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21 mars 2025 5 21 /03 /mars /2025 06:26
Victoire: la proposition de résolution trans-partisane de Ian Brossat visant à mettre fin au sans-abrisme des enfants adoptée au Sénat!

Que des milliers d’enfants dorment à la rue dans la 6e puissance économique du monde est une honte absolue.

Ce soir au Sénat, nous avons fait adopter à l’unanimité une résolution transpartisane pour y mettre fin.

Le gouvernement ne peut plus détourner le regard. Il y a urgence.

Ian Brossat

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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 16:27
Face à la reprise monstrueuse des bombardements contre Gaza, RENDEZ-VOUS CE SOIR 18 mars À 18H 30 AU KIOSQUE PLACE DES OTAGES POUR UN RASSEMBLEMENT.
Face à la reprise monstrueuse des bombardements contre Gaza, RENDEZ-VOUS CE SOIR 18 mars À 18H 30 AU KIOSQUE PLACE DES OTAGES POUR UN RASSEMBLEMENT.
URGENCE GAZA - URGENCE PALESTINE : STOP GENOCIDE !
Après avoir entretenu pendant les 2 mois de cessez-le-feu un génocide à bas bruit en Palestine, Israël a repris cette nuit les bombardements massifs de la population civile faisant au moins 400 morts, des centaines de blessé-es, un véritable carnage !
Ces bombardements de masse font suite au nouveau blocage de l'accès l'aide humanitaire dans la bande de Gaza, à la privation d'énergie pour ses habitants, aux assassinats quotidiens des Palestinien.ne.s en Palestine occupée, à l'agression militaire de grande ampleur de la Cisjordanie, au déplacement forcé de 40 000 réfugié.e.s palestinien.ne.s de Jénine et Tulkarem dont les camps ont été rendu inhabitable, au nettoyage ethnique de la Palestine.
ÇA SUFFIT !
Crimes de guerres, crimes contre l'humanité, crime d'apartheid, crime de génocide : il faut arrêter Israël !
LE GÉNOCIDE DU PEUPLE PALESTINIEN DOIT PRENDRE FIN !
L'AFPS appelle à réagir partout en France et sera présente dans les rassemblements unitaires ce mardi 18 mars
Liberté, justice et paix pour le peuple palestinien !
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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 16:00
Présence sur X, situation en Palestine, relation avec l'Algérie: intervention d'Ismaël Dupont au conseil national du PCF ce samedi 15 mars
Mon intervention au Conseil National du PCF samedi 15 mars 2025, dans l'échange du matin suite au rapport de Fabien Roussel sur la situation internationale.
 
Ismaël Dupont (fédé du Finistère):
 
Le débat est intéressant et je partage notamment le contenu des propos d'Ozer, de Hoël, de Nathalie, Amar et Cécile.
Je voudrais soulever trois points dans mon intervention.
Pour le premier, je me fais le porte-voix d'un camarade du Finistère qui interroge le sens de la présence du parti et de ses porte-paroles et militants sur le réseau social X détenu par le milliardaire d'extrême-droite Elon Musk, principal soutien de Trump. Je n'ai pas de réponse définitive et catégorique à la question mais il faut se la poser: Peut-on combattre l'extrême-droite en s'exprimant sur les médias de l'ennemi? Est-ce nous qui les utilisons ou eux qui nous utilisent? Ne les légitime t-on pas en même temps qu'on espère progresser dans le rapport de force politique en s'exprimant dessus parce qu'ils sont suivis? Cela vaut aussi pour interroger notre expression dans les médias de Bolloré ou d'autres milliardaires d'extrême-droite.
 
Le deuxième point concerne le projet de déclaration du PCF sur la situation internationale. Je suis en accord avec celle-ci globalement mais je trouve qu'on ne va pas assez fort, qu'on ne laisse pas assez de place, qu'on ne va pas assez loin, à la hauteur de ce qui se passe actuellement, sur l'écrasement des aspirations nationales et du droit à l'existence du peuple palestinien.
 
Pourquoi ne dénonçons-nous pas clairement le projet israélien d'annexion de la Cisjordanie? On a assisté il y a quelques jours à l'évacuation complète en quelques heures, sous la menace de la mort, de 40 000 réfugiés dans 3 camps de réfugiés à Tulkarem, Nur Shams, Jénine, pour que l'armée israélienne puisse détruire à son aise les infrastructures et les maisons, une fois de plus, le but étant de briser la résistance morale de la jeunesse palestinienne et de rendre la vie dans les camps de réfugiés et en Cisjordanie proprement invivable. Demain ce sera probablement Jalazone, Balata, El Arroub, ou d'autres camps de réfugiés avec lesquels nos communes françaises ont des jumelages, des partenariats de solidarité, souvent initiés par l'AJPF et des élus communistes ou progressistes. Et on en parle pas. Depuis octobre 2023, en dehors des dizaines de milliers de morts à Gaza et de la destruction complète de l'enclave palestinienne, c'est près d'un millier de jeunes qui ont été tués en Cisjordanie, majoritairement dans les camps de réfugiés. Le nettoyage ethnique de la Palestine, c'est aussi l'expulsion des bédouins de Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain et au sud d'Hébron. C'est la torture systématisée et documentée contre les prisonniers politiques palestiniens, détenus arbitraires et sans procès équitable le plus souvent. C'est l'hallucinant projet de l'administration américaine qui après avoir détruit Gaza en livrant en continu ses armes de mort à Netanyahou ambitionne de transformer Gaza en Riviera de la Méditerranée orientale, avec il y a deux jours une proposition abjecte faite à des pays africains pour déporter la population palestinienne de Gaza au Soudan ou en Somalie. Dans ce contexte, il y a une vraie nécessité d'élever la voix, de soutenir la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanction contre Israël et son gouvernement de criminels de guerre et l'objectif d'arrestation et de jugement par la Cour Pénale Internationale de Netanyahou et de son état-major génocidaire.
 
Enfin, un troisième point. Dans le texte de déclaration il manque, je pense, et je rejoins ce qui a été dit sur la Françafrique battue en brèche, et il n'y a pas à le regretter, une référence à nos liens à restaurer avec les pays francophones, anciens peuples colonisés. Il faut retrouver une ambition forte pour la francophonie, des partenariats et des coopérations, la restauration de liens culturels et politiques, d'échanges universitaires, d'accès facilité au territoire, notamment avec les pays d'Afrique, et notamment avec l'Algérie. Nous devons dénoncer l'hystérie anti-algérienne portée par la droite, le gouvernement, et l'extrême-droite, comme l'a fait Ian Brossat dans un bon discours au Sénat, la menace de remise en cause des accords de 1968, ce discours de phobie de l'Algérie et des Algériens qui renvoie au refoulé colonial, au passé des crimes coloniaux qu'une partie de la société française ne veut pas voir en face. Nous avons une histoire singulière avec l'Algérie, plus grand pays francophone d'Afrique, un pays voisin, et des millions de citoyens qui ont une double origine et appartenance entre notre pays et l'Algérie... Nous ne pouvons laisser le conflit s'installer et se renforcer durablement entre nos deux pays.
 
