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10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 13:01

 

De passage en France pour la présentation de son livre Inégalités, ce que chacun doit savoir (Seuil), James K. Galbraith a répondu à l’invitation de l’Humanité pour un débat, sur le vif, avec la sociologue Monique Pinçon-Charlot, spécialiste de la bourgeoisie française, et l’économiste Frédéric Boccara, membre du conseil économique social et environnemental (CESE). 

Conseiller de Barack Obama, de Bernie Sanders et de Yanis Varoufakis, James K. Galbraith passe pour un économiste iconoclaste. Chroniqueur au  Texas Observer, aNew York Times, au Washington Post et au Boston Globe, il fait partie des voix dites « hétérodoxes » qui, comme celles de Joseph E. Stiglitz ou Paul Krugman outre-Atlantique, font valoir d’autres idées que celles platement déroulées aux pieds des soi-disant « premiers de cordée » par « les figures dominantes contemporaines de l’économie », « sorte de politburo de la pensée économiquement correcte », comme il l’écrit sept années avant le déclenchement de la crise financière de 2008.

Fils du grand économiste de la société industrielle John Kenneth Galbraith, qui fut en son temps conseiller de Franklin Delano Roosevelt, John Fitzgerald Kennedy et de Lyndon B. Johnson, James K. Galbraith entend défaire, arguments à l’appui, « l’emprise magique des conservateurs sur les esprits de la gauche ». Une tâche plus nécessaire que jamais. Après un salut à la rédaction du journal fondé par Jean Jaurès, c’est à un échange à la fois respectueux et concentré que se sont livrés nos invités.

En question, l’accroissement des inégalités, dont le bruit de fond se fait entendre partout dans un monde dominé par les politiques néolibérales et mis en danger par la cupidité aveugle des classes dominantes. Une question aux enjeux majeurs, comme le montrent James Galbraith, Monique Pinçon-Charlot et Frédéric Boccara dans les pages qui suivent. Une question qui appelle également une réponse collective face aux périls inédits qui pèsent sur notre époque.

 

Chaque année, un certain nombre d’organisations indépendantes produisent des rapports sur l’évolution des inégalités. À quelles conclusions principales aboutit l’enquête scientifique à l’échelle globale et sur le temps long ?

James K. Galbraith : Dans mon livre Inégalité. Ce que chacun doit savoir, je me suis donné l’objectif de trouver une réponse, scientifique, juste et assez précise à la question portant sur l’origine des inégalités. Pour cela, il fallait faire un effort qui a duré presque vingt ans pour avoir, à l’échelle mondiale, des chiffres et des mesures sur lesquelles fonder quelque confiance. Avec mon équipe, nous avons fait des enquêtes sur plus de 150 pays et sur une période de cinquante ans, et nous avons trouvé deux choses convergentes. D’abord, qu’il y a des tendances en commun dans l’économie mondiale. Ces tendances correspondent au changement de la politique financière et monétaire, qu’on peut corréler à la hausse des inégalités dans la plupart des pays : la crise d’endettement du début des années 1980, la chute des régimes socialistes à la fin des années 1980 et au début des années 1990 et, ensuite, la crise asiatique des années 1995, 1996 et 1997. Après l’an 2000, on peut constater une pause et une stabilisation. Pas partout, mais dans un grand nombre de pays. C’est le deuxième point. À cause de la baisse des taux d’intérêt, l’amélioration des prix des exportations et le recul, en Amérique latine notamment, de la politique néolibérale. Au Brésil, par exemple, avec des gouvernements démocratiques qui ont essayé de lutter contre la pauvreté et de rétablir ou plutôt d’établir, peut-être pour la première fois, la démocratie sociale. Première conclusion donc : c’est une question de politique monétaire, financière et de l’endettement surtout. Je crois que mon livre est une contribution assez importante au débat parce que les économistes ont l’habitude de considérer cette question dans un cadre assez étroit. Par rapport aux statistiques, disons, strictement nationales d’une part ou, d’autre part, en considérant que c’est un phénomène secondaire par rapport au marché du travail par exemple.

Monique Pinçon-Charlot : Ce pouvoir de la grande finance n’aboutit pas seulement à aggraver les inégalités au niveau économique mais aussi sur le plan culturel. Le monde de la grande richesse, c’est le monde des collectionneurs d’art, avec, aujourd’hui, l’art contemporain, et aussi celui des grandes écoles. Dans nos recherches, Michel Pinçon et moi-même, nous reprenons les quatre formes de la richesse définies par Pierre Bourdieu : la richesse économique, culturelle, sociale et symbolique. La financiarisation du capitalisme, avec ce qu’on appelle le néolibéralisme, est ce moment où, précisément, à cause de la politique monétaire que James décrit à l’échelle internationale, la finance prend le pouvoir sur tous les secteurs de l’activité économique, sociale et politique. Les médias et les instituts de sondage sont ainsi aujourd’hui la propriété de milliardaires. Cette financiarisation de l’économie est à l’origine de l’aggravation de toutes les formes d’inégalités à l’échelle de la planète. Nos recherches montrent à quel point l’oligarchie est organisée. Malgré une concurrence interne liée aux traditions nationales, il y a une coordination de ses intérêts de classe sous la forme de groupes informels et internationaux comme Bilderberg ou la Trilatérale. Le capital social des dominants est donc national et international. La quatrième forme de richesse, celle symbolique, que décrit Bourdieu dans sa théorie de la domination, fait l’objet d’inégalités particulièrement cruelles au moment où les plus riches s’approprient toutes les richesses et tous les pouvoirs, se déclarent les premiers de cordée, les créateurs de richesse ou les modernes, tandis que les travailleurs sont traités de coûts, de charges, quand ce n’est pas de fainéants et de ringards. Je veux insister sur le fait que les inégalités forment système et que ce système d’inégalités est en cohérence avec la constitution de l’oligarchie comme classe sociale au sens marxiste du terme, c’est-à-dire, en soi, avec des modes de vie et de richesses exceptionnels et, pour soi, avec une mobilisation déterminée dans la défense de ses intérêts.

Frédéric Boccara : Les constats de Monique et de James sont riches et documentés. Je soulignerai pour ma part trois aspects des inégalités. D’abord, il y a les inégalités de revenus. Dans ces inégalités de revenus, il faut distinguer, d’un côté, les inégalités entre salaires, sur lesquels un certain nombre d’économistes et de commentateurs insistent pour opposer les salariés entre eux – y compris des gens à gauche comme Thomas Piketty, qui triche sur ses courbes pour opposer les salariés bien payés aux autres – et, d’un autre côté, il y a les inégalités considérées sur l’ensemble des revenus comprenant les revenus du capital, bien plus élevées. Les prélèvements du capital sont considérables. C’est ce que nous appelons le coût du capital, indicateur de sa domination. Deuxièmement, il y a les inégalités de patrimoine, qui sont toujours beaucoup plus importantes que les inégalités de revenus. Ensuite, il y a les inégalités pour ainsi dire réelles, comme les inégalités sociales face à la mort par exemple. Il y a plus de six ans d’écart entre l’espérance de vie des ouvriers et celle des catégories plus aisées. Mais aussi les artisans, qui sont dans le monde du travail et qui travaillent beaucoup, ont une espérance de vie qui n’est pas si bonne. Pour les chômeurs et les précaires, c’est pire. On ne connaît pas l’espérance de vie des très riches qui ne vivent pas de leur travail. Les inégalités réelles, ce sont aussi les inégalités de disponibilité du temps. Mais, troisièmement, il y a les inégalités de pouvoir liées aux monopoles sur les moyens financiers.

 

Pouvez-vous illustrer ce point ?

Frédéric Boccara : Aujourd’hui, d’après l’Insee, à peine deux cents très grandes multinationales installées en France, françaises ou étrangères, occupent directement un tiers des salariés des entreprises, sans parler des sous-traitants. Elles contrôlent plus de la moitié des profits, hors profits financiers. Ce sont des chiffres très importants. Ils montrent comment se polarise le champ des inégalités, qui sont des inégalités de pouvoir et de création de richesse. Ils renvoient, comme je l’ai dit, au monopole sur les moyens et sur leur utilisation. Ce monopole s’est concentré énormément. Par exemple, le fonds américain BlackRock gère 6 000 milliards de dollars, soit trois fois le PIB français. C’est gigantesque ! Et les banques, c’est bien plus encore. C’est de l’argent qui appartient à toutes sortes de personnes, des riches ou des moins riches, mais qui, monopolisé par ces institutions, fait levier et donne un pouvoir considérable à quelques entreprises, banques et centres de décision. Il est monopolisé au service d’une « culture du profit ». La question qui se pose, c’est de se saisir de ces leviers par l’action publique, pas seulement pour compenser les inégalités mais pour les réduire effectivement, au service d’une autre culture : développement des capacités de chacune et chacun, et développement de la société, de ses « bonnes » richesses. Avec la radicalité des révolutions informationnelle et écologique, combattre les inégalités de pouvoir, de savoirs, de formation, de revenus, de temps disponible devient décisif, y compris pour une autre production et pour l’efficacité économique elle-même. Il faut donc articuler répartition et production. Distribution des parts du gâteau avec sa taille à accroître et sa composition à assainir.

