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Walden Gautier, Dugudus, l'artiste auteur de l'affiche du 80e anniversaire de Châteaubriant, et Jean-Luc Le Calvez
Parti Communiste Français
Section de Morlaix
2 Petite Rue Callac 29600 MORLAIX – tel : 02 98 88 30 35
Mel : pcf-morlaix@wanadoo.fr
Blog : http://le-chiffon-rouge-pcf-morlaix.over-blog.com/
UNE TRISTE NOUVELLE : notre camarade LE MOAL est décédé.
Notre camarade Paul LE MOAL, adhérent PCF depuis 1972 (adhérent section de Lanmeur) est décédé.
Paul était le conjoint d’Yvette LE MOAL quia été adjointe au maire de Plougonven durant 3 mandats.
En votre nom à tous, je présente à Yvette, son épouse, et à toute sa famille nos plus sincères condoléances.
Les obsèques se dérouleront le mardi 19 octobre à 14 h 30 au Centre Funéraire de Saint Thégonnec.
Attention, à la demande de Paul, il n’y aura pas d’avis mortuaire dans la presse.
Mais tout ami-e ou camarade qui le souhaite pourra assister aux obsèques.
Alors, merci à chacun, à sa manière et selon ses disponibilités de lui rendre hommage.
Attention, pas de fleurs mais des dons à la Ligue Contre le Cancer.
Fraternellement
Daniel RAVASIO
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Pendant la crise sanitaire, la reprise scolaire s’est faite dans des conditions déplorables : faible nombre d’élèves accueillis (15 %) dans des conditions ne permettant pas les apprentissages, protocole sanitaire inapplicable, élaboré par une entreprise privée et qui ne suit pas les recommandations du CHSCT. Les disparités territoriales sont énormes et l’enseignement privé profite de la situation pour attirer de nouvelles familles, accroissant ainsi les inégalités et affaiblissant le service public. Cette reprise met en place une responsabilité individuelle des choix et des actes en matière d’éducation. Loin de résoudre le problème des inégalités posé par l’école à distance, elle les accroît.
Notre école est en crise : l’interruption scolaire a mis en exergue et à amplifié les inégalités scolaires vécues depuis de longues années. Face à cette crise, Macron et son gouvernement proposent une réponse simple : en finir avec l’objectif d’égalité. Nous voulons au contraire construire un changement radical de politique, pour construire une école commune, pour toutes et tous : une école gratuite dans laquelle les enfants sont à égalité, faisant le pari que tous les jeunes sont capables d’atteindre un haut niveau de formation, de culture et de savoir, permettant à toutes et tous de maîtriser leur destin, individuel et collectif.
Cette période, qui a des conséquences sur l’ensemble de la société, dans tous les domaines, pose avec encore plus d’acuité la question centrale du rôle de l’école. Comment peut-elle donner aux citoyennes et aux citoyens de demain les moyens d’agir sur leur avenir, celui de leur pays, celui de la planète ? Cette réflexion ne peut être séparée de la lutte pour une société plus juste car cela seulement permettra, d’une part, aux apprentissages de ne plus être un enjeu de réussite et de survie personnelles et, d’autre part, la construction d’une société du XXIe siècle, au service de toutes et tous. L’heure est à un véritable plan d’urgence pour l’éducation.
Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.
+70 finisteriens en déplacement collectif a Châteaubriant. Quelques uns des camarades du PCF Finistère derrière le drapeau du PCF "région du Finistère" brodé a la main pendant le Front populaire, cache pendant l'occupation et confie a Piero Rainero par Marie-Corentine Tanniou, résistante communiste de Pont l'Abbe dans le pays bigouden
4 des 7 élus communistes brestois a Châteaubriant - 17 octobre 2021. Eric Guellec, Taran Marec, Sandra Le Roux, Anne-Catherine Cleuziou.
L'artiste Dugudus, auteur de l'affiche du 80e anniversaire, entre nos deux camarades de la section PCF de Morlaix Walden Gautier et Jean-Luc Le Calvez
Photo Jean-Luc Le Calvez, Fabien Roussel avec les secrétaires départementaux de Loire-Atlantique Véronique Mahé et Aymeric Seassau, et le responsable du musée de la Résistance Nationale
Ce fut une très belle journée, poignante et en même temps pleine d'un souffle de combativité pour faire vivre une France fraternelle, égalitaire, libre et généreuse, dans la poursuite du rêve des internés et fusillés de Châteaubriant, des milliers de résistants communistes déportés, fusillés, internés, torturés, combattants de l'ombre et de lumière, que nous célébrions hier pour la commémoration de l'exécution des 27 de Châteaubriant.
