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6 juin 2026 6 06 /06 /juin /2026 05:57
L'Union européenne criminalise les exilés - L'Humanité, Tom Demars-Granja, mercredi 3 juin
« Un recul historique pour les droits fondamentaux des personnes exilées » : l’UE donne son feu vert pour enfermer les exilés dans des centres à l’étranger

Les États membres de l’Union européenne, le Parlement et la Commission se sont mis d’accord, lundi 1er juin, sur une loi portée par la droite et l’extrême droite sur les « expulsions des personnes sans papiers ». Le texte autorise la création de centres de détention hors-UE comme la détention des exilés pour une vérification d’identité.

La droite et l’extrême droite européenne jubilent. L’eurodéputé François-Xavier Bellamy, vice-président du Parti populaire européen (PPE), le premier parti du Parlement, parle même de « révolution (de) la politique européenne ». Le projet législatif de l’Union européenne (UE) sur les « expulsions des personnes sans papiers » a été validé, lundi 1er juin, par les États membres, le Parlement et la Commission, lundi 1er juin.

Le compromis, trouvé dans la soirée, devra être voté une dernière fois par le Parlement européen et les États membres dans les prochaines semaines. Si certaines dispositions – « hubs de retour », éloignement vers des pays tiers, soutien de Frontex – commenceront à s’appliquer dès l’entrée en vigueur du texte, le reste des mesures devrait être appliqué d’ici les douze prochains mois. Déjà sécuritaire, raciste et autoritaire, la politique migratoire va donc atteindre un nouveau stade, quitte à mettre en péril les derniers droits fondamentaux des exilés.

« L’arsenal juridique répondant à une idéologie xénophobe est complet »

Lors de la mise en place d’une « position de négociations » par les ministres de l’Intérieur des États membres, le 8 décembre dernier, seule l’Espagne s’était opposée au Conseil de l’UE. Symbole de cette escalade : la permission, pour les États qui le souhaitent, d’installer des centres de détention en dehors de l’Europe, afin d’y renvoyer des déboutés du droit d’asile.

« Le texte marque un recul historique pour les droits fondamentaux des personnes exilées, fustige Mélissa Camara, négociatrice pour le Groupe Verts/ALE sur le texte. Légalisation des centres de retour à l’extérieur de l’Union européenne, feu vert à la détention de personnes mineures, visites domiciliaires inspirées d’ICE (la police de l’immigration aux États-Unis, NDLR) : l’arsenal juridique répondant à une idéologie xénophobe est complet. »

Jusqu’ici, il était impossible de mettre sur pied des centres de retour dans des pays extérieurs à l’UE – hormis en Albanie, via un vide juridique combiné à d’autres bases légales. L’Italie, menée par la première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni, n’a justement pas attendu la mise en application de ce volet du texte sur les « expulsions des personnes sans papiers » pour lancer ses projets avec Tirana, contrariés cependant par des décisions de justice.

Depuis, plusieurs autres pays, comme le Danemark, l’Autriche ou l’Allemagne, ont annoncé être favorables à la création d’« hubs de retour ». La possible installation de centres au Rwanda, en Ouganda ou en Ouzbékistan a ainsi déjà été abordée. Seuls les mineurs non accompagnés sont exclus de ce dispositif.

Porté par l’eurodéputé français François-Xavier Bellamy

« On ne voit pas très bien comment ça marchera », a néanmoins estimé une « source diplomatique » interrogée par l’Agence France-Presse (AFP). Malgré tout, la validation de ce volet sert de symbole pour la droite et l’extrême droite européenne. « L’Europe commence enfin à se donner les moyens d’exécuter ses décisions de retour », a par exemple claironné Fabrice Leggeri, du groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe (Pfe), auprès du Monde.

De fait, la mouture retenue est le fruit d’une coopération entre ces différentes forces. Le texte porté par l’eurodéputé français François-Xavier Bellamy – le fruit d’une coopération entre le PPE, Pfe, les Conservateurs et réformistes européens (ECR) et l’Europe des Nations Souveraines (ESN) – est ressorti gagnant du vote réalisé le 9 mars dernier, en commission LIBE du Parlement européen.

 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 19:00
RSA. Le PCF réagit à la plainte de Maël de Calan contre le secrétaire général de la CGT

Ouest-France, Sarah Humbert, 2 juin 2026 

Dans un communiqué de presse, le PCF (Parti communiste français), s’offusque de la plainte déposée par le président du département du Finistère Maël de Calan, contre un syndicaliste de la CGT.

Dans un communiqué de presse, la fédération du Finistère du PCF (Parti communiste français) « apporte son soutien à Ludovic Morin et l’union départementale CGT du Finistère et dénonce la procédure judiciaire bâillon engagée à travers une plainte en diffamation du président de Département Maël de Calan contre le secrétaire de l’UD CGT du Finistère par rapport à sa défense de la plainte des allocataires du RSA pour des radiations et des contrôles abusifs ».

