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Nos camarades du PCF pays de Morlaix Jean-Luc Le Calvez et Marie Oster à la vente de l'humanité sur le marché de Morlaix ce samedi 7 février, ici avec notre ami Paul Dagorn. Tous les Humanité magazine ont été vendus, avec un dossier spécial sur le Groenland convoité par Trump.
Photos de Pierre-Yvon Boisnard : merci à lui
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1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire "Communistes" lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936
1-9 février 1936 (5)
Les factieux s’agitent
Pour le deuxième anniversaire du 6 février 1934, le comité régional de coordination PC/PS décide d’une série de meetings en région parisienne pour rendre hommage aux « morts tombés dans la lutte antifasciste » ; les noms des quatre manifestants progressistes tués sont : Vincent Perez, Maurice Bureau, Ernest Schnarbach, Louis Lauchin. Ces meetings sont prévus alors même que les milieux fascistes s’agitent à Paris : avocats d’extrême droite qui attaquent un confrère progressiste au Palais de Justice, défilé d’étudiants d’ultra droite au Quartier Latin, milices armées de « Solidarité française » paradant en uniforme à un meeting à Wagram, ouverture par les Allemands « d’une maison brune » à Paris. Les antifascistes s’organisent. « Un peu de poigne et tout rentrerait dans l’ordre. Mais quelle poigne peut-on attendre de ce gouvernement… », écrit l’Humanité. Un rassemblement est donc prévu dimanche 9 février place de la République, à 14 h, « pour barrer la route au fascisme ».
Le jour de la manifestation, un communiqué du PCF lance un dernier appel au « peuple de Paris, du Paris du 14 juillet 1789 et de la Commune de Paris » de venir nombreux à la République. Le texte se termine ainsi : « Avec nous, en avant pour la République française des soviets ! »
Marcel Cachin (9 février) appelle à relancer la souscription du Parti afin d’assurer aux 600 candidats communistes aux prochaines législatives un matériel « de propagande » efficace. Son article est ironiquement intitulé « L’or de Moscou ».
Gros succès dimanche 2 du cross de l’Humanité à La Courneuve ; on parle de 4 000 participants (« les sportifs ouvriers ») et de 35 000 spectateurs.
À l’occasion de la visite à Paris de Maxime Litvinov, ministre soviétique (commissaire du peuple) des Affaires étrangères, Marcel Cachin en une de l’Humanité du 3 février appelle la Chambre des députés à ratifier le « pacte franco-soviétique contre la guerre » (et à confirmer ainsi le traité signé à Moscou en mai 1935), alors que la droite et l’extrême droite déclenchent une violente campagne antisoviétique.
Long article (9 février) de Gabriel Péri intitulé « La paix, partout ! » ; il rappelle l’histoire de la politique communiste depuis le traité de Versailles, celle de l’URSS aussi « désireuse de vivre en bonne intelligence avec tous les pays », l’importance d’un pacte franco-soviétique (combattu par la droite), les différences de positions entre communistes et socialistes ; une analyse qui donne déjà toutes les clés pour comprendre ce qui adviendra trois ans plus tard, le pacte de non-agression germano-soviétique.
À Vienne, le parti communiste autrichien anime une radio clandestine, lançant des appels au front unique ; les émissions se terminent par l’Internationale ; la police n’a pas réussi à repérer la station.
Gérard Streiff
En politique, le compromis n’est pas un gros mot. On aime parfois dire que les communistes n’en font jamais. L’idée est flatteuse, mais fausse. Le compromis n’est pas inacceptable par nature. Il l’est lorsque ce que l’on abandonne dépasse largement ce que l’on obtient. Ainsi de ce texte.
Derrière l’appel à la responsabilité et à l’équilibre, le fond ne bouge pas : les privilèges demeurent intacts ; les impôts des plus riches restent au même niveau qu’en 2025, comme si elle n’avait pas été l’année des dividendes et rachats d’actions records - 107 milliards d’euros. Et le Medef surjoue son désarroi, alors que la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises (CEBGE) rapportera 500 millions d’euros de moins que l’an dernier...
La taxe sur les holdings, déjà vaporeuse, s’est complètement évaporée sous le patient travail de sape de la droite. Présentée comme l’alternative à la taxe Zucman, elle ne rapportera rien - ou presque.
Le pacte Dutreil reste le sanctuaire fiscal que vous avez tenu à protéger, allant jusqu’à utiliser le 49.3 pour supprimer l’amendement déposé par notre groupe et adopté par le Sénat puis par l’Assemblée nationale, qui visait à exclure les cryptoactifs du pacte Dutreil. Le message est limpide : pour protéger le capital, même les consensus parlementaires sont jetables.