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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 07:00
Histoire d'Algérie: comment, sortis de leurs bagnes, les députés communistes reprenaient le travail de formation des militants en Algérie pendant la seconde guerre mondiale (Henri Alleg, Mémoire algérienne)

Des députés communistes combattants de l'idéal révolutionnaire pendant l'occupation et la seconde guerre mondiale. Lu dans "Mémoire algérienne" de Henri Alleg (stock 2005): 

" en février 1943, vingt-sept députés communistes français parmi ceux qui avaient été déchus de leurs mandats, puis déportés en Algérie et emprisonnés au bagne de Maison-Carrée après leur procès tenu à huis-clos en mars 1940, étaient libérés les premiers et je fis connaissance avec eux. Des centaines d'autres militants ne verront les portes des camps de concentration s'ouvrir pour eux que des semaines plus tard. Au début juillet, un des porte-parole des vingt-sept, François Billoux, député de Marseille, dans un article de "Liberté", le journal qu'ils lancèrent alors (qui deviendra l'organe officiel du parti communiste algérien), rappelait tous les efforts qu'ils avaient dû déployer pour arracher aux geôles et aux camps tous les prisonniers et internés français et algériens... Ce n'est que huit mois après le débarquement que le dernier prisonnier sera libéré et que tous les clandestins pourront enfin se montrer à visage découvert. " Quelques mois plus tard, le groupe de députés communistes français libérés de Maison-Carrée décident d'organiser avec une dizaine de militants une école clandestine des cadres du parti communiste en Algérie dans un appartement modeste au rez-de-chaussée d'un immeuble assez vétuste d'Hussen-Dey dans la banlieue est d'Alger. Henri Alleg, engagé dans l'action clandestine de résistance du parti communiste en Algérie sous Vichy, participe à cette école des cadres: "Nos professeurs étaient choisis parmi les députés libérés. Il aurait été bien difficile d'en trouver de meilleurs. C'étaient des hommes qui avaient déjà de longues années d'expérience militants derrière eux, des connaissances solides de la théorie marxiste et de l'histoire du mouvement ouvrier international. L'un d'eux, Étienne Fajon, que je devais retrouver des années plus tard comme directeur de L’Humanité, avait été responsable de l'éducation à l'échelon national du PCF et avait dirigé beaucoup d'écoles et de stages. Il accordait une importance primordiale à l'étude de la théorie pour la formation des militants révolutionnaires et, de son premier métier d'instituteur, il avait conservé aussi la passion d'enseigner. Quelle que fût la difficulté du sujet, il savait le traiter aussi rigoureusement et clairement que possible, sans jamais oublier le niveau d'instruction de chacun de ses élèves dont certains ne maîtrisaient pas complètement la langue française. Un ancien ouvrier metallo, André Parinaud, lui servait d'adjoint. Il avait été interné au camp de concentration de Bossuet, au sud de Sidi Bel Abbes, en Oranie, puis s'en était évadé sur décision de la direction communiste du camp. Parinaud était ce type d'homme que formaient à cette époque les partis communistes et que je n'avais pas encore rencontrés. Des militants issus des milieux ouvriers, plongés depuis des années dans la lutte quotidienne en même temps que portés par un profond idéal. Surprenants autodidactes, ils s'enrichissent constamment de nouvelles connaissances historiques, économiques et politiques mais aussi de la fréquentation d'auteurs anciens et modernes, convaincus qu'on ne saurait être un véritable communiste sans s'efforcer d'apprendre encore et toujours. La durée de l'école était courte - deux semaines drôlement - et les termes "stage de formation accélérée" auraient sans doute mieux convenu. Elle avait surtout pour objet de "nous apprendre à apprendre" et, en un sens, ce fut pour moi une extraordinaire révélation... Les discussions passionnées qui naissaient entre les "élèves" et les "profs" aiguisaient un extraordinaire désir d'en savoir toujours davantage et confirmaient le sentiment exaltant que, de révolte anarchisant que j'étais encore, j'apprenais à devenir un révolutionnaire conscient en mesure de prendre sa place dans le grand combat des hommes pour "changer le monde". 

Henri Alleg, Mémoire algérienne (Stock, 2005 - p. 84 à 86)

 

A lire:

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale et les travaux pionniers de Pierre-Jean-Le Foll-Luciani - par Malika Rahal) 

D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

Histoires d'Algérie: Djamila Boupacha, militante FLN défendue par Gisèle Halimi et dont Picasso fit une icône de la lutte des Algériens

Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)

Histoires d'Algérie: Colette Grégoire dite Anna Greki, poétesse, communiste, militante de l'indépendance: l'amour et la rage au coeur

Histoires d'Algérie - Fernand Iveton: militant communiste algérien décapité pour l'exemple en février 1957

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Histoires d'Algérie - La militante du PCA Gaby Gimenez, arrêtée et torturée par Vichy puis pendant la guerre d'Algérie

Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran

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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 06:46
Guerre en Ukraine, Trump, Gaza : le conseil national du PCF ausculte le désordre du monde

Le conseil national du PCF s’est penché, samedi, sur la situation internationale. L’absence de réelles négociations pour la paix en Ukraine et l’arrivée de Donald Trump au pouvoir inquiètent particulièrement.

Gaël De Santis L'Humanité, 16 mars 2025

Les communistes veulent un autre ordre du monde. À l’heure où l’extrême droite s’installe à la tête des États-Unis et où la guerre en Ukraine fait rage, « le monde s’engage dans une course folle », s’inquiète Fabien Roussel, qui introduisait les travaux du conseil national du PCF, ce samedi à Paris. Avec une optique : « Nous devons actualiser notre corpus au regard des enjeux nouveaux » en observant les logiques de puissances à l’œuvre.

S’il se montre sévère face à l’attitude des pays occidentaux, il invite à « ne pas dédouaner Poutine », qu’il repeint en « nouveau tsar de Russie, qui lui aussi, dans un monde multipolaire, cherche à asseoir la puissance de son pays face aux États-Unis, à la Chine ».

Un débat sur les dépenses militaires

Alors que les négociations entre Moscou et Washington se tiennent dans le dos des Ukrainiens, le dirigeant communiste souhaite que l’Union européenne et la France prennent « l’initiative d’appeler à une nouvelle conférence pour la sécurité des peuples d’Europe, une nouvelle conférence d’Helsinki comme ce fut le cas dans les années 1970 pour mettre fin au risque de guerre ».

