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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 05:46
 

Dans une lettre adressée à la Ministre du travail, le député communiste du Nord, Alain Bruneel demande que soit clarifier le sort qui pourrait être réservé aux emplois aidés (CAE, CIE…). Le milieu associatif en alerte.  

Dans un courrier daté du 4 août, le député

du Nord, Alain Bruneel interpelle la Ministre du travail, Muriel Pénicaud quant au devenir des emplois aidés. « Ce lundi, vous avez déclaré vouloir lancer une réflexion sur l’avenir des contrats aidés. Vous avez également annoncé devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale avoir « obtenu une rallonge budgétaire pour pouvoir continuer à avoir des contrats aidés pour les mois qui viennent », rappelle l’élu communiste à la Ministre. Des propos qui ont de quoi inquiéter le député qui relève que les choses se gâtent déjà dans le Douaisis : « Dans ma circonscription, des responsables associatifs se voient signifier par pôle emploi que l’agence de services et de paiement (A.S.P.) n’honorerait plus les aides financières accordées pour les contrats aidés à compter du 1 Août 2017, y compris pour les contrats déjà validés par l’état », explique celui-ci.

Une suite logique à la politique d'austérité choisie par Emmanuel Macron ? 

« Sans budget pour le second semestre, ce dispositif ne pourrait donc plus être débuté ni reconduit. Cela priverait de nombreuses associations de recrutements indispensables à leur fonctionnement. Déjà largement fragilisé financièrement par les baisses récurrentes de subventions de la part des collectivités - elles-mêmes victimes de l’austérité imposée par l’Etat, beaucoup devraient renoncer à leurs projets pourtant vitaux pour les habitants et les territoires », analyse Alain Bruneel.

L’élu communiste demande au Ministère de « clarifier au plus vite cette situation », sachant que « bien que le dispositif des contrats aidés ne soit pas idéal, il représente un outil important pour le secteur non-marchand dont les structures sont soumises à l’asphyxie financière ».

Plus d’un million et demi de personnes sont directement concernées. Dans un article daté du 1er juin qui a de quoi mettre la puce à l’oreille, Les Echos notent qu’ « Emmanuel Macron n'a pas fait, loin s'en faut, des contrats aidés la pierre angulaire de sa lutte contre le chômage ». 

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 05:45

 

La guerre idéologique ne prend pas de vacances. Ainsi nous venons d'assister il y a quelques jours à un déferlement de commentaires et d'analyses où l'ignorance crasse était en compétition avec l'imbécillité pour faire adopter l'idée que ce 29 juillet était le jour de... la « libération fiscale ». Ce concept, aussi vieux que les contributions, a émergé aux États-Unis en 1948 et a été relancé ici par une sombre association dite « des contribuables associés ». Il a été repris en choeur par tous les médias bienpensants ayant en sainte horreur ce que nos concitoyens pourraient posséder en commun, qu'il s'agisse de la protection sociale, des hôpitaux, des écoles comme des chemins de fer. Même Wikipédia se croit obligé de reprendre ces balivernes relancées par des instituts économiques de droite.

De quoi s'agit-il au fond ? Ce jour dit de la « libération fiscale » serait le premier jour où les Français travailleraient enfin pour « eux » et non plus pour une pieuvre anonyme loin d'ici baptisée « l'État ». Ainsi, insidieusement, l'État devient « étranger » au pays, à celles et ceux qui y vivent. L'utilisation de ce mot « libération » est encore plus odieuse puisqu'il qualifie souvent la fin de l'occupation allemande. L'État est donc assimilé ici, par ces faussaires, à un corps étranger qui, contre notre gré, nous ponctionnerait impôt sur le revenu, impôt local, cotisations sociales. Aucun républicain ne peut laisser sans réagir et sans les combattre ces fausses thèses qui visent à glorifier le laisser-faire, l'individualisme et la loi de la jungle, qui écrasent d'abord les plus faibles.

Laisser prospérer cette folle idée selon laquelle les salariés et les entreprises ne travaillent pas pour eux quand une partie de la valeur créée ou du salaire sert à la société commune est extrêmement dangereux.

On n'a pas entendu ces perroquets de la pensée libérale se plaindre quand ce même État a répondu aux suppliques des institutions financières pour les sauver lors de la récente crise financière dont elles étaient elles-mêmes à l'origine. Ni non plus quand il transfère davantage de valeur issue du travail vers le capital avec les exonérations fiscales et sociales diverses ou des mécanismes comme le Cice ou le pacte de solidarité du précédent quinquennat, qui pourtant n'ont pas créé les emplois promis. Cette rengaine lancée la semaine même où la majorité de nos concitoyens protestaient contre le rabotage de l'aide personnalisée au logement ne doit évidemment rien au hasard. Le projet des libéraux droitiers est de détruire jusqu'à l'idée de « biens communs », voire de l'organisation des sociétés à partir de la justice et de la solidarité.

Il n'est pas question ici de défendre ce qui existe, d'approuver la manière dont l'argent public est utilisé, pas plus que l'injustice fiscale, autant d'enjeux qui appellent de profondes transformations progressistes. Mais elles ne pourraient voir le jour si nous laissions l'idéologie libérale transformer la participation de chacune et de chacun au bien commun, la cotisation ou l'impôt, en « prélèvements » et en « charges ». C'est l'inégale répartition des richesses, c'est l'injustice, c'est l'État de moins en moins social qui produisent des laissés-pour-compte que nous combattons. Suivre les officines de la pensée libérale voudrait dire moins d'infirmières pour soigner tout le monde dans des hôpitaux publics, pas d'enseignants pour éduquer, former nos enfants, plus de sapeurs-pompiers pour aller combattre les feux de forêt, ou pour se porter au devant d'un accident de la route, moins de magistrats pour rendre la justice, de policiers pour assurer la sûreté et moins de routes, moins de trains, moins de théâtres, d'écoles de musique ou de clubs de sport. Laisser prospérer cette folle idée selon laquelle les salariés et les entreprises ne travaillent pas pour eux quand une partie de la valeur créée ou du salaire sert à la société commune est extrêmement dangereux.

Certes, elle permet à ses promoteurs de se dispenser de poser la question cruciale de l'augmentation des salaires en ouvrant la voie à la grande béance des inégalités, à la destruction définitive d'un projet de nouveau contrat social et de nouveau pacte républicain.

Ce dernier devrait porter un processus de justice fiscale et sociale, la lutte contre l'évasion fiscale qui représente un manque à gagner de 80 milliards d'euros pour notre pays, 1 000 milliards pour l'Union européenne. On parle bien peu d'un prélèvement privé, celui des taux d'intérêt bancaires, qui, selon leur niveau, sont bien une entrave à l'investissement et à la satisfaction des attentes des particuliers. Or ces taux de prélèvements enrichissent les banques et les fonds financiers. Ils handicapent d'autant le développement des entreprises, qui, dans ces conditions, réduisent les rémunérations du travail ou l'emploi.

En vérité, il y a bien une « libération » à obtenir : celle du carcan vorace de l'argent roi contre nos concitoyens, leurs biens publics, leur travail, la production et la consommation. Telle serait la voie pour concilier le mieux-vivre, le projet individuel de chacun avec un grand projet commun de vie en société susceptible de remobiliser nos concitoyens.

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 05:40

LE REPLI SUR L'ENTREPRISE SERAIT UNE RÉGRESSION DES RELATIONS SOCIALES.

IL FAUT PENSER À UNE NOUVELLE FAÇON DE PRODUIRE.

 

Le gouvernement profite des vacances d'été pour rédiger les ordonnances visant à réformer le Code du travail. Les dernières entrevues des organisations syndicales avec le premier ministre sur le sujet n'ont pas vraiment éclairé sur les arbitrages à venir. Ce dont on est sûr, c'est que le président tranchera avant la fin août.

Pendant ce temps, gouvernement et patronat ressassent le même argumentaire. L'excès de règles collectives inscrites dans le Code du travail pénaliserait le développement de l'emploi. Flexibiliser le contrat de travail et contourner les syndicats permettraient dès lors de mieux lutter contre le chômage. Face à cette attaque, il peut être tentant de défendre le statu quo, en oubliant que la crise a aussi révélé les faiblesses de l'organisation du marché du travail à la française.

La précarité a gagné du terrain. Le travail et l'emploi sont bien « malades ». D'où le besoin de repenser la manière dont se crée la richesse, la place du travail et son contenu.

Le danger du recours à la procédure expéditive des ordonnances se trouve en tous points confirmé. Le retour à une croissance soutenable exige une mobilisation sans précédent des capacités humaines. C'est dès maintenant qu'il faut mettre en oeuvre une politique globale tendant vers un nouveau plein-emploi. Et ce n'est certainement pas par une mise en concurrence accrue des salariés qu'on atteindra cet objectif. On attend toujours un véritable débat public permettant de faire un état des lieux et d'organiser la confrontation des analyses.

Au lieu d'organiser le repli sur l'entreprise qui consacrerait une régression des relations sociales, le Code du travail a besoin de s'enrichir de nouvelles dimensions. Les évolutions du travail et des technologies supposent de mettre l'individu et le travail au coeur d'une nouvelle manière de produire. Il faut donc protéger les capacités humaines et développer le travail de qualité, reconnu, bien payé, dans une perspective de développement humain durable. Il y a bien un nouveau système à construire qui implique de nouvelles logiques de solidarité, constitutives d'une véritable « sécurité sociale professionnelle ».