Dans un communiqué de presse, la fédération du Finistère du PCF (Parti communiste français) « apporte son soutien à Ludovic Morin et l’union départementale CGT du Finistère et dénonce la procédure judiciaire bâillon engagée à travers une plainte en diffamation du président de Département Maël de Calan contre le secrétaire de l’UD CGT du Finistère par rapport à sa défense de la plainte des allocataires du RSA pour des radiations et des contrôles abusifs »

Cette plainte arrive alors que le 15 juin 2026, le président du conseil départemental et le directeur emploi, insertion et logement du Département, sont cités à comparaître par la CGT pour « harcèlement moral institutionnel ». Le syndicat dénonce notamment un harcèlement des bénéficiaires du RSA. Pour le PCF, « vouloir mettre en examen un secrétaire départemental de la CGT est un signal extrêmement grave. […] Nous défendrons sans relâche les libertés syndicales et la liberté d’expression. » Il rappelle que « depuis 2023, plus de 1 000 militants syndicaux ont été poursuivis ou sanctionnés pour leurs engagements en France ».

Les communistes seront aux côtés des syndicalistes le 15 juin à partir de 12 h, devant le tribunal de Brest pour soutenir le combat des syndicalistes « pour dire stop à la traque des précaires ».

Pierre-Yves Cadalen, député LFI de Brest, a lui aussi apporté son soutien au syndicaliste visé. Il explique que ce choix est fait en raison « de l’engagement au quotidien de ce syndicaliste pour défendre les allocataires du RSA. Pour ce qui est du harcèlement moral à l’encontre des allocataires du RSA, la justice est saisie. Elle fera son travail. »

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 18:02
« Le débat démocratique est légitime, la diffamation ne l’est pas » : Maël de Calan engage une procédure pénale contre le secrétaire général de la CGT du Finistère
Le 01 juin 2026 Le Télégramme

Nouvel épisode dans le conflit opposant la CGT à Maël de Calan sur la question du RSA. Ce lundi 1er juin, le président du conseil départemental du Finistère annonce engager « une procédure pénale pour diffamation à l’encontre de Ludovic Morin », secrétaire général de la CGT du Finistère.

Dans un communiqué, transmis à la rédaction du Télégramme ce lundi 1er juin, le conseil départemental du Finistère annonce sa « riposte » dans la polémique sur le RSA : « Depuis de trop nombreuses semaines, le Département du Finistère, ses agents et sa politique d’insertion en faveur des bénéficiaires du RSA font l’objet d’une campagne de désinformation méthodique, nourrie d’attaques personnelles, de propos mensongers et de contre-vérités agités par l’extrême gauche pour imposer son récit des faits. »

« Respectueux de ses missions de service public, le Département n’a jamais exposé publiquement les cas de fraudes mis au jour au cours des contrôles. Le temps des insinuations touche à sa fin. Le temps des faits approche enfin, poursuit le conseil départemental. Le Département attend avec détermination l’audience judiciaire du 15 juin prochain qui permettra de faire toute la transparence sur la situation professionnelle et pécuniaire des plaignants et ainsi, à chacun de mesurer qui du Département ou des demandeurs respecte les règles ou les contourne. La justice sociale, c’est pouvoir soutenir les personnes qui en ont réellement besoin et respectent leurs obligations prévues par la loi. »

Dans ce même communiqué, déplorant des « dérives observées dans le débat public », Maël de Calan annonce engager « une action pénale pour diffamation contre M. Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT, à titre personnel, pour ses propos graves et inacceptables. Le débat démocratique est légitime. La diffamation ne l’est pas. Le Département défendra l’honneur et le travail du service public départemental d’insertion qui permet chaque année à des milliers de Finistériens de retrouver le chemin de l’emploi ».

« Des menaces » selon Kevin Faure

Dans un communiqué, Kevin Faure a réagi, dès ce lundi 1er juin, à cette déclaration. Le chef de file de l’opposition départementale Finistère & Solidaires, s’insurge contre la judiciarisation du débat par Maël de Calan. « Le débat démocratique ne peut pas se réduire à des menaces, ni à des procédures judiciaires », déclare-t-il à quelques jours de l’audience du 15 juin. L’élu socialiste dénonce le rejet systématique de ses propositions de transparence, qu’il s’agisse de la transmission mensuelle des données de radiations, du bilan attendu du médiateur ou d’un pilotage des contrôles confié à l’économie sociale et solidaire. Kevin Faure, qui a essuyé une fin de non-recevoir, persiste : « Demander des chiffres, des bilans et des garanties de neutralité est le rôle normal d’un élu ». L’élu brestois rappelle au passage son soutien aux syndicats et aux allocataires en précarité : « Convaincre par les preuves sera toujours plus solide qu’une communication solitaire et non contrôlable ».

 
Ismaël Dupont, le secrétaire départemental de la fédération PCF du Finistère, voit, quant à lui, dans cette procédure judiciaire « un signal extrêmement grave. Depuis 2023, plus de 1 000 militants syndicaux ont été poursuivis ou sanctionnés pour leurs engagements en France. La judiciarisation du débat social menace le pluralisme et le droit de défendre l’intérêt général ». Les communistes annoncent leur présence, le 15 juin, devant le tribunal de Brest, « pour soutenir le combat des syndicalistes et dire stop à la traque des précaires ».