 

Le mouvement des gilets jaunes a mis en exergue la question de la justice fiscale à travers, notamment, la critique de la suppression de l’ISF. La montée des inégalités peut-elle être mise en relation avec l’« échappée fiscale » des classes possédantes favorisée par les politiques néolibérales ?

Monique Pinçon-Charlot : L’expression  d’«échappée fiscale » me paraît bien douce par rapport à la réalité. Il s’agit d’une fraude fiscale qui s’intègre dans une guerre de classe que mènent les plus riches contre les peuples. En cela, nous ne faisons que manifester notre accord avec le milliardaire américain Warren Buffett qui déclarait en 2005 que cette guerre de classe est menée par les riches et qu’ils sont même en train de la gagner. Le fondement de la fraude fiscale est le refus assumé de la part des ultrariches de contribuer aux solidarités nationales. Nous sommes nombreux en France, je pense particulièrement à Alain et Éric Bocquet, aux États-Unis et ailleurs, à combattre la fraude fiscale et à la documenter. Mais, paradoxalement, la fraude fiscale ne fait que s’aggraver ! On est passé en deux ou trois ans de 80 milliards à 100 milliards d’euros qui manquent chaque année dans les caisses de Bercy. Tout se passe comme si la critique sociale permettait au système capitaliste et à l’oligarchie d’affiner toujours plus la fraude fiscale et les secrets de son opacité. Dès son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a introduit le « droit à l’erreur » pour remplacer la politique de contrôle fiscal par une politique d’accompagnement qui sera évidemment favorable aux plus riches contribuables, en toute complicité avec certains hauts fonctionnaires de Bercy. Frédéric a insisté avec justesse sur l’interconnexion des inégalités, de la richesse et du pouvoir. L’État n’est en effet pas du tout une forme réifiée, indépendante des rapports de forces et de classes, qui défendrait généreusement l’intérêt général. L’État est aujourd’hui pillé par des oligarques prédateurs. Rien ne doit échapper à la gourmandise des donateurs qui ont placé Emmanuel Macron à l’Élysée. Les privatisations et les cadeaux fiscaux sont une des modalités de ce pillage. Les revenus du capital sont désormais imposés, de manière forfaitaire, à 12,8 %, c’est-à-dire en dessous de la première tranche d’imposition, de fait, des salariés, qui est à 14 %, mais qui grimpe de manière progressive jusqu’à 45 % !

Frédéric Boccara : Cette question de « l’évasion » montre l’obsession du profit, pas seulement pour échapper à la fiscalité, mais aussi aux salaires, aux cotisations sociales, voire aux dépenses de développement, investissement, R&D… Bref à tout débat sur l’utilisation des richesses créées. Au CESE nous parlons d’  « évitement fiscal », dans un avis auquel j’ai activement participé. Et nous insistons : les choses se jouent aussi au sein même des entreprises, et proposons de conférer un droit d’information et de décision aux salariés comme à la société civile extérieure, concernant les localisations et cessions des brevets, la fixation des montants des royalties et des intérêts des prêts intra-groupe. Bref agir aussi en amont de la fiscalité, avant même que ne soient constatés les profits.

 

Cette prédation du néolibéralisme appuyée sur le pouvoir politique n’est-elle pas à mettre en relation avec ce que James Galbraith a appelé l’« État prédateur », il y a plus de dix ans ?

James K. Galbraith : Dans mon livre l’État prédateur, en effet, je proposais de montrer qu’une grande partie de la politique néolibérale est une espèce de politique prédatrice de l’État-providence. C’est-à-dire que, étant donné qu’au XXe siècle on a établi des institutions pour les protections sociales et pour le bien commun au cours de l’évolution de nos politiques, ces institutions sont devenues des cibles et des sources d’enrichissement. La diminution des protections sur la Sécurité sociale ouvre un champ pour les assureurs privés par exemple. C’est un aspect très clair de ce genre de choses et même, dans certains cas, on a peut-être un élargissement de certains aspects des services publics, mais de manière à enrichir un petit nombre. C’est le cas pour les entreprises pharmaceutiques et pharmacologiques aux États-Unis, qui ont beaucoup profité du nouveau système d’assurance pour les médicaments. Mais je voudrais aussi souligner un deuxième point qu’a évoqué Frédéric. Ce qu’on trouve à travers notre enquête, c’est qu’il y a une relation assez étroite entre le degré d’égalité ou d’inégalité quand on fait une comparaison entre pays et la performativité de leurs statistiques macroéconomiques, c’est-à-dire que, en général, les économies qui ont maintenu un degré élevé d’égalité, c’est-à-dire surtout en Europe du Nord, ont l’expérience d’un taux de croissance de productivité plus élevé que les autres. Pourquoi ? Parce que cet environnement favorise les entreprises progressistes et défavorise les entreprises qui seront, d’un point de vue technologique, plus réactionnaires et plus régressives. Ceux qui jouent sur la main-d’œuvre bon marché ne sont pas favorisés par une politique où il y a une compression des salaires. Deuxièmement, il y a une réduction des taux de chômage. Dans ces pays-là, c’est très clair. L’inégalité et le chômage, ce sont deux aspects de la même chose. C’est aussi très évident en ce qui concerne les questions de migration. Quand les inégalités sont très grandes, vous avez la migration vers les villes, vous avez la migration vers les pays et les régions les plus riches. C’est motivé par la différence. Pour bien gérer l’économie nationale, l’économie continentale et l’économie mondiale, il faut réduire cet accroissement des inégalités. Autrement, ce que Monique a décrit sur la question de la culture de la société deviendra très difficile à tenir avec une façon de vivre ensemble sans violence.

Frédéric Boccara : Aujourd’hui, on ne peut pas seulement « compenser », corriger les excès du marché et équilibrer les pouvoirs. Il faut porter une logique radicalement différente, même si c’est à partir du système existant. Il faut de tout autres critères positifs que la rentabilité financière. Il faut aller au-delà de Keynes, voire de Marx, à partir de leurs points forts. De tout autres critères de gestion des entreprises d’utilisation des fonds, portés par des institutions nouvelles sont le défi démocratique et économique de notre temps. D’autant que nous assistons à une véritable révolution technologique informationnelle, mettant au cœur de l’efficacité les dépenses pour les capacités humaines, sur lesquelles insiste tant le grand économiste indien Amartya Sen, et non celles pour le capital, ainsi que le partage des coûts au lieu de la concurrence prédatrice. La révolution écologique renforce et élargit profondément ce défi, de même que la révolution monétaire en cours, d’émancipation de la monnaie d’avec l’or. Les deux catastrophes possibles, financière et écologique, sont liées. Il faut se doter des moyens de les conjurer. Un secteur public, d’accord avec James, mais aussi des institutions financières publiques, tous fonctionnant avec d’autres critères. Voyons que le rôle des services publics devient décisif. Et au-delà d’allocations chômage, ayons la visée d’un revenu et d’une activité possible pour tous, mais avec les moyens d’étendre la richesse de la société et d’y contribuer : emploi, formation, droits sur l’utilisation des richesses. C’est ce que nous désignons par une sécurité d’emploi ou de formation.

 

Réduire l’accroissement des inégalités est-il possible sans une large base de l’économie qui soit socialisée ?

James K. Galbraith : Je suis plutôt favorable aux grandes entreprises et je crois qu’elles sont inévitables dans l’organisation de la production dans la société, mais il faut, effectivement, avoir des contrôles, des équilibres de pouvoir, avec des organisations qui puissent imposer les valeurs sociales, que ce soient les protections des conditions de travail, les salaires des travailleurs, les conditions environnementales et la direction du développement, et pas seulement des entreprises privées qui décident selon leurs seules préférences. Cela, effectivement, suppose une base qui soit socialisée avec un secteur public et des secteurs où ne domine pas la recherche du profit avec des institutions décentralisées : des assurances pour la retraite, des assurances santé, des assurances contre le chômage, des services publics des biens de consommation qui sont en commun.

Comment, pratiquement, faire avancer la lutte contre les inégalités ? N’est-elle pas une affaire collective ?

Frédéric Boccara : La question de l’unité du salariat dans sa diversité, depuis les plus précaires et les ouvriers jusqu’aux ingénieurs et aux cadres, mais aussi les enseignants, les chercheurs, les infirmières, les médecins, autrement dit la question de l’unité des forces sociales, est fondamentale. Les bases objectives de cette unité, nous devons les faire percevoir. Les inégalités mettent en lumière ces bases, dans leurs deux dimensions de richesse et de pouvoir, comme le montrent les travaux de Monique et Michel. La question environnementale pose aussi cela de manière brûlante. La société entière crève et souffre de la domination de la rentabilité et du pouvoir du capital. Cela s’exprime dans les inégalités. La réduction des inégalités doit être un but pour une civilisation humaine de partage des biens communs de toute l’humanité. Pas l’égalité au sens du nivellement. Le grand enjeu, c’est une sorte d’alliance entre toutes les forces et les acteurs du développement réel et de la création face au grand capital financier égoïste et cosmopolite. Mais cela veut dire aussi qu’il faut d’autres buts et d’autres critères qu’on puisse imposer à partir de l’existant. L’équation qu’on a devant nous est une alternative à la fois radicale et réaliste. Radicale, car il faut une autre logique. Réaliste, parce qu’elle part de la situation que nous vivons. La poursuite de la rentabilité à tout prix dans les entreprises n’est pas compatible avec une autre production écologique. L’écologie, ce n’est pas seulement dans la consommation, c’est une tout autre production. L’imposition d’autres critères, notamment à partir de l’utilisation de l’argent, doit se faire aussi bien dans les entreprises que dans les banques et les institutions publiques.

