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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 09:26

 

Avec les vaches de race charolaise, limousine, blonde d’Aquitaine, salers, Aubrac, rouge des prés et quelques autres, les éleveurs français disposent d’une sélection génétique incomparable dans l’Union européenne. Mais, depuis quelques années, tirer un revenu décent de ce type d’élevage devient difficile. Le prix de vente des bovins de boucherie reste bas. Des étés de plus en plus chauds et secs sont devenus des facteurs aggravants faisant croître les coûts de production et favorisant le stress chez les animaux.

Par Gérard Le Puill

 

Selon l’Institut de l’élevage, la production de viande bovine a baissé en France de 1 % durant l’année 2020. Cette baisse serait imputable à une « décapitalisation » qui consiste à vendre plus d’animaux que souhaité quand on manque de trésorerie. Car on assiste à une augmentation des coûts de productions imputable aux sécheresses de 2019 et 2020. Selon les éleveurs du Massif Central affiliés à la FNSEA, la priorité est d’obtenir des « prix couvrant les coûts de production » au moment de vendre les animaux de boucherie, ce qui n’est pas toujours le cas. Les difficultés sont encore plus grandes sur le marché des « broutards », ces jeunes bovins vendus au moment du sevrage pour être engraissés en Italie notamment. Sur le marché intérieur, les baisses de prix résultent surtout des importations de viandes issues des vaches laitières de réforme dont usent et abusent les distributeurs pour leurs promotions à prix cassés.

Dans la filière allaitante, le prix du kilo de carcasse des jeunes bovins engraissé en France pour la boucherie a toujours été inférieur à 3,70 € entre le mois d’août et le mois de décembre 2020 alors qu’il se situait entre 3,85 et 3,95 € au cours des mêmes mois en 2019. De même, les jeunes bovins maigres, ces « broutards » dont la France exporte plus de 800 000 têtes par an au moment du sevrage pour être engraissés dans d’autres pays, se sont vendus 5 à 10 % moins cher en 2020 qu’en 2019. Le prix du kilo vif était tombé 2,41 € en décembre. Il était de 2,43 € le 18 janvier dernier à Mauriac.

200 000 vaches de moins en deux ans

Alors que de nombre de vaches allaitantes dépassaient les 4 millions de têtes en 2015, 2016 et 2017, il est tombé à 3, 9 millions en 2019 et à 3,8 millions en 2020. En Europe, la France possède, et de loin, le plus gros troupeau de vaches allaitantes issues de prestigieuses races à viande. L’augmentation des effectifs a été favorisée sur plusieurs décennies par la Prime annuelle au maintien du troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) versée par l’Union européenne pour chaque mère qui fait naître un veau par an. Cela a permis de préserver l’élevage à l’herbe sur des terres peu favorables aux cultures céréalières.

Mais, en viande bovine, les marchés des pays tiers sont difficiles à conquérir, à commencer par celui de la Chine, qui fait jouer la concurrence internationale. Ces pays tiers n’ont acheté que 33 400 broutards en France sur les sept premiers mois de l’année 2020, dont 26.500 pour l’Algérie, soit un repli de 23 % sur 2019. Ajoutons que ces longs transports d’animaux vivants ne sont pas ce qui se fait de mieux en matière de bien-être animal.

Inquiétudes sur les conséquences du réchauffement climatique

La PMTVA est indispensable pour le maintien du troupeau allaitant, comme pour l’élevage à l’herbe permettant de stocker du carbone. Il serait possible et souhaitable d’en augmenter le montant par tête. Mais peut-être conviendrait-il, en même temps, de faire croître la superficie par vache sur chaque exploitation dans le cadre de la prochaine réforme de la Politique agricole commune. Cela permettrait de rendre les exploitations plus autonomes en fourrages avec un moindre chargement d’animaux à l’hectare. Car, depuis quelques mois, nous assistons aussi à une hausse de plus de 20 % des prix des céréales fourragères et des tourteaux de soja utilisés pour engraisser le bétail.

Avec le réchauffement climatique, le plus dur est peut-être à venir pour la filière française des bovins à viande. Dans l’hebdomadaire « La France Agricole » du 20 novembre 2020, un dossier était consacré à l’adaptation de cet élevage au changement climatique. L’étude indiquait que « les rendements fourragers sont attendus en forte baisse » dans les prochaines décennies. Parallèlement, « les trois dernières années de sécheresse ont également fait mûrir la réflexion des organismes de sélection quand aux orientations de leurs races respectives ». En Bourgogne prédomine la race charolaise tandis que la limousine, la salers et la blonde d’Aquitaine occupent plutôt les zones situées au sud de la Loire.

Les études concluaient que le stress des animaux ira croissant au fil des ans sur des périodes allant du milieu du printemps au milieu de l’automne. Trois graphiques figuraient côte à côte dans ce dossier, à partir d’une étude réalisée par le modèle de prédiction « Adalin RCP » dans le nord-ouest de la Saône et Loire. Le premier était consacré aux années comprises en 1986 et 2015. Sur les 100 jours les plus chauds de ces années, l’étude pointait une moyenne de 30 jours de « stress léger » dans les troupeaux de bovins sous l’effet de la chaleur. Il y avait autant de jours avec un « stress modéré ». S’y ajoutaient 20 jours de « stress marqué », dans les périodes de forte canicule. Les prévisions portant sur les années qui vont de 2030 à 2060, faisaient croître sensiblement le nombre de jours en « stress marqué » et en « stress modéré » tandis que reculait parallèlement le nombre de jours en « stress léger ». Entre 2070 et 2100 on atteignait une moyenne globale de plus de 50 jours de « stress marqué » sur 100.

La grotesque leçon d’économie du président Macron en 2019

Alors que la situation des éleveurs est difficile, la Commission européenne est mandatée par les pays membres de l’Union européenne, dont la France, pour négocier et signer des accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle Zélande, deux pays qui veulent aussi vendre plus de viande bovine en Europe. Ceci après d’autres accords déjà signés avec le Canada et les pays du Mercosur dont le Brésil et l’Argentine. Nous savons aussi que les exportations accrues de produits agricoles par les pays de Mercosur sont responsables des incendies et de la déforestation qui fait croître le réchauffement global de la planète.

Enfin, après avoir montré la complexité des problèmes actuels et à venir de la filière des bovins à viande en France, reproduisons, tels que publiés par l’hebdomadaire « l’Express » en novembre dernier, les propos tenus par le président Macron devant ces éleveurs lors d’un repas pris en commun sur le Salon de l’Agriculture en février 2019. Ce jour-là, après avoir fait la leçon aux éleveurs de porcs, le président de la République s’adressait aux éleveurs de bovins allaitants en ces termes : « Je vous ai ouvert les portes de la Chine et vous n’avez exporté que quelques tonnes. En France, les gens veulent du steak haché au restaurant, le charolais ne les intéresse pas. Donc bougez-vous ».