Photos de Jean-Luc Le Calvez, Ismaël Dupont, Véronique Mahé, Claude Quillec, et du PCF National
L'équipage du minibus de Morlaix - 2 autres voitures partaient de la région morlaisienne, et un minibus et une voiture de Brest, un car de Concarneau: + 70 Finistériens en tout en déplacement collectif à Châteaubriant
Les nord-finistériens étaient une trentaine à l'arrivée à Châteaubriant - ici au restaurant le Jal's
Les nord-finistériens étaient une trentaine à l'arrivée à Châteaubriant - ici au restaurant le Jal's
Avec Marie-Françoise Madec, Claude Quillec, Jeannine Daniel, Marion Francès et Ismaël Dupont et le drapeau de la Région du Finistère du PCF Pays Bigouden qui a traversé l'occupation caché chez des résistants, remis à la fédération du finistère par la résistante bigoudène Marie-Corentine Tanniou (confié d'abord à Piero Rainero)
Avec Ronan Sinquin, Ismaël Dupont, Piero Rainero et Marie-Françoise Madec Jacob et le beau drapeau du PCF Finistère datant du Front Populaire
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Pour les communistes, le climat doit être considéré comme un bien commun, géré par la communauté humaine mondiale.
Les sociétés doivent réduire toutes les énergies carbonées (gaz, charbon, pétrole) et organiser des mix énergétiques composés de ressources les moins productrices de gaz à effet de serre. Nous prônons le développement d’une industrie respectueuse de l’environnement et de la préservation des ressources naturelles en liaison avec des services publics nationaux de l’environnement et de l’écologie qui doivent coopérer entre eux au plan mondial.
Nous proposons de développer un nouveau mode de production et de consommation. Cela implique de nouveaux pouvoirs des salarié·e·s, des élu·e·s et des populations dans les décisions stratégiques des entreprises, des critères de gestion alternatifs, l’instauration de nouveaux mécanismes de crédit bonifié, ou pénalisé, sur critères sociaux et environnementaux. Cela implique également la mise en place de nouveaux indicateurs, au-delà de ceux du PNB et du PIB, pour mesurer le bien-être humain ainsi que des éléments de mesure de l’état de la nature.
Pour réussir la transition écologique, plusieurs orientations radicales doivent être mises en œuvre.
Nous proposons : le refus des accords de libre-échange de type Ceta et Mercosur et l’adoption d'une loi favorisant les circuits courts ; la création d'un pôle public de l'énergie pour une gestion 100 % publique ; une politique de nouvelle industrialisation écologique ; la mise en place progressive d’une sécurité d’emploi ou de formation écologique ; la priorité aux transports écologiques ; des logements et bâtiments et un nouvel urbanisme plus écologiques ; la baisse de la TVA jusqu’à 0 % sur tous les biens et services vertueux pour le climat ; un nouveau modèle de production agricole conjuguant l’impératif écologique à la nécessité de nourrir l’humanité ; la protection de la biodiversité dont nos forêts.
Des mesures ambitieuses dans tous ces domaines peuvent être financées par la création d'un fonds écologique et social de 100 milliards d'euros, abondé par la création monétaire des banques, ainsi que l’État et les entreprises. Il fonctionnerait avec une gouvernance démocratique associant élu·e·s du peuple, représentant·e·s des travailleurs et associations.
Il est possible de proposer des idées : cliquer sur le lien ci-dessous.
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Réussir la transition écologique
Les alarmes des scientifiques pleuvent comme à Gravelotte. La préoccupation liée au changement climatique est désormais dans toutes les têtes. Chacun essaye de modifier ses pratiques individue...
