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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 05:40
Week-end palestinien à Brest les 13 et 14 juin avec la troupe de danses de Dabkeh palestinienne
Week-end palestinien à Brest les 13 et 14 juin avec la troupe de danses de Dabkeh palestinienne
Week-end palestinien à Brest les 13 et 14 juin avec la troupe de danses de Dabkeh palestinienne
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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 05:36
La Palestine en Bretagne - étape morlaisienne les 18 et 19 juin de la troupe de jeunes danseurs de Dabkeh avec Kemper Balata, Morlaix-Wavel, l'AJPF
Photo de Matthieu Stervinou - représentation de la troupe de danse palestinienne à Quimper le 12 juin

Photo de Matthieu Stervinou - représentation de la troupe de danse palestinienne à Quimper le 12 juin

Photo de Matthieu Stervinou - représentation de la troupe de danse palestinienne à Quimper le 12 juin

Photo de Matthieu Stervinou - représentation de la troupe de danse palestinienne à Quimper le 12 juin

Photo de Matthieu Stervinou - représentation de la troupe de danse palestinienne à Quimper le 12 juin

Photo de Matthieu Stervinou - représentation de la troupe de danse palestinienne à Quimper le 12 juin

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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 05:32
Rouge Finistère - été 2026 - le journal de la fédération PCF du Finistère
Rouge Finistère - été 2026 - le journal de la fédération PCF du Finistère
Rouge Finistère - été 2026 - le journal de la fédération PCF du Finistère
Rouge Finistère - été 2026 - le journal de la fédération PCF du Finistère
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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 05:43
Campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine - les communistes engagés au côté du peuple palestinien
Les communistes finistériens engagés pour la solidarité avec le peuple palestinien!
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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 05:41
Maurice Audin, 69 ans après
Maurice Audin, 69 ans après
Maurice Audin, 69 ans après
Maurice Audin, soixante-neuf ans après
Il y’a soixante-neuf ans, au matin du 11 juin 1957, des parachutistes Français frappaient à la porte de Maurice Audin, à Alger. Maurice Audin avait vingt-cinq ans. Mathématicien, militant du Parti communiste algérien, il avait fait le choix d'embrasser pleinement le combat du peuple algérien pour son indépendance, ce combat qui était aussi le sien, celui d'un jeune homme enseignait en Algérie, qui y avait sa vie, sa femme Josette, ces trois enfants. Arrêté sous leurs yeux, il disparaissait dans les geôles de l'armée française. Sa famille ne le reverrait jamais.
Pendant plus de six décennies, le mensonge d'État a recouvert cette disparition. Pendant plus de soixante ans, ses proches, les historiens, les militants des droits humains ont dû se battre pour faire reconnaître ce qui s'était réellement passé. Maurice Audin n'avait pas disparu. Il avait été torturé et assassiné.
Cet après-midi du 11 juin, comme chaque année, l'association Josette et Maurice Audin s'est rassemblée au Père-Lachaise devant son cénotaphe. Une tombe sans corps. Un monument qui dit autant l'absence d'un homme que l'obstination de ceux qui ont refusé d'oublier.
À Bagnolet, nous avons notre propre lieu de mémoire. Le 7 juillet 2019, nous rebaptisions le parc du Château de l'Étang, parc Josette et Maurice Audin. Ce jour-là, Pierre Audin, leur fils, était parmi nous. Il est depuis disparu à son tour, laissant derrière lui le souvenir d'un homme qui avait porté toute sa vie le combat pour la vérité sur la disparition de son père et le combat inlassable de sa mère. Deux générations consumées par la même exigence de vérité.
Il a fallu soixante et un ans. En 2018, le président de la République Emmanuel Macron se rendait à Bagnolet, au domicile de Josette Audin, pour reconnaître enfin ce que sa famille réclamait depuis plus d'un demi-siècle : Maurice Audin avait été victime d'un « système légalement institué » permettant l'arrestation, la torture et la disparition forcée de milliers d'Algériens et de militants de l'indépendance. C'est dans ce salon, face à cette femme de quatre-vingt-trois ans qui avait attendu toute une vie, que l'État français admettait sa responsabilité.
Ce mot, « système », est essentiel. Il ne désigne pas une bavure, ni un acte isolé. Il désigne une politique organisée, assumée, couverte par les autorités de l'époque.
Deux autres vérités ont depuis émergé. Celle d'Ali Boumendjel, dont l'État a reconnu en 2021 qu'il avait été torturé et assassiné, et non suicidé, comme le soutenait la version officielle depuis 1957. Puis celle de Larbi Ben M'hidi, dont la France a admis en 2024 qu'il avait été assassiné par des militaires français.
Ces reconnaissances ont une immense valeur. Elles rendent justice aux familles. Elles brisent des décennies de déni. Mais elles posent aussi une question que l'on ne peut plus esquiver : combien de temps faudra-t-il encore ?
Le fichier tenu en 1957 par Paul Teitgen recensait 3 024 disparus pour la seule bataille d'Alger. Au rythme actuel, une reconnaissance tous les trois ans environ, il faudrait plus de neuf mille ans pour que chacun de ces dossiers reçoive une réponse officielle. L'absurdité de ce calcul dit tout des limites d'une approche au cas par cas.
Car Maurice Audin, Ali Boumendjel et Larbi Ben M'hidi ne sont pas des exceptions. Ils sont les visages les plus connus d'une réalité beaucoup plus vaste. La disparition forcée n'était pas une anomalie de la bataille d'Alger. C'était une pratique systématique, organisée, administrée. Chaque dossier renvoie aux mêmes méthodes, aux mêmes mécanismes, aux mêmes responsabilités.
La véritable leçon de l'affaire Audin n'est donc pas seulement la reconnaissance d'un crime. C'est la mise au jour d'un système. Et si la vérité sur Maurice Audin a fini par s'imposer, c'est qu'elle doit ouvrir la voie, pas refermer le dossier. La question que la République doit désormais affronter, c'est celle d'une reconnaissance globale, qui ne passe pas par une succession interminable de cas individuels mais qui nomme le système pour ce qu'il était.
Ce cénotaphe au Père-Lachaise, inauguré le 11 juin 2019, demeure à ce jour le seul monument en France dédié à un combattant de l'indépendance algérienne. Il est là, près du Mur des Fédérés, parmi les mémoires ouvrières et révolutionnaires que ce cimetière abrite. Ce n'est pas un hasard. Et ce n'est pas un aboutissement. C'est un point de départ. Un appel adressé à la République : la mémoire n'a de sens que lorsqu'elle s'accompagne de la vérité, et la vérité n'a de sens que lorsqu'elle vaut pour toutes les victimes, pas seulement pour celles dont le nom a traversé l'histoire.
Moh Djennane, militant communiste de la section de Bagnolet
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12 juin 2026 5 12 /06 /juin /2026 05:34
Rencontre avec les Palestiniens de Jalazone au local du PCF Pays de Morlaix

