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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 05:32
L'EAU ET LA PRODUCTION D'EAU POTABLE : UN ENJEU MAJEUR DU XXIème SIÈCLE
L'EAU ET LA PRODUCTION D'EAU POTABLE : UN ENJEU MAJEUR DU XXIème SIÈCLE
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Published by Section du Parti communiste du Pays de Morlaix - dans Ecologie
11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 05:25
MIGRATIONS DANS LE MONDE - Par Catherine Wihtol de Wenden  (« Cause Commune » - Revue d’action politique du PCF – Mars 2019).
Catherine Wihtol de Wenden , invitée des Jeudis Rouges du réseau Partage des Savoirs à Quimperlé en 2018

Catherine Wihtol de Wenden , invitée des Jeudis Rouges du réseau Partage des Savoirs à Quimperlé en 2018

Par Catherine Wihtol de Wenden 


L’aspect le plus significatif concernant les migrations est leur globalisation, comme tendance structurelle du monde, et leur régionalisation.

En ce début du XXIe siècle, les migrations internationales se sont mondialisées : presque tous les pays du monde sont concernés par les départs, les arrivées et le transit, certains étant les deux ou les trois à la fois. Ces migrations concernent 260 millions de personnes, un chiffre qui a été multiplié par trois depuis les années 1975 et qui a doublé depuis la fin du XIXe siècle.

 

Globalisation 
Tous les continents sont inclus dans la mobilité transfrontalière, l’Europe étant la plus grande destination au monde (77 millions, si l’on inclut la Russie et l’Ukraine), suivie par les États-Unis, le Golfe et la Russie (13 millions). Le Sud est en passe de recevoir autant de migrants que le Nord de la planète à cause de la diversification des migrations : femmes (48 %), déplacés en­vi­ronnementaux (42 millions, dont seulement 17 millions sont des mi­grants internationaux, les autres étant des mi­grants internes), mineurs isolés, réfugiés, toutes catégories qui préfèrent aller moins loin et se diriger vers les pays voisins des leurs. Les trois quarts des réfugiés dans le monde vont dans des pays du Sud, comme on l’a vu lors des crises afghane (à destination de l’Iran et du Pakistan), irakienne (vers la Syrie), syrienne (en Turquie, Liban et Jordanie, pour l’essentiel). Les pays du Sud ont peu de politique migratoire et une cinquantaine d’entre eux ne sont pas signataires de la convention de Genève de 1951 sur l’asile, donc la protection est souvent relative, mais les migrants peuvent y entrer, le plus souvent. Cette globalisation a été favorisée par un droit de sortie généralisé, à cause de la possibilité presque mondialisée d’avoir un passeport, alors que le droit d’entrer s’est beaucoup rétréci, du fait des visas. Les migrations internationales sont, à l’échelle mondiale, essentiellement des migrations de travail, mais elles ne sont plus que 15 % des entrées en Europe, où le regroupement familial, les étudiants et l’asile occupent les premières places. Le droit d’entrée, qui n’est pas universel comme le droit de sortie, dépend de la souveraineté des États d’accueil, en fonction du risque migratoire représenté par chaque nationalité, selon son passeport : ce sont les Japonais qui peuvent entrer dans le plus grand nombre de pays dans le monde (189) pour trois mois, suivis par les Européens, les Américains et les Canadiens. Puis viennent les Russes, les Chinois et enfin la plupart des pays africains, dont les ressortissants de pays en crise (Érythrée, Somalie, Soudan) n’ont de possibilité de migrer que dans les pays les plus proches du leur. Cet élargissement du monde est lié à son interdépendance : certains pays ont des richesses mais peu de main-d’œuvre (comme les pays du Golfe), d’autres une importante population et peu de ressources (comme le Mali, le Niger ou le Burkina Faso). D’autres encore sont directement menacés par les défis environnementaux, comme le Bangladesh, premier au monde, les îles du Pacifique (Tuvalu, Fidji) ou la désertification. Le vieillissement de la population en Europe, en Russie, au Japon est aussi un facteur de dépendance à l’égard des migrations, pour la contribution de celles-ci à la croissance démographique et au manque de main-d’œuvre. L’absence de droits dans les pays de départ ou de transit peut aussi favoriser le désir d’aller plus loin, y compris en risquant la mort.

« Les experts du climat prévoient entre 150 et 200 millions de migrants environnementaux d’ici la fin du siècle. »

 

Régionalisation
Partout, sans aucune exception, il y a davantage de migrants de la même région que de migrants qui viennent d’ailleurs, du fait que le migrant international est de moins en moins exclusivement un homme seul, mais aussi comporte de nouveaux profils, dont les femmes, les réfugiés et les enfants qui ne vont pas aussi loin dans des parcours transcontinentaux. Ainsi, en Europe, le tiers des migrants internationaux vient d’Europe, un chiffre qui a beaucoup augmenté avec l’ouverture à l’Est : Roumains, Bulgares, Polonais sont partis nombreux travailler en Europe de l’Ouest dès 2004, de même que les Européens du Sud, après la crise de 2008, sont venus chercher du travail en Allemagne et au Royaume-Uni (Italiens, Espagnols, Portugais, Grecs). En Afrique, qui compte 26 millions de migrants internationaux, la plupart viennent d’un autre pays du continent, selon les chiffres du département de la population des Nations unies (UNDESA, 2017). Il en va de même en Amérique latine où la plupart des migrants sont des Latino-Américains : Vénézuéliens en Colombie, Péruviens en Argentine et au Chili, Paraguayens au Brésil, Boliviens dans les pays voisins du leur, tandis que les Centre-Américains et les Mexicains sont attirés par les États-Unis. Même schéma en Russie où, du fait de l’ouverture des frontières pour le travail à l’Asie centrale et au sud du Caucase, la plupart des migrants viennent de la CEI (Communauté des États indépendants, ex-URSS) et de la Chine dans les régions sibériennes. En Asie, les pays riches comme le Japon, la Corée du Sud, Taïwan, Singapour attirent les populations des pays pauvres ou très peuplés. L’essentiel des migrants viennent d’Asie : Philippins, Pakistanais, Indiens, Chinois. L’Australie est de son côté de moins en moins « blanche » et s’asiatise de plus en plus. Le Golfe attire les populations du Maghreb, du Pakistan, du Soudan, d’Égypte, du Sri Lanka, des Philippines.