 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 05:11
Au 54e congrès de la CGT, l’offensive de Sophie Binet contre l’extrême droite et pour la retraite à 60 ans
Au 54e congrès de la CGT, l’offensive de Sophie Binet contre l’extrême droite et pour la retraite à 60 ans

 

Naïm Sakhi 1er juin 2026 

Tours (Indre-et-Loire), envoyé spécial.

Une CGT mobilisée contre l’extrême droite. C’est le message qu’a martelé Sophie Binet, en ouverture du 54e congrès confédéral. « Jamais depuis 1945, l’extrême droite n’a exercé le pouvoir dans autant de pays. Le RN est traité comme un parti comme les autres par le Medef. Les masques tombent ; la vraie idylle cachée de Jordan Bardella, ce n’est pas la princesse des Deux-Siciles mais le patronat », lance la secrétaire générale.

Alors que la confédération tient ses assises à Tours (Indre-et-Loire) jusqu’au 5 juin, la cégétiste a prévenu : « Tandis que l’extrême droite cultive les clivages identitaires, nous rassemblons la classe des travailleurs, quels que soient leurs origines, leur genre ou leur religion. »

Un discours aux accents politiques prononcés, exprimé devant 2 000 congressistes, organisateurs et invités. Parmi lesquels Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), mis en garde par la leader du syndicat : « Quand la gauche fait la même chose que la droite, quand elle ne parle plus du travail et se contente de répondre par des discours moraux et misérabilistes, l’extrême droite met ses pantoufles. »

Retraite à 60 ans

S’agissant des retraites, Sophie Binet, fortement applaudie, a lancé « l’appel de Tours » : « Aucun candidat n’aura les voix de la CGT et des travailleurs sans s’engager à abroger la réforme (de 2023, NDLR) sitôt arrivé à l’Élysée. » Avec les scrutins de 2027 en ligne de mire, la syndicaliste a réclamé le retour de « la retraite à 60 ans, des départs anticipés pour pénibilité dès 55 ans et la prise en compte des années d’études », dans le calcul des années de cotisation.

Face à l’urgence sociale, la responsable syndicale a prévenu Sébastien Lecornu : « Si vous ne voulez pas remplir à votre tour le cimetière des premiers ministres, prenez l’argent là où il est, dans les coffres des milliardaires, des multinationales, et dans les 221 milliards d’aides aux entreprises. »

Sur la structuration de la centrale, la secrétaire générale a précisé les enjeux. « Notre nombre de syndiqués augmente pour la première depuis 2012. Chaque jour, ce sont 130 salariés qui font le choix de la CGT », insiste-t-elle. Pourtant, « nous comptons 100 000 adhérents qui ne sont pas rattachés à un syndicat ». Et d’avancer que « ce congrès doit décider la création de syndicats professionnels de territoires. »

Des luttes intersyndicales

S’agissant des ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam), la cégétiste observe que « depuis 2023, leur nombre a augmenté de 13 % dans la CGT. Ils apprécient notre positionnement contre l’extrême droite ». Cette faiblesse dans la structuration de l’organisation expliquerait en partie qu’elle soit devenue la seconde confédération depuis 2018, derrière la CFDT.

Sophie Binet a également justifié le processus de rassemblement enclenché avec la FSU dans une « maison commune », présentée comme un « cadre de coopération permanent » (lire page ci-contre). Enfin, la cégétiste a défendu la stratégie de l’intersyndicale, avec les syndicats réformistes. « Les grandes luttes et victoires sociales ont toujours été unitaires. La technique du patronat, vous le vivez dans vos boîtes, c’est toujours de diviser pour mieux régner », glisse-t-elle. Ce mardi 2 juin, l’ensemble des secrétaires généraux de confédérations – à l’exception de FO – sont attendus à Tours. Une première, s’agissant de la CFDT, depuis 1999.

 

 

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2 juin 2026 2 02 /06 /juin /2026 05:06
RSA : la CGT dénonce le flicage et le harcèlement des allocataires, le président du Finistère attaque en diffamation (L'Humanité, Marie Toulgoat, 1er juin 2026)
RSA : la CGT dénonce le flicage et le harcèlement des allocataires, le président du Finistère attaque en diffamation

Alors que la CGT du Finistère pointe depuis plusieurs mois de graves irrégularités de contrôles des bénéficiaires du RSA, Maël de Calan, le président du département a porté plainte pour diffamation contre le secrétaire du syndicat départemental, Ludovic Morin.

Marie Toulgoat, L'Humanité, 1er juin 2026 

Une contre-attaque en règle. Ce lundi 1er juin, le président du département divers droite du Finistère Maël de Calan a annoncé par voie de communiqué porter plainte personnellement contre Ludovic Morin, secrétaire général de la CGT Finistère. Le département avait déjà annoncé vouloir saisir la justice contre le syndicat pour le même motif au début du mois de mars. Le syndicaliste aurait tenu des « propos graves et inacceptables », assure l’élu, qui refuse de se « laisser insulter ».

