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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:18
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Parti Communiste Français

Section de Morlaix

2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35

Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr                                                Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/                          

 

 

Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  Les mardis de l’éducation populaire.

 

Ce mardi 10 décembre nous accueillerons Gérard LE PUILL à 18 h dans notre local (2 Petite Rue Callac – Morlaix).

Gérard LE PUILL est journaliste à l’Humanité et essayiste, spécialiste des questions d’environnement, d’agriculture et d’écologie.

Il interviendra sur le thème « Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale? ».

Il est l’auteur de différents ouvrages : 

 

- Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)

 

- Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après

 

- L'écologie peut encore sauver l'économie

 

- Réinventons l'économie dans un monde fini

 

 

Ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous.

 

Mardi de l'éducation populaire suivant:

Maurice Le Moine, journaliste (Monde Diplomatique) sur le Venezuela, la Bolivie, et les destabilisations des Etats-Unis et de l'oligarchie de droite en Amérique Latine: le mardi 14 janvier

 

Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  mardi de l’éducation populaire avec Gérard Le Puill, journaliste à L'Humanité, essayiste: Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale?  :
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Nos derniers mardis de l'éducation populaire:
 
Janvier 2018, le philosophe Jean-Michel Galano sur la philosophie de Karl Marx
 
Mars 2018, Greg Oxley sur la Révolution Française
 
Avril 2018, l’écrivaine Maha Hassan sur la littérature, la révolution et la guerre en Syrie
 
Mai 2018, le journaliste Gérard Le Puill sur l’agriculture et le réchauffement climatique
 
Mai 2018, encore, l’ingénieur Yann Le Pollotec sur la révolution numérique
 
Juillet 2018, Marie-Noëlle Postic et Lucienne Nayet sur l’antisémitisme et son histoire
 
Novembre 2018: l’essayiste, romancier et journaliste Valère Staraselski sur le thème: « Aragon, entre littérature et politique, la liaison délibérée ».
 
Décembre 2018: la sociologue et romancière Anne Guillou, auteur chez Skol Vreizh en 2018 de « Une embuscade dans les Aurès »: La Guerre d’Algérie (1954-1961), blessures intimes.
 
Janvier 2019: Dominique Noguères, vice-présidente de la Ligue des Droits de l'Homme, avocate, sur l'enjeu de la justice et des réformes de la justice
 
Février 2019: conférence de l’historien Pierre Outteryck  sur la belle figure de Martha Desrumaux, résistante, déportée, dirigeante du mouvement ouvrier, communiste et cégétiste, du Nord
 
Mars 2019. Retour de Palestine avec nos trois camarades de l'AFPS, en mission de solidarité au camp de réfugiés de Jalazone: François Rippe, Thierry Seigland, Yann Crenn
 
Avril 2019: Maryam Madjidi, écrivaine prix Goncourt du premier roman, prix étonnants voyageurs 2018, sur "Marx et la poupée" et sa jeunesse de réfugiée iranienne, fille de militants communistes chassés par la dictature islamiste en Iran.
 
Mai 2019: l'historien Jean-Paul Sénéchal sur le Front Populaire dans le Finistère
 
Juin 2019: 1917-1920: Histoire du mouvement ouvrier et révolutionnaire confronté à la guerre, en chansons, avec Roger Héré, Patricia Paulus, Jean-François Vérant. "De la première guerre mondiale à la création du PCF, éléments d'histoire et de contexte". 
 
Juillet 2019: Bérénice Manac'h sur "Le livre de Nella": une jeunesse dans une famille de réfugiés italiens communistes et dans l'URSS de Staline
 
Mardi 15 octobre: un visionnage collectif du film de Gilles Ballastre « Main basse sur l'énergie » suivi par un débat animé par Bernard JASSERAND sur les enjeux du démantelement du service public de l'énergie et de l'énergie en France en général.
 
Mardi 26 novembre: Saskia Hellmund sur les 30 ans de la chute du Mur de Berlin et de la fin de la RDA le 26 novembre
Maurice Le Moine sur le Venezuela le mardi 14 janvier
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:07
 La section du Pays de Morlaix du PCF salue l'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites du président Macron.
La section du Pays de Morlaix du PCF salue l'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites du président Macron.

« Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions» certifiait noir sur blanc M. Macron dans son programme présidentiel. Devenu président, il déclare au contraire : « Il faudra travailler plus longtemps car on vit plus longtemps » Quant au niveau des pensions, dans son nouveau système, la valeur du point ne sera jamais garantie car elle est fixée par décret à partir des aléas des marchés financiers. Dans beaucoup de métiers, cela se traduira par une baisse des pensions de 30 à 40%, qui affectera davantage encore les femmes.

En instaurant une règle d’or budgétaire interdisant le déficit du nouveau système, alors que les dépenses pour les retraites seront plafonnées à 14% des richesses produites, dans un contexte où le vieillissement de la population nécessiterait de hisser l’effort à 17%, le niveau des futures pensions va forcément diminuer. C’est donc bien un départ en retraite différé de plusieurs années et une baisse drastique des pensions qui attendent nos concitoyens, quel que soit leur statut.

Ces mesures s’insèrent dans un dispositif global comprenant les ordonnances contre le code du travail, le démantèlement des services publics, la transformation du CICE en 20 milliards d’exonérations annuelles de cotisations patronales. Elles ont pour objectif fondamental de nourrir les exigences de profit du capitalisme financier. Et les 240 000 milliards de retraites socialisées, plus de 10% du PIB, représentent un immense frein à cette entreprise. La mainmise sur ce magot, avant de s’attaquer à celui de la Sécurité sociale, est une condition essentielle pour donner au capital le pouvoir exclusif sur le financement des besoins humains.

