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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 08:21

 

 

 

Maryse Montangon

Responsable commission nationale Santé et protection sociale du PCF

 

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Par un troisième recours à l’article 49.3 de la Constitution et le rejet d’une une nouvelle motion de censure, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2025 a été définitivement adopté par le Parlement, après le vote du Sénat le 17 février 2025, dans les mêmes termes que l’Assemblée nationale. Le texte sera promulgué après la décision à venir du Conseil constitutionnel, saisi par des députés le 20 février pour contrôle de la constitutionnalité de la loi.

« L’électrochoc » budgétaire voulu et attendu pour notre système de santé et de protection sociale par les organisations syndicales, les forces de gauche et les usagers n’a jamais été à l’ordre du jour de ce PLFSS 2025 !

Barnier, Bayrou : les PLFSS d’austérité se suivent… et se ressemblent

Même si quelques mesures dites phares du PLFSS présenté par le gouvernement Barnier ont été abandonnées pour l’instant (nouvelle journée de « solidarité », hausse du ticket modérateur) et si les enveloppes ONDAM (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie) ont légèrement augmenté, passant de 2,8 % à 3,3 %, le compte n’y est pas. Il faudrait une augmentation d’au moins 5 % de l’ONDAM pour répondre à l’existant et 6 % pour l’ONDAM hospitalier selon la Fédération hospitalière de France (FHF), alors que celui-ci est proposé dans le PLFSS du gouvernement Bayrou à 3,8 %.

Si le projet de loi présenté par Michel Barnier pouvait présenter un timide début de remise en cause des exonérations de cotisations patronales pour un montant de 5 milliards d’euros sur un total de 92 milliards d’euros, le texte de François Bayrou les a réduites à 1,6 milliards d’euros. Une « taxe lapin » et la baisse du plafond des indemnités journalières en cas d’arrêt de travail sont également instituées. Les copies de Michel Barnier et François Bayrou ne sont certes pas identiques mais elles donnent la désagréable sensation que ce qui est donné d’une main est repris de l’autre avec un peu plus à chaque fois ! Aucun changement structurel de notre système de santé et de protection sociale alors que tous les voyants sont au rouge, que les scandales sanitaires éclatent au grand jour, ce qui aurait dû inciter le gouvernement Bayrou à porter des mesures beaucoup plus ambitieuses.

L’État s’arroge le droit de considérer la dette de la Sécurité sociale comme de la dette publique et donc d’en assurer la maîtrise. Mais le budget de la Sécurité sociale, ce n’est pas le budget de l’État, ce n’est pas l’argent du gouvernement. Elle a ses propres ressources, sa propre gestion, sa propre dette qui n’entre pas dans la dette remboursée par l’État.

Quand M. Bayrou permet d’augmenter le déficit de la Sécurité sociale (de 15 milliards d’euros à 24 milliards d’euros) en évitant certaines mesures d’économies, il le fait sans que cela ait le moindre impact sur le budget de l’État et sur sa responsabilité politique. Mais cela leur permettra à l’avenir de justifier des économies et des réformes, par exemple la réforme des retraites à l’issue des concertations, du système de santé, des cotisations sociales.

Retraites : financer une réforme de progrès, c’est possible !

La réforme des retraites de 2023 sera remise en chantier par une conférence avec les syndicats et le patronat qui s’est ouverte le 27 février, après la remise au gouvernement du rapport de la Cour des comptes sur l’état financier de nos régimes de retraite. Ce rapport, rendu public le 20 février, qui représente un démenti cinglant aux chiffres farfelus retenus par le Premier ministre (55 milliards d’euros de déficit) et à la « dette cachée », vient néanmoins entériner l’idée d’une nette dégradation de la situation financière des régimes de retraite.

On nous explique qu’entre autres, il ne faut pas de hausse du « coût du travail » qui pèserait sur la compétitivité et l’emploi, que la baisse de la natalité et le vieillissement de la population vont peser sur le nombre d’inactifs par rapport aux actifs (+25 % environ dans les 30 prochaines années). Mais les retraites sont financées sur les richesses produites par les actifs et le Conseil d’orientation des retraites (COR) lui-même estime l’augmentation du PIB sur la même période de l’ordre de 60 %. Une dramatisation du déficit, dont l’objectif est de forcer à faire des économies sur les prélèvements sociaux et publics et à préserver les prélèvements financiers du capital, celui-ci exigeant la ponction d’une masse de plus en plus élevée de richesses. C’est bien un bras de fer entre le capital et la société tout entière ! On comprend pourquoi le patronat, favorable à la réforme de 2023, avec une détermination infaillible, ne changera pas de position sur l’âge légal de départ à la retraite. Côté syndicats, s’il y a consensus sur un retour à 62 ans, il y a néanmoins quelques nuances et des bougés envisageables ainsi que sur l’aménagement ou l’abrogation de la réforme de 2023. Sans réelle surprise, comme à chaque discussion sur le financement du système des retraites, le patronat mais aussi le gouvernement (Gérard Darmanin, Gabriel Attal, Bruno Retailleau) recommencent à parler capitalisation pour sauver nos retraites, en d’autres termes, les exposer aux aléas des marchés financiers.

Trouver des recettes pour financer notre système de retraite par répartition, système solidaire, intergénérationnel et interprofessionnel, est bien à la portée de notre pays aujourd’hui et les leviers existent, mais voilà, il faut oser s’attaquer à l’appétit insatiable de la finance et du grand capital et son mandataire Emmanuel Macron.

Mais il ne faut pas non plus négliger le poids de leurs arguments dans la population à qui on martèle à longueur de journée qu’il n’y a pas d’argent ! Et ils comptent bien gagner cette bataille-là avant d’aller encore plus loin dans la remise à plat de notre système de protection sociale que Patrick Martin, président du MEDEF, estime « à bout de souffle ».

Pour riposter à cette offensive idéologique, ce numéro revient plus en détail sur les moyens de désintoxiquer les entreprises de la finance et de l’obsession de la baisse du « coût du travail », de les emmener sur le chemin d’une nouvelle efficacité sociale et écologique, et de créer ainsi plus d’emplois qualifiés, donc plus de richesses, base saine pour prélever les cotisations dont notre système de protection sociale a besoin.

Une gigantesque mobilisation du mouvement social est indispensable pour freiner, 80 ans après sa création, cette énième attaque de notre système de protection sociale. Nous savons bien que la privation de recettes de la Sécurité sociale est le cœur du problème et non ses dépenses, que son mode de financement par les cotisations sociales issues des richesses produites par le travail représente cette formidable avancée sociale voulue en 1945. Alors, plus que jamais, expliquons cela, défendons cette magnifique conquête et avançons nos propositions pour de nouvelles avancées permettant à chacune et à chacun, tout au long de la vie, de développer pleinement toutes ses capacités !

 

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18 avril 2025 5 18 /04 /avril /2025 08:19

 

Professeur à Sorbonne Université, spécialiste du nazisme, Johann Chapoutot vient de publier un ouvrage qui détaille l’accession d’Hitler à la tête de l’Allemagne entre 1930 et 1933. Un véritable réquisitoire contre « l’extrême centre » d’hier et d’aujourd’hui.

Des libéraux autoritaires qui imposent leurs politiques d’austérité et de casse sociale et s’accrochent au pouvoir malgré les déconvenues électorales, des classes dominantes qui refusent de partager les richesses, une extrême droite dont les thèmes sont imposés dans l’espace public par un magnat des médias…

Tels sont les ingrédients de l’accession au pouvoir des nazis en 1933. Dans un livre très bien documenté et intitulé les Irresponsables, l’historien Johann Chapoutot détaille cette période occultée. Les analogies avec le présent sont inévitables.

Nombreux sont ceux qui doutent de la nature du salut nazi d’Elon Musk, qui acquiesce à l’affirmation qu’« Hitler était communiste ». Quel est votre avis en tant qu’historien du nazisme ?

Le soutien d’Elon Musk aux extrêmes droites américaine et européenne est évident. Ses gestes et déclarations s’inscrivent dans un discours raciste, antisémite, climatosceptique et transphobe. Héritier de millionnaires sud-africains enrichis sous l’apartheid, il perpétue cet héritage.

L’extrême droite salue ses positions, la gauche les dénonce, tandis que centristes et libéraux tentent de minimiser. Musk envoie un signal clair à la base trumpiste radicalisée : il reste l’un des leurs. Le « Hitler était communiste » illustre cette production de vérités alternatives visant à nier les problèmes sociaux.

L’extrême droite réécrit l’histoire en situant le nazisme à gauche, invoquant l’appellation « national-socialisme ». Or les historiens savent depuis les années 1920 que ce terme est un leurre destiné à séduire les prolétaires tentés par le communisme. Le parti nazi a toujours été d’extrême droite, défendant les patrons et s’alliant fermement au patronat une fois au pouvoir. Ces faits sont établis et ne méritent même pas débat.