À terme, cette conférence, à laquelle participeraient tous les pays du continent, doit permettre « la sortie et la dissolution de l’Otan et une reprise des négociations pour un désarmement global en Europe ».

Il dénonce notamment le « choix de la fuite en avant sociale et militaire » des dirigeants libéraux, qui « entendent profiter de cette crise pour mettre en place une économie de guerre et s’en prendre à l’ensemble de nos conquis sociaux ». Pour autant, il assume le besoin « d’investir dans les moyens de défense nationale (…) pour nous libérer de la tutelle américaine et de toute tutelle étrangère » et non pour « se projeter dans des guerres impérialistes à l’étranger ». Cela appelle, selon lui, à « une base industrielle française, indépendante ».

Attention à ne pas augmenter les dépenses militaires, se sont inquiétés certains conseillers nationaux. « Les Français ont compris l’économie de guerre telle que les gouvernants la comprennent : c’est encore plus d’austérité », a ainsi prévenu Denis Durand. « Nous n’avons pas à souscrire aux 800 milliards réclamés par l’UE, qui ne sont prévus qu’au seul bénéfice des marchands de canons et du capital en difficulté », alerte Marie-Christine Burricand. D’autres appellent en revanche à ne pas « opposer dépenses pour se défendre et dépenses sociales, les gens ne le comprendraient pas ».

Attaques contre les sciences

L’attaque de l’extrême droite contre les savoirs a animé une partie des débats. Amar Bellal, responsable du secteur écologie, dénonce la « censure de la science », citant le fait que l’agence météorologique des États-Unis ne « mentionne plus le CO2 sur sa page Web » ou que la Nasa a rompu tout « soutien technique au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ».

Il s’agit d’un « projet politique visant à asseoir une hégémonie politique » et dans lequel « tout ce qui est contestataire est balayé », s’insurge Jean-Noël Aqua, qui énumère les domaines visés par l’administration Trump : la recherche sur le climat, les pesticides, la domination patriarcale, etc.

Le conseiller de Paris Jacques Baudrier s’inquiète, avec l’arrivée de l’extrême droite aux États-Unis d’une « politique irresponsable de l’industrie fossile » et voit dans l’alliance naissante entre Donald Trump et Vladimir Poutine « l’union de deux pays qui veulent un développement économique sur la base de l’énergie fossile », dangereuse pour le climat.

Pour les communistes, les tensions internationales naissent des concurrences économiques. « Les États-Unis, la France » considèrent les Brics « comme des menaces nouvelles », estime Fabien Roussel, inquiet : « Quand des puissances capitalistes ont peur, elles attaquent. La guerre devient un moyen d’asseoir leur domination. »

Aux origines des tensions, on trouve entre autres le « capitalisme états-unien », qui « mène la guerre économique » et « assèche les capitaux du monde entier pour son propre développement, afin de faire remonter le taux de profit du capital américain et protéger le dollar contre les attaques des Brics », qui cherchent à s’émanciper de leur dépendance au billet vert, souligne Frédéric Boccara.

Au terme des débats, le conseil national du PCF a adopté une résolution afin de faire de la « France une voix indépendante pour la paix », qui dénonce « la fuite en avant guerrière », les politiques de Donald Trump et Vladimir Poutine, et invite la France à réinvestir les cadres internationaux de discussions sur le désarmement et à promouvoir une initiative pour une paix juste en Ukraine.

 

 

Municipales 2026 : un appel à la riposte

La direction communiste s’est penchée, samedi, sur les municipales de 2026. Elle s’inquiète, dans une résolution, des menaces « d’asphyxie financière » des collectivités territoriales due à l’austérité. Le PCF fait le choix de ne pas nationaliser le scrutin pour porter des « programmes ambitieux alliant progrès social et transition écologique » construits dans les territoires, avec les autres forces de gauche et les citoyens.

Plusieurs conseillers nationaux ont invité à s’inscrire dans le cadre du Nouveau Front populaire. Il n’existe, pour l’heure, pas de négociations nationales entre les quatre partis de la coalition de gauche. Le PCF appelle à des « rassemblements les plus larges », faisant valoir qu’il est la deuxième force de gauche en nombre d’élus. Des chefs de file seront désignés, cet été, dans les villes de plus de 20 000 habitants.

Guerre en Ukraine, Trump, Gaza : le conseil national du PCF ausculte le désordre du monde
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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 16:24
Photos du marché artisanal de l'AJPF - Morlaix Wavel au profit des réfugiés palestiniens du dimanche 16 mars : une réussite!
Photos du marché artisanal de l'AJPF - Morlaix Wavel au profit des réfugiés palestiniens du dimanche 16 mars : une réussite!
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Photos du marché artisanal de l'AJPF - Morlaix Wavel au profit des réfugiés palestiniens du dimanche 16 mars : une réussite!

Photos de Jean-Luc Le Calvez et Patrick Gambache

 

Et le mot de bilan de la présidente de l'association AJPF - Morlaix Wavel Michèle Gambache.

 

"Quelle journée !

Nous ne pouvions pas espérer une telle réussite car c’était notre coup d’essai.

Bien sûr nous avions à la tête de l’organisation un trio chevronné, mobilisé depuis des mois avec une énergie prodigieuse. Nicole bien sûr, la professionnelle de l’artisanat de grande qualité recruteuse de nos exposants et maîtresse des panneaux de ronds-points, Dominique et son expérience des salons et de la communication et Annie qui connait toutes les ficelles du ravitaillement en petite restauration ; ces deux dernières ayant assuré également l’approvisionnement du stand des plantes, de la bière et du chocolat.

Un grand merci à elles et la reconnaissance éternelle de notre association qui redémarre en beauté.

Remerciements également à Marianne et Marie aux crêpes, Martine et Dominique aux sandwichs et à tous les bénévoles ayant trimé à l’installation de la salle, la tenue des stands, au démontage et au ménage…,

Nous avons eu des compliments de la part d’exposants, de visiteurs et même du maire de Plourin, Guy Pennec, partie prenante du projet sur l’accès à l’eau du camp de Jalazone, qui face à la qualité de l'événement propose de nous accueillir de nouveau.

Le bilan financier provisoire annoncé par Annie, la trésorière de notre association est d’environ 1000€ de bénéfice.

Comme nous l’avons déjà dit, Cette somme sera utilisée pour le camp de Wavel si les contacts sont rétablis, sinon sur le projet d’aide à l’accueil de jeunes palestiniens à Morlaix.

J’ajouterais que 3 nouvelles adhésions à l’association, ainsi qu’une ré-adhésion ont été faites sur le salon.

