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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:32
Pierre Laurent

Pierre Laurent

 

Pierre Laurent : « La France est un pays profondément marqué par l’idée révolutionnaire »
Pierre Laurent est Secrétaire national du Parti communiste français (PCF).

Propos recueillis par Louise Gaxie.

Que représente pour vous le mot révolution ?

À mon sens, le mot révolution représente deux choses en ce moment. D’abord, une époque. Nous vivons un temps de révolutions : dans le travail, dans la mondialisation, mais aussi la révolution numérique, la révolution démographique.

Ensuite, une nécessité : celle de révolutionner les rapports sociaux pour rendre à tous le pouvoir de décider ce que l’on peut faire de toutes ces révolutions pour servir un nouveau progrès humain et protéger la planète.

Cette révolution des rapports sociaux est en gestation dans les bouleversements en cours, mais elle ne se déduit pas de ces changements profonds. Une conscience politique de la nécessité de révolutionner les rapports sociaux est indispensable. Elle est à construire.

Quelle(s) expérience(s) révolutionnaire(s) vous paraît (paraissent) particulièrement riche(s) d’enseignements ?

Je reste profondément inspiré par la Révolution française qui est un moment d’accélération et de transformation fondamentale des rapports sociaux. Ce qui me frappe, c’est la longueur du processus. Il ne se réduit pas aux quelques années de la Révolution. Il se déploie du siècle des Lumières à l’avènement de la République, jusqu’à l’adoption de la loi sur la laïcité qui impose définitivement, dans les principes fondamentaux de la République, la devise française : Liberté, Égalité et Fraternité. La Révolution française nous dit une chose importante : la révolution est un processus historique de longue portée et pas seulement un moment d’accélération politique.

Mais il y a bien d’autres exemples à citer. 1848, la Commune, 1917, la longue marche en Chine…, sont des révolutions qui tentent de faire triompher l’appropriation sociale des travailleurs dans le monde capitaliste. Ce sont évidemment des expériences fondamentales. Si elles ont permis des changements majeurs, force est de constater qu’elles n’ont pas fait aboutir ce processus. Elles doivent nous inspirer aujourd’hui, à condition d’être conscients que nous avons à réinventer, dans les conditions du XXIe siècle, le processus nécessaire d’appropriation sociale des pouvoirs. À notre époque, il ne pourra se conduire qu’en intégrant pleinement, à toutes les échelles, le caractère fondamental de la démocratie et la dimension mondiale de ce combat.

Le concept de révolution est-il toujours actuel selon vous ?

Je crois qu’il y a une très grande actualité à l’idée de la révolution. Le XXIe siècle est le siècle qui, le premier, va se confronter, à l’échelle de la planète tout entière, à la question du post-capitalisme. Le système capitaliste s’est mondialisé et a acquis, à la fin du XXe siècle, une hégémonie politique provisoire après la disparition de l’Union soviétique. Mais l’on sent bien qu’il se montre de plus en plus incapable de répondre aux nombreux défis contemporains, qu’il s’agisse de la justice et de l’égalité dans la mondialisation, des enjeux écologiques, de la nécessité d’un usage collaboratif du numérique ou encore d’un travail où les salariés ne sont pas déqualifiés, mais de plus en plus formés grâce au progrès de l’éducation. Quels que soient ces défis, le système capitaliste mondialisé n’est plus capable de porter les promesses d’épanouissement et d’émancipation humaine qu’ils ont en eux. Le monde craque, il souffre. Il est entravé dans ses développements, par les logiques court-termistes de la rentabilité et par l’exacerbation de la concurrence alors qu’il faudrait développer la coopération et le partage. Ce système est profondément dépassé.

La révolution qui consistera à libérer la société de ces entraves est vraiment à l’ordre du jour du XXIe siècle. Cela ne veut pas dire qu’elle adviendra. Nous sommes probablement à une époque où, si ce bouleversement des rapports sociaux ne se produisait pas, nous pourrions au contraire aller vers un monde de plus en plus brutal, violent et inégalitaire, un monde où la domination des puissances multinationales risquerait de devenir extrêmement présente dans nos vies quotidiennes et dans le contrôle de nos libertés. Une révolution nouvelle des rapports sociaux est donc d’une actualité totale.

