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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:12
A Calais, le concert de casseroles contre Fillon finit par des PV
LIONEL VENTURINI
LUNDI, 3 AVRIL, 2017
HUMANITE
Le 17 février dernier, à Tourcoing, c'est aussi par un concert de casseroles que François Fillon avait été accueilli. (Photo AFP)
Le 17 février dernier, à Tourcoing, c'est aussi par un concert de casseroles que François Fillon avait été accueilli. 

À Calais, les manifestants qui avaient accueilli bruyamment un meeting de soutien à Fillon ont eu la surprise de recevoir un PV pour tapage.

Ils ont reçu le PV un 1er avril, mais ce n’était pas une blague ; une quinzaine de Calaisiens se sont vu infliger une amende de 68 euros pour tapage, ou plutôt « émission de bruits portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme » selon Article R.1336-7 du Code de la Santé Publique.

La raison, c’est Jérôme Baude qui la raconte ; le 21 mars, Calais accueillait une réunion de soutien à François Fillon, avec Xavier Bertrand, Luc Chatel et la maire de Calais, Natacha Bouchard (tous trois LR). Le responsable du syndicat Sud-Solidaires de la ville poursuit « nous étions là à une trentaine de citoyens, sans drapeaux, mais avec des casseroles. Comme à chaque déplacement du candidat Fillon, en fait. Sauf que là, la police nationale prend l’identité des manifestants, et leur fait parvenir par la poste une amende de 68 euros.

« On ne va pas en rester là et écrire au commissaire » poursuit Jérôme Baude car  « il y avait là des citoyens que l’on ne voit jamais en manif, mais dégoûtés qu’un mis en examen poursuive sa campagne comme si de rien n’était ». Et gentiment dissuadés de continuer. 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:10
Quand Fillon et Macron occultent le dumping social
MARDI, 4 AVRIL, 2017
HUMANITE.FR
Les conditions de travail des salariés détachés sont significativement différentes de celles des employés des entreprises allemandes avec une rémunération nettement inférieure. Photo : AFP
Les conditions de travail des salariés détachés sont significativement différentes de celles des employés des entreprises allemandes avec une rémunération nettement inférieure. 

En Allemagne, un travailleur détaché dans les abattoirs perçoit de 3 à 7 euros de l’heure contre 9 à 15 euros pour un travailleur allemand. Cette différence dans la rémunération d’un même travail sur un même site est possible grâce à une directive européenne qui date de1996. En France, trois présidents de la République et les nombreux ministres concernés, dont Fillon et Macron, sont restés inactifs depuis vingt ans face à cette politique de dumping social. Pourquoi ?

François Fillon et Emmanuel Macron promettent des petites hausses de salaires de 30€ par mois sans que cela ne coûte un centime aux employeurs qui bénéficieront parallèlement d’importants allègements de leurs cotisations  sociales comme de l’impôt sur les bénéfices si l’un de ces deux hommes devient président de la République. Ces mêmes candidats sont totalement muets sur le rôle que le patronat allemand fait jouer aux travailleurs détachés pour tirer les salaires vers le bas outre Rhin et fragiliser, du même coup, les entreprises françaises dont la compétitivité est ainsi mise à mal  par cette pratique permanente du dumping social outre Rhin.

Dans le numéro du 31 mars de leur bulletin d’actualité, les entreprises françaises des viandes rendent compte d’un débat qui s’est tenu le 23 mars à Rennes en ces termes : « Le débat sur les distorsions de concurrence induites par l’emploi massif et continu de travailleurs détachés dans certains abattoirs allemands ou espagnols n’avait jusqu’ici pas émergé dans la campagne présidentielle. Il s’agit pourtant d’une problématique de fond concernant la compétitivité des entreprises d’abattage-découpe et plus globalement de toutes les entreprises employant beaucoup de main d’œuvre ». Organisateur de ce débat, le « Collectif contre le dumping social en Europe » créé par la structure associative des professionnels de la viande a mis en exergue  « le fait que, même si les textes européens prévoient que le travail détaché doit être temporaire, les taux d’emplois de travailleurs détachés dans les abattoirs allemands (dans certains abattoirs plus des 2/3 des sont salariés sont des travailleurs détachés) traduisent clairement qu’il s’agit d’emplois permanents, dont l’organisation est intégrée à l’organisation de l’entreprise. Par ailleurs, les conditions de travail  des salariés détachés sont significativement différentes de celles des employés des entreprises allemandes. La rémunération, en particulier, est nettement inférieure ;  de 3 à 7 euros par heure pour un travailleur détaché, entre 9 et 15 euros en moyenne pour un employé d’une entreprise allemande. Face à de telles distorsions, les entreprisses françaises des viandes ne peuvent être compétitives, ce qui a des conséquences pour toute la filière », constate le collectif.

Il convient de rappeler que cette directive sur les travailleurs détachés dans les pays de l’Union européenne date de 1996. C’était huit ans avant l’entrée de plusieurs pays d’Europe centrale dans l’Union européenne. Elle a été conçue pour peser sur la rémunération du travail dans les pays membre de l’Union européenne. Elle perdure encore aujourd’hui après onze années de présence de Jaques Chirac à l’Elysée, suivie de cinq années de Nicolas Sarkozy et autant de François Hollande. Elle demeure en dépit du passage de François Fillon au ministère du Travail de 2002 à 2005 inclus, puis de sa présence à Matignon de 2007 à 2012. Elle n’a pas été contestée par François Hollande  et ses ministres successifs, Manuel Valls et Emmanuel Macron allant jusqu’à adapter notre législation du travail à ce dumping social avec la loi El Khomri.

Comme nous le montrions hier ici même, les programmes respectifs de François Fillon et d’Emmanuel Macron s’inscrivent dans la poursuite de cette politique de dumping social quand ils avancent la même recette éculée de baisse du salaire socialisé pour augmenter le salaire net de 30€ par mois. Car, dans le même temps, ils font de sorte que la somme dépensée par le patronat soit néanmoins en baisse. La  « compétitivité » de l’industrie allemande dans les conditions que l’on sait leur sert aussi d’argument. Voilà pourquoi Fillon veut nous faire payer la différence par une augmentation de la TVA!

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:06
Pierre Laurent (PCF): la "dynamique" Mélenchon "va s'amplifier"

La "dynamique" autour de Jean-Luc Mélenchon "va s'amplifier" pour la présidentielle, a estimé dimanche Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, souhaitant que "la gauche soit le plus haut possible" au premier tour.

La "dynamique qui vient de se cristalliser ces dernières semaines autour de Jean-Luc Mélenchon va s'amplifier", a affirmé sur France Inter M. Laurent, dont le parti soutient le candidat de La France Insoumise, "candidat qui porte aujourd'hui les espoirs de la gauche".

Le numéro un du PCF, également sénateur, a néanmoins rappelé qu'il "souhaitait un accord des forces de gauche, si possible avant le premier tour" de la présidentielle. "La vie ne pas s'arrêter le 23 avril. Si nous ambitionnons de gagner, il faut construire une majorité politique. Ces forces politiques diverses doivent se parler", a-t-il plaidé.

"Vu que la dynamique en faveur de Jean-Luc Mélenchon est là, à laquelle nous travaillons, je pense qu'un accord (avec le candidat PS Benoît Hamon, NDLR) nous aurait aidé (...) Si cet accord n'est pas possible, et manifestement il ne va pas l'être, nous aiderons à ce que la gauche soit le plus haut possible", a ajouté M. Laurent.

Le PCF va "porter le plus haut possible la candidature de Jean-Luc Mélenchon en espérant qu'elle franchisse le cap de la qualification du deuxième tour, et créer les conditions d'une majorité politique autour de lui", a-t-il insisté.

Pierre Laurent avait appelé mercredi à une rencontre entre Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Yannick Jadot en vue d'une candidature commune.

Le candidat de la France insoumise, en progression dans les sondages où il creuse l'écart avec le socialiste, avait ensuite assuré mercredi soir vouloir poursuivre son "chemin, sans ne céder rien", une fin de non recevoir à l'appel à l'unité de Benoît Hamon.

AFP, 2 avril 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:00
Rencontre-débat avec Eric et Alain Bocquet, auteurs de "Sans domicile fisc" le mercredi 5 avril à Quimper (15h, co-voiturage à 13h15 à Morlaix)- L'évasion fiscale, si on en parlait?

L’ÉVASION FISCALE, SI ON EN PARLAIT ?

 

RENCONTRE-DÉBAT avec les frères BOCQUET, Alain,député, et Éric, sénateur

autour de leur livre-événement : SANS DOMICILE FISC

MERCREDI 5 AVRIL à 15 H, HALLES SAINT FRANÇOIS, QUIMPER

Entrée libre

 

Évasion, optimisation fiscale, fraude, font perdre chaque année entre 60 et 100 milliards d’euros au budget de la France, l’équivalent du budget de l’Éducation Nationale, plus de 1000 milliards à celui de l’Union européenne.

Tous les moyens sont bons pour permettre aux plus riches, aux banques, aux multinationales de contourner l'impôt, pillant ainsi le fruit du travail de tous.

Ce gigantesque hold-up se fait au détriment des besoins essentiels : école, hôpital, logement, culture, protection sociale, politiques de solidarité...

L’argent ainsi évaporé contribue à aggraver les inégalités, la pauvreté, à accroître les déséquilibres de notre planète, il alimente la criminalité et le commerce des armes.

« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches », a écrit Victor Hugo.

De très nombreuses associations en France et dans le monde ont mis cette question brûlante à l’ordre du jour.

Les communistes du pays de Quimper, de Morlaix et la fédération du Finistère du PCF invitent à venir en débattre avec deux spécialistes reconnus, Alain et Éric Bocquet, qui ont été les rapporteurs de commissions parlementaires sur l’évasion fiscale. Ces deux élus dédicaceront leur livre « Sans domicile Fisc » à cette occasion.