L’instauration d’un système par points a pour vocation fait basculer la philosophie générale d’un système fondé sur la solidarité intergénérationnelle et interprofessionnelle où les actifs contribuent à la retraites des anciens, vers une logique du chacun pour soi, où chacun cotisera pour lui-même sans égard pour la collectivité.
Les communistes mettent toutes leurs forces dans la bataille pour faire retirer cette contre-réforme et construire, sans attendre, une alternative crédible à ces politiques.

Une vraie réforme des retraites, progressiste, solidaire et juste, est possible : retraite à 60 ans à taux plein, soit 75% des revenus d'activité - en incluant les périodes de formation, de chômage, d'implication familiale – avec des départs anticipés à 55 ans tenant compte de la pénibilité du travail, des sujétions de service public, et pas une retraite inférieure au SMIC.

À condition de mettre fin aux exonérations sans condition comme le CICE, de faire cotiser les revenus financiers au même taux que les salaires, d’appliquer l'égalité salariale femmes-hommes.

La section du PCF du pays de Morlaix appelle à porter à nouveau très haut les mobilisations le 10 décembre pour que Macron retire son projet.
 
Nous voulons une autre réforme, progressiste, solidaire et juste.

Soyons très nombreux à nous joindre à la manifestation intersyndicale de ce mardi 10 décembre à 11 h place des Otages à Morlaix
 La section du Pays de Morlaix du PCF salue l'exceptionnel succès de la mobilisation du 5 décembre contre le projet de réforme des retraites du président Macron.
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 16:00
Les paysans et l’opinion publique. À qui profite « l’agribashing » ?
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Par Paul Ariès Politologue et auteur

 
 

Mea culpa. J’expliquais jusqu’à présent que l’« agribashing » était un contre-feu allumé par les défenseurs d’un système agricole industriel aux abois. Je soutiens toujours qu’un certain syndicalisme agricole, qui a accompagné le productivisme, fait de cette notion un cache-sexe masquant sa propre responsabilité, mais j’ai pu constater, ces derniers mois, le développement d’une diabolisation du monde agricole, et pas seulement de l’agriculture intensive. J’ai pu entendre, dans des salons bio, des militants s’en réjouir en expliquant que les exploitants agricoles ne pourront plus désormais polluer sans susciter la colère et des réactions de la part du reste de la population.

J’ai peur que les choses ne soient malheureusement pas aussi simples que le croient certains écologistes. J’ai même peur que l’écologie, lorsque ce n’est pas la faim dans le monde, ne soit instrumentalisée pour imposer, sans le dire, un nouveau modèle alimentaire, encore plus industriel que celui de la révolution verte. L’opinion publique, désinformée, ayant rompu toute attache avec le monde rural, cède aux simplifications. Paysans insultés parce qu’encombrant les chaussées avec leurs engins, paysans mis en cause parce qu’ils pratiquent des épandages et pas nécessairement de produits chimiques, mais de lisiers ou de boue d’épuration, paysans obligés de s’excuser parce que leur moissonneuse-batteuse produit de la poussière, paysans-artisans, producteurs de fromages et de viandes bio, vilipendés et qualifiés d’assassins ! Le gouvernement dit avoir pris la mesure du phénomène puisqu’il souhaite étendre à tout le territoire l’Observatoire contre l’agribasching, expérimenté dans la Drôme, sous l’autorité du préfet du département et du procureur général de Valence.

Certains croient s’en tirer à bon compte en évoquant seulement la méconnaissance crasse de beaucoup d’urbains et de néoruraux (notamment des retraités) au sujet de l’agriculture en général et de l’élevage en particulier, mais les faits autorisent une autre analyse. Demandons-nous, pour ne pas manger idiot, à qui profite l’agribashing, car je ne suis pas certain que ce soit aux consommateurs ni aux paysans, qui vivent déjà d’autres types d’agriculture, agroécologie, agroforesterie, permaculture, agriculture biologique, etc. Ceux qui ont tout à gagner à la confusion actuelle, ce sont ceux qui ont déjà choisi d’utiliser les biotechnologies pour imposer l’agriculture cellulaire.

Ne nous leurrons pas, tout est prêt, la technoscience, les brevets déposés par milliers, les investissements, il ne manque plus que l’acceptation par les mangeurs, en faisant que le phénomène de dégoût ne concerne plus les laboratoires agro-industriels, mais l’agriculture. C’est ainsi que ceux qui pensent s’opposer efficacement au système agricole industriel peuvent, sans le vouloir, voir leur critique récupérée… Combien d’amis écolo ne rêvent-ils pas de fermes urbaines, symbole de la réconciliation des villes et des campagnes, vecteur d’une relocalisation souhaitable, mais ce qui se profile, ce sont des fermes-usines verticales, totalement hors-sol, robotisées, aseptisées. Regardons comment la peur de la radioactivité, après l’accident nucléaire de Fukushima, n’a pas profité à l’agriculture biologique et aux Amap, mais à des firmes, comme Toschiba, qui se sont lancées dans la production végétale dans des usines closes et aseptisées, sous contrôle électronique constant, avec la possibilité de produire des « légumes augmentés », artificiellement, par exemple, en vitamine C. Ces gratte-ciel pseudo-écolo réinventent une agriculture de proximité mais high-tech et non plus paysanne. Ces fermes-usines surfent aussi sur le rejet des pesticides et insecticides car, bénéficiant d’un environnement totalement artificiel, elles n’en ont plus besoin.

