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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 07:01

Les Etats généraux du progrès social organisés le 3 février par le Parti communiste français ont constitué un rendez-vous national important dans la riposte à la politique d'Emmanuel Macron, un lieu de convergence de militant·e·s politiques, syndicaux et associatifs, de citoyen·ne·s engagés dans des luttes et des projets qui portent l'ambition d'un nouveau progrès social pour la France. Plus de 1000 personnes ont participé à ce rendez-vous.

Ces Etats Généraux se sont organisés autour de 4 thèmes : Travail et Emploi ; Industrie ; Logement ; Services Publics et Protection Sociale.

 

Le logement : un droit humain fondamental

Pour un service public du logement - Défendre le logement social – Faire baisser le coût du logement.

Introduction à la table ronde Logement aux États généraux du progrès social

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 10:03
ll y a aujourd'hui 28 ans, après 27 ans 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, Nelson Mandela était libéré. Ici avec Joe Slovo président du Parti communiste sud-africain (SACP) et Winnie Mandela (photo Page Facebook de Philippe Bouvier) ​​​​

ll y a aujourd'hui 28 ans, après 27 ans 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, Nelson Mandela était libéré. Ici avec Joe Slovo président du Parti communiste sud-africain (SACP) et Winnie Mandela (photo Page Facebook de Philippe Bouvier) ​​​​

Mandela et Castro

Mandela et Castro

11 février 1990 : Libération de Nelson Mandéla
Il y a vingt sept ans, Nelson Mandela, le leader du Congrès national africain (ANC), symbole de la lutte contre le pouvoir ségrégationniste blanc, sortait enfin libre du bagne de Robben Island. 
Le 15 octobre 1989, sept compagnons de Nelson Mandela emprisonnés avec lui dans le sinistre bagne de Robben Island, au large de la ville du Cap, sont libérés par le pouvoir de l'apartheid. « Je savais que je n'aurai plus longtemps à attendre'», écrit Mandela dans son autobiographie, Un long chemin vers la liberté. De fait, le 11 février 1990, il y a vingt ans jour pour jour, le leader du Congrès national africain (ANC), symbole de la lutte contre le pouvoir ségrégationniste blanc, sort de sa prison.

Une libération fêtée dans le monde entier par tous ceux qui se sont mobilisés depuis des années parce que c'est la première grande victoire contre ce régime honni, soutenu presque jusqu'au bout par les «démocraties occidentales».

Lui dont on ne connaissait que quelques photos réalisées dans les années cinquante, alors qu'il n'avait que la quarantaine, stupéfait le monde entier, ému, avec sa chevelure grisonnante. Mais avec le recul, ce qui a sans doute le plus surpris lorsqu'on l'a vu avec, à ses côtés, celle qui était encore son épouse, Winnie, c'est la dignité de cet homme que le pouvoir blanc ne voulait pas seulement faire plier: il voulait le briser. Il n'y parviendra pas. En avril 1964, déjà emprisonné (il a été arrêté le 5 août 1962), devant ses juges qui le condamneront à la perpétuité,

Mandela déclare : « J'ai combattu la domination blanche, j'ai combattu la domination noire. J'ai chéri l'idée d'une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. C'est un idéal pour lequel j'espère vivre et atteindre. Mais s'il en était besoin, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Nelson Mandela est décédé le 5 décembre 2013.

Robert Clément

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 10:00
Le comité de grève de 1924, avec au centre, au premier rang, le maire de Douarnenez, Daniel Le Flanchec. Photo DR

Le comité de grève de 1924, avec au centre, au premier rang, le maire de Douarnenez, Daniel Le Flanchec. Photo DR

Anarchiste issu d’une famille catholique, fondateur du Parti communiste dans le Finistère avant de s’en faire exclure, ancien marin, tatoué et borgne, Daniel Le Flanchec a été maire de Douarnenez pendant quinze ans. Si ce personnage controversé est tombé dans l’oubli, il fut pourtant l’un des hommes politiques bretons les plus marquants de l’entre-deux-guerres.

« Daniel Le Flanchec sent le soufre, écrit Jean-Michel Le Boulanger, dès la première phrase de la biographie qu’il consacre à l’ancien maire de Douarnenez. Il laisse en cette ville des souvenirs tellement contrastés qu’ils en deviennent suspects. Héros pour certains, salopard pour d’autres, l’évocation de son nom soulève, trop souvent, des silences gênés ». 

