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17 août 2025 7 17 /08 /août /2025 07:39
Photo université d'été du PCF 2024 à Montpellier

Photo université d'été du PCF 2024 à Montpellier

Photo université d'été du PCF 2024 à Montpellier

Photo université d'été du PCF 2024 à Montpellier

Photo université d'été du PCF 2024 à Montpellier - Discours de clôture de Gladys Grelaud, membre du Comité exécutif national du PCF et Conseillère régionale de Bretagne

Photo université d'été du PCF 2024 à Montpellier - Discours de clôture de Gladys Grelaud, membre du Comité exécutif national du PCF et Conseillère régionale de Bretagne

Les 22, 23, 24 août aura lieu l’Université d’été du PCF à Montpellier.

Entre le Campus des Elus, au même endroit, et l’université d’été du PCF c’est 12 camarades du PCF Finistère qui ont décidé d’y participer cette année avec le soutien de la fédération, 

Erwan Rivoalan, Yann Foucher, Enzo De Gregorio, Taran Marec, Paul Mongault, Camille Pager-Latger, Lucienne Nayet, Marie-France Monery, Claude Bellec, Jeannine Daniel, et pour le Campus des élus et les formations organisées par le Cidefe avec les élu.e.s communistes Gladys Grelaud et Ismaël Dupont

L’université d’été du PCF aura lieu du vendredi 22 août (13h) au dimanche 24 août (13h).

Université d'été 2025 du PCF à Montpellier du 22 au 24 août: 12 camarades du PCF Finistère y participeront. Un record!
Université d'été 2025 du PCF à Montpellier du 22 au 24 août: 12 camarades du PCF Finistère y participeront. Un record!
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17 août 2025 7 17 /08 /août /2025 07:02
Alger, vers 1936. Lucien Hanoun entouré de sa soeur Armide et de son frère Ulysse. Source Article de Pierre Jean Le Foll-Luciani

Alger, vers 1936. Lucien Hanoun entouré de sa soeur Armide et de son frère Ulysse. Source Article de Pierre Jean Le Foll-Luciani

Lucien Hanoun est né le 19 septembre 1914 à Ouled Rhiou en Oranie (à Inkerman selon le JO de la République Algérienne du 9 août 1963. 

Le père de Lucien Hanoun, Désiré Nessim Hanoun, parti au front dans son uniforme de Zouave dès le déclenchement du conflit mondial, est mort à la guerre en 1915 en Serbie où il combattait dans l’armée française. C’est-à-dire par une mort : celle de son père, .

Pupille de la nation, le jeune garçon va pouvoir poursuivre des études, formé à l’école républicaine française. Les grands parents et parents, Juifs d’Oranie, parlaient arabe à la maison. Laïc anticlérical, le second mari de sa mère le libère de toute marque religieuse et confirme son attachement aux philosophes du XVIIIe siècle et au progressisme des Lumières. Mais L. Hanoun ne pratique plus l’arabe. Il va au lycée d’Alger puis en khâgne au lycée Lakanal à Sceaux près de Paris. Il devient professeur de français. Après avoir fait partie des étudiants socialistes qu’il quitte au moment de la guerre d’Espagne, il adhère au PCF en 1938.

Il est mobilisé en 1939 à Alger. Au sortir de l’armée en 1940, il est nommé à Sidi-Bel-Abbès, avant d’être exclu de l’Éducation nationale par application des lois raciales de Vichy ; son frère et ses sœurs sont chassés du lycée français.

Pierre-Jean Le Foll Luciani précise dans son article sur Lucien Hanoun: 

"Âgé de 26 ans en 1940, Lucien Hanoun n’est alors juif que par son ascendance et par assignation. Ni la pratique religieuse, ni la langue arabe, deux éléments fondamentaux dans la judéité de ses parents, ne lui ont en effet été transmis ; mais dès son plus jeune âge, il a assisté à des manifestations d’antisémitisme de la part d’Européens, et s’est imaginé un jour sortir un revolver pour venger la dignité d’un cousin traité de « sale juif » par un fils de colon sur un terrain de football de Oued Rhiou. Avec le régime de Vichy, l’assignation se durcit : déchu de la citoyenneté française et désormais considéré comme un « indigène israélite », il est révoqué de l’enseignement le 18 décembre 1940 – un jour dont il rappellera la date exacte dans un courrier au préfet d’Alger après son internement au camp de Lodi en 1956. En 1941, avec d’autres enseignants juifs révoqués, il rejoint le lycée Maïmonide, mis en place pour accueillir les enfants juifs exclus des écoles. Il s’y trouve en contact avec des jeunes bouleversés par les discriminations,  dont certains, à l’image de Daniel Timsit, entament une précoce politisation. Chargé par le Parti communiste algérien (PCA) clandestin de diriger les Jeunesses communistes d’Alger, Lucien chapeaute un réseau de quelques dizaines de jeunes garçons et filles, parmi lesquels son demi-frère Ulysse et sa demi-sœur Armide, déjà visée à l’âge de 15 ans par une perquisition au domicile parental. Malgré le débarquement anglo-américain du 8 novembre 1942 à Alger – de l’imminence duquel Lucien a été informé par des collègues impliqués dans sa préparation –, les discriminations raciales continuent. Mobilisé dans les unités de pionniers israélites, au sein desquelles les juifs sont privés d’armes et astreints à des tâches subalternes, il est encadré par des officiers français racistes et fascisants ; après la dissolution des unités de pionniers, et malgré sa volonté de participer au combat armé, il est comme beaucoup de juifs tenu à l’écart des unités combattantes lors des campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne."

Clandestinement à Alger, Lucien assure des cours au collège d’enseignement organisé par des familles juives.

En 1944, il est rappelé dans l’armée française d’Afrique du Nord ; il fait la campagne de France dans l’intendance.

Démobilisé en août 1945, il enseigne successivement à Sidi-Bel-Abbès, Boufarik, puis Alger.

Communiste et militant du Mouvement de la paix, il devient, en 1952, secrétaire de la cellule de la Casbah.

Pierre-Jean Le Foll Luciani raconte: 

"Le cœur de sa vie militante débute alors, et après des années de focalisation antifasciste, elle se centre désormais sur la question coloniale. Secrétaire de la section du PCA de la Casbah, il devient un personnage familier pour les habitants du quartier. Car Lucien est un militant de terrain, ancré dans son quartier et à l’écoute de ses résidents. Dans une Casbah profondément nationaliste et où les communistes se heurtent parfois à une certaine hostilité, la tâche n’est pas évidente, d’autant plus que les communistes « musulmans » sont peu nombreux à y militer ouvertement. Mais Lucien Hanoun s’accroche. I

ll parcourt les petites placettes et les ruelles pour y vendre Liberté et El Djazaïr El Jadida à la criée, s’essayant à quelques slogans en arabe avec un accent dont son camarade Tayeb Bouhraoua affirmait 60 ans plus tard avec amusement qu’il plaisait beaucoup dans la Casbah.

Il assure des meetings improvisés bilingues avec son camarade Mahmoud Latrèche, qu’il porte parfois sur ses épaules à l’entrée des cafés maures. Il fait cotiser pour le parti des petits commerçants musulmans et juifs de la rue de la Lyre, et anime devant des centaines d’Algériens des projections de films en arabe dans les cinémas du quartier. Il est régulièrement gardé à vue par la police pour ses activités de propagande, comme pour ce tract rendant hommage en mars 1950 aux « dockers d’Algérie [qui] montrent à tous les Algériens le chemin de la lutte pour la Libération Nationale » en refusant de charger du matériel militaire à destination de l’Indochine en guerre. Et il observe les déboires des résidents algériens depuis sa fenêtre ou l’entrée de son immeuble, se tenant prêt à intervenir contre l’expulsion de locataires ou l’arrestation de militants.

À l’été 1954, il va à la rencontre de femmes algériennes qui se voient refuser l’inscription de leurs enfants dans l’école du boulevard, où il fut lui-même scolarisé dans les années 1920, et les aide à s’organiser en comité pour porter leurs revendications auprès des autorités."

Il est sanctionné par l’administration académique, pour son action à vouloir élargir la scolarisation des enfants algériens. Le PCA recrute peu cependant parmi les Algériens de la Casbah, aussi les réunions de cellule se tiennent en dehors. À son sens, les communistes qui se veulent Algériens, le sont un peu par procuration ; il espère néanmoins dans une Algérie algérienne progressiste.

Au printemps 1955, par l’intermédiaire d’André Moine, le PCA et le PCF s’accordent à lancer en Algérie un journal pour les soldats français du contingent.

Ils font appel à Alfred Gerson (de son vrai nom Sepcelevitius) qui, à Paris, est chargé du journal édité par le PCF, Soldat de France.

Parce que Lucien Hanoun s’est fait remarquer en tant que responsable de la diffusion de Liberté, l’hebdomadaire du PCA, il est adjoint à Alfred Gerson, pour être le rédacteur de la feuille périodique La Voix du soldat qui répond en petit à la propagande militaire du journal Le Bled (fabriqué dans les anciens locaux occupés d’Alger Républicain).

Alors que le propos est de s’adresser aux soldats de France (« fils du Peuple de France ») pour les faire adhérer à la campagne communiste pour la paix en Algérie et donc la fin de leur service, Lucien Hanoun a fort à faire pour glisser des informations sur la société et la résistance algérienne, bien qu’il soit l’unique rédacteur.

Dix-sept numéros paraissent de septembre 1955 à novembre 1956 ; la publication prend fin quand il est arrêté.

On peut lire dans le Deuxième Tome de La Guerre d'Algérie, sous la direction d'Henri Alleg (Des promesses de paix à la guerre ouverte, Temps actuels, 1981)

"En 1955 - après des contacts avec le Parti communiste français, fort notamment de son expérience de la guerre d'Indochine et du travail politique dans l'armée - le Parti communiste algérien a la préoccupation de contacter les jeunes militaires qui, toujours plus nombreux, arrivent de France. Lucien Hanoun, professeur de français au collège du Champ-de-Manoeuvres, est chargé de ce travail. Il consulte le Dr Camille Larribère, un des fondateurs du P.C.A. Il se rend à Constantine, à Oran, à Blida. 

Lorsque la dissolution du P.C.A est décrétée par le gouvernement, le 12 septembre 1955, le réseau est déjà en place et fonctionne parallèlement au P.C.A qui tente, de son côté, de se reconstituer dans la clandestinité. En septembre, sort le premier numéro de "La Voix du soldat". Il s'adressait aux soldats, sous-officiers et officiers de l'armée française et : "les appelait à prolonger sur le sol algérien la lutte de la classe ouvrière et du peuple français pour la paix et l'indépendance, pour l'amitié entre le peuple algérien et le peuple français". 

