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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 07:38
Projection du film "La Mécanique des Flux" au cinéma Sainte Barbe de Roscoff le jeudi 15 décembre à 10h45 (collectif de soutien aux migrants)

Le Collectif de Soutien aux Migrants de Roscoff organise la projection du documentaire "La Mécanique des Flux"

Le JEUDI 15 DECEMBRE à 20h45

 au Cinéma Saint Barbe de Roscoff

 Tarif unique de 5€, dont la moitié sera reversée au Collectif.
 
https://www.facebook.com/ collectifrefugiesmigrantspaysd emorlaix/photos/a. 1039391949457089.1073741828. 1039377342791883/ 1253362698060012/?type=3& theater

 Plus d'info sur le documentaire : http://www. lamecaniquedesflux.com/film

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 13:54

François Hollande, ou le passé d'une illusion

François Hollande a donc annoncé hier qu'il ne sera pas candidat à l'élection présidentielle 2017.

C'est la conséquence de l'échec politique, social, économique des choix engagés par lui et son gouvernement et bon nombre des parlementaires socialistes tout au long de ces cinq dernières années, trahissant le mandat que leur avait donné les électeurs de gauche et les idées fondatrices de la gauche.

Signature sans renégociation ni référendum du Pacte budgétaire européen Sarkozy-Merkel (TSCG) qui fait du libéralisme et de l'austérité les clefs de voûte des politiques publiques en Europe et donne un droit de censure à la Commission européenne sur les budgets votés par les représentants du peuple dans les Parlements nationaux, allongement de l'âge de départ en retraite, fragilisation de services publics essentiels comme l'hôpital, mise au pain sec des collectivités locales, réforme des territoires et des régions administratives anti-démocratiques, ANI, loi Macron, loi El Khomri créant les outils pour déréguler le code du travail au profit des patrons, la politique de l'offre, le CICE avec ses 40 milliards de cadeaux donnés aux entreprises, absence de vraie réforme fiscale redistributive sinon l'augmentation de la TVA et plafonnement de l'impôt sur les hauts revenus en faveur des plus riches, criminalisation du mouvement social et syndical, déchéance de nationalité et état d'urgence prolongé, politique atlantiste dictée par les marchands de canons et bienveillante jusqu'à la caricature avec les intérêts des pétromonarchies réactionnaires du Golfe, argent gaspillé dans le renouvellement de notre force de frappe nucléaire en contradiction avec nos engagements internationaux.

Aujourd'hui, il n'y a guère que le MEDEF, insensible à l'augmentation de la pauvreté, du chômage et des inégalités, qui distribue des satisfecits à François Hollande.

Jamais depuis Guy Mollet, l'expédition impérialiste de Suez et les pleins pouvoirs donnés à l'armée pour « pacifier » l'Algérie et torturer à tour de bras, une expérience de pouvoir de la gauche n'aura été aussi catastrophique, aussi contraire aux idéaux originels de la gauche et aux intérêts des Français.

La monarchie présidentielle s'est encore renforcée avec Hollande qui voulait d'une majorité et d'un parlement godillots et qui n'a pas craint d'imposer une loi travail minoritaire dans l'opinion et chez les députés de gauche par plusieurs recours au 49-3.

François Hollande est responsable d'une aggravation de la crise de la politique, de la crise de confiance des français vis-à-vis de la politique et tout particulièrement de la gauche.

Aujourd'hui, tous deux sans doute candidats aux Présidentielles, Manuel Valls et Emmanuel Macron représentent la continuité vis-à-vis de cette politique de centre-droit acquise au néo-libéralisme et aux intérêts de la finance, prête à anticiper l'effort de destruction des conquêtes ouvrières et sociales de la droite dure.

Les militants, cadres, élus socialistes n'ont, dans leur grande majorité, pas voulu ou su résister à cette politique qui mène la gauche au naufrage et nourrit l'abstention et le vote pour le Front National. Beaucoup d'entre eux étaient pourtant opposés à la vigueur de ce détournement à 180 degrés vis-à-vis des idées matricielles de la gauche.

L'exemple de la débâcle en Europe des autres partis sociaux-libéraux, et surtout des dégâts qu'ils ont pu commettre sur leurs systèmes sociaux et le rapport de force politique et idéologique, aurait dû aussi les faire réfléchir.

Aujourd'hui, il est temps que tout le monde à gauche se ressaisisse et tire les leçons de l'échec politique et social des orientations sociale-libérales pour reconstruire une gauche plus forte et rassemblée sur des bases de rupture avec les pratiques du passé. Une gauche qui ait le courage de s'attaquer aux intérêts capitalistes, de démocratiser la République et l'Europe, de remettre en cause l'austérité et les traités libéraux de l'Union Européenne, de défendre les travailleurs, de lutter contre la désindustrialisation et le chômage, de partager les richesses pour financer des services publics et une protection sociale du XXIe siècle.

C'est notre responsabilité. Aujourd'hui, face à la montée de la pauvreté, de la xénophobie, des logiques ultra-libérales de guerre aux classes populaires, de la réaction de droite et d'extrême-droite, plus que jamais, c'est socialisme (le vrai!) ou barbarie.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du Parti Communiste Français du Finistère

élu PCF Front de Gauche à Morlaix et Morlaix-Communauté

François Hollande, ou le passé d'une illusion
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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 13:09
IVG: la droite et l'extrême-droite montrent à nouveau leur vrai visage (Laurence Cohen, PCF)

Droit à l’IVG : la droite et l’extrême droite montrent à nouveau leur vrai visage

 

L’inscription du délit d’entrave numérique à l’IVG a franchi une première étape importante avec son adoption en première lecture par l’Assemblée Nationale.

Le débat a été l’occasion pour les élu-e-s les plus réactionnaires de vilipender leur opposition à l’IVG, remettant ainsi en cause la loi Veil.

Nous ne doutons pas que lors de la navette parlementaire, avec son examen au Sénat, la semaine prochaine, sera tout autant le lieu de ces expressions bafouant les droits des femmes.

Les communistes, au parlement comme dans la rue, portent, eux, la voix de cette avancée sociale, nécessaire, au regard de toute cette propagande numérique anti-IVG.