Il reste, en effet, peu de traces aujourd’hui de ce personnage atypique. Né le 2 juillet 1881, à Trédrez, près de Lannion dans les Côtes-du-Nord, Daniel Le Flanchec est le fils d’un menuisier et d’une mère fileuse. Ses parents sont très croyants, son père occupe même le poste de sacristain dans la paroisse de Landerneau, où le couple et ses neuf enfants déménagent quelques mois après sa naissance.

 La mort n’épargne pas la famille catholique : Daniel perd quatre de ses frères et sœurs, ainsi que son père alors qu’il n’a que huit ans. Profondément marqué, il s’éloigne peu à peu de son éducation catholique. Après l’obtention de son certificat d’études, il devient apprenti charpentier et s’enrôle dans la Marine en 1899. À 18 ans, le voilà engagé volontaire pour cinq ans : il embarque sur les navires militaires et vogue vers la mer de Chine, pour participer à la guerre des Boxeurs.

Naissance d’un anarchiste

Entre deux campagnes, il fréquente les bistrots de la rue de Siam à Brest, où il perçoit l’effervescence de nouvelles idées socialistes et anarchistes. Il assiste même à un meeting du député du Tarn, un certain Jean Jaurès. Se forgeant une conscience politique, il est de plus en plus réfractaire à l’ordre militaire, et termine son engagement au mitard pour insubordination. 

 

Rendu à la vie civile, le corps marqué par de nombreux tatouages, dont le symbole, sur chaque main, signifiant « mort aux vaches », il se marie en 1904 avec la fille d’un cheminot normand. Le couple s’installe à Brest en 1907, date à laquelle Daniel Le Flanchec perd un œil, dans des circonstances inconnues. Employé de mairie, le Breton est considéré comme un agitateur et un révolutionnaire par les services de la Sûreté. Il participe, en effet, à de nombreuses manifestations politiques où il fait entendre sa voix gouailleuse. Il écrit aussi dans des revues anarchistes et prend le parti de la bande à Bonnot, un groupe de braqueurs anarchistes qui défraie la chronique au début des années 1910.

Fondateur du PCF dans le Finistère 

Durant la Première Guerre mondiale, Le Flanchec est réformé, du fait de son œil crevé. Profondément antimilitariste, il devient militant socialiste et défend la révolution bolchévique. En 1919, à 39 ans, il divorce et se remarie avec une jeune veuve. Un an plus tard, le militant parcourt le Léon pour appeler à l’adhésion du Parti socialiste à la Troisième Internationale et le brillant orateur, capable de transcender le public, se fait peu à peu un nom. Il est d’ailleurs présent au congrès de Tours, en décembre 1920, qui voit la scission des socialistes et la naissance du Parti communiste français. 

Daniel Le Flanchec devient même le secrétaire fédéral du PCF pour le Finistère, et se présente aux élections. Il est élu maire de Douarnenez en 1924, à l’âge de 43 ans. La fin de cette année-là est marquée par les grandes grèves dans les usines de conserves. Les ouvriers, qui vivent dans la misère, dénoncent des salaires trop bas. Le conflit s’envenime et de multiples manifestations sont organisées. Le nouveau maire y participe, il est un soutien indéfectible des sardinières et fait parler du conflit jusqu’à Paris, où des souscriptions sont organisées en faveur des grévistes. Le Flanchec devient l’un des personnages incontournables du mouvement ; il accueille de nombreux députés venus soutenir la cause des ouvriers douarnenistes.

Le héros du peuple 

Début janvier 1925, alors que le combat est sur le point d’être gagné, un « Jaune » à la solde des patrons d’usines tire sur Le Flanchec. Touché à la gorge, il s’en sort miraculeusement, ce qui renforce encore sa popularité. Il devient le héros des classes opprimées, et des chansons à sa gloire fleurissent dans les ports finistériens et dans tout l’Hexagone. Après cet épisode, Le Flanchec prend à cœur son rôle de maire. Finie la contestation, il devient gestionnaire et lance une politique de grands travaux à Douarnenez. Il fait construire de nombreux logements pour les sans-abri, développe le pavage des rues et l’éclairage public, dote la ville d’une nouvelle mairie et d’une salle des fêtes et lance le chantier d’agrandissement du port. Un programme qui plaît à ses administrés, qui le rééliront largement trois fois de suite, entre 1924 et 1940.

