Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 09:09
Photo de Morlaix - Rodolphe Thirard

Photo de Morlaix - Rodolphe Thirard

« Tiers lieu », le 9 rue de Paris

Un projet construit sans vraie concertation avec la MJC, les acteurs culturels morlaisiens, qui a changé plusieurs fois de nature, et toujours dans un tête à tête avec l'équipe majoritaire de droite, sans consultation des Morlaisiens, des acteurs sociaux ...

https://www.ouest-france.fr/…/morlaix-tiers-lieu-musee-funi…
le 20/12/2018 : le projet passe de 600 000 à 1 millions d’euros (mais finalement n’accueillera pas la médiathèque)

https://www.ouest-france.fr/…/morlaix-la-majorite-municipal…
le 12/05/2019 : le projet passe à 1 411 000 euros

https://www.letelegramme.fr/…/les-travaux-ont-repris-au-9-r…

Au final, le montant annoncé aujourd’hui est de 1.845 Millions.

En 2 ans, un triplement du coût du projet.

"Musée des Jacobins":

Il a fermé sa dernière salle d'exposition au printemps 2017 (alors qu'on aurait sans doute pu laisser ouvertes certaines pièces d'exposition) mais le projet a pris beaucoup de retard. Le désamiantage n'a pas commencé. Trois ans pour enlever la dalle et casser 4 murs, c'est pas très efficace... Beaucoup d'appels d'offre infructueux.

Ce projet initialement prévu à 12 millions d'euros est en train de déraper financièrement. Au final, on sera au moins à 2 millions de plus, et le projet est plutôt assez mal cofinancé, car la ville a beaucoup avancé seule, sans les collectivités qui auraient dû être ses partenaires naturels. Le projet d'investissement muséal le plus cher du Finistère, qui aboutira quand, pour quel résultat véritable en terme d'attractivité de notre ville?

Une épine dans le pied aussi: les travaux du musée sont amenés à impacter fortement les bars et commerces de restauration rapide de la place des Jacobins. Juste après les deux mois de confinement, ce sera un problème si les travaux ont lieu l'été. 

Statepark: 

Le skatepark promis en 2008 devait entrer en fonction début 2020 juste avant les élections après 12 longues années d'attente de la réalisation de la promesse de campagne d'Agnes Le Brun. Juin 2020, il n'est pas encore construit. On peut d'ailleurs s'interroger sur les limites de la forme actuelle du projet qui pourra difficilement associer les amateurs de roller et qui s'adresse surtout aux skaters confirmes, plus qu'aux pratiques de loisir et de découverte occasionnelles. Cela aurait été souhaitable d'associer les deux.  

Pôle santé du quartier de la gare:

Un projet mal réfléchi, sorti du chapeau au dernier moment à deux semaines du second tour des Municipales, sans discussion au sein du Conseil Municipal ni la moindre information des élus d'opposition, avec les professionnels de santé (notamment la clinique de la Vierge Noire). Le projet monté avec Sagéo, un groupe financier coté en bourse, interroge d'autant plus qu'il n'a pas d'ouverture de santé à son actif jusqu'à présent et qu'il est basé sur le principe discutable de la médecine à distance. La télémédecine n'a rien d'une médecine d'avenir pour le contact direct avec les patients. A l'heure où Morlaix Ensemble a depuis un an dans son programme un centre de santé municipal public, cette annonce ne vise t-elle pas essentiellement un effet électoral?     

Funiculaire enterré reliant la gare au centre ville: Agnès Le Brun n'en parle plus directement dans cette campagne de second tour et prétend avoir dans son programme les navettes électriques que lui préférait Morlaix Ensemble? Quid de ce projet qui suscitait le scepticisme des Morlaisiens par son coût et son caractère prioritaire discutable... 

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 09:00
Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Pierre-Yvon Boisnard, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Photo Ismaël Dupont, "Morlaix Ensemble" sur le marché de Morlaix - 20 juin 2020

Très bon marché ce matin pour l'équipe d'union de la gauche de "Morlaix Ensemble".

Des conversations pleines de sourires et d'espoir pour tourner la page de la droite aux responsabilités à Morlaix et relancer la ville!

Merci à Pierre-Yvon Boisnard pour ces photos.

Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 07:43
le groupe des 11 vaillants députés communistes à l'Assemblée Nationale, complété par des élus de gauche des DOM-TOM pour former le groupe GDR: Gauche démocrate et républicaine

le groupe des 11 vaillants députés communistes à l'Assemblée Nationale, complété par des élus de gauche des DOM-TOM pour former le groupe GDR: Gauche démocrate et républicaine

Samedi, 20 Juin, 2020 - L'Humanité
Hubert Wulfranc martèle l’exigence d’ISF avec sa chaussure

Les députés PCF ont défendu plusieurs propositions de loi, jeudi, à l’Assemblée nationale. Face à une Macronie sourde à l’exigence d’un rétablissement de l’ISF, l’élu Hubert Wulfranc a tapé le pupitre de sa « godasse », dans l’espoir de réveiller les membres de la majorité.