Le réseau essentiellement composé à dessein de militants d'origine européenne, est mis en place à partir d'Alger, mais s'étend à toutes les régions de l'Algérie (suivant le découpage administratif français). Les contacts restent extrêmement difficiles et dangereux avec les soldats qui subissent une pression politique et psychologique très forte.  

Massu, dans son livre "La Bataille d'Alger", nous fait savoir que les militants sont activement recherchés en tant que réseau organisé et laisse supposer que des résultats positifs ont été obtenus dans le contingent: "Le P.C.A édite une espèce de torchon clandestin appelé "La Voix du soldat" visant à démoraliser les soldats français servant en Algérie. Depuis des mois, les services de police prévoient un pot monstre pour le jour où ils "cravateront" l'imprimerie clandestine de "La Voix du soldat" (...) C'est chose faite (...) La collusion F.L.N/ P.C.A était bien connue, ajoute Massu"

Le journal tira jusqu'à 1200 exemplaires en un mois. Il parut de septembre 1955 à la dissolution du réseau en février 1957. 

Un simple recto-verso, quelques fois deux feuillets de format 21 x 31, sortis sur un appareil de polycopie constitué par un rouleau à encre, grâce auquel,  numéro après numéro, sort le journal que tape et tire une militante dont, paradoxalement, le fils est un commandant militaire en exercice (entretien avec Lucien Hanoun). Quelques centaines de numéros à chaque fois. Pas plus. Mais qui, transportés dans d'autres régions par des cheminots communistes, étaient susceptibles d'être reproduits sur place. La diffusion d'un tel matériel auprès des soldats ne pouvant, sauf exception, se faire directement, les militants s'efforçaient de déposer "La Voix du soldat" dans les cafés et restaurants fréquentés par des militaires, ou quelquefois, effectuaient des lancées de journaux par-dessus le mur des casernes, une action limitée donc, mais qui, par son caractère, ne laisse pas d'inquiéter les autorités militaires. 

Alfred Gerson participe à l'élaboration du projet et à sa mise en œuvre. Pendant des années, en France, il a eu pour tâche, avec d'autres, de faire comprendre aux soldats, dans des casernes, l'iniquité des guerres coloniales et particulièrement celle du Viêt-nam. Il a été partie prenante dans la confection et la distribution de "Soldat de France", édité par le P.C.F. Celui-ci et le P.C.A se sont mis d'accord pour qu'il mette son expérience technique et politique au service de "La Voix du soldat". Aussi a t-il pris contact avec André Moine et Lucien Hanoun au milieu de 1955". 

(La Guerre d'Algérie. Sous la direction d'Henri Alleg. Tome 2, Des promesses de Paix à la guerre ouverte. p. 486-487)

André Moine dans son livre de mémoire, La guerre d'Algérie, parle lui de 17 numéros de "La Voix du soldat" sortis entre octobre 1955 et mars 1957, soit environ un par mois, avec des tirages allant de quelques centaines à un millier d'exemplaires distribués dans les régions (Editions sociales, 1979, p. 151)

Lucien Hanoun travaille en étroite collaboration avec Alfred Gerson, embauché comme ajusteur aux Ateliers Durafour à Hussein-Dey, et avec Omar Djeghri, dit Simon, 27 ans, militant du PCA à Constantine, qui avait dû rejoindre Alger, un ami d'Henri Alleg qui sera massacré par ses tortionnaires à la villa Sésini après son arrestation. C'était le seul Algérien "musulman" de l'équipe de "La Voix du Soldat".   

En novembre 1956, Lucien Hanoun est arrêté. Suspect, il est d'abord expédié au camp de concentration de Lodi, puis enlevé par les Paras qui l'amènent au camp de triage de Beni-Messous, à la disposition du tortionnaire, le capitaine Faulques. Roué de coups, Lucien Hanoun constate que les bourreaux de la villa Sésini n'ont rien à apprendre de lui. Ils connaissent l'organigramme et l'organisation de "La Voix du Soldat". Il n'est pas torturé. 

L'Humanité signale immédiatement l'enlèvement de Lucien Hanoun. Des anciens  condisciples et collègues du lycée Lakanal, des personnalités comme Jean Guehenno interviennent en sa faveur. 

Hanoun est déféré devant un juge d'instruction cinq mois après son arrestation. Autour de lui, et avant lui, à la villa Sésini, tous ses camarades ont été affreusement torturés. 

Omar Djeghri, dit Simon, 27 ans, seul collaborateur Algérien de souche de la Voix du Soldat est lui porté disparu. Il a été exécuté après ses tortures à la villa Sésini. 

Il connaît les sévices dans les centres de tri et à la villa Sésini, les prisons de Barberousse (Serkadji) et de Maison-Carrée (El Harrach), puis la détention à Berrouaghia et d’autres camps moins sévères où il peut donner des cours. Condamné à quatre ans de prison, il est transféré à Marseille à la prison des Baumettes, alternant moments de grèves et cours sous surveillance du FLN. À sa sortie, le PCA lui demande en mars 1961, de revenir à Alger dans la clandestinité.

Après l’indépendance, refusant d’être tenu pour coopérant français, fait citoyen algérien en 1963, il reprend l’enseignement et plus encore l’action syndicale à la FTEC-UGTA.

Pierre Jean Le Foll-Luciani note:

"Dès avant l’indépendance, Lucien Hanoun sait donc que la reconnaissance comme « vrais Algériens » des communistes, particulièrement non musulmans, s’avérera difficile. Il n’en bataille pas moins dans les premiers mois de l’Algérie nouvelle pour cette reconnaissance, en refusant d’être considéré comme un coopérant français et en s’élevant contre les dispositions restrictives du code de la nationalité algérienne de mars 1963 envers les non-musulmans. Jouant finalement le jeu de la demande de nationalité algérienne – qu’il obtient en juillet 1963 – et du titre d’ancien moudjahid – qui lui est reconnu en mars 1965 –, il poursuit son militantisme dans le mouvement syndicaliste enseignant et adhère au FLN après l’adoption de la charte dite socialiste d’Alger par le parti unique en 1964. Refroidi par le coup d’État de Boumediene en 1965 et par une politique d’arabisation qui le marginalise en tant qu’enseignant de français et non-arabophone, il s’éloigne du FLN et se résigne à quitter l’Algérie en 1967. Continuant son militantisme communiste en France, il n’aura de cesse d’avoir les yeux tournés vers le Maghreb, en s’impliquant notamment dans le soutien à l’autodétermination du Sahara occidental. Vivant une retraite paisible dans un appartement modeste de Vitry-sur-Seine, il confiait la joie qui le gagnait lorsqu’il parvenait à échanger quelques mots en arabe avec d’autres exilés de banlieue parisienne."

Lucien Hanoun a également continué à militer au sein de l'ACCA (Agir Contre le Colonialisme Aujourd'hui) dont il est membre fondateur avec Henri Alleg.

Lucien Hanoun s’est éteint le 7 avril 2018, à l’âge de 103 ans, après une longue vie partagée pour moitié entre l’Algérie et la France. Deux pays dans lesquels il avait fermement combattu pour ses idées, et qu’il considérait pareillement comme les siens.

 

Sources: 

- Article de René Gallissot dans Le Maitron:

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/hanoun-lucien-dictionnaire-algerie/, notice HANOUN Lucien [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 11 janvier 2014, dernière modification le 7 octobre 2024.

- Article de Pierre-Jean Le Foll-Luciani: "Vous, vous êtes un anti-Français ! " Le siècle de Lucien Hanoun (1914-2018)

https://www.trajectoires-dissidentes.com/2018/04/17/vous-vous-etes-un-anti-francais-le-siecle-de-lucien-hanoun-1914-2018/

- https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/a-voix-nue/lucien-hanoun-1-5-4373586

« La Voix des soldats » n°9, janvier 1957 - Source article de Pierre Jean Le Foll Luciani

« La Voix des soldats » n°9, janvier 1957 - Source article de Pierre Jean Le Foll Luciani

A lire aussi :

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

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D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

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Histoire d'Algérie: comment, sortis de leurs bagnes, les députés communistes reprenaient le travail de formation des militants en Algérie pendant la seconde guerre mondiale (Henri Alleg, Mémoire algérienne)

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A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

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Histoires d'Algérie - La militante du PCA Gaby Gimenez, arrêtée et torturée par Vichy puis pendant la guerre d'Algérie

Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran

Histoires d'Algérie - Elyette Loup, agent de liaison du parti communiste clandestin engagé dans la lutte pour la libération et l'indépendance de l'Algérie.

Histoires d'Algérie: Lucien Hanoun, militant du Parti communiste algérien, ou La voix du soldat