C’est ainsi que notre combat nécessaire contre les pesticides pourrait se retourner contre nous et les paysans ! Les maires qui prennent des arrêtés interdisant les pesticides à moins de 150 mètres des habitations et locaux professionnels ont incontestablement raison, s’il s’agit de provoquer l’État à la réflexion et à l’action, y compris en transformant les procès relatifs aux arrêtés municipaux en procès contre les pesticides. Mais qui peut croire qu’instaurer des zones sans pesticide puisse être la solution sur le plan sanitaire, mais également pour changer de système agricole. L’idée même d’établir un cordon sanitaire entre un monde paysan nécessairement « impur » et un monde urbain subitement « pur », entre des activités productrices malsaines et une consommation qui ne demanderait qu’à devenir miraculeusement saine, est particulièrement dangereuse, parce qu’elle alimente, d’un côté, le fantasme d’un agribasching généralisé et, d’un autre côté, la méfiance envers tous les paysans. C’est pourquoi l’alternative n’est pas seulement entre une zone de sécurité de 10 mètres ou de 150 mètres, mais dans une sortie progressive des pesticides chimiques, ce qui suppose de commencer par interdire les substances les plus dangereuses (cancérigènes, mutagènes, reprotoxiques, perturbatrices endocriniennes) et de soutenir les paysans pour qu’ils puissent changer collectivement de pratiques…

Autre exemple de dévoiement de la sensibilité écologique : face aux craintes liées à l’empoisonnement des sols, on vient d’échapper pour sept ans à l’interdiction de la bouillie bordelaise (mélange de cuivre et de soufre), interdiction qui aurait porté un coup fatal aux vins biologiques, mais aussi à de nombreuses autres productions issues de l’agriculture biologique, principalement les pommes de terre ou les pommes…

Au même moment, des start-up se lancent dans la fabrication de faux vins synthétiques (sans raisin). Comment ne pas songer, également, à la campagne savamment orchestrée contre les fromages au lait cru, alors que les dernières études épidémiologiques établissent qu’ils ne sont pas responsables de plus d’accidents que les autres et qu’ils le sont beaucoup moins que les produits laitiers ultratransformés. Pendant ce temps, des firmes développent des substituts de fromage, des fromages sans lactose, sans protéines de lait, notamment pour des pizzas… Qui ne s’inquiéterait pas enfin des méfaits de la pêche industrielle, mais, plutôt que de favoriser une pêche durable, comme la pratique le label Poiscaille, d’autres firmes se lancent dans la fabrication cellulaire de faux fruits de mer et de faux poissons… Méfions-nous que le consommateur lambda ne finisse par associer l’écologie à l’agriculture cellulaire et non pas à la défense des multiples formes d’agriculture paysanne.

Les paysans et l’opinion publique. À qui profite l’agribashing? - Par Paul Auriès, L'Humanité, 6 décembre 2019
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:57
Razmig Keucheyan : « Abolir la civilisation du jetable favoriserait l’égalité »
Vendredi, 6 Décembre, 2019

Dans son dernier essai, les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, le sociologue se penche sur la prolifération, à l’ère du capitalisme néolibéral, de biens matériels dont la consommation est aliénante et la production, néfaste pour l’environnement. Il esquisse une théorie critique en puisant dans l’héritage marxien.

 

« De quoi avons-nous besoin ? » Voilà, dites-vous, la question du siècle. Pourquoi poser l’équation dans ces termes, quand le capitalisme, dans sa configuration néolibérale, se montre incapable de satisfaire les besoins fondamentaux de pans entiers de l’humanité ?

Razmig Keucheyan Avec la crise environnementale, l’une des contradictions principales du capitalisme apparaît au grand jour. D’un côté, des centaines de millions de personnes à travers le monde ne mangent pas à leur faim, autrement dit ce besoin vital n’est pas satisfait. Des besoins vitaux autrefois satisfaits, comme respirer un air non pollué, le sont de surcroît de plus en plus difficilement. D’un autre côté, dans les sociétés les plus riches, la production de biens matériels atteint des niveaux vertigineux. Nombre de ces biens matériels ne répondent à aucun besoin réel. Le capitalisme est un système productiviste et consumériste : il produit toujours davantage de marchandises en moins de temps, en dehors de toute autre considération. Les consommateurs que nous sommes doivent dès lors consommer ces marchandises, afin de laisser la place aux suivantes. Et ainsi de suite à l’infini. Mais ce productivisme et ce consumérisme vont de pair avec un approfondissement des inégalités, à la fois dans et entre pays. Le capitalisme, on le voit, est un système absurde.

Vous distinguez les besoins « radicaux » des besoins « artificiels » suscités et entretenus par le productivisme et le consumérisme capitalistes. Mais vous distinguez encore les besoins légitimes des besoins insoutenables qu’il faudra renoncer à assouvir. Où se situe la frontière ? Quels critères et quelles procédures peuvent déterminer la légitimité d’un besoin ?

Razmig Keucheyan Prenons l’exemple du voyage. Ce n’est pas un besoin vital car on peut vivre sans voyager. Mais voyager est un besoin que beaucoup considèrent aujourd’hui essentiel : cela ouvre l’esprit et permet de faire la rencontre de cultures nouvelles. Les jeunes sont encouragés à voyager, il y a même un programme européen pour cela, le programme Erasmus. Le voyage se démocratise dans la seconde moitié du XXe siècle. En soi, c’est incontestablement un progrès. Mais la massification du voyage a un inconvénient majeur : l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Les avions low cost, notamment, rendent ce moyen de transport accessible à davantage de personnes mais, sur le plan environnemental, ils sont désastreux. Il faut donc à la fois réguler, et par là même permettre l’invention d’autres imaginaires du voyage, des imaginaires qui soient soutenables, tout en restant démocratiques. Il n’est bien sûr pas question d’en revenir à une situation où le voyage serait réservé à une élite. Il faut aussi réorganiser l’économie afin de limiter les voyages professionnels polluants. L’interdiction des vols internes, et leur remplacement par le train partout où cela est possible, serait un début. Tout cela suppose une transformation d’ampleur de nos sociétés, je ne le sous-estime pas. Du fait que notre modèle n’est plus soutenable, cette transformation se fera de toute façon, la seule question est de savoir si elle sera maîtrisée ou chaotique.