Comment pourrait-on révolutionner la société aujourd’hui ?

En poussant, dans la société, tous les mouvements d’émancipation qui sont déjà présents. Les évolutions du travail le poussent à devenir de plus en plus collaboratif si l’on veut bénéficier de manière intelligente de toutes les capacités productives nouvelles des travailleurs, de leur niveau de formation, de leur capacité d’intervention. Il faut donc promouvoir les usages collaboratifs et d’appropriation sociale du travail. Il faut faire reculer la confiscation grandissante de la création de richesses par des puissances économiques et politiques de plus en plus fortes. Ces puissances sont de plus en plus anachroniques. Elles conduisent à un monde aberrant : nous n’avons jamais eu autant de richesses pour résoudre les problèmes de l’humanité et, pourtant, les inégalités n’ont jamais été aussi vertigineuses. Nous devons faire reculer l’appropriation privée de plus en plus en spectaculairement confiscatoire des richesses créées par le travail au profit du plus grand nombre. C’est possible dans bien des domaines.

Nous vivons une époque où l’individualité s’affirme avec force. Elle peut prendre le chemin d’une mise en concurrence exacerbée des individus ou celle d’un potentiel très fort d’émancipation humaine, individuelle et collective. C’est très frappant pour moi avec la question des droits des femmes : la conquête d’une égalité pleine et entière des femmes et des hommes est probablement l’un des chemins les plus puissants de la révolution possible des rapports sociaux au XXIesiècle.

Faire la révolution aujourd’hui, c’est donc prendre conscience des immenses possibilités de libération des individus, des populations et pousser en avant tous les potentiels émancipateurs dans la société, dans le travail, dans l’affirmation des femmes et des hommes, dans le recul des processus de confiscation des richesses, dans la démocratie. La révolution du XXIe siècle s’annonce donc comme un processus de long terme qui se développera probablement de manière inégale et diverse à l’échelle de la planète, mais avec des dimensions internationalistes et mondiales de plus en plus fortes. En effet, quelle que soit la poussée révolutionnaire, émancipatrice ou démocratique, elle a besoin du soutien international pour tenir dans la durée. Sinon, les logiques de la mondialisation et la puissance de concentration du capital financier deviendraient des obstacles difficilement surmontables. Il y a également des sujets comme la question écologique, le féminisme ou encore la lutte contre le pouvoir des transnationales qui vont cristalliser une prise de conscience mondiale. C’est la conjugaison de tous ces mouvements et de notre capacité à leur donner du sens dans la durée qui fera ou non un processus révolutionnaire.

Quelle est la question non posée à laquelle vous auriez aimé répondre ?

Pourquoi l’idée de révolution reste-t-elle aussi forte en France ? Je crois que la France est un pays profondément marqué par cette idée, pas seulement à cause de la Révolution française. Sans en avoir suffisamment conscience, notre pays a poussé, à plusieurs moments de son histoire, des transformations de nature révolutionnaire. C’est le cas de la Sécurité sociale. Il s’agit d’un modèle d’appropriation sociale de la richesse créée par le travail profondément révolutionnaire. C’est pour cette raison que cette conception reste l’enjeu d’un affrontement capital/travail qui n’a, en vérité, jamais cessé depuis sa création. Il en va de même avec l’invention des congés payés par le Front populaire. L’idée d’un temps émancipé de l’aliénation du travail est une idée fondamentalement révolutionnaire.

Notre pays n’a donc cessé de travailler des idées révolutionnaires et les racines de cette tradition française sont profondes. Ce mot a d’ailleurs une connotation positive et ce n’est pas un hasard si Macron a appelé son livre Révolution. Sans vision ethnocentriste, je pense que les conditions existent pour que la France puisse jouer un rôle très important dans l’accélération des mouvements révolutionnaires du XXIe siècle.