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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 17:02
Stoppons Netanyahou ! Vie sauve et libération pour Marwan Barghouti ! - Communiqué du PCF, le 15 août 2025
Stoppons Netanyahou ! Vie sauve et libération pour Marwan Barghouti
Publié le 15 août 2025
Le plan Netanyahou pour « prendre le contrôle » de Gaza-Ville, marque une nouvelle étape dans sa politique d’épuration ethnique des territoires palestiniens. Cette annonce intervient alors que la famine continue de sévir dans l’ensemble de la bande de Gaza, du fait du blocus israélien et que, sous les ordres de ce Premier ministre et de son cabinet d’extrême droite, les massacres de masse, les crimes de guerre et crimes contre l’humanité se poursuivent. Dans le même temps, la colonisation s’intensifie en Cisjordanie, en violation de toutes les résolutions des Nations unies.
Pourtant, alors que les pressions internationales se multiplient, l’opposition à cette politique criminelle ne cesse de grandir en Israël. Après les familles d’otages, les responsables d’organisations humanitaires, les mouvements citoyens agissant pour la paix, des intellectuels en nombre croissant, des centaines d’anciens hauts responsables de l’armée ou des services de sécurité, c’est le chef des forces armées qui vient de s’opposer au plan de Netanyahou. Une grève générale est appelée pour le 18 août.
C’est dans ce contexte que les forces suprémacistes intensifient leur fuite en avant abominable. Hier, le ministre d’extrême-droite israélien Ben Gvir est allé menacer de mort Marwan Barghouti dans la cellule où il est retenu, faisant apparaître ce dernier méconnaissable, affaibli et amaigri. Marwan Barghouti représente la continuité du combat laïc du mouvement national palestinien. Il porte une voix légitime, représentée par son long passé de combat en faveur des droits nationaux du peuple palestinien et d’une solution politique au conflit israélo-palestinien sur la base de deux États vivant côte-à-côte. Il est aujourd’hui l’une des principales voix reconnues par le peuple palestinien. C’est à cela que s’attaque le gouvernement israélien.
Les menaces du ministre Ben Gvir doivent être prises au sérieux. Aujourd’hui responsable de la sécurité nationale dans le gouvernement Netanyahou, cet individu est réputé en Israël pour son comportement de voyou fasciste. Il a été inculpé des dizaines de fois pour incitation à la violence et au terrorisme. La dernière personnalité qu’il avait menacée de mort fut effectivement assassinée : c’était en 1995, Yitzhak Rabin. La communauté internationale doit de toute urgence faire savoir au gouvernement Netanyahou qu’elle ne permettra pas l’élimination d’une des grandes voix palestiniennes combattant en faveur de la justice et du droit.
La France a une responsabilité historique et un rôle décisif à jouer pour mettre fin à l’horreur infligée à la population palestinienne, pour rétablir la justice et le droit international. Comme viennent d’y appeler de très nombreux anciens ambassadeurs de France, en revendiquant sa place et sa voix unique sur la scène internationale, la diplomatie française a l’opportunité d’agir concrètement et sans délai pour ouvrir de réelles perspectives pour une paix juste et durable au Proche-Orient.
Elle doit agir pour :
Apporter une aide humanitaire à la population civile de Gaza, sous contrôle de l’ONU, de l’UNRWA et des organisations humanitaires internationalement reconnues.
Une condamnation sans équivoque des violations du droit international. La France doit porter à l’ONU une résolution condamnant fermement et sans réserve les crimes commis par le gouvernement israélien. Le gouvernement doit convoquer l’ambassadeur d’Israël pour lui signifier son opposition et rappeler l’ambassadeur de France en Israël pour consultation.
Des sanctions immédiates contre l’actuel gouvernement israélien. Elle doit œuvrer pour que l’UE suspende l’accord d’association avec Israël. Elle peut elle-même décider immédiatement de rompre toute relation commerciale avec Israël et de mettre fin à l’importation de produits provenant des colonies et des territoires occupés. Elle peut prendre la tête d’une coalition de tous les États disposés à prendre des sanctions contre les dirigeants israéliens.
Décréter un embargo total sur les armes à destination d’Israël. Aucune livraison d’armes, de munitions, de technologies ou de composants électroniques ne doit être autorisée. Les soldats et colons franco-israéliens impliqués dans les massacres doivent être poursuivis en France pour crimes contre l’humanité.
Intervenir auprès du gouvernement israélien pour exiger le respect du droit international et des droits des détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. Cela passe, en tout premier lieu, par la libération de Marwan Barghouti et des prisonniers politiques palestiniens, dont beaucoup détenus sans jugement.
Exiger la libération des otages israéliens détenus dans la bande de Gaza
Décider d’appliquer les mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale à l’encontre de Benyamin Netanyahou et Yoav Gallant, dont les crimes innommables ne peuvent rester impunis. C’est aux dirigeants israéliens d’être arrêtés, non à Marwan Barghouti !
Soutenir la création d’un État palestinien, membre à part entière des Nations unies, en reconnaissant publiquement la bande de Gaza comme une partie indissociable de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, partie intégrante du futur État de Palestine. Elle agirait ainsi en accord avec les orientations de l’Organisation de libération de la Palestine, seule représentante légitime du peuple palestinien.
L’avenir de la région dépend de la justice et du respect des droits du peuple palestinien. Le PCF appelle à une mobilisation massive pour que la France assume pleinement son rôle dans la construction d’une paix juste et durable entre israéliens et palestiniens. Il appelle à faire monter la pression citoyenne en faveur de la libération de Marwan Barghouti
Le PCF réaffirme sa solidarité avec les forces de paix qui se mobilisent en Israël. Toutes ces voix doivent être entendues de la communauté internationale. Le Parti communiste français leur apporte sa solidarité et il appelle toutes les forces éprises de paix, de justice et de démocratie à se mobiliser à leurs côtés et aux côtés du peuple palestinien sous la terreur.
 
Le PCF appelle sur ces bases à participer au rassemblement mardi 19 août, 18h30, place Saint-Michel à Paris.
 
Paris, le 15 août 2025
Parti communiste français.
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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 16:58
NOUS ALLONS ENTERRER L'ÉTAT PALESTINIEN : LES EUROPÉENS N'AURONT PLUS RIEN À RECONNAÎTRE!"
= Déclaration avant-hier de Bezalel Smotrich, ministre des finances et du développement des colonies. Ce ne sont pas des menaces en l'air: il valide en même temps la construction de 3400 logements dans la zone E1. Depuis 29 ans (1996), tous les gouvernements israéliens avaient reculé face aux pressions internationales et avaient renoncé à coloniser ce périmètre E1 absolument stratégique.
• Pourquoi c'est un basculement historique? 1) Parce que la zone E1 isolera définitivement la Cisjordanie Nord (Ramallah - Naplouse) de la Cisjordanie Sud (Bethléem - Hébron) ; 2) Parce que la zone E1 isolera totalement Jérusalem-Est (où vivent 400.000 Palestiniens) du reste de la Cisjordanie. Plus de détails ici : https://orange-juditha-6.tiiny.site via Daniel Seideman
• Son acolyte suprémaciste Ben-Gvir s'est rendu hier dans la cellule de Marwan Barghouti et lui a déclaré, face caméra: "Nous vous anéantirons, nous vous effacerons".
• Pourquoi c'est important? 1) Parce que ce sont les premières images de Barghouti diffusées depuis des années et parce qu'il apparait TRÈS amaigri. 2) Parce que la libération du "Mandela Palestinien" est la seule option politique disponible pour restaurer l'Autorité Palestinienne et relancer un processus de négociation. Il y a 15 jours j'ai signé avec 172 personnalités un texte pour rappeler que Si Barghouti connaissait le même sort que Navalni, s'il mourrait dans sa cellule, cette perspective politique disparaîtrait.
 
• Hier la vice-ministre des affaires étrangères israélienne Sharren Haskel s'est rendu au Somaliland pour y négocier la "relocalisation" des habitants de Gaza. La veille Netanyahu a confirmé sur CNN qu'Israël "négocie en ce moment même avec plusieurs pays", ajoutant que "tous ceux qui veulent aider les Palestiniens devraient leur ouvrir leur porte". Le plan de nettoyage ethnique de Gaza est donc officiellement assumé, au plus haut niveau. Pour rappel, le 9 août Trump a confirmé face caméra qu'il envisage de reconnaître le Somaliland s'il accepte les expulsés de Gaza.
• Sur i24 News English Netanyahu a affirmé hier se sentir "investi d'une mission historique et spirituelle" et être "très attaché à la vision du Grand Israël" (pour rappel le "Grand Israël" englobe Israël + Cisjordanie + Jordanie + Liban + Syrie + Sinaï). Il a ajouté que toute "solution politique à la guerre de Gaza serait synonyme de capitulation pour Israël". La fuite en avant expansionniste s'accélère clairement.
 
Le 24 juillet le ministre israélien du patrimoine Amichai Eliyahu a déclaré à la radio que "le gouvernement israélien est engagé dans une course contre la montre pour anéantir Gaza. Nous sommes en train d’éliminer ses habitants. Gaza sera entièrement juive". Il dit la vérité, simplement et crûment, comme Smotrich, comme Ben-Gvir, comme Netanyahu. Rien n'est caché, tout est assumé.
 
Face à cette urgence absolue, l'Allemagne a décidé le 8 août un embargo sur les armes à destination d'Israël. Décision historique, et lourde de conséquences (Allemagne = 30% des importations d'armes vers Israël). La Norvège, qui détient le premier fond souverain de la planète, a annulé le 11 août la totalité de ses investissements en Israël.
 
Que fait la France? Elle "condamne fermement" le plan d'anéantissement de Gaza (8 août); elle "exprime sa vive préoccupation quant au lourd tribut payé par les journalistes à Gaza" (12 août); elle soutient "le déploiement d’une mission internationale temporaire de stabilisation à Gaza" (12 août); elle n'a pas encore réagi à l'annonce de la colonisation de la zone E1.
 
• Si Emmanuel Macron Jean-Noël Barrot & France Diplomatie attendent la proclamation officielle de l'État de Palestine le 21 septembre à l'ONU, ils n'auront plus rien à reconnaître, comme le dit si cruellement mais si justement Smotrich.
 
La pression doit s'accentuer pour des SANCTIONS IMMÉDIATES ET CONTRAIGNANTES sur Israël
a) Sanctions commerciales qui videront les magasins en quelques jours et qui auront un effet immédiat sur un pays isolé géographiquement et étranglé économiquement;
b) sanctions juridiques en soutenant les mandats d'arrêt de la CPI et en démontrant aux soldats israéliens qu'ils ne pourront plus jamais voyager dans les pays signataires des traités juridiques internationaux ;
c) sanctions diplomatiques en interdisant immédiatement le sol européen à tous les membres du gouvernement israélien ("Schengen Travel Ban");
d) sanctions militaires et stratégiques: l'annonce d'un embargo allemand sur les livraison d'armes à destination d'Israël est un premier pas décisif, il faut l'accompagner et l'amplifier.
 
• Il est minuit moins une. Si des sanctions immédiates et crédibles ne sont pas annoncées dans les heures qui viennent, la promesse d'une reconnaissance de la Palestine en septembre prochain sera nulle et non avenue : Emmanuel Macron aura finalement reconnu un cimetière.
 
Vincent Lemire, historien de la région Israël / Palestine 
Sur sa page Facebook, 15 août 2025 
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16 août 2025 6 16 /08 /août /2025 16:55
Menace de mort contre Marwan Barghouti: l'urgence de le libérer!
Menace de mort contre Marwan Barghouti
Sa famille alerte.
Suite aux propos et aux menaces de Ben Gvir, ministre de la Sécurité d’Israël et leader d’extrême droite, elle craint pour sa vie, même derrière les barreaux.
Ce n’est pas une crainte infondée, dans les prisons israéliennes, les prisonniers palestiniens sont régulièrement victimes de violences, de traitements inhumains et de privations.
Marwan Barghouti, figure emblématique de la résistance palestinienne, est détenu depuis plus de vingt-trois ans dans des conditions extrêmement dures. Aujourd’hui, il risque l’exécution extrajudiciaire.
Cette menace de mort, venant d’un ministre suprémaciste, est à prendre au sérieux. Elle viole le droit international et les droits humains les plus fondamentaux.
Affirmer notre solidarité, exiger la libération immédiate et inconditionnelle, et soutenir Marwan Barghouti, c’est le protéger.
Un large élan de solidarité peut empêcher qu’il soit victime d’une exécution extrajudiciaire.
Sa vie dépend de notre mobilisation.
Menace de mort contre Marwan Barghouti: l'urgence de le libérer!
sur le site de l'Humanité -Pierre Barbancey
 