La mobilisation du syndicat contre des contrôles jugés abusifs des allocataires du revenu de solidarité active (RSA) a déclenché l’ire de l’élu départemental. Depuis plusieurs mois, le représentant de la CGT du Finistère a pris en grippe la politique d’allocation de ce minimum social dans le département.

En particulier, de nombreux allocataires ont dénoncé, auprès de la CGT, des contrôles zélés, accélérés depuis 2021, allant jusqu’à conduire à des redressements et des suspensions d’aide. « On a constaté une méthode bien huilée de contrôle qui peut s’apparenter à du harcèlement moral institutionnel », confirme Ludovic Morin.

« Les allocataires ressortent broyés »

« Cela se passe toujours de la même manière : les allocataires reçoivent un premier courrier très intrusif, demandant de fournir tous leurs relevés bancaires. Lorsqu’ils répondent, ils reçoivent un nouveau courrier demandant de justifier toutes les dépenses des trois derniers mois. Une fois que c’est fait, un nouveau courrier demande d’étendre les justifications à l’année passée entière. Puis, enfin, l’administration demande des précisions sur le train de vie, cherche à savoir qui sont les autres personnes inscrites sur le bail, par exemple… Chaque absence de réponse fait courir le risque d’une radiation. Les allocataires ressortent broyés », relate le cégétiste.

Forte d’une centaine de témoignages dont quarante versés au dossier, la CGT a déposé plainte au mois de mars auprès du tribunal de Brest contre le président divers droite du département, Maël de Calan, et son directeur de l’emploi pour « harcèlement par instigation des allocataires ». Depuis cette citation à comparaître, le nombre de cas similaires ne cesse d’augmenter, confortant le syndicat dans l’existence d’une « politique systématique « fondée sur » la répétition structurée de pratiques administratives ayant pour effet une dégradation des conditions de vie » des concernés. L’audience se tiendra le 15 juin.

 

Le président du département, qui réfute ces accusations, insiste de son côté sur la nécessité de son action face aux allocataires du RSA. « Le Département a engagé un plan RSA fondé sur la valeur travail et le respect des règles. La lutte contre la fraude est prévue et encadrée par la loi. Elle est absolument normale et nécessaire », indique un communiqué de la collectivité territoriale.

Maël de Calan se félicite par ailleurs de la chute du nombre d’allocataires au sein de son département, preuve selon lui que des « Finistériens ont retrouvé une situation favorable ». Selon les chiffres de la collectivité, le nombre de bénéficiaires du minima est passé de 18 000 à 13 500 en quatre ans. La preuve, pour Ludovic Morin, secrétaire de la CGT Finistère, d’un « service public de l’exclusion ».

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1 juin 2026 1 01 /06 /juin /2026 18:16
Halte à la criminalisation de l'action syndicale: toute notre solidarité avec Ludovic Morin et la défense des allocataires du RSA du Finistère par la CGT
 
La fédération du Finistère du PCF apporte son soutien à Ludovic Morin et l'union départementale CGT du Finistère et dénonce la procédure judiciaire "bâillon" engagée à travers une plainte en diffamation du président de Département Maël de Calan contre le secrétaire de l'UD CGT du Finistère par rapport à sa défense de la plainte des allocataires du RSA pour des radiations et des contrôles abusifs.

Vouloir mettre en examen un secrétaire départemental de la CGT est un signal extrêmement grave. Nous apportons notre soutien total à Ludovic Morin et tous les syndicalistes attaqués en justice abusivement, nous défendrons sans relâche les libertés syndicales et la liberté d’expression.

Depuis 2023, plus de 1.000 militants syndicaux ont été poursuivis ou sanctionnés pour leurs engagements en France.

La judiciarisation du débat social menace le pluralisme et le droit de défendre l’intérêt général.

Les communistes seront aux cotés des syndicalistes, avec la section de Brest et les militants de la fédération PCF du Finistère, le 15 juin à partir de 12H, devant le tribunal de Brest pour soutenir le combat des syndicalistes pour dire stop à la traque des précaires

Sur le fond de l'affaire, l’examen des données fournies par le Département interpelle.

En 5 ans, 4500 personnes sont sorties du dispositif, 12% d’entre elles, soit 540 personnes l’ont été à la suite de contrôles.

Parmi ces personnes, certaines témoignent de collecte intrusive de données personnelles, traitement humiliant et cynisme.

Au delà des déclarations sur le retour à l’emploi, le respect des règles, se pose la question du positionnement politique du Département, de ses conceptions à l’égard des allocataires.

Nous nous élevons contre ces manières de faire, qui relèvent selon nous d’une forme de brutalité sociale. En tout cas c'est vécu comme ça par les allocataires.

Au niveau national la Défenseuse des Droits ne s’y est pas trompée lorsqu’elle a appelé dans son dernier rapport « au respect des droits fondamentaux des bénéficiaires de prestations »

Un nombre important de nos concitoyens ne font pas valoir leurs droits pour diverses raisons (fracture numérique, isolement, inégalités sociales…) le PCF demande que l'énergie de la politique sociale du département soit d'abord déployée en faveur de ces personnes. 