Merci encore à toutes et tous, à très vite…

Michèle Gambache, 

présidente de l’association Morlaix-Wavel"

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 15:20

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 07:40
Histoires d'Algérie: L'histoire d'un poème anticolonialiste de 1952 de Kateb Yacine: Le fourgon cellulaire
Histoires d'Algérie: 
 
L'histoire d'un poème anticolonialiste de 1952 de Kateb Yacine
Le fourgon cellulaire
 
Bienheureux soit ce printemps d'orage
Qui fermera ton poing sur le pavé d'Houriya
Tu jouais pensive à l'ombre de la prison
Quand la brute tira son arme
Et ne sut dans quelle poitrine
Poursuivre son appel obstiné
Libérez les patriotes
Qui sinon toi
Patrie au cercueil décloué
Qui souffle aux lèvres de Lucie en veste rouge
Le cri de Houriya emmurée
Debout au passage des héros!
Dans le fourgon obscur
Les assassins ont cru dissimuler nos chaînes
Ils ont cru t'enterrer toute vive Houriya
Mais ce deuil n'est pas le nôtre
Les vrais captifs de ce fourgon funèbre
Ce sont les oppresseurs
Par notre union mis en bière
Bienheureux soit ce printemps d'orage
 
Lucette Larribère Hadj Ali alors militante du Parti communiste algérien, comme son père (docteur à Oran pratiquant les accouchements sans douleurs) et ses sœurs, raconte dans ses mémoires (Itinéraire d'une militante algérienne aux éditions du Tell, 2011):
 
"Je me souviens aussi, en avril 1952, le parti organisa une manifestation sur la petite place en face de la prison Serkadji (Barberousse alors) dans la Haute-Casbah, pour saluer et soutenir les militants nationalistes de l'OS (Organisation spéciale) au moment où dans leurs fourgons, ils réintégraient la prison au retour du Palais de justice. A "Alger républicain", nous fûmes nombreux à aller y participer. La police accourut aussitôt, arrêtant de nombreux militants et se jetant sur les enfants qui avaient envahi la place. Je me lançai alors en hurlant pour protéger les gosses et arrêtée, je fus "jetée" dans le commissariat.
Le lendemain, rue d'Isly, une femme, voilée en haïk blanc, m'arrêta et m'embrassa, m'expliquant qu'elle m'avait vu la veille sur la place, du haut de son balcon, et qu'elle m'avait reconnue car je portais en effet "la même veste rouge". Kateb Yacine, qui avait participé à cette manifestation, écrivit ensuite un poème: "Le fourgon cellulaire".
 
