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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 10:56
l'île de Guyane chère à Emmanuel Macron!

l'île de Guyane chère à Emmanuel Macron!

Guyane

Les salariés, la population et les syndicats Guyanais doivent être entendus !!!

Communiqué de la CGT - lundi 27 mars 2017

Ils dénoncent notamment la dégradation continue de leurs conditions de vie et de travail, l’insécurité, le taux de chômage qui atteint 22%, le manque d’infrastructures, le système de santé défaillant, etc. !

Ce n’est pas la vente de l’hôpital de Kourou par la Croix-Rouge à un opérateur privé qui ouvrira à la population un meilleur accès à la santé.

Les nombreux grévistes du secteur de l’Energie, demandent des recrutements et des investissements dans un territoire où les coupures sont fréquentes et où des milliers de personnes n’ont pas accès à l’électricité.

A quelques semaines de la loi votée, intitulée « loi pour l’égalité réelle », un quart des enfants en Guyane n’ont pas accès à l’eau ou à l’électricité !!! Vous avez dit égalité ?

Egalité encore ? La moyenne nationale des familles qui vivent sous le seuil de pauvreté est de 14%, et de 44% quand il s’agit de la Guyane !!

Égalité toujours, alors qu’on recense un manque criant de classes dans les établissements scolaires avec plusieurs centaines d’enfants et de jeunes déscolarisés, renforçant un sentiment de relégation.

La Guyane, depuis des décennies fait l’objet de promesses non tenues aggravant la situation économique et sociale du territoire.

La Guyane et Kourou sont la vitrine mondiale de la Fusée Ariane mais certainement pas la vitrine sociale des gouvernements successifs !

Depuis plusieurs semaines la collectivité territoriale Guyanaise voit des mobilisations sociales dans plusieurs secteurs économiques qui ont marqué des convergences ces derniers jours. 37 syndicats de l’Union des Travailleurs Guyanais ont ainsi décidé d’un appel à la grève générale.

Depuis ce matin, la Guyane est donc figée par l’ampleur de la grève. 

Cette situation doit être prise à la hauteur des besoins sociaux, économiques, d’éducation et sanitaires qu’elle porte.

Le gouvernement doit répondre à la légitime demande des grévistes de pouvoir ouvrir de réelles négociations avec la Ministre et le gouvernement.

La Confédération Générale du Travail exprime son entier soutien aux salariés Guyanais et leurs organisations syndicales. 

La CGT est disponible pour répondre à toutes sollicitations et échanges avec les syndicats Guyanais dans le cadre de nos relations d’amitié, de solidarité et de lutte.

Montreuil le, 27 mars 2017

 

Guyane: les salariés, la population et les syndicats Guyanais doivent être entendus!!! (CGT)
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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 05:00

Compte-rendu du conseil municipal du 23 mars 2017

 

Début du conseil : 19h.

Jean-Yves Lecomte, absent pour raisons professionnelles, a donné pouvoir à Ludovic Jaouen.

En préambule Joëlle Huon intervient pour indiquer ne pas comprendre la réaction de la municipalité dans la presse locale concernant la réunion organisée le même jour sur le thème de la maison médicale.

M. Le Vaillant indique que la municipalité a été choquée d'apprendre la tenue de cette réunion le jour même du conseil et sans en avoir été informé officiellement. Il estime que la présence de Jean-Luc Fichet, par ailleurs président de Morlaix communauté, pour animer cette réunion aurait conduire celui-ci  à en informer préalablement la municipalité.

Joëlle Huon répond que cette réunion, qui était une simple réunion publique, était prévue de longue date, bien avant que la date du conseil ne soit connue, ce qui d'ailleurs ne se produirait pas si la municipalité prenait l'habitude de fixer un calendrier prévisionnel des conseils municipaux.

1° Compte rendu du conseil du 23 février 2017:

Roger Héré souligne que, contrairement à l'habitude, le document rendait compte cette fois des débats, mais seulement pour le premier point à l'ordre du jour (PADD). Cela prouvait donc que ce qui était demandé par l'opposition était tout à fait possible. Cependant cela devrait constituer la pratique pour l'ensemble des points examinés par le conseil, ce qui n'était pas le cas. D'où l'abstention des élus de l'opposition (6 abstentions avec le pouvoir).

 

2° Budget de la commune

La municipalité avait décidé d'organiser la discussion à partir d'une présentation très formaliste et comptable (présentation du compte de gestion du percepteur et du compte administratif 2016 et vote sur chaque point distinctement).

Roger Héré estimait qu'il aurait été préférable d'avoir une présentation globale des comptes de 2016, suivie d'une discussion générale et des votes sur chaque point à l'issue du débat. Cette suggestion n'a pas été retenue : "Jusqu'à présent ce n'est pas vous le maire" a rétorqué le premier adjoint.

Néanmoins, dans un cadre de discussion compliqué compte tenu de la méthode volontairement retenue, Roger Héré a fait état des éléments sur les résultats de l'année 2016 (après avoir indiqué au passage à Mme le Maire qu'elle s'était trompée dans sa présentation car elle avait donné les chiffres du budget primitif au lieu du compte administratif), précisant qu'il aurait pu faire un "copier/coller" de ce qu'il avait indiqué l'an passé pour le compte administratif de l'année 2015 :

- la commune réalisait encore une fois en 2016 un excédent de fonctionnement très important ( + 648 748,99 €)  d'un niveau tout à fait comparable à celui de 2015 (+ 676 071,28 €);

- que cet excédent important représentait 16,5 % du budget de fonctionnement total de la commune (17% en 2015);

- que si ce même résultat était obtenu en 2017, ce serait au total un  budget complet ( environ 4 000 000 €) qui aura été économisé en 7 ans depuis 2011;

- que, globalement, les recettes réelles avaient été supérieures de 134 000 € au budget attendu, malgré une légère baisse du produit de la taxe d'habitation (exonérations pour les personnes âgées aux revenus modestes);

- que les dépenses réelles de fonctionnement étaient inférieures de 238 030,55 € à celles prévues au budget primitif (suppression d'un poste d'ATSEM et non remplacement de personnels);

- que sur le total de 621 310,80 € de dotations aux associations, 449 734,32 € étaient attribués à la piscine, soit 72%, 144 805,81 € au total étaient attribués à l'école Ste Marie, soit 23,30%, et que toutes les autres associations devaient se partager les 26 770 € restant, soit 4,31% en tout et pour tout.

- que les dépenses d'investissement avaient été réduites par rapport à ce qui était prévus,et que 425 000 € de dépenses prévues avaient fait l'objet d'une annulation;

- que l'encours total de la dette de la commune était de 1 497 845,50 € au 31 décembre 2016 contre  1 763 021,57 € fin 2015, ce qui était  très en dessous de la moyenne des villes comparables, et que cela traduisait finalement, non pas une bonne gestion, mais un manque total de vitalité de la politique municipale, des investissement utiles n'étant pas effectués pendant que la commune en avait les moyens.

Ainsi, la municipalité dispose largement des moyens pour entreprendre une autre politique au service de la population.

Concernant le budget pour 2017 les mêmes constats ont été faits, Roger Héré faisant remarquer que seul le projet de maison médicale pouvait être considéré comme un projet d'avenir, les reste consistant en des projets de dépenses courantes d'investissement.

L'un des adjoint a indiqué lui-même que la gestion municipale était comparable à "la gestion du porte-monnaie de la ménagère".

A l'issue de la discussion, pour toutes ces raisons, et à l'exception du compte de gestion du percepteur de l'année 2016 pour lequel un vote favorable a été émis, l'opposition a voté contre les budgets administratifs 2016 et le projet de budget pour 2017 (6 voix)

 

3° Allocations scolaires

Comme chaque année des explications on été demandées sur le calcul du montant forfaitaire appliqué pour chaque élève de l'école Sainte Marie. R. Héré constate que le montant retenu pour 2016/2017 (658,77 € par élève) a été majoré de exactement 1% par rapport à l'année précédente. Répondant à sa demande, Mme le maire donne les chiffres du coût moyen par élève dans le public, soit 790 €, ce qui est largement supérieur au coût de l'année précédente (690 € selon ses chiffres), la raison avancée étant la baisse des effectifs scolaires. 

Comme les autres années, et compte tenu de l'importance des sommes accordées à l'école privée Saint Marie, l'opposition votre contre la proposition de la municipalité.

