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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 08:10
Le racisme divise, la lutte rassemble - le MJCF 29 et l'UEC Finistère appellent à participer aux manifestations contre l'extrême-droite et le racisme le samedi 22 mars
Le racisme divise, la lutte rassemble - le MJCF 29 et l'UEC Finistère appellent à participer aux manifestations contre l'extrême-droite et le racisme le samedi 22 mars
Le racisme divise, la lutte rassemble !
Le libéralisme n’est qu’un marche pied de l’extrême droite et de ses idées. Plus que jamais, l’état de droit est menacé.
Né.e d’ici ou d’ailleurs, il ne suffit pas de ne pas être raciste, il faut être anti raciste. Une seule solution, un antiracisme de classe 
Soyons nombreuses et nombreux dans la rue ce samedi 22 mars. Face à l’extrême droite, on s’organise, on répond, et on gagne!
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 08:05

Extract of the 'Hommages Vagabonds'. Live. 2007. In this extract : Michèle Kerhoas, reading, JC Normand, keyboards, Pol Huellou, recorder. This letter was written on Feb 21. 1944. Fresnes.

Ce matin, 22 mars, a lieu lieu à Brest l'inauguration d'une rue Missak et Mélinée Manouchian, à 11H.
 
Dans cet esprit, notre camarade du PCF, de la CGT, et du Mouvement de la Paix, le musicien et chanteur Pol Huellou, met en circulation une impression vidéo de la lecture de la lettre qu'écrivit Missak, le 21 février 1944, à sa femme Mélinée. Quelques heures avant d'être fusillé. Interprété par Michèle Kerhoas. 
 
Il s'agit d'un extrait du cabaret Hommages Vagabonds (La Passerelle - Scène Nationale - 2007).
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:48
"Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu"
Bertolt Brecht (écrivain et dramaturge antifasciste et communiste allemand)
 
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale (à l'occasion du 80e anniversaire de la naissance de la Sécurité Sociale avec le programme du CNR et Ambroise Croizat, ministre communiste du Travail) et des pensions de retraites et du pouvoir vivre des retraités.
 
Les militants CGT en force et parmi un grand nombre de camarades du PCF sur Morlaix, dans tout le Finistère et la Bretagne.
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
Photos de Jean-Luc Le Calvez dans la manifestation syndicale régionale des retraités à Pontivy le jeudi 20 Mars au côté de 1000 syndiqués pour la défense de la Sécurité Sociale et des Retraites
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:24
Poésie en Palestine au Bar des deux Rivières ce samedi 22 mars avec Eva Langlois et le Théâtre de la Corniche

Samedi 22 mars, dès 18 h au bar des Deux Rivières à Morlaix, à l’occasion du mois de la poésie, le Théâtre de la Corniche et Eva Langlois, appuyés par l’association France Palestine solidarité (AFPS), se proposent de faire découvrir au public les textes de plusieurs écrivaines palestiniennes. Car derrière le bruit des bombes, à Gaza, il existe « une forme de résistance plus silencieuse, celle des mots que ces femmes mettent sur des maux ». Ah ! Si les mots avaient le pouvoir de faire taire les armes ! Eva l’affirme, il y a « derrière ces textes une puissance poétique rare, sans compter qu’on sent un degré d’urgence absolue derrière leur détresse ».

L’âme de ces femmes parfois exilées

Ces textes sont ceux de huit poétesses, romancières, scénaristes, journalistes, qui témoignent de leur enfer quotidien. Durant près d’une heure, l’artiste dévoilera l’âme de ces femmes parfois exilées, amputées d’une patrie qu’on leur dénie, dont les textes hurlent les privations, les décombres, la mort absurde et arbitraire, l’injustice, mais aussi l’existence fière et courageuse d’un peuple millénaire que l’on veut effacer.

