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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:41
Ada Colau, réélue maire de Barcelone - elle avait soutenu Ian Brossat aux élections européennes

Ada Colau, réélue maire de Barcelone - elle avait soutenu Ian Brossat aux élections européennes

Élections. En Espagne, pas de cordon sanitaire face à l’extrême droite
Lundi, 17 Juin, 2019

À la suite des scrutins municipaux et régionaux, les investitures des présidents et maires ont confirmé samedi la consolidation de pactes entre les formations de droite et le parti raciste et ultranationaliste Vox.

 

Sur le papier, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) a remporté les élections régionales et municipales du 26 mai. Au terme des investitures qui avaient lieu samedi, il s’adjuge la majorité des 81 villes de plus de 100 000 habitants. Les conservateurs du Parti populaire (PP), bien qu’en net recul, en dirigeront moins mais seront aux commandes de presque autant d’administrés. La formation de Pablo Casado ravit surtout Madrid, après quatre ans de gouvernance de la gauche alternative. La maire sortante Manuela Carmena était pourtant arrivée en tête du scrutin avec 19 élus, loin devant les 15 conseillers de la droite conduit par José Luis Martinez Almeida, et désormais nouvel édile. Cette nouvelle configuration survient au terme de tractations avec les libéraux de Ciudadanos (C’s) et l’extrême droite Vox. Dans les faits, elle consolide un bloc ultralibéral et réactionnaire grâce à la normalisation de Vox. Les élections municipales, régionales et européennes ont confirmé l’ascension de ce parti raciste et ultranationaliste qui se veut être la voix de « ceux qui ont eu des parents dans le camp national (franquiste – NDLR) et qui résistent à condamner ce que leur famille a fait ».

Vox, omniprésent sur le territoire

La formation s’est enracinée avec une fulgurance impressionnante à la faveur de la crise économique et du conflit catalan. Vox a même été le levier qui a permis au PP de ravir la présidence de la région andalouse au Parti socialiste en décembre 2018. Elle a, une nouvelle fois, été au cœur des pourparlers du « triptyque de droite ». Dans nombre de villes, elle sera un élément clé des gestions à venir. Vox ne dirigera aucune cité de poids mais son président, Santiago Abascal, s’est fait fort de rappeler que sa formation est désormais omniprésente sur le territoire. L’illustration est sans conteste Madrid, où le PP, qui y a pourtant enregistré son plus mauvais score, dirigera la capitale grâce aux 4 voix de Vox et également aux 11 élus de C’s.

La formation orange d’Albert Rivera a joué des coudes jusqu’à la dernière minute pour s’imposer à la tête de la capitale. Après avoir jeté l’éponge, elle a signé un pacte de 82 points avec les conservateurs, tout comme Vox. Renonçant à sa place de leader à droite, C’s a joint ses votes à ceux du PP et de Vox dans presque toutes les villes, à quelques rares exceptions près. Les ultralibéraux avaient pourtant juré leurs grands dieux qu’ils ne négocieraient pas avec l’extrême droite, et que cette dernière ne ferait partie d’aucun gouvernement local. Dans les faits, Vox sera des directions des arrondissements dans des accords au sein de la région madrilène.

Durant la campagne électorale, Ciudadanos avait pourtant répété à l’envi que son partenaire privilégié resterait le PP, puisque son principal réservoir électoral provient justement des rangs de la droite traditionnelle. Le principe de réalité l’a emporté sur l’idée même de cordon sanitaire face à l’extrême droite. En Andalousie, le budget régional vient d’être approuvé par les trois formations qui ont apposé, pour la première fois, leur logo dans un document officiel commun. « Ciudadanos n’a rien à négocier avec Vox », martelait encore en janvier dernier le leader régional de la formation et vice-président de la Junte andalouse Juan Marin.

La recomposition politique espagnole vient contrarier les desseins de LaREM. Samedi, le président français a déclaré qu’une alliance entre « Ciudadanos et l’extrême droite remettrait en question la coopération politique pour construire un groupe centriste rénové au sein de l’Union européenne ». « Il faut une cohérence idéologique. Un groupe progressiste et libéral ne peut pas se permettre d’être accusé de faiblesse ou d’ambiguïtés », a insisté Emmanuel Macron auprès de l’AFP. Santiago Abascal a aussitôt réagi, en sommant l’Élysée de ne pas « mettre son nez dans la politique espagnole. Vous devriez vous préoccuper (…) de rendre à vos compatriotes leur identité nationale étouffée dans une France islamisée », a-t-il osé. Quant au principal intéressé, qui intégrera le groupe européen Renouveau en dépit des déclarations de Paris, il a rappelé que « la collaboration avec le parti de Macron est étroite, et l’est encore plus depuis qu’ils se sont intégrés, grâce à Ciudadanos, au groupe libéral européen dans lequel Ciudadanos siégeait déjà au dernier mandat ». L’ambiance promet d’être cordiale à Strasbourg.

Cathy Dos Santos
 
ADA COLAU, RÉÉLUE  MAIRE À BARCELONE
Ada Colau a été réélue,  samedi, maire de Barcelone grâce au Parti socialiste catalan ainsi qu’aux trois conseillers de Ciudadanos, dont Manuel Valls, et ce, contre l’avis de leur formation. L’édile de gauche s’était pourtant inclinée face à l’indépendantiste Ernest Maragall à l’issue du scrutin, mais avait obtenu dix élus, ex aequo avec l’ERC, qui voulait faire de la capitale catalane, la vitrine de l’indépendantisme. 

Ada Colau, maire de Barcelone, samedi 15 juin 2019
Ce qui vient de se passer à Barcelone mérite plus de réflexions que de jugements à l’emporte pièces.
Ada Colau vient d’être réélue maire de cette ville. Ce ne fut pas sans difficultés. Elle l’a reconnu elle-même dans son discours d’investiture.
A l’issue du scrutin du 26 mai 2019, le conseil municipal de Barcelone se partageait entre 10 sièges pour ERC de Maragall ( indépendantiste), 10 sièges pour EN COMU PODEM d’Ada Colau, 8 sièges pour le PSC de Colboni, 6 sièges pour Ciutadanos (CS) de Valls, 5 pour Junt per Cat d'Atardi ou Puigdemont, et 2 pour le PP.
ERC a une légère avance de voix sur EN COMU PODEM.
Quelle que soit la configuration, des alliances sont nécessaires pour avoir la majorité absolue et élire le ou la Maire. Depuis cette date et jusqu’à aujourd’hui les tractations sont allées bon train avec les spécificités suivantes :
ERC ne voulait pas s’allier avec le PSC.
Si ERC et EN COMU PODEM s’alliaient il fallait un appui pour avoir la majorité qui n’aurait pu venir que de Junt per Cat, ce que ne voulait pas EN COMU PODEM, qui refuse l’indépendantisme de droite de cette formation.
Si EN COMU PODEM s’alliait avec le PSC, il fallait un appui qui ne pouvait venir que de CS.
Quadrature du cercle.
Posons nous alors la question : pourquoi les uns ne voulaient pas des autres et réciproquement ?
Le processus indépendantiste a profondément divisé la société catalane. Aux élections législatives de décembre 2017, juste après la prise de contrôle par Madrid de la Catalogne via l’article 155 de la Constitution voté entre autres par le PSOE qui a voté donc avec la droite de Rajoy, les indépendantistes ont été tout juste majoritaires en Catalogne avec 50,5 %. Cela veut dire que 49,5% de la population en Catalogne n’a pas voté pour eux.
Au mois de février 2019, au début du procès de Madrid, les indépendantistes catalans n’ont pas hésité à voter avec la droite et l’extrême droite pour faire tomber Sanchez et provoquer de nouvelles élections que ce dernier a finalement remportées.
Les repères sautent donc. Je m’en été alarmée à Madrid lorsque j’avais appris que ceux qui sont trainés devant les tribunaux votent avec ceux qui les y ont menés.
A Barcelone, cet après midi, Ada COLAU, dans on discours d’investiture, a répété qu’elle ne serait ni une maire indépendantiste ni une maire anti indépendantiste, mais celle de tous les Barcelonais. Selon la manière dont chacun voit les choses, c’est ce qui la sauve ou c’est ce qui la tue, ce que nous pourrons découvrir pendant son nouveau mandat.
L’alliance contre nature avec Valls qui lui a permis d’être élue doit se lire par rapport à une situation tout à fait originale, même pour l’Espagne et la Catalogne.
Le contrôle de Barcelone par les indépendantistes était un enjeu majeur qui comportait certainement des risques que nous n’appréhendions pas forcément. Rappelons-nous que, dès la proclamation de la déclaration d’indépendance avortée, de très grandes entreprises ont quitté la Catalogne, que cela a eu un impact important sur les emplois. Ce sont des traces qui ne s’effacent pas dans un pays où la précarité est de mise.
Rappelons-nous aussi qu’à Barcelone plus de 50 % de la population vient de toute l’Espagne ou d’autres pays et que l’indépendantisme représente pour elle un avenir incertain, donc une inquiétude.
Rappelons enfin que ce clivage terrible de la société catalane efface complètement les enjeux sociaux et divise les syndicats eux-mêmes paralysant ainsi les actions revendicatives.
Plus d’une centaine de villes de Catalogne ont vu aujourd’hui, dans la mise en place des conseils municipaux, des alliances étranges. Tantôt ERC s’alliait avec le PSC , tantôt Junt per Cat le faisait de son coté, certains s’allaient entre eux en fonction de situations locales très diverses.
Je pense que nous devons être modestes dans nos réactions car nous ne connaissons pas tous les dessous de ce moment important que vit la Catalogne.
La présence de Joaquim FORN sorti de prison pour prendre son mandat de conseiller municipal, aussitôt embarqué pour retourner dans la prison madrilène nous démontre le surréalisme d’une situation qui met le feu aux poudres en permanence.
Enfin voir Ada Colau, huée à la sortie de la Mairie par une foule haineuse avec des drapeaux en croix gammée barrée et des banderoles AlcadeSSa, doit aussi nous montrer à quel point la mesure est dépassée.
Je reste donc à l’écoute, j’observe et je me garde de jeter l’anathème sur les uns ou les autres et je persiste à penser que ce qu’à fait Ada Colau pendant les 4 ans de son précédent mandat a été très bénéfique pour la population la plus fragile socialement de Barcelone.
Quant à Valls il ne mérite pas que l’on s’intéresse à lui, il est minoritaire et c’est tant mieux. Puisse-t-il le rester.
 

Dominique Noguères

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:38
Gauche. Après les européennes, le PCF veut rebondir dans l’action (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 17 juin 2019)
Gauche. Après les européennes, le PCF veut rebondir dans l’action
Lundi, 17 Juin, 2019

Les communistes ont lancé hier un appel aux citoyens et aux formations de gauche pour construire « une union populaire ». Au menu : mobilisation pour le référendum sur ADP, les retraites, les services publics… et les municipales.