Il est plus que temps de sécuriser ce droit, remis en cause par des sites internet pseudo-officiels, qui tentent par tous les moyens d’interdire l’accès à l’IVG, de dissuader les femmes à faire ce choix, de les culpabiliser.

Nous ne laisserons pas les sphères les plus conservatrices, revenir sur cet acquis des féministes.

L’IVG est un droit individuel et collectif, obtenu de haute-lutte, et sera à coup sûr, l’un des sujets de la campagne des Présidentielles. Le « champion « de la droite, soutenu notamment par la manif pour tous, s’étant déclaré contre cette liberté pour les femmes.

A l’opposé, les communistes proposent que ce droit soit garanti par la Constitution, comme un droit inaliénable.

 

Laurence Cohen, Co-Responsable nationale du PCF " Droits des femmes et Féminisme",

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2 décembre 2016 5 02 /12 /décembre /2016 12:44

intervention introductive Ismaël Dupont - PCF - fête de l'Huma 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Intervention Jean-Marc Cléry - FSU - fête de l'Huma 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Intervention de Paolig Combot, président d'Ar Falz - fête de l'Huma Paris 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Intervention de Stéphanie Stoll, présidente de Diwan - fête de l'Huma Paris 2016 (vidéo Daniel Ravasio)

Et à la fête de l'Humanité Bretagne ce week-end:

Samedi 3 décembre, 18h : « Identité bretonne et langues de Bretagne »

Rencontre-débat avec Georges Cadiou, journaliste, historien, auteur notamment de « L'hermine et la croix gammée », « La gauche et la revendication bretonne », Erik Marchand, chanteur, musicien, fondateur de la Kreiz Breizh Akademi, Vincent Roussel, vice-président de Diwan, et une représentante de Radio Bro Gwened. Débat préparé par Jean-Pierre Fouillé. 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:55
Photo de Maurice Thorez et Ambroise Croizat sortant de l'hôtel Matignon en 1946

Photo de Maurice Thorez et Ambroise Croizat sortant de l'hôtel Matignon en 1946

La sécurité sociale, les retraites par répartition, les nationalisations, le statut des fonctionnaires, la reconstruction du pays dans un effort d'égalité et de justice sociale... C'était le gouvernement de la Libération, celui de De Gaulle, mais dans un contexte d'écrasement politique de la droite et de la grande bourgeoisie, trop compromises dans la collaboration, avec un Parti Communiste à 30% des suffrages et des ministres communistes d'extraction ouvrière et de courage qui ont remodelé le visage de la France et ont été à l'origine de la République Sociale, cette même république sociale que les Pompidou, Giscard, Mitterrand après 83,  Chirac, Sarkozy, Hollande, n'ont cessé de grignoter ou de pilonner à force de vénérer le veau d'or de la finance et de prendre leurs conseils, non chez les travailleurs, mais chez les technocrates aux ordres de la bourgeoisie. 

Aujourd'hui, c'est Fillon qui veut donner le coup de grâce à ce visage humaniste, social, égalitaire de notre démocratie en supprimant la Sécurité Sociale, développant les retraites par capitalisation, revenant sur la durée légale du travail, en privatisant à tour de bras et vidant les services publics de leur substance. Si vous voulez d'une société à l'américaine, ou revenir au XIX e siècle, votez pour cette droite de la revanche sociale et de la morgue des riches, ou faites tout pour lui laisser le champ libre! On s'en rapproche à grand pas, et certains ne pensent qu'à leurs petits intérêts de boutique ou d'égos!

Libération : quand les ministres communistes changeaient la vie
MICHEL ÉTIÉVENT, ÉCRIVAIN
VENDREDI, 23 NOVEMBRE, 2012
L'HUMANITÉ

1944-1946 : pour la première fois, les communistes participent au pouvoir. Pendant cette période, riche 
de changements politiques profonds, les cinq ministres communistes vont provoquer une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.

Le 31 août 1944, alors que les troupes alliées se battent encore sur le sol français, le général de Gaulle forme le premier gouvernement provisoire. Il compte deux communistes : François Billoux et Charles Tillon. Le 13 novembre 1945, le deuxième gouvernement du général de Gaulle est caractérisé par l’entrée de cinq ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux, Marcel Paul et Charles Tillon. Les ministres communistes vont devenir acteurs de l’invention sociale, provoquant une véritable cassure dans la manière d’envisager une nouvelle politique au service de l’humain.

Toutes les conditions sont réunies en 1945 pour une rupture : un programme inspiré du Conseil national de la Résistance sous-tendu par la volonté de mettre l’homme au centre de tous les choix ; un rapport de forces pour l’appliquer – 29,9 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents à la CGT ; une classe ouvrière grandie par sa lutte héroïque dans la Résistance ; un patronat déconsidéré par sa collaboration. S’y ajoutent des hommes issus du mouvement ouvrier et capables d’incarner ce mouvement. Des conditions repérables au fil des grands moments de notre histoire sociale et qui fondent tout changement majeur.

Dès la mise en place du deuxième gouvernement de De Gaulle, en novembre 1945, l’objectif est de mettre en application, dans un pays ruiné, les dispositions du programme du CNR. Son préambule résonne aujourd’hui d’une actualité brûlante : « Nous réclamons l’instauration d’une véritable démocratie sociale, impliquant l’éviction des féodalités financières de la direction de l’économie et le retour à la nation des moyens de production, de l’énergie, des richesses du sous-sol… » Empruntons, pour ce faire, le sillage de deux ministres à l’œuvre, sans doute deux des grands innovateurs sociaux du siècle : Ambroise Croizat et Marcel Paul.