On ne peut se contenter de déplorer les suppressions d'emplois. Il faut bâtir un droit d'intégration dans l'emploi. C'est-à-dire à un système cohérent de garanties permettant au salarié d'acquérir une qualification professionnelle, de faire valoir ses compétences dans l'entreprise, d'exercer une activité compatible avec sa vie personnelle, de retrouver un travail s'il perd son emploi. Cela suppose d'assurer une vraie rupture avec la vision du salaire comme coût à réduire et avec la fatalité du passage par la case chômage. Cela justifie de s'attaquer à la croissance financière et de promouvoir les conditions d'un nouveau type de productivité.

Le travail n'est pas une marchandise, mais une richesse collective à protéger et à développer. L'échange sur lequel porte le contrat de travail ne concerne pas un bien ou un service. Il met en jeu l'homme, la personnalité et les capacités du travailleur, et doit prendre en compte le temps long de la vie. La puissance publique est légitime à le garantir, notamment en compensant, via le Code du travail, l'inégalité de la relation dans l'entreprise entre travail et capital.

Tels sont les enjeux d'une bataille sociale qui porte loin et que les salariés sauront rapidement s'approprier, « trêve estivale » ou pas.

 

(*) Économiste et syndicaliste.

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 05:38

WikiLeaks publie une série de documents dévoilant le fonctionnement d'un outil de la CIA utilisé lors d'une intrusion physique et permettant de désactiver tout système de surveillance domestique, vidéo ou audio, connecté à un ordinateur fonctionnant sous Windows.

La CIA dispose d’un petit outil, tenant sur une clef USB, lui permettant de désactiver en quelques clics un éventuel système de vidéosurveillance installé dans un domicile que ses agents souhaiteraient visiter, révèlent des documents publiés jeudi 3 août par WikiLeaks et que Mediapart et La Repubblica ont pu consulter.

Baptisé Dumbo, cet outil a été développé à la demande du Physical Access Group (PAG) de la CIA, une unité chargée des opérations nécessitant une intrusion physique chez une cible à espionner. Le « PAG a demandé ces moyens afin de déjouer les systèmes de sécurité domestiques qui pourraient identifier des officiers ou empêcher des opérations », explique une revue de livraison de l’outil rédigée en 2012.

Et pour protéger l’identité des agents de la CIA, Dumbo permet tout simplement de désactiver tout système de surveillance vidéo ou audio connecté à la machine visée. Concrètement, ce logiciel sera donc utilisé lorsque la CIA souhaite pénétrer par exemple dans le domicile d’une cible, alors que celui-ci est protégé par un système de surveillance domestique. L’agent devra tout d’abord pénétrer dans le bâtiment et accéder à l’ordinateur contrôlant les systèmes de vidéosurveillance. Là, il n’aura qu’à connecter à la machine une clef USB contenant Dumbo.

Le logiciel détectera et désactivera alors toute caméra ou microphone connecté à l’ordinateur, que ce soit par câble ou en WiFi ou en Bluetooth, et coupera toutes les connexions internet, rendant ainsi aveugle tout dispositif de surveillance. Dumbo permet également de corrompre les vidéos en cours d’enregistrement au moment de son lancement, c’est-à-dire celles susceptibles de montrer l’agent de la CIA en train de pénétrer dans le domicile et d’accéder à l’ordinateur.

Dumbo a également ses limites. Il ne fonctionne en effet que sur les ordinateurs utilisant le système d’exploitation Windows de Microsoft. Il ne pourra donc être utilisé que pour neutraliser des systèmes de surveillance domestiques installés sur des ordinateurs personnels. L’agent devra en outre pouvoir accéder à la machine contrôlant les caméras, et donc si nécessaire avoir récupéré ses codes d’accès.

Wikileaks publie au total huit documents qui détaillent le fonctionnement de Dumbo, couvrant une période allant de 2012 à 2015. Cette publication s’inscrit dans la série « Vault 7 » lancée par l’organisation au début du mois de mars dernier et dévoilant les différents logiciels utilisés par la CIA pour ses opérations d’espionnage

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:55

Chaque incendie est une occasion, pour les responsables politiques, d'adresser de vibrants messages de soutien aux soldats du feu. Mais les sapeurs-pompiers, financés par les collectivités, sont directement victimes des coupes budgétaires. Ils dénoncent le danger qu'elles leur font courir sur le terrain. 

 

Var, envoyée spéciale.– L’horloge indique huit heures du matin, ce 25 juillet, quand Samuel part relever ses camarades, qui se sont battus contre les flammes toute la nuit. Cela fait vingt-quatre heures qu’il n’a pas fermé l’œil : il était de garde à la caserne. Toute la journée, il enchaîne les brasiers : Artigues le matin, Tourves l’après-midi, et Bormes-les-Mimosas le soir. Samuel a « fait » les incendies de 2003. Lorsqu’il a vu le panache de fumée assombrir, au loin, un ciel orangé, il a su que « ça allait prendre de l’ampleur ».

Terre brûlée à Bormes-les-Mimosas © Reuters

 

Flammes de 10 mètres

Toute la soirée, Samuel et trois de ses camarades défendent, avec leur camion, des « points sensibles » : des maisons habitées ou pas, des vignes, des champs, des campings et des lotissements. À la nuit tombée, ils sont envoyés vers un endroit isolé pour défendre un bâtiment. Peu à peu, les flammes piègent Samuel et son équipage. Elles atteignent 10, parfois 15 mètres de haut, mais ils ne disposent que d’un camion de 4 000 litres d’eau. Un ruisseau, quand il faudrait un fleuve pour éteindre le bûcher.

Encerclés, les hommes regagnent à la hâte la cabine du véhicule. Les flammes lèchent le camion, les hommes pleurent, la fumée leur brûle les yeux et les poumons. À l’intérieur, les pièces de plastique se distillent dans des « pschhiiit » infernaux. Paniqués, ils déclenchent le système d’autoprotection du camion contre le feu. L’un d’entre eux prend le volant, et conduit à l’aveuglette à travers le brasier. Le feu les poursuit, jusqu’à ce qu’ils trouvent répit dans un champ de vignes.

Quand le collègue qui vient les relever, au petit matin, rencontre leur regard, il y trouve « du vide ». Entend à plusieurs reprises : « on a failli y passer ». Frôler la mort a des conséquences psychiques, et l’équipage, sonné, se voit proposer un passage par le cabinet du psychologue, afin d’amoindrir le risque du syndrome de choc post-traumatique. L’un d’eux est hospitalisé, pour avoir respiré des fumées. 

Cette nuit-là, comme celles d’après, les pompiers du Var seront occupés à diverses tâches. Noyer les lisières de l’incendie pour éviter que le feu ne reprenne, constituer des lignes de véhicules pour prévenir son avancée, monter des tuyaux de 500 mètres pour étouffer les flammes…

 

Après le feu, la colère

Une semaine plus tard, à la terrasse d’un PMU toulonnais, la peur du feu a laissé place à la colère. Autour de la table, quelques pompiers professionnels veulent témoigner, pleins d’amertume face à ce qu’ils appellent le « cinéma » du premier ministre et du ministre de l’intérieur, venus rendre hommage aux sapeurs-pompiers le 26 juillet dernier. « Parce qu’on en a marre de la belle image qu’on donne de nous au moment des feux de forêt », lancent les pompiers professionnels.

Mis à part Sébastien Jansem, le représentant syndical de la fédération autonome, majoritaire dans le département, aucun d’eux ne veut voir son identité dévoilée, par peur des représailles que pourrait exercer le commandement. « Avant, on s’engueulait un bon coup, on réglait les histoires, et puis c’était fini. Maintenant, c’est plus pernicieux, on vous refuse des stages, on vous bloque dans votre progression », justifie Éric. Pourtant, lui comme ses camarades ne veulent pas rester muets. Tous ont en tête le terrible accident de 2003, dans lequel trois pompiers sont morts brûlés dans leur camion, à La Garde-Freinet. Parler, pour éviter que cela recommence.

Écusson des pompiers du Var © Elsa Sabado

 

« S’il y avait eu plus de véhicules, notre gestion de ces incendies aurait pu être bien meilleure », jure Sébastien Jansem. Le camion n’est pas le moindre des emblèmes du « monde pompier ». Mais même dans le Var, dont le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) est l’un des plus importants de France, la maintenance des machines rouges et rutilantes s’est beaucoup dégradée. « À la caserne de La Seyne-sur-Mer, seul un camion sur trois était en état de marche au moment du déclenchement des incendies. L’un d’entre eux était en réparation depuis juin, pour une histoire de plaquette de freins. Et l’année dernière, c’était le même cirque : les camions sont revenus du garage le 25 juillet », s'offusque Jean-Jacques. Le manque de budget retarde les formations, qui interviennent de plus en plus tard. Les camions, très anciens, tombent en panne. Les réparer prend un nombre de jours lui aussi allongé par la baisse de moyens du SDIS 83. Et ils ne sont pas prêts à temps pour la saison des incendies.