Co-voiturage à partir du 2, petite rue de Callac à Morlaix (local du PCF) à 13h15 le mercredi 5 avril

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 05:48
Le collectif " 1 victoire pas deux défaites " a commandé un sondage dont les résultats sont édifiants .
Non , il n'est pas trop tard pour l'union Mélenchon - Hamon au premier tour .
78% des électeurs de gauche désirent un rassemblement
MARDI, 4 AVRIL, 2017
HUMANITE
« On peut nous dire que nous sommes fous mais nous sommes porteurs d’une demande populaire», souligne Frédéric Boccara (PCF). Photo : Thomas Samson/AFP
« On peut nous dire que nous sommes fous mais nous sommes porteurs d’une demande populaire», souligne Frédéric Boccara (PCF). 

Le collectif Une victoire pas deux défaites a commandé un sondage à l’Ifop, qu’il a remis ce mardi à Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon, pour appuyer leur argumentaire sur le désir des électeurs de gauche d’un rassemblement des deux candidats dès le premier tour.

A trois petites semaines du premier tour de la présidentielle, ils y croient encore. Et pour démontrer qu’ils ne sont pas isolés à maintenir cette exigence, ils ont réalisé un sondage auprès de l’institut Ifop. « Nous voulons montrer que tout un peuple de gauche attend le rassemblement. Ils ne peuvent plus l’ignorer », souligne Benjamin Lemesle, du mouvement 1maispas3. « Ils », ce sont les deux candidats Jean-Luc Mélenchon (France Insoumise) et Benoît Hamon (Parti socialiste), à qui le collectifUne victoire pas deux défaites (initiateurs des

pétitions ,, , des syndicalistes, , Utopia, Roosevelt, des membres d’EELV, Ensemble !, PS, PCF, Nouvelle Donne…) va remettre la pétition et demander à être reçus en délégation.

Le sondage démontre que 78% des électeurs de gauche désirent un rassemblement, 71% chez ceux qui ont arrêté leur vote sur Jean-Luc Mélenchon et 93% des supporters de Benoît Hamon.

Plus significatif encore : 79% des électeurs de gauche, partis pour s’abstenir, sont prêts à se déplacer pour un candidat unique. Pour Benjamin Lemesle un accord permettrait de « mobiliser cette partie d’abstentionnistes mais aussi d’aller du côté de la réserve de voix d’Emmanuel Macron ». Car, argumente-t-il, « certains que, chacun de leur côté, Hamon et Mélenchon n’ont aucune chance, des électeurs choisissent le vote utile ».  A celui-ci, Anne Hessel, porte-parole de Nouvelle Donne, y oppose le « rassemblement utile » qui permettrait que les idées progressistes et écologistes apparaissent au second tour, dit-elle. Ce sondage, d’après Frédéric Boccara (PCF), « soulève une chape de plomb qui fait croire que rien n’est possible ». « On peut nous dire que nous sommes fous mais nous sommes porteurs d’une demande populaire», souligne-t-il.

« Ce n’est pas trop tard »

Depuis des mois, les différentes branches du collectif ont organisé une multitude d’actions, débats publics et soixante dix apéros citoyens pour mettre en lumière les convergences des deux candidats. Leur objectif : les pousser à un accord global et à se mettre d’accord pour une majorité commune à partir d’une plateforme de propositions. « Aucune divergence n’est assez forte pour justifier cette division. Même sur l’Europe, clivage fort selon beaucoup, la proportionnelle qu’ils veulent chacun mettre en place, permettrait de le résoudre », souligne Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne). Pour tout cela, « ce n’est pas trop tard », assurent-ils tous. Ils pourraient même mettre en place une plateforme numérique pour un référendum en ligne, comme l’a organisé EELV pour le ralliement de leur candidat à Benoît Hamon, avancent-ils.

« Le vote utile n’est pas Macron »

Car chacun y va de son inquiétude sur le danger d’un second tour droite/FN. « Le vote utile n’est pas Macron. Ses électeurs vont voter pour des politiques libérales qui affaiblissent les classes populaires qui, plus tard, vont se tourner vers le FN », souligne quant à lui David Teixeira, initiateur de la pétition sur le site . Le but donc : « sommer les candidats à ne pas balayer d’un revers de la main cet espoir d’une gauche au second tour. » Car, selon Gérard Filoche, « la gauche est plurielle, elle doit s’additionner pour gagner ». Guy Trésallet (FSU) prend l’exemple de la « mobilisation syndicale très forte contre les politiques d’austérité ». Celle-ci même qui « risque d’être foulée au pied par cette division », dit le syndicaliste. 

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 05:36
Pierre Laurent invité de Question Politique sur France Inter le dimanche 2 avril:  : je souhaite "un accord des forces de gauche, si possible avant le premier tour"

L'émission complète ou des extraits à réécouter sur le site de France Inter:  https://www.franceinter.fr/emissions/questions-politiques/questions-politiques-02-avril-2017

Le message est clair. Premier invité ce dimanche de notre édition Questions politiques spéciale présidentielle, le secrétaire national du Parti communiste français mise tout sur les élections législatives. Soutien de Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, pour cette élection présidentielle, le PCF le martèle, à l'instar de son dirigeant : "sans majorité législative", comment mettre en œuvre la politique portée par Jean-Luc Mélenchon ? Mais pour se mettre en ordre de bataille pour les élections législatives, Pierre Laurent estime que les discussions doivent avoir lieu dès aujourd'hui, à l'opposée de ce que pense Jean-Luc Mélenchon, placé comme troisième homme dans de récents sondages, qui souhaite d'abord se concentrer sur l'élection présidentielle. Il a dit souhaiter "un accord des forces de gauche, si possible avant le premier tour" de l'élection présidentielle. Alors que le Parti socialiste semble à l'agonie, Pierre Laurent parle de la reconstruction de la gauche, malgré la décision de certains de "saborder" le PS, de l'intérieur.

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4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 09:48

Groupe Communiste, Républicain et Citoyen au Sénat

La France refuse toute discussion et s’enfonce dans une logique dangereuse pour la paix

lundi 3 avril 2017

Le 31 mars, se sont terminées les négociations débutées le 27 mars et menées par plus d’une centaine d’États en vue de rédiger un traité international interdisant les armes nucléaires.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique débutée dès 1968 et la signature du traité de non-prolifération (T.N.P.) qui obligeait avec son article 6 l’ensemble des pays signataires à œuvrer à un démantèlement total par le biais de négociations « poursuivies de bonne foi ».

La France, État-Partie de ce traité depuis 1992, a pourtant fait le choix de voter contre la résolution créant l’espace de négociations du traité, une première fois en octobre 2016 lors de la commission chargée du désarmement et de la sécurité internationale et une seconde fois lors de l’Assemblée générale de l’ONU en décembre de la même année.

En cohérence avec son vote, la France a pris la décision de boycotter les discussions en cours en vue d’arriver à un traité d’interdiction des armes nucléaires.

Rappelant leur attachement à un désarmement multilatéral nucléaire, les sénatrices et sénateurs du groupe Communiste, Républicain et Citoyen s’alarment de ce blocage exercé par notre pays, lui-même puissance nucléaire, à une discussion pourtant vitale pour la sécurité internationale.

Comment s’opposer aux pays voulant développer leur arsenal nucléaire quand notre pays refuse d’abandonner le sien ? Comment œuvrer pour un monde plus sûr et plus juste alors que les réticences affichées par les super-puissances mondiales tendent à entraîner une escalade et une course aux armements de tout type ? Comment donner sa pleine mesure à l’Organisation des Nations Unies et ses traités internationaux alors que certains pays, dont la France, enfreignent sciemment les dispositions présentes dans des traités signés ?

A ces questions, il apparaît aux sénatrices et sénateurs du groupe CRC que la réponse est : « c’est impossible ». Les appels répétés depuis 70 ans des gouvernements successifs à la patience en matière de désarmement multilatéral nucléaire ne font qu’accélérer l’escalade de la violence et de la détention des matériels de destruction, nous éloignant toujours un peu plus d’une paix internationale où les conflits et différends se règlent par la diplomatie et le droit.

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 06:05
Remi Salaün, Jean-Paul Cam, Erwan Rivoalan. photo Paul Paimbeni: distribution de tracts sur les propositions agricoles du PCF au congrès de la FNSEA à l'Arena de Brest, jeudi 30 mars

Remi Salaün, Jean-Paul Cam, Erwan Rivoalan. photo Paul Paimbeni: distribution de tracts sur les propositions agricoles du PCF au congrès de la FNSEA à l'Arena de Brest, jeudi 30 mars

photo Paul Paimbeni: distribution de tracts sur les propositions agricoles du PCF au congrès de la FNSEA à l'Arena de Brest, jeudi 30 mars

photo Paul Paimbeni: distribution de tracts sur les propositions agricoles du PCF au congrès de la FNSEA à l'Arena de Brest, jeudi 30 mars

Tôt ce matin, sept camarades du Parti Communiste de Brest étaient présents à l'entrée du Congrès de la FNSEA à l'Arena de Brest pour présenter les propositions et le projet du Parti Communiste en matière d'agriculture. Ils ont reçu un bon accueil et eu des conversations intéressantes avec plusieurs agriculteurs. 

Les communistes proposent : Un nouveau modèle agricole est possible pour sortir de la crise !

On a cru pouvoir mettre en place une agriculture à moindre coût. Il n'en est rien. Rechercher à tout prix à produire des aliments tout-venant conforte un modèle à bout de souffle qui pollue, met en danger les paysans et réduit la biodiversité.