4° Projets des écoles, tarifs camps ALSH, relais des jeunes

Pas de remarque particulières.

Accord.

5° Indemnités BAFA

La municipalité propose de verser une indemnité de 315 € (310 € en 2016) aux stagiaires encadrant les enfants dans le cadre de leur stage pratique pour l'obtention du BAFA pour un stage complet de 14 jours.

R. Héré rappelle la demande faite en 2014, 2015 et 2016 de porter cette indemnité à 600 € compte tenu du travail effectué. Comme les autres années ce sujet donne lieu à une fin de non recevoir de la majorité municipale.

Vote contre de l'opposition compte tenu de la non prise en compte de leur demande.

 

6° indemnités des élus

La municipalité fixe le barème des indemnités des élus à compter du 01/01/2017, sur la base du nouvel indice terminal de la fonction publique.

Abstention de l'opposition.

 

7°prêt d'honneur

Prêt de 1 000 € pour le financement d'un stage au Canada.

Accord.

 

 

8° acquisition par la commune de terrains rue des Sports et rue du puits

Accord.

 

9° déclassement d'une voie communale et échanges de terrains

La municipalité propose ce projet pour des terains sis à Goz Foënnec. B. Le Vaillant précise qu'en raison d'un projet de vente par une personne, il s'agit de régulariser une très ancienne situation résultant d'accords donnés par M. Berthou, alors maire et prédécesseur de l'ancien maire J. Urien.

L'opposition s'abstient sur ce projet municipal.

 

10° compte rendu des décisions prises par délégation

Pas de remarques.

 

Fin du conseil         : 21 h

 

 

 

Roger Héré

Roger Héré

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 04:50

Retraités

JEUDI 30 MARS À 10H30 QUIMPER : PLACE DE LA RESISTANCE

 

BLOCAGE DES PENSIONS.SE FAIRE ENTENDRE
 

POUR IMPOSER D’AUTRES CHOIX
 

Pour la CGT , les retraités, les salariés, les privés d’emploi les mesures d’austérité qui nous sont imposées par le gouvernement, le patronat, deviennent insupportables.
Pour de nombreux retraités, le fait du blocage des pensions depuis 4 ans, est synonyme de galère au quotidien et pour d’autres d’inquiétude face à la paupérisation croissante.
Pour sortir de l’impasse, il faut réorienter la répartition des richesses produites pour plus d’égalité. Les moyens existent.
Pour imposer d’autres choix, il faut se faire entendre, se mobiliser en montrant son mécontentement. Alors, oui j’y vais à la manifestation !

 

SANS VOUS RIEN N’EST POSSIBLE C’EST AVEC VOUS QUE TOUT LE DEVIENT !

Rassemblement des retraités jeudi 30 mars à 10h30 à Quimper contre le blocage des pensions de retraite
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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 15:01
La France doit s'engager pour un monde sans armes nucléaires (PCF-27 mars 2017)

La France doit s’engager pour un monde sans armes nucléaires

Le 27 mars 2017 s’ouvrent à New-York des négociations visant à la fin des armes nucléaires ; elles font suite à l’adoption par l’Assemblée générale de l’ONU le 23 décembre 2016 de la résolution L 41 portant sur la conclusion d’un traité d’interdiction des armes nucléaires.
 

Alors que la France est signataire du Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP) dont l’article 6 l’engage à œuvrer en faveur du désarmement nucléaire et d’un désarmement général, multilatéral, négocié et contrôlé, elle a voté contre la résolution L. 41 et ne sera pas présente lors des discussions qui débutent à New-York.
 

La France, comme les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne, a tenté d’empêcher ces négociations initiées par des pays porteurs d’une approche humanitaire ; celle-ci met au centre des préoccupations non seulement la sécurité des puissances nucléaires, mais aussi celle de l’ensemble des États potentiellement victimes de l’emploi des armes nucléaires. 
 

Les négociations ont de bonnes chances d’aboutir à un projet de traité d’interdiction et d’élimination des armes nucléaires, d’autant que deux puissances nucléaires, l’une signataire du TNP, la Chine et l’autre non signataire, l’Inde, ont manifesté l’intention de participer aux négociations. Il est temps que la France prenne la mesure de ces évolutions au plan international et joue un rôle actif dans le processus en cours.
 

Le Parti communiste français demande que la France cesse de pratiquer la politique de la chaise vide et rejoigne le processus de négociations qui commence en proposant des mesures concrètes pour avancer vers un monde sans armes nucléaires comme par exemple le gel de tous les programmes de modernisation qui contreviennent à l’esprit et au texte du TNP.

Paris le 27 mars 2017, le Parti communiste français

 

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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 10:02

Le puissant mouvement social qui se lève en Guyane, auquel nous apportons notre soutien, porte sur des enjeux essentiels, notamment en terme de développement économique et d'emploi, de santé, d'éducation et de sécurité. Alors que des engagements précis avaient été pris en 2013 par François Hollande, avec un « Pacte pour l'avenir de la Guyane » resté lettre morte, qu'une loi « Égalité réelle outre-mer » vient d’être votée, il s'agit de passer au concret en mobilisant les moyens nécessaires à cette égalité. Les politiques publiques doivent permettre à la Guyane, comme aux autres territoires ultramarins, de choisir, en lien à l’État, son modèle de développement social, économique et culturel.

 

Le Gouvernement doit répondre aux revendications exprimées et engager un vrai dialogue.

 

 

 

 

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

 

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 20:51
Conseil de communauté du 20 mars 2017 (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Conseil de communauté du 20 mars 2017 (photo Pierre-Yvon Boisnard)

Ordre du jour du Conseil Communautaire du lundi 27 mars 2017: CCI de Morlaix, 18h

- Avenant à la convention cadre pluriannuelle avec ADEUPa (agence d'urbanisme de Brest-Bretagne). Subvention de 83 716€ pour des études de développement économique et d'urbanisme

- Modifications par avenant du contrat de territoire

- Schéma départemental d'amélioration de l'accessibilité des services publics (Conseil Départemental du Finistère)

- Budget de l'étude préliminaire permettant de mesurer la faisabilité et l'opportunité d'une liaison ville haute-ville basse à Morlaix, demande de subventions (89 910€ d'auto-financement Morlaix Communauté sur un budget d'étude préliminaire de 141 720€)

- Contrat de ruralité pour le pays de Guerlesquin (station d'épuration: étude technico-économique permettant de déterminer si on construit une nouvelle station d'épuration des eaux domestiques de la commune de Guerlesquin -environ 750 000€ de travaux- où si l'on récupère la maîtrise d'ouvrage de la station de Tilly Sabco en prenant en charge les frais de dépollution).

- Requalification de la ZAE de La Boissière à Morlaix.

- Plan de financement de l'espace des sciences à la Manu (coût total prévisionnel: 9 millions d'euros, avec 3, 2 millions d'euros à la charge de Morlaix Communauté). Demande de subventions dans le cadre du contrat de ruralité.

- Convention de délégation de service public pour la gestion et l'exploitation de l'aéroport de Morlaix-Ploujean. Désignation du délégataire: la CCI Métropolitaine Bretagne Ouest proposée, pour un coût à l'année de prise en charge du déficit d'exploitation de 400 000€ pour la communauté d'agglo.

- protocole transactionnel sur la halle Jézequel

- contrat d'objectifs et de moyens lié à la subvention à Tébéo ( 25 000€ en 2016, 12 500€ en 2017).

- désignation de représentants suppléants au sein du pôle d'équilibre territorial et rural

- adoption du compte de gestion 2016

- adoption du compte administratif 2016

- vote des taux de fiscalité directe locale 2017 ( taxe d'habitation: 10,19% + 2% en 2016; taxe sur le foncier non bâti: 1,99%; cotisation foncière des entreprises CFE: 25,01% +2% en 2016).

- vote sur la proposition d'augmentation de 4% (après 2% en 2016) du taux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères(TEOM)

- vote du budget primitif 2017 

- transfert d'un agent de la ville de Morlaix à Morlaix Communauté au service urbanisme

- cotisation pour la Mission Locale (92 602€)

- convention avec l'association Don Bosco (proposition d'accorder 120 000€, 50 000€ pour Loustic Bihan et 70 000€ pour le RPAM).