Le fasciste Itamar Ben Gvir menace Marwan Barghouti dans sa cellule
Ce ministre du gouvernement Netanyahou a diffusé vendredi matin sur les réseaux sociaux une vidéo où il prend à partie et sermonne, dans sa cellule, Marwan Barghouti, leader palestinien emprisonné depuis 2002 et à l’isolement depuis deux ans. En réponse, Fadwa Barghouti s’est adressée à son époux. L’Autorité palestinienne dénonce un « terrorisme d’État organisé».
Pierre Barbancey
Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, en charge de la « sécurité nationale », s’est rendu dans la prison de Ganot, là où se trouve, à l’isolement, le leader palestinien Marwan Barghouti, 66 ans, emprisonné depuis 23 ans maintenant. Ben Gvir, s’en est pris à Barghouti comme le montrent des images publiées (mais non datées) sur le compte X. Il est accompagné de deux autres personnes, dont un gardien pénitentiaire. « Vous ne nous vaincrez pas. Quiconque fait du mal au peuple d’Israël, quiconque tue des enfants, quiconque tue des femmes (…) nous l’effacerons », lance, en hébreu, le ministre fasciste. Le leader du parti Fatah et membre élu du Conseil législatif palestinien (le parlement) tente alors de parler, mais Ben Gvir l’interrompt sans ménagement : « Non, vous devez le savoir, et ce, tout au long de l’histoire. »
Ce sont les premières images de Marwan que l’on voit depuis plusieurs années. Fadwa Barghouti, l’épouse de Marwan, lui a écrit directement en réponse à la vidéo : « Je ne t’ai pas reconnu, ni tes traits, et peut-être qu’une partie de moi refuse d’admettre tout ce que ton visage et ton corps expriment, de ce que toi et les prisonniers endurez. Marwan, ils te poursuivent encore et encore, même après 23 ans de prison et même dans la cellule d’isolement où tu te trouves depuis deux ans. Je sais que la seule chose qui te blesse, c’est l’incapacité à protéger les enfants palestiniens. »
Sur Instagram, son fils, Arab Barghouti, à posté une photo de son père en tenue de prisonnier, prise peu après son procès il y a plus de vingt ans, et écrit: “Même à l’intérieur d’une petite cellule, ils te ciblent et veulent montrer qu’ils sont supérieurs. Oh père, comme ils sont délirants. Ne savent-ils pas qu’il y a 50 ans, un jeune adolescent s’est tenu devant eux en prison pour la première fois, est devenu un leader aimé, et est maintenant toujours debout – malgré la faim, les agressions, 23 ans de prison et deux ans d’isolement cellulaire. Debout face à l’oppression et au fascisme d’aujourd’hui. Je sais que ce qui te tracasse, ce sont les enfants palestiniens, et notre peuple bien-aimé de Gaza. La lumière au bout du tunnel arrive, et nous allons célébrer une Palestine libre avec toi.Je t’aime plus que tu ne peux l’imaginer
Dieu, protège mon père et tous les Palestiniens s’il te plaît.”
Dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a dénoncé « une provocation sans précédent » et qualifié l’incident de « terrorisme d’État organisé ». Il a ajouté que l’Autorité palestinienne prendra la menace au sérieux et assurera le suivi avec le Comité international de la Croix-Rouge, les États concernés, la communauté internationale et ses organisations et conseils spécialisés. Pour l’Autorité palestinienne, le ministre Ben Gvir a « pris d’assaut » la cellule de Barghouti. Elle tient le gouvernement israélien « directement responsable » de la vie de Marwan Barghouti.
Hussein Al Sheikh, Vice-Président de l’Autorité palestinienne, a souligné que les menaces proférées étaient l’apogée d’un terrorisme psychologique, moral et physique contre les prisonniers, qualifiant ce geste de rupture sans précédent dans la politique israélienne vis-à-vis des détenus palestiniens. Il a également souligné une violation des conventions internationales et humanitaires. L’Office d’information des prisonniers palestiniens (Palestinian Prisoners’ Information Office) a vivement condamné l’attitude de Ben-Gvir, estimant que son invasion de la cellule dénote une logique de vengeance et d’incitation au sein du système carcéral israélien.
Selon le site Israelnews, cette « visite » de Ben Gvir aurait eu lieu le jeudi 14 août. Ce 15 août, Ben Gvir a continué sa provocation et ses menaces. « Je vais le répéter encore et encore sans m’excuser : quiconque s’en prend au peuple d’Israël, quiconque tue nos enfants, quiconque tue nos femmes, nous l’effacerons. Avec l’aide de Dieu. »
Marwan Barghouti, condamné à cinq peines de prison à perpétuité, reste le leader palestinien le plus populaire. C’est sans doute pour cela que Ben Gvir, ministre raciste, a tenté de l’humilier et, de surcroît, a fait filmer la scène. Ce qui montre bien les véritables motifs de cette extrême droite israélienne et, par voie de conséquence, ceux du gouvernement de Netanyahou. Ils affirment vouloir éradiquer le Hamas. Or, Marwan Barghouti est aujourd’hui le seul capable de battre l’organisation islamique par les urnes. Ben Gvir et sa clique, en réalité, ne veulent plus aucune expression du peuple palestinien. D’où le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie et à Jérusalem-est.
Ben Gvir a déjà été sanctionné par le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Norvège en raison d’incitations répétées à la violence. En juillet, la Slovénie est devenue le premier pays de l’UE à déclarer Ben Gvir (ainsi que son acolyte, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, qui se définit comme « suprémaciste juif ») persona non grata, en raison de leurs propos jugés « génocidaires », de leur soutien aux colonies illégales en Cisjordanie et de leur incitation à la violence envers les Palestiniens Qu’attend la France pour faire de même ?
Ces menaces ne laissent pas d’inquiéter pour la vie de Marwan Barghouti. Les images diffusées montrent que son état physique s’est dégradé. La campagne mondiale pour sa libération et celle de tous les prisonniers palestiniens, lancée symboliquement depuis l’ancienne cellule de Nelson Mandela, en Afrique du Sud, va se poursuivre, notamment lors de la Fête de l’Humanité, au mois de septembre prochain.
 
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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 15:43
Pétition intersyndicale : Monsieur Bayrou, écoutez la voix des salarié·es !

328 764 signatures ce 15 août 2025 

 

Le PCF salue la riposte intersyndicale au projet de budget 2026 par le lancement de la pétition « Budget : les sacrifices pour le monde du travail, ça suffit » qu’il invite à signer largement.

JE SIGNE LA PÉTITION

Nous partageons le constat d’un budget d’« une brutalité sans précédent » contre les travailleurs et les travailleuses du pays et l’idée qu’« il existe des solutions qui intègrent les plus hauts revenus comme la contribution des entreprises ».

Le Premier ministre et le gouvernement doivent entendre ce message. Le pays a besoin d'un autre budget.

Le PCF se tient aux côtés des organisations syndicales pour contribuer, dans le respect de nos rôles respectifs, à une riposte populaire d’ampleur à ce projet de budget. Nous appuierons toute date de mobilisation décidée par les organisations syndicales.

A l'opposé de la politique du pouvoir, nous proposons d'augmenter les salaires et les pensions, baisser le prix de l'électricité, garantir tout de suite l'égalité professionnelle, l'emploi et la formation pour tous et pré-recruter des dizaines de milliers d'agents pour nos écoles, nos hôpitaux, nos trains, nos commissariats et nos tribunaux, développer l'industrie et l'agriculture pour répondre aux besoins, relever les défis énergétique, climatique et alimentaire, et agir pour la paix par la diplomatie et le respect du droit international, en Ukraine et à Gaza !

Face au braquage inédit de nos richesses, l'heure est à prendre le pouvoir sur l'argent et sur les choix des entreprises et du pays :

  • Nationaliser ou mettre en coopérative les grandes entreprises stratégiques, avec des pouvoirs d’intervention de l’Etat, des collectivités, des salariés et de leurs représentants qui doivent avoir un droit de veto et de contre-propositions
  • Créer un pôle public bancaire
  • Instaurer des critères et un contrôle sur les 211 milliards d'aides aux entreprises
  • Faire davantage contribuer le capital et les grandes fortunes
  • Engager un réel plan de lutte contre la fraude fiscale.

Paris, le 23 juillet 2025

Parti communiste français

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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 08:48
Histoires d'Algérie - Elyette Loup, agent de liaison du parti communiste clandestin engagé dans la lutte pour la libération et l'indépendance de l'Algérie.

Elyette Loup, née en 1934 à Birtouta, dans la Mititja, au sud d'Alger, est une étudiante communiste au service du PCA clandestin en 1955.

Arrêtée en 1957, torturée à la Villa Sésini à Alger, transférée en prisons métropolitaines ; revenue à Alger au service de la direction clandestine du PCA, travaillant aux côtés de Sadek Hadjerès, dirigeant du PCA qu’elle épouse à l’indépendance ; demeurée à Alger après le coup d’État du 19 juin 1965, séparée de son mari devenu dirigeant du PAGS et qui vit en exil.

Elyette Loup vit le jour à Birtouta sur la ferme coloniale de sa mère Jeanne Loup. Si celle-ci était une progressiste proche du PCA, elle tenait rigueur à Elyette d’être sa troisième fille sans avoir de garçon. Laissée à elle-même à la ferme, Elyette Loup s’éloigne du domaine en venant faire ses études secondaires au Lycée de filles d’Alger. C’est sa sœur aînée qui reprend l’exploitation agricole en 1948, la faisant produire sur le mode colonial. Au souvenir de la guerre d’Espagne et marquée par l’esprit antifasciste qui l’emporte dans ces années, Elyette Loup, qui va chercher ses lectures à « la librairie du parti » (PCA) au centre d’Alger, devenant après le baccalauréat étudiante en économie à la Faculté, adhère au PCA à dix-neuf ans en 1953.

Revenant sur elle-même en 1992-1993 dans son témoignage confié à Andrée Dore-Audibert, elle va jusqu’à dire : « C’est le parti qui m’a fait comprendre la vie, qui m’a donné l’amour national pour l’Algérie ou plutôt qui me l’a révélé, qui lui a donné pour moi sa signification… J’avais également besoin de retrouver le père qui m’avait manqué et de me démarquer par rapport à mes sœurs ».

En septembre 1955, le PCA est interdit ; elle devient agent de liaison. « J’avais le privilège d’avoir une voiture. Je m’occupais du courrier, des tracts, de l’imprimerie, travaillant auprès d’André Moine, secrétaire français du PCA, et d’ Ahmed Akkache, secrétaire du PCA chargé du journal Liberté.

"Il était clair qu'elle était foncièrement honnête, d'un caractère droit, stricte envers elle-même et envers les autres. Et elle avait un sens pratique précis, un sens de la mesure et de la responsabilité" dit d'elle André Moine. 

« Qui aurait pu soupçonner dans cette élégante jeune européenne, écrit Henri Alleg, une militante communiste, « complice des fellaghas ».