Dans votre livre, vous proposez une « enquête qui se veut instruction », mais aussi « un réquisitoire ». Contre les libéraux qui ont porté les nazis au pouvoir à l’époque, ou ceux qui nous dirigent aujourd’hui ?

C’est un livre d’histoire. J’y retrace la dynamique qui a permis aux nazis de prendre le pouvoir entre 1930 et 1933, loin des idées reçues. Hitler n’a jamais été élu, les nazis ne sont pas arrivés au pouvoir par les urnes, et l’électorat ouvrier ou celui des chômeurs n’a jamais voté massivement pour eux.

Mon travail s’appuie sur la sociologie électorale et l’histoire institutionnelle de l’Allemagne, mais je me concentre sur un groupe souvent négligé : les libéraux autoritaires qui gouvernaient alors, balayés par l’histoire et par les nazis. Ces dirigeants, tels Papen, menaient une politique d’austérité, de subventions aux entreprises, de dérégulation et de destruction de l’État social. Ils violaient la Constitution démocratique pour imposer leurs décisions, transformant le régime parlementaire en régime présidentiel.

Convaincus d’être les meilleurs, ils pensaient rester longtemps au pouvoir, mais leur base électorale fondait comme neige au soleil. Après avoir tenté toutes les stratégies possibles pour se maintenir, ils ont fini par s’allier à l’extrême droite. Mon livre rappelle cette histoire que l’on n’enseigne plus dans les manuels, comme si la disparition d’une démocratie au cœur du XXe siècle n’avait plus d’importance.

Comment ces libéraux, cet « extrême centre » comme vous les qualifiez dans votre livre, pensaient-ils l’emporter contre les nazis ?

Leur stratégie évolue entre 1930 et 1933. Avec l’instauration d’un régime présidentiel en 1930, fondé sur l’article 48-2 qui permet au président de gouverner par décret, l’idée est d’intégrer des ministres nazis dans un gouvernement d’union des droites. Mais les nazis, maximalistes, refusent.

À l’été 1932, une nouvelle proposition leur est faite, encore rejetée par Hitler. C’est alors que le parti nazi commence à décliner électoralement, au point que des opposants internes à Hitler émergent. Kurt von Schleicher, chancelier, tente de diviser le parti nazi, tandis que Franz von Papen reste fidèle à l’union des droites.

Il finit par offrir la chancellerie à Hitler, tout en s’installant lui-même à la vice-chancellerie. Persuadé d’être le plus intelligent, bien connecté aux cercles aristocratiques, financiers, industriels et militaires, il croit que les nazis fourniront l’élan militant nécessaire au gouvernement, tout en pensant pouvoir les dominer.

Quels sont les autres éléments déterminants dans la prise du pouvoir des nazis ?

La crise économique alimente la peur et le ressentiment des classes moyennes qui, par crainte du déclassement et du marxisme, basculent massivement vers le vote nazi, abandonnant la droite traditionnelle. Pourtant, à l’automne 1932, alors que les sociaux-démocrates maintiennent leur électorat et que les communistes progressent dans les urnes, les nazis s’effondrent.

Ce danger de gauche inquiète profondément les élites patrimoniales, hantées par la possibilité d’une révolution bolchevique. Dans une République devenue présidentialiste, la décision revient à Hindenburg et à son petit entourage socialement très endogame : grands propriétaires terriens, dont Hindenbourg fait partie, armée, banques et industrie lourde.

Peu à peu, ces élites se rallient aux nazis, par peur des réformes sociales. Finalement, en janvier 1933, tout se joue entre Hitler et Oskar von Hindenburg, le fils du président et son principal conseiller, sur une question décisive : la réforme agraire proposée par le chancelier Schleicher, qui terrifie les grands propriétaires terriens.

Les nazis n’ont pourtant pas de majorité…

L’Allemagne est un État fédéral, avec des scrutins à tous les niveaux. Dès 1930, les nazis obtiennent d’excellents résultats locaux, gouvernant déjà en Thuringe, au Brunswick et en Oldenburg. En coalition avec la droite, ils exigent systématiquement le ministère de l’Intérieur, qui inclut l’éducation, ce qui rassure Papen, habitué à les voir gouverner localement.

“Entre 1931 et 1932, Hitler fait le tour des clubs d’influence patronale pour rassurer les milieux d’affaires sur ses intentions économiques. “

Au niveau national, ils n’ont jamais eu la majorité. Même lors des élections du 5 mars 1933, malgré l’interdiction des meetings socialistes et communistes et l’omniprésence des SA dans les bureaux de vote, ils n’obtiennent que 44 % des voix. Un score élevé, mais insuffisant pour une majorité absolue. Les nazis perdent 2 millions de voix entre juillet et novembre 1932 et s’effondrent aux élections locales.

En décembre, Goebbels note une chute de 35 points à Weimar, pourtant bastion nazi. Hitler évoque même le suicide fin 1932… Malgré cela, on continue de présenter leur ascension comme une marée brune inexorable, alors que c’est Bertolt Brecht, dans la Résistible Ascension d’Arturo Ui, qui avait raison. Mais Papen, voyant leur affaiblissement, pense pouvoir les « acheter à la baisse » et les contrôler plus facilement.

La croyance selon laquelle les nazis ont conquis le vote des ouvriers est tenace. Pourquoi ?

Elle repose sur des déterminismes sociaux simplistes, qui associent crise économique et montée du fascisme. Pourtant, les plus touchés par la crise, ouvriers et chômeurs, continuent à voter majoritairement pour les partis traditionnels de gauche. Ce sont les classes moyennes, inquiètes du déclassement et de la menace marxiste, qui basculent de la droite vers l’extrême droite.

Entre 1931 et 1932, Hitler fait le tour des clubs d’influence patronale pour rassurer les milieux d’affaires sur ses intentions économiques. À chaque intervention, il est explicite : ses discours en direction des ouvriers ne sont que du marketing politique. Son objectif est de gagner des parts de marché, à l’extérieur par la conquête militaire, et à l’intérieur en détruisant la gauche et les syndicats, tout en boostant les carnets de commandes. Le 27 janvier 1932, devant 1 500 patrons de l’Industry-Club Düsseldorf, il reçoit une standing ovation.

Vous consacrez un chapitre au magnat des médias de l’époque, Alfred Hugenberg, « précurseur » de Bolloré, Berlusconi ou Rupert Murdoch. Quel a été son rôle dans la montée en puissance des nazis ?

Hugenberg est à la fois industriel et intellectuel. Haut fonctionnaire en charge de la colonisation allemande en Pologne, il abandonne cette carrière pour investir dans l’industrie lourde. Pendant la Première Guerre mondiale, il comprend que les médias offrent des opportunités financières encore plus lucratives, tout en permettant de façonner l’opinion. Ultranationaliste d’extrême droite, il poursuit une double logique : diffuser un message politique et faire de l’argent.

Il bâtit un empire médiatique redoutable, rachetant une vingtaine de médias, dont deux compagnies cinématographiques majeures, l’une produisant les actualités cinématographiques. Il met en place un réseau d’agences sur abonnement qui fournit articles et éditoriaux prêts à l’emploi à 1 600 journaux, contrôlant ainsi leur cadrage médiatique et leur langage.

Ce système, à la fois rentable et idéologiquement efficace, nazifie l’espace public allemand, qui n’était pas plus d’extrême droite qu’ailleurs. En récompense, il est nommé ministre de l’Économie, de l’Alimentation et de l’Agriculture dans le gouvernement Hitler-Von Papen. Mais en six mois les nazis l’évincent, et il doit vendre son empire médiatique à vil prix.

En lisant votre livre, on ne peut s’empêcher de dresser des parallèles avec notre propre époque. Est-ce que c’est une erreur ? Est-ce que cette période peut éclairer certains événements politiques contemporains ?

C’est justement ma conviction d’historien. Émile Durkheim disait que si la sociologie n’était que spéculative et ne servait pas à comprendre le réel, elle ne valait pas une heure de peine. Sans être aussi catégorique, je pense que l’histoire peut nous éclairer. La radicalisation ultérieure des nazis et la monstruosité des crimes commis ont conduit à les considérer comme hors comparaison.

Mais en 1932-1933, Treblinka et Auschwitz n’existent pas encore. Il n’y a pas de projet d’extermination des juifs allemands, mais une volonté d’épuration ethnique par leur expulsion, dans une logique antisémite héritée du Moyen Âge. La violence des nazis s’enracine dans l’héritage de la Grande Guerre. Si on le défalque, on retrouve une extrême droite chimiquement pure.

C’est justement en abordant cette période avec la rigueur d’un historien que l’on peut faire des comparaisons pertinentes, sans se laisser piéger par des tabous et des hypostases, qui consistent à absolutiser le nazisme et à le rendre incomparable.

Dans l’épilogue, je montre que l’on peut par définition toujours tout comparer. On identifie entre 1930 et 1933 des intérêts et des dynamiques d’alliances analogues à ceux d’aujourd’hui. Ce sont les libéraux qui ont porté les fascistes et les nazis au pouvoir.