Quel levier le système actionne-t-il pour « naturaliser » des besoins dont le fondement est historique et culturel ?

Razmig Keucheyan Vous connaissez la célèbre campagne publicitaire « Marlboro Man » : le cow-boy solitaire sur son cheval qui contemple l’horizon une cigarette à la bouche. Cette campagne a ceci de paradoxal qu’elle ne parle pas du produit lui-même, la cigarette. Elle décrit au consommateur le type de personne qu’il deviendra s’il se met à fumer des Marlboro. Ce procédé publicitaire inventé dans les années 1960 s’est généralisé depuis. Dans les innombrables publicités pour les voitures que l’on nous impose, on parle très peu de la voiture elle-même. On vend l’« aventure » qui ira avec le fait de posséder telle ou telle marque. La publicité met donc en circulation des identités sociales auxquelles les consommateurs aspirent. C’est l’une des voies par lesquelles elle convainc l’individu que l’achat de la marchandise répond à un vrai besoin. Ce lien entre marchandise et identification doit être soumis à critique. Cela, notamment en encadrant strictement la publicité, qui a véritablement colonisé notre vie quotidienne.

Votre livre s’ouvre sur la disparition de la nuit, de l’obscurité que fait reculer la pollution lumineuse. Comment les logiques marchandes ont-elles pu affecter jusqu’aux expériences existentielles, comme la contemplation d’un ciel étoilé ?

Razmig Keucheyan Le marxisme a bien mis en évidence le fait que le capitalisme n’est pas seulement un système économique. Il affecte toutes les dimensions de nos existences, y compris celles en apparence les plus éloignées de l’économie. Pierre Dardot et Christian Laval appellent ainsi « cosmo-capitalisme » la tendance de ce système à influencer jusqu’à notre environnement matériel, le « cosmos ». C’est précisément ce que démontre la pollution lumineuse, une forme de pollution qui fait l’objet d’une prise de conscience croissante de nos jours. L’éclairage artificiel, qui se généralise au XIXe siècle, est à l’origine clairement un progrès. Il permet le développement de la vie nocturne, une temporalité nouvelle de la vie sociale, qui n’existait pas auparavant. Sortir entre amis ou se balader en amoureux la nuit, par exemple, seraient difficilement concevables sans éclairage artificiel. Pensez à tout ce que l’éclairage permet en termes d’enrichissement des sociabilités. Pourtant, passé certains niveaux, la lumière artificielle se transforme en nuisance : elle empêche par exemple la synthèse de la mélatonine, dite « hormone du sommeil », et occasionne ainsi des troubles du sommeil chez nombre de personnes. La prolifération des écrans aggrave encore cette tendance. La pollution lumineuse conduit également à une disparition progressive du ciel étoilé. Les niveaux de luminosité que l’on rencontre dans les pays développés aujourd’hui font que la Voie lactée est de moins en moins visible. Le développement économique effréné que nous connaissons influe donc sur le cosmos lui-même.

Vous ne manifestez aucune hostilité au progrès technique : vous soutenez que des besoins néfastes peuvent devenir soutenables. Par quel procès, à quelles conditions ?

Razmig Keucheyan Les smartphones font aujourd’hui l’objet de nombreuses critiques, et à juste titre. Le rythme de leur renouvellement, à grand renfort de marketing, est très élevé. Ils contiennent en outre des composants dont l’extraction est nocive à la fois pour l’environnement et les populations des régions concernées. En même temps, les smartphones ont donné lieu à des formes de sociabilité nouvelles. Ils permettent par exemple, grâce aux appareils photo qu’ils contiennent, de « documenter » son existence de manière originale, de garder une trace d’instants importants, de les partager avec son entourage instantanément. L’appareil photo le permettait déjà mais le smartphone approfondit cette tendance. Ce n’est pas le smartphone en lui-même qui est nocif, mais la manière dont il est produit et vendu aujourd’hui. Dans le livre, je défends l’idée que, pour être soutenables, nos besoins doivent être universalisables. Quand on délibère sur la satisfaction d’un besoin, à l’échelle individuelle ou collective, il faut toujours se demander si ce besoin pourrait être satisfait pour le plus grand nombre. Par exemple, le niveau de consommation d’un citoyen américain n’est pas universalisable car, si tout le monde consommait autant, la planète serait ravagée en peu de temps. Un besoin universalisable est un besoin tel qu’il pourrait en principe être satisfait pour tout le monde, tout en étant respectueux des écosystèmes.

« De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » : la crise écologique fait-elle disparaître cet horizon désigné par Louis Blanc et repris par Marx dans sa Critique du programme de Gotha ?