 

L’heure était au bilan mais aussi à l’action, ce week-end, place du Colonel-Fabien. Après ses 2,49 % aux élections européennes, la direction du PCF a consacré ses travaux à tirer le bilan de la campagne mais aussi à dessiner des perspectives pour les mois à venir. « Pour le président de la République et sa majorité, l’analyse du scrutin est faite. Ils peuvent accélérer leur programme, à droite toute. La déclaration de politique générale du premier ministre (la semaine dernière – NDLR) est à ce titre très éclairante », constate Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF. C’est avec l’objectif d’« organiser la riposte à Macron » que le conseil national du PCF a adopté hier un appel et une résolution (67 voix pour et 6 abstentions) invitant à construire « une union populaire qui porte un nouvel espoir pour la France ». Face à la confiscation du débat par LaREM et le RN à leur seul profit, lors des derniers scrutins, « jamais le pays n’a eu autant besoin d’une gauche de combat », juge le texte avant d’en venir au cœur du message. Le PCF s’y adresse aux citoyens mais aussi aux formations politiques de gauche, aux syndicats et aux associations pour se « rassembler » sur « des contenus qui portent une volonté d’alternative s’attaquant au pouvoir du capital ». « Sans exclusives ni volonté hégémonique de quiconque », précisent les communistes, face notamment à la tentation de la FI et d’EELV de se poser en meneur.

« Mener des combats pour faire reculer les puissances d’argent... »

Pas non plus question de se « contenter de discussions de sommet ». Le PCF espère résoudre les impasses de la période dans l’action et engage la gauche à « mener des combats communs qui permettent de faire reculer les puissances d’argent et d’arracher des victoires ». « Cette construction ne peut donc se résumer à des questions d’alliances, fussent-elles indispensables, celles-ci ne feraient pas le poids dans la situation présente », insiste Fabien Roussel. Et son conseil national de dresser une liste de sept « batailles » : sur les retraites et l’alternative à la réforme du gouvernement qui « prévoit d’allonger la durée du travail jusqu’à 64 ans » ; sur la défense du service public de santé avec l’objectif de récolter 1 million de signatures pour obtenir un moratoire sur les fermetures de lits et d’hôpitaux ; contre la vie chère avec une carte-pétition pour la hausse des salaires et des pensions ; sur l’industrie face à l’avalanche des plans sociaux post-européennes ; pour des mesures d’urgence pour l’écologie ; ou sur l’éducation contre la réforme Blanquer. La mobilisation pour l’obtention d’un référendum d’initiative partagée (RIP) sur la privatisation d’ADP (Aéroports de Paris) via le recueil de 4,7 millions de signatures figure aussi en bonne place et fera l’objet d’une initiative avec les parlementaires de gauche comme de droite dès mercredi prochain à Saint-Denis.

Mais alors que chacun est resté dans son couloir lors du dernier scrutin, le PCF affiche aussi l’ambition de « faire émerger un projet partagé » à gauche, apportant au pot commun ses « dix propositions pour la France » présentées en mars lors du grand débat national. Après sa contre-performance aux européennes parmi les ouvriers et employés auxquels elle voulait s’adresser, la formation tentera aussi de « renouer avec le monde du travail » dès cet été via un « tour de France des entreprises » avec Fabien Roussel.

La question électorale ne disparaît pas pour autant du tableau, surtout avec la perspective des élections municipales, lors desquelles le PCF entend préserver son réseau de « plus de 600 maires et de 7 000 élus ». Une résolution résumant sa démarche en la matière a elle aussi été adoptée hier (48 voix pour, 4 contre et 17 abstentions). Le mot d’ordre est là encore au rassemblement, ici en fonction des réalités locales mais avec l’ambition de « projets municipaux de transformation sociale, écologique et démocratique ». « Avec cette résolution, nous entrons en campagne », insiste Pierre Lacaze, en charge des élections dans l’exécutif du PCF, invitant les militants locaux à désigner leur chef de file ou leur tête de liste sans tarder. Des rencontres sont proposées dès ce mois de juin « à toutes les forces de gauche et écologistes » et à tous les niveaux. Des rendez-vous sont déjà pris, reste à en connaître l’issue.

Julia Hamlaoui
Gauche. Après les européennes, le PCF veut rebondir dans l’action (Julia Hamlaoui, L'Humanité, 17 juin 2019)
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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:33
Mobilisation pour l'Humanité. Les lecteurs sont des propriétaires militants - Facebook Live le 22 juin
Mobilisation pour l'Humanité. « Les lecteurs sont des propriétaires militants »
Lundi, 17 Juin, 2019

La Société des lecteurs et lectrices réalise demain, quelques jours avant une assemblée générale décisive, le 22 juin, un Facebook Live avec le directeur de l’Humanité, Patrick Le Hyaric. Nicolas Devers-Dreyfus, président de l’association, et Hervé Bramy, qui devrait prendre sa succession samedi, racontent les initiatives prévues pour aider l’Humanité à rebondir.

 

La Société des lecteurs et lectrices va organiser demain à 18 heures son premier Facebook Live, avec Patrick Le Hyaric. Pour quelles raisons ?

Hervé Bramy Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus globale des lectrices et lecteurs de l’Humanité. Nous voulons solliciter plus fortement nos lecteurs, pour qu’ils deviennent des diffuseurs du journal, qu’ils le fassent connaître au plus grand nombre. Et, pour cela, nous avons besoin de resserrer les liens entre nos 9 000 contacts et nos 3 000 adhérents. Un Facebook Live régulier, mensuel, pourrait être un des moyens qui favorise cette ambition. Le premier se déroulera mardi à 18 heures avec le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, parce que nous voulons parler, de façon prioritaire, de la situation et de l’avenir du journal.

Comment va s’organiser le Facebook Live de demain ?

Hervé Bramy Ce Facebook Live s’organise en lien avec le pôle Web du journal. Nous allons donc utiliser la page Facebook de l’Humanité, et la relayer avec la page Facebook de l’association, puisque nous avons quand même 3 600 abonnés, et avec nos pages individuelles, et les pages locales de la société. Le deuxième Facebook Live que nous envisageons, ce sera avec le directeur de la Fête de l’Humanité, Pascal Aubrée, mi-juillet, puisque l’actualité de l’été, ce sera la diffusion du bon de soutien.

L’assemblée générale des lecteurs et lectrices, samedi (1), se tient dans un contexte particulier pour le journal, en redressement judiciaire…

Nicolas Devers-Dreyfus L’assemblée générale du 22 juin est placée sous le signe très clair de « conjurer le péril qui menace l’Humanité ». Avec cette idée que les lecteurs sont des propriétaires militants. D’abord, il nous faut prendre acte de l’extraordinaire mobilisation de cet hiver, qui a étonné tout le monde, bien au-delà d’ailleurs des lecteurs, et qui continue. Je crois que les lecteurs et lectrices viennent d’écrire une très belle page de l’histoire de l’Humanité, avec la soirée de mobilisation à Montreuil le 22 février, mais aussi depuis, chaque semaine, avec des initiatives de soutien organisées par des lecteurs, des organisations communistes, par des organisations syndicales, ce qui est nouveau, par les Amis, notre association sœur. On peut déjà les en remercier. Mais il faut encore faire plus, malheureusement. Dans trois directions : continuer le soutien financier, répondre présent à la grande campagne d’abonnements et de parrainages qui est lancée, et dépasser ainsi les 5 000 nouveaux abonnés à l’Huma. Il nous faut évidemment suivre les parrainages, pour fidéliser les nouveaux abonnés. Enfin, sous l’impulsion d’Hervé Bramy, nous avons la volonté de créer partout des comités de lectrices et de lecteurs. Patrick Le Hyaric viendra nous donner des informations sur la situation du journal. Les lectrices et les lecteurs ont la volonté de se situer du côté de la direction, du côté des personnels, qui font un travail formidable, dans des conditions très difficiles en ce moment. Nous allons aussi renouveler notre direction, qui va être entre de bonnes mains, si l’assemblée générale et le conseil d’administration en décident ainsi. C’est Hervé Bramy qui va prendre la main. C’est un militant expérimenté, que beaucoup connaissent, et qui s’investit depuis plusieurs mois dans l’animation du collectif de direction.

(1) L’initiative se tiendra au grand auditorium, face à l’Humanité, 5, rue Pleyel, 93200 Saint-Denis, métro Carrefour-Pleyel, ligne 13.
Entretien réalisé par Caroline Constant
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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 06:22
1948, l'année terrible de la Palestine ( Jean-Pierre Périn, Médiapart, 16 juin 2019)
1948, l’année terrible de la Palestine
Par

Ils sont la mémoire de la Naqba, la fin de la Palestine historique et l’exode forcé de ses habitants. Dans Palestine – mémoires de 1948, Jérusalem 2018, dix-huit hommes et femmes racontent ce qu’elle fut, la destruction des villages par l’armée israélienne, les massacres, la peur et la fuite.

L'histoire dominante est le plus souvent terrible à l’égard des vaincus. Ceux de 1948 ne font pas exception, bien au contraire. Alors, comment faire connaître leur histoire, celle de la Palestine avant, après et au moment de la Naqba (la « catastrophe » ou le « désastre » en arabe) ? Comment sauter par-dessus le mur épais et haut des versions officielles pour la sauver de l’oubli ? Comment se faufiler à travers une historiographie écrite par ceux-là mêmes qui chassèrent les habitants de leurs maisons, de leurs terres, abolissant au passage leur culture, niant même qu’ils aient eu auparavant une existence ? Comment ?  Par des récits personnels.

Des histoires au plus près du nu de la vie, qui diront comment cela se passait au village, comment on y travaillait, comment on y naissait et l’on s’y mariait, comment les soldats israéliens arrivèrent au petit matin ou pendant la nuit, comment ils détruisirent les maisons, comment fut orchestrée la peur qui jeta tant de Palestiniens sur les chemins de l’exil. Et ce que fut cet exil.

« Je ne connais pas de grande poésie qui soit fille de la victoire », écrivait le grand poète palestinien Mahmoud Darwich. À lire les dix-huit témoignages – huit femmes et dix hommes – recueillis par Chris Conti dans Palestine – Mémoires de 1948, Jérusalem 2018 (éditions Hesperus), on est vite convaincu que s’il y a quelque chose qui ne leur pas été pris, c’est la poésie, comme si, effectivement, elle était une enfant de la défaite. On l’entend dans les mots tout simples de Rushdieh al-Hudeib, une vieille paysanne originaire de Dawaimeh, non loin d’Hébron, quand elle raconte combien ses petits-enfants et la plupart des gamins palestiniens d’aujourd’hui, devenus comme elle des citoyens jordaniens, ont toujours mal à la Palestine.

