids de président élu des Etats-Unis auprès d’Abdel Fattah Al-Sissi. Il a demandé au président égyptien de renoncer à son initiative. Son interlocuteur n’a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte.

Mais la volte-face de l’Egypte n’a pas condamné son initiative. Quatre membres non permanents du Conseil de sécurité – la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela – ont pris le relais du Caire, pour promouvoir la résolution dans une version identique.

Vendredi dans l’après-midi, sous couvert d’anonymat, des responsables israéliens exprimaient leur amertume – et aussi une certaine panique – dans les médias, en affirmant que Barack Obama et le secrétaire d’Etat américain John Kerry se trouvaient derrière ce « coup honteux » et qu’ils « abandonnaient » Israël.

L’accusation est d’autant plus injuste que, comme le rappelait vendredi soir l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, M. Obama a « démontré un engagement sans précédent pour la sécurité d’Israël ». La diplomate faisait implicitement référence au nouvel accord de défense sur dix ans, conclu entre les deux pays à l’automne pour un montant de 38 milliards de dollars (36,3 milliards d’euros).

 

590 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est

Samantha Power a expliqué que les Etats-Unis ne votaient pas en faveur de la résolution parce qu’elle « se concentre trop étroitement sur les colonies » en ne tenant pas compte des autres facteurs dans le conflit.

 

Mais l’abstention se justifie, selon elle, par la continuité de la position américaine, d’un président à l’autre, républicain ou démocrate, depuis des décennies : elle se résume par une condamnation de la colonisation et un soutien à une solution à deux Etats. En 2011, l’administration Obama avait ainsi opposé son veto à une résolution condamnant la colonisation, dont la formulation avait été jugée trop déséquilibrée.

L’ambassadrice américaine a rappelé que le nombre de colons s’élevait à présent à 590 000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont 90 000 au-delà de la barrière de sécurité construite par les Israéliens.

L’examen actuel d’un projet de loi à la Knesset légalisant tous les avant-postes – colonies sauvages et illégales, même au regard du droit israélien – illustre la pente dangereuse suivie par le pays, alors que sera célébré, en juin 2017, le 50e anniversaire de l’occupation. « Il faut faire un choix entre les colonies et la séparation » avec les Palestiniens, a lancé Mme Power à l’attention du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

 

La frustration de John Kerry

S’exprimant lors du Forum Saban à Washington, le 4 décembre, John Kerry, avait exprimé sa frustration vis-à-vis de la droite israélienne et son idée d’un « grand Israël » qui absorberait les territoires occupés.

Interrogé sur la position de l’administration Obama en cas de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, M. Kerry avait traduit les hésitations de la Maison Blanche. « S’il s’agit d’une résolution biaisée et injuste prévue pour délégitimer Israël, nous nous y opposerons. Evidemment que nous le ferons. Nous l’avons toujours fait. Mais cela devient de plus en plus compliqué », ajouta-t-il, ne cachant pas sa frustration.

Lors de sa première élection, Barack Obama semblait décidé à agir sur ce dossier. Au second jour après son entrée en fonctions, il avait ainsi nommé un envoyé spécial pour le Proche-Orient, George Mitchell. Mais dès 2010, l’échec de sa première tentative de médiation avait découragé le président américain, qui avait délégué le dossier à son secrétaire d’Etat.

John Kerry a fourni beaucoup d’efforts, qui se sont révélés vains. Depuis l’effondrement des négociations israélo-palestiniennes en avril 2014, puis la guerre dans la bande de Gaza l’été suivant, les relations politiques entre les deux parties dans le conflit sont inexistantes. Seule la coordination sécuritaire fonctionne à plein.

Au cours des derniers mois, la droite nationale religieuse en Israël n’a pas caché sa satisfaction à l’idée de tourner la page des années Obama et de saisir l’occasion d’une remise à plat des relations bilatérales avec les Etats-Unis, grâce à l’arrivée de M. Trump à la Maison Blanche.

Ce dernier a réitéré son intention de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, en rupture complète avec la tradition diplomatique de son pays, selon laquelle le statut de Jérusalem ne sera déterminé que dans le cadre de négociations de paix. Enfin, le président élu a déjà annoncé l’identité du futur ambassadeur en Israël. Il s’agit de David Friedman, un ami avocat spécialiste de la banqueroute, connu pour son soutien idéologique à la colonisation et son opposition à un Etat palestinien.

 

L’« héritage » d’Obama

« Ce vote risque de pousser Trump à être encore plus pro-israélien, souligne un diplomate à Jérusalem. On risque d’assister par exemple à un déménagement accéléré de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv vers Jérusalem. »

Dans un tweet, Donald Trump a assuré vendredi soir que « les choses seront différentes après le 20 janvier ». Mais la résolution, elle, ne pourra être défaite. La seconde conférence pour la paix au Proche-Orient, que la France compte organiser le 15 janvier à Paris, après une première rencontre en juin, devrait se tenir dans une ambiance plus tendue que prévue.