Razmig Keucheyan Au contraire, Marx avait parfaitement conscience que le capitalisme suscite en permanence des faux besoins. C’est même l’un des sens du concept d’aliénation chez lui. L’aliénation désigne en effet l’ensemble des besoins artificiels générés par le capitalisme. La critique de l’aliénation à laquelle se livre Marx consiste à s’interroger sur ce que sont les « vrais » besoins. Pour Marx, c’est toujours en dernière instance l’individu qui sait ce que sont ou ne sont pas ses « vrais » besoins. Mais c’est l’individu émancipé du consumérisme capitaliste. Pour que l’individu soit vraiment libre, libre de construire ses besoins comme il l’entend, le capitalisme doit être dépassé. « À chacun selon ses besoins » signifie que, dans le monde d’après le capitalisme, les « vrais » besoins seront la mesure de la richesse, une richesse qui ne sera plus déterminée par la logique du marché mais par des individus enfin libres.

Il faut, dites-vous, étendre l’anticapitalisme aux objets, en luttant pour l’émergence de biens « durables » et même « émancipés » propres à gripper l’infernale accélération de la rotation des marchandises. Quelles seraient les caractéristiques de ces « biens émancipés » ?

Razmig Keucheyan Le marxisme ne s’est jamais beaucoup intéressé aux objets eux-mêmes, alors que son matérialisme lui aurait permis de le faire. J’ai essayé de développer cette piste. L’idée est que les objets doivent être intégrés à la lutte des classes. Le capitalisme produit des objets jetables, afin d’en créer de toujours nouveaux. Les profits des capitalistes dépendent de ce renouvellement constant des marchandises, et donc du raccourcissement de leur durée de vie. Les anticapitalistes, au contraire, doivent lutter en faveur d’un accroissement de la durée de vie des objets, en agissant sur la qualité des matériaux, mais aussi sur la durée de la garantie des biens. Des enquêtes démontrent que plus vous allongez la garantie, plus la personne qui possède l’objet a tendance à le faire réparer plutôt qu’à en acheter un neuf. Plus l’entreprise qui le produit est incitée à mettre sur le marché des biens de qualité, sinon, les frais de réparation deviendraient trop élevés. L’allongement de la durée de la garantie est une mesure simple mais elle permet de lutter contre la rotation rapide des marchandises. Un ensemble d’associations, emmenées par les Amis de la Terre, militent actuellement en faveur de cette mesure.

Pendant la crise grecque, certains revendiquaient l’horizon d’une « vie austère » choisie, contre l’austérité imposée par l’Union européenne. Vous en appelez, vous, à un « communisme du luxe ». N’y a-t-il pas entre ces termes une contradiction irréconciliable ?

Razmig Keucheyan Dans les sociétés capitalistes, les inégalités de classe s’appuient sur des hiérarchies d’objets. Aux classes dominantes les objets robustes, performants, de qualité, bref, ce qu’on appelle le « haut de gamme ». Aux classes populaires les objets jetables, c’est-à-dire le « bas de gamme ». Pierre Bourdieu appelle « distinction » la façon dont les classes dominantes se différencient symboliquement des classes populaires. La distinction s’effectue notamment par les objets : au volant du dernier modèle de voiture le plus cher, on devient « quelqu’un ». Le communisme du luxe est une hypothèse politique : qu’arriverait-il si on imposait par la loi, c’est-à-dire par le rapport de forces, des objets « haut de gamme » pour tous ? Qu’arriverait-il si on abolissait la civilisation du jetable ? Cela aurait d’abord des effets bénéfiques pour l’environnement, car cela ralentirait le rythme de renouvellement des marchandises. Mais cela favoriserait aussi l’égalité, car les inégalités de classe ne pourraient plus s’appuyer sur des différences de qualité des biens. Bien sûr, les inégalités ne seraient pas pour autant abolies. Mais elles perdraient l’une de leurs assises. Tout le propos de mon livre est de dire que la transition écologique est l’occasion de répondre à la question sociale. La lutte des classes et l’écologie, c’est la même chose, en ce sens que toute écologie sérieuse doit placer au cœur de son programme le dépassement du capitalisme.

Razmig Keucheyan

Les Besoins artificiels. Comment sortir du consumérisme, de Razmig Keucheyan. Éditions Zones, 208 pages, 18 euros.
 
Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Abolir la civilisation du jetable favoriserait l’égalité - Le sociologue Razmig Keucheyan s'entretient avec Rosa Moussaoui, L'Humanité, 6 décembre 2019
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:52
Fabien Roussel sur Public Sénat: Il est temps de faire cotiser le capital, pour permettre un départ à la retraite à 60 ans, avec une pension qui ne soit pas inférieur au SMIC.

"En 2008, 30 milliards d’euros versés en dividendes aux actionnaires des entreprises du CAC 40.
51 milliards en 2019 !
Il est temps de faire cotiser le capital, pour permettre un départ à la retraite à 60 ans, avec une pension qui ne soit pas inférieur au SMIC.
Partir à 60 ans ce n’est pas un coût, c’est « du bonheur en barre »."
Fabien Roussel - Public Sénat

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 15:19
Prise de parole de Christophe Boudrot pour la CGT

Prise de parole de Christophe Boudrot pour la CGT

Prise de parole de Antoine Gauchard pour la FSU

Prise de parole de Antoine Gauchard pour la FSU

Prise de parole de Sébastien Ménès pour Solidaires

Prise de parole de Sébastien Ménès pour Solidaires

Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
Reportage photo sur la manif du 5 décembre 2019 pour nos retraites à Morlaix par Jean-Luc Le Calvez
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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 13:10

 

Ce dimanche, à Paris, avant une autre manifestation prévue à 13 heures, des portraits d’Emmanuel Macron tête à l’envers ont été brandis pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à la crise sociale et climatique, alors que se tient la COP 25 à Madrid.