 

À la tribune, Hubert Wulfranc enlève sa chaussure d’une main pour taper son pupitre en rythme. C’est « le bruit de fond », lance-t-il à la majorité macroniste. Le son de ceux qui exigent une fiscalité juste et un retour de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). C’est « le clignotant du réel » de tous ces citoyens qui disent que « l’ISF n’a rien de radical et que l’on peut envisager son rétablissement », insiste-t-il. Le député PCF est à peine rappelé à l’ordre par le président de séance qu’il range déjà sa chaussure. Mais il prévient : « suivez ce bruit de fond, sinon votre politique sera toujours aussi usée que la semelle de mes godasses. »

La démonstration n’a pas marqué les esprits macronistes. Les députés LaREM ont repoussé la proposition de rétablir l’ISF portée par le communiste Jean-Paul Dufrègne. « Une juste contribution doit être demandée aux personnes les plus fortunées : ce n’est pas une logique revancharde ou punitive, mais un indispensable effort de solidarité », avait développé l’élu avant qu’Hubert Wulfranc ne vienne en renfort chaussure en main. Mais rien n’y a fait. La majorité a ressorti ses habituels arguments hasardeux. « Les anciennes recettes ne fonctionnent plus. Ces outils n’ont pas été efficaces et seraient contre-productifs », assène la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher. L’ISF est un « impôt anti-business et anti-entrepreneur », jure ensuite l’élu Modem Mohamed Laqhila. Vouloir son rétablissement, c’est même de la « pure démagogie », s’exclame enfin le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, estimant que ce que rapporte l’ISF n’est pas grand-chose au regard des enjeux actuels.

On peut donc se passer de 5 milliards d’euros de « recettes » fiscales dans la période, défend l’hôte de Bercy, alors qu’il y a tant à soutenir et tant à rebâtir. On peut même se passer de beaucoup plus que 5 milliards d’euros, puisque l’ISF n’est pas seulement à restaurer mais surtout à renforcer, et la fiscalité à réformer de fond en comble, afin que tous les plus fortunés qui y échappaient déjà avant sa suppression contribuent réellement au budget de la nation selon leurs moyens. Mais l’urgence n’est surtout pas de ce côté d’après le gouvernement, même en pleine crise économique, et ce alors que la dernière étude du Sénat montre que les assujettis à l’ISF n’ont pas réinvesti comme prévu la somme des cadeaux fiscaux qui leur ont été faits par Macron : ils ont davantage épargné.

On pourra se dire que les communistes ne peuvent pas l’emporter sur tous les fronts dans une Assemblée macroniste. Quelques heures plus tôt, ils avaient réussi à faire passer la loi Chassaigne, qui bien qu’affaiblie par la majorité prévoit une hausse des pensions de retraites agricoles de 75 % à 85 % du smic en cas de carrière complète, à partir du 1 erjanvier 2022. Les députés LaREM, qui ont applaudi le chef de file des députés communistes André Chassaigne sur ce sujet, ont ensuite fermé le rideau. Ils ont repoussé toutes les autres propositions inscrites à l’ordre du jour par les députés PCF. Il n’y aura pas de retour de l’ISF donc, ni de « loi en faveur de la contribution des hauts revenus et des hauts patrimoines à l’effort de solidarité nationale ». Il n’y aura pas non plus de « résolution visant à rendre l’accès aux masques gratuit », ni de « loi de programmation pour l’hôpital public et les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes », pourtant essentielle aujourd’hui.

Idem pour la résolution « invitant le gouvernement à la mise en place d’un revenu étudiant », et la proposition de loi « visant l’instauration d’une garantie salaire-formation au service de la transition écologique et sociale de l’économie ». La Macronie et l’exécutif ont dit non en bloc. Une autre fois peut-être. Après tout, ils avaient bien tordu le cou à toute hausse des pensions de retraites agricoles à plusieurs reprises avant de se rendre compte que c’est une bonne mesure.

Aurélien Soucheyre

Mercredi, 17 Juin, 2020 - L'Humanité
Les députés GDR font 4 propositions de lois concrètes pour une relance sociale 

Revalorisation des pensions agricoles, garantie salaire-formation, retour de l’ISF, revenu étudiant… face à la « mystification » d’Emmanuel Macron, les députés communistes défendent, ce jeudi 18 juin, quatre propositions de loi et deux résolutions dans l’Hémicycle.

 

Après les (plus ou moins) beaux discours du confinement, les députés du groupe GDR proposent, à la majorité de passer aux actes. À l’occasion de leur niche parlementaire, ils défendront dans l’Hémicycle quatre propositions de loi et deux propositions de résolution pour faire face à la crise et rompre avec « le chemin tracé par le président ». « Notre plus grande crainte, c’est que les leçons (de la pandémie – NDLR) ne soient pas tirées et que le monde d’après soit le monde d’avant en pire », explique le député PCF des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville, estimant que « la réinvention dont (Emmanuel Macron) nous parle n’est qu’une mystification ».