Cette fois encore, le parler « cash » de l’actuel président de la République le conduisait à faire étalage de son incompétence sur un dossier qu’il connaît mal. Ce faisant, il affichait aussi son mépris pour ceux et celles qui travaillent dur pour nourrir leurs semblables, sans en tirer un revenu leur permettant d’en vivre décemment.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 19:59
Sécurité sociale. L’indispensable héritage d’Ambroise Croizat (L'Humanité, 28 janvier 2021)
Sécurité sociale. L’indispensable héritage d’Ambroise Croizat

L’ancien ministre du Travail communiste, né il y a cent vingt ans, le 28 janvier 1901, fut l’un des grands artisans de notre système de Sécurité sociale. Bien qu’il ait prouvé sa robustesse face à la crise, ce dernier est toujours la cible d’attaques.

 

« Libérer les Français de l’angoisse du lendemain. » Cette injonction, brandie comme un credo, Ambroise Croizat (1901-1951), qui aurait eu 120 ans ce jeudi, s’est attaché à la faire vivre à travers la Sécurité sociale, édifice maintes fois attaqué mais plus que jamais d’actualité. Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, le ministre du Travail (1) a contribué à jeter les bases du système de protection sociale français, dans l’esprit indiqué par le Conseil national de la Résistance (CNR). Aujourd’hui, même les responsables du gouvernement se félicitent de ce « filet de protection » qui nous a aidés à amortir le choc de la crise. Ce sont pourtant les mêmes qui travaillent à son affaiblissement.

1. L’assurance-maladie, indispensable mais attaquée

Hospitalisations, arrêts maladie, campagnes de dépistage, de vaccination… la crise sanitaire a mis à l’épreuve la branche maladie de la Sécurité sociale, et l’édifice pensé par Ambroise Croizat a tenu le choc. Mais, si notre système de protection sociale a permis d’éviter une explosion de la précarité, l’État, en choisissant de financer ses mesures d’urgence liées à la pandémie par l’alourdissement de la dette de la Sécurité sociale, « continue de poser les jalons de son démantèlement », déplore la CGT. Ainsi, de 1,5 milliard d’euros de déficit en 2019, la branche maladie de la Sécurité sociale a enregistré un déficit record de 33,7 milliards d’euros en 2020. Et les prévisions pour 2021 tablent sur un endettement de 19 milliards d’euros.

« C’est le rôle de la Sécurité sociale de prendre en charge la santé dans son ensemble, elle a été fondée sur cette base, pour éviter que la santé ne soit une marchandise », explique Murielle Pereyron, de la CGT organismes sociaux du Rhône. Pour la syndicaliste, « ce  trou » ne doit pas être vu comme n’importe quelle dette. « La Sécu est constitutionnelle, elle ne peut pas faire faillite », rappelle-t-elle. Pourtant, « ce gouvernement, que la pandémie n’a jamais fait varier de politique, va chercher à faire payer la note aux salariés et aux retraités par le biais des contributions au remboursement de la dette sociale ».

Les faits donnent d’ailleurs raison au syndicat. La loi de financement de la Sécurité sociale, votée fin 2020, en pleine crise sanitaire, prévoit 800 millions d’euros de réduction des dépenses. Une austérité menée au nom du déficit de l’assurance-maladie, qui justifie depuis des années, déremboursements, suppressions de postes, de lits d’hôpitaux et autres restrictions. Quant aux tests PCR, « une franchise médicale de 2 euros est facturée aux assurés pour chacun d’eux », relève Murielle Pereyron.

 

2. L’assurance-chômage mise sous tutelle

Le gouvernement persiste et signe dans son ambition de rogner les droits des privés d’emploi. S’il promet de n’appliquer certains points de sa réforme régressive de l’assurance-chômage de 2019 qu’en cas d’éclaircie économique, les mesures les plus dangereuses comme le changement du mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR) sont toujours d’actualité. Faisant fi de l’opposition farouche des syndicats, le ministre du Travail envisage un décret d’application d’ici quelques semaines. Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron poursuit au bulldozer son entreprise de reprise en main de l’Unédic.

En octobre 2018, une première étape cruciale avait été franchie avec la suppression de la cotisation salariale pour financer le régime au profit de la CSG, entérinant un changement de philosophie majeur. Au fondement même de l’assurance-chômage, la gestion paritaire (syndicat et patronat) prend alors un sérieux coup dans l’aile.

Créé en 1958 sous l’impulsion du général de Gaulle, ce système était à son origine conçu pour verser un revenu de remplacement aux salariés de l’industrie et du commerce se retrouvant sans emploi. La première convention fut signée la même année par le CNPF (ancêtre du Medef) et la CGC, FO et la CFTC. La CGT, elle, aurait alors préféré que cette caisse devienne une 5e branche de la Sécurité sociale.

Soixante-deux ans plus tard, le pouvoir macroniste s’inscrit à rebours de l’histoire. Et ce n’est pas fini. Dans une étude dévoilée le 12 janvier, les économistes du Conseil d’analyse économique préconisaient même une étatisation de sa gouvernance. Pour la CGT, en ces temps de crise majeure, il serait plutôt temps « d’ouvrir l’assurance-chômage à toutes celles et tous ceux privés du droit au travail ».

3. Le régime des retraites, rempart menacé

Ambroise Croizat n’a pas inventé le système de retraites, mais il fut l’un des grands artisans de son extension. En 1945, un million de Français seulement bénéficient d’une couverture, quand les autres se débrouillent avec leurs économies.

Le 22 mai 1946, après des mois de débats, le ministre arrive à ses fins : la loi posant le principe de la généralisation du régime à tous les travailleurs est votée. « Quand il quittera le gouvernement, en mai 1947, le montant des retraites aura augmenté de 130 %, écrit l’historien Michel Étiévent. Plus de 4 millions de Français en bénéficient. »

Depuis, le régime a été considérablement élargi, avant d’être attaqué par les gouvernements libéraux (réformes Balladur de 1993, Fillon de 2003, Woerth de 2010, etc.). Malgré la crise, le pouvoir macroniste n’a pas renoncé à sa réforme, qui vise notamment à instaurer un système par points, très inégalitaire. Avec le sempiternel argument du déficit comme justificatif : « Je suis désolé de devoir me répéter, mais nous aurons besoin d’une réforme des retraites qui rétablisse les équilibres financiers », a encore martelé le ministre Bruno Le Maire, ce mercredi.

4. Une cinquième branche polémique

Alors que la pandémie a très durement frappé les personnes âgées, le débat autour de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, consacrée à l’autonomie, est revenu sur le devant de la scène. Plébiscitée par le gouvernement et le patronat, l’instauration d’un 5e risque distinct révulse la CGT. Le syndicat plaide pour une prise en charge de la dépendance par la branche maladie. « En quoi les soins nécessaires aux personnes dépendantes diffèrent-ils des soins pris en charge par la branche maladie ? En rien », martèle le syndicat, qui fustige un projet taille patron. En effet, le financement de ce 5e risque serait, entre autres, assuré par l’impôt (CSG et CRDS). « Tout sauf les cotisations sociales, tout sauf le salaire socialisé ! » alerte la CGT, qui pourfend « une branche pour les personnes âgées qui ne coûte rien aux employeurs ».