Citons le passage entier évoqué par René Galissot dans sa présentation d'Elyette Loup dans le Maitron: 

Henri Alleg écrit dans Mémoire Algérienne (Stock 2005): "Les liaisons avec d'autres secteurs, dont celui d'Ahmed Akkache, un des secrétaires du Parti, étaient assurés par l'intermédiaire d'Elyette Loup, une jeune fille d'une vingtaine d'années, étudiante en économie, mais peu présente sur les bancs de l'université depuis qu'elle s'était entièrement consacrée à la lutte clandestine. Très sûre d'elle-même, elle traversait sans encombre les contrôles policiers et les barrages militaires et était devenue extraordinairement efficace. Qui aurait pu soupçonner cette élégante Européenne, une militante communiste, "complice des fellaghas"? 

Avant que ne commence cette vie dans l'ombre, je ne connaissais Elyette que pour l'avoir entrevue au cours de réunions. Elle était discrète et ne se mettait jamais en avant. Son nom d'ailleurs suffisait à la situer puisqu'elle appartenait à la famille Loup. Jeanne, sa mère, était propriétaire d'une riche ferme-orangeraie dans la Mitidja. Haïe de ses congénères et voisins colons, elle était adorée des ouvriers agricoles qui travaillaient sur ses terres. Particularité exceptionnelle qui s'expliquait par le fait que, contrairement à ses voisins, gros colons racistes, elle était respectueuse de leur dignité, disposée à les écouter et à les aider jusqu'à financer la construction d'une maison pour chacune de leurs familles. Elle s'était battue pour que tous les enfants soient scolarisés, pour qu'un dispensaire et des soins médicaux leur soient accessibles gratuitement et, scandale des scandales, après avoir ouvert sa maison aux députés communistes français à leur libération de prison, elle avait accepté d'être candidate aux élections municipales sur une liste progressiste. On l'enterra comme elle l'avait demandé, au cimetière musulman de l'endroit que les habitants appellent aujourd'hui encore Haouch madame Loup (La ferme de madame Loup). Sur sa tombe, toujours entretenue par ceux et celles qui l'ont personnellement connue, son nom est écrit en français et en arabe. (...) En vraie fille de cette femme colon atypique, Elyette avait rejoint les communistes et le combat pour l'indépendance". 

 

Elyette échappe un temps à l’arrestation, mais sa photo est diffusée ; elle est reconnue à un barrage le 2 avril 1957.

Les parachutistes la conduisent à la Villa Sésini, centre d'interrogatoire où sévit le capitaine Faulques et ses bérets verts, pour quatre jours et quatre nuits de torture, faisant alterner les supplices de l’eau et de l’électricité, les gifles, menaces de mort, étouffements, le chantage et les simulacres d’exécution.

Elyette Loup, qui avait participé sous la direction d'Ahmed Akkache et et André Moine à la cache et au fonctionnement de l'imprimerie clandestine du PCA publiant les tracts et le journal "Liberté", comme "La Voix du Soldat", et à la transmission des documents et messages, est éveillée toutes les demi-heures, contrainte à chaque fois de rester debout pendant 10 minutes alors qu'elle est au bord de l'évanouissement, elle est aussi pendue par des menottes au barreau le plus élevé d'une échelle pendant douze heures consécutives. Remise en cellule, elle reste les mains attachées derrière le dos durant deux nuits et un jour. 

Elle ne parle pas comme le confirme Aussaresses à Jean-Charles Deniau en 2012 : « C’était une militante coco. C’est Faulques qui l’a interrogée mais j’ai suivi. Elle a parlé ? Non, elle n’a rien dit. » (p. 97).

Le journal algérien "L'expression" retenait en octobre 2023 dans un article d'hommage à Eliette Loup, travaillant auprès d’André Moine, secrétaire français du PCA, et d’Ahmed Akkache, secrétaire du PCA chargé du journal "Liberté", ce témoignage de la militante torturée à la Villa Sésini:
 
" Eliette Loup était une femme dotée d'un courage exemplaire, elle faisait face à la torture et aux méthodes barbares utilisées par ses bourreaux, avec une témérité si rare. Dans ce sens, elle a rappelé cette période dans ses témoignages en soulignant: «J'étais le dernier maillon de la chaîne, avant que ne soient pris les deux dirigeants, un camarade ayant parlé sous la torture. (...). À la villa Sesini, le régime était la torture systématique pour faire parler. (...) J'ai subi la torture pendant quatre jours et quatre nuits. J'étais attachée, c'est-à-dire liée aux pieds et aux mains comme un mouton (...). «Au bout de quatre jours, ils n'ont rien obtenu, je ne servais plus à rien, ils m'ont transférée à la prison de Barberousse actuelle Serkadji. Il y avait Anna Greki, Colette Chouraqui, Blanche Moine, l'épouse d'André Moine que j'avais accompagnée jusqu'à la gare de Blida lorsqu'elle dut partir à Oran, rejoindre l'ALN le 15 août. Elle sera arrêtée, torturée avec Gaby Jimenez, Joséphine Carmona, dans les «Coffres du trésor» d'Oran, Jacqueline Guerroudj, condamnée à mort, était également là. Je sortais de la torture, j'étais complètement déboussolée», disait-elle sur sa période passée en prison, subissant la torture."
 

D'Elyette Loup, Lucette Larribère raconte: 

" Un mot sur Elyette Loup :
Avec un sang froid hors du commun, elle avait à deux reprises échappé à son arrestation dans la clandestinité, alors qu’elle travaillait à la rédaction et à la diffusion du journal destiné aux soldats français du Contingent, « La Voix du soldat ». Une première fois, tombée dans une « souricière » établie par les paras chez une camarade qu’elle était chargée de contacter, elle avait à les convaincre qu’elle était « hors course ». Ensuite, rentrant un soir dans sa planque, elle avait senti devant sa porte une odeur de cigarette. Or aucun des camarades avec lesquels elle travaillait ne fumait. Elle avait déguerpi. Mais elle avait finalement été arrêtée par hasard par un des paras qu’elle avait bernés et qui passait dans un camion devant l’arrêt de bus où elle attendait. Elle avait été torturée sauvagement dans la sinistre villa Susini, sans jamais dire un seul mot et sans même révéler son identité. Elle m’a raconté récemment qu’au moment où l’un de ses tortionnaires l’avait transportée à l’infirmerie après les séances de tortures, elle lui avait dit : « Vous êtes un beau garçon, mais vous êtes méchant ». « Mais figure-toi » , a-t-elle ajouté en riant, « il a rougi ! ».
Condamnée à trois ans de prison, elle avait été transférée en France comme nombre de militantes et militants jugés. Puis elle avait été relâchée et assignée à résidence. Elle avait aussitôt demandé à revenir en Algérie pour y poursuivre, dans la clandestinité, son combat pour l’indépendance. Lucien Hanoun en avait fait autant. Et tous deux avaient retraversé la Méditerranée, avec l’aide des communistes français.
Après tant d’années, je demeure toujours émerveillée devant une telle détermination. Après avoir frôlé la mort et enduré tant de souffrances, aurais-je eu, moi aussi, le courage de me replonger dan l’enfer d’Alger ?

Quand j’avais regagné Alger en juillet 1945, j’avais fait connaissance de sa mère, Madame Loup, qui avait recueilli chez elle certains des députés communistes français qui avaient été déportés et internés dans le Sud algérien par le pouvoir de Vichy. Propriétaire de 50 hectares dans la région de Birtouta, dans le Mitidja, elle était haïe par les colons des environs car elle payait honnêtement les ouvriers agricoles qui travaillaient sur ses terres et leur avait construit de véritables habitations en dur qui contrastaient avec les infâmes gourbis environnants. Atteinte d’un cancer, elle était morte rapidement et elle avait été enterrée dans le cimetière musulman situé à proximité."

Elle vit les ratonnades, attentats et exécutions de l'OAS avec angoisse dans un appartement clandestin avec Bachir Hadj Ali rue de Lyon à Belcourt (Belouizdad aujourd'hui), la rue où Albert Camus a passé toute sa jeunesse à Alger: 

Quant à André Moine, son responsable dans la clandestinité, il écrit d'Elyette Loup: 

"Eliette (sic), âgée de 22-23 ans, habillée très modestement, avait un visage expressif et très changeant suivant les pensées qui l'animaient: tantôt il paraissait anguleux, sévère, rude même, tantôt il se montrait plutôt rond, rieur, espiègle. On voyait même tout de suite qu'Eliette ne savait pas cacher ses sentiments et que la franchise était un trait de son caractère. Elle était la fille de colons de la Mitidja qui avaient su l'élever sans que le poison raciste ne la déforme". 

Elyette peut dire en 1956 selon André Moine: "Moi, c'est le Parti qui m'a fait comprendre la vie, qui m'a donné l'amour national pour l'Algérie, ou plutôt non, qui me l'a révélé, qui lui a donné, pour moi, sa signification... Je n'ai pas des siècles de traditions algériennes avec moi... Mais l'Algérie, c'est mon pays. J'ai été en France. Je n'y étais pas chez moi. Là-bas, j'avais la nostalgie du pays. Tiens, les hauts-plateaux! Ce n'est pas ce qu'on appelle beau. Et bien, c'est à eux que je pensais. Cette immensité plate, plate... et puis, tout à coup, un djebel noir dans le ciel bleu... ça c'est à moi, c'est l'Algérie, c'est mon pays. Et Alger, poursuivait Eliette en s'animant, tu crois qu'on peut se détacher de ses rues, de... je ne sais pas... de son allure, de sa vie? Le sirocco, c'est dur, et je l'ai souvent maudit. Et bien il me semble que lui aussi il fait partie de mon existence. Je l'ai senti depuis que je suis née, alors... tu comprends... si je ne l'ai plus, il me manque. Et la jeunesse d'Algérie? Quelle belle jeunesse! Comment ne pas l'aimer? Alors tu vois, je suis algérienne, moi aussi, et je ne peux rien être d'autre. La patrie? Je veux en gagner une, moi aussi. Grâce au Parti, j'ai appris aussi l'histoire de l'Algérie, son passé, les luttes de son peuple, je me suis rendu compte, encore mieux, des terribles méfaits du colonialisme; moi aussi je souffre et je rage de voir ces exploiteurs colonialistes piller les richesses matérielles et étouffer les richesses humaines... je rêve de la voir libre... et alors, demain, quelle ardeur aurons nous pour la rendre riche et belle, et respectée. On y a bien droit, non? " 

Elyette Loup en 1956, citée par André Moine de mémoire, Ma guerre d'Algérie, éditions sociales, 1979

Elyette est incarcérée le 12 avril au quartier des femmes de la prison Barberousse (Serkadji) ; elle y reste deux ans au milieu des combattantes du FLN et du PCA.