- Attribution d'une subvention à Don Bosco pour le Point Santé, 10 000€ de subvention pour un budget de 98 654€, accueil pour l'accès aux soins de toutes les personnes.

- Convention avec le RESAM, attribution d'une subvention de 20 000€

- Attribution d'une subvention au RESAM, Culture pour tous. Financement de 1500€ ville de Morlaix, 1000€ Morlaix-Co     

- Attribution d'une subvention à l'ASAD de 10 000€ (association pour le soutien aux adultes en difficulté, notamment pour l'accès au logement, l'hébergement temporaire, le développement du lien social...) 

- Subvention d'investissement de 180 000€ pour l'espace des sciences

- Rues en scène ( participation de Morlaix Communauté à hauteur de 76 500€ pour des spectacles proposés avec l'aide du Roudour et ayant lieu à Carantec le 27 août, à Plourin-les-Morlaix le 3 septembre, à Plouégat-Guerrand le 9 septembre) 

- Attribution d'une subvention à Pleyber-Christ pour la restauration d'une chapelle au titre du petit patrimoine non classé

- modification du règlement du port du Diben

- conventions de partenariat avec les associations Au fil du Queffleuth et de la Penzé, Bretagne vivante et Ulamir CPIE

- aide au développement de l'entreprise Cargo (Torréfaction de la baie) au port de Morlaix sur un bâtiment appartenant à Morlaix Communauté, remise en état du bâtiment pour un coût de 200 000€

- attribution d'une subvention au CIDFF dans le cadre de l'insertion professionnelle de femmes (18 600€)

- attribution d'une subvention exposition 2017 au CAIRN de Barnenez.

- rapport d'orientation dans le domaine des déchets: 6 millions d'euros à mobiliser pour la période 2017-2020 pour la création d'une nouvelle plate-forme de compostage et la mise aux normes des déchetteries, projet de remise en cause des sacs jaunes au profit des containers, mise en place des conditions de facturation aux usagers du service qui aujourd'hui bénéficient de la gratuité (communes, associations, EHPAD)

- attribution d'une subvention à l'association Les Eco-Bretons (6000€)

- convention de mandat avec l'agence de l'eau pour la mise en conformité des branchements et réseau d'assainissement collectif     

 

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 20:48
Ouest-France
Roscoff. 5 000 personnes dans la rue en soutien à Perharidy

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Environ 5000 personnes ont défilé dans Roscoff.
Environ 5000 personnes ont défilé dans Roscoff. | Photo : Ouest-France

Organisée en soutien au personnel du centre de Perharidy, menacé par une réforme du financement des soins, la marche citoyenne prévue ce samedi matin a rassemblé quelque 5 000 personnes à Roscoff (Finistère).

Après une pétition sur change.org ayant réuni près de 9 000 signataires, les organisateurs espéraient beaucoup de monde à la marche citoyenne en soutien au personnel du centre de Perharidy. Pari réussi : ils étaient environ 5 000 ce samedi à 10 h 30, au départ de la gare de Roscoff !

 

Le vieux port noir de monde pendant les prises de parole.

 

La mobilisation est très forte depuis l’annonce, en fin d’année dernière, d’une réforme du financement pour les établissements de soins de suite et réadaptation (SSR).

 

Le centre de Perharidy est à la pointe dans le traitement de la mucoviscidose.

 

Si elle est appliquée en l’état, le centre pourrait voir son budget amputé de 33 % sur cinq ans. « Le nouveau mode de calcul ne valorise qu’une seule pathologie, ne tenant donc aucun compte des autres soins réalisés », explique l’intersyndicale CFDT-CFE-CGC-CGT-Sud de la Fondation Ildys, citant l’exemple « d’un patient obèse, amputé et dialysé ».

Avec un très probable impact sur la masse salariale, 600 salariés à Roscoff, sans compter les emplois indirects.

« Ce centre, c'est l'image de Roscoff !  »

Samedi matin, dans les rues de Roscoff, ils étaient sans doute tous là, ou presque, ainsi que leur famille et proches. « J’ai des amis qui y travaillent, donc je les soutiens », raconte Fabien, de Saint-Pol. Mais ce centre, c’est plus encore : « Comme la station biologique, c’est l’image de Roscoff ! »

Dans les rangs du tranquille cortège, le consensus est total. Syndicats, élus, direction, conseil d’administration de la fondation Ildys, soignants, patients… « Ensemble, sans clivage pour une cause juste : défendre un site d’exception pour les soins d’exception prodigués à nos enfants et nos familles », souligne Nicolas Floch, maire de Saint-Pol-de-Léon.

 

Parmi les élus, Nicolas Floch (maire de Saint-Pol), Joseph Seité (maire de Roscoff), Maël de Calan (conseiller départemental).

 

Stéfano De Blasio, délégué Sud, syndicat majoritaire à la fondation Ildys, « n’avait pas de doute sur cette participation massive, car je sais qu’il existe une histoire commune, je dirais même une histoire d’amour, entre le centre de Perharidy et la population. Et elle n’est pas près de s’arrêter ».

 

Adrien Kervella, président de la fondation Ildys, Hélène Blaize, directeur général et Stéfano De Blasio, délégué Sud, syndicat majoritaire à la fondation Ildys.

 

L’intersyndicale « demande au gouvernement que la dotation modulée à l’activité, telle qu’elle est mise en place depuis le 1er mars, soit abandonnée ou modifiée pour les SSR spécialisés comme le centre de Perharidy ».

http://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/roscoff-5-000-personnes-dans-la-rue-4883501

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 20:32
60 ans du Traité de Rome: l'Europe libérale a failli, il faut la refonder! (PCF)

60 ans du Traité de Rome: l’Europe libérale a failli, il faut la refonder 

Les chefs d’État européens sont réunis dans la capitale italienne 60 ans après la signature du Traité de Rome alors que l’Union européenne traverse une crise existentielle historique. Brexit, rejet populaire massif des politiques d’austérité, montée des extrêmes droites sont les conséquences d’un modèle de construction laxiste avec les pouvoirs financiers mais impitoyable avec les peuples. L’Europe libérale a failli, il faut la refonder.

 

Nous mettons en garde contre les solutions discutées au Conseil européen. Il est illusoire et dangereux de penser une « relance » de l’Union européenne par un renforcement de l’intégration économique à plusieurs vitesses, et une militarisation de notre continent, via le projet de défense européenne. Renforcer la concurrence, les inégalités entre les travailleurs, entre les pays, nous engager dans une escalade guerrière, c’est conduire les peuples européens vers plus de déchirures. A quelques semaines des élections en France, François Hollande qui a renoncé à être candidat, ne peut associer notre pays à un projet aussi néfaste.

 

L’Union Européenne se disloquera si elle n'est pas refondée. En engageant au plus vite une convergence par le haut des salaires et des droits sociaux, en utilisant, via un fonds de développement social et environnemental, la création monétaire de la BCE pour investir dans les services publics, l’industrie et la transition écologique, en respectant les choix des peuples et en devenant un acteur de paix mondiale, l’Europe peut devenir utile aux européens.

 

Le PCF est lui aussi aujourd’hui à Rome avec les forces progressistes européennes réunies par la société civile italienne pour travailler à ce projet alternatif. Il participera demain, samedi 25 mars, à la manifestation « Corteo per la Nostra Europa » organisée à 11H, Piazza Vittorio – Colosseo.

 

Parti communiste français

 

Paris, le 24 mars 2017

60 ans du Traité de Rome: l'Europe libérale a failli, il faut la refonder! (PCF)
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 17:27
Samedi 25 mars, sur le marché de Morlaix

Samedi 25 mars, sur le marché de Morlaix

Les militants de la CGT Retraités présents sur le marché de Morlaix le samedi 25 mars (photos Pierre-Yvon Boisnard)
Les militants de la CGT Retraités présents sur le marché de Morlaix le samedi 25 mars (photos Pierre-Yvon Boisnard)
Les militants de la CGT Retraités présents sur le marché de Morlaix le samedi 25 mars (photos Pierre-Yvon Boisnard)
Les militants de la CGT Retraités présents sur le marché de Morlaix le samedi 25 mars (photos Pierre-Yvon Boisnard)
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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 17:06
Pierre Dardot et Christian Laval sont des sociologues politiques qui ont écrit il y a quelques années un livre très documenté sur le néo-libéralisme (La Nouvelle raison du monde, Essai sur la société néo-libérale, éditions La Découverte) et tout dernièrement un essai sur la pensée de Marx. 