Les parlementaires ont déjà obtenu une première victoire la semaine dernière. Leur proposition de loi pour la revalorisation des retraites agricoles a été adoptée en commission et devrait, à nouveau, l’être dans l’Hémicycle. « Elle consiste à augmenter la retraite agricole des chefs d’exploitation qui ont une carrière complète, à un minimum de 85 % du Smic », détaille le député du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, à l’origine du texte qui a été déjà adopté à l’unanimité en 2017, avant d’être bloqué au Sénat en 2018 par le gouvernement qui y a introduit « un amendement (le) vidant de tout son contenu ». Si c’est la première mouture qui a été examinée en commission, pour le président du groupe GDR, une bataille reste à mener puisqu’un nouvel amendement de la majorité – auquel « tous les autres groupes se sont opposés », précise-t-il – en limite la portée via un mécanisme d’ « écrêtement » visant à prendre en compte les autres pensions éventuelles pour atteindre les 85 % du Smic. Un tweet du marcheur Olivier Damaisin a d’ailleurs savamment entretenu la confusion sur l’origine de la revalorisation à l’heure où le gouvernement cherche un moyen de remettre sur la table sa réforme des retraites : « Revalorisation des pensions de retraite agricoles à 85 % du Smic. Ce matin, en commission des Affaires sociales, la majorité présidentielle a voté l’amendement que j’ai présenté. C’est une belle victoire !!!! » a-t-il écrit.

Les trois autres propositions de loi n’ont pas eu le même succès auprès de la majorité. La première fait pourtant écho à la mobilisation des soignants, mardi, puisqu’elle vise à l’instauration d’une loi de programmation pour l’hôpital public et les Ehpad. « La compression permanente, année après année, avec l’Ondam, des dépenses de santé a conduit à ce dénuement dans lequel s’est trouvé l’hôpital public » durant la pandémie, justifie Pierre Dharréville. Avec ses collègues, le député propose de fixer à un horizon de cinq ans les objectifs et les moyens sur le nombre de création de lits ou encore de revalorisation des salaires. Sera également débattue l’instauration d’ « une garantie salaire-formation au service de la transition écologique et sociale de l’économie ». Il s’agit d’ « augmenter deux dispositifs existants, le contrat de transition professionnelle et le congé de reclassement », résume Pierre Dharréville. « On n’a pas parlé de président des riches au hasard, il y a des budgets qui ont concrétisé cette politique inégalitaire », poursuit-il, alors que son groupe présente également un texte pour rétablir l’ISF, supprimer la « flat tax » et augmenter la « contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ». Deux résolutions complètent ces propositions : l’une pour rendre les masques gratuits, l’autre pour « la mise en place d’un revenu étudiant ». « C’est une urgence. Toute une partie de la jeunesse n’est pas couverte par les dispositifs de solidarité élémentaires puisqu’ils n’ont pas accès au RSA », plaide Dharréville alors que 20 % des étudiants vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Julia Hamlaoui
Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 07:33
La mort de Zeev Sternhell, historien antifasciste - Vadim Kamenka, L'Humanité, 21 juin 2020
La mort de Zeev Sternhell, historien antifasciste - Vadim Kamenka, L'Humanité, 21 juin 2020
La mort de Zeev Sternhell, historien antifasciste - Vadim Kamenka, L'Humanité, 21 juin 2020

Nous avons aujourd'hui eu la nouvelle du décès du grand intellectuel israélien Zeev Sternhell, historien spécialiste du fascisme, est mort. Celui qui en 2018 avait souligné que « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts », avait, en 2008, été victime d'un attentat perpétré à son domicile par un colon, dont il n’a échappé que par miracle.
 

À lire absolument cet entretien qu'il a accordé à L'HUMANITÉ en 2018.

 

Dimanche, 21 Juin, 2020

La mort de Zeev Sternhell, historien antifasciste

Vadim Kamenka - L'Humanité

(Mise à jour le 21 juin 2020).

Le quotidien Haaretz annonce la mort, à 85 ans, de Zeev Sternhell. Historien israélien, spécialiste de l’histoire du fascisme, membre de l’Académie israélienne des sciences et lettres, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Zeev Sternhell nous avait accordé cet entretien le 3 mai 2018, entretien que nous republions, revenant sur un certain pourrissement de la société israélienne, marqué par la colonisation des territoires occupés et un régime d’apartheid.

HD. Comment réagissez-vous aux événements qui ont lieu dans la bande de Gaza ?

Zeev Sternhell. La réponse israélienne face à cette « marche du retour » a été bien trop violente… Il faut la condamner. Mais cette idée du retour des réfugiés peut être comprise par les Israéliens comme si les Palestiniens n’acceptaient pas non seulement les résultats de la guerre de 1967, ce qui est normal, mais la fin de la guerre de 1948-1949, ce qui est totalement inacceptable. Cela fait cinquante ans qu’on est là. Cinquante ans que, depuis la guerre des Six-Jours, Israël occupe la Cisjordanie. Et cela peut durer encore cinquante autres années. C’est donc une situation inextricable, sans solution. Bien évidemment, la riposte de l’armée israélienne est trop brutale.

HD. Pourquoi n’y a-t-il pas eu davantage de mobilisation en Israël pour dénoncer ce qui se passe à Gaza ?

Z. S. La société israélienne s’est révoltée au sujet du problème des réfugiés. En ce qui concerne les Palestiniens et l’occupation de la Cisjordanie, une majorité d’Israéliens pensent qu’il n’y a pas de solution. Ce qui est dramatique, car elle existe. Mais il faut une volonté politique d’acier pour y parvenir. La solution des deux États n’est pas encore impossible. On peut encore y arriver, si une volonté politique existe, avec une majorité gouvernementale. Mais c’est une illusion de penser que nous le ferons tout seuls. Nous avons besoin de l’aide et de l’intervention des États-Unis et de l’Europe. Il faudra aussi compter avec la Russie, qui est désormais un acteur important dans la région, en Syrie notamment. Ce pays ressemble à un protectorat russo-iranien. La Russie aura donc son mot à dire dans le dossier israélo-palestinien. Mais plus le temps passe et plus cela devient compliqué. L’Israélien moyen, si on lui laisse le choix entre une guerre avec les Palestiniens et se lancer dans une guerre civile qui serait le produit du retrait de la Cisjordanie, fera rapidement son choix. Car, en Cisjordanie, se trouvent plus de 350 000 colons. L’opinion publique israélienne a une bonne raison de ne pas bouger. Mais la responsabilité essentielle de cet échec des négociations de paix est bien la nôtre, en tant que puissance occupante.