***
Lucette Larribère, dite Lucie, est née à Oran en 1920. Et morte à 94 ans le 26 mai 2014 à La Seyne-sur-Mer (Var). Fille du célèbre docteur des quartiers pauvres d'Oran Jean-Marie Larribère, communiste après guerre, et d'une maire institutrice, elle fut géographe, puis journaliste à Liberté (PCA) puis à Alger Républicain ; directrice de Femmes d’Algérie et présidente de l’Union démocratique des femmes ; membre du Comité central du PCA ; épouse en secondes noces du dirigeant communiste Bachir Hadj Ali ; clandestine depuis 1955 jusqu’à l’indépendance, agent de liaison et secrétaire du PCA interdit. Pendant la guerre, elle rencontre un dessinateur au service topographique, Robert Manaranche qui est né et a grandi en milieu petit-blanc colonial, se réclamant certes de la Commune de Paris mais empreint de racisme anti-arabe. Ils se marient en 1943 et auront deux garçons. Par anti-racisme, son mari devient communiste en 1945 sous l’impulsion de sa femme et de ses amis Henri Alleg et David Cohen. Communiste de famille et d’instruction, devenue journaliste, Lucette Larribère collabore d’abord au quotidien du PCA Liberté ; elle doit interrompre un an pour raison de santé ; à son retour, le PC lui confie la direction de Femmes d’Algérie, le périodique de l’Union démocratique des femmes.
En 1946, elle succède à Lise Oculi, morte du typhus, à la tête de cette Union démocratique des femmes. Le PCA est revenu sur sa dénonciation des nationalistes du PPA accusés de faire le jeu du nazisme en 1945 en suscitant un complot qui, à travers la campagne des AML (Amis du manifeste et de la Liberté), a conduit aux manifestations du 8 Mai 1945 suivies de la terrible répression et des massacres. Le PCA relance la demande d’un Front démocratique algérien ; l’Union des femmes participe à cette ouverture. À Oran en particulier, compensant des abandons de femmes européennes, l’Union des femmes gagnent des femmes algériennes ; la présidence régionale est assurée par une algérienne, Abassia Fodhil*, femme de dirigeant du PCA, et qui entre elle-même au comité central.
La ligne devient plus combative et Lucette Larribère retrouve plus foncièrement pied quand, avec la guerre froide, à partir de l’été 1947, la solidarité se porte au soutien des grèves et des femmes de grévistes, au port d’Oran et au port minier de Beni-Saf. Les grèves de 1951 et 1953 se doublent de grèves des ouvriers agricoles du vignoble oranais. Dans cet affrontement classe contre classe, les femmes de l’Union démocratique sont aussi au premier rang des manifestations contre l’impérialisme américain. Lucette Larribère a encore renforcé ses convictions acquises au marxisme soviétique d’enseignement stalinien en suivant, en 1949, l’école de formation des cadres communistes pour l’Afrique du Nord. Elle entre au comité central du PCA.
Depuis 1947, elle est proche de Bachir Hadj Ali qui devient en 1949 secrétaire du PCA et membre du Bureau politique. Ils travaillent souvent dans le même bureau ; cet homme rayonne comme poète du parti, poète et connaisseur de musique andalouse ; il écoute les leçons d’histoire de son amie et romance en une geste ininterrompue une suite glorieuse d’histoire de l’Algérie faite de Résistance. Attentif à l’évolution intellectuelle, il est un des nouveaux dirigeants communistes qui veut réussir l’algérianisation du PCA. Ils sont nés le même jour mais lui en 1921 et elle en 1920 ; aussi est-ce rituellement Lucie Larribère (Manaranche) qui est chargée de lui porter le bouquet d’anniversaire. Ils manifestent ensemble ; ils sont arrêtés ensemble en délégation devant la prison de Barberousse, et Yacine Kateb célèbre « Lucie à la veste rouge ». Bref, ils se marient devant le cadi après l’indépendance. Bachir Hadj Ali a quatre enfants de son premier mariage.
« En 1952, le Parti m’a demandé d’aller travailler comme permanente au journal Alger Républicain où j’étais responsable de l’équipe de jour, celle qui relate tout ce qui se passe dans une journée, jusqu’à la saisie du journal en 1955 ». À cette date Bachir Hadj Ali est déjà clandestin, à la tête même de la direction clandestine du PCA avec Sadek Hadjerès. Cette direction va préparer la mise en place d’un maquis communiste après le détournement d’armes d’Henri Maillot (avril 1956) et conduire des négociations avec la direction du FLN à Alger qui ne pourront que concéder le ralliement individuel des communistes aux maquis de l’ALN.
Libre encore de ses mouvements, ayant son logement propre à Alger, Lucie Manaranche, pour la légalité française, sert de secrétaire et d’agent de liaison. Après un passage à Oran, elle revient en clandestinité à Alger en septembre 1956. Robert Manaranche est arrêté ; les enfants recueillis à Oran. Lucette Larribère échappe aux arrestations ; elle est aux côtés des dirigeants Bachir Hadj Ali et Sadek Hadjerès qu’assiste Élyette Loup, aidant à la sortie des tracts et publications et à des transports de matériel et de personnes ; elle passe de cache en cache mettant souvent à contribution des catholiques progressistes. Malgré l’OAS, elle revient au jour en 1962.
(Source Maitron, René Gallissot)
***
Kateb Yacine
Kateb Yacine naît en 1929 à Constantine.
Il est issu d'une famille chaouie originaire des Aurès. Son grand-père maternel est juge suppléant du cadi, à Condé Smendou, son père est avocat et sa famille le suit dans ses mutations successives.
Le jeune Kateb (nom qui signifie « écrivain» en arabe) entre en 1934 à l'école coranique de Sedrata, et en 1935 à l'école française à Lafayette (aujourd'hui Bougaa en Petite Kabylie, actuelle wilaya de Sétif), où sa famille s'est installée, puis en 1941, comme interne, au lycée de Sétif : le lycée Albertini.
Kateb Yacine se trouve en classe de troisième quand éclatent les manifestations du 8 mai 1945, auxquelles il participe et qui s'achèvent sur le massacre de plusieurs dizaines de milliers d'Algériens par la police, l'armée françaises et des milices.
Quatorze membres de sa famille sont tués au cours du massacre. Trois jours plus tard, il est arrêté et détenu durant deux mois. Il est définitivement acquis à la cause nationale, tandis qu'il voit sa mère « devenir folle ».
Il dira: «Je suis né quand j’avais seize ans, le 8 mai 1945. Puis, je fus tué fictivement, les yeux ouverts, auprès de vrais cadavres et loin de ma mère qui s’est enfuie pour se cacher, sans retour, dans une cellule d’hôpital psychiatrique. Elle vivait dans une parenthèse, qui, jamais plus, ne s’ouvrira. Ma mère, lumière voilée, perdue dans l’infini de son silence»
Exclu du lycée, traversant une période d'abattement, plongé dans Baudelaire et Lautréamont, son père l'envoie au lycée de Bône.
Il y rencontre Nedjma (l'étoile), « cousine déjà mariée », avec qui il vit « peut-être huit mois », confiera-t-il,et y publie en 1946 son premier recueil de poèmes.
Il se politise et commence à faire des conférences sous l'égide du Parti du peuple algérien, le parti nationaliste de masse de l'époque.
En 1947, Kateb arrive à Paris, « dans la gueule du loup ». Il prononce en mai, à la Salle des Sociétés savantes, une conférence sur l'émir Abdelkader et adhère au Parti communiste algérien.
Au cours d'un deuxième voyage en France métropolitaine, il publie l'année suivante Nedjma ou le Poème ou le Couteau (« embryon de ce qui allait suivre ») dans la revue Le Mercure de France.
Journaliste au quotidien communiste de rassemblement "Alger républicain" entre 1949 et 1951, son premier grand reportage a lieu en Arabie saoudite et au Soudan (Khartoum).
À son retour, il publie notamment, sous le pseudonyme de Saïd Lamri, un article dénonçant l'« escroquerie » du lieu saint de La Mecque.
Après la mort de son père, survenue en 1950, Kateb devient docker à Alger, en 1952. Puis il s'installe à Paris jusqu'en 1959, où il travaille avec Malek Haddad, se lie avec M'hamed Issiakhem, Armand Gatti et, en 1954, s'entretient longuement avec Bertolt Brecht, dialogue avec Cesaire, Glissant.
En 1954, la revue Esprit publie « Le Cadavre encerclé » qui est mis en scène par Jean-Marie Serreau, mais interdit en France.