Pierre Dardot et Christian Laval sont des sociologues politiques qui ont écrit il y a quelques années un livre très documenté sur le néo-libéralisme (La Nouvelle raison du monde, Essai sur la société néo-libérale, éditions La Découverte) et tout dernièrement un essai sur la pensée de Marx. 

 
L’urgence démocratique

25 MARS 2017 PAR PIERRE DARDOT ET CHRISTIAN LAVAL


L’époque est plus que jamais asservie au couple du néolibéralisme agressif et du nationalisme identitaire et xénophobe. Casser cette mécanique devrait être la tâche prioritaire d’une gauche régénérée. Elle n’y parviendra pas dans les semaines qui viennent, estiment le philosophe Pierre Dardot et le sociologue Christian Laval qui, dans ce texte, tordent également le cou à la notion de « populisme de gauche ».

 

Au débat télévisé du lundi 20 mars, François Fillon est apparu bien effacé et bien terne. On avait peine à reconnaître celui qui en avait solennellement appelé au jugement du peuple contre la justice. Cet appel a-t-il marqué un tournant ? On a relevé que l’axe de l’indépendance de la justice avait disparu subitement de son programme. On s’est à bon droit inquiété de la condamnation du « racisme antifrançais » par le même individu dans un meeting à Caen le 16 mars dernier, expression dont on sait qu’elle fut forgée par Jean-Marie Le Pen en 1977. On s’est à juste titre scandalisé de la caricature antisémite de Macron publiée sur Twitter le 10 mars par Les Républicains

Cependant, la seule question qui vaille est de savoir comment interpréter ce qui ne relève pas d’écarts de langage mais d’une stratégie mûrement réfléchie. Dans un entretien au Monde, Pierre Rosanvallon a parlé à propos de la déclaration de Fillon de « tournant populiste » dans la campagne présidentielle, tout d’abord pour réunir Poutine, Orban, Trump et Erdogan sous ce terme de « populisme », ensuite pour associer Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon dans une même « culture populiste »[1]. Selon Pierre Rosanvallon, serait en jeu une « conception de la démocratie » caractérisée par un refus des « pouvoirs neutres », c’est-à-dire irréductibles au pouvoir de la majorité électorale (Cour constitutionnelle, autorités judiciaires, etc.). Mais quel crédit peut-on accorder à une catégorie dont le sens est aussi flexible ?

  • Retour sur le « populisme » 

Il nous semble tout d’abord indispensable de revenir de façon critique sur cette notion de « populisme ». Il en va en réalité de bien plus que d’une querelle terminologique et conceptuelle. La question est politique, et elle a deux volets qui sont liés. Il s’agit d’abord de savoir si ce terme suffit à caractériser la nature de l’extrême droite française. Il s’agit ensuite de savoir si la réponse politique de la gauche doit se définir sur ce même terrain du « populisme », comme certains seraient tentés de le faire en invoquant hâtivement l’exemple de Podemos.

Ce que trahit l’usage médiatique dominant de cette notion, c’est un mépris inspiré par la présomption d’une incapacité politique du peuple. Toute expression d’une opposition au néolibéralisme était immédiatement discréditée par ce vocable dans les médias dominants ou dans la « classe politique ». Mais on ne peut s’en tenir à cette critique de l’usage péjoratif et dépréciatif de ce mot. Comme le fait remarquer Catherine Colliot-Thélène, cette critique « laisse la porte ouverte à un possible retournement de sens du populisme »[2]. Par ce retournement, il s’agirait de valoriser ce qui est dévalorisé dans l’usage dominant. Le terme devrait alors être revendiqué positivement : il faudrait opposer un « populisme de gauche » à la gouvernance des élites néolibérales.

La première question que nous devons nous poser est celle du pouvoir explicatif de cette notion : peut-elle prétendre subsumer des phénomènes aussi divers que l’élection de Trump, le Brexit, la montée du Front national, la percée de Podemos, le positionnement de Mélenchon, etc. ? Sans même parler d’unité, quel dénominateur commun peut-on trouver à tous ces phénomènes ? Veut-on faire fond sur l’opposition du « peuple » aux « élites » ? Mais qu’entend-on alors par « peuple »? Ce mot peut désigner un tout comme une partie de ce tout.

Comme le note Laurent Jeanpierre[3], la différence entre le « populisme » nationaliste du Front national et le « populisme » revendiqué par Podemos, c’est que le Front national amalgame le sens social (la partie) au sens national (le tout), de manière à imposer une image homogène et unifiée qui rejette les élites hors du corps sain de la nation, du côté de l’étranger, en même temps qu’elle exclut toute opposition de classe interne au « peuple » ainsi magnifié. C’est ce passage de l’opposition interne au peuple comme tout (entre les classes populaires et les élites) à l’opposition externe du peuple pris comme tout à l’« élite cosmopolite » qui caractérise ce type de nationalisme.

Car c’est bien d’un nationalisme autoritaire et identitaire qu’il s’agit, ou d’une forme de néofascisme qui renoue avec certains des traits les plus saillants du « socialisme nationaliste » de Barrès. Ce dernier puise son inspiration dans le mouvement rassemblé autour de la personne du général Boulanger à la fin des années 1880 : volonté de « nationaliser » les petites gens et les plus déshérités, antiparlementarisme, autoritarisme dérivé d’une conception plébiscitaire de la démocratie (« Révision, référendum » fut le mot d’ordre fédérateur du boulangisme).

Barrès place ce mouvement, qui se réclame de la « sainte canaille » de 1789, de 1830, de 1848 et même de la Commune, sous le patronage de Jeanne d’Arc, qui « a été une sainte pour tous »[4]. Il propose en 1893-1894 un plan en quatre points : une taxe sur les employeurs, une taxe militaire sur les étrangers équivalente à celle payée par les Français exempts du service militaire, l’exclusion des étrangers de tous les chantiers nationaux et l’expulsion de tous les étrangers tombant à la charge de l’Assistance publique[5]. En 1898, misant sur le sentiment d’insécurité économique qui pèse sur le petit commerçant, l’agriculteur, le bourgeois et l’ouvrier en période de crise, il fait du protectionnisme le centre de son programme politique : protectionnisme contre le produit étranger et l’ouvrier étranger, protectionnisme contre la féodalité financière internationale qui élimine le travailleur français, protection contre le naturalisé[6].

  • Les emprunts au boulangisme

L’appel au peuple, le culte du chef et le sens de l’autorité forment des ingrédients directement empruntés au boulangisme. De ce strict point de vue, l’orientation imprimée au Front national par Marine Le Pen, loin de marquer un « tournant social » ou une réorientation « à gauche », trahit une inspiration plus directement fasciste que le reaganisme de son père au début des années 1980. Certes, le langage est plus policé et expurgé de ses « outrances » antisémites, et l’ennemi n’est plus l’Allemagne comme nation, mais l’eurocratie bruxelloise qui encourage « l’invasion islamiste » en favorisant l’entrée des migrants. Mais bon nombre des éléments du « socialisme nationaliste » des années 1890 sont recyclés dans une synthèse idéologique qui présente bien des traits de ce qui fut aux « origines françaises du fascisme », selon l’expression de Zeev Sternhell.

C’est en particulier le cas du recours systématique au référendum pour imposer une révision constitutionnelle. Marine Le Pen a ainsi annoncé pêle-mêle des révisions constitutionnelles sur la suppression du Sénat, sur l’abrogation du pouvoir constituant de l’Assemblée nationale, sur l’inscription de la préférence nationale dans le Préambule, sur la limitation du pouvoir constitutionnel, sur le retour au septennat non renouvelable[7]. Il est certes des différences qu’il faut se garder d’escamoter : même si son noyau historique est cimenté par cette idéologie, le Front national n’a rien du parti de masse structuré que constituait la Ligue des patriotes dans les années 1890 et ses méthodes d’action et de propagande n’ont que peu à voir avec les descentes de rue et les émeutes organisées par ce même parti. Reste, et c’est là l’essentiel, qu’en reprenant sciemment des formules lepénistes, François Fillon s’est bel et bien situé sur le terrain non du populisme, mais du néofascisme.