UNE CRISE D’AMPLEUR
Alors que les profits des groupes de la grande distribution flirtent avec les sommets, la paysannerie française est en grande difficulté. Par exemple, l’ensemble des filières d’élevage fait face aux chutes des prix qui cristallisent la colère des éleveurs. Le kilo de porc s’échange à 1 euro alors que l’accord de juillet 2015 devait aboutir à un prix d’achat producteur de 1,40 euros. Les producteurs de lait subissent des rémunérations inférieures à 0,30 euros par litre. En viande bovine les cours sont catastrophiquement bas depuis des années, aux alentours de 3,51 euros/kg. Les céréaliers…etc. Tous subissent la course aux prix bas.


DES AGRICULTEURS A BOUT DE SOUFFLE
Dans notre pays, 10 000 agriculteurs quittent le métier chaque année. Un agriculteur se donne la mort tous les deux jours. Un tiers d’entre eux touche moins de 350 € par mois. Nos producteurs ne sont pas victimes d’une simple fluctuation conjoncturelle des prix, mais d’une crise profonde et durable, conséquence des choix politiques libéraux au niveau européen : des marchés et des volumes sans régulation ; une valeur ajoutée captée en aval de la production ; une mise en concurrence permanente sur la base des prix mondiaux, avec des traités de libre-échange, comme le CETA entre l’Union Européenne et le Canada, qui
prévoit notamment d’ouvrir la voie sans droits de douanes à des centaines de milliers de tonnes de viande bovine et porcine.

PRIX BAS POUR LES PAYSANS, PRIX HAUT POUR LES CONSOMMATEURS: PERDANT/PERDANT

Acheté 1 euro le kilo aux éleveurs, le prix du porc se situe entre 5 et 10 euros dans nos filets à provisions. Pour le boeuf, 3,5 euros deviennent entre 15 et 30 euros. Malgré les discours, rien n’a changé pour les enseignes de la grande distribution et les centrales d’achat ! Si tant est qu’elles achètent en France !
Au plan de soutien à l’élevage de 700 millions d’euros de l’été 2015, 125 millions de plus ont été annoncés le 27 janvier dernier. 25 millions seront dédiés au report d’annuités bancaires ouvert aux producteurs de palmipèdes, 130 pour les éleveurs du Sud-Ouest affectés par la grippe aviaire. Au total 290 millions d’euros supplémentaires ont été annoncés le 27 janvier 2016. Les syndicats agricoles signalent pourtant que les éleveurs ne voient pas la couleur de ces aides conjoncturelles, au demeurant insuffisantes, qui se perdent dans les circuits…

 

LES PROPOSITIONS DU PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS :
Elles visent à répondre à la rémunération du travail paysan, à l’accès à tous à une alimentation de qualité, à l’urgence de réponses liées aux crises.

EN FRANCE
- Encadrer les marges et pratiques abusives de la grande distribution.
-  Définir les prix agricoles (prix planchers) au travers de négociations annuelles et pluralistes, par des
conférences sur les prix.
- Les filières alimentaires relocalisées doivent être soutenues. L’indication d’origine des produits
agricoles et de la mer, transformés ou non, doit être appliquée.
- Protéger les producteurs des aléas climatiques, économiques et sanitaires à travers un système d’assurance mutuelle démocratique calamités.
Il faut porter collectivement une grande politique agricole et alimentaire, en France comme en Europe. Et pour cela, les moyens sont bien là ! Les 50 milliards d’euros que représente aujourd’hui le budget annuel de la PAC ne sont qu’une goutte d’eau au regard des richesses produites chaque année au sein de l’UE : 14 000 milliards d’euros. Ce sont les propositions que portent les parlementaires

COMMUNISTES. EN EUROPE
Les négociations sur le TAFTA (Europe/USA) ont repris à Bruxelles. On demande d’y porter une exception agricole, comme cela a été fait pour la culture. Si le TAFTA est signé, par exemple en matière de viande bovine, cela va signifier ici moins 50% de rémunération pour les producteurs. Pour affirmer sa souveraineté alimentaire l’Europe doit se doter d’outils :
-  Mise en place de prix indicatifs.
-  Appliquer le principe de préférence communautaire ou de clauses de sauvegarde visant cet objectif.
- Réaffirmer le besoin d’outils de gestion et de planification (stocks de sécurité alimentaire).
- Conquérir de nouveaux droits sociaux pour les travailleurs de l’agriculture.
-  Condamner le dumping social par l’exploitation des travailleurs détachés

Les militants communistes brestois présents devant le Congrès de la FNSEA pour présenter les propositions du PCF en matière d'agriculture
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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 20:18
1920-2017: le beau parcours de notre camarade Jean Nédelec, militant de l'enseignement laïque et du Parti Communiste

Un dernier hommage sera rendu à Jean Nédelec le mercredi 5 avril à 14h30 à la salle de cérémonie du Vern à Brest.

Notre camarade Jean Nédelec qui s'est éteint à 97 ans il y a trois jours est né le 1er mars 1920 dans la commune du Faou.

Quand il a six ou sept ans, ses parents quittent le Faou pour rejoindre Brest.

Son père, Alexis Nédelec, était un ancien de la Marine militaire où il avait passé 15 ans de service. Il devient ami à l'école avec un fils de cheminot communiste, Georges Bozec, futur agrégé de Lettres.C'est Georges qui l'initie à la musique, à la politique, et fortifie en lui le goût des études. Le père de Jean Nédelec, alors ouvrier à l'arsenal, est adhérent de la SFIO et de la CGT au moment du Front Populaire, quand Jean Nédelec étudie au lycée en tant que boursier (le lycée était payant et accessible à très peu de jeunes à cette époque). Il a eu comme notamment Marcel Hamon, futur député communiste des Côtes-du-Nord (de 1945 à 1951 et de 56 à 58) et maire de Plestin-les-Grèves. En 1939, Jean Nédelec devient instituteur, nommé à Plogoff. Il est mobilisé, puis, après l'armistice, il est envoyé quelques temps dans un camp en Dordogne où il fait la connaissance du futur responsable communiste et résistant breton Daniel Trellu, autre instituteur.

En janvier 1941, Jean Nédelec revient à Brest, où il retrouve en 1942 une affectation d'instituteur. Son père est arrêté par la Gestapo en 1942, puis relâché, soupçonné un temps d'être un espion et un résistant à l'arsenal pour avoir fait un dessin assis face à la rade. Son père écoute la BBC. En 1943, Jean Nédelec est muté à Landeleau. Il se marie avec Marguerite le 27 septembre 1943. Jean Nédelec entre dans un groupe de résistance en 1944 avant le débarquement. Il est ensuite envoyé en poste à Loqueffret et c'est là qu'il vit la libération de la Bretagne.

Il est à nouveau mobilisé pour protéger et surveiller des prisonniers Allemands à Erquy en mai 1945, puis envoyé en poste à Collorec comme directeur d'école. "C'est dans cette commune de Collorec, écrit-il dans ses mémoires (1920-1980, 60 ans de vie militante dans le Finistère), qu'il allait vivre sept années de combat qui ont fait de lui un militant laïque, un militant politique". Il adhère dans l'immédiate après-guerre au Parti Communiste.

Le responsable communiste, Alain Cariou, permanent à la fédération du Parti Communiste à partir de l'été 1944 (et aussi vice-président du comité départemental de Libération, à Quimper, pour le PCF) ridiculise André Monteil, député du MRP, en créant une connivence avec le public d'une réunion publique contradictoire en lui parlant et plaisantant avec lui en breton, langue que ne comprend pas Monteil.

Jean Nédelec crée l'amicale laïque de Collorec et commence à militer à la Fédération des oeuvres laïques tout en devenant ami avec un abbé progressiste, l'abbé Dolou, à qui il se plaint qu'on ait labouré le terrain de foot des jeunes laïques de l'Union sportive de Collorec en forme d'attentat clérical. Abonné de la rue Ar Falz, il organise avec Armand Kéravel, son président, la représentation du pièce de théâtre en breton à Collorec. 

Après son adhésion sous l'influence d'Alain Cariou, les 10 et 11 août 1946, Jean Nédelec assiste à neuvième conférence fédérale du Parti Communiste en présente de Jeannette Vermeesch, femme de Maurice Thorez.

Le militant communiste du centre-Finistère, Alain Cariou, proche de Charles Tillon, y est la cible de Jeannette Vermeersch, puis quatre ans plus tard à la conférence fédérale de Douarnenez de Jacques Duclos.

Jean Nédelec goûte peu les critiques infligés à Alain Cariou, les injonctions à l'auto-critique, et l'autoritarisme de certains dirigeants. C'est un militant communiste ouvert, d'esprit unitaire et sans sectarisme, critique vis-à-vis de certains réflexes politiques staliniens.

 Au début des années 50, il s'implique beaucoup au SNI- FEN/CGT et à l'Union départementale CGT. A la fin des années 50 et jusqu'en 1961, Jean Nédelec s'implique ardemment pour la Paix en Algérie. Il luttera toute sa vie pour la paix, y compris pendant la première guerre du golfe en 1991, en créant un Comité Pour la Paix à Brest. Un des grands moments de combat pour la paix pour lui a été la mobilisation autour du procès d'Henri Martin (1950-1953), qui avait dénoncé la guerre coloniale en Indochine par des distributions de tracts aux marins à Toulon en 47.  D'abord jugé à Toulon par un tribunal militaire, il est condamné à 5 ans de prison puis, après deux ans d'emprisonnement à la centrale de Melun, il est rejugé à Brest le 2 juillet 1951. A cette époque, le Parti Communiste, dont le responsable finistérien est Daniel Trellu, "ancien Colonel Chevalier de la Résistance qui n'était pas homme de demi-mesure", milite avec ardeur pour la libération d'Henri Martin et Brest est envahi par les CRS. Le tribunal de Brest confirma le jugement de Toulon mais Henri Martin fut finalement libéré le dimanche 2 août 1953. 