La mythologie post-1945 d’un capitalisme et d’une démocratie libérale triomphants contre la barbarie nazie fausse notre lecture du XXe siècle. Libéralisme et nazisme ne s’opposent pas, ni dans les choix des élites ni dans les logiques économiques – des entreprises américaines ont continué à prospérer avec le IIIe Reich après 1941. En tant qu’historien, je remets ces faits en perspective.

Vous démontez également les accusations de « point Godwin ». Les dynamiques et intérêts que vous décrivez peuvent-ils pour autant amener à comparer, par exemple, Macron et Papen ?

On peut toujours comparer, mais il faut le faire avec précision. Le « point Godwin » est l’argument paresseux des crétins. Et c’est curieux de reprocher à un spécialiste du nazisme de parler… de nazisme. D’ailleurs, les comparaisons avec les années 1930 ne viennent pas toujours des historiens. Elles sont omniprésentes dans l’espace public, y compris à la télévision, et revendiquées par les politiques eux-mêmes. Ce n’est pas un historien qui a fait un salut nazi à la tribune de Trump. Toute histoire est contemporaine.

Mes collègues qui travaillent sur la Grèce antique s’interrogent sur la démocratie, la place des femmes, l’esclavage… Des questions actuelles. Je ne cache pas que j’ai décidé d’écrire ce livre au moment du vote de la loi immigration. Depuis 2017, je répétais que l’« extrême centre », pour reprendre la catégorie de Pierre Serna, finit toujours par dériver vers l’extrême droite, devenant un allié, un marchepied.

Je pensais plutôt à 2027, mais 2023 est arrivé plus vite que prévu. J’ai donc replongé dans l’historiographie, et j’ai été stupéfait de voir combien les parallèles étaient nombreux. Le chapitre cinq, sur la philosophie économique des libéraux allemands, résonne avec ce qu’on entend aujourd’hui. La crise des années 1930, réponse à l’échec du modèle libéral, est une matrice pour notre époque. On y a posé les bases des concepts que nous utilisons encore : austérité, déflation, keynésianisme. Le terme « libéralisme autoritaire » apparaît en 1932. La comparaison me semble donc parfaitement justifiée.

Vous invoquez le fait que le matérialisme historique légitime l’analogie en histoire. Comment ?

Le matérialisme historique pense l’histoire de manière transpériodique. Dans chaque époque, on retrouve des dominants et des dominés, des classes sociales avec des intérêts propres, en lutte les unes contre les autres. Ces dynamiques rendent les comparaisons entre périodes non seulement possibles, mais nécessaires, surtout pour le XXe siècle. Et je ne pense pas que l’actualité immédiate me donne tort.

Si vous faites donc « un diagnostic du présent instruit par l’histoire », pour reprendre les mots de Michael Fœssel, quel est-il ?

L’histoire nous invite à dépasser les raccourcis politico-médiatiques qui opposent, par exemple, libéralisme et fascisme. Elle nous incite à une lecture plus acérée de notre époque, trop souvent déformée par des slogans. Elle pousse à prêter attention aux logiques discursives.

Je m’attarde, par exemple, sur le discours de Papen à l’été 1932, lorsqu’il parle des « extrêmes ». Pour lui, il y a les « extrêmes nationaux », constructifs et patriotes, avec qui l’on peut dialoguer, et les « extrêmes » qui veulent détruire la famille, l’État, la patrie. Ce discours, on l’entend de manière assourdissante aujourd’hui.

(1) Les Irresponsables, de Johann Chapoutot, éditions Gallimard, 304 pages, 21 euros.

 

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17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 14:41

 

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16 avril 2025 3 16 /04 /avril /2025 08:54

 

 

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15 avril 2025 2 15 /04 /avril /2025 08:27

 

 

Le Livre blanc traduit un aveuglement sur les causes des conflits actuels. Pire, la Commission européenne ne tire pas les leçons du passé.

Le bilan de trente ans d’élargissement de l’Otan vers l’Est tout comme la nécessité d’une évolution des discussions sur notre sécurité collective sont ignorés alors que notre continent s’enfonce dans les tensions avec notre voisin russe.

La plupart des Européens considèrent qu’ils n’ont d’autre choix que la guerre, alors que l’objectif doit être la paix négociée, qui ne soit pas la capitulation de l’Ukraine. La stratégie guerrière laisse derrière elle un bilan dramatique de morts et de sacrifices.

Alors qu’au printemps 2022, à Istanbul, Kiev accepte la neutralité et que Moscou concède le retrait de ses troupes sur les territoires occupés depuis février 2022, les pays occidentaux, plus préoccupés par le cas de Poutine, préfèrent fournir des armes à l’Ukraine plutôt que de répondre aux garanties de sécurité qu’elle demande. Cette stratégie présente un risque : avec un accord de paix ressemblant à une capitulation, ces armes pourraient tomber dans les mains d’un régime ukrainien revanchard souhaitant reconquérir par la force les territoires perdus, au risque de déclencher un nouveau conflit régional.

Le Livre blanc veut avancer sur l’« Europe puissance », mais il contient des contradictions. L’Union européenne souhaite un renforcement des coopérations en accord avec nos valeurs, mais se vautre dans des deals inadmissibles avec la Turquie d’Erdogan ou l’Inde de Modi. Parler de situation fragile à Gaza, c’est méconnaître le génocide qui s’y déroule, reconnu par l’ONU. Ce double standard participe à l’effondrement du droit international. Poutine utilise nos incohérences à son profit, alors qu’il faut détacher la société russe de son emprise.

En réalité, on assiste en Europe au grand retour de l’idéologie atlantiste.

Une étroite collaboration avec l’Otan est nécessaire, selon la Commission européenne, qui ajoute que la course aux armements serait la voie vers une autonomie stratégique budgétaire européenne. Monsieur le ministre, laissez-moi en douter, face à une Allemagne et une Pologne qui souhaitent acheter des armes américaines, au détriment de notre industrie.

Cette référence à l’Otan a surtout pour but d’accorder des Européens divisés en fixant le cap depuis Washington. Pourtant, les États-Unis de Trump et Vance ne sont plus nos alliés.

Même sans les États-Unis, l’Europe surpasse la Russie dans tous les domaines. Les États membres de l’Union européenne dépensent déjà 460 milliards d’euros par an pour la défense, soit quatre fois plus que la Russie. Ces 800 milliards d’euros ne répondent pas à un objectif sécuritaire mais idéologique. Alors que le secteur automobile européen est en difficulté et que l’Allemagne entre en récession pour la troisième année consécutive, l’ère du réarmement d’Ursula von der Leyen apparaît comme la solution miracle. Nous disons non à cette escalade. Perpétuer des rivalités économiques et militaires dans ce contexte n’est pas responsable. Nous appelons à reprendre la voie de la diplomatie, en restaurant ses moyens. Nous ne pouvons donner à notre jeunesse la guerre comme seule perspective.

Quelles dépenses seront sacrifiées sur l’autel de cette politique belliciste ? L’école ? Les hôpitaux ?

Enfin, sur la forme, le Parlement n’a jamais pu se prononcer sur les projets de la Commission européenne, qui n’a aucune légitimité démocratique ni compétence en la matière. Votre chemin n’est pas le nôtre. Si nous voulons la paix, préparons la paix, et un avenir serein pour nos enfants.

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15 avril 2025 2 15 /04 /avril /2025 08:13

 

Le tribunal de commerce de Lyon a tranché : l’offre d’un groupe chinois (via sa filiale hongroise) est retenue.
➡️ Résultat : seuls 54 emplois sauvés, des centaines promis au licenciement.
Pourtant, les salarié·es, appuyés par la CGT, des élu·es locaux et des industriels, portaient un vrai projet de reprise via une SCIC : pour maintenir l’activité, garantir notre souveraineté industrielle et sauver plus de 400 emplois sur la plateforme.
Le gouvernement tourne le dos à ce projet d’avenir, au profit d’un repreneur étranger intéressé surtout… par les brevets !
Vencorex est un maillon stratégique de la filière chimie, liée au nucléaire, à l’aéronautique, à la défense. Abandonner ce site, c’est fragiliser tout un pan de l’économie et de la souveraineté française.
Nous exigeons l’arrêt du processus en cours et le soutien immédiat au projet de reprise porté par les salarié·es !
Le PCF se tient aux côtés de celles et ceux qui se battent pour l’emploi, l’industrie, la souveraineté.
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14 avril 2025 1 14 /04 /avril /2025 15:31

Discours de Fabien Roussel au meeting de Vénissieux - 08 avril 2025

Cher·es amis, cher·es camarades, cher·es concitoyen·nes,

Merci aux communistes de la Fédération du Rhône, à leur secrétaire départemental Benoit Roux. Merci à Marie-Christine Burricand, membre de notre exécutif national.