5. Pour une sécurité sociale intégrale

Reconquérir les principes fondamentaux de la Sécurité sociale, à savoir l’universalité, la solidarité, la répartition ou encore la globalisation des risques, devient urgent en cette période troublée. Comme le souligne la CGT, une protection sociale intégrale pourrait ainsi couvrir les besoins en termes de santé, de famille, de retraite, d’autonomie, mais aussi de formation professionnelle ou encore de droits au chômage. Alors que nombre de privés d’emploi se retrouvent sur le carreau, parfois sans allocation, le syndicat rappelle également qu’il défend depuis des années un nouveau statut du travail salarié. Celui-ci pourrait permettre à chaque personne tout au long de sa carrière professionnelle « de disposer d’un certain nombre de droits cumulatifs et progressifs, transférables d’une entreprise à l’autre, d’une branche à l’autre, opposables à tout employeur ». Au cœur de ce nouveau statut, la Sécurité sociale professionnelle, proche de la sécurité emploi-formation théorisée par le PCF, propose de maintenir les droits les plus avantageux, notamment au chômage, lors de la transition entre deux emplois. Autant de projets ambitieux qui devraient trouver écho dans cette situation de précarité généralisée engendrée par le Covid.

(1) Ambroise Croizat fut ministre du Travail (puis ministre du Travail et de la Sécurité sociale) à plusieurs reprises : de novembre 1945 à janvier 1946 ; de janvier à décembre 1946 ; et de janvier à mai 1947.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 19:39
Ambroise Croizat, enfant du mouvement ouvrier (Jeudi 28 Janvier 2021 - L'Humanité)
Ambroise Croizat, enfant du mouvement ouvrier
Jeudi 28 Janvier 2021 - L'Humanité

Portrait. Il y a cent vingt ans naissait Ambroise Croizat. Celui qui deviendra ministre doit nourrir la famille dès l’âge de treize ans. Il rejoint alors le combat politique et social, avec le PCF et la CGT.

 

« La France a eu beaucoup de ministres du Travail, mais un seul ministre des travailleurs ! » C’est à quelques pas de ces mots prononcés par Marcel Paul en 1971, lors de l’inauguration de la stèle érigée en hommage au bâtisseur de la Sécurité sociale, qu’Ambroise Croizat naît en Savoie un 28 janvier 1901. Comme peut naître alors un fils d’usine.

Sept jours sur sept, en attendant la « retraite des morts »

En cette aurore de misère du XXe siècle, il verra de sa fenêtre d’enfant s’agiter les ombres ouvrières qui brassent, dans la poussière, les fournaises des coulées. Celle du père, Antoine, manœuvre de peine, qui y marne au ringard douze heures par jour pour 8 sous de l’heure, à peine le prix du pain. La protection sociale comme les congés ne sont encore qu’une lointaine utopie. On y pointe à reculons sept jours sur sept, en attendant la « retraite des morts ». « Brûlés devant, glacés derrière, on meurt là à 40 ans ! » écrit un témoin de l’époque. Les accidents et les colères s’enchaînent. Le 21 mars 1906, Ambroise verra son père sortir de l’usine, drapeau rouge en main, escorté de 10 compagnons. Ils viennent d’être licenciés pour avoir osé créer le premier syndicat CGT de la vallée. Aussitôt une grève de solidarité émaillée d’émeutes s’étend dans toutes les usines alentour.

Paniqué, le patron cède au bout de neuf jours et accepte toutes les revendications : le syndicat, une caisse de secours, deux jours de congés payés, une hausse de salaire, mais… Antoine Croizat est muté. L’errance de la famille commence, Ugine, Grenoble, Lyon. Nuits des cités, révoltes de la dignité. 1914. Antoine est appelé aux boucheries des tranchées. Ambroise doit nourrir la famille. À 13 ans, il est embauché comme aide ajusteur. Trois jours après, dans une manifestation contre l’Union sacrée, il adhère à la CGT. « Bats-toi, ne te laisse pas humilier ! » Au gré des luttes, forcément les mots du père reviennent. À 17 ans, il anime déjà les grandes grèves de la métallurgie lyonnaise. « L’homme était un véritable orateur et surtout un rassembleur, constamment chassé par les patrons des entreprises où il travaillait », écrit Marcel Rivoire, un compagnon de luttes. 1920, il adhère au PCF et à la CGTU et mène aux côtés de François Billoux, Maurice Thorez et Gabriel Péri les batailles anticolonialistes contre la guerre du Rif et de la Syrie.

Le chemin du « militant ambulant »

Il n’a que 27 ans lorsqu’il est nommé secrétaire général de la fédération CGTU des métaux. Commence alors le chemin de celui que l’on appellera « le militant ambulant ». « De 1928 à 1935, mon père fut constamment sur les routes, animant ici une grève, une occupation d’usine ailleurs… », se souvient Liliane, sa fille. C’est sur ce chemin qu’il trace en compagnie de Marcel Paul et Prosper Môquet la bataille de l’unité populaire contre le fascisme, qui portera le Front populaire au pouvoir. Et il n’aura de cesse de le féconder sur le terrain comme à l’Assemblée nationale. Élu député de Paris en 1936, il sera aux accords Matignon pour forger les grands conquis sociaux du siècle : 40 heures, congés payés, loi sur les conventions collectives qui portera son nom. 1939, sa route s’ennuage. Suite au pacte de non-agression germano-soviétique, il est arrêté par ceux qui vont bientôt serrer la main d’Hitler, engeôlé à la prison de la Santé, costume de bagnard et boulets aux pieds. Suivent le calvaire de 17 prisons en France et la déportation vers le bagne d’Alger où il vivra, comme le raconte Florimond Bonte dans le Chemin de l’honneur, « le travail forcé, les humiliations et les simulacres d’exécution ».

Libéré en février 1943, il est nommé par la CGT clandestine à l’Assemblée consultative qui entoure le général de Gaulle au sein du premier gouvernement provisoire. De ces bancs, il donnera son premier discours à Radio Alger : « Notre peuple n’aura pas souffert pour rien, nous lui donnerons la dignité et la sécurité sociale ! » C’est à cette tâche harassante qu’il va s’employer dès le 25 novembre 1945, lorsqu’il est nommé ministre du Travail. Appuyé par un peuple mobilisé et le rapport de forces de la Libération (29 % des voix au PCF, 5 millions d’adhérents à la CGT, un patronat souillé par sa collaboration), il laissera au peuple ses plus belles conquêtes : retraites, Sécurité sociale, médecine du travail, comités d’entreprise, prime prénatale, doublement des allocations familiales et du congé maternité, amélioration considérable du Code du travail… Les rêves et les promesses du père pour une identité sociale enviée dans le monde entier. On comprend alors pourquoi ils furent 1 million à l’accompagner au Père-Lachaise.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 13:43

 

À l’initiative de l’Humanité, élus, syndicalistes et intellectuels interpellent le président de a République afin que le bâtisseur de la Sécurité sociale et ministre du Travail à la Libération, Ambroise Croizat, entre au Panthéon.

Il y a cent vingt ans ans, le 28 janvier 1901, naissait Ambroise Croizat. La France lui doit l’une de ses plus belles créations collectives : la Sécurité sociale. Il en fut la cheville ouvrière et le principal bâtisseur, en tant que ministre du Travail au sortir de la Seconde Guerre mondiale, dans le respect du programme du Conseil national de la Résistance. ­Depuis lors, des générations de citoyens ont eu la chance de bénéficier d’une ­couverture sociale ­exceptionnelle. Il faut bien mesurer l’œuvre ­civilisatrice d’Ambroise Croizat pour ce qu’elle est : une étape fondamentale, révo­lu­tionnaire, dans la ­recherche d’une vie meilleure qui a toujours animé l’humanité.