La part du budget dédiée à l’insertion baisse, le nombre d’allocataires recule plus vite que dans le reste du pays, et ce recul doit plus aux radiations qu’aux sorties vers l’emploi durable. Aucun examen objectif n'est fait d'ailleurs sur le devenir des allocataires du RSA après leur fin de droit.
La perte des droits aux allocations du RSA permet aussi au département de se défausser de ses responsabilités d’accompagnement sur les CCAS, ou des associations solidaires comme les Restos du coeur, le secours populaire ou le secours catholique.
Il nous semble que le département des économies sur le RSA au détriment de la santé psychique et physique des allocataires, au détriment des communes qui viennent pallier ses désengagements. Et que dire de la précarisation accrue liée aux pertes de droit, de la violence psychologique et symbolique que peuvent constituer des contrôles tatillons, des demandes de documents et pièces justificatives difficiles à fournir pour des gens qui sont déjà souvent en situation humainement et socialement délicate.
Cette politique assumée transforme les allocataires du RSA en suspects.

La fédération PCF du Finistère.
Parti Communiste Français du Finistère
Halte à la criminalisation de l'action syndicale: toute notre solidarité avec Ludovic Morin et la défense des allocataires du RSA du Finistère par la CGT
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30 mai 2026 6 30 /05 /mai /2026 06:16
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 mai Rassemblement du PCF devant le siège de Total Energie pour dénoncer les profiteurs de guerre et les 6 milliards de bénéfice réalisés grâce à la spéculation
29 MAI - 
Rassemblement ce midi devant le siège de TotalEnergies à La Défense, à l’initiative du Parti communiste français.
J’étais présent au côté de Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, du député Julien Brugerolles, ainsi que de nombreux militants, militantes et élus locaux.
Aujourd’hui se tient l’assemblée générale des actionnaires, venus comptabiliser leurs dividendes au siège de l’entreprise. Le PCF s’est rassemblé pour dénoncer ce jackpot, alors que les citoyens ont les poches vides et subissent de plein fouet la précarité énergétique.
6 milliards de bénéfices réalisés grâce à la spéculation : quand il y a la guerre, il y a des profiteurs de guerre.
Nos premières pensées vont bien sûr aux populations directement touchées par les guerres partout dans le monde. Nous appelons à la paix.
Avec TotalEnergies, nos intérêts sont clairement opposés : eux, c’est la course aux profits ; nous, c’est le peuple et l’écologie.
À court terme, nous exigeons du gouvernement :
• la baisse et le blocage des prix de l’énergie, comme l’y autorise le Code de commerce ;
• la réduction de la TVA à 5,5 % ;
• une totale transparence sur les marges et la taxation des super-profits.
Alors que des milliards de profits s’envolent chaque année, nous demandons la nationalisation de TotalEnergies, aux côtés d’Engie et d’EDF, afin de créer un grand pôle public de l’énergie : le GEDF, Groupe Énergie de France.
 
Fabien Gay, Sénateur communiste de Seine St Denis
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30 mai 2026 6 30 /05 /mai /2026 05:24
« Par les faits, nous démontrons que la thèse néolibérale est totalement fausse » : la ministre du Travail Yolanda Díaz revendique le succès du modèle social espagnol - L'Humanité magazine, Luis Reygada, 28 mai 2026

Confrontations avec Bruxelles, tensions avec les socialistes, résistance face à Washington… Principale figure de l’aile gauche du gouvernement de coalition, Yolanda Diaz, deuxième vice-présidente du gouvernement espagnol, ministre du Travail et de l’Économie sociale, revient sur les leçons à tirer des succès espagnols face au néolibéralisme. Entretien exclusif avec « l’Humanité magazine ».

Luis Reygada

Avec ses bons résultats macroéconomiques, l’Espagne devient une référence pour la gauche européenne. Votre gouvernement est-il en train de démontrer que la croissance peut aller de pair avec davantage de droits et de progrès sociaux pour les travailleurs et les travailleuses, à contre-courant des politiques promues par l’UE ?

Yolanda Diaz

Ministre du Travail et de l’Économie sociale

Les néolibéraux ont un adage qui dit – depuis plus de trente ans – que si l’on protège trop il ne peut y avoir ni croissance ni efficacité économique. Le succès espagnol, résultat en très grande partie des politiques que nous avons conçues dans ce ministère, démontre que cette affirmation est scientifiquement fausse.

L’échec de la réponse néolibérale de l’Europe face à la crise financière de 2008, avec ses politiques d’austérité, avait déjà constitué une leçon.