Merci pour ton accueil, ma chère Michèle Picard, Maire de Vénissieux, qui fait ici un travail incroyable, qui a toujours porté haut, et bien au-delà de sa ville, l'exigence de solidarité mondiale.

Merci à toi, Raoul Hedebouw, mon voisin du Nord que je croise souvent, pour ta participation et ta brillante analyse sur l'impérialisme américain.

Merci cher Yasser Ayoub, merci pour tes mots, la justesse de tes propos pour expliquer le combat du peuple palestinien. J'excuse l’absence de Madame l'ambassadrice de Palestine, S.E. Hala Abou Hassira, que tu représentes ce soir à nos côtés.

Merci à Arlette Cavillon, coprésidente du Mouvement de la Paix ici, pour cet appel à prendre conscience des menaces qui pèsent sur le monde, pour l'histoire depuis la Seconde Guerre mondiale dont tu as su témoigner avec la force de ton engagement et celle de ton mouvement, avec notamment à tes côtés les communistes dans la lutte contre le fascisme, pour le désarmement et pour un monde de paix.

Mes cher·es ami·es, mes cher·es camarades, mes cher·es concitoyen·nes,

Je vais vous dire qu'en venant ici, en voyant cette salle, je me suis dit : j'ai l'impression d'être en campagne. On repart en campagne !

Oui, je suis en campagne.

Je suis en campagne, pas en étant obnubilé par 2027 comme certains.
Je suis en campagne pour le respect de la dignité humaine.
Je suis en campagne pour la fraternité humaine, pour l'amitié entre les peuples, en campagne avec vous pour la paix pour tous et pour toutes.

Voilà pourquoi nous sommes rassemblés ici ce soir, et c'est ce qui nous préoccupe aujourd'hui, en cet instant.

Quel bonheur de se retrouver, ici à Vénissieux, dans votre belle ville, pour défendre la paix, pour défendre le progrès social, pour porter l'espoir, pour proposer un autre avenir à l'humanité, aux peuples, un autre avenir que celui écrit par les marchands d'armes et les financiers.

C'est bien la paix, le respect des peuples, leur indépendance, leur prospérité qui nous réunit ce soir.

Notre monde marche sur la tête.

Les règles élémentaires de la vie commune entre les hommes et les femmes, entre les nations, sont chaque jour abîmées, piétinées.

Partout, ce sont les mêmes logiques qui dominent, celles des guerres économiques, celles des guerres tout court, avec en toile de fond l'impérialisme, les impérialismes, l'exploitation des richesses, l'exploitation des peuples, et la montée en même temps des populismes, des nationalismes.

Il faut avoir une analyse de classe de ce qui se passe en ce moment oui, parce que tout y passe, et on le voit dans notre pays : l'industrie menacée, les services publics affaiblis, les libertés publiques attaquées, l'État de droit.

Depuis une semaine, nous vivons des attaques très dures contre les magistrats, contre la justice, y compris venant de responsables de gauche.

Nous, les communistes, nous ne jouerons jamais le peuple contre les juges, jamais le peuple contre les institutions, même si ces institutions, nous voulons les transformer. Nous serons toujours respectueux de la loi, même quand nous voulons la transformer, et nous respectons la loi qui est votée par le législateur. Ce que nous voulons par-dessus tout, et je tenais à le dire ce soir, c'est l'égalité de tous les citoyens devant la loi, tous les citoyens, misérables ou puissants, comme le disait La Fontaine.

Je le dis à Marine Le Pen et à tous les membres de sa famille concernés par ce jugement : son ex-mari, sa sœur, sa belle-sœur, sa colocataire, sa meilleure amie, bientôt son chat ! - ils sont nombreux a avoir profité du système mis en place ! - en tant que puissante, elle devrait penser justement aux misérables, obligés eux d'exécuter leur peine, quand bien même ils font appel.

La loi ne doit pas être faible pour les forts et forte pour les faibles ! Elle doit être la même pour tous et toutes.

Il n'y aura pas d'amnistie pour Marine Le Pen, et nous combattrons la loi d'amnistie que propose Monsieur Ciotti.

Nous ne laisserons pas faire cette dérive dangereuse, et nous manifesterons dans toute la France le 12 avril prochain, à l'appel de la CGT, d'associations, de la LDH et d’autres, pour qu'ensemble nous fassions respecter l'État de droit dans notre pays.

La démocratie est un bien précieux, il faut la défendre partout et tout le temps.
La démocratie, c'est par là que nous pourrons concrétiser l'égalité politique.
La démocratie est un outil formidable au service de l'émancipation humaine et la base du projet communiste que nous portons.

L’affaiblir, c'est condamner toute perspective de progrès pour l'humanité. C'est entraîner les peuples dans un monde plus autoritaire, plus violent, plus dangereux, et plus inégalitaire. L’affaiblir, c'est aussi affaiblir toute perspective de paix, et nous en avons tellement besoin de paix.

Il n'y a jamais eu autant de conflits dans le monde. En 2024, plus de 230 000 personnes ont perdu la vie dans des conflits majeurs. 30 % de plus en un an.

La moitié de ces conflits se déroule en Afrique, dans la région des Grands Lacs, en République démocratique du Congo, au Rwanda, au Soudan, au Mali, au Burkina Faso. Les pertes humaines sont considérables, tout comme au Proche et Moyen-Orient, au Yémen, en Syrie, au Liban, au Kurdistan, et en Palestine, j’y reviendrai.

Tout a été fait pour désordonner ce monde, pour déstabiliser ces pays, et la France porte sa part de responsabilité.

La guerre, c'est aussi celle qui fait des dizaines de milliers de victimes quand elle est menée par les mafias, par les cartels, les cartels de la drogue, comme au Mexique, en Équateur ou en Colombie, quand l'État recule.

Et d'ailleurs, parfois, il ne suffit pas d'aller loin pour voir les ravages de cette guerre des cartels, et je pense bien sûr aux victimes dans notre pays, à Marseille, ou récemment ici à Vaulx-en-Velin.

Nous ne laisserons pas faire ces mafias et ces cartels.

Nous voulons une justice, de la sécurité et de la tranquillité pour tous, et un État de droit qui les garantit.

Un être humain sur huit a été exposé à un conflit militaire l'année dernière, et le nombre de conflits a été multiplié par deux en cinq ans. Et le risque est grand de les voir encore se multiplier, se généraliser, dans un monde où l'usage de l'arme atomique n'est plus impensable.

Nous devons faire de la paix la grande cause de l'humanité, une volonté politique, et non pas un simple slogan.

C'est une urgence vitale pour les peuples d'Afrique, pour le Moyen-Orient, pour l'Asie et l'Océanie, pour l'Europe et tout le continent américain.

Pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les peuples d'Europe sont menacés, pris en otage par des puissances qui s'affrontent à l'échelle de la planète pour la maîtrise des voies commerciales, je pense au Groenland notamment, et à la quête des ressources en matières premières.

Les peuples d'Europe sont aussi menacés par la guerre économique mondiale lancée par monsieur Trump et sa clique d'ultra-riches. La guerre de Trump est une guerre sérieuse, dangereuse. C'est une guerre économique, c'est une guerre industrielle.

Trump n'est pas fou, contrairement à ce que disent certains.

Il compte ses sous, et il en veut beaucoup, beaucoup, et il le dit comme ça ! Mais comme l'a très bien expliqué Raoul, le capitalisme américain est malade, le dollar est malade, et aujourd'hui, les États-Unis sont en crise, traversés par une crise, dépassés par la Chine. Alors, comme une personne qui se noie, ils s'agitent, et ils entrainent avec eux ceux qui veulent leur apporter de l'aide.

La guerre économique de Trump est une guerre sérieuse, parce que c'est une guerre industrielle, une guerre énergétique, une guerre commerciale, et c'est donc une guerre contre les travailleurs et les travailleuses, contre nous, Français, Européens, et même Américains, car les travailleurs américains eux-mêmes en subiront le prix.

Quand monsieur Trump décide d'augmenter les droits de douane contre tout ce qui rentre aux États-Unis, et que l'Europe décide de répondre en miroir par la même chose, d'augmenter aussi les droits de douane, qui va payer ?

Les Américains comme les Européens vont subir l’augmentation des prix, de l'alimentation, des biens de consommation.

Ce sont aussi les salariés et les entreprises de ces grands groupes qui produisent ces biens de consommation qui vont en payer le prix. Quand il faudra payer des droits de douane plus importants dans un sens comme dans l'autre, les grandes entreprises s’attaqueront aux travailleurs, aux salaires, aux conditions de travail.

C'est la raison pour laquelle nous ne devons pas accepter ce qui se passe, bien sûr de la part de Trump, mais y compris la mauvaise réponse actuelle de l’Europe à cette politique.

Il y a d'autres leviers à utiliser.