Solidarité des communistes avec la Palestine - Avec beaucoup d’émotion la semaine dernière, nous avons échangé pendant 1h30 au local du PCF à Morlaix avec les responsables des comités populaires des camps de réfugiés de Jalazone et de Balata en Cisjordanie, accompagnés par Saïd de l'AJPF, à l'initiative conjointe de Patrick Gambache et des Palestiniens. Un moment très fort qui permet de mesurer l'extrême dégradation des conditions de vie des Palestiniens de Cisjordanie sur le terrain, avec 80% de chômage dans les camps de réfugiés, incursions et exécutions par les Israéliens toutes les semaines dans les camps de réfugiés, torture systématique des prisonniers, sous le régime anti-démocratique de la détention administrative (pas de procès, d'avocat, d'information des familles et des incarcérés...). L'occasion pour ces militants du Fatah d'exprimer la valeur qu'ils donnent à la solidarité internationale des citoyens français et des communistes, et pour nous d'exposer nos différentes initiatives de solidarité avec le camp Palestinien du Liban de Wavel, avec le camp de Jalazone (dont l'implication dans la construction du jumelage et de la coopération décentralisée), avec la campagne 1 million d'oliviers pour la Palestine, et avec Gaza.

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 19:00
Gabriel Le Gall - Photo Le Télégramme

Gabriel Le Gall - Photo Le Télégramme

Nous avons eu la tristesse d'apprendre le 7 juin le décès de notre camarade de Roscoff Gabriel Le Gall, survenu à l'âge de 82 ans des suites d'un cancer.

Gabriel a été élu communiste à Roscoff pendant plusieurs mandats, pilier de la section PCF de Roscoff avec Yvette et René Le Bars, CDH de l'Humanité.

C'était un militant formé et convaincu, un artisan proche des gens et du terrain, très apprécié à Roscoff.