En Israël, l’adoption de la résolution va dominer le débat public dès la fin du shabbat, samedi soir, alors que le pays s’apprête à fêter Hanoucca. Yaïr Lapid, le chef de file du parti de centre-droit Yesh Atid, aujourd’hui dans l’opposition, épouse totalement la ligne de M. Nétanyahou.

Au cours d’une conférence téléphonique, vendredi soir, avec des correspondants étrangers, M. Lapid a fait savoir qu’il s’était entretenu dans la journée avec un conseiller de Barack Obama pour exprimer sa vive inquiétude à l’idée d’une abstention américaine. L’ancien journaliste trouve « étrange » que le président démocrate laisse « ce genre d’héritage » sur le bureau de son successeur.

Mais il redoute surtout les conséquences pour Israël. « Cette résolution ne parle pas de sanctions, mais elle fournit l’infrastructure pour de futures sanctions, c’est ce qui est alarmant, dit-il. Cela peut donner corps à des plaintes devant des juridictions internationales contre Israël et ses responsables. Ce sera un chemin long et compliqué, et je vous assure que pendant cette période, il n’y aura pas de négociations. »


 


 

 

 

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:15
Les visages de Quimper. « Ma vie n'est plus en Syrie mais ici »

Les visages de Quimper. « Ma vie n'est plus en Syrie mais ici »

Notre série "Les visages de Quimper". Alaaeddin Sallal, ancien journaliste syrien torturé, est installé à Kermoysan. Il a obtenu l'asile politique et apprend le français.

Dans son appartement lumineux qui domine l'Odet depuis Kermoysan, Alaaeddin Sallal arbore un large sourire. Pas de satisfaction. Juste le bonheur de vivre, enfin, un peu plus en paix. Lorsqu'il est arrivé en avril, cet ancien journaliste-caméraman syrien ne se doutait pas qu'il s'intégrerait aussi vite en France. Nous l'avions rencontré en juin, alors qu'il prenait des cours de français avec de nombreux autres étrangers, à la Maison pour tous de Penhars.

Joueur de foot

Alaaeddin s'y rend toujours deux fois par semaine. Convaincu, à juste titre, que son intégration et sa recherche d'emploi passent avant tout par la maîtrise de la langue. S'il s'exprime dans un français encore entravé, il a fait de sacrés progrès. Dans son salon aux murs blancs décorés d'un drapeau breton et d'une grande photo, il accueille autour d'un café très serré. « À la turque ! », sourit-il en versant le breuvage chaud, entre deux bouffées de sa clope électronique.

Accueilli sept mois dans une famille fouesnantaise, Alaaeddin a tout de suite cherché à se mêler à la population locale en jouant au foot. La famille l'aide dans ses démarches administratives, en particulier pour bénéficier de la couverture maladie universelle, la CMU. « Les associations Habitat et humanité, et Familles de France, m'ont permis d'avoir cet appartement », explique-t-il. Le jeune Syrien a emménagé le 16 novembre à Quimper. Il tape dans le ballon rond au club de Cuzon.

Les contacts avec ses parents, ses quatre soeurs et ses deux frères en Syrie restent très compliqués : « On arrive un peu à échanger par messageries instantanées : mon téléphone et Internet sont toujours surveillés... »

 

Né à Idlib, au Nord-Ouest du pays le 1er janvier 1988, il a six ans quand sa famille déménage à Damas. Il tient d'abord un magasin d'informatique à Bayt Sahem. En 2011, il participe à des manifestations d'opposition au régime de Bachar el-Assad, envoie photos et vidéos à des chaînes de télé. Sa boutique est fermée et son matériel informatique confisqué par les forces de sécurité du régime.

« On va se marier »

Après avoir été kidnappé, séquestré et torturé, il devient reporter pour Al Jazeera, Al Arabiya et Al Hadath. En juillet 2014, il est arrêté par des membres d'Al Nosra, filiale d'Al Qaïda. On l'emmène en banlieue d'Alep pendant trois jours. Côtes cassées. Daech le considère comme un traître et promet 4 millions de livres syriennes (600 000 €) à qui le livrerait. Alaaeddin doit fuir. Fin août 2015, il se réfugie en Turquie. Le journaliste change plusieurs fois de villes, mais continue à travailler avec des journaux en ligne et des radios pour « dénoncer la situation ». Le 12 avril, il arrive à Paris.