Sur les 211 milliards d’aides publiques, pas question d’en interroger le coeur ni de renforcer l’information du Parlement, encore moins d’en conditionner l’usage... La seule lignée touchée, c’est France 2030, amputée de plus d’1 milliard. Ce qui prépare l’avenir disparaît en premier.
Sur l’école, 4 000 suppressions de postes sont programmées : une saignée. Les syndicats parlent de « politique sanglante ». Pourtant, la baisse démographique offrait une perspective historique : renforcer l’école où elle était plus fragile. Vous avez fait le choix d’une gestion comptable de l’éducation nationale.
Même logique pour le logement. Vous refusez un plan public de construction et de rénovation à la hauteur des enjeux. Vous refusez de soutenir le logement social, vous instaurez un statut du bailleur privé. Le logement demeure un terrain de rente ou de spéculation, quand il devrait être un droit.
Le décalage est criant sur les collectivités territoriales. Vous parlez d’un nouvel acte de décentralisation, mais celui-ci est précédé par une ponction de plus de 2 milliards d’euros sur les collectivités. Là où le service public recule, le privé lucratif s’engouffre. C’est la loi du vide. Les territoires en paieront le prix.
Au changement de méthode doit succéder le changement de politique. C’est ce que les Français expriment. Il ne faut pas plus d’habileté, mais une rupture.
Ne comptez pas sur les membres du CRCE-K pour accompagner cette illusion du changement, qui est un renoncement à l’idée que la politique peut et doit changer la vie.
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À l’occasion du grand meeting pour les libertés syndicales organisé ce soir par la CGT, le Parti communiste français affirme son soutien total à la CGT et à l’ensemble du mouvement syndical, aujourd’hui en première ligne face à une offensive d’ampleur contre les droits et libertés syndicales.
La réalité est connue : la répression syndicale explose depuis les lois travail. Et depuis 2023, plusieurs dirigeant·es confédéral·es de la CGT ont été visé·es par des procédures judiciaires, tandis que des centaines de militant·es syndicaux·ales sont inquiété·es, poursuivi·es ou sanctionné·es pour avoir exercé leurs mandats et défendu les salarié·es.
Cette offensive a franchi un nouveau seuil avec la mise en examen de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, pour des propos dénonçant le chantage patronal. Mettre en cause pénalement une dirigeante syndicale pour avoir décrit une réalité sociale, c’est attaquer tous les travailleurs et travailleuses !
Le pouvoir macroniste porte une lourde responsabilité dans cette dérive autoritaire : en criminalisant les luttes sociales et en laissant prospérer la répression syndicale, il protège les intérêts du capital au détriment des droits et libertés.
Le PCF dénonce une instrumentalisation de la justice au service des intérêts patronaux, visant à intimider, isoler et affaiblir les organisations syndicales. Cette stratégie est claire : faire taire celles et ceux qui résistent aux politiques antisociales et à l’exploitation.
Nous l’affirmons avec force : s’attaquer aux syndicats, c’est s’attaquer à la démocratie. Le droit de s’organiser, de manifester, de s’exprimer et de lutter n’est pas négociable.
S'attaquer aux syndicats, ainsi qu'aux associations, c'est aussi affaiblir l'État de droit à l'heure où l'extrême droite et la droite extrême sont à l'offensive contre la République.
Le Parti communiste français appelle à une riposte unitaire, massive et offensive pour :
Quand on réprime les syndicats, on protège les profits.
Quand on défend les syndicats, on défend la classe travailleuse.
Le PCF sera de tous les combats pour que le mouvement social ne soit ni intimidé, ni muselé !
Paris, le 4 février 2026
Parti communiste français.
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1936 fut une année magnétique, l’année du Front populaire ! Notre hebdomadaire "Communistes" lui rend hommage en évoquant, chaque semaine de 2026, des événements survenus la semaine équivalente (ou presque) de 1936.