HD. Alors, comment relancer le processus de paix ?

Z. S. La politique gouvernementale est aujourd’hui très claire : gérer la situation sans bouger. Donc, quel que soit le résultat d’une démarche dynamique, cela ne peut pas être pire que la situation actuelle. Depuis une décennie, les dirigeants israéliens ne font rien car ils estiment que c’est ce qu’il y a de mieux. Je n’ai jamais compris pourquoi l’ancien président des États-Unis Barack Obama, avec toute son intelligence, n’avait pas réalisé que Benyamin Netanyahou se moquait de lui, en entretenant faussement le processus de paix. John Kerry a passé près d’un mandat dans un avion entre Washington et Tel-Aviv. L’idéal pour les dirigeants israéliens est de laisser les choses en place, sous couvert d’une situation temporaire. Après tout, comme c’est temporaire, ils n’ont pas besoin de faire avancer le processus.

Mais je suis persuadé que, si on présentait un projet de paix réaliste à la société israélienne, la droite serait battue. Mais les Palestiniens devraient abandonner leur idée de droit au retour, accepter les frontières de 1948-1949 et discuter sur la Cisjordanie et du problème des colonies, en échange de compensations. Faut-il envisager qu’une partie du Sinaï égyptien soit rattachée à la Palestine ? Les possibilités d’un accord existent encore. Il faut une volonté politique. La société israélienne ne bougera pas tant qu’un vrai projet ne lui sera pas présenté. Elle ne se lancera pas dans l’aventure.

HD. La gauche, les partis progressistes peuvent-ils faire évoluer cette situation complètement bloquée que vous décrivez ?

Z. S. Le problème est qu’ils ne proposent aucun véritable projet auquel les Israéliens pourraient adhérer. Ils n’arrivent pas à se faire entendre. Le Parti travailliste, qui est de centre gauche, fait l’erreur depuis quarante ans de croire que, en se rapprochant de la droite, il aura davantage de chances de remporter les élections. Ce parti ne formule aucun projet, ni sur le conflit israélo-palestinien, ni en ce qui concerne la politique économique et sociale. C’est un non-sens et une erreur stratégique. À l’exception du parti Meretz, qui demeure la seule formation réellement de gauche en Israël, tous les autres n’ont aucune politique alternative au gouvernement. Ils ne parlent pas des territoires occupés. Et, forcément, les électeurs ne leur font pas confiance, car ils s’attendent à subir la même politique, quel que soit le gouvernement. Aujourd’hui, il est vrai que, pour ces partis, il leur faudra une coalition pour gouverner, et compter avec diverses formations religieuses. Le moins pire qu’on puisse espérer en Israël, c’est une politique moins dure que celle de la droite. Pour obtenir une politique totalement différente, alors il faudra une intervention des Européens et des États-Unis. Lors des dernières années de son deuxième mandat, l’administration Obama a compris que Netanyahou ne bougerait pas. Seulement, il était déjà trop tard.

La vérité, c’est que le conflit israélo-palestinien n’intéresse plus. Ni les Français, ni les États-Unis, ni les Britanniques ne s’en soucient. Alors, qui va s’en occuper ? L’Italie, l’Allemagne ? Du point de vue de l’Élysée, de la Maison-Blanche ou du 10, Downing Street, on se préoccupe davantage de la Syrie. Et déjà ils n’osent pas y intervenir, alors, pour quelques Palestiniens… Quel pays, quel gouvernement va prendre le risque d’un échec pour 50 morts palestiniens ? Pour eux, ce n’est plus important, et les Palestiniens n’ont rien à offrir. Même les pays du Golfe ne s’intéressent pas à leur sort. Il n’y a aucune charte de solidarité entre les pays arabes à leur égard. Et, finalement, les seuls qui s’intéressent à eux, ce sont les Israéliens. Et, en attendant, la colonisation et l’occupation pourrissent notre société.

HD. Que voulez-vous dire avec cette expression de « pourrissement de la société » ?