Investissons massivement pour relocaliser nos entreprises, pour relocaliser l'industrie en France et en Europe, pour produire ici ce dont nous avons besoin !
Investissons fortement dans la production d'énergie décarbonée. Divisons par deux, par trois, par quatre, le prix de l'électricité, et vous allez voir que nous serons tout de suite beaucoup plus compétitifs par rapport aux États-Unis !
Investissons en France, libérons l'argent de la Banque centrale européenne pour faire en sorte que l'économie européenne et l’économie française soient beaucoup plus fortes.

C'est le combat que nous devons mener.

Bien sûr, bien sûr, on verra peut-être des grands groupes industriels, des grands actionnaires français, qui feront le choix d'aller faire des génuflexions du côté de chez Trump, et d'aller investir de l'autre côté de l'Atlantique, d’ouvrir des usines là-bas.

Il faut que le message soit clair à leur encontre : les traîtres n'auront pas de place ici en France ! S'ils veulent partir, qu'ils partent, mais sans les capitaux et sans l'outil de travail, parce que ça, nous le réquisitionnerons, et ça restera chez nous.

Enfin, il faut oser remettre en cause l'hégémonie américaine et l'hégémonie du dollar.

Des pays mettent en débat l'idée d'une autre monnaie que le dollar pour faire commerce entre nous. Avançons sur cette idée. Mettons en place une autre monnaie pour une autre mondialisation, respectant les peuples, respectant la planète.

Voilà ce que la France devrait mettre à l'ordre du jour, et oser parler avec ces grandes puissances qui mettent à l'ordre du jour une autre monnaie pour contrebalancer l'hégémonie du dollar.

Face à Trump, nous devons tout simplement faire vivre l'esprit de la résistance, l'union nationale de tous les travailleurs et travailleuses et de toutes les forces vives pour rebâtir une industrie dans notre pays, et pour rebâtir une France de justice et de paix.

Et c'est pour cela que nous refusons les logiques de l'économie de guerre dont il nous parle régulièrement.

L'économie de guerre, c'est l'économie de la mort.
L’économie de guerre, comme en parle le président de la République et son ministre de la Défense, c'est une économie qui va taper fortement sur notre pouvoir d'achat.
L’économie de guerre va s'en prendre à notre modèle social, à nos pensions, au prix des médicaments, et même à l'âge de la retraite !

Écoutez-les, ils nous disent : « Plus d'obus et moins de sécu ! »

Ils veulent militariser notre économie : là où nous produisions des voitures, nous produirions des obus ? Là où nous produisions des essieux pour les trains, nous produirions des obus ?

Tout ça pour nourrir les guerres dans le monde !

Nous ne voulons pas de cette économie de guerre : ce sera sans nous !

Nous voulons être gouvernés par la pulsion de la vie, pas par la pulsion de la mort.

Le Parti communiste français sera toujours présent pour défendre la patrie, pour défendre la nation, pour prendre les armes s'il le faut en cas de menace, mais il ne saignera jamais les veines des travailleurs pour financer des guerres qui ne nous concernent pas.

Voilà le combat qui est le nôtre, et qui nous fait honneur dans l'histoire de France.

L'économie de guerre, est-ce qu'ils se rendent compte un seul instant des sommes dont on parle ? L'économie de guerre, c'est faire passer le budget de la Défense en France de 50 milliards d'euros par an, ce qui n’est déjà pas une paille, à 100 milliards d'euros par an. Non !

Est-ce qu’à un seul moment, on se pose la question de savoir où ils vont prendre cet argent ? En baissant les dépenses publiques, ou par le pouvoir de création monétaire des banques ? Mais pourquoi ne pas plutôt l’utiliser pour nos hôpitaux, nos écoles, pour embaucher et former !

Oui, il faudra investir dans une armée nationale et souveraine, mais pour défendre le peuple, pour défendre la France et ses intérêts vitaux. Jamais pour mener des guerres, pour aller attaquer d'autres peuples, comme ils veulent le faire. Voilà notre conception à nous de la Défense nationale.

Près de 2 500 milliards de dollars ont été consacrés l'année dernière à la course à l'armement. 2 500 milliards de dollars ! Tout ça pour nourrir une industrie de guerre.

« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. », comme l’écrivait Anatole France.

C'est du jamais vu depuis la fin de la Guerre froide. Autant d'argent qui pourrait être tellement utile pour lutter contre la malnutrition, l'illettrisme, pour investir dans des infrastructures, les services publics, la sécurité sanitaire ou alimentaire, pour construire aussi tout simplement les conditions d'une sécurité réelle pour toutes et tous.

Les besoins sont tellement grands ! Ce dont nous avons besoin, c’est d'une économie de paix et de progrès social. Et c'est cela que nous demandons à mettre en place de toute urgence.

Une économie qui croit en l'avenir et cherche à le construire.
Une économie qui cherche à éduquer, à former ses enfants, et pas à les envoyer mourir sur le champ de bataille pour des intérêts qui ne sont pas les leurs.
Une économie qui relève les défis de la mal-vie, de l'emploi, de la pauvreté et du climat, tellement la planète est menacée.
Une économie au service de l'intérêt général, mais pas du portefeuille des marchands d'armes. D'autant plus quand ils sont Américains.

Oui, nous avons besoin, comme jamais, de faire entendre la position originale du Parti communiste français.

Il est possible d'être en même temps pacifiste et réaliste.
Il est possible d'être en même temps internationaliste et résolument pour l'indépendance et la souveraineté des nations.
Il est possible d'être attaché à une défense nationale et populaire, et en même temps de se battre pour la sécurité collective pour tous.

Voilà l’orientation que les communistes français défendent depuis plus d'un siècle, celle d'un nouvel ordre mondial de nations et de peuples libres, souverains et associés. C’est ce qui motive notre combat. C'est tout le sens de notre combat.

Pour nous, communistes, la paix n'est pas seulement une absence de guerre.

La paix est un projet politique global, positif, basé sur une ambition d'émancipation des peuples, de souveraineté des nations et de coopérations les plus utiles dans le monde, sur les continents, au service du progrès social, de l'amitié et de la planète.
La paix permet à l'existence humaine de se sublimer et c’est pourquoi nous voulons la défendre, la promouvoir partout.
La paix, c'est un combat politique contre l'accumulation sans fin du capital entre les mains de quelques-uns, contre l'impérialisme, contre toute forme de prédation.
La paix, c'est un combat pour la justice sociale et climatique car nous savons que les guerres se nourrissent des inégalités sociales, des conséquences du dérèglement climatique, et de la concurrence sans merci pour l'appropriation des énergies fossiles.
La paix, c'est aussi un combat pour un nouvel ordre économique et monétaire mondial, dégagé de l'hégémonie du dollar, pour que les ressources financières des banques soient mises au seul service des peuples.

Il ne suffit pas de brandir la paix comme un slogan, mais de mener des combats concrets et des batailles politiques.

C’est ce que nous avons su faire dans notre histoire, en soutien aux luttes des peuples algérien et vietnamien pour l'indépendance.

J’ai en ce moment une pensée pour le peuple algérien, pour lui dire que pour nous la solidarité entre le peuple algérien et le peuple français est toujours vivante.

Et je dis à Monsieur Retailleau, ministre de l'Intérieur, qui est obsédé par l'Algérie et obsédé par les musulmans : taisez-vous, et une bonne fois pour toutes.

Travaillez, travaillez plutôt à la diplomatie et aux relations entre la France et l'Algérie. Ayez du respect pour le peuple algérien et pour cette histoire qui nous lie avec l'Algérie, et qui appelle à beaucoup d'humilité. Au contraire, vos obsessions identitaires pour gagner votre congrès dans votre parti n'ont pas de place en France, dans nos villes et dans nos quartiers.

La solidarité concrète, c'est aussi celle que nous avons envers le peuple cubain, qui subit depuis plus de 60 ans un blocus économique, financier, politique, terrible, dans le silence le plus absolu !

Ce blocus illégal doit cesser. Des moyens juridiques existent pour contourner le blocus, tant en matière de mouvement de capitaux, de dialogue politique que de coopération. La France doit les mettre en œuvre et rapidement. Voilà une occasion de se battre concrètement pour la paix.

Nous le disons clairement : les États-Unis d'Amérique ne peuvent plus s'asseoir impunément sur le droit international.

Alors, mes amis, crions-le bien fort ensemble : solidarité avec nos amis de Cuba ! ¡ Hasta la victoria siempre !

Avec Cuba bien sûr, nous parlons du respect du droit international.

Il est temps que la France se remette au service du droit international, qu'elle soutienne les institutions chargées de sa protection, et qu'elle mette fin, enfin, aux deux poids deux mesures en matière de droit international, et à une indignation sélective qui nous décrédibilise aux yeux des peuples et du monde entier.

Pour notre part, nous avons toujours défendu cette équité et une action diplomatique basée sur la justice et le droit international.

C'est pour cela que nous avons été, que nous sommes, et que nous serons toujours aux côtés du peuple palestinien.

Nous serons toujours à défendre la liberté du peuple palestinien et une solution à deux États, pour le peuple palestinien et pour le peuple israélien.