 

Parc vieillissant

Un camion permet de créer un « groupe d’intervention en feux de forêt » (GIFF), l’unité de base de l’armée des soldats du feu. Sur chacun d’eux sont affectés quatre pompiers. « En 2003, il y avait 32 groupes d’intervention en feux de forêt. Aujourd’hui, on n'en compte plus que 25 », se désole Sébastien Jansem. Fin juillet, 10 camions étaient déployés sur l’incendie d’Artigues, et 14 sur Bormes-les-Mimosas. « Or dix camions sur un incendie pareil, ça ne suffit pas. Du coup, il y a plus de reprises de feu », poursuit Jean-Jacques.

Le parc vieillit. « L’échelle de remplacement de La Seyne-sur-mer a 46 ans, illustre Lionel. Quand l’incendie est puissant, et que l’eau met quelques secondes de plus que d’habitude à sortir de la lance, vous les sentez passer. À Artigues, on a entendu les gars crier très fort. Et la peur est mauvaise conseillère : on perd nos réflexes, on fait des erreurs qui peuvent avoir des conséquences graves », explique Jean-Jacques. Le manque de matériel est tel que les pompiers ont dû appeler l’équipementier Euromaster pour changer les pneus d’un camion durant le feu d’Artigues. Les véhicules seront mis au rencart en 2019. Et bien souvent, non remplacés.

 

 

Lâcher d'eau sur la forêt © Reuters

 

Côté avions, la situation n’est pas meilleure. Le 15 juin, pour le début de la saison, manquaient à la flotte du groupement aérien de la sécurité civile quatre Canadair, un Tracker et un Dash, des avions qui larguent de l’eau ou des produits retardants sur le feu. Un mois plus tard, quand les incendies ont commencé, la situation n’avait pas bougé d’un pouce. En cause : la Sabena, société de maintenance, a emporté en 2014 le marché de la maintenance des Tracker et des Dash, en plus de celle des Canadair. Selon Stéphan Le Bars, représentant Syndicat national du personnel navigant de l'aéronautique civile, elle n'aurait pas honoré le contrat qui la liait à la sécurité civile. « Et c’était la même chose l’année dernière. Il a fallu qu’on fasse tout un tapage médiatique pour que notre directeur général frappe du poing sur la table et obtienne ces avions », explique le syndicaliste, après avoir tiré la sonnette d’alarme sur France Info, au cœur de la crise. Sur le papier, la sécurité civile peut traiter deux incendies distants de 300 kilomètres avec un groupe de six avions sur chaque feu. En juillet, il y avait seulement quatre Canadair sur le continent, et deux en Corse. « Résultat, alors que l’on arrive à circonscrire les incendies à 800, 900 hectares habituellement, le feu de Biguglia en Corse a dévasté 2 200 hectares. C’est énorme », raconte Stéphan Le Bars.

 

Un personnel à sec

Les incitations à la baisse sur les financements de ce service relié au ministère de l’intérieur a aussi des conséquences sur le personnel.  Depuis 2010, le service a perdu 27 pilotes de ligne et totalise 73 pilotes au lieu des 84 nécessaires. Or les pilotes ne peuvent conduire que pendant huit heures d’affilée. « Comme nous n’avions pas d’équipage de réserve, nous avons été obligés de retarder les départs. Et tant que nous n’intervenons pas, le feu fait sa vie », explique Stéphan Le Bars. Et met celle des sapeurs-pompiers, au sol, en danger. 

À terre aussi, la question du personnel est un point sensible. « Toute l’année, on tourne avec les effectifs qu’on devrait avoir en temps de grève. À la caserne de Toulon, la plus grosse du Var, on est 23 pompiers de garde la journée, 21 la nuit. En 2009, nous étions 960 sur le département, nous ne sommes plus que 905 aujourd’hui », relève Sébastien Jansem. Ce sous-effectif a des conséquences sur l’organisation de la caserne. « Avant, il y avait un groupe affecté à chaque véhicule. Aujourd’hui, il n’y a pas assez de pompiers. On peut être affecté à plusieurs véhicules en même temps, un camion incendie, une ambulance, et un véhicule léger par exemple. Et on sort avec le premier qui sonne. Ce qui fait que pendant l’incendie, il a fallu remplacer du personnel sur le camion de pompiers parce que ceux qui y étaient affectés étaient sur une autre mission », détaille le représentant syndical. Le problème est le même dans l’autre sens. Quand les pompiers se ruent sur le feu, au moment des incendies, il n’y a plus personne en caserne pour assurer l’entretien des véhicules et leur inventaire. Et plus grand monde non plus pour assurer les urgences du quotidien.

Le volontariat a des limites

Pour compenser ce sous-effectif, le SDIS a recours aux pompiers volontaires, qui constituent le gros de ses troupes. « À la caserne du Luc, qui compte 80 volontaires en tout, ils envoient chaque jour 25 pompiers au feu. Ces gens ont un autre travail à côté ! Ça ne peut pas tenir très longtemps comme ça ! », fulmine Éric. Un constat qui fait écho à celui de Romain Pudal, auteur de l’ouvrage Retour de flamme à La Découverte. Pour la première fois, il a entendu à la télévision, un responsable des pompiers demander aux employeurs de la région de libérer les pompiers volontaires de leurs tâches professionnelles. « Cela montre les limites du volontariat. Il y a un discours sur le côté noble, magnifique, de l’engagement citoyen. Mais être volontaire est de plus en plus difficile », constate Romain Puidal. En effet, les pompiers volontaires proviennent pour la plupart de classes populaires, ont une carrière de plus en plus heurtée, faite de CDD et d’intérim. « Le volontariat est certes un engagement, mais cela devient aussi une source de revenus. Les pompiers sont en permanence en train de dealer d’un côté avec la caserne, de l’autre avec leur travail. C’est pour cela que le modèle de sécurité civile à la française peut rapidement atteindre ses limites. Dans ces conditions, l’efficacité des sapeurs est déjà de l’ordre du miraculeux », estime le chercheur.

Caserne de Toulon © Elsa Sabado

Caserne de Toulon © Elsa Sabado

Caserne de Toulon © Elsa Sabado

Chaque année, les chiffres du volontariat baissent. « Il y a surtout une difficulté à fidéliser les volontaires : c’est une activité exigeante, fatigante, qui demande de jongler entre plusieurs vies. Alors quand les sapeurs partent faire leurs études, ont des enfants ou un boulot, ils arrêtent », explique encore Romain Pudal. D’autant qu’avec le gel des embauches de pompiers professionnels, le passage par les pompiers volontaires ne représente plus un tremplin vers le statut de fonctionnaire. « Cette année, un millier de jeunes vont perdre le bénéfice du concours qu’ils ont obtenu il y a trois ans, faute de recrutement. Dans le Var, ils doivent être une quarantaine à être dans cette situation », regrette Sébastien Jansem.

 

Une hiérarchie nostalgique du commandement militaire

Dernière doléance : le rapport avec la hiérarchie. « Certains officiers se comportent comme si la caserne était leur propre entreprise. Ils confondent management et commandement, et certains voudraient nous faire continuer sur un mode paramilitaire. Or, cela, avec les jeunes, ça ne passe plus », explique Lionel. Ces gradés ont souvent moins d’expériences sur le terrain que les hommes du rang, devenus professionnels après des années de volontariat. « Il leur manque parfois la légitimité du terrain. Et les plus intransigeants sont loin d’être les plus exemplaires. Ce décalage est difficile à accepter », confirme Éric.

La départementalisation a, semble-t-il, accentué cette défiance. « Avant, le directeur était à l’étage au-dessus. Aujourd’hui, il est à une heure et demie de route, à Draguignan, et il faut lui envoyer 300 mails pour espérer le contacter. En parallèle, ils nous ont mis, dans chaque centre, un chef de service qui n’a pas les mêmes pouvoirs, qui ne prend pas d’initiatives, et qui est là uniquement pour faire appliquer les ordres », remarque encore Éric. 

Mais pour comprendre la colère provoquée par les grands feux, il faut avoir une vision globale, sur l’année, de l’activité des pompiers. Dans le Var, le nombre d’interventions a augmenté de 1,6 % en 2013/2014, de 2,42 % en 2014/2015, et de 4,87 % en 2015. 

Sébastien Jansem, représentant de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers © Elsa Sabado

Sébastien Jansem, représentant de la Fédération autonome des sapeurs-pompiers © Elsa Sabado

Les pompiers sont le service public de la dernière chance. Handicap, détresse sociale, SDF, ils sont sur tous les fronts délaissés par l’État. Depuis le début de l’année, par exemple, l’Agence régionale de santé a cessé de financer les ambulances privées sur 20 communes du Var. Les pompiers assurent désormais cette mission. Ils sont aussi au service du SAMU, à qui ils reprochent parfois de les obliger à se déplacer alors qu’il n’y a pas d’urgence, pour faire de la « bobologie ». Ils se substituent à la police, quand il s’agit de s’occuper de personnes en état d’ébriété. Sans oublier les commerçants qui les appellent pour des malaises devant leur échoppe, lorsqu’ils veulent simplement faire fuir le SDF qui y a trouvé place.

 

Informatisation

L’informatisation du système d’appels a aussi modifié l’exercice du métier. « En salle opérationnelle, les appels sont désormais enregistrés. Du coup, il y a moins de tri : dans le doute, on envoie toujours un véhicule pour vérifier qu’il n’y a pas de danger, par peur du contentieux », explique Sébastien. Les systèmes de téléalarme pour personnes âgées, qui redirigent automatiquement vers les pompiers si deux proches n’ont pas répondu à leurs appels, participent aussi à l’engorgement du service. 