En 1963, Jean Nédelec se porte volontaire pour récupérer en Algérie des dossiers d'enseignants ayant servi pendant l'occupation française. Il écrit des billets politiques élogieux et optimistes sur la construction du socialisme en Algérie pour sa revue syndicale. 

Jean Nédelec participe avec passion aux travaux du Comité d'action Laïque, au côté du socialiste Charles Drapier, partisan d'une ligne très anti-cléricale qui n'est pas la ligne majoritaire, de Jean Kervizion, d'Alain Cariou et de Louis Le Roux. Il dénonce avec des camarades d'Ecole Emancipée la loi Debré adoptée en 1959 accordant des subventions aux établissements privés. 170 000 signatures contre la loi Debré sont récoltées à cette époque dans le Finistère. 

Sa première responsabilité à la Fédération des oeuvres laïques date de 1961. Il enseigne alors à l'école primaire des Quatre-Moulins à Brest, dans un cours préparatoire de 48 élèves! Il va aussi s'impliquer fortement au Patronage Laïque de Saint-Pierre et des Quatre moulins. De 1964 à 1967, il est responsable du service culturel de la F.O.L. Et de 1967 à 1979, Jean Nédelec exerce les fonctions de secrétaire général de la Fédération des Oeuvres Laïques du Finistère. 

Quand il écrit ses mémoires, en 2002, à déjà 82 ans, Jean Nédelec les conclut avec ces paroles si belles et si sages:  

"J'ai pris des responsabilités, je les ai assumées de mon mieux, conscient d'avoir été un maillon de la chaîne de solidarité qui unit entre eux les femmes et les hommes de bonne volonté, d'avoir apporté ma pierre à la construction d'un monde meilleur, d'une France Laïque, tolérante, luttant contre le racisme, pour la paix dans le monde, essayant d'établir une égalité des citoyens et des citoyennes en tous domaines, ce qui est hélas loin d'être réalisé, mais pourquoi pas...

VIVE L'UTOPIE!"

          

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 20:10
Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste)
Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste)
Résistance et répression des communistes brestois de 1939 à 1943 (à partir des souvenirs et des enquêtes d'Eugène Kerbaul, résistant communiste)

Après la signature le 23 août 1939 du pacte germano-soviétique, une vague d'anti-communisme déferle sur la France, portée par la bourgeoisie, l'Etat et le gouvernement, les médias. Les organisations communistes sont dissoutes le 26 septembre. A ce moment, le PCF compte sur Brest environ 200 adhérents, mais beaucoup sont mobilisés. 

Le Parti Communiste se réorganise de manière clandestine à Brest, sous la direction de l'interrégional Auguste Havez: les groupes de trois camarades responsables de ville ou de secteur contactent les militants que la mobilisation n'a pas touchés et qui n'ont pas "lâché" le PCF pour les regrouper par groupes de trois ou quatre militants. Ces groupes n'ont pas de contact entre eux. Les camarades choisis pour former le "triangle" responsable de Brest sont Jeanne Goasguen-Cariou, Roger Chaigneau et Eugène Kerbaul. Carlo De Bortoli et Jules Lesven, responsable du secteur syndical de l'Arsenal, font parti des cadres intermédiaires.

La répression contre les syndiqués communistes à l'Arsenal bat son plein du côté des dirigeants réformistes de la CGT, unifiée depuis 1935, et de la direction. Marcel Paul, futur ministre à la Libération, secrétaire général de la Fédération des Gaziers et Electriciens CGT, élu communiste déchu, vient prêter main forte aux ouvriers communistes de l'Arsenal. Des tracts sont imprimés et distribués clandestinement à des centaines d'exemplaires par les communistes avec une ronéo artisanale. Début novembre, le premier numéro de l'Humanité clandestine donne matière à continuer leur action auprès des citoyens et ouvriers aux militants communistes brestois. Le 28 novembre, Kerbaul part pour l'armée et Jeanne Goasguen-Cariou reste seule au triangle avec Jules Lesven.  Les numéros de L'Humanité clandestines dénonçant "la guerre capitaliste" sont récupérées en gare de Brest par des femmes et distribués sous le manteau, de main en main.       

Le 30 novembre 1939, la Chambre des Députés décide la levée de l'immunité parlementaire des députés communistes qui avaient formé après l'interdiction du PCF "un groupe ouvrier et paysan". L'invasion de la Finlande le même jour va intensifier la répression contre les communistes et le climat d'anti-communisme. Déjà, tout le mois de novembre 1939, la propagande anti-communiste s'était déchaînée. 

En février 1940, les députés communistes sont envoyés devant un tribunal militaire. Ils seront condamnés à 5 ans de prison et la privation de leurs droits civiques le 3 avril - Ambroise Croizat est du lot, qui ira moisir dans un bagne en Algérie. En mars, les perquisitions et les arrestations vont bon train contre les communistes. En avril 1940, Jeanne Goasguen-Cariou et Jules Lesven, qui a remplacé Chaigneau dans le triangle de direction, protestent énergiquement de l'absence de ronéo (la leur était partie dans le sud-Finistère avec Alain Signor) pour localiser leurs tracts. 

L'armée allemande atteint Brest le 19 juin après que le 17 juin, Pétain ait appelé à la radio à cesser le combat. Début juillet, les militaires brestois ou stationnés à Brest sont appelés à régulariser leur situation auprès de l'occupant: le 5 juillet, 2000 hommes sont envoyés dans les stalags d'outre-Rhin, dont Henri Moreau, militaire de carrière et musicien du 2e Dépôt, communiste, qui se libérera et retrouvera Brest en fin d'année.

Le parti se restructure. "Tante Jeanne"- Jeanne Goasguen-Cariou, Jules Lesven, De Bortoli, Mathurin Le Gôf entreprennent de contacter un à un tous ces militants afin de restructurer l'organisation clandestine de la ville et les environs. A l'arsenal, des camarades s'interrogent: "Est-il juste d'aller travailler dans cet établissement mis totalement au service des Allemands par Pétain?". Ils en concluent qu'il faut continuer à agir politiquement auprès des ouvriers qui s'y trouvent et contre l'occupant selon les moyens et méthodes à déterminer au gré des circonstances.

Le 17 juillet est connu le contenu de l'appel à la résistance de Maurice Thorez et Jacques Duclos:

"La France encore toute sanglante, veut vivre libre et indépendante... jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d'esclaves... La France, au passé si glorieux, ne s'agenouillera pas devant une équipe de valets prêts à toutes les besognes... C'est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c'est autour de la classe ouvrière, ardente et généreuse... que peut se constituer le front de la liberté, de l'indépendance, de la renaissance de la France" ...

Il faudra attendre août 1940, précise Eugène Kerbaul, pour en avoir un paquet à distribuer à Brest. Et encore, ce n'était pas un gros paquet. Mais il avait été publié dans un numéro de "L'Humanité" clandestine.

En août 1940, des inscriptions sont faites sur les murs pour stigmatiser la trahison de Pétain " A bas Pétain le traître, vive Thorez". Les petits groupes qui les font sont emmenés par Lesven, Le Nédellec et des cheminots communistes. En août, les slogans de l'Humanité sont très méfiants vis-à-vis du général de Gaulle mais appellent à l'Union du peuple de France pour l'indépendance et la liberté de la France. Le 16 août, la CGT est dissoute par le traître Belin, ancien dirigeant réformiste de la CGT. Le droit de grève est supprimé à l'Arsenal en septembre 1940. Les communistes multiplient les inscriptions sur les murs, les papillons, ils cherchent à repérer des anti-fascistes dans les rangs militaires allemands.

En octobre 1940, alors que les Allemands commencent à mettre en oeuvre leurs gros travaux militaires sur Brest, un triangle de direction du bâtiment pour les opérations de résistance et de sabotage s'organise autour de Jean Goasguen, Jacob Mendrès et Germain Riou, secondé par Charles de Bortoli. La propagande contre Vichy se poursuit, s'intensifie en novembre 1940 contre les "traîtres de Vichy" et le pillage allemand. Le n°93 de L'Humanité clandestine explique:

"Le gouvernement de Vichy, c'est le gouvernement des trusts. Plus que jamais, les 200 familles sont maîtresses de l'économie et de la politique de la France, tandis que les ouvriers sont privés de tous les droits, que les chômeurs sont affamés, que les petits commerçants sont menacés de ruine et que les paysans sont traités comme au temps du servage".      

Le journal anglais "Daily Telegraph" reconnaît qu'en France:

"... le seul parti existant quoiqu'étant illégal est le Parti communiste et plus de mille de ses militants ont été arrêtés le mois dernier; ils distribuent des tracts anti-allemands qui font appel au sentiment patriotique des Français".   

En décembre, Venise Gosnat remplace Auguste Havez comme inter-régional du PCF clandestin et réside à Brest périodiquement sous un faux nom, "Pichard". Ballanger et Gosnat considèrent que Brest et Nantes à l'une et l'autre des extrémités de la Bretagne sont les villes où la force de résistance du Parti communiste est la plus importante. Fin décembre, des tracts anti-nazis en langue allemande signés du PCF parviennent à Brest. En janvier 1941, Ballanger organise l'organisation spéciale à Brest, des groupes de communistes chargés d'abord de protéger les militants dans leurs actions de propagande, qui seront bientôt chargés des sabotages et des représailles contre les soldats allemands. Le 8 février 1941, on peut lire dans L'Humanité: 

"En février 1934 le peuple de France fit échec aux fascistes, agents de l'étranger. En février 1941, ces mêmes hommes, profitant de la défaite qu'ils ont préparée, asservissent notre pays sous la protection des occupants (...)

UNISSONS-NOUS POUR LA GRANDE REVANCHE".