Le soir même de sa nomination au ministère du Travail, Croizat, fils de manœuvre, secrétaire de la fédération CGT des métaux, donne le sens de son combat. Ses premiers mots sont pour le peuple : « Ministre du Travail, j’entends demeurer fidèle à mon origine, à mes attaches ouvrières, et mettre mon expérience syndicale au service de la nation. » Son discours signe la force du changement : « Nous mettrons l’homme à l’abri du besoin. Nous en finirons enfin avec les angoisses du lendemain ! » Il lance parallèlement un appel au peuple mobilisé, à l’irruption d’une dynamique sociale nécessaire au changement : « Il n’y a pas de politique efficace sans l’accompagnement d’un peuple vigilant. Rien ne pourra se faire sans vous. Le changement n’est pas qu’une affaire de lois. Il réclame votre participation dans la rue, la cité, l’entreprise. Il demande vos mains ! »

Cet appel s’accompagne d’une forte présence sur le terrain, qui rompt avec la politique clanique et électoraliste de la IIIe République. François Billoux le rappelle dans son livre, Quand nous étions ministres : « L’essentiel du temps de nos ministres se passait en réunions directes au cœur des entreprises, dans les hôpitaux, les municipalités. Il s’agissait de vraies discussions, où les gens apportaient leurs propositions, leurs solutions. » Les premiers pas d’une démocratie participative qui aboutit à la création de 138 caisses de Sécurité sociale gérées par les travailleurs.

Même exigence au ministère de la Production industrielle, où Marcel Paul, le jour de son investiture, s’adresse ainsi aux hauts fonctionnaires : « On ne vous paie pas pour que vous m’indiquiez les articles du Code m’interdisant de réformer, mais pour y trouver ceux qui vont me le permettre ! » Et les électriciens et gaziers, devenus par le biais de la nationalisation, selon les mots de Paul, « acteurs, citoyens, gérants de leur entreprise », redonneront à la France l’énergie qui lui manquait. « À développement économique à la hauteur des ambitions de la nation, il faut un statut social à la hauteur des besoins des hommes. » Cette phrase de Paul, étonnante de modernité, traverse la politique mise en place sous l’inspiration du CNR.

L’objectif est clair : allier l’essor économique au progrès social. D’où le statut des électriciens et gaziers du 22 juin 1946, celui des mineurs, ou, avec Croizat, l’institution d’une vraie « protection sociale » qui offre les moyens d’espérer des lendemains sereins. Là est l’innovation première de la pratique des ministres communistes à la Libération. Il faut y ajouter la capacité à mener de pair deux politiques : l’une faite de grandes idées transformatrices de la société à long terme (l’instauration de la Sécurité sociale, par exemple) ; l’autre, d’une politique de satisfaction immédiate des besoins des gens : doublement du montant des allocations familiales, institution de la retraite, lois sur les heures supplémentaires, augmentation des salaires, création de la fonction publique… Un corpus de lois sociales impressionnant donne au peuple français la dignité de son identité sociale…

(*) Auteur d’Ambroise Croizat ou l’invention sociale, 
suivi de Lettres de prisons 1939-1941.

La Sécurité sociale « Outre le fait qu’elle ouvre le droit à la santé pour tous, la Sécurité sociale a pour objectif de relever la France de ses ruines. Elle offre au salarié une tranquillité sociale qui lui permettra de reconstruire le pays à l’aune de ses besoins. » Ainsi s’exprime Ambroise Croizat, inaugurant le nouveau système de Sécurité sociale en 1945. « Nous bâtirons un plan de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence au cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail avec gestion des intéressés et de l’État. » Croizat reprend l’article 21 de la Déclaration des droits de l’homme 
de 1793 qui établissait le droit au travail et à la santé. Cent trente-huit caisses sont édifiées en moins de huit mois sous sa maîtrise d’œuvre par un peuple anonyme après le travail ou sur le temps des congés. Quatre principes charpentent l’institution. L’Unicité : tous les « risques sociaux » sont regroupés dans une seule caisse en proximité des assurés ; la Solidarité : pilier de l’édifice qui est financé par les richesses créées dans l’entreprise ; l’Universalité ; la Démocratie.

 

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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:29
Ousmane Sow: le scuplteur des hommes debout, est mort (L'Humanité, 1er décembre 2016)
Ousmane Sow, le sculpteur des hommes debout, est mort
AVEC AFP
JEUDI, 1 DÉCEMBRE, 2016 - L'Humanite
Ses sculptures monumentales de guerriers ont fait le tour du monde : figure majeure de l'art contemporain africain, le Sénégalais Ousmane Sow, décédé jeudi à l'âge de 81 ans à Dakar, a magnifié les grands peuples du continent noir.
En France, le grand public l'a découvert en 1999 lors d'une rétrospective sur le Pont des Arts à Paris. Ses guerriers Masaï du Kenya, ses lutteurs de l'ethnie Nouba du sud Soudan, ses Indiens d'Amérique, colosses figés dans le mouvement, au regard intense, attirent alors plus de trois millions de personnes.
"Jamais un gamin ne m'a demandé ce que mes sculptures voulaient dire. Je sculpte des hommes. J'ai tellement peur qu'on ne me comprenne pas, ou qu'on interprète mal ce que je dis, que je parle très directement. C'est la même chose en art", disait Ousmane Sow, du haut de son 1,93 m.
Né le 10 octobre 1935 à Dakar, le sculpteur n'a "jamais rêvé d'être un artiste", confiait-il en 2009. "Peut-être cela a été une chance. J'ai fait ça par plaisir".
A l'école, ce fils de comptable se plaisait à tailler de petites figurines dans des blocs de calcaire. Puis il s'est intéressé au fil de fer. Quand il part à 22 ans pour la France, il ne pense pas un instant à en faire un métier. A Paris, Ousmane Sow a parfois faim et froid. Il fait tous les métiers, puis devient infirmier et finalement kinésithérapeute. Une formation qui lui confère une parfaite connaissance des muscles et de l'anatomie dont il ne cessera de se servir plus tard pour ses créations. Après l'indépendance du Sénégal en 1960, Ousmane Sow revient s'installer dans son pays, avant de monter un cabinet à Montreuil, en banlieue parisienne. Il sculpte toujours pour son plaisir mais jusqu'à l'âge de 50 ans, détruit ses oeuvres, par manque de place notamment.
Un jour, un ami attire l'attention du Centre culturel français de Dakar sur ces sculptures et celui-ci lui consacre une exposition en 1987. Un succès, et le début d'une carrière fulgurante pour cet homme libre, qui n'a "jamais eu de patron". Ce "saut dans l'inconnu", il le représenta sur son épée lorsqu'il fut en 2013 le premier Africain à rejoindre l'Académie des Beaux-arts en tant que membre associé étranger. La série des Nouba, inspirée par les photos de Leni Riefenstahl, est présentée à la Documenta de Kassel en 1992, marquant l'entrée d'Ousmane Sow dans la cour des grands artistes contemporains. Trois ans plus tard, il expose au Palazzo Grassi, à l'occasion du centenaire de la Biennale de Venise.
Il poursuit son exploration des peuples africains avec "Les Masaï", "Les Zoulous", puis "Les Peuls", avant de s'intéresser aux Indiens d'Amérique à travers la mythique bataille de "Little Big Horn".
Ses sculptures monumentales aux tons bruns-ocres, cet homme massif les crée à partir d'une mixture secrète, macérée pendant plusieurs années et appliquée sur des ossatures de fer, de paille et de jute. Toujours sans modèle. "La kiné m'a libéré du corps parfait. Je peux me bander les yeux et faire un corps humain de la tête aux pieds", confiait le sculpteur, qui réalisait aussi des bronzes de ses oeuvres.
Ousmane Sow a aussi exploré la sculpture de grandes figures ayant marqué sa vie - Victor Hugo, de Gaulle, Mandela - et rêvait d'un "Musée des grands hommes". Au côté de ces personnalités, il voulait voir figurer son père, Moctar Sow, décédé en 1956. "Il m'a appris à avoir une énorme confiance en moi", disait-il. Sa dernière oeuvre est une tête monumentale de 2 m de diamètre, commande de la République du Sénégal. Ousmane Sow "emporte avec lui rêves et projets que son organisme trop fatigué n'a pas voulu suivre", a souligné sa famille, précisant qu'il avait fait ces derniers mois plusieurs séjours à l'hôpital à Paris et à Dakar.
 