Avec elle, dans le même dortoir, il y a Louisette Ighilahriz, violée et torturée par les paras, arrivant à Serkaji-Barberousse en décembre 57, Blanche Moine, Jacqueline Guerroudj, Fatima Baichi, Fatima Slimani, la future poétesse et militante et institutrice communiste Anna Greki (Colette Gregoire). 

Eliette Loup raconte son détention à Barberousse, citée par Abderrahmane Djelfaoui (Anna Greki. Les mots d'amour, les mots de guerre. Casbah éditions, 2016): 

"(...) Je n'avais pas l'habitude de vivre en collectivité, je ne suis pas réellement courageuse (...) J'essayais de m'adapter, je prends ce qu'il y a de plus positif et je suis contente. Toutes les sœurs faisaient le ramadan, sauf moi, je me mettais avec celles qui avaient leurs règles et qui de ce fait ne pouvaient pas jeûner, pour manger avec elles (...)" 

Au procès du PCA, pour avoir imprimé le journal La Voix du soldat en novembre 1958, elle est condamnée à trois ans de prison. André Moine est condamné à 5 ans de prison (sa femme vient d'être condamnée à 10 ans de travaux forcés), Lucien Hanoun à 4 ans, Lucie Coscas à 2 ans, Roger Perles, 3 ans, Mahmoud Merdaci, 18 mois, A.Gerson, 18 mois. 

Emprisonnée à Maison-Carrée (El Harrach), elle est transférée ensuite à la prison des Baumettes à Marseille. La remise de peine décidée par le général de Gaulle la conduit en résidence surveillée à Rennes.

Avec de faux papiers, le PCA la fait embarquer sur un bateau pour le retour en Algérie. Elle reprend le travail clandestin de secrétariat des textes de la direction du PCA qui a ses caches, et des tracts et de journaux recto-verso, à Alger puis à Oran. C’est à Oran qu’elle fait la connaissance de Sadek Hadjéres qui, avec Bachir Hadj Ali, dirige le PCA interdit. « On ne se marie pas car le PCA ne donne pas la permission. On doit se consacrer entièrement au Parti ». Ils se marient après l’indépendance en 1962 ; Elyette Loup a pris la nationalité algérienne.

Sadek Hadjerès est à la direction du parti de l’Avant-garde socialiste (PAGS) qui est toléré sous Ben Bella.

Dans son retour en arrière trente ans après, Elyette Loup dit encore : « Lorsque mon mari militait, il était toujours absent, nous avons vécu trois ans ensemble… J’ai couru après lui pour faire mes enfants ». Après Ali et Samia nés en ces années, le couple adopte une orpheline de cinq ans, Touria, juste avant le coup d’État militaire de juin 1965. Sadek Hadjéres est arrêté, torturé, puis quitte l’Algérie. Il ne revient à Alger que lorsque le PAGS est autorisé en 1989, accompagné de sa nouvelle compagne, une communiste grecque. Le divorce suit. Elyette Loup demeure à Alger. « Pour moi, mon pays est l’Algérie ».

Eliette (ou Elyette) Loup est décédée à Toulon le 28 octobre 2023.

Sources: 

- Article de René Galissot dans le Maitron: https://maitron.fr/loup-elyette-dictionnaire-algerie/, notice LOUP Elyette [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, version mise en ligne le 2 mai 2014, dernière modification le 18 juin 2024.

- https://histoirecoloniale.net/eliette-loup-1934-2023combattante-communiste-pcade-lindependance-algerienne/

- Henri Alleg: Mémoire algérienne (Stock, 2005)
- La Guerre d'Algérie. sous la direction de Henri Alleg. Editions Temps Actuels, 1981
- André Moine: Ma guerre d'Algérie (Éditions sociales, 1979)
- Lucette Larribère Hadj Ali: Itinéraire d'une militante algérienne (Éditions du Tell, 2011)
-Abderrahmane Djelfaoui Anna Greki. Les mots d'amour, les mots de guerre. Casbah éditions, 2016
 
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D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

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Histoires d'Algérie - Connaissez-vous Raymonde Peschard, militante communiste algérienne tuée au maquis avec des camarades de l'ALN le 29 novembre 1957?

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Deux destins hors du commun: André Castel et Annick Castel-Pailler : un couple de carantécois dans la tourmente de la guerre d'Algérie.

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15 août 2025 5 15 /08 /août /2025 07:36
Histoires d'Algérie - Connaissez-vous Raymonde Peschard, militante communiste algérienne tuée au maquis avec des camarades de l'ALN le 29 novembre 1957?
Connaissez-vous Raymonde Peschard, au maquis surnommée "Taous", "le paon", en raison de sa beauté ?
 
Née en septembre 1927 dans le quartier de Sainte-Eugène (Bologhine), à Alger, adoptée à la mort de sa mère par son oncle Édouard, cheminot communiste à Constantine, assistante sociale de la compagnie de gaz et d'électricité, militante communiste algérienne, d'abord à Constantine où elle travaille, manifestants tout son dévouement pour les pauvres et les malades de Constantine.
 
Willian Sportisse, alors militant et dirigeant communiste à Constantine, se souvient de la manifestation du 1er mai 1952 à Constantine, au moment où les militants communistes algériens, agitant des banderoles et pancartes contre la guerre d'Indochine, témoignent aussi de leur solidarité avec le mouvement indépendantiste tunisien et marocain: 
 
"Je me souviens notamment que Raymonde Peschard avait été jetée dans un fourgon, parce qu'elle avait été au combat contre les CRS, au premier rang. A l'époque, Raymonde travaillait à la caisse des œuvres sociales d’Électricité et gaz d'Algérie (EGA), qui était un service autonome par rapport à l'administration; de ce fait, elle connaissait très bien toutes les familles des travailleurs, des Algériens qui travaillaient dans des conditions très pénibles. Elle a eu une vie militante très active, aux JC, à l'UJDA, à l'Union des Femmes Algériennes, dans les syndicats et au Parti. A la veille de 1954, elle a eu un début de tuberculose et elle a été obligée de venir en France pour se soigner. Pendant ce temps, ils l'ont interdite de séjour à Constantine, et lorsqu'elle est revenue en Algérie, elle est partie pour Oran travailler aux œuvres sociales de l'EGA. Là-bas, d'après le témoignage de Roger Simongiovanni, elle lui a fait part de son souhait de gagner un maquis, et Roger l'a mise en contact avec Bouali Taleb, membre du comité central du PCA, qui mourra dans la région de Tenès dans des circonstances non-élucidées. Finalement, elle n'a rejoint le maquis que plus tard, lorsqu'elle était recherchée, soupçonnée d'avoir remis à Fernand Iveton la bombe qu'il a posée dans son usine à Alger" (William Sportisse, "Parcours d'un communiste algérien". Editions El Ijtihad Alger, Entretiens avec Pierre-Jean Le Foll-Luciani, p.182)  
 
Le PCA est interdit en septembre 1955. En juillet 1955, il avait décidé de participer à la révolution pour l'indépendance algérienne, mais avec sa propre organisation. 
 
Arrêté le 13 novembre 1956, Fernand Iveton est condamné à mort le 25 novembre. 
 
Raymonde Peschard meurt au maquis avec l'ALN le 26 novembre 1957, exécutée par des soldats français avec 10 compagnons d'armes, en combattant contre la répression et le racisme du système colonial, pour l'indépendance de l'Algérie avec ses camarades du parti communiste algérien qui ont intégré l'ALN.
 
" Traquée par la police et les parachutistes, notre camarade Raymonde Peschard est morte au combat. Elle a versé son sang généreux pour l'indépendance de sa patrie qu'elle aimait tant. Venue très jeune à notre parti, parce que sensible aux souffrances de son peuple, elle haïssait le racisme et l'oppression colonialiste. Patriote algérienne, elle avait pu rejoindre le maquis, après avoir été poursuivie par les parachutistes de Massu. Son souvenir restera vivant dans le cœur des Algériens et des Algériennes. De nouveaux combattants et combattantes se lèveront pour poursuivre son combat héroïque afin de réaliser son désir le plus cher, la liberté de son peuple" (William Sportisse, Le Patriote, décembre 1957).
 
Depuis plusieurs mois, elle était une ennemie publique pour les Paras et la presse colonialiste, soupçonnée à tort d'avoir remis sa bombe à Fernand Iveton le 14 février 1956 à la centrale de gaz et d'électricité du quartier du Hamma, où elle travaille comme assistante sociale, et aussi d’être la poseuse de la bombe du Milk Bar de la rue d’Isly le 30 septembre 1956, et de la Cafétéria, activement recherchée.
 
Raymonde Peschard est alors, selon André Moine (Ma Guerre d'Algérie, éditions sociales), un des dirigeant du Parti communiste algérien clandestin, aidée par les sœurs missionnaires de Notre-Dame d'Afrique à Alger, Colette et Jeannette, qui l'aident à planquer des ronéos. 
 
Elle sera également hébergée par le professeur Malan, ami du professeur Mandouze, pendant sa traque. 
 
Raymonde Peschard rejoint les maquis de l’ALN après l'arrestation d'Iveton (celui-ci avait affirmé sous la torture qu'une blonde lui avait remis la bombe, pour protéger Jacqueline Guerroudj, qui était brune, et les autorités coloniales avaient fait le rapprochement avec Raymonde Peschard, sa collègue et camarade) après s’être réfugiée au couvent des Sœurs Blanches à Birmandreis, ensuite au couvent des Clarisses à Saint-Eugène et enfin chez Colette Grégoire (l'institutrice et poétesse communiste Anna Greki de son nom de plume) à la villa du boulevard Bru, grâce à sa camarade Nelly Forget, contactée par l’infatigable militante Chafika Benmosbah, sur conseil de l’abbé Barthez de la paroisse de Hussein Dey.
 
À l’aube du 26 novembre 1957, son groupe, dirigé par Mustapha Laliam, est accroché et encerclé non loin de Medjana, territoire militaire dépendant de la ville garnison de Bordj-Bou-Arriredj, dans l’est du pays, par l’armée française. Ligotée, couchée, la tête contre le sol, elle aurait reçue une balle dans la nuque sous l'ordre du colonel Buis, selon le témoignage d'un historien cité par Alger Républicain.
 
Engagée dans l’action politique auprès des plus humbles dès que sa conscience s’éveilla, grâce à un oncle Édouard. Un communiste cheminot à Constantine qui l’avait adoptée à la mort de sa mère et l’avait aidée à acquérir une formation d’assistante sociale et de femme militante.
Raymonde avait une relation particulière avec la ville de Constantine, qui l’avait adoptée. C’était l’époque où elle travaillait comme assistante sociale à l’ex-Société Electricité et gaz d’Algérie (EGA).
 