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:27
Elle s'est éteinte le 12 novembre 1989: Dolorès Ibarruri, "la Pasionaria: une fleur du XXe siècle" (José Fort, L'Humanité spécial guerre d'Espagne, septembre 2006)
Elle s'est éteinte le 12 novembre 1989: Dolorès Ibarruri, "la Pasionaria: une fleur du XXe siècle" (José Fort, L'Humanité spécial guerre d'Espagne, septembre 2006)
Elle s'est éteinte le 12 novembre 1989: Dolorès Ibarruri, "la Pasionaria: une fleur du XXe siècle" (José Fort, L'Humanité spécial guerre d'Espagne, septembre 2006)
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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 07:12
Patrice Bessac, président de l'ANECR

Patrice Bessac, président de l'ANECR

Appel de l’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains aux maires de France

« Ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes »

 

Ces quatre dernières années, nos collectivités territoriales ont été soumises à rude épreuve.
Les dotations que l’État nous verse pour compenser les compétences que le législateur nous a transférées ont été diminuées de façon inédite dans l’Histoire de notre pays.
Entre 2015 et 2017, près de 11 milliards d’euros ont été ainsi soustraits arbitrairement et brutalement à l’ensemble de nos collectivités.
Contraints par la loi à l’équilibre de nos budgets et soucieux d’éviter à nos collectivités la mise sous tutelle étatique, nous – élus locaux – avons procédé, en responsabilité et en conscience, à des choix draconiens :
Réorganisation des services publics, reports de projets d’investissements, diminution des périmètres de nos politiques publiques, baisse de subventions, réduction de la masse salariale… nous avons actionné l’ensemble des leviers dont nous disposions comme maires avec le souci de maintenir un service public de qualité pour nos concitoyens.
Nous n’avons pas seulement participé au redressement des comptes publics. Nous en avons été les principaux acteurs.
En trois ans, de 2013 à 2016, la baisse du déficit de l’État est, pour 85 %, le fruit des efforts que les collectivités locales, dont nos communes, ont fourni.
Aujourd’hui, le Président de la République exige des élus locaux qu’ils réalisent dans les cinq années à venir, 13 nouveaux milliards d’euros d’économie.
En moins de 10 ans, ce seraient près de 25 milliards d’euros dont nos services publics locaux se verraient privés.
Ces annonces condamnent nos collectivités locales à une mort par asphyxie budgétaire.
Cette fois, pas de réduction brutale des baisses de dotations mais un tour de bonneteau qui fait reposer la promesse du maintien des dotations de l’Etat sur la capacité de nos collectivités à réduire elles-mêmes leurs dépenses de fonctionnement.
Moins de dépenses de fonctionnement, c’est inévitablement moins de services publics pour nos populations, moins de subventions pour nos associations, moins de culture, de santé, de sport et de vie sur nos territoires.
Nous, maires et élus des territoires de la République, refusons de nous faire hara-kiri et de faire payer à nos concitoyens les choix budgétaires du Gouvernement.
Le Président de la République appelle de ses vœux un « pacte girondin » entre l’État et les collectivités, glosant sur des libertés nouvelles auxquelles aucun d’entre nous ne pourra en réalité prétendre tant la contrainte budgétaire sera insupportable.
Les contrats proposés aux 319 principales collectivités locales de France s’apparente dès lors à une mise sous tutelle.
La seule liberté promise serait celle du contrat ; un contrat passé individuellement entre les collectivités et les préfets, lesquels, nous dit-on, disposeront d’un « pouvoir d’appréciation », porte ouverte sur tous les arbitraires et rupture de l’égalité républicaine entre nos territoires.
Nous – Maires de France – dénonçons un retour en arrière sans précédent sur les lois de décentralisation et une attaque en règle contre les libertés des communes, des départements et des régions qui depuis la loi du 2 mars 1982 avaient vu supprimé le contrôle administratif du représentant de l’État pour le remplacer par un contrôle juridictionnel et un contrôle budgétaire spécifique.
Les collectivités locales ne sont pas des services déconcentrés de l’État.
Conformément à l’article 72 de la Constitution, « elles s’administrent librement et bénéficient de ressources dont elles peuvent disposer librement ».
La situation nouvelle qui se dessine doit nous appeler à une immense vigilance, qui dans les fait, nous conduira à poser une Question prioritaire de constitutionnalité sur le projet présidentiel à l’endroit des collectivités territoriales.
Creusets démocratiques de notre République, nos communes ne peuvent pas être réduites à l’état de variables d’ajustement.
Nous avons été élus par nos concitoyens pour défendre et faire valoir leurs droits et les intérêts de leurs territoires et ceux, bien pensés, de la Nation.
Nous nous y attachons et continuerons à le faire tout au long de nos mandats.
Considérant que les contrats proposés contreviennent aux dispositions de la
Constitution sur la libre administration des collectivités locales,
Considérant qu’ils constituent une rupture dans l’Egalité entre nos territoires,
Considérant qu’ils menacent l’avenir de nos services publics locaux et, partant, de la cohésion de la République française,
En conséquence de quoi, Monsieur le Président de la République, nous ne signerons pas ces contrats en l’état.
Nous affirmons notre opposition résolue à toutes ces dispositions et notre volonté de protéger nos collectivités de la mise sous tutelle étatique et, nous vous demandons, de recevoir notre délégation avant la conférence des territoires qui se tiendra mi-décembre pour rouvrir un dialogue sur des bases plus justes et plus équitables avec nos territoires.