Z. S. Les gens s’habituent à tout. Et le nationalisme israélien, le nationalisme juif, se durcit depuis de longues années. Mais il y a eu une nette accélération, lors de ces dernières années, qui est le produit de l’occupation. Il y a un sentiment de supériorité ethnique qui se développe au sein de la droite israélienne. Cela n’a jamais existé par le passé. Jamais le mouvement sioniste n’avait développé un quelconque sentiment de supériorité envers les Arabes. Aujourd’hui, on parle de droits sur la terre fondés par la parole divine. Nous sommes les maîtres du pays. Et, dans le meilleur des cas, les ­Palestiniens n’auraient que la possibilité d’y vivre ou d’y survivre, plus exactement. Toute la question des droits de l’homme, du droit à l’indépendance, à la souveraineté, à la justice, n’est ancrée dans aucune réalité. C’est ce que la droite aujourd’hui dit ouvertement. Il y a vingt ans, elle ne faisait que le penser. Désormais, elle l’applique avec ce gouvernement. En même temps, elle s’emploie à modifier les structures institutionnelles. Cette démarche est antidémocratique et antilibérale, mais la droite la met en œuvre lentement et progressivement. Comme nous n’avons pas de Constitution écrite, le Parlement peut désormais légiférer en contournant la Cour suprême. Car le Parlement représente la souveraineté nationale face à une institution non élue. Il y a une infériorité de la troisième branche du pouvoir face à l’exécutif et au législatif. Cette démarche présentée par la droite se veut démocratique. C’est totalement faux ! La démocratie n’est pas restreinte à la loi de la majorité. Les droits de l’homme, la séparation des pouvoirs garantissent son fonctionnement. La société comprend mal ce statut de droits de l’homme et beaucoup mieux la loi de la majorité. C’est un élément fondamental que produit la colonisation. En territoires occupés, c’est le régime de l’apartheid qui prévaut. Et cela suinte sur la société israélienne. Car, ce système de colonisation est au bout de notre rue.

HD. Ce pourrissement de la société israélienne explique-t-il une immigration plus importante ?

Z. S. Cela a toujours existé. La situation à Tel-Aviv n’est pas insupportable, ni à Jérusalem. On n’y voit pas ce qui se passe de l’autre côté de la rue. Cela n’intéresse personne aussi longtemps que la situation économique reste bonne, que le chômage reste faible et qu’on assure aux classes défavorisées des satisfactions d’ordre moral. Aussi longtemps que le nationalisme remplace la justice sociale, les gens sont contents. Il ne faut pas se faire d’illusions. Les choses ne changeront pas du jour au lendemain.

HD. Le nationalisme en Israël résonne-t-il avec celui qui progresse aussi en Europe et dans les sociétés dites occidentales ?

Z. S. En effet, la droite israélienne est contente de voir qu’elle dispose de relais un peu partout et de mouvements proches d’elle en Europe, comme en Autriche, en Hongrie, en Pologne… Le nationalisme dur fait partie intégrante de notre culture et de notre civilisation. On pensait que l’Union européenne favoriserait les idées de la social-démocratie. Mais force est de constater que le nationalisme n’a pas été balayé en 1945, après la guerre. Il fait partie du paysage idéologique et intellectuel européen. En période de crise, il progresse et peut prendre des formes diverses, culturelles, économiques, sociales. Il n’y a pas de hasard. Le nazisme n’a pas commencé avec Hitler, mais à la fin du XIXe siècle. Le régime de Vichy n’est pas tombé du ciel et s’inscrit dans la suite du boulangisme et de l’affaire Dreyfus. C’est toujours là et toujours présent. En Israël, les cinquante années d’occupation ont développé des problèmes qui étaient relativement marginaux. Hélas, ils sont désormais au centre de notre espace culturel et politique.

entretien réalisé par Vadim Kamenka, L'Humanité


Citations de Zeev Sternhell :
« En Israël, il n’existe qu’une seule droite, la droite extrême, nationaliste et raciste. » Tribune dans « le Monde » du 12/03/2018.

« En Israël, pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts. » Tribune parue dans « le Monde » du 18/02/2018.

« Si on ne stoppe pas l’occupation, ce sera tout simplement la fin de l’État d’Israël. » Entretien du 21 novembre 2014 sur www.humanite.fr.


Ouvrages:

« Aux origines d’Israël : entre nationalisme et socialisme », traduit de l’hébreu par Georges Bensimhon avec le concours de l’auteur, Paris, Fayard, 1996 ; Paris, Gallimard, « Folio Histoire », 2004.

« Les Anti-Lumières : une tradition du XVIIIe siècle à la guerre froide », Fayard, « L’espace du politique », 2006 ; Gallimard, coll. « Folio Histoire » (édition revue et augmentée), 2010.

Zeev Sternhell était un historien très stimulant sur l'histoire de l'extrême-droite française et européenne et un intellectuel de gauche israélien courageux...

Il manquera au monde des idées, ainsi que l'exprime l'historien Henry Rousso:

" Zeev Sternhell n'est plus. Les mots sont parfois difficiles à trouver pour rendre compte d'une amitié aussi profonde. Zeev a été l'homme d'une thèse déclinée en deux temps : l'idée fasciste est née en France par la rencontre du nationalisme et du socialisme et la France des années trente a connu une forte imprégnation fasciste qui explique le régime de Vichy, lui-même avatar non circonstanciel du fascisme. Je ne partageais pas toutes ses thèses, notamment la dernière, car le fascisme ne peut se réduire à une idée et les idées ne suffisent pas à expliquer toute l'histoire. Nous en avons parlé durant quarante ans, à mots feutrés, sans jamais creuser ces divergences, peut-être par la crainte réciproque d'un risque de brouille. Zeev était un bretteur, un homme tout entier pris dans ses convictions aussi bien politiques que scientifiques, un homme qui pouvait se fâcher à vie pour un désaccord intellectuel. Mais c'était aussi un homme d'une grande fidélité avec un sens très fort de l'amitié. Nous nous étions rencontrés aux rencontres de Pétrarque de Montpellier, vers la fin des années 1980. Bien que mon ainé de près de vingt ans, j'avais pris sa défense sans hésiter car ses premiers livres m'avaient profondément inspiré alors que je commençais mes recherches sur l'Occupation. Il était déjà attaqué de toutes parts, y compris par de grands historiens dont la plupart furent mes maîtres (René Rémond, Serge Berstein, Michel Winock) avec une virulence qui ne trompe pas. Quelles qu'aient été le caractère abrupt de certaines de ses thèses historiographiques, il avait touché un point hautement sensible de l'imaginaire national. Or le simple fait de faire semblant d'ignorer ce qui pouvait nous séparer, et sur un sujet central comme l'histoire du régime de Vichy, a suscité chez moi une admiration et une affection sans bornes.
Par ailleurs, Zeev a été bien plus qu'un historien. C'était un "super sioniste" qui s'est fait le farouche défenseur des Palestiniens. Il était classé à la gauche de la gauche et pourtant tout entier inscrit dans l'humanisme des Lumières. C'était un patriote universaliste, engagé dans tous les guerres de son pays sous son uniforme d'officier. Zeev, le jeune rescapé de la Shoah, l'enfant caché, était un homme du XXe siècle, un combattant, un résistant, adepte de la tolérance malgré les apparences, et sans doute mal à l'aise dans ce nouveau siècle identitaire et victimaire" - hommage de l'historien Henry Rousso

Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 07:16
Morlaix - photo du centre-ville, Rodolphe Thirard

Morlaix - photo du centre-ville, Rodolphe Thirard

Morlaix vue du ciel... Photo de Valérie Scattolin

Morlaix vue du ciel... Photo de Valérie Scattolin

Jean-Paul Vermot (Morlaix Ensemble)*:

On compte plus de 1 400 logements vides à Morlaix, dont environ 500 dans le centre-ville ! Depuis 2008, nous avons vu la population chuter de plus de 1 000 habitants. C’est, malheureusement pour nous, la plus forte baisse des villes bretonnes. Pour relever le défi de l’habitat et regagner des habitants, nous avons construit un plan de reconquête qui intègre une vision complète associant logement, commerce, santé, déplacements, qualité des espaces publics, préservation de l’environnement et vie associative.
Nous avons, depuis plusieurs mois, défini trois priorités pour agir.
1. Racheter directement des immeubles pour y réhabiliter les logements et développer une offre d’habitat pour tous : seniors, jeunes, étudiants, familles ou personnes isolées. Les locaux commerciaux y seront conservés et accessibles. De quoi rétablir l’attractivité de la ville !
2. Assurer le développement de services en ville pour une meilleure attractivité : un centre de santé, une maison des associations, un troisième département de l’IUT. De quoi redonner de la vie et conserver nos commerces !
3. Développer l’accessibilité pour tous : des navettes électriques gratuites entre le centre-ville et les quartiers, via les parkings relais, des solutions innovantes de parking pour assurer le dynamisme de la ville et le confort de tous (visiteurs, habitants et actifs), un schéma de développement du vélo et l’amélioration des espaces piétons : piétonnisation de nouveaux espaces, élargissement des trottoirs, propreté et verdissement de l’espace public. La ville, pour retrouver toute son attractivité, regagner de la population et réhabiliter son habitat, doit s’appréhender dans un fonctionnement entre tous ses quartiers.

 

* Le nombre de signes était limité pour la réponse.

Comment endiguer la baisse de la population? - Réponse de Jean-Paul Vermot  pour Morlaix Ensemble
Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 06:41
Jean-Paul Vermot et Morlaix Ensemble à la rencontre des salariés de la Halle aux Chassures et de la Halle aux Vêtements
Jean-Paul Vermot et Morlaix Ensemble à la rencontre des salariés de la Halle aux Chassures et de la Halle aux Vêtements
Jean-Paul Vermot et Morlaix Ensemble à la rencontre des salariés de la Halle aux Chassures et de la Halle aux Vêtements
Jean-Paul Vermot et Morlaix Ensemble à la rencontre des salariés de la Halle aux Chassures et de la Halle aux Vêtements

Morlaix ensemble à la rencontre des salariés de la halle aux chaussures samedi après-midi dans la Zone artisanale du Launay. Suite à la crise sanitaire mondiale, les enseignes "la Halle aux chaussures et la Halle aux vêtements sont touchées, les salariés ont eu le soutien de Jean-Paul Vermot, tête de liste de Morlaix Ensemble pour les élections municipales de Morlaix et de ses colistiers de gauche, notamment Ahamada Zoubeiri qui nous a transmis ces photos avec Aicha Aboudou.

Morlaix Ensemble mobilisé pour la défense des salariés, de l'emploi, et d'une offre de commerces pour petits budgets à Morlaix.

Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 05:39

 

Macron ne parle d’égalité des chances que pour faire table rase des facteurs sociaux et renvoyer chacun à sa responsabilité individuelle.

Au lendemain des manifestations contre le racisme et les violences policières, Emmanuel Macron a voulu répondre à cette colère qui monte, singulièrement dans la jeunesse. « Chacun, quelles que soient ses origines, sa religion, doit trouver sa place », a-t-il déclaré dans son allocution du 14 juin, déplorant que « le nom, l’adresse, la couleur de peau réduisent trop souvent encore l’égalité des chances que chacun doit avoir ». Il faut, a-t-il précisé, « permettre d’obtenir les diplômes et les emplois qui correspondent aux mérites de chacun ».