 

Comment l’esprit des lieux, ces villages et villes où vivaient leurs parents, qu’ils n’ont jamais connus et où il leur est interdit d’aller, même en visite, et dont ils ignorent la beauté, coulent encore dans leurs veines. « Ils ne savent pas que des cactus poussent désormais sur les terres où se trouvaient jadis nos villages, comme s’ils voulaient combattre l’oubli avec leurs épines. C’est à nous, les anciens, de leur raconter, de leur transmettre l’odeur très particulière de la Palestine. Ce mélange de frais et de sucré, qui ressemble au parfum de miel ».

On le sait : l’année 1948 pour les Palestiniens fut un cataclysme historique. Mais on sait moins – et chacun des dix-huit témoignages, dont la plupart n’avaient jusqu’alors pas laissé de traces écrites de leur existence, nous le montre –, ce qu’elle fut au niveau personnel. Ou au niveau des familles, séparées dans la fuite, bousculées par la peur et prises dans la souffrance de l’errance. Aussi chaque récit est-il en soi une véritable odyssée illustrant les différentes stratégies de survie, de persévérance, de créativité et de résistance que ces témoins ont déployées. Et si, comme l’indiquent la chercheuse et l’une des préfacières Falestin Naili, « ces 18 expériences ne peuvent évidemment pas dessiner l’intégralité du vécu palestinien, elles en donnent une idée assez représentative », d’autant plus que, « de Gaza à Nazareth, les narrateurs sont originaires de différentes régions de la Palestine historique et sont aujourd’hui dispersés aux quatre coins du monde ».

Si l’on revient à Rushdieh al-Hudeib, son village de Dawaimeh fait partie de ceux qui ont tout simplement disparu, rasés et remplacés par des colonies israéliennes, « renommés afin qu’ils soient mieux effacés de la mémoire collective, de la mémoire tout court ». Ces villages engloutis dans le silence de l’Histoire, on les estime entre 418 et 530. La vieille paysanne raconte comment cela s’est passé, le 29 octobre 1948, vers midi, quand trois colonnes motorisées israéliennes sont arrivées à Dawaimeh et que, prévenue à temps par son oncle, sa famille a pu heureusement s’enfuir avec ses deux chameaux et quelques sacs de vivres : « Les soldats israéliens sont méthodiques : ils avancent comme une vague sombre, ouvrent les maisons les unes après les autres, déchargent leurs armes à l’aveugle. C’est ainsi qu’ils procèdent habituellement lorsqu’ils veulent vider totalement un village de ses occupants. Ils savent que les survivants prennent la fuite quand le carnage approche. »

Cette opération n’est pas le fait des « irréguliers » de l’Irgoun et du Stern, responsables de plusieurs massacres, dont celui de Deir Yassin, le 9 avril 1948, qui joua un rôle central dans l’exode des Palestiniens et que Ben Gourion condamna. À Dawaimeh, c’est bien l’armée israélienne qui attaque la localité, en l’occurrence le 89e bataillon de Moshe Dayan. La suite est encore plus terrible : « Deux tanks s’arrêtent devant la mosquée Darawhish, où 75 personnes âgées se recueillent, la plupart sont des hommes. Parmi eux, mon grand-père Mahmoud Ahmed al-Hudeib, 90 ans. Les anciens n’ont pas le temps de s’enfuir, ils n’y pensent d’ailleurs même pas, persuadés que, vu leur âge avancé, les Israéliens ne leur feront aucun mal […]. Tous seront exécutés. » 

Après, il y aura le massacre de la grotte Iraq al-Zagh où se sont réfugiées trente-cinq familles. « D’abord, raconte encore la paysanne, ce sont les hommes qui sont sortis […]. Ils ont attaché leurs keffiehs au bout d’un bâton en bois et l’ont agité en signe de reddition. Puis ce fut le tour des femmes et des enfants. Les soldats leur ont intimé l’ordre de se mettre en rang et d’avancer. Au premier pas les tirs ont commencé, en rafales, leur crépitement a couvert les cris. Quand ça s’est arrêté, tout le monde gisait à terre. La femme de mon cousin et sa petite fille qu’elle tenait dans ses bras sont tombées elles aussi, mais par miracle elles ont échappé aux balles. Le reste de la famille a été décimé. »

Les dix-sept autres témoignages évoquent d’autres épisodes de la Naqba, la tragédie palestinienne qui se poursuit, sous d’autres formes, aujourd’hui.

Ainsi, Souleyman Hassan, 75 ans, un berger-agriculteur de Kafr Laqif, défend ses oliviers depuis des dizaines d’années. Il a vu les colons les arracher, a perdu son droit d’aller sur ses terrains, excepté six jours par an et sous bonne escorte de l’armée, mais il n’a jamais abdiqué, n’a jamais voulu les vendre, même pour devenir riche, et se saisit de tous les moyens légaux pour faire valoir son droit de propriété face aux colons après l’occupation de 1967. Ou l’avocat Fouad Shehadeh, de Ramallah, toujours en activité à 93 ans pour aider les Palestiniens à défendre leurs maisons, leurs fonds gelés par les autorités israéliennes et leurs terres depuis sept décennies, et qui, quoique devenu aveugle à la suite d’un accident, figure dans le Guinness World Record au titre de l’avocat ayant eu la carrière la plus longue du monde.

« Ce voyage dans la mémoire de Palestiniens, relève Rony Brauman dans sa préface, ne nous dit assurément pas toute l’histoire de la Palestine, mais il met à bas, et sous une forme vivante, un mythe encore tenace : celui d’une terre aride, abandonnée, parcourue par quelques chameliers, que les nouveaux Hébreux allaient faire fleurir ; celui d’un désert que le sionisme allait transformer en verger. Il nous rappelle qu’il existait une société palestinienne, au-delà d’une population clairsemée, avec sa bourgeoisie et ses paysans, ses notables, ses intellectuels, ses ouvriers que le grand récit sioniste s’efforce de rendre transparents. Il illustre ce que le sociologue israélien Baruch Kimmerling a nommé politicide, désignant par ce néologisme le “processus qui a pour but ultime la disparition du peuple palestinien en tant qu’entité sociale, politique et économique légitime”. »

« Edward Saïd, renchérit Falestin Naili, insistait en 1984 sur la nécessité d’élaborer des récits pour “absorber, soutenir et faire circuler” les faits, les incorporer dans l’histoire et les utiliser pour un récit historique dont l’objectif serait de rétablir la justice. Les mémoires palestiniennes constituent un pilier important de ce récit qui doit nécessairement ouvrir sur une histoire des possibles. »

Le livre nous emmène enfin chez les Palestiniens de la diaspora qui ont réussi leur nouvelle vie. C’est le cas de Nakhle Shahwa, 83 ans, originaire de Beit Jala, près de Jérusalem, installé au Chili, pays qui compte le plus grand nombre de réfugiés palestiniens (entre 300 et 400 000 personnes) hors du monde arabe, que l’on appelle là-bas « Turcos », en raison du passeport ottoman qu’ils possédaient à leur arrivée en Amérique du Sud dès la fin du XIXe siècle, alors qu’ils fuyaient l’obligation de servir de chair à canon pour les Ottomans pendant la Première Guerre mondiale.

« Toute notre maison respire la Palestine : objets, broderies, tableaux, carte de Palestine et photos […] au-dessus de mon bureau, raconte-t-il. Elle est dans la nourriture que je prépare, dans la langue que j’apprends à mes enfants. Ils savent qu’ils ont des origines palestiniennes, mais ils sont chiliens […]. Mais eux ne veulent pas vivre en Palestine, alors que moi j’en rêve, parce que j’ai été jeté dehors, je n’ai pas eu le choix […]. Moi aussi je voudrais passer mes vieux jours là où je suis né, entendre le roucoulement des colombes, goûter au jus sucré des oranges et manger du pain trempé dans l’huile d’olive. »

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  • Palestine – mémoires de 1948, Jérusalem 2018,
    photos de Chris Conti & Altair Alcântara,
    préfaces de Rony Brauman & Falestin Naili,
    éditions Hesperus Press, diffusion par Librest.

Lire aussi:

COMMUNIST'ART: Mahmoud Darwich, le poète national palestinien, voix universelle de l'amour et de la nostalgie (1941-2008)

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 05:43

 

En offrant ses faveurs « à la libre entreprise et l’économie de marché », Yannick Jadot, député européen EELV, engage son parti dans une rupture politique autant qu’économique. Et laisse entendre, faussement, que la crise environnementale pourrait se résorber dans l’économie libérale.

L’écologie est-elle soluble dans l’économie libérale ? La question est maintenue en suspens depuis la campagne des élections européennes et encore plus depuis leur conclusion. En décochant 13,5 % des voix le 26 mai, Yannick Jadot, tête de liste d’EELV, n’a pas uniquement créé une demi-surprise (depuis mars, des sondages laissaient entrevoir la possibilité d’un « coup » électoral pour la formation verte). Il a rebattu les cartes d’une écologie politique qui avait finalement réussi à choisir son camp : la gauche. Ce temps a passé, ne cesse plus d’assurer le chef de file désormais élu, qui plaide pour une écologie centrale. Une écologie qui ne serait plus ni de gauche, ni de droite, mais à même d’interpeller « toutes les familles de pensée qui se sont forgées dans un monde infini pour libérer la notion de développement de l’illusion productiviste et croissanciste », notait, dès septembre dernier, Julien Bayou, porte-parole du parti, interviewé par le média en ligne le Vent se lève. Épinglée, derrière ces mots, une gauche qui, pour défendre des valeurs sociales et solidaires, s’est construite sur des visées productivistes qu’elle partage à la droite.

Prétendue indépendance idéologique

Le PS, le PC, la FI sont dans la ligne de mire d’une partie des cadres d’EELV. Surfant sur une aspiration qui, cet hiver, a fait descendre dans la rue des citoyens de toutes obédiences pour exiger des décideurs qu’ils mettent en actes l’urgence climatique, ils autoproclament aujourd’hui leur indépendance idéologique comme un rempart à la crise environnementale. Quitte à jeter avec l’eau du bain une bataille antilibérale que les Verts avaient peu ou prou faite leur.

Née en bonne et due forme en 1974 avec la candidature de René Dumont à l’élection présidentielle, héritière antiproductiviste d’une pensée de gauche post-soixante-huitarde, tiers-mondiste, féministe, pacifiste, théorisée dans sa portée anticapitaliste par le philosophe Félix Guattari, l’écologie de gauche n’en est pas à son premier déboire. « Le premier à la remettre en cause a été Antoine Waechter », rappelle Paul Ariès, politologue et penseur de la décroissance. En 1986, celui qui se hissait alors à la tête des Verts engageait la formation sur le terrain du « ni-ni » politique, déjà ponctué d’alliances avec le centre droit. « C’est Dominique Voinet qui, en 1993, marquera leur retour dans le girond de la gauche », reprend l’essayiste. Un come-back sacré par leur participation au gouvernement gauche plurielle du premier ministre socialiste Lionel Jospin, en 1998. Identifié comme un supplétif au PS, le parti a longtemps peiné à trouver ses propres marques. Mais chaque fois qu’il l’a fait, c’est à gauche que le fer a battu. Daniel Cohn-Bendit, Jean-Vincent Placé ou plus récemment, Pascal Canfin, Pascal Durand et François de Rugy : ce sont ceux à qui cela ne convenait pas qui, souvent, sont sortis des rangs.