Preuve que l'esprit de résistance du Parti Communiste précède de loin l'invasion de l'URSS par les nazis. Un soldat allemand est jeté à l'eau dans le port de Brest à l'hiver 1941. En mars 1941, trois soldats allemands sont tués par des membres armés de l'O.S à Brest suite à une bagarre dans un café de Saint-Marc. 

Cinq militants communistes sont arrêtés en mars 1941 pour propagande subversive: Yves Jacotot du Bourg-Blanc, René Corre, Yves Labous, Louis Morvan de Brest et Jean Marc de Saint-Marc.

A la mi-mars, des jeunes de l'O.S du PCF tuent trois soldats allemands à la suite d'une bagarre. Leurs corps disparaissent dans la rade sur la suggestion de Jules Lesven.  

D'autres soldats allemands sont molestés les fin mars après le couvre-feu alors qu'ils s'apprêtaient à arrêter des militants. Le 27 mars, un tract du PCF brestois appelle à la résistance pour l'indépendance de la France pour la première fois avec une visée d'union de classe patriotique et sans lier cet objectif de libération nationale à l'objectif de révolution sociale.

En avril 1941, le préfet du Finistère, dans son rapport mensuel sur l'état d'esprit de la population, pointe l'esprit de résistance des communistes:

"Parmi les adversaires de la Rénovation nationale, on peut distinguer: 

1°) Les communistes qui sont aussi actifs qu'irréductibles. Ceux qui n'ont pas quitté le Parti après la signature du pacte germano-soviétique de 1939 doivent être considérés comme rebelles à toute propagande

2°) Les tenants de l'ancien régime (Front Populaire), ce sont les plus nombreux, ils sont guidés par l'intérêt, d'autres intoxiqués par l'idéologie. On y trouve pêle-mêle des francs-maçons, des politiciens, des membres des anciens partis qui ne peuvent s'habituer à la disparition de ceux-ci.

3°) Les gaullistes proprement dits. C'est une déviation du patriotisme. Ils oublient momentanément les anciennes querelles par haine de l'occupant. Anti-communistes, anti-maçons, beaucoup seraient sur le plan intérieur, très proches de la Révolution Nationale.

4°) Enfin un assez grand nombre d'hésitants...".    
 
Fin mars, les militants communistes brestois distribuent des tracts en langue allemande appelant à rejoindre le mouvement anti-nazi. Le tract est intitulé "Soldaten der Besatzungstruppen". Les groupes O.S du Parti Communiste continuent leurs sabotages à Kerguillo, à la S.N.C.F, et à l'arsenal (une grue abattue à l'atelier des torpilles). Une locomotive déraille au port de commerce par un coin de fer bloquant un aiguillage. Des sabotages ont lieu aussi sur des chantiers du bâtiment.

Gosnat va à Pont-de-Buis et demande à Pierre Berthelot d'y former un groupe de l'Organisation Spéciale. L'intérêt est la récupération d'explosifs à la Poudrerie. Masson, le secrétaire du syndicat de la Poudrerie de Pont-de-Buis, licencié à la suite des grèves de novembre 1938, rejoint à ce moment le Parti Communiste clandestin Brest. Charles Cadiou prend la direction des opérations clandestines de résistance communiste à l'arsenal. 

Venise Gosnat et Ballanger envoient fin mars des questionnaires aux groupes de base du Parti Communiste dans les départements bretons pour mesurer les effectifs et la structuration du Parti Communiste clandestin.

Avec le retour de ces questionnaires, on peut établir le nombre de groupes de base du Parti communiste clandestin au printemps 1941 à 300, soit environ 1200 à 1500 membres du Parti Communiste clandestin. "Il faut probablement compter, précise Eugène Kerbaul, sur un chiffre du même ordre pour les isolés et ceux que les péripéties du moment ont coupé de l'organisation".     

A Brest, "L"Huma" clandestine arrive en grandes quantités par la gare à partir d'avril 1941, en caissettes, récupérées par Yvette Richard-Castel, Jeanne Goasguen-Cariou, comme s'il s'agissait de colis ordinaires. Parallèlement, Jules Lesven et Pierre Corre ont terminé la presse nécessaire au tirage brestois de "La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime" , le journal communiste, et l'amènent à Kerichen. C'est Kerbaul qui est chargé par Ballanger de la direction du journal. 

De terribles bombardements détruisent l'hôpital civil de Brest le 14 avril 1941 (78 morts et 200 blessés) et peu avant l'Hôtel Continental où logeait l'Etat-major de la marine allemande le 4 avril. Au port de commerce, le groupe d'Ernest Mazé fait dérailler une locomotive après avoir bloqué un aiguillage avec un caillou. Au château de Kerguillo, les suites du sabotage d'un tableau électrique incitent Eugène Kerbaul à prendre le large. Il avait été vu par une des Françaises qui travaillaient pour la Luftwaffe, dont Kerguillo allait être le siège de l'état-major pour le Nord de la Bretagne. 

Le 8 mai, Chaigneau, le chef des résistants communistes cheminots, est arrêté alors qu'il s'apprêtait à mettre le feu à un chargement militaire allemand, dans un wagon ouvert par des résistants communistes, qui n'avaient pas le temps de voler les armes et les effets. Il est arrêté avec Morvan. François Tournevache, qui avait pris la succession de Chaigneau immédiatement après son arrestation, est arrêté à son tour. On le conduit au commissariat de la place Anatole France où il retrouve Pierre Mazé, le fils d'Ernest Mazé, un autre militant arrêté alors qu'il cherchait à récupérer des plaquettes incendiaires non brûlées jetées par les bombardiers anglais. Le juge d'instruction Le Braz, qui sera abattu plus tard par un groupe de FTP, fait inculper Tournevache, poursuivi pour propagande au profit de la IIIe Internationale et action au service d'une puissance étrangère (l'URSS).

En mai, Eugène Kerbaul organise les sabotages à l'arsenal avec Jules Lesven, Le Nédellec, Pierre Corre et Mathurin Le Gôf. Des wagons prévus pour dix tonnes de fer en reçoivent vingt afin que leurs ressorts plient et que le matériel s'use très vite. De la poudre d'émeri est déposée dans les boîtes de graissage des essieux des wagons.

A la mi-mai 1941, le parti communiste diffuse un tract qui, une fois de plus, invite les travailleurs à résister à l'occupant et à Vichy dans le cadre de leurs organisations de classe en les mettant en garde contre les aspects réactionnaires des organisations se réclamant de de Gaulle. Les ouvriers sont appelés à combattre dans les organisations de Résistance qui veulent d'une libération nationale assortie de profondes réformes sociales. Ce qui ne signifie pas pour autant le refus de l'union, le parti reconnaît à la fois la pluralité de la Résistance et la nécessité de l'union dans la lutte.

"La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime" n°3, qui sort en début mai, appelle ainsi à un:

"...véritable Front populaire de lutte qui demain fera flotter à nouveau sur notre pays et cette fois pour toujours, le grand drapeau du pain, de la liberté et de la paix, le drapeau de la France libre et indépendante", 

accompagné d'un appel aux socialistes et aux radicaux.

Dans la troisième semaine de mai 1941, Ballanger et Gosnat arrivent à Brest porteurs d'une grande nouvelle: le 15 mai, le Comité Central du Parti Communiste a lancé un appel à la formation d'un "Front National de Lutte pour le Salut et l'Indépendance de la France". Ballanger et Gosnat recommandent aux militants communistes brestois la prise de contact avec toutes les formations patriotiques qui résistent, y compris de droite.

A la fin du mois de mai, 38 membres du groupe de résistance brestois "Elie" sont arrêtés quand le réseau est démantelé à la suite d'une dénonciation. Ce groupe était à l'origine d'une violente bagarre avec des militaires allemands, provoquée le 28 avril par plusieurs ouvriers de l'arsenal, membres de ce réseau.

En juin 1941, un tract clandestin du parti communiste brestois fait connaître la grande grève résistante et revendicative de 100 000 mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, organisée et dirigée par le Parti Communiste, entre le 28 mai et le 9 juin. L'occupant se vengera de la perte de 500 000 tonnes de charbon en fusillant 50 travailleurs et en faisant décapiter à la hache à Cologne une des femmes qui participait à la direction du mouvement, Emilienne Mopty, une communiste.

Le 22 juin, l'Allemagne commence son invasion de l'URSS. Dans un supplément au numéro de juin de "La Bretagne ouvrière, paysanne et maritime" cette nouvelle est annoncée par l'interrégion du PCF, associée à l'appel du 15 mai pour la constitution d'un Front National de Lutte pour l'Indépendance:

"BRETONS, BRETONNES, de toutes conditions, de toutes opinions, de toutes croyances, répondez "présent" à l'appel que vous lance le Parti Communiste Français. UNISSEZ-VOUS dans chaque ville et chaque village pour que la France reste la France, pour qu'elle puisse vivre LIBRE et INDEPENDANTE, délivrée du joug de l'oppression nationale qui pèse sur elle.

VIVE LE FRONT NATIONAL DE LUTTE POUR L'INDEPENDANCE DE LA FRANCE!!

VIVE LA FRANCE LIBRE ET INDEPENDANTE!!"

Dans cet appel, le PCF se dit prêt:

"...à soutenir tout gouvernement français, toute organisation et tous les hommes dont les efforts seront orientés dans le sens d'une lutte véritable contre l'oppression nationale subie par la France et contre les traîtres au service de l'envahisseur".

Au mois de juillet 1941, de grandes rafles de personnes suspectes d'être communistes ont lieu partout en France et amènent les militants dans des camps de concentration gentiment baptisés "camps de séjour surveillé" ou "d'internement administratif".