Les technocrates de Bruxelles, « les hommes en noir » de la troïka, avec leurs coupes budgétaires brutales, n’ont fait qu’aggraver les problèmes. Il n’y a eu aucune efficacité économique, et les effets sociaux ont été terribles. Ici, c’était la droite – le Parti populaire (PP) – qui dirigeait le pays à cette époque, et le résultat de ses politiques a été plus de déficit public, moins de services publics, un chômage à 27 %…

C’est clairement une autre voie que l’Espagne suit aujourd’hui…

Nous suivons le chemin totalement opposé, qui s’est avéré fructueux, en nous appuyant principalement sur deux leviers. D’une part, l’augmentation du salaire minimal, avec une hausse de 66 %. Et ses résultats actent la défaite du néolibéralisme, car tout le monde – les experts, les banques centrales… – disait qu’avec cette stratégie nous allions détruire des emplois.

Non seulement cela n’a pas été le cas, mais aujourd’hui l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le FMI (Fonds monétaire international) et même la Commission européenne elle-même soulignent justement que le succès espagnol est largement obtenu grâce à l’augmentation du salaire minimal. L’autre pièce maîtresse est notre réforme du travail adoptée en 2022.

Celle-ci va aussi à contre-courant de la « flexibilité » tant louée par les libéraux, et la Commission européenne a été obligée de reconnaître ses mérites ; elle vient d’ailleurs de publier un nouveau rapport élogieux sur la transformation structurelle du marché du travail que nous menons.

Nous avons établi un cadre qui donne plus de stabilité aux travailleurs et travailleuses, plus de pouvoir de négociation, plus de force aux syndicats. De nouvelles règles qui incluent des mécanismes protégeant à la fois l’emploi et le salaire, empêchant leur dévaluation. Le résultat saute aux yeux, avec des chiffres que personne ne peut nier : plus d’emplois, un record de cotisations sociales, une augmentation des recettes fiscales…

Ainsi, par les faits, nous démontrons que la thèse néolibérale est fondamentalement fausse et que c’est en protégeant et en donnant plus de droits aux travailleurs et travailleuses que l’économie croît. Notre succès ne réside pas seulement dans les chiffres, mais dans le fond théorique qui les soutient. Les néolibéraux sont vaincus intellectuellement, il reste maintenant à les vaincre politiquement, démocratiquement.

La leçon, pour les voisins européens, c’est qu’il faut oser aller à l’affrontement avec Bruxelles ?

Absolument. La réforme du travail que j’ai impulsée depuis ce ministère a impliqué un duel avec les technocrates de Bruxelles – qui sont ceux qui orientent réellement les décisions.

Nous avons dû négocier durement. J’ai eu plus de 60 réunions avec eux, ce fut difficile mais à la fin nous avons gagné, et nous avons pu mettre en œuvre une réforme novatrice à bien des égards.

La leçon à tirer est donc que, oui, il faut se battre pour le modèle social que nous voulons, et je m’inquiète de voir le chemin opposé que beaucoup suivent en Europe : régression sociale, dérégulation, austérité… L’Espagne prouve que la voie progressiste peut être une réussite.

Mener à bien cette réforme a aussi impliqué une lutte interne : tout le monde n’y était pas favorable au sein du gouvernement…

Effectivement, ce fut une bataille qui a également impliqué de vives discussions au sein du gouvernement, qui a failli éclater car le Parti socialiste (PSOE) ne voulait pas de cette réforme. Disons les choses clairement : l’Espagne avait déjà connu 52 réformes du travail, toutes menées par le PSOE ou le PP, et toujours dans la même direction.

La seule visant un progrès social et qui s’avère réellement efficace pour résoudre nos problèmes est la nôtre, et je crois que nous pouvons dire, en toute humilité et honnêteté, que les grands changements réalisés récemment dans notre pays, et les succès dont se targue aujourd’hui le président du gouvernement Pedro Sanchez, viennent de Sumar (le parti politique qui représente la gauche du gouvernement – NDLR).

En ce moment même, nous avons une grande discussion au sein du gouvernement concernant un des principaux problèmes auquel l’Espagne fait face : celui du logement. De notre côté, nous considérons que l’État a l’obligation d’intervenir sur les prix des loyers, en considérant le logement comme un droit fondamental.

Malgré toutes ces tensions internes, quelle a été la recette du succès pour maintenir ce gouvernement de coalition ?

Nous gardons les idées claires sur ce que nous voulons faire. Pour ma part, je viens au gouvernement pour représenter les travailleurs et les travailleuses de mon pays, et je suis très fière d’être la première ministre à descendre dans la rue pour manifester chaque 1er-Mai.

C’est aussi la première fois que nous avons un ministère du Travail qui n’est pas sous la tutelle du ministère de l’Économie. Ma mission est limpide. Partant de là, il n’y a pas d’autre voie que de négocier…

Avec les partenaires sociaux, avec les autres membres de la coalition, avec le patronat… C’est très dur mais nécessaire, et notre détermination est totale car nous sommes animés par l’objectif de faire avancer les droits sociaux de la population.

Il est clair que ce gouvernement, et particulièrement son aile gauche, s’efforce de faire des droits sociaux les piliers de ses politiques, et que ses résultats sont probants. Cependant, nous constatons que la droite et l’extrême droite continuent de se renforcer en Espagne, malgré le fait qu’elles ont un agenda antisocial. Comment l’expliquer ?