Lire aussi :
 
Interview de Ousmane Sow par Pierre Barbancey le 30 mars 1999 dans L'Humanité
 
Les géants d'Ousmane Sow traversent les continents

Sur le pont des Arts à Paris, le sculpteur sénégalais présente notamment ses dernières statues consacrées à la bataille de Little Big Horn. Un travail spectaculaire, par les formes et les matériaux utilisés.

Né en 1935 à Dakar (Sénégal), Ousmane Sow ne pratique la sculpture que depuis une douzaine d'années. D'abord kinésithérapeute, il commence par fabriquer des marionnettes avec tout ce qui lui tombe sous la main, pour raconter des histoires. Très vite, il met au point son propre " produit ", dont il conserve jalousement le secret, et se lance dans la sculpture de grande dimension : les guerriers animistes noubas (sud du Soudan), les Massaïs (ethnie du nord du Kenya), les Zoulous et les Peuls. On peut en voir certaines sur le pont des Arts, accompagnant ses dernières productions, consacrées à la célèbre bataille de Little Big Horn, dernière victoire remportée par les Sioux, les Arapahos et les Cheyennes sur le VIIe de cavalerie du général Custer, en 1876.

Qu'est-ce qui vous a conduit à la réalisation de " Little Big Horn "? 

Ousmane Sow. Je me suis d'abord intéressé aux ethnies africaines. Little Big Horn, c'est une bataille, mais ce qui m'intéressait avant tout, c'est la vie des Indiens. Comme je ne voulais pas faire des Indiens dans leur vie quotidienne comme cela s'est passé pour les Peuls, il a fallu les replacer dans une situation conflictuelle. Ça me permettait de leur donner un mouvement, d'où le choix de Little Big Horn. Pour moi, ce n'est pas seulement un fait historique. Je voulais parler des Indiens en action.



Vous avez traité les Noubas, les Massaïs, les Zoulous puis les Peuls. Là, vous traversez l'Atlantique, à la rencontre des Indiens. Quel a été votre cheminement ?

Ousmane Sow. Les Indiens sont plus près des Africains que bien d'autres peuples. Il n'est qu'à considérer leur mode de vie, leurs croyances. Cette vie quotidienne s'apparente à celle des tribus africaines. Il y a donc une logique, une continuité dans mon travail. Ça me permet de ne pas seulement parler de nous. Je ne pense pas que, sur le pont des Arts, là où ils sont, il y ait un paradoxe. Ça ne tranche pas avec les peuplades africaines qui y sont aussi exposées.



Comment avez-vous organisé les scènes que l'on peut voir sur le pont des Arts ?

Ousmane Sow. Je les ai imaginées. Pour les hommes, ce n'était pas trop difficile. Mais pour les chevaux qu'il fallait empiler, il fallait trouver un certain écartement, donner un point d'appui pour recevoir le cheval qui allait venir dessus. Ça, je n'avais pas cette possibilité parce que, même si j'ai de la place à Dakar, là où je conçois mes sculptures, je n'en ai pas suffisamment pour les mettre en scène comme sur le pont. Il y a eu une part de chance.

Pierre Barbancey. Lorsque vous avez conçu le projet " Little Big Horn ", saviez-vous qu'elles étaient destinées au pont des Arts ?

Ousmane Sow. Il y avait un projet d'exposition qui me paraissait utopique. Je savais les difficultés à les installer dehors et surtout à un tel endroit, qui chevauche deux arrondissements de Paris. Ma compagne, Béatrice Soulé, a réussi à obtenir les accords. C'est l'idéal d'avoir un pont comme le pont des Arts, le bien nommé. C'est extraordinaire. Vous vous rendez compte de la puissance évocatrice de ce pont.


Pierre Barbancey. Vous avez beaucoup plus l'habitude de travailler sur des corps humains. Cette fois-ci, vous intégrez des animaux. Comment avez-vous abordé ce nouveau sujet ?

Ousmane Sow. Le cheval est un être parfait. Mais il ne faut pas le décrire tel qu'il est. Il faut essayer de tricher un peu, d'exagérer quelques traits pour arriver à le faire vibrer. J'ai pris le parti de l'humaniser pour lui donner - je n'ose pas dire la vie - un peu de souffle. Quand on donne un caractère à un visage, c'est la même chose. À partir du moment où le caractère cohérent est donné, on ne sait plus ce qui a été modifié. Mais, si vous n'aviez pas osé le faire par petites touches, peut-être seriez-vous passé à côté de pas mal de choses.