Enfin, les pompiers déplorent un « changement de mentalité ». « Les gens nous appellent en nous disant qu’ils ont repéré une personne allongée sur la route. Lorsqu’on leur demande ce qu’elle a, ils nous répondent qu’ils ne se sont pas arrêtés pour savoir, et qu’en appelant les pompiers, ils exercent déjà leur devoir de citoyen », raconte Éric. 

 

« Où est l'argent ? »

Face à cette augmentation de l’activité, les financements ne suivent pas. Sur le Var, ils n’avaient, jusqu’à cette année, jamais baissé. Mais au conseil d'administration du 22 juin dernier, juste avant les grands feux, le couperet est tombé : moins 600 000 euros dans l’escarcelle du SDIS. « L’État a supprimé 32 millions d’euros l’année passée à l’ensemble des conseils départementaux de France. Pour justifier cette coupe, il a expliqué que 20 millions seraient alloués à la création d’un service de gestion unique des appels, et reviendraient donc aux SDIS par un autre biais. Seulement voilà, on nous a annoncé au printemps que la création de ce dispositif était repoussée sine die. Je demande donc au gouvernement de M. Macron : où est l’argent ? », tempête Françoise Dumont, présidente du SDIS 83 et conseillère départementale Les Républicains.

Si le conseil départemental finance le SDIS à hauteur de 47 %, les 53 % restants sont abondés par les communes. Auparavant, chaque commune finançait son service de secours et d’incendie. En 2001, le service est transféré au niveau départemental. Depuis, les communes sont en désaccord sur la répartition des contributions. « Un manque à gagner de 5 millions d’euros » pour le SDIS, regrette Sébastien Jansem.

 

 

Vision court-termiste

Edouard Philippe vient soutenir les pompiers © Twitter

Edouard Philippe vient soutenir les pompiers © Twitter

« J’appelle l’État, le premier ministre, celui de l’intérieur, à prendre leurs responsabilités. Ils peuvent bien venir serrer la main des pompiers, ça ne règle pas le problème de fond. Les pompiers sont au bord de la rupture. Les communes sont de bonne volonté, mais elles ne peuvent plus payer certains services. Et les 300 millions d’euros de coupe annoncés dernièrement ne vont pas aider les collectivités à financer leur service incendie », poursuit l’élue, dont le candidat aux présidentielles, François Fillon, proposait, rappelons-le, une économie de vingt milliards d’euros sur les collectivités.

« J’ai entendu, notamment dans un rapport sénatorial, que les pompiers coûtaient trop cher, que les professionnels étaient trop payés, parce qu’ils ne faisaient que deux heures d’intervention sur leurs 24 heures de garde », relève Romain Pudal. Un raisonnement qui, selon lui, ne tient pas. L’intervention constitue le climax des activités des pompiers, mais pas la seule. Pensons au sport, à l’entraînement qu’exige la discipline, à la formation continue, aux manœuvres, à l’entretien des camions… « J’ai l’habitude de dire que nous sommes payés : “au cas où” », ironise Romain Pudal. Et il ajoute : « Oui, les pompiers ont un coût. Et la plupart du temps, la forêt ne brûle pas. Mais on ne peut pas avoir une vision court-termiste, en disant, puisque ça ne brûle pas depuis x années, il faut réduire le budget. Parce que le jour où il y a un attentat ou un feu, tout le monde est content que des moyens soient disponibles à trois minutes de la maison. »

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:53

1,8 million de tonnes de blé en 2015 ; 1,4 million de tonnes en 2016... après la canicule de juin dernier, la récolte poursuivra-t-elle sa baisse ?

Les aléas climatiques qui ont frappé l'agriculture française depuis la tenue de la COP21 de décembre 2015, à Paris, doivent être observés avec la plus grande attention afin d'en tirer toutes les leçons. En 2016, la récolte de céréales à paille a diminué de 30 % par rapport à une année normale. Des pluies importantes et un manque de luminosité ont fait de sorte que beaucoup d'épis n'ont pu se remplir de grain. Cette année, les jours de canicule de la troisième semaine de juin ont desséché les tiges de blé encore vertes, lesquelles n'ont pu faire monter les nutriments destinés au remplissage des épis. Des baisses importantes de rendement sont redoutées dans plusieurs régions céréalières.

Les pluies de 2016 comme les températures élevées de 2017 sont deux conséquences différentes du changement climatique, avec un réchauffement global moyen de + 1°C depuis le milieu du XIXe siècle. Mais ce réchauffement n'est pas linéaire et ses conséquences sont multiples. Cette année, un hiver trop doux a fait prendre de l'avance à la végétation au début du printemps. Du coup, deux à trois nuits de gelées tardives ont brûlé les bourgeons des vignes dans plusieurs régions de France. Des vignerons ont perdu jusqu'à 80 % de leur potentiel de récolte avant même la formation des grappes.

Il faut que les états généraux de l'alimentation mènent à de nouveaux mode de vie et de culture.

Du côté des éleveurs, le rendement herbager des prairies est déjà largement amputé du fait de la sécheresse printanière et de la canicule de juin. Quand l'herbe manque, il faut acheter du grain et d'autres fourrages pour nourrir les bêtes. Le prix de revient du litre de lait et du kilo de viande augmente sans que suive le prix de vente sur un marché mondialisé.

À la suite de son élection, le président Macron avait demandé à plusieurs ministres d'organiser dès cet été des états généraux de l'agriculture et de l'alimentation. Ils ont débuté le 20 juillet. A priori l'idée est séduisante. N'oublions pas toutefois que l'énarque Macron fut, en 2007-2008, le rapporteur de la commission Attali, qui préconisait le pillage du travail des paysans pour, soi-disant, permettre aux grandes surfaces de nous proposer des prix bas. Ce rapport servit à définir le contenu de la loi de modernisation économique (LME) votée par la droite et appliquée depuis 2009.

Cet été, les assises voulues par Macron auront une certaine utilité si elles servent les intérêts des générations appelées à traverser le siècle en cours. Pour produire de la nourriture, il faut réapprendre aux humains à coopérer avec la nature sans lui demander plus qu'elle ne peut donner de manière durable. Planter des arbres dans les plaines céréalières, refaire du maraîchage autour des villes, manger moins de viande, stocker de l'eau de pluie sont des orientations à mettre en place dès maintenant si nous voulons que les natifs du XXIe siècle aient de quoi manger d'ici à l'an 2100. Mais, bien que Nicolas Hulot soit devenu le ministre d'État chargé de la transition écologique et solidaire, rien ne nous prouve que ces priorités sont celles du gouvernement dirigé par Édouard Philippe.

 

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:49

 

Quand bien même la condamnation en appel de Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis est inférieure aux réquisitions du parquet, ce jugement est une étape de plus dans le harcèlement dont est victime ce militant de la solidarité aux exilés et aux migrants à la frontière franco-italienne.

Alors que la France vient d'être rappelée à l'ordre par la Cour européenne des droits de l'homme pour les traitements indignes infligés aux migrants, Cédric Herrou, comme l'ensemble des militants des droits humains, agit dans le sens de ce que l'Etat devrait faire. Le délit de solidarité n'existe pas. Le devoir d'humanité n'est-il pas inscrit au fronton de nos bâtiments publics...FRATERNITÉ.

Sur une telle question, seule une réponse plaçant l'être humain au centre des préoccupations est acceptable. Le "plan migrants" tel que présenté par le ministre de l'Intérieur serait une grave rupture avec les valeurs et les principes de notre République.

Aujourd'hui, c'est l'Etat qui devrait être condamné et Cédric Herrou remercié pour son engagement solidaire et humaniste auprès de femmes, d'hommes et de très nombreux enfants qui vivent un enfer quotidien.

Quand il était ministre, E.Macron avait voulu se démarquer du premier Ministre Valls en appelant à la compassion des Européens à l'égard des réfugiés. C'était avant.

 

Olivier Dartigolles, porte parole du PCF

 

 

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:47

L'agriculteur Cédric Herrou a été condamné ce mardi à quatre mois de prison avec sursis pour « aide à l’immigration clandestine » par la cour d’appel d'Aix-en-Provence.

La condamnation en appel aura donc été plus sévère. Condamné en février à 3 000 euros d’amende avec sursis lors du procès en première instance au tribunal correctionnel de Nice, Cédric Herrou a finalement écopé ce mardi 8 août devant la cour d’appel d'Aix-en-Provence de quatre mois de prison avec sursis. Le motif ? « Aide à l’immigration clandestine ». Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis dans ce procès ouvert en juin et suivi par Mediapart. C'est « une peine d'avertissement », a précisé le président du tribunal, qui a incité l'agriculteur à ne pas commettre « d'autres infractions dans un délai de cinq ans ». « Ils n'ont qu'à me mettre en prison tout de suite », a répondu l'intéressé qui a promis de se pourvoir en cassation et d'aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme s'il n'obtenait pas gain de cause.

Âgé de 38 ans, Cédric Herrou était poursuivi pour avoir transporté des migrants de la frontière italienne jusqu’à chez lui en 2016 et organisé un camp d’accueil de réfugiés dans un ancien local désaffecté de la SNCF à Saint-Dalmas-de-Tende, dans les Alpes-Maritimes.