Comme je le mentionnais antérieurement, le néolibéralisme est intellectuellement vaincu, mais le défi, désormais, pour nous les gens de gauche, est de vaincre ses représentants dans les urnes. C’est un sujet très complexe. L’extrême droite, ici et ailleurs, a su profiter politiquement du mal-être social existant, en le canalisant à travers une lecture simplifiée – et manipulatrice – de la réalité.

D’un point de vue global, nos sociétés se trouvent dans un moment non seulement terrible à cause des guerres, mais aussi marqué par une grande incertitude. Nous vivons un changement d’époque avec de profonds bouleversements technologiques, climatiques… Quand on interroge les Espagnols sur les réformes menées par ce ministère, nous constatons que nos mesures sont très positivement évaluées, par tous les électeurs, de manière transversale.

Alors, comment est-il possible que des personnes – des jeunes, des migrants, des travailleurs – qui sont agressées par les politiques défendues par les extrêmes droites puissent voter pour elles ? Il y a là un grand défi pour les gauches, mais il m’apparaît clair qu’en tant qu’acteurs politiques nous devons transformer les politiques publiques en actions avec des résultats qui améliorent concrètement la vie des citoyens, en réfutant par les faits les discours manipulateurs des droites.

Vous mentionnez le contexte international. Votre gouvernement et vous-même directement avez adopté une position ferme face au président des États-Unis. L’Espagne est-elle en train de montrer au reste de l’Europe qu’il est possible de dire non à Washington ?

Dire non à Washington est non seulement possible, mais aussi impératif, et cela relève d’un impératif démocratique majeur. Nous ne sommes pas les vassaux de Trump, et personne sur ce continent ne devrait accepter la façon dont la Commission européenne s’est conduite.

Le comportement de soumission qu’a adoptée Mme von der Leyen face au président des États-Unis devrait être inacceptable pour l’Union européenne.

Nous sommes un poumon, un espace politique, économique et social de première importance dans le monde. Pour notre part, nous n’acceptons aucune attitude de vassal.

Il est impossible de ne pas parler de la Palestine. Votre gouvernement a adopté des positions particulièrement courageuses face à Israël, se distinguant une fois de plus au niveau européen… Qu’est-ce qui vous pousse à agir de la sorte, presque en solitaire ?

N’oublions pas que nous – Sumar – avions incorporé la question de la reconnaissance de l’État palestinien, après d’intenses négociations avec le PSOE, dans les discussions qui ont permis l’accord de gouvernement de juillet 2023, c’est-à-dire avant la guerre criminelle débutée en octobre de cette année-là.

Partant de là, nous avons continué à gagner du terrain. La première étape a été de reconnaître que nous étions face à un génocide. La deuxième a été de nous joindre à la plainte déposée par l’Afrique du Sud devant la Cour pénale internationale.

Nos voisins auraient-ils oublié que Benyamin Netanyahou fait l’objet d’un mandat d’arrêt international ? La semaine dernière, nous avons de nouveau reçu la rapporteuse des Nations unies, Francesca Albanese, et nous étions d’accord sur le fait qu’il ne pouvait exister, au niveau international et lorsqu’on parle de sanctions, de deux poids deux mesures.

Nous devons rompre radicalement les relations commerciales avec Israël. D’ailleurs, depuis le ministère des Droits sociaux et de la Consommation que dirige Pablo Bustinduy, nous faisons pression et nous sanctionnons les entreprises espagnoles qui commercent avec Israël, car ce pays viole le droit international.

Pedro Sanchez promeut l’annulation de l’accord commercial entre Israël et l’Union européenne…

Évidemment, et s’il n’y parvient pas, nous le pousserons à prendre des mesures unilatérales. Nous continuerons à pousser les socialistes et le président à être à l’avant-garde sur le dossier palestinien. Il n’y a d’ailleurs rien de révolutionnaire dans ce que nous faisons : nous défendons simplement la légalité internationale.

L’histoire nous jugera tous. Le peuple palestinien se fait massacrer, des enfants continuent de mourir chaque jour, les fonctionnaires de l’ONU sont maltraités. Israël commet ce que nous n’aurions jamais imaginé voir au XXIe siècle. Face à cela nous aimerions faire encore beaucoup plus. Mais la véritable question devrait être : pourquoi les autres n’agissent-ils pas ?

 

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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 05:30
Les Communistes du Relecq-Kerhuon organiseront leur prochaine vente solidaire de fruits et légumes le samedi 6 juin de 10h à 12h dans la rue Fleming.
Les Communistes du Relecq-Kerhuon organiseront leur prochaine vente solidaire de fruits et légumes le samedi 6 juin de 10h à 12h dans la rue Fleming.
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Vous y trouverez des pommes de terre, des tomates, des oignons rosés, des échalotes, des courgettes, des carottes, des radis, des salades, du persil, des œufs, des fraises. Des produits de qualité à des prix abordables.
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29 mai 2026 5 29 /05 /mai /2026 05:22
Elsa Faucillon: Les accords du Touquet sont un échec - L'Humanité, 27 mai 2026
Elsa Faucillon: Les accords du Touquet sont un échec - L'Humanité, 27 mai 2026

A lire dans l'Humanité d'aujourd'hui, l'interview d'Elsa Faucillon, rapporteuse de la commission d'enquête qui vient mettre en lumière l'inhumanité et l'inefficacité des politiques menées pour empêcher à toute force le passage des migrants qui cherchent à traverser la Manche.