Pouvoir fort contre démocratie libérale

Un tel rappel s’impose d’autant plus que le boulangisme a, par l’écho qu’il a rencontré dans les milieux ouvriers, semé un trouble profond jusque dans les courants les plus radicaux de la gauche de l’époque, au point de susciter l’ire d’Engels, de Liebknecht et de Bebel contre leurs représentants[8]. C’est tout particulièrement le cas des blanquistes, des guesdistes et, de manière plus générale, d’anciens communards. Un Édouard Vaillant ira jusqu’à apporter son soutien à ce mouvement et nombre de guesdistes, notamment en Gironde, verseront dans le boulangisme.

Quelle en est la raison profonde ? Un même attrait pour un pouvoir fort justifié par une opposition farouche à la démocratie libérale. Ainsi, Guesde n’hésite pas à écrire en pleine ascension du parti national : « Peu importe la structure du pouvoir, tout dépend de la main de la classe qui l’exerce. »[9] Aujourd’hui plus que jamais, il importe de méditer sur la séduction exercée par le boulangisme sur ce que l’on pourrait appeler un « gauchisme autoritaire », soit un gauchisme combinant l’appel à la grève générale, voire à l’action directe, avec la fascination pour le chef et le culte du pouvoir d’État exercé d’une main de fer. Car la tentation du néoblanquisme et du néoguesdisme est aujourd’hui toujours vivace au sein d’une fraction de la gauche dite radicale.

En quoi la notion de « populisme » est-elle susceptible d’éclairer la signification politique du boulangisme ? Le philosophe politique argentin Ernesto Laclau, dans son ouvrage La Raison populiste, ne veut retenir de ce phénomène que quatre éléments ou aspects « politico-idéologiques »[10]. En premier lieu, l’hétérogénéité des forces qui soutenaient le général Boulanger et leur situation de marginalité par rapport au système en place. En deuxième lieu, la concentration du soutien à Boulanger dans les centres urbains, où ce mouvement traversait la plupart des couches sociales, sans se réduire à l’élément prolétarien. En troisième lieu, l’idée qu’une intervention extraparlementaire était aussi intéressante pour la gauche radicale que pour la droite[11]. Enfin, en quatrième lieu, ce qui faisait l’unité de ces forces hétérogènes était un même dévouement à Boulanger et le charisme de ce personnage.

Pour Laclau, ces quatre éléments reproduisent point par point les dimensions qui définissent à ses yeux le populisme : le regroupement de forces hétérogènes et de demandes qui ne peuvent être intégrées dans le système institutionnel, le lien d’équivalence entre toutes ces demandes, qui ont toutes le même ennemi (la corruption du système parlementaire), la figure d’une individualité qui fonctionne comme un « signifiant vide », pour autant qu’elle soit réduite à son nom et que ce nom fasse l’objet d’un fort investissement affectif.

L’insistance de Laclau sur tous ces traits, l’équivalence par opposition, le signifiant vide, la réduction du leader à son nom, n’a d’autre fonction que de refuser de prendre en compte le contenu positif de l’idéologie boulangiste et l’attitude politique pratique que ce contenu détermine. De la même manière, son analyse de la percée électorale du Front national fait l’impasse sur les positions politiques pratiques de ce parti pour s’attacher avant tout à ce qu’il appelle « la nécessité ontologique d’exprimer la division sociale » : dès lors que le Parti communiste ne fut plus capable d’exprimer cette division, la « fonction ontologique » (sic) fut assurée par le « populisme de droite » du FN[12].

Par cette primauté accordée à la « fonction ontologique », on passe soigneusement sous silence le contenu de toute une culture politique (celle de la défense de l’« indépendance nationale » et du « Produisons français ») qui a grandement facilité ce glissement d’une partie de l’électorat du PC au FN et l’on se donne la possibilité de ménager un « no man’s land nébuleux »[13] entre populisme de droite et populisme de gauche. C’est cette primauté d’une fonction susceptible d’être remplie par des signifiants politiquement opposés qui avait permis à un Pablo Iglesias d’affirmer en 2014 que Podemos occupait le même espace politique que Syriza en Grèce, Beppe Grillo en Italie ou le Front national en France[14].

La notion de « populisme » sert alors à justifier une neutralisation des oppositions politiques au profit d’une fonction et d’un espace d’autant plus invariants qu’ils sont vides de contenu. Mais elle n’explique rien de ce que les phénomènes ont de spécifique. L’on est ainsi confronté à cette alternative : ou bien l’on tient à conserver la notion de populisme et l’on renonce alors à expliquer la différence entre « populisme de gauche » et « populisme de droite », en raison de la vacuité de cette notion ; ou bien l’on cherche vraiment à expliquer cette différence, mais il faut alors de toute nécessité introduire des éléments qui ne doivent plus rien à la notion de « populisme », ce qui revient à abandonner tout recours autre que purement verbal à cette notion.

  • Le populisme comme contre-stratégie…

La seconde question que soulève la référence insistante au « populisme » est celle de la valorisation politique de cette notion au titre d’une contre-stratégie. S’appuyant sur la Psychologie des masses et analyse du moi de Freud (1921), Laclau considère que la constitution d’un peuple n’est possible qu’au prix d’une identification de tous les individus à un même leader. Mais Laclau va jusqu’à rapprocher explicitement la relation des membres du « peuple » à leur leader de la relation des membres de l’Église au Christ : chaque chrétien doit aimer le Christ en tant qu’idéal de la masse et s’identifier à lui en aimant les autres membres de l’Église comme il est supposé les avoir aimés.

Contrairement à ce que soutient Ernesto Laclau[15], cette double relation des membres du peuple à leur leader ne rend pas ce leader « plus démocratique » qu’un leader auquel on ne s’identifierait pas, elle rend au contraire cette relation terriblement asservissante et tyrannique. En une unique figure humaine, on aurait en effet un « substitut du père » auquel on doit s’identifier en aimant tous les frères du même amour que lui et en même temps un « frère » auquel on s’identifie comme à tous les autres en raison des traits communs qu’il présente avec tous les autres.

Comment peut-on exiger du même individu qu’il aime le chef suprême comme figure de l’idéal et qu’il s’identifie directement à lui ? Cette double exigence n’est-elle pas parfaitement contradictoire dans les termes ? L’amour voué au chef implique qu’on le regarde comme très supérieur à nous et l’identification directe à ce même chef implique au contraire qu’on le considère comme notre égal. On est là plus près des aspects les plus problématiques du chavisme (culte christique du leader et relation de type plébiscitaire entre le chef et les masses) que de la véritable démocratie comme exercice organisé du contrôle du peuple sur ses propres dirigeants.

L’idée que l’on se fait de la démocratie

Cependant, ce qui est en jeu chez Laclau, c’est fondamentalement non la psychologie de la masse, mais la formation de l’identité populaire comme identité politique. On l’a vu, cette constitution requiert à ses yeux que s’instaure une équivalence entre des demandes sociales très hétérogènes, ce qui tend à en appauvrir le contenu et à la faire fonctionner comme un « signifiant tendanciellement vide »[16]. Très précisément, plus l’équivalence sera étendue, plus le signifiant unifiant toute la chaîne sera vide[17]. Selon Laclau, cet élément ne peut être qu’une individualité. Compliquant la notion classique de représentation politique, il introduit l’idée d’une double dimension inhérente à toute représentation[18].

La première dimension fait du représentant celui qui transmet la volonté des représentés, tandis que la seconde fait de lui un acteur qui « ajoute » quelque chose de décisif aux intérêts des représentés. Cet ajout n’est pas mineur, puisqu’il consiste dans l’identité des représentés : « Le représenté dépend du représentant pour la constitution de son identité. »[19] Les représentés n’ont donc pas d’identité antérieurement à la représentation et indépendamment d’elle. Mais cette seule dimension est loin d’épuiser la relation de représentation.

Il faut prendre en compte le second mouvement qui, lui, va des représentés au représentant : le représentant ne doit pas s’autonomiser totalement vis-à-vis d’eux, faute de quoi il ne pourrait plus représenter « une chaîne d’équivalences »[20]. Cette double exigence (constituer la totalité et représenter une chaîne d’équivalences) n’est pas sans poser problème : car comment re-présenter cela même que l’on constitue ? Chez Laclau, c’est la ressemblance du père aux frères (les « traits communs ») qui est investie de la fonction de réduire la distance entre représentant (le père) et représentés (les frères) : le représentant devra à la fois être un frère et un père. D’où l’insistance sur la ressemblance du représentant avec les représentés[21]. La représentation procède donc d’une identification des représentés au représentant en raison de la supposée ressemblance du représentant avec les représentés.