Vers la réunification de la CGT
« Il n’y a plus qu’une seule CGT », titre l’Humanité du 29 janvier. En prévision de son congrès d’unité de Toulouse (mars), le comité confédéral national a désigné, la veille, le bureau provisoire de la CGT réunifiée. Dans un article du 31, Benoit Frachon écrit : « Pendant le mois qui nous sépare du congrès, les assemblées syndicales vont se réunir pour étudier les problèmes qui seront débattus à Toulouse. Sur certains d’entre eux des opinions diverses se feront jour. Elles exprimeront les courants d’idées qui existent dans le mouvement ouvrier. Mais nous connaissons assez les travailleurs de notre pays pour savoir que, le plus souvent, ces discussions se dérouleront sans passion partisane. Chacun s’efforcera de convaincre son camarade de la justesse de son opinion. Chacun fera son possible pour faire triompher, dans le cadre de la démocratie syndicale, les conceptions qu’il estime être les meilleures. »
29 janvier encore : Message de Georges Dimitrov pour le soixante-dixième anniversaire de Romain Rolland : « Je vous envoie mes meilleurs souhaits, à vous l’écrivain mondial, le maître de la littérature, l’ami fidèle de l’Union Soviétique et des travailleurs du monde entier ; le combattant inlassable contre la guerre, le fascisme et la réaction ; le défenseur inébranlable des victimes de l’oppression et de l’asservissement capitalistes, dont le nom glorieux est prononcé avec amour et espoir par les prisonniers languissant dans les cachots fascistes : Thaelmann, Ossietsky et Ludwig Renn ; Gramcsi et Terraccini ; Rakosi, Antikainen, Itsikava, et par des milliers d’autres prisonniers du fascisme et de la réaction dans les pays capitalistes. »
Un hommage à Romain Rolland est rendu à la Mutualité pour son 70e anniversaire Le meeting est sous la présidence d’André Gide. Parmi les orateurs, Aragon, Jean-Richard Bloch, Léon Blum, Marcel Cachin, Jean Guéhenno, Paul Langevin, Paul Vaillant-Couturier. L’historien Michel Winnock y voit « l’acte de naissance du Front populaire ».
Ces jours de fin janvier, deux questions reviennent assez régulièrement dans la presse : la montée du mouvement revendicatif (grève des traminots de Lille-Roubaix-Tourcoing ; mineurs d’Isère ; métallos de St-Nazaire, dockers de Marseille, tisseurs du Nord) ; et les provocations répétées des groupes fascistes. Le chef des Croix-de-Feu, La Rocque, traite le nouveau gouvernement (le ministère Sarraut) de « fumier » et déclare « qu’il préparait un coup dur pour qu’il n’y ait pas d’élection ». La gauche demande l’application rapide de la loi d’interdiction des ligues.
Au plan international, à noter la visite à Londres du Soviétique Toukhatchevsky, commisaire du peuple (ministre) à la Défense, et les victoires des communistes chinois dans plusieurs régions du pays.
Gérard Streiff
𝗔𝗘𝗦𝗛 : 𝗢𝗻 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘀𝘁𝗿𝘂𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗲 𝗶𝗻𝗰𝗹𝘂𝘀𝗶𝘃𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗹’𝗲́𝗽𝘂𝗶𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗹’𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́
Ismaël Dupont l’a rappelé en séance : les AESH sont des piliers de l’inclusion scolaire.
Chaque jour, elles et ils permettent à des élèves en situation de handicap d’apprendre, de gagner en autonomie, et de trouver leur place à l’école — avec les familles, les enseignants, la vie scolaire.
Et pourtant : salaires trop bas, temps incomplets, conditions d’exercice difficiles.
La réalité est là : l’inclusion progresse, mais l’État continue de faire tenir le système sur des professionnelles (majoritairement des femmes) maintenues dans la précarité.
Reconnaissance, statut, formation, rémunération : il faut des décisions à la hauteur.
AESH, accompagnants d’élèves en situation de handicap.
Sylvie, Catherine, Véronique, Karine, Anne-Laure, Patrice, Tanguy, etc, tellement d’engagement humain et professionnel, de savoir-faire, de bienveillance, de compétence, d’humanité, de qualifications antérieures, pour faire progresser et permettre l’inclusion scolaire et la réussite d’enfants porteurs de handicap, tellement de professionnalisme, d’investissement dans la vie de mon collège.
Je travaille avec bonheur à leur côté au collège Pierre Mendès France de Morlaix depuis 10 ans. Et depuis 10 ans, notre équipe d’AVS, puis d’AESH, témoigne d’ailleurs d’une rare stabilité, pour un métier pourtant exigeant et difficile, et mal payé. Quasiment jamais absents, toujours volontaires pour participer à la vie du collège, aller au devant des besoins pédagogiques des élèves, communiquer avec les parents, les enseignants, la direction, la vie scolaire.