Ce dimanche matin à 10 heures, sur la place du Trocadéro devant la Tour Eiffel, cent manifestants ont brandi autant de portraits d’Emmanuel Macron avec la tête à l’envers pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à la crise sociale et climatique. A 13 heures, un rassemblement suivi d’une manifestation est annoncé à Paris, place Denfert-Rochereau. De son côté , le PCF propose au gouvernement d’investir prioritairement dans le transport ferroviaire et dans l’isolation thermique des logements.

« L’incapacité de la France à prendre ses responsabilités climatiques alors que se tient, à Madrid, la COP 25, et le mouvement en cours révèlent le bilan déplorable du gouvernement en matière de climat et de justice sociale », lit-on dans le texte publié par les porteurs de portraits du président de la République avec la tête en bas. Tandis que cette COP 25 entre dans sa seconde semaine en Espagne, peu d’informations filtrent depuis le 2 décembre sur l’avancement des travaux, à supposer qu’ils avancent. Une marche pour le climat, la paix, la liberté, l’égalité et la fraternité est également organisée ce dimanche, à Paris, par les associations Citoyens pour le climat - Paris et Unis pour le climat. Elle partira de la place Denfert-Rochereau, où le rassemblement était annoncé pour 13 heures.

Tous les voyants sont au rouge concernant le CO2

Affirmant que tous les voyants sont au rouge, les organisateurs de la manifestation parisienne indiquent que, « selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les symptômes et les effets du changement climatique se sont accentués entre 2015 et 2019 : élévation du niveau de la mer, perte de glace et conditions météorologiques extrêmes, notamment. Les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont également grimpé à des niveaux historiques, verrouillant la trajectoire de réchauffement pour plusieurs générations ».

En effet, les émissions depuis plus d’un siècle nous mettent déjà sur une trajectoire de réchauffement durable. Mais, note le texte des organisateurs du rassemblement de ce dimanche, « les experts français du climat ont récemment revu à la hausse leurs projections de réchauffement : jusqu’à + 7°C en 2100, ce qui aura des conséquences désastreuses sur les espèces vivantes et les écosystèmes. De plus, selon un rapport des Nations Unies, la production mondiale d’énergies fossiles pourrait, d’ici 2030, dépasser de 50 % ce qui est le plafond admissible pour tenir l’objectif de + 2°C de réchauffement ». Plus 2°C était l’objectif à ne pas dépasser lors de la Cop 21 à Paris, en décembre 2015.

 

Et en même temps l’Australie continue de brûler

Tôt ce 8 décembre au matin, une dépêche de l’Agence France presse (AFP) en provenance d’Australie indiquait : « A leur réveil, dimanche matin, les habitants de Canberra ont constaté qu’un brouillard toxique lié aux incendies a envahi la capitale. Sydney a récemment connu, durant plusieurs semaines, un tel phénomène. Les autorités ont indiqué que les conditions météorologiques favorables leur ont permis de maîtriser divers incendies avant le retour annoncé pour mardi de vents forts et de températures élevées. Parmi ces feux, un ‘‘méga incendie’’ qui brûle à travers 250 000 hectares, à moins d’une heure de route de Sydney, la plus grande ville australienne, sur laquelle les cendres sont parfois tombées (…). On estime à deux millions le nombre d’hectares qui sont partis en fumée, soit l’équivalent de la superficie de la Suisse », lit-on en conclusion de la dépêche.

Pendant ce temps, à Madrid, ce sont surtout les Organisations non gouvernementales (ONG) qui communiquent. Selon Nicolas Haeringer, de l’ONG 350.org, dont les propos sont rapportés par l’AFP, certains gouvernements « créent de faux dilemmes en faisant croire que des politiques de distribution ambitieuses sont incompatibles avec des politiques climatiques ambitieuses, parce qu’on manque d’argent. Mais ils cherchent à ménager la chèvre et le chou, et surtout la chèvre : les actionnaires des grandes multinationales ». Voilà qui nous ramène à l’actualité sociale en France et au refus des Français de ne disposer que d’une retraite de misère après une vie de travail.

Investissons dans les transports ferroviaires et dans l’isolation thermique

S’agissant des mesures à prendre en France concernant les enjeux climatiques, le PCF, dès le jour de l’ouverture de la Cop 25, appelait le gouvernement français à prendre « des décisions politiques fortes pour enfin prendre la bonne direction, celle de la réduction du rejet de CO2. Nous devons d’abord diminuer le coût écologique exorbitant (en CO2) des transports en investissant dans le développement du ferroviaire (fret et passagers) et la gratuité des transports en commun. Une loi favorisant les circuits courts, une politique industrielle pour relocaliser la production de biens, l’arrêt des importations abusives dans l’agriculture et un plan d’accompagnement des agriculteurs est plus que nécessaire ».

Dans cette déclaration, le PCF propose aussi de « multiplier par 4 le budget de rénovation thermique du logement », tout en relevant qu’il « a été divisé par 2 depuis le début du quinquennat » d’Emmanuel Macron. « Au total, ajoute cette déclaration, c’est cent milliards d’euros supplémentaires que la France doit investir dans la transition énergétique. Quand la BCE (Banque centrale européenne) prête à taux négatifs aux banques, elle doit pouvoir le faire pour financer un tel fonds. Rappelons que 50 % de la pollution sont le fait des 10 % les plus riches ».

Les plus riches sont ceux auxquels Emmanuel Macron ne refuse rien depuis qu’il est président de la République. Alors qu’il faisait supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) dès 2018, il décidait, en même temps, de faire payer les cotisations chômage et maladie des actifs par les retraités via une hausse de 1,7 % de la CSG sur les pensions brutes. Du coup, la maigre augmentation de moins de 1 % de salaire apparaissant sur le bulletin de paie des actifs ne coûtait rien aux patrons, à commencer par ceux du CAC 40. Les mêmes, en cette année 2018, ont augmenté de 12 % en moyenne leur paie de PDG, l’augmentation des dividendes étant aussi favorisée par l’abandon de l’ISF.

