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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 07:08
17 juillet 1936: Coup d'Etat fasciste contre la jeune République espagnole (Robert Clément)

17 juillet 1936 : Coup d’État fasciste contre la jeune République espagnole.


C’est le début de la guerre civile en Espagne 1936-1939 et le prélude à la seconde guerre mondiale. L'Espagne est devenue une république parlementaire et démocratique depuis 1931. Mais le nouveau régime doit faire face à de nombreuses oppositions conservatrices hostiles aux réformes sociales et à la démocratie: le clergé catholique, les grands propriétaires fonciers, les cadres de l'armée.
En 1936, comme en France, les partis républicains (socialistes, radicaux, communistes et anarchistes) se sont unis dans un Frente popular. Ils gagnent les élections législatives de février 1936.
Refusant leur défaite les forces de l'opposition organisent un soulèvement militaire le 17 juillet 1936 sous la direction du général Franco. Bénéficiant dès l'origine du soutien de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste, les "nationalistes" de Franco occupent rapidement la moitié du pays.

Au total Allemagne et Italie fournirent près de 100.000 soldats, 1300 avions de combat, 350 blindés et quantité de canons, mortiers et munitions, sans compter les instructeurs militaires auprès des troupes franquistes. La guerre d'Espagne est ainsi pour l'Allemagne et l'Italie un terrain d'entraînement et d'expérimentation de leurs tactiques et de l'efficacité de leurs armes nouvelles. Par exemple les avions italiens et allemands expérimentèrent en Espagne les tactiques meurtrières des bombardements de terreur sur les populations civiles comme celui de Guernica (avril 1937), de Durango, ou de Barcelone (mars 1938).

Le Portugal du dictateur Salazar fournit aussi à Franco plusieurs milliers de soldats.
Alors que l'Allemagne et l'Italie accentuent ouvertement leur soutien aux nationalistes, les démocraties France et Royaume-Uni adoptent une lache politique de "non intervention".
Le gouvernement républicain organise pourtant la résistance et fait appel à la mobilisation populaire. Malgré de terribles bombardements et la faiblesse des moyens la capitale Madrid résiste.
 

Les Brigades internationales
 

Près de 35000 volontaires du monde entier, hommes et femmes, viennent combattre aux côtés des Républicains pour défendre la liberté, ils constituent les "Brigades internationales". Français, Tchèques, Américains, Italiens, Allemands, Cubains, Belges, Anglais, Irlandais... Ils sont venus du monde entier, en octobre 1936, pour défendre la République espagnole, attaquée par les troupes franquistes, les armées hitlériennes et mussoliniennes. Ils ont tout quitté, laissant derrière eux : travail, femmes et enfants, parents, frères et soeurs. Qui sont-ils ? Des intellectuels, des médecins, des travailleurs, des socialistes, des communistes, des anarchistes, des sans-parti, tous antifascistes. Quelles sont leurs motivations ? la plupart s'engageaient par internationalisme et solidarité. Ils avaient soif de liberté, conscients qu'en défendant l'Espagne ils protégeaient la liberté pour leur propre pays.
Par exemple les 2800 volontaires américains, étaient des marins de San Francisco, des étudiants et professeurs du Wisconsin ou de l'Illinois, des mineurs de Pennsylvania et de l'Ohio, des ouvriers, des poètes, ou des artistes-peintres de New York et du New Jersey. Ils venaient des quatre coins des Etats-Unis, ils ont constitué la "brigade Abraham Lincoln". 800 d'entre eux laisseront leur vie en Espagne pour défendre la liberté.
Il y a eu entre 9 000 et 10 000 volontaires français. A plus de 80 %, ce sont des ouvriers. Un sur deux vient de Paris et de sa banlieue. La moyenne d' âge est de trente ans, avec plusieurs centaines de vétérans de la guerre 14-18. 80 % sont des militants syndicaux ou politiques et plus de 50 % sont membres du P.C.F.
la défaite des républicains

Mais inférieurs en armes, isolés, les républicains faiblissent, et en avril 1938, les troupes de Franco réussissent à couper en deux le territoire républicain isolant Barcelone de Madrid. Malgré des combats opiniâtres qui dureront encore près d'un an, Barcelone tombe aux mains de franquistes en février 1939 , puis Madrid en mars 1939. Victorieux Franco instaura une dictature présentant de nombreux aspects fascistes.
Guerre cruelle, plus de 400 000 morts puis des dizaines de milliers qui seront exécutés après la victoire des franquistes, la guerre d'Espagne fut une guerre idéologique entre d'un côté la défense de la République et la lutte contre le fascisme et de l'autre la "croisade" conservatrice contre les "rouges". Prélude aussi à la guerre mondiale tout court, car face à la détermination des dictatures dans leur engagement militaires, il n'y eu que faiblesse et irrésolution des démocraties, refusant de s'engager de peur de compromettre la paix internationale.
 

Une dictature durable...
Bien qu'ayant renversé un régime légitime par la force et avec l'aide de l'Allemagne nazie, il parvint à rester au pouvoir après la victoire des Alliés en 1945. De 1939 à 1975, pendant plus de 35 ans, Franco maintint sa dictature et dirigea l'Espagne d'une main de fer. L'Espagne fut ainsi, jusqu' à sa mort en 1975, l'un des derniers pays de dictature totalitaire en Europe de l'Ouest.

17 juillet 1936: Coup d'Etat fasciste contre la jeune République espagnole (Robert Clément)
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 06:54
Les militants communistes du Finistère présents aux Vieilles Charrues, Au Bout du Monde, aux Jeudis du Port, à la Fête du Bruit

La fête de l'Humanité, le grand rendez-vous de la rentrée sociale et politique, de la jeunesse et de la gauche, c'est du 15 au 17 septembre. 

 

Pour cette 82e édition, la Fête de l'Humanité se tiendra le vendredi 15, 16 et 17 septembre 2017 au Parc Départemental de la Courneuve. 

3 jours de concerts, de débats, la plus belle des fêtes populaires ! 


Vous retrouverez sur la Grande Scène : 
▬ Vendredi ▬ 
♪ Jahneration 
♪ Flavia Coelho 
♪ Gojira 
♪ L'âge d'or du rap français 
♪ Feder 

▬ Samedi ▬ 
♪ Gavin James
♪ Un air deux familles 
♪ Dub Inc 
♪ S-Crew 
♪ Trust 
♪ Iggy Pop 

▬ Dimanche ▬
♪ Les soeurs Berthollet 
♪ Renaud 

 

D'ici là, il faut faire monter la résistance populaire à Macron et à ses lois et ordonnances de destruction du droit du travail. 