Et c'est la raison pour laquelle le Parti communiste français lancera, je vous l'annonce ce soir, avec l'OLP, le 4 juin prochain à Paris, une grande campagne européenne de soutien au peuple palestinien.

Comment accepter l'impuissance et le silence coupable de la France face au génocide qui se déroule en ce moment à Gaza, où plus de 50 000 hommes, femmes et enfants ont déjà perdu la vie, où des populations civiles, prises au piège de l'enclave, meurent en masse sous les bombardements de l'armée israélienne ?

Oui, nous sommes en absurdie, comme le dénonce avec force Dominique de Villepin, qui encore une fois aujourd'hui, 20 ans après la guerre américaine en Irak, sauve l'honneur de la diplomatie française, mais il est bien seul.

Les massacres, les crimes de guerre, la colonisation en Palestine ne peuvent plus durer.

Les otages israéliens, eux aussi, doivent être libérés.

Et la Cour pénale internationale, qui a émis des mandats d'arrêt contre plusieurs dirigeants israéliens et des cadres du Hamas, doit être respectée.

La France doit prendre des sanctions tant que l'État d'Israël ne se conformera pas au droit international.

La France, comme l'Espagne, comme l'Irlande, comme la Norvège, comme la Slovénie, doit reconnaître l'État de Palestine sur la base des résolutions de l'ONU, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.

Voilà les conditions d'une paix juste et durable entre les peuples israéliens et palestiniens.

C'est d'ailleurs la voix défendue par Yasser Arafat en son temps, et c'est celle de Marwan Barghouti aujourd'hui. C'est la voix aussi de l'Autorité palestinienne que j'ai rencontrée lorsque je me suis rendu l'année dernière à Ramallah et à Jérusalem.

Et c'est aussi la voix courageuse des militants pacifistes israéliens qui continuent de manifester par dizaines de milliers pour mettre fin à cette guerre terrible, exiger le retour des otages, la voix de celles et ceux qui se battent au sein d'associations, mais aussi de nos amis et camarades députés communistes israéliens, qui mènent à la Knesset une grande bataille pour faire entendre la souffrance du peuple palestinien et dénoncer les crimes de leur gouvernement et sont empêchés de parler. Nous sommes avec eux, soutenons les députés communistes israéliens qui méritent tout notre soutien !

Le gouvernement d'extrême droite de Netanyahou, sous les yeux de la communauté internationale, est en train, purement et simplement, de tenter de faire disparaître un peuple entier, et de condamner toute perspective politique, toute possibilité de coexistence pacifique.

Honte au Gouvernement français qui détourne le regard et refuse au peuple palestinien le droit à la justice, le droit de vivre en paix et souverainement sur sa terre.

La France doit être à la hauteur de l'histoire et se tenir fermement du côté de la justice et du droit.

Voilà le type de combat et de bataille politique concrète que la France doit mener pour que la paix que nous réclamons ne reste pas une idée abstraite, ne reste pas un rêve, comme tu l'as dit Yassar tout à l'heure, un rêve dans la tête de beaucoup d'enfants et d'adultes palestiniens.

Notre combat pour la paix, c'est donc un combat réaliste pour que le rêve devienne réalité pour le peuple palestinien.

C'est un combat réaliste pour la sécurité collective partout dans le monde, et c'est un combat que nous voulons mener aussi pour les peuples d'Europe.

Un combat contre les logiques de puissances qui ne connaissent qu'une seule doctrine, la confrontation, et qui ne peut avoir qu'un seul aboutissement, la guerre.

La paix, la paix véritable, ne peut exister qu'en s'attaquant à la racine des problèmes et des tensions entre les nations. Et tu l'as bien analysé, Raoul, en parlant de l'impérialisme, de la conquête des richesses et de l'exploitation des peuples.

Comment construire la paix et la sécurité des peuples en Europe, notamment, en abandonnant notre sécurité aux États-Unis ? Comment avons-nous pu faire ça pendant tant d'années ? Comment défendre notre souveraineté, nos choix politiques et diplomatiques, en continuant de défendre en même temps une alliance militaire, l'OTAN, qui a fait de l'Europe entière un protectorat américain ?

Nous, les communistes, nous dénonçons la guerre sanglante déclenchée par Vladimir Poutine en Ukraine. Il y a un pays, la Russie dirigée par Poutine, qui a envahi un autre pays et violé le droit international. Et nous disons que cette situation est aussi le fruit de la politique d'expansion à l'est menée par l'OTAN pendant plus de 30 ans, une OTAN dirigée par les États-Unis, qui se sont assis sur les accords passés entre Gorbatchev et les États-Unis à la chute de l'URSS. Nous condamnons cette expansion de l'OTAN à l'Est de l'Europe et cette guerre par procuration entre la Russie et les États-Unis.

C'est aujourd'hui que la France doit décider de sortir de l'OTAN comme ça a été le cas entre 1966 et 2009.

Osons franchir ce cap !

Oui, il faut que nous, Français, soyons offensifs pour défendre, au contraire de ce traité, un autre traité de sécurité collective, un autre traité que cette alliance atlantique dangereuse qui déstabilise des nations et des régions entières, et alimente la course mondiale à la guerre.
Oui, chez nous, à la différence de la Belgique, il y a une sorte de complicité entre le gaullisme et le communisme sur cette question, parce que de Gaulle avait eu le courage de sortir du commandement de l'OTAN.

Et bien, nous, communistes français, nous le demandons aujourd'hui, et tendons la main aux gaullistes français pour qu'ils fassent la même demande. Osez, faites-le, et vous verrez, le cours de l'histoire en France changera.

Et concernant les propos guerriers de monsieur Macron, plutôt que d'envoyer des troupes en Ukraine, plutôt que de réfléchir à un bouclier antimissile européen, plutôt que de discuter du partage de la dissuasion nucléaire française - quel scandale quand même ! - exigeons plutôt des chefs d'État européens qu'ils travaillent à la paix en Europe, à la construction d'un espace de sécurité collective de l'Atlantique à l'Oural, et associant toutes les parties.

Franchement, nous avons su faire cela pendant la guerre froide. Nous avons su écrire les accords finaux d'Helsinki en 1975. Brejnev et Nixon dirigeaient le monde, le doigt sur la gâchette nucléaire, et ils ont réussi à signer ces accords. Et nous ne pourrions pas y arriver nous aujourd'hui ? Nous serions nous, la France et l'Union européenne, incapables de négocier un accord de paix avec monsieur Poutine, garantissant y compris la sécurité du peuple ukrainien ? Mais cela devrait être toute notre priorité aujourd'hui ! D’autant plus face aux outrances de monsieur Trump, face au risque de récession provoqué par la guerre commerciale menée par les États-Unis, face aux menaces sur le Groenland, le Danemark, face aux menaces sur les richesses de l'Ukraine qu'il veut s'approprier totalement pour déposséder le peuple ukrainien.

Soyons audacieux, soyons ambitieux. C'est à la France, c'est à l'Europe d'aller négocier la paix avec la Russie. C'est à la France, avec d'autres nations, et notamment celles des BRICS, je pense au Brésil, à l'Afrique du Sud, à la Chine, à l'Inde, de peser pour qu'il y ait un accord avec monsieur Poutine, respectueux du peuple ukrainien et de tous les peuples d'Europe.

Il est temps pour nous de reprendre notre destin en main, sur nos vies, sur la paix.

Mettons fin à cette guerre qui a fait aujourd'hui plus d'un million de victimes. Faisons du continent européen, de Brest à Vladivostok, un continent de paix et de prospérité.

Réfléchissons à toutes ces coopérations à construire entre l'Europe et l'Asie pour préserver cette paix indispensable au bonheur et à la prospérité des peuples.

C'est dans cet esprit que je demande depuis trois ans maintenant au président de la République que la France prenne une initiative pour une paix juste et durable en Ukraine, une initiative qui ne soit pas un deal russo-américain sur le dos du peuple ukrainien, mais qui associe, sous l'égide de l’ONU, l'ensemble des pays, y compris les pays dits du Sud global, qui depuis plusieurs mois portent des solutions de paix.

Oui, si la souveraineté de l'Ukraine est inconditionnelle, la paix des peuples européens est aussi inconditionnelle, et elle ne s'obtiendra qu'avec des garanties de sécurité solides et acceptables pour toutes les parties. Et si cela doit passer par la neutralité de l'Ukraine, défendons-la. Cette guerre sanglante déclenchée par Vladimir Poutine doit cesser. Les peuples ukrainien et russe ont déjà bien trop souffert, comme tous les peuples européens.

Quand j'entends monsieur Macron dire qu'il a trouvé 2 milliards d'euros pour porter une aide supplémentaire à l'Ukraine, tout le monde s'interroge ici : où trouve-t-il ces 2 milliards, quand il est incapable d'en trouver 3 pour nous mettre la retraite à 62 ans, et abroger sa réforme ?

Affirmer, comme le fait monsieur Macron, que la Russie constitue une menace existentielle, cela nous enferme dans une logique d'escalade mortifère, et nous empêche de mener une politique diplomatique réaliste et ambitieuse pour la paix.