Pratique

Participation libre. Réservation au 02 98 63 42 14, sur le répondeur ou sur à theatrelacorniche@orange.fr

Poésie en Palestine au Bar des deux Rivières ce samedi 22 mars avec Eva Langlois et le Théâtre de la Corniche
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:21
« Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza » - Poètes et poètesses de Gaza publiés aux éditions Libertalia, Orient XXI
Voici un poème de la première partie du livre « Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza », poème écrit par une femme, Neeamat Hassan, sous les bombardements le 26 octobre 2023
 
ÊTRE MÈRE À GAZA
 
Être mère à Gaza
C’est ne pas dormir
C’est tendre l’oreille
Dans le noir
Tâter ses moindres franges
Trier un à un tous les sons
En choisir un, de quoi créer
Un conte à sa mesure
En faire une berceuse
Et quand tout le monde dort
Se dresser comme un bouclier
Face à la mort
Être mère à Gaza
C’est ne pas pleurer
C’est ramasser la peur
La colère
Et les prières
À pleins poumons
Attendre que les avions
Finissent de rugir
Pour libérer le soupir
Être mère à Gaza
C’est ne pas pouvoir être comme toutes les autres mères
C’est faire du pain frais grâce au sel de ses yeux
Et voir ses tout-petits mangés par la patrie
 
Neeamat Hassan
 
« Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza », Libertalia, ORIENT XXI, poème sélectonné et traduit par Nadia Yafi
« Je rêve d’une mort retentissante, laissez-moi mourir comme je l’entends »
 
Par Haïdar Al Ghazali
 
Texte écrit le 27 octobre 2023
Là, maintenant, personne ne pourra me pleurer, personne ne pourra composer d’éloge funèbre, mon corps ne sera sans doute même pas retrouvé, et personne ne pourra donc m’enterrer, l’air libre sera ma tombe et le témoin de cette tombe un simple nuage, qui fera de l’ombre aux enfants, et ils grandiront.
Dieu merci, ils n’ont pas pu inclure l’air dans le blocus, ce qui me laisse encore la possibilité d’écrire cette folie, certes je ne suis pas libre dans cette absence, je ne suis pas libre puisqu’à tout moment exposé à une mort silencieuse, dont personne ne saura rien, je ne suis pas libre si je ne peux choisir ma mort, et pourtant je reste libre en mourant, alors allez-y détruisez toujours plus, faites exploser encore davantage, labourez donc la terre avec la mort, toute la terre, notre terre est une immense flûte de roseau, plus on y creuse de trous et plus elle est capable d’exhaler de nouvelles mélodies, de ces maqâms de l’impossible retour des ruines.
Il est maintenant vingt heures quinze, je vais me coucher, je vais préparer mon corps pour le missile impromptu qui l’explosera. Je vais préparer mes souvenirs, préparer mes rêves à devenir cette petite ligne de brève, ou ce simple numéro dans un dossier. Pourvu que le missile vienne dans mon sommeil, afin que je ne ressente aucune douleur ; voilà donc nos ultimes souhaits dans la guerre, une pitoyable conclusion de nos rêves grandioses.
Je quitte la frayeur de la famille vers mon matelas en me posant la question suivante : qui donc disait déjà au Gazaoui que le dormeur ne souffrait pas ? Et je me suis endormi. »
Haïdar Al Ghazali
 
« Que ma mort apporte l’espoir, poèmes de Gaza », Libertalia, ORIENT XXI, poème sélectionné et traduit par Nadia Yafi
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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:14
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan
Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan

Une rencontre littéraire de haut vol ce soir à la librairie Les Deferlantes animée par Lenaïg Jezequel avec le romancier palestinien de langue française Karim Kattan, auteur de "l'Eden à l'aube" chez Elysad publié cette année ainsi que, chez le même excellent éditeur, de "Préliminaires pour un verger futur" (2017), le "Palais des deux collines" , publie en poche en 2024. Un trentenaire né à Jérusalem, et ayant grandi sous occupation à Bethléem, tout en lucidité, humour, vivacité, intelligence et modestie, nous emportant dans son imaginaire métissé. Karim Kattan a également réalisé la postface de l'indispensable Que la mort m'apporte l'espoir. Poèmes de Gaza, poésies gazaouies traduites et sélectionnées par Nadia Yafi et éditées chez Libertalia/Orient XXI.