A Landerneau, Lucien Kerouanton est arrêté, Henri Bénard à Brest, Fanch Paul, un sympathisant communiste, à Kérinou. Ils sont envoyés au camp de Châteaubriant, lequel ne va pas tarder à se voir préciser son véritable rôle: camp d'otages. Ils y retrouvent nombre de militants du Finistère et du Morbihan. Le docteur Jacq d'Huelgoat, Jean-Désiré Larnicol, Lucas, Marc Scouarnec, Albert Jaouen, Jean Coant, etc. Eugène Kerbaul est lui aussi arrêté, roué de coups au commissariat, et envoyé au camp de Châteaubriant. C'est la fin de l'imprimerie clandestine de Kerichen. François Prigent, ex-secrétaire de l'Union Départementale CGT, tout récemment rapatrié d'un camp de prisonniers de guerre, accepte de mettre l'Imprimerie Coopérative de la rue Kléber dont il a repris la direction au service de la presse de résistance du PCF. Il sera secondé par son ancien typographe au chômage, le communiste Albert Cadiou.

Le 14 juillet 1941, les ouvriers de l'arsenal, sous l'influence des résistants communistes, se mettent spontanément en grève dès le matin, brandissant des drapeaux français dans plusieurs ateliers. Les Allemands n'osent pas réprimer le mouvement le jour de la fête nationale et déclarent l'après-midi libérée de travail.

Les actions de résistance des militants communistes, l'invasion de l'URSS et le climat d'anti-communisme violent dans la presse et les milieux officiels, contribuent à un renouveau de l'influence communiste en milieu ouvrier. Des "Vive l'URSS", "Vive le P.C", "Vive Thorez" apparaissent sur les murs de Brest qui ne doivent rien aux militants du PCF.

Le 14 août, Vichy promulgue coup sur coup l'obligation de fidélité à Pétain et la création de tribunaux spéciaux où seront déférés les communistes. Le même jour, le haut commandement allemand annonce que l'activité communiste sera punie de mort. Le 22 août 1941, le haut commandement allemand promulgue la loi des otages: tous les Français arrêtés sont considérés comme otages et peuvent être fusillés en cas d'attentat contre l'armée allemande.

C'est à ce moment que la lutte terroriste du Parti Communiste contre l'occupant nazi va vraiment s'engager (en dehors des actes spontanés d'attentats par les O.S, comme à Brest) par des assassinats ciblés. Le futur colonel Fabien, Pierre Georges, abat ainsi un officier allemand à la station de métro Barbès à Paris le 23 août.

A Brest, depuis l'arrestation de Chaigneau et Kerbaul, ce sont Jeanne Goasguen-Cariou et Jules Lesven qui dirigent l'organisation communiste. Ils relancent un Secours Populaire clandestin avec Jean Le Nédellec, Pierre Corre, Marie Miry. Dès août 1941, les familles en difficulté recevront une aide. A l'arsenal, sur les chantiers, des quêteurs efficaces et discrets du Secours populaire reçoivent un bon accueil.

En juillet 1941, le triangle de direction brestois envisage un projet de libération des prisonniers du camp de Châteaubriant, gardé par quelques dizaines de gendarmes français. Venise Gosnat, sollicité pour accord par Jeanne Goasguen-Cariou, manifeste son opposition au projet, de crainte que les centaines de militants prisonniers venus de région parisienne ne parviennent pas à se repérer dans la campagne bretonne de nuit ni à bénéficier de caches. Néanmois, Venise Gosnat reprend l'organisation d'un projet d'évasion collective et l'infiltration des gardiens du camp de Châteaubriant.

A l'été 41, la jeunesse communiste se reconstitue avec Yves Prigent, "triangle" du Parti à l'Arsenal (et avec qui Kerautret récupère un pistolet sur un officier allemand préalablement assommé, ce sera la première arme du groupe), Guy Drogou, Jean Ansquer, André Berger.

Dans les derniers jours de septembre, à l'arsenal, Charles Cadiou, mécanien à l'usine distillatoire chargée du ravitaillement des accus de sous-marins, glisse du sel dans les cuves accompagné d'un groupe O.S qu'il dirige. Cela empêche l'apparaillage de cinq sous-marins de la Kriegsmarine. On signale aussi en cette fin septembre la distribution par un groupe de femmes communistes de tracts anti-allemands en français et de tracts anti-nazis en allemand effectuée aux abords de l'arsenal et de la pyrotechnie de Saint-Nicolas.

L'ex-secrétaire du syndicat de l'arsenal, Ernest Miry, est arrêté en octobre. L'imprimerie clandestine est rapatriée chez Henri Moreau, militaire de carrière de la Marine Nationale, communiste avec sa femme Simone. Pierre Berthelot à Pont-de-Buis fabrique aussi des tracts communistes alimentant les groupes clandestins du centre-Finistère. En octobre, Lucien Kerouanton est libéré - faute de preuves et d'aveux- du camp de Châteaubriant, et reprend du service pour le PCF à l'arsenal.   

Après les massacres de 27 militants communistes et syndicalistes à Châteaubriant le 22 octobre 1941, de 21 à Nantes, et de 50 à Bordeaux, les communistes brestois organisent une grève de protestation à l'arsenal et un dépôt de gerbe au Monument aux Morts. C'est Jean Goasguen qui porte la gerbe à déposer, sa femme Jeanne Goasguen-Cariou marche à une vingtaine de mètres derrière lui avec dans son sac le ruban où est inscrit "Aux victimes de Châteaubriant". Lesven donne l'alerte quand arrivent des policiers en civil et les militants parviennent à s'enfuir.

La grève des ouvriers de l'arsenal est organisée le 25 octobre. Des militants se laissent enfermer pendant la nuit pour coller papillons et affiches. Un soldat allemand est blessé grièvement par des militants communistes aux abords de l'arsenal.

En novembre 1941, à l'école navale, le groupe que dirige Charles de Bortoli crève les tuyauteries provoquant l'inondation des entrepôts.  

Le 22 novembre, 11 condamnations à mort sont prononcées contre les résistants du groupe "Elie", dont 3 ouvriers de l'arsenal. Ces 11 condamnés à mort seront exécutés le 10 décembre 1941 au Mont Valérien. 

Simone Bastien, dite "Monique", une jeune militante communiste champenoise envoyée dans le Finistère pour réorganiser départementalement les Jeunesses Communistes, travaille à Brest depuis le domicile de Jeanne Goasguen-Cariou.   

Suite à l'exécution des onze membres du groupe Elie condamnés à mort, un nouveau mouvement de grève de protestation est organisé à l'arsenal et le maire de Brest, Victor Le Gorgeu, qui avait déjà refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain en 1940, refuse de voter une motion de confiance au Maréchal, ce qui lui vaut la suspension de ses fonctions de maire. A l'hiver 41, Simone Moreau  prend la direction d'un groupe de "Femmes patriotes" organisé par le parti communiste.  

En janvier 42, Venise Gosnat organise à Brest un nouveau "triangle militaire" composé de Jules Lesven, Pierre Corre et Lucien Kerouanton, chargé d'organiser et de coordonner l'activité des O.S.

En janvier 42, toujours, des femmes communistes brestoises, avec notamment Marie Salou et Jeanne Goasguen-Cariou, font évader des militants républicains espagnols enfermés au fort de Montbarrey sur le lieu de travail forcé, sur la base sous-marine qu'ils creusent dans des conditions terribles. Ceux-ci reçoivent de faux papiers d'identité et sont employés dans des entreprises du bâtiment avant leur départ grâce à Jacob Mendrès et Jean Jézéquel, deux militants du Parti. On sut que parmi ces évadés, il avait 3 membres du Comité Central du PC espagnol qui rejoindront l'Espagne.

Les femmes communistes sous la direction de Marie Miry, sage-femme, de Angèle Le Nédellec, de Marie Salou, de Simone Bastien, d'Aline de Bortoli, d'Yvette Richard-Castel, organisent des soins, des manifestations pour la libération des prisonniers de guerre et contre la fin des restrictions alimentaires.

Les stations électriques de l'arsenal sont sabotées en mars sous la direction de Pierre Corre et Lucien Kerouanton. Paul Monot, parmi d'autres militants, fait parti des saboteurs.   

Le 28 avril 1942, Albert Abalain est arrêté avec des valises bourrées d'explosif qu'il a récupérées auprès de Pierre Berthelot à Pont-de-Buis. A leur tour, De Bortoli, Charles Cadiou, Mathurin Le Gôf, Yves Prigent sont arrêtés alors qu'ils devaient tenir une réunion de direction communiste chez Henri Moreau, rue André-Portail. Des policiers accompagnés de la Gestapo perquisitionnent chez les militants communistes, persuadés de l'imminence d'un sabotage accompagnant le 1er mai. Jeanne Goasguen-Cariou, Joséphine Le Roux, soeur du premier maire communiste de France, Daniel Le Flanchec, passé chez Doriot avant-guerre. 

En mai 42, Robert Ballanger quitte la direction de l'interrégion de Bretagne, pour devenir interrégional du Centre, et cède la direction à Venise Gosnat. 

Le 14 mai 1942, un des policiers français qui avait arrêté Charles Cadiou, De Bortoli, Yves Prigent et Le Gôf, cité comme témoin par le tribunal allemand devant lequel ils comparaissaient, déclare sous serment que ces hommes sont bien des terroristes. De Bortoli est celui sur lequel pèsent les plus graves menaces. Ce ressortissant italien à qui l'on avait refusé la naturalisation française, était celui qui portait la valise remplie de papier blanc destiné aux tracts clandestins. De Bortoli, devant l'acharnement montré contre lui, perd toutes ses illusions. Alors devant le tribunal, debout, il s'écrie "Vive le Parti Communiste". Il sera condamné à mort, quand ses camarades s'en tireront avec des peines de prison. Les militants sont enfermés à la prison de Potaniou. Aline de Bortoli, apprenant qu'un service allemand embauche des femmes pour effectuer des travaux ménagers, s'y présente et est embauchée, mais elle ne parvient pas à établir le contact avec son mari, trop gardé.