Mais il n'en a pas fini avec la justice : il a été également mis en examen le 26 juillet pour aide à l’entrée et à la circulation de personnes en situation irrégulière après avoir été arrêté en compagnie de 150 migrants à la gare de Cannes. Une garde à vue considérée par la Ligue des droits de l'homme comme un « déni de justice ». « La LDH est en droit de demander des comptes au gouvernement, pouvait-on lire alors dans un communiqué. (...) Il convient de lui rappeler que le délit de solidarité n’existe pas et que la France vient d’être sévèrement épinglée par la CEDH à ce propos. (...) La LDH exige la libération immédiate de Cédric Herrou, la levée de toute poursuite et la mise au pas des actes trop zélés d’une police obnubilée par la ligne de leur frontière. »

Invité ce mardi matin sur France Inter juste avant que ne tombe la condamnation, celui qui est devenu la figure emblématique du combat des habitants de la vallée de la Roya ne changeait pas sa position d'un iota et lançait à son tour un appel au gouvernement. Au micro de Pierre Weill, Cédric Herrou a ainsi invité le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, à se rendre dans son exploitation où il accueille plusieurs dizaines de migrants, dont une vingtaine de mineurs, et a vivement critiqué la politique de répression à l'œuvre à la frontière franco-italienne. « On est témoin de poursuite à travers la montagne de jeunes Noirs d'Afrique par les forces de l'ordre », assure l'interviewé qui regrette par ailleurs l'absence de centre d'accueil dans le département. 90 % des migrants qu'il héberge, dit-il, sont des demandeurs d'asile qui fuient la guerre.

"Je ne regrette rien"
"Je l'ai fait avec plaisir"
"Ils n'ont qu'à me mettre en prison, ce sera plus simple"#CedricHerrou pic.twitter.com/PjAP9wSLr9

— CNEWS (@CNEWS) 8 août 2017

 

Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages de soutien circulaient ce mardi après l'annonce de la condamnation. « Tout mon soutien à Cédric Herrou », « La bévue de Cédric Herrou est d'avoir milité dans le Pays des droits de l'homme ! », « Face à la décision de justice prise à l'encontre de Cédric Herrou, une formule me revient : “Indignez-vous”. J'ai honte. Honte et honte », pouvait-on lire, entre autres, sur Twitter.

Dans l'après-midi, la LDH a réagit à son tour, évoquant une « insupportable dérive politique de la justice ». « En condamnant Cédric Herrou, la cour d'appel d'Aix-en-Provence montre qu'elle a parfaitement intégré la volonté politique du gouvernement d'interdire l'aide aux réfugiés en faisant de la solidarité un instrument de la répression, écrit la Ligue des droits de l'Homme. Alors que, dans le même temps, le préfet de région interdit, impunément, aux réfugiés de déposer leurs demandes d'asile, un homme, soucieux du sort de personnes dans le plus grand dénuement, est poursuivi et condamné. La LDH dénonce cette situation et assure Cédric Herrou de sa totale solidarité.

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9 août 2017 3 09 /08 /août /2017 05:39

Au moins 123 personnes sont mortes depuis que les manifestations dirigées par l'opposition visant à renverser le gouvernement ont commencé.

Les faits sur la violence en cours au Venezuela sont pratiquement incontournables, avec au moins 123 personnes mortes depuis que les manifestations dirigées par l'opposition visant à renverser le gouvernement ont débuté au début du mois d'avril.

En plus de ceux tués, des centaines ont été blessées dans les manifestations.

Les dirigeants de l'opposition de droite ont tenté de décrire les décès comme des exemples de répression de l'État et de preuves de la «dictature» qu'ils visent à renverser. Les médias traditionnels ont souvent fait écho à cette version des événements, en utilisant des titres comme «Le régime vénézuélien a le sang dans ses mains» et le «Moment vénézuélien de Tiananmen».

Certains médias sont même allés jusqu'à prétendre que le gouvernement élu du président Nicolas Maduro s'engage dans une "campagne de génocide d'Etat".

La réalité de la situation sur le terrain, cependant, démontre quelque chose de très différent.

Voici une liste des personnes tuées depuis le début des manifestations de l'opposition.

6 avril

1. Jairo Ortiz : l'étudiant de 19 ans, a été abattu par l'officier de police de transit Rohenluis Leonel Mata dans l'État de Miranda. La police vénézuélienne a immédiatement arrêté Mata, qui est condamnée à des accusations criminelles.

10 avril

2. Daniel Queliz : l'étudiant de 19 ans de Carabobo a été abattu par la police lors d'une manifestation de l'opposition.

3. Ricarda de Lourdes : la femme de 83 ans est décédée chez elle à Caracas le 10 avril par hydrocéphalie. Lorsque ses symptômes ont commencé à faire flambage plus tôt ce jour-là, elle n'a pas pu être transportée dans un hôpital voisin parce que les manifestants de l'opposition ont bloqué toutes les routes du quartier, empêchant les ambulances de la ramasser.

11 avril

4. Yey Amaro : un policier de 37 ans dans l'état de Lara a été frappé par un véhicule mené par des manifestants de l'opposition le 11 avril après avoir tenté de prendre des mesures de protestation dans son pays d'origine.

5. Miguel Colmenares : le partisan de l'opposition de 36 ans de Lara est mort de multiples blessures reçues après la détonation des engins explosifs à Barquisimeto, État de Lara.

6. Gruseny Canelon : le partisan de l'opposition de 32 ans de Lara est mort d'un échec d'organe après avoir été abattu lors d'une manifestation anti-gouvernementale. Quinze membres de la garde nationale ont été placés en état d'arrestation lors de l'incident.

7. Oliver Villa : l'entrepreneur de marketing numérique de 29 ans a été abattu par des assaillants non identifiés sur les motos à Caracas après avoir échappé à une barricade d'opposition dans le secteur El Paraiso de Caracas.

12 avril

8. Brayan Principal : le résident de 14 ans de la ville socialiste d'Ali Primera a été abattu par des manifestants de l'opposition après avoir renversé la porte principale de la commune.

9. Carlos Moreno : l'étudiant de 17 ans a été abattu à la tête à Caracas. Les membres de la famille disent qu'il n'a pas participé à la protestation, et il est soupçonné que son meurtre a été perpétré par des voleurs armés qui ont volé sa moto.

19 avril

10. Niumar Sanclemente : le sergent de 28 ans avec la garde nationale a apparemment été tué par des tireurs d'élite à Los Teques, capitale de l'état de Mérida.

11. Paola Ramirez : l'étudiante de 23 ans de Tachira a été abattu lors d'une manifestation. Un membre du groupe d'opposition droite de Vente Venezuela est en état d'arrestation pour le meurtre.

20 avril

12. Kevin Leon : le travailleur de boulangerie âgé de 19 ans dans le quartier El Valle de Caracas a été abattu par des manifestants de l'opposition qui ont vandalisé son lieu de travail.

13. Ramon Martinez : le cuisinier de 28 ans qui a travaillé dans la même boulangerie que Kevin Leon dans le quartier El Valle de Caracas a été abattu par des manifestants de l'opposition alors qu'il tentait de protéger le magasin.

14. Francisco Gonzalez : l'homme de 34 ans est mort pendant la vandalisation de la boulangerie d'El Valle.

15. Elio Manuel Pacheco Perez : l'homme de 20 ans a été  électrocuté en essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

16. Jairo Ramírez : l'homme de 47 ans a été  électrocuté en essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

17.  Robert Joel Centeno Briceño : l'homme de 29 ans a été  électrocuté en essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

18.  William Heriberto Marrero Rebolledo : l'homme de 33 ans a été  électrocutéen essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

19. Jonathan Meneses : l'homme de 27 ans a été  électrocuté en tentant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

20. Stivenson Zamora : l'homme de 21 ans a été  électrocuté en essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

21. Kenyer Alexander Aranguren Pérez : le jeune homme de 20 ans a été  électrocuté en essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

22. Yorgeiber Rafael Barrena Bolívar : le jeune homme de 15 ans a été  électrocuté en essayant de pilonner une boulangerie à El Valle, Caracas.

23. Mervin Guitan :  l'homme de 26 ans qui a travaillé pour un bureau du maire à Sucre a été abattu par des hommes armés non identifiés alors qu'il se promenait près d'une protestation.

24. Alberto Rodriguez : l'enfant de 16 ans est mort d'étouffement par des gaz lacrymogènes utilisés à El Valle, Caracas.

25.  Eyker Daniel Rojas Gil : l'état- major de Lara a été abattu lors d'une protestation de l'opposition à Barquisimeto en rentrant chez lui.

23 avril

26. Almelina Carrillo : l' enfant de 47 ans a été frappé dans la tête avec une bouteille d'eau congelée jetée dans un immeuble en marchant près d'une marche pro-gouvernementale à Caracas le 19 avril et est morte quelques jours plus tard.

24 avril

27. Jesus Sulbaran : l'étudiant en criminologie de 41 ans et un fonctionnaire au bureau du gouverneur à Mérida ont été tués lors d'une manifestation progouvernementale, selon l'ombudsman vénézuélien.

