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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 07:45
Pierre Seghers (1906-1987)

Pierre Seghers (1906-1987)

 

La gloire

Mon beau dragon Mon lance-flammes

Mon tueur Mon bel assassin

Ma jolie brute pour ces dames

Mon amour Mon trancheur de seins

Mon pointeur Mon incendiaire

En auras-tu assez brûlé

Des hommes-torches et violé

Des jeunes filles impubères

 

Broyeur de morts lanceur de feu

Rôtisseur de petits villages

Mon bel envoyé du Bon Dieu

Mon archange Mon enfant sage

Bardé de cuir casqué de fer

Fusilleur Honneur de la race

Que rien ne repousse où tu passes

Mon soldat Mon fils de l’enfer

 

Va dans tes bêtes mécaniques

Ecraser ceux qui sont chez eux

Va de l’Equateur aux Tropiques

Arracher le bonheur des yeux

Va mon fils va tu civilises

Et puis meurs comme à Epinal

Sur une terre jaune et grise

Où nul ne te voulait de mal

 

Deux poèmes inédits

Editions La Presse à Bras, 1952

 

Éditeur des poètes, Pierre Seghers (1906-1987) est le fondateur de la Maison de la Poésie, dont il fut le premier directeur, de 1983 à sa mort en 1987. Il créa en 1944 la célèbre collection «  Poètes d'aujourd'hui » qui rendit la poésie accessible au plus grand nombre. Résistant de la première heure, il eut un rôle actif dans le combat que menèrent poètes et gens de plumes contre l'occupant, avec sa célèbre revue Poètes casqués (P.C.) puis Poésie (40, 41, 42, 43). Il est l'auteur de l'anthologie de poèmes de la Résistance La Résistance et ses poètes. Il fut proche de Louis Aragon, qu'il hébergea avec Elsa Triolet pendant l'occupation dans sa maison de Villeneuve d'Avignon, de Paul Eluard, Robert Desnos, René Char.

Seghers adhère brièvement au parti communiste à la Libération.

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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 07:27
Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran
Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran
Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran
 
"Alice Sportisse (qui dirige à la libération l'Union des Femmes Algériennes avec Lise Oculi) était une très belle femme, mais son visage était marqué par la maladie qui l'avait frappée dans sa jeunesse (la tuberculose je crois) et par la vie rude qui avait été la sienne alors qu'elle avait été, durant la Guerre d'Espagne, l'une des assistantes de Dolorès Ibarruri, la Passionaria (combattante communiste pendant la Guerre d'Espagne et pour la République, autrice du célèbre "No pasaran"). Ayant été élue députée d'Oran, elle s'était ensuite installée à Paris où elle avait rencontré un universitaire exilé avec lequel elle avait une fille handicapée dont elle devait s'occuper exclusivement." (Lucette Larribère Hadj Ali, Itinéraire d'une militante algérienne).
Alice a eu pour premier mari Lucien Sportisse, dirigeant communiste algérien d'origine juive expulsé avant guerre au moment du Front Populaire et qui sera tué par la Gestapo et la milice à Lyon à la fin de la guerre dans la Résistance. En 36, Lucien et son épouse, Alice Cremades, se sont séparés.
William Sportisse précise dans ses mémoires, "Le Camp des Oliviers" qu'Alice Cremades est une "militante importante du PCA à Oran, élue au Comité central aux côtés de Lucien en 1936" et qu'elle était allée à Paris puis en Espagne organiser la solidarité concrète avec le peuple espagnol contre le franquisme. Alice gardera le nom de Sportisse quand elle militera au PCF et au PCA clandestin pendant la seconde guerre mondiale et qu'elle sera élue conseillère générale d'Alger-Bab al Oued (1945-1951) et députée communiste d'Oran (1945-1951). En décembre 1954, c'est elle qui intervient à l'Assemblée Nationale pour dénoncer la politique du tout répressif conduite par Mitterrand et Mendès-France après le 1er novembre 1954 et exiger des réformes politiques et sociales en Algérie qui prennent en compte le fait national algérien et l'aspiration à la liberté du peuple algérien.
 