Le 21 mai, le tribunal spécial (français!) de Rennes condamne Jean Goasguen à trois ans de prison et sa femme Jeanne Goasguen-Cariou à deux années de prison, Jeanne Le Roux-Le Flanchec est elle condamnée à un an de prison.

Sitôt connue, la condamnation à mort de De Bortoli provoque une réunion des responsables du PCF et des FTP à Brest. Albert Abalain rédige devant ses camarades le texte d'un tract dans lequel il est publiquement demandé au policier G... de se rétracter en avouant son faux témoignage devant le tribunal militaire allemand (il avait prétendu avoir vu les militants condamnés coller des affiches appelant à la lutte contre l'occupant), en l'avertissant que s'il ne le fait pas, il sera jugé, et probablement condamné à mort par le tribunal de la Résistance de Brest.

Rien ne se passe. Le policier est condamné à mort par Albert Abalain, Pierre Corre, Eugène Lafleur, le "tribunal" désigné par le PCF et la sentence est applicable en cas d'exécution de la condamnation à mort de De Bortoli. 

En avril 42, Joseph Ropars et Albert Rolland, avec un groupe de FTP, font sauter le central téléphonique de la rue de Verdun à Saint-Marc. Albert Rannou et Jacob Mendrès parviennent à se faire embaucher à la base sous-marine pour des activités d'espionnage et de sabotage. Là ils apprendront que des réunions vont y rassembler des membres des états-majors allemand et italien. Il y a là aussi un sous-marin japonais. Ces camarades demandent des explosifs pour faire sauter l'immeuble où ces officiers doivent se réunir. Seulement, quand l'explosif arriva, la réunion était terminée depuis plusieurs jours. Alors les résistants communistes se rabattirent sur le sabotage de deux gros moteurs diesel de la base sous-marine. Les Allemands furieux arrêtèrent une trentaine d'ouvriers français qui travaillaient dans ce secteur. Rannou et Mendrès se séparèrent alors, par prudence. Quant aux ouvriers arrêtés, ils furent incarcérés et interrogés sans relâche pendant une semaine. Aucun d'entre eux ne parla.

Au début de l'été 42, Venise Gosnat nomme Pierre Corre responsable des FTP brestois, avec Pierre Berthelot comme adjoint. Henri Moreau est chargé de planquer chez lui la ronéo et le stock de papier.

En juillet 42, jusqu'au 14 juillet, les femmes communistes organisent de nouvelles manifestations de la faim de femmes à Brest contre les réquisitions et les restrictions. Des sabotages effectués par des groupes communistes sur les chantiers du bâtiment allemands dans et autour de Brest se multiplient. 

Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1942, un attentat touche le siège du parti pro-nazi M.S.R (Mouvement Social Révolutionnaire). C'est l'oeuvre d'un groupe de FTP dirigé par le Morbihannais Jean-Louis Primas, ancien des Brigades Internationales. La devanture est détruite mais la déflagration a aussi causé la perte des vitres aux alentours. Déjà un attentat avait été organisé en mai contre cette permanence de collabos par un groupe qu'animait Jean Kerautret.  Mais la bombe, identifiée, avait pu être désamorcée. La propagande orale du PCF met en parallèle l'efficacité de ces sabotages qui n'ont coûté aucune vie humaine et le bombardement du 24 juillet 1941 qui a fait plus de cents morts, dont 40 à Recouvrance pour un résultat militaire nul ou presque. Les actes de résistance commencent à être de plus en plus approuvés par les Brestois. 

Un groupe de femmes communistes emmenée avec Raymonde Vadaine, Angèle Le Nedellec, Yvette Richard-Castel et Marie Salou infiltrent l'arsenal pour servir de relais au niveau des consignes du Parti Communiste et de la propagande. Pierre Corre prend le titre de commandant des FTP de l'arsenal. Jean-Louis Primas et Louis Le Bail, deux militants communistes Morbihanais envoyés en Finistère, vont montrer un courage remarquable dans l'action directe des FTP contre les Allemands. Quand Jean-Louis Primas sera jugé par un tribunal allemand, il devra répondre de 47 inculpations pour attentats à main armée contre les troupes allemandes! 

Charles De Bortoli est exécuté le 22 août 1942 au champ de tir d'Issy-les-Moulineaux, près de la porte de Versailles. C'est Jean-Louis Primat qui doit se charger d'exécuter le policier collaborateur, mais aucun de ses coups de feu ne sera mortel pour le brigadier G. 

En août, la vitrine de la L.V..F (Ligue des Volontaires Français contre le bolchevisme) vole en éclat rue de Siam, à deux pas de la préfecture maritime occupée par la Kriegsmarine. Raymonde Vadaine, Marie Salou, Venise Gosnat, Pierre Corre, André Berger, Joseph Ropars, Albert Abalain, A. Rolland, Albert Rannou, Etienne Rolland, participent aux opérations.

Peu de temps après, le 31 août 42, Jean Kerautret, responsable des J.C brestois, et un autre J.C, Vincent Guivarc'h, se heurtent à un groupe de soldats allemands alors qu'ils étaient en opération. Ils tirent sur eux. Dans l'échange de tir, les résistants sont grièvement atteints et tombent aux mains des allemands. Ils seront fusillés le 14 octobre 1942 après avoir été abominablement torturés.   

C'est à ce moment que paraissent sur les murs des affiches menaçant de représailles les parents des résistants. Ainsi, Albert Cadiou, oncle de Jean Kerautret et membre du Parti Communiste, est arrêté par la Gestapo qui menace de fusiller son beau-frère Bourhis s'il quitte Brest. 

Le 3 septembre 1942, 3 transformateurs sautent à l'arsenal grâce à l'explosif fourni par le groupe FTP du Pont-de-Buis, composé des membres du groupe local du PCF. Ils feront eux-mêmes un sabotage important, celui du téléphérique qui dessert la poudrerie, le 5 septembre.

Peu après un groupe FTP de l'arsenal dirigé par François Joncour tente de provoquer un incendie à l'atelier de chaudronnerie et manque de peu de réussir. Albert Rannou et son groupe, Joseph Ropars, Albert Rolland, etc. tentent, eux, de faire sauter des bureaux allemands, 17 rue Jean Jaurès, et dont la vitrine affiche de grands portraits de dignitaires nazis, d'où son surnom de "Maison à Hitler"... mais le système de mise à feu ne fonctionne pas. Quelques jours plus tard le groupe a plus de chance en faisant sauter un pylône supportant une ligne de 120 000 volts. 

Le 16 septembre, Yvette Richard-Castel , solidement encadrée par des FTP, prend la parole, place de l'Harteloire dans le flot des ouvriers sortant de l'arsenal qui s'arrêtent pour écouter ses exhortations à refuser tout départ pour l'Allemagne. Car on veut déporter des ouvriers de l'arsenal, notamment, dit-on, à Hambourg. 

Les FTP à Brest en ce mois de septembre 1942 ne sont toujours composés que de communistes et de sympathisants très proches. J.L Primas et Pierre Corre mettent sur pied deux attentats, le premier contre le "Gasthaus", cercle pour officier allemands et "Maison de rendez-vous", un bordel fréquenté par les Allemands 93 rue Jean Jaurès, face à l'église Saint-Martin et qui avait déjà fait l'objet d'une tentative qui avorta en mai. La bombe est préparée au domicile tout proche d'Adolphe Le Roux et elle est déposée sur le rebord de la devanture principale par le groupe de Joseph Ropars, Adolphe Le Roux, Albert Rolland et J.P Le Rest. L'engin explose le 20 septembre à 0h30 quand à l'intérieur la soirée est des plus joyeuses. Les autorités allemandes vont nier contre toute vraisemblance qu'il y ait eu des victimes mais plusieurs ambulances sont nécessaires pour évacuer les corps qui gisent à l'intérieur. Il y eut peut-être 28 morts, Allemands et Françaises.

L'autre attentat (groupe Primas ou groupe Rannou?) a lieu au même moment et dans des conditions similaires contre l'hôtel abritant l'état-major de la Kriegsmarine. Il provoque aussi de gros dégâts et des pertes chez les Allemands, on parle de 12 officiers tués. 

Quelques jours plus tard un groupe de FTP abat un major-général allemand dans sa voiture au bord de la route entre Landerneau et Landivisiau. Nous n'avons pas eu d'autres précisions.

Les communistes constatent un glissement très net dans l'attitude de la population brestoise en faveur des actions les plus dures de la Résistance.

L'exécution du juge d'instruction Le Bras à Nantes, qui était connu à Brest pour y avoir procédé à des interrogatoires de résistants, notamment du groupe "Elie" suivie de près par l'attentat contre le brigadier G qui avait porté un faux témoignage contre Charles De Bortoli, responsable de son exécution, va entraîner une formidable activité policière dans toute la Bretagne. 

De juin à fin septembre 1942, on compte déjà 247 arrestations de communistes et de sympathisants très proches dans le seul département du Finistère. L'enquête est confiée à la SPAC (Section de Protection anticommuniste) et dure du 26 septembre 1942 à février 1943. Elle va porter des coups très durs à l'organisation communiste comme à ses FTP, notamment à Brest. Des policiers de la SPAC viennent à Brest, les policiers collaborateurs locaux leur remettent les rapports des enquêtes passées ou en cours. 

Le premier arrêté dans cette affaire est Raoul Derrien, alors qu'il vient retirer à la consigne de la gare son vélo que Primas lui renvoie après l'avoir utilisé lors d'opération dans le Morbihan, où l'engin a été repéré. A peu près à la même heure, Albert Rolland, adjoint de Pierre Corre, reçoit la visite de la police à son domicile. Il est arrêté tandis que Eugène Lafleur ("Charpentier") qui se trouve chez lui s'échappe pour être rattrapé peu de temps après par la meute des policiers et des gendarmes français qui ont investi les lieux. La police se présente au domicile de Jules Lesven, mais celui-ci a eu le temps de prendre la fuite. La police embarque sa femme, Mme Lesven, qui laisse dans l'appartement un enfant malade.  