L’objectif d’Ambroise Croizat était de briser l’angoisse du lendemain, de la maladie ou de l’accident de travail. Sa volonté, sa vision étaient de ne plus faire de la retraite l’antichambre de la mort, mais bien une nouvelle étape de la vie. Notre pays doit à ce militant communiste la générali­sation des retraites, les comités d’entreprise, la médecine du travail, la reconnaissance des maladies professionnelles, la prime prénatale… En tant que député du Front populaire, dès 1936, il avait déjà pris une part considérable dans l’instauration des congés payés, des conventions ­collectives et de la ­semaine de quarante heures.

Tous les Français, aujourd’hui, bénéficient d’une carte vitale, sésame qui leur permet si souvent d’être soignés selon leurs besoins, sans distinction de leurs moyens, grâce à la socialisation des richesses créées. Certes, de nombreux coups ont été assénés à la Sécurité sociale et au Code du travail depuis que Croizat n’est plus. Certes, la Sécurité sociale est avant tout une œuvre collective, comme Croizat, syndicaliste à la CGT, le rappelait. Mais qui peut dire que cet homme d’État n’a pas joué le premier rôle, en tant que ministre, pour apporter à la France l’une de ses plus belles réformes ? Qui peut dire que cette réalisation ne constitue pas un pilier indispensable à notre République sociale ?

La Sécurité sociale fait partie du patrimoine vivant de tous les Français. Un patrimoine qui n’est ni à muséifier ni à vernir, mais à entretenir et développer toujours plus, dans le respect de sa philosophie initiale, en tant que bien commun, comme le montre la crise du Covid-19. Le XIXe siècle aura été marqué dans notre pays par l’accès de tous à l’éducation. Le XXe retiendra à n’en pas douter, avec le recul, la fondation du système de santé publique créée par Croizat comme l’une de ses plus grandes conquêtes.

Tous s’en réclament aujourd’hui, même si tous n’en sont pas dignes. Reste qu’Ambroise Croizat est définitivement digne du Panthéon, qui s’honorerait à l’accueillir, avec son épouse Denise, comme le souhaite sa famille. 

PREMIERS SIGNATAIRES 

Éliane Assassi, présidente du groupe CRCE au Sénat, Yves Audvard, président de l’Association Ambroise-Croizat, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV, Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils d’Ambroise Croizat, André Chassaigne, président du groupe GDR à l’Assemblée nationale, Michel Étiévent, écrivain et biographe de Croizat, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, Bernard Friot, sociologue et économiste, Bernard Lamirand, président du comité d’honneur Ambroise Croizat, Pierre Laurent, sénateur et président du Conseil national du PCF, Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice GRS, ancienne ministre, Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, Jean-Luc Mélenchon, président du groupe FI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, vice-présidente du groupe FI à l’Assemblée nationale, Gilles Perret, réalisateur du film la Sociale, Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, Frédéric Sanchez, secrétaire général de la CGT métallurgie, Simon Duteil, codélégué général de Solidaires. Pascal Savoldelli, sénateur PCF. Céline Brulin, sénatrice PCF. Stéphane Peu, député PCF. Sébastien Jumel, député PCF. Alain Bruneel, député PCF. Fabien Gay, sénateur PCF Michelle Gréaume, sénatrice PCF. Gérard Lahellec, sénateur PCF Jérémie Bacchi, sénateur PCF. Cécile Cukierman, sénatrice PCF. Karine Lebon, députée GDR.

 

Pour signer cette pétition

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 09:33

 

Il faut savoir, c’est ouvert ou fermé ? Une enquête du Parisien, ce samedi, indique que si vous voulez aller au restaurant, à Paris, pas de problème : il suffit d’être discret, de connaître les codes et d’avoir le bon profil social. L’enquêteur donne des exemples précis (mais pas les adresses) de brasseries huppées du 16e ou dans le 6e près « d’un tribunal ». Les devantures sont fermées mais l’entrée sur cour ouverte. Dans un établissement, « les clients sont des politiciens et des hommes d’affaires qui passent par une conciergerie de luxe ». Un autre « accueille sa clientèle traditionnelle : des policiers et magistrats ! Ici juste un rideau tiré permet d’être invisible. » Dans une troisième adresse, voici « un financier venu avec cinq de ses collègues ». Pas de masques, pas de distances, et on fume, pour le fun. En conclusion, le reportage note « que les policiers n’ont pas fait la traque des restaurants clandestins une priorité : « On n’a aucune consigne », avance un commissaire. » On l’avait compris, leur priorité, ce serait plutôt de profiter des bonnes tables.

Gérard Streiff

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 09:23

 

Avec les vaches de race charolaise, limousine, blonde d’Aquitaine, salers, Aubrac, rouge des prés et quelques autres, les éleveurs français disposent d’une sélection génétique incomparable dans l’Union européenne. Mais, depuis quelques années, tirer un revenu décent de ce type d’élevage devient difficile. Le prix de vente des bovins de boucherie reste bas. Des étés de plus en plus chauds et secs sont devenus des facteurs aggravants faisant croître les coûts de production et favorisant le stress chez les animaux.

Par Gérard Le Puill

 

Selon l’Institut de l’élevage, la production de viande bovine a baissé en France de 1 % durant l’année 2020. Cette baisse serait imputable à une « décapitalisation » qui consiste à vendre plus d’animaux que souhaité quand on manque de trésorerie. Car on assiste à une augmentation des coûts de productions imputable aux sécheresses de 2019 et 2020. Selon les éleveurs du Massif Central affiliés à la FNSEA, la priorité est d’obtenir des « prix couvrant les coûts de production » au moment de vendre les animaux de boucherie, ce qui n’est pas toujours le cas. Les difficultés sont encore plus grandes sur le marché des « broutards », ces jeunes bovins vendus au moment du sevrage pour être engraissés en Italie notamment. Sur le marché intérieur, les baisses de prix résultent surtout des importations de viandes issues des vaches laitières de réforme dont usent et abusent les distributeurs pour leurs promotions à prix cassés.

Dans la filière allaitante, le prix du kilo de carcasse des jeunes bovins engraissé en France pour la boucherie a toujours été inférieur à 3,70 € entre le mois d’août et le mois de décembre 2020 alors qu’il se situait entre 3,85 et 3,95 € au cours des mêmes mois en 2019. De même, les jeunes bovins maigres, ces « broutards » dont la France exporte plus de 800 000 têtes par an au moment du sevrage pour être engraissés dans d’autres pays, se sont vendus 5 à 10 % moins cher en 2020 qu’en 2019. Le prix du kilo vif était tombé 2,41 € en décembre. Il était de 2,43 € le 18 janvier dernier à Mauriac.