Elle est députée communiste d'Oran de 1945 à 1955. 
Elle dénonça la répression en Tunisie et au Maroc, et la proclamation de l’état d’urgence en Algérie. Le report des élections législatives du 2 janvier 1956 en Algérie, lui enleva la faculté de se représenter à la députation.
Après l'indépendance algérienne, elle s'établit en France, à Valence d'Agen, et reste membre du parti communiste français jusqu'à sa mort à 86 ans à Agen. 
 
A lire:

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale et les travaux pionniers de Pierre-Jean-Le Foll-Luciani - par Malika Rahal) 

D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

Histoires d'Algérie: Djamila Boupacha, militante FLN défendue par Gisèle Halimi et dont Picasso fit une icône de la lutte des Algériens

Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)

Histoires d'Algérie: Colette Grégoire dite Anna Greki, poétesse, communiste, militante de l'indépendance: l'amour et la rage au coeur

Histoires d'Algérie - Fernand Iveton: militant communiste algérien décapité pour l'exemple en février 1957

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Histoires d'Algérie - La militante du PCA Gaby Gimenez, arrêtée et torturée par Vichy puis pendant la guerre d'Algérie

 
 
Alger Républicain - Intervention de la députée communiste Alice Sportisse contre la répression dans les Aurès après le 1er novembre 1954

Alger Républicain - Intervention de la députée communiste Alice Sportisse contre la répression dans les Aurès après le 1er novembre 1954

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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 07:10
Gabrielle Gimenez

Gabrielle Gimenez

Histoires d’Algérie. 

Gaby Gimenez est une militante communiste algérienne, combattante pour l'indépendance de l'Algérie et contre le fascisme. Ce fut la seule femme non française du comité central du PCA pendant la seconde guerre mondiale.

Ses parents sont nés à Oran et ses grands-parents, paysans pauvres, sont arrivés en Algérie d'Andalousie et d'Almeria en 1900. Elle naît à Oran en 1920. Son père avait combattu dans l’armée française durant la Première Guerre Mondiale notamment dans la Bataille des Dardanelles et l'expédition de Salonique, puis c'est devenu un cheminot cégétiste. 

Gabrielle s'engage en 1936 à la Jeunesse communiste dès ses 16 ans et participe à Oran aux combats de rue contre les bandes fascistes armées menées par le maire d'Oran de l'époque l'Abbé Lambert. 

En 1940 elle participe clandestinement à l'aventure de " La Lutte sociale" avec les anciens des brigades internationales et futurs combattants de l'indépendance algérienne Maurice Laban et Georges Raffini. Ils défendent déjà l'idéal d'une Algérie indépendante. 

Arrêtée à Alger au milieu de l’année 1941, elle est mise nue et torturée par le commissaire français Achiary, emprisonnée à la prison Barberousse puis condamnée aux travaux forcés.  Elle est libérée en février-mars 1943, quelques mois après le débarquement allié de novembre 1942.

Après le démantèlement à l'été 1956 du maquis communiste des combattants de la libération elle continue à organiser des secours et des collectes de médicaments avec son mari Roger Benichou et ils seront arrêtés et torturés par l'armée française. 

Sa situation est citée dans un éditorial du journal communiste L'Humanité le 25 septembre 1956 par Léon Feix: « N’est-il pas révoltant que Gaby Gimenez, ancien conseiller général d’Oran, condamnée aux travaux forcés sous Vichy, ait été victime de procédés pires que ceux dont elle a eu à souffrir cruellement en 1941 ». Elle est condamnée par le tribunal militaire d’Oran le 25 juillet 1957 à vingt ans de travaux forcés ramenés à quinze ans par un nouveau jugement en janvier 1958, après que les avocats aient pu faire valoir un vice de forme. Elle rejoint les condamnées femmes à la prison de El Harrach avant d’être transférée à Paris à la prison des femmes de la Petite Roquette à Paris parmi les prisonniers de droits communs

Emprisonnée à la prison de Maison Carrée puis à la petite roquette à Paris avec des droits communs, elle obtient l'aide de la philosophe Simone Weil, notamment pour être regroupée avec d'autres prisonnières politiques algériennes combattantes de l'indépendance à la prison de Rennes. 