 

Des facteurs structurels

Les facteurs de ces migrations internationales correspondent à un mouvement de fond qui épouse les tendances structurelles du monde : valorisation de la mobilité comme élément de modernité, accès aux nouvelles technologies de la communication au Sud, qui font rêver à d’autres horizons plus prometteurs pour ceux qui considèrent qu’il n’y a aucun espoir chez eux (les jeunes notamment), inégalités du développement humain, crises et conflits, grandes lignes de fracture du monde sur un espace restreint comme la Méditerranée, la ligne Mexique/ États-Unis, l’Australie et ses voisins, offre de voyage du fait de l’impossibilité de circuler sans visa qui enrichit les passeurs, mode du tourisme international (un milliard par an), qui donne à d’autres l’idée d’aller s’installer ailleurs (comme les seniors au soleil), risques environnementaux (les experts du climat prévoient entre 150 et 200 millions de migrants environnementaux d’ici la fin du siècle), études à l’étranger à en juger par le succès d’Erasmus depuis trente ans… Enfin, les transferts de fonds représentant 460 milliards de dollars annuels envoyés par les migrants dans leurs pays d’origine. Ces facteurs vont perdurer pour la plupart, car le développement au Sud est un facteur, à court et moyen terme, d’accélération de la mobilité plutôt qu’il ne l’arrête ou la réduit. Les populations les plus mobiles sont celles des pays riches et les populations du Sud leur ressemblent de plus en plus, notamment chez les élites, qui peuvent souvent circuler légalement (les riches des pays pauvres), alors que les catégories intermédiaires ont du mal à obtenir des visas. Les plus pauvres du monde ne bougent pas, sauf en cas de migrations forcées (asile, crise environnementale), faute de réseaux de connaissance et de moyens. Sinon, les migrations internationales ne représenteraient pas 3,5 % de la population du monde, comme aujourd’hui, compte tenu des inégalités de la planète, mais beaucoup plus.

« Les migrations internationales sont, à l’échelle mondiale, essentiellement des migrations de travail, mais elles ne sont plus que 15 % des entrées en Europe, où le regroupement familial, les étudiants et l’asile occupent les premières places. »

Dans ce monde où les rapports internationaux, notamment le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), rappellent que la mobilité est un facteur essentiel du développement humain (rapport 2009  Lever les barrières, migration et développement humains), le droit à la mobilité est une aspiration qui monte mais qui est très inégalement répartie. Ceux qui migrent ont infiniment moins de droits que ceux qui sont sédentaires, car beaucoup de conventions internationales n’ont pas été signées par tous les États (50 non-signataires de la Convention de Genève, tous pays du Sud, 53 signataires seulement de la convention de l’ONU de 1990 sur les droits des travailleurs migrants et de leurs familles), tous pays du Sud, les pays du Nord ne voulant pas se sentir liés par des droits à reconnaître aux migrants irréguliers, des millions de personnes sans protection internationale lors de crises politiques (sur les 66 millions de réfugiés, 26 millions seulement ont le statut de la convention de Genève, les autres ayant une protection temporaire ou humanitaire), 13 millions d’apatrides, des millions de sans-papiers, aucun statut international pour les déplacés environnementaux, un accès très différencié à la nationalité des pays d’accueil à l’échelle mondiale.

Des tentatives de dialogue global ont été mises en place depuis le début du XXIe siècle. Citons notamment à l’initiative de Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, le Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD), né du choix du multilatéralisme adopté par Kofi Annan pour dialoguer sur les migrations entre le Nord et le Sud mais aussi avec des acteurs non étatiques – organisations intergouvernementales (OIG), organisations non gouvernementales, associations, employeurs, syndicats, églises, experts. Le Forum mondial sur la migration et le développement se réunit chaque année depuis 2006, pointant, dans chaque région du mode, les inégalités les plus criantes ou les initiatives à encourager, considérant que la migration est un bien public mondial si elle est bien gérée, gagnante pour les migrants, les pays de départ et les pays d’accueil. Plusieurs pays du Sud s’y sont beaucoup investis, parmi lesquels le Mexique, le Maroc, le Bangladesh. Le pacte mondial (Global compact) est issu de cette même approche, Nord/Sud et multilatérale, signé à Marrakech en décembre 2018, reprend les grandes lignes du FMMD. Né de la décision de l’assemblée générale des Nations unies de septembre 2016 après la crise des réfugiés de 2015, le pacte comprend deux volets : les migrants et les réfugiés. Il lance l’idée d’une autre gestion par le biais d’une meilleure coopération entre États. Le Mexique ainsi que la Suisse y ont joué un rôle déterminant. Le pacte est non contraignant (ce n’est pas un traité). On compte une quinzaine d’États non signataires du pacte, dont les États-Unis et cinq pays européens. Mais c’est un pas de plus pour inscrire les migrations sur la table des questions majeures des Nations unies et de sortir le sujet de l’illégitimité dans laquelle il a été longtemps relégué.

 

Catherine Wihtol de Wenden est politiste en science politique. Elle est directrice de recherche émérite au CNRS.

Cause commune n° 10 • mars/avril 2019

 

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 07:55
Migrants: un nouveau décret italien criminalise davantage les ONG
Par

Un décret adopté cette semaine en Italie prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à un million d’euros pour les bateaux de sauvetage de migrants. Ce texte octroie aussi davantage de pouvoir au ministre de l’intérieur Salvini pour mettre en place sa politique hostile à l’immigration. Les ONG, jusqu'à présent, continuent de se rendre au large de la Libye.

Leur navire attend dans les eaux près de l’île italienne de Lampedusa. À bord, ce jeudi 8 août, un équipage de 19 personnes et 121 migrants d’Érythrée, d’Éthiopie, du Soudan, du Tchad… partis de la Libye et sauvés des eaux internationales le 1er août. L’Open-Arms, bateau humanitaire affrété par l’ONG espagnole Proactiva Open Arms (POA), croise sans destination précise depuis une semaine. 

« Aucun port de Malte ou d'Italie ne nous accepte, nous restons à proximité de Lampedusa si quelqu’un a une urgence médicale, mais nous ne pouvons pas accoster », précise au téléphone Riccardo Gatti, chef de mission de l’ONG en Italie, joint par Mediapart. Il y a deux ans, une telle impasse aurait été « rare et choquante », dit-il. Mais depuis l’arrivée d'un gouvernement d'extrême droite à la tête de l’Italie, POA – qui en est à sa 65e mission en Méditerranée centrale depuis 2016 – s’est habituée à sillonner pendant des jours dans les eaux italiennes en quête d’un port.

Aussi Riccardo Gatti n’a-t-il pas été surpris lorsque, lundi 5 août, le Sénat a adopté le nouveau décret sécurité porté par Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur de la Ligue. « Depuis un an, il y a une criminalisation de nos activités, ce n’est qu’une étape de plus de ce gouvernement, le passage d’une loi contraire au droit international », constate Gatti.

Avec ce « décret sécurité bis », qui s'ajoute à une première loi de sécurité adoptée en novembre 2018, le ministre de l’intérieur, connu pour ses positions hostiles à l’immigration, durcit sa politique répressive à l'encontre des humanitaires qui viennent en aide aux migrants. Il garde en tête l’action de Carola Rackete, la capitaine du navire Sea-Watch 3 qui avait accosté en Italie sans autorisation avec des réfugiés à son bord. Elle avait été arrêtée le 29 juin, puis libérée le 2 juillet.