Son chef d’œuvre, Nedjma paraît en 1957 (et Kateb se souviendra de la réflexion d'un lecteur : « C'est trop compliqué, ça. En Algérie vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parlez pas de moutons ? »).
Nedjma, c’est à la fois la femme et l’Algérie, l’incarnation de la résistance à toutes les oppressions. Nedjma lui confère une place singulière dans la littérature, le propulse au premier rang, le consacre comme l’écrivain de la littérature moderne algérienne. Avant lui, Mammeri, Feraoun, ­Mohamed Dib, Malek Haddad avaient entrouvert la porte. Kateb la pousse définitivement.
Et la figure de Nedjma fera des apparitions récurrentes dans son œuvre, fantôme incarné qui franchit le temps et l’espace, toujours là avec, à ses côtés, ­Lakhdar et Mohamed.
En 1958, le metteur en scène et ami Jean-Marie Serreau monte le Cadavre encerclé, de Kateb. Cela fait quatre ans que l’Algérie est le théâtre d’une guerre sans nom. Les autorités françaises interdisent la pièce. Elle se jouera au Théâtre Molière, à Bruxelles, dans un climat de grande tension. Dans la distribution, Serreau, mais aussi José Valverde, Edwine Moatti, Paul Crauchet ou encore Antoine Vitez.
Durant la guerre d'Algérie, Kateb, harcelé par la Direction de la surveillance du territoire, connaît une longue errance, invité comme écrivain ou subsistant à l'aide d'éventuels petits métiers, en France, Belgique, Allemagne, Italie, Yougoslavie et Union soviétique.
En 1962, après un séjour au Caire, Kateb est de retour en Algérie peu après les fêtes de l'Indépendance.
Il reprend sa collaboration à "Alger républicain", mais il effectue entre 1963 et 1967 de nombreux séjours à Moscou, en Allemagne et en France tandis que "La Femme sauvage", qu'il écrit entre 1954 et 1959, est représentée à Paris en 1963.
Il publie en 1964 dans "Alger républicain" six textes sur "Nos frères les Indiens" et raconte dans Jeune Afrique sa rencontre avec Jean-Paul Sartre, tandis que sa mère est internée à l'hôpital psychiatrique de Blida (« La Rose de Blida », dans Révolution Africaine, juillet 1965). En 1967, il part pour le Vietnam, abandonne complètement la forme romanesque et écrit "L'Homme aux sandales de caoutchouc".
Lorsqu’il décide de rester plus durablement en Algérie, en 1970, il abandonne l’écriture en français et se lance dans une expérience théâtrale en langue dialectale dont Mohamed, prends ta valise, sa pièce culte, donnera le ton. Fondateur de l’Action culturelle des travailleurs (ACT), il joue dans les lieux les plus reculés et improbables, usines, casernes, hangars, stades, places publiques... avec des moyens très simples et minimalistes — les comédiens s’habillent sur scène et interprètent plusieurs personnages —, le chant et la musique constituant des éléments de rythme et de respiration.
« Lorsque j’écrivais des romans ou de la poésie, je me sentais frustré parce que je ne pouvais toucher que quelques dizaines de milliers de francophones, tandis qu’au théâtre nous avons touché en cinq ans près d’un million de spectateurs. (...) Je suis contre l’idée d’arriver en Algérie par l’arabe classique parce que ce n’est pas la langue du peuple ; je veux pouvoir m’adresser au peuple tout entier, même s’il n’est pas lettré, je veux avoir accès au grand public, pas seulement les jeunes, et le grand public comprend les analphabètes. Il faut faire une véritable révolution culturelle. »
L’engagement politique de Kateb détermina fondamentalement ses choix esthétiques : « Notre théâtre est un théâtre de combat ; dans la lutte des classes, on ne choisit pas son arme. Le théâtre est la nôtre. Il ne peut pas être discours, nous vivons devant le peuple ce qu’il a vécu, nous brassons mille expériences en une seule, nous poussons plus loin et c’est tout. Nous sommes des apprentis de la vie . » Pour lui, seule la poésie peut en rendre compte ; elle est le centre de toutes choses, il la juge « vraiment essentielle dans l’expression de l’homme ». Avec ses images et ses symboles, elle ouvre une autre dimension. « Ce n’est plus l’abstraction désespérante d’une poésie repliée sur elle-même, réduite à l’impuissance, mais tout à fait le contraire (...). J’ai en tous les cas confiance dans [son] pouvoir explosif, autant que dans les moyens conscients du théâtre, du langage contrôlé, bien manié »
Un « pouvoir explosif » qu’il utilisera dans "Le Cadavre encerclé", où la journée meurtrière du 8 mai 1945, avec le saccage des trois villes de l’Est algérien, Guelma, Kherrata et Sétif, par les forces coloniales, est au cœur du récit faisant le lien entre histoire personnelle et collective.
Kateb Yacine a fait le procès de la colonisation, du néocolonialisme mais aussi de la dictature post-indépendance qui n’a cessé de spolier le peuple. Dénonçant violemment le fanatisme arabo-islamiste, il luttait sur tous les fronts et disait qu’il fallait «révolutionner la révolution ».
S’il considérait le français comme un « butin de guerre », il s’est aussi élevé contre la politique d’arabisation et revendiquait l’arabe dialectal et le tamazight (berbère) comme langues nationales. Surnommant les islamo-conservateurs les « Frères monuments », il appelait à l’émancipation des femmes, pour lui actrices et porteuses de l’histoire : « La question des femmes algériennes dans l’histoire m’a toujours frappé. Depuis mon plus jeune âge, elle m’a semblé primordiale. Tout ce que j’ai vécu, tout ce que j’ai fait jusqu’à présent a toujours eu pour source première ma mère (...). S’agissant notamment de la langue, s’agissant de l’éveil d’une conscience, c’est la mère qui fait prononcer les premiers mots à l’enfant, c’est elle qui construit son monde »
L’éventail et la radicalité de sa critique lui ont valu autant de passions que d’inimitiés.
En 1986 il livre un extrait d'une pièce sur Nelson Mandela, et reçoit en 1987 en France le Grand prix national des Lettres.
Dans la perspective du bicentenaire de la Révolution française, on lui commande une pièce. Il écrit le Bourgeois sans-culotte ou le Spectre du parc Monceau. Elle est jouée en 1984 à Arras, puis en 1988 au Festival d’Avignon. Il faut lire et relire cette pièce. C’est une sorte de grand embrasement révolutionnaire de 1789 aux luttes pour l’indépendance. Les terroristes – tels que les qualifiaient les royalistes, les pétainistes et les nazis, les défenseurs de l’Empire colonial français – sont des révolutionnaires. Kateb prend le contre-pied des thèses en vogue d’un Furet, qui s’acharne à détruire la figure de Robespierre. Pour lui, les révolutionnaires de 1789 sont les ancêtres des indépendantistes algériens : « Le préfet de police Papon achève l’œuvre de La Fayette. À Charonne comme au Champ-de-Mars, la police française a tué des Français. (…) Cinq cent mille Parisiens ont assisté à l’enterrement des neuf morts de Charonne. La France de la Révolution vient de se reconnaître dans l’Algérie indépendante. »
« Notre théâtre, confiait-il en 1975 à Colette Godard dans le Monde, est de combat. (…) Nous défendons, nous attaquons, c’est une forme d’action politique dans la ligne de la Révolution.(…) Nous ne faisons peut-être pas du théâtre, mais nous créons le débat idéologique sans lequel toute révolution n’est qu’un exercice militaire. » Kateb ne cède rien, ni aux sirènes de la gloire, ni au confort d’une reconnaissance réelle, ni au public qu’il bouscule dans ses retranchements : « Il faut le harceler, ne pas le laisser reprendre son souffle. Le vrai théâtre est un combat pour le public et contre lui », dira-t-il.
Son théâtre est aussi subversif par sa langue : indisciplinée, rugueuse, joyeuse. Le lire et le relire aujourd’hui est à la fois vertigineux et salutaire. Comme un Gatti, un Benedetto, ses écrits sont à redécouvrir. Il serait temps de retourner à ces création denses, d’oser les remettre sur le métier. À Paris, un square dans le 13e arrondissement porte son nom. À Grenoble, une bibliothèque. Le théâtre de Tizi Ouzou. C’est peu au regard de l’immensité de son talent, de son engagement. On ne connaît pas la date de naissance exacte de Kateb Yacine. On est sûr qu’il est mort le 28 octobre 1989. Laissant une œuvre inachevée qui respire encore…
Il est enterré au cimetière d'Al Alia à Alger.
 