Ses parents sont menacés par l'OAS, sa sœur est blessée dans un attentat de l'OAS et après les accords d'Évian elle va être libérée et obtient la nationalité algérienne. 

Lucette Larribère Hadj Ali témoigne dans ses mémoires, Itinéraire d'une militante algérienne (2011, Editions du Tell) à propos d'elle: 

"mes camarades m'avaient souvent parlé d'elle, du courage qu'elle avait déployé dans l'action clandestine. Et j'attendais avec impatience de la rencontrer. Militante communiste dès son adolescence, elle avait en effet activement participé, dans la clandestinité, au combat anti-fasciste que menait alors le PCA sous le gouvernement de Vichy. Elle avait à peine seize ans quand elle avait été chargée de transporter d'Oran à Alger une valise de documents et de tracts. Arrivée dans le nuit à Alger, elle n'avait pu déposer son fardeau chez le camarade indiqué, celui-ci, pris de peur, quant refusé de l'accueillir. Elle avait donc repris sa valise et à pied, tard dans la nuit, avait gagné le domicile d'un autre militant, à El Harrach. Arrêtée, elle avait été torturée et condamnée aux travaux forcés à perpétuité. A sa libération, elle avait été élue au conseil cantonal d'Oran. Mais atteinte de tuberculose, elle fut envoyée en France par le Parti pour être soignée et elle n'était revenue qu'en 1951. Sa vie durant, Gaby milita activement dans le Parti et à l'union des femmes, avec toujours une extrême modestie. Nous nous rencontrions souvent quand je me rendais à Oran ou quand elle venait à Alger pour des réunions du comité central du Parti ou celles de l'union des femmes. Elle logeait alors chez moi et jusque tard dans la nuit, nous échangions nos points de vue sur les problèmes en cours. Une solide amitié nous a étroitement liées. Pendant la guerre d'indépendance elle sera à nouveau arrêtée, torturée, puis condamnée à 20 ans, puis à 15 ans de prison. Plus tard, quand s'abattit sur nous la chape noire de l'islamisme intégriste, menacée, elle dut partir se réfugier en France auprès de ses deux garçons".

 

lire aussi: 

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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 07:05
André Chassaigne, « un monument de l’Assemblée et un militant » (Aurelien Soucheyre - L'Humanité, 15 mars 2025)
André Chassaigne, « un monument de l’Assemblée et un militant »

Figure centrale du PCF et de l’Assemblée nationale, le chef de file des députés communistes a été élu vendredi 14 mars maire-adjoint, à Saint-Amand-Roche-Savine, dans son Puy-de-Dôme natal. Il prévoit de rendre fin mars son mandat parlementaire. Portrait d’un combattant de l’intérêt général.

André Chassaigne, « un monument de l’Assemblée et un militant » (Aurelien Soucheyre - L'Humanité, 15 mars 2025)
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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 07:02
Ouest-France, 13 mars 2025.

Ouest-France, 13 mars 2025.

Morlaix Wavel - AJPF - Un salon artisanal pour financer l'accueil des Palestiniens ce dimanche 16 mars à Plourin-les-Morlaix de 10h à 18h (article Ouest-France, 13 mars 2025)
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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 06:58
Hommage à Missak et Mélinée Manouchian le 22 mars, 11h à Brest, pour le dévoilement de la plaque de la rue rebaptisée du nom des résistants communistes arméniens de la FTP-MOI entrés au Panthéon

Hommage à Mélinée et Missak Manouchian

Nous vous invitons au dévoilement de la plaque en hommage à Mélinée et Missak Manouchian, figures emblématiques de la Résistance.

 Samedi 22 mars
 À partir de 11h
15, rue Coat ar Gueven


Missak Manouchian, chef du groupe des FTP-MOI, et son épouse Mélinée, résistante et survivante, incarnent le combat pour la liberté et la justice. Leur engagement ne doit jamais être oublié.