28. Renzo Rodriguez : l'homme de 54 ans a été tué dans l'état de Barinas d'une blessure par balle à sa poitrine lorsqu'il était à proximité du bureau du maire de la municipalité de Barinas.

29. Orlando Jhosep : l'homme de 23 ans est mort d'une blessure par balle lors d'une manifestation dans la ville d'El Tocuyo, état de Lara.

30. Daniel Infante : le travailleur de transport de 25 ans a été tué lors d'une manifestation progouvernementale, selon l'ombudsman vénézuélien.

31. Luis Marquez : l'homme de 52 ans a été abattu dans la capitale de l'État de Mérida en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

25 avril

32. Efrain Sierra : l'homme de 27 ans a perdu sa vie après avoir reçu une balle dans l'estomac le 24 avril alors qu'il résistait au vol de sa moto en passant par une barricade d'opposition. De façon inquiétante, il y a aussi d'autres personnes dont les meurtres au cours de ces dates suscitent des inquiétudes au sujet d'assassinats ciblés et d'activités paramilitaires possibles.

33.  Christian Humberto Ochoa Soriano : l'étudiant de 22 ans de Carabobo a été abattu par la police lors d'une manifestation de l'opposition.

26 avril

34. Juan Pablo Pernalete Llovera : le jeune homme de 20 ans a été tué mercredi à Chacao après avoir été touché par une ampoule à gaz.

Le 2 mai

35. Angel Enrique Moreira Gonzalez : l'homme de 28 ans est décédé après avoir essayé d'esquiver une barricade placée par une marche d'opposition bloquant une autoroute dans l'état de Miranda, alors que sa moto s'écrasait dans une autre voiture. 

36. Ana Victoria Colmenarez de Hernandez : l' enfant de 43 ans est décédé dans l'état de Carabobo quand le bus qu'elle voyageait en train de s'effondrer tentait d'esquiver une barricade de rue. La police n'a pas encore confirmé l'identité d'une autre personne qui aurait été tuée dans le même accident. À cette même date, l'opposition avait appelé les communautés du Venezuela à bloquer tout accès à leurs villes en construisant des barricades.

37. Maria de los Angeles Guanipa : l'homme de 38 ans a été tué dans le même accident d'autobus que Ana Victoria Colmenarez de Hernandez. Elle était originaire de Coro dans l'état de Falcon.

38. Yonathan Quintero : l'homme de 21 ans a été tué par un propriétaire de magasin lorsqu'un groupe de personnes a essayé de piller son magasin dans l'état de Carabobo. 

39.  Carlos Eduardo Aranguren Salcedo : le ressortissant de Caracas est mort dans le quartier Puente Baloa de la ville, près d'une manifestation d'opposition violente tout en achetant le petit-déjeuner pour ses frères.

3 mai

40. Armando Cañizales : l'homme de 18 ans est mort à cause d'une blessure par balle dans son cou lors d'une marche d'opposition bloquant l'une des principales autoroutes de Caracas.

4 mai

41.  Gerardo Barrera : l'agent de police de 38 ans a été abattu lors d'une manifestation d'opposition dans la ville de La Pradera, dans l'état de Carabobo, à environ 100 milles à l'ouest de Caracas. 

42.  Juan Bautista Lopez Manjarrez : l'organisateur d'étudiants de 33 ans et le Parti socialiste uni du Venezuela, membre de PSUV, a été abattu à l'Université polytechnique territoriale d'Anzoategui par un tireur inconnu. Lopez a été tué un jour après avoir soutenu publiquement la proposition du président vénézuélien Nicolas Maduro pour une assemblée constituante nationale lors d'une conférence de presse.

Le 5 mai

43.  Hecder Lugo: l'homme de 20 ans est décédé après avoir été abattu à la tête lors d'une manifestation tenue à Valence la veille.

44. Miguel 'Mike' Joseph Medina Romero : l'enfant de 20 ans est mort après avoir été abattu le 3 mai lors d'une protestation de l'opposition dans l'état de Zulia.

7 mai

45. Cesar Guzman : l'étudiant de 22 ans a été abattu dans la tête après avoir participé à une assemblée étudiante dans la région d'El Tigre d'Anzoategui.

10 mai

46.  Miguel Castillo : l'homme de 27 ans est décédé lors d'une manifestation de l'opposition dans le quartier Las Mercedes de Caracas.

47.  Anderson Dugarte : l' enfant de 32 ans est mort après avoir été frappé dans la tête par un projectile d'une arme à feu lors d'une moto près d'une protestation de l'opposition deux jours plus tôt.

12 mai

48.  Carlos Enrique Hernandez : l'homme de 30 ans conduisait une moto avec un compagnon et se heurtait à une barricade de rue, ou guarimba, mis en place par des manifestants de l'opposition.

49. Jose Muñoz Alcoholado : la victime, d'origine chilienne, était dans un restaurant à Caracas lors d'une activité soutenant Maduro lorsque deux manifestants de l'opposition sont entrés et ont tiré sur lui. Alcoholado était un ancien membre du mouvement révolutionnaire de gauche, une organisation militante marxiste-léniniste chilienne qui s'est battu contre le dictateur de droite Augusto Pinochet.

15 mai

50.  Luis Alviarez : l'homme de 17 ans est décédé après avoir été abattu lors de sa démonstration à Palmira, dans l'état de Tachira. Une enquête a été ouverte à son décès.

51.  Javier Antonio Velazquez Cardenas : le propriétaire d'une entreprise de 42 ans a été assassiné à proximité d'une station-service dans l'état de Mérida au milieu d'une protestation locale de l'opposition. Il a été approché par des sujets armés qui l'ont abattu à trois reprises et l'ont laissé couché sur le sol.

52.  Isabel Torrealba : l'homme de 54 ans est mort d'un AVC alors qu'il était pris au milieu d'une protestation de l'opposition contre des gardes nationaux. 

16 mai

53.  Diego Hernandez:  l'homme de 33 ans de la municipalité de Capacho Nuevo, dans l'état de Tachira, est mort après avoir été abattu dans la poitrine lors d'une protestation de l'opposition. La police de Tachira a été impliquée dans sa mort et un procureur de Tachira a été chargé de l'affaire. Le ministre des Relations intérieures Nestor Reverol a confirmé qu'il était membre du PSUV et qu'il travaillait comme chauffeur de taxi lorsqu'il a été assassiné.

54.  Diego Fernando Arellano : le biologiste de 32 ans est mort dans une clinique locale après avoir été blessé lors d'une protestation de l'opposition dans la ville de San Antonio de los Altos, une banlieue de classe moyenne à environ 10 milles de Caracas.

55. Yeison Mora Castillo : l'homme de 17 ans a été blessé le 15 mai et est mort aujourd'hui dans l'état de Barinas. Un procureur de l'état a été nommé pour diriger l'enquête.

17 mai

56. Jose Francisco Guerrero : le jeune homme de 15 ans a été abattu la veille lors du shopping à proximité d'une protestation de l'opposition dans l'Etat de Tachira. Ses parents ont indiqué qu'il n'était membre d'aucune manifestation.

57.  Manuel Castellanos : l'homme de 46 ans a été abattu lors d'un trajet vers un magasin local dans l'état de Tachira pour acheter des couches. Sa mort n'était pas liée aux manifestations.

18 mai

58. Pedro Josue Carrillo : l'homme de 20 ans a été retrouvé mort avec des blessures par balle dans l'état de Lara après avoir été enlevé plusieurs jours auparavant. Il était un chef du PSUV dans son pays d'origine ainsi que la Socialista Guerrera Ana Soto commune qui fait partie de la Mission Bolivar et Chavez.

59. Daniel Rodriguez : l'étudiant de 18 ans a été abattu par des suspects inconnus sur une moto dans la région de Cordoue de Tachira.

60. Paul Moreno : l'étudiant de 24 ans a été écrasé dans une barricade par une camionnette dans Zulia.

19 mai

61. Jorge Escandon : l'agent d'application de la loi communautaire de 37 ans a été abattu par des manifestants de l'opposition avec un pistolet de fortune dans la région de Naguanagua dans l'État de Carabobo.

20 mai

62.  Edy Alejandro Teran Aguilar:  le jeune homme de 23 ans a été abattu lors de manifestations dans le quartier El Murachi de la ville de Valera. Les autorités ont signalé que les hommes armés ont ouvert le feu contre les manifestants, frappant Teran dans la poitrine. Teran et au moins deux autres personnes blessées lors de l'incident ont été emmenées à l'hôpital, où la victime de 23 ans a été prononcée à l'arrivée. 

63.  Orlando Jose Figuera Esparragoza : le jeune homme de 20 ans a été tué à Miranda en voyageant dans la maison de son oncle après avoir quitté le travail. Il a été approché par un groupe inconnu de manifestants et poignardé à mort.

22 mai

64. Yorman Ali Bervecia Cabeza : l'homme de 18 ans a été abattu dans la ville de Barinas après que les manifestants de l'opposition aient commencé à attaquer la garde nationale bolivarienne. 
Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

65. Elvis Adonis Montilla Pérez : le jeune homme de 20 ans a été abattu lors d'une manifestation dans la ville de Barinas. Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

66. Alfredo José Briceño Carrizales : le père de 25 ans a été abattu lors d'une manifestation dans la ville de Barinas. Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

67.  Miguel Ángel Bravo Ramírez : 25 ans a été abattu lors d'une manifestation dans la municipalité Antonio José de Sucre à Barinas. Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

68.  Freiber Darío Pérez Vielma : 21 ans a été abattu lors d'une manifestation dans la paroisse de Dominga Ortiz de Páez à Barinas. Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

23 mai

69.  Juan Sánchez:  21 ans a été abattu lors d'une manifestation à Barinas. Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

70.  Erick Molina: 35 ans a été abattu lors d'une manifestation à Barinas. Les circonstances font l'objet d'une enquête par le procureur de l'État de Barinas.