Précédemment adopté par la Chambre des députés, ce décret est passé avec 160 voix pour et 57 contre à la chambre haute. Le ministre Salvini s’octroie ainsi des pouvoirs élargis et pourra dorénavant « limiter ou interdire » l'entrée de navires « en transit ou en stationnement » dans les eaux italiennes. Les bateaux d'ONG y pénétrant sans autorisation pourront écoper d'une amende allant de 150 000 à un million d'euros, contre 50 000 euros auparavant. Leurs capitaines pourront être arrêtés et leur navire saisi immédiatement.

Le décret doit encore être ratifié par le président italien, Sergio Mattarella. Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU s'est d'ores et déjà dit « inquiet » de ce décret, mardi, soulignant que les ONG « jouent un rôle inestimable » dans le sauvetage des migrants en mer. Matteo Salvini a quant à lui exprimé sa satisfaction. « Le décret sécurité octroie plus de pouvoirs aux forces de l'ordre, plus de contrôles aux frontières, plus d'hommes pour arrêter les mafieux », a-t-il réagi lundi sur Facebook, l’un de ses principaux canaux de communication. 

Ce mercredi 7 août, il s’en est également pris à l’ONG POA, toujours sur ce réseau, les accusant de ne pas faire de « la vie des gens à bord » une « vraie priorité », « en refusant de gagner l’Espagne [le bateau bat pavillon espagnol – ndlr] » et en voulant « à tout prix transférer des clandestins dans notre pays ».

Las, le responsable de l'organisation espagnole Riccardo Gatti répond qu'il s'agit du « comportement normal de M. Salvini, il propage des fake news en détournant nos déclarations et attise la haine contre nous ». Il précise que « malgré la criminalisation de ce gouvernement à l'encontre des humanitaires, nous continuerons nos activités dans la Méditerranée centrale. Nous tenons à rappeler que le naufrage d'un bateau de migrants vient d'avoir lieu [le 25 juillet, naufrage qualifié de « pire tragédie de l’année » par le haut-commissaire de l’ONU pour le HCR, Filippo Grandi – ndlr]. Il a fait près de 150 morts. Notre action est nécessaire ».

Dans une lettre adressée jeudi au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président du parlement européen David Maria Sassoli, par ailleurs membre du parti démocrate italien (dans l'opposition), a réclamé une « assistance d’urgence aux migrants bloqués sur le bateau » Open-Arms

Il n'est pas le seul navire à se rendre sur zone. Les bateaux Alan-Kurdi, Lifeline, etc., croisent aussi au large de la Libye. Pour eux, les entraves aux opérations sont toujours plus nombreuses. Le bateau humanitaire Ocean-Viking de l’ONG SOS Méditerranée, qui a quitté Marseille le 4 août, s'est vu refuser le plein de carburant dans les eaux maltaises par les autorités, mercredi soir. Malte ne précise pas le motif de ce refus, selon SOS Méditerranée.

« C'est la première fois que ça nous arrive et c'est une difficulté supplémentaire, concède Fabienne Lassalle, directrice générale adjointe de l’ONG en France, jointe par téléphone le 8 août. Ocean-Viking est toutefois toujours en route pour la zone SAR [de sauvetage – ndlr] au large de la Libye. Il y a peu de bateaux d'humanitaires pour l'immensité du secteur à couvrir et les gens continuent de mourir », précise-t-elle. L’Ocean-Viking peut secourir à son bord 200 à 300 personnes « dans des conditions correctes ». 

Chaque jour, des migrants continuent de tenter de quitter les côtes libyennes. Depuis le début de l’année, et jusqu’à la date du 2 août, 4 622 migrants ont été interceptés par les gardes-côtes libyens et ramenés à terre, alors que 3 600 sont arrivés en Italie depuis la Libye, d’après l’UNHCR.

 

Professeur de droit à l’université de Nantes et spécialiste du droit de la mer, Patrick Chaumette souligne pour sa part que « ce décret néglige les obligations internationales italiennes, l'obligation de sauvetage en mer ». Et l’expert de rappeler les textes en vigueur qui viennent contredire ledit décret : « La Convention des Nations unies sur le droit de la mer, la Convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL) de l'Organisation maritime internationale, la convention Search and Rescue de Hambourg de 1979, le rôle du MRCC (centre de sauvetage) de Rome, la Convention de Genève relative au statut des réfugiés… », avant de conclure : « Les États côtiers ont des obligations, que l'Italie décide d'ignorer […]. L'idée que tout navire transportant des naufragés en Méditerranée ne relève plus du droit de passage inoffensif est absolument excessive. »

Le décret (en italien) ratifié par le Sénat. (pdf, 558.4 kB)

Une politique de criminalisation qui sert la politique d’externalisation

Pour la chercheuse Sara Prestianni, membre du réseau Migreurop, ce décret, peu surprenant, n’est que la continuité de la politique italienne en matière d’immigration. « Ce décret vise à la criminalisation de la solidarité et au renforcement des politiques de retour. Il est complémentaire avec le décret-loi sécurité numéro un, qui visait au démantèlement du système d’accueil et d'asile italien. »

Adopté le 28 novembre 2018 par la Chambre des députés, ce dernier avait déjà suscité la polémique, prévoyant entre autres un allongement de la durée de détention des migrants avant leur expulsion, une modification de la liste des pays sûrs, une augmentation des fonds alloués aux expulsions et surtout une remise en cause profonde du système d’accueil italien avec l’abrogation de la protection humanitaire.

Des mesures qui ont par ailleurs entraîné « de nombreux départs de migrants qui étaient pourtant dans un processus d’intégration en Italie ». Certains ont par exemple pris le chemin de la France, où l’on compte une arrivée de « dublinés », ayant leurs empreintes dans le pays voisin. « La criminalisation des ONG avait déjà commencé sous l’ancien premier ministre [Paolo Gentiloni – ndlr], au printemps 2017, avec tout un tas d’accusations fausses à l’encontre des organisations soupçonnées d’être liées aux passeurs. » Rome avait alors instauré un « code de conduite » controversé, limitant déjà le nombre d'ONG dans le secteur à l'époque.

« Surtout, l’UE a signé un accord d’externalisation de la politique migratoire avec la Libye », rappelle Sara Prestianni. En juillet 2017, l’Europe avait renforcé son partenariat avec Tripoli afin de stopper le mouvement d’exil qui abordait les côtes italiennes, avec la signature d’un accord contesté par de nombreuses ONG. Ces dernières dénonçaient les méthodes des gardes-côtes libyens et la menace planant sur les exilés en Libye, en proie au conflit.

Preuve du danger qu'ils encourent : le 3 juillet, près de 40 migrants ont été tués dans une frappe aérienne contre leur centre de détention dans la banlieue de Tripoli. Plusieurs cas de migrants vendus aux enchères, révélés par la chaîne CNN, avaient fait la lumière sur l'esclavage moderne dans le pays en novembre 2017. « Il y a le besoin d’éloigner encore davantage les acteurs humanitaires de ce terrain, de vider la mer de ses ONG afin qu’il n’y ait plus de témoins. Cette politique de criminalisation sert l’externalisation de la politique migratoire européenne », signale Sara Prestianni.