Il a aussi milité à Lorient, à l'époque avec Patrick Le Hyaric qu'il appréciait beaucoup. 

La section de Morlaix et la fédération du PCF Finistère expriment leur émotion d'apprendre le décès de Gabriel Le Gall, leur reconnaissance pour ses années d'engagement pour nos idées et nos combats, et leur témoignage de sympathie à toute sa famille, ses amis, ses camarades du secteur de Roscoff.

Un hommage lui sera rendu à Saint-Pol-de-Léon dans la salle de cérémonie des Pompes Funèbres Gouriou à 14h30 le mardi 9 juin.

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8 juin 2026 1 08 /06 /juin /2026 18:53
Résultats du vote des adhérents du PCF sur la base commune du 40e congrès au niveau national, dans le Finistère et sur la section de Morlaix



Adoption de la base commune - communiqué de la commission de transparence des débats

Les 4, 5, 6, 7 juin 2026, 37 286 communistes à jour de leurs cotisations et adhérents depuis plus de trois mois étaient appelés à voter pour choisir la base commune de discussion pour le 40e Congrès parmi les quatre textes proposés.

24 608 électrices et électeurs ont voté, soit 66% des inscrits. 481 bulletins blancs ou nuls et 24 127 suffrages exprimés, soit 98,05%, ont été recensés

Ce haut niveau de participation témoigne d'un fort engagement démocratique.

"Un communisme de conquêtes", le texte du Conseil national a obtenu 14 810 suffrages, soit 61,38 % des exprimés.

Les textes alternatifs ont respectivement obtenu :

  • "Pour battre l'extrême droite et ouvrir l'espoir. Communistes à l'offensive", 6 117 voix soit 25,35 %;
  • "Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme", 1 833 voix, soit 7,60% ;
  • "Résister et construire, une nouvelle page du communisme", 1 367 voix, soit 5,67 %.

Le texte "Un communisme de conquêtes" devient la base commune de discussion de l'ensemble des adhérentes et adhérents.

Désormais les communistes dans leur diversité sont appelés à se rassembler en se saisissant de la base commune, en la travaillant, en l'enrichissant de leurs contributions et amendements.

Ce travail débutera avec les congrès de section et de fédérations.

Il trouvera son aboutissement lors du congrès national qui se déroulera le 3, 4 et 5 juillet à Lille.

Marie-Jeanne Gobert

Présidente de la Commission au niveau du PCF

TELECHARGER LE TABLEAU DES RESULTATS
 
Voici le résultat du vote interne sur la base commune dans le Finistère: 
 
474 inscrits (cotisants à jour)
 
316 votants (66%)
 
8 blancs et nuls 
 
305 exprimés 
 
156 voix pour "Un communisme de conquête", proposition de base commune du conseil national (51,15%)
 
123 voix pour "Pour battre l'extrême-droite et ouvrir l'espoir communistes à l'offensive" (40,33%)
 
20 voix pour "Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme" (6,56%)
 
6 voix pour "Résister et construire, une nouvelle page du communisme" (1,97%). 
 
Nous pouvons nous féliciter d'une participation forte dans la fédérationpar rapport à des précédents scrutins internes. 
 
Merci à tous les animateurs de section pour l'organisation du vote et à tous les militants pour leur participation. 
 
Ces résultats feront l'objet d'un premier échange au Conseil Départemental du mercredi 10 juin à la MPT de Quimerc'h à 18h. 
 
Les congrès de section auront lieu en fin de semaine prochaine. 
 
Le congrès fédéral aura lieu le samedi 20 juin au Relecq-Kerhuon (salle de l'Astrolabe) de 9h à 18h. 
 
La commission du texte et la commission de candidature préalables au Congrès départemental auront lieu le mercredi 17 juin (à Brest pour la commission de candidature (en viséo, à 17h00, au Relecq-Kerhuon pour la commission texte pour ordonner les amendements des sections, à 18h normalement).
 

Les résultats au niveau de la Section PCF Pays de Morlaix

 

97 adhérents « A Jour de Cotisation » étaient appelés à s’exprimer par un vote pour choisir la base commune de discussion pour le 40e Congrès parmi les quatre textes proposés.

 

Les votes de 70 camarades ont été recensés au bureau de vote de la section les 6 et 7 juin 2026 : camarades venus voyer à la permanence de Lanmeur (10) ; camarades venus assister  à l’AG du samedi 6 juin (35) ou/et venus déposer leur vote le dimanche 7 juin ; camarades ayant votés par correspondance ; camarades ayant donnés procuration à un autre camarade pour voter en leur place.