Est-ce à dire que Yannick Jadot signe, avec vingt-cinq ans de recul, la victoire d’Antoine Waechter ? « Non seulement, mais cela va encore au-delà », estime Paul Ariès. « Il introduit une seconde mutation idéologique. Le ni-ni de Waechter était purement politique. Celui de Jadot est également économique, qui réhabilite l’économie de marché comme un partenaire à part entière de la lutte environnementale, au détriment de l’économie sociale et solidaire, ce tiers-secteur qui restait un pilier de l’idéologie écologiste. »

Certes, le député européen module ses propos en fonction de son public. « Il faut transformer le modèle de développement, sortir du capitalisme financier, combattre ce libéralisme prédateur », déclarait-il au magazine écolo et altermondialiste Reporterre le 14 mars dernier.

Une autre tonalité transpirait, quinze jours plus tôt, dans les colonnes du Point, où le candidat vert vantait « la libre entreprise et l’innovation », ou encore les compétences de Michel Barnier, vice-président du très libéral Parti populaire européen et candidat à la tête de la Commission européenne.

Ses salutations à l’économie de marché lui ont valu jusqu’aux égards du Medef qui, après avoir auditionné plusieurs candidats aux européennes, l’a jugé le plus convaincant de tous. Yannick Jadot « n’était pas dans l’écologie punitive et il a su parler du rôle des entreprises », estimait, fin mars, le syndicat patronal.

Cette réhabilitation, en outre, ne se fait pas sans un cortège d’autres ruptures. Sémantiques, quand le terme d’innovation technologique ou financière, cher au libéralisme, a pris le pas sur celui de créativité, prisé par le secteur de l’écologie sociale et solidaire. Rupture dans la chaîne des responsabilités, aussi, alors que l’idée du « tous partenaires » pour sauver le climat élimine l’idée de lutte des classes.

Or, au niveau mondial, « les 10 % les plus riches sont responsables de près de la moitié des émissions, et les 1 % les plus riches émettent à eux seuls plus de carbone que la moitié la plus pauvre de la planète », rappelle Thomas Piketty, économiste et directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris, dans une chronique parue dans le Monde la semaine dernière.

« La transition écologique doit absolument être sociale », abonde Dominique Méda, philosophe et sociologue française. « À la fois par souci de l’efficacité – on ne fera pas la transition contre les gens – comme l’a parfaitement montré la révolte des Gilets jaunes, insiste-t-elle. Mais aussi parce que le souci de justice doit continuer de nous obséder. »

Celle qui a fait du travail et de la post-croissance ses sujets d’études va même plus loin, assurant que la reconversion écologique peut permettre de faire mieux en matière d’égalités. « La reconversion écologique va consister en une vaste restructuration industrielle. Des secteurs entiers vont fermer, d’autres, plus intensifs en main-d’œuvre vont se développer. Ce processus peut être très créateur d’emplois. D’une part, parce qu’une agriculture sans pesticides, des processus moins coûteux en énergie exigent plus de travail. D’autre part, parce que nous pouvons le distribuer et le partager comme on l’a fait avec la première loi Aubry, en réduisant collectivement la durée du travail. »

« Écologie positive » martelée

À entendre Yannick Jadot, enfin, le système, rappelé à l’ordre par une société politiquement œcuménisée, pourrait faire amende honorable et racheter ses fautes. Tout en se disant favorable « à la libre entreprise et l’économie de marché », le député européen martèle ainsi son envie d’une « écologie positive, pragmatique », qui viserait les solutions concrètes, tel le développement des énergies renouvelables.

En charge de l’Observatoire des multinationales, Olivier Petitjean n’y croit pas. « D’abord, parce que la visée du capitalisme est de faire des profits, dont la maximisation est incompatible avec la crise climatique et sociale que nous traversons », explique-t-il. Certes, dans le sillage de la COP21 et de la signature retentissante de l’accord de Paris, les grandes compagnies des secteurs les plus polluants ont fait mine de revoir leurs trajectoires. « Ce changement de discours des multinationales, entre autres pétrolières, est incontestablement lié à la pression de la société, mais il traduit un détournement du problème », poursuit le spécialiste. D’abord, parce qu’en arrière-plan des discours ­surnage toujours, en contrepartie, le refus de toute contrainte imposée par les États. Surtout, « les analyses réalisées montrent que toutes les annonces faites en matière de développement des énergies vertes masque le fait que de nouveaux gisements de pétrole et de gaz continuent à être ouverts chaque année ».

In fine, aucune des grandes ­compagnies mondiales n’a encore, à ce jour, mis le pied sur une trajectoire d’émission compatible avec une limitation de la hausse des températures de moins de 2 °C.

Marie-Noëlle Bertrand

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 05:42

 

Peu épargnées par les premières années du quinquennat, ces deux catégories se retrouvent à nouveau visées par les mesures annoncées mercredi par le premier ministre. Les syndicats sont vent debout.

Si « l’acte II du quinquennat sera celui de la justice sociale », comme l’a affirmé mercredi Édouard Philippe lors de son discours de politique générale, les chômeurs et les retraités vont le sentir passer. Ces populations n’avaient pourtant pas été épargnées par l’acte I. Suppression des allocations-chômage au bout de deux refus d’« offre raisonnable » d’emploi pour les premiers. Désindexation des pensions sur l’inflation et augmentation de la CSG pour les seconds. Le deuxième épisode évoqué par le premier ministre s’annonce encore pire et a fait unanimement bondir, hier, les syndicats.

Le gros loup de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans

Il en est ainsi de la prochaine réforme des retraites attendue en septembre. S’appuyant opportunément et par anticipation sur le rapport du Conseil d’orientation des retraites, dévoilé en intégralité ce jeudi et renvoyant à 2042, voire 2056, la possibilité d’un retour à l’équilibre financier de notre système de retraite, le premier ministre a repris à son compte une mesure déjà évoquée il y a six mois par son ministre du Budget : l’établissement d’un âge « pivot » ou « d’équilibre » afin de pousser les Français à « travailler plus longtemps ». Après avoir touché le taux de prélèvement sur les pensions, puis les niveaux des pensions, le gouvernement attaque le régime par son troisième bout : l’âge légal de départ. En biaisant : pas touche aux 62 ans. En revanche, une décote des pensions de 5 % devrait être instaurée pour ceux qui liquideraient leurs droits entre 62 et 64 ans, quel que soit leur nombre d’années travaillées, afin de les obliger à cravacher jusqu’à 64 ans, âge à partir duquel le taux plein leur serait accordé. Pour la CGT, « l’équation est simple : partir à 62 ans avec une pension de misère ou tenter de travailler plus longtemps pour obtenir au moins 1 000 euros si votre patron le veut bien ! En clair, pour Macron et le patronat, l’objectif est de repousser l’âge de départ à la retraite pour ne pas avoir à la payer ».

Des centaines de milliers de chômeurs sans indemnisation

D’autant qu’Édouard Philippe envisage d’« inciter à travailler plus longtemps ». Des incitations qui se révèlent punitives pour ce qui est de la réforme de l’assurance-chômage annoncée pour le 18 juin. Les cadres, qui cotisent bien plus (42 % des ressources du régime général) que les allocations qu’ils touchent (15 %), verront leurs indemnisations diminuer. « On passe d’un régime donnant droit au maintien du niveau de vie des salariés à un système de filet de sécurité minimum avec des indemnités plafonnées et conditionnées », déplorent dans une pétition commune l’Ugict-CGT et la CFE-CGC. Quant aux 20 % seulement de chômeurs indemnisés sur les 11 millions de sans-emploi et en emploi précaire, leur nombre devrait encore diminuer tant les conditions d’accès à toute allocation vont se restreindre. Six mois travaillés et cotisés sur 24 seraient demandés au lieu des actuels 4 mois sur 28 (sur 36 pour les plus de 53 ans). « Alors que 87 % des embauches sont en CDD et de plus en plus courts, cela reviendrait à éjecter des centaines de milliers de chômeurs de toute indemnisation », dénonce la CGT chômeurs.

Synthétisant tous ces courroux, la CFDT estime que l’instauration d’un « âge d’équilibre » rendrait « inacceptable » le projet de réforme des retraites et déplore que la future réforme de l’assurance-chômage demande des « efforts considérables à tous les chômeurs ».

Stéphane Guérard

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15 juin 2019 6 15 /06 /juin /2019 09:19

Fabien Roussel répond au Premier ministre pour le groupe GDR à la suite de sa déclaration de politique générale du mercredi 12 juin 2019

Monsieur le Premier Ministre,


Le cap que vous venez de définir ne vas pas répondre aux urgences de notre pays ni à la majorité de nos concitoyens.
Alors voilà à l’opposé, la déclaration de politique générale que nous vous proposons.


D’abord l’urgence pour notre industrie menacée:
Il faut envoyer un signal fort, solennel et tout faire pour que la France ne laisse plus tomber une seule de ses usines ! 
General Electric, Whirlpool Amiens, Arjowiggins, Renault, Ford Blanquefort, Ascoval… ces piliers de notre industrie sont stratégiques pour notre pays. Ils doivent faire l’objet d’une décision spéciale et d’une intervention directe de l’Etat.
Avec nous, l’industrie et les circuits courts deviendront une priorité nationale, un enjeu de souveraineté, tant pour notre économie que pour relever le défi climatique. Car un pays sans industrie est un pays sans avenir. 
Et quand on produit local, c’est bon pour l’emploi mais aussi pour le climat.
Nous définirons ainsi une politique industrielle ambitieuse pour notre pays. Des filières stratégiques seront protégées, à l’opposé du pillage et de la vente de nos bijoux de famille à des fonds de pensions !
C’est pourquoi nous ferons gagner du temps et de l’argent aux français en annulant la privatisation d’ADP et de la Française des Jeux.
ADP est stratégique pour notre pays, pour notre compagnie nationale, pour notre sécurité et même pour tenir nos engagements climatiques! Vous n’êtes vraiment pas à la page en voulant le privatiser. 
L’urgence, c’est aussi la santé. C’est pourquoi nous mettrons en place immédiatement un plan en faveur de nos hôpitaux publics et de nos EPHAD, sans oublier les Outre Mer, où la situation sanitaire est aussi alarmante.