Ismaël Dupont, 21 mars 2025

Très belle rencontre à la librairie Les Deferlantes à Morlaix avec l'écrivain palestinien Karim Kattan

Résumé de l'Eden avant l'aube, le dernier roman de Karim Kattan, aux éditions Elysa: 

"Alors qu’un étrange vent de sable ensevelit le pays, deux hommes se croisent chez tante Fátima. Dans Jérusalem, ville labyrinthe, on se séduit chaque nuit en imaginant des histoires de jinns, de lions et de chevaliers.
En cette saison démoniaque, Gabriel et Isaac s’aiment, se perdent et se retrouvent, puis décident, en dépit du sable et des checkpoints, de partir en vacances… Mais n’est-ce pas un projet fou dans un pays morcelé ?
De Jérusalem à Jéricho, puis au mystérieux village où l'on oublie de mourir, jusqu'aux piscines de Salomon, c’est une aventure amoureuse, une recherche de lumière et de liberté.
Karim Kattan, auteur magicien, nous raconte de sa voix enchanteresse le ravissement de Gabriel et d’Isaac dans leur Palestine ardue, baroque et fabuleuse."

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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:11
Trump: symptôme de la décomposition américaine - Revue Cause Commune n°42, Janvier/ février 2025 - Pierre Guerlain, professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Nanterre.
Par

Les États-Unis viennent d’élire Trump pour la deuxième fois : pourquoi les classes populaires désertent-elles les partis dits « centristes » ou « modérés » pour choisir l’extrême droite ou ceux que l’on appelle d’une désignation problématique les « populistes » ?

Les néolibéraux américains sont souvent prompts à insulter les classes populaires, que ce soit Hillary Clinton qui les appelle deplorables (minables, pathétiques) ou Joe Biden qui reprend un terme trumpiste pour les qualifier d’« ordures » s’ils votent pour Donald Trump.

L’insulte psychologisante tient lieu d’analyse mais, à gauche, il est crucial de comprendre le pourquoi de cet exode vers les politiques du pire de ceux qu’aux États-Unis on appelle la « classe moyenne » mais que l’on peut désigner collectivement comme les travailleurs, voire la classe ouvrière. Les analyses du philosophe allemand Axel Honeth ou de son homologue américain, Michael Sandel, sur la reconnaissance ou la « condescendance méritocratique » sont pertinentes ici.

Le Monde diplomatique du mois de décembre 2024 a publié un graphique montrant pour qui les Américains et les Américaines avaient voté. Il ressort très clairement que les populations diplômées ont voté pour Kamala Harris alors que les non diplômés ont choisi Trump. Les moins fortunés ont également donné une courte majorité à Trump. La deuxième élection de Trump acquise avec cette fois une majorité des voix, contrairement à 2016, étant donné le caractère non démocratique du mode de scrutin américain, est un point d’aboutissement d’un long cycle historique.

Le néolibéralisme des démocrates

Depuis les années du New Deal de Franklin Roosevelt, le Parti démocrate était considéré comme le parti de la classe ouvrière et l’est resté, au moins sur le plan électoral, jusqu’à la présidence Clinton (1993-2001). Le triomphe politique du néolibéralisme s’accompagne d’une lente érosion des résultats électoraux des démocrates, érosion un temps enrayée par les succès de Barack Obama (2009-2017). Si le néolibéralisme a commencé à envahir les systèmes politiques à partir des succès de Margaret Thatcher (1979-1990) en Grande-Bretagne et de Ronald Reagan (1981-1989) aux États-Unis, il avait été théorisé bien avant. Barbara Stiegler a retracé l’histoire du néolibéralisme américain dans l’ouvrage intitulé Il faut s’adapter (Gallimard, 2019).

« Le discours de la diversité détaché d’une problématique de luttes sociales déplace les lignes de combat : les adversaires ne sont plus les capitalistes ou plus généralement le monde des affaires mais cette rhétorique peut conduire à la formation de structures identitaires. »

Bill Clinton, qui avait été élu avec les voix de la classe ouvrière, a pris des décisions qui ont eu des effets catastrophiques sur les revenus et la situation économique générale des classes défavorisées. Il a notamment validé les accords de libre-échange de l’ALENA, signés par son prédécesseur George Bush père (1989-1993). Ces accords ont permis la délocalisation des productions industrielles, en particulier vers les maquiladoras du Mexique, usines employant des travailleurs mexicains payés dix fois moins cher que les travailleurs américains qui eux ont perdu leurs emplois bien rémunérés dans des entreprises
fortement syndicalisées. Bien évidemment la délocalisation capitaliste entraîne la désindustrialisation des États-Unis, hors secteur armement. Un président démocrate a donc pris une part directe dans la paupérisation de la classe ouvrière. À la fin de son second mandat, Clinton a fait entrer la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il s’agissait alors, à nouveau, de produire à bas coûts en Chine puis d’importer des produits bon marché. La logique néolibérale insistait sur les économies que les travailleurs américains pouvaient réaliser en achetant ces produits chinois.