La technique n'est pas la même. Quand on fait cela, on est habité par d'autres propos qu'on a du mal à expliquer la tête froide, à moins d'être un professeur. L'art, c'est la liberté, la liberté d'expression. L'essentiel est que ça plaise à celui qui le fait, avant.


Pierre Barbancey. Dans votre travail de sculpture proprement dit, à quelles explorations nouvelles vous a conduit " Little Big Horn " ?

Ousmane Sow. Cela m'a permis de me libérer de mes réserves vis-à-vis de la couleur. Il y avait des habits, des instruments, des chevaux à réaliser. Donc, pour la première fois, j'ai utilisé une gamme de couleurs assez significatives. Auparavant, je me cantonnais à deux ou trois couleurs maximum. C'est une nouveauté pour moi.

C'est une question de mûrissement. Il faut qu'il y ait une certaine compréhension de ce qu'on veut transmettre comme langage. Si on prend la sculpture comme mode d'expression, je pense qu'introduire des couleurs alors qu'on ne le faisait pas avant paraît tout à fait naturel. Je ne voulais pas dramatiser la guerre à outrance. C'est une scène dramatique qui part de la confrontation de deux êtres, même deux races. Il fallait adoucir un peu, en ne mettant volontairement pas de sang, pas de plaies sur les corps. En ne mettant pas que du bleu pour les soldats. Il ne fallait pas non plus exagérer parce que ce n'était pas carnaval.

Il est des couleurs qui peuvent donner l'atmosphère de guerre tout en développant une certaine tranquillité. Ce n'était pas calculé. C'est quelque chose que j'ai voulu introduire. En réalité, en commençant à travailler, je n'étais pas tellement téméraire sur les couleurs. En construisant ma maison, je me suis laissé aller à la peindre de toutes les couleurs. J'ai trouvé ça agréable, donner de la couleur aux choses. Mais je n'ai pas transigé sur ce que je voulais dire. À partir de ce moment, les couleurs devenaient anecdotiques. C'est pour le regard, pour le plaisir de faire des mélanges. Si les formes avaient été ratées, la couleur n'aurait été d'aucun secours. La couleur, c'est un support. J'ai essayé de traduire la vie courante, sans faire de misérabilisme, c'est-à-dire rien que du noir ou du marron ou du bleu. Ça aurait été glacé.


Pierre Barbancey. Après cette expérience, la couleur va désormais vous accompagner ?

Ousmane Sow. Je n'ai pas de préjugés. Je peux revenir à quelque chose de monocolore. Je vais peut-être attaquer une nouvelle série, consacrée aux Égyptiens. Il y a énormément de couleurs, je vais peut-être reconduire ce que j'ai fait ici. Je ne sais pas encore.

Pierre Barbancey. En revanche, vous avez continué à utiliser le même type de matériau...

Ousmane Sow. C'est variable. Il y a tout de même une base, un produit contenu dans un fût qui macère pendant de longues années. Mais, une fois sortie, je peux ajouter, retrancher, épaissir, fluidifier. Je fais ce que je veux avec ce matériau de base. C'est la chance que j'ai. Lorsque vous êtes en face d'un bloc qu'il faut tailler, si vous loupez votre coup, vous faites un trou. Moi, je peux faire avec autant de finesse que possible.

Pierre Barbancey. La sculpture traditionnelle sénégalaise, et plus généralement africaine, vous influence-t-elle ?

Ousmane Sow. Quelque chose d'insensible. Quand on voit mes sculptures, même si je traite des Blancs, on s'aperçoit que c'est un Africain qui a travaillé. C'est en cela que je suis un sculpteur africain, alors que je m'adresse à tout le monde. Il y a quelque chose qui est en moi. Je suis un sculpteur d'Afrique mais pas d'art africain. Je crois que mon travail dépasse l'Afrique.

Entretien réalisé par Pierre Barbancey
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:27
Che Guevara et Fidel Castro: deux frères de combat (José Fort, L'Humanité - 1er décembre 2017)
Che et Fidel : deux frères de combat
JOSÉ FORT
JEUDI, 1 DÉCEMBRE, 2016 - L'Humanité
Le billet de José Fort. J’entends tellement d’âneries en ce moment sur les relations entre Fidel Castro et Che Guevara que je me permets de publier à nouveau un de mes articles.

« J’ai toujours été fier de mon fils et je sais qu’il restera dans les mémoires comme un homme droit, courageux, défendant de nobles causes, des valeurs de justice et de liberté. Un vrai révolutionnaire. » Ainsi me parlait M. Guevara Lynch, le père de Ernesto Rafael Guevara de la Serna dit le « Che ».  Au quinzième étage de l’Hôtel Habana Libre dans la capitale cubaine, nous avions pris l’habitude de prendre le café. Enfin, moi le café et lui le maté , l’infusion stimulante et diurétique traditionnelle argentine lors de nos « matinales » où nous échangions nos opinions sur un film, un bouquin, l’actualité internationale, l’orage de la veille et … la vie du « Che ». Aujourd’hui disparu, M. Guevara Lynch dont je conserve le souvenir d’un homme chaleureux m’a permis de découvrir la vie de son fils qui restera une figure emblématique du XX eme siècle.

Ernesto Rafael Guevara de La Serna, né le jeudi 14 juin 1928 à Rosario, aurait pu vivre bourgeoisement dans son pays, l’Argentine. Fils de l’architecte Ernesto Guevara Lynch, de descendance espagnole et irlandaise, et de Celia de la Serna de la Llosa, fille de famille fortunée, le future Che, déjà asthmatique, a d’abord vécu dans les quartiers huppés  de Buenos Aires puis dans la région de Cordoba, avant de s’installer à nouveau dans la capitale argentine. En 1947, il commence ses études et montre peu d’intérêt pour la politique, alors que ses parents affichent leur hostilité au régime péroniste. C’est une jeune communiste argentine, Berta Gilda Infante, connue sous le nom de Tita, qui lui propose ses premières lectures marxistes.

