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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 07:01
Après Parcoursup, des milliers de bacheliers en errance (L'Humanité, Camille Bauer, 21 juillet 2020)
Mardi, 21 Juillet, 2020

Après Parcoursup : ces dizaines de milliers de bacheliers en errance

C’est une hausse sans précédent. Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. Entre la hausse démographique et le taux de réussite exceptionnel au bac cette année, les universités font face à une hausse sans précédent des demandes d’inscription. Et ne peuvent y répondre.

 

Au 17 juillet, date de clôture de la principale phase de Parcoursup, plus de 90 000 jeunes étaient encore en attente d’affectation dans l’enseignement supérieur, soit 34 000 de plus que l’année dernière. La ministre de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, communique, elle, sur les plus de 88 % de bacheliers inscrits et en décompte seulement 9 500 en attente de place. « Le ministère n’assume pas les chiffres. Au lieu de regarder la situation en face pour trouver des solutions, il ne compte que les élèves qui ont fait des recours auprès des commissions rectorales pour parvenir à trouver une place », s’agace Mélanie Luce, présidente de l’Unef. Or, leur nombre est d’autant plus bas que ces recours sont des « procédures administrativement complexes, estime Anne Roger, cosecrétaire générale du Snesup-FSU, principal syndicat du supérieur. En outre, le 20 juillet, il n’y a plus personne dans les rectorats pour orienter les étudiants ».

Aucun budget supplémentaire

Les chiffres vertigineux tiennent du structurel et du conjoncturel. À la hausse démographique des bacheliers - 20 000 cette année -, se sont ajoutés 48 000 bacheliers de plus que d’habitude, en raison du taux de réussite exceptionnel au bac postconfinement. Cette hausse va être d’autant plus complexe à gérer qu’elle va s’accompagner de règles sanitaires qui devront limité le taux d’occupation des salles. « En TD, on est déjà assis par terre, à 40 dans des classes de 30 places. Je ne vois pas comment on va faire pour appliquer les mesures sanitaires dans ces conditions », souligne Mélanie Luce. « Il faudrait louer des locaux, embaucher pour dédoubler les cours. Nous n’y sommes pas », soupire Anne Roger.

Face à cette situation inédite, le ministère n’a pas pris de mesure. Aucun budget supplémentaire n’a été demandé pour trouver des locaux ou augmenter le nombre d’enseignants et de personnels administratifs. Pour l’instant, la seule réponse consiste à accroître la pression sur les universités pour qu’elles ouvrent plus de places. « Celles qui le font doivent pousser les murs et recruter du personnel précaire, pas toujours à la hauteur », s’alarme Anne Roger. Même avant cet afflux, l’université était à la peine pour accueillir les étudiants dans des conditions minimales. Selon le Snesup-FSU, 525 millions d’euros seraient nécessaires pour une simple remise à niveau. Il en faudrait 158 de plus pour faire face à l’afflux de la rentrée à venir. La Conférence des présidents d’université est sur la même longueur d’onde. Le 8 juillet, elle a alerté « sur l’extrême urgence de la situation et la nécessité impérieuse d’un effort de tous ». Elle aussi demande entre 150 et 300 millions d’euros pour la rentrée 2020.

Une sélection accrue

« Il y aura une solution pour chacun », continue pourtant de claironner Frédérique Vidal. « Elle raisonne de manière arithmétique. La question n’est pas de trouver n’importe quelle place, mais de répondre aux projets de vie des étudiants. Ça n’a pas de sens d’orienter en espagnol un gamin qui voulait faire des maths », insiste Anne Roger. C’est pourtant ce qui se passe, car le manque de places se traduit par une sélection accrue, notamment dans les filières les plus demandées : droit, Staps ou formations infirmières, pour lesquelles aucune nouvelle place n’a été créée. Le problème est encore plus fort pour les titulaires de bacs techniques et professionnels. D’un côté, ils se heurtent à un manque de place en BTS et en IUT, de l’autre, en raison de la sélection, ils n’ont aucune chance de voir leurs dossiers acceptés en filières générales. « Alors que la ministre annonce que 95 % des bacheliers généraux ont trouvé une place, on est en train d’éjecter ceux qui viennent des lycées pros et technologiques », explique Mélanie Luce.

« Ce manque de réaction est incompréhensible, sauf à penser qu’on veut favoriser un changement de modèle et rompre avec l’idéal d’une université qui donne une chance à chacun », analyse Anne Roger. Face à la crise, la ministre n’a eu de cesse de chanter les louanges de l’enseignement à distance, qu’elle présente comme une « révolution pédagogique ». « Si on généralise le distanciel, surtout avec les premières années qui n’ont déjà pas eu cours pendant quatre mois, ça va être catastrophique, s’alarme Anne Roger. C’est un moyen d’accroître encore la sélection déjà mise en place. »

Camille Bauer
Pas d’annonce pour l’université

Le président Macron a promis 200 000 formations qualifiantes dans ses annonces pour la jeunesse le 14 Juillet. Mais, pour l’instant, pas un centime n’a été débloqué pour l’université. C’est l’apprentissage et surtout le service civique, avec 100 000 places supplémentaires, qui ont le vent en poupe. Une façon d’accueillir une partie des étudiants restés sur le carreau pour pas cher.

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