Des militants communistes du Finistère seront présents pour rencontre les festivaliers, notamment

aux Vieilles Charrues à Carhaix (du 13 au 16 juillet)

 au Festival du Bout du Monde à Crozon (du 4 au 6 août)

aux Jeudis du Port à Brest (27 juillet, 3, 10 et 17 août) 

et à la Fête du Bruit à Landerneau (du 11 au 13 août)

au festival Fest Kern Zion à Guissenny (du 19 au 20 août) 

devant l'exposition Picasso au Fonds Edouard Leclerc des Capucins à Landerneau 

Nous vendrons à cette occasion la vignette de soutien pour la fête de l'Huma (25€, ouvrant droit à l'entrée sur 3 jours de fête).  

En Bretagne comme ailleurs, pour la jeunesse et les salariés, l'été et les vacances sont là pour faire la fête, se reposer et se détendre, mais surtout pas pour casser le code du travail.  

Les militants communistes du Finistère présents aux Vieilles Charrues, Au Bout du Monde, aux Jeudis du Port, à la Fête du Bruit
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 06:54
Les militants du PCF Morlaix présents sur le marché de Morlaix le samedi 22 juillet et le samedi 26 août

Les militants communistes de la section de Morlaix seront présents sur le marché de Morlaix pour vendre la vignette de la fête de l'Humanité, distribuer des tracts et rencontrer les citoyens du pays de Morlaix le samedi 22 juillet et le samedi 26 août de 10h à 12h.    

Les militants du PCF Morlaix présents sur le marché de Morlaix le samedi 22 juillet et le samedi 26 août
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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 06:38
Un plan sévère d'économies de 331 millions d'euros pour l'enseignement supérieur et la recherche (Le Monde, 13 juillet 2017)
 

Le gouvernement prend le risque de mettre le feu aux poudres à l’université, secteur déjà sous pression. L’éducation nationale est touchée, elle, à hauteur de 75 millions d’euros.

 

L’ardoise ne va pas manquer de provoquer la colère dans la communauté éducative. 331 millions d’économies sont à l’ordre du jour dès 2017 sur les lignes budgétaires qui concernent l’enseignement supérieur, la vie étudiante et la recherche, d’après deux projets de décret du gouvernement, que Le Monde a pu consulter.

 

Du côté de l’enseignement scolaire, c’est une économie de 81,6 millions qui se profile, si l’on tient compte de l’enseignement technique agricole. Soixante-quinze millions d’euros, comme annoncés dans Le Parisien, mercredi 12 juillet, par le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, quand on exclut les dépenses qui relèvent du ministère de l’agriculture et non de l’éducation nationale.

Depuis les premières prises de parole de M. Darmanin, les universités savent qu’elles n’échapperont pas à la cure annoncée par Bercy. Reste que l’ampleur des annulations va bien au-delà de ce qui était attendu. D’après les projets de décrets d’avance, dévoilés par l’agence d’informations AEF, le budget des universités se voit ainsi entaillé de 95 millions d’euros, la vie étudiante de 46,4 millions, quand le reste de l’effort se concentre sur les différents domaines de la recherche.

Ces « suppressions de crédits sont équivalentes à la rémunération annuelle de 5 500 chercheurs. C’est inédit ! », s’est émue la députée du Tarn-et-Garonne de la Nouvelle Gauche (ex-PS), Valérie Rabault. « Inacceptable », a réagi le SGEN-CFDT, premier syndicat chez les personnels, qui menace de « prendre ses responsabilités » si cette annonce se confirme, sous-entendant des mobilisations à venir, quand le SNESUP-FSU appelle déjà à des assemblées générales dans les facs en septembre.

 

Rentrée « en danger »

Du côté du ministère de l’enseignement supérieur, on tempère : cet effort de redressement n’affectera « ni les moyens des universités ni les programmes de recherches engagés ou les campagnes d’emploi », promet la ministre Frédérique Vidal, dans un communiqué, jeudi 13 juillet. Pour ce qui est des quatre programmes relevant directement de son périmètre (formations supérieures, vie étudiante, recherches scientifiques et technologiques et recherche spatiale), les annulations correspondent en très grande partie – 160 des 180 millions d’euros – à des crédits « qui avaient été mis en réserve par précaution », justifie-t-elle.

Et pourtant, la rentrée apparaît de plus en plus « en danger » pour les présidents d’université. « Nous sommes extrêmement inquiets, réagit Gilles Roussel, à la tête de la conférence des présidents d’université. Étant donné la pression démographique [40 000 étudiants de plus attendus en septembre], les conditions d’études ne peuvent que se dégrader. » Ces sommes mises en réserve étaient jusqu’ici en partie « dégelées » en fin d’année, c’est-à-dire redistribuées aux établissements, afin de leur permettre de ne pas finir dans le rouge.

Ce signal négatif intervient à un moment particulièrement tendu dans le monde universitaire : la session d’admission des bacheliers dans l’enseignement supérieur qui s’achève se révèle très difficile, faute de places dans des licences surbookées. Une négociation périlleuse s’ouvre par ailleurs le 17 juillet : Mme Vidal lance une concertation autour de la réforme des « prérequis » – promesse de campagne du candidat Macron –, remettant sur la table la question de la sélection à l’entrée de l’université.

 

Un service public qui souffre du manque de moyens

Si ces 331 millions représentent une part marginale du budget global du secteur – de l’ordre de 27 milliards d’euros –, l’accroc n’en est pas moins important pour un service public qui souffre cruellement du manque de moyens. Depuis déjà trois ans, les universités accueillent les milliers d’enfants du boom démographique des années 2000, sans voir leurs moyens augmenter. En juin, la Cour des comptes comptabilisait six établissements dans une situation financière « très dégradée », neuf autres dans une « situation dégradée ». Lemonde de la recherche sort lui aussi en mauvaise posture d’un quinquennat Hollande durant lequel, disent les syndicats, le manque de postes et la précarité se sont accrus dans les laboratoires.