Un vrai condensé de macronisme. « L’égalité des chances », chez notre philosophe élyséen, c’est quand « chacun doit trouver sa place », mais une place strictement assortie « aux mérites et talents de chacun ». Aux premiers de cordée, l’air pur des cimes de la pyramide sociale, aux autres… ce qui reste. Bon emploi si bon diplôme et bon diplôme si «  mérite et talent » : le chemin est tracé. L’égalité des chances, c’est demander à chacun de gravir le même escalier, et non que les uns aient à monter plus de marches que d’autres pour parvenir au même résultat. Et peu importe si les uns et les autres ne partent pas à égalité au pied de l’escalier : c’est que les uns ont moins de « mérite et talent » que les autres. C’est leur responsabilité. Et c’est leur faute s’ils n’y parviennent pas. Comme ces élèves qui ont « décroché » pendant le confinement – et peu importe s’ils vivent à 7 dans un F2 avec une seule connexion pour tous. L’égalité des chances à la mode Macron, c’est Parcoursup, avec tous ces élèves qui décrochent le bac avec mention mais où seuls ceux qui sortent des « bons » lycées, dans les « bons » quartiers sont choisis dans les « bonnes » filières. Mais l’égalité, ce n’est pas ça. L’égalité, c’est le contraire de ça : c’est donner à chacun, d’où qu’il parte, les moyens de parvenir en haut de l’escalier.

Olivier Chartrain

 

Partager cet article
Repost0
21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 05:37

 

L’Humanité, avec sa plateforme numérique l’Humanite.fr, prend l’initiative d’ouvrir ses colonnes pour repenser le monde, avec l’ambition d’être utile à chacune et chacun d’entre nous. Cette initiative aura des prolongements avec la publication d’un hors-série à la fin de l’été et l’organisation de grands débats publics permettant de poursuivre ces écrits.

Aujourd’hui : « L’État : vrai recours, grand retour », par Ian Brossat, porte-parole du PCF.

 

 

« Quoi qu’il en coûte ! » D’une phrase prononcée par Emmanuel Macron le 12 mars 2020, l’État faisait son grand retour. Les déficits ? Oubliés. L’État prendra à sa charge une grande partie des graves conséquences économiques du confinement. Les services publics exsangues ? Derrière nous. L’État providence, mis à mal méthodiquement depuis l’élection de Macron, est désormais un « bien précieux ». Ses serviteurs, les fonctionnaires, dont les conditions de travail se dégradent inlassablement, et qui étaient hier encore soit méprisés, soit matraqués ? Des héros de la nation.

Comme l’explique l’historien Thomas Branthôme, ce recours à l’État en temps de grave crise sanitaire s’apparente à un « appel à l’aide » de la part de citoyens sidérés par une épidémie soudaine et aux conséquences imprévisibles. Les mêmes qui, hier encore, ne juraient que par la réduction de la place de l’État, trop présent, trop lourd, trop gourmand, s’en sont fait les défenseurs : de l’État viendrait le salut sanitaire, économique et social. Mais qu’en est-il précisément, quelques semaines plus tard ?

Une fois de plus, le décalage entre le discours présidentiel et les faits est cruel. Nous pourrions nous en étonner si cette distorsion ne constituait pas un mode de gouvernement systématique de l’ère Macron. Nous pourrions nous en amuser si les conséquences n’étaient pas dramatiques.

« Nous attendions un État stratège, à même de construire une réponse économique et industrielle, en se saisissant des prérogatives qui sont pourtant les siennes et des outils existants. »

Car si les Français ont appelé au secours l’État, un autre sentiment a rapidement prédominé : la honte. La honte de constater que, dans la sixième puissance mondiale, la réponse gouvernementale n’a pas été à la hauteur. Nous attendions un État fort, capable d’organiser la riposte sanitaire et de mettre à disposition de chacun l’équipement nécessaire, et avant tout des personnels soignants. Nous attendions un État stratège, à même de construire une réponse économique et industrielle, en se saisissant des prérogatives qui sont pourtant les siennes et des outils existants, tels que les réquisitions d’usines ou les nationalisations d’entreprises. Il n’en a rien été. La pénurie de masques a frappé partout les soignants et les travailleurs clés, n’en déplaise au chef de l’État. La réponse industrielle de la France a été minimaliste, faute de volonté politique. Enfin, aux engagements se sont substitués des promesses et des renoncements. Face aux défaillances successives, les Françaises et les Français ont opté, contraints, pour la débrouille généralisée, pour le meilleur – les élans d’entraide et de solidarité – et souvent pour le pire.

Mais de quel État parle-t-on ? Ses fonctionnaires ? Évidemment non : en ordre de bataille dès les premiers jours, ils se sont mobilisés nuit et jour, dans des conditions parfois indignes, pour éviter l’effondrement complet de services pourtant indispensables à la population. Rendons-leur hommage.