200 000 vaches de moins en deux ans

Alors que de nombre de vaches allaitantes dépassaient les 4 millions de têtes en 2015, 2016 et 2017, il est tombé à 3, 9 millions en 2019 et à 3,8 millions en 2020. En Europe, la France possède, et de loin, le plus gros troupeau de vaches allaitantes issues de prestigieuses races à viande. L’augmentation des effectifs a été favorisée sur plusieurs décennies par la Prime annuelle au maintien du troupeau de vaches allaitantes (PMTVA) versée par l’Union européenne pour chaque mère qui fait naître un veau par an. Cela a permis de préserver l’élevage à l’herbe sur des terres peu favorables aux cultures céréalières.

Mais, en viande bovine, les marchés des pays tiers sont difficiles à conquérir, à commencer par celui de la Chine, qui fait jouer la concurrence internationale. Ces pays tiers n’ont acheté que 33 400 broutards en France sur les sept premiers mois de l’année 2020, dont 26.500 pour l’Algérie, soit un repli de 23 % sur 2019. Ajoutons que ces longs transports d’animaux vivants ne sont pas ce qui se fait de mieux en matière de bien-être animal.

Inquiétudes sur les conséquences du réchauffement climatique

La PMTVA est indispensable pour le maintien du troupeau allaitant, comme pour l’élevage à l’herbe permettant de stocker du carbone. Il serait possible et souhaitable d’en augmenter le montant par tête. Mais peut-être conviendrait-il, en même temps, de faire croître la superficie par vache sur chaque exploitation dans le cadre de la prochaine réforme de la Politique agricole commune. Cela permettrait de rendre les exploitations plus autonomes en fourrages avec un moindre chargement d’animaux à l’hectare. Car, depuis quelques mois, nous assistons aussi à une hausse de plus de 20 % des prix des céréales fourragères et des tourteaux de soja utilisés pour engraisser le bétail.

Avec le réchauffement climatique, le plus dur est peut-être à venir pour la filière française des bovins à viande. Dans l’hebdomadaire « La France Agricole » du 20 novembre 2020, un dossier était consacré à l’adaptation de cet élevage au changement climatique. L’étude indiquait que « les rendements fourragers sont attendus en forte baisse » dans les prochaines décennies. Parallèlement, « les trois dernières années de sécheresse ont également fait mûrir la réflexion des organismes de sélection quand aux orientations de leurs races respectives ». En Bourgogne prédomine la race charolaise tandis que la limousine, la salers et la blonde d’Aquitaine occupent plutôt les zones situées au sud de la Loire.

Les études concluaient que le stress des animaux ira croissant au fil des ans sur des périodes allant du milieu du printemps au milieu de l’automne. Trois graphiques figuraient côte à côte dans ce dossier, à partir d’une étude réalisée par le modèle de prédiction « Adalin RCP » dans le nord-ouest de la Saône et Loire. Le premier était consacré aux années comprises en 1986 et 2015. Sur les 100 jours les plus chauds de ces années, l’étude pointait une moyenne de 30 jours de « stress léger » dans les troupeaux de bovins sous l’effet de la chaleur. Il y avait autant de jours avec un « stress modéré ». S’y ajoutaient 20 jours de « stress marqué », dans les périodes de forte canicule. Les prévisions portant sur les années qui vont de 2030 à 2060, faisaient croître sensiblement le nombre de jours en « stress marqué » et en « stress modéré » tandis que reculait parallèlement le nombre de jours en « stress léger ». Entre 2070 et 2100 on atteignait une moyenne globale de plus de 50 jours de « stress marqué » sur 100.

La grotesque leçon d’économie du président Macron en 2019

Alors que la situation des éleveurs est difficile, la Commission européenne est mandatée par les pays membres de l’Union européenne, dont la France, pour négocier et signer des accords de libre-échange avec l’Australie et la Nouvelle Zélande, deux pays qui veulent aussi vendre plus de viande bovine en Europe. Ceci après d’autres accords déjà signés avec le Canada et les pays du Mercosur dont le Brésil et l’Argentine. Nous savons aussi que les exportations accrues de produits agricoles par les pays de Mercosur sont responsables des incendies et de la déforestation qui fait croître le réchauffement global de la planète.

Enfin, après avoir montré la complexité des problèmes actuels et à venir de la filière des bovins à viande en France, reproduisons, tels que publiés par l’hebdomadaire « l’Express » en novembre dernier, les propos tenus par le président Macron devant ces éleveurs lors d’un repas pris en commun sur le Salon de l’Agriculture en février 2019. Ce jour-là, après avoir fait la leçon aux éleveurs de porcs, le président de la République s’adressait aux éleveurs de bovins allaitants en ces termes : « Je vous ai ouvert les portes de la Chine et vous n’avez exporté que quelques tonnes. En France, les gens veulent du steak haché au restaurant, le charolais ne les intéresse pas. Donc bougez-vous ».

Cette fois encore, le parler « cash » de l’actuel président de la République le conduisait à faire étalage de son incompétence sur un dossier qu’il connaît mal. Ce faisant, il affichait aussi son mépris pour ceux et celles qui travaillent dur pour nourrir leurs semblables, sans en tirer un revenu leur permettant d’en vivre décemment.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 09:20

 

« Quoi qu’il en coûte » : sous prétexte de conjurer l’effondrement économique qui menaçait avant la pandémie, et que celle-ci a précipité, des masses énormes d’argent sont mobilisées.

En France, la récession et les dépenses supplémentaires entraînées par le chômage partiel et par le soutien aux entreprises ont creusé le déficit public de près de 200 milliards en 2020.

 

 

Tout cela n’est possible que parce que les banques centrales inondent les banques et les marchés financiers d’argent gratuit, voire subventionné (la BCE pratique un taux négatif, -1 %, pour ses prêts aux banques de la zone euro qui financent les entreprises et les ménages). Mais cet argent (1 650 milliards d’euros d’achats de titres et jusqu’à 3 000 milliards de prêts aux banques) n’est pas utilisé pour développer les services publics, ni pour protéger les salariés contre le tsunami du chômage. Banques et détenteurs de portefeuilles financiers s’en servent avec un seul mot d’ordre, celui qui inspire aussi la politique du gouvernement français : redevenez rentables !

Mais c’est précisément de là que vient la crise : de la dévitalisation des systèmes de santé et de tous les services publics au nom de l’austérité budgétaire, des pressions sur les salaires au nom de la baisse du coût du travail qui affaiblissent structurellement la demande, de l’insuffisance des dépenses de formation et de recherche qui conduisent à une mise en œuvre perverse et inefficace des nouvelles technologies… Ce sont là les dégâts de la domination du capital.

Ce n’est donc pas le retour à la rentabilité du capital qu’il faut privilégier, tout au contraire ! Ce sont les capacités de tous les êtres humains à se développer, à créer des richesses, à coopérer en partageant la production et l’usage de ces biens communs que sont le climat, la biodiversité, la qualité de l’air, de l’eau… Préparer l’avenir, ce n’est pas mettre les salariés au chômage, c’est sécuriser la situation et les revenus de toutes et tous, et développer massivement la formation, moyen d’une libre participation de chacune et chacun à la construction d’une économie émancipée du capital et de sa prédation sur la nature et sur les êtres humains.

Cela demande donc une tout autre utilisation de l’argent public, des profits des entreprises et de l’argent des banques.