C’est comme ça partout, dans tous les collèges, ce sont des personnes et des fonctions extrêmement précieuses, devenues indispensables à la vie de nos collèges. Ce sont des membres à part entière de nos équipes éducatives.
Nationalement, la situation est plus compliquée : entre 2020 et 2023, pourtant, selon un syndicat, la CFDT, un tiers des AESH aurait démissionné.
850 euros net en moyenne, 1000 euros par mois après 10 ans d’ancienneté pour certains.
Des salaires qui permettent difficilement de finir le mois quand on vit seul avec ses enfants, notamment, et il faut rappeler cette profession est majoritairement féminine.
Plusieurs AESH ont par ailleurs eux-mêmes des situations de handicap ou des problèmes de santé.
Cette stabilité dans l’emploi malgré des faibles salaires témoigne du sens que ces professionnels donnent à leur métier et de la satisfaction qu’ils ont de l’exercer malgré tout grâce à sa dimension humaine, eux qui sont pleinement impliqués dans leur mission, pratiquant l’auto-formation, la recherche d’outils pédagogiques.
Ces maigres salaires pour des accompagnements de 24h/semaine (62 % d’un temps complet), et l’explosion des besoins suite à des évaluations plus systématiques des handicaps et difficultés, font que cette année, à la rentrée 2025-2026, 520 000 élèves porteurs de handicaps étaient scolarisés, dont 355 000 faisant l’objet d’une notification MDPH.
Mais 50.000 élèves porteurs de handicap étaient encore en attente d'un tel accompagnement d’AESH à l’échelle nationale.
Les AESH favorisent l’acquisition des connaissances mais aussi des compétences psycho-sociales indispensables pour s’intégrer ensuite à la vie sociale et professionnelle, cela malgré des handicaps de départ parfois lourd. Ils œuvrent au lien de confiance entre les parents et l’école.
Ce sont les piliers d’une école de plus en plus inclusive pour les élèves porteurs de handicap.
Dans le Finistère, le nombre total d’élèves scolarisés dans un établissement scolaire a nettement progressé entre 2014 et 2023, bien plus qu’au niveau régional : + 66,4 % contre + 53,6 % en Bretagne (selon les chiffres de la CREAI Bretagne)/ En 20 ans, depuis la loi Chirac de 2005, le nombre d’élèves en situation de handicap et à besoins particuliers scolarisés a triplé.
Leur mission réclame pour être bien exercée beaucoup de disponibilité, d’écoute, mais aussi beaucoup de finesse, de doigté, de diplomatie, de psychologie, d’esprit d’adaptation aux exigences et attentes des professeurs, comme aux particularités des élèves. Ils accompagnent couramment 3 ou 4 élèves par semaine, parfois jusqu’à 10.
Savoir être utiles à l’élève et répondre à ses besoins d’accompagnement objectivés dans la notification de la CDAPH sans faire à leur place, en les accompagnant vers plus d’autonomie, sans que ceux-ci aient l’impression d’être trop différents dans leur environnement classe.
Dans ces conditions, nous sommes consternés et scandalisés que la proposition de loi pour intégrer les AESH dans la fonction publique avec un temps de travail normal inférieur à la durée légale de 1607 h annuelles n’ait pas été retenue au niveau du Sénat suite au refus de la majorité de droite d’intégrer ce progrès social. La droite sénatoriale, soutenue par le ministère, a fait le choix du mépris par rapport aux attentes légitimes des 145 000 AESH (4000 en Bretagne, 1000 dans le Finistère)
"L'école inclusive est au bord de l'implosion. Il y a urgence", s'était alarmée la sénatrice socialiste Marie-Pierre Monier, signataire de cette proposition de loi. Son texte proposait de créer un "corps de fonctionnaire d'État de catégorie B pour les AESH", impliquant notamment une "formation théorique" et surtout "une rémunération sur la base d'un temps plein".
Le coût de cette mesure, évalué à 4,3 milliards d'euros par le ministère de l’éducation nationale d’Edouard Geffray, a été avancé pour justifier son rejet, malgré les protestations de la gauche au Sénat.
Ce refus de fonctionnariser les AESH, cette volonté de les cantonner dans le précariat, n’est pas admissible quand on connaît sur le terrain le caractère absolument indispensable de leur rôle pour l’inclusion des élèves et le fonctionnement de l’école.