"Les conditions dans lesquelles j’avais voyagé m’avaient fait entrer en contact avec la misère, la faim et la maladie"

Premier voyage au Chili, au Pérou, en Colombie en octobre 1950. A 23 ans, Il repart à la fin 1951 sillonner l’Amérique latine sur une Norton 500 cm3 baptisée « La Vigoureuse » avec son ami Alberto Granado qui vient de mourir à La Havane. La moto les lâche en cours de route et ils trouvent des petits boulots pour financer le voyage : marchands ambulants, dockers, plongeurs dans des restaurants et même entraîneurs de football. Ernesto rentre à Buenos Aires terminer ses études et devient médecin. Il reprend la route à la découverte du continent : Bolivie, Pérou, Equateur, Panama, Costa Rica, Honduras, Nicaragua, Salvador, pour finalement arriver au Guatemala. Il découvre la triste réalité du continent, la pauvreté, la surexploitation, la violence, l’arrogante colonisation nord-américaine. Plus tard, il déclara : «  les conditions dans lesquelles j’avais voyagé m’avaient fait entrer en contact avec la misère, la faim  et la maladie. J’ai eu sous les yeux la dégradation provoquée par la sous-alimentation et la répression. » Plus tard au Mexique, il rencontre Fidel Castro et décide de s’engager totalement dans le mouvement révolutionnaire aux côtés des rebelles cubains, qui lui donnent le surnom « El Che », che étant une interjection  dans le langage parlé argentin (comme hé) dont Guevara usait souvent. « Je passais toute la nuit à parler avec Fidel », écrira Che, poursuivant : « A l’aube, j’étais le médecin de sa future expédition. Il est vrai que, depuis la dernière expérience vécue au cours de mes voyages à travers l’Amérique latine, et finalement au Guatemala, il ne fallait pas beaucoup pour m’inciter à entrer dans n’importe quelle révolution contre un tyran. Fidel m’a impressionné. Je fus gagné par son optimisme. Il fallait passer à l’action, combattre et concrétiser. »

Che sera de tous les coups : le débarquement à Cuba du « Granma » en 1956, la guérilla dans la Sierra Maestra, la bataille de Santa Clara, la victoire de la révolution cubaine, l’entrée dans La Havane en janvier 1959. Un mois plus tard, pour service rendu à la patrie, Ernesto Guevara est déclaré citoyen cubain. Alors commence le deuxième chapitre de l’histoire.

Ernesto Guevara était médecin et révolutionnaire, pas économiste

Guevara n’était pas un spécialiste de l’économie. Il effectue pourtant ses premiers déplacements à l’étranger pour traiter de ces questions puis occupe successivement les postes de président de la Banque nationale de Cuba et de ministre de l’Industrie. Etait-il le mieux placé pour occuper de telles fonctions ? À l’époque les candidats ne se pressaient pas au portillon. Quoi qu’il en en soit, l’attitude des gouvernants étatsuniens allait radicaliser la révolution. C’est ainsi que le Che notait qu’à « chaque coup de l’impérialisme US nous devions riposter. Chaque fois que les Yankees prenaient une mesure contre Cuba, nous devions immédiatement prendre une contre-mesure, et la révolution se radicalisait ainsi progressivement. » La construction du socialisme «  ce drame étrange et passionnant », selon le Che, était à l’ordre du jour pour la première fois en Amérique latine. Entre 1963 et 1965, Guevara effectue de nombreux voyages dans le tiers-monde, en Chine et en URSS. Il critique « la bureaucratie du socialisme réel », affirmant que «la recherche marxiste avance sur une route dangereuse. Au dogmatisme intransigeant de l’époque de Staline a succédé un  pragmatisme inconsistant ». En février 1965, lors d’un discours prononcé à Alger, il critique les pays dits socialistes « complices dans une certaine mesure de l’exploitation impérialiste. » La goutte qui fait déborder le vase de la colère des dirigeants soviétiques contre celui qui déclare : «  Il faut fuir comme la peste la pensée mécanique. Le marxisme est un processus d’évolution. Le sectarisme à l’intérieur du marxisme crée un malaise, un refus de l’expérience. Le Che accepte aussi de reconnaître ses propres erreurs : l’excès de volontarisme, une politique souvent désastreuse en matière agricole, l’industrialisation à marche forcée ne prenant pas en compte les contraintes nationales et internationales fournissant une production de médiocre qualité à un prix élevé. Ernesto Guevara était médecin et révolutionnaire, pas économiste. Il en tirera les leçons. Une, particulièrement : il est impossible de construire le socialisme dans un seul pays,  qui plus est dans une petite île dépourvue de matières premières et d’énergie et obligée de se soumettre aux lois du marché. La seule solution, selon lui, est dans l’extension de la révolution, permettant des échanges économiques justes, équitables et empêchant toute mainmise étrangère sur le pays et sur sa politique nationale et internationale. Le prélude à son célèbre mot d’ordre : « il faut créer un, deux, trois, plusieurs Vietnam », alors que ce pays d’Asie mène un terrible combat pour son indépendance contre la première puissance économique et militaire mondiale. Pour le Che, « nous ne pouvons rester indifférents devant ce qui se passe dans le monde. Une victoire ans n’importe quel pays contre l’impérialisme est notre victoire. Une défaite de n’importe quelle nation est notre défaite ».

Le Che est toujours disponible. Il sillonne le pays, participe à la coupe de la canne à sucre, anime des débats là où on ne l’attend pas. On le voit dans les rues de la capitale jouer échecs. Pour lui, il s’agit d’un « jeu science » et s’inscrit fréquemment dans les tournois de classification. Il affirme que « le jeu d’échecs est un passe-temps, mais aussi un éducateur de raisonnement, et les pays qui ont des grandes équipe de joueurs d’échecs sont à la tête du monde dans d’autres domaines ».

Où est passé Guevara ?

Le Che quitte les allées du pouvoir et Cuba en 1965. Le monde s’interroge : où est passé Guevara ? L’ancien ministre a repris son treillis vert olive – et des costumes-cravate pour franchir clandestinement les frontières – avec pour objectif l’élargissement du front anti-impérialiste, avec le total accord et soutien de Fidel Castro. Entre ces deux hommes aux qualités complémentaires, contrairement à une légende, l’entente était totale. Pour le père du Che « ils se partageaient les taches ».