Venez nombreux leur rendre hommage !

 

Le mardi 25 mars, la section communiste de Brest organisera une conférence d'éducation populaire à 18h 6 rue Berger à Brest avec l'historien de la Résistance Gildas Priol sur la résistance communiste à Brest et dans le Finistère. 

Venez nombreux!

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14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 06:45
Mort de Jean-François Téaldi, un journaliste combattant - Pierre Barbancey, L'Humanité, 12 mars 2025

Notre confrère, qui travaillait à France 3 Côte d’Azur avant de prendre sa retraite, nous a quittés. Il était un professionnel exigeant, défenseur du service public de l’audiovisuel, militant communiste et syndical. Ses obsèques auront lieu mercredi 19 mars à 16 heures au crématorium de Cannes.

Pierre Barbancey, L'Humanité, 12 mars 2025

Jean-François Téaldi nous a quittés après un long et douloureux combat contre la maladie, le seul peut-être qu’il a jamais perdu. Il venait d’avoir 73 ans. Combattant, c’est sans doute le mot qui le désigne le mieux, entièrement. Depuis très jeune jusqu’à son dernier soupir. Il y a quelques jours encore, il postait des messages sur les réseaux sociaux pour mettre en avant une émission avec Fabien Roussel, un rendez-vous de la section du PCF de Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, ou un commentaire sur l’actualité internationale.

Jef, comme tous ses amis l’appelaient, avait le journalisme chevillé au corps. Lui le fils de prolo, le gamin qui a grandi dans un quartier populaire de Cannes, savait ce qu’était la ségrégation sociale. C’est à la faculté des lettres de Nice qu’il adhère à l’Union des étudiants communistes (UEC), puis au PCF. Côté syndical, il s’engage à l’Unef dite Renouveau.

Journaliste, syndicaliste, communiste

Mais peut-être faut-il chercher dans son amour de la vérité et des petites gens son choix professionnel. Chercher, interroger, comprendre, tel était son mantra. En 1977, il devient pigiste pour le quotidien Nice-Matin et à l’antenne locale de FR3. Le passionné de foot qu’il était saute sur les multiplexes de France Inter. Il devient, en 1982, journaliste spécialisé à FR3 Méditerranée puis présentateur du JT à FR3 Côte d’Azur. Il animait également une émission culturelle particulièrement remarquée où, pour une fois, les plasticiens pouvaient parler à un large public. Ce qui ne l’empêchait pas de multiplier les reportages à l’étranger au Liban, en Afrique du Sud (avec Ernest Pignon-Ernest parti remettre à Nelson Mandela les œuvres des artistes contre l’apartheid), en Afrique du Nord, au Japon…

Ce métier, qu’il a aimé passionnément, il l’assumait totalement, y compris en restant attaché à sa station locale. Être journaliste, c’était être citoyen. Un citoyen avec des engagements politiques et syndicaux, membre du Comité national du PCF de 2008 à 2016 et secrétaire général du SNJ-CGT à France Télévisions et pour l’ensemble de l’audiovisuel public et privé, de 2002 à 2012. C’est d’ailleurs le titre de l’ouvrage qu’il a publié en 2017 au titre répulsif pour certains mais que beaucoup devraient méditer. Journaliste, syndicaliste, communiste. Trente-sept ans d’un combat dans l’audiovisuel public (éditions Tirésias-Michel Reynaud). Un ouvrage qui, pour ceux qui ne connaissaient pas Jef, permet de découvrir toutes les facettes de sa personnalité.

C’est le regretté Marcel Trillat, autre grand défenseur du service public de l’audiovisuel et communiste dans l’âme, qui a réalisé cet important entretien. « La mémoire de Jean-François Téaldi fourmille d’anecdotes (…) : il n’a pas toujours été facile d’être communiste, dans une télévision publique longtemps contrôlée par le pouvoir politique », écrivait l’ancien PDG de France Télévisions Hervé Bourges dans la préface. Il sera d’ailleurs « débarqué » de son poste de rédacteur en chef de FR3 Nice sans raison valable. Son rôle leader dans les grèves de France Télévisions n’y est évidemment pour rien !