Pendant ce temps là, à Quimper, 700 personnes, dont des notables, suivent le convoi funéraire d'André Quiniou, ancien trésorier régional des J.C., mort en prison des tortures endurées de la part de policiers, français surtout. Et une planque d'explosifs est faite au domicile de Joseph Ropars, 28, rue Richelieu.  

Dans la nuit du 1er au 2 octobre 1942, la police frappe un grand coup.  

Ils sont cette nuit-là 17 militants arrêtés répartis dans trois commissariats de la ville pour être plus tard regroupés dans une cellule du commissariat de Saint-Martin. Parmi les arrêtés, André Vadaine  qui a vu le matin Albert Rannou pour discuter d'une action projetée. 

Adolphe Le Roux, Louis Le Guen sont arrêtés. Pierre Le Corre, sur qui les policiers tirent, parvient à s'échapper. 

Les résistants communistes arrêtés sont conduits à Pontaniou. Les Allemands ont exigé que les "terroristes" soient amenés là. De là, ils sont transférés à la prison du Château, toujours à grand renfort de gendarmes. Une cinquantaine de résistants y sont détenus, communistes pour la plupart ou sympathisants très proches connus dans leurs activités militantes dans diverses organisations du Front Populaire. A la fin de ces opérations policières, le nombre total de détenus patriotes à la prison allemande du Château s'élèvera à 70 environ.

Beaucoup de ces détenus sont torturés par des policiers français. Certains abominablement tel Lafleur: pendu par les mains, il est frappé pendant cinq heures sans qu'il soit détaché une seule minute. Les policiers se relaient à la cravache en présence d'un commissaire qui encourage ses hommes. Les policiers menacent les résistants arrêtés de nuire à leurs proches, femmes et enfants. 

Joseph Ropars est arrêté dans sa "planque" de la rue de Verdun à Saint-Marc, par cinq policiers français. Albert Rolland et Albert Rannou à Saint-Marc, Louis Departout à Kerhuon sont aussi arrêtés. 

Le bilan de ces arrestations est très lourd, touchant des résistants très actifs:  

le 1er octobre 42: Albert Abalain, Marie Salou, Charles Bénard, Théo Drogou, François Joncour, Pierre Le Bec, Adolphe Le Roux, Yves Lesteven, etc. 

le 2 octobre: Yves Richard

le 3 octobre: Georges Abalain

le 4 octobre: Henri Moreau et sa femme Simone,

le 5 octobre: Armand Le Bihan. Et aussi Eugène Lafleur, Théo Salès, Yves Gourmelon, Raoul Derrien, André Vadaine, Albert Rannou, etc. 

Jean Kerautret et V. Guivarc'h sont fusillés à Morlaix le 14 octobre 1942.  

Ces arrestations massives vont gravement ralentir l'activité des FTP mais sans arriver totalement à l'éteindre. Le lundi 5 octobre, en pleine vague d'arrestations, J.L. Primas avec deux camarades, E. Rolland et J. Le Nédellec sauvent un dépôt d'armes de la Résistance. Un peu plus tard, une bombe fabriquée par Primas et déposée par Le Bail explose devant le siège de la Kommandantur. Elle avait été placée sur le rebord d'une fenêtre, rue d'Algésiras. Les autres organisations du PCF dans le Finistère sont durement touchées. Parmi celles qui ont eu des contacts avec Brest, citons: au Pont-de-Buis, Pierre Berthelot et son père, un invalide de la guerre 14-18, sont transférés en prison à Brest. A Quimper, le courageux cheminot Harré subit d'atroces tortures qui entraîneront sa mort le 13 octobre 1942, après huit jours de supplices. 

Le Parti Communiste réussit tout de même à organiser une grande manifestation devant l'arsenal contre le départ de 600 ouvriers vers Hambourg, avec Yvette Richard-Castel qui harangue la foule. Les ouvriers partent mais les wagons sont saccagés et une partie des ouvriers parvient à s'enfuir en route. Selon un rapport du préfet, 6 000 personnes participaient à cette manifestation, criant entre autres "A bas Pétain" et "Aux chiottes le vieux".

Un nouveau triangle de direction clandestine du PCF se met en place avec J.P Le Rest, Gabriel Paul, Jacob Mendrès.

Les arrestations sous l'égide de la SPAC vont se poursuivre jusqu'à fin novembre 1942. Sur les 127 personnes liés au Parti Communiste identifiés et poursuivis par la brigade anti-communiste, seuls 17 parviennent à échapper à la police.

Cela n'empêche pas les attentats FTP de se poursuivre: contre un train de permissionnaires allemands, contre des poteaux indicateurs allemands, le 19 novembre contre le Foyer de la Kriegsmarine. Le 30 novembre, une explosion retentit à 5h25 du matin contre des bureaux militaires allemands. 

Après l'échec d'une tentative d'évasion avec la complicité de Mme Poitou-Duplessis, présidente de la Croix-Rouge, qui fait parvenir des scies à métaux aux prisonniers, et de nombreux sévices infligés par les policiers, les résistants arrêtés en octobre et en novembre 42 sont envoyés à Rennes pour y être jugés, puis à Paris. 

En décembre 1942, Jean Le Nédellec, responsable départemental du Secours Populaire, est arrêté à son tour. Jean-Louis Primas et Jules Lesven sont contraints de quitter l'agglomération brestoise. Venise Gosnat, menacé d'arrestation, s'enfuit du Finistère par Morlaix et retrouve Robert Ballanger à Paris. 

La direction des FTPF à Brest est désormais assumée par Charles Vuillemin et Yves Giloux. 

Fin décembre, les FTP avec Charles Vuillemin, Louis Le Bail, J.P Le Rest, Yves Giloux, font exploser une bombe au cinéma "Eden" où beaucoup de soldats allemands se divertissaient. 

J.L Primas et Yves Giloux sont arrêtés à Nantes en janvier 1943. Jules Lesven et Pierre Corre sont arrêtés en mars, et fusillés, après avoir encore descendu un collaborateur en janvier 43 au Mans.

Eugène Kerbaul s'évade lui du camp de concentration de Voves en janvier 43. L'année 1943 va être marquée par un redoublement des activités résistantes, par un redoublement de la répression aussi. Ainsi, dans l'été 1943 les Allemands pensant terroriser les communistes vont extraire de plusieurs lieux de détention 19 communistes brestois pour les amener au Mont-Valérien où ils sont fusillés le 17 septembre. 

Voici la liste des résistants communistes brestois tombés en tout jusqu'en 1943: 

32 fusillés: Albert Abalain, Lucien Argouac'h, Alex Auvinet, André Berger, Pierre Corre, Marcel Cosquer, Charles De Bortoli, Louis Departout, Yves Giloux, Vincent Guivarc'h, Alfred Jouan, Jean Kerautret, Eugène Lafleur, Bernard Laurent, Louis Le Bail, Ernest Le Borgne,  Paul Le Gent, Louis Le Guen, Jean-Pierre Le Rest, Paul Lescop, Jules Lesven, Jean Loyen, Paul Monot, Henri Moreau, Jean-Louis Primas, Jean Quintric, Albert Rannou, Albert Rolland, Etienne Rolland, Joseph Ropars, Jean-Marie Teuroc, Charles Vuillemin

8 morts en déportation ou de la torture: Albert Cadiou, Georges Cadiou, Yves Gourmelen, Yvon Le Berre, Charles Le Bris, Jean Marc, Jean Masson, Ténénan Monot

7 tués en opérations dans les rangs des FTP: Marcel Boucher, Pierre Cariou, André Garrec, Jean-Pierre Gourlaouen, Georges Melou, Jean Nicolas, Guy Raoul. 

               

Synthèse à partir du travail d'Eugène Kerbaul, ancien résistant et membre du PCF à Brest, dans "Chronique d'une section communiste de province. Brest, janvier 1935-janvier 1943 - publié en 1992)" reprises par Ismaël Dupont

- 1er avril 2017 

Lire aussi, des articles du "Chiffon Rouge" en lien plus ou moins direct avec celui-ci: 

Albert Rannou: Lettres de prison d'un résistant communiste brestois né à Guimiliau fusillé le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien

Dernière lettre de Paul Monot, résistant brestois fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 avec Albert Rannou et 17 autres résistants brestois dont André Berger et Henri Moreau

Dernière lettre à sa femme de Jules Lesven, dirigeant de la résistance communiste brestoise, ouvrier et syndicaliste à l'Arsenal, fusillé le 1er juin 1943,

Lettre de Joseph Ropars, résistant communiste brestois, écrite à sa mère et à sa soeur le jour de son exécution le 17 septembre 1943 au Mont-Valérien

Lettre à ses parents de la prison de Rennes du résistant communiste brestois Albert Abalain, fusillé au Mont-Valérien le 17 septembre 1943 (fonds d'archives ANACR 29)

Communistes de Bretagne (1921-1945)      

La Résistance et les communistes à Concarneau (à partir des notes et archives de Pierre Le Rose)  

Les déportés morlaisiens dans les camps nazis pendant la seconde guerre mondiale

Persécutions et déportations des juifs du Finistère:"Sur les traces perdues d'une famille juive en Bretagne" par Marie-Noëlle Postic Coop Breizh, 2007)       

L'audience du Parti Communiste à la libération dans le Finistère

Le Front Populaire dans le Finistère: C'était 1936, le Front Populaire vu de Bretagne

Le mouvement breton du XIXe siècle jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale: une chronologie (par Ismaël Dupont)

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