 

À partir de quand l’oligarchie libérale a-t-elle amorcé sa contre-révolution, disons, anti-égalitaire ?

Frédéric Boccara : On pourrait revenir sur 1979 et la théorie quantitative de la monnaie imposée en parallèle avec la « théorie » du ruissellement. L’idée c’était : « Peu importe où l’on met l’argent, il faut seulement maîtriser sa quantité pour éviter l’inflation. » Cela, c’est la théorie néolibérale. Nous, nous disons : si on utilise l’argent pour développer les gens ou pour polluer, ce n’est pas la même chose ! Si on utilise l’argent pour développer les gens ou pour accumuler du capital financier, ce n’est pas la même chose ! C’est une question politique majeure et qui s’articule à celle des institutions nouvelles à créer, dont parle James. Cette question d’une nouvelle démocratie, que pousse, par exemple, le mouvement des gilets jaunes, est très importante. On pourrait très bien avoir des conférences régionales citoyennes, dans chaque région, où l’on poserait les questions suivantes : combien d’argent existe ? Non pas seulement public mais celui des entreprises et des banques. Qu’est-ce que cela a donné ? Quelles atteintes à l’environnement ? Quelle création d’emplois ? On se donnerait des objectifs ensemble. Je ne suis pas pour faire table rase du passé mais pour faire advenir le meilleur dans l’actuel. C’est une lutte terrible qui est en cours. Pour des alliances efficaces, nous avons besoin de débattre et expérimenter cette idée de prendre le pouvoir dans les institutions et d’en créer de nouvelles, pour imposer une autre logique aux banques et aux entreprises, jusqu’aux multinationales organisant l’évitement fiscal, social, voire productif généralisé.

James K. Galbraith : Il y a effectivement une liaison très étroite entre les inégalités et la soutenabilité de l’écologie. C’est une question fondamentale de survie qui se pose au monde, parce que c’est seulement à travers une société plus égalitaire qu’on peut avoir un niveau de vie, une capacité, une qualité de vie pour la population générale qui soit acceptable dans les limites écologiques qui sont posées. À travers les services publics, à travers les assurances sociales et à travers les biens de consommation qui sont partagés et qui n’ont pas cet aspect de gaspillage, cet aspect d’émulation, cet aspect décrit avec génie par Thorstein Veblen de consommation ostentatoire. À travers des institutions qui nous enseignent à vivre ensemble d’une façon agréable et acceptable. Avec du travail pour tous. Avec une contribution faite par tous. C’est comme cela que les choses vont avancer. Autrement, on est sur la voie, vraiment, de la destruction. Les deux sujets, la question économique et la question écologique, ont été traitée séparément dans la plupart des discussions. Il faut admettre que, si on accepte les inégalités, on accepte aussi cette voie de détérioration de la situation écologique et, cela, il n’est pas possible de l’accepter.

Monique Pinçon-Charlot : Je rebondis pour faire ma petite conclusion à partir de ce que vient de dire James. La question écologique avec le dérèglement climatique, en s’interconnectant avec toutes les autres formes d’inégalité, va soit nous faire basculer dans l’enfer, soit, au contraire, nous permettre de construire le paradis. Nous sommes en effet à un moment de bascule dans l’histoire de l’humanité tout à fait inédit puisque c’est la première fois que la planète est menacée dans sa survie à cause d’êtres humains capitalistes, qui, dans leur soif de pouvoir et d’argent, ont provoqué ce dérèglement. Je suis d’accord avec vous deux pour essayer de continuer à travailler de l’intérieur pour améliorer tout ce qui est améliorable, mais j’insiste sur le fait que nos pensées critiques peuvent paradoxalement aider les capitalistes à aggraver l’opacité de l’oppression.

Je voudrais aussi déplorer les concurrences internes au marché de la contestation sociale, avec ses divisions et parfois ses ego disproportionnés. Or, nos recherches ont au contraire mis en évidence la solidarité, malgré des niveaux de richesse tout à fait hétérogènes, de l’oligarchie. Bien entendu, cette classe a l’argent et les pouvoirs et, n’étant pas nombreuse, la solidarité est beaucoup plus facile pour elle. Mais, à l’heure où la survie de la planète est en jeu, nous devons mettre toutes nos forces pour arriver à surmonter nos divisions politiques, bien dérisoires face à ce qui va advenir, et construire une union populaire et solidaire dans le respect des sensibilités des uns et des autres. Ce serait le plus beau des cadeaux empoisonnés que nous pourrions faire à nos oppresseurs !

Table ronde réalisée par Jérôme Skalski et Marc de Miramon Photographie Magali Bragard

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 13:15
Communiqué de presse du PCF, 6 juin 2019: Venez nombreux participer à l'hommage au compagnon de la Libération Rol Tanguy, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance à Morlaix, le mercredi 12 juin à 16h
Communiqué de presse du PCF, 6 juin 2019: Venez nombreux participer à l'hommage au compagnon de la Libération Rol Tanguy, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance à Morlaix, le mercredi 12 juin à 16h
Communiqué du PCF pays de Morlaix - 6 juin 2019
 
Place Rol-Tanguy, gare de Morlaix, mercredi 12 juin, à 16h, hommage commémoratif pour l'anniversaire des 111 ans de sa naissance au colonel Rol-Tanguy, militant ouvrier, héros de la Résistance et des Brigades Internationales, ancien président de l'Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance.
 
Cet hommage à Morlaix aura lieu en présence de Jean Rol-Tanguy, un des enfants d'Henri et de Cécile Rol-Tanguy.
 
Nous célébrons à partir de cette semaine l'anniversaire des 75 ans du débarquement allié et des combats de la libération qui firent tant de victimes dans les rangs de la Résistance, en Bretagne notamment.
 
Parmi les Bretons qui ont joué un rôle de tout premier plan dans la Résistance Nationale figure Henri Tanguy, dit Rol-Tanguy (Théo Rol était un de ses compagnons des Brigades Internationales tués dans la bataille de l'Ebre), membre de l'état major des FFI au titre des FTP, commandant les FFI en Ile-de-France pendant les combats de la Libération.   
 
Henri Rol-Tanguy est né à Morlaix le 12 juin 1908 il y a 111 ans. Ce fut un très grand militant ouvrier, cégétiste et communiste, dirigeant dans les Brigades Internationales pendant la guerre d'Espagne et grand dirigeant de la Résistance qui commanda l'insurrection populaire menant à la Libération de Paris en août 1944.  
 
Henri-Rol Tanguy est décédé à Paris le 8 septembre 2002 après une vie d'engagement bien remplie. A ce moment, Morlaix a été une des premières villes à lui consacrer en hommage à ce que furent son action historique et son importance dans le rétablissement de la République une rue ou une place, en l'occurrence, la place de la gare, place Rol-Tanguy.
 
Alors que le fascisme et l'extrême-droite sont redevenus des menaces véritable pour le vivre-ensemble, les valeurs humaines et démocratiques en France et en Europe, au moment où le Président de la République continue par soumission aux forces de l'argent à détruire méthodiquement l'héritage de la République sociale issue des combats de la Résistance, l'héritage social et démocratique du Conseil national de la Résistance, le Parti Communiste Français - la section du pays de Morlaix et la Fédération du Finistère - appellent tous les citoyens, élus, qui se reconnaissent dans ces valeurs de la Résistance à rendre hommage à l'engagement de Henri Rol-Tanguy, et, à travers lui, aux idéaux de République sociale et démocratique rénovée portée par le Conseil National de la Résistance.
 
 
Tous les citoyens, élus, associations, militants syndicaux et des droits de l'homme, anciens combattants, amis de la Résistance qui veulent rendre hommage à Rol-Tanguy sont invités à participer à l'hommage rendu à Henri Rol-Tanguy le 12 avril 2019 à 16h.
 
Cet hommage à Rol-Tanguy le jour de l'anniversaire de sa naissance est d'autant plus nécessaire que, malgré la rénovation de la Gare de Morlaix, qui a pourtant coûté des millions d'euros, la petite plaque d'hommage datant de l'inauguration de la place, est aujourd'hui très dégradée et dans un triste état, cantonnée dans un endroit éloigné, peu visible et peu reluisant, la dignité et la visibilité de l'hommage rendu sur la place de la gare à Rol-Tanguy, compagnon de la Libération, posant question, et étant insuffisante.     
 