Ernesto Guevara part pour le Congo  « venger » Patrice Lumumba assassiné et soutenir le mouvement révolutionnaire dans sa lutte contre Moïse Tschombé. La guérilla composée de Cubains et de Congolais s’enlise au fil des mois. Au manque de moyens et des dissensions entre les différents groupes rebelles congolais s’ajoutent les pressions venues de Moscou et de Pékin. Le Che devra constater que « nous ne pouvons pas libérer tout seul un pays qui ne veut pas se battre » et quittera l’Afrique, voyagera clandestinement, avant de lancer une guérilla en Bolivie. Son dernier combat à forte valeur symbolique et stratégique.

"C’est la dernière fois que je vois le soleil se coucher"

Symbolique ? La Bolivie, dirigée à l’époque par le dictateur Barrientos, porte le nom de Simon Bolivar, leader des guerres d’indépendance contre la domination espagnole.
Stratégique ? La Bolivie se trouve au cœur du continent et dispose de frontières avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, le Chili et le Pérou. Après plusieurs mois, la guérilla s’enfonce dans l’échec. Pour plusieurs raisons : le manque d’un soutien populaire, une armée bolivienne bénéficiant d’une aide massive des Etats-Unis, la mobilisation de la CIA sur le terrain, le mauvais choix du lieu d’installation de la guérilla, l’absence de relais avec les villes, le rejet par les organisations syndicales et progressistes et l’hostilité des communistes boliviens inspirés par Moscou.

En ce début du mois d’octobre 1967, la plupart des compagnons du Che sont morts ou en fuite. Guevara tente d’échapper à la traque. En vain. Cerné, il est fait prisonnier au matin du 8 octobre à quelques kilomètres de La Higuera, une petite ville situé dans la précordillère andine. Blessé, il est installé sous bonne garde dans une classe d’une petite école. Les responsables de la CIA et les hommes du dictateur Barrientos consultent  La Paz et Washington. Et c’est au colonel Zentana que revient l’ordre de tuer Guevara. Le Che aura le temps d’écrire : «  c’est la dernière fois que je vois le soleil se coucher ». » Neuf ans plus tard, le colonel Zentana sera abattu dans une rue de Paris.

 

Au panthéon des mythes

Quarante cinq ans après sa mort, Ernesto Guevara est porté au panthéon des mythes de notre temps. Pourquoi les nouvelles générations choisissent-elles de porter  des tee-shirts à son effigie ? Pourquoi le Che apparaît si moderne et provoque tant d’admiration ? A chacun son Che. Mais n’est-ce pas les qualités de rebelle, de courage, de droiture, d’éthique qui emportent l’adhésion des jeunes du monde entier à ce personnage qui a préféré aux honneurs  la lutte anti-impérialiste au socialisme sclérosé, l’action internationaliste aux sirènes des apparats et des passe-droits, la simplicité et l’engagement total ?

José Fort est un internationaliste passionné du monde, journaliste, ancien chef du service monde de l’Humanité.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:24
2017, le PCF rentre en campagne (L'Humanité, 1er décembre 2017)
2017, le PCF entre en campagnes
CÉDRIC CLÉRIN
JEUDI, 1 DÉCEMBRE, 2016
HUMANITE.FR

Lors d'une conférence de presse à l'issue du premier conseil national du PCF post-vote des militants, Pierre Laurent a présenté la démarche et les grandes étapes de la campagne communiste pour la présidentielle et les législatives.

Réuni pour la première fois depuis le vote des communistes qui ont décidé d'appeler à voter pour Jean-Luc Mélenchon tout en menant une campagne autonome, le conseil national du PCF en a dessiné les contours. Le PCF veut déjouer le piège d'un « duel  mortifère » entre François Fillon et son programme « ultra libéral et ultra réactionnaire » et la fausse alternative que compte incarner le FN avec Marine le pen. « Ce sont les deux faces d'un même système en crise », a déclaré Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. Une brochure, dénonçant les programmes de la droite et de l’extrême droite, sera éditée au mois de janvier pour mener campagne en ce sens. 
Devant l'urgence de la situation, Pierre Laurent compte poursuivre son travail de rassemblement des forces d'alternatives à gauche  et appelle tout le monde à «  prendre conscience de l'impératif de rassemblement » pour « créer une dynamique suffisante et faire émerger un projet progressiste pour la France ».  Le Parti communiste veut mener ce travail, en dehors « des gesticulations pathétiques » du trio Hollande/Valls/Macrons qualifié de « Tiercé perdant pour la gauche », a précisé le dirigeant communiste. 
 Dès la semaine prochaine, à l'invitation du PCF  et d'acteurs du mouvement social, 150 personnalités  sont conviés à une soirée «  rassemblant forces politiques, citoyennes  et sociales » à la Belleviloise à Paris pour envisager des actions communes. 
Le « pacte d'engagements communs » regroupant 7 axes de transformation pour le pays, (VIE république, pouvoir sur la finance, écologie...) servira également de base à la campagne des communistes. 577 débats autour du projet doivent ainsi permettre dans chacune des circonscription législatives  de le discuter. Le PCF, qui considèrent que « les campagnes présidentielles et législatives sont d'égales importances » poursuit par ailleurs la désignation de ses candidats pour l'Assemblée nationale. Ceux-ci pourront être présentés ou soutenus par le PCF  dans le cadre d'un plus large rassemblement avec les forces appuyant la candidature de Jean-Luc Melenchon ou au-delà.  Les candidats aux élections législatives seront présentés le 28 janvier autour du slogan « Non à la monarchie présidentielle, démocratie citoyenne ! » 
Dans les prochains jours, le PCF rencontrera la France insoumise ainsi que les forces qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon pour envisager les modalités de campagne.  

Journaliste à l'Humanité dimanche
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 20:20
François Hollande renonce à se prononcer à la présidentielle (L'Humanité, 1er décembre 2016): "moi président", c'était une mauvaise farce à chute terrible!
François Hollande renonce à se présenter à la présidentielle
LIONEL VENTURINI
JEUDI, 1 DÉCEMBRE, 2016
HUMANITE.FR

François Hollande a annoncé ce jeudi soir en direct à la télévision qu'il renonçait à se présenter à l'élection présidentielle de 2017.