71.  Mauro Javier Rodriguez Rodriguez : un père de quarante-huit ans et un conducteur de camion PDVSA sont décédés après avoir été incapables de recevoir des soins médicaux en raison de violents barrages routiers de manifestants dans la ville de Barinas.

24 mai

72.  Augusto Pugas : l'étudiant de 22 ans a été tué après avoir été abattu à la tête lors d'une manifestation près de l'Université de Ciudad Bolivar.

73.  Adrian Jose Duque Bravo : l'homme de 23 ans a été tué lors d'une protestation de l'opposition à Zulia.

74.  Augusto Sergio Puga Velasquez : l'étudiant en médecine de 22 ans a été abattu dans la tête en passant par une protestation de l'opposition à Bolivar.

25 mai

75. Manuel Alejandro Sosa Aponte: le travailleur de la compagnie alimentaire de 33 ans a été abattu dans le dos lors d'une manifestation d'opposition à Lara.

27 mai

76.  Cesar David Pereira Villegas : l'homme de 20 ans a été tué après avoir été abattu à proximité d'une manifestation à Anzoategui.

77.  Danny Jose Subero : le membre de la garde nationale à la retraite de 34 ans est mort à proximité d'un enterrement des manifestants de l'opposition à Lara. Il a été abordé par des assaillants inconnus sur une moto qui l'a tiré dessus, a fait exploser sa voiture et l'a volé.

31 mai

78.  Nelson Antonio Moncada Gomez : le juge de 37 ans qui a supervisé le procès criminel du chef de l'opposition Leopoldo Lopez a été abattu en passant par une barricade de rue organisée par des manifestants de l'opposition à Caracas. En l'identifiant, un manifestant inconnu l'a frappé, plus tard à le voler.

1 juin

79.  Maria Estefania Rodriguez : la serveuse d'hôtel de 45 ans a été abattu à plusieurs reprises en promenant une manifestation à Lara.

3 juin

80.  Yoinier Javier Peña Hernandez : l'homme de 28 ans est décédé à l'hôpital universitaire central après avoir été abattu par des hommes armés inconnus à proximité d'une manifestation à Lara le 10 avril.

81.  Luis Miguel Gutierrez Molina : l'homme de 20 ans est mort à l'hôpital universitaire de Los Andes après avoir été abattu le 17 mai en passant par une manifestation à Mérida.

13 juin

82.  Douglas Acevedo Sanchez : l'agent de police de 42 ans a été abattu au cou lors d'une violente protestation de l'opposition à Mérida. Deux étudiants et un autre policier ont également été blessés.

15 juin

83.  Luis Enrique Vera : l'homme de 20 ans est mort lors d'une manifestation à l'Université Rafael Belloso Chacin dans le nord de Maracaibo dans l'état de Zulia, après avoir été traîné par un camion que les forces d'opposition avaient tenté de détenir.

16 juin

84.  Nelson Daniel Arevalo Avendaño : l'étudiant de 24 ans est décédé à Barquisimeto, l'état de Lara à cause de fortes blessures par explosion de mortier. L'explosion, selon les autorités vénézuéliennes, a été déclenchée par des manifestants armés. 

19 juin

85.  Fabian Urbina : l' acteur de 17 ans participait à une manifestation de l'opposition sur l'autoroute Francisco Fajardo dans la municipalité de Chacao, dans l'État de Miranda, où il a été blessé après avoir été abattu dans la poitrine. Il a été transféré dans une clinique privée dans la région où il est décédé. Deux fonctionnaires de la garde nationale bolivarienne ont été détenus pour avoir abusé des armes à feu.

22 juin

86.  David Vallenilla: l'homme de 22 ans a été abattu lors d'une manifestation violente de l'opposition vénézuélienne dans la section Altamira de Caracas. Le ministère public vénézuélien enquêtera sur le meurtre, que l'opposition affirme avoir été commis par les forces de l'État.

27 juin    

87. Ronny Parra : le membre de la garde nationale de 27 ans a été tué lors d'une situation «irrégulière» à Maracay, Aragua.

28 juin

88.  Luigin Paz : le conducteur de 20 ans a été brûlé à mort dans les Zulia par des manifestants de l'opposition après avoir jeté des cocktails molotov sur son véhicule. Paz aurait essayé d'échapper à un blocus de la rue de l'opposition, mais a été attaqué après avoir heurté une moto derrière son véhicule. Un autre passager, Jose Bravo, âgé de 33 ans, a subi des brûlures au troisième degré à 95 pour cent de son corps.

29 juin    

89. Alfredo Figuera: le jeune homme de 18 ans a été touché par une balle alors qu'il traversait une émeute anti-gouvernementale à l'état d'Aragua.

30 juin

90.  Eduardo Jose Marquez Albarran : l'élève de 20 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une manifestation de l'opposition du 13 juin à Mérida.

1er juillet

91. Ramses Martinez : l'organisateur étudiant de 20 ans pour le Front de Francisco de Miranda est mort de blessures par balle reçues un jour plus tôt à Barquisimeto. Martinez aurait été abattu par des manifestants de droite qui l'ont attaqué alors qu'il nettoyait les débris d'un blocus de rue de l'opposition.

92. Fernando Rojas: l'enfant de 49 ans est mort de blessures subies lors d'une manifestation le 30 juin à Lara.

93. Jose Gregorio Mendoza: l'homme de 44 ans est mort de blessures subies lors d'une manifestation le 30 juin à Lara.

94. Ruben Morillo: l'homme de 33 ans est mort de blessures subies lors d'une manifestation le 30 juin à Lara.

4 juillet

95. Engler Alexander Duque : l'homme de 24 ans est mort lors des manifestations de l'opposition dans la ville de Tariba à Tachira. Le compte officiel de Twitter du gouvernement de l'Etat de Tachira a déclaré que les jeunes sont morts lors du traitement des explosifs artisanaux.

10 juillet

96.  Jose Luis Rivas Aranguren : le candidat à l'Assemblée nationale constituante de 41 ans a été abattu lors d'un événement de campagne à Girardot, État d'Aragua.

97.  Manuel Angel Villalobos Urdaneta : l'étudiant de 22 ans est mort d'un accident de voiture à Maracaibo, état de Zulia. Selon les témoins, Villalobos s'est écrasé dans un tronc d'arbre après avoir tenté d'éviter un blocus de rue de l'opposition.

11 juillet

98.  Yanet Angulo Parra : l'enseignante à la retraite de 55 ans a été abattu à proximité d'une protestation de l'opposition à El Tocuyo, État de Lara. 

12 juillet

99.  Argenis Herrera : l'étudiant de 17 ans a été tué lors d'un trajet à proximité de l'Université Orientale dans l'état de Bolivar. Les circonstances entourant son décès sont encore à l'étude.

18 juillet

100.  Hector Anuel : le résident de l'État d' Anzoatégui a été brûlé en vie par un groupe de manifestants de l'opposition qui l'ont frappé avec un mortier artisanal, couramment utilisé par les manifestants de l'opposition. Avant qu'Anuel ait été brûlé, il a été bombardé de pierres et d'autres débris de blocage de rue. Les sites d'opposition affirment que Anuel était un partisan du gouvernement.

20 juillet

101.  Rooney Eloy Tejera Soler : l'étudiant de 24 ans a été abattu à Guaicaipuro, état de Miranda lors d'une manifestation de rue de l'opposition.

102.  Andres Jose Uzcategui Avila : l'étudiant de 23 ans est mort de blessures subies en essayant de lancer un engin explosif chez les officiels de la garde nationale bolivarienne à Valence, Carabobo.

103.  Victor Manuel Marquez Luengo : le manifestant de l'opposition de 34 ans est mort de nombreuses blessures reçues après avoir sauté d'un immeuble du ministère de l'Habitat à Maracaibo, État de Zulia. Marquez était l'un des nombreux manifestants qui aurait tenté de forcer les employés du ministère du Logement à cesser de travailler dans le cadre de la «grève» nationale appelée à l'opposition. Après avoir mis le feu dans une zone du bâtiment lorsque les employés ne se sont pas conformés, il a été entouré de flammes et aurait sauté hors du bâtiment dans la rue.

104.  Eury Rafael Hurtado : l'homme de 34 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'un affrontement entre les manifestants de l'opposition et la police à Guaicaipuro, état de Miranda.

105.  Yamileth Margarita Vasquez : l'homme de 51 ans a été électrocuté à l'intérieur d'un supermarché à Maracaibo, état de Zulia, lorsque les manifestants de l'opposition ont pillé l'entrée de l'entreprise. Les détails entourant sa mort sont encore en cours d'enquête.

26 juillet

106.  Rafael Antonio Vergara : l'homme de 30 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une protestation de l'opposition à Ejida, État de Mérida. 