https://www.lafranceencommun.fr/reussir_la_transition_ecologique
Le grand retour des Vlog de Justin avec la journée de Fabien Roussel au salon d'élevage de Clermont Ferrand et la rencontre des jours heureux à Billom
Agriculture, Ruralité et alimentation au menu de la première rencontre des jours heureux à Billom, dans le Puy-de-Dôme
« Dimanche 17 octobre 2021, nous allons célébrer le 80e anniversaire de l’exécution de 48 otages à Châteaubriant, Nantes et au Mont-Valérien. J’avais 17 ans et j’étais internée comme eux, dans le camp de Choisel, à Châteaubriant, quand ils ont été fusillés comme otages en représailles, après que le lieutenant-colonel Hotz ait été abattu à Nantes. C’étaient des pères, des frères, des oncles, des cousins, dont le seul tort était d’avoir défendu leurs idéaux et refusé le joug allemand. 27 de mes camarades sont morts pour la France ce jour-là. Il y avait des jeunes, comme moi, qui auraient eu toute la vie devant eux. Comme Guy Môquet, qui s’était épris de moi
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Contrairement à nous autres, détenus, ils ont vite compris qu’ils allaient être exécutés. Mais ils n’ont pas cherché à se rebeller, à provoquer une mutinerie car ils savaient qu’elle se terminerait dans un bain de sang. Ils ont choisi de monter, le front fier, dans les camions, qui les menaient vers une mort certaine, en hurlant une Marseillaise, reprise par les 600 internés. Elle résonna dans tout Châteaubriant, ce mercredi, jour de marché. Comme elle me hante encore aujourd’hui. Ils voulaient que leur sacrifice bouscule les consciences et nourrissent un vent d’indignation et de révolte.
Partout, en France et dans le monde, on a entendu parler des fusillés de Châteaubriant. Hélas, cela n’a été que la première d’une trop longue série d’exécutions massives. J’ai perdu d’autres camarades. Mais je reste persuadée que le retentissement de ces exécutions a définitivement fissuré la politique de Vichy et l’image de l’occupant nazi aux yeux de la population.
De tout mon cœur, à bientôt 99 ans, je souhaite qu’on ne les oublie jamais et qu’on célèbre leur mémoire, de nombreuses décennies encore, bien après ma mort, comme ils nous l’ont demandé. »
Odette Nilès, officier de la Légion d’Honneur et présidente de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt.
Oui, ils sont devenus immortels ou intemporels car porteurs d’un combat de classe, du refus de l’oppression, de la soumission, toujours d’actualité, ici et dans le monde. Ils avaient en commun un idéal politique et c’est celui-là qui les a conduits à mourir pour lui. Mais leur objectif final était supérieur : c’était la liberté et la paix pour leur pays, la France.
Leurs dernières lettres sont porteuses d’espoir et irrémédiablement tournées vers l’avenir, vers la vie, vers des jours heureux. Les familles de fusillés, d’internés et de déportés qui ont créé notre Amicale en 1945, avaient ce même objectif de transmission et de construction pour l’avenir. Elles ont collecté chaque centime pour acheter, rénover, développer le site même de l’exécution devenu un musée, inauguré en 2001, porteur d’un projet mémoriel et vivant d’objets personnels des familles, d’anecdotes et de photos. Le projet pédagogique de collecte de terres de lieux d’internement, de déportation ou de résistance s’inscrit dans ce schéma avec des établissements scolaires qui collectent chaque année la terre et des données pour alimenter les 185 alvéoles du monument et la base de données numériques.
Demain s’écrit avec les lettres d’hier, les mots « résistance et détermination ». Voilà ce que l’Amicale, 80 ans après, continue à transmettre pour « rester dignes » de ces hommes, morts pour la France.
Notre association est fière d’organiser une cérémonie, largement rassembleuse, pour rendre un vibrant hommage de la Nation à ses fusillés, dimanche 17 octobre 2021 à Châteaubriant, à 14 h, avec plus de 200 jeunes scolaires, des milliers d’hommes et de femmes venus de toute la France, de l’Italie, de l’Espagne, de l’Algérie, des élus locaux ou nationaux de toutes mouvances, des parents, des grands-parents, des syndicalistes et des personnalités avec, entre autres, Fabien Roussel du Parti communiste français, Philippe Martinez de la CGT, des associations d’anciens combattants et de la mémoire, et tout cela sous le haut patronage de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants.
C’est la mémoire qui doit nous rassembler pour transmettre le flambeau de la résistance.
Carine Picard Nilès, secrétaire générale de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt.
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Le troisième rapport d’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital de 2018 n’a pas pu identifier d’effets économiques positifs, seulement une hausse gigantesque des dividendes versés aux ultra-riches. Le récit d’Emmanuel Macron s’effondre face à la réalité.