Source: Wikipedia, article de Marina Da Silva dans Le Monde Diplomatique, article de Marie-José Sirach dans L'Humanité
 
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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 05:39
samedi 22 mars: combattre le racisme, conquérir l'égalité - Manifestons dans tout le Finistère
Communiqué du PCF Finistère:
 
22 mars, combattre le racisme, conquérir l’égalité
 
Manifestons dans tout le Finistère.
 
Brest 14 h 30 Place de la Liberté.
Crozon 10 h 30 Place de la Mairie.
Morlaix 14 h Place de la Résistance
Quimper 15 h Place St Corentin
 
Venu·e·s d’ailleurs, l’égalité des droits c’est pour toutes et tous ! » :
c’est le mot d’ordre qu’ont choisi les associations antiracistes, de défense des droits humains et les organisations syndicales pour appeler à des manifestations ce samedi 22 mars dans tout le pays.
Cet appel s’inscrit dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale (21 mars) qui marque l’anniversaire du massacre de Sharpeville en Afrique du Sud, quand la police tua 69 personnes lors d’une manifestation contre l’apartheid.
C’était en 1960.
Aujourd’hui en France, les paroles et les actes racistes sont en forte augmentation, et vont de pair avec la persistance d’un haut niveau de discrimination, notamment à l’embauche et au travail.
Nous saluons à ce titre l’initiative inédite des huit grandes organisations syndicales qui lanceront le 21 mars une grande campagne unitaire contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie en direction du monde du travail.
La xénophobie, le racisme, l’antisémitisme et les discriminations sont des armes de division massive qui alimentent les fractures et permettent aux idéologies identitaires et à l’extrême droite de progresser partout. Une progression aujourd’hui largement permise par la parole même du Premier ministre, quand il évoque la « submersion migratoire », ou par les actes du ministre de l’Intérieur dont la circulaire dangereuse doit être abrogée.
Fabien Roussel déclarait récemment : « Quand tout est fait pour nous diviser en fonction de notre couleur de peau, de notre religion, de notre lieu d’habitation – urbains versus ruraux –, quand certains à gauche ne proposent rien d’autre que le chaos, le travail doit être le socle du rassemblement. »
Nous inscrivons ainsi notre lutte contre le racisme dans une perspective indissociable du combat de classe pour la justice sociale et intimement liée à la bataille universaliste pour l’égalité. Elle est celle de la République qui refuse de distinguer les êtres humains, quelle que soit leur nationalité, en fonction de leur origine, de leur couleur de peau ou de leur religion.
Nous combattons le racisme et la xénophobie qui demeurent des ressorts majeurs de la progression de l’extrême droite en alimentant le rejet des immigrés et en portant le principe de « priorité nationale », clé de voûte du programme du RN. Nous combattons avec autant de force la haine antijuive, qui a conduit dans notre pays à l’affaire Dreyfus et à la collaboration avec le génocide hitlérien. Et parce que nous savons que la dynamique de l’extrême droite et des idéologies identitaires se nourrit de la crise économique et sociale, nous voulons remettre la question du travail au centre de la bataille politique et amplifier notre mobilisation pour une nouvelle industrialisation et pour le développement des services publics.
Samedi 22 mars, soyons très nombreux aux côtés des victimes du racisme, avec les associations et les syndicats, et les autres partis politiques de gauche, pour conquérir l’égalité !
 
Fédération du Finistère du PCF, 
 
Communiqué du 17 mars 2025
 
 
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16 mars 2025 7 16 /03 /mars /2025 17:39
Histoires d'Algérie - Terreur en Kabylie par Boualem Khalfa, reportage pour "Alger Républicain" sur les violations des droits de l'homme de l'administration coloniale
Histoires d'Algérie - Terreur en Kabylie par Boualem Khalfa, reportage pour "Alger Républicain" sur les violations des droits de l'homme de l'administration coloniale
Histoires d'Algérie - Terreur en Kabylie par Boualem Khalfa, reportage pour "Alger Républicain" sur les violations des droits de l'homme de l'administration coloniale
Histoires d'Algérie - Terreur en Kabylie par Boualem Khalfa, reportage pour "Alger Républicain" sur les violations des droits de l'homme de l'administration coloniale
Terreur en Kabylie : L’Algérie du gouverneur Naegelen, ses élections truquées et sa répression, dénoncées par les militants du Parti Communiste Algérien et l'équipe d'« Alger Républicain »
En 1947, un projet de statut pour l’Algérie présenté au Parlement français comme libéral et progressiste prévoit qu’une Assemblée Algérienne de 120 membres sera élue pour la moitié d’entre eux par un collège constitué essentiellement par les Européens d’Algérie, qui représentent 15 % du corps électoral (1 million d’habitants), et pour moitié par le deuxième collège des « Français Musulmans » (8 millions d’habitants), amputé des femmes algériennes, qui ne peuvent pas encore voter.
Les élections doivent se tenir en avril 1948. Henri Alleg fait partie des observateurs du PCA depuis Bône (Annaba). Les annonces de trucage, d’obstructions des élections, de bourrage d’urnes, d’empêchements des électeurs d’aller aux urnes ou d’observer le dépouillement se multiplient.
« A Dechmya (près d’Aumale, dans le département d’Alger), des fellahs s’étaient montrés réticents à mettre dans l’urne le bulletin qu’on leur imposait et avaient naïvement prétendu utiliser celui qu’ils avaient eux-mêmes choisi. Les gardes mobiles, intervenant pour les « ramener à la raison », avaient ouvert le feu. Sept morts. La même protestation indignée dans un bureau de Champlain, un village des hauts plateaux proches de Boghari, aboutissait à un résultat identique. Là aussi, les forces de l’ordre avaient tué quatre fellahs. A Bône, où je me trouvais, le premier tour s’était déroulé quasiment normalement, peut-être parce que certains exécutants hésitaient à appliquer dans une ville aussi importante les ordres de trucage venus d’en haut. Au premier tour le candidat du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, de Messali Hadj) était arrivé largement en tête avec 6544 voix contre 3174 au poulain de l’administration. Celui-ci se rattrapait au deuxième tour. Sans même se préoccuper de vraisemblance – quelle importance quand on était d’avance assuré de l’impunité et que l’on se moquait bien de ce que pouvaient penser les électeurs ! - le candidat nationaliste n’obtenait que 96 voix tandis que le béni oui-oui triomphait avec 16 348 suffrages. Des résultats dûment confirmés par leur publication au « Journal officiel ».
Chacun pouvait mesurer l’étendue de la fraude, du mensonge et de l’hypocrisie que couvraient ceux qui, à Paris et à Alger, continuaient à parler de mise en place d’institutions « démocratiques ». Tout cela sous l’égide du nouveau Gouverneur Général, Marcel-Edmond Naegelen, membre de la direction du Parti socialiste (SFIO), qui, deux mois avant les élections, en février 1948, avait succédé à Yves Chataigneau, surnommé « Mohammed Chataigneau » par les colons, qui le détestaient parce que « trop mou avec les Arabes ». Naegelen, quant à lui, sera couvert de fleurs pour sa « fermeté ».
Dès son arrivée, il avait proclamé, vigoureusement applaudi par toute la presse coloniale, sa volonté de « frapper fort » pour mettre les « séparatistes hors d’état de nuire ». Ce qu’il fit sans crainte de piétiner la légalité. Il avait vite appris de son entourage de hauts fonctionnaires, familiers de la « colonie », que « les Arabes ne comprennent que la force » et que même si officiellement on devait dire le contraire – l’Algérie n’était pas la France, qu’on pouvait s’y permettre beaucoup de choses. Comme pour montrer à quel point il s’en était convaincu, à la veille même du scrutin, sur les cinquante-neuf candidats présentés par le MTLD, le gouverneur général en faisait appréhender trente-deux « pour agissements ou propos portant atteinte à la souveraineté française ».
Ce n’était là qu’une entrée en matière. Tout au long de son proconsulat la répression ira en s’accentuant. L’un des épisodes les plus spectaculaires en fut, en septembre 1949, l’expédition punitive dirigée contre le douar Sidi Ali Bouneb, proche de Camp-du-Maréchal, en Kabylie. Un jeune fellah, appelé à l’armée, avait refusé de rejoindre la caserne et pris le maquis. Connu comme militant nationaliste et recherché par la police, il avait été aperçu dans le voisinage et sa présence signalée aux autorités par un indicateur.
C’était un motif suffisant pour que les gendarmes, armés jusqu’aux dents, montent à l’assaut du douar, considéré comme collectivement complice de l’homme en fuite, et se mettent à l’œuvre : gourbis démolis ou saccagés, provisions détruites, sacs de blé et d’orge éventrés, bidons d’huile crevés, pétrole déversé sur les denrées pour les rendre inutilisables. Jugeant sans doute que la punition n’était pas encore suffisante pour que ces paysans peu coopératifs en tirent la leçon, les gendarmes les rassemblèrent sur la place, et là tombèrent sur eux les insultes et coups de matraque. Des femmes furent bousculées, humiliées, violées. Un vieillard, déshabillé de force, fut contraint de danser nu devant tous les habitants du village.
Boualem Khalfa, envoyé d’« Alger Républicain », qui, en compagnie de plusieurs personnalités dont Pierre Fayet, député communiste d’Alger, était allé enquêter sur les lieux mêmes, relata dans les colonnes du journal ce qu’avait été la honteuse expédition, loin d’être la première du genre dans les annales de l’Algérie coloniale. Le récit fut aussitôt qualifié de « roman-feuilleton » par le préfet d’Alger, et la majorité de l’Assemblée Nationale, devant laquelle l’affaire avait été évoquée, refusa l’envoi d’une commission d’enquête. Cela, à la demande de Jules Moch, ministre de l’Intérieur, volant au secours de Naegelen, son camarade de parti. L’affaire se conclut devant le tribunal d’Alger, qui condamna Khalfa à deux ans de prison pour avoir diffamé gendarmes et autorités. La sentance fut confirmée en appel et il n’échappa – mais pour un temps seulement – à l’arrestation qu’en entrant dans la clandestinité après l’insurrection de novembre 1954 » (Henri Alleg, Mémoire algérienne, Stock, 2005 – p.144-146).
Ces évènements sont restitués de manière circonstanciée par Boualem Khalfa dans un reportage courageux le 6 octobre 1949 dans « Alger Républicain » (6 octobre 1949). Il met en cause une volonté de Naegelen d'instaurer une atmosphère de terreur pour étouffer dans l’œuf toute contestation contre l'ordre colonial. Le gouverneur général dénonce les "calomnies antifrançaises des communistes".
« Le gouvernement et sa majorité « Troisième Force », dans laquelle sont associées droite « modérée » et gauche anticommuniste, couvrent les responsables du saccage et des viols de Sidi Ali Bounab comme ils couvriront les assassinats « légaux », les tortures et exactions de toutes sortes que les « forces de l’ordre » vont multiplier jusqu’à l’explosion insurrectionnelle du 1er novembre 1954. Par 396 voix contre 197, l’Assemblée refuse l’envoi d’une commission d’enquête en Algérie. » (La Grande aventure d’Alger Républicain, éditions Delga, H. Alleg, A. Benzine, B.Khalfa).
Les rédacteurs et gérants de "Liberté", le journal communiste algérien, et de "Algérie Nouvelle" qui ont repris l'information sur les exactions de Sidi Ali Bounab sont également réprimés et condamnés.
 