 

Une fin tragique

Adulé par les siens, Daniel Le Flanchec commence à déranger les instances nationales du PCF (Parti communiste français). Dès 1930, il en est exclu temporairement. Certains de ses «camarades» dénoncent son clientélisme auprès des marins-pêcheurs et son affairisme. Pire, il n’applique pas à la lettre la politique du parti, ce qui fait grincer des dents à Paris. Mais c’est sa vie privée qui gène le plus. Depuis quelques mois, le maire de Douarnenez fréquente une comtesse, peu de temps après la mort de sa seconde épouse. La belle dame, brestoise d’origine, ex-religieuse et veuve du comte Morice du Lérain, est propriétaire d’un établissement de repos à Roscoff. Le couple détonne dans les rues de Douarnenez, et la femme a une forte influence sur son amant. 

En 1936, alors que les idées du Front Populaire gagnent l’Hexagone, Le Flanchec autorise la tenue d’un meeting du PSF, un parti d’extrême droite ! Le Breton ne cache pas non plus son amitié avec un autre paria du Parti communiste: Jacques Doriot, ce qui entraîne son exclusion définitive en 1937. Des élections municipales anticipées sont organisées, auxquelles il se présente avec le soutien de la droite, ce qui ne l’empêche pas d’être réélu une nouvelle fois. En 1940, alors que l’armée allemande envahit la Bretagne, il refuse, par bravade, d’enlever le drapeau français du toit de l’hôtel de ville, un acte qui entraîne sa destitution, le 29 juin 1940. Contrairement à Doriot, qui se fourvoie dans la collaboration, Le Flanchec supporte mal l’occupation. En décembre 1941, il insulte des soldats allemands, croisés dans un bar. L’accident aurait pu en rester là si sa compagne n’avait pas tout fait pour l’éliminer: lassée de son Dany, celle-ci cherche à s’en débarrasser en le dénonçant pour détention d’arme. Il est arrêté et condamné à deux ans de prison, avant d’être déporté à Buchenwald en tant que militant communiste. Il y meurt le 11 mars 1944, d’une pneumonie. 

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 09:41

L'une a fêté son 17e anniversaire en prison pour avoir giflé le soldat israélien qui avait défiguré son cousin et sera jugée ce 13 février. L'autre est un jeune avocat Franco-Palestinien arrêté au lendemain de l'obtention de son diplôme d'avocat.
Pierre Barbancey,  grand reporter de l'Humanité, analyse dans notre interview la situation de 7 000 prisonniers palestiniens et 350 enfants (de moins de 18 ans). Devant l'absence de résultats des luttes précédentes, armées comme diplomatiques, cette jeunesse palestinienne penche pour un combat démocratique et pacifique, ce qui semble faire peur à l’État  d’Israël... Réalisation : Abrahim Saravaki    

Sur la chaîne: 
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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 09:26
Fernand Yveton

Fernand Yveton

On oublie pas : Au petit matin du 11 février 1957, Fernand Iveton est guillotiné, exécuté à la prison Barberousse à Alger, en même temps que les deux autres patriotes algériens Mohamed Ounnouri et Ahmed Lakhnache.

"Fernand Iveton est né à Alger le 12 juin 1926. Il a un peu plus de trente ans quand il est guillotiné le 11 février 1957 à la prison de Barberousse d’Alger.

Le père, Pascal, enfant recueilli par l’Assistance Publique avait reçu le nom patronymique d’Iveton. Pascal vécut dans un quartier populaire d’Alger, le Clos Salembier (aujourd’hui El Madania). Communiste et syndicaliste, Pascal Iveton fut révoqué sous le régime de Vichy de son emploi à Électricité et Gaz d’Algérie (EG.A.).