Contactés par Mediapart, les porte-parole de l’agence Frontex basés en Pologne ont répondu « ne pas être en mesure » de commenter la politique italienne.

Les traversées illégales en bateau pneumatique sont nombreuses en Méditerranée centrale, voie de passage dangereuse fréquentée par les migrants transitant par la Libye. L'Italie et l'UE ont multiplié les missions pour la surveillance de cette frontière maritime ces dernières années. Fin 2013, après l'embrasement d'un chalutier transportant des migrants au large de Lampedusa, qui avait fait plus de 360 morts, les autorités italiennes avaient lancé l’opération Mare Nostrum, visant selon Rome à sauver le plus grand nombre possible de migrants en mer. La marine italienne avait alors décidé d'intervenir jusqu'à la limite des eaux libyennes (à 12 milles marins du pays d'Afrique du Nord).

Mare Nostrum a été remplacée en 2014 par l'opération européenne Triton, elle-même remplacée en 2018 par la mission Themis « pour aider l’Italie dans les activités de contrôle des frontières », opérant au large de la Libye. En parallèle, des ONG se sont progressivement rendues sur zone, non loin de cette frontière maritime libyenne, pour des opérations de sauvetage.

Migrants: un nouveau décret italien criminalise davantage les ONG (Médiapart, 8 août 2019, Elisa Perrigueur)
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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 07:21
Pablo Picasso: Mon Franco ressemble à une carotte hideuse (Maurice Ulrich, L'Humanité, 9 août 2019)
Pablo Picasso « Mon Franco ressemble à une carotte hideuse »
Vendredi, 9 Août, 2019

Avec sa « bande dessinée » Songe et mensonge de Franco et avec l’œuvre immense et sans précédent qu’est Guernica, le peintre lance un cri pour toute l’humanité.

 

L’anecdote est connue, d’un officier allemand ou peut-être Otto Abetz, l’ambassadeur d’Allemagne à Paris, découvrant Guernica dans l’atelier du peintre, rue des Saints-Pères à Paris : « C’est vous qui avez fait ça ? » « Non, c’est vous. » À ses visiteurs allemands, du moins ceux qui ne donnaient pas des coups de pied dans ses toiles en le menaçant, il distribuait aussi des cartes postales représentant l’immense toile : « Emportez-les, souvenir, souvenir. »

Souvenir. Picasso n’oublie pas que, le 26 avril 1937, en appui à Franco et comme un exercice d’entraînement, ce sont quatre escadrilles allemandes de la légion Condor assistées par des chasseurs italiens qui ont bombardé la petite ville basque pendant trois heures, larguant 50 tonnes de bombes incendiaires et faisant, selon les sources, de plusieurs centaines à 2 000 morts. Des civils, hommes, femmes et enfants. Paul Éluard écrira : « Casqués, bottés, corrects et beaux garçons, les aviateurs lâchent leurs bombes avec application. »

Quatre jours seulement après le crime, il dessine les premières esquisses de ce qui est un cri de révolte, un avertissement et un manifeste contre le fascisme et ce qui va advenir, et de ce qui sera, au-delà encore, une des œuvres les plus fortes et les plus célèbres de toute l’histoire.

La guerre d’Espagne, pour beaucoup d’intellectuels, sonne le tocsin, peut-être le glas

Dans la même période il réalise une sorte de bande dessinée, Songe et mensonge de Franco. Dix-huit gravures dans lesquelles il inclut parfois des éléments de Guernica et des textes poétiques. Il les destine à être tirées en cartes postales et vendues au profit des républicains espagnols. « J’évitai tout réalisme qui m’eût ennuyé et embarrassé et je fis de Franco une sorte de Picrochole grotesque (j’ai un peu lu Rabelais) dessiné par Goya inspiré par Arcimboldo. Je ne suis pas jardinier, mais j’ai vu des carottes mal fichues parce qu’elles n’avaient pas été éclaircies à temps. Au lieu d’être bien droites, elles lancent des racines et des poils-radicelles dans tous les sens. Mon Franco ressemble à une carotte hideuse. Il a une grande bouche édentée – souvent les carottes éclatent ainsi – et de ridicules chapeaux de roi fou ou de pèlerin de Compostelle. »

Dernière case, Franco se fait encorner par un taureau. Picasso n’a pas découvert la politique avec la guerre d’Espagne. Sa jeunesse à Barcelone, dans les dernières années du XIXe siècle, est empreinte de l’anarchisme qui domine alors dans les milieux intellectuels et artistiques de la capitale catalane. Il commente souvent, par le dessin, sa lecture des journaux dont il fera comme Hegel sa « prière du matin ». Dans les années du cubisme dit synthétique et des papiers collés (1912-1913 et suivantes), les coupures de presse qu’il utilise ont trait à la guerre des Balkans et aux menaces sur la paix. Pour lui, on ne saurait l’oublier, la peinture est aussi « une arme de guerre ». Mais sans doute l’année 1937 est-elle une année particulière. La guerre d’Espagne pour les forces progressistes et révolutionnaires, pour nombre d’artistes et intellectuels, sonne le tocsin, peut-être le glas. Picasso a rencontré Dora Maar, elle-même très engagée, proche du groupe Octobre des frères Prévert, compagne de Georges Bataille dont le déroutant roman le Bleu du ciel, évoque dès 1935 la menace des fascismes.

On sait qu’elle va accompagner la création de Guernica en photographiant la toile jours après jour, Picasso se servant en retour des photos pour prendre de la distance, mesurer ce que l’on pourrait appeler la balance de ces noirs et blancs qui viennent des planches des Désastres de la guerre, de Goya. « J’ai vu cela », avait écrit ce dernier. Mais le noir et blanc évoque aussi les photos d’actualité, tandis que les figures renvoient au Très de Mayo, de Goya, encore, au Massacre des Innocents, de Poussin, à certaines toiles d’Ingres… Picasso met dans cette œuvre sans précédent des siècles de peinture et de pensée de la peinture. C’est la force sans quoi elle ne serait qu’un message politique comme d’autres.

C’est pourquoi Guernica ne cessera jamais d’être un cri de l’humanité contre le fascisme et la guerre. « Si l’écho de leurs voix faiblit, écrivait Éluard des victimes du nazisme, nous périrons. »

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 07:11
Migrations. Les demandeurs d’asile privés d’argent liquide
Vendredi, 9 Août, 2019

L’aide d’État versée aux demandeurs d’asile ne pourra plus être utilisée que pour des paiements par carte. Une réforme contestée par les défenseurs des droits des étrangers.

 

Plusieurs directions territoriales de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) ont reçu le message depuis le 23 juillet. « Chers collègues. À compter du 5 septembre, la carte qui sert aux demandeurs d’asile à toucher leur allocation deviendra une carte de paiement uniquement, écrit Didier Leschi, directeur général de cet organisme dépendant du ministère de l’Intérieur. Elle ne permettra donc plus à un demandeur d’asile de retirer de l’argent liquide d’un distributeur de billets. La carte dans sa nouvelle fonctionnalité permettra de réaliser gratuitement 25 paiements par mois dans tous les commerces équipés d’un terminal de paiement électronique. Au-delà le retrait sera facturé 50 centimes. Il s’agit de limiter les retraits qui ont un coût pour l’Ofii. » Le 2 août, cette information a été officialisée et rendue accessible à tous sur la page Facebook de l’Ofii.