Le 10 novembre 2017

Appel de l'Association Nationales des Elus Communistes et Républicains aux maires de France: "Ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes" (10 novembre 2017)
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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:39
Alain et Eric Bocquet invités du PCF le 5 avril à Quimper pour parler de l'évasion fiscale et présenter l'enquête de leur livre "Sans Domicile Fisc" - ici avec Ismaël Dupont, secrétaire départemental, et Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCf de Quimper (une réunion un mercredi à 15h qui avait réuni plus de 110 personnes)

Alain et Eric Bocquet invités du PCF le 5 avril à Quimper pour parler de l'évasion fiscale et présenter l'enquête de leur livre "Sans Domicile Fisc" - ici avec Ismaël Dupont, secrétaire départemental, et Yvonne Rainero, secrétaire de la section PCf de Quimper (une réunion un mercredi à 15h qui avait réuni plus de 110 personnes)

Alain et Eric Bocquet

Alain et Eric Bocquet

Samedi 25 Novembre 2017 - 14h Fête de l'Humanité Bretagne Lanester 
Intervention citoyenne contre l'évasion fiscale avec les frères Bocquet, auteurs de 
Sans domicile fisc.
Un débat à ne pas manquer!

http://fetehumabretagne.fr/les-debats/

A lire aussi: 

Ce que les « Paradise Papers » nous ont appris
Éric Bocquet : « On est au-delà de l’immoralité »
ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRIC MARISSAL
MARDI, 7 NOVEMBRE, 2017
L'HUMANITE
 

Après les Paradise Papers et la fuite de plusieurs millions de documents, le sénateur PCF Éric Bocquet appelle à « établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux ».

Un nouveau chapitre de révélations sur l’évasion fiscale des riches, des puissants et des multinationales s’ouvre avec la fuite de plusieurs millions de documents compilés et analysés depuis un an par le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij). Fondé aux Bermudes, le cabinet Appleby, dont proviennent les documents, se veut une institution respectable. Ses pratiques ne sont pas illégales, assure-t-il dans un communiqué offusqué. Et la première salve de publications montre que, outre la reine d’Angleterre, des personnalités au cœur du pouvoir abusent de l’optimisation fiscale. Ainsi, 13 membres de la garde rapprochée de Trump, dont le ministre de l’Économie et le vice-président de la Banque centrale américaine, sont mouillés. Preuve s’il en est que l’évasion fiscale est au cœur du système libéral. Le sénateur PCF du Nord Éric Bocquet, coauteur du livre plus que jamais d’actualité Sans domicile fisc (éditions du Cherche Midi), éclaire ces dernières révélations.