Communiqué de presse du PCF, 6 juin 2019: Venez nombreux participer à l'hommage au compagnon de la Libération Rol Tanguy, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance à Morlaix, le mercredi 12 juin à 16h
Communiqué de presse du PCF, 6 juin 2019: Venez nombreux participer à l'hommage au compagnon de la Libération Rol Tanguy, à l'occasion de l'anniversaire de sa naissance à Morlaix, le mercredi 12 juin à 16h
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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:55
Rétroviseur - Le Président Chirac en 2002 à propos d'Henri Rol-Tanguy: J'avais pour cet homme d'exception une profonde admiration (14 septembre 2002, L'Humanité, Jean Morawski)
Rétroviseur - Le Président Chirac en 2002 à propos d'Henri Rol-Tanguy: J'avais pour cet homme d'exception une profonde admiration (14 septembre 2002, L'Humanité, Jean Morawski)
ROL-TANGUY " J'avais pour cet homme d'exception une profonde admiration "
Samedi, 14 Septembre, 2002 - L'Humanité

Aux Invalides, Jacques Chirac prononce l'éloge funèbre de Henri Rol-Tanguy

Le colonel Henri Rol-Tanguy, héros de la Résistance et l'un des principaux artisans de la libération de Paris, a reçu les honneurs militaires à l'occasion d'une cérémonie présidée par le chef de l'État.

Cécile est là. Quelque part, presque au milieu de cette cour d'honneur de l'hôtel des Invalides. Toute frêle. Mais sans larme : peut-être les a-t-elle laissées couler avant, ailleurs. Peut-être les libérera-t-elle plus tard. Pour l'heure, les traits tirés, mais " assurant ". Robert Chambeiron l'étreint. Elle sait. Tout à l'heure, le cercueil où gît Rol, où gît Henri paraîtra, drapé de tricolore, porté par des gars en uniforme. Ils franchiront lentement le passage sud de la cour, où se dressent les gerbes de fleurs et les porte-drapeaux, tandis que " jouera " la musique. Musique régionale du 8e R.T., avec ses tambours voilés de crêpe. Et il faudra tenir. N'a-t-elle pas été sa marraine de guerre pendant l'affreuse guerre pour l'Espagne républicaine ? Et après... On n'a pas été agent de liaison pendant l'Occupation pour rien. " Lieutenant des Forces françaises de l'intérieur ", ça se mérite. Même aujourd'hui. Peut-être surtout aujourd'hui. Ses enfants, leurs enfants sont là. Et les anciens de la Résistance, et les anciennes. Dans la douleur. Comme autrefois. Quand on ne savait pas si celle ou celui qu'on devait attendre (pas trop longtemps !) serait au rendez-vous...

Ensuite, le président de la République s'approchera. Se penchera, lui parlera. Il lui dira des choses. Des mots de compassion, de réconfort. Puis ce sera la cérémonie : tout bien réglé. Comme savent faire les militaires. Des jeunes, de la légion, de l'armée de terre, de l'air et de la marine. Aux gestes si mesurés, qu'ils ont appris. Mais ces gestes, ils les accompliront pour elle. Par devoir. Comme lors de ces cérémonies en souvenir des fusillés : combien étaient-ils, les torturés, les mitraillés, les déportés, les copains, les copines. Les parents...

Le colonel Henri Rol-Tanguy, né le 12 juin 1908 à Morlaix, décédé au cours de la nuit du 8 au 9 septembre 2002 , à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans, repose, depuis le 13 septembre dans le cimetière de la commune de Monteaux (Loir-et-Cher). Il l'a bien mérité. Le 12 septembre, prononçant son éloge funèbre, Jacques Chirac a salué la mémoire de ce militant et résistant communiste dont Charles de Gaulle, le 18 juin 1945, a dit qu'il le considérait comme un de ses " compagnons de la Libération ". 1 059 au total.

La cérémonie a débuté à 14 h 40. Tandis que le cercueil, drapé aux couleurs de la France, après être passé une dernière fois par Denfert-Rochereau et la gare Montparnasse, hauts lieux de l'insurrection parisienne libératrice d'août 1944, était acheminé vers les Invalides. Comme prévu, Jacques Chirac lui a parlé. Puis, sous les doigts de fer des cadrans solaires pointés sur les frontons du musée de l'Armée, il a rappelé le parcours de celui qui devait devenir, le 5 juin 1944, " colonel, chef des FFI d'Île-de-France " et, ès qualités, l'un des principaux artisans de la victoire du peuple de Paris. Parcours initié au sein du peuple : fils de marin entré à Renault-Billancourt ; ouvrier métallurgiste syndicaliste ; à dix-sept ans, avec le plus grand sérieux, il adhère aux Jeunesses communistes. Jacques Chirac : " Il restera toute sa vie fidèle à cet engagement, toujours défenseur d'un humanisme généreux, épris de justice sociale et imprégné des valeurs de la Révolution française. "

Février 1934 : " Les événements puis la guerre d'Espagne vont faire du militant et du syndicaliste un adversaire déterminé du fascisme. " 1939-1940 : sous les drapeaux, " il se battra jusqu'en juin 1940 ", avant de " regagner Paris le 19 août, quatre ans, jour pour jour, ainsi qu'il aimait le souligner, avant le début de l'Insurrection parisienne ". Mais, en 1940, " en ce funeste été 1940, la France, qui vient de subir l'un des plus grands traumatismes de son histoire, mesure toute l'ampleur de la défaite ; dans un pays accablé, Paris, capitale de la liberté, devient " le remords du monde " (...) ; Henri Tanguy est de ceux qui ne peuvent accepter la défaite (...) ; il va se faire stratège pour défendre, avec courage et talent, les valeurs de la République ; il sera de ceux qui, à la tête des combattants parisiens, jouèrent, avec le général Leclerc et la prestigieuse 2e DB, un rôle absolument déterminant dans la libération de la capitale ; plus encore, cette figure mythique de l'insurrection parisienne deviendra l'un des symboles de cette Résistance rassemblant, dans l'ombre, des hommes et des femmes de toutes les origines, de tous les horizons, qui choisirent de se réunir, par-delà leurs différences, sous l'autorité de Jean Moulin ".

Jacques Chirac a ensuite rappelé la plongée dans la clandestinité d'Henri Tanguy et de Cécile, les groupes armés, le détour par l'Anjou-Poitou pour déjouer les chasseurs et le retour, en avril 1943, à Paris : " Il réorganise les FTP affaiblis par de multiples arrestations " et, " en octobre 1943, lorsque commence l'unification des Forces armées de la Résistance, intègre l'état-major des Forces françaises de l'intérieur de la région parisienne. "

Plus tard, " les cheminots déclenchent la grève ; le 15 août 1944 est diffusé le premier ordre d'insurrection ; Rol s'adresse à la police parisienne, à la Garde républicaine, à la gendarmerie, aux gardes mobiles, aux GMR et aux gardiens de prison ; l'" appel aux barricades " tapé par Cécile Rol-Tanguy retrouve l'audace et la vigueur d'un autre appel aux armes lancé en 1871 par Victor Hugo : " Pas de trêve, pas de repos, pas de sommeil, le despotisme attaque la liberté. Ô, francs-tireurs, allez ! " Aussi, lorsque, le 25 août, à la gare Montparnasse, le maréchal von Choltitz remet la capitulation des troupes allemandes de Paris au général Leclerc et au colonel Rol-Tanguy, le chef de la 2e DB peut-il dire avec une satisfaction immense : " La France de De Gaulle, celle qui a refusé de cesser le feu, retrouve la France de l'intérieur, celle qui a refusé de courber le front. "

L'histoire ne s'arrête pas là : Paris libéré, " Henri Rol-Tanguy s'engage dans la première armée française et, sous le commandement du général de Lattre, participe à la campagne d'Allemagne qui le mène du Rhin jusqu'au Danube ; il sera nommé commandant militaire de Coblence et, en octobre 1945, entrera définitivement dans l'armée ".

Se tournant vers Cécile Rol-Tanguy, Jacques Chirac conclut : " Il restera pour tous un exemple de ce que peuvent réaliser, lorsqu'ils sont portés à leur plus haut degré, le patriotisme, l'amour de la liberté, de la République, de la France (...). Madame, j'ai souvent rencontré votre mari. J'avais pour cet homme d'exception une profonde admiration. Je ne l'oublierai pas (...) ; et, parmi toutes les images que le nom d'Henri Rol-Tanguy fait surgir dans mon esprit et dans ma mémoire, je garderai toujours, comme tant de Français, celle de ce colonel FFI, au visage énergique, accueillant avec fierté, aux côtés du général Leclerc, le général de Gaulle, chef de la France libre. C'était le 25 août 1944. ".