Une personne qui dépose, en France, un dossier de demande d’asile n’a droit qu’à une seule source de revenus : l’ADA (allocation pour demandeur d’asile). Ce maigre pécule est calculé en fonction de sa situation familiale. Il varie de 190 euros par mois pour un bénéficiaire isolé à 476 euros par mois pour un couple avec deux enfants. Une famille de six personnes touchera, pour sa part, une allocation de 660 euros par mois.

Les magasins solidaires ne sont pas équipés de machine à carte 

Le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies (UNHCR) préconise que les allocations versées aux réfugiés le soient en liquide, « pour la défense des droits et des personnes en exil », rappelle dans un communiqué le Collectif Nation Refuge. C’est ce que la France faisait jusqu’à maintenant, et la réforme annoncée ne s’accompagne pas d’arguments véritablement convaincants.

« Nous avons constaté des problèmes concernant des fonds non utilisés. Par exemple, quand on a moins de 10 euros sur la carte, il n’est pas possible de retirer cet argent parce que les distributeurs de billets ne fournissent pas des billets de 5  euros », a tenté de justifier Didier Leschi.

Les associations de défense des droits des étrangers, qui dénoncent un nombre maximum de paiements gratuits « beaucoup trop juste » correspondant à moins d’un achat par jour, ont tenu pour leur part à rappeler au directeur de l’Ofii, dans une pétition en ligne, que « les épiceries sociales et solidaires, les brocantes et les marchés (ne) sont que rarement équipés (de machine à carte) ».

Mais, pour la bonne âme de la haute fonction publique, ces associations se trompent sur ses intentions. Lui argue qu’il ne cherche qu’à protéger les demandeurs d’asile, au motif que « la manipulation d’argent liquide expose le demandeur d’asile à des phénomènes comme le vol ou le racket ».

L’annonce de l’Ofii provoque néanmoins un véritable tollé. « On se demande pourquoi ils inventent des trucs pareils, a, de son côté, réagi l’ancienne eurodéputée Marie-Christine Vergiat, aujourd’hui vice-présidente de la Ligue des droits de l’homme, sur les réseaux sociaux. L’objectif serait notamment de les empêcher d’envoyer de l’argent à leur famille dans leur pays d’origine. Quand on sait que cet argent représente trois fois l’aide publique au développement ! Et ça prétend lutter contre les causes profondes de migration. Ces gens sont de dangereux malades. »

Face à l’opposition que suscite sa réforme, l’Ofii assure que tout est encore à l’étude et qu’elle fait toujours l’objet de discussions. « L’Ofii suit les orientations fixées par l’État et, sur le principe, la décision est prise, a d’ailleurs tenté de se dédouaner Didier Leschi. Toutefois, il faut voir si son application se fera le 5 septembre ou si, pour des raisons techniques, elle doit être retardée. »

En réalité, les imprimantes du ministère de l’Intérieur tournent déjà plein pot pour l’édition de documents, traduits en une dizaine de langues, afin d’informer les demandeurs d’asile du fait que le gouvernement a bel et bien choisi de leur rendre la vie de plus en plus difficile.

émilien Urbach
Migrations. Les demandeurs d'asile privés d'argent liquide (vendredi 9 août 2019, Emilien Urbach, L'Humanité)
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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 05:27
PABLO DE LA TORRIENTE BRAU

PABLO DE LA TORRIENTE BRAU

 

Cet intellectuel cubain devenu communiste s’engage, à la vie, à la mort, convaincu de la complémentarité de l’antifascisme et du combat national. À l’été 1936, de son exil à New York, il écrit : « Je pars en Espagne. »

Pablo de la Torriente Brau explique à ses amis, déjà grandes figures intellectuelles, Nicolas Guillen, Ruben Martinez Villena, secrétaire du petit Parti communiste de Cuba, Raul Roa, dans sa lettre d’exil du 4 août 1936 : « Je suis absolument convaincu que le monde entier tourne autour de la révolution espagnole. L’importance de la révolution espagnole est mondiale. » Roa sera plus tard ministre des Affaires étrangères de Fidel Castro. Dans la lettre du 6 août à Juan Marinello, alors intellectuel communiste, Pablo défend avec passion sa décision : « J’ai eu une idée merveilleuse : je vais en Espagne, participer à la révolution espagnole. » La missive se poursuit : « L’idée a explosé dans mon cerveau, et depuis lors, elle illumine la grande forêt de mon imagination. » Le projet désiré devient axe de vie. « Je crois fermement que je peux faire beaucoup pour la révolution cubaine, parce qu’il semble que la révolution espagnole ait à Cuba de profondes répercussions », confie-t-il à Raul Roa. Le journaliste entre en Espagne par Portbou, le 20 septembre 1936, convaincu de prolonger les luttes cubaines d’émancipation. Combattant des milices populaires, puis commissaire politique, le jeune militant intellectuel meurt très tôt, sur le front de Madrid, les armes à la main, à Romanillos, près de Majadahonda, le 19 décembre 1936. Il avait à peine 30 ans et un charisme de leader atypique : un physique d’athlète, le regard sombre, un humour de « guajiro » (paysan) taquin. Toujours aux avant-postes, commissaire de guerre de la division de El Campesino. En quatre mois, il écrit 14 chroniques. La première d’entre elles : Des avions pour l’Espagne.

Reporter au journal Ahora, il est à la fois journaliste, narrateur et protagoniste

Pablo comprend très vite toute la grandeur poétique et humaine d’un autre de ses amis : Miguel Hernández, poète de la terre. Pablo le « nomme » commissaire culturel. Miguel, l’ancien berger d’Orihuela, l’autodidacte qui déclame sur le front républicain ses vers aux combattants. Désespéré par la mort du « camarade Pablo », Miguel Hernández écrit la poignante Deuxième Élégie. Le corps de son compagnon sera jeté dans une fosse commune.

À Cuba, le jeune intellectuel avait pris tous les risques. Emprisonné à plusieurs reprises (27 mois au total), il impulse deux grandes grèves, en 1930 et 1935, et doit s’exiler en avril 1935. Dans la vague révolutionnaire de ces années 1930, il crée l’Orca, fonde la radicale Aile gauche étudiante, écrit Batey… Le « Patio de laureles » de l’université vibre de ses exhortations à l’insurrection, à « serrer les rangs », de ses convictions antifascistes. « Arriba (En avant) muchachos ! » L’insurrection provoque la chute du dictateur Machado, le 12 août 1933. Le véritable pouvoir est alors exercé par un groupe de sergents dirigés par un inconnu, Fulgencio Batista. Les Cubains sympathisent massivement avec les « Espagnols rouges ».