Depuis le début des révélations, on tergiverse beaucoup sur le côté immoral mais légal de l’optimisation fiscale. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Éric Bocquet Il faut dépasser ce débat entre optimisation légale et évasion illégale. J’aime citer l’ancien chancelier de l’échiquier britannique Denis Healey qui disait que la différence entre les deux résidait dans l’épaisseur du mur de la prison. Si l’optimisation était légale, pourquoi tant d’opacité et d’ingénierie pour dissimuler ces pratiques ? Dès lors qu’on opacifie à dessein, qu’on met en difficulté les États et les services publics par les ressources budgétaires qui leur échappent, on est au-delà de l’immoralité, on est dans le scandale, l’indécence. Donc il n’y a pas de question à se poser, ces pratiques doivent être combattues et interdites.

Que sont ces cabinets d’avocats dont il est à nouveau question ?

Éric Bocquet Ce sont des rouages cruciaux dans la chaîne de la responsabilité collective de l’évasion fiscale. Il y a les banques, les multinationales, les milliardaires et au milieu, ces cabinets d’audit et de conseil proposent les schémas d’évasion fiscale à leurs clients. Les Panama Papers ont révélé les documents d’un seul cabinet, Mossack Fonseca, là il s’agit d’un autre, Appleby, mais il y en a des milliers à Singapour, à Londres, à Hong Kong… Dans une île comme Chypre, qui est membre de l’Union européenne, il y a 20 000 avocats fiscalistes.

Pourquoi en France forme-t-on encore ce genre d’avocats fiscalistes dans des universités publiques ?

Éric Bocquet C’est une vraie question. Éric Vernier, qui enseigne la finance à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), alerte sur la nécessité d’introduire de l’éthique dans ces formations. Dans ses propres cours, de plus en plus d’étudiants rêvent de devenir des genres de Jérôme Kerviel et de brasser des millions. La finance leur fait miroiter des gains faciles sans jamais parler d’intérêt général.

Ces scandales à répétition peuvent-ils changer les choses ?

Éric Bocquet On en est à un scandale par an. Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers… Aujourd’hui les Paradise Papers, et demain cela continuera. Tant qu’on ne s’attaquera pas en profondeur et dans la durée à ce système qui s’est installé lors de ces trois ou quatre dernières décennies. Il faut saluer le travail de l’investigation, des lanceurs d’alerte, des syndicats, des ONG comme Attac, Oxfam, le CCFD-Terre solidaire… Tous sensibilisent, se battent au quotidien et participent à créer un mouvement de fond qui pourra faire bouger les choses. Mais c’est le politique qui définit des règles. Enfin normalement, car aujourd’hui on voit des multinationales qui fixent leur propre taux d’impôt et vont le négocier avec les pays les plus accueillants… Et si on reproche à une banque française d’avoir des filiales aux Bermudes, elle répondra qu’elle est en conformité avec la réglementation française. Idem pour Monaco, Jersey ou Guernesey, qui sont pourtant aujourd’hui à nouveau mis en cause dans les Paradise Papers. Il faut donc commencer par établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux, une liste claire et de la transparence. On l’exige chez les parlementaires, et c’est bien normal, mais on ne la demande ni aux multinationales, ni aux banques, ni à ces cabinets d’avocats. Et il faut arrêter de dire que l’évasion fiscale est un dysfonctionnement de l’économie libérale, elle est au cœur du système. Henry Morgenthau, secrétaire d’État de Roosevelt dans les années 1930 aux États-Unis, disait que l’impôt était le prix à payer pour vivre dans un monde civilisé. Et les multinationales veulent la jungle.

Peut-on espérer une réponse politique ?