Le 11 octobre 1949, Alger Républicain annonce la nomination de Maurice Papon comme préfet de Constantine:  le préfet Papon, dont on sait aujourd'hui qu'il fut l'organisateur des déportations de 1.690 juifs dont 200 enfants dans la préfecture de la Gironde entre 1942 et 1944, fut nommé préfet de Constantine (un des trois départements d'Algérie, le plus oriental) fut ainsi nommé par le ministre de l'intérieur Jules Moch en octobre 1959.
Il fera en Algérie un "bon organisateur" de la répression, avant et après l'insurrection du 1er novembre 1954, notamment fin 1954-début 1955 dans les Aurès et le Constantinois, sous la houlette d'abord du gouvernement de Mendès France et du ministre de l'intérieur Mitterrand, puis comme préfet de Paris, il organisera consciencieusement les exécutions de manifestants algériens et les noyades dans la Seine après le retour au pouvoir de De Gaulle.
 
lire aussi: 
A lire:

Histoires d'Algérie : Blanche et André Moine, militants communistes du PCA pendant la guerre d'Algérie

La grande aventure d'Alger Républicain, par Henri Alleg, Abdelhamid Benzine, Boualem Khalfa

Les juifs algériens dans la lutte anticoloniale et les travaux pionniers de Pierre-Jean-Le Foll-Luciani - par Malika Rahal) 

D'une guerre civile à l'autre... - La guerre civile en France (1858-1962) par l'historien américain Grey Anderson (La Fabrique, 2018)

Témoignage - L'itinéraire de Michel Tanguy, instituteur morlaisien communiste en Algérie pendant la guerre d'Algérie

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

Histoires d'Algérie: Djamila Boupacha, militante FLN défendue par Gisèle Halimi et dont Picasso fit une icône de la lutte des Algériens

Communist'Art: Anne Greki, poétesse algérienne (1931-1966)

Histoires d'Algérie: Colette Grégoire dite Anna Greki, poétesse, communiste, militante de l'indépendance: l'amour et la rage au coeur

Histoires d'Algérie - Fernand Iveton: militant communiste algérien décapité pour l'exemple en février 1957

Gisèle Halimi à propos de l'exécution de Fernand Iveton dans "Le lait de l'oranger", ses mémoires de 1988

A Khenchela, les colonialistes ont arrêté un instituteur français à titre d'otage - Marie Perrot, L'Humanité, 11 novembre 1954

Histoires d'Algérie - "Le camp des oliviers. Parcours d’un communiste algérien" (PUR, 2012)

Histoires d'Algérie - La militante du PCA Gaby Gimenez, arrêtée et torturée par Vichy puis pendant la guerre d'Algérie

Histoires d'Algérie - Alice Sportisse, députée communiste d'Oran

 
Histoires d'Algérie - Terreur en Kabylie par Boualem Khalfa, reportage pour "Alger Républicain" sur les violations des droits de l'homme de l'administration coloniale
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