Les grands groupes de l’industrie et des services, les compagnies d’assurances doivent assumer leur responsabilité sociale et écologique en faveur des salariés et des sous-traitants. Ils doivent contribuer au financement d’un plan d’urgence pour les services publics. Il faut pour cela que les salariés et leurs représentants disposent de nouveaux pouvoirs de proposition et d’intervention sur l’utilisation de l’argent dans les entreprises. Il faut aussi que l’administration fiscale retrouve les moyens de contrôler les stratégies fiscales des grands groupes et de combattre l’évasion fiscale.

Appuyées sur la masse énorme des dépôts de tous les citoyens, et sur celle des refinancements de l’Eurosystème (la Banque centrale européenne et les 19 banques centrales nationales de la zone euro), les banques doivent réserver leurs crédits aux projets répondant à des critères précis en matière économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (emploi, salaires, formation), écologique. Elles doivent financer un programme de prêts à taux massivement réduits aux TPE-PME qui s’engagent à préserver l’emploi et les salaires de leurs salariés.

L’Eurosystème doit cesser d’injecter aveuglément des centaines de milliards d’euros sur les marchés financiers par ses achats de titres (quantitative easing). La monnaie qu’il crée massivement doit aller à un fonds européen de développement des services publics, finançant des projets démocratiquement élaborés, décidés, réalisés, contrôlés dans les différents pays de l’UE. Tout de suite, cet argent peut être prêté, en France, à la Caisse des dépôts et consignations et à BPI France pour alimenter un fonds d’urgence sanitaire et de sécurisation pour le soutien aux TPE-PME (garanties et bonifications d’intérêts) et pour le développement des services publics (santé, éducation, recherche, transports, énergie, sécurité, justice…).

Voilà autant de missions nouvelles pour toutes les institutions financières : elles rendent encore plus nécessaire la sécurisation de l’emploi et de la formation pour celles et ceux qui y travaillent, au lieu des annonces de suppressions d’emplois qui pleuvent sur les salariés des banques, et des politiques d’austérité qui mettent dans le collimateur les agents des administrations économiques et financières.

Nous appelons les compagnies d’assurance, les banques publiques, mutualistes et privées, la Caisse des dépôts, la Banque de France, les administrations du ministère de l’Économie et des Finances à jouer un rôle nouveau dans cette bataille de civilisation. Nombre de leurs salariés sont disponibles pour aider à la construction des rapports de forces, dans les luttes et dans les rassemblements politiques, en faveur de ces propositions.

Nous demandons qu’elles soient mises à l’ordre du jour de conférences locales, régionales et nationale pour l’emploi, la formation et la transformation productive et écologique. Ces conférences réuniraient des représentants des salariés – y compris du secteur bancaire et financier, des entreprises et des institutions financières – les administrations économiques, les élus. Elles adopteraient des objectifs chiffrés et contrôlables de créations d’emplois, de programmes de formation, de recherche. Elles concrétiseraient la mobilisation de toute la société contre la domination du capital et pour une nouvelle logique économique, sociale et écologique ayant en son cœur la sécurisation de l’emploi et de la formation.

 

Jacques Atlan, Frédéric Boccara, Christian Cordellier, Jean-Louis Corvaisier, Yves Dimicoli, Yvan Donnat, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Pascaline Fourgoux, Pascal Gabay, Benoît Garcia, Alain Guichard, Stéphane Guyard, Hervé Hannoteaux, Jean-Paul Krief, Nasser Mansouri-Guilani, Dominique Micat, Marie-France Nardot, Martine Rolland, Philippe Roquencourt, Fabienne Rouchy, Patricia Tejas.

 

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 09:16

 

L’épidémie de Covid-19 a révélé au grand jour ce qui n’était que méconnu : le délabrement du service public hospitalier, de tout le service de santé même. Plus largement, elle a aussi mis en relief les conséquences redoutables du capitalisme dans tous les aspects de cette crise sanitaire majeure.

*Michèle Leflon est docteure en médecine

DES MOBILISATIONS CONTRE LA CASSE DES HÔPITAUX

On le voit, des pays à système économique différent de celui que nous subissons ont mieux réussi à passer cette épreuve : Cuba, Chine, Vietnam… L’état du service public hospitalier, soumis depuis des décennies à des mesures de mise en concurrence avec le privé et de réductions des dépenses, un phénomène accentué depuis la loi Bachelot de 2009, est devenu suffisamment critique pour que le peuple réagisse. Les mobilisations ont été massives, comme la manifestation du 14 novembre 2019, voyant l’entrée dans la lutte de médecins et universitaires traditionnellement peu enclins à l’action revendicative. La catastrophe sanitaire en lien avec la première vague de Covid a été limitée, uniquement parce que les personnels hospitaliers se sont organisés, en dépit de leur administration, désemparée. Et il s’agit là d’une leçon de l’épidémie : l’organisation du travail par les salariés eux-mêmes est la plus efficace.

 

La question des masques à elle seule pose plusieurs problématiques : la question de l’imprévoyance de l’État. La catastrophe sanitaire en lien avec la première vague de Covid a été limitée, uniquement parce que les personnels hospitaliers se sont organisés, en dépit de leur administration, désemparée.

Le gouvernement, lui, n’a pas compris la leçon, puisque le projet de loi sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire l’autorise à prendre une ordonnance pour que les établissements hospitaliers puissent déroger aux règles s’agissant notamment de leurs assemblées délibérantes, exécutifs ou instances représentatives du personnel. Le manque de moyens de l’hôpital public, des EHPAD tout autant, est tellement voyant que le gouvernement a dû organiser sa grand-messe du Ségur de la santé (dont le seul résultat concret a été de bien maigres augmentations de salaires) et communiquer autour de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale, pour la perte d’autonomie – une décision d’autant plus déplorable qu’il faudrait surtout des moyens nouveaux dans le cadre de l’assurance maladie, seule capable d’assurer une prise en charge globale de la perte d’autonomie. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021 continue dans le pur effet de communication, sans moyens concrets, en transférant à la Caisse nationale de la santé et de l’autonomie (CNSA), chargée de la gestion de cette cinquième branche,des moyens nouveaux, pris à l’Assurance maladie, mais aussi des charges nouvelles, tout en préparant ainsi le démantèlement de la Sécurité sociale.

UN RÉVÉLATEUR DES EFFETS DU CAPITALISME GLOBALISÉ

C’est plus globalement que la Covid a révélé l’état désastreux du système de santé, que ce soit la prévention, les soins primaires, la fourniture de médicaments et dispositifs médicaux ou la recherche. L’absence de masques au début de l’épidémie, par non-renouvellement au titre des économies, est connue de tous, de même que les pénuries médicamenteuses, le manque de matériel de protection ou de respirateurs.