Éric Bocquet On est dans un contexte où le politique a capitulé, il y a eu tellement de complicités et de renonciations. La France s’honorerait d’incarner cette résistance, d’avoir un autre rôle. Mais non, Macron repousse les discussions sur la taxe Tobin à l’échelle européenne, fait la flat tax sur les revenus du capital… Ce gouvernement est au service de l’argent et, comme le précédent, il joue le jeu du dumping fiscal mondial. L’impôt sur les sociétés était à 33 %, il est passé à 28 et sera bientôt à 25 %. Anecdote éclairante : lors d’une audition à la commission des Finances du Sénat au mois de mai, les représentants de la finance et la directrice générale du Trésor de Bercy, autrement dit les banques et la République main dans la main, ont tenu le même discours : profitons du Brexit pour attirer les institutions financières. Les banques ont mis deux conditions : pas de taxes et une réforme de fond du Code du travail. Lorsqu’on dit que c’est la finance qui fait la politique des États, il n’y a qu’à voir les réformes récentes pour voir où nous en sommes… Le combat à mener est là. Reconquérir le pouvoir concédé à la finance. On le voit bien avec Emmanuel Macron, mais c’est encore plus vrai avec Donald Trump, dont les ministres, les conseillers, les financeurs sont impliqués dans le scandale. Voilà un président des États-Unis qui peut se vanter de ne pas avoir payé d’impôt fédéral depuis vingt ans sans que cela ne gêne outre mesure et qui, dans sa première administration, a employé 3 personnes de Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires du monde… On tue la politique à dessein, car on préfère gérer la société sans le peuple, et tant pis pour les taux record d’abstention aux élections. L’oligarchie, ce n’est pas une vue de l’esprit, ça existe.

Éric Bocquet, Sénateur PCF, est coauteur de Sans domicile fisc

Le vertige des chiffres

Dans le sillage du Monde, la presse avance que l’évasion fiscale représente 20 milliards d’euros par an en France, 120 pour l’Europe, 350 dans le monde. Or, « les évaluations réalisées par les deux commissions d’enquête parlementaire, l’une au Sénat et l’autre à l’Assemblée, estiment que l’évasion fiscale en France est comprise entre 60 à 80 milliards d’euros chaque année », explique le sénateur Éric Bocquet. À l’échelle mondiale, l’économiste Gabriel Zucman, dans la Richesse cachée des nations, estime que 8 % de la richesse serait stockée dans les paradis fiscaux, soit 5 000 milliards d’euros.

Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies
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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:07
Valère Staraselki, spécialiste d'Aragon, présent à Dialogues Morlaix le samedi 11 novembre à 10h30 pour une Rencontre et la présentation de son beau livre sur la Fête de l'Humanité et son histoire
La Fête de l'Humanité
Beaux livres
Offres
Valère Staraselski

Valère Staraselski

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 07:02
Sébastien Jumel, à gauche, avec Pierre Darhéville et Elsa Faucillon, trois députés communistes brillants et combatifs

Sébastien Jumel, à gauche, avec Pierre Darhéville et Elsa Faucillon, trois députés communistes brillants et combatifs

«Je ne veux pas faire de critique implicite, je ne suis pas là pour commenter tous les faits et gestes de Jean-Luc Mélenchon» mais «la mobilisation sociale ne se décrète pas», a dit le député de la Seine-Maritime lors de l’émission «Questions d’info» LCP-Le Monde-franceinfo-AFP.

«Les syndicats s’y essaient avec force, avec sérieux, avec esprit de responsabilité, il leur appartient de continuer à travailler aux convergences nécessaires à bâtir pour faire grandir la mobilisation. Et nous, notre responsabilité politique, c’est de donner de la perspective, de l’espoir, un prolongement alternatif au mouvement social. Souvent, le mouvement social a du mal à émerger lorsque l’alternative politique a du mal à émerger elle-même», a poursuivi l’ancien maire de Dieppe.

«Quand on a affaire à un gouvernement aussi brutal», «multipliant les humiliations de classe, il n’y a pas de place pour la polémique dans l’opposition (...) On a des relations de travail efficaces avec les parlementaires (LFI), avec François Ruffin, avec Clémentine Autain, avec l’ensemble des parlementaires», a relevé M. Jumel.