Il faut d'abord se féliciter de la bonne participation au vote comme aux réunions programmées à Lanmeur (10 votants) comme à Morlaix (35 participants).

 

Les votes de 2 camarades ont été recensés à la Fédération : ce sont des camarades qui ont envoyés leur vote par correspondances à la Fédération.

 

Les résultats, au niveau de la section, sont les suivants :

 

Inscrits : 97

Votants : 72

Nuls : 1

Blancs : 1

Exprimés 70

Texte 1 (« Un communisme de conquête ») : 48 voix (68,57% des exprimés)

Texte 2 (« Communiste à l'offensive ») : 19 voix (27,14% des exprimés)

Texte 3 (« Stratégie Communiste ») : 2 voix (2,86% des exprimés)

Texte 4 (« Résister et construire ») : 1 voix (1,43% des exprimés)

 

Deuxième étape : congrès de section le samedi 13 juin

 

Une AG de Section se tiendra le samedi 13 juin au Local du PCF Pays de Morlaix.

Accueil : 8 h 30

Congrès : 9 h – 12 h

Merci d'y être nombreux.

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6 juin 2026 6 06 /06 /juin /2026 12:51

 

Publié le 05 juin 2026

Le Parti communiste français exprime sa profonde émotion après la découverte d’un corps qui devrait, selon toute vraisemblance, être celui de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis plusieurs jours. Nous adressons nos pensées à sa famille, à ses proches.

Mais aujourd’hui, l’émotion ne suffit plus.

Car ce que révèle l’affaire Lyhanna dépasse le cadre d’un fait divers tragique.
Elle met en lumière une contradiction devenue insupportable: jamais la protection de l’enfance n’a autant été proclamée priorité nationale ; jamais les professionnels, les magistrats,les associations et les familles n’ont autant alerté sur l’incapacité croissante des institutions à protéger effectivement les enfants.

Les éléments aujourd’hui connus sont accablants .

Depuis plusieurs années,des alertes, signalements,et procédures auraient concerné le principal suspect.
Plusieurs institutions ont été amenées à intervenir.
Pourtant, aucun dispositif n’a permis d’empêcher qu’une enfant de 11 ans perde la vie.

Il ne s’agit pas ici de désigner à l’avance des responsabilités individuelles.
Néanmoins, il est déjà possible d’identifier une responsabilité politique.

Lorsque les services de justice manquent de magistrats, lorsque les enquêtes s’accumulent faute d’effectifs suffisants, lorsque les délais deviennent incompatibles avec la protection immédiate des enfants, lorsque les dispositifs spécialisés sont insuffisants, lorsque les professionnels de la protection de l’enfance travaillent dans des conditions toujours plus dégradées, nous ne sommes plus face à des dysfonctionnements isolés.
Nous sommes face à une faillite structurelle.

Chaque année,des milliers de mineurs victimes de violences sexuelles voient leur parole se heurter à des procédures interminables.
Des plaintes sont classées sans suite.
Des enquêtes demeurent en attente.
Des familles restent sans réponse pendant des mois, parfois des années.

Dans le même temps, les gouvernements successifs continuent d’affirmer que la protection de l’enfance demeure une priorité absolue.
Une priorité se mesure aux moyens qu’on lui consacre.

Or, les choix politiques et budgétaires racontent une autre histoire.
L’affaire Lyhanna doit marquer un tournant.
Le Parti communiste français appelle à un plan d’urgence national pour la protection de l’enfance comprenant notamment :

  • le renforcement massif des moyens de la justice des mineurs et des services d’enquête spécialisés
  • ⁠le développement de structures spécialisées pour l’accueil et l’accompagnement des enfants victimes
  • ⁠une véritable coordination entre les institutions concourant à la protection de l’enfance
  • ⁠la mise en œuvre des préconisations formulées par la Ciivise
  • ⁠l’inscription de la protection de l’enfance au rang des priorités nationales avec les moyens humains et financiers correspondants.
  • Promulguer la loi-cadre intégrale proposée par la coalition féministe, contre les violences;
  • Mettre fin à l’impunité : établir une liste d’actes d’enquête minimaux sans lesquels le procureur ne pourrait pas classer sans suite une affaire ;

La mort de Lyhanna est le résultat d’un système qui proclame protéger les enfants mais qui ne donne aucun moyen pour le faire.
Une société se juge à la manière dont elle protège ses enfants.