La balance commerciale entre la Chine et les États-Unis n’a cessé de se dégrader mais, puisque le dollar est la monnaie de réserve du monde, les économistes ne considéraient pas que c’était un problème. Pour les travailleurs qui voyaient fuir leurs emplois vers le Mexique ou la Chine, il était évidemment impossible de voir les avantages supposés de la « mondialisation heureuse », selon le titre d’un ouvrage d’Alain Minc. Les travailleurs qui ont perdu leur emploi ou ont dû accepter un emploi plus mal payé ne peuvent se réjouir des avantages des consommateurs pris dans leur globalité.

« Trump le démagogue parvient à donner l’impression de s’intéresser aux classes populaires, alors même qu’il mène la lutte des classes depuis sa position de privilégié réactionnaire. »

Biden a fait campagne en 2020 en utilisant des arguments auxquels les classes populaires sont sensibles mais, pas plus qu’Obama, il n’a cherché à instaurer une assurance maladie universelle ou à légiférer sur le salaire minimum.

Le discours public américain, surtout de la part des démocrates, parle de diversité raciale ou d’orientation sexuelle mais oublie ou marginalise le discours en matière de classes sociales, qui pourtant n’ont pas disparu, et Trump le démagogue parvient à donner l’impression de s’intéresser aux classes populaires, alors même qu’il mène la lutte des classes depuis sa position de privilégié réactionnaire. La conscience de classe a eu tendance à s’estomper lors des années de la montée du néolibéralisme pour être remplacée par des combats autour du racisme, du sexisme et de l’homophobie. Mais le parcours de Bernie Sanders montre pourtant qu’une analyse de classe pourrait facilement s’imposer à nouveau.

Comprendre la défaite de Kamala Harris

Après l’élection, le sénateur Sanders a formulé une analyse tout à fait pertinente : « Il n’est pas très surprenant qu’un parti démocrate qui a abandonné les gens de la classe ouvrière découvre que la classe ouvrière l’a abandonné. » Il ajoute : « Alors que les dirigeants du Parti démocrate défendent le statu quo, les Américains sont en colère et veulent du changement. Et ils ont raison. »

L’analyse de Sanders a le mérite de remettre la problématique de la lutte des classes dans le débat public. Une campagne américaine se déroule sous le règne de l’argent et cette fois-ci les démocrates ont dépensé plus que les républicains.

Les dépenses militaires des États-Unis, les plus importantes au monde, qui s’élèvent à plus de 900 milliards de dollars (et plus si on inclut les dépenses liées aux problèmes médicaux des soldats), orientent l’économie vers le secteur des armements au détriment de la santé et de l’éducation. Les États-Unis ont dépensé 182 milliards de dollars pour la guerre en Ukraine et plus de 18 pour soutenir Israël dans ses guerres et crimes de guerre au Moyen Orient.

Un autre aspect à considérer : l’influence de l’inflation sur les budgets des classes populaires, un aspect négligé par les économistes qui évoquent plutôt la bonne santé de l’économie américaine. Les prix de l’essence, de l’alimentation et de l’immobilier ont explosé affectant donc en premier lieu les plus défavorisés et la classe moyenne.