D’abord en revenant sur toutes les fermetures de lits, de services d’urgences, de maternité organisés depuis votre arrivée au pouvoir ! Ensuite en y mettant les moyens financiers avec un plan d’embauche pour répondre aux besoins: il manque au moins 100 000 emplois, à pourvoir au plus vite !
L’urgence c’est le pouvoir d’achat, c’est la lutte contre la vie chère, en Métropole comme en Outre Mer : 
Nous proposerons, au 1er juillet, une hausse de 20% du SMIC, en deux ans, dans le privé comme dans le public.
Et nous mettrons en place dès cet été une conférence nationale des salaires pour que l’ensemble des salariés en bénéficient.
La hausse des salaires doit venir des entreprises et non pas de nos impôts comme vous le faites ! Car c’est toujours les classes moyennes qui paient ! 
Nous disons que les grandes entreprises en ont les moyens, elles qui distribuent aussi généreusement les dividendes aux actionnaires : 57 milliards d’euros en 2018 pour celles du CAC 40, en hausse de 12%.
Ces entreprises-là, lit-on dans la presse, « ont enfin tourné la page de la crise financière ». Il est grand temps que leurs salariés puissent le faire eux-aussi.
Quant aux petites et moyennes entreprises, elles bénéficieront enfin d’un accompagnement de l’Etat, réel, y compris dans leurs investissements grâce à un pôle public bancaire qui prêtera à taux 0% en fonction de leurs engagements pour l’emploi et la planète. Rien à voir avec vos aides publiques et vos exonérations de cotisations tous azimut que vous distribuez allègrement, sans contrepartie, aux pollueurs, aux Géants du numérique, aux Carrefour, Auchan et consorts qui licencient malgré tout !
Nous proposerons aux partenaires sociaux de créer le CDI du 21eme siècle, intégrant la formation et digne d’un vrai contrat de travail.
Ce sera autre chose que vos CDD, vos contrats UBER ou Intérimaires qui précarisent encore plus les femmes, les jeunes, les salariés.
Nous ferons rimer « travail » avec « sécurité » et « dignité » au lieu de « précarité » et « pauvreté » comme vous le faites ! 
La justice pour tous, c’est aussi la justice pour les plus fragiles, comme pour nos retraités.
Nous déciderons d’aligner au niveau du SMIC les allocations de solidarité en faveur des plus démunis, des personnes handicapées, des retraités pour que plus personne ne vive en dessous du seuil de pauvreté.
Nous mettrons en chantier une réforme des retraites pleinement innovante, à la hauteur des enjeux de notre siècle.
Nous fixerons comme objectif une pension accessible dès 60 ans, avec 75% de son dernier salaire ou au niveau du SMIC.
Nous préférons offrir une nouvelle vie aux retraités et permettre aux jeunes de les remplacer plutôt que de leur promettre de travailler plus comme vous le faites.
Au MEDEF comme chez vous, le dogme c’est « Travaillez plus », alors que nous sommes au 21ème siècle, à l’ère des robots et avec 5,5 millions de chômeurs !
L’urgence, elle est aussi démocratique :
Et nous voulons y répondre sans tourner autour du pot !
Tout le monde est d’accord pour mettre en place un référendum d’initiative citoyenne. Cela doit se faire vite et de manière accessible.


Mais l’enjeu, c’est aussi de renforcer le pouvoir du Parlement.
Nous mettrons en place une assemblée constituante pour écrire, avec nos concitoyens, la nouvelle République tant attendue et tourner la page de la monarchie présidentielle. Nous mettrons les citoyens au centre de la république, les citoyens et la commune comme l’échelon principal de la démocratie, le premier service public de France.
Enfin nous répondrons à l’exigence de justice fiscale par la révolution fiscale : elle est indispensable pour financer les mesures d’urgences que je viens d’évoquer.


D’abord nous rétablirons l’ISF et nous annulerons une série de mesures et niches fiscales coûteuses telles que le CICE, le crédit impôts recherche, la flat tax, la niche Coppé. Il y a là au bas mot 50 milliards à récupérer…
Et nous mettrons en place un impôt juste, progressif, sur tous les revenus, y compris ceux du capital.
Pour que les gros paient gros et que les petits paient petit; pour que les richesses que nous produisons soient plus justement réparties.
Nous déciderons de mener une lutte sans merci contre la fraude et l’évasion fiscale et d’en faire une grande cause nationale, de l’inscrire dans notre Constitution. Pas besoin d’un énième rapport. La triche est là, sous vos yeux !
Le manque à gagner pour notre pays est compris entre 80 et 100 milliards d’euros.

Avec une liste réelle des paradis fiscaux, avec le prélèvement à la source des bénéfices des multinationales, avec plus de moyens humains à Bercy, à la justice et avec la case prison assurée pour tous les corrompus et les délinquants en col blanc, je peux vous assurer que nous allons changer de braquet dans ce domaine !
En mettant tout en œuvre pour récupérer de telles sommes, nous aurions ainsi des ressources nouvelles pour nos services publics, pour nos écoles, pour une audacieuse politique de la mer digne de notre rang de 2eme puissance maritime mais aussi pour enclencher la transition écologique.
Car l’urgence, c’est aussi et surtout le climat:
Nous proposons de revenir sur la privatisation de la SNCF et de baisser la TVA sur les transports collectifs.
Là où vos choix conduisent à la fermeture de petites lignes et à la multiplication des cars et des camions sur la route, nous, nous prônons un doublement du fret ferroviaire et la gratuité des transports en commun partout où c’est possible.
Nous proposons d’engager un vaste plan de rénovation thermique des bâtiments, au rythme de 500 000 par an, en y mettant les financements publics correspondants. 
Enfin nous voulons répondre au problème de la vie chère. J’ai parlé des salaires, du travail, de la solidarité.
Mais il y a des factures qui ne cessent d’augmenter !! Et la hausse de 5,9% sur leur facture d’électricité, la plus importante depuis la privatisation d’EDF est insupportable !!
D’autant que depuis 2003, les actionnaires ont touché 21,3 milliards d’euros. L’exaspération fiscale des Français, elle vient surtout de là, de ce sentiment d’être pris sans cesse pour des vaches à lait, quand une infime minorité s’en met plein les poches. Nous reviendrons sur cette hausse et nous baisserons immédiatement la TVA sur l’électricité pour la ramener à 5,5%, comme pour de nombreux produits de première nécessité.


Monsieur le Premier ministre,
Oui le capitalisme est à bout de souffle. Mais vous ne proposez rien d’autre que d’y rester ! Le chemin que vous nous proposez a été mille fois parcouru. Il nous conduit à une impasse, pour nous comme pour la planète !
Nous voulons sortir de ce chemin, du dogme de la concurrence libre et non faussée. Nous voulons protéger la planète, partager les richesses, et mettre le bonheur de chaque citoyen au cœur de la République !


Voilà notre projet, aux antipodes de ce que vous venez de nous présenter. C’est pourquoi nous refusons de vous accorder notre confiance.

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 18:41
Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France
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Intervention d'Ismaël Dupont, hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy en gare de Morlaix, 12 juin 2019, 16h: 

Merci à vous tous d'être présents à ce moment d'hommage à Henri Rol-Tanguy.

Merci d'abord à Jean Rol-Tanguy de nous faire l'honneur de sa participation à notre hommage, le fils de Henri Rol-Tanguy et de Cécile Rol-Tanguy, qui vient de fêter ses 100 ans, et qui était résistante de la première heure elle aussi. Jean qui est président du Comité parisien de la Libération.

Merci à Sylvaine Vulpiani, conseillère régionale, à Jerôme Pasquels qui représente ici le sénateur Jean-Luc Fichet, qui aurait aimé être présent mais dont la présence est requise au Parlement, à Nathalie Bernard, maire de Plougasnou, commune de résistance, et vice-présidente aux Transports à Morlaix-Communauté, à Yvon Primel, maire adjoint de Morlaix aux anciens combattants, et Jerôme Stephan, collaborateur de Mme le Maire de Morlaix Agnès Le Brun, à l'institut d'histoire sociale de la CGT représenté par Alain et Anne-Marie Quesseveur, à Jean-Claude Cariou, vice-président de l'ANACR 29, à Guy Hervy, membre du bureau du Musée National de la Résistance, aux nombreux syndicalistes, de la CGT, de FO, présents ici, aux divers élus, militants politiques (PCF bien sûr mais aussi Génération.s, PS, UDB, Ensemble) et associatifs présents : le Mouvement de la Paix, Amnesty International, etc.

Merci à Glenn Le Saoût a qui nous devons la bonne idée de cet hommage aujourd'hui.

Que ceux que j'ai oubliés veuillent bien m'excuser.

Et mes remerciements les plus chaleureux iront à Guy Denning, cet artiste de street art anglais, connu internationalement, résidant aujourd'hui dans les Monts d'Arrée à La Feuillée qui dédie aujourd'hui à Rol-Tanguy une œuvre magnifique.

Merci à vous d'être présents dans votre diversité à cet hommage proposé et organisé par le Parti communiste français à son illustre camarade, et à une grande figure de la résistance, sur une place qui porte son nom, depuis 2003, notamment parce que Rol Tanguy est né en gare de Morlaix, le 12 juin 1908, il y a 111 ans. Morlaix a été la première ville a dénommé une place ou une rue Rol Tanguy début 2003 quelques semaines après la mort du grand résistant.

Nous voulons honorer l'action et la mémoire de Rol-Tanguy, en tant que personne, pour son courage et la valeur d'exemplarité de ses engagements pour la République, des idéaux d'égalité et de justice sociale, contre le fascisme et des régimes qui supprimaient les libertés démocratiques et instaurait le racisme et l'intolérance en règle.

Mais à travers Rol-Tanguy, ce sont aussi les combattants et artisans de la Résistance que nous voulons saluer, en ce 75e anniversaire des combats de la Libération dans lesquels les résistants français et bretons ont payé un si lourd tribut, la férocité de l'ennemi aux abois étant portée à son comble. On estime à 35 000 le nombre de FFI en activité après le 6 juin 1944 en Bretagne. On compte 3743 déportés dans la Bretagne à 5 départements (à l'époque, avec la Loire-Inférieure) dont la moitié périrent, autour de 2700 résistants bretons fusillés, des milliers de tués au combat dont 204 FFI dans les poches de Lorient et St Nazaire.

Nous saluons bien sûr tous les Résistants dans la diversité de leurs sensibilités et de leurs actions, des circonstances de leur entrée dans l'action clandestine et patriotique. C'est à eux qui nous devons d'avoir gardé intact une flamme d'espoir et de dignité dans les années sombres de la libération et d'avoir rendu possible le retour de la liberté et de la démocratie en France, mais aussi le retour de la Paix qui était leur horizon.

Nous saluons aussi aujourd'hui particulièrement la résistance intérieure et populaire, et la résistance communiste, pas toujours mise au premier plan dans les discours mémoriels et l'approche de l’État. C'est un euphémisme...

Pas un seul résistant communiste au panthéon !...