De plus en plus, avec les PIAL, les AESH peuvent être sur plusieurs services dans plusieurs établissements, peuvent être mutés d’un établissement à l’autre, parfois pas sur le même cycle scolaire, au cours même de l’année. En Ille-et-Vilaine, le rectorat prétendait même pouvoir les affecter à 50 km de leur établissement d’origine et lieu de vie, malgré la cherté des transports et les difficultés d’organisation avec ces bas salaires. Ceux qui refusaient perdaient leur statut.
Citons aussi le scandale qu’il y a à déléguer aux communes le soin de payer les AESH dans le 1er degré sur les temps méridiens du midi.
Nous attendons beaucoup de la conférence nationale du handicap qui commence avec des comités de pilotage cette semaine et va durer plusieurs mois pour une amélioration véritable du statut des AESH. Car l’école inclusive ne peut reposer sur la précarisation durable de près de 150 000 agents, en grande majorité des femmes.
Leurs qualifications, la pénibilité du métier, leur expérience, leur professionnalisme doivent être reconnus à leur juste mesure !
Le handicap est présenté comme la priorité du mandat. Nous avons les compétences pour accompagner les enfants et les adolescents. Nous devons collectivement nous mobiliser pour consolider ce maillon incontournable d’une société inclusive.
Ismaël Dupont, Conseiller départemental Finistère & Solidaires et communiste du canton de Morlaix
Ismaël Dupont est également intervenu sur la problématique du transport et sur la transmission des rapports d'activités des DTAS:
" Une nouvelle fois, M. le Président, vous avez critiqué dans votre introduction, les choix de la majorité du Conseil Régional de Bretagne dont la vie quotidienne des Finistériens va pourtant bénéficier.
Le Versement mobilité régional et rural de la région est un dispositif de droit commun existant depuis 2021, optionnel (avec au taux maximum fixé à 0,15 % pour ce versement mobilité).
L'inscription dans la législation de cette taxe est notamment liée au travail de Jean-Luc Gibelin, vice-président transports communiste de la région Occitanie.
D’autres régions l’ont actionné avec la région Bretagne.
La taxe transports de la région Bretagne pour les entreprises de plus de 11 salariés, avec une recette de 30 millions d’€, est un levier important pour consolider et accroître l’offre de transport en commun de proximité sur les trajets domicile travail, accompagner sa montée en puissance.
Le développement du transport en commun, la décarbonation de nos déplacements, notamment, domicile-travail, sont des conditions nécessaires indispensable pour lutter contre le dérèglement climatique dont les effets se font sentir dans le Finistère, et plus encore dans les années à Venir.
Samedi rassemblement à l’initiative de la CGT en gare de Morlaix pour la relance de la ligne Morlaix-Roscoff nous y serons.
On parle de 40 millions d’euros d’économie pour la Région imposés par la purge imposée par l'Etat et la baisse des recettes. Or 25 % du budget est consacré aux mobilités. Près de 500 millions d’€
Breizh Go Nord Express, 109 arrêts supplémentaires entre Brest et Morlaix à compter de sept 2026, 3 rames supplémentaires pour un coût de 18 millions d’€
Il est pas anormal que les entreprises et les employeurs contribuent aux infrastructures qui permettent les déplacements et la mobilité de leurs salariés. Qu’elles contribuent aussi au développement des infrastructures de transport nécessaires pour recruter des employés, soutenir leur pouvoir d’achat, et limiter les émissions de CO2 qui provoquent le dérèglement climatique.
L’État nous encourage verbalement à mettre + de cars et de trains sur les trajets domicile travail mais pas de moyens supplémentaires. En dehors du versement mobilité, nous n’avons pas beaucoup de leviers."
Et sur la question des transmissions des rapports d'activités des services et des CDAS et DTAS:
Dans la continuité des interventions de mes collègues Armelle Huruguen et Gaëlle Zaneguy tout à l’heure, nous estimons que, en tant que conseillers départementaux et membres de la Commission Action Sociale, nous devrions avoir davantage de données brutes et d’éléments de diagnostic issus des CDAS, de rapports d’activités de nos administrations territoriales, pour fonder notre analyse et nos interventions.
Pour suivre l’évolution des besoins sociaux sur nos territoires et l’activité des services.
Auparavant, les séances plénières du Conseil départemental, qui duraient il est vrai plus longtemps, s’appuyaient sur les rapports d’activité de nos directions de service.
Nous aimerions avoir les bilans d’activité des 3 DTAS qui produisent de la donnée et de l’analyse.
Comment évoluent les besoins sociaux des Finistériens ? Pouvoir s’y pencher et en débattre.