Nous sommes assis sur un baril de poudre. Allons-nous prendre la responsabilité d'engager non seulement les enfants de France, mais aussi ceux de l'Europe toute entière, dans un conflit généralisé dont les conséquences seraient terribles pour tous ?

Ensemble, nous pouvons peser pour qu'il en soit autrement.
Ensemble, nous pouvons peser pour ne pas laisser les sirènes de la guerre rendre inaudibles les voix innombrables qui s'expriment encore en faveur de la paix.

N'oublions jamais les engrenages fatals d'alliances qui ont conduit aux 10 millions de morts de la Première Guerre mondiale.
N'oublions jamais les rancœurs accumulées des peuples et les frustrations sociales qui ont provoqué la montée de l'extrême droite et du nazisme, et qui ont provoqué les conditions du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et son hécatombe.
N'oublions jamais toutes les formes d'impérialisme et les dominations coloniales qui, jusqu'au bout, ont opprimé les peuples qui se battaient pour leur indépendance et leur survie.

Des voix s'élèvent partout sur la planète en faveur de la paix.

Écoutons-les. Écoutons ce qu'elles ont à nous dire, et ce qu'elles portent d'espoir nouveau pour l'humanité.
Écoutons ce monde multipolaire qui s'affirme contre l'hégémonie, et pour un autre ordre économique et financier mondial.
Écoutons ces nouvelles coopérations qui se construisent loin de nous, au sein des BRICS. Elles peuvent être un point d'appui formidable.

Reprenons le travail des générations qui nous ont précédés sur le désarmement global, sur l'interdiction des armes nucléaires, sur la refonte des institutions internationales. Et oui, la France doit signer le TIAN et participer au désarmement nucléaire mondial ! C'est le combat que nous avons toujours porté, nous communistes français.

N'abdiquons rien de nos espoirs et de nos rêves pour toute l'humanité.

Nous le savons, nous aurons face à nous, face à l'idée de paix universelle que nous portons, tous les sceptiques, tous les va-t-en-guerre, tous les pessimistes, tous les réactionnaires.

Mais continuons de nous battre, ne nous laissons pas faire.

Saisissons-nous justement de cette date du 8 mai prochain, date du 80e anniversaire de la Libération et de la capitulation du nazisme en Europe et en France. Profitons de cette date pour que partout, nous participions aux commémorations, nous participions à des rassemblements pour appeler à la paix, pour appeler à l'amitié entre les peuples, pour parler de fraternité humaine, plutôt que de guerre.

Nous croyons, nous, à la possibilité du bonheur. C'est une force qu'ils ne pourront jamais nous retirer.

Et en France, il y a aussi une force qu'ils ne pourront jamais abattre, c'est la force du Parti communiste français.

Cette force du PCF, de notre parti, c’est la vôtre. Et ce combat pour la paix sera d'autant plus fort qu'il y aura dans notre pays un Parti communiste français fort et influent, avec des militants prêts à mener ce combat, aller discuter, mener la bataille dans les cages d'escalier, lors des portes à porte. Alors oui, renforçons le Parti communiste français, le parti de la paix, le parti du progrès social, le parti qui a marié le drapeau rouge des conquêtes sociales et le drapeau bleu blanc rouge de la Révolution française.

Comme l'avait dit Victor Hugo lors du congrès de la paix de 1849 : « Il ne faut pas détourner les têtes et fermer les yeux, quant au milieu des ténèbres qui pèsent encore sur nous, nous ouvrons brusquement la porte rayonnante de l'avenir. »

Voilà ce que nous voulons.

Nous voulons ouvrir pour tous les peuples la porte rayonnante de l'avenir, de la paix et du progrès social. Vive la paix universelle ! Vive la République pacifique, laïque et sociale ! Vive la France.

Fabien Roussel

À Vénissieux, le mardi 8 avril 2025

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12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:42
Retraites : même la Cour des comptes alerte sur les dangers d’un recul de l’âge légal

Dans sa dernière publication, la Cour des comptes juge sévèrement les effets néfastes des réformes des retraites précédentes, apportant ainsi de l’eau au moulin des opposants à un nouveau recul de l’âge légal.

Cyprien Boganda, L'Humanité, 11 avril 2025

Le recul de l’âge de départ en retraite nuit aux plus vulnérables, et ce n’est pas une officine gauchiste qui l’affirme, mais la très libérale Cour des comptes, dans son dernier rapport. Les auteurs y examinent les effets sur l’emploi des précédents reculs de l’âge légal. À l’arrivée, il n’y a pas de « scoop » particulier, mais une confirmation (bienvenue) de ce qu’ont démontré de nombreux chercheurs au cours des années précédentes.

Durant la décennie 2010, sous l’effet notamment de la réforme sarkozyste de 2010 (passage de 60 à 62 ans), l’âge moyen de départ à la retraite a augmenté de 2,1 années, explique la Cour. « Un moyen d’étudier l’impact de ce recul sur les parcours professionnels est de regarder s’il a correspondu à un allongement du temps dans l’emploi, au chômage ou en invalidité pour les personnes concernées, poursuivent les auteurs. En moyenne, dans l’ensemble de la population, ce recul s’est accompagné d’un allongement d’1 an et 7 mois du temps passé en emploi. Ce constat masque cependant des disparités importantes entre catégories socio-professionnelles. »

Les ouvriers les plus impactés

En effet, il n’y a rien de mécanique à ce qu’un recul de l’âge légal augmente la durée d’activité de l’ensemble de la population : il est tout à fait possible que certains travailleurs n’aient pas les moyens de continuer à travailler plus longtemps, pour des raisons de santé ou d’éloignement de l’emploi. Ils basculent alors dans un sas de précarité en attendant de pouvoir prendre leur retraite. Les instituts de statistiques les classent dans la catégorie des « NER » (pour Ni en Emploi ni en Retraites). Selon l’Insee, 16 % des 55-69 ans étaient concernés en 2021, contre 14 % en 2014.

La Cour des comptes note que « le recul de l’âge de la retraite s’est traduit pour les ouvriers qualifiés par une augmentation du temps en invalidité (+ 0,3 année) et du temps ni en emploi ni en retraite (+ 0,5 année). De même, les ouvriers non qualifiés ont passé un quart du temps supplémentaire avant de partir à la retraite en invalidité (0,5 année sur 2,0 années) ». Au total, pour les ouvriers qualifiés et non qualifiés, le recul de l’âge moyen de départ à la retraite ne s’est traduit qu’à 66 % par un allongement de la durée en emploi, contre plus de 85 % pour les professions intermédiaires et les cadres.

Sans surprise, la Cour confirme que les ouvriers et les employés sont surreprésentés parmi les NER : en 2021, 62 % des personnes ni en emploi ni en retraite appartiennent à ces catégories socio-professionnelles. En particulier, près de six ouvriers sur dix ni en emploi ni en retraite le sont pour une raison de santé ou un handicap, contre moins de trois sur dix parmi les cadres.

Les femmes plus tardivement à la retraite

Les auteurs n’oublient pas de rappeler que les femmes payent généralement un lourd tribut au recul de l’âge légal : après 55 ans, elles sont plus fréquemment « ni en emploi, ni en retraite ». En 2021, 22 % des femmes à l’âge de 55 ans sont concernées (contre 17 % des hommes) et 33 % à 61 ans (contre 22 % des hommes).

Et entre 62 et 69 ans, les femmes sont près de deux fois plus souvent « ni en emploi ni en retraite » que les hommes (11 % contre 6 %), « ce qui peut s’expliquer par des carrières plus souvent incomplètes pour les femmes, qui retardent l’atteinte du taux plein », souligne la Cour. Les femmes partent à la retraite en moyenne 8 mois après les hommes : 63 ans pour les premières et 62 ans et 4 mois pour les seconds.

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12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:35
À Vénissieux, Fabien Roussel dénonce les « discours va-t-en guerre » (L'Humanité, Gaël de Santis, 9 avril 2025)

Devant plus de 400 personnes à Vénissieux, Fabien Roussel, secrétaire national du parti, a appelé à reconnaître l’État de Palestine, à « oser franchir le cap » de la sortie de l’Otan et à une issue négociée du conflit en Ukraine.

Vénissieux (Rhône), envoyé spécial.

Prendre le mal à la racine. « L’heure est à dépasser le système capitaliste qui crée la guerre et se nourrit de la guerre », lance à Vénissieux (Rhône) Michèle Picard, première oratrice du meeting pour la paix organisé par le PCF le 8 avril. Dans son discours, la maire communiste donne la tonalité de la rencontre, invitant à ne pas céder aux « discours des va-t-en guerre » et à promouvoir, comme le fait la ville qu’elle dirige, la culture de paix.