Le véritable enjeu de toute cette conception est assurément l’idée que l’on se fait de la démocratie. Au prétexte de combattre l’identification de la démocratie à la démocratie libérale dont un Claude Lefort se rendrait coupable, Ernesto Laclau et Chantal Mouffe invoquent, contre « la tradition libérale constituée par le règne de la loi, la défense des droits de l’homme et le respect de la liberté individuelle » une « tradition démocratique fondée sur l’égalité, l’identité entre gouvernants et gouvernés et la souveraineté populaire »[22].

 

  • Carl Schmitt et la démocratie plébiscitaire

Étrangement, c’est chez le juriste et philosophe du droit Carl Schmitt, qui adhérera au nazisme en 1933, que l’on trouve une réélaboration du concept de démocratie qui consonne avec cette supposée « tradition démocratique ». Dans sa Théorie de la constitution (1928), ce dernier définit la démocratie comme forme de gouvernement par l’identité du gouvernant et du gouverné et fait de l’« homogénéité du peuple » sa caractéristique principale[23]. Aussi fait-il de l’« acclamation » le moment privilégié où la présence du peuple physiquement rassemblé rend superflue toute représentation[24].

C’est à partir de cette logique que le même Carl Schmitt assimilera en 1932 la démocratie « directe » ou « non représentative » à la démocratie « plébiscitaire », en allant jusqu’à parler du « système plébiscitaire de la démocratie directe »[25]. Mais cette prétendue identité immédiate du peuple avec lui-même n’est nullement une caractéristique essentielle de la démocratie. Aristote parle bien d’une règle de l’alternance qui fait que chaque citoyen est tour à tour gouverné et gouvernant, mais cette réciprocité dans l’exercice du pouvoir n’a rien à voir avec une identité du peuple avec lui-même[26].

La démocratie est par essence délibérative et la pratique de la délibération collective présuppose non une homogénéité, mais une hétérogénéité du peuple. C’est même en raison de cette hétérogénéité qu’« une masse nombreuse décide mieux que n’importe quel individu », « comme un festin payé collectivement est meilleur que celui offert par une seule et même personne »[27]. Mais le festin de la délibération collective n’est pas une fête de l’acclamation.

Par conséquent, si la démocratie représentative doit être critiquée, c’est non parce qu’elle est délibérative, mais au contraire parce qu’elle n’est pas vraiment délibérative : l’oligarchie des représentants ne se constitue que par l’expropriation de la capacité collective de délibération des représentés et la « délibération » est, de ce fait, complètement faussée. À cet égard, l’introduction par Chavez du référendum révocatoire à mi-mandat dans la Constitution vénézuélienne témoigne non de la réalisation de la démocratie directe, mais de l’esprit plébiscitaire du régime[28]. C’est la révocabilité des délégués à l’initiative des citoyens qui fait la démocratie, non la réponse à une question posée par avance par les gouvernants.

Résumons-nous : la seule alternative à l’oligarchie néolibérale est la démocratie comprise comme coparticipation au processus de délibération et de décision. Tout le reste n’est que bavardage et poudre aux yeux. La notion de « populisme » fait écran à cette alternative parce qu’elle brouille le concept de « démocratie » en rendant acceptable la prétendue « démocratie plébiscitaire », et c’est à ce titre qu’elle doit être catégoriquement rejetée.

Ce terme est et doit rester un mot de l’ennemi, que toute gauche digne de ce nom doit s’interdire de reprendre à son compte. Plus précisément encore, toute politique qui se revendique du populisme ne fait que conforter la dépossession politique des dominés en remettant entre les mains d’un leader leur intelligence et leur capacité d’action.

  • Le désespoir des sacrifiés du néolibéralisme

La question est donc stratégique. Comment lutter sur un double front, contre le néofascisme et contre le néolibéralisme, étant entendu que le néofascisme, dont l’essor a été favorisé par les politiques néolibérales, ne représente nullement une rupture avec le système néolibéral ? Il faut commencer par ce diagnostic : le Parti socialiste et le gouvernement portent une responsabilité écrasante dans le désastre actuel. Toute leur politique a consisté à infliger une longue série de défaites sociales aux salariés, aux retraités, aux fonctionnaires, aux gens les plus modestes. Elle se paie aujourd’hui par la désunion et la défaite politique.

On aurait pourtant pu espérer que le rejet, régulièrement exprimé au cours des dernières élections, du cours néolibéral du quinquennat, allait offrir la chance de refonder une « nouvelle gauche » désireuse de faire une politique de gauche. Cela n’a donné, mais c’était certes déjà beaucoup, que le retrait honteux de Hollande et la défaite cuisante de Valls à la primaire. Depuis, les illusions se sont envolées.

Les victimes du néolibéralisme se vengent

Le rejet du néolibéralisme par une grande partie des électeurs de gauche risque fort d’ouvrir plutôt la voie soit au néofascisme déguisé de Le Pen, soit au néolibéralisme assumé et arrogant de Macron. Cet apparent « paradoxe » a été analysé par nombre de commentateurs : d’élections en élections, les classes populaires, qui autrefois soutenaient dans une large mesure les partis de gauche, se détournent du suffrage (« ça ne sert à rien de voter ») ou entendent « renverser la table » en votant FN, tant elles se sentent abandonnées par des responsables politiques impuissants à enrayer la désindustrialisation, le chômage et la précarité.

En réalité, et les études électorales sont terribles à cet égard, le rejet populaire pour les candidats de gauche, y compris Mélenchon, est impitoyable pour des responsables accusés d’être indifférents à la situation des classes populaires. Désormais, la gauche est très largement minoritaire parmi les ouvriers et les employés.

Ce ne sont pas les dominés qui sont les premiers responsables du sort qui leur a été réservé, ce sont ceux qui ont mené une politique qui, depuis les années 1980, a cherché à affaiblir matériellement et subjectivement les classes populaires. On le sait, on l’a répété : les politiques dites « de gauche » n’ont plus cherché à partir de 1983 à remettre en question la puissance du capital, elles ont visé à la renforcer, et ceci par le grand marché européen, la monnaie unique, la concurrence interne et externe entre salariats et fractions du salariat.

L’heure est au ressentiment. Les victimes du néolibéralisme se vengent en faisant payer les reniements. Et cette vengeance profite surtout aux pires. Une partie de l’autre composante sociologique de la gauche – les cadres du secteur public, les enseignants, les diplômés –, effrayée par la perspective d’une victoire du néofascisme et peu encline à voir remonter dans les sondages le tartuffe entretenu de la « droite extrême », risque d’abandonner par calcul les deux représentants de la gauche au profit de celui qui, d’abord dans l’ombre de Hollande puis au gouvernement de Valls, a inspiré et mis en musique la « trahison » du Bourget.

Macron, illusoire « moindre mal », c’est évidemment le danger que, dans cinq ans, lorsque les digues seront sans doute tombées entre extrême droite et droite extrême, le néofascisme soit encore plus fort. Mais le calcul de ces électeurs ne va pas jusque-là et pour cause : c’est, dans l’immédiat, la division entre les deux candidats de gauche qui les pousse à cette option détestable.

 

  • L’impasse de la gauche

Que l’on ne s’y trompe donc pas : l’époque est plus que jamais asservie au couple infernal du néolibéralisme agressif et du nationalisme identitaire et xénophobe. Casser cette mécanique infernale devrait être la tâche prioritaire d’une gauche régénérée. Elle n’y est pas encore parvenue et n’y parviendra pas dans les semaines qui viennent parce qu’elle n’a pas réuni trois conditions nécessaires et liées :
1) La construction d’un pôle politique puissant à l’extérieur du Parti socialiste, ce qui aurait supposé une dynamique unitaire dont n’a pas été capable feu le Front de gauche ;
2) Le recentrement de la politique de gauche sur la « question sociale », c’est-à-dire celle de l’emploi, du travail et des inégalités et, au-delà, de la propriété ;
3) L’élimination du verrou que représente pour toute politique alternative le Parti socialiste actuel. Cette dernière condition nécessiterait soit de pouvoir arracher cette formation à l’attraction mortifère du néolibéralisme, ce qui supposerait des forces internes capables de renverser la domination de l’appareil et des élus, ce qui n’a pas été possible jusqu’à présent, tant ce parti est atteint d’oligarchisme sénile ; soit de le faire éclater en deux blocs « irréconciliables », ce qui ne s’est pas encore fait par manque de décision et d’horizon stratégique de Hamon et des autres dits « frondeurs ».