Fernand, son fils, suivit son exemple en devenant employé de l’usine à gaz d’El-Hamma au Ruisseau. En 1943, il adhère à la section de la Redoute (un quartier proche du Clos Salembier) des jeunesses communistes. Il milite aux côtés d’Henri Maillot et Ahmed Akkache au sein de cette section. Quand L’Union de la Jeunesse Communiste Algérienne est dissoute pour faire place à l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne qui rassemblera dans ses rangs des jeunes communistes et nationalistes et d’autres patriotes, Fernand Iveton rejoindra le cercle de la redoute de l’UJDA. Il militera également au sein des syndicats d’Algérie affiliés à la CGT de France (Confédération Générale du Travail) puis à l’UGSA (Union Générale des Syndicats Algériens) organisation syndicale algérienne qui demeurera affiliée à la CGT. Il sera désigné par les travailleurs de l’usine à gaz du Hamma comme délégué syndical.

En 1953, il épouse Hélène Ksiazek, une Polonaise émigrée en France, qu’il connut lors de l’un de ses séjours en région Parisienne. Son épouse le rejoint et ils s’installeront au Clos Salembier.

En juin 1955 il s’intègre dans les groupes armés des Combattants de la Libération au côté de Abdelkader Guerroudj, Félix Collosi, Mohamed Hachelaf, Yahia Briki, Georges Accampora et d’autres camarades communistes.

Après l’Accord FLN-PCA les Combattants de la Libération sont intégrés dans l’ALN-FLN, il fera partie du commando du Grand Alger. Après avoir participé à plusieurs actions (sabotages de wagons sur le port, incendie des Bouchonneries Internationales) il sera chargé de placer une bombe à l’usine à gaz du Hamma. Elle est déposée le 14 novembre 1956. Mais tout prouve qu’il a pris toutes ses précautions pour que la bombe ne cause que des dommages matériels. À ce propos Pierre Vidal-Naquet écrit dans sa préface à l’ouvrage de jean Luc-Einaudi « Pour l’exemple. L’affaire Fernand Iveton. Enquête » ce qui suit : « Iveton ne voulait pas d’une explosion-meurtre. Il voulait une explosion témoignage. »

Dans son ouvrage « Des douars et des Prisons » Jacqueline Guerroudj qui lui a apporté la bombe fabriquée par Abderahmane Taleb et Daniel Timsit raconte qu’elle était chargée de lui donner deux bombes. Le 25 novembre 1956, onze jours seulement après son arrestation il est passé devant le tribunal. « Dans une atmosphère de pogrom » est-il écrit dans « La guerre d’Algérie » tome 2, page 364 (ouvrage sous la direction d’Henri Alleg).

Il est condamné à mort au cours d’une parodie de procès « dans un prétoire où montaient des cris de haine et de mort ».

Le ministre français de la Justice de l’époque, François Mitterrand, et le président de la République Française refuseront de le gracier après la demande introduite par ses avocats. Le 11 février 1957 au petit matin il sera guillotiné en même temps que deux autres patriotes algériens. « Fernand Iveton, Mohammed Ouennouri et Ahmed Lakhnèche marchent courageusement au supplice. Les 3 hommes s’embrassent et clament « Vive l’Algérie libre ! » au pied de la guillotine tandis que, de la prison tout entière, s’élève un grand cri de solidarité, de colère, d’espérance. Les détenus politiques pleurent, entonnent des chants patriotiques, ébranlent de leurs poings les portes des cellules. »

Dans sa dernière lettre à son avocat Joe Nordmann, Iveton déclare : « Pour moi, seuls la lutte de notre peuple et l’appui désintéressé du peuple Français sont les gages de notre libération. » William Sportisse

(Lu sur la page Facebook de Philippe Bouvier)

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 06:56

 

Frédéric Boccara (Economiste) intervient sur l'enjeu de la finance aux "Etats Généraux du Progès Social".

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 06:55

 

Ancien secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT), Bernard Thibault est administrateur du Bureau international du Travail.

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 06:53

 

Grand témoin des « Etats Généraux du Progrès Social », Florent Gueguen de la Fédération des acteurs de la solidarité intervient sur l'enjeu d'un accueil digne des migrants

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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 09:25
IRLANDE DU NORD - GERRY ADAMS, L'HOMME DE PAIX, PASSE LE RELAIS (L’HUMANITE DIMANCHE – JEUDI 8 FEVRIER 2018 – FRANCIS WURTZ)

Une page de l'histoire du Sinn Féin se tourne. Le 10 février, Mary Lou McDonald devrait succéder à Gerry Adams à la tête du parti de gauche irlandais. Prison, attentats, combat pour la paix, durant trentecinq années, le dirigeant a relevé de nombreux défis pour hisser ce parti au rang de seule force politique présente en Irlande du Nord et en République d'Irlande. Gerry Adams laisse surtout un acte fort, l'« accord du vendredi saint » signé le 10 avril 1998. Cet accord a mis fin à un conflit de trente ans (3 500 morts) auquel se livraient les républicains défendant l'unité entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande et les unionistes qui prônent le rattachement à la Couronne britannique. Mary Lou McDonald ­ et le Sinn Féin avec elle ­ devra relever le défi d'une possible arrivée au pouvoir.