 

Le 15 mars 2017, Jean-François Téaldi confiait à notre collègue Caroline Constant, dans une interview publiée dans l’Humanité : « Le mythe de la neutralité ou de l’objectivité a toujours existé. Je l’ai toujours réfuté. Y compris dans les écoles de journalisme où j’ai enseigné. » Il fallait le voir dans ses émissions face à Jacques Médecin, Jean-Marie Le Pen, Christian Estrosi ou Bernard Tapie, les poussant dans leurs retranchements, dévoilant leurs contradictions, ne cédant jamais avant d’obtenir une réponse, malgré les invectives. « Je sais bien que vous voudriez que mes idées aient la couleur de votre veste », lui a même lancé l’ancien député FN, Jacques Peyrat, qui allait devenir maire de Nice après avoir décollé son étiquette.

Avec Jef, c’est un camarade, un ami et un frère qui nous quitte. Nous avons en tête mille anecdotes, de rires, d’engueulades, de désaccords politiques (rarement), de bons moments passés à la Fête de l’Huma, au Village du monde et au stand des Amis avec Trillat, Pignon-Ernest et bien d’autres encore. Et à Nice, bien sûr, aux deux rendez-vous annuels du PCF, la fête du Château et celle de l’hebdomadaire « Le Patriote Côte d’Azur ». Sans parler des échappées dans de petites échoppes inconnues des touristes dans la vieille ville.

« Chez moi, il n’y avait ni livres, ni télévision, ni voiture. Ma culture politique et culturelle, je la tiens du Parti communiste. Ça me structure et ça me structurera jusqu’à ma mort », confiait-il à l’Huma, son journal, qu’il lisait chaque jour, y compris dans les derniers moments. A luta continua, Jef, comme disait Miriam Makeba dans cette chanson que tu aimais tant. À Marie-France, son épouse, nous disons notre peine.

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14 mars 2025 5 14 /03 /mars /2025 06:44
Manifestation des retraités le 20 mars à Pontivy - communiqué de la fédération PCF du Finistère

Communiqué de la Fédération du PCF du Finistère

Manifestation des retraités le 20 mars à Pontivy

La fédération du PCF du Finistère appelle les retraité.e.s et retraitables à se mobiliser jeudi 20 mars et à participer à la manifestation régionale à l'appel de neuf organisations syndicales et associations de retraités.

La situation sociale des retraité-e-s se dégrade fortement depuis plusieurs décennies en raison du travail de sape mené par les gouvernements successifs. La pauvreté se développe et se posent les questions de santé, de logement, d’accès aux soins et aux services publics. Une opposition systématique est entretenue entre jeunes et retraité-e-s, retraité-e-s et salarié-e-s et même entre retraité-e-s car il y aurait des retraité-e-s aisé-e-s avec une pension mensuelle de 2000 €.
Nous constatons également que depuis des mois, les retraité-e-s sont accusé-e-s de tous les maux, responsables d’une grande partie de la dette du pays et du prétendu « déficit de la Sécurité sociale».
Cela revient à oublier rapidement les milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales accordées aux entreprises, ainsi que les aides publiques massivement versées à ces mêmes entreprises, sans aucune contrepartie en termes d’emploi, de formation professionnelle ou de revalorisation des salaires.
Rappelons que 60% des retraité-e-s perçoivent une pension inférieure au SMIC, 31% des retraité-e-s reçoivent moins de 1 000 € par mois;
Nous ne devons qu’au vote de la motion de censure que les pensions aient été enfin revalorisées de 2.2% au 1er janvier, mais les retraités sont sous la menace de la suppression des 10% d’abattement pour le calcul de nos impôts et de l’alignement du taux de CSG sur celui des actif·ves

Une réforme pour une bonne retraite est possible et nécessaire

Les communistes appellent à agir pour l’augmentation immédiate de 10 % de toutes les pensions et pour une loi pour rétablissant  la retraite à 60 ans à taux plein avec une pension à 75 % du revenu net d’activité

Des déplacements en car sont prévus , inscrivez vous auprès des Unions locales des syndicats

À Brest : départ à 8 h de la Maison du Peuple, 2, place Edouard-Mazé, passages au Géant (arrêt de bus Villeneuve), puis Leclerc Plougastel-Daoulas, passage à Châteaulin – Le Pouillot à 8 h 45.