Aujourd'hui, le trentenaire pose un regard encore plus triste sur son pays meurtri. « Bachar el-Assad est très dangereux », glisse-t-il, laconique. Le 20 septembre, Alaaeddin a obtenu l'asile politique pour dix ans. Il espère que sa compagne, avocate à Damas, puisse un jour le rejoindre. « On veut se marier. Même si la situation s'arrange un jour en Syrie, je n'y retournerai qu'en visite. Maintenant, ma vie est ici. »

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 08:12
Le 10 juillet 2015, à Ouessant : Jean-Yves Le Drian, l’ex-Premier ministre Manuel Valls, et Richard Ferrand. Du temps où l’alliance était encore belle… | Vincent MOUCHEL

Le 10 juillet 2015, à Ouessant : Jean-Yves Le Drian, l’ex-Premier ministre Manuel Valls, et Richard Ferrand. Du temps où l’alliance était encore belle… | Vincent MOUCHEL

Christian GOUEROU.

Les législatives, 3e tour de la Présidentielle ? Qui seront les candidat(e)s député(e)s de juin 2017 ? À gauche, des candidats PS « orthodoxes » affronteront des candidats PS macronistes.

Commentaire

Mercredi matin, le député Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En marche, a twitté : « Le moment venu, il y aura un appel à candidature pour les législatives avec un objectif de renouvellement profond du personnel politique. »

À quelques minutes d’intervalle, Yohann Nédélec, maire PS du Relecq-Kerhuon (pro-Valls) écrit sur la toile qu’il n’en peut plus d’entendre le député Richard Ferrand. « Écouter France Info ce matin et entendre le « Secrétaire Général » avec un grand G ! Attention… vomir sur le parti qui a fait toute sa carrière de Paris à Carhaix et sur ces adhérents fidèles et besogneux, bons uniquement à venir voter ! Point de non-retour. Vivement le 29 janvier. #Écœuré. »

C’est un résumé du moment politique, reflet de la fracture au sein du PS finistérien entre les partisans de Macron et les courants du PS qui soutiennent untel ou untel au sein des primaires citoyennes. Richard Ferrand est-il le talon d’Achille du PS ?

140 signes vachards

Un autre exemple, juste pour pimenter la journée. Aujourd’hui, Benoît Hamon fait campagne en nord-Finistère : il passera à Bodilis sur le coup des 13 h où il rencontrera des salariés de l’agroalimentaire, dont Olivier Le Bras, ex-leader syndical chez Gad. C’est un pied de nez à l’ex-ministre Macron qui parlait de l’illettrisme des salariés de l’agroalimentaire en septembre 2014.

Pour mémoire, le 10 novembre 2016, Richard Ferrand, toujours sur Twitter balançait 140 signes vachards en réponse à un tweet de Benoît Hamon : « Un enfant du système nourri par la politique (jeune socialiste, désormais apparatchik éternel) pourrait avoir la pudeur du silence ».

Que disait donc Benoît Hamon pour mériter ce scud ? Il écrivait que « tous ceux qui veulent perpétuer le système, les Clinton français, de Macron à Juppé, préparent l’arrivée de Marine Le Pen au 2e tour. » Que de l’amour.

Qui sera présent au 2e tour ?

Le nœud du problème politique est bien là : qui sera présent au 2e tour de la Présidentielle ? Comment construire une majorité politique en juin 2017 ? La gauche pourrait ne pas figurer dans un 2e tour où s’affronterait Marine Le Pen et François Fillon.

Mais, au soir de la primaire du 29 janvier, il est possible que des socialistes quittent le navire pour rejoindre Macron dans l’idée que lui seul peut figurer au 2e tour… Ils rêveraient d’un désistement du candidat investi par la primaire au profit de Macron ? Tandis que d’autres militants soutiendront le candidat PS (Valls, Montebourg ou Hamon ?) coûte que coûte, même si celui-ci ne doit figurer qu’à la 5e place au soir du 1er tour, derrière Macron et Mélenchon ?

Le pari de Richard Ferrand est bien celui-là : le PS (et ses électeurs) viendra vers eux pour sauver les meubles.

Des candidats Macron

Quand Richard Ferrand appelle à un renouvellement du personnel politique, bien sûr il ne pense pas à lui-même. Il pense à la création d’un groupe (d’une majorité ?) de députés tout neufs ou presque. Des néo-candidats tels que Pierre Karleskind (PS) à Brest ou Didier Le Gac (PS) à Brest rural pourraient se retrouver face à Patricia Adam (PS) et Jean-Luc Bleunven (divers gauche).

Dans le même temps, après la primaire, le PS désignera-t-il un nouveau candidat PS « pur jus » à Carhaix-Châteaulin ? Ou soutiendra-t-il par en-dessous le candidat PCF, Maxime Paul ? À Douarnenez- Pont-l’Abbé, Liliana Tanguy (PS) ne deviendra-t-elle pas la candidate d’En Marche ? Elle qui était candidate à la candidature contre Florence Crom (PS), investie par les militants PS…

À qui profitera cette fracture qui créera des triangulaires ou des duels FN contre droite républicaine ? À moins d’un accord de printemps entre le PS et En marche et d’un partage des circonscriptions ? Si ça ne balance pas trop de tweets assassins d’ici le mois de juin.

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