Il y a peu de dirigeants politiques en Europe qui peuvent se targuer d'avoir autant marqué l'histoire contemporaine de leur pays que Gerry Adams, le président du parti de gauche irlandais Sinn Féin depuis trente-cinq ans. Il était donc logique de s'arrêter sur son parcours exceptionnel alors qu'il s'apprête à passer le relais, le 10 février. Ce jour-là, le congrès de la formation républicaine élira une nouvelle dirigeante. Le choix annoncé sera en soi un symbole du rayonnement que Gerry Adams aura grandement contribué à assurer à son parti. Il devrait, en effet, se porter sur l'actuelle vice-présidente du parti, une femme de 48 ans, originaire, non plus d'Irlande du Nord, comme l'étaient traditionnellement la plupart des responsables du Sinn Féin, mais de la République d'Irlande elle-même. La promotion de Mary Lou McDonald, hier déjà première parlementaire européenne de son parti (en 2004), aujourd'hui (depuis 2011) députée au Parlement de Dublin, illustrera ainsi à elle seule l'une des réussites les plus importantes de l'action de Gerry Adams : faire du Sinn Féin un acteur politique de premier plan dans toute l'Irlande et crédibiliser, par là même, toujours plus, l'objectif stratégique central de son parti qui est la réunification du pays.

 

Un peu d'histoire

Un petit rappel historique s’impose à ce propos : lors de la création du nouvel État libre d’Irlande, en 1922, les unionistes, descendants des colons anglais et écossais, majoritaires dans la région du nord du pays, avaient décidé de rattacher « leur » province à la Grande-Bretagne. Depuis, Londres considère cette partie de l’Irlande comme l’une des quatre « nations » constitutives du Royaume-Uni. Dès lors, les républicains d’Irlande du Nord, favorables au retour de la province dans la nation irlandaise, engagèrent le combat que l’on sait – y compris, par la voie militaire avec l’IRA, opposée à la Royal Ulster Constabulary – contre les forces d’occupation. Le Sinn Féin fut longtemps présenté comme la « vitrine politique » de l’IRA, et Gerry Adams comme un membre clandestin de l’IRA, ce que l’intéressé a toujours démenti.

C'est, au contraire, dans son action inlassable pour que soit définitivement tournée la page de la lutte armée au profit de la seule lutte politique que Gerry Adams a acquis sa stature de leader incontournable, tant en Irlande même que, progressivement, vis-à-vis des dirigeants britanniques successifs. Et les succès enregistrés sur cette voie sont spectaculaires.

 

Sans faille

L'étape clé de ce défi historique fut, on le sait, le fameux accord du vendredi saint du 10 avril 1998, par lequel unionistes et républicains d'Irlande du Nord ouvrirent la voie à une cogestion de la province dans des institutions spécifiques (Conseil des ministres et Assemblée propres à l'Irlande du Nord) et à la création d'instances de coopération entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord. En outre, Londres et Dublin s'engagèrent à reconnaître la double citoyenneté ­ irlandaise et britannique ­ aux habitants de l'Irlande du Nord. Cet accord fut massivement approuvé tant par les citoyens de l'Irlande du Nord que par ceux de la République d'Irlande. Encore fallait-il s'assurer, côté républicain, du respect durable de la décision arrachée deux ans auparavant à l'IRA de renoncer à la lutte armée et, dans le même temps, arriver à gérer tant bien que mal la cohabitation plus qu'atypique avec les chefs unionistes, souvent ultras et anciens ennemis jurés. Or, si cette expérience ne fut évidemment pas exempte de crises (comme c'est le cas en ce moment même), elle aura permis d'instaurer la paix dans la province et de déplacer le conflit sur le seul terrain acceptable en démocratie : celui de la politique.