C’est une étude qui fait dérailler le récit gouvernemental. Le troisième rapport d’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital réalisé par France Stratégie a été publié ce 14 octobre et il tire un bilan très sévère de ces mesures. Le seul vrai effet est celui qui était attendu : l’augmentation de la fortune des plus riches. Pour le reste, l’impact sur l’investissement et l’activité, le rapport ne parvient pas à identifier des liens.
Rappelons que cette réforme de la fiscalité du capital s’appuyait sur deux mesures phares. D’une part, la suppression au 1er janvier 2018 de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et sa transformation en impôt sur la fortune immobilière (IFI), ce qui revenait à exonérer le patrimoine mobilier (actions, or, obligations, comptes divers) de cet impôt. D’autre part, la création d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus du capital, qui fonctionnait comme une forme de « bouclier fiscal » pour ces revenus et leur donnait un avantage fiscal considérable, pour les plus riches, face aux revenus du travail.
Par ailleurs, pour bien saisir la sévérité du rapport, dont les termes restent extrêmement prudents, il faut avoir en tête la composition du comité d’évaluation. Ce dernier a été construit sur mesure pour produire une évaluation positive. Il est formé d’économistes mainstream convaincus des effets bénéfiques de cette réforme, d’élus de la majorité, de représentants du Medef, de syndicats « réformistes » (CFTC et CFDT) et de fonctionnaires de la Banque de France ou de la Direction générale du Trésor. Autant dire que si ce comité avait été capable de démontrer le moindre effet macroéconomique positif, il ne s’en serait guère privé. Mais il n’en est rien.
Dans son avis, le comité ne peut donc écrire, presque désolé, que « l’observation des grandes variables économiques – croissance, investissement, flux de placements financiers des ménages, etc. –, avant et après les réformes, ne suffit pas pour conclure sur l’effet réel de ces réformes. En particulier, il ne sera pas possible d’estimer par ce seul moyen si la suppression de l’ISF a permis une réorientation de l’épargne des contribuables concernés vers le financement des entreprises ».
L’observation des grandes variables économiques – croissance, investissement, flux de placements financiers des ménages, etc. –, avant et après les réformes, ne suffit pas pour conclure sur l’effet réel de ces réformes
Comité d'évaluation de la réforme de la fiscalité du capital, 3e rapport, octobre 2021
C’est un véritable camouflet, même si le Comité appelle évidemment à la patience et envisage un effet à long terme du « ruissellement » défendu par le gouvernement et Emmanuel Macron, qui ont toujours prétendu que la fin de l’ISF et l’instauration du PFU étaient des armes pour l’investissement et pour l’emploi.
Mais derrière la glose un peu ennuyée du comité, il y a une réalité concrète : rien n’a changé dans les comportements macroéconomiques après la réforme. Et, partant, il n’est pas possible d’attribuer à ladite réforme la paternité de la baisse du chômage ou du niveau élevé du taux d’investissement, comme le font les représentants de la majorité.
Le comité affirme d’ailleurs qu’il n’y a pas eu d’impact de la réforme sur les fameux « départs » de personnes fortunées du pays, qui étaient une des raisons avancées régulièrement pour en finir avec l’ISF. Ces « départs » avaient commencé à ralentir dès 2013 et on ne constate pas « d’inflexion particulière » dans ce mouvement. Le comité signale certes une augmentation des « retours », mais à quoi servent ces calculs ? Le seul intérêt éventuel de l’analyse de ces mouvements est de connaître l’impact de ceux-ci en termes économiques. Or on sait depuis longtemps qu’ils sont nuls et le rapport vient le confirmer.
Le résultat est le même sur le PFU qui était censé permettre de dégager des fonds pour réinvestir dans les entreprises. Le comité ne peut qu’affirmer qu’il n’existe « aucun impact sur l’investissement et les salaires des entreprises détenues davantage par les personnes physiques suite au PFU ». Par ailleurs, la hausse des dividendes, sur laquelle on reviendra, s’est accompagnée d’une hausse de l’investissement immobilier, malgré le maintien de l’IFI. Le comité indique que pour les ménages qui ont vu leurs dividendes augmenter de 100 000 à un million d’euros en moyenne en 2018, l’augmentation de l’investissement immobilier a été de 150 000 euros.
