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26 juillet 2020 7 26 /07 /juillet /2020 12:37

 

Christophe Prudhomme est médecin au Samu 93.

Lundi, le protocole d’accord du Ségur de la santé a été signé en grande pompe, sous les ors de la République, par une partie des représentants syndicaux habillés en dimanche et visiblement très fiers d’être invités par le premier ministre. Le spectacle a continué le soir même avec une sauterie au Grand Palais, où le ministre de la Santé avait invité quelques personnels hospitaliers. Puis, le 14 Juillet, le monarque républicain a voulu aussi mettre soi-disant à l’honneur des soignants, en les mélangeant aux militaires pour la parade traditionnelle, tandis que d’autres hospitaliers manifestaient sur le parcours symbolique République-Bastille.

Car, sur le terrain, l’insatisfaction et la déception dominent. Si les augmentations de salaire chichement octroyées vont certes améliorer l’ordinaire, les calculs sont vite faits : les 180 euros permettent juste de rattraper la perte de pouvoir d’achat accumulée depuis 2010, du fait du blocage des salaires dans la fonction publique. Nous sommes très loin d’atteindre le niveau de rémunération moyen des pays de l’OCDE. Par ailleurs, le volet emploi promet des embauches à hauteur d’à peine 3 % de nos demandes ! Et toujours rien sur les fermetures de lits, de services et d’hôpitaux.

Lire aussi : L’accord du ségur adopté, les soignants partagés

Nous ne pouvons en rester là et les actions du 14 Juillet ne sont qu’une étape supplémentaire d’une mobilisation qui va se poursuivre. Notre système de santé va mal et nécessite des réformes profondes tant au niveau de son organisation que de son financement, et ce n’est pas la récente loi, « Ma santé 2022 », qui va apporter des réponses adéquates. Il ne s’agit que de la continuité de la politique libérale mise en place depuis les ordonnances Juppé en 1995, puis par les lois Bachelot et Touraine.

Il faut bien comprendre que ce qui coûte cher dans notre système de santé actuel et le rend complexe ainsi que peu efficient est le maintien d’une mixité public-privé, tant au niveau de son organisation que de son financement. Nous avons besoin de reconstruire un véritable service de santé et d’action sociale qui s’appuie sur le service public, dans le cadre d’une politique d’aménagement du territoire, qui permette à tout un chacun de pouvoir consulter un médecin dans la journée en cas de besoin et d’avoir accès à un hôpital dans un délai maximum de 30 minutes. Cela passe par l’élimination de toute activité privée lucrative dans les activités sanitaires et sociales, qui a montré toute son inhumanité lors du pic de la crise du coronavirus, notamment dans les Ehpad. Il s’agit aussi de construire la véritable Sécurité sociale dont nous avons besoin, pour assurer nos besoins en termes de santé et de protection sociale de la naissance à la mort. Il faut pour cela qu’elle devienne collecteur unique des cotisations et financeur unique des prestations, en supprimant toutes les assurances privées complémentaires.

Ce qui peut paraître impensable à un instant donné peut devenir la réalité le lendemain. La crise du coronavirus nous a montré que les lignes peuvent très rapidement bouger. À nous de continuer à nous mobiliser afin que ce pour quoi nous luttons devienne le plus rapidement possible une réalité. C’est cela, faire de la politique au sens propre du terme, à l’opposé total du triste spectacle offert ce 14 Juillet par nos gouvernants.

 

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