 « Ce dont on parle ici, c’est la défaillance d’un gouvernement et d’une idéologie qui consiste à appliquer une méthodologie bien éprouvée. »

Ce dont on parle ici, c’est la défaillance d’un gouvernement et d’une idéologie qui consiste à appliquer une méthodologie bien éprouvée. Cette dernière est une valse libérale en trois temps : d’abord, couper les budgets et sabrer les effectifs des services publics, au nom de l’efficacité et de la compétitivité ; puis constater, faussement surpris, la dégradation du service rendu aux habitants, et s’en émouvoir publiquement ; enfin, pour y remédier, proposer la privatisation de pans entiers de notre société.

À cette attaque en règle de notre pacte social s’ajoute une grande transformation qui s’est opérée ces dernières années au sein de l’administration. D’un État productif, nous sommes passés à un État normatif. Renonçant de lui-même à son pouvoir, dans le champ industriel et économique notamment, l’État a fréquemment laissé faire, et plus souvent encore contribué activement à son affaissement. Le sens de l’action publique s’éloigne du terrain, et ce sont celles et ceux qui ont l’honneur de la déployer qui en sont les premières victimes. La décision se perd dans les strates administratives complexes, incompréhensibles des citoyens. Toute responsabilité se dissout. Le fiasco des masques en constitue une bonne illustration : personne n’assume l’effondrement des stocks, avant que le président n’en vienne même à nier la réalité de la pénurie elle-même.

« La relance économique ne doit pas perpétuer le monde d’avant, mais servir de levier pour imposer partout une ambition sociale et écologique, créer de l’emploi et revaloriser les travailleurs clés. »

Oui, nous avons besoin d’un grand retour de l’État. Pas seulement d’un État pompier, mais un État qui assume sur la durée une ambition pour les services publics, aussi bien la santé, l’éducation, les transports, le logement, la sécurité ou encore la justice. Alors que les budgets ont été drastiquement réduits, année après année, que les hôpitaux, les maternités et les tribunaux disparaissent les uns après les autres, que des dessertes ferroviaires sont abandonnées, que les enseignants exercent leur métier dans des conditions indignes, que la transition écologique est sous-financée et instrumentalisée, nous sommes à la croisée des chemins. La récession frappe durement notre pays. L’État mobilise des dizaines de milliards d’euros pour venir en aide aux secteurs les plus touchés par la crise : c’est indispensable, mais cela ne suffit pas. La relance économique ne doit pas perpétuer le monde d’avant, mais servir de levier pour imposer partout une ambition sociale et écologique, créer de l’emploi et revaloriser les travailleurs clés.

Ni grand discours ni promesse, ce sont des décisions qui sont attendues : simples, claires, efficaces, redonnant du sens à l’action publique, offrant aux citoyens des services publics de qualité, et aux fonctionnaires des conditions de travail dignes. Un État transformé qui retrouve sa capacité productive, un État fort qui ne laisse pas le marché dicter sa loi, un État ambitieux qui lutte contre toutes les inégalités et toutes les discriminations.

 

Partager cet article
Repost0
20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 06:45
Gardons l'élan pour Morlaix !!!! Quel élan???? - le clin d'oeil de Nono sur la campagne des Municipales à Morlaix

Gare au plagiat... 

Alors que le nom de programme et le slogan de campagne de la liste de gauche Morlaix Ensemble était depuis 6 mois "Un nouvel élan pour Morlaix", l'ex-maire sarkozyste de Morlaix vient de se trouver elle aussi un nouveau slogan "Gardons l'élan" pour le second tour du 28 juin. Quel élan? Celui du 1er tour du 15 mars qui l'a mis en deuxième position alors que les deux listes de gauche faisaient en score cumulé 56%. UN désaveu net...

Sur son affiche de deuxième tour aussi (elle a dû changer l'équipe de com du 1er tour), elle reprend les trois piliers de notre projet de gauche pour Morlaix:  Solidarité- écologie - économie... 

La preuve que la dynamique est de notre côté puisque la maire ex-UMP et LR reprend les thématiques de gauche de la campagne qui nous a porté en tête au premier tour, avec un crédit improbable au regard de sa politique menée depuis douze ans. 

Manque d'imagination? Triangulation compliquée? Pied de nez?

En tout cas il faut une bonne dose d'aveuglement pour voir dans la situation de la ville depuis 12 ans un élan et une dynamiques postives. Quel élan? Plus de 1000 habitants en moins depuis 2008 qu'Agnès Le Brun est élue, des associations et un personnel qui vivent très mal son autoritarisme et le manque d'écoute et de projets construits ensemble.

En tout cas, notre ami Nono était visionnaire puisqu'il nous a fait ce dessin il y a un mois pour la campagne de Morlaix Ensemble.

Un élan pour Morlaix? Quel élan? 

Pas celui en tout cas impulsé par une maire qui n'a eu aucune réaction face au soutien que lui ont apporté dès le premier tour les cadres d'extrême-droite du Rassemblement National.

Morlaix, ville ouverte, généreuse, mérite mieux!!!

Ismaël Dupont  - 16 juin 2020

Partager cet article
Repost0
20 juin 2020 6 20 /06 /juin /2020 06:44
Municipales à Morlaix - Gardons l'élan ? Quel élan? Celui d'une hibernation de 12 ans ?- le regard de Nono sur les Municipales à Morlaix

Un dessin... mieux qu'un long discours!!!

Merci à notre ami Nono pour son soutien à Morlaix Ensemble et ses dessins qui piquent avec humour.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
  • Contact

Visites

Compteur Global

En réalité depuis Janvier 2011