 « Nous allons modifier le paysage politique du tout au tout, déclara Gerry Adams. Nous allons réussir. » Depuis lors, en effet, lui qui avait subi la sinistre prison de Long Kesh ­ sans jugement ­, qui fut victime de deux attentats qui ont failli lui coûter la vie ; lui, dont même la voix fut bannie de la radio britannique par Margaret Thatcher, fit preuve d'une détermination sans faille pour parvenir à cette métamorphose. Aussi, lorsque, quatre mois à peine après ce fameux « vendredi saint », un groupe dissident de l'IRA, opposé au processus de paix, fit exploser une bombe tuant 29 personnes, il se montra d'une fermeté implacable dans la condamnation de ce crime. Gerry Adams est aujourd'hui reconnu comme un homme de paix.

 

Mutation

Ces vingt années furent naturellement semées d'embûches. Plus d'une fois, en Irlande du Nord, de vieux démons de l'ex-IRA surgirent à nouveau, aussitôt exploités par les irréductibles adversaires du Sinn Féin. Mais jamais Gerry Adams n'a renoncé devant l'obstacle :

« Nous avons perdu l'initiative ; il faut vite la reprendre ! » m'avait-il expliqué un jour, avec sa calme assurance. En République d'Irlande, les coups reçus ne sont pas moindres. C'est que, sous la conduite de son emblématique leader, le Sinn Féin est devenu un authentique parti de gauche, proche du peuple et investi dans toutes les grandes questions sociales : « Ce qui inquiète les partis traditionnels, c'est que le Sinn Féin a réussi à capter l'électorat ouvrier et populaire au détriment des partis centristes, ce qui introduit une logique de classe dans la politique irlandaise », notait fort justement, à la veille des dernières élections générales dans la République d'Irlande, il y a tout juste deux ans, un éminent universitaire de Dublin (1).

De fait, le Sinn Féin est aujourd'hui un acteur majeur de la gauche irlandaise et européenne. « Il y a vingt ans, nous n'avions qu'un député. Aujourd'hui, nous en avons 23 en Irlande et 27 en Irlande du Nord », rappelait Gerry Adams, en annonçant son prochain départ. De fait, le Sinn Féin, seul parti présent dans les deux parties du pays, est la deuxième force politique en Irlande du Nord et la troisième en République d'Irlande. Ses parlementaires européens siègent au groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE). « L'idéologie du républicanisme irlandais trouve ses racines dans la Révolution française : liberté, égalité, fraternité ! » déclarait Declan Kearney, un élu de l'Assemblée d'Irlande du Nord, lors d'une récente rencontre avec Pierre Laurent au siège du PCF.

Le Brexit constitue le dernier défi majeur auquel se sera attelé le président du Sinn Féin : plutôt que de le subir (puisque la future frontière extérieure de l'UE risque en principe de couper l'Irlande en deux !), il a, là encore, choisi l'offensive en soulignant que la réunification des deux Irlandes était la vraie solution au problème. « Le Sinn Féin fera campagne pour la tenue d'un référendum et pour la victoire dans les cinq prochaines années ! »

(1) Aidan regan, professeur à l'University College of dublin (« la Tribune » du 22 février 2016).

 

Gerry Adams

Gerry Adams

IRLANDE DU NORD - GERRY ADAMS, L'HOMME DE PAIX, PASSE LE RELAIS (L’HUMANITE DIMANCHE – JEUDI 8 FEVRIER 2018 – FRANCIS WURTZ)
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10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 09:23

Les Etats généraux du progrès social organisés le 3 février par le Parti communiste français ont constitué un rendez-vous national important dans la riposte à la politique d'Emmanuel Macron, un lieu de convergence de militant·e·s politiques, syndicaux et associatifs, de citoyen·ne·s engagés dans des luttes et des projets qui portent l'ambition d'un nouveau progrès social pour la France. Plus de 1000 personnes ont participé à ce rendez-vous.

Ces Etats Généraux se sont organisés autour de 4 thèmes : Travail et Emploi ; Industrie ; Logement ; Services Publics et Protection Sociale.

 

Le thème sur l'Industrie était intitulé "Pas de progrès social sans industrie (Riposter à la casse de l’industrie – Quel renouveau industriel pour la France ? – Comment répondre à l’enjeu de la sécurité industrielle ?)" 

 

 

 

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