La réforme fiscale a donc favorisé, outre les consommations de luxe, l’immobilier, dont la valeur est soutenue par les banques centrales. Bref, on est très largement dans l’investissement improductif, ce qui correspond, sans surprise, à la structure du capitalisme contemporain. On s’en doutait avant la réforme, on en a confirmation.
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Evolution des dividendes versés aux ménages © France Stratégie
À défaut d’un effet économique identifiable, la réforme a, en revanche, eu un effet sur le patrimoine et les revenus des plus fortunés. Et c’est même le seul effet que le comité est capable d’identifier avec certitude. Et les chiffres sont vertigineux. En 2018, les dividendes versés aux ménages résidant en France ont augmenté de 9 milliards d’euros sur un an, à 23 milliards d’euros, soit une hausse de 64 %. Et le flux s’est encore accru en 2019 de 1 milliard d’euros, avant de se stabiliser à ce niveau très élevé en 2020, en pleine crise sanitaire et alors que le gouvernement « demandait » de réduire ces versements.
Lorsque l’on dit « versés aux ménages », il faut savoir de quoi on parle : 45 % de la hausse de 9 milliards d’euros a été captée par 5 000 foyers qui ont vu leurs dividendes dépasser 100 000 euros par an, et 13 %, soit 1,2 milliard d’euros, ont été captés par 310 foyers, qui ont touché plus d’un million d’euros de dividendes par an. Il s’est ensuivi un creusement des inégalités au sein même de la classe la plus aisée, au bénéfice des 0,1 % les plus riches.
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Évolution des revenus © France Stratégie
Ce qui est important, c’est que le comité, malgré certains doutes, ne peut pas dissimuler le lien de cause à effet entre l’instauration du PFU et cette hausse des dividendes versés. « Les équipes de recherche sont à même d’établir l’existence d’un effet causal de l’instauration du PFU sur le versement de dividendes aux ménages », indique le rapport, qui enfonce le clou : « Le comité considère que la majorité de cette augmentation [des dividendes] a bien été causée par l’instauration du PFU. »
Une politique de classe, en dépit des évaluations
Bref, le principal effet de la réforme de la fiscalité favorable aux riches, c’est bien que les riches sont devenus plus riches. Pas étonnant, pourrait-on dire. Et pourtant, cette évidence a été combattue et est encore combattue aujourd’hui par la majorité présidentielle.
Cette dernière s’appuie sur une étude récente de la Direction du Trésor (le « rapport économique, social et financier 2022 », que l’on trouvera ici) pour affirmer que les plus pauvres auront le plus gagné sur le quinquennat. En réalité, cette mesure ne prend pas en compte l’effet d’accumulation provoqué par la réforme du capital.
Elle estime ainsi à 1,8 milliard d’euros par an l’effet de la réforme sur les 10 % les plus riches, ce qui correspond au « manque à gagner » fiscal. Mais comme on vient de le voir, l’effet sur les revenus des plus riches est beaucoup plus vaste et pourrait être près de quatre fois supérieur à ce chiffre. D’autant que l’étude de la Direction du Trésor n’inclut pas les effets sur ces mêmes ménages de la baisse de 50 milliards d’euros des impôts sur les entreprises et de sa conséquence sur les dividendes.
On pourra donc tordre les chiffres comme on voudra : Emmanuel Macron a été et reste le président des riches. Il est celui qui a le plus protégé la croissance des revenus des ultra-riches. Et cela en dépit même de l’évidence que les effets macroéconomiques de cette politique étaient nuls.
Certes, cette conclusion avait déjà été anticipée par beaucoup, y compris dans Mediapart, dès 2017. La structure intellectuelle de la « théorie du ruissellement » est celle du capitalisme du milieu du XIXe siècle, un capitalisme centré sur les produits de luxe et sur l’investissement direct des grandes fortunes.
Elle est inopérante dans un contexte de capitalisme ultra-financiarisé et où les capitaux circulent quasi librement. Les bénéfices dégagés par ces réformes ne se sont pas retrouvés dans l’économie française parce qu’ils sont allés là où les rendements sont les plus attrayants : à l’étranger, dans l’immobilier et dans les marchés financiers. L’incompréhension de cette réalité pourtant évidente est le voile qui permet de faire accroire à la classe moyenne qu’il faut épargner les plus riches. Et c’est pourquoi ce type de rapport, comme celui du comité d’évaluation, est important : il ne peut dissimuler le désastre économique et social de cette réforme. Et sape les bases de l’imposture.
