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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 19:05
Prochain Conseil Municipal de Morlaix le mercredi 31 janvier à 18h30: question orale de l'opposition sur le logement et l'avenir de Morlaix et sur la création d'un CADA

Le Conseil Municipal de Morlaix ce mercredi 31 janvier 2018 aura un ordre du jour très léger: délibérations sur les travaux du musée, sur le stationnement payant, sur l'usage de Langolvas, sur les attributions déléguées du maire et,... c'est à peu près tout, sauf que nous, dans l'opposition, nous posons des questions orales qui soulèvent la question de l'avenir de la ville et des solidarités à Morlaix.   

Questions orales présentées par l'opposition de gauche (Coopérative Citoyenne, PS, Front de gauche): Jean-Philippe Bapcérès, Elisabeth Binaisse, Jean-Pierre Cloarec, Ismaël Dupont, Hervé Gouédard, Sarah Noll, Valérie Scattolin, Jean-Paul Vermot  

1- Regagnons la ville.

Selon l’INSEE, 15% des logements sont vacants à Morlaix.
La moyenne bretonne est 2 fois moins élevée, à 7,4%, tout comme la moyenne Finistérienne à 7,9%.
Certes, les villes moyennes souffrent, mais Lannion n’affiche qu’un taux de 8,2%, Quimperlé 9%, Concarneau 9,8%, Carhaix 12,3% ou encore Douarnenez, 9,8%...
Seul Guingamp affiche un résultat supérieur au nôtre en Bretagne à 16,9%.
C’est donc que nous sommes face à un problème particulier et qui s’aggrave. Ce taux n’atteignait que 12% en 2009.
C’est dire qu’il corrobore les chiffres de la population : elle baisse, et le nombre de logements vacants augmente. CQFD.
Sur 1400 logements vacants à Morlaix, environs 500 sont dans un périmètre allant globalement de la Place De Gaulle au quartier Saint Mathieu, ce qui révèle une concentration spécifique de la vacance en centre-ville.
Dès lors, un plan d’action spécifique doit être défini.
Le problème est d’une telle ampleur qu’il faut programmer notre action zone par zone, définir les îlots d’intervention : Ange de Guernisac, rue du mur/Saint Mathieu, etc…
La mobilisation de l’argent public doit également se programmer : regagner la ville nécessite l’investissement public, certes, mais aussi l’appui des partenaires publics et privés, des collectivités, des bailleurs sociaux, des établissements publics…
Alors, allez-vous mettre en place un plan de reconquête de la ville et de lutte contre la vacance, en réunissant les partenaires cités (et tout autre également) ? Nous sommes prêts à nous y associer pleinement.

 

2 - Pour la mise en place d'un nouveau CADA

En raison de la fermeture programmée du CAO (centre d'accueil et
d'orientation) de Pleyber-Christ , le secteur géographique de Morlaix va
constituer dans le Département , une zone blanche (3 Centres d'Accueil des
Demandeurs d'Asile existants à Brest, Quimper et Quimperlé )puisque
celui de Carantec n'existe plus.
Le CAO de Pleyber fermera après 2 ans de fonctionnement sans incident ,
car anticipé et porté par la municipalité.
Alors que les habitants du territoire se déclarent de plus en plus
demandeurs pour participer à des actions de solidarité , il importe de ne
pas laisser les associations et les collectifs se substituer aux obligations des
élus et des services de l’État. L'accueil des migrants doit se mener sur le
long terme, pour résoudre les incompréhensions et la défiance .
Une rencontre a eu lieu récemment entre le préfet et ses services ,et les
élus de Pleyber-Christ pour envisager un CADA d'une capacité de 50 à 60
places , éventuellement éclaté sur 2 communes .
Morlaix Communauté sous la direction de Madame Tocquer, s'est engagé
dans la recherche d'un site complémentaire ( car limitation à 30 places à
Pleyber).
Morlaix présente de nombreux avantages pour ce type d'équipement dans
la mesure où la ville-centre offre des facilités de transport (bus ou train),
une proximité des services tels Pôle Emploi, agences d'intérim, mission
locale,CAF …..qui n'existent pas en périphérie.De plus, la disponibilité
en bâtiments apparaît plus importante que dans des communes moindres
Autre atout, une offre affirmée de loisirs et de culture, le dynamisme des
nombreuses associations éducatives et sportives , tous ces éléments
concourent à rompre l'isolement des demandeurs d'asile , sans négliger la
réduction des coûts et des temps de déplacement des bénévoles.
QUELLE PLACE VA (OU PEUT) PRENDRE LA VILLE DE MORLAIX DANS
CETTE DEMARCHE DE CREATION D'UN NOUVEAU CADA, en relation avec
Morlaix Communauté ?* 

 

* Création d'un CADA pour les demandeurs d'asile à Morlaix. 
Il est temps que la mairie de Morlaix se positionne pour un accueil décent des exilés en prenant sa part de responsabilité. 
En Conseil Communautaire en décembre 2017, Thierry Piriou, le président de la communauté, a dit que des contacts étaient pris avec la préfecture et l'Etat pour l'éventuelle ouverture d'un Cada sur la zone de Morlaix Communauté. Reste à trouver la commune qui mettra à disposition un équipement pouvant accueillir ce Cada. Pour ma part je l'avais appelé de mes voeux dès le 12 septembre 2016 à travers cette question orale au Conseil Communautaire de Morlaix-Communauté:

Question orale présentée au Conseil de Communauté de Morlaix Communauté le 12 septembre 2016 par Ismaël Dupont, conseiller communautaire de Morlaix.

« Comment faire en sorte que les demandeurs d'asile et leurs familles ne dorment pas à la rue sur le territoire de Morlaix-Communauté ? »

Depuis plusieurs mois, des particuliers et des associations travaillent dans des conditions difficiles, avec beaucoup d'investissement personnel et financier, à trouver des solutions d'hébergement provisoires et insuffisantes pour des migrants, réfugiés , dont certains avec des enfants, qui arrivent dans le Pays de Morlaix démunis de tout.

Dans la foulée de l'émoi public considérable suscité par les images atroces du petit Aylan retrouvé noyé sur une plage de Turquie il y a un an, et des appels du gouvernement à la participation des communes pour l'hébergement de réfugiés irakiens et syriens, qui finalement, tardent à obtenir leur visa, ou de réfugiés acceptant de quitter Calais, plusieurs communes ont annoncé publiquement leur intention de mettre des logements à disposition de réfugiés et certaines ont effectivement des hébergements en attente.

La création du CAO de Pleyber-Christ s'est accompagné d'un grand volontarisme des élus et d'un élan de solidarité de beaucoup de citoyens pour accueillir ces réfugiés dans les meilleures conditions.

Cependant, si les demandeurs d'asile qui viennent de la jungle de Calais et sont reçus en CAO sont régulièrement et assez rapidement orientés en CADA ou en UDAH, il n'est pas de même de tous les autres demandeurs d'asile qui sont, eux, avertis par écrit par Coallia, la Pada (plateforme des demandeurs d 'asile) du Finistère Nord qu'ils ne trouveront aucun logement dans le Finistère. Et effectivement, nombre de demandeurs d'asile dans le Finistère comme ailleurs se retrouvent sans logement, à la rue ou dans des squats indignes alors que les textes de loi prévoient que tout demandeur d'asile a droit à un hébergement dès son inscription en préfecture.

Or, l'accès effectif aux logements normalement destinés par certaines communes de Morlaix-Communauté à des demandeurs d'asile pose problème dès que les associations essaient d'y faire accéder des migrants qu'elles accompagnent dans leur demande d'asile. Les communes, du moins pour celles qui se sont engagés dans la mise à disposition de logements pour des réfugiés, préfèrent visiblement bénéficier d'une convention avec l’État et d'un dédommagement de celui-ci dans le cadre d'une sollicitation préfectorale.

Certes, les logements recensés le sont dans le cadre de la relocalisation et sont destinés principalement à des demandeurs d'asile syriens ou irakiens. Cependant les communes et les particuliers restent les seuls maîtres de leurs choix et ils peuvent s'ils le souhaitent proposer ces mêmes hébergements pour d'autres personnes migrantes, et cela sans l'aval de la préfecture. De plus, les collectifs et associations qui ont fait une demande de rencontre avec Morlaix-Communauté aimeraient avoir accès à la liste des propositions de logements de communes ou de particuliers qui n'ont pas été retenues comme intéressantes par la préfecture. C'est le sous-préfet lui-même qui lors d'une première rencontre au printemps avait suggéré au collectif d'aide aux migrants et réfugiés du pays de Morlaix de se rapprocher des services de Morlaix Communauté pour recenser les adresses de logements potentiellement disponibles.
De fait, pour certains migrants, les associations se retrouvent à payer plusieurs centaines d'euros de nuits à l'auberge de jeunesse pour que des familles ne se retrouvent pas dans la rue. Les services de l’État n'assurent pas leur responsabilité de mise à l'abri des enfants et des demandeurs d'asile faute de moyens budgétaires et de volonté. Les communes ont peur de se mettre des charges nouvelles sur le dos et estiment n'avoir pas cette compétence.
Comment sortir de cette situation inextricable ?
Même si c'est à l’État de faire en sorte de veiller à l'accueil et à l'accompagnement des demandeurs d'asile dans des conditions dignes d'un pays civilisé qui ne laisserait pas à la rue ou dans des taudis les déshérités cherchant à fuir la misère, la dictature ou la guerre, nous pensons aussi que nos collectivités locales peuvent faire quelque chose pour l'accueil des réfugiés et des migrants et que ce n'est pas à des associations et des particuliers aux maigres moyens de se retrouver constamment en première ligne, sans soutien.
De fait, il serait souhaitable de pouvoir créer un CHP décentralisé pour les migrants sur plusieurs communes du pays de Morlaix (un appel d'offre semble avoir été lancé) ou/et un CADA pour offrir une vraie solution d'accueil et d'accompagnement aux migrants en attente de régularisation. Les communes et Morlaix-Communauté peuvent se manifester en ce sens auprès de l’État. Cela s'est fait par le passé, cela se fait ailleurs, comme à Avranches, dernièrement, avec très souvent le déploiement d'une très grande solidarité citoyenne.
Ne peut-on pas envisager aussi la mise à disposition réelle et opérationnelle très vite de logements d'urgence d'accueil pour les migrants et réfugiés, particulièrement les familles?

Prochain Conseil Municipal de Morlaix le mercredi 31 janvier à 18h30: question orale de l'opposition sur le logement et l'avenir de Morlaix et sur la création d'un CADA
Opposition de gauche au Conseil Municipal: Elisabeth Binaisse, Ismaël Dupont, Hervé Gouédard, Valérie Scattolin, Sarah Noll, Jean-Philippe Bapcérès, Jean-Paul Vermot, Jean-Pierre Cloarec

Opposition de gauche au Conseil Municipal: Elisabeth Binaisse, Ismaël Dupont, Hervé Gouédard, Valérie Scattolin, Sarah Noll, Jean-Philippe Bapcérès, Jean-Paul Vermot, Jean-Pierre Cloarec

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 18:54
Stravos Malas

Stravos Malas

Chypre : le PCF souhaite la victoire de Stavros Malas, aux côtés des communistes d’AKEL

 

Les électeurs chypriotes appelés aux urnes ce dimanche viennent de sanctionner le Président sortant Nikos Anastasiades et sa politique d’austérité. Avec 35 % des voix, la droite arrive donc en tête mais avec 10 points de perdus comparé à 2013. Stavros Malas, le candidat de gauche soutenu par AKEL obtient 30 % des voix exprimées (+4). Le deuxième tour s’annonce serré.

Le PCF tient à féliciter chaleureusement Stavros Malas et souhaite sa victoire au deuxième tour, aux côtés des communistes d’AKEL, qui demeurent la première force progressiste de Chypre capable de développer l’île pour sa population, mais aussi la plus crédible pour trouver, avec les institutions internationales, une solution juste et durable au problème chypriote.

 

***

Stravos Malas est généticien, ex-ministre de la Santé et candidat indépendant soutenu par le parti communiste Akel. Il talonne le président sortant conservateur Nicos Anastasiades (35,5%), qui avait non pas 5% mais 15% d'avance au premier tour de 2013, faisant campagne sur une ligne libérale et austéritaire. Le centriste n'a rassemblé que 25% des voix, derrière le candidat des communistes. L'extrême-droite proche d'Aube dorée a dépassé les 5% des voix. Stravos Malas, dans son discours au soir du premier tour, a salué les Chypriotes turcs qui, de l'autre côté de la ligne de partition, ont vendredi manifesté par centaines pour dénoncer l'attaque perpétrée par les ultras aux ordres d'Erdogan contre le journal turcophone "Afrika" qui critiquait l'intervention militaire en cours contre les Kurdes à Afrin, en Syrie.      

Chypre : le PCF souhaite la victoire de Stavros Malas, aux côtés des communistes d’AKEL
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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 17:00
EHPAD: la France n'assume pas sa mission de solidarité selon les députés communistes

Ehpad: la France n'assume pas sa "mission de solidarité" selon les députés communistes

/ AFP mardi 30 janvier 2018

Les députés communistes ont estimé mardi que la France n'assumait pas sa "mission de solidarité" à l'égard des plus anciens, jugeant les mesures annoncées pour les Ehpad, les établissements pour personnes âgées, dont les personnels sont en grève, "insuffisantes". "Nous sommes aujourd'hui dans un pays qui n'assume pas la mission de solidarité élémentaire qui est la sienne à l'égard des plus anciens", a déploré Pierre Dharréville, porte-parole des députés PCF, lors d'une conférence de presse. Affirmant partager "la révolte, la colère des personnels des Ehpad", il a également jugé que "les mesures qui ont été annoncées par le gouvernement sont nettement insuffisantes pour faire face à cette réalité : on continue à compresser les dépenses, y compris pour les personnes âgées". La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé la semaine dernière une enveloppe supplémentaire de 50 millions d'euros. "Nous appelons à un grand plan en faveur des Ehpad", qui permette d'embaucher, de former et de mieux rémunérer les personnels, mais aussi "de construire les établissements modernes dont les personnes âgées de notre pays ont besoin", a-t-il demandé. Les personnels des établissements se sont mis en grève mardi, pour réclamer plus de moyens et demander l'abrogation d'une réforme contestée qui prévoit de faire converger progressivement jusqu'en 2023 les dotations aux Ehpad publics et privés.

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 16:58
Hausse de la CSG : une escroquerie pour les salariés et les retraités (PCF)
MARDI, 30 JANVIER, 2018
HUMANITE.FR

Communiqué du Parti communiste français

Le gouvernement, à grands renforts médiatiques, annonce une hausse sur la feuille de paye de janvier pour les salariés du fait de la suppression des cotisations sociales. Attention à l'arnaque ! Car derrière un gain en moyenne de 20 euros par mois pour les salariés du privé, c'est, comme le précisent les derniers travaux de l’OFCE, une baisse de pouvoir d’achat qui attend chaque salarié au cours du premier trimestre 2018.

Cela tient notamment à la baisse en deux temps des cotisations sociales (3,15% au total) alors que la hausse de 1,7% de la CSG sera immédiate et en une fois.

Quant aux fonctionnaires et aux retraités, la hausse de la CSG constitue une amputation directe de leurs revenus. Une compensation indemnitaire devrait être versée aux fonctionnaires.

Plus grave, sur l’ensemble de l’année, les 5% des ménages les plus modestes verront leur niveau de vie se réduire sous l’effet des mesures décidées alors que les 5% de ménages les plus aisés profiteront pleinement des réformes de la fiscalité du capital mobilier et verront leur niveau de vie s’accroître.

Pire, la hausse de la CSG, associée à la généralisation des exonérations de cotisations sociales patronales, accentue une dérive vers la fiscalisation du financement de la Sécurité sociale. Au lieu des cotisations, qui constituent un prélèvement sur les profits et permettent de financer les prestations sociales au-delà des salaires, sur le principe du «chacun contribue selon ses capacités, et chacun perçoit selon ses besoins », les prélèvements fiscaux pèsent sur les ménages, c’est-à-dire, en écrasante majorité, sur les salariés.

Le transfert des cotisations vers la CSG porte un double danger :

- Le désengagement des entreprises du financement de la protection en le basculant vers la fiscalité,

- L'ouverture en grand aux assurances privées du marché de la santé, le financement par l'impôt ne permettant d'assurer qu'une couverture minimum.

Pour répondre aux immenses besoins de protection sociale – santé, retraites, famille, soins aux personnes âgées… il est urgent de stopper cette dérive. Il faut en finir avec les exonérations de cotisations sociales patronales et les moduler en fonction de la politique d'emploi et de salaires des entreprises. Il faut les compléter par un prélèvement sur les revenus financiers de ces dernières entreprises pour les dissuader de placer leur argent dans des opérations financières meurtrières pour l’économie du pays. En lien 


 
Hausse de la CSG : une escroquerie pour les salariés et les retraités (PCF)
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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 16:31
Pierre Ouzoulias

Pierre Ouzoulias

 

Invité de Sénat 360, le sénateur communiste Pierre Ouzoulias est revenu sur les raisons du recours de son groupe devant le Conseil d’État, visant à obtenir la suppression de l’arrêté gouvernemental instaurant la plateforme Parcoursup. Il fustige tant la méthode employée pour conduire cette réforme que le contenu des mesures mises en place.

Par Alice Bardo

« Il faut dire aux parents que si on laisse Parcoursup tel qu’il est organisé jusqu’au bout, nous aurons un chaos à la rentrée de septembre 2018 », prévient Pierre Ouzoulias, invité de Sénat 360.

Avec son arrêté instaurant la plateforme Parcoursup, le gouvernement entend mettre fin au tirage au sort pour l’entrée à l’université. Le dispositif remplace Admission post-bac, créé en 2009. Selon le sénateur communiste, cette mesure va conduire à une « sélection sociale » : « Ce qui va peser demain dans le dossier des candidats, c’est le lieu où vous habitez, le lycée où vous avez fait votre parcours, vos activités sportives et artistiques et les réseaux de papa et maman » met en garde Pierre Ouzoulias. Une raison qui a poussé le groupe communiste du Sénat à déposer un recours contre l’arrêté gouvernemental devant le Conseil d’État. « L’objectif du bac est de rendre toutes et tous égaux et égales devant le diplôme. Un diplôme anonyme passé de façon nationale et qui donne les mêmes chances à chacun et chacune », renchérit-il. Et d’ajouter : « Avec la réforme telle qu’elle est le bac n’existe plus. Le bac sera simplement un petit examen de confirmation. »

Le sénateur communiste s’offusque également de la méthode employée par le gouvernement pour conduire sa réforme : « Un arrêté c’est ce qu’on prend après une loi, alors que là on commence par l’arrêté, qui n’a même pas été pas été discuté par la ministre quand elle est venue présenter son projet de loi. »  Pierre Ouzoulias constate un « manque de considération du Sénat assumé de la part du gouvernement » et va même jusqu’à établir une comparaison avec « le lit de justice » sous l’Ancien Régime : « Sur ce sujet il nous met devant le fait accompli : vous avez à voter la loi parce qu’elle est déjà en application. C’est un coup d’État insupportable. »

Au-delà de cette réforme, le sénateur craint celles à venir : « Le gouvernement a un plan qui est connu, c’est un plan de libéralisation de l’enseignement. »

 

 

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 12:21
Pour Alain Bruneel, "l’Assemblée nationale doit agir pour la gratuité des transports scolaires"
Pour Alain Bruneel, "l’Assemblée nationale doit agir pour la gratuité des transports scolaires"

mardi 30 janvier 2018

Une proposition de loi sur la gratuité des transports scolaires vient d’être déposée par ALAIN BRUNEEL et les députés du groupe GDR.

Communiqué d’Alain Bruneel, Député du Nord

"Alors que le code de l’éducation dispose que « l’enseignement public (…) est gratuit », il subsiste pourtant d’importantes inégalités territoriales concernant les dépenses liées à la scolarité, qu’il s’agisse des dépenses de fournitures, de restauration ou de transport.

Sur ce dernier poste de dépenses, les associations de parents d’élèves font le constat unanime de la hausse conséquente du coût du transport scolaire ces dernières années.

Le transfert de la compétence des transports scolaires aux régions n’a pas œuvré à l’harmonisation tarifaire. Celles-ci ont reconduit lors de la rentrée de septembre 2017 la situation très inégalitaire qui prévalait antérieurement.

Cette situation heurte le principe d’égal accès de tous au service public et appelle l’intervention du législateur pour garantir une égalité de traitement des élèves sur l’ensemble du territoire.

C’est en ce sens qu’une proposition de loi sur la gratuité des transports scolaires vient d’être déposée par ALAIN BRUNEEL et les députés du groupe GDR.
Si l’école est gratuite, y aller doit l’être aussi. Ce principe de gratuité est indissociable de la solidarité nationale, de la politique en faveur de la jeunesse, de l’éducation et de l’égalité des chances.

La proposition de loi entend donc assurer la gratuité des transports scolaires pour tous les enfants inscrits dans un établissement scolaire, indépendamment des conditions de ressources de leurs familles, et faire ainsi reconnaître le droit inaliénable pour tout élève ou apprenti, de la maternelle au lycée, de se rendre gratuitement sur son lieu d’enseignement...

L’assemblée nationale aura à se prononcer le 8 mars prochain sur cette question et aura donc l’opportunité de mettre fin aux inégalités territoriales en adoptant cette proposition de loi."

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 12:10
Esther Benbassa : « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires » (proposition de loi de la députée écologiste du groupe Communiste Républicain Citoyen Ecologiste)
Esther Benbassa : « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires »

mardi 30 janvier 2018

Par le biais d’une proposition de loi Esther Benbassa, sénatrice de Paris (groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE)) entend, avec d’autres parlementaires, abroger le « délit de solidarité ».

Elle s’explique dans une interview à l’Humanité d’aujourd’hui.

Pourquoi l’abrogation :

Depuis plusieurs mois, dans le contexte de ce qu’il est convenu d’appeler la « crise migratoire » – qu’il serait plus juste d’appeler une crise de l’accueil -, nous assistons à la recrudescence des poursuites judiciaires envers nos concitoyens qui font preuve de solidarité avec les exilés.

Les procès intentés à Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni, Martine Landry et aux nombreux autres solidaires sont venus nous rappeler qu’il est indispensable que la loi soit modifiée afin de protéger réellement les actions humanitaires et désintéressées.

Cette proposition de loi, portée par Esther Benbassa et soutenue par des sénatrices et sénateurs de sensibilités diverses, a pour objet de supprimer définitivement l’incrimination de toute forme de solidarité car il n’est plus admissible qu’en 2018 la solidarité reste un délit.
Esther Benbassa « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires »
Entretien réalisé par Audrey Loussouarn
Mardi, 30 Janvier, 2018
L'Humanité
Esther Benbassa Sénatrice EELV du groupe CRCE

Par le biais d’une proposition de loi présentée aujourd’hui, Esther Benbassa, sénatrice du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) et des élus allant des radicaux de gauche à l’UDI, entend abroger le « délit de solidarité ».

Le « délit de solidarité » n’existe pas en tant que tel. C’est l’article L.622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) de 1945 qui vise à sanctionner « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ».

Que cherchez-vous à modifier avec votre proposition de loi ?

Esther Benbassa Bien sûr, le délit de solidarité est une expression mais il existe sous cette forme. Rappelons que l’expression a été popularisée en 1995 par le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés  – NDLR), qui désignait, de manière péjorative, la répression de ceux qui par conviction, humanité ou simple générosité viennent en aide aux exilés. Avec le groupe communiste, des sénateurs radicaux de gauche à l’UDI, nous aimerions changer la rédaction de cet article afin que seule l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier apportée dans un but lucratif soit sanctionnée. C’est-à-dire maintenir la poursuite des filiales de passeurs, de réseaux de traite humaine et toute personne qui profite de la détresse des exilés pour en tirer un profit financier. L’objectif est de déposer ce texte au printemps, moment où arrivera dans le débat public la loi asile et immigration. Ce texte sera comme une réponse.

En 2012, cet article a été légèrement modifié sous la houlette de Manuel Valls pour faire la distinction entre les réseaux de trafic et les citoyens. Mais elle laisse par exemple de côté l’aide à la circulation au sein du territoire français…

Esther Benbassa Oui, il aurait fallu que ce soit beaucoup plus clair. C’était, comme à l’habitude, un effet de communication car la modification n’a rien changé, sinon il n’y aurait pas eu les procès de Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni ou Martine Landry, pour ne parler que d’eux. Il existe un tas d’anonymes qui ont tout simplement pris un individu dans leur voiture, parce qu’ils le voyaient sur le bord de la route. Pour élaborer ce texte, nous avons rencontré des citoyens solidaires à Paris, à Calais, à Ouistreham, à Briançon, à Grande-Synthe ou encore à Menton, où l’aide et la solidarité sont massives. Ce sont des individus simples. Utilisons même un mot non éculé : ce sont des justes, non des délinquants.

Où se niche l’aberration de cet article, selon vous ?

Esther Benbassa La notion d’aide ne peut porter que sur des domaines précis, essentiellement humanitaires. Elle doit être sans contrepartie directe ou indirecte. Seulement, nous avons constaté des dérives émanant de poursuites contre une personne hébergeant un individu qui aurait fourni une contrepartie, parce qu’il effectuait des tâches ménagères. Ce texte peut être utilisé de différentes manières. C’est pourquoi, selon nous, la rédaction de cette loi n’est pas satisfaisante. Les exemptions prévues laissent une marge d’appréciation excessive au juge, et les condamnations se multiplient ces derniers mois. Ce texte punit ceux qui aident à l’entrée et au séjour des personnes irrégulières d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende et, contrairement aux affirmations des ministres successifs qui ont prétendu l’abroger, il est loin de servir à poursuivre les passeurs des réseaux criminels. Ces dispositions sont principalement utilisées pour intimider les personnes solidaires qui ont choisi d’aider les réfugiés en leur rendant service au quotidien.

Plusieurs tentatives du même ordre ont été effectuées. Pensez-vous que l’actualité autour de la « crise de l’accueil » et des procès successifs, qui ont interpellé l’opinion publique, peut changer la donne cette fois-ci ?

Esther Benbassa 43 % des Français sont contre l’accueil des réfugiés, nous dit-on. Donc, cela fait bien une majorité pour ! Je crois que parfois l’opinion publique peut peser et guider les votes. Mais si nous n’arrivons pas à faire passer ce texte, au moins nous pourrons donner un peu de courage à ces citoyens qui se battent au quotidien.

Esther Benbassa

Sénatrice EELV du groupe CRCE

Pourquoi l’abrogation

« La solidarité ne devrait plus jamais être un délit », est-il écrit en préambule de la proposition de loi, en écho à un avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) qui demande l’abrogation du « délit de solidarité ». Le texte, qui insiste sur la notion d’aide à un réfugié dans un but lucratif, revendique aussi sa « conformité avec la directive européenne du 28 novembre 2002 “définissant l’aide à l’entrée, au transit et au séjour irréguliers”». Celle-ci précise en effet que, « sauf pour l’aide humanitaire, (elle) interdit d’aider une personne étrangère à l’Union à entrer, séjourner ou transiter sur le territoire d’un État membre ».

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30 janvier 2018 2 30 /01 /janvier /2018 08:15

Le Télégramme, 29 janvier 2018: 

La fédération du Finistère du Parti communiste appelle, à son tour, à participer à la manifestation intersyndicale, mardi, à 15 h, place de la Résistance à Quimper, pour revendiquer des moyens pour les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). « Dans le Finistère, département vieillissant, 124 Ehpad publics ou privés offrent 11.300 places, soit 115 places pour 1.000 habitants de plus de 75 ans. Ce nombre stagne. Quant aux places en foyers-logements, elles diminuent. C'est insuffisant pour répondre aux demandes », estiment Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF, et Yvonne Rainero, membre de la commission nationale santé protection sociale. « Les effectifs des personnels sont encore plus insuffisants : le ratio devrait être d'un professionnel par résidant, il est moitié moindre. Le taux d'équipement en soins infirmiers et d'aide à domicile est, par ailleurs, inférieur à la moyenne bretonne. En 2017, on comptait dans le budget départemental plus de 100 M€ versés pour l'allocation personnalisée d'autonomie, mais seulement 38 M€ compensés par l'État ! Derrière ces chiffres, il y a des réalités humaines insupportables », critiquent-ils. « Et ils sont encore plus alarmants au regard de l'évolution démographique : la proportion des plus de 75 ans dans le Finistère devrait passer de 10,9 % à plus de 18 % en 2050 », signifient les communistes. Ils revendiquent notamment « la création d'emplois qualifiés sur la base d'un salarié par personne âgée, la mise en place d'un grand service public de santé de proximité et d'un pôle public départemental de l'autonomie et la suppression des restes à charge pour les familles ».

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:54
Gaza, au bord du précipice (28 janvier - Thomas Cantaloube, Médiapart)
Gaza, au bord du précipice
 PAR 

Des responsables militaires israéliens ont récemment tiré la sonnette d’alarme en avertissant que la bande de Gaza était « au bord d’un effondrement complet », en raison de la détérioration des conditions sanitaires, sociales et économiques. Après dix ans de blocus, c’est en effet le désespoir qui domine. « Nous souffrons de ne jamais pouvoir envisager le futur », dit une habitante. Reportage dans la bande de Gaza.

Gaza, de notre envoyé spécial.-  Quand on lui annonce que nous avons l’intention de nous rendre dans la bande de Gaza, le porte-parole du gouvernement israélien soupire, puis nous répond calmement : « Comme vous voulez… Vous allez voir beaucoup de misère et de souffrance. Mais n’oubliez pas : c’est leur responsabilité. Les habitants de Gaza ont choisi le parti de la violence et des terroristes. Nous ne pouvons pas l’accepter et nous devons nous défendre. »

Quelques jours plus tard, nous franchissons le checkpoint d’Erez, immense édifice de béton et d’électronique qui évoque la paranoïa déshumanisée des installations militaires américaines en Irak ou en Afghanistan dans les années 2000. Après un long tunnel de grillage, nous émergeons côté palestinien, dans cette bande de Gaza grande comme trois fois Paris intra-muros, peuplée de deux millions d’habitants cloués sur place, sans possibilité aisée de sortir de ce territoire depuis plus de dix années, lorsque le Hamas en a pris le contrôle en 2007.

On traverse d’abord quelques champs cultivés (oliviers, fraises, haricots verts…) avant d’atteindre les premiers bâtiments, qui occupent la quasi-totalité de la surface de Gaza, en faisant un des lieux les plus densément peuplés de la planète. Bien sûr, l’ambiance n’est pas riante, on imagine d’autres endroits pour faire du tourisme : le gris parpaing des immeubles mal finis, les nombreuses charrettes tirées par des ânes, les rues secondaires en terre constellées d’ornières.

Mais la vie suit son cours, résiliente. Et tant qu’on n’adresse pas la parole aux Gazaouis pour leur demander comment va leur existence, l’illusion se maintient d’être dans n’importe quelle ville pauvre du monde arabe. Il y a des souks, des hôtels, des restaurants, des banques, des embouteillages, les vagues de la Méditerranée qui s’écrasent sur les plages de sable.

Les premières fissures dans ce tableau apaisé surgissent très vite. On observe les pêcheurs qui larguent les amarres et s’éloignent du port en fin de soirée. Ils naviguent sur deux ou trois kilomètres en mer, puis coupent les moteurs pour lancer leurs filets. Normal, ils ne peuvent pas s’aventurer au-delà : leur zone de pêche est restreinte en moyenne à cinq milles marins (9 km).

Nous avons ensuite rendez-vous avec un officiel au treizième étage d’un immeuble : il faut attendre son arrivée, puis qu’un agent de sécurité démarre le générateur diesel, et tout le monde s’entasse dans la cage d’ascenseur. En quittant les lieux, on descend les treize étages à pied avec une lampe de poche. Mi-janvier 2018, le rythme d’approvisionnement en électricité est le suivant : quatre heures de courant, suivies par douze heures de black-out. Parfois, s’il y a six ou sept heures de courant par jour, c’est Byzance. Quand l’électricité arrive dans les foyers, tout le monde se chamaille aimablement pour filer à la douche et bénéficier d’eau chaude.

L’essentiel de l’eau qui circule dans les tuyaux (95 % selon l’Organisation mondiale de la santé) est impropre à la consommation humaine. Lorsqu’on se brosse les dents, un arrière-goût colle aux gencives. Se baigner dans la mer revient à nager à la sortie des égouts, puisque le système de traitement des eaux usées est en carafe depuis des mois…

Début 2018, les services de sécurité israéliens (armée et renseignements) ont tiré la sonnette d’alarme auprès de leur gouvernement : « Gaza est au bord d’un effondrement complet », ont-ils averti. Ce qui, dans le langage de ces responsables, laisse présager que les conditions socioéconomiques désastreuses de la bande pourraient bien provoquer un soulèvement, une nouvelle intifada, une offensive armée des extrémistes religieux, bref, ils ne savent pas vraiment quoi, mais cela ne sent pas bon du tout.

Il y a déjà eu trois guerres à Gaza en dix ans et les Israéliens ne souhaitent désormais rien tant que préserver le statu quo. Donc, du point de vue de ces dirigeants chargés de la sécurité de leur pays, il vaudrait mieux s’arranger pour que la cocotte-minute gazaouie ne leur explose pas à la figure en relâchant la pression.

Malheureusement, ces paroles raisonnables ne sont guère écoutées par la majorité des Israéliens aujourd’hui. Il y a ceux qui rappellent ironiquement que les médias annoncent depuis douze ans « l’effondrement de Gaza » sans que cela ne se produise. Il y a ceux qui désirent la confrontation et se réjouissent de la situation. Et puis il y a surtout l’indifférence face au sort des Gazaouis. « Si ces gens veulent vivre normalement, ils n’ont qu’à se débarrasser du Hamas. » Tel est le refrain que l’on entend souvent en Israël.

Jusqu’en 2005, la situation de Gaza n’était guère différente de celle du reste de la Cisjordanie sur le plan de la circulation des personnes. Puis le premier ministre Ariel Sharon a annoncé le retrait des 8 000 colons qui vivaient sur place, les islamistes du Hamas ont remporté (à la régulière) les élections palestiniennes de 2006 et, l’année suivante, ils ont pris le contrôle total de la bande de Gaza, à la suite d’une confrontation avec l’Autorité palestinienne installée à Ramallah (Cisjordanie).

Depuis cette date-là, Israël a isolé Gaza à coups de barbelés, de miradors, de murs de béton et de checkpoints. Le seul point de passage avec un pays tiers, l’Égypte, est celui de Rafah, au sud, et il est rarement ouvert, encore moins depuis le coup d’État du maréchal al-Sissi de 2014.

« Sortir à tout prix d’ici pour vivre ailleurs »

On a coutume de parler de Gaza comme d’une « prison à ciel ouvert », mais c’est un cliché insidieux. Dans toute démocratie digne de ce nom, les prisonniers ont été jugés et reconnus coupables. Or le seul crime de l’immense majorité des Gazaouis est d’être nés palestiniens sur cette langue de terre côtière. « Pour deux millions d’habitants, il y a peut-être 10 000 extrémistes ou terroristes. Nous sommes tous condamnés pour les actes de quelques-uns », souligne Youssef Nateel, un cinéaste d’une trentaine d’années. Il fait référence aux branches armées du Hamas ou du Djihad islamique, qui envoient occasionnellement des missiles sur Israël ou commettent des attentats-suicides. Gaza n’est donc pas tant une prison qu’un exercice de punition collective massive.

Depuis 2012, Youssef Nateel a déposé chaque année quatre à cinq demandes de permis de sortie de Gaza pour présenter ses films documentaires dans des festivals, ou afin de se rendre à une formation aux États-Unis pour laquelle il avait obtenu une bourse. Elles ont toutes été refusées. Sans aucune explication. « Les Israéliens n’ont pas à se justifier », souffle-t-il. Il sait seulement qu’il a le mauvais âge, le mauvais sexe, le mauvais pedigree du point de vue de l’appareil sécuritaire israélien : celui d’un terroriste en puissance.

Youssef est donc cloîtré à Gaza, relié au reste du monde par Internet, grâce auquel il se forme lui-même avec des tutoriels en ligne. « Je veux progresser en tant que cinéaste, je veux grandir en tant qu’artiste, je veux me confronter au reste du monde, mais cela m’est interdit. Je ne compte plus toutes les opportunités que j’ai ratées. Ces dix dernières années ont été gâchées. Désormais, je n’ai plus qu’une seule aspiration : sortir à tout prix d’ici pour vivre ailleurs et ne pas gâcher la prochaine décennie. »

Une de ses amies, Yasmine Dawas, a plus de chance. Façon de parler. Toute récente diplômée de médecine, elle a trouvé du travail un jour par semaine dans un hôpital de Jérusalem pour traiter des enfants victimes de malformations cardiaques. En tant que jeune femme employée en Israël, elle peut obtenir un permis de sortie pour s’y rendre. Mais elle doit le renouveler chaque mois.

À la mi-janvier, elle reçoit un message sur son téléphone lui annonçant que son prochain permis durera trois mois. Elle saute de joie ! Puis elle lit les détails : elle n’a le droit de franchir les checkpoints que le mardi, jour où elle travaille. Les larmes lui montent aux yeux, elle détourne le regard. Là encore, nulle explication. C’est comme ça, c’est la règle israélienne.

Quand elle franchit le checkpoint pour se rendre à son travail, elle n’a le droit de rien emporter avec elle : pas de cosmétiques, pas de brosse à dents. Un jour, elle avait oublié un bâton de rouge à lèvres au fond de sa poche. Il lui a été confisqué et elle a dû plaider pour ne pas voir son permis annulé.

Malgré cela, Yasmine et Youssef s’estiment mieux lotis que la plupart des Gazaouis : leurs familles sont relativement aisées, ils ont pu faire de bonnes études, ils possèdent des réseaux à l’étranger. Mais la plupart de leurs concitoyens subissent le chômage et la précarité. Le taux officiel de chômage s’élève à 47 % et il grimpe à 60-65 % pour les jeunes diplômés. C’est un paradoxe de Gaza : le taux d’alphabétisation des moins de 24 ans dépasse les 99 %, les universités sont ouvertes et de bon niveau, mais une fois leur cursus terminé, les diplômés sont cantonnés à un territoire exsangue, coupé du reste du monde.

En 2012, l’UNRWA, l’agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens, nombreux à Gaza, avait publié un rapport dont le titre s’affichait poliment interrogatif, même si la réponse était négative : « Gaza sera-t-il vivable en 2020 ? » Aujourd’hui, les instances internationales, les ONG et même certains responsables israéliens se demandent s’il ne faudrait pas avancer la date de deux ans, c’est-à-dire envisager que Gaza ne soit plus vivable fin 2018. Aux problèmes d’eau, d’électricité ou de chômage précédemment évoqués s’ajoutent une véritable crise sociale et psychologique, ainsi que les évolutions politiques récentes, qui obscurcissent encore davantage les perspectives des Gazaouis.

Responsable de projets dans une ONG d’assistance psychologique, Lubna Beseisso observe le tissu social se détériorer jour après jour. « Quand nous entendons le tonnerre, la plupart d’entre nous sursautons en imaginant que c’est un nouveau bombardement. Nous sommes traumatisés par les guerres, mais aussi par le blocus, l’enfermement, la division politique, explique-t-elle posément, s’incluant parfois dans les cas qu’elle décrit. Les gens ne peuvent pas vivre dans un état de stress perpétuel sans que cela n’affecte la société dans son ensemble. »

Les disputes intrafamiliales, la violence, la dépression, tout cela est en hausse constante. Il y a désormais des sans-abri à Gaza, phénomène inconnu il y a encore quelques années du fait des solidarités. « La semaine passée, nous avons recensé un crime inédit dans l’histoire palestinienne : une femme a tué son mari puis l’a démembré. Ici, les gens avaient l’habitude de se préoccuper les uns des autres. Nous avons bien entendu toujours eu des vols, des meurtres ou de la violence dans les familles, mais jamais dans de telles proportions ni avec une telle agressivité. Le tissu social est en train de se déchirer. »

« Gaza est un véritable chaos politique »

D’après une étude scientifique sur les troubles psychologiques au Moyen-Orient publiée début 2017, les Palestiniens figurent au premier plan de toutes les populations de la région en matière de « désordres mentaux ». Le lien est directement établi entre ces perturbations et le demi-siècle de violence et de conflits, l’occupation israélienne et la répression qui l’accompagne. « Outre les différents symptômes de stress post-traumatique ou liés aux angoisses quotidiennes, nous souffrons de ne jamais pouvoir envisager le futur, s’attriste Lubna Beseisso. Nous avons appris depuis notre enfance à ne pas planifier notre avenir. » Ce qu’Ayah al-Wakil, une jeune juriste, résume ainsi : « Nous essayons de ne jamais espérer trop car nous ne voulons pas être déçus. »

Une des rares choses qui semblent fonctionner correctement et avec régularité à Gaza est Internet, seul véritable lien avec l’extérieur pour la plupart des Gazaouis. Mais là encore, par la grâce ubuesque des autorités israéliennes, Gaza est interdite de réseau téléphonique 3G (la Cisjordanie vient juste d’être autorisée à déployer cette technologie vieille d’une décennie…). « Nous ne voyons que rarement des étrangers ou d’autres cultures, nous appréhendons le monde au travers des réseaux sociaux, constate tristement Ayah al-Wakil. Mais bien évidemment, ce n’est pas comparable : un pan de l’expérience humaine nous est ôtée. »

Assis derrière son bureau de responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Gaza, Mahmoud Daher cache ses yeux las derrière ses lunettes. Après avoir passé en revue la longue liste des problèmes économiques et sanitaires qui affectent la bande de terre (à laquelle il faut ajouter, en plus de ceux déjà mentionnés, la pénurie de nombreux médicaments ou la dépendance à l’aide internationale de 80 % de la population), il assène avec la force de l’évidence : « Le problème de Gaza est de nature politique, il n’y a pas de solution médicale ou financière. »

 

 

 

La récente prise de position de l’administration Trump sur le statut de Jérusalem, et plus généralement son soutien sans ambages au gouvernement israélien de Benjamin Netanyahou, ont achevé de doucher les maigres espoirs qui subsistaient parmi la population palestinienne.

De surcroît, la « réconciliation » annoncée fin septembre 2017 entre le Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, semble au point mort. Il y a eu quelques visites des autorités de Ramallah et la prise de contrôle des checkpoints par les policiers palestiniens, mais aucune autre avancée. Les Gazaouis, qui espéraient l’injection d’argent frais ou un assouplissement du blocus israélien, ont déchanté et, aujourd’hui, ils perçoivent cela comme une déception de plus.

« Gaza est un véritable chaos politique, résume Khalil Shahin, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme. Nous subissons un régime politique unique au monde en étant gouvernés par trois entités et demie. Il y a d’abord Israël, qui contrôle tous les détails de notre vie quotidienne. Il y a ensuite l’Autorité palestinienne, dont nous dépendons théoriquement mais qui ne fait pas grand-chose. Il y a le Hamas, qui régente ce qu’il peut, principalement la sécurité interne et l’économie locale. Et enfin, pour une demi-part, la communauté internationale au travers des ONG, des programmes d’aide et de l’ONU. »

Les Israéliens ont pris l’habitude de blâmer le Hamas (qui, avant de prendre le contrôle du territoire par les armes en délogeant l’Autorité palestinienne, avait remporté les élections libres) pour tous les maux de Gaza. Le mouvement islamiste, à la fois politique et militaire, est effectivement responsable de nombreuses attaques contre les Israéliens qui ont fait des dizaines de morts. Il exerce également un « monopole sur la corruption », comme le confie l’un de nos interlocuteurs, en taxant les produits qui rentrent à Gaza ou en organisant les trafics clandestins.

 

Il fait également peser une certaine pression sur la société en s’efforçant de faire taire tous ceux qui ont la parole un peu trop critique. « On ne parle pas du Hamas en public et on fait attention à ce que l’on poste sur les réseaux sociaux, dénonce un militant anticorruption, sinon ses miliciens débarquent chez vous au petit matin… » Pour autant, Gaza ne vit pas sous une chape de plomb islamiste. Les appels à la prière n’ont pas plus d’adeptes ici qu’en Cisjordanie et les femmes qui le souhaitent se promènent sans foulard sur les cheveux (même si elles sont rares).

« L’occupation est la matrice de toute la situation »

Mais le Hamas est usé par ses dix années de pouvoir, qui ont vu la situation se détériorer. Même Ahmed Yousef, l’ancien conseiller politique du leader du Hamas Ismaël Haniyeh, l’avoue sans détour : « La population espérait beaucoup de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, mais elle est mal engagée. Les gens attendent de nouveaux dirigeants. Le Hamas porte sa part de responsabilité dans la situation présente, mais elle est moindre que celle d’autres acteurs. »

Au premier rang figure le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont toute la stratégie depuis 15 ans a été lentement déjouée par Netanyahou et annihilée brusquement par Trump. L’Égypte aussi, qui pourrait offrir un ballon d’oxygène pour Gaza l’asphyxiée mais préfère, au contraire, lui appuyer sur la glotte en laissant le passage de Rafah presque tout le temps fermé et en collaborant avec les Israéliens. « Personne ne nous épargne, personne ne fait preuve de compassion à notre égard », commente Ahmed Yousef, résigné.

Si le Hamas, l’Autorité palestinienne, l’Égypte ou parfois les pays occidentaux sont critiqués par les Gazaouis, tout ce beau monde n’arrive que loin derrière, en seconde place sur le podium des griefs. Personne à Gaza n’est disposé à absoudre Israël de son écrasante responsabilité. Car c’est bien l’État hébreu qui est la puissance occupante, qui contrôle les flux des marchandises et des personnes, qui restreint les faibles marges de liberté des Gazaouis et qui impose sa loi d’une main de fer dans un gant d’épines.

Un responsable de l’ONU à Gaza, qui préfère rester anonyme pour parler en toute franchise, résume l’équation ainsi : « Pas d’occupation signifie pas d’intifada et donc pas de mesures de rétorsion, donc pas de souffrance. » Puis il poursuit : « On peut blâmer de nombreux acteurs locaux et internationaux pour leur inefficacité, leur corruption, leur incompétence, leur idéologie ; on peut débattre sur ce qui a surgi en premier de l’intifada ou des représailles, à la manière du litige sur la poule et l’œuf ; mais ce ne sont que des conséquences de l’occupation, qui est la matrice de toute la situation. »

Lorsqu’il cesse de parler, ce haut fonctionnaire onusien ramasse quelques livres qui traînent et essaie de faire tenir cette petite pile en équilibre sur le bord de sa table de travail. Après de méticuleux ajustements, il y parvient. Il relève alors la tête vers nous et annonce : « Gaza est ainsi : toujours au bord du précipice. Un seul mouvement peut tout faire basculer. Les Israéliens déploient beaucoup de ressources en matière de sécurité et de renseignements pour maintenir Gaza en équilibre au bord de l’abîme. »

Avant de regagner le checkpoint d’Erez pour faire ce que la plupart des Palestiniens ne peuvent pas effectuer, à savoir quitter cette enclave par la porte, on s’arrête chez un agriculteur dont les champs et les serres touchent presque le mur de séparation entre Israël et Gaza. La fraise de Gaza possède une petite réputation. Elle est effectivement délicieuse : riche en goût et juteuse. Akram Abu Khosa a dû reconstruire plusieurs fois ses serres, fréquemment détruites lors des incursions des soldats israéliens, faire une croix sur différentes récoltes pour les mêmes raisons, mais il persiste dans son maraîchage, comme le faisait son père avant lui.

Aujourd’hui, son principal marché se situe à Gaza même, bien que cela lui rapporte moins que les exportations vers les pays du Golfe, qui comptent parmi ses clients. « Pour exporter, il faut que je récolte les fraises un peu en avance, mais pas trop afin de conserver un bon produit. Une fois que je les ai mises en barquette, elles doivent arriver chez les marchands en trois jours maximum. Le problème, c’est que je ne sais jamais si les Israéliens vont me laisser passer le checkpoint. Ils me connaissent et j’ai un permis d’exportation, mais c’est la loterie à chaque fois. Si mon camion est bloqué plus de 24 heures au poste de contrôle, c’est foutu, je perds ma cargaison. »

Selon Khalil Shahin, du Centre palestinien pour les droits de l’homme, depuis dix ans, moins de 5 % des exportations de Gaza ont été autorisées à sortir de la bande. Akram Abu Khosa continue malgré tout de tenter régulièrement sa chance avec une partie de sa récolte de fraises. Pour continuer à vivre de sa terre bien sûr, mais aussi par obstination. Afin de montrer aux Israéliens qu’il ne se laissera pas abattre malgré leur volonté de maintenir Gaza au bord du précipice. Trop pauvre et soumis pour se révolter, mais pas assez pour ne plus rien avoir à perdre que ses larmes et son sang.

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 19:18
Comme vous le savez, demain 30 janvier aura lieu un mouvement national d'actions dans les EHPAD.
 
Dans le Finistère une manifestation aura lieu à 15 h à Quimper, place de la Résistance. Le comité de Morlaix a prévu d'y participer.
 
Un covoiturage est donc organisé pour ceux qui peuvent s'y rendre à partir de Morlaix. Rendez-vous donc  à 13 h place René Cassin, demain 30 janvier. Merci d'indiquer votre participation.
 
Par ailleurs, des débrayages auront lieu dans les EHPAD de 14 h 30 à 15 h 30, et des rassemblements sont prévus devant ces EHPAD (Bélizal, Argoat, Lanmeur, Plouigneau, Pleyber-Christ, St Thégonnec, St Pol de Léon, etc,...)
 
Roger Héré pour le Comité de défense de l'Hôpital Public en pays de Morlaix
EHPAD: Le Comité de défense de l'Hôpital Public en pays de Morlaix organise un co-voiturage pour la manifestation à Quimper, RDV à 13h le mardi 30 janvier, place René Cassin
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