À Morlaix : départ à 8 h 40, arrêt de bus Carrefour Saint-Martin-des-Champs, passage à Huelgoat 9 h 10, zone de covoiturage de Menez-Braz et Carhaix, maison des syndicats, à 9 h 35.

À Quimper : départ du parking Penvillers à 9 h. Inscriptions/contact : usrcgt29@orange.fr ; tél. 02 98 44 37 55.

Manifestation des retraités le 20 mars à Pontivy - communiqué de la fédération PCF du Finistère
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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:15
Après plusieurs bains de sang dans la région alaouite, le nouveau régime syrien sur un fil - Mazhen al Gazali, L'Humanité, 10 mars 2025
« Les autorités ne parviennent pas à endiguer la violence » : après plusieurs bains de sang dans la région alaouite, le nouveau régime syrien sur un fil

Depuis le 7 mars, une violence sans précédent s’est abattue sur les provinces de l’ouest du pays, où se concentre l’essentiel de la communauté alaouite. Les victimes se compteraient par milliers.

Mazen al Ghazali

Homs (Syrie), correspondance particulière.

Les images macabres ont fait le tour du monde : des hommes armés massacrant des civils jusque dans leurs maisons, des piles de corps devant des femmes hurlant au désespoir, des combattants à visage découvert frappant des civils à terre avant de les abattre froidement. Un déchaînement de violence que tout le monde redoutait et qui a fini par avoir lieu.

Le jeudi 6 mars au soir, des rebelles opposés au nouveau gouvernement syrien avaient pourtant frappé les premiers. Au cours d’une attaque surprise sur des positions de forces de sécurité proches de la base russe de Hmeimim, dans la province de Lattaquié, seize soldats loyalistes trouvaient la mort avant qu’une série d’actions coordonnées n’embrase une grande partie de la côte syrienne.

Le spectre d’une vague d’épuration ethnique

Emmenée par Muqdad Fatiha, ancien homme fort du régime baasiste connu pour ses nombreux crimes de guerre, la Brigade de défense de la côte (Liwa Deraa al Sahel), frappe alors les forces de sécurité du gouvernement de transition tout en appelant à un soulèvement général en Syrie.

Rapidement dépassées par l’ampleur de cette attaque, les autorités syriennes font aussitôt appel à des renforts pour repousser les rebelles. Des milliers de combattants accourent de tout le pays. Prélude au drame, les combats font au moins deux cents victimes militaires, dont une majorité dans les rangs des forces gouvernementales.

 

Si les combattants de Hayat Tahrir al-Cham (HTC), que dirige le président intérimaire Ahmed Al Charaa sont généralement disciplinés, c’est loin d’être le cas de nombre d’autres milices syriennes. Une fois les rebelles repoussés vers le maquis, des images de massacres se succèdent.

Ivres du désir de vengeance, des hommes armés s’adonnent depuis lors aux pires exactions sur la côte, selon des témoignages que nous avons pu recueillir. Sur le littoral, les zones les plus touchées sont situées dans et aux alentours des villes de Lattaquié, Jableh et Baniyas, une région désormais inaccessible aux journalistes indépendants.

Sur les réseaux sociaux, des combattants se filment mettant à mort par dizaines des hommes désarmés et plus rarement des femmes et des enfants. Désemparée, la population fuit où elle peut. « On est terrorisés, on ne sait pas où aller. Qu’ils nous dépouillent de tous nos biens, mais qu’ils nous laissent vivre, par pitié ! » s’écrie dans un état de grande détresse Abou Zaid, originaire du village d’Ain Shqaq, près de Lattaquié.