Accords du Touquet : « Les morts dans la Manche et le respect des droits humains ont-ils fait partie de l’évaluation des politiques ? »

Rapporteuse de la commission d’enquête sur les accords du Touquet, la députée PCF Elsa Faucillon revient sur vingt-cinq ans de sécurisation de la frontière franco-britannique. Elle auditionne, ce jeudi, les anciens ministres de l’Intérieur Gérald Darmanin et Bruno Retailleau.

Pierre Cazemajor , L'Humanité, 27 mai 2026

Qu’attendez-vous des auditions de Gérald Darmanin et Bruno Retailleau ?

D’abord des clarifications sur les bases légales des pratiques mises en œuvre sur le littoral : les démantèlements, la crevaison d’embarcations, les nouvelles méthodes d’interception des « taxi-boats », ou encore les accords récents de réadmission sur le territoire français.

Je veux aussi leur demander comment ils évaluent une doctrine dont ils ont été de fervents artisans, alors que nos travaux montrent déjà qu’elle constitue à la fois un drame humain et un échec au regard de ses objectifs. Ils doivent aussi des réponses aux familles endeuillées : les morts dans la Manche et le respect des droits humains ont-ils véritablement fait partie de l’évaluation des politiques qu’ils ont conduites ?

Pourquoi avoir voulu cette commission d’enquête sur les accords du Touquet ?

Cette commission, nous la devons d’abord aux plus de 500 personnes mortes dans la Manche. Ces disparus ne font pas les gros titres, pas plus que les conditions de vie absolument dramatiques des personnes exilées sur le littoral. Depuis le démantèlement de la jungle de Calais, la dispersion des campements a aussi produit une forme d’invisibilisation. Il fallait redonner de la visibilité à ces personnes et, par là même, une forme de réhumanisation.

 

Il y a également un enjeu de contrôle démocratique. Les accords du Touquet, puis les actes qui ont suivi – décrets, circulaires, accords successifs – ont largement échappé au contrôle du Parlement. L’opacité demeure sur les moyens financiers déployés par l’État, mais aussi sur la ventilation des fonds britanniques.

Quels premiers enseignements tirez-vous des auditions menées jusqu’ici ?

Vingt-cinq années de politiques destinées à empêcher les passages n’y ont pas mis fin. Les tentatives ont continué d’augmenter. Au regard des objectifs affichés, il est difficile de ne pas parler d’échec.

Les personnes qui arrivent sur le littoral nord sont souvent au bout d’un parcours de plusieurs mois, parfois de plusieurs années. Certaines sont passées par les geôles libyennes et arrivent à 30 kilomètres des côtes britanniques. Ce n’est pas le harcèlement des contrôles qui les fera renoncer.

En revanche, la militarisation rend le passage plus dangereux : les départs ont lieu plus loin, les traversées sont plus longues, les embarcations plus chargées. Les empêchements ne suppriment pas les passages. Ils poussent les réseaux de passeurs à s’adapter.

Les pouvoirs publics justifient pourtant cette sécurisation par la lutte contre les passeurs…

Les passeurs exploitent évidemment la détresse humaine. Mais les politiques menées créent aussi les conditions dans lesquelles cette exploitation prospère. On nous explique que le « zéro point de fixation » permettrait d’éviter que les exilés tombent sous leur emprise. Or la dispersion, l’absence de protection des droits et les entraves au passage renforcent des réseaux criminels de plus en plus structurés.

On entend aussi régulièrement parler d’« appel d’air ». Mais lorsque je demande sur quoi repose cette notion, les réponses sont souvent inexistantes. Les travaux universitaires montrent que les obstacles dressés sur les routes migratoires ne mettent pas fin aux migrations : ils les déplacent et les rendent plus dangereuses. Ces travaux devraient aider à construire les politiques publiques ; ils sont largement ignorés.

Qu’induit le fait que la frontière britannique soit contrôlée côté français ?

Le Royaume-Uni finance une partie de la sécurisation du littoral français. Lors des dernières discussions autour des accords de Sandhurst, les Britanniques ont même envisagé de conditionner les fonds à un seuil d’interceptions par la police française. Cela revient à demander à la France de travailler à la tâche, comme sous-traitante de la politique migratoire britannique, en considérant les personnes exilées comme des colis à intercepter.

Sur le littoral, les conséquences sont visibles : des barbelés, des murs, des rochers, une présence policière permanente ; et, au milieu, des personnes qui manquent de tout. Heureusement que les associations non mandatées sont là pour assurer un minimum vital. À Calais, une crise humanitaire se déroule sur notre propre sol.

 

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