107.  Jean Carlos Aponte : l'étudiant de 16 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une protestation de l'opposition à Petare, État de Miranda.

27 juillet

108.  Enderson Calderas : l'élève de 20 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une manifestation de l'opposition au jour précédent à Timotes, État de Mérida. 

109.  Leonardo Gonzalez Barreto : l'homme de 48 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une manifestation de l'opposition à Valence, état de Carabobo. Les circonstances de son décès font toujours l'objet d'une enquête.

110.  Gilimbert Teran : l' enfant de 16 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une prise de pouvoir au milieu d'une protestation de l'opposition dans la région d'El Paraiso de Caracas.

111.  Rafael Canache : l'homme de 29 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une protestation de l'opposition à El Jabillote, état d'Anzoatégui.

112.  Jose Miguel Pestano Canelon : l'homme de 23 ans est mort de blessures par balle reçues lors d'une protestation de l'opposition à Cabudare, État de Lara.

28 juillet

113.  Oneiver Johan Quiñones Ramirez : l'agent de police de 30 ans est mort de blessures par balle reçues une journée avant en essayant de dégager un barrage d'opposition à Campo Lias, État de Mérida.

114.  Gustavo Villamiza : l'homme de 18 ans a été abattu à San Cristobal, état de Tachira. Les législateurs de l'opposition affirment que la police était responsable de son décès. Les fonctionnaires gouvernementaux enquêtent encore sur les circonstances de leur décès.

29 juillet

115. José Félix Pineda: candidat ANC de 39 ans, était à la maison avec l'état familial de Bolivar lorsque deux hommes sont venus à la résidence et ont ouvert le feu contre Pinada. Les circonstances de son décès font toujours l'objet d'une enquête.

116. Marcel Pereira: 39 ans était à proximité des manifestations organisées par le MUD à Mérida lorsque des individus armés ont ouvert le feu sur les manifestants. Les circonstances de son décès font toujours l'objet d'une enquête.

30 juillet

117. Ricardo Campos : 30 ans était sur l'avenue Bolivar à Sucre quand il a été tué. Il n'était pas clair s'il participait à une protestation qu'il était un chef de la jeunesse de l'opposition Action démocratique.

118. Angel Yordano Méndez : l'homme de 28 ans et une autre personne ont tenté d'enlever le matériel électoral d'une unité éducative sous la garde du Plan de la République à Mérida. L'armée est accusée d'avoir tiré sur eux, mais le ministre de la Défense a nié toute participation militaire comme incident. Les circonstances de son décès font toujours l'objet d'une enquête.

119. Eduardo Olav : l'homme de 39 ans et une autre personne ont tenté d'enlever le matériel électoral d'une unité éducative sous la garde du Plan de la République à Mérida. L'armée est accusée d'avoir tiré sur eux, mais le ministre de la Défense a nié toute participation militaire comme incident. Les circonstances de son décès font toujours l'objet d'une enquête.

120. Luis Zambrano : l'homme de 43 ans n'a participé à aucune protestation lorsqu'il a été tué à Lara. Le ministère public est responsable de cette affaire.

121. Ronald Ramírez Rosales : Le ministère de la Justice et de la Paix déclare que la victime a tenté d'attaquer le collège militaire à Tachira, alors que l'accusation a déclaré qu'il était une manifestation autour de l'école. Le défunt a été blessé dans un œil par une arme à feu le choc militaire. Le procureur de l'État de Tachira enquête sur l'affaire.

122. Luis Ortíz : le jeune homme de 17 ans était à une manifestation d'opposition à Tachira qui a été attaquée par des groupes armés. Le ministère public est responsable de cette affaire.

123. Adrián Rodríguez: l'homme de 13 ans se trouvait à proximité d'une manifestation anti-gouvernementale, mais il n'est pas clair s'il le démontre. Le ministère public est responsable de cette affaire.


Les deux cas suivants n'étaient pas directement liés aux marches, mais la nature politique de leur travail a soulevé des inquiétudes quant au fait que leur décès pourrait faire partie d'une tendance plus large.

23 avril

Esmin Ramirez : le syndicaliste vénézuélien a été tué dans le sud-est de Bolivar après avoir été enlevé dans un acte que les personnes proches de lui ont déclaré avoir une motivation politique. Ramirez, membre du syndicat du mouvement 21 dans le producteur de minerai de fer allemand Ferrominera et partie du parti politique du PSUV à Cachamay, a été tué dans le secteur d'El Rincconcito dans la ville de Guayana, une ville le long de la rive de l'Orénoque Dans l'état de Bolivar.

Jackeline Ortega : assassinée dans la grande région de Caracas à Santa Lucia del Tuy. Ortega était également membre du PSUV ainsi qu'un chef de file du Comité local sur l'approvisionnement et la production, connu sous le nom de CLAP, un programme de distribution d'aliments alternatifs créé par le gouvernement.

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 06:09

N'en déplaise à certains, la BCE (Banque centrale européenne) n'est pas près de changer sa politique monétaire. 

 

Certains rêvent d'un retour au bon vieux temps d'avant la crise des « subprimes » : celui où l'on se fiait tranquillement au marché. Pourtant, s'il ne fallait citer qu'une seule bombe à retardement, les dettes accumulées par les États, les entreprises et les ménages, vont être insoutenables dès que les taux d'intérêt auront remonté.

Certains croient dur comme fer au retour à la normale et sont convaincus de l'imminence du changement de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) qui va en résulter. D'autres s'interrogent à propos du mécanisme de la prochaine crise qui va immanquablement survenir. Entre ces deux discours, c'est le grand écart !

En dépit de modestes progrès, ni le taux d'inflation, ni celui de la croissance, ni même celui de l'emploi (1) sont dans les clous. Mais le désir de croire à l'arrêt progressif des programmes mis en place par les banques centrales est plus fort que tout, question de conform isme. Même si la Federal Reserve américaine ne s'y engage qu'avec une extrême prudence, que la BCE ne s'y résout toujours pas, et que la Banque du Japon persévère dans le contraire. Les banques centrales ne marchent pas du même pas, cela ne devrait-il pas conduire à nous interroger ?

NOUVEAUX DÉFIS

Certains le font : « Les décideurs doivent oublier des décennies de croyances économiques orthodoxes », affirme dans l'hebdomadaire financier « l'Agefi » (2) l'un d'entre eux, Nicolas Moreau, qui dirige Deutsche Asset Management, la filiale de gestion d'actifs de la Deutsche Bank. Dans la nouvelle ère dans laquelle nous sommes entrés, « nous devons affronter de nouveaux défis structurels, parmi lesquels la baisse de la productivité, des conditions démographiques défavorables et des pertes d'emplois induites par l'irruption des nouvelles technologies ». Il en conclut qu'un « retour au cadre théorique de l'avant-crise serait tout simplement inapproprié », et que nous sommes entrés dans « une nouvelle période d'interventionnisme », par opposition à la politique consistant à se fier au marché.

 

États-Unis, Europe, Japon : les banques centrales ne marchent pas du même pas. Mauvais signe ?

Il n'y va pas de main morte, préconisant l'annulation par les banques centrales de la dette souveraine qu'elles détiennent, en raison de leurs achats massifs. Et, pour faire bonne mesure, de poursuivre pendant une longue période leur intervention afin de maintenir bas les taux obligataires, puis de « sérieusement » étudier une politique de garantie de l'emploi ainsi que l'instauration d'un revenu universel de base !

Côté rebondissement d'une crise qui n'a jamais c essé, Jai me Caruana, le directeur général de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui regroupe les banques centrales, considère qu'il faut chercher l'équivalent des subprimes de 2007 en fouinant dans les arcanes du système financier : « Chaque crise a été rendue possible par une incompréhension collective qui a créé un angle mort sur le risque. » Mais à le suivre dans ces profondeurs, on a toutes les chances de s'y perdre.

 

UNE ÉNORME BULLE

Il y a pourtant des candidats sérieux au rôle de trouble-fête, qui ne peuvent pas passer inaperçus, comme les milliers de milliards de dollars injectés dans le système financier par les banques centrales. Destinées à relancer le crédit et l'économie, ces injections ont eu comme effet la constitution d'une énorme bulle instable d'actifs boursiers et ont encore grossi la masse des produits dérivés, ces instruments que l'investisseur américain Warren Buffett a qualifiés « d'armes financières de destruction massive ».

Une autre masse financière, qui n'est pas sans rapport avec la précédente, est porteuse du danger : la dette obligataire. Les analystes de l'Institut international de la finance estiment son stock mondial à 215000 milliards de dollars fin 2016, endettements des ménages, des entreprises et des États confondus. Or, la hausse des taux du marché obligataire, anormalement bas au regard de son historique, est considérée comme inéluctable. Lorsque les taux augmenteront, le service de la dette pèsera lourdement sur les budgets publics, et dans le contexte actuel de faible croissance et de niveau d'inflation destiné à durer, la dette souveraine sera de moins en moins soute-nable. Y a-t-il besoin d'aller chercher plus loin?

FRANÇOIS LE0LER0 Contact :@fdleclerc

(1) Peter Praet, l'économiste en chef de la BCE, a estimé à 18 % le taux de mesure élargi du chômage au sein de la zone euro, une fois pris en compte le temps partiel subi.

(2) «L'Agefi Hebdo » no 575 du 20 au 26 juillet 2017.

 

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