«J’ai dit à Jean-Luc Mélenchon avec le sourire que j’étais trop insoumis pour être +Insoumis+. Je suis né dans un berceau de l’anarcho-syndicalisme, indiscipliné chez les communistes et trop insoumis pour être +Insoumis+», a expliqué l’élu.

«Les journalistes, et je ne les stigmatise pas en disant ça, ont considéré qu’il y avait une opposition à Macron. Non, il y a des oppositions, elles ont vocation à s’additionner, à multiplier leurs forces», selon lui.

«J’entends et je comprends que LFI va avoir un débat interne» sur la laïcité, a-t-il par ailleurs noté. «Pour ce qui nous concerne, les communistes, cette question est tranchée depuis longtemps: nous considérons qu’il y a vocation à ne stigmatiser aucune religion» et «que les religions soient dans la sphère privée ».

Quant à Benoît Hamon, «l’appel du Texas, c’est quand même pas l’appel du général De Gaulle à Londres», a ironisé M. Jumel en réféfrence à son appel depuis Austin (Etats-Unis) à une «alliance internationale» des «progressistes». «Benoît Hamon peine à crédibiliser son mouvement».

Libération, 9 novembre 2017

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:55
A Marseille, la Gauche Unie Européenne se réunit pour un forum des alternatives ces vendredi 10 et samedi 11 septembre: cette manifestation européenne de rencontre des gauches anti-libérales se terminera par un grand concert de soutien aux migrants aujourd'hui

400 participants et 100 partis représentés au forum européen de Marseille, organisé par le PCF, pour tracer des perspectives de convergence en Europe.

A Marseille, un Forum des gauches européennes pour mesurer "l'urgence de se rassembler" 

Marseille accueille vendredi et samedi un Forum européen à l'initiative du Parti de la gauche européenne, l'occasion pour les 400 participants de 30 pays attendus de travailler à "rassembler les forces de gauche dans leur très grande diversité", espère le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

Côté français, si des membres du PCF, du Parti de Gauche, d'EELV, du PS ou du mouvement de Benoît Hamon sont attendus, aucun membre de La France Insoumise ne devrait prendre part au rassemblement --même si le chef de file du mouvement et député des Bouches-du-Rhône Jean-Luc Mélenchon est lui-même présent à Marseille ce week-end.

Évoquant la volonté de "faire face à la fuite en avant libérale" à l’œuvre selon lui en Europe et de "résister à la montée des extrêmes droites", Pierre Laurent a assuré que "tous ceux qui dans la gauche française [partageaient] cet objectif [étaient] les bienvenus, Jean-Luc Mélenchon évidemment le premier".

"Le défi de rassembler les forces de gauche est en réalité un défi qui existe dans l'ensemble de l'Europe. Il y a beaucoup de forces de gauche en Europe mais elles sont aujourd'hui à nos yeux trop dispersées. Face à l'urgence de la menace des droites et des extrêmes droites en Europe, nous avons le devoir de nous rassembler", a poursuivi M. Laurent lors d'un point presse.

"Si le Forum de Marseille peut aider les gauches françaises à reprendre au plus vite le travail de leur convergence et de leur unité, j'en serais le premier heureux", a-t-il ajouté.

"Il faut retrouver le sens du progrès social. L'Europe a été construite soi-disant pour faire une zone de prospérité, de développement social. On sait aujourd'hui que c'est l'inverse: L'Europe connaît de très graves inégalités, des précarités et des chômages massifs, et des politiques de déréglementation sociale, comme les ordonnances Macron en France qui détruisent les droits sociaux", a encore ajouté Pierre Laurent.

"Nous voulons un autre mode de développement pour l'Europe, qui soit un mode de développement social et écologique", a-t-il aussi poursuivi, annonçant également des manifestations organisées en soutien avec les migrants, sur le Vieux-Port de Marseille et dans l'enceinte même du Forum, avec un concert.