 

Mardi 10 décembre (18 h – local PCF Morlaix) :  Les mardis de l’éducation populaire.

 

 

Ce mardi 10 décembre nous accueillerons Gérard LE PUILL à 18 h dans notre local (2 Petite Rue Callac – Morlaix).

Gérard LE PUILL est journaliste à l’Humanité et essayiste, spécialiste des questions d’environnement, d’agriculture et d’é

cologie.

Il interviendra sur le thème « Comment faire face à l’urgence climatique et à l’urgence sociale? ».

Il est l’auteur de différents ouvrages : 

 

Devant l'urgence climatique, bousculons les politiques (éditions du Croquant)

 

Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et après

 

L'écologie peut encore sauver l'économie

 

Réinventons l'économie dans un monde fini

 

 Ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 13:07

 

Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020 -

 Par Le groupe CRCE  / 2 décembre 2019

L’annonce du plan « investir pour l’hôpital » par le Président de la République, à la suite de la très forte mobilisation du personnel hospitalier du 14 novembre, a mis un terme au débat, en première lecture, du Sénat sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020.

L’examen du texte intégrant les mesures du gouvernement pour la santé a été examiné en séance le samedi 30 novembre.

Le Président de la République et la Ministre de la santé, ont fait peu de cas de la représentation nationale. Non seulement, ils ont contraint le Sénat à examiner, en 9 heures, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale dont le budget s’élève à 450 milliards d’euros mais ils ont, de fait, largement limité le droit d’amendement des sénatrices et sénateurs en nouvelle lecture.

Notre groupe n’a pas cédé à la pression de la montre. Il est intervenu sur chacune des dispositions du budget de la Sécurité sociale et en particulier l’amendement 59 sur la traduction financière du plan « Investir dans l’hôpital public ».

Quelle est la réalité de ce plan, prétendument conséquent pour reprendre les propos du Président de la République ? Il s’agit de 200 millions pour les hôpitaux sur les 300 millions d’euros supplémentaires en 2020. Rapportés aux 1 364 hôpitaux publics, cette « largesse gouvernementale » revient à donner seulement 146 000 d’euros supplémentaires par établissement soit l’équivalent de 2 postes d’urgentistes par hôpital.

C’est un véritable enfumage que de prétendre vouloir sauver l’hôpital avec si peu de moyens. Mais cette fois-ci, le sénat a refusé d’entériner des mesures qui ne permettent pas de répondre aux revendications légitimes des personnels en vue d’une amélioration de leurs conditions de travail donc de la qualité des soins.

Notre groupe a voté contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale modifié par la droite sénatoriale, qui, malgré son juste refus d’un ONDAM trop bas, maintient les exonérations de cotisations sociales pour un montant atteignant 66 milliards d’euros, pourtant à l’origine du déséquilibre des comptes de la Sécurité sociale.
Pour notre part, nous serons donc avec les personnels en grève le 17 décembre pour que le gouvernement accepte enfin de revaloriser le budget de la santé à la hauteur des besoins de notre pays, comme le 5 décembre pour combattre la réforme des retraites.

 

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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 19:00
100 ans, le bel âge! Le Parti communiste français se renforce et connaît un regain d'adhésions... notamment dans le Finistère
100 ans, le bel âge! Le Parti communiste français se renforce et connaît un regain d'adhésions... notamment dans le Finistère

Le Parti communiste français se renforce, en particulier dans la fédération du Finistère où, avec 60 nouvelles adhésions cette année 2019 au 8 décembre, et 14 mutations pour notre département (contre 2 départs), nous comptons 72 nouveaux adhérents dans notre fédération cette année (sans compter les adhésions à la JC).

Une dynamique d'adhésion inédite depuis des années (l'année passée avait déjà été bonne de ce point de vue avec 40 nouvelles adhésions), portée par un travail collectif des sections et groupes de travail, mais renforcée par un contexte de montée des luttes et du sentiment de responsabilité personnelle face à l'ampleur des désastres en cours, du besoin de se sentir utile et de construire dans des collectifs fraternels!

Avec 900 adhérents tout juste, le Parti communiste, qui s'appuie aussi sur la fidélité indédéfectible de ses militants plus anciens,  est dans le Finistère très certainement la première force politique en nombre d'adhérents et de militants.

C'est un point d'appui essentiel pour renforcer notre audience et construire les batailles à venir. Merci à tous ces nouveaux adhérents d'avoir fait le choix de l'adhésion dans notre parti, qui compte 100 ans de lutte pour le progrès humain et social, la dignité et le bonheur des travailleurs, la solidarité internationale et la paix. Continuons à travailler nos contacts avec la société, nos sympathisants, pour prouver l'intérêt d'une adhésion au PCF comme point d'appui d'une gauche debout.

100 ans, le bel âge! Le Parti communiste français se renforce et connaît un regain d'adhésions... notamment dans le Finistère
100 ans, le bel âge! Le Parti communiste français se renforce et connaît un regain d'adhésions... notamment dans le Finistère
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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 18:07
Quimper. Distribution du courrier perturbée : le PCF sonne l’alerte (Ouest-France, Ouest-France, 7 décembre )
Quimper. Distribution du courrier perturbée : le PCF sonne l’alerte

Nelly Cloarec, Ouest-France, 7 décembre

« La responsabilité de La Poste est totale. » Les militants communistes de Quimper font référence à la pagaille qui règne dans les boîtes aux lettres depuis fin octobre. Ils lancent l’alerte pour que la société applique ses obligations de service public.