Dans les années 40, fréquentant communistes et nationalistes de Constantine, Raymonde se fait rapidement remarquer par les autorités coloniales de Constantine qui ne tardent pas à la déclarer persona non grata dans la ville. C'est ainsi qu'elle réintègre Alger, sa ville natale, où grâce encore à une complicité communiste, elle trouve à s'employer au sein de l'EGA. Elle reprend son action et se retrouve aux côtés de celui qui devient bientôt un héros martyr de la cause algérienne : le communiste Fernand Iveton ( le premier et seul européen guillotiné de la Guerre d'Algérie, guillotiné le 11 février 1957 dans la cours de la prison Barberousse d'Alger) avec lequel elle entre au FLN en 1956.
 
En novembre, à la suite de l'arrestation de Fernand Iveton, la presse coloniale diffuse sa photo sous le titre : "La femme blonde qui a remis la bombe à Iveton est identifiée", Peschard se fond dans la clandestinité et monte en avril 1957 au maquis dans la wilaya III, où elle avait servi comme infirmière dans le service médical, sous le nom de Taous. Elle est accompagnée de Danielle Minne, la fille de Jacqueline Guerroudj, et Nefissa Hamoud, et soigne aussi bien les maquisards que les populations algériennes musulmanes. 
 
Le 26 novembre elle est tuée au nord de Bordj-Menaïel dans la Mejdana, tandis que Danielle Minne est arrêtée. 
 
Elle devait rejoindre les troupes de l'ALN en Tunisie avec un groupe de quatre médecins pour renforcer l'équipe médicale.
 
Dans son édition du 29 novembre 1957, la Dépêche de Constantine a rapporté que la nouvelle de sa mort a été tenue secrète jusqu’à son identification officielle par les experts grâce à ses empreintes digitales. L’opération qualifiée de grand événement pour l’armée française a été célébrée par de nombreux médias. Ces derniers n’ont pas manqué de rappeler le parcours atypique de Raymonde Peschard.
 
Elle repose au cimetière de Constantine, aux côtés de son oncle paternel Edouard qui l'avait recueillie à la mort de sa mère. Elle lui doit son éducation politique et l'idéal de justice sociale qui anima sa jeune vie et détermina son engagement. En hommage à cette femme exceptionnelle, une grande artère de Constantine porte son nom.
 
Colette, Anna Greki, lui rend hommage dans un long poème qu’elle lui dédie, intitulé "Les nuits le jour" :
 
Je parle des nuits car il n’existe qu’un jour C’est celui-là qui fut frappé dans sa montée
D’une balle en plein front en plein cœur d’un combat Sur les hautes plaines du Nord Constantinois
C’est celui-là qui va retomber en éclats Briseurs de nuits roides – et les ensoleiller J’oublie les nuits mais il n’existe qu’un jour. »
 
ARCHIVES du Journal Le Monde:
 
Le corps de Raymonde Peschard a été découvert parmi des cadavres de rebelles
Le 29 novembre 1957,
Alger, 28 novembre. - Une note remise à la presse ce matin par le gouvernement général d'Alger, a annoncé que le corps de la militante communiste Raymonde Peschard avait été découvert parmi des rebelles décimés le 26 novembre dans un engagement près de Mediana, au Nord-est de Bordj-Bou-Arreridj, dans le Constantinois.
Voici l'analyse de cette note transmise par l'A.F.P. :
" Le 26 novembre, une opération éclair sur renseignements était menée par le lieutenant-colonel Sagalbe, commandant le quartier nord du secteur Hodna-Ouest avec la participation des unités de secteurs et comprenant des éléments du 49e bataillon de tirailleurs algériens, de l'escadron de gendarmerie mobile, des unités du 8e régiment de spahis algériens.
" Un groupe rebelle était repéré à quelques kilomètres au nord-ouest de Médiana ; après un engagement de courte durée une douzaine de hors-la-loi émergeaient des rochers et levaient les bras après avoir jeté leurs armes (3 pistolets mitrailleurs, 1 M.A.S. 36, 3 pistolets automatiques, 1 fusil de chasse). La surprise des fantassins fut grande lorsqu'ils virent arriver dans le groupe trois femmes : Danièle Minne, âgée de dix-sept ans, qui le 30 septembre 1956 et le 20 janvier 1957 était impliquée dans l'affaire des bombes du Milk-Bar et de l'Automatic ; Nefissa Hamouda, doctoresse, et Louise Attouche, infirmière. Raymonde Peschard, militante du P.C.A., dont le cadavre fut découvert quelques minutes plus tard, se trouvait également parmi les rebelles.
" Dans le groupe se trouvaient aussi le docteur Meziane Mustapha, responsable sanitaire de la willaya 3, deux commissaires politiques, dont l'un devait succomber des suites de ses blessures, et quelques infirmiers. "
[Loin de " faire un sort définitif à toutes les hypothèses répandues ces derniers mois par une certaine presse ", comme le dit également la note du gouvernement d'Alger, la nouvelle de la découverte du corps de Raymonde Peschard à l'issue d'un accrochage contribue à rendre plus obscure encore une affaire qui l'était déjà à plus d'un titre.
Tenue longtemps pour avoir été l'auteur de l'attentat commis au Milk-Bar d'Alger, Raymonde Peschard était considérée comme étant en fuite. Son cas fut évoqué en juillet dernier au " procès des libéraux ", certains des inculpés étant accusés de l'avoir hébergée.
À cette occasion le procureur déclara, après l'Écho d'Alger, que la militante communiste bénéficiait d'un non-lieu posthume. C'était la disculper, mais aussi laisser entendre que, arrêtée ou non, Raymonde Peschard était morte, ce qui avait permis effectivement certaines interprétations.
Le fait que son cadavre soit aujourd'hui retrouvé prouverait, ou bien qu'arrêtée elle s'est évadée, ou bien qu'après les accusations dont elle était l'objet elle a rejoint un maquis, où elle demeurait depuis lors. Cela n'explique pas qu'un magistrat ait parlé à son sujet de non-lieu " posthume ".]
Le Monde
Histoires d'Algérie - Connaissez-vous Raymonde Peschard, militante communiste algérienne tuée au maquis avec des camarades de l'ALN le 29 novembre 1957?
ARCHIVES du Journal Le Monde:
 
Le corps de Raymonde Peschard a été découvert parmi des cadavres de rebelles
Le 29 novembre 1957,
Alger, 28 novembre. - Une note remise à la presse ce matin par le gouvernement général d'Alger, a annoncé que le corps de la militante communiste Raymonde Peschard avait été découvert parmi des rebelles décimés le 26 novembre dans un engagement près de Mediana, au Nord-est de Bordj-Bou-Arreridj, dans le Constantinois.
Voici l'analyse de cette note transmise par l'A.F.P. :
" Le 26 novembre, une opération éclair sur renseignements était menée par le lieutenant-colonel Sagalbe, commandant le quartier nord du secteur Hodna-Ouest avec la participation des unités de secteurs et comprenant des éléments du 49e bataillon de tirailleurs algériens, de l'escadron de gendarmerie mobile, des unités du 8e régiment de spahis algériens.
" Un groupe rebelle était repéré à quelques kilomètres au nord-ouest de Médiana ; après un engagement de courte durée une douzaine de hors-la-loi émergeaient des rochers et levaient les bras après avoir jeté leurs armes (3 pistolets mitrailleurs, 1 M.A.S. 36, 3 pistolets automatiques, 1 fusil de chasse). La surprise des fantassins fut grande lorsqu'ils virent arriver dans le groupe trois femmes : Danièle Minne, âgée de dix-sept ans, qui le 30 septembre 1956 et le 20 janvier 1957 était impliquée dans l'affaire des bombes du Milk-Bar et de l'Automatic ; Nefissa Hamouda, doctoresse, et Louise Attouche, infirmière. Raymonde Peschard, militante du P.C.A., dont le cadavre fut découvert quelques minutes plus tard, se trouvait également parmi les rebelles.
" Dans le groupe se trouvaient aussi le docteur Meziane Mustapha, responsable sanitaire de la willaya 3, deux commissaires politiques, dont l'un devait succomber des suites de ses blessures, et quelques infirmiers. "
[Loin de " faire un sort définitif à toutes les hypothèses répandues ces derniers mois par une certaine presse ", comme le dit également la note du gouvernement d'Alger, la nouvelle de la découverte du corps de Raymonde Peschard à l'issue d'un accrochage contribue à rendre plus obscure encore une affaire qui l'était déjà à plus d'un titre.
Tenue longtemps pour avoir été l'auteur de l'attentat commis au Milk-Bar d'Alger, Raymonde Peschard était considérée comme étant en fuite. Son cas fut évoqué en juillet dernier au " procès des libéraux ", certains des inculpés étant accusés de l'avoir hébergée.
À cette occasion le procureur déclara, après l'Écho d'Alger, que la militante communiste bénéficiait d'un non-lieu posthume. C'était la disculper, mais aussi laisser entendre que, arrêtée ou non, Raymonde Peschard était morte, ce qui avait permis effectivement certaines interprétations.
Le fait que son cadavre soit aujourd'hui retrouvé prouverait, ou bien qu'arrêtée elle s'est évadée, ou bien qu'après les accusations dont elle était l'objet elle a rejoint un maquis, où elle demeurait depuis lors. Cela n'explique pas qu'un magistrat ait parlé à son sujet de non-lieu " posthume ".]
Le Monde
Histoires d'Algérie - Connaissez-vous Raymonde Peschard, militante communiste algérienne tuée au maquis avec des camarades de l'ALN le 29 novembre 1957?
Histoires d'Algérie - Connaissez-vous Raymonde Peschard, militante communiste algérienne tuée au maquis avec des camarades de l'ALN le 29 novembre 1957?
Raymonde Peschard - Photo de Une, 22 mars 1957: document dans le volume 2 de "La Guerre d'Algérie. Sous la direction de Henri Alleg. Des promesses de Paix à la guerre ouverte". p. 472 (édition Temps Actuels)

Raymonde Peschard - Photo de Une, 22 mars 1957: document dans le volume 2 de "La Guerre d'Algérie. Sous la direction de Henri Alleg. Des promesses de Paix à la guerre ouverte". p. 472 (édition Temps Actuels)

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 08:02
Yoko Tsuno incarne un archétype rare dans la BD franco-belge. © Creative commons

Yoko Tsuno incarne un archétype rare dans la BD franco-belge. © Creative commons

« Je me lève avec Yoko, je m’endors avec Yoko. » À 91 ans, Roger Leloup continue de vivre au quotidien avec sa « fille de papier », qu’il a créée il y a cinquante-six ans. Auparavant, le dessinateur louait son crayonné au père de la BD européenne pour illustrer d’objets techniques les Tintin ou les décors architecturaux des albums Alix de Jacques Martin. Lorsque l’assistant demande en 1969 à Hergé de lui « redonner sa liberté » pour créer ses propres histoires, Georges Remi (de son vrai nom) lui assure qu’il ne lui a « jamais prise ». Mais il ne peut s’empêcher d’ajouter : « Faites attention, une femme dans la BD, ça n’a jamais marché. » Les 31 albums de Yoko Tsuno, électronicienne le démentent chaque jour.