Pablo, reporter au journal Ahora, décrit la chute du tyran. À la fois journaliste, narrateur et protagoniste. Un statut qu’il conjugue et assume. La révolution a un prix. À La Havane, il collabore aussi à la revue El Veterano et au quotidien Nuevo Mundo.

Aveugles ceux qui ne voient en Pablo de la Torriente Brau qu’un « propagandiste ». Comme les 1 056 volontaires cubains des Brigades internationales, très divers politiquement, communistes, « guiteristes de Joven Cuba », anarchistes, socialistes (peu de Noirs), il conçoit l’engagement en Espagne comme le maillon d’une chaîne ininterrompue, insurrectionnelle, « internationaliste », de libération.

Il n’a même pas eu le temps de terminer son roman, Aventure du soldat cubain inconnu, dans lequel il imagine une rencontre avec le fantôme d’un soldat cubain qui, par erreur, fut envoyé au feu lors de la Première Guerre mondiale. Le traitement moderne et satirique du thème (les stupidités de la guerre) surprend. Pablo lie son métier d’écrivain, sans l’aliéner, à l’engagement sur les divers fronts de lutte. Dans un autre écrit, Presidio modelo (Prison modèle), de publication posthume, comme la plupart de ses écrits, il dénonce l’inhumanité du système pénitentiaire. Son célèbre texte, Realengo 18, décrit les conditions épouvantables de vie des paysans dans les montagnes cubaines de l’Orient. Des « realenguistas » y ont recréé une communauté utopique, « un pays différent, bien plus beau que Varadero, une société idéale communiste ».

Jean Ortiz

 

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 05:25

Par Cécile Dumas 


Dans une période où les questions migratoires sont complètement sorties de leur contexte, utilisées et manipulées par les « artisans » de la haine, du complot, des fausses nouvelles (fake news), de la recherche de coupables, il est indispensable d’approfondir le débat pour raconter un autre récit et retrouver la définition de l’hospitalité.

IMMIGRATION : FAISONS AVANCER LE DEBAT (« Cause Commune » - Revue d’action politique du PCF – Mars 2019).

Il est essentiel de rappeler en permanence que les migrations sont constitutives de l’humanité et une réalité qui existe depuis des siècles.

 

De quoi parle-t-on ?

L’immigration extraordinaire provoquée par les guerres et les conflits ne doit pas faire oublier que certains pays accueillent en continu une immigration ordinaire. C’est le cas de la France et cette immigration ordinaire due aux mariages mixtes, au regroupement familial, aux études à l’étranger est loin devant la migration de travail qualifié et l’obtention de statut de réfugié. En 2018, ce sont 255 550 obtentions de premier titre de séjour – 50 % sont des étudiants ou des motifs familiaux – et 33 380 attributions de l’asile. Et cela dans un pays de 65 millions d’habitants (France métropolitaine).

Fin 2017, on comptait environ 258 millions de migrants internationaux dans le monde, soit 3,3 % de la population mondiale contre 111 millions en 1990, soit 2,9 %. Au niveau international, il n’existe pas de définition universellement acceptée du terme « migrant ». Il s’applique aux personnes se déplaçant vers un autre pays ou une autre région aux fins d’améliorer leurs conditions matérielles et sociales, leurs perspectives d’avenir ou celles de leur famille. Le nombre de migrants est en augmentation toute relative quand on prend soin de comparer cette hausse à celle de la population mondiale. Rappelons aussi qu’en 1900 les migrants internationaux représentaient 5 % de la population mondiale et que cela concernait à l’époque, avant tout, les Européens. Aujourd’hui, contrairement à bien des idées reçues, les mouvements Sud/Sud dépassent les mouvements Sud/Nord et 60 % des migrants ne quittent pas l’hémisphère Sud.
Cent cinq millions de migrants sont originaires d’Asie, 60 millions d’Europe et 36 millions d’Afrique. Au prorata de la population respective des continents, ce sont toujours les Européens qui migrent le plus.
Le changement majeur de la période actuelle est que les migrations concernent quasiment tous les pays qui sont à la fois, points de départ, d’arrivée et de transit. Les migrations se sont mondialisées.
Le mot « crise » a donc bien, dans la bouche de l’extrême droite ou de dirigeants européens et français, une fonction politique qui traduit la volonté des gouvernements des pays européens de durcir les politiques migratoires en particulier vis-à-vis des pays du Sud et cela en surfant sur le populisme, le nationalisme et la xéno­phobie.
On pourrait plutôt utiliser ce mot pour qualifier le nombre de personnes déracinées, c’est-à-dire obligées de fuir leur domicile. Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) en dénombre 68,5 millions, soit un accroissement de 16,2 millions pour la seule année 2017, dont 6 % vivent en Europe.

« Depuis trente ans, le solde migratoire de la France oscille entre 50 000 et 100 000, soit autour de 0,1 % de la population. »

Le constat est clair : l’Europe est bien loin d’être une terre d’accueil pour ces déracinés. 
En revanche, 90 % de ceux qui ont obtenu une protection internationale par un État de l’Union européenne sont arrivés par la Méditerranée, qui est la voie la plus dangereuse du monde. Entre le 1er janvier 2014 et le 2 mai 2016, plus de 8 412 personnes sont mortes en Méditerranée et 208 en Europe. 
Pour terminer cette série de données chiffrées et permettre de prendre du recul, notons que, depuis trente ans, le solde migratoire de la France (différence entre les entrées et les sorties) oscille entre 50 000 et 100 000, soit autour de 0,1 % de la population.

 

Pourquoi en est-on arrivé à ce débat totalement irrationnel ?

Rappelons tout d’abord que Nicolas Sarkozy a eu la main sur la politique migratoire pendant neuf ans, quatre ans en tant que ministre de l’Intérieur, de mai 2002 à mars 2004, puis de juin 2005 à mars 2007, et cinq ans comme président de la République, de 2007 à 2012. Durant ces neuf années, six lois sur l’immigration ont été présentées et votées. À partir de 2005, Sarkozy se présente comme l’homme de la rupture sur la question des politiques migratoires ; il mêle sécurité, intégration et identité nationale avec des arguments avant tout répressifs. Tous ses discours et ses argumentaires sont alors basés sur le méfait du recrutement massif de travailleurs immigrés, sur sa volonté de réduire le regroupement familial et son refus de se soumettre aux « diktats de la pensée unique de gauche », qui prive le peuple de donner son avis objectivement. Pour justifier sa volonté de restreindre les migrations et de « choisir ses migrants », il tente de réécrire l’histoire et de manipuler l’opinion publique. Il veut augmenter l’immigration du travail et réduire le regroupement familial.

En 2010, en pleine crise économique et financière, alors que le chômage augmente, Marine Le Pen profite du vide et de l’absence de réaction de la gauche pour désigner les responsables du chômage : les étrangers. Nous entrons dans une surenchère verbale avec une grande manipulation des chiffres vus précédemment par l’extrême droite mais aussi par la droite (cf. Éric Ciotti au sujet des chiffres du ministère de l’Intérieur de 2018).