Et Hollande et Macron sont loin de corriger l'oubli et l'injustice. Est-ce normal quand on connaît leur poids dans les effectifs de la résistance, dans la lutte armée intérieure, et le lourd tribut qu'ils ont payé, entre les dizaines de milliers de fusillés, de torturés et de déportés de l'OS et des FTP, des FTP-MOI que commanda Rol-Tanguy en région parisienne en 1942?

Martha Desrumaux, Marie-Claude Vaillant Couturier, Danielle Casanova, Charlotte Delbo, Missak Manouchian, Guy Moquêt, Rol-Tanguy, il n'y avait que l'embarras du choix... Et pourtant, on a préféré honoré la résistance gaulliste, socialiste, bourgeoise... Comme si les communistes ne devaient pas entrer dans la grande histoire de la nation française, comme s'il fallait minimiser leur apport à la libération... De la même manière, on ne parle que de l'appel du 18 juin à la Résistance alors que d'autres appels ont eu lieu au printemps et à l'été 40, notamment celui de Charles Tillon.

Et toujours ce discours lancinant, mensonger et révisionniste pour minimiser le sens et le caractère patriotique et national de la Résistance communiste en prétendant qu'elle n'a débuté qu'à l'été 41 après l'invasion de l'URSS, voir, comme dernièrement Riolo face à Ian Brossat dans une émission de RMC, en prétendant que les communistes étaient des collaborateurs au début de la guerre!

Ce qui est faux bien sûr. Le simple fait de dénoncer la politique collaborationniste, réactionnaire et anti-démocratique de Vichy et de garder une activité communiste était un acte de résistance en 40-41 à l'heure où le PCF était interdit et très fortement réprimé, sous le dernier gouvernement de la 3e République déjà dirigé par Daladier… De nombreux militants, syndicalistes, l'ont payé de leur vie, dont les fusillés de Châteaubriant, le jeune Guy Moquêt.

Même minimisation d'ailleurs, en bonne logique (anti-communiste), de l'apport des soviétiques à la libération de l'Europe, malgré leurs 22 millions de morts et les victoires décisives obtenus à un prix exorbitant pour stopper les Nazis. Est-il normal de n'attribuer qu'aux alliés américains et anglais de l'OTAN la libération de la France ? Un débarquement réussi en Europe de l'ouest et une progression pour libérer le territoire français étaient-ils envisageables sans la progression des soviétiques et leur contre-offensive en Europe de l'est ? Pourquoi ne pas avoir invité le chef d'Etat russe, quoiqu'on en pense par ailleurs, aux cérémonies du débarquement ?

Avant de parler de ce que fut la vie de Rol-Tanguy, ouvrier et de militant ouvrier, cégétiste et communiste, devenu un héros des Brigades Internationales et de la Résistance, le maître d’œuvre de l'insurrection du peuple parisien et de la libération de Paris, deux mots aussi sur le contexte dans lequel cet hommage s'inscrit.

Pour nous le souvenir de la résistance et des résistants est un devoir de mémoire, une justice que nous leur devons, certes, mais pas seulement une fin en soi… Notre approche n'est pas muséale ou patrimoniale, ou simplement patriotique.

C'est parce que nous avons toujours de l'adhésion et la foi foi dans les valeurs et les idéaux d'humanisme et de progrès qu'ils portaient et qui fondaient leur engagement pour une société plus juste, une République sociale, égalitaire et fraternelle, une démocratie rénovée que nous sommes en colère et inquiet face aux menaces et politiques brunes qui ressurgissent en France et en Europe, et plus largement dans le monde, et face à la destruction progressive de l'héritage du Conseil National de la Résistance : la Sécurité Sociale gérée par les travailleurs, le système des Retraites par répartition, les grands services publics et entreprises nationalisés, le pluralisme de la presse, le contrôle parlementaire de l'exécutif, l'ambition de contrôle et de limitation des pouvoirs financiers, etc.

Le combat des résistants, celui en tout cas des FTP, n'était pas seulement un combat pour libérer la patrie, même si c'était aussi et surtout ça qui fédérait la résistance : c'était un espoir d'une société nouvelle, plus juste, et un combat à mort contre la trahison intérieure, y compris d'une bonne partie du patronat, les idées réactionnaires de Vichy, les idées racistes et fascistes des collaborateurs, pour une société libérée de la domination de classe, qui inspirait beaucoup de résistants.

Rol-Tanguy le dit en 2000 dans une préface au livre d'André Guérin « Chronique de la résistance » :

« Libérer la patrie et la faire plus belle et plus forte, généreuse et unie. La Résistance a conçu en termes d'action ce qui reste à jamais la réalité et l'efficacité de sa mission, sa vue juste de la pleine et entière délivrance nationale. En ce printemps 1944, le programme du Conseil National de la Résistance éclairait le chemin du combat qui menait à la véritable libération du pays et de la nation, à leur totale rénovation, à la démocratie la plus large ».

L'écrivain François Mauriac disait après guerre : « Seule la classe ouvrière dans sa masse aura été fidèle à la France profanée ».

Aujourd'hui, à trop se détourner des attentes d'une vie digne des classes populaires, à trop livrer à la finance les biens publics et à la précarité les garanties collectives, on risque de faire le jeu des pires aventures et du retour en force de l'extrémisme nationaliste et xénophobe.

Mais revenons à Rol-Tanguy.

Henri Tanguy est né un peu par hasard en gare de Morlaix. Sa mère, blanchisseuse, a accouché précipitamment alors qu'elle devait probablement regagner Brest en train, Brest où le père était officier marinier. La famille a aussi été installée temporairement dans d'autres ports, Toulon et Cherbourg pendant l'enfance de Henri Rol-Tanguy.

C'est à Brest à 13 ans que Henri arrête l'école. Il devient télégraphiste pour les PTT à Brest mais il n'est pas titularisé. Il est embauché dans une entreprise de taxis, puis comme téléphoniste, et enfin comme apprenti mécanicien.

Sa mère estime que son avenir et celui de son frère Joseph n'est pas assuré à Brest à l'hiver 1923-1924, elle rejoint Paris avec ses enfants. Ayant été tourneuse d'obus pendant la guerre de 14 à l'arsenal de Toulon, elle se fait embaucher chez Renault comme métallurgiste tandis qu'Henri est engagé chez Talbot.

Puis en 1925 Henri Tanguy est embauché comme métallier chez Renault à Boulogne Billancourt et la même année il adhère aux Jeunesses Communistes, à l'âge de 17 ans, et au syndicat CGTU. Sa participation à la grève générale chez Renault Billancourt entraîne son licenciement en mai 1926. Il travaillera ensuite comme métallo dans différentes usines, dont Breguet où il crée après les émeutes nationalistes et anti-parlementaires de 1934 menaçant la République une cellule communiste et un syndicat CGTU.

En 1935 il membre du bureau des Jeunesses communistes à Paris et participe à des affrontements avec l'extrême-droite.

C'est dans son entreprise de chaudronnerie à Montrouge que Rol Tanguy vit la grève de mai-juin 1936 et il est licencié à la fin du conflit. A l'automne hiver 1936, et début 37, il est un des animateurs de la solidarité avec l'Espagne républicaine face au coup d'état franquiste. En février 1937, il peut enfin rejoindre l'Espagne comme volontaire des Brigades Internationales après plusieurs demandes infructueuses, compte tenu de la dégradation de la situation militaire pour les Républicains.

En raison des compétences acquises pendant son service militaire (notamment en Algérie, dans un bataillon disciplinaire, en 1929), il est nommé commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, du parc auto des Brigades internationales, enfin de l’usine n° 1 où l’on fabriquait les grenades et réparait les automobiles. Puis il fut désigné, avec grade de capitaine, responsable à la main-d’œuvre étrangère dans les usines qui se montaient en zone républicaine.

Les Brigades Internationales recrutées en France, c'était 15 000 volontaires, dont 8000 Français et 7000 étrangers, environ 250 Bretons, dont Albert Rannou et Jean-Louis Primas qui jouèrent ensuite un grand rôle dans la résistance finistérienne et furent fusillés avec 17 autres camarades le 17 septembre 1943 au Mont Valérien. Albert Rannou, fusillé à 27 ans, et c'était un des plus anciens de la bande, qui écrivait dans sa dernière lettre à ses parents : « J'ai lutté durant toute ma courte existence pour le bonheur des travailleurs et pour que la paix règne en ce monde... » Terminant sa lettre déchirante, écrite le jour de sa mort, par « Vive la France, vive le Parti communiste. Paix- Liberté - Justice ».

Mais, en octobre 1937, il fut rappelé en France, pour accomplir une période de réserve. A son issue, il reprit ses fonctions syndicales, notamment les actions de solidarité avec la République espagnole. De retour à Albacete en février 1938, André Marty l’ayant réclamé, il fut nommé commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara. En avril 1938, pendant la marche à la mer des troupes franquistes, Henri Tanguy fut chargé de l’acheminement à Barcelone des volontaires internationaux présents à Albacete et dans sa région (environ 1 200), mission qu’il accomplit la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine, le 15 avril. Il assura ensuite le commissariat politique de la nouvelle base des Brigade internationales mise en place à Olot, mais quelques semaines plus tard, cette dernière ayant été dissoute, A. Marty le désigna commissaire politique de la 14e Brigade, « La Marseillaise ».

Blessé le 18 juin 1938 d’une balle dans la poitrine, au retour d’une visite de bataillon, il reprit son poste après quelques jours passés à l’hôpital, refusant d’attendre l’extraction du projectile. Il participa à la grande offensive de l’Ebre, à Tortosa et dans la Sierra Caballs, de juillet à septembre 1938, date de relève des Brigades.

Revenu en France en novembre, à la dissolution des Brigades, Henri Tanguy reprit ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti communiste. En avril 1939, l’ancien brigadiste épousa sa marraine d’Espagne, Cécile Le Bihan, fille du militant syndicaliste et communiste, résistant FTP mort en déportation, François Le Bihan*. Le couple eut quatre enfants.

Après avoir accompli son devoir militaire, Rol-Tanguy rentre dans la clandestinité en 1940 après les premières arrestations de militants communistes suite au pacte germano-soviétique et aux décrets d'interdiction et de répression du mouvement communiste sous Daladier. Dès août 41, il organise la mise en place des groupes armés en région parisienne qui donnent naissance en février 42 aux FTP. Rol-Tanguy devient le responsable militaire dans la direction des FTP en région parisienne. Identifié après l'arrestation d'autres dirigeants en mai 42, il migre dans la région Anjou-Poitou où il commande les FTP. A cette époque, il est aussi chargé de mission en Bretagne et à Bordeaux.

Fin 43 Henri Tanguy passa en octobre à l’état-major des FFI de la région Parisienne qui regroupait onze départements autour de Paris, où il représentait les FTP. Successivement responsable de l’action immédiate, du troisième bureau (« opérations »), puis sous-chef de l’état-major, enfin chef régional en mai 1944, il était à la veille du débarquement allié du 6 juin 1944, colonel chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), qu’il baptisa « Ile-de-France ».