Jean Morawski

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:45
Rétroviseur: Colonel Rol-Tanguy, Morlaisien par hasard (Gilles Alliaume, Ouest-France, 25 août 2004)
Colonel Rol-Tanguy, Morlaisien par hasard
 
Publié le 25/08/2014 - Ouest-France, Gilles Alliaume
 
 
 
Ouest-France
 
En août 1944, il organise l'insurrection parisienne qui conduira à la libération de la capitale le 25 août.
En ce jour anniversaire du 70e anniversaire de la libération de Paris, on reparle du colonel Henri Rol-Tanguy. Responsable des Forces françaises libres (FFI) d'Ile-de-France, sous le pseudonyme de Rol, du nom d'un de ses camarades d'armes communistes tué lors de la guerre d'Espagne, il est une des pièces maîtresses de la libération de la capitale.
Il assume la direction de l'insurrection parisienne et reçoit, ce 25 août 1944, aux côtés du général Leclerc, la reddition du général allemand von Choltitz, gouverneur de Paris.
Mais qui sait que 36 ans auparavant, ce fils d'officier marinier et de blanchisseuse voyait le jour à Morlaix ? Ce 12 juin 1908, une jeune femme enceinte, nommée Tanguy, se rend de la région parisienne à Brest par le train. En gare de Morlaix, elle ressent les premières contractions et perd ses eaux. « Elle accouchera dans la gare d'un garçon prénommé Henri, mais je ne sais pas si c'est sur le quai comme le voudrait la légende », confirme Alain David, ancien secrétaire de la section PC du pays de Morlaix.
Décédé à 94 ans en septembre 2002, Morlaix lui rend hommage dès janvier 2003, en présence de son épouse, Cécile Tanguy, en rebaptisant du nom de ce Compagnon de la Libération, grand croix de la Légion d'honneur, la place de la Gare.
Cet homme de « devoir » n'aura finalement qu'une relation éphémère avec sa ville natale. « Je me souviens l'avoir accueilli en tant que secrétaire de section du PC pour un grand meeting à Morlaix au début des années 1970 alors qu'il était membre du Comité central du Parti communiste, se rappelle, en hommage, le camarade Alain David. Il dégageait une très forte autorité, un charisme réel. Il avait une façon de mettre en perspective les années 60-70 par rapport à ce qu'il avait connu dans la Résistance et lors de la Libération, très différente de la politique du Parti. »
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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:44
Samedi 8 juin, à 17 h, à la Maison du Peuple de Morlaix - L'exil des réfugiés républicains espagnols pendant la guerre d'Espagne avec José Colina

à l’invitation de la section finistérienne de l’IHS Bretagne

Pont l'Abbé :Le vendredi 7 juin, dédicace de son livre à la librairie Ar Vro à Audierne et conférence à 14h00 à l’UL de Pont L’Abbé;

Morlaix: samedi 8 juin, dédicace à la librairie Dialogues de Morlaix et conférence à 17h30 à la Maison du Peuple.

Juillet 1936, le putsch franquiste plonge l’Espagne dans la guerre. Le 27 décembre, Santander est bombardé par l’aviation que le Reich nazi met au service des forces fascistes. José et sa famille prennent le chemin tragique de l’exil. Comme des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, ils fuient les destructions, les combats, les atrocités de la guerre. Fidèles au gouvernement légal et à la République, ils trouveront refuge en Catalogne. L’effondrement des armées républicaines en janvier et février 1939 (la « Retirada* ») les jettera à nouveau sur les routes de l’exode qui les conduiront en Bretagne. Dans le Finistère, du Conquet à Guilers, de Plougasnou à l’Ile-Tudy et à Audierne.

Dans les années de guerre et d’Occupation, entre enfance et adolescence, José, comme tant d’autres exilés, vit le déracinement, le déchirement des familles, l’accueil aussi et les espoirs déçus d’un retour impossible.

José Colina Quirce est né le 3 décembre 1929 à Santander (Espagne). Son exil en France et celui de sa famille commencent en février 1939. Il vit aujourd’hui en Ariège, non loin de la frontière avec l’Espagne. Aujourd’hui, à l’aube de ses 90 ans, il ravive les souvenirs de ce passé jamais oublié. Une histoire de guerre, de fuite, de refuge et d’exil qui parle d’un temps révolu mais qui n’est pas sans actualité.

Il sera présent dans notre département, à l’invitation de la section finistérienne de l’IHS Bretagne du 5 au 9 juin. Le vendredi 7 juin, dédicace de son livre à la librairie Ar Vro à Audierne et conférence à 14h00 à l’UL de Pont L’Abbé; samedi 8 juin, dédicace à la librairie Dialogues de Morlaix et conférence à 17h30 à la Maison du Peuple.

Venez nombreux le voir et l’écouter

La Maison du Peuple de Morlaix joua un rôle central pour la région dans l'organisation de l'aide aux réfugiés espagnols et aux républicains de 1936 à 1939 pendant la guerre d'Espagne

La Maison du Peuple de Morlaix joua un rôle central pour la région dans l'organisation de l'aide aux réfugiés espagnols et aux républicains de 1936 à 1939 pendant la guerre d'Espagne

Samedi 8 juin, à 17 h, à la Maison du Peuple de Morlaix, 1 impasse de Tréguier, conférence de José Colina

sur son livre « Exilés » et l’exode des réfugiés espagnols pendant la guerre d’Espagne.

Entrée libre. Organisé par la Maison du Peuple de Morlaix et l’Institut d’Histoire Sociale CGT.

 

A 14 h, à la librairie Dialogues, José dédicacera son ouvrage.

 

Vous êtes invités, bien cordialement, à ces deux manifestations..

 

La Maison du Peuple de Morlaix

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:35
Né à Morlaix il y a 111 ans, un militant ouvrier parmi les plus grands noms de la Résistance: Rol-Tanguy  - Article du Maitron - Remi Skoutelsky - sur Rol-Tanguy, dit Rol, auquel un hommage sera rendu le mercredi 12 juin, 16h à Morlaix, place Rol-Tanguy devant la gare
TANGUY Henri [TANGUY Georges, René, Henri]. Pseudonyme dans la clandestinité : ROL, dit depuis 1970 ROL-TANGUY
 
Par Rémi Skoutelsky
 
Né le 12 juin 1908 à Morlaix (Finistère), mort le 8 septembre 2002 à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) ; secrétaire du syndicat de la Métallurgie de la Région parisienne (CGT) chargé de la jeunesse ; commissaire politique dans les Brigades internationales ; chef d’état-major des FFI de la Région parisienne ; colonel de l’armée française ; membre du comité central du Parti communiste français.
Issu d’une famille bretonne, Henri Tanguy passa son enfance dans les ports de guerre (Toulon, Brest, Cherbourg...) au gré des affectations de son père, officier marinier. Sa mère, blanchisseuse, était la fille d’un menuisier anticlérical, compagnon du Tour de France. La famille vivait à Brest quand, à l’âge de treize ans, le jeune Henri quitta l’école. Son père, dont onze frères avaient péri en mer, rompit la tradition familiale en refusant qu’il devienne à son tour marin. Il aurait pu poursuivre des études car une de ses tantes avait proposé de le prendre en charge, mais il refusa, désirant travailler dès que possible.
 
Entré dans les PTT brestoises comme télégraphiste et n’ayant pas été titularisé, il fut embauché dans une entreprise de taxis, d’abord comme téléphoniste, puis comme apprenti mécanicien. Estimant que l’avenir d’Henri et de son jeune frère Joseph n’était pas assuré à Brest, leur mère s’installa avec eux à Paris, pendant l’hiver 1923-1924. Ayant été tourneuse d’obus pendant la Première Guerre mondiale à l’arsenal de Toulon, elle réussit à se faire embaucher chez Renault comme métallurgiste, tandis qu’Henri entrait chez Talbot.
 
En 1925, Henri Tanguy devint tôlier en carrosserie chez Renault à l’usine O de Boulogne-Billancourt (Seine). Cette même année, il adhéra aux Jeunesses communistes et devint responsable de la cellule de l’usine.

 Syndiqué à la CGTU, sa participation à la grève générale de l’entreprise de mai 1926 entraîna son licenciement. « Persona non grata » chez Renault, comme il put le constater à plusieurs reprises, il fut alors embauché dans différentes usines.
 
Tenté par une carrière sportive, bon cycliste, il entra au Club sportif international et se classa premier des débutants dans la course Paris-Chauny. En 1926, dans l’équipe première du CSI, il participa aux « américaines » et aux poursuites par équipe, au Vélodrome d’Hiver, au Parc des Princes, à Buffalo, à la piste municipale de Vincennes.
 
Cette activité fut interrompue par le service militaire que Henri Tanguy effectua, par mesure disciplinaire, en Algérie : ne s’étant pas inscrit sur les listes de recensement de sa mairie d’arrondissement, il avait été déclaré « bon absent » au conseil de révision de sa ville natale. Incorporé un mois, en 1929, au 46e régiment d’infanterie, à Paris, il se retrouva à Oran, au 8e Zouaves, pour quinze mois sans permission. Suivant, selon sa propre expression, les conseils de Lénine : « Un jour on te donnera un fusil, apprends à t’en servir », il devint combattant d’élite, gagnant des concours de la division.
 
Il quitta l’armée soldat de 1re classe, avec une formation de mitrailleur mécanicien, de télémétreur et d’armurier.
Embauché en septembre 1930 à l’usine Bréguet, rue Didot (XIVe arr.), Henri Tanguy suivit des cours de perfectionnement et devint tôlier-formeur, chaudronnier en cuivre, tuyauteur, soudeur. Les événements de février 1934 le décidèrent à revenir au militantisme. Il créa chez Bréguet une cellule communiste et un syndicat CGTU, les dotant de deux feuilles ronéotypées : Le Bélier rouge pour la première, Le Projecteur unitaire pour la seconde (on fabriquait chez Bréguet, entre autre matériel militaire, des projecteurs). Il adhéra également au comité Amsterdam-Pleyel.
 