Paris, le 5 juin 2026, 
Parti Communiste Français 

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6 juin 2026 6 06 /06 /juin /2026 06:04
Mort d’Areski Belkacem, artisan fantasque de la chanson - Clément Garcia, L'Humanité, 3 juin 2026
Mort d’Areski Belkacem, artisan fantasque de la chanson - Clément Garcia, L'Humanité, 3 juin 2026

Le musicien, âme sœur de Brigitte Fontaine pour laquelle il a composé des morceaux par dizaines, est décédé à 86 ans. Avec ses mélodies insaisissables, il était devenu une figure culte de l’avant-garde musicale.

« J’ai écouté tes maquettes et il faut que je te le dise : tu es complètement à contre-courant, tu prends tous les sens interdits, mais je vais bien sûr te produire. » La phrase du producteur Jean-Philippe Allard adressée à Areski Belkacem avant la sortie de son dernier album, le remarquable Long Courrier, pourrait résumer la trajectoire du musicien décédé mardi dans sa 87e année. Inclassable, intuitif, rétif à tout formalisme, l’homme dégageait une séduction immédiate et sa musique un parfum de mystère.

Sans s’exposer outre mesure, en toute discrétion, il aura entrepris un long vagabondage en territoires musicaux inconnus, défrichés avec sa muse et compagne Brigitte Fontaine pendant plus d’un demi-siècle. Areski, comme on l’appelle vite, se confiait volontiers sur son enfance passée à Versailles, ville des rois où il voit le jour en 1940 dans une famille de bistrotiers kabyles.

Chaque vendredi soir, le gamin trépigne d’impatience dans l’attente des concerts qui animaient le restaurant familial, avec des musiciens d’ici et d’ailleurs, rythmes chaabi et ritournelles de Trenet. Sans oublier les orgues de la cathédrale Saint-Louis qu’il allait espionner et dont les accords majestueux lui resteront en mémoire.

Rencontre sensible

Il entame sa vie de jeune homme en saltimbanque, s’essaye au théâtre et à différents instruments, jusqu’à faire la rencontre déterminante d’un camarade de régiment, Jacques Higelin, bientôt frère pour la vie. Ils enregistrent ensemble Higelin et Areski en 1969, premier album pour le jeune artiste d’une poésie surréaliste et d’une musique minimaliste. Dans la foulée, Higelin lui présente la jeune Brigitte Fontaine, déjà bien lancée.

Coup de foudre, comme nous le confiait la chanteuse : « J’étais présente à un enregistrement de Jacques Higelin et il y avait une voix et une musique tellement merveilleuses que je me suis mise à sangloter, moi qui ne pleure jamais. Je suis sortie du studio à cause de l’émotion », se souvenait-elle. Cette rencontre on ne peut plus sensible liera indéfectiblement les deux amants et âmes sœurs, tandem mythique de la chanson dont l’émulation ne cessera de fasciner.

Areski se dévouera à la cause Fontaine, composant pour elle des musiques aussi géniales que fantasques. À commencer par celles de l’album Comme à la radio en 1970, avec les éminents jazzmen de l’Art Ensemble of Chicago, Joseph Jarman, Malachi Favors et Roscoe Mitchell, dont il découvre la musique lors d’un concert parisien. « Je me suis pris une claque. C’est toujours musical, avec une maîtrise incroyable de l’instrument. Il n’y avait rien à comprendre. J’appréciais beaucoup ça chez eux », nous confiait-il. Un fleuron de l’avant-garde musicale française, régulièrement cité comme référence dans les mondes pop-rock.

Éternel curieux

Avec Pierre Barouh, chansonnier et fondateur du label Saravah, le duo enregistre des albums fondateurs d’une esthétique loufoque, à l’esprit punk avant l’heure, étrange et envoûtante. « Le désordre, c’est l’équilibre, comme dans l’univers », disait-il. À Brigitte les textes, à Areski la musique, incisive parfois, onirique souvent, insaisissable toujours : Je ne connais pas cet homme (1973), l’Incendie (1974), le Bonheur (1975), et leur chef-d’œuvre Vous et nous (1977) avec le morceau Patriarcat, inusable manifeste féministe électro.