« Il n’est pas très surprenant qu’un parti démocrate qui a abandonné les gens de la classe ouvrière découvre que la classe ouvrière l’a abandonné. » Bernie Sanders

Trump a fait mine de s’intéresser aux problèmes de la classe ouvrière, tandis que Harris a voulu plaire à ses donateurs et conseillers et n’a même pas évoqué ces problèmes et que Biden a remis une couche de mépris social. Le philosophe Michael Sandel parle dans son analyse des résultats de l’élection d’« élites méritocratiques » qui expriment à la fois leur « triomphalisme méritocratique » et leur « condescendance méritocratique ». Il existe une expression en anglais qui résume assez bien le type de relations que le Parti démocrate entretient avec la classe ouvrière : add insult to injury (ajouter l’insulte à la blessure). Les détériorations réelles des conditions de vie pour la majorité de la population sont aggravées par des discours suintant le mépris social et l’arrogance.

Le discours de la diversité détaché d’une problématique de luttes sociales déplace les lignes de combat : les adversaires ne sont plus les capitalistes ou plus généralement le monde des affaires mais cette rhétorique peut conduire à la formation de  structures identitaires.

Disparition de la gauche ?

Si l’on conçoit la gauche comme étant une force d’opposition au capital, celle-ci a presque disparu aux États-Unis, sur le plan politique. Sur le plan syndical, le taux d’appartenance à un syndicat est d’environ 10% des travailleurs, soit deux fois moins qu’en 1983. Le syndicat des Teamsters (chauffeurs routiers) a envoyé un représentant à la convention républicaine. Le choix des démocrates de se détourner de la classe ouvrière a ouvert la voix aux républicains pour exprimer leur mécontentement.

Si le taux de syndicalisation est bas, il faut cependant noter un nombre élevé de grèves et le renouveau de certains syndicats comme celui de l’automobile (UAW, United Auto Workers). On pourra lire à ce propos l’article d’Alec Desbordes dans Recherches internationales (n° 130) : «  Aux États-Unis : la lutte industrielle comme nouvelle phase du syndicalisme ? ». Le renouveau de la gauche passera par les syndicats qui ne peuvent durablement se tromper d’adversaire.

Sur l’immigration il y a de multiples facteurs dont celui de la responsabilité des États-Unis par leurs sanctions punitives, mais notons aussi que le monde des affaires est fortement favorable à une immigration dite « illégale » pour avoir une main-d’œuvre docile et sous-payée.

Les guerres, qui de fait représentent un transfert d’argent des contribuables américains vers le secteur de l’armement, affectent les classes populaires par l’intermédiaire des impôts et de l’inflation.

Par ailleurs, les statistiques du chômage seraient, selon certains économistes dissidents, de 24% et donc bien plus hauts que les chiffres officiels, ce qui explique la perception justifiée des classes populaires concernant leurs baisses de revenus.

En conclusion on peut donc dire que les démocrates ont créé les conditions de leur défaite et que Trump le démagogue n’est que le symptôme d’une société en décomposition qu’il n’a pas créée. 

Pierre Guerlain est professeur de civilisation américaine à l’université Paris-Nanterre.

Cause commune n° 42 • janvier/février 2025

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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 07:00
Combattre le racisme, conquérir l'égalité le 22 mars! Manifestons dans le Finistère!

Combattre le racisme, conquérir l'égalité le 22 mars! Manifestons dans le Finistère!

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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 06:39
Inauguration de la rue « Mélinée et Missak Manouchian, résistante et résistant » à Brest samedi 22 mars
Inauguration de la rue « Mélinée et Missak Manouchian, résistante et résistant » à Brest samedi 22 mars
Inauguration de la rue « Mélinée et Missak Manouchian, résistante et résistant » à Brest samedi 22 mars
RDV à l’angle du 15, rue Coat ar Gueven
Samedi 22 mars 2025 à 11h
Hommage à ces combattants antifascistes, FTP-MOI, morts pour la liberté. Leur mémoire est un combat d’aujourd’hui.
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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 06:29
Ian Brossat : « Taper sur l’Algérie, c’est se faire du mal à nous-mêmes » - L'Humanité, 20 mars 2025
Ian Brossat : « Taper sur l’Algérie, c’est se faire du mal à nous-mêmes »

Le sénateur communiste Ian Brossat dénonce l’instrumentalisation des rapports entre la France et l’Algérie par la droite qui demande une révision des accords de 1968 avec l’Algérie.

Ian Brossat : « Taper sur l’Algérie, c’est se faire du mal à nous-mêmes » - L'Humanité, 20 mars 2025
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