On n’a pas de baromètre, les repères, pour objectiver les constats que nous pouvons faire sur les tendances observées sur le terrain.
Nous aurions besoin d’un bilan territorialisé de l’action sociale pour faire évoluer le service public départemental au service des finistériens."
𝗠𝗗𝗣𝗛 : 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗿𝗲́𝗽𝗼𝗻𝘀𝗲𝘀 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝗰𝗰𝗲𝘀𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘁𝗼𝘂𝘁𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝘁𝗼𝘂𝘀
Isabelle Maugeais interpelle la majorité, un service public essentiel ne se résume pas à des délais. La qualité, l’équité et la cohérence des décisions sont tout aussi déterminantes.
Quand des dossiers deviennent irrecevables, ce sont des démarches qui recommencent et des familles qui s’épuisent.
Quand des situations similaires reçoivent des réponses différentes, c’est la confiance qui recule.
Ce que nous demandons :
- renforcer la proximité (permanences dans les CDAS et Maisons France Services), sans attendre,
- renforcer l’accompagnement humain au remplissage des dossiers, notamment le “projet de vie”,
- veiller aux conditions de travail des agents, pris entre hausse des demandes et pression sur les délais.
Notre ligne est simple : des ouvertures de droits plus rapides, mais surtout justes, personnalisées et compréhensibles.
Intervention sur le handicap en Finistère CP SP du 5 février 2026
Monsieur le Président,
Chers collègues notre groupe « Finistère et Solidaires » nous souhaitions échanger sur la MDPH, service essentiel pour les milliers de Finistériennes et Finistériens en situation de handicap.
Nous nous réjouissons bien sûr de la baisse des délais de traitement. C’est une avancée pour les Finistériens en situation de handicap qui attendent des réponses essentielles pour leur vie quotidienne.
La situation reste préoccupante avec une tendance à la hausse ces dernières années.
Surtout, au-delà des chiffres, nous devons nous interroger sur la qualité du service rendu. Car il s’agit du quotidien de Finistériens vulnérables, et nous devons garantir à la fois rapidité et justesse des décisions.
Deux indicateurs nous alertent particulièrement :
L’augmentation du nombre de dossiers irrecevables : de 317 en 2020 à 1 483 en 2024. Soit une multiplication par 4.7 en quatre ans.
Derrière ces chiffres, ce sont des familles découragées, des démarches à recommencer.
La chute du taux d’accord : de 84,5% en 2020 à 75% en 2024. Nous avons perdu près de 10 points en quatre ans, nous qui étions largement au-dessus de la moyenne nationale.
Des situations concrètes nous interpellent :
Des professionnels nous font remonter que des enfants ayant des problématiques similaires et permanentes se voient attribuer des droits différents. Comment expliquer ces disparités de traitement ?
Plus préoccupant : nous constatons des baisses de droits AESH pour des enfants dont les besoins sont pourtant permanents. Comment justifier qu’un enfant avec des problèmes constants voie son accompagnement diminuer ?
La recherche de rapidité ne conduit-elle pas à une standardisation des réponses, au détriment d’une évaluation personnalisée ? La rapidité ne doit jamais se faire au détriment de la justesse des décisions.
Nous soulignons l'avancée que propose la Délib 4 de la CP de toute à l'heure pour l'enregistrement en ligne des dossiers sur IODAS et GED dans plusieurs DTAS.
Comme ma collègue Gaëlle Zaneguy vous l’a déjà proposé, nous vous suggérons de ne pas attendre d’ouvrir une antenne à l’Arkéa Park en 2028.
Développons dès à présent les permanences dans les CDAS et les Maisons France Services, pour que chacun ait accès à ce service public en proximité.
Nous vous proposons de renforcer significativement l’accompagnement humain au remplissage des dossiers en amont de la saisie, notamment du projet de vie, qui est souvent absent ou mal rempli.
Dans ce contexte, nous restons vigilants sur le climat au travail des agents de la MDPH, pris en étau entre l’augmentation des demandes, la pression sur les délais, et leur volonté d’accompagner dignement les usagers. Quel sens donnent-ils à leur travail ? Comment le Département les accompagne-t-il pour garantir leur bien-être au travail ?
Le handicap est la priorité de votre mandat. Il est de notre responsabilité collective de garantir que les ouvertures de droits soient faites rapidement mais il est tout aussi essentiel qu’elles soient justes par rapport aux besoins des Finistériennes et Finistériens.
Isabelle Maugeais
Groupe Finistere et Solidaires, conseillère départementale communiste du canton de Pont-de-Buis