« Cette solidarité concrète se heurte à l’absence de solutions politiques et en particulier à l’Europe forteresse qui actuellement préfère construire des murs que des solidarités pour favoriser un accueil digne des migrants. »

François Hollande essaie ensuite de calmer les excès verbaux mais la machine fake news est lancée depuis trop longtemps. Les images de la « Jungle de Calais » et des migrants sur les rochers à la frontière franco-italienne de Menton ont un effet terrible sur l’opinion publique en 2015. Le gouvernement socialiste ne bouge pas d’un pouce pour faire changer les choses et faire preuve de solidarité européenne. à l’apogée de l’arrivée des réfugiés fuyant la guerre en Syrie, le gouvernement de Manuel Valls s’engage à accueillir un peu plus de 19 000 demandeurs d’asile alors que l’Allemagne en accueille plus d’un million.
Le manque de courage politique des gouvernants, l’assimilation constante des questions migratoires et des problèmes de sécurité laissent place à un discours extrémiste, populiste, nationaliste et débouche sur une régression des conditions d’accueil des migrants dans notre pays.

 

Et maintenant que faire ?

Ce tournant de 2015 a aussi montré la capacité de résistance, de révolte et d’organisation de citoyens solidaires, malgré les pressions judiciaires. Des centaines de militants communistes dans toute la France agissent aux côtés des associations pour permettre aux migrants de passage ou aux demandeurs d’asile d’accéder à leurs droits.

C’est cette solidarité concrète qui remet au cœur du débat quelques réalités, numériques mais surtout humaines. Des chemins de migration sont diffusés, expliqués. Aucun chiffre ne peut tenir face à de tels témoignages, en particulier sur la traversée de la Libye ou de la Méditerranée.
Mais il est évident que cette solidarité concrète se heurte à l’absence de solutions politiques et en particulier à l’Europe forteresse qui actuellement préfère construire des murs que des solidarités pour favoriser un accueil digne des migrants.

Après des mois d’audition et de travail auprès des associations, des militants de la solidarité, des universitaires, le Parti communiste français publie une brochure en avril 2018, Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire (voir ci-dessous). Avec cette contribution, le Parti communiste français veut mettre en débat une nouvelle approche des enjeux migratoires, qui s’appuie évidemment sur le droit international et sur des propositions d’accès aux droits, de vie digne, et surtout défend l’indispensable mise en place de voies légales et sécurisées de migration, seule façon effective de démanteler les trafics d’êtres humains.
Il est urgent de réorienter la politique migratoire européenne et de la mettre en conformité avec la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui énonce que « toute personne a le droit de circuler librement, de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État, toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et de revenir dans son pays ».

 

Cécile Dumas est membre du conseil national du PCF. Elle est responsable adjointe du secteur International, chargée des enjeux migratoires.

 

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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 05:18

À propos de « Progressistes »

 

La revue Progressistes est un trimestriel articulant les enjeux du monde du travail, de l’environnement, et les avancées scientifiques et techniques.

Chaque numéro est organisé autour d’un dossier spécifique et des rubriques régulières en lien, plus ou moins distendu, avec l’actualité immédiate.

Nombre de ses articles font appel à des spécialistes dont les préoccupations vont bien au delà des seuls aspects purs de la science, de la technologie ou de la technique qu’on peut habituellement retrouver ailleurs.

Au cours de ce mois d’août notre Blog vous propose quelques articles de « Progressistes » parus entre novembre 2018 et août 2019.

 

ALLONS BIENTÔT MANQUER D'EAU ? (Revue Progressiste)
ALLONS BIENTÔT MANQUER D'EAU ? (Revue Progressiste)
ALLONS BIENTÔT MANQUER D'EAU ? (Revue Progressiste)
ALLONS BIENTÔT MANQUER D'EAU ? (Revue Progressiste)
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10 août 2019 6 10 /08 /août /2019 05:13

 

Le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, Florent Gueguen, dénonce un projet de réforme de l’aide médicale de l’État (AME) stigmatisant pour les étrangers et dangereux pour tous.

Quels sont les projets du gouvernement concernant l’aide médicale de l’État ?

FLORENT GUEGUEN Je viens de rencontrer la directrice adjointe du cabinet d’Agnès Buzyn, ministre de la Santé. L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale des finances (IGF) ont été missionnées pour élaborer un rapport dont on promet qu’il ne correspond pas forcément à la position de la ministre. Mais le ministère de l’Intérieur, au nom d’un supposé « appel d’air », souhaiterait réduire l’offre de soins aux étrangers, et le ministre des Finances pencherait, pour sa part, pour une réforme du financement de l’AME. Les conclusions de ce rapport vont intervenir à la rentrée, au moment de l’ouverture des débats sur l’immigration à l’Assemblée nationale, et au moment de l’élaboration de la loi de finances. En réalité, le projet gouvernemental vise clairement à détricoter l’AME.

 

Quels sont les grands axes étudiés par cette mission d’enquête ?

FLORENT GUEGUEN Ils posent trois hypothèses sur la table. Toutes très inquiétantes. La première correspond à une réduction du panier de soins par rapport aux prestations aujourd’hui remboursées. Elle vise notamment les questions de santé mentale. La prise en charge psychique et/ou psychologique des personnes qui ont effectué un parcours d’exil traumatisant est pourtant cruciale. La remettre en cause serait extrêmement dangereux, notamment pour ceux qui sont obligés de vivre à la rue. La deuxième hypothèse qu’ils énoncent est l’instauration d’un ticket modérateur. Leur logique est simpliste : les étrangers éligibles à l’AME ne cotisent pas à la Sécurité sociale ; il faut donc trouver un moyen de les faire payer. Mais ce sont des publics sans ressources du fait de l’absence de droit au travail en France. Toute intégration d’un ticket modérateur ou de toute autre forme de paiement aura pour conséquence d’éloigner toute une partie de la population du recours aux soins. En 2011, Sarkozy avait mis en place un ticket d’entrée par le biais de timbres fiscaux. Ça avait été un fiasco.

 

Et la troisième hypothèse ?

FLORENT GUEGUEN Ce serait de créer des structures de soins spécialisées pour les étrangers. C’est clairement une manière de les discriminer. Et avec la stratégie actuelle de recensement des étrangers par les structures sociales, cela représente un danger supplémentaire pour les étrangers, qui se retrouveraient de facto stigmatisés et possiblement identifiés, pour ceux qui sont sans titre de séjour, comme personnes en situation irrégulière.

 

De tels projets pourraient impacter tout le système de soins français…

FLORENT GUEGUEN En effet. Nous soutenons, par principe, l’accès au soin universel en France, mais aussi parce que, si on soigne moins bien les étrangers, cela aura un impact sur l’ensemble de la société. Les personnes à la rue peuvent être porteuses de maladies contagieuses, telles que la tuberculose ou la gale, qui doivent être soignées rapidement et sans condition, sinon la maladie pourrait toucher toute la population. Si on réduit le panier de soins aux seuls soins urgents, ça conduira, à terme, à traiter des situations plus difficiles et plus chères pour le système de santé. Les étrangers malades se reporteront, de plus, sur les services d’urgences, et les dépenses seront plus importantes pour les hôpitaux. Est-ce vraiment le moment de charger les urgences, alors qu’elles rencontrent les difficultés qu’on connaît aujourd’hui ?