Cet accent anticapitaliste traverse toute la soirée. Le président du Parti du travail de Belgique (PTB), Raoul Hedebouw, est heureux : il a traversé un « boulevard Lénine » lors de sa visite de la ville pendant l’après-midi. Afin d’y voir clair dans le désordre du monde, il appelle à la pensée du révolutionnaire et à un « retour à une analyse de classe ». « D’où vient le danger de guerre aujourd’hui ? Ce sont les enjeux économiques de business. Cela n’a rien à voir avec les valeurs. Si les droits de l’homme entraient en compte, nous n’aurions pas 12 ou 13 paquets de sanctions de l’Union européenne (UE) contre la Russie et zéro contre Israël ! » dénonce, sous les applaudissements, le député belge.

Alerter des dangers à venir

Poursuivant son analyse, il estime que les désordres du monde proviennent de ce que, « pour la première fois, une puissance du Sud, la Chine, est en train de dépasser les États-Unis d’Amérique. Que se passe-t-il dans un monde où une puissance capitaliste est dépassée ? C’est à ce moment-là que les dangers de guerre deviennent plus nombreux », comme en 1914 quand l’impérialisme allemand concurrençait ceux du Royaume-Uni et de la France.

Selon Raoul Hedebouw, « derrière les tarifs douaniers érigés par Donald Trump, on trouve la fragilité d’un impérialisme qui n’est plus capable de dominer le monde » : quand le capitalisme américain dominait les technologies, il était libre-échangiste afin d’inonder les marchés étrangers, maintenant qu’il ne les domine plus, il se referme.

 

Concluant le meeting, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, indique lui aussi faire de « l’analyse de classe » le fil conducteur de sa réflexion. Il y a danger : « L’industrie menacée, les services publics affaiblis, les libertés publiques attaquées, et même l’État de droit », énumère-t-il en référence aux attaques contre l’institution judiciaire après la condamnation de Marine Le Pen. « La démocratie est un bien précieux. » L’attaquer, « c’est l’emmener vers un monde plus dangereux ».

Face à l’attitude de Donald Trump, il invite à « investir en France » et prévient les entreprises qui céderaient aux injonctions américaines en délocalisant outre-Atlantique. « Qu’ils partent, mais sans les capitaux et l’outil de travail ! » s’exclame le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord), qui dénonce « l’économie de guerre », une « économie de la mort qui va taper sur notre pouvoir d’achat, s’en prendre à notre modèle social ». Dans son viseur se trouve l’augmentation prévue du budget de la défense, qui passerait de 50 à 100 milliards d’euros.

« Le PCF sera toujours présent pour défendre la patrie (…), mais il ne saignera jamais les travailleurs pour financer des guerres qui ne nous concernent pas », clame l’ancien député, qui fait de « la paix un combat politique contre l’accumulation sans fin du capital ».

Recouvrer notre souveraineté

Le meeting est aussi l’occasion d’affirmer un programme. Pour recouvrer notre souveraineté, Fabien Roussel enjoint à oser « franchir le cap » de la sortie de l’Otan, « qui a fait de l’Europe entière un protectorat américain ». Surtout, il invite à une solution diplomatique en vue de mettre fin « à la guerre sanglante déclenchée par Poutine ».

Cela se fait, pour l’UE, par le biais d’une négociation avec le président russe d’« un accord respectueux du peuple ukrainien et de tous les peuples d’Europe », qui passe certainement par « une neutralité de l’Ukraine ». Affrontant la culture de guerre, il met en garde : « Affirmer que la Russie est une menace existentielle, comme le fait Macron, nous empêche de mener une politique diplomatique réaliste. »

Impossible de tenir un tel meeting sans évoquer le Proche-Orient. « Pour un Palestinien, la paix, c’est vivre dans la dignité, en paix sur sa terre et pas ailleurs », a lancé sous les applaudissements Yassar Ayoub, représentant de l’ambassade palestinienne, qui rappelle que le conflit n’a « pas commencé le 7 octobre ». Fabien Roussel, qui souhaite voir la France « se tenir à la hauteur de l’histoire » en reconnaissant l’État de Palestine, a annoncé que le 4 juin son parti lancerait une « grande campagne européenne de soutien au peuple palestinien » avec l’Organisation de libération de la Palestine.

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12 avril 2025 6 12 /04 /avril /2025 05:23
Pour le secrétaire général du mouvement jeunes communistes de France, Assan Lakehoul, l’enjeu est d'« amener les jeunes à une remise en question du capitalisme »

Le Mouvement jeunes communistes de France tient son 44e congrès ce week-end à Bobigny pour fixer ses objectifs. Travail, conquêtes sociales, lutte contre l’extrême droite, combat pour la paix, internationalisme… son secrétaire général, Assan Lakehoul, détaille le projet.

Margot Bonnery, L'Humanité - 10 avril 2025

Le 44e congrès du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF) a pour titre « Une organisation proche, utile et révolutionnaire ». Quel est l’objectif ?

Assan Lakehoul

Secrétaire général du mouvement des jeunes communistes de France

Nous devons continuer à nous implanter localement pour parler à toutes les jeunesses, pas seulement aux convaincus. Il est donc nécessaire d’embrayer vers une nouvelle logique. Longtemps, nous avons bâti des « cathédrales » des jeunes communistes (JC). Elles sonnent fort, mais de très loin. Elles nous éloignent de la vie réelle des jeunes. Ce qu’il nous faut, ce sont des « maisons ouvrières de jeunesse », des structures de proximité pour permettre aux jeunes de militer, de discuter de l’actualité, de débattre et de changer leur vie.

À Rennes, par exemple, ce sont des lieux de révisions pour élèves et étudiants. À Paris, des tournois de basket et de ping-pong sont organisés. À Albi, de nombreux ciné-débats ont lieu. Avec simplicité et efficacité, nous devenons une organisation militante de référence.

Quelle est l’activité de la JC depuis le dernier congrès ?

Notre organisation ne cesse de se développer. Depuis le congrès de 2022, nous en sommes à la création de la 70e fédération. Le nombre d’adhérents a doublé. Nous militons activement à proximité d’établissements scolaires : lycées généraux et professionnels, campus, CFA, cités universitaires, IUT…

 

Face au danger de l’extrême droite, il ne faut pas se tétaniser ou s’enfermer entre militants. Au contraire, il faut s’ouvrir et discuter. L’extrême droite monte les uns contre les autres. Elle divise pour mieux régner en utilisant le racisme, la xénophobie, le populisme pour nous faire oublier que le problème est le patronat. C’est une vieille méthode du capitalisme.

Quelles sont les batailles à venir ?

Les JC vont lancer la grande campagne « 1 million d’emplois, pour sortir les jeunes de la précarité et révolutionner la France ». Elle vise à apporter des réponses concrètes localement. Nous partons de ce que vivent les jeunes pour les amener à une remise en question du capitalisme et de l’ubérisation qu’il porte. Pour cela, la jeunesse doit être mieux orientée et formée à des emplois utiles, qui ont du sens.

Le développement des formations professionnelles et des alternances qui débouchent sur des emplois est essentiel. Et la sélection avec Parcoursup doit prendre fin. Nous nous battons pour des emplois émancipateurs pour toutes et tous. Cette campagne est aussi féministe puisqu’il faut mettre fin à l’orientation genrée et aux logiques patriarcales. Il est nécessaire d’établir l’égalité salariale entre hommes et femmes et de mettre en place un vrai plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Vous luttez pour la paix dans le monde. Des échanges sont-ils prévus avec les jeunes communistes d’autres pays pour œuvrer à la fraternisation ?

Lors du congrès, nous aurons des discussions avec plusieurs délégations internationales de jeunes communistes : palestinienne, israélienne, suisse, belge, chypriote, portugaise, italienne, allemande, espagnole… Nous discuterons de notre analyse anti-impérialiste pour la paix et de comment mobiliser la jeunesse. Ce sera un moment riche. Une occasion d’échanger sur la reconnaissance de l’État palestinien, sur laquelle Emmanuel Macron pourrait avancer en juin. Nous souhaitons mettre les bouchées doubles en proposant des solutions politiques pour préserver la paix entre les peuples palestinien et israélien.

Quelle est la conception de la révolution pour le MJCF ?

La classe travailleuse doit reprendre le contrôle des entreprises, des services publics, mais aussi des institutions sociales et politiques. Et cela doit passer par de grandes mobilisations pour imposer au patronat des augmentations de salaire, l’égalité salariale, la création d’emplois, et l’obtention de CDI pour les jeunes en emploi précaire… La révolution, c’est lorsque les travailleurs renversent les rapports sociaux et montrent qu’ils peuvent prendre le contrôle démocratique.

Ce congrès est aussi l’occasion de renforcer les liens du MJCF avec le PCF dans la construction du mouvement communiste. Pour faire la révolution, nous devons travailler ensemble. La jeunesse n’est pas une classe sociale : elle est un moment de la vie où nous partageons des expériences communes. Je suis convaincu qu’elle viendra au socialisme et à l’engagement révolutionnaire en prenant des voies différentes de celles de ses aînés.

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