Des paiements qui ne parviennent pas à leurs destinataires, des quotidiens glissés dans la boîte aux lettres trois ou quatre jours après parution, des codes d’accès aux élections professionnelles envoyés fin octobre et reçus le jeudi 5 décembre, bien après la clôture du vote…

La distribution du courrier, perturbée depuis la fin octobre à Quimper (Finistère) ne s’améliore pas. Depuis la réorganisation décidée par la direction de La Poste et mise en œuvre le 28 octobre, les dysfonctionnements se multiplient. Le PCF quimpérois sonne l’alerte ce vendredi 6 décembre 2019 lors d’un point presse. Il s’en explique.

1. « De la Cornouaille à toute la Bretagne »

La réorganisation a débuté en mai dans le Pays Bigouden. Elle a été mise en œuvre à Quimper fin octobre : « L’objectif ensuite, c’est la Cornouaille, le Finistère, la Bretagne », prévient Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCF du pays de Cornouaille. « La direction n’a pas écouté les agents, les organisations syndicales qui l’avaient alertée. Et c’est une catastrophe », souligne-t-elle, affirmant au passage son soutien aux agents. Et martelant : « La responsabilité de La Poste est totale. »

2. « J + 1… On en est loin »

Société par actions depuis 2010, La Poste conserve des obligations de service public, comme celle d’assurer la distribution quotidienne du courrier, 6 jours sur 7, en tout point du territoire. « On en est loin, dénonce Yvonne Rainero qui rappelle que la société (« 800 millions de bénéfices en 2018 ») perçoit, entre autres, une aide de l’État de 100 millions d’euros pour la distribution de la presse.

Ronan Sinquin, membre du PC et militant syndical, observe d’un œil noir « l’alliance capitalistique », en cours, entre La Poste et la Caisse des dépôts et des consignations, synonyme pour lui de « l’abandon total des branches courrier et emploi au profit de tout ce qui rapporte : assurance-vie… »

3. « Un mépris des usagers et du personnel »

Les communistes dénoncent les fermetures de bureaux dans les quartiers, définitives (Le Rouillen à Ergué-Gabéric, rue Saint-Mathieu à Quimper) ou sporadiques : « Un agent qui est en formation, en RTT ou malade n’est pas remplacé. Le bureau est fermé. » Ils compilent les témoignages d’agents en souffrance au travail : « Un facteur qui tri du courrier sur un banc public à Quimper, une factrice qui doit prendre sa voiture personnelle pour livrer du courrier en souffrance à un usager… »

4. « On sonne le tocsin »

Après avoir adressé un courrier au directeur régional resté sans réponse, les militants « sonnent le tocsin » et vont interpeller le préfet, l’Autorité de régulation (l’Arcep), les députés. Ils appellent par ailleurs les maires des communes de Cornouaille « à se faire entendre ».

 
 

 

Yvonne Rainero, secrétaire de la section du PCF du pays de Cornouaille, Jean Guyomarch, ancien postier, Ronan Sinquin, membre du PCF, Chantal Le Coz, sympathisante. | OUEST-FRANCE

Yvonne Rainero, secrétaire de la section du PCF du pays de Cornouaille, Jean Guyomarch, ancien postier, Ronan Sinquin, membre du PCF, Chantal Le Coz, sympathisante. | OUEST-FRANCE

Voir aussi Penhars Info:

http://www.penhars-infos.com/2019/12/la-poste-meprise-les-usagers-et-le-personnel-s-indigne-la-section-du-pcf-de-cornouaille.html

Depuis la mise en place de la réorganisation de la Poste, le 28 octobre, la distribution du courrier à Quimper est devenue complètement anarchique. Le Parti communiste qui dénonce " le mépris " du directeur envers les usagers et les salariés va interpeller le préfet du Finistère pour lui " demander des comptes " sur un service public dont il doit s'assurer de la bonne marche.

 

Elle va interpeller les élus, les députés, sénateurs, conseillers régionaux. Demander aux maires de la région de se faire entendre. " C'est du jamais vu ! Et toute cette pagaille est de la responsabilité  de la Poste qui n'a pas voulu écouter ses salariés " déclare Yvonne Rainero ( secrétaire de la section du pays de Quimper et membre de la direction départementale) . " Les salariés subissent les conséquences de cette situation. Leur professionnalisme n'est pas en cause ".

 

Des témoignages de courriers qui arrivent en retard, des témoignages de salariés en souffrance au travail, elle en reçoit beaucoup depuis que Piero Rainero, conseiller municipal d'opposition à Quimper a rendu publique la lettre qu'il a adressée au directeur de la Poste(voir Penhars Infos) Lettre restée sans réponse.

 

Société par actions

La Poste n'est plus une entreprise publique depuis 2010. Elle est une société par actions mais elle garde des obligations de service public pour lesquelles elle reçoit de l'argent de l’État (autour de 100M€/an) et elle est la plus grande bénéficiaire du CICE. En 2018, la Poste a réalisé 800M€ de bénéfices. 

 

Par contrat avec l’État elle doit assurer la prestation et la continuité du service public, levée et distribution du courrier 6 jours sur 7, distribuer les lettres prioritaires à J+1 ...  Elle ne respecte plus ces obligations.

 

" Par choix politique " affirme Ronan Sinquin , militant syndical. " La poste privilégie ce qui rapporte : la banque, les assurances-vie, tous les produits financiers ...". " C'est l'abandon du service public ". 

Ils souhaitent une réaction citoyenne collective.

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