Pourtant, Emmanuel Macron reste accroché à cette idée. Voici encore deux jours, le 12 octobre, lors de la présentation du « plan France 2030 », il avait encore fait l’éloge de cette réforme comme étant la source de la fin de la désindustrialisation en France. Le 1er mai dernier, ce même président de la République avait déjà fait ce lien en prétendant qu’avec l’ISF « les patrons se seraient carapatés ». Il en avait fait cette conclusion : « Heureusement que l’on a supprimé cette aberration » et qu’on « aurait dû le faire 10 à 15 ans plus tôt ».
Emmanuel Macron sur l'ISF pendant son entretien avec la PQR © Le Parisien
Les faits donnent donc désormais clairement tort à Emmanuel Macron. Un comité constitué sur mesure pour confirmer l’efficacité de la réforme en est incapable et ne sait identifier qu’un seul effet : l’enrichissement des plus riches. Tout le récit économique du gouvernement sombre alors. Mais il ne faut pas s’attendre à une remise en cause. Ce récit peut, comme le fait Bercy, s’accrocher à la dernière bouée de sauvetage du ruissellement : il faut encore attendre et, même, aller plus loin.
C’est d’ailleurs la seule concession que peut faire l’avis du comité : espérer que cela marche plus tard. Décidément, l’espoir fait vivre le capitalisme contemporain : outre l’innovation qui viendra nous sauver, il faut aussi attendre que les réformes portent leurs fruits…
En réalité, la seule vraie boussole de ce quinquennat, c’est cette réforme de la fiscalité du capital. Aucune crise, ni les « gilets jaunes », ni la crise sanitaire, n’a remis en cause la conviction profonde de l’exécutif sur ce point. En dépit de son impopularité, la fin de l’ISF est restée un point non négociable pour Emmanuel Macron. C’est donc ici qu’il faut chercher son identité politique et économique.
Au passage, on remarquera combien les « évaluations », jugées essentielles au moment de voter les réformes, relèvent de l’imposture. Lorsqu’elles ne vont pas dans le sens souhaité par le pouvoir, on se contente de les ignorer ou de demander plus de temps. Les mauvaises évaluations du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) ont conduit à sa pérennisation en baisses de cotisations.
Les travaux empiriques du récent « prix Nobel » David Card sur les vertus du salaire minimum sont ignorés par le pseudo-comité d’experts du Smic, comme ont été ignorées les études empiriques sur les effets de la baisse de la fiscalité du capital (notamment celle, célèbre, de Danny Yagan, publiée en 2019 dans l’American Economic Review, sur la réforme de 2003 aux États-Unis et qui prédisait les effets du PFU).
Si l’évaluation montre que des capitaux ne sont pas suffisamment injectés dans l’économie française, je proposerai de rétablir l’ISF
Marlène Schiappa en 2019
En 2019, sous la pression des gilets jaunes, le président de la République avait concédé qu’il se soumettrait à l’évaluation de la réforme de la fiscalité du capital. Laurent Saint-Martin et Benjamin Griveaux, député LREM, avaient, à l’époque, demandé de laisser passer deux ans. On y est. Marlène Schiappa va-t-elle proposer de rétablir l’ISF comme elle s’y était alors engagée ? « Si l’évaluation montre que des capitaux ne sont pas suffisamment injectés dans l’économie française, je proposerai de rétablir l’ISF », avait-elle alors affirmé.
Évidemment, on comprend la fonction de l’évaluation : c’est une façon de gagner du temps et de pérenniser des mesures qui, une fois en place, ne peuvent plus être remises en cause, car on ferait alors prendre des risques à « l’emploi ». C’est un piège politique qui s’apparente à une forme d’escroquerie. Dès 2018, chacun avait déjà les moyens de savoir que cette réforme de la fiscalité du capital était une mesure de classe et non une mesure économique. L’évaluation était donc de la poudre aux yeux et c’est ce que ce rapport confirme. Il n’aura aucun impact politique et n’en demande aucun.
Il n’empêche : dans un débat présidentiel où Emmanuel Macron va prétendre avoir pratiqué une politique redistributive et efficace, cette évaluation est un démenti cinglant. L’abnégation avec laquelle l’Élysée a nié l’histoire et les études économiques pour mener sa politique de classe avec la vieille ficelle du « ruissellement » ne fait guère du camp présidentiel celui de la « raison » comme il prétend l’être parfois.