La question des masques à elle seule pose plusieurs problématiques : la question de l’imprévoyance de l’État, la question de l’arrêt de la fabrication en France pour se tourner vers des marchés chinois et aussi celle de la duplicité des actions et discours gouvernementaux. Il y a eu les longues hésitations sur les recommandations de masques « tout public ». Il y a eu incapacité ou non-volonté pour ne pas avouer le faible niveau des réserves, à utiliser rapidement les 117 millions de masques en réserve.À lire les déclarations de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, et de Christophe Lannelongue, directeur de l’ARS Grand Est au début de l’épidémie, à la mission d’information de l’Assemblée nationale sur la gestion de l’épidémie, on ne comprend pas comment la demande de l’ARS Grand-Est de livraison de 5 millions de masques (moins d’un vingtième des réserves totales! ) n’ait pas pu être honorée. Mais le résultat est là, avec de multiples contaminations de soignants contribuant à la diffusion de l’épidémie. Comme l’État, certaines directions d’hôpitaux ont généré elles-mêmes des pénuries en rationnant les personnels, pour garder leurs stocks. Les masques sont aussi emblématiques d’une politique de prévention ne faisant pas appel à l’intelligence populaire, au civisme, lui préférant la contrainte. La différence entre les masques FFP2 qui protègent ceux qui le portent et les autres dont le seul but est d’éviter de contaminer d’autres personnes a disparu des médias. Le masque chirurgical est pourtant conçu, par définition, non pour protéger le soignant, mais pour éviter la contamination de la plaie opératoire.

En jouant de la contravention, de l’interdiction plus que de l’éducation pour développer le civisme, le gouvernement est contre-productif : on a vu la foule se presser dans les grandes surfaces ou les cafés la veille du second confinement. Tout ce qui n’est pas interdit serait bon ! Peut-être conscient de leurs immenses fragilités, le gouvernement ne s’est pas appuyé sur les soins de ville, sur tous ces professionnels au contact de la population… à moins que ce ne soit pure incompétence ministérielle. Les retards à leur fournir des masques ont été majeurs : nos dirigeants en ont profité pour tenter de mettre en œuvre leur politique de développement de la téléconsultation, certes utile dans certains cas, mais contribuant, en dehors de tout accompagnement, à l’aggravation des inégalités de prise en charge. Dans certains territoires, les professionnels se sont organisés,comme le témoignage cité à l’atelier du soin, organisé en septembre par de nombreuses organisations : en Haute-Vienne, avec l’aide des élus locaux, ils ont créé un centre de dépistage pour patients présentant les symptômes de la Covid. L’ARS n’est intervenue que tardivement, pour réclamer le nom d’un responsable. Là aussi, on le voit, seule une organisation démocratique du travail en commun est efficace. L’état des soins primaires est connu : manque de médecins généralistes dans la plupart des territoires, avec une très inégale répartition, ne laissant pas le temps au nécessaire travail en réseau avec les autres professionnels de santé et du social, d’autant que le statut libéral est antagonique du travail collectif.

La création par Marisol Touraine de communautés professionnelles de territoires (CPTS) est une bonne idée,et d’ailleurs les centres de santé y participent, mais elles ne fonctionnent que là où les professionnels eux-mêmes s’y impliquent fortement sans injonctions contradictoires. Elles ne sauraient remplacer un vrai service public de soins primaires autour des centres de santé.

Manque de services publics, casse de l’industrie : la crise sanitaire a révélé au grand jour un fait certain :les délocalisations appauvrissent notre pays. Le manque de médicaments, d’équipements de protection,de respirateurs a traduit concrètement les conséquences des politiques de recherche du profit avant tout. L’incapacité à restaurer rapidement les capacités de production dans notre pays témoigne de la perte d’expérience collective : un appauvrissement et matériel et intellectuel..

LA RECHERCHE, ELLE AUSSI FRAGILISÉE PAR LE SYSTÈME

Des chercheurs avaient alerté en2015 sur la nécessité de poursuivre les recherches sur les coronavirus. Mais dans notre pays capitaliste mieux vaut dépenser 6 milliards en crédit d’impôt recherche sans contrôle que de financer de la recherche publique. Après l’épidémie de SRAS en 2003, l’Union européenne avait lancé des programmes de recherche sur les coronavirus, mais dès 2006 l’intérêt était tombé. Le choix fait de favoriser la recherche privée et la rentabilité immédiate se confirme malheureusement dans le projet de loi de programmation de la recherche. Ces choix, en oubliant la recherche fondamentale, en oubliant ce qui ne conduit pas à des innovations rentables, ont des conséquences dramatiques pour la santé. N’oublions pas le peu de recherche sur le paludisme ou la dengue. Ils ont aussi des conséquences idéologiques redoutables. Comment savoir si l’intérêt des profits des laboratoires pharmaceutiques ne prime pas sur la sécurité des médicaments? Le scandale du Mediator a marqué les esprits. Tout cela conduit une bonne partie de la population à une mise en cause globale des scientifiques, de la science même, la rendant sensible aux thèses complotistes.

L’absence complète de démocratie d’instances comme la Haute Autorité de santé (HAS), dont la direction – nommée majoritairement par le président de la République et le gouvernement – décide des experts retenus, contribue à ces remises en cause, tout comme le contrôle de la plupart des grands médias par le capital financier. Cela aboutit à des polémiques comme celle sur la chloroquine. Des recherches en laboratoire avaient démontré l’intérêt de cette molécule. Mais, comme contre la dengue où elle a été essayée aussi, elle est inefficace en clinique. L’abondance des polémiques n’a pas facilité les études scientifiques, à tel point qu’il vaut sans doute mieux se référer à celles menées en Chine, dans un contexte différent de l’Occident. Ainsi, c’est non seulement par la casse du système public, en particulier de santé, du tissu industriel que le capitalisme pèse sur cette épidémie, mais c’est aussi idéologiquement. Et d’ailleurs, le mauvais état du service hospitalier a fait oublier que le mieux était de ne pas être malade : il ne s’agit pas de régler la densité de nos interrelations sociales sur le pourcentage d’occupations des lits de réanimation mais bien d’inventer une forme de distanciation physique (et non sociale) évitant les contaminations, de développer une campagne massive et efficace de tests, permettant l’isolement des seuls contaminés,en attendant le vaccin ou l’éradication spontanée de la maladie.

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 09:14

Le kilo de carcasse de porc n’est payé que 1,20 € aux éleveurs depuis l’automne 2020 et ce prix ne couvre pas les coûts de production. Néanmoins, les promotions des grandes surfaces proposent en ce début d’année des prix de braderie à 1,48 € pour le kilo de côtes de porc et 1,43 € le kilo de rouelle, une pièce à rôtir taillée dans le jambon frais. Ces braderies prouvent que la loi Egalim promise par Emmanuel Macron pour tenir compte des coûts de production et votée en 2018 par sa majorité parlementaire n’a rien apporté aux éleveurs.

Par Gérard Le Puill

 

Dans un communiqué diffusé le 14 janvier dernier, la Fédération nationale porcine (FNP), affiliée à la FNSEA, appelait les consommateurs à « relancer la consommation de porc français pour éviter l’engorgement des élevages ». Elle se disait favorable aux « promos pour déjouer la concurrence et attirer les clients ». Puis elle ajoutait dans ce même texte : « pas à des prix si bas qui ne veulent plus rien dire ! Non à la course permanente au moins disant dans tous les domaines. Non au manque de respect du travail des éleveurs et de leurs partenaires ! ». Dans ce même communiqué, la FNP protestait contre le fait que le prix du kilo de côtes de porc était affiché à 1,48 € dans de nombreux magasins lors des promotions au début de ce mois de janvier.