Il prit alors son dernier pseudonyme Rol, nom d’un militant d’Épinay-sur-Seine, combattant des Brigades internationales, tué pendant la bataille de l’Ebre peu de temps après avoir été nommé commandant du bataillon « Commune-de-Paris ».

Le 19 août 1944, en qualité de chef régional des FFI, Rol-Tanguy donna l’ordre de l’insurrection parisienne. Il reçut, avec le général Leclerc, la reddition du général Von Choltitz — commandant la garnison allemande du Grand-Paris — le 25 août.

Le 18 juin 1945, il est élevé au rang de compagnon de la Libération par le Général de Gaule qui le respectait beaucoup.

Avant le passage du Rhin, le 31 mars 1945, Rol-Tanguy rejoignit le 151e régiment d’infanterie issu de la Brigade de Paris formée par le colonel Fabien, participa à la campagne Rhin-Danube en tant que lieutenant-colonel.

A la fin de la guerre, Rol-Tanguy rentre dans l'armée même si, dans le climat de guerre froide, après 48, ses engagements communistes vont contribuer à ce qu'il soit partiellement placardisé et bloqué dans son avancement.

 Invité occasionnel du Comité central du PCF à partir de 1947 — en tant que militaire il ne pouvait y intervenir — Henri Rol-Tanguy en devint membre de 1964 à 1987. Il avait été candidat du PCF aux élections législatives de 1962 à Paris (XXe arr.).

Élu en juillet 1946, lors du 23e congrès, président d’honneur de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants), il assura également la coprésidence de l’ANACR (association nationale des anciens combattants de la résistance) et la présidence de l’AVER (association des volontaires de l'Espagne Républicaine).

Aujourd'hui, c'est une satisfaction pour nous que cet hommage à ce militant ouvrier qui a joué un rôle essentiel aux premières loges de l'histoire et qui est né à Morlaix puisse avoir lieu. Nous aimerions que la plaque d'hommage à Rol-Tanguy, très dégradée, et placée dans un endroit peu visible et éloigné du passage et des regards, puisse être restaurée ou remplacée et installée dans un endroit plus digne de cette action historique et de cet engagement, et de la décision de donner le nom de Rol-Tanguy à cette place, une des portes d'entrée de Morlaix. 

 

Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France
Hommage à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, en gare de Morlaix, place Rol-Tanguy, 12 juin 2019: photos de Pierre-Yvon Boisnard et discours d'Ismaël Dupont, articles du Télégramme et du Ouest-France
Résistance. Un hommage pour ses 111 ans (photo Le Télégramme, 12 juin 2019)

Résistance. Un hommage pour ses 111 ans (photo Le Télégramme, 12 juin 2019)

Résistance. Un hommage pour ses 111 ans  (Le Télégramme, 12 juin 2019)

Il aura fallu attendre deux ans pour que réapparaisse le panneau « Place colonel Rol-Tanguy » devant la gare, la « faute » aux travaux de rénovation. Le 12 juin, pour les 111 ans de sa naissance, un hommage appuyé a été rendu à ce militant communiste, héros de la Résistance, membre de l’état-major des FFI, combattant volontaire en Espagne et ancien président de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance). Après le discours-fleuve d’Ismaël Dupont, son fils Jean Rol-Tanguy, divers élus et militants de gauche, ainsi que Guy Denning, un artiste anglais auteur d’un portrait du héros, ont déposé des gerbes devant la stèle érigée en bas de la nouvelle passerelle.

Un hommage a été rendu à ce héros de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

Un hommage a été rendu à ce héros de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

Le 12 juin 1908, Rol-Tanguy, héros de la Libération de Paris, naissait en gare en Morlaix

Ouest-France, 12 juin 2019

111 ans plus tard, à Morlaix (Finistère), un hommage lui a été rendu, en présence de son fils, Jean Rol-Tanguy.

Mercredi 12 juin 2019, 111 ans jour pour jour après sa naissance à Morlaix (Finistère), un hommage a été rendu à Henri Rol-Tanguy, résistant ayant participé à la Libération de Paris en août 1944.

Un accouchement précipité

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, a retracé la vie du militant communiste, « l’un des dirigeants des Brigades internationales puis, pendant l’Occupation, héros de la Résistance ».

L’occasion d’apprendre que les liens entre Rol-Tanguy et Morlaix tiennent du hasard total. Le jour de sa naissance, sa mère, blanchisseuse, est en chemin pour Brest – où son époux, officier marinier, est alors basé -, quand elle perd les eaux à la gare de Morlaix. Henri naîtra sur place.

Depuis 2003, la place de la gare porte son nom et une stèle – pas assez visible selon Ismaël Dupont – y est installée. Mercredi, une gerbe a été déposée, en présence d’élus, militants communistes et cégétistes, d’un représentant des Anciens combattants et d’un membre du bureau du Musée de la Résistance nationale.

Le fils du colonel Rol-Tanguy, Jean Rol-Tanguy, avait également fait le déplacement, tout comme l’artiste de street-art anglais Guy Denning, résidant aujourd’hui dans les monts d'Arrée.

Depuis 2003, la place de la gare porte son nom et une stèle – pas assez visible selon Ismaël Dupont – y est installée. Mercredi, une gerbe a été déposée, en présence d’élus, militants communistes et cégétistes, d’un représentant des Anciens combattants et d’un membre du bureau du Musée de la Résistance nationale.

Le fils du colonel Rol-Tanguy, Jean Rol-Tanguy, avait également fait le déplacement, tout comme l’artiste de street-art anglais Guy Denning, résidant aujourd’hui dans les monts d'Arrée.

Il a réalisé une toile représentant le résistant. « Ce tableau est à la disposition de la mairie et de la gare pour l’exposer », glisse Ismaël Dupont.

Un hommage a été rendu à ce héros de la résistance et de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

Un hommage a été rendu à ce héros de la résistance et de la libération, né en gare de Morlaix il y a 111 ans. | OUEST-FRANCE

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 11:30
Rol-Tanguy - Soyons nombreux à son hommage à Morlaix, place Rol-Tanguy, à 16h ce mercredi 12 juin pour l'anniversaire de sa naissance en gare de Morlaix il y a 111 ans, et les 75 ans des combats de la Libération

Une œuvre magnifique de l'artiste anglais Guy Denning en hommage à Rol-Tanguy sera inaugurée place Rol-Tanguy à Morlaix, devant la gare, à l'occasion de l'hommage que nous rendrons à ce grand militant ouvrier, communiste et cégétiste, combattant volontaire des Brigades Internationales en Espagne, dirigeant de la résistance FTP et FFI, né à Morlaix en 1908 et décédé en 2002. 

 

La cérémonie aura lieu à 16h en gare de Morlaix en présence notamment de:

- Jean Rol-Tanguy, fils d'Henri et Cécile Rol-Tanguy, président du comité parisien de la Libération

- l'artiste de street art anglais Guy Denning, breton d'adoption, résidant dans les Monts d'Arrée

- Sylvaine Vulpiani, conseillère régionale

- Jean-Claude Cariou, vice-président de l'ANACR 29 (qui ramènera une gerbe pour Rol Tanguy de la part de l'ANACR)

- Guy Hervy, membre du bureau du Musée de la Résistance nationale

- des élus et militants de gauche, dans leur diversité, des militants de la paix, des anciens combattants, des militants de la mémoire de la résistance

- le représentant du sénateur Jean-Luc Fichet, excusé car en session parlementaire à Paris, Jérôme Calmels

- un représentant de la majorité municipale de Morlaix

- des syndicalistes de la CGT, de l'institut d'histoire sociale de la CGT, de FO 

- de nombreux militants et sympathisants communistes

- et tous les citoyens qui voudront honorer ce grand résistant

Ismaël Dupont prononcera un discours d'hommage à Rol-Tanguy et sur le sens de l'évènement au nom du PCF. 

 
Le Télégramme, l'info vous suit partout Morlaix
Résistance. Hommage au colonel Rol-Tanguy, mercredi à la gare
Publié le 08 juin 2019 à 19h03
 
Quelques jours après l’anniversaire des 75 ans du débarquement allié en Normandie, un hommage commémoratif au colonel Rol-Tanguy sera organisé ce mercredi 12 juin, à 16 h, sur la place qui porte son nom, à la gare, pour les 111 ans de sa naissance.
Militant ouvrier morlaisien, cégétiste et communiste, Henri Tanguy, dit Rol-Tanguy (Théo Rol était un de ses compagnons d’armes pendant la Guerre d’Espagne, tombé face aux troupes franquistes), fut un des dirigeants des Brigades Internationales, puis, pendant l’Occupation, un héros de la Résistance. Membre de l’État-major des FFI au titre des FTP, il commanda l’insurrection populaire menant à la Libération de Paris en août 1944. Après la guerre, il fut longtemps président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance.
Cet hommage aura lieu en présence de Jean Rol-Tanguy, un de ses enfants. La fédération finistérienne du PCF, ainsi que la section locale de Morlaix, appellent tous les citoyens, élus, qui se reconnaissent dans ces valeurs de résistance face à l’extrême droite, et dans l’idéal de République sociale et démocratique rénovée portée par le Conseil national de la Résistance, à y participer.
Communiqué du PCF pays de Morlaix - 6 juin 2019
 
Place Rol-Tanguy, gare de Morlaix, mercredi 12 juin, à 16h, hommage commémoratif pour l'anniversaire des 111 ans de sa naissance au colonel Rol-Tanguy, militant ouvrier, héros de la Résistance et des Brigades Internationales, ancien président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.
 
Nous célébrons à partir de cette semaine l'anniversaire des 75 ans du débarquement allié et des combats de la libération qui firent tant de victimes dans les rangs de la Résistance, en Bretagne notamment.
 
Parmi les Bretons qui ont joué un rôle de tout premier plan dans la Résistance Nationale figure Henri Tanguy, dit Rol-Tanguy (Théo Rol était un de ses compagnons des Brigades Internationales tués dans la bataille de l'Ebre), membre de l'état major des FFI au titre des FTP, commandant les FFI en Ile-de-France pendant les combats de la Libération.   
 
Henri Rol-Tanguy est né à Morlaix le 12 juin 1908 il y a 111 ans. Ce fut un très grand militant ouvrier, cégétiste et communiste, dirigeant dans les Brigades Internationales pendant la guerre d'Espagne et grand dirigeant de la Résistance qui commanda l'insurrection populaire menant à la Libération de Paris en août 1944.  
 
Henri-Rol Tanguy est décédé à Paris le 8 septembre 2002 après une vie d'engagement bien remplie. A ce moment, Morlaix a été une des premières villes à lui consacrer en hommage à ce que furent son action historique et son importance dans le rétablissement de la République une rue ou une place, en l'occurrence, la place de la gare, place Rol-Tanguy.
 