Le Forum, qui devrait être le premier d'une série de rassemblements organisés annuellement, sur le modèle du Forum de Sao Paulo en Amérique latine et dans les Caraïbes, rassemblera quelque 400 participants --membres de partis politiques, d'associations ou de syndicats.

#MEF17

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:30
photo Le Télégramme

photo Le Télégramme

9 h 49. Le TGV passe en gare de Morlaix mais ne s'arrête pas. Une erreur, selon des cheminots CGT qui étaient rassemblés hier matin, sur le quai, afin d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur une situation que les militants jugent « ubuesque ». 

C'est à l'initiative du syndicat des cheminots et de l'Union locale CGT qu'un rassemblement a eu lieu, hier matin, sur le quai de la gare, afin de dénoncer « une situation ubuesque ». En parallèle de la distribution d'un journal « 24 pages », qui balaye les grands enjeux du rail, de la situation des TER à la tarification, de la sous-traitance à la suppression de lignes ou de dessertes, les militants voulaient attirer l'attention des pouvoirs publics à l'occasion du passage du TGV Paris-Brest, « qui passe à 9 h 49, mais ne s'arrête pas » en gare de Morlaix.

« Plus de train entre 8 h 36 et 11 h 06 »


Jean-Yvon Ollivier et Loïc Le Gall, responsables des cheminots CGT, expliquent : « Le pays de Morlaix et la nouvelle gare ne bénéficient pas de la nouvelle ligne TGV. C'est le seul cas sur la ligne Nord-Bretagne. C'est un comble, après les investissements qui ont été réalisés ici ! ». Ils ajoutent : « Le train qui a quitté Montparnasse à 7 h ne s'arrête plus à Morlaix ; il n'y a donc plus de train entre 8 h 36 et 11 h 06. C'est dommage, car cela fait de fait une correspondance vers Brest en moins ! ». « Quelle importance cela a-t-il pour les voyageurs en provenance de la capitale ou de Rennes d'arriver deux à trois minutes plus tard à Brest ? », interrogent de leur côté les Morlaisiens. Et les responsables des cheminots CGT d'ajouter : « Pour l'économie locale, il nous semble important de pouvoir arriver à Morlaix avant 11 h 06 ». Nota : Le fameux train est passé hier matin devant eux avec 19 minutes de retard !
 

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:00
manifestation contre CETA à Brest au printemps 2016

manifestation contre CETA à Brest au printemps 2016

Le 18 novembre, journée de mobilisation sur tout le territoire!
      
Le CETA, "conçu à l'écart du processus démocratique" selon Emmanuel Macron, présente des risques importants pour des aspects essentiels de nos vies. Le CETA est entré en application provisoire le 21 septembre dernier, mais il n'est pas trop tard pour le stopper car il n'a pas été ratifié en France. Ratifié, il ouvrirait grand la porte à de nombreux traités similaires.
 
Le vendredi/17 à 20 H30 : conférence de Frederic Viale sur les conséquences du CETA  au Cheval Blanc Plourin les Morlaix
 
Le samedi 18 à 11  H manifestation à Morlaix place des otages (devant la mairie) 
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10 novembre 2017 5 10 /11 /novembre /2017 20:04
photo Pierre-Yvon Boisnard: intervention de Claude Bonnard pour la défense du monde associatif

photo Pierre-Yvon Boisnard: intervention de Claude Bonnard pour la défense du monde associatif

photo Pierre-Yvon Boisnard

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communiqué d'appel à cette mobilisation du 10 novembre 2017 à Morlaix pour la défense du monde associatif mis à rude épreuve par la politique de Macron, l'austérité et la suppression des emplois aidés

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  • : Le chiffon rouge - PCF Morlaix/Montroulez
  • : Favoriser l'expression des idées de transformation sociale du parti communiste. Entretenir la mémoire des débats et des luttes de la gauche sociale. Communiquer avec les habitants de la région de Morlaix.
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