Ces prix proposés aux consommateurs pour de la vente en découpe sont à peine plus élevés que le celui du kilo de carcasse payé aux éleveurs, lequel cote 1,20 € en moyenne depuis l’automne dernier sur le marché au cadran de Plérin dans les Côtes d’Armor. Ce prix ne couvre pas les coûts de production. Mais l’appel de la FNP n’a pas été entendu par la chaîne des magasins Leclerc. Cette dernière vient de faire distribuer dans les boîtes aux lettres des habitants d’Ile-de-France un dépliant publicitaire dans lesquels elle propose de la rouelle de porc une belle pièce à rôtir à seulement 1,43 € le kilo du 26 au 30 janvier.

Quand les promos favorisent les achats opportunistes

Les récriminations de la FNP contre les prix bradés en grande surface figuraient dans le bulletin hebdomadaire de « Culture viande » publié par « les entreprises françaises des viandes » le 15 janvier. Il nous informait, qu’en France, « les opérations de promotion à bas prix des GMS (grandes et moyennes surfaces, ndlr) ont dopé les ventes. Les abattages du Grand Ouest ont totalisé 414 000 porcs, soit le plus haut niveau depuis dix ans. Dans le même temps, les activités à l’exportation notamment vers la Chine se maintiennent. Toutefois, les prix demeurent stables (à 1,20 € le kilo de carcasse, ndlr) dans un marché redevenu lourd, maintenant que les congélateurs des consommateurs sont pleins ».

C’est une manière de reconnaître que les promotions favorisent des achats opportunistes pour la congélation afin de faire des économies, ce qui n’est guère possible pour les petits budgets. Dans un pays ou la consommation de viande porcine, charcuterie comprise, s’élève à 33 kg par an et par habitant en moyenne, pousser à consommer plus n’est pas la meilleure façon de réduire le bilan carbone de notre assiette. Surtout quand les tourteaux de soja importés d’Amérique du sud pour nourrir les cochons européens accélèrent la déforestation en Amazonie, comme l’a montré un documentaire diffusé dimanche soir sur France 5.

En janvier 2020, le porc breton cotait 1,69 € le kilo sur le marché au cadran de Plérin. Ce prix rémunérateur était alors tiré par les importations de la Chine qui manquait de viande porcine, suite aux abattages massifs dans ce pays pour éradiquer la peste porcine africaine. En Europe, son principal fournisseur était l’Allemagne. Mais, ces derniers mois, de nombreux sangliers sont morts de la peste porcine africaine sur le territoire allemand. Du coup, bien que pas un seul élevage porcin ne soit atteint par cette pandémie outre Rhin, la Chine a stoppé toute importation de viande porcine en provenance d’Allemagne par simple précaution sanitaire. Elle a, parallèlement, augmenté ses achats en provenance d’Amérique du nord et du sud. Conséquence, le surplus de viande porcine allemande doit être écoulé sur le marché européen. Le volume de l’offre étant plus élevé que la demande en dépit des promotions, le prix du porc au départ de la ferme a chuté de 30 % en moins d’un an dans notre pays.

Une hausse sensible et durable des coûts de production

Cette chute des cours se prolonge alors que les prix des aliments du bétail sont en hausse sensible depuis le début de l’automne 2020. Alors qu’elle se vendait moins de 170 € en octobre 2020, la tonne de maïs cotait 215 € le 18 janvier au marché de Creil. Entre ces deux dates, le prix de la tonne d’orge est également passé de 160 à 219 €. Entre juillet 2 020 et janvier 2021, le prix de la tonne de tourteaux de soja importés d’Amérique du nord et du sud et rendue dans les ports de Lorient ou de Montoir est passé de 320 à 450 €.

À FranceAgriMer, la réunion mensuelle du « Conseil spécialisé Grandes cultures marché spécialisé » qui s’est tenu à Montreuil le 13 janvier faisait état d’exportations en hausse vers les pays tiers pour le blé, pour l’orge et pour le maïs produits en France. « Au total, le stock de maïs français de fin de campagne, se tiendrait à moins de 1,9 million de tonnes, niveau historiquement bas », lisait-on dans le compte rendu de cette réunion. Marc Zribi, chef de l’unité Grain et sucre de FranceAgriMer, explique que la hausse des cours mondiaux du maïs est partie du continent américain de la manière suivante :

« Ainsi, le rapport USDA prévoit une production de 360 millions de tonnes aux États-Unis, une estimation en baisse de 8 millions de tonnes par rapport au mois dernier, et des exportations en baisse de 3 millions de tonnes à 65 millions de tonnes. L’Argentine et le Brésil devraient aussi connaître des baisses de productions. Or, dans le même temps, les importations de la Chine sont attendues en forte hausse à 17 millions de tonnes contre 16 millions de tonnes en décembre. Finalement, le bilan de l’offre et d’a demande se tend au niveau mondial ».

Et que devient la promesse d’Emmanuel Macron ?

Un pays comme la France pourrait produire moins de céréales pour l’exportation et cultiver davantage de protéines végétales comme le soja, le pois et la féverole pour nourrir le bétail. Moins dépendre des importations de soja an apporterait plus de stabilité dans le prix des aliments du bétail. D’autant plus que l’actuel président de la République avait fait la promesse suivante aux paysans lors de son discours du 11 octobre 2017 à Rungis : « Nous modifierons la loi pour inverser cette construction du prix qui doit pouvoir partir des coûts de production (…) et je souhaite que les négociations commerciales qui commencent dès novembre puissent refléter l’état d’esprit de la loi à venir et faire l’objet d’un engagement de toutes les parties à ces négociations sous l’autorité des ministres ».

Près de 40 mois ont passé depuis et la loi EGALIM qu’il promettait aux paysans fut votée en octobre 2 018. Mais, cette année, évoquant la négociation en cours entre les enseignes de la distribution et leurs fournisseurs de produits transformés appelés à être référencés pour 12 mois à partir de mois de mars dans les linéaires des magasins, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et éleveuse de porcs dans le Maine et Loire, révélait récemment que les distributeurs « veulent des rabais moyens de 4 % sur le prix d’entrée en magasin », quelle que soit l’évolution des coûts de production chez leurs fournisseurs.

Encore une promesse non tenue du président Macron.

 

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 19:28
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Mobilisation pour l'éducation et la réouverture des facs à Brest - près d'un millier de manifestants le 26 janvier 2021
Belle mobilisation des enseignants et des étudiants à Brest.
Plus d’un millier de personnes mobilisés ce 26 janvier pour la réouverture des universités, contre la précarité et pour un service public d'éducation de qualité. L'an prochain, en Bretagne, on annonce 997 élèves en plus dans le secondaire public et 105 postes en moins (dont 46 dans le Finistère).
Une très belle mobilisation au vu les conditions météorologiques de la matinée.
« Étudiant confiné, personnel sacrifié, université menacé »
Les grévistes étaient très nombreux dans l'éducation: enseignants, assistants d'éducation, et les étudiants très déterminés à retrouver la possibilité d'étudier en présentiel, d'accéder à une sécurisation de leur parcours universitaire et de formation.
Photos Ismaël Dupont - Enzo de Gregorio
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