Représentant le personnel au cours d’une action revendicative en 1935, Henri Tanguy fut licencié et ne trouva de place, désormais, que dans de petites entreprises.
 
Membre du bureau des Jeunesses communistes de Paris-Ville en 1935, trésorier régional, il participait aux affrontements avec les Jeunesses patriotes, notamment dans le XIVe arrondissement où il vivait avec sa mère. L’organisation de goguettes au 111 de la rue du Château faisait également partie des activités du jeune militant. Il fut délégué au congrès du Parti communiste de juillet 1936, à Villeurbanne.
 
Henri Tanguy travaillait depuis quelques jours dans l’entreprise de chaudronnerie Nessi, à Montrouge, lorsque le mouvement de grève de juin 1936 éclata. Élu délégué d’usine, il forma la section syndicale et élabora le cahier de revendications, ce qui provoqua son licenciement quelques mois après la fin du conflit.
 
En octobre 1936, il devint membre de la Commission exécutive et permanent du syndicat des travailleurs de la Métallurgie, responsable des Jeunes, et de l’activité dans les entreprises, avec Jean-Pierre Timbaud*.
 
Le syndicat menait depuis plusieurs mois une intense campagne de solidarité avec la République espagnole plongée dans la guerre civile depuis juillet. Devenu un des organisateurs de cette campagne, qui consistait en prises de paroles à la sortie des usines et en collectes, Henri Tanguy demanda, à plusieurs reprises, mais en vain, à partir combattre en Espagne. Cette situation le plaçait d’autant plus en porte-à-faux que la fédération des Métaux, et lui-même, recrutaient activement pour les Brigades internationales.

 En février 1937, André Marty* demanda au Parti communiste de faire venir en Espagne de jeunes cadres pour renforcer les Brigades, compte tenu de la situation militaire et politique du pays mais aussi des pertes enregistrées au sein de la première vague de volontaires. Henri Tanguy accepta de faire partie de ce contingent, qui partit en plusieurs convois, le sien étant encadré jusqu’à Albacete par Léon Mauvais*. La frontière franco-espagnole fut d’ailleurs fermée juste après leur passage, le 20 février, en application de la loi interdisant le recrutement de volontaires pour l’Espagne, votée quelques semaines auparavant.
 
En raison des compétences acquises pendant son service militaire, il fut nommé successivement commissaire politique de l’arsenal d’Albacete, du parc auto des Brigades internationales, enfin de l’usine n° 1 où l’on fabriquait les grenades et réparait les automobiles. Puis il fut désigné, avec grade de capitaine, responsable à la main-d’œuvre étrangère dans les usines qui se montaient en zone républicaine. Mais, en octobre 1937, il fut rappelé en France, pour accomplir une période de réserve. A son issue, il reprit ses fonctions syndicales, notamment les actions de solidarité avec la République espagnole. De retour à Albacete en février 1938, André Marty l’ayant réclamé, il fut nommé commissaire politique du Bataillon d’instruction des volontaires francophones, à Villanueva de la Jara.
 
En avril 1938, pendant la marche à la mer des troupes franquistes, Henri Tanguy fut chargé de l’acheminement à Barcelone des volontaires internationaux présents à Albacete et dans sa région (environ 1 200), mission qu’il accomplit la veille de la coupure en deux de l’Espagne républicaine, le 15 avril. Il assura ensuite le commissariat politique de la nouvelle base des Brigade internationales mise en place à Olot, mais quelques semaines plus tard, cette dernière ayant été dissoute, A. Marty le désigna commissaire politique de la 14e Brigade, « La Marseillaise », commandée par Marcel Sagnier*. Blessé le 18 juin d’une balle dans la poitrine, au retour d’une visite de bataillon, il reprit son poste après quelques jours passés à l’hôpital, refusant d’attendre l’extraction du projectile. Il participa à la grande offensive de l’Ebre, à Tortosa et dans la Sierra Caballs, de juillet à septembre 1938, date de relève des Brigades.
 
Revenu en France en novembre, à la dissolution des Brigades, Henri Tanguy reprit ses responsabilités au syndicat des Métaux et au Comité de la Région de Paris du Parti communiste. En avril 1939, l’ancien brigadiste épousa sa marraine d’Espagne, Cécile Le Bihan, fille du militant syndicaliste et communiste, résistant FTP mort en déportation, François Le Bihan*. Le couple eut quatre enfants.
 
Mobilisé en août 1939, au 57e Régiment d’Infanterie coloniale, Henri Tanguy resta en position tout l’hiver devant la ligne Maginot, dans la région de Sarreguemines (Moselle). Muté au 28e RICM sénégalais, il prit part aux derniers combats de juin 1940. Démobilisé dans la Creuse, le 18 août 1940, après avoir été cité à l’ordre du régiment, il rejoignit le lendemain son épouse à Paris. Cette dernière devait se rendre le jour même à une réunion avec Jean-Pierre Timbaud, Gautier, Maurice Lacazette*, Henri Jourdain*, avec lesquels elle participait à l’organisation des premiers Comités populaires. Il s’agissait de structures clandestines, animées par les syndicalistes communistes, destinées à relancer l’action revendicative à partir des problèmes quotidiens posés par l’Occupation. Saisissant cette occasion H. Tanguy reprit donc contact avec eux et participa à leur action.
 
Le 5 octobre, apprenant qu’une vague d’arrestations frappait les militants communistes, il entra dans la clandestinité, dont il ne devait sortir qu’en août 1944. Il participa à la création de l’Organisation spéciale (OS), le PCF lui confiant aussi la responsabilité du secteur Sud de Paris et de sa banlieue.
 
En août 1941, Henri Tanguy fut chargé avec Raymond Losserand* et Gaston Carré* de l’organisation, dans la région parisienne, de groupes armés qui donnèrent naissance en février 1942 aux FTP. Les trois hommes formaient le triangle de direction régionale, Henri Tanguy y exerçant la fonction de responsable militaire. Après l’arrestation en mai 1942 des deux autres dirigeants, il reforma une équipe avec Roger Linet et Raymond Colin. Repéré par la police, il fut muté dans la région Anjou-Poitou.
 
Boris Holban, dans son ouvrage, relate l’épisode suivant qui pourrait avoir un lien avec cette mutation. Au sein de l’OS, Henri Tanguy avait sous ses ordres Joseph Boczor* , responsable de l’OS-MOI. Cette branche de l’organisation était composée pour l’essentiel d’anciens volontaires en Espagne républicaine, aguerris, habitués à la clandestinité, évadés des camps d’internement français. Parallèlement existait depuis l’été 1941 un groupe de jeunes de la MOI, moins expérimentés. Selon Boris Holban, lorsque fut décidée la création des FTP, H. Tanguy, soutenant en cela Joseph Boczor, refusa pour des raisons de sécurité et d’efficacité la fusion des deux branches de la résistance immigrée. Le PCF imposa en mai cette fusion qui donna naissance aux FTP-MOI. Boczor fut relevé et Henri Tanguy remplacé par un autre délégué du Comité militaire de la Région parisienne.
 
En Anjou-Poitou Henri Tanguy commanda les FTP avec Michel Muzard, Camille Thébault* et Marcel Gamon*(?). Il fut en outre chargé de mission en Bretagne et dans la région bordelaise par le Comité national de l’organisation militaire.
Une série d’arrestations, d’abord de Muzard et de Thébault, puis dans la région parisienne de Roger Linet, amenèrent la direction des FTP à rappeler Henri Tanguy à Paris, en mars 1943, pour réorganiser, avec Joseph Epstein* et Édouard Vallerand* , les Francs-tireurs de la région parisienne. Il rédigeait Le Franc-tireur parisien et publia durant l’été 1943 les communiqués et les appels à l’action de l’organisation.
 
Muté d’août à septembre 1943 au Comité d’action contre la déportation (voir Yves Farge*), Henri Tanguy passa en octobre à l’état-major des FFI de la « région P » qui regroupait onze départements autour de Paris, où il représentait les FTP. Successivement responsable de l’action immédiate, du troisième bureau (« opérations »), puis sous-chef de l’état-major, enfin chef régional en mai 1944, il était à la veille du débarquement allié du 6 juin 1944, colonel chef de la région P1 (Seine, Seine-et-Oise, Seine-et-Marne, Oise), qu’il baptisa « Ile-de-France ». Il prit alors son dernier pseudonyme Rol, nom d’un militant d’Épinay-sur-Seine, combattant des Brigades internationales, tué pendant la bataille de l’Ebre peu de temps après avoir été nommé commandant du bataillon « Commune-de-Paris ».
 
Le 19 août 1944, en qualité de chef régional des FFI, Rol-Tanguy donna l’ordre de l’insurrection parisienne. Il reçut, avec le général Leclerc, la reddition du général Von Choltitz — commandant la garnison allemande du Grand-Paris — le 25 août.
 