Sa famille et lui-même se cachent dans des oliveraies depuis deux jours ; ils observent le va-et-vient de soldats sur les routes au rythme de coups de feu incessants alors que brûlent de nombreux villages de la montagne. « On ne sait pas qui sont ces soldats. Il faut que les forces régulières du gouvernement viennent nous protéger, il nous faut de l’aide et vite, nous n’avons rien à manger », ajoute-t-il, terrorisé.

Abou Zaid décrit des scènes de carnage dans les villages de la côte où des soldats non identifiés et lourdement armés vont de maison en maison pour abattre tous les Alaouites qu’ils croisent, n’oubliant pas au passage de piller leurs biens.

Totalement dépassé par les événements, le gouvernement syrien de transition n’a pas anticipé ce déchaînement de violence sectaire pourtant latent depuis des semaines. Les franges les plus radicales des milices syriennes sont en effet composées de nombreux combattants qui ont fait étalage d’une rhétorique anti-alaouite décomplexée depuis la chute du régime de Bachar Al Assad.

Complicité d’inaction

Si des massacres d’une telle ampleur n’avaient encore jamais eu lieu, c’est parce qu’aucun prétexte sécuritaire n’avait pu le justifier. Pourtant, les meurtres et les exactions contre les Alaouites sont monnaie courante, surtout dans les provinces de Hama et de Homs, où ils sont minoritaires, contrairement aux régions côtières.

De manière quotidienne, des enlèvements, des meurtres, des vols et des expropriations ont eu lieu ces derniers mois dans l’indifférence quasi générale des autorités locales, plus soucieuses d’entraver le travail des journalistes que d’enquêter sur cette criminalité systémique.

Depuis les événements de la côte, des crimes ont d’ailleurs également eu lieu dans la province de Hama et Homs, où des familles entières ont été massacrées, notamment à Thuwaym et Mahrousseh où des dizaines de victimes, dont des enfants, sont à déplorer.

Dans le village de Salhab, le cheikh Chaabane Mansour, un dignitaire religieux nonagénaire et philanthrope a été enlevé puis retrouvé assassiné au bord d’un chemin. « Son fils a lui aussi été tué dans des circonstances similaires », explique Bilal, un habitant de Salhab contacté par téléphone.

Dans ces régions comme sur la côte, les Alaouites vivent dans la terreur. « Les villages sont les plus vulnérables. Les forces du gouvernement central n’y sont que rarement déployées et des milices indépendantes radicales peuvent frapper à tout moment, déplore Nibal. Mais quoi qu’il arrive, les autorités ne parviennent pas à endiguer la violence. »

La majorité des crimes sont aujourd’hui imputés à des milices radicales comme la brigade Hamza ou la division Sultan Mourad, toutes deux parrainées par la Turquie et accusées de sérieux crimes de guerre depuis des années. Cependant des témoignages de membres de HTC incriminent également les troupes du président intérimaire.

En attendant que justice soit faite, le bain de sang se poursuit dans de nombreux villages isolés du djebel alaouite sans que la communauté internationale n’ait encore pris conscience de l’étendue de l’horreur que connaissent à nouveau les Syriens. Dans un communiqué déconcertant, la porte-parole de l’Union européenne aux affaires de sécurité dénonce ainsi les crimes… des forces loyales au régime baasiste.

Stop aux massacres de masse des alaouites en Syrie !
Publié le 09 mars 2025

Le Parti Communiste Français exprime sa profonde indignation et sa vive condamnation face aux massacres de masse perpétrés contre les communautés alaouites en Syrie depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024. Ces crimes et exactions survenus notamment dans les régions côtières du pays, ont entraîné la mort de centaines de civils innocents. Ils ont été menés par des unités des forces de sécurité du pouvoir en place à Damas dominé par le mouvement islamiste HTC et ses alliés.

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), rapportent qu'au moins 750 civils ont été tués entre le 6 et le 8 mars 2025 lors de 29 massacres distincts. Ces atrocités ont été commises principalement dans les gouvernorats de Lattaquié, Tartous et Homs, des régions à forte population alaouite.

