Tours (Indre-et-Loire), envoyé spécial.
Une CGT mobilisée contre l’extrême droite. C’est le message qu’a martelé Sophie Binet, en ouverture du 54e congrès confédéral. « Jamais depuis 1945, l’extrême droite n’a exercé le pouvoir dans autant de pays. Le RN est traité comme un parti comme les autres par le Medef. Les masques tombent ; la vraie idylle cachée de Jordan Bardella, ce n’est pas la princesse des Deux-Siciles mais le patronat », lance la secrétaire générale.
Alors que la confédération tient ses assises à Tours (Indre-et-Loire) jusqu’au 5 juin, la cégétiste a prévenu : « Tandis que l’extrême droite cultive les clivages identitaires, nous rassemblons la classe des travailleurs, quels que soient leurs origines, leur genre ou leur religion. »
Un discours aux accents politiques prononcés, exprimé devant 2 000 congressistes, organisateurs et invités. Parmi lesquels Fabien Roussel (PCF), Manuel Bompard (LFI) et Olivier Faure (PS), mis en garde par la leader du syndicat : « Quand la gauche fait la même chose que la droite, quand elle ne parle plus du travail et se contente de répondre par des discours moraux et misérabilistes, l’extrême droite met ses pantoufles. »
Retraite à 60 ans
S’agissant des retraites, Sophie Binet, fortement applaudie, a lancé « l’appel de Tours » : « Aucun candidat n’aura les voix de la CGT et des travailleurs sans s’engager à abroger la réforme (de 2023, NDLR) sitôt arrivé à l’Élysée. » Avec les scrutins de 2027 en ligne de mire, la syndicaliste a réclamé le retour de « la retraite à 60 ans, des départs anticipés pour pénibilité dès 55 ans et la prise en compte des années d’études », dans le calcul des années de cotisation.
Face à l’urgence sociale, la responsable syndicale a prévenu Sébastien Lecornu : « Si vous ne voulez pas remplir à votre tour le cimetière des premiers ministres, prenez l’argent là où il est, dans les coffres des milliardaires, des multinationales, et dans les 221 milliards d’aides aux entreprises. »
Sur la structuration de la centrale, la secrétaire générale a précisé les enjeux. « Notre nombre de syndiqués augmente pour la première depuis 2012. Chaque jour, ce sont 130 salariés qui font le choix de la CGT », insiste-t-elle. Pourtant, « nous comptons 100 000 adhérents qui ne sont pas rattachés à un syndicat ». Et d’avancer que « ce congrès doit décider la création de syndicats professionnels de territoires. »
Des luttes intersyndicales
S’agissant des ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam), la cégétiste observe que « depuis 2023, leur nombre a augmenté de 13 % dans la CGT. Ils apprécient notre positionnement contre l’extrême droite ». Cette faiblesse dans la structuration de l’organisation expliquerait en partie qu’elle soit devenue la seconde confédération depuis 2018, derrière la CFDT.
Sophie Binet a également justifié le processus de rassemblement enclenché avec la FSU dans une « maison commune », présentée comme un « cadre de coopération permanent » (lire page ci-contre). Enfin, la cégétiste a défendu la stratégie de l’intersyndicale, avec les syndicats réformistes. « Les grandes luttes et victoires sociales ont toujours été unitaires. La technique du patronat, vous le vivez dans vos boîtes, c’est toujours de diviser pour mieux régner », glisse-t-elle. Ce mardi 2 juin, l’ensemble des secrétaires généraux de confédérations – à l’exception de FO – sont attendus à Tours. Une première, s’agissant de la CFDT, depuis 1999.
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