Avant le passage du Rhin, le 31 mars 1945, Rol-Tanguy rejoignit le 151e régiment d’infanterie issu de la Brigade de Paris formée par le colonel Fabien (voir Pierre Georges*), participa à la campagne Rhin-Danube en tant que lieutenant-colonel et fut cité pour son courage à l’ordre de la Division. Commandant militaire de Coblence, il quitta ce poste pour être affecté, en octobre 1945, à la mission de liaison et d’inspection du ministère des Armées, à Paris. Rol-Tanguy entra alors définitivement dans l’active. Cette décision, qui correspondait aux consignes données alors par le PCF aux anciens résistants restés dans l’armée, était aussi motivée, chez lui par un goût réel pour la chose militaire. Commandant du 27e RI à Villefranche-sur-Mer, puis de la 7e demi-brigade à Dijon, de février 1946 à février 1947, il fut affecté à cette date au cabinet du ministre de la Défense, François Billoux* jusqu’au renvoi de celui-ci en mai. Rol-Tanguy fut alors placé au Dépôt central des isolés, à Versailles (Seine-et-Oise), où « pointaient » les gradés qui ne bénéficiaient pas d’une affectation précise, généralement pour raisons politiques. Il y resta — sauf de 1948 à 1952, période pendant laquelle il fut affecté à l’état-major de la subdivision du Mans (Sarthe) — jusqu’en mai 1962, date de sa mise à la retraite.
 
Invité occasionnel du Comité central du PCF à partir de 1947 — en tant que militaire il ne pouvait y intervenir — Henri Rol-Tanguy en devint membre de 1964 à 1987. Il avait été candidat aux élections législatives de 1962 à Paris (XXe arr.).
Élu en juillet 1946, lors du 23e congrès, président d’honneur de l’ARAC, il assura également la coprésidence de l’ANACR et la présidence de l’AVER
 
Figure emblématique de la Résistance communiste à partir des années soixante, Henri Rol-Tanguy, s’il soutint publiquement Georges Marchais* lors de la polémique relancée en mars 1980 par L’Express concernant son passé de travailleur volontaire en Allemagne, signa en octobre 1991 la pétition d’anciens résistants demandant qu’il ne présidât pas les cérémonies commémoratives des fusillades de Châteaubriant.
 
Élevé à la dignité de compagnon de la Libération par le général de Gaulle, le 18 juin 1945, Henri Rol-Tanguy, reçut la croix de commandeur de la Légion d’honneur à l’occasion du 30e anniversaire de la Libération, le 5 octobre 1974. Il était déjà décoré de la médaille de la Résistance, de Combattant volontaire, de la Medal of freedom américaine, de l’Ordre de la grande guerre soviétique et de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes.
 
Sa femme Cécile, qui le seconda dans tous ses postes de responsabilité, était médaillée de la Résistance et chevalier de la Légion d’honneur.
 
Article du Maitron, dictionnaire du mouvement ouvrier en ligne
Né à Morlaix il y a 111 ans, un militant ouvrier parmi les plus grands noms de la Résistance: Rol-Tanguy  - Article du Maitron - Remi Skoutelsky - sur Rol-Tanguy, dit Rol, auquel un hommage sera rendu le mercredi 12 juin, 16h à Morlaix, place Rol-Tanguy devant la gare
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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:33

75° anniversaire des Fusillés de La Torche

et de Poulguen

 

Les camarades et ami(e)s trouveront ci-joint une invitation à la conférence

qui se tiendra

vendredi 14 juin 2019 à 18 heures

Salle de l’Amicale Laïque à LESCONIL

75e anniversaire des Fusillés de la Torche et du Poulguen - conférence organisée par le PCF Pays Bigouden avec Gaston Balliot et Jean Kervision le vendredi 14 juin à 18h à Lesconil
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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:32
Prochain mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, mardi 11 juin 18h - Conférence chantée, 1917-2020, de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti communiste français, éléments d'histoire et de contexte
Prochain mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, mardi 11 juin 18h - Conférence chantée, 1917-2020, de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti communiste français, éléments d'histoire et de contexte
Prochain mardi de l'éducation populaire du PCF Morlaix, mardi 11 juin 18h - Conférence chantée, 1917-2020, de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti communiste français, éléments d'histoire et de contexte
Nous vous invitons aux prochain mardi de l'éducation populaire,
 
Mardi 11 juin, 18h au local du PCF, 2 petite rue de Callac à Morlaix (derrière le Corto Maltese)
 
“Conférence chantée: 1917 – 1920 , de la fin de la première guerre mondiale à la création du Parti Communiste Français, éléments d’histoire et de contexte"
 
Interprétation des chansons de lutte et musique: Roger Héré - Patricia Paulus - Jean-François Vérant 
 
Tableaux historiques ponctuées de chants:
 
" La semaine anglaise"
"Ce n'est pas en France"
"Tragique ballade des tranchées"
"Chanson de Craonne"
"Hanging and the old barbed wire"
"Salut aux marins de la mer noire"
"Odessa Valse"
"C'est nous les vainqueurs"
"Le lion populaire"
 
La conférence des Mardi de l'éducation populaire à suivre aura lieu le mardi 2 juillet à 18h au local du PCF Morlaix avec Bérénice Manach, auteur du "Livre de Nella" (Skol Vreizh, 2019), sur l'histoire de sa mère, d'origine italienne, avec un père communiste et anti-fasciste émigré un temps en URSS, et de ses histoires d'amour belles et tragiques avec Emilio, communiste déporté et exécuté lors des purges de Staline, puis Etienne Manach, et co-éditrice du magnifique Journal Intime de son père, Etienne Manach, paru également aux éditions Skol Vreizh.
 
" Etienne, Emilio et Nella, trois destins exceptionnels marqués par le communisme et les tragédies du 20e siècle"
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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 12:15
Un grand poète victime de la barbarie nazie - le 8 juin 1945, mort de Robert Desnos au camp de Terezin
Un grand poète victime de la barbarie nazie - le 8 juin 1945, mort de Robert Desnos au camp de Terezin
Louis Aragon
"Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne
Comme un soir en dormant tu nous en fis récit
Accomplir jusqu'au bout ta propre prophétie
Là-bas où le desti
n de notre siècle saigne"

("Complainte de Robert le diable" extrait du recueil Les Poètes publié en 1960

 

 

Mort de Robert Desnos le 8 juin 1945
« La poésie de Desnos est celle du courage », où « l’idée de liberté court comme un feu terrible », dit Éluard au retour des cendres de son ami. Né avec le siècle et le cinéma, Desnos fut de toutes les aventures de son époque, surréaliste notamment. Auteur d’une force et d’une simplicité rares, résistant jusqu’à en mourir, il succombe au camp de TEREZIN le 8 juin 1945

Grâce à divers petits boulots, l’apprenti poète peut se consacrer à ce qui le requiert. Il étend considérablement le champ de ses lectures. Après Victor Hugo, c’est toute la lyre qu’il découvre et explore, l’élan et la force des rythmes, le souffle d’une parole qui doit être proférée. En juillet 1918, Desnos, antimilitariste, est déclaré bon pour le service. Toute une jeunesse se sent sacrifiée à un idéal patriotique qu’elle ne partage pas.
C’est ainsi à la croisée du surgissement des images produites par le cinéma muet et de la parole portée par le rythme du vers que se situent les premières expériences poétiques du jeune Desnos. Bien entendu, l’actualité littéraire le requiert. C’est vers dada que se porte la curiosité du jeune homme – il tente d’entrer en contact avec André Breton, mais sans succès.
Plus encore que la littérature, la guerre avec l’Allemagne préoccupe Desnos et les jeunes gens qu’il fréquente alors.
Après son service militaire (1920-1921), Desnos, revenu à Paris au printemps 1922, rencontre André Breton et ses amis Aragon, Éluard, Soupault, Péret, au moment où Dada s’achève et où le mouvement surréaliste cherche à se définir. L’effervescence inventive du groupe, son acharnement à mettre à mal la littérature traditionnelle, son refus des valeurs bourgeoises, son anticléricalisme trouvent en lui un adepte enthousiaste. Il se révèle immédiatement à l’aise dans l’écriture automatique dont Breton et Soupault avaient donné l’exemple dès 1919 avec « les Champs magnétiques ».
Après ces expériences de sommeils, le rôle moteur de Desnos dans les recherches surréalistes, « rôle nécessaire, inoubliable », dira plus tard Breton, est terminé.
Il va désormais poursuivre son chemin au sein du groupe, en lui apportant ses propres inflexions.
Paraissent alors le recueil de poèmes « C’est les bottes de 7 lieues cette phrase “ Je me vois ” » (1926) et les proses surréalistes « Deuil pour deuil » (1924) et « la Liberté ou l’Amour! » (1927). Puis, Breton lui signifie son exclusion du groupe surréaliste dans le « Second Manifeste du surréalisme». Aragon, de son côté, tire à boulets rouges sur « Corps et Biens » publié par Desnos en 1930.
Un autre grief intervient de façon majeure: Desnos gagne sa vie comme journaliste. Il écrit dans « Paris-Soir», « le Soir », « Paris matinal » et « le Merle». Garder sa liberté de plume dans des journaux qui subissent les pressions de leurs commanditaires n’est pas chose facile.
Desnos pratique un journalisme d’auteur, au sein de journaux aux ambitions médiocres
De 1933 à 1939, il propose des émissions littéraires, musicales, de divertissement ou d’information par lesquelles l’auditeur est amené à participer à la réalisation radiophonique.
Dans le même temps, il est de ceux que la montée du nazisme en Allemagne a tôt alertés. L’arrivée d’Hitler au pouvoir, la montée du fascisme en Espagne et en Italie l’amènent à se rapprocher de l’Association internationale des écrivains pour la défense de la culture. À partir de 1936, membre de la Maison de la culture, il publie des articles dans la revue « Commune » et dans le journal « Ce soir » créé par Aragon et Jean-Richard Bloch en mars 1937 pour rassembler les « intellectuels de gauche». Desnos est un « compagnon de route » des communistes, sans jamais entrer au Parti. Dès 1942, Desnos œuvre à la Résistance, fabrique de faux-papiers, trace le relevé des fortifications ennemies, avec « l’inestimable satisfaction d’emmerder Hitler».
Mobilisé en septembre 1939, le pacifiste de cœur part à la guerre contre Hitler avec la conviction que c’est le seul moyen de sauvegarder la liberté.
Robert Desnos participe aux revues clandestines, et signe Cancale ses poèmes en argot « À la caille » contre les collaborateurs et les nazis. À l’automne 1943, il s’engage dans l’action directe avec André Verdet, du réseau Combat.
Arrêtés en février 1944, ils sont déportés le 27 avril en Allemagne, selon un étrange parcours qui reste inexpliqué: Auschwitz, puis Buchenwald (où Verdet reste), puis FLOSSENBOURG et enfin FLÖHA. Après une marche de la mort en avril-mai 1945 qui conduit les survivants de FLÔHA au camp de TEREZIN (THERESIENSTADT, actuelle République tchèque), Desnos, épuisé, est victime de l’épidémie de typhus qui régnait dans le camp récemment libéré par l’Armée rouge.