En outre, nous ne pouvons exclure la possibilité que des armes françaises aient été utilisées dans ces atrocités. Il est donc essentiel de mener des investigations approfondies pour déterminer l'origine des armements employés et, le cas échéant, établir les responsabilités dans leur transfert et leur utilisation.

Le Parti Communiste Français appelle la communauté internationale à réagir fermement face à ces crimes odieux pour y mettre un terme. Il est impératif que des enquêtes indépendantes soient menées pour identifier et traduire en justice les responsables de ces massacres. Nous exhortons également le gouvernement français et l'Union européenne à prendre des mesures concrètes pour protéger les minorités en Syrie et assurer leur sécurité.

Paris, le 9 mars 2025

Parti communiste français.

Après plusieurs bains de sang dans la région alaouite, le nouveau régime syrien sur un fil - Mazhen al Gazali, L'Humanité, 10 mars 2025
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11 mars 2025 2 11 /03 /mars /2025 06:09
"Tout ça pour ça": le spleen d'André Chassaigne avant de rendre son écharpe de député (Huffington Post)
Un grand monsieur de la politique. Merci André Chassaigne
 
POLITIQUE - Après vingt-trois ans passés sur les bancs de l’Assemblée nationale, André Chassaigne s’apprête à tirer sa révérence. Dans les prochains jours, le président du groupe GDR rangera son écharpe de député au placard, lui préférant celle d’adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). « Le mandat local me manque. Mon rêve est de revenir aux fonctions que j’avais à 27 ans pour finir ma vie politique en toute humilité », justifie-t-il auprès de LCP.
Mais avant de définitivement quitter le Palais Bourbon, « Dédé le rouge », comme le surnomment certains de ses amis, est revenu sur sa longue carrière politique et a assuré s’en aller « avec le sentiment du travail accompli » : « J’ai fait mon travail d’élu, comme maire, comme conseiller général, puis comme député. J’en suis fier. Je n’ai pas honte de ce que j’ai fait ». Il est entré à l’Assemblée pour la première fois en 2002, et s’est ensuite fait réélire à cinq reprises.
Pour autant, le communiste à la célèbre moustache porte un regard amer sur la situation politique actuelle. « J’ai commencé à militer à l’âge de 16 ans, j’en ai 75 aujourd’hui. Nous assistons aujourd’hui à une dérive planétaire sur les valeurs humanistes qu’on écrabouille », a-t-il exposé sur LCP. Il parle de ces individus dépourvus de « morale » qui « deviennent chef d’État » et qui « écrasent tout le monde », tel Donald Trump. « Tout ça pour ça ! », finit par conclure André Chassaigne qui fait part d’une forme de spleen à l’heure de raccrocher les gants : « Quand on a une vie de militant et d’élu comme moi, j’arrive à 75 ans dans un monde qui est à l’opposé de ce que j’ai toujours voulu construire ».
« Un vieux meuble de l’Assemblée »
Conscient d’être devenu au fil du temps une figure emblématique de l’Assemblée, André Chassaigne assume de vouloir transmettre le flambeau à la jeune génération. C’est son suppléant Julien Brugerolles, 43 ans, qui prendra la suite. Quand on lui demande s’il a l’impression d’être « un vieux meuble de l’Assemblée », le président de groupe répond avec humour : « Allez dans un magasin de brocante ou une antiquité, vous verrez que les vieux meubles ça ne se vend plus, les jeunes n’en veulent plus. Il faut faire du moderne ».
Son meilleur souvenir dans l’hémicycle, révèle-t-il, restera la loi sur les retraites agricoles qu’il a initiée et qui porte désormais son nom. Celle-ci réhausse le montant minimum des pensions des agriculteurs à 85 % du SMIC net agricole. « Un combat de plusieurs année s», souligne celui qui est devenu l’un des derniers représentants du communisme rural à l’Assemblée : « J’ai toujours fait de la politique avec mes tripes ». Il continuera à en faire, mais loin de la capitale.
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