Ces années sont aussi celles de concerts prodigués un peu partout, dans des conditions de préférence précaires. Les années 1980 seront plus discrètes pour les amoureux qui remontent sur les tréteaux pour la pièce écrite par Fontaine, Acte 2. Il faut attendre les années 1990 pour que Fontaine et Areski retrouvent l’inspiration et enregistre une ribambelle d’albums qui marquent à nouveau l’époque : French Corazon (1990), Genre humain (1995), les Palaces (1997) et Kékéland (2001) en compagnie des New-Yorkais de Sonic Youth.

Bien qu’habitué à l’ombre, Areski était un musicien courtisé. Il a joué avec Barbara, Moustaki ou encore Sapho, dont il compose la musique de l’album Universelle. En 2004, cet éternel curieux reprenait le chemin de l’école en suivant les cours d’harmonie à la très sérieuse Schola Cantorum. « L’harmonie, c’est des mathématiques. Et moi, j’ai toujours été doué en maths. Il fallait que j’apprenne le classique de la musique, la grammaire, la syntaxe, l’orthographe », nous confiait-il.

Peut-être cette expérience le décidera-t-elle à enregistrer son premier album solo en 2010, le Triomphe de l’amour, sans toutefois cesser d’offrir ses mélodies vénéneuses à sa muse. C’est elle qui avait trouvé le titre de son second et dernier album, Long Courrier, invitation au voyage autant que missive adressée à celle qu’il aura aimée tout au long de sa vie d’un amour rare, intense et splendide.

Mort d’Areski Belkacem, artisan fantasque de la chanson - Clément Garcia, L'Humanité, 3 juin 2026
"En cette année 1969, Higelin enregistre au Studio des Abbesses un nouveau disque pour Saravah où il chante un texte en vers libres de Brigitte: "Je veux des coupables". Higelin ne s'est pas lancé seul dans ce projet d'album: il l'enregistre en collaboration avec Areski Belkacem, un musicien d'origine kabyle qu'il a rencontré pendant son service militaire en Allemagne, quelques mois avant de partir pour l'Algérie... Ensemble, ils ont arpenté le Maroc jusqu'aux portes du désert, dans un véritable voyage initiatique à la rencontre des musiciens mystiques gnawas.
Percussionniste, batteur et guitariste, Areski est aussi un mélodiste inspiré. Depuis l'enfance, il baigne dans une atmosphère musicale éclectique: il a grandi à Versailles, dans un restaurant où ses parents accueillaient fréquemment la crème des musiciens algérois (Lili Boniche, Blond-Blond et bien d'autres encore), et adolescent, il a fréquenté assidûment les répétitions de l'Olympia dans la grande salle de Cyrano: spectateur clandestin, avec la complicité des ouvreuses, il a pu ainsi observer en pleine séance de travail des artistes aussi divers que Piaf, les Beatles, Brel, etc. Avant son passage sous les drapeaux, il a écumé les clubs avec ses baguettes pour participer à des jam-sessions.
Depuis son retour d'Algérie, lorsqu'il ne part pas en tournée sur les routes de France avec des chanteurs en vogue, comme Christophe, il propose ses services de musicien polyvalent dans différents clubs de rock et de jazz tels que Le Chat qui pêche, le Golf Drouot et le Moka Café...
La chanson "Remember" composée par Areski sur le texte de son compère va marquer les annales en produisant l'effet d'une bombe lacrymo sur Brigitte. Bouleversée mais ravie, elle décide bientôt de confier au musicien un poème inédit, "L’Été, l'été"... Quelques jours plus tard, de nouveau terrassée par l'émotion, elle s'évanouit littéralement en l'écoutant chanter à la guitare sa composition...
Au fil des mois, Brigitte va nouer une amitié artistique profonde et fructueuse avec le compositeur, sans se douter que celui-ci deviendra quelques années plus tard son amant, puis son époux. Parmi les textes qu'elle lui confie bientôt se trouve une lettre destinée au chef de gare de La Tour de Carol... "
Benoît Mouchart, Brigitte Fontaine intérieur/extérieur, Le Castor Astral, 2011
Vont suivre grâce à leur collaboration de véritables chefs d’œuvre de chansons expérimentales, tendres, poétiques et subversives:
" Comme à la radio"
"Toujours au fond des cafés"
"Je ne connais pas cet homme"
"L'Incendie"
"Il pleut sur la gare"
etc...
Areski et Brigitte vont partir en Algérie en tournée ensemble dans les années 70, donnant des concerts à Alger, Constantine, Annaba, Blida, et Oran.
Areski est engagé dans les combats anticolonialistes, d'émancipation, pour le peuple palestinien et il va donner à Brigitte, cette fibre militante dans les années 70
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