Lu sur la page Facebook de Robert Clément, notre camarade du Val de Marne.

Un grand poète victime de la barbarie nazie - le 8 juin 1945, mort de Robert Desnos au camp de Terezin
Desnos, alias Robert le Diable, le veilleur du Pont-au-Change
Jeudi, 5 Mars, 2015- L'Humanité, Marie-José Sirach

Il est mort d’épuisement et de maladie le 8 juin 1945 au camp de Terezin. Le Printemps des poètes
lui rend un vibrant hommage le mardi 10 mars, à 12 heures, au Théâtre du Vieux-Colombier.

Toute sa vie durant, sa courte vie, Robert Desnos l’a consacrée à la poésie, à l’écriture. Il est né en 1900 près de la Bastille, on l’imagine baguenauder dans les ruelles de ce quartier encore populaire de la capitale. Mauvais élève, il quitte très vite les bancs de l’école, ce qui ne l’empêche pas, à tout juste dix-sept ans, de publier ses premiers poèmes dans la Tribune des jeunes, revue socialiste d’alors. Déjà, il retranscrit sur des petits carnets ses rêves. En 1919, il se consacre pleinement à l’écriture et compose en alexandrins, soigneusement ordonnés en quatrains, le Fard des argaunotes. Ami de Benjamin Péret, c’est par son entremise qu’il rejoint les surréalistes qui se retrouvaient alors au Certa, un café passage de l’Opéra, où Breton organisait des soirées d’écriture poétique sous hypnose. Le 25 septembre 1922, Desnos fait un tabac auprès de ses pairs bluffés par les vers qu’il prononce en état de sommeil hypnotique. Aussitôt accepté chez les surréalistes, il est de toutes les manifestations de ce mouvement littéraire. André Breton l’évoque dans un article paru dans le Journal littéraire du 5 juillet 1924 : « Le surréalisme est à l’ordre du jour et Desnos est son prophète. »

En 1925, il entre à Paris-Soir et écrit la Liberté ou l’amour, qui sera censuré aussi sec par le tribunal de la Seine. Quelque temps après, il publie The Nigth of Loveless Nigths (la Nuit des nuits sans amour), poème de facture classique loin de l’influence surréaliste, baudelairien dans l’écriture dont la révolte sous-jacente qui pointe au détour de chaque mot ne lui vaut pas l’« excommunication » de Breton. Inclassable, son écriture oscille entre alexandrins et vers libres, entre quatrains et prose, entre tragique et révolte. Touche-à-tout, d’une curiosité insatiable, il aime la chanson, le jazz, la samba, rédigera des réclames radiophoniques ainsi que le générique du feuilleton Fantômas et même des notices pharmaceutiques !

Quand, au début des années trente, le mouvement surréaliste traverse une crise profonde, Desnos rejoint la dissidence et cosigne le troisième Cadavre, celui qui enterre Breton. La rupture est consommée. Desnos décide de poursuivre sa route poétique seul mais pas en solitaire, totalement immergé dans le chaos du monde à venir, conscient et engagé. En 1934, il adhère aux mouvements d’intellectuels antifascistes (l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires) et, en 1936, au Comité de vigilance des intellectuels antifascistes. Choqué par le refus de Blum de soutenir la République espagnole, Desnos s’éloigne de ses positions pacifistes : la France doit se préparer à la guerre pour défendre son indépendance, sa culture et son territoire, et pour faire obstacle au fascisme. Mobilisé en 1939, Desnos ne se laissera abattre ni par la défaite de juin 1940, ni par l’occupation de Paris. Il poursuit ses activités journalistiques à Aujourd’hui, le journal d’Henri Jeanson. Après l’arrestation de ce dernier, le journal est soumis à la censure allemande mais, « mine de rien », comme disait Desnos, il continue de la déjouer. Depuis juillet 1942, il fait partie du réseau Agir. Parallèlement à ses activités clandestines, Desnos continue d’écrire. Fortunes (1942) trace le bilan des années trente. Suivent les couplets d’État de veille (1943) et de Chantefables (1944) « à chanter sur n’importe quel air ». Puis le Bain avec Andromède (1944), Contrée (1944), et les sonnets en argot, comme le Maréchal Ducono, virulente attaque contre Pétain. Arrêté le 22 février 1944, il connaîtra la prison de Fresnes, le camp de Compiègne puis ceux de Buchenwald, de Flossenbürg et Terezin. « La poésie de Desnos, c’est la poésie du courage », dira Paul Éluard lors des obsèques du poète en octobre 1945. Aragon écrira un long poème (mis en musique et chanté par Ferrat). Desnos, c’est ce « Robert le Diable » : « Je pense à toi Desnos qui partis de Compiègne / Comme un soir en dormant tu nous en fis récit / Accomplir jusqu’au bout ta propre prophétie / Là-bas où le destin de notre siècle saigne ».

 
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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 05:46
Guy Denning avec Patricia Paulus - 31 mai 2019

Guy Denning avec Patricia Paulus - 31 mai 2019

Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF

Œuvres de l'artiste anglais Guy Denning, un des maîtres du street art forme a la culture punk et vivant a la Feuillée dans le Finistère. Les mots si profonds sont de la grande révolutionnaire anarchiste Emma Goldman. Un don a la section PCF de Morlaix.

Guy Denning travaille a un hommage pictural à Rol Tanguy pour le 12 avril et la commémoration que nous organisons à 16h place Rol-Tanguy.

La Feuillée capitale de la culture... Autant de poilus sur les maisons que de jeunes du village fauchés par la barbarie de la grande guerre aux noms visibles sur le monument au morts: 112. Une œuvre éphémère de Guy Denning,, internationalement connu, qui a récemment peint des fresques d'Armand Robin et Nathalie le Mel à Brest. Il a fait ses armes d'artiste avec la culture punk, venant d'une petite cité ouvrière du sud ouest de l'Angleterre. Ses combats: l'utopie, l'anarcho syndicalisme, l'écologie. Il ne supporte pas l'Angleterre du brexit et du racisme montant.

En novembre 2018, les photos de Jean-Marc Nayet des oeuvres de Guy Denning à la Feuillée:

Street art: 112 - Guy Denning rend hommage aux combattants de la Grande guerre à La Feuillée (photos Jean-Marc Nayet)

Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Le 12 juin 2019 - L'artiste de street art anglais Guy Denning rendra hommage à Rol-Tanguy place Rol-Tanguy à Morlaix à l'occasion de l'hommage organisé par le PCF
Nathalie Le Mel, une des grandes figures de la Commune avec Louise Michel et Eugène Varlin, brestoise ayant vécu a Quimper, dirigeante du syndicat des femmes, créatrice d'une société de secours populaire et ouvrière. Une magnifique œuvre de street art de Guy Denning, artiste anglais vivant dans le Finistère.

Nathalie Le Mel, une des grandes figures de la Commune avec Louise Michel et Eugène Varlin, brestoise ayant vécu a Quimper, dirigeante du syndicat des femmes, créatrice d'une société de secours populaire et ouvrière. Une magnifique œuvre de street art de Guy Denning, artiste anglais vivant dans le Finistère.

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