Paru tout d’abord dans le journal Spirou, le personnage de Yoko détonne. Sur les 50 pages du magazine, la place est largement occupée par des héros masculins (Lucky Luke, Boule et Bill, Gaston Lagaffe…), excepté Natacha l’hôtesse de l’air hypersexualisée. Yoko, elle, ne minaude pas, ne porte jamais de décolleté plongeant ni de talons hauts, mais plutôt des combinaisons fermées jusqu’au cou. Elle manie les puces électroniques puis l’informatique avec brio et sait reconnaître un accélérateur de particules quand elle tombe dessus par hasard.

L’électronicienne tire à l’arc, maîtrise les arts martiaux et sait répliquer de manière cinglante à une remarque sexiste. Ces traits de caractère ont séduit toute une génération de gamines nées dans les années 1970-1980, que l’héroïne sino-japonaise a beaucoup marquées. Dès la parution de la première histoire, dans laquelle Yoko partage la vedette avec deux acolytes masculins, son personnage est plébiscité par les lecteurs. « Ça a tout bousculé », s’en amuse aujourd’hui Roger Leloup.

Loin des clichés genrés, une héroïne célibataire et scientifique, non sexualisée

« Ma première histoire avait un ton comique, un peu caricatural. Un courrier m’a fait changer de style, et j’ai stabilisé mon dessin vers le 7e album. Je n’ai jamais eu une approche sexuelle de Yoko. C’était comme une amie avec qui j’aurais aimé discuter, que je respectais. Et d’ailleurs on me parle souvent d’elle comme si elle existait ! »

Élevée par sa mère et ses tantes, alors que son père est prisonnier de guerre, Roger Leloup a voulu créer une sœur, une complice. Yoko partage ses passions de geek : l’auteur possède plusieurs titres de champions de modélisme, son héroïne pilote des avions, des fusées, une machine à remonter le temps. Inconsciemment, le scénariste s’attaque à l’un des plus gros clichés de l’éducation, dont les biais genrés empêchent de nombreuses filles de rêver à des carrières scientifiques. Aujourd’hui encore, elles ne représentent que 28 % des étudiants en sciences fondamentales et leurs applications.

Yoko Tsuno manie le laser, étudie le sang synthétique, recrée des typhons artificiellement. L’aventurière parcourt la planète et l’espace, sans esprit colonialiste de conquête, plus courageuse que ses deux confrères et copains, prudents ou pleutres. Elle mène la danse, décide, impose : un modèle féministe qui n’a pas d’équivalent à l’époque dans la bande dessinée franco-belge. Sans pour autant s’attribuer des caractéristiques virilistes.

Une autre représentation de la figure héroïque

« Elle maîtrise l’autodéfense, l’aïkido, qui est un art qui utilise la force de l’adversaire », insiste son créateur. Jamais dominante, empathique, toujours prête à accueillir l’ex-ennemi dans son camp, cette protagoniste propose une autre représentation de la figure héroïque. Elle ne regarde pas les victimes de haut, lie des liens quasi familiaux avec des aliens et des androïdes, sans hiérarchie de valeur. L’auteur développera d’ailleurs plus amplement son caractère et ses origines dans un roman l’Écume de l’aube (Casterman, 1991).

Jamais cantonnée à un rôle strictement féminin, Yoko deviendra mère d’adoption fortuitement, au bout du seizième album, sans pour autant se retrouver derrière les fourneaux ou entamer une romance mièvre. Rien n’altère sa passion pour les périples audacieux. Les injonctions classiques à la sexualité sont ici ignorées.

« Lui dire au revoir, mais pourquoi ? » s’étonne Roger Leloup quand on le lui demande alors qu’il travaille à un trente-deuxième opus édité fidèlement chez Dupuis. « Elle marche bien ! Ce n’est pas une question d’argent, mais elle m’a apporté un nom dans la BD. J’ai travaillé quinze ans chez Hergé, qui a fait Tintin. Moi c’est Yoko. Tant que le lecteur la réclame… Dans le prochain album, je détricote l’histoire de l’intelligence artificielle… » Tant que celle-ci ne s’empare pas de notre super-héroïne…

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 07:15
Des travailleurs indiens en Israël pour combler les postes des Palestiniens tués : comment New Delhi sacrifie sa population pour solidifier sa relation avec Tel-Aviv

Le gouvernement indien a assumé, début juillet, maintenir son partenariat économique avec Israël, malgré le génocide en cours à Gaza. Ce sont ainsi près de 20 000 travailleurs indiens, précarisés dans leur propre pays, qui sont partis sur place depuis novembre 2023, pour combler les postes laissés vides par des ouvriers palestiniens morts ou écartés des chantiers et du secteur de la santé.

L’Inde et Israël ont construit, au fil des dernières décennies, une alliance industrielle et idéologique – entre libéralisme et islamophobie – que le génocide en cours dans le bande de Gaza n’a nullement remis en cause. Tous deux nés sur les décombres de l’empire colonial britannique, les deux nations maintiennent divers partenariats économiques et diplomatiques.

Plusieurs milliers d’étudiants indiens s’inscrivent dans des universités israéliennes, tandis que New Delhi se fournit en drones militaires auprès de Tel-Aviv, comme l’ont illustré les attaques menées par l’Inde contre l’armée pakistanaise, en mai 2025. Lors d’une séance de questions entre le Parlement et les membres du gouvernement, le 7 août dernier, le ministre des Affaires extérieures indien, Shri Kirti Vardhan Singh, a assumé que New Delhi profitait de la disparition du peuple palestinien.

Près de 20 000 travailleurs indiens en Israël

Le ministre a ainsi annoncé, en réponse à une question posée par le député John Brittas, que près de 20 000 travailleurs indiens sont partis en Israël entre novembre 2023 et juillet 2025. Rien que sur ce dernier mois, 6 774 ressortissants ont investi le secteur de la construction et de la santé à la demande de Tel-Aviv.

« En outre, selon les informations disponibles, environ 7 000 ressortissants indiens ont été recrutés comme aides-soignants et environ 6 400 recrutés dans le secteur de la construction par des canaux privés, a ajouté Shri Kirti Vardhan Singh. Parmi eux, environ 220 travailleurs indiens sont retournés en Inde, principalement en raison de l’inadéquation des compétences et des barrières linguistiques. »

Ce flux de travailleurs entre les deux puissances alliées symbolise ainsi comment l’Inde n’a jamais cessé de soutenir Israël, malgré les crimes de guerre, la colonisation, la famine et le génocide perpétrés au sein des territoires palestiniens, de la bande de Gaza à la Cisjordanie. Pire, le gouvernement dirigé par Narendra Modi participe à l’effacement du peuple palestinien. Les travailleurs indiens viennent ainsi combler la main-d’œuvre palestinienne manquante, disparue suite à des mois de massacre et de persécutions.

 

Tel-Aviv a notamment annulé plus de 70 000 permis de travail accordés à des Palestiniens à partir d’octobre 2023, entraînant une pénurie de main-d’œuvre précaire dans plusieurs secteurs en tension. « Face à cette pénurie, l’Association israélienne des constructeurs a exhorté son gouvernement, en novembre 2023, à recruter des travailleurs indiens », résume le média Middle East eye. C’est ainsi que les négociations, entamées dès 2022, pour mettre en place un accord-cadre bilatéral, permettant aux ressortissants indiens d’accéder à Israël par le biais d’une migration réglementée, ont été rapidement conclues.

130 000 Palestiniens étaient employés en Israël

Le puissant Conseil central des syndicats indiens (AICCTU) avait pourtant mis en garde, dès novembre 2023, contre une possible intensification des départs de travailleurs vers Israël. L’organisation syndicale avait aussi fustigé le processus colonial en cours dans les territoires palestiniens, condamnant les victimes à devoir quémander du travail auprès de leurs bourreaux pour survivre.

« L’occupation coloniale de la Palestine a décimé son économie, provoquant des niveaux élevés de pauvreté et de chômage, et a rendu les Palestiniens dépendants d’Israël pour l’emploi, rappelait alors l’AICCTU dans un communiqué. Bien que les chiffres aient fluctué au fil du temps, en moyenne 130 000 Palestiniens étaient employés en Israël, le secteur de la construction représentant la plus grande part des travailleurs palestiniens, ces derniers représentant près de 65 à 70 % de la main-d’œuvre totale. »

Malgré cette alerte, la situation économique en Inde pousse des travailleurs en quête d’un meilleur salaire à accepter ces départs. L’Inde reste, après tout, le pays le plus inégalitaire au monde, alors que 5 % de la population possède 70 % des richesses. « Actuellement, la moyenne des salaires en Inde est seulement de 5 000 à 7 000 roupies (50 à 70 euros) par mois », fustigeait ainsi Rajiv Dimri, secrétaire général de l’AICCTU, à l’occasion d’un entretien publié dans nos colonnes le 8 juillet dernier.

La centrale syndicale avait alors réussi à rassembler près de 100 millions de manifestants, le 9 juillet dernier, pour protester contre la réforme du Code du travail soutenue par le gouvernement Modi. « Les travailleurs les considèrent comme des “codes de l’esclavage” au profit des grandes entreprises, résumait Rajiv Dimri. S’ils passent, les droits les plus fondamentaux de la classe ouvrière seront jetés à la poubelle, comme ceux de se rassembler, de se syndiquer, ou d’être reconnus, pour les nombreux travailleurs informels. »

« Une complicité de l’Inde avec la guerre génocidaire menée par Israël »

La confirmation de ce partenariat entre Tel-Aviv et New Delhi symbolise donc « à quel point l’Inde a déshumanisé et marchandisé les travailleurs », regrette l’AICCTU, au profit d’une politique autoritaire et libérale. De plus, rappelle la centrale syndicale, « une telle mesure constituerait une complicité de l’Inde avec la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestiniens et aurait naturellement des conséquences néfastes pour les travailleurs indiens de toute la région ».

Loin de s’en inquiéter outre mesure, le ministère des Affaires extérieures assume mettre en danger les travailleurs indiens. « Pendant le conflit en cours, un ouvrier agricole indien a été tué lors d’une attaque depuis le Liban en mars 2024, trois ressortissants indiens ont été blessés, l’un par des tirs de roquettes depuis Gaza le 7 octobre 2023 et deux autres lors d’une attaque depuis le Liban, aussi en mars 2024 », a énuméré Shri Kirti Vardhan Singh… sans pour autant remettre en question ce système qui signe l’arrêt de mort du peuple palestinien et la précarisation perpétuelle des travailleurs indiens sur l’autel du capitalisme.

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