Alors que le fascisme et l'extrême-droite sont redevenus des menaces véritable pour le vivre-ensemble, les valeurs humaines et démocratiques en France et en Europe, au moment où le Président de la République continue par soumission aux forces de l'argent à détruire méthodiquement l'héritage de la République sociale issue des combats de la Résistance, l'héritage social et démocratique du Conseil national de la Résistance, le Parti Communiste Français - la section du pays de Morlaix et la Fédération du Finistère - appellent tous les citoyens, élus, qui se reconnaissent dans ces valeurs de la Résistance à rendre hommage à l'engagement de Henri Rol-Tanguy, et, à travers lui, aux idéaux de République sociale et démocratique rénovée portée par le Conseil National de la Résistance.
 
 
 
Tous les citoyens, élus, associations, militants syndicaux et des droits de l'homme, anciens combattants, amis de la Résistance qui veulent rendre hommage à Rol-Tanguy sont invités à participer à l'hommage rendu à Henri Rol-Tanguy le 12 avril 2019 à 16h.
 
Cet hommage à Rol-Tanguy le jour de l'anniversaire de sa naissance est d'autant plus nécessaire que, malgré la rénovation de la Gare de Morlaix, qui a pourtant coûté des millions d'euros, la petite plaque d'hommage datant de l'inauguration de la place, est aujourd'hui très dégradée et dans un triste état, cantonnée dans un endroit éloigné, peu visible et peu reluisant, la dignité et la visibilité de l'hommage rendu sur la place de la gare à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, posant question, et étant insuffisante.     
 
***
Henri Rol-Tanguy  fut un des dirigeants de la Résistance qui a organisé la Libération de Paris. Paris a été libéré par l'insurrection de son peuple.  Après quatre ans sous le joug allemand. L'action armée des résistants unis au sein du F.F.I. conjuguée avec le soulèvement de la population parachevée par les blindés  de Leclerc a chassé l'occupant et conduit à la signature de l'acte de la capitulation auquel participe Rol-Tanguy. "Nous avons donné le coup de grâce à l'ennemi, mais Paris était déjà aux mains des Parisiens"   (Eisenhower, commandant en chef des forces alliées en Europe). Le premier détachement Leclerc et celui du Capitaine Dronne étaient composés de républicains espagnols. Juste retour des choses... Comme des milliers d'autres militants français, Henri Tanguy, alors syndicaliste CGT de la métallurgie, ouvrier chez Citroën, et communiste, s' est engagé dans les Brigades Internationales pour défendre la république espagnole contre Franco qui était appuyé par les nazis et les fascistes italiens. Son courage, son combat pour un monde de Liberté, d'Egalité, de Fraternité sont des exemples pour notre époque et il importe que les générations présentes, jusque-là épargnées par les tempêtes de l'histoire, n'oublient pas ce que le rétablissement de la démocratie et la lutte contre le fascisme doivent au dévouement de ces hommes pétris d'idéal et d'altruisme qui ont su dire non à la fatalité de la régression et de la barbarie. Henri Rol Tanguy a su aussi s'engager dans les batailles de l'après-guerre: la reconstruction et l'application du programme de transformation sociale et économique bâti par le CNR. Henry Rol-Tanguy fut longtemps président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance et il eut l'occasion de revenir de nombreuses fois à Morlaix à ce titre. La femme de Rol-Tanguy, Cécile, résistante elle aussi, est encore vivante, et à 100 ans, continue à porter les valeurs de la résistance et du devoir de mémoire.
 

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 11:29
Henri Rol-Tanguy, stratège décisif de la libération de Paris (L'Humanité, Jérôme Skalski, 19 août 2014)
Henri Rol-Tanguy, stratège décisif de la libération de Paris
Mardi, 19 Août, 2014

Combattant des Brigades internationales en Espagne et figure de premier plan de la Résistance, cet ouvrier métallo communiste et syndicaliste devenu colonel, commandant des FFI de l’Île-de-France, symbolise toute une génération combattant le joug fasciste.

Des brigades d’Espagne à celles des maquis. La figure de Henri Rol-Tanguy est à l’unisson de celles de ses milliers de camarades qui, au feu de leur jeunesse, allièrent une conscience rare des enjeux de leur époque à une décision d’action peu commune. Parmi eux, il fut néanmoins l’un des premiers par cette élection tacite qui, dans la Résistance, distribuaient les rôles dans le drame vécu, en dépit de l’âge souvent. La valeur n’attend pas le nombre des années, déclare Don Rodrigue dans le Cid de Corneille. Rol, le pseudonyme qu’Henri Tanguy choisit en mémoire de Théophile Rol, compagnon de combat fauché par les balles de Franco et de ses alliés fascistes pendant la prise de la Sierra de Cavalls en Catalogne, en septembre 1938, fusionne avec son nom. Le chemin de Théophile Rol, jeune capitaine du bataillon Commune de Paris, de la brigade la Marseillaise, ne le conduisit pas en propre devant Valence et Madrid pour l’abattement du règne du « Caudillo par la grâce de Dieu » et le relèvement de la République en Espagne. Mais, tel le Cid des légendes, accolé au nom de Tanguy, lui-même blessé d’une balle dans la poitrine en juin 1938 sur le front de l’Èbre, à Paris, pour celui de la République en France et sa libération du joug nazi, fasciste et collaborationniste. Car tel est le nom de Rol-Tanguy, évocation d’un homme, d’une amitié et d’une génération et, lui qui mourut le 8 septembre 2002 à Paris, d’un idéal antifasciste, républicain et communiste toujours actuel.

En 1935, il est licencié 
pour fait de grève

Né en 1908 à Morlaix, d’un père marinier et d’une mère blanchisseuse, Henri Rol-Tanguy devient ouvrier métallurgiste à l’âge de quatorze ans. Arrivé en région parisienne, il embauche chez Talbot puis chez Renault où il entre, en 1925, comme tôlier en carrosserie. Il se syndique à la CGTU et adhère aux Jeunesses communistes. Sa participation aux grèves de mai 1926 dans les usines de Louis Renault lui vaut son premier licenciement. Passionné de cyclisme, il participe à diverses courses sur les pistes du Vélodrome d’Hiver, du Parc des Princes et du Stade Buffalo. Pour ne s’être pas inscrit à temps sur les listes de recensement, le jeune ouvrier sportif se retrouve cependant à Oran, en 1929, comme soldat première classe par mesure disciplinaire. Il en sortira avec une formation de mitrailleur, de mécanicien, de télémétreur et d’armurier. En septembre 1930, de retour à Paris, il retrouve le chemin de l’usine. Chez Nessi à Montrouge et chez Breguet, rue Didot, d’où il est licencié pour fait de grève en 1935. Désormais « marqué à l’encre rouge », portes des usines fermées, Henri-Rol-Tanguy devient secrétaire du syndicat des travailleurs de la métallurgie CGT de la région parisienne en octobre 1936 et anime la campagne de solidarité avec les républicains espagnols. L’année suivante, il s’engage en Espagne dans les rangs des Brigades internationales. Il est bientôt nommé responsable de la Main-d’œuvre immigrée (MOI), avec grade de capitaine. Le 15 avril 1938, alors que les troupes franquistes marchent vers la Méditerranée, il est nommé commissaire politique du bataillon la ­Marseillaise et participe à la bataille de l’Èbre avant de revenir en France. Ils étaient 15 000 à avoir rejoint les Brigades internationales depuis la France, 8 000 Français, 7 000 étrangers. En avril 1939, Henri-Rol-Tanguy épouse sa marraine de guerre en Espagne, Cécile Le Bihan, secrétaire au syndicat des métaux CGT, avec qui il aura quatre enfants. Mais les retrouvailles du printemps 1939 sont de courte durée. Le soldat Tanguy reçoit son ordre de mobilisation en août. Il sera des combats de 1940, cité à l’ordre de son régiment, avant de recevoir son avis de démobilisation. Fait compagnon de la Libération le 18 juin 1945 par le général de Gaulle, devenu militaire d’active avec le grade de lieutenant-colonel, Henri-Rol-Tanguy sera affecté au cabinet militaire du ministre de la Défense nationale en avril 1947 avant d’occuper différentes fonctions dans l’armée. Il prend sa retraite en 1962. Président de l’Association nationale des anciens combattants de la Résistance et de l’Amicale des anciens volontaires français en Espagne républicaine, il sera membre du Comité central du PCF de 1962 à 1987. Il repose à Monteaux, dans le Loir-et-Cher.

1941, l’occupant recourt à la torture comme arme de guerre totale

Au lendemain du 18 juin 1940, c’est le colonel Rol-Tanguy qui s’esquisse encore cependant dans l’armée des ombres naissante. Son épouse, Cécile Rol-Tanguy, participe à la réunion au cours de laquelle est décidée l’organisation de comités populaires à Paris. Il est chargé pour sa part d’organiser les militants communistes dans le sud de la capitale et de sa banlieue et contribue à créer l’organisation spéciale du PCF, l’OS et future FTPF. Le 5 octobre, Rol entre dans la clandestinité. En mars 1941, il est nommé responsable de Paris rive gauche et de la banlieue sud. En août 1941, avec Raymond Losserand et Gaston Carré, il est chargé de constituer des groupes armés en région parisienne. La répression allemande fait rage avec ses exécutions et son recours à la torture comme armes de guerre totale. Rol est muté dans l’ouest, en Anjou et en Poitou, pour prendre part au commandement des FTP. Après différentes missions, il revient à Paris en mars 1943. Avec Joseph Epstein, il assure notamment la publication du journal clandestin Franc-Tireur parisien. Il est muté en septembre au Comité d’action contre la ­déportation. Au mois d’octobre, il est désigné comme représentant des FTP à l’état-major des Forces françaises de l’intérieur pour les 14 départements de la région parisienne avant d’être nommé chef militaire régional le 
1er juin 1944. Le 19 août, c’est en tant que colonel qu’il adressera l’appel à l’insurrection générale de Paris au nom des FFI depuis son PC de Montrouge. Et c’est lui qui en coordonnera l’action jusqu’à la réception, avec le général Leclerc, en tant que commandant des Forces françaises de Paris, de la capitulation de von Choltitz le 25 août 1944. En accord avec son état-major, il a été un acteur essentiel de l’échec de la trêve et c’est lui qui envoie le commandant Cocteau auprès de l’armée américaine, acte décisif de la bataille de Paris, pour faire accepter la marche de la 2e DB du général Leclerc sur Paris. Henri Rol-Tanguy poursuivra les combats dans la première armée du général de Lattre de Tassigny jusqu’à la capitulation allemande.

 
Jérôme Skalski
Henri Rol-Tanguy, stratège décisif de la libération de Paris (L'Humanité, Jérôme Skalski, 19 août 2014)
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