Le chef de l'Etat, dont la décision était attendue depuis des semaines par une majorité socialiste divisée et pessimiste sur les chances de même figurer au second tour, a expliqué qu'il entendait continuer à être président jusqu'au bout de son mandat. "Aujourd'hui je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle, aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle", a-t-il dit à l'Elysée. C'est la première fois qu'un président en exercice de la Ve République renonce à briguer un second mandat.
 
Pas candidat à sa propre succession, une première dans la Ve République depuis Georges Pompidou et son décès durant son mandat, François Hollande effectue dans le même temps un droit d’inventaire et un éclair de lucidité. Droit d’inventaire, en défendant longuement un bilan de son quinquennat quelque peu enjolivé. « J’ai agi pour redresser la France et la rendre plus juste » défend-il, jugeant « la Sécu à l’équilibre », « la dette préservée » et même la finance « régulée » -euphémisme signant en creux l’échec. Au titre des libertés, il cite le mariage pour tous bien sûr, mais aussi se targue d’avoir fait avancer l’égalité homes-femmes, et avoir « amplifié la lutte contre les discriminations », en se gardant bien d’en citer des exemples. C’est pourtant  « la lucidité » que le chef de l’Etat revendique pour renoncer. Il concède des « erreurs »,  et un seul « regret », le débat sur la déchéance de nationalité, qui « nous a divisé ».  Avis à Manuel Valls, en pointe sur ce projet… Sur le chômage, le critère qu’il se donnait depuis 2012 pour pouvoir se représenter, il assure que « les résultats sont là », qu’il « a pris tous les risques ». Alors pourquoi renoncer, au terme des ces longues minutes de défense et illustration  de son bilan ? « Je suis conscient des risques que ferait courir une démarche, la mienne, qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle. Aussi, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle », a-t-il conclut en fin d’allocution, la voix blanche et hésitante. 
 
Avec des intentions de vote actuelles qui le reléguaient en cinquième ou sixième position, derrière François Fillon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, des sondages montrant que quel que soit le candidat soutenu par le PS, il ne dépasse à ce stade de la campagne jamais les 10% au premier tour de l'élection présidentielle d'avril 2017 (9% pour Harris Interactive, 8% pour Odoxa), François Hollande n’avait guère de choix. Sinon prendre acte du rejet qu’il porte dans l’opinion, à rebours du bilan qu’il a défendu lors de son allocution.  
 
Pour l’heure, il demeure président durant cinq mois,  et s’est contenté d’un appel à l’unité de la gauche, sans pencher ouvertement pour un candidat plutôt qu’un autre. Si la candidature de Manuel Valls ne fait plus guère de doute,  et entrainera un remaniement sans doute a minima, François Hollande s’est voulu au dessus de la mêlée,  souhaitant un « sursaut collectif », appuyant implicitement la primaire du PS fin janvier et expliquant « comme président de la République je me dois de diriger l'État. Comme socialiste, je ne peux me résoudre à la dispersion de la gauche». Il met en garde contre François Fillon, dont « le projet met en cause le modèle social », et l’extrême droite, sans nommer Marine Le Pen, qui « nous appelle au repli ». Nul doute qu’il sera plus tard, dans la campagne, tout sauf un observateur.
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 13:33

Jean-Jacques Candelier député PCF- Front de gauche du Nord

"Le Smic n’aura augmenté que de 45 euros sur toute la durée du quinquennat"

jeudi 1er décembre 2016

Interrogée par Jean-Jacques Candelier sur le "faible" niveau du smic, la ministre du Travail a botté en touche et mis en avant les mesures prises par le gouvernement, procurant, selon elle, des revenus bien meilleurs aux plus modestes.

Myriam El Khomri dit réserver sa réponse pour le 19 décembre, après la réunion des partenaires sociaux, préférant mettre en avant les mesures prises pendant le quinquennat :

"Vous indiquez que le gouvernement n’a rien fait pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs modestes... [...] Je suis désolée, aucun gouvernement n’aura fait autant pour améliorer le pouvoir d’achat des ménages" a t-elle précisé.

L’Intervention du député Front de gauche

le 28 novembre, le groupe d’experts sur le SMIC a rendu son avis. Selon lui il n’est pas nécessaire de donner un coup de pouce au salaire minimum, fixé aujourd’hui à 1 141 euros net par mois et qui concerne 1,6 million de salariés.

Si vous suivez l’avis des experts – comme vous le faites depuis maintenant quatre ans au nom de la sacro-sainte compétitivité –, le SMIC n’aura augmenté que de quarante-cinq euros sur l’ensemble du quinquennat, essentiellement du fait des revalorisations automatiques légales. Ce serait une première qu’un gouvernement se réclamant de gauche n’ose pas agir en faveur des bas salaires durant son mandat.

Dans le même temps, quarante milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires en 2016, faisant de la France la championne d’Europe en la matière.
Tout cela n’est que le reflet de la politique que vous menez depuis cinq ans : une politique de baisse de charges pour les entreprises au détriment du pouvoir d’achat des salariés.

Dans ce contexte, l’augmentation du salaire minimum est une exigence sociale autant qu’une nécessité économique.

Une exigence sociale d’abord, les besoins les plus élémentaires d’une grande partie de nos concitoyens n’arrivant plus à être satisfaits. Comment pourrait-on vivre dignement avec 1 141 euros par mois alors qu’on est considéré comme pauvre avec moins de mille euros de ressources ?

Une nécessité économique ensuite car l’augmentation du salaire minimum est le meilleur moyen de lutter contre les inégalités, qui ne cessent de croître dans notre pays. Il est plus que temps de redonner du pouvoir d’achat à nos concitoyens. Cela permettrait de faire repartir la consommation des ménages, moteur de la croissance française.

Monsieur le Premier ministre, ma question est simple : le Gouvernement va-t-il satisfaire les attentes populaires et les besoins du pays en se décidant enfin à augmenter le SMIC ?

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