 

Comment les associations comptent-elles réagir ?

FLORENT GUEGUEN Un certain nombre d’organismes ont déjà fait un courrier au président de la République pour pointer les risques d’une réforme de l’AME en termes de santé publique. On va maintenant saisir les parlementaires et mobiliser l’opinion publique. Les médecins et les organismes publics de soins doivent également se mobiliser. Nous nous battons sur le principe d’un accès égalitaire et universel aux soins. Avec d’autres, nous portons l’idée que l’AME devrait fusionner dans la Sécurité sociale. Ça permettrait d’éviter la stigmatisation des étrangers et de réaliser des économies sur la gestion administrative. Mais ce sont des propositions à rebours des projets du gouvernement.

 

Entretien réalisé par Émilien Urbach

 

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 07:25
Rol-Tanguy. Le tableau de Guy Denning et la stèle en gare de Morlaix au rassemblement d'hommage organisé en gare de Morlaix par le PCF

Rol-Tanguy. Le tableau de Guy Denning et la stèle en gare de Morlaix au rassemblement d'hommage organisé en gare de Morlaix par le PCF

Henri Rol-Tanguy Le combat précurseur de l’Espagne
Jeudi, 8 Août, 2019

Lanceurs d'alerte en 1939 14/29. Figure de la Résistance et de la libération de Paris, le colonel avait engagé la lutte contre le fascisme dans les rangs des Brigades internationales. Pour lui, aider l’Espagne républicaine, c’était combattre le franquisme, soutenu par Hitler et Mussolini.

 

À Barcelone, à la fin des cérémonies organisées en l’honneur du 60e anniversaire de la création des Brigades internationales (BI), le colonel Henri Rol-Tanguy, alors que nous l’interrogions sur son rôle dans la libération de Paris, nous disait : « Vous me rappelez à chaque fois mon action dans la lutte contre les nazis et pour la libération de la capitale. Je vous réponds avec plaisir. Pourtant, sachez que c’est l’Espagne et notre combat précurseur contre le fascisme qui demeurent en première place dans ma mémoire. Nous avions compris avant l’heure que Franco et Hitler préparaient en Espagne la tragédie qui allait suivre. C’est là-bas que j’ai appris à me battre contre le fascisme. »

Henri Tanguy est né à Morlaix le 12 juin 1908. Il s’est installé à Paris en 1923 et deviendra ouvrier métallurgiste hautement qualifié, membre de la CGTU et du Parti communiste. « C’est la menace fasciste révélée en février 1934 qui fait vraiment entrer dans le combat politique, et surtout syndical, ce métallo passionné de vélo et d’une grande curiosité intellectuelle », écrit l’historien Roger Bourderon.

Henri Tanguy est membre de la commission exécutive du Syndicat des travailleurs de la métallurgie, responsable des jeunes et de l’activité dans les entreprises avec Jean-Pierre Timbaud, depuis octobre 1936. Il est plus particulièrement chargé d’animer la campagne de solidarité avec la jeune République espagnole après le putsch fasciste.

Jean Morawski, dans un article publié dans l’Humanité au lendemain de la mort de Rol-Tanguy (le 6 septembre 2002), rappelait qu’« André Marty, élu secrétaire, aux côtés de Dimitrov, lors du VIIIe (et dernier) congrès de l’Internationale communiste réuni à Moscou, du 25 juillet au 21 août 1935, avait été délégué en Espagne, un an plus tard. L’ancien de la mer Noire avait demandé, en février 1937, qu’on lui envoie de jeunes cadres en renfort ». Henri Tanguy fut du nombre.

Il rejoignit Marty à Albacete. Il y exerça les fonctions de commissaire politique de l’arsenal, du parc automobile des BI, puis d’une usine de fabrication de grenades. Puis il fut nommé responsable de la main-d’œuvre étrangère, avec grade de capitaine, dans les usines installées en zone républicaine. En octobre 1937, il est commissaire politique du bataillon d’instruction des volontaires francophones, basé à Villanueva de la Jara. Deux mois plus tard, la situation s’aggravant, il conduisit un millier de volontaires dans le secteur de Barcelone. Puis on le retrouva commissaire politique de la 14e brigade, la « Marseillaise », commandée par Marcel Sagnier, ancien peintre en bâtiment. De juillet à septembre 1938, il participa, à Tortosa et dans la sierra Caballes, à l’offensive sur l’Èbre. De retour en France, après le départ des Brigades, il reprit ses fonctions au Syndicat des métaux et au comité de la région parisienne du PCF. Des années plus tard, il disait : « De février 1937 au 8 mai 1945, j’ai toujours été au combat. J’ai encore, dans le corps, une balle de mitrailleuse qui m’a frappé, le 18 juin 1938, sur le front de l’Èbre. Nous étions 8 000 Français à avoir rejoint les Brigades. Sur 35 000 à 40 000 brigadistes, 15 000 étaient partis de France. 3 000 Français furent tués en Espagne. 3 000 autres anciens brigadistes périrent, par la suite, pendant la Résistance. »

« Rol », son dernier pseudo dans les années de clandestinité (il l’adjoignit à son nom de famille), lui avait été inspiré par l’Espagne : « Rol, c’était un camarade, un ami, originaire d’Épinay. Il commandait, avec le grade de capitaine, le bataillon » Commune de Paris « reconstitué après avoir été décimé. Il est tombé à la sierra Caballes, au cours des derniers combats, en septembre 1938 ». Dévoilant, le 20 octobre 1994, une plaque commémorative de l’épopée des BI, au siège du comité national du PCF, le colonel Henri Rol-Tanguy, élevé au rang de grand-croix de la Légion d’honneur, était de ceux pour qui la résistance au fascisme n’avait pas commencé en 1939, ni en 1940, mais bien en 1936. Aider l’Espagne, c’était combattre le franquisme, soutenu par Hitler et Mussolini. C’était répondre à l’urgence de défendre les valeurs républicaines. C’était un devoir si l’on voulait empêcher l’encerclement militaire de l’Hexagone par des dictatures fascistes : celles du Portugal, de l’Italie, de l’Allemagne et de l’Espagne.

Sur les cartes de l’Amicale des anciens volontaires en Espagne républicaine, le témoin a été passé aux enfants au sein de l’Acer, les Amis des combattants en Espagne républicaine, dont la secrétaire générale n’est autre que la fille de Rol, (Claire Rol-Tanguy), on pouvait lire : « La solidarité internationale que nous avons assurée au peuple espagnol en 1936-1939, au cours de sa lutte héroïque contre l’agression fasciste, s’alliait à notre souci de sauvegarder sur les Pyrénées la sécurité de la France. Notre internationalisme s’allie à l’amour de la patrie dont nous avons fait preuve dans la Résistance. »

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