En l’absence de ces conditions, les deux candidats ont voulu prendre des voies de traverse pour sortir de l’impasse stratégique dans laquelle l’un et l’autre se sont engagés. Mélenchon a fait cavalier seul, imposant un modèle politique « populiste » à ses anciens partenaires du Front de gauche. C’est le sens de son mouvement, La France insoumise, qui se veut « hors parti » et surtout attaché à sa candidature présidentielle.

  • Les problèmes non résolus de la candidature Mélenchon

La stratégie « révolutionnaire » de Mélenchon est en réalité strictement électorale. Si au départ il était question de composer un large bloc social et idéologique autour de l’élaboration collective d’un programme, la voie suivie a plutôt consisté à parier sur l’adhésion des masses à un leader charismatique prêtant son verbe haut à un peuple révolté. À la grande différence de Podemos, parti qui s’est appuyé sur un collectif de jeunes dirigeants et a été porté par des vagues contestataires, La France insoumise repose sur l’identification à un homme exceptionnel, dont la puissance de persuasion tient à ses qualités personnelles, et surtout à l’éloquence rare des tribuns d’autrefois.

La « radicalité » mélenchonienne est cependant loin du socialisme d’antan. Plus question de socialisation des forces productives ou d’autogestion. L’essentiel du message est mis sur les institutions politiques, regardées comme la clé de toute transformation. D’où la centralité de la question de la souveraineté, de là les emblèmes républicains et nationaux : drapeaux tricolores, bonnets phrygiens, Marseillaise, Constituante et autre « levée en masse » des citoyens rassemblés à la Bastille et à la République.

Cette candidature pose un certain nombre de problèmes non résolus : comment passer à la VIe République en jouant la personnalisation à outrance et en flirtant dangereusement avec la « démocratie plébiscitaire » ? Comment croire à la maturation collective d’un projet de société en alimentant la pulsion politiquement ambiguë du « dégagisme » ? En tout cas, puisque cette candidature d’incarnation du peuple est « au-dessus des partis », il ne saurait être question du moindre arrangement avec les autres formations de gauche, traité avec mépris de « carabistouilles ». Qui m’aime me suive.

L’entreprise de Hamon n’est pas plus encourageante. À beaucoup d’égards, elle l’est moins. Le candidat socialiste ne sait sur quel pied danser, faute d’avoir changé de terrain. Plutôt que d’afficher sa rupture avec le quinquennat néolibéral, il manœuvre, il esquive. Comme s’il y avait encore quelque chose à attendre d’un appareil et d’élus qui veulent le noyer au plus vite dans les eaux fétides des accommodements et des résignations.

Pourtant, déjà trop à gauche pour l’appareil, qu’aurait-il eu à perdre en restant fidèle à ses convictions de la primaire ? Il aurait évidemment fallu lever toute ambiguïté envers l’Union européenne, sa logique de l’austérité, son dumping fiscal et social. Mais c’était tellement contraire à ses appels piteux au rassemblement de la « famille socialiste », qu’il n’a pas pu aller bien loin en ce sens. Il aurait dû savoir que beaucoup d’électeurs de gauche ne sont plus du tout disposés à lui faire une confiance aveugle, après s’être fait berner par Hollande, Macron et Valls comme ils l’ont été. Faire acclamer par 20 000 personnes les noms de Hollande, Cazeneuve et Le Drian lors de son meeting de Bercy le 19 mars est le signe même que sa double position à l’égard du quinquennat, critique et élogieuse, est proprement intenable.

Hamon enlisé dans l’héritage

Pour surmonter ses contradictions, il a cru bon, lors des primaires, de se projeter dix ou vingt ans en avant, en envisageant à l’avenir une raréfaction de l’emploi qui venait ainsi justifier sa proposition de revenu universel. Diversion qui lui a permis un moment d’obtenir un brevet d’utopie auprès d’une fraction des électeurs de gauche. Si cette utopie ne lui permet pas de renouer avec les classes populaires, dont les membres au chômage veulent un « vrai travail », elle lui a permis au moins de ne pas aborder de front les questions éminemment urgentes de la politique économique et de l’Europe. En un mot, enlisé dans l’héritage, il n’espère plus guère qu’un nouveau rapport de forces à l’intérieur du Parti socialiste.

En réalité, les deux candidats, et ils ne s’en cachent guère, se sont résignés à l’échec de la gauche. Et ne semblent plus rivaliser que pour savoir qui des deux sera le quatrième et le cinquième dans la « course » électorale. Objectif dérisoire aux yeux des électeurs de gauche, compte tenu des enjeux historiques de cette élection, mais d’une importance majeure pour les militants les plus convaincus ou les plus sectaires.


Il est d’ailleurs fort inquiétant que certains d’entre eux, mi-cyniques mi-calculateurs, s’en fassent aussi vite une raison. « C’est plié », glissent en aparté certains d’entre eux. Seule compterait la « recomposition » future de la gauche. D’où l’étrange indifférence affichée face aux sondages décevants, d’où cet aveuglement quant aux conséquences de la division. Sans doute Hamon et Mélenchon ont-ils fait semblant de se parler ; en réalité ni l’un ni l’autre ne tenait à quelque rapprochement que ce soit.

La division va sans doute permettre à l’oligarchie d’élus qui « tient » le Parti socialiste d’en reprendre le contrôle après la parenthèse de la candidature Hamon. Mais elle va surtout laisser face à face la candidate du néofascisme réchauffé et le candidat du néolibéralisme rajeuni. Qu’à la fin, cela doive se conclure aussi lamentablement a de quoi détacher beaucoup d’électeurs de la gauche et peut-être même de les dégoûter de la politique. L’amertume, de toute manière, sera au rendez-vous, et ce n’est pas avec elle que l’on reconstruit.

  •  

  • Quelle unité ?

Le néolibéralisme a fait des ravages et continuera d’en faire, on le sait. L’un d’entre eux, le plus pressant dans la conjoncture, c’est la progression du néofascisme. Les salariés les plus dominés, et d’autres catégories avec eux, enragent et croient voir en Marine Le Pen leur ultime recours. Tout semble fait pour renforcer son image « sociale ». Son hold up sur les thèmes sociaux (retraite, protection sociale, plein emploi « national », etc.), dont la gauche a eu longtemps une sorte de monopole, est en train de réussir au-delà de toutes ses espérances, du fait même de leur abandon par la gauche gouvernementale.

Emboîtant le pas à un Sarkozy qui dénonçait naguère le programme économique du Front national comme un programme d’« extrême gauche », nombreux sont les journalistes qui l’aident à accomplir son forfait : dès qu’un candidat de gauche ou d’extrême gauche ose avancer une mesure sociale, en prônant la retraite à 60 ans ou la suppression de la loi travail par exemple, on s’empresse de l’accuser d’imiter Le Pen.

Comment conjurer la « catastrophe démocratique qui menace », selon la formule de Laurent Mauduit[29] ? Beaucoup, désolés du spectacle à gauche, voudraient l’unité. Leur appel mérite le respect, notamment celui, dramatique, du maire communiste de Grigny, Philippe Rio[30]. Mais en appeler à l’unité des deux candidats ne sert malheureusement pas à grand-chose dans la situation actuelle. Ils se maintiendront, enfermés l’un et l’autre dans leur logique propre. Ils paieront le prix, et nous avec eux, de l’autodestruction du socialisme durant ces 30 ou 40 dernières années, faute d’avoir voulu et pu surmonter ce désastre historique. Personne pourtant n’est propriétaire de l’unité. Aucun appareil, aucun responsable, ne devrait avoir le droit d’en décider sur un coin de table de restaurant.

Mais surtout, comment ne pas voir que, si l’on désire vraiment refonder la gauche, le temps des appareils dominateurs et des leaders solitaires est passé ? Comment ne pas comprendre que toute transformation sociale réelle passe désormais par la libération des énergies démocratiques, par une déverticalisation effective de l’action politique ? Mélenchon a certes compris que le temps des vieux partis était passé, mais il a reverticalisé encore plus la relation personnelle qu’il veut entretenir avec le « peuple », selon le schéma douteux et dangereux d’Ernesto Laclau et de Chantal Mouffe.

De ce point de vue, la dette proclamée à l’égard de la « révolution bolivarienne » d’Hugo Chavez est passablement inquiétante[31]. Insistons là-dessus encore une fois : la prétendue « démocratie plébiscitaire » n’est en rien une forme particulière de démocratie, elle est la négation pure et simple de la démocratie comprise comme exercice effectif du pouvoir politique par le peuple, au moins sous la forme d’un contrôle actif sur les détenteurs du pouvoir exécutif.

Quel contraste avec le foisonnement des pratiques innovantes et des idées nouvelles en matière démocratique dont a témoigné Nuit debout. Il suffit d’être à l’écoute de toutes les expérimentations pratiques et de toutes les discussions théoriques qui ont lieu depuis des années dans ce pays et dans d’autres, dont l’Espagne, pour se rendre compte du caractère archaïque des manières de faire dans la gauche politique française.

Aucune refondation de la gauche n’aura lieu tant que l’on dissociera la parole et l’action, le projet et l’organisation. Les ficelles du passé sont trop grosses aujourd’hui pour la sensibilité politique des gens de gauche qui veulent prendre part. Et il est une autre condition et elle est élémentaire. On l’a dit, la lutte séculaire pour l’égalité sociale a été trahie par la gauche de gouvernement, et cette trahison a conduit à la désertion des classes populaires et au succès du néofascisme. Remettre au centre de l’activité politique l’égalité sociale et faire que cette politique égalitaire commence dans les dispositifs organisationnels eux-mêmes est la seule voie concevable pour que la gauche survive et se reconstitue. La transformation sociale désirée à gauche commence donc par soi-même.

  • Urgence démocratique et front commun

Il faut agir vite pour que dès les législatives le sort de la gauche anti-néolibérale ne soit pas entièrement condamné. Avec qui faire l’unité demain ? Et comment ? On ne doit se faire aucune illusion sur la nature du Parti socialiste, et l’on sait parfaitement quel obstacle il est par lui-même devenu à toute politique de rupture avec l’ordre existant. Compte tenu de la décomposition de la gauche actuelle, il importe de réfléchir à la constitution rapide d’un vaste bloc démocratique antinéolibéral, rassemblant de multiples composantes politiques, syndicales, associatives, d’accord pour faire front commun contre les deux ennemis aux destins inséparables que sont le néofascisme et le néolibéralisme.

La « gauche de gauche » française a pris un retard considérable et déçu les attentes de beaucoup, sauf lorsqu’elle s’est unie durant une trop brève période sous la forme d’un cartel d’organisations. Rappelons-nous : 1995-2005, première période de luttes massives contre les politiques néolibérales et émergence de l’altermondialisme ; 2005-2009, cafouillage sectaire et incapacité des forces politiques de gauche de donner forme politique nouvelle aux résistances sociales ; 2009-2016, vie et mort du Front de gauche, seule tentative, mais avortée, de coalition de la « gauche de gauche ».

Le « dépassement » du Front de gauche voulu par Mélenchon en 2016 débouchera-t-il, comme il le souhaite, sur une nouvelle force parlementaire ou bien sur le vide ? La désunion se paie en tout cas aujourd’hui au prix fort. La responsabilité est sans doute partagée entre les « appareils », mais elle est lourde pour chacun et n’en épargne aucun. Soit le sectarisme d’appareil se prolonge, et ce sera la fin pour longtemps de la gauche critique et radicale, soit il peut être dépassé par la création d’une nouvelle formation à la fois unitaire et diverse, et le couple infernal de ses deux ennemis pourra alors être combattu et vaincu.

Cette dynamique unitaire est d’ailleurs la condition pour que le Parti socialiste éclate entre ses deux pôles artificiellement réunis aujourd’hui sous un même chapeau. Si un groupe de « frondeurs », sociaux-démocrates à l’ancienne, parvenait à se reconstituer sur les ruines du hollandisme, il pourrait participer au front commun.

Mais nous n’en sommes pas encore là. La dynamique actuelle de division risque fort d’offrir au second tour de l’élection présidentielle le choix entre Le Pen et Fillon ou, plus probablement, Le Pen et Macron. Si tous les appels à l’unité sont restés vains, si nous ne pouvons plus rien empêcher, en tout état de cause, après les élections, il restera l’« urgence démocratique » de faire face au néofascisme, fruit d’un désespoir doublement alimenté par le néolibéralisme et l’absence d’une vraie alternative politique. Car il ne faut pas s’y tromper : la menace du néofascisme est une menace de guerre civile. C’est donc dès maintenant, si l’on veut vraiment éviter que le pire n’advienne, qu’il faut penser et expérimenter les formes d’un front commun démocratique.

 

 


[1] Le Monde du 2 mars 2017, propos recueillis par Nicolas Truong.

[2] Catherine Colliot-Thélène, « Le populisme n’est pas un concept », Cahier de l’Éducation permanente, n° 49, p. 112.

[3] Laurent Jeanpierre, « Quand je parle de “populisme”, je mets le mot entre guillemets ! », Cahier de l’Éducation permanente, n° 49, p. 96-97.

[4] Cité par Zeev Sternhell, La Droite révolutionnaire, p. 65.

[5] Ibid., p. 71.

[6] Ibid., p. 73.

[7] « Si Marine Le Pen était présidente », Mediapart.fr, le 14 mars 2017.

[8] Zeev Sternhell, op.cit., p. 38.

[9] Ibid., p. 40.

[10] Ernesto Laclau, La Raison populiste, Le Seuil, 2008. Ernesto Laclau (1935-2014) et sa collègue et compagne Chantal Mouffe ont développé depuis les années 1980 une réflexion sur la stratégie politique de la gauche, en défendant une conception positive du « populisme ».

[11] En réalité, « contrairement à ce que soutient la vison rétrospective du boulangisme, élaborée à la fin du siècle à la lumière de l’affaire Dreyfus, l’idée d’un coup d’État n’a même pas effleuré l’esprit des chefs boulangistes. Pas plus qu’elle n’a traversé celui de la foule des manifestants qui envahit les abords du restaurant Durand, où le général et son état-major sont venus fêter le raz-de-marée boulangiste » (Zeev Sternhell, op.cit., p. 57).

[12] Ernesto Laclau, La Raison populiste, op.cit., p. 108.

[13] Ibid.

[14] Voir l’entretien publié par Mediapart le 20 juin 2014.

[15] Ernesto Laclau, La Raison populiste, op. cit., p. 78.

  1. Ibid., p. 118.

[17] Ibid., p. 122.

[18] Ibid., p. 187.

[19] Ibid.

[20] Ibid. (nous soulignons).

[21] Ibid., p. 190.

[22] Ibid., p. 197 (les formules citées de Chantal Mouffe sont reprises à son compte par Ernesto Laclau).

[23] Carl Schmitt, Théorie de la constitution, puf, 1993, p. 352 et 372.

[24] Ibid., p. 382.

[25] Carl Schmitt, Légalité et légitimité, Les Presses de l’Université de Montréal, 2016, p. 46-47.

[26] Contrairement à ce que soutient Carl Schmitt, Théorie de la constitution, op. cit., p. 353.

[27] Aristote, Les Politiques, GF Flammarion, 1993, p. 263.

[28] Ahmet Insel, « La postdémocratie entre la gouvernance et caudillisme », Revue du Mauss, n° 26, 2005.

[29] Laurent Mauduit, « Pour conjurer le spectre des années 30 », Mediapart, 28 février 2017.

[30] http://www.liberation.fr/debats/2017/03/02/cher-benoit-cher-jean-luc-a-grigny-comme-ailleurs-vos-carrieres-vos-querelles-on-n-en-a-rien-a-faire_1552845.

[31] Cf. Politis 1427, 10/11/2016, p. 3, qui fait référence au livre d’entretiens de Marc Endeweld avec Jean-Luc Mélenchon, Le Choix de l’insoumission.

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