Fortement attendu, le coup de pouce budgétaire obtenu pour la première fois en 2017, avec 850 millions d’euros supplémentaires – dont 100 millions pour les universités – se retrouve sérieusement amputé par ces annulations

Du côté de l’éducation nationale, les coupes budgétaires ont beau être moindres, on doute, sur le terrain, que cela puisse se faire sans toucher à la masse salariale. D’autant que le nouveau locataire de la rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer, ouvre un chantier après l’autre à vive allure : si les classes de CP dédoublées en zone d’éducation prioritaire, la grande mesure de la rentrée 2017 au primaire, doivent se mettre en place en partie par un redéploiement de postes, le projet des « devoirs faits » proposé dès l’automne dans les collèges pour aider les élèves, nécessite 150 millions d’euros. Dans les deux secteurs, le message de rigueur inquiète, en pleines négociations budgétaires pour 2018.

 

 

 

 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 08:34
Raflés et déportés juifs au camp de Drancy en 1942: 13 000 juifs parisiens ont été raflés en juillet 1942 pendant la rafle du Vél'd'hiv, dont 4000 enfants: tous envoyés dans les camps d'extermination quelques semaines après

Raflés et déportés juifs au camp de Drancy en 1942: 13 000 juifs parisiens ont été raflés en juillet 1942 pendant la rafle du Vél'd'hiv, dont 4000 enfants: tous envoyés dans les camps d'extermination quelques semaines après

Rafle du Vél’ d’Hiv’: l’invitation de Netanyahou suscite un vif débat
Par

Emmanuel Macron a convié le premier ministre israélien à la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’, le 16 juillet. Une première qui soulève de nombreuses questions sur le symbole politique et mémoriel choisi par le nouveau pouvoir.

 

Qu’a donc voulu dire Emmanuel Macron ? Tout à sa séquence diplomatique, après les visites de Vladimir Poutine et de Donald Trump à Paris, le président français a convié Benjamin Netanyahou le 16 juillet. Jusque-là, rien de bien original ni de surprenant. Mais il a choisi la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’ pour susciter la venue du premier ministre israélien. Une première qui soulève de nombreuses questions sur le symbole politique et mémoriel choisi par le nouveau pouvoir.

Benjamin Netanyahou prendra la parole, dimanche 16 juillet, sur les lieux de l’ancien Vélodrome d’Hiver, dans le XVe arrondissement, après Francis Kalifat, le président du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France), et avant Emmanuel Macron. Les deux dirigeants ont ensuite rendez-vous à l’Élysée pour un entretien et une déclaration commune à la presse.

Vivement dénoncée par les militants de la cause palestinienne, de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) au PCF, en passant par l’Union juive française pour la paix (UJFP) et le NPA, et par les signataires d’un appel à rassemblement le 15 juillet à Paris, cette invitation interroge plusieurs chercheurs spécialistes de la mémoire de la Shoah.

À cela, plusieurs raisons. La commémoration du Vél’ d’Hiv’ n’est pas une commémoration comme les autres. Comme le rappelle Sébastien Ledoux, chercheur en histoire à Paris-I et auteur de Le Devoir de mémoire, une formule et son histoire (CNRS Éditions, 2016), « la commémoration de la rafle du Vél’ d’Hiv’ s’est construite comme le symbole de la participation de l’État français dans le génocide des juifs au détour des années 1980-1990 ».

 

C’est en 1992 qu’un président de la République y participe pour la première fois – il s’agit de François Mitterrand, alors sifflé par une petite minorité de l’assistance. Il refuse de s’exprimer mais institue, par décret, le premier dimanche suivant le 16 juillet comme une commémoration nationale, organisée par l’État.

Surtout, en 1995, Jacques Chirac, tout juste élu, prononce enfin les mots qui manquaient : dans un discours resté célèbre, il affirme la responsabilité de la France, et non du seul gouvernement de Vichy (qui ne représenterait pas la France), dans la rafle, les 16 et 17 juillet 1942, de 13 152 hommes, femmes et enfants juifs, retenus pendant quatre jours sur les gradins du Vélodrome d’Hiver, à Paris, avant d’être déportés à Auschwitz. Moins d’une centaine – dont aucun enfant – ont survécu. « La France accomplissait l’irréparable », a dit Chirac en 1995. En 2012, François Hollande avait à son tour prononcé un discours peu après son élection, évoquant un « crime commis en France, par la France ». « La Shoah, ce n’est pas l’histoire du peuple juif, c’est l’Histoire, c’est notre histoire », avait-il ajouté.

Pendant la campagne électorale, Emmanuel Macron a réaffirmé ce qui est devenu « un héritage » institutionnel, selon l’expression de Sébastien Ledoux. « Vous avez insulté beaucoup de Françaises et de Français lorsque vous êtes revenue sur [...] les propos courageux qu’avait tenus Jacques Chirac en 1995 et la responsabilité de l’État Français », avait lancé le candidat d’En Marche! à sa concurrente Marine Le Pen, qui avait affirmé que la France n’était pas « responsable », mais le régime de Vichy.

« Le Vél’ d’Hiv’ est un événement français à double titre : parce qu’il a eu lieu en France et parce qu’il marque la responsabilité française dans la Shoah. C’est à travers le Vél’ d’Hiv’ que la responsabilité française a été reconnue », rappelle le chercheur Henry Rousso, auteur notamment de Le Syndrome de Vichy (Le Seuil), de Vichy, un passé qui ne passe pas (Fayard) et, plus récemment, de Face au Passé. Essais sur la mémoire contemporaine (Belin, 2016). « La commémoration du Vél’ d’Hiv’ est le moment où la Shoah est nationalisée », ajoute-t-il, indiquant qu’il n’aurait pas les mêmes réticences si Netanyahou était invité pour un événement international comme la Journée à la mémoire des victimes de la Shoah, le 27 janvier.

 

« Le défi est de ne pas communautariser la mémoire du Vél’ d’Hiv’, estime également l’historien Sébastien Ledoux. C’est le risque que comporte l’invitation lancée à Benjamin Netanyahou. Car tout le travail mené dans les années 1980 et 1990 sur la mémoire de la Shoah a été de ne pas en faire une histoire seulement juive mais une histoire universelle, qui concernait la France également dans son rapport au passé vichyste. »

Ce choix pose aussi une question de principe à plusieurs intellectuels. Si certains jugent tout à fait justifiée la présence du représentant d’Israël, d’autres s’inquiètent d’un risque de confusion trop grande, entre les juifs de France et Israël, entre la mémoire de la Shoah et Israël. D’où l’étrangeté d’inviter un représentant étranger à cette commémoration, fût-il le premier ministre israélien.

« Comme historien, comme juif, je ne supporte pas l’idée qu’on puisse assimiler tous les juifs à Israël. Il s’agit d’une vision complètement dépassée », explique le chercheur Henry Rousso. Même si, nuance-t-il aussitôt, il est également « impossible de dissocier les juifs et Israël ». Cette invitation alimente une « ambiguïté », selon Rousso, dont il ne voit pas l’intérêt. « On peut prendre un risque – parce que les antisémites n’ont de toute façon pas besoin de prétexte pour l’être –, mais à condition que l’enjeu en vaille la peine. Là, je ne vois pas ce que cela va apporter. »

« Cette invitation m’a surprise », estime aussi Renée Poznanski, professeure de science politique à l’université Ben Gourion, à Beer Sheva. Selon l’auteure de Drancy, un camp en France (Fayard, 2015) et de Les Juifs en France pendant la Seconde guerre mondiale (Fayard, 1997), la venue du premier ministre israélien conduit à « entrer dans le jeu de ce que tous les gouvernements israéliens successifs ont voulu : parler au nom de tous les juifs du monde entier ». « D’un point de vue israélien, cela peut se justifier, dans la mesure où Israël se vit comme le refuge de tout juif menacé dans le monde. D’un point de vue français, c’est autre chose », estime Poznanski.

 

« La communauté juive officielle est très à droite en France et soutient Israël, quoi qu’il arrive, poursuit la chercheuse. Mais ce n’est pas le cas d’une bonne partie des juifs de France. » Selon elle, la « confusion entre les juifs de France et Israël est une erreur ». « Il faut respecter les différentes catégories de juifs de France dans leurs identités », argumente Poznanski, qui prépare actuellement un ouvrage sur les juifs dans les mouvements de résistance en France.

Elle y décrit, et décrypte, les parcours individuels de nombreux résistants qui s’affichaient non en tant que juifs, mais en tant que Français, à l’image de Marc Bloch. « Le nombre extrêmement important de juifs français dans les mouvements de résistance donne à leur engagement un sens collectif et nous permet par exemple de réfléchir sur les modes de comportements politiques des juifs français. Mais, cela n’aurait aucun sens d’en faire une récupération politique sur le sens individuel de leur engagement. »

« Je crédite Emmanuel Macron d’une sensibilité intellectuelle sur la question de la mémoire, estime Henry Rousso, qui précise avoir soutenu le candidat d’En Marche!. Mais je ne suis pas certain que le jeu de symbole [du 16 juillet – ndlr] soit un mélange que le pouvoir en place maîtrise tout à fait. » Car, questionne le chercheur, « quel est le message ? Je ne suis pas sûr de comprendre l’initiative du président, d’autant qu’il est peu probable qu’il en tire de réelles avancées diplomatiques ». Une analyse partagée par Samuel Ghiles-Meilhac, sociologue et auteur d’une thèse intitulée Le Conseil représentatif des institutions juives en France, de la Résistance juive à la tentation du lobby.

« On ne peut pas dire qu’il n’y a rien à voir entre Israël et la Shoah, mais Macron fait un pari risqué avec cette invitation, ou bien alors s’agit-il d’inconscience. Car quel sens différent veut-il donner à cette commémoration en invitant Benjamin Netanyahou ? » « L’inquiétude est celle de la tentation du coup d’éclat diplomatique, poursuit le chercheur. Une fois de plus, les questions mémorielles ne sont pas pensées avec suffisamment de gravité. »

 

Le sociologue rappelle que « les usages de la mémoire de la Shoah sont différents en France et en Israël, au-delà de la dénonciation commune du nazisme » : « Pour les Européens, notamment les Français, les leçons tirées de la Shoah reposent sur la défense de l’État de droit, la protection des minorités ou du multilatéralisme. La leçon tirée par Israël consiste à dire que les juifs ne peuvent compter que sur eux-mêmes, que la communauté internationale les a laissés mourir, et qu’il faut donc un État juif, qui doit être fort. »

« Que va-t-il faire de cet hommage ? s’interroge l’historien Sébastien Ledoux. Reprendre un capital symbolique, mais pour légitimer une violence sur l’Autre [en l’occurrence, les Palestiniens – ndlr] ou assumer un héritage du passé au sens ricœurien, en le retraduisant aujourd’hui pour donner place aux droits des Palestiniens ? » Il s’inscrirait alors, selon le chercheur, dans le prolongement de la phrase qu’il a prononcée lors de l’hommage national à Simone Veil : « La souffrance ne donne qu’un droit, celui de défendre le droit de l’autre. »

La constance prudente de Macron sur le dossier israélo-palestinien

À ces questions de principe soulevées par l’invitation présidentielle s’ajoute celle de la personnalité du premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, figure de la droite dure, alliée à l’extrême droite. Elle pose problème par la politique qu’il mène, de poursuite de la colonisation, de discrimination et d’opposition systématique aux maigres tentatives de processus de paix, mais aussi par l’instrumentalisation qu’il fait régulièrement de la mémoire de la Shoah.

En 2015, le premier ministre avait fait du grand mufti de Jérusalem l’inspirateur de la solution finale : « Hitler ne voulait pas à l’époque exterminer les juifs, il voulait expulser les juifs. Et Haj Amin al-Husseini est allé voir Hitler en disant : “Si vous les expulsez, ils viendront tous ici.”  – “Que dois-je faire d’eux ?”, demanda-t-il. Il a répondu : “Brûlez-les.” » Une thèse contestée par la très grande majorité des historiens israéliens, dénoncée à l’époque par l’ensemble de l’opposition et par l’ancien ambassadeur d’Israël en France Élie Barnavi.

Son comportement, lors de ses dernières visites en France à l’occasion d’hommages aux victimes du terrorisme, a également choqué les autorités françaises. C’était le cas en 2012, lors de la cérémonie en mémoire des victimes juives de Mohammed Merah : le premier ministre israélien avait pris François Hollande de court en « transformant l’hommage en meeting de soutien à Israël », rappelle Samuel Ghiles-Meilhac. En 2015, après les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher, Netanyahou avait appelé les juifs de France à émigrer en Israël : « À tous les juifs de France, tous les juifs d’Europe, je dis : Israël n’est pas seulement le lieu vers lequel vous vous tournez pour prier, l’État d’Israël est votre foyer. »

Le premier ministre israélien n’est pas revenu en France depuis sa participation à la grande marche du 11-Janvier et à la cérémonie organisée à la grande synagogue de la Victoire à Paris. Il avait refusé de participer en janvier dernier à la conférence internationale sur le Proche-Orient organisée à Paris. Netanyahou avait qualifié l’événement « d’imposture ». Il s’est finalement conclu par un naufrage diplomatique (lire l’analyse de René Backmann), malgré les efforts français et le « chant d’amour » à Israël proclamé par François Hollande lors de sa visite à Jérusalem.

 

Le nouveau président Emmanuel Macron s’est, quant à lui, peu exprimé sur le conflit israélo-palestinien. Pendant la campagne, il avait repris à son compte la traditionnelle position française à deux États. « Il faut poursuivre le fil de la diplomatie française, qui est de participer à la sécurité de l’État d’Israël, de ne rien transiger sur cette question et d’être fidèle à la cohabitation des deux États », avait-il déclaré le 22 mars lors d’un débat aux Amis du Crif. Une position réaffirmée lors de la venue du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le 5 juillet à Paris.

La paix « doit passer par la réalisation des droits légitimes des Palestiniens à disposer justement d’un État viable et indépendant, conformément à la légalité internationale, et elle passe aussi par la sécurité d’Israël, à laquelle la France est indéfectiblement attachée », avait alors déclaré Macron. Avant de très classiquement condamner la colonisation : « La France a toujours condamné et condamne la poursuite de la colonisation, qui est illégale au regard du droit international. Elle a atteint depuis le début de l’année un niveau sans précédent et ces décisions envoient un signal très négatif. » Un nouveau programme de plus de 1 500 logements vient d’être approuvé par les autorités israéliennes dans les colonies de Jérusalem-Est, rendant encore plus hypothétique la perspective d’un État palestinien.

Devant Mahmoud Abbas, le président français avait de nouveau mis en garde contre tout geste « unilatéral ». Pendant sa campagne, il s’était fermement opposé à la reconnaissance unilatérale par la France de l’État de Palestine en cas d’échec des négociations. Une menace brandie par Laurent Fabius quand il était ministre des affaires étrangères, avant d’être largement nuancée par son successeur Jean-Marc Ayrault.

 

« Reconnaître unilatéralement la Palestine aujourd’hui, dans ce contexte, c’est faire le choix d’un camp et c’est complètement se couper avec l’autre, avait défendu Macron sur le plateau de Mediapart, deux jours avant son élection. La force de la diplomatie française, c’est d’avoir toujours tenu ce point d’équilibre qui fait que l’on est l’un des rares partenaires qui parlent aux deux. Si on veut être utile à l’humanité, à la région et à celles et ceux qui y vivent, c’est la capacité à parler aux deux qui est efficace. »

Devant les Amis du Crif, Macron avait également condamné les campagnes de boycott d’Israël et, plus étonnamment, la décision de l’Unesco sur Jérusalem. Il avait alors promis de la faire modifier, s’il était élu. « Si je suis président, je voterai pour que ce soit corrigé », avait-il déclaré en mars. Entre-temps, l’Unesco s’est de nouveau attiré les foudres de Benjamin Netanyahou en classant la vieille ville d’Hébron sur la liste du patrimoine mondial en péril.

 

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 08:31
Fête de l'Huma Bretagne 2017: les 25 et 26 novembre à Lanester
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 11:02
Pesticides, risque de remise en cause gouvernement des insecticides néo-nicotinoïdées tueurs d'abeilles: les apiculteurs s'alarment (Le Télégramme, Aurélien Defer - 15 juillet 2017)

Article Aurélien Défert - Le Télégramme Lannion - 15 juillet 2017

 

Le 20 juillet 2016, le Parlement votait l'interdiction des pesticides «tueurs d'abeilles» en France. Un an plus tard, cette mesure ne fait pas l'unanimité au gouvernement, même si le Premier ministre a confirmé sa mise en oeuvre.

À Lannion et dans les Côtes-d'Armor, les apiculteurs s'alarment d'un possible retour en arrière.

 

« Les abeilles sont le vecteur fondamental de la pollinisation, il faut les protéger. » Jean Roncin, ancien agent sanitaire apicole et aujourd'hui apiculteur amateur à Perros-Guirec, est inquiet. Comme bon nombre de ses collègues en Bretagne, il s'alarme des dissensions au sommet de l'État sur l'interdiction de certains pesticides réputés « tueurs d'abeilles ».

Débat sur les insecticides

 

Il y a environ un an, était voté le projet de loi sur la Biodiversité à l'Assemblée nationale. Parmi les décisions phares, le bannissement définitif des néonicotinoïdes. Une mesure qui prendra normalement effet le 1er septembre 2018, avec une réserve de dérogations jusqu'en 2020.

Mais près d'un an après ce vote, le nouveau ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a dit envisager un retour en arrière. Interrogé sur le plateau de RMC le 26 juin 2017, il a affirmé vouloir réautoriser ces insecticides « afin que nos producteurs puissent continuer à travailler dans de bonnes conditions », sans insectes nuisibles.

Une déclaration qui a fait réagir Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, fermement opposé à l'usage de ces produits. Le Premier ministre a fini par trancher, affirmant que le gouvernement ne reviendrait pas sur ce point. Pourquoi une telle agitation dans la ruche d'Édouard Philippe ?

Ces substances chimiques toxiques ne sont pas destinées aux abeilles. Les agriculteurs visent les insectes nuisibles à leurs récoltes : pucerons, foreurs, criquets... Les molécules de la famille des néonicotinoïdes, très utilisées dans l'agriculture, vont perturber le système nerveux de leurs cibles, provoquant un état de paralysie, puis la mort.

 

« Les abeilles ne reviennent pas »

 

Les producteurs usent de ces produits neurotoxiques par pulvérisation ou épandage. Pour mieux se défendre contre les insectes herbivores, les plantes absorbent alors les molécules. Mais les pollinisateurs, venus butiner, y sont aussi exposés. D'autant plus que ces substances agissent comme un véritable piège. Les abeilles sont davantage attirées par les plantes néonicotinoïdées.

Dans les Côtes-d'Armor, l'association GDSA 22 (Groupement de défense sanitaire apicole) se mobilise pour améliorer les conditions de santé des abeilles. Christian Guespin, son président, constate qu'« un certain pourcentage d'abeilles ne revient pas à la ruche. Une proportion en hausse en Bretagne », remarque-t-il, pointant une part de responsabilité des pesticides.

 

« Décision tardive »

La loi sur la Biodiversité, efficace à partir de septembre 2018, interdira l'utilisation de toute substance de la famille des néonicotinoïdes. Trop tard, aux yeux de Jean Roncin : « Le mieux serait tout de suite ». Également apiculteur, Christian Guespin note une certaine « inertie » des pouvoirs publics sur les problématiques environnementales, notamment à cause de la « pression des lobbies de l'industrie chimique ». Pour l'heure, il recommande à ses collègues d'éviter d'installer des ruches à proximité d'exploitations agricoles utilisant des pesticides.

L'utilisation de ces insecticides, Christian Guespin la condamne fermement. Il considère que c'est un grave frein au processus pollinisateur : « Renoncer aux abeilles, c'est se diriger droit vers un énorme désordre végétal ».

Malgré la décision définitive du Parlement sur l'interdiction des néonicotinoïdes, le président du GDSA 22 s'inquiète. « Par quoi seront-ils remplacés ? Depuis 40 ans, on a connu les organochlorés, les organophosphorés, les néonics. Et après ? »

Malgré une nette baisse du nombre d'agriculteurs en France, la Bretagne reste une des régions ayant le plus d'exploitations. D'autre part, selon une enquête de 2016 de Cash Investigation, 5.197 tonnes de pesticides classés dangereux sont utilisés en Bretagne chaque année.


 

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:11
Manifestation des militants du comité de défense du centre hospitalier en pays de Morlaix le 27 avril 2017

Manifestation des militants du comité de défense du centre hospitalier en pays de Morlaix le 27 avril 2017

Martine Carn prenant la parole devant les usagers et les personnels de l'hôpital lors d'un rassemblement face à la mairie le 27 avril dernier

Martine Carn prenant la parole devant les usagers et les personnels de l'hôpital lors d'un rassemblement face à la mairie le 27 avril dernier

Voici un nouveau courrier que Martine Carn, présidente du comité de défense de l'hôpital public en Pays de Morlaix, vient d'adresser à Mme Sandrine Le Feur députée de la 4ème circonscription du Finistère.
 
Ce courrier fait suite à une série de démarches. 
 

- Entre les deux tours des législatives : envoi d'un courrier aux deux candidats restés en lice, dont Mme Le Feur, pour exposer la situation du CHPM de Morlaix et des conséquences pour les usagers (fermeture de 55 lits durant l'été, et plus durablement manque de moyens pour exercer les missions de service public de santé) et notre demande d'engagement de leur part dans ce sens;

- Le 6 juillet, en l'absence de réponse de la part de Mme Le Feur, élue député le 18 juin, nouveau courrier  lui indiquant son absence de réponse et demande d'intervention dans un délai rapide;

- Le 11 juillet, Mme Le Feur  adresse un message à Martine Carn indiquant qu'elle a transmis notre courrier du comité au ministère de la santé, qu'elle est en contact le responsable de la CFDT au CHPM avec lequel elle avait obtenu un rendez-vous avec l'ARS, qui finalement n'avait pas pu avoir lieu, et qu'elle est est disposée au dialogue;

- Le 13 juillet, réponse de Martine Carn indiquant sa surprise que le comité n'ait pas été tenu au courant des démarches vis à vis de l'ARS, alors qu'avec les syndicats (CFDT, CGT et SUD) , la mairie de Morlaix et Mme Le Branchu, députée jusqu'en juin, il avait été convenu d'une intervention commune auprès de l'ARS, dont le comité de défense de Morlaix était partie prenante, et rappel de notre demande d'être associés aux initiatives.

 

Comité de défense de l'hôpital public

en Pays de Morlaix Le 13 juillet 2017

cdhchpm@gmail.com

 

La présidente

Martine CARN

à

Madame Sandrine LE FEUR

Députée de la 4ème circonscription du Finistère


 

Madame la députée,

 

J’ai bien pris connaissance des termes de votre message du 11 juillet.

 

Vous m’informez que vous aviez pris rendez-vous avec l'ARS vendredi dernier, avec le représentant de l’un des syndicats du centre hospitalier de Morlaix pour évoquer les problèmes soulevés, mais que ce rendez-vous n’ayant pu avoir lieu vous avez sollicité une nouvelle date de rencontre.

Je dois vous avouer que notre comité est surpris de cette démarche effectuée sans qu’il n’en ait été avisé.

Or, ces derniers mois, il avait été convenu, avec Mme Lebranchu, députée, d’une demande de rencontre commune avec l’ARS associant les organisations syndicales (CFDT, CGT et SUD), la Mairie de Morlaix et le Comité de défense de l’hôpital public que je représente.

Pour notre part nous demandions un rendez-vous dans un court délai en raison de la mise en place effective de la décision de fermeture de 55 lits durant l’été, situation que je vous détaillée dans mon courrier du 6 juillet.

Dans votre message vous nous assurez vouloir ouvrir le dialogue sur ce sujet, et je vous en remercie. Aussi, dans ce cadre, il m’apparaît essentiel que le comité de défense de l’hôpital soit associé à ces initiatives.

Je vous en remercie par avance et, dans cette attente, je vous prie d’agréer, Madame la députée, l’assurance de ma considération distinguée.

 

Le comité de défense de l’hôpital public en Pays de Morlaix est adhérent de  la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux publics et des maternités de proximité association d’usagers du système de santé agréée sous le n° N2011RN0190

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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 10:10
Samedi 15 Juillet, port du Guilvinec: fête du Travailleur Bigouden (première des trois fêtes d'été de la section PCF du Pays Bigouden) en présence d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF
Samedi 15 Juillet, port du Guilvinec: fête du Travailleur Bigouden (première des trois fêtes d'été de la section PCF du Pays Bigouden) en présence d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF
Samedi 15 Juillet, port du Guilvinec: fête du Travailleur Bigouden (première des trois fêtes d'été de la section PCF du Pays Bigouden) en présence d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF

Première des trois fêtes communistes du Pays Bigouden (avec Lesconil le samedi 22 juillet et Loctudy le vendredi 18 août, en présence du porte-parole du PCF Bretagne, Xavier Compain) , la fête du Guilvinec le samedi 15 juillet sera à nouveau un grand moment de rassemblement populaire, avec plusieurs centaines de participants venant goûter paella, soupe de poisson, moules, frites, saucisses merguez, discuter politique, écouter les concerts des "Bad Loosers" et de "la compile à Johnny".

La plus grosse section communiste du Finistère après Brest, la section du Pays Bigouden, sait organiser des événements festifs d'été chaleureux et très animés.

Cette année, au port du Guilvinec, aux ports de Lesconil le 22 juillet et au port de Loctudy le 18 août, la fédération du Parti Communiste tiendra un stand politique pour échanger avec les participants de la fête.

Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF Finistère, fera le discours politique entre les deux concerts de "La Compile à Johnny" et des "Bad Loosers"...      

Intervention d'Ismaël Dupont à Lesconil en 2016

Intervention d'Ismaël Dupont à Lesconil en 2016

Samedi 15 Juillet, port du Guilvinec: fête du Travailleur Bigouden (première des trois fêtes d'été de la section PCF du Pays Bigouden) en présence d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF
Samedi 15 Juillet, port du Guilvinec: fête du Travailleur Bigouden (première des trois fêtes d'été de la section PCF du Pays Bigouden) en présence d'Ismaël Dupont, secrétaire départemental du PCF
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15 juillet 2017 6 15 /07 /juillet /2017 07:40
Hors-série de l'Humanité: il était une fois la révolution d'Octobre: à se procurer de toute urgence!
Hors-série. Il était une fois la révolution d’Octobre
JEAN-PAUL PIÉROT
LUNDI, 19 JUIN, 2017
L'HUMANITÉ
russie, en février 1917, démolition d’un monument symbolisant l'empire, après la chute du tsar Nicolas II. SZ Photo/Scherl/Brigemanimages.com
russie, en février 1917, démolition d’un monument symbolisant l'empire, après la chute du tsar Nicolas II. SZ Photo/Scherl/Brigemanimages.com

2017 est l’année du centenaire des dix jours qui ébranlèrent le XXe siècle. L’Humanité lui consacre un numéro hors-série auquel ont contribué de nombreux historiens. Cette publication de 108 pages est disponible chez votre marchand de journaux ou sur commande directement à l’Humanité, au prix de 9 euros.

Il y a cent ans, la guerre n'en finissait pas de décimer les populations européennes, la vie de centaines de milliers de jeunes gens s'abîmait à Craonne, à Verdun ou sur la Somme. Dans ce contexte désespérant, le mouvement ouvrier, trahi par l’Internationale socialiste, qui n’avait pas empêché la tuerie européenne, tournait son regard et ses espoirs vers la Russie. Le vaste et archaïque empire de la dynastie tricentenaire des Romanov était entré en révolution depuis février, quand les ouvriers et les femmes de Petrograd avaient chassé Nicolas II. En cette fin d'octobre, une insurrection populaire renversait le gouvernement provisoire. Parvenu au pouvoir, le parti bolchevik de Lénine se fixait pour tâche la réalisation de la révolution socialiste.

Interroger le sens des révolutions d’aujourd’hui

Le vieux rêve du monde du travail d’en finir avec l’exploitation capitaliste allait-il se réaliser ? John Reed, dont le livre Dix Jours qui ébranlèrent le monde, tiré à des millions d'exemplaires, a fait connaître l'épopée de 1917, traduit l’enthousiasme qui s'empara des progressistes : « Il est encore de mode, écrit-il un an après la prise du palais d'Hiver, de parler de la révolution bolchevique comme d'une “aventure”. Eh bien, s'il faut parler d'aventure, ce fut l'une des plus merveilleuses où se soit engagée l'humanité, celle qui ouvrit aux masses laborieuses le terrain de l'histoire et fit désormais tout dépendre de leurs vastes et naturelles aspirations. (...) Quoi qu’on pense du bolchevisme, il est indéniable que la révolution russe est un des grands moments de l'histoire de l’humanité et que la venue au pouvoir des bolcheviks est un fait d’importance mondiale. »

C’est là le point de départ du numéro hors-série de l’Humanité auquel ont participé de nombreux historiens figurant parmi les meilleurs connaisseurs de cet événement fondateur du XXe siècle. Marc Ferro explique comment « les femmes, les ouvriers et les soldats du front ont réveillé les révolutionnaires ». Nicolas Werth relate cette année décisive de 1917 où « tout a basculé ». Jean-Jacques Marie montre combien la guerre civile déclenchée par les blancs et l’intervention militaire occidentale ont pesé sur le cours ultérieur de la politique bolchevique.

« La révolution d’Octobre comprend deux histoires entrelacées : son impact sur la Russie et son impact sur le monde », observait Eric Hobsbawm et d’ajouter : « Sans le second, peu de monde en dehors d’une poignée d’historiens spécialistes s’en serait jamais préoccupé. » Aucun autre événement de l’histoire n’a davantage polarisé les sociétés sur des critères de classe : haine et terreur chez les possédants, sympathie et solidarité dans le prolétariat. Jean Vigreux détaille « l’onde de choc en Europe ». Tous les pays européens et au-delà connurent une recomposition politique. Les partis socialistes se divisèrent durablement entre « révolutionnaires », qui adhérèrent à la nouvelle internationale communiste, et « réformistes », qui, selon l’expression de Léon Blum au congrès de Tours, en décembre 1920, « gardaient la vieille maison ».

Les rapports singuliers entre les héritiers de la Commune de Paris et les assaillants du palais d’Hiver sont soulignés dans plusieurs contributions. Sophie Cœuré exhume la mémoire de cette petite communauté de Français installée en Russie avant la révolution, qui choisit de s'engager aux côtés des bolcheviks et constitua le premier groupe communiste français à Moscou. Le modèle soviétique devait s’imposer pour longtemps au sein des partis communistes, d’abord par le biais de l’Internationale communiste, ce parti international pour une révolution mondiale dont traitent Serge Wolikow et Bernard Pudal.

Après un siècle écoulé, que reste-t-il du message d'octobre ? Les valeurs émancipatrices portées par les révolutionnaires ont-elles résisté au stalinisme, aux interventions militaires en Hongrie et en Tchécoslovaquie, à la conversion des élites au capitalisme ? « La mort de l’URSS était-elle fatale ? » questionne Andreï Gratchev, l’ancien conseiller de Mikhaïl Gorbarchev. Le XXe siècle fut un siècle de violents affrontements, de génocides, ensanglanté par le fascisme et le nazisme, lesquels furent heureusement écrasés grâce au sacrifice des peuples soviétiques. Ce siècle fut aussi celui de l’émancipation des peuples colonisés, qui trouvèrent leur inspiration dans la révolution de 1917, souligne Françoise Vergès. Mais c’est en invoquant ces mêmes principales valeurs que les dirigeants soviétiques ont prétendu justifier les interventions militaires à Budapest en 1956 et à Prague en 1968.

Au-delà des appréciations contradictoires sur la place qu’occupe octobre 1917 dans l’histoire contemporaine, l’occasion est donnée de questionner le sens des révolutions d’aujourd’hui et de demain. Le monde a-t-il toujours besoin de révolutions ? Sujet qui a nourri les réflexions de plusieurs personnalités du monde intellectuel et politique. Le débat n’est pas clos.

ils Ont contribué à ce numéro exceptionnel

Bertrand Badie, professeur des universités à Sciences-Po Paris, Alain Badiou, philosophe, Bernard Chambaz, écrivain, Maud Chirio,maîtresse de conférences en histoire contemporaine, Sophie Cœuré,historienne, professeur à l’université Paris-VII Denis-Diderot, Alexandre Courban, historien, Pierre Dardot, philosophe, Jean-Numa Ducange, maître de conférences à l’université de Rouen, Jean-François Fayet,professeur d’histoire contemporaine à l’université de Fribourg (Suisse),Marc Ferro, historien, spécialiste de la Russie, Frédérick Genevée,historien, responsable des archives du PCF, Andreï Gratchev, écrivain, ancien conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, Florian Gulli, professeur de philosophie, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, Christian Laval, professeur de sociologie, Olga Lipovskaïa, militante féministe russe, Patrick Kamenka, journaliste, spécialiste de la Russie, Naum Kleiman, historien, ancien directeur du musée du Cinéma de Moscou,Marco Di Maggio, historien, professeur à l’université La Sapienza de Rome, Jean-Jacques Marie, historien spécialiste de l’URSS, Roger Martelli, historien, codirecteur du mensuel Regards, Edgar Morin,sociologue et philosophe, Bernard Pudal, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VI Nanterre, Michèle Riot-Sarcey,professeure émérite d’histoire contemporaine et d’histoire du genre à l’université Paris-VIII Saint-Denis, Pierre Serna, historien, Institut d’histoire de la Révolution française, Bernard Stiegler, directeur de l’Institut de recherche et d’innovation, Alexandre Sumpf, maître de conférences à l’université de Strasbourg, Françoise Vergès, politologue et éditrice, Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne, Nicolas Werth, historien, directeur de recherche à l’Institut du temps présent, affilié au CNRS, Serge Wolikow,professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bourgogne.

aU FIL DES PAGES...

Nicolas Werth : « Ce coup d’État a pour toile de fond une vaste révolution sociale, multiforme, autonome ; celle-ci s’exprime sous des formes très diverses : une grande jacquerie, une décomposition de l’armée, un mouvement revendicatif ouvrier, une émancipation des nationalités et des peuples allogènes de l’ex-Empire russe. »

Olga Lipovskaïa : « Sous l’influence d’Alexandra Kollontaï et d’Inès Armand, la Russie se dote d’un ensemble de lois qui est le plus avancé en matière de droits de la femme : garantie de conserver son emploi pendant sa grossesse, égalité absolue des conjoints, congés de maternité. En 1920, le droit à l’avortement gratuit est voté. »

Marc Ferro : « Le drame, c’est que les paysans qui avaient des terres se sont vu confisquer leurs récoltes pour nourrir les villes, la classe ouvrière qui était privilégiée car elle devait construire le socialisme. Ce qui a satisfait la classe ouvrière et l’a ralliée au régime, c’est qu’il n’y avait plus de dominants, plus de patrons. »

Alexandre Sumpf : « Opposants politiques, militants révolutionnaires et soldats ont uni leurs forces lors des quelques jours qui ont suffi à faire chuter les Romanov en février. (…) Les grandes crises de 1917 sont toutes liées au conflit mondial. »

Edgar Morin : « La notion de métamorphose est plus riche que celle de révolution. Elle en garde la radicalité novatrice, mais la lie à la conservation (de la vie, des cultures, des legs de pensées et de sagesse de l’humanité). »

Jean-Numa Ducange : « Les dirigeants bolcheviks sont persuadés que la première révolution socialiste du XXe siècle aura la même portée que la Révolution française au XVIIIe siècle. »

Alain Badiou : « Je voudrais insister sur un point qui aujourd’hui, depuis l’apparent triomphe du capitalisme à l’échelle mondiale, semble oublié : la révolution russe de 1917 est un événement sans précédent dans l’histoire de l’espèce humaine. »

Pierre Laurent : « La nouvelle révolution qui s’avance, ce n’est pas la renaissance d’un héritage glorieux, c’est surtout la conscience que notre monde change ­radicalement sous nos yeux. »

Bernard Pudal : « Ces militants (communistes français) sont profondément internationalistes. Ils le sont en pratique comme en témoignent les mariages blancs contractés avec des militantes immigrées souvent juives afin de les protéger d’une extradition pour cause de militantisme. »

Michèle Riot-Sarcey : « Les échecs révolutionnaires accumulés depuis 1917 ont rendu les militants sceptiques. Le mot même de communisme a perdu sa force émancipatrice telle qu’elle avait été forgée dès 1840. »

Françoise Vergès : « La révolution éclate dans un monde où les puissances européennes se sont enrichies après avoir mené des guerres meurtrières et dévastatrices, mis en place des politiques de dépossession massives, des codes juridiques qui légalisent les discriminations raciales, le travail forcé et la suprématie blanche. »

Roger Martelli : « Ce siècle est clos et, s’il est un modèle dont il faut s’abstraire, peut-être est-ce du bolchevisme, quelle qu’ait été sa grandeur. Non pas se débarrasser du communisme, mais de la forme que le XXe siècle lui donna. »

Andreï Gratchev : « La tentative de Lénine, à la fin de la guerre civile, de réformer le projet initial, à l’aide de la NEP, esquisse de la future perestroïka, a échoué après